Bulletin mensuel de la Chambre de commerce française au Canada, 1 janvier 1896, lundi 15 juin 1896
— ¥ TROISIÈME ANNÉE 15 juin 1896 No BULLETIN MENSUEL PUBLIÉ PAR LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE DE MONTRÉAL 10 francs par an.Prix d’abonnement SIÈGE DE LA CHAMBRE EDIFICE DU BOARD OF TRADE, RUE ST-SACREMENT MOBTTREAL Adresser toutes communications et demandes de ren seiguements au Président de la Chambre.Boite de Poste, 2311, à Montréal, (Canada.; Le Bureau est ouvert tous les jours, sauf le dimanche, de 10 heures à midi et de 1 heure à 3 heures.notre courage les bonnes volontés.Du reste, Chambre de Commerce n’a cessé de conseiller ce Comptes rendus des Séances de la Chambre de Commerce Française de Montréal.parti à nos correspondants et nous sommes heureux de voir que nos avis aient été entendus.” Il assure M.Forest qu’il trouvera dans les membres de la Chambre des personnes empressées à lui fournir tous les renseignements dont il aura besoin et à lui faciliter ses recherches.M.Forest remercie M.le Président du gracieux accueil que lui fait la Chambre, et il se fera un plaisir d’en instruire ses commettants.Il demande immédiatement à être reçu comme membre adhérent.Son admission est prononcée à l’unanimité.Le courrier de quinzaine est dépouillé ; il comprend plusieurs demandes d’agents pour liquides qui seront insérées au petit courrier,—des demandes de représentations venant de France pour des produits canadiens que l’on trouvera également au petit courrier du Bulletin mensuel.Nous devons faire observer pour ces représentations que les maisons d’importation ou d’exportation canadiennes ont pour la plupart leurs voyageurs de commerce qui vont en France faire leurs achats et en même temps leurs offres de vente et qu’il y a peu de chances de trouver une représentation donnant quelque produit rémunérateur.Dans le même courrier, nous recevons des demandes de commerçants en laines, en cotonnades, en cuirs, désirant être renseignés sur le point de savoir s’ils pourraient faire des affaires pour ces SÉANCE DU 20 MAI 1896.Extrait du procès-verbal de la séance tenue le 20 mai 1890 par la Chambre de Commerce Française de Montréal sous la présidence de M.J.Herdt.M.Dueliastel de Montrouge, gérant du Consulat-Général de France au Canada, assiste à la réunion Sont présents : M.de Sieyes, vice-président ; M.V.Rougher, secrétaire ; M.Henri Jouas, trésorier ; M.de Poliuière, conseiller ; MM.C.A-Chouillou, Fauchille, Frédéric Galibert et A.Bounin, membres.M.le Président présente à la réunion M.R.Forest, agriculteur à Airel (Manche), venu, dans ce pays, au nom d’un syndicat français désireux de connaître les ressources du Canada, ses produits à exporter et aussi1 de savoir quels articles français pourraient y être importés avec chances de succès.Il félicite M.Forest de l’idée pratique que lui et ses co associés ont eue, en commençant par prendre langue en cette contrée, avant d’y poursuivre une affaire qui n’aurait pas été étudiée et préparée de longue main, avec tous les renseignements néces-• saires.“ C’est le seul moyen, dit-il, de ne pas avoir de déceptions et parfois d’éviter un échec qui dé- \ — ¦ — — — T 2 divers articles au Canada.Quant aux cotonnades dont on nous a adressé les échantillons, il faut remarquer que le Canada fabrique ici les mêmes articles et qu’il serait par conséquent difficile de lutter pour les prix, le fabricant français ayant à supporter les droits de douane.La même observation est à faire pour les cuirs dont on nous a également envoyé les échantillons.Il n’y a guère que le veau français verni qui soit un article sérieux d’exportation, toujours en vogue croissante.Pour les laines, il y aurait, dans certaines circonstances, des affaires à traiter, mais il ne faut pas oublier que le Canada est aussi exportateur de laines.Cette remarque peut être utilisée par certaines maisons de France, qui pourraient essayer les laines de ce pays.Un fabricant français d’articles de laiterie nous demande de faire connaître ses instruments qui sont très appréciés dans l’Ouest de la Normandie, département de la Manche, région où l’industrie laitière est poussée très loin et il se propose de publier une insertion dans notre “ Bulletin Mensuel C’est d’un bon exemple qui ne peut qu’être profitable et au négociant et au producteur de beurre et de fromage canadiens.Mentionnons une lettre du Secrétaire de la Chambre de Commerce française de New-York qui nous remercie de nos souhaits de bienvenue et nous annonce que cette chambre publiera prochainement une revue mensuelle de ses travaux.Nous suivrons avec intérêt cette publication qui ne peut qu’être très utile au commerce extérieur de notre M.le président présente aux membres de la Chambre MM.Louis Minier et Louis Pupier, représentants de la maison Lumière de Lyon et de diverses maisons de Lyon et St-Etieune qui viennent faire connaître leurs produits au Canada.Il les assure qu’il leur sera donné avec grand plaisir tous les renseignements qu’ils pourront désirer.M.le président donne connaissance à la Chambre d’une lettre adressée au nom de cette chambre au président du comité d’organisation de l’Exposition Internationale de Montréal, Sou Honneur le maire de cette ville, afin de prévenir, dans la mesure du possible, les fâcheuses inconvénients dont les exposants étrangers ont eu à se plaindre si gravement tant à Philadelphie qu’à Chicago.Cette lettre est reproduite in extenso dans ce Bulletin à l’article Exposition internationale de Montréal.La Chambre est unanime à approuver les termes de cette lettre.Le Courrier de quinzaine est dépouillé, il comprend plusieurs demandes d’agents pour liquides.Insérer au Bulletin mensuel.Il est demandé aussi des renseignements sur le régime des