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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
lundi 1 avril 1895
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1895-04, Collections de BAnQ.

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16me Année 1er A VEIL 1895 Nüméeo 15 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION “ Rendre le peuple meilleur ” PARAISSANT LE 1er ET tt* — rV VIOIS, LES VACANCES EXCEPTÉES _______________TROIS-RIVIERES _______________ CLOUTIER, Rédactea Lefebvre DavK C.-J MAGNAN, Assistant-rédacteur Prix de l'abonnement t UN DOLLAR par an, Invariablement payable d'a [baie correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction ou l'administration, adressée & J.-B.Cloutikr, 148, rue St.Olivier, Québec.’avance SOMMAIRE :— Pédagogie: La Géographie (suite).—Instruction civique : opinion de M.Tardivel de la Vérité.—Rapports des inspecteurs d’écoles pour 1893-94 : M.Beaulieu.— Centième conférence des instituteurs de Montréal.—Partie pratique : Instruction religieuse.—Langue française : grammaire et orthographe : I, Dictée: Le houblon—II, Dictée: La grande sœur—III, Dictée : Premenade sur les bords de la rivière Peticoudiac.-—Arithmétique : fractions et percentage.— Algèbre : problèmes.—Langue anglaise (41e leçon).— Premiers principes de tenue de livres — Divers : Bureau des examinateurs catholiques de Québec de novembre 1894.—Variétés.— La langue française.— Aux communautés religieuses.—Annonces.Du choix des livres Onzième article La Géographie (Suite) Nos petits élèves, qui ne savent pas encore lire, connaissent maintenant les points cardinaux ; ils peuvent s’orienter en se guidant sur les endroits qu’occupe le soleil à trois points du jour : le matin, le micli et le soir.Us sont, par conséquent, en état de déterminer la position de leur école et celle des bâtisses et des terres qui l’environnent.—Entrons avec eux dans l’école et reprenons nos opérations, en leur faisant récapituler la leçon que nous leur avons enseignée la dernière fois, et répétons les mêmes opérations, en traçant sur le plancher les deux lignes au moyens desquelles nous leur avons montré à connaître les points cardinaux.Sortons dehors avec eux, et au moyen d’un galon de menuisier ou d’un pied de roi, mesurons l’extérieur de la maison qui a, je suppose, quarante pieds sur trente.Evitons d’employer le ternie technique de périmètre, car ils ne nous comprendraient pas, mais servons^nous des mots les plus familiers : Le devant de la maison, le derrière, les bouts.Faisons-leur comprendre ce que nous voulons leur dire sans nous occuper du reste.Entrons maintenant en classe et essayons de leur donner une idée de la réduction des lignes et des distances.M.—Mes enfants, quelle est la longueur du côté de l’école par lequel vous entrez ?(C’est, je suppose, le côté sud.) E.—Quarante pieds, Monsieur.M.—Celle de l’autre côté, en arrière ?E.—La même longueur, quarante pieds.M.—Cela fait deux fois quarante, ou quatre-vingts pieds.Et celle des deux côtés qui se trouvent à l’Est et à l’Ouest ?E.—Les bouts à Y Est et à l’Ouest, ont chacun trente pieds.: M.—Combien cela fait-il en tout ?E.—Les côtés de l’école faisant face au Sud 226 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et au Nord, ayant chacun quarante pieds, cela fait quatre-vingts pieds, et les deux autres côtés ayant chacun trente pieds, cela fait soixante pieds.M.—Ainsi, les quatre pans de l’école ont en tout, deux fois quarante et deux fois trente pieds, cela fait en tout cent quarante pieds de tour.Le maître montre le pied de roi et demande quelle est la longueur de cet objet ?E.—Un pied.M.—Combien de pouces dans un pied ?E.—Douze, monsieur.M.