L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 décembre 1894, samedi 15 décembre 1894
Numéro 8 ^auufaj 8! Jur fan| de tous etc, 16me Année 15 DECEMBRE 1894 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION TROIS-RIVIERES paraissant le 1er EiLefebvre David &•& CLOUTIER, Rédacteur-propriétaire meilleur ” OIS, LES VACANCES EXCEPTÉES C.-J, MAGNAN, Assistant-rédacteur Prix de l'abonnement : UN DOLLAR par an, Invariablement payable d’avanoe Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction ou l'administration, devra être adressée à J.-B.Cloutibr, 148, rue St.Olivier, Québec.FONDEE 865.; CO» et cartes a reliure SOMMAIRE :—Peïlagog'ie: Analyse du rapport du Surintendant de l’Instruction publique de la province de Québec, pour l’année 1893-94.— Les juifs dans les écoles de notre province.— Rapports des inspecteurs d’écoles pour 1892-93 (suite): MM.Nan tel, Paquet, Parker, Prémont.—Partie pratique : Instruction religieuse.— Langue française, (orthographe et grammaire) : I, Dictée : Alice.-—II, Dictée : La demeure des Francs.—III, Dictée : Dieu prépare l’Europe à la découverte de l’Amérique.— Sciences physiques et naturelles : Le sang.— Géographie pratique : Le lac Ontario et les Milles Iles.—Mathématiques : Algèbre.—Langue anglaise.—Tenue de livres.— üïivevs : Poésie : L’aurore boréale.—Variétés.—Publications reçues.—Aux communautés religieuses.— Actes officiels du département de l’Instruction publique.—Annonces.escontli- 'BEC.Analyse du rapport du Surintendant de l’Instruction publique de la province «le Québec, pour l’année 1893-94 w (.e>w Nous avons reçu avec plaisir le dernier rapport de l’honorable surintendant de l’Ius-trdetion publique.Ce document important contient, outre les remarques du chef du département de l’Education, les rapports des Principaux des écoles normales, des inspecteurs d’écoles, du directeur de l’école polytechnique tie Montréal, un état détaillé des écoles de la ville de Montréal, les procès-verbaux des comités catholique et protestant du Conseil de l’Instruction publique et une foule d’antres statistiques très intéres- santes.D’après l’ensemble de ce rapport, il appert que le nombre des municipalités scolaires catholiques a augmenté de 37 en 1893-94, et que celui des écoles protestantes a diminué de 12 ; les écoles catholiques sont fréquentées par 14,275 élèves de plus qu’en 1892-93, tandis que les écoles protestantes le sont par 2,726 de moins; durant le cours de la dernière année scolaire 75 maisons d’école ont été construites ; les protestants qui soutenaient 976 écoles en 1892, n’en soutiennent plus que 955 en 1894.Actuellement, il y a dans la province 5,697 écoles de tous genres : ce qui donne une école pour 261 personnes.La population catholique de la province soutient 4,727 écoles, ce qui fait une école pour 273 personnes, et les protestants ont 955 écoles, représentant une école pour 206 personnes, d’après le recensement de 1891.Notre province possède 5,004 écoles élémentaires, et 678 écoles supérieures.Ces écoles supérieures comprennent les écoles modèles, les académies, les collèges et les universités.Voici un fait qui mérite considération : sur les 284,047 élèves inscrits dans les écoles de provinces, 49,245 seulement étudient l'agriculture.Le rapport nous démontre aussi que les écoles catholiques ont été fréquentées par 1,291 élèves protestants; en revanche, les écoles protestantes ont ouvert leurs portes à 2,699 élèves catholiques ; 48,253 élèves 114 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE d’origine française apprennent l’anglais, et 18,542 élèves d’origine anglaise apprennent le français.Maintenant, citons une statistique tout à l’honneur des protestants : La moyenne des traitements des instituteurs catholiques dans les écoles modèles et les académies est de $477.00, et, dans les écoles modèles et les académies protestantes, cette moyenne est de $786.00.Les institutrices des écoles élémentaires catholiques reçoivent en moyenne $106.00 et les institutrices des écoles élémentaires protestantes $185.00.Dans les écoles modèles et les académies catholiques cette moyenne est de $140.00, et, dans les écoles modèles et les académies protestantes, elle est de $306.00.