alcools au Canada, les droits exigés à l’entrée, la quantité consommée, tous ces renseignements destinés à favoriser au Canada l’importation de vin d’Algérie.Fournir les indicatiens demandées.Lettre d’un commerçant de Bordeaux, agissant au nom d’un syndicat de négociants de cette ville, et demandant quels sont les articles d’importation au Canada et ceux d’exportation de ce pays, afin de développer les relations directes entre la France et le Canada.Ce commerçant se propose de venir au Canada étudier sur place les conditions du marché.On ne peut que l’encourager dans cette bonne pensée.La Chambre de Commerce voit avec plaisir qu’à cet égard, on suit ses recommandations, ce qui est une preuve de l’utilité de notre Bulletin mensuel.pays.M.Alfred Tarut, négociant à Montréal est admis à l’unanimité membre actif de notre Compagnie.M.le président signale le travail du comité de l’Exposition internationale de Montréal.Il est décidé que les détails transmis par lui,comme membre du comité d’organisation, seront reproduits dans un article spécial inséré au prochain Bulletin mensuel.Nous ne pouvons entrer dans le détail de toutes les demandes qui nous sont adressées, mais la Chambre constate avec une grande satisfaction que toutes ces recherches de renseignements indiquent un réveil du commerce extérieur de la France qui tend de plus en plus à se répandre à l’étranger et à faire sur ce terrain, trop longtemps abandonné à nos concurrents, une résistance énergique pour défendre les intérêts de notre industrie.Nous Séance du 10 Juin 1896 Extrait du procès-verbal de la séance du 10 juin 1896, tenue par la Chambre de Commerce française de Montréal sous la présidence de M.Herdt.M.Duchastel de Montrouge, gérant du Consulat-Général de France, assiste à la réunion.Sont présents M.V.Eougier, secrétaire, M.H.Jouas, trésorier, M.de Polinière, conseiller, MM.C.A.Chouillou, M.F.Galibert, A.Parut et A.Bonnin, membres.remar- quons aussi que l’on commence à comprendre la nécessité d’aller prendre sur place ces renseignements et de se mettre en rapport direct avec la c-lien-bont aussi presents, M.George Iialcer, agent cou- tèle que l’on veut solliciter sulaire de France à Trois-EmèréTêOI.R.Forest, On suit enfin,-ce qu’on aurait dû faire plutôt-membre adhérent, qui vient de France pour étudier les mêmes errements qui ont si bien réussi les ressources du Canada.aux Allemands et aux Anglais.Il faudra du temps pour L — 3 28 MAI 1896.s’établir et regagner les positions perdues, mais le commis-voyageur français a une manière engageante qui plaît, séduit, entraîne le client, et, la qualité de la marchandise aidant, lui assure en fin de compte le succès.C’est ce que nous souhaitons ardemment aux nouveaux combattants pacifiques débarqués sur les bords du St Laurent.Monsieur le Président du Comité d'organisation de l'Exposition Internationale de Montréal.à Montréal.Monsieur le Président, “ Au nom de la Chambre de Commerce française à Montréal, j’ai l’honneur de vous soumettre à propos de l’Exposition Internationale qui se prépare quelques observations qui me paraissent devoir mériter votre bienveillante attention.Il s’est formé en France, sous le titre “ Comité de l’Exposition Internationale de Montréal, Section française ” un comité, recruté parmi les notables du haut commerce de Paris et des départements, et spécialement parmi les membres des jurys des expositions internationales françaises.“ Ces amis avec lesquels nous sommes en rapports suivis, nous affirment que le projet de l’Exposition de Montréal a été admirablement accueilli par les diverses branches de l’industrie française et a recruté un grand nombre d’adhérents qui applaudissent au changement de date qui a été annoncé et se préparent avec confiance pour 1897 ou 1898 à faire bonne figure à l’exhibition montréalaise et à représenter dignement la France.“ Mais avant de les engager à s’avancer davantage, et nous rappelant l’expérience des expositions précédentes en Amérique et notamment les déboires qu’ont éprouvés les exposants français tant à Chicago qu’à Philadelphie, nous estimons qu’il est de toute nécessité d’obtenir du gouvernement fédéral des assurances que les faits eu question ne se représenteront plus et, à cet effet, d’obtenir de la législature une loi : lo garantissant de la manière la plus explicite l’admission sans aucun frais de douane de tous les objets exposés quels qu’ils soient et de leurs emballages, tant que ces objets ne seront pas vendus, cas auquel les droits afférents deviendraient ipso facto, exigibles ; 2o garantissant en outre que les objets exposés ne pourraient en aucun cas être saisis ou mis sous séquestre, si la Société de l’Exposition Internationale de Montréal se trouvait en contestations, et qu’aucun recours ne pourra être exercé contre les dits exposants à ce sujet.Il faudrait en outre qu’un dépôt spécial fut établi pour les caisses et emballages ayant servi au transport des objets exposés, lesdits emballages étant, moyennant rétribution, conservés avec soin, la dite taxe comprenant l’assurance contre l’incendie.Il suffira, noils l’espérons, de présenter ces observations au gouvernement fédéral pour qu’il en reconnaisse la justesse et y fasse droit, car les exposants étrangers ont toujours joui de ces privilèges en France à toutes les Expositions Internationales.EXPOSITION INTERNATIONALE DE MONTRÉAL Depuis un mois, il y a eu quelques progrès, surtout dans l’affirmation du concours apporté par le gouvernement fédéral à ce projet d’exposition.Trois commissaires royaux ont été nommés pour s’occuper avec les trois membres désignés par le Comité d’Organisation de la direction de l’Exposition.Ces trois commissaires royaux ont été choisis parmi les ministres fédéraux.Ce sont Messieurs