—Mais si je voulais représenter la longueur de cet objet (il montre ici le pied, de roi) par un pouce, que devrais-je faire ?E.—Vous tireriez une ligne d’un pouce sur le tableau.—Le maître tire sur le tableau une ligne d’un pied et une autre d’un pouce, et fait constater la différence entre les deux.Après leur avoir fait remarquer que la première est douze fois plus longue que la seconde, il leur dit : Si je représente les dimensions de l’école par des pouces au lieu des pieds, quelle sera la longueur des lignes ?E.—Elles seront douze fois plus courtes.Le maître, pour donner aux élèves une idée tangible de cette réduction, trace sur le tableau une ligne de douze pouces et une autre d’un pouce, et demande : —La maison d’école mesure, comme vous venez de le voir, quarante pieds du côté sud ; si je le représente par des pouces, quelle sera la longueur de la ligne ?E.—Elle aura quarante pouces.M.—Combien cela fait-il de pieds?E.—Trois pieds quatre pouces.Le maître tire une ligne de quarante pouces qu’il mesure devant eux.—Maintenant, si je veux représenter le côté ouest avec les mêmes proportions, quelle sera la longueur de la ligne ?E.—Trente pouces ou deux pieds et demi.Il continuera les mêmes démonstrations pour les deux autres côtés, nord et est, et le plan horizontal de l’école sera tracé.—Bien, mes enfants, la figure que vous voyez sur le tableau représente le plan horizontal de votre école (1)réduit d’un douzième, mais il est encore trop grand pour être reproduit sur vos ardoises, cependant il est facile de le réduire encore en le faisant huit fois plus petit.Il trace une ligne d’un huitième de pouce et le fait comparer avec celle d’un pouce.—Si maintenant je veux représenter un des côtés de quarante pieds par des huitièmes de pouces, qu’elle sera la lougueur de la ligne ?Personne ne répond.Le maître trace cette ligne ainsi réduite et démontre, par comparaison, qu’une ligne de cinq pouces peut représenter une longueur de quarante pieds rehdue quatre-vingt-seize fois plus petite que la première.Il procédera de la même manière pour les trois autres côtés, et quand les enfants l’auront bien compris, ils pourront tracer sur leurs ardoises le plan horizontal de l’école.Cet exercice, tout intuitif de géographie, sera aussi une excellente leçon préliminaire de dessin à main levée qui exercera en même temps l’œil et la main de l’enfant.Dans des leçons subséquentes, on leur fera, en observant toujours les mêmes dimensions, dessiner l’ameublement de l’école ; la tribune du maître, les tables ou pupitres, les sièges, etc., etc.On pourra aussi faire tracer le plan de l’emplacement de l’école, celui des terres qui l’avoisinent, et de là arriver au plan de la paroisse, du comté, du district, delà province tout entière.(1) Il faut leur faire comprendre la signification du mot horizontal. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 227 En suivant cette marche, on arrivera insensiblement et sans effort à donner une idée uste des cartes géographiques et du globe terrestre J.-B.Cloutier.A propos d’instruction civique (De la Vérité, du 9 mars) “ Québec, 2 mars 1895.M.J.P.Tardivel, directeur de la Vérité, Cher confrère, N C’est avec le plus grand plaisir que je vous adresse de nouveau la livraison de l'Enseignement primaire du 15 janvier dernier, livraison que vous désirez avoir afin de vous rendre compte de ce que jfy ai écrit relativement à l’instruction civique.Permettez-moi de profiter de la présente lettre pour dire à vos lecteurs ce que je me propose en publiant un Manuel de droit civique (tel sera le titre de cet ouvrage).En introduisant un travail de ce genre dans les écoles primaires et les collèges classiques, je désire mettre à la portée de tous les éléments du droit constitutionnel et administratif dont nous jouissons, faire