“ Avec de pareils traitements, surtout dans les écoles catholiques, dit avec raison l’honorable M.G.Ouimet, il n’est pas étonnant que le brevet d’institutrice soit si peu recherché et qu’il y ait dans l’enseignement plus de mille institutrices non brevetées.Ces traitements éloignent très souvent de l’enseignement les sujets les plus capables qui n’y trouvent aucun encouragement, pas même quelquefois la nourriture et l’entretien d’une manière convenable.Dans ces conditions, l’enseignement est pour un bon nombre d’instituteurs et d’institutrices un pis aller dont ils se débarrassent à la première occasion qui leur paraît favorable.” Le surintendant attire de nouveau l’attention du gouvernement sur une résolution adoptée par le comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, à l’effet d’accorder une gratification aux instituteurs qui auraient obtenu les meilleurs résultats dans l’enseignement (1).Puis il déclare catégoriquement que “ l’Etat, jusqu’à présent, n’a pas aidé (1) Nos lecteurs se rappellent que nous avons déjà parlé de cette résolution à plusieurs reprises dans Y Enseignement primaire.sérieusement l’instituteur et que celui-ci n’a guère profité des subventions accordées aux écoles publiques depuis leur établissement.” Ces subventions de l’Etat sont allées aux contribuables et non à l’instituteur.Elles ont facilité l’établissement des écoles, et le grand nombre des municipalités n’a jamais su apprécier les services du maître d’école.En présence d’un tel état de choses, le surintendant demande que la subvention aux écoles publiques, qui est depuis plusieurs années de $160,000, avec une réduction de cinq pour cent en faveur des écoles des sourds-muets et des aveugles, soit portée à $200,000.Le chiffre de la subvention actuelle est le même que celui de 1874.Cependant, depuis vingt ans, le nombre des écoles et celui des élèves ont augmenté d’une manière considérable.En 1874, 242,735 fréquentaient 3,482 écoles ; en 1894, 284,087 élèves fréquentent 5,697 écoles.Il est donc temps que notre Législature songe à faire quelque chose en faveur des écoles primaires.M.Ouimet regrette aussi que les revenus du fonds de pensions des instituteurs ne soient pas plus considérables.Il lui semble que la subvention de mille piastres que la Législature de Québec accorde à ce fonds devrait être augmentée de manière à faire disparaître les déficits qui ont existé depuis trois ans.Merci à notre digne surintendant pour l’intérêt qu’il porte à la classe enseignante.Le grand, le formidable obstacle qui empêche notre système scolaire de produire tout .e bien qu’on devrait en attendre, c’est l’apathie, l’indifférence qui existe à l’égard de l’instituteur.On a beau dire et beau faire, si on ne prend pas, à brève échéance, le moyen de créer une véritable carrière enseignante, on s’expose à récolter, avant longtemps, le fruit amer d’une négligence aussi coupable qu’incompréhensible.Est-ce à dire que le rapport que nous k lées 10®, le 'ention isieurs ctionde s aux L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 115 s aux El es> elle portée à] actueïe j jeudant, manière MM ¦ esoi lire lie if te les lierai le l’ins-e, si on moyen manie, [tempi) jupab venons d’analyser prouve que la province de Québec soit “ la plus arriérée des provinces de la Confédération au point de vue de l’instruction publique ; ” que le meilleur remède à apporter aux maux dont on se plaint, soit “ d’exiger un diplôme des religieux et des religieuses