Desjardins, ministre des travaux publics, Dixey, ministre de la justice et M.Wood, ministre des Douanes.Les membres du Comité d’organisation nommés pour s’adjoindre aux commissaires royaux sont le maire de Montréal M.Wilson Smith, M.Biderkike, président du Board of Trade (Chambre anglaise) et M.H.Laporte, ancien président de la Chambre de Commerce du district de Montréal.Le travail a, été réparti entre les diverses sections.Notre président de la Chambre de Commerce française a été appelé à faire partie de la section des transports par chemin de fer, par eau et par terre des objets exposés et du matériel nécessaire à l'exhibition, une des sections les plus importantes.Dans cette commission se trouvent son Honneur le Maire de Montréal, M.Biderkike déjà désigné, M.Contant, président de la Chambre de Commerce du District de Montréal et sir Hingston, sénateur.La nomination de notre président dans cette commission assure un rôle utile et efficace à notre Chambre dans cette grande entreprise où le commerce français ne peut manquer de briller.Et maintenant nous pouvons dire : à l’œuvre et qu’on fasse vite et bien, car le temps presse et il ne faut pas en perdre pour mener à bonne fin cette grande exhibition.Aussi notre Chambre de Commerce a jugé nécessaire de prendre, en faveur des exposants étrangers, l’initiative d’une mesure qui est de toute justice et de nature à faire cesser certaines craintes trop justifiées, manifestées par quelques-uns de nos compatriotes.La lettre suivante adressée à M.le Président du Comité d’Organisation en fera saisir l’importance : 1 _ 4 “ Je pense que vous partagerez, Monsieur le Président, l’opinion que les exposants étrangers qui désirent venir rehausser par leur présence l’expo sillon de Montréal, ont le droit de demander à être protégés contre le retour de faits semblables à ceux auxquels j’ai fait allusion et je ne doute pas que le gouvernement fédéral ne soit prêt à donner toute satisfaction à ce sujet.Je prends la liberté d’insister sur ces points qui sont d’une extrême importance pour la réussite de l’Exposition Internationale de Montréal et j’ai pleine confiance que les observations qui précèdent seront prises en sérieuse considération par le Comité d’organisation de Montréal.Veuillez bien agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.dans Ontario, il y ait eu diminution de 2 millions et quart par suite de la sécheresse.“ Les rapports officiels nous apprennent que l’augmentation de la récolte à Manitoba et aux Territoires du Nord-Ouest a été de 82.3 pour cent de celle de 1894, soit 16,602,000 boisseaux.La population en a ressenti l’heureux contre coup ainsi que les compagnies de chemins de fer desservant ces contrées.‘ ' Aucune preuve pl us convainquante de la prospérité de ces régions ne peut être donnée que par les rapports des compagnies de prêts et d’assurances faisant affaires avec elles.D’après un état que j’ai en mains, au 31 décembre 1895, les arrérages dûs par Manitoba pour intérêts et balances de prêts dûs à cette date n’était que de 1,7 pour cent seulement.“ Les récoltes dans le Manitoba et les Territoires, en 1895, ont donné, suivant divers rapports, de 22,775,000 à 36,775,000 miuots de blé.La récolte des autres grains figure pour 31,482,000 miuots et l’actif des exportations pour la même période était pour le Manitoba et les Territoires : 40,080 têtes de bétail ; 13,036 moutons, 4,022 pores, 285 chevaux.Dans la province de Québec, la récolte du foin a rapporté de grands bénéfices aux cultivateurs.On estime que de 500,000 à 600,000 tonnes de ce produit ont été expédiées aux Etats-Unis et à Ontario, pour une valeur d’environ cinq millions de piastres.Ceci doit être ajouté au surplus des marchés locaux.I J.Herdt.C’était une mesure toute indiquée dans les circonstances et nous croyons que les exposants en seront reconnaissants à notre Chambre.< « BANQUE DE MONTRÉAL » i RAPPORT DU PRÉSIDENT Les rapports des directeurs de banque offrent en général un grand intérêt pour apprécier la situation des affaires et l’état du commerce.A ce titre, celui du directeur de la Banque de Montréal, la plus importante du Canada par son chiffres d’affaires, sa solidité incontestée, est un document qu’il nous semble utile de reproduire en partie du moins.Les considérations suivantes du président l'honorable M.Drummond méritent d’être examinées avec soin.“ La dépression universelle et longuement soutenue dans toutes les branches des affaires, due surtout au manque de confiance s’est fait moins sentir au Canada que dans la plupart des autres pays.Notre système de banques et nos institutions financières ont fait preuve de leur valeur, en restant inébranlables, malgré les désastres financiers qui sont venus dernièrement les frapper.Mais il serait chimérique, cependant, de s’imaginer que, à force d’être sapé, l’édifice ne saurait finir par être ébranlé.Aussi, chacun est-il désireux de voir le calme et la confiance renaître parmi nous.“ Une preuve plus ou moins concluante de la situation peut être tirée du nombre des faillites enregistrées pendant ces douze derniers mois.Il y en a eu 2,07G au lieu de 1871 pendant l’année précédente.Le total du passif a été de $10,512,000 contre $15,469,000.Jetons maintenant un coup d’œil sur la grande production nationale du pays, le blé ! La récolte de l’an dernier est estimée à 56,850,000 boisseaux et n’a été en 1894 que de 42,500,000, soit une augmentation de 14,350,000 boisseaux ou 33 p.c., bien que, LES PERSPECTIVES SONT ENCOURAGEANTES.‘‘ On ne doit pas cacher que la baisse qu’ont subi, sur tous les marchés du monde, nos principaux produits, tels que le blé, le bétail, le porc et la viande a souverainement désappointé, non seulement les cultivateurs et les producteurs, mais aussi tous ceux qui comptaient sur la vente de ces produits, cependant notre espoir en des temps meilleurs repose sur le peu de probabilité d’un retour de cette baisse.De plus tout indique une hausse considérable dans les valeurs.