connaître l’organisation des tribunaux et les différents rouages de notre système scolaire.Je veux aussi apprendre à mes jeunes compatriotes les droits qu’ils posséderont au jour de la majorité et les graves devoirs qu’un électeur honnête et éclairé est appelé à remplir dans la société.Dans chacune des pages de ce Manuel, je m’efforcerai de bien montrer le lien qui rattache la vie publique à la vie privée et je tâcherai de persuader mes concitoyens qu’ils doivent s’occuper davantage de la chose publique, non pas pour en faire un moyen d’existence, mais pour en contrôler la gestion, de sorte que les plus, chers intérêts de l’Eglise et de la nationalité ne soient jamais sacrifiés aux mesquines exigences des partis politiques.Au chapitre qui traitera des rapports de l’Eglise et de l’Etat, je saurai démontrer que le pouvoir politique ne doit pas être opposé au pouvoir religieux, au contraire, qu’en temps opportun, le premier doit servir aux fins du second qui sont celles de Dieu lui-même.Enfin, je chercherai par-dessus tout à faire aimer deux hommes, les deux meilleurs amis du peuple : le prêtre et Y instituteur.Respect et amour “ à ces deux vrais ouvriers du bon Dieu ” ! Accordons au ministre du Seigneur toute la confiance qu’il mérite et faisons à l’éducateur un sort digne de sa profession et de son dévouement.En lisant Y Enseignement primaire du 15 janvier dernier, j’espère que vous y découvrirai le véritable but que je veux atteindre en publiant un Manuel de droit civique.J’attendrai doue votre opinion avec confiance et la recevrai avec gratitude quelle qu’elle soit.Veuillez me croire, M.le Directeur, Votre humble confrère et ami, C.-J.Magnan.Note de la rédaction :—Nous avons lu le projet de ce manuel que M.Maguan expose dans Y Enseignement primaire du 15 janvier.Autant que nous pouvons en juger, ce sera un livre très utile à la gent écolière si, comme nous n’en doutons pas, il est fait avec le soin voulu et dans le bon esprit qui caractérise la lettre que nous donnons plus haut.On le sait, nous ne nous accordons pas toujours avec M.Magnan sur les questions scolaires, mais nous croyons que les différences qui existent entre lui et nous sont plutôt dans les mots que dans les doctrines.Comme nous, notre confrère veut que l’école soit profondément catholique.Voici la table des matières du livre que M.Magnan se propose de faire s’il constate que ceux qui s’occupent d’instruction le désirent en nombre suffisant pour lui garantir les frais de publication : “ I.Les pouvoirs publics.—II.Le suffrage.—III.Le pouvoir législatif.—IV.Le pouvoir exécutif.—V.La loi, le budget et les taxes ou impôts.—VI.La justice.—VII.L’administration paroissiale et régionale (ou 228 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE « de comté).—VIII.—La force publique : armée, police provinciale, police municipale, etc.— IX.—L’instruction publique.—X.Rapports de l’Eglise et de l’Etat.” Il nous paraît évident qu’il serait fort à propos que tous les enfants des écoles et des collèges eussent des notions élémentaires, exactes et chrétiennes, sur le droit public du pays.Lin manuel comme celui que M.Magnan a sur le métier pourrait leur faciliter grandement l’acquisition de ces notions.Les deux derniers chapitres indiqués touchent à des sujets délicats où la moindre erreur serait fatale à l’utilité du livre.Nous ne croyons pas nous tromper en disant que M.Ma gnan soumettra cette partie de son travail à l’autorité compétente.” (1) Uapports de MM.les inspecteurs d’écoles 1S98-94 GLANURES “ Les différentes matières du programme d’études ont été enseignées aux élèves avec les chiffres suivants : lecture 5,871, écriture 5,586, catéchisme 5,871, histoire sainte 3,884, grammaire 3,051, narration 323, arithmétique 