qui se livrent à l’enseignement ; ” qu’à moins “ de faire venir des Français de France pour professeurs ” notre langue maternelle soit destinée à tourner au jargon chez nous ; enfin que tout aille pour le plus mal dans le pire des mondes ?Non.Les suppositions qui précèdent ont vu le jour dans quelques journaux habitués à exagérer les faits, sans penser à mal peut-être, quand il s’agit de l’instruction publique.Que nos confrères de la presse quotidienne veuillent nous en croire : ce n’est pas par des excès de langage que l’on parviendra à améliorer notre enseignement.Il n’est que juste d’admettre que depuis quelques années nous avons fait du progrès en matière pédagogique.Certes, le contraire serait inconcevable.Mais, enfin, à tout considérer, il ne faut pas désespérer de la situation.Notre .organisation scolaire actuelle, avec de la bonne volonté, peut produire de magnifiques résultats.Pour cela, il faudrait : 1° augmenter la subvention aux écoles publiques et n’accorder un encouragement qu’aux municipalités qui paieraient convenablement les titulaires de leurs écoles ; 2° créer des classes d’instituteurs et récompenser ces derniers suivant leur mérite et leurs années d’enseignement ; 3° faire en sorte que les maisons d’écoles fussent bien situées,et qu’elles eussent une apparence de propreté et de gaieté conforme à leur destination ; 4° réviser judicieusement les livres classiques et encourager les auteurs compétents à publier des manuels peu coûteux et rédigés suivant les vrais principes de la pédagogie progressive ; 5° réformer les bureaux d’examinateurs en rendant leurs examens uniformes ; 6° s’op- poser, autant que possible, à ce que des personnes (laïques) non diplômées enseignent dans les écoles sous contrôle.C’est en suivant cette marche rationnelle que l’on parviendra à élever le niveau de nos écoles, et pas autrement.C.-J.Magnan.Les .1 nil's dans les écoles de notre province La lettre qui suit mérite d’être conservée.Elle donne une interprétation claire et nette de notre loi scolaire, quant à ce qui regarde les dénominations religieuses.L’attitude énergique de M.le surintendant à l’égard des Juifs aura pour effet d’affermir notre système scolaire et de démontrer la sagesse de la loi qui le régit.C.-J.M.“ DÉPARTEMENT DE L’iNSTEUCTION PUBLIQUE Québec, 10 nov.1894.M.U.-E.Archambault, Secrétaire-trésorier des commissaires d’écoles catholiques de la cité de Montréal.Monsieur, Par votre lettre du 10 octobre dernier, vous me signalez les difficultés qu’éprouvent les commissaires catholiques de Montréal, dans l’administration des taxes scolaires payées par les Juifs de la cité de Montréal, et vous dites que, depuis 1886, la plupart des propriétés appartenant aux Juifs ont été inscrites sur la liste No.1 qui comprend la propriété foncière appartenant exclusivement à des propriétaires catholiques romains—32 Viet., chap.16, sec.29.— qu’une querelle s’étant élevée entre les Juifs espagnols et portugais, d’un côté, et les Juifs allemands et polonais de l’autre, les commissaires catholiques en sont venus à la conclusion suivante: “ que le produit de la taxe scolaire provenant “ des propriétés des Juifs qui seront placées, à 116 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “ l’avenir, sur la liste des catholiques, soit ré-“ parti intégralement entre les élèves qui fré-“ quentent les écoles établies pour les enfants “ de la croyance judaïque et qui seront placées “ sous la direction du bureau Vous ajoutez que, lorsque cette résolution fut publiée, les commissaires d’écoles protestants, qui reçoivent de deux cents à deux cent-cinquante élèves juifs dans leurs écoles, soumirent les résolutions suivantes au bureau des commissaires catholiques : 1° La taxe scolaire provenant des propriétés des Juifs placées sur les listes Nos 1, 2 et 3 formera un fonds spécial