“ Les rapports généraux du commerce montrent des améliorations décisives.“ Les chargements et expéditions de notre port sont considérables.Il est établi que la quantité de grains exportée donne une forte moyenne depuis plusieurs semaines et les exportations depuis l’ouverture de la navigation ont été plus considérables que celles Vie 1895, tandis que les cargaisons importées ont été légères.“ Les rapports du gouvernement pour les dix mois finissant le 30 d’avril dernier, donnent une augmentation dans tout le commerce du pays.ll Dans l’exportation des produits indigènes .“ Dans l’exportation des produits étrangers.“ Soit un total de.$3,232,476 2,420,446 $5,652,922 “ Les importations pour la consommation ont augmenté de $4,706,110." Les détails suivants montrent quelle large place ¦ 5 d’Ontario, spécialement favorisée par un climat plus tempéré, on cherche à répandre la variété du pommier à cidre.C’est une heureuse idée qui a rencontré les sympathies de tous ceux qui veulent enrayer la funeste passion des habitants de ce pays pour les boissons alcooliques.Dans cet ordre d’idées, les ER.PP.Trappistes ont fait plusieurs tentatives qui ont produit réellement un bon résultat.Il paraîtrait que deux espèces, de France, sont en voie de s’acclimater.C’est la “ Petite Amère ” et le “ Taureau ” importés de Vendée.On est assez disposé aussi, d’après le P.Hilaire, chargé de ce soin, à greffer des sauvageons qui produisent de bons fruits, aptes à faire du cidre.La variété dite “ St-Antoine ” a toutes les qualités requises.Seulement les pommes venues sur ces sauvageons non greffés manquent de tannin.En général, les pommes récoltées au Canada sont des pommes douces qui donnent, au pressage, un cidre d’une conservation difficile.Il n'y a pas encore en quantité suffisante de pommes amères dont le mélange est indispensable pour obtenir un cidre de qualité supérieure.En revanche, on y trouve trop fréquemment des pommes aigres, ce qu’il faut surtout éviter.Aussi est-il rare de trouver de bons cidres.Cependant, malgré cela, il se fait dans la province de Québec un certain mouvement en faveur du cidre.Cette boisson, exploitée par les fabricants d’Ontario qui produisent deux natures de cidre bien distinctes, le cidre champagnisé et le cidre naturel, est entrée pour une faible quantité dans les bars où elle gagne chaque jour du terrain.Aux envi rons de Montréal, à Lachine, il y a une fabrique de cidre très importante, qui obtient une certaine faveur près des consommateurs et elle le mérite.Le cidre “ Lasalle ” (c’est la marque de fabrique) est fait avec soin et de tous ceux que nous avons goûté c’est celui qui se rapproche le plus de notre boisson française.Il y en a encore un autre à Lachine, mais qui tend trop à imiter le cidre champagnisé.Les Pères Trappistes, à Oka, ont aussi une bonne qualité de cidre, également traitée avec soin, mais leur fabrication n’est pas uniforme.En tous cas, ils font connaître et avec avantage l’excellent breuvage auquel la Normandie et la Bretagne doivent une partie de leur prospérité.Le cidre rencontre actuellement, surtout parmi la population française de Montréal, une assez grande demande et nous savons qu’il est apprécié par nombre de canadiens.Mais il faut un long temps pour habituer le palais des consommateurs à une boisson nouvelle et apprécier les avantages du cidre, surtout parmi les amateurs de breuvages alcooliques.les matériaux pour manufactures tiennent dans l’augmentation de l’importation étrangère : “ Augmentation de teintures et produits chimiques importés, $141,708.“ Peaux et cuirs importés, $245.056.“ Caoutchouc et Gutta Percha importés de l’Inde, $332,680.“ Agave, manille et chanvre importés, $220.165.“ Liste des matériaux importés, $813,289.“ Le commerce extérieur s’augmente de plus en plus.De 1890 à 1894, les exportations sont montées de $96,749,000 à $117,524,000.En 1895, elles sont tombées à 113,638,000, mais dans les dix mois de l’année fiscale finissant avec avril, elles ont atteint le joli chiffre de $91,250,000 soit une augmentation de $5,650,000, sur la même période de l’année dernière.Si les affaires se maintiennent à cette proportion durant les deux derniers mois, le commerce d’exportation aura été plus élevé qu’à n’importe qu’elle époque de l’histoire du Canada.“ Le trafic des chemins de fer est aussi très prospère.Depuis le 1er janvier à la fin d’avril, les affaires du Pacifique ont augmenté de $1,158,000 et celles du Grand Tronc de $40,000 sur la même période l’année dernière.“ Depuis notre dernière assemblée, aucune loi n’a été passée affectant les intérêts des banques, et le seul événement remarquable qui s’est produit en politique, c’est l’élection prochaine d’une nouvelle Chambre des Communes.LA QUESTION DE L’ARGENT AUX ÉTATS-UNIS.