5,645, comptabilité 795, géographie 2,385, cartographie 316, histoire du Canada 1,384, dessin 2,889, agriculture 957, leçons de choses 3,338, histoire de l’Eglise 122, histoire de France 121, histoire d’Angleterre 109, histoire des Etats-Unis 21, algèbre 155, mesurage 227, physique 30, élèves français étudiant l’anglais 749, tricot et couture 316.Ces chiffres, tout en établissant que le programme d’études est encore loin d’être parfaitement suivi dans mon district, montrent cependant qu’il y a un progrès notable sous ce rapport.Le nombre d’élèves étudiant certaines matières a augmenté considérablement depuis quelques années.Il reste encore beaucoup à faire, mais il y a lieu de tiouver le résultat obtenu satisfaisant, si l’on tient (1) Nous remercions sincèrement M.Tardivel des paroles encourageantes qu’il veut bien nous adresser.Nous poursuivons la partie manuscrite de notre Manuel de Droit civique avec ardeur, espérant qu’il nous sera donné un jour de publier l’ouvrage dont il est question ici.— C.J.M.compte de notre personnel enseignant.C’est facile de faire comprendre aux vraies institutrices, à celles qui aiment l’enseignement et en font une carrière, que tous les élèves d’une école doivent travailler et qu’il n’est pas nécessaire d’attendre que les plus jeunes sachent lire pour les faire crayonner sur l’ardoise et leur donner quelques notions de grammaire, d’histoire, de calcul.Il n’en est pas de même de ce que j’appellerai la partie flottante du corps enseignant, de ces jeunes filles qui enseignent en attendant, qui espèrent toujours en être à leur dernière année, à leurs derniers six mois d’enseignement, qui se plaisent à penser à chaque visite de l’ins-pecteùr, que c’est la dernière fois qu’elles ont affaire à ce fonctionnaire, qui ne désirent qu’une chose enfin: changer d’état, se débarrasser le plus tôt possible du fardeau, bien lourd pour elles, d’élever les enfants des autres ; celles-ci sont bien plus difficiles à persuader.On arrive, cependant, avec de l’énergie et de la persévérance, à améliorer la manière d’enseigner de ces institutrices ; mais, comme un grand nombre d’entre elles quittent chaque année l’enseignement et qu’elies sont remplacées par des jeunes filles qui n’ont jamais enseigné, c’est toujours à recommencer.Les conférences pédagogiques, données aux titulaires des écoles, au commencement de chaque année scolaire, faciliteraient beaucoup la tâche et produiraient d’excellents résultats ; elle profiteraient surtout à ces nouvelles institutrices, qui ne connaissent généralement pas un mot de pédagogie et qui dirigent leur école tout à fait à l’aveuglette jusqu’à la visite de l’inspecteur.Le besoin de ces conférences s’impose et elles devraient être établies à bref délai.Théop.Beaulieu, Isle-Verte.Centième conférence de l’Association des Instituteurs de la circonscription de l’JEcole normale Jacques-Cartier, tenue le 31 et le 26 janvier 1895 L’Association des Instituteurs de la circonscription de l’Ecole normale Jacques-Cartier vient de fêter avec éclat sa centième conférence. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 229 $ les é plus je “«lion.Hj'ei si la p ces je 'luit nièce ai nement ite de quelle! ue d| il, sel K mai ois, coi ill IV.comme aciliteK nt d’e: surtoi gogie et l’aveug e besoi 'sdevra m , .ai ri Jnf* '21 5 delà e M di Grâce à l’obligeance de ceux des professeurs qui ont bien voulu accepter de faire les frais de cette conférence et me remettre leurs intéressants travaux, je puis alors donner de cette centième réunion des Instituteurs de la région de Montréal un rapport aussi complet que fidèle.Ce compte rendu de l’une de nos plus belles conférences sera pour chacun des membres de l’Association, j’en suis sûr, un souvenir aussi précieux qu’utile et intéressant, et qui contribuera, je n’en doute pas, vu la publicité que nous lui donnons, à faire connaître davantage l’Association'des Instituteurs et à lui gagner les sympathies de tous les hommes sérieux qui ont vraiment à cœur le succès de l’enseignement primaire dans notre province.La tâche d’organiser cette conférence a été confiée à un comité composé de MM.J.