administré conformément au règlement qui sera préparé par les aviseurs légaux des deux bureaux catholique et protestant ; 2° La distribution de ce fonds spécial sera faite proportionnellement au nombre des enfants juifs qui fréquenteront assidûment les écoles des dits bureaux ou celles qui seront acceptées sous leur contrôle.Il a été objecté à cet arrangement ce qui suit : 1° Que la loi ne reconnaît que des écoles catholiques et des écoles protestantes ; 2.Que la faculté donnée aux Juifs de s’inscrire sur l’une des dites listes ne leur donne pas droit à des écoles séparées, mais seulement de choisir les écoles auxquelles ils enverront leurs enfants ; 3° Que, de fait, le choix qui leur est laissé exclut l’idée d’écoles séparées pour eux et la création du fonds spécial suggéré ; 4“ Que la loi ne pourvoit pas à la création d’un comité mixte chargé de l’administration d’une partie spéciale de la taxe scolaire ; 5° Qu’un pareil comité n’aurait aucun pouvoir légal ; 6° Que les commissaires ne peuvent se soustraire ainsi à une partie de leur responsabilité.Vous ajoutez qu’en présence de ces difficultés, vous avez été chargé de me soumettre toute la question et de donner au bureau des commissaires catholiques les instructions nécessaires pour régler une bonne fois ces difficultés, qui, dites-vous, renaissent constamment et deviennent de plus en plus grandes.Voici ma réponse : Nos lois scolaires divisent le territoire de feues mise: 3s le y la province en municipalités scolaires régies par des commissaires.Dans celles qui se composent de contribuables catholiques romains et protestants, la minorité religieuse peut se séparer de la majorité et former un corps de syndics qui a les mêmes pouvoirs que les commissaires — articles 1970, 1971, 1972 et 1985 des statuts refondus de Québec.La loi définit ce que l’on doit entendre par les mots “ majorité religieuse ” et “ minorité religieuse ” — article 1860, des dits statuts, paragraphe 4.Le mot “ contribuable ” désigne tout propriétaire, locataire ou occupant, habitant, ou autre individu qui, à raison des biens imposables qu’il possède ou occupe dans une municipalité, est obligé au paiement des taxes scolaires — article 1860, paragraphe 7.Les Juifs domiciliés ou résidant dans nos municipalités scolaires et qui sont contribuables doivent payer leurs taxes aux commissaires d’écoles qui représente la majorité, car ils ne peuvent se déclarer dissidents, n’appartenant pas à la minorité religieuse, puisqu’ils ne sont ni catholiques romains, ni protestants.La séparation ne s’opère que s’il y a une minorité religieuse existant légalement dans une municipalité, et si ceux qui la composent signent une déclaration par laquelle ils se déclarent dissidents.C’est pour faire disparaître l’inconvénient que les Juifs de Montréal et de Québec ont signalé, en 1870, qu’a été passé l’acte 34 Viet., chap.12, qui décrète par sa 9me section que “ nonobstant “ toute disposition contraire contenue dans “ la 29me section de 32 Viet., chap.16, toute “ personne appartenant à la croyance judaï-“ que et possédant des biens immeubles dans “ l’une ou l’autre des cités de Québec ou de “ Montréal, aura le droit, sur requête par “ écrit à cet effet, de faire inscrire sa pro-“ priété foncière à son choix sur l’une ou “ l’autre des listes portant le numéro un ou “ le numéro deux, mentionnées dans la dite “ section Il n’est pas question de celle portant le numéro trois.La liste No.1 comprend la propriété foncière appartenant exclusivement à des protestants— 32 Viet., chap.16, sec.29.Les taxes imposées sur ces propriétés sont destinées à l’établissement et au maintien des écoles qui tombent sous le contrôle des les sy les, ei .les m peu filer Hln L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 117 commissaires catholiques romains ou sous celui des protestants, d’après