“ Si nous nous tournons du côté de la politique étrangère, nous sommes frappés des évènements remarquables et importants qui se sont produits.L’agitation causée par la question de l’argent aux Etats-Unis menace tous les intérêts communs.Plusieurs conventions récentes ont montré que les adeptes de cette question n’accepteront pas de compromis quant à la frappe libre de l’argent, à la proportion de 16 pour 1, et à la prompte adoption de toutes suggestions touchant la proportion représentée par la valeur commerciale de métaux : tout cela montre le danger qu’offrent de telles prétentions.Cette proportion de 16 pour 1, quand les valeurs commerciales sont d’à peu près 31 pour 1 amènerait infailliblement la répudiation.Les avo-tats bi-métallistes de nom, sont en réalité, je le crains, mono-métal!istes, et tendent à vouloir se faire relever de leurs obligations avec une pièce de cinquante contins.La possibilité qu’une telle mesure devienne loi est la seule cause de dégénérescence des affaires et des obligations américaines, ce qui amène chacun à vouloir se faire payer eu or.Je crois pourtant la clause adoptée insuffisante à moins qu’il ne soit aussi stipulé la quantité d’or qu’il faut dans le dollar ”.i * POMMIERS A CIDRE FRUITS CULTIVÉS AU CANADA Il y a déjà au certain temps que, dans la province de Québec, qui, pour la culture des fruits, a de grands progrès à faire afin d’égaler la province — — 6 pas d’espoir sur les résultats de ses tentatives.L’arbre pousse avec trop de vigueur en bois et, malgré des pinces répétées, il u’obtient pas toujours des fruits.Le jour où le cidre et le vin de France auront droit de cité ici, la cause de la tempérance aura fait un grand pas.Car il y a ceci de curieux, c’est que pour les vins, ou rencontre beaucoup de consommateurs qui ne prisent que les liquides sucrés.On citait un anglais qui, après avoir acheté un vin d’un grand cru de Bordeaux, l’additionnait d’une quantité de sucre, sans laquelle, disait-il, il n’était pas buvable.A nos vins généreux et francs de goût, il préférait les vins liquoreux d’Espagne et du Midi.Cet anglais, disonS-le tristement, traduisait fidèlement les sentiments de son pays.Voilà ce qu’il faut répéter à nos marchands de vin français qui se figurent qu’il suffit de venir apporter leurs produits ici pour trouver immédiatement des acheteurs.Du reste, il n’y a qu’à rechercher quelles sont les quantités de grands vins de France vendus au Canada.Cette quantité est ridiculement petite.Il est donc à souhaiter que les BR.PP.Trap pistes parviennent à acclimater certains variétés de pommes à cidre, dans leurs belles pépinières d’Oka.Ils auront rendu au Canada un service signalé.Ajoutons que leurs pépinières contiennent 200,000 plants de pommiers de belle venue, et ce n’est pas une des attractions les moins intéressantes d’Oka que la bonne tenue de ces pépinières et les travaux de ces agriculteurs-moines pour établir dans ce sol, couvert jadis de grosses roches, une semblable plantation.Au point de vue de la difficulté vaincue, il y a 11 un véritable tour de force.Parmi les espèces de pommiers qui ont très bien réussi à la Trappe, le frère Léon signale le “ Baldwin ” dont les pommes sont très employées aux Etats-Unis pour le séchage, genre d’opération dont nous avons parlé dans plusieurs numéros de notre Bulletin Mensuel.Le même frère recommande la “ Wealthy ” et la “ Ben Davis ” qui s’exportent avantageusement sur le marché anglais.Ces pommiers réussissent dans des plantations faites à Ro-berval, sur le lac St-Jean, au nord de Québec, ce qui laisse à supposer qu’il peuvent prospérer dans toute la province de Québec C’est donc des espèces dont la culture doit être encouragées.FRUITS CULTIVES AU CANADA Dans la notice où nous puisons ces renseignements, nous trouvons un excellent travail de M.Chapais, assistant commissaire du département de l’industrie laitière à Ottawa,sur les arbres fruitiers de la province de Québec et les fruits en général produits par le Canada.PRUNIER Mais il constate qu’il a bien réussi avec les pruniers dont les meilleures espèces sont la Damas, petite prune bleue et la Reine Claude, belle prune jaune ou blanche.Il cite encore parmi les espèces indigènes la Brad-Shaw, la Goutte d'Or de Coe et la Crabitheet parmi les espèces étrangères la Lombarde, prune d’un rouge violet.CERISIERS C’est la Cerise de France apportée eu ce pays par les premiers colons qui a conservé le premier rang, comme beauté et qualité de fruit.Sa fécondité lui assure toute supériorité.Ou cite ensuite diverses espèces russes et notamment la Lutowka, cerise beaucoup plus grosse que celle dite de France, mais elle moins sucrée.La Bessarabian, la Wladimir et la Ostheins sont aussi de gros fruits, mais n’ayant pas la finesse de goût de la Cerise de France.M.Chapais ne parle pas des Abricotiers, des Amandiers.Ces arbres délicats ne supportent pas les rudes hivers de ce pays.Il ne dit rien aussi des Pêchers et cependant nous avons goûté quelques bons fruits de cette espèce au Canada.Dans la catégorie des petits fruits : groseilles, gadélles, framboises et fraises, il recommande : Pour les Groseilles, la Downing et la Fenil parmi les blanches ou vertes et la Houghton parmi les groseilles rouges ou violettes.Cette dernière est d’une grande fécondité.Pour les Gadelles, la Noire de Naples, la Rouge Versailles et surtout la Prolific de Fay, qui est à grappes très longues et d’un rendement supérieur.Pour la Framboise, la Malborough qui tient la corde parmi les rouges, et la belle framboise blanche parmi les framboises blanches, qui vient de France et a été importée par les premiers colons.Pour les Fraises, le Canada possède la Scharpless dans les espèces rouges, et la Blanche des AZpesdans les espèces blanches, laquelle est aussi une importation ancienne datant des premiers jours de la colonie.Ces renseignements donnent sur la production des fruits des indications précieuses qui permettent de prévoir ce que, sous ce rapport, on peut importer au Canada et aussi ce que l’on peut eu exporter.Car ces contrés sont appelés déjà à fournir des pommes à couteau en Angleterre et aussi des fruits desséchés en quantités importantes dans toute l’Europe.\ POIRIER Nous ne reparlerons pas ici des pommiers.M.Chapais a essayé la culture du poirier.Il ne fonde L h 7 LES NOUVELLES CONQUETES DE LA PROPRIETE ARTISTIQUE ET LITTERAIRE L’Angleterre, malgré tout son bon vouloir, malgré les efforts persistants de ses délégués ne pouvait, en somme, faire mieux que ce qu’elle a fait : adhérer sous les conditions que nous allons faire connaître.