-O.Cassegrain, U.-E.Archambault, G.-P.-E.Fa-melart, A.-l).Lacroix, G.Dupuis.F.-X.-P.Demers, J.-G.-W.McGown, L.-G.Robillard, et X.Brisebois.4 Je crois devoir répéter ici les paroles d’un grand nombre de personnes en dehors de l’enseignement qui ont félicité le comité de la manière intelligente avec laquelle il a organisé cette conférence, et du plein succès qui a couronné ses efforts.Le programme que ce comité a élaboré marquait trois séances, dont la première eut lieu dans la soirée du 24 janvier.PREMIÈRE SÉANCE Bien avant 8 hrs, la grande salle des séances de l’Ecole normale Jacques-Cartier, décorée pour la circonstance avec goût, était littéralement remplie.Parmi les personnes présentes, on remarquait d’abord Sa Grandeur Mgr Fabre, qui avait bien voulu accepter de présider cette séance ; l’Hon.G.Ouimet, surintendant de l’Instruction publique ; l’Hon.J.Royal, exlieutenant-gouverneur des Territoires du Xord-Ouest ; M.l’abbé Verreau, principal de 1 école normale J.-C.; M.le chanoine Bruchési, M.l’abbé Leclerc, curé de St-Joseph (Montréal); M.Adam, curé du Sacré-Cœur (Montréal); M.Larocque, curé de St-Louis de France, (Montréal) ; M.G.Lesage, curé du Mile-End ; M.l’abbé Bourassa, sous-prin- cipal de l’Ecole normale J.-C.; M.l’abbé Goyette, curé de Ste-Suzanne ; M.l’abbé Généreux, curé dans l’Etat du Maine; M.J.-O.Cassegrain, président de l’Association ; M.le Dr Leprohon et M.H.-R.Gray, membres du Conseil de l’Instruction publique ; M.C.-J.Magnan, président de l’Association des Instituteurs de Québec ; MM.les Drs Desroches, Brennan, Chabot, M.U.-E.Archambault, directeur général des écoles catholiques de Montréal ; MM.les inspecteurs d’écoles McGown, Stenson, Curot, Lippens, Lévesque, Dupuis, MM.Emard, ancien instituteur ; M.F.-X.Boileau, G.Famelart, M.A.-D.•Lacroix, principal de l’Ecole Montcalm ; M.F.-X.-P.Demers, principal de l’Académie catholique comm.de Montréal; M.Leitch, A.Grant, O.Doré, principal de l’Ecole Champlain ; P.-L.O’Donoghue, principal de l’Ecole Belmont ; MM.Ravaux, Baulne, Aubin, professeurs à l’Ecole normale J.-C.; M.Primeau, principal de l’Ecole Olier ; M.Anderson, principal de l’Ecole Sarsfield, etc.Les instituteurs étaient en grand nombre, et la présence des dames contribuait pour beaucoup à rehausser l’éclat de cette soirée.Après le chant de la Forge rendu avec beaucoup de précision par l’Association chorale des Instituteurs, sous la direction de M.le prof.Desroches, M.J.-0.Cassegrain, président de l’Association, ouvrit la séance par les remarques suivantes : Monseigneur, Monsieur le Surintendant, Mesdames, Messieurs, Nous célébrons aujourd’dhui la centièm,e conférence de notre association.Afin de donner plus de relief a cette conférence,—qui sera comme une etape dans l’histoire de notre société,—nous avons cru devoir agrandir le cadre de nos invitations.Nous constatons avec plaisir que vous avez répondu à notre appel.Vous comprenez que l’instituteur a besoin de sympathie, qu’on ne doit pas le laisser dans l’isolement ; qu au contraire, il lui faut l’appui moral de ceux au mileu desquels il se trouve placé, pour qu’il puisse, sans défaillance, s’acquitter des rudes et pénibles labeurs de ses fonctions. 