les dispositions des lois scolaires.Les commissaires et les syndics des écoles sont contrôlés par le Conseil de l’instruction publique et par le surintendant et le programme des études dans les écoles est promulgué par le dit conseil, et les commissaires et les syndics sont obligés de le faire suivre dans leurs écoles.La même disposition législative concernant les personnes de la croyance judaïque a été aussi décrétée par les villes de Sherbrooke et Richmond.Dans nos municipalités autres que celles de Québec, Montréal, Sherbrooke et Richmond, les taxes scolaires imposées sur les propriétés des Juifs, s’il s’en trouve, sont perçues et appartiennent à la majorité de ceux qui les composent, représentés par les commissaires, et les Juifs peuvent envoyer leurs enfants à l’école de ces commissaires, s’ils le veulent, mais leurs taxes ne peuvent appartenir à la minorité, qu’elle soit composée de catholiques ou de protestants.On est venu au secours des Juifs dans ces quatre villes, en leur laissant le choix d’inscrire leurs propriétés sur l’une ou l’autre liste.C’est ce qu’ils ont fait dans Montréal.Ainsi il n’y a pas deux modes établis, il n’y en a qu’un à l’opinion des Juifs eux-mêmes qui sont libres de s’inscrire sur l’une ou l’autre liste.Les Juifs ont fait leur choix à Montréal suivant la loi, et dès lors les taxes provenant de ces propriétés deviennent la propriété du bureau des commissaires catholiques ou protestants sur la liste desquels elles ont été inscrites par eux, et elles seront employées par l’un ou l’autre des bureaux respectivement pour aider au soutien des écoles sous leur contrôle.Les Juifs peuvent y envoyer leurs enfants, c’est leur droit, et les commissaires n’ont pas celui de leur établir des écoles spéciales, pas plus qu’ils seraient obligés de le faire pour des contribuables qui ne seraient ni catholiques ni protestants, non plus que pour ceux qui appartiennent à des nationalités différentes.Les difficultés survenues ne sont pas le fait des bureaux des commissaires d’écoles catholiques ou protestants de Montréal, puis- qu’elles paraissent découler du fait que les Juifs espagnols et Portugais ne peuvent s’entendre avec les Juifs allemands et polonais, et dans ce cas, pourquoi l’un ou l’autre des bureaux épouserait-il ces difficultés ?On allègue que 200 à 250 enfants juifs fréquentent les écoles protestantes sous le contrôle des commissaires protestants ; c’est leur droit, puisque les parents de ces enfants paient la taxe aux commissaires protestants, et pourquoi la même chose ne peut-elle avoir lieu dans les écoles sous le contrôle des commissaires catholiques ?C’est aux Juifs à s’arranger entre eux et à se conformer au “ modus operandi ” que la loi a si équitablement établi pour eux.S’ils ne savent pas faire usage du choix que la loi a stipulé pour eux, les bureaux des commissaires n’en sont pas responsables, car ce n’est pas une question de sentiment qui se soulève, mais de droit strict.Ainsi il est évident que les arrangements proposés ne sont pas prévus par la loi et les commissaires ne peuvent créer un comité spécial pour administrer la taxe scolaire des Juifs, pas plus qu’ils ont le droit de leur établir des écoles séparées.La loi est sage, et si les Juifs ne veulent pas ou ne peuvent pas la suivre, les commissaires, chargés de l’exécuter, doivent continuer à le faire comme par le passé, et cela pour l’avantage et le bénéfice des contribuables qui sont sous leur contrôle.Il découle de ce que je viens de dire que le bureau des commissaires d’écoles catholiques de Montréal ne peut former un fonds spécial pour le maintien d’écoles pour les Juifs, ou pour d’autres dénominations ou nationalités en dehors des règles établies par la loi.Ainsi, dans une municipalité occupée en majorité par des catholiques romains, les taxes provenant des propriétés