“ Du reste, pour tourner les difficultés, pour résoudre la question au mieux des intérêts de tous, on a eu recours au moyen suivant : la rédaction de deux actes, si bien que les protocoles signés, par les représentants des Etats concordataires comprennent : “ lo Un acte signé par tous les Etats à l’exception de la Norvège ; “ 2o Un acte signé par tous les Etats à l’exception de l’Angleterre.“ D’abord le premier acte.Voici les principales modifications apportées par lui à la Convention de Berne.En ce qui concerne la traduction, on a dû renoncer, pour obtenir l’adhésion de la Grande-Bretagne, à .l’assimilation absolue de la traduction à la reproduction, et l’on a voté le principe de l’assimilation, à condition qu’une traduction licite ait été publiée dans les dix ans après la publication de l’original.— (A suivre.)—Extrait du Figaro.u 11 Les travaux de la Conférence diplomatique, chargée de reviser la convention de Berne, tenue à Paris au mois de mai dernier, viennent de prendre fin ; les protocoles ont été signés le 4 mai 1896 au ministère des affaires étrangères.“ La Conférence, ayant décidé que ces protocoles ne seraient livrés à la publicité que lorsque chacun des Etats signataires aurait été pourvu d’une copie authentique, nous ne pouvons, aujourd’hui donner, dit le Figaro, auquel nous empruntons ces renseignements, un texte officiel qui doit être tenu encore secret, mais voici, sous une forme succinte, le résumé des travaux.“ Les discussions ont été longues, difficiles, ardues, quoique l’entente se soit faite sur la plupart des points, parce que d’emblée l’on s’est trouvé vis-à-vis d’objections de principes impossibles à surmonter : d’une part, la déclaration faite par la Norvège qu’elle avait rédigé sa loi sur la propriété littéraire pour l’ancienne Convention de Berne, qu’elle n’était parvenue à la faire adopter qu "après les plus grandes difficultés, qu’elle ue pouvait donc adhérer à une Convention modifiée, changée ; d’autre part, les explications fournies par les représentants du gouvernement anglais au sujet de la situation particulièrement délicate de l’Angleterre vis-à-vis des prétentions de la nouvelle législation rédigée par le Canada.“ L’Angleterre était, en principe, entièrement d’accord avec les délégués français et allemands, et pourtant elle se trouvait dans l’impossibilité d’adhérer à une des dispositions les plus importantes, la traduction.“ Voici pourquoi : “ Le Canada, travaillé sans doute par la contagion de l’exemple, voudrait faire une loi analogue à celle qui existe aux Etats-Unis.Or l’Angleterre, qui combat ces tendances, qui s’élève contre les prétentions canadiennes, ne saurait, puisqu’elle a adhéré à la Convention, pour elle et pour ses colonies, adopter des dispositions qui pourraient, dans un certain ordre, créer des précédents et, dans le cas actuel, fournir des armes aux prétentions canadiennes.Il lui a donc fallu arriver à une transaction sous la forme suivaute : au lieu de la clause de refabrication telle qu’elle existe aux Etats-Unis, les étrangers seront en principe protégés au Canada ; seulement, un éditeur canadien pourra demander l’autorisation de publier l’œuvre, et l’étranger devra alors ou accorder cette autorisation moyennant licence, ou publier lui-même dans un certain délai.Création (l’iuie Chambre de Commerce franco-américaine aux Etats-Unis à Galveston Le Consul de France à Galveston (E.U.) annonce la création dans cette ville, avec section à Dallos, d’une Chambre de Commerce franco-américaine, dont le but est de développer les échanges directs entre la France et le Texas.Les membres de cette Chambre, constituée sous la présidence d’honneur du Consul Français, sont eu partie d’origine française.Ils se sont donné pour but, soit individuellement, soit en corps, de se tenir, eu toutes circonstances, à la disposition des négociants et industriels de France désireux d’entamer ou de développer des relations directes avec le Texas et les autres Etats tributaires naturels du port de Galveston et des autres ports du Texas : promettant tout aide et tout appui qui seraient en leur pouvoir, en répondant de leur mieux, soit directement, soit par l’intermédiaire du Consul de France à Galveston, à toute demande de renseignements sur les besoins de cette contrée américaine, en fait de marchandises d’importation, ainsi que sur les produits qui peuvent en être exportés.La liste des maisons de commerce de Galveston et de Dallos, faisant partie de la nouvelle chambre de commerce,peut être communiquée aux négociants français qu’elle intéresserait, à la Direction du Commerce (3e Bureau) 30 rue de Yarenne, Paris.4. —— 8 “ La deuxième question qui reste à régler, autant qu’il est possible de régler ces questions à l’avance, est de déterminer quelle est la meilleure saison de l’année pour faire le beurre, afin de trouver un marché avantageux.“ Le beurre canadien n’a pas d’influence appréciable sur les prix du beurre en Angleterre, car notre contribution est à peine de deux livres par cent livres que ce pays importe.Mais le marché au beurre en Angleterre a subi depuis quinze ans une fluctuation notable tous les ans.Les prix du beurre ont toujours été à la baisse en été en Angleterre, et pour le beurre du Danemark, la moyenne des prix courants, en été, est d’environ 6 cts plus basse d’avril à août que de septembre à mars.C’est ce qui explique pourquoi on retient ici le beurre fabriqué dans les beurrer!es et ailleurs, eu juin et juillet.Personne ne se soucie d’expédier du beurre sur le marché anglais, lorsque les prix pour le bon beurre sont de 6 cts plus bas qu’il ue seront dans quelques mois.Pour faire de semblables prévisions, on se base sur l’expérience des quinze dernières années, qui n’offrent pas une seule exception.