230 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Votre présence ici ce soir, mesdames et messieurs,—tout en donnant un cachet particulier à cette séance,—est bien propre à nous encourager: aussi nous faisons-nous un devoir de vous offrir nos plus sincères remerciements.Monseigneur, en assistant à cette séance, vous nous donnez le plus puissant motif d’aimer notre profession et de nous y attacher davantage.A l’exemple de votre illustre prédécesseur, Mgr Bourget,—qui était membre honoraire de notre association,—vous voulez donner une preuve de l’intérêt que vous portez à la classe enseignante.Vous savez que l’instituteur est l’auxiliaire du prêtre; qu’il exerce même une influence plus immédiate que le prêtre sur le cœur et le caractère des enfants,—puisqu’il est tous les jours en contact avec eux,—et que l’un et l’autre, chacun dans sa sphère d’action, concourent à l’amélioration morale et intellectuelle de la jeunesse.Cette considération suffit pour attirer sur nous votre paternelle sollicitude.Veuillez croire, Monseigneur, que nous sommes très sensibles a ce procédé de votre part, et que nous ne négligerons, rien pour mériter la continuation de votre bienveillance.Nous avons vu avec amertune quelques-uns des membres de votre troupeau méconnaître votre autorité et mépriser vos salutaires avertissements.Nous profitons de la circonstance actuelle pour protester de toutes nos forces contre cette conduite attentatoire à vos droits et à votre dignité.De notre côté, nous sommes heureux de donner en ce moment un témoignage de notre soumission et de notre attachement à votre Grandeur, et de vous dire que toujours nous nous laisserons guider par vos conseils, assurés qu’ils seront constamment conçus dans un esprit de foi et de douceur, selon la noble devise qui orne votre blason.L’Association des Instituteurs fut fondée en 1857, par l’Hon.M.Chauveau.Dans les vues du fondateur, elle devait être comme une annexe de l’Ecole normale, afin que ceux des instituteurs qui n’avaient pas eu l’avantage de recevoir une formation pédagogique régulière, pussent se perfectionner dans l’art si difficile d’enseigner et se mettre au courant des différentes méthodes.C’est sans aucun doute, pour répondre aux inten- tions de M.Chauveau, que M.le Directeur de l’Ecole normale Jacques-Cartier a bien voulu se faire un des nôtres et prêter son puissant concours au but que poursuit notre société.Vous savez, vous mes confrères, avec quelle courtoisie il nous a de tout temps accueillis ; vous avez été témoins de son assiduité à assister à nos conférences, de la part active qu’il a prise à nos discussions, et vous avez vu l’empressement avec lequel il s’est toujours mis à la disposition de ceux d’entre nous qui ont eu recours à ses lumières.Je sais qu’en rappelant toutes ses choses à votre souvenir, je m’expose à blesser la modestie bien connue de celui qui en est l’objet, mais la reconnaissance fait un devoir, et vous, mes confrères, seriez les premiers à me blâmer si j’agissais autrement.Parler de la fondation de notre société c’est parler de M.Chauveau, de cet homme qui n’eut rien de plus à cœur que de répandre les bienfaits de l’instruction dans la province.En effet, il a consacré à cette œuvre patriotique ses talents et la plus belle partie de sa vie.11 a toujours eu la plus haute estime pour les instituteurs, les a aidés de ses conseils, et n’a pas craint de s’exposer à toute espèce de désagréments pour leur prêter main forte dans les circonstances difficiles où ils ont pu se trouver.A ce titre, M.Chauveau a droit à notre gratitude, et ce n’est pas sans émotion que je viens déposer sur sa tombe un souvenir de reconnaissance.Je m’arrête ici.Une voix plus autorisée et plus éloquente que la mienne vous dira dans quelques instants ce qu’a été M.'Chauveau dans les différentes phases de sa carrière, et vous fera entrevoir la place que l’histoire impartiale lui réserve