appartenant à des Juifs tombent dans le fonds des écoles de cette municipalité et la même chose a lieu si la municipalité est composée en majorité de protestants.En résumé : 1° Les commissaires d’écoles catholiques de Montréal n’avaient pas le droit de déclarer que le produit de la taxe provenant des propriétés des Juifs, inscrites sur la liste No.1, serait réparti intégralement entre les élèves qui fréquenteraient les écoles établies 118 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pour les enfants de la croyance judaïque et qui seraient placées sous leur direction ; la loi ne l’autorise pas.2a Les taxes provenant des propriétés des Juifs inscrites sur la liste No.1 deviennent la propriété des commissaires d’écoles catholiques de Montréal pour aider à l’établissement et au maintien de leurs écoles auxquelles les propriétaires de ces immeubles ont droit d’envoyer leurs enfants ; il en est de même pour les propriétés inscrites sur la liste No.3.3a Les Juifs sont libres d’inscrire leurs propriétés sur l’une ou l’autre liste, à leur choix, et après l’avoir fait, il ne peut plus se soulever de difficultés ou celles qui se manifestent ne peuvent être réglées ou aplanies par les bureaux des commissaires d’écoles catholiques ou protestants de Montréal ; et ainsi 4° Ces bureaux ne peuvent créer de comité spécial d’administration des fonds provenant de ce chef, car la loi ne l’autorise pas, et les autres contribuables peuvent en contester la légalité devant les tribunaux.5° Toute disposition, quelque bienveillante qu’elle puisse être, ne peut avoir d’effet, si la loi ne l’autorise pas, et ici ce sont les propriétaires juifs qui choisissent le mode indiqué par la loi quant à la répartition ou l’emploi de leur taxe.Je vous prie, monsieur le secrétaire-trésorier, de vouloir bien remettre cette lettre au bureau des commissaires d’écoles catholiques de Montréal, qui, j’espère, sera, comme moi, d’avis que l’exécution de notre loi est la règle la plus sûre à suivre dans toutes les difficultés qui peuvent surgir dans l’imposition et la perception des taxes, ou dans le fonctionnement de nos écoles.J’ai l’honneur d’être, Monsieur, Votre obéissant serviteur, (Signé) Gédûon Ouimet, Surintendant.(Copie conforme).Paul le Cazes, Secrétaire.Rapports des inspecteurs d’écoles 1892-93 GLANURES (Suite.) “ N’êtes-vous pas frappé,Monsieur le Surintendant, de l’accroissement considérable du nombre des personnes qui entrent dans l’enseignement sans brevet; c’est à se demander si dans quelques années le brevet de capacité vaudra quelque chose.Pour moi, je suis désolé de voir avec quelle facilité des personnes qui n’ont pas les capacités nécessaires obtiennent la permission d’enseigner, et partout font un tort considérable.Une personne qui a l’âge d’avoir son brevet et qui ne fait aucune démarche pour l’obtenir ne devrait jamais avoir la permission d’enseigner.Elle est compétente ou elle ne l’est point ; si elle l’est, qu’elle prenne son brevet; si elle ne l’est pas, elle ne doit pas enseigner.Pour moi je suis décidé de m’opposer de toutes mes forces à ce que des personnes qui ont l’âge d’obtenir leur brevet enseignent sans l’avoir obtenu ; plusieurs institutrices dans mon district sont dans ce cas, elle enseignent depuis trois ou quatre ans et même plus, et ne paraissent nullement disposées à se présenter devant le bureau des examinateurs.” J.-P.Nantel, St-Jérôme.