“ Il paraît y avoir deux moyens de tourner cette difficulté.Ou nous devrions fabriquer le beurre lorsque les prix sont élevés et l’expédier tout fraîchement fabriqué, ou nous devrions faire notre beurre dans la saison la plus convenable et prendre les moyens de le conserver sans détérioration, pour qu’il arrive sur le marché lorsque les prix sont les plus élevés, sans que sa qualité ait eu à souffrir.Il n’y a que ces deux moyens de tourner la difficulté.Nous avons adoptés tous deux, et nous avons entrepris la fabrication du beurre en hiver, d’abord parce que le prix du beurre en Angleterre est toujours plus élevé en hiver qu'en été, et que, grâce à la température qui règne à cette saison, l’expédition peut s’en faire en toute sûreté.“ En inaugurant cette fabrication d’hiver, je considérais comme essentiel de donner aux cultivateurs une aide directe qui ne pouvait leur venir que du gouvernement.Lorsqu’il s’agit d’une nouvelle entreprise, il me paraît indispensable d’adopter le système de la coopération, jusqu’à ce que les gens soient en état d’agir isolément.Je vais rendre ma pensée plus clairement, car c’est justement sur cela que repose ma conviction que non seulement nous avons eu raison de venir en aide au commerce de beurre comme nous l’avons fait l’an dernier, mais que nous aurions été sans excuse si nous ne l’avions pas fait.Autrefois, dans ce pays, lorsqu’un homme voulait avoir une maison à lui, il avait recours à la corvée.C’était une des formes de la coopération.Aujourd’hui, celui qui vent se construire une maison ne se sert pas de la corvée et n’a plus recours à ses voisins, parce qu’il peut engager des maçons et des charpentiers et acheter les matériaux dont il a besoin.Mais dans les premiers temps de la colonie, un homme ne pouvait pas se construire une maison ou des bâtiments sans avoir recours à la corvée, et tous ses voisins lui venaient en aide et contribuaient à l’érection de sa maison: Le commerce du beurre était exactement dans cette condition l'hiver dernier, lorsque nous avons fourni les moyens d’expédier le beurre en Angleterre.L’action du gouvernement était amplement justifiée, Le service directe entre la France et le Canada Voyage de “ L’Oregon ” L'Oregon est arrivé à Montréal, venant de Dunkerque le 7 juin courant, avec une cargaison de 700 tonnes provenant du port de départ.Il a fait escale à St-Pierre et Miquelon.La plupart des passagers sont débarqués à Québec.Il se propose de repartir de Montréal le 17 courant.Dans son chargement pour le Hâvre, port où il se rend, il y a des bestiaux expédiés par M.Delorme.Nous savons aussi qu’un certain nombre de passagers ont retenu leurs places.Nous exprimons nos regrets à nouveau qu’il ne soit pas fait une plus large publicité pour annoncer les départs des steamers de cette ligne au Canada.Le prochain steamer qui doit venir de Dunkerque sera le Sarnia et il arrivera au commencement du mois de juillet à Montréal.Nous avons reçu à la Chambre de Commerce française un grand nombre de lettres nous demandant comment fonctionne ce service et nous avons pu constater, d’après ces demandes, l’intérêt qu’attache à la nouvelle ligne directe le commerce de la France.Il y a déjà un courant sympathique en notre pays en faveur de cette ligne.C’est à elle de répondre à ce mouvement en fonctionnant avec régularité.BEURRES ET FROMAGES Nous publions in extenso deux parties fort intéressante s pour nos correspondants s’occupant de ces questions, du rapport très complet et très étudié présenté au gouvernement Canadien par M.James Robertson, commissaire de l’industre laitière au Canada.Aucun document ne pourra mieux les renseigner sur la fabrication du beurre et du fromage au Canada et sur les exportations que le Canada peut fournir de ces deux articles.“ En exploitant l’industrie de la laiterie au Canada au milieu de la concurrence acharnée de partout, nos cultivateurs n’ont que deux voies de salut.le commerce du fromage, et si, en même temps, lsi continuent à augmenter le rendement des vaches laitières et à prolonger la saison de lactation, il en résultera que notre commerce de fromage sera bientôt dans de très mauvaises conditions, parce que nous expédions déjà en Angleterre 60 pour 100 de tout le fromage qu’elle importe et que nous poussons rapidement nos concurrents au pied du mur.Un moyeu de salut semblerait être d’employer une plus grande partie de notre lait à la fabrication du beurre au lieu de continuer à augmenter la production du fromage.A moins que nous ne fassions cela, je ne vois pas comment nous pourrons échapper à une ère de dépression et de bas prix, et éviter la calamité d’une trop grande dépression.S’ils persistent à développer uniquement 1 — T 9 mais il n’aurait aucune excuse s’il avait refusé ou négligé d’agir dans les circonstances.“ Pour ma part, je suis partisan de la plus large application possible, daus des limites légitimes, des méthodes coopératives, pour l’avancement du bien général ; et le gouvernement dans le plus haut exercice de ses fonctions, est un des moyens par lequel le peuple peut coopérer pour son propre avantage.La protection de la vie et de la propriété n’est pour ainsi dire que la principale fonction d’un gouvernement ; dans un ordre plus élevé de civilisation il a aussi l’obligation de travailler à augmenter la prospérité et le bien-être du pays.La meilleure preuve de ce que j’avance se trouve dans l’existence des écoles maintenues au moyen des taxes prélevées sur le peuple, et qui restent en partie sous le contrôle du gouvernement.Pour revenir à l’ancienne institution de la corvée pour apporter le bois, pour construire la maison, dans un nouvel établissement, il aurait pu se trouver quelqu’un pour dire; “ Pourquoi irai-je donner mon temps pour venir en aide à un nouveau venu, qui sera plus tard un de mes concurrents sur le marché % ” Celui qui aurait agi ainsi aurait fait preuve d’étroitesse d’esprit et se serait nui à lui-même, car individuellement il n’avait qu’à y gagner, et comme membre de la communauté c’était beaucoup plus digne et plus avantageux de prêter main-forte à ce nouveau voisin.Or, le fabricant de beurre d’hiver n’est autre chose qu’nn nouvel arrivant parmi les autres producteurs du Canada, et son travail contribuera à la prospérité générale du pays.