parmi ceux qui ont jeté le plus d’éclat sur le nom canadien.Je me rendrais coupable d’un oubli impardonnable, mesdames et messieurs, si je n’ajoutais ici que les instituteurs sont encore l’objet de la même bienveillance, de la même sympathie de la paît du département de l’Instruction publique, et que l’hon.Surintendant actuel est le digne successeur de M.Chauveau.Après avoir parcouru les registres de notre association, je crois pouvoir dire que nos séances ont été assez bien remplies.Les 'Des etu dehois ftaehent jipM toici so' ÉIHODO1 ' | Lecture Ecriuiîe 0 Cacnl : Histoire I Géop Hygiène iffi ^ u.;' - np «h U ai:;:;;.U *ast peijiii ffliïSt y ancfq.' ^ ft (pi 1®® it sj | , Quant ai 11613 qu’tii L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 231 % «1er a Fftei «9'ÎS, tout 11 fie soi i (If: la “s, et pel il «s d’ mi® oses à a mot ’objet, t vous bill soc® boraoif e repa a prov ïe pat rtie ( ote es de ses serai era p s dit titre, de, et DStlép Doaisa s auto vous TC de sa place urmi i : ::ic ;.;èi il» >Ve ; en a- ia œ rtiiiOD icra.Su .,,;:df es è n e f plies.i sujets les plus pratiques, comme les questions de méthode les plus difficiles, ont été l’objet de longues et sérieuses discussions.Des études sur des matières qui semblent en dehors de l’enseignement, mais qui s’y rattachent par quelque côté, sont venues rompre la monotonie de nos délibérations, et ont contribué, dans une large mesure, à répandre de l’attrait dans nos conférences.Voici sous une forme aussi succincte que possible, un aperçu des travaux de l’Association : Pédagogie (principes généraux d’éducation) :—94 lectures ou discours, 5 discussions.Méthodologie :— Lecture :—5 lectures, 5 discussions.Ecriture :—1 lecture.Français :—1 lecture, 9 discussions.Anglais :—1 lecture, S discussions.Cacul :—5 lectures, 10 discussions.Histoire :—13 lectures, 9 discussions.Géographie :—3 lectures, G discussions.Hygiène :—4 lectures, 3 discussions.Agriculture :—3 lectures.Littérature :—29 lectures, 1 discussion.Industrie et Commerce :—6 lectures.Beaux-Arts :—G lectures.Sciences physiques : —19 lectures.Philosophie 10 lectures.Journaux d’éducation :—2 lectures, 4 discussions.Pensions de retraite -5 lectures, 12 discussions.Soit 207 lectures ou discours, et 89 discussions.En tout 296 travaux.Comme on le voit par ce rapide exposé, les matières qui constituent la base d’un bon enseignement élémentaire, la lecture, l’écriture, l’orthographe, le calcul, l’histoire et la géographie, ont été l’objet immédiat et le plus fréquent de nos discussions.Ce n’est pas sans raison, puisque ces matières sont d’une application de tous les jours.En effet, il n’est personne, quelque soit sa carrière, qui puisse se passer de ces premières connaissances, et, d’un autre côté, celui qui les possède et qui veut en profiter, ne saurait manquer de se créer une honnête existence.Quant aux autres matières d’enseignement, bien qu’elles figurent dans nos programmes d’études, nous n’y avons pas donné le même soin, sans toutefois les avoir négligées.Ces matières, suivant nous, ne sont que d’une importance secondaire et d’un intérêt purement local.Vous remarquerez, mesdames et messieurs, que nous n’avons pas soulevé de discussion à propos d’instruction religieuse, parce que sur ce point, nous nous laissons guider par l’Eglise, aux décisions de laquelle nous serons toujours heureux de nous conformer de la manière la plus expresse et la plus absolue.Les résultats qu’ont obtenus nos conférences sont, permettez-moi de le dire, satisfaisants.Notre association peut soutenir la comparaison avec les autres sociétés qui poursuivent un but identique.Néanmoins, il nous reste encore beaucoup à faire, et nous ne devons pas nous arrêter en chemin.Continuons à travailler avec ardeur ; efforçons-nous de nous mettre au niveau des exigences actuelles de notre profession.Aujourd’hui que la tendance du grand nombre est de ne rien faire et de s’amuser davantage, donnons l’exemple du travail, mais d’un travail sérieux ; inspirons le goût de l’étude aux enfants confiés à nos soins, et surtout faisons-leur comprendre que la valeur réelle d’un homme est en raison directe de la culture morale et intellectuelle qu’il a reçue.M.P.