“ Il existe dans les municipalités de Saint-Pierre-de-l’Etang-du-Nord et d’Aubert une mauvaise coutume : c’est de ne payer les titulaires des écoles qu’à la fin de l’année, et, assez souvent, il arrive que ces fonctionnaires ne sont payés que trois et quatre mois après l’année terminée.J’ai attiré l’attention des commissaires sur la loi qui veut que les fonctionnaires soient payés semi-annuelle-ment.Les fonds scolaires ne permettent pas de faire mieux dans ces municipalités”.D.Paquet, Havre-aux-Maisons, “ Dans les 77 écoles de mon district (éco-j les protestantes), 74 instituteurs, porteurs de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 119 certificats de capacité, ont été engagés.Sept instituteurs non diplômés, enseignaient avec l’autorisation du département de l’Instruction publique.Ces instituteurs se préparaient à subir l’examen de juillet pour obtenir des diplômes.Généralement parlant, les instituteurs font bien leur travail.Quelquefois cependant j’en rencontre dont le travail n’est pas aussi bon que celui que nous sommes en droit d’attendre, mais ce sont de rares exceptions.J’ai remarqué que les instituteurs qui s’acquittent le mieux de leurs devoirs et qui réussissent le plus dans la profession, sont ceux qui assistent régulièrement aux conférences pédagogiques ”.J.Parker, Village de Leeds.“ Si j’étais le maître des octrois, j’en accorderais une partie en bonus aux instituteurs qui rempliraient le mieux leurs devoirs.C’est ainsi que Garcia Moreno s’y prenait pour implanter à l’Equateur son système d’instruction obligatoire et gratuite.Il disait que l’enseignement primaire, le premier en importance, parce qu’il s’adresse à tous et sert de préparation aux études plus élevées, devrait recevoir de préférence les soins du gouvernement.Et il ajoutait : “ Qu’importent l’ouverture d’un certain nombre de classes gratuites, et la construction d’édifices très coûteux ?Aussi longtemps que l’instruction dépendra des conseils académiques de province pour le choix de l’instituteur, et des municipalités des dotations, on verra beaucoup de paroisses privées d’écoles et d’autres, en danger de perdre celles qu’elles possèdent, sous un coupable prétexte d’économie, ou' parce que les instituteurs, insuffisamment rétribués, refusent de se consacrer à une tâche laborieuse et ingrate.Il nous restera ceux que leur ignorance ou leur inconduite vouent à ce labeur devenu leur unique gagne pain.” Il poussa son système d’instruction gratuite si loin, dit son historien, qu’il accorda vingt piastres par mois aux étudiants de l’école polytechnique qu’il avait fondée.Le gouvernement de la province de Québec n’est probablement pas disposé d’en faire autant, et pour des raisons majeures, je n’en doute point ; mais si l’état de nos finances ne nous permet pas cl’imiter un si noble exemple, ne serait-il pas possible d’exiger au moins de ceux qui se partagent les subsides une meilleure garantie qu’ils les emploieront à promouvoir le progrès bien entendu ?La loi, par exemple, qui décrète que les sommes votées en faveur de l’instruction publique seront réparties d’après la population, n’a-t-elle pas déjà fait plus que son temps ?Qu’une municipalité avec la population de mille âmes, arrêtée dans l’ornière de la routine, pour tout ce qui touche au progrès intellectuel, reçoive, en vertu de cette loi, un octroi double d’une autre petite paroisse de cinq cents âmes, mais où l’on voit les habitants faire des sacrifices constants pour favoriser et développer l’instruction de leurs enfants, voilà un problème que je n’ai pas encore pu résoudre : il est vrai que je ne suis pas né mathématicien ! ” J.Prémont, Québec.(1) PARTIE PRATIQUE Instruction religieuse EXPLICATION DU CATECHISME CHAPITRE QUATPtIÈME DE LA CRÉATION Q.Qui a créé le ciel et la terre ?R.C’est Dieu qui a créé le ciel et la terre.Q.Comment Dieu a-t-il créé le ciel et la terre ?R.Dieu a créé le ciel et la terre par sa seule parole, c’est-à-dire par un seul acte de sa volonté toute puissante.(1) 11 y aurait encore bien d’autres passages à citer dans le rapport de M.l’inspecteur Prémont ainsi que dans les trois qui précèdent, mais nous sommes forcé de hâter la publication des rapports de 1892-93, car nous avons déjà reçu
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