-J.Leitch, professeur de l’Académie commerciale catholique de Montréal, fut ensuite présenté à l’assemblée.Il fit part d’un très joli travail iutitulé : The Teacher's relations to his pupils, the community, and himself as a man.Après l’intéressante conférence de M.Leitch, M.J.-G.-W.McGown déclama, avec le talent que nous lui connaissons tous, la belle et touchante poésie de François Coppée, intitulé : La Veillée.Tous ceux qui ont eu la bonne fortune de l’entendre, ne l’ont certainement pas regretté.Aussi les applaudissements ne lui ont pas fait défaut de la part de l’assemblée qui le rappela.Vint ensuite M.l’abbé Bourassa, sous-principal de l’Ecole normale Jacques-Cartier, que le public a déjà eu l’occasion d’entendre plus d’une fois, et dont le talent comme conférencier est très avantageusement apprécié de tous. 232 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.Chauveau et Vidée nationale, tel est le titre de sa conférence, que je suis heureux d’inclure dans ce rapport, et qu’on lira, sans doute, avec intérêt et profit.(1) N.Bpjsebois, Secrétaire.(à suivre.) PARTIE PRATIQUE Instruction religieuse EXPLICATION DU CATÉCHISME Q.Adam et Eve étaient-ils innocents et saints au moment de leur création.R.Oui, Adam et Eve étaient innocents et saints au moment de leur créateur.—Adam et Eve étaient innocents et saints quand Dieu les créa, cela veut dire qu’ils étaient exempts de péché et portés au bien.Ils étaient heureux aussi car ils n’étaient sujets ni aux misères de cette vie ni à la mort.CHAPITRE SIXIÈME DU PÉCHÉ ET DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE PÉCHÉS Q.Qu’est-ce que le péché actuel ?R.Le péché actuel est celui que l’on commet soi-même, de sa propre volonté, quand on est parvenu à Y âge de raison.—On appelle péché toute désobéissance à Dieu, soit que Dieu commande par lui-même, soit qu’il commande par ceux à qui il a confié son autorité ; comme l’Eglise, nos parents nos maîtres et généralement tous nos supérieurs spirituels et temporels.Le mot actuel est employé par opposition à originel mais il ne désigne pas seulement (1) Nous regrettons, faute d’espace, de ne pouvoir reproduire ici le très joli discours de M.l’abbé Bourassa et les intéressantes conférences de MM.Leitch et Reynolds.On peut lire ces travaux dans le Journal de V Instruction publique du mois de février dernier.les péchés que l’on fait dans le moment présent, mais tout péché passé, présent ou futur r commis par un acte de sa propre volonté.Commettre un péché de sa propre volonté °; veut dire en le faisant exprès, en le faisant parce qu’on le veut ; toute action que l’on ferait malgré soi, par exemple en dormant, en étant dans le délire, ou par force, ne serait pas un acte de sa propre volonté et par conséquent ne serait pas un péché.L'âge de raison, c’est l’âge où l’on devient capable de distinguer le bien du mal, c’est ordinairement vers sept ans que l’on est capable de faire cette distinction.Les tout petits enfants ne peuvent donc pas faire des péchés parce qu’ils ne sont pas encore capables de distinguer clairement ce qui est bien de ce qui est mal.bou: Ed.Lasfargue, Ptre.(à suivre.) veut k pOSe p' Tangue française ORTHOGRAPHE ET GRAMMAIRE I DICTÉE suite i;c : tê Àt fe-i" ji
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