“ J’aimerais à faire quelques observations pour démontrer jusqu’à quel point l’encouragement donné à la fabrication du beurre en hiver peut constituer un emploi légitime des deniers publics.Si, au moyen de l’industrie laitière, il est possible de rendre productives nos ressources naturelles, nos hommes d’affaires et nos industriels ne souffriront pas du fait qu’une partie des taxes est employée à encourager le développement de notre commerce de beurre et de fromage ; car si les cultivateurs augmentent leurs revenus, ils seront en état d’acheter plus, et partant le marchand réalisera plus de bénéfices, ce qui provoquera plus de demandes chez les manufacturiers.Ce que je veux bien faire comprendre, c’est qu’en fiu de compte les cultivateurs seuls contribuent aux secours que nous leur donnons temporairement.“ Sans l’organisation des associations laitières, sans l’engagement d’instructeurs ambulants, sans la réunion des conventions, sans la publication périodi que de bulletins, notre commerce de fromage ne pourrait certainement pas être ce qu’il est aujourd’hui.Cette industrie a fait tellement de progrès que les exportations de fromage, qui étaient de $6,754,626 en 1886, ont atteint, l’an dernier, le magnifique total de $15,488,191.L’augmentation dans la valeur de la production durant les huit dernières années a été de plus d’un million de piastres par an ; et ce résultat n’aurait pas été possible sans l’encouragement que cette industrie a reçu par les moyens que je viens d’énoncer.Cette augmentation s’est produite sans qu’il y ait eu abaissement dans les prix, car grâce à l’encoura- gement pratique donné à l’industrie, les perfectionnements opérés dans la qualité ont été aussi rapides que l’augmentation dans la quantité.Nous avons pu ainsi conserver nos anciens clients et nous en procurer de nouveaux.Les résultats obtenus ont épargné au pays des crises financières sous plus d’un rapport, et c’est ici le temps de se demander combien le pays s’en trouverait mieux, si le commerce du beurre nous rapportait tous les ans seulement la moitié de ce que nous rapporte le fromage.Et je n’éprouve pas la moindre hésitation à dire que cela nous est très possible en quelques années.Si nous avions pour cinq ou sept millions de piastres de beurre à exporter tous les ans, tout le monde au Canada aurait la chance d’en profiter.Ce résultat est possible, et nous pouvons légitimement l’espérer en venant en aide an commerce du beurre.“ Cet encouragement ne constitue pas une injustice envers les fabricants de fromage, bien que quelques-uns prétendent qu’il n’est pas juste d’employer les deniers publics à aider ceux qu’ils appellent leurs concurrents.Il ne faut pas oublier que les stations de laiterie d’hiver ont été supportées par les cultivateurs qui fournissaient le lait aux fromageries en été.Ceux qui approvisionnent les beurreries d’hiver sont justement ceux qui permettent aux fromagers d’exercer lour industrie.Il n’y a nullement conflit d’intérêt.Ce sont les mêmes individus qui sont encouragés par l'industrie du beurre en hiver ; ils n’ont en conséquence, aucune raison de se plaindre.”—(A suivre.) REVUE COMMERCIALE Nous sommes actuellement en pleine agitation électorale.Le Canada va élire dans quelques jours ses députés au parlement fédéral et comme une des plus importantes questions à décider par ces élections est celle de la politique douanière du chain parlement, cette agitation et l’incertitude qui l’accompagne ont eu pour effet de suspendre presque complètement les opérations d’importation et de fabrication dans toutes les branches du merce et de l’industrie qui sont aujourd’hui protégées par un droit de douane.A part cette cause de stagnation, il y a encore à signaler le peu de débouchés que trouvent nos produits agricoles à l’étranger, en raison des bas prix qu’a produit la surabondance de ces mêmes articles chez nos concurrents.En somme, la situation du pays est assez précaire et comme l’industrie est presque unanimement protectionniste, un changement de gouvernement serait probablement suivie d’un temps d’arrêt, sinon d’une crise, dans la production industrielle.Bois de construction.—Le marché anglais est resté en bonne situation pour nos bois et les expéditions qui se font sur les contrats passés au printemps donnent beaucoup de fret à nos vapeurs.pro- corn- f Mais ——™" — — T 10 l’élection présidentielle aux Etats Unis a fait cesser presque complètement la demande de ce marché, de sorte que les scieries qui travaillent pour les Etats-Unis ont de forts stocks sur les braS.On cote f.à b.à Montréal : Madriers, Laines.—Le marché est calme avec peu de stock sur place et des prix fermes.On cote à Montréal : $0.22 à $0.28 la liv.0.21 à 0.22 “ 0.17 il 0.18 “ 0.134 à 0.1(5 “ Australie, lavée à fond.0.00 à 0.00 “ 0.35 à 0.35 “ 0.15 à 0.17 “ Toison du Canada.Arrachée, non assortie.Noire.Cap de B.E.en suint.Par 1000 pds B.M.$10.00 à $20.00 10.00 à 20.00 9.00 à 18.00 10.00 Bois de menuiserie et d'ébénisterie.Par 1000 pds B.M $16.00 à $20.00 14.00 à 20.00 16.00 à 25.00 12.00 à 10.00 25.00 à 35.00 20.00 à 30.00 25.00 à 35.00 55.00 à 60.00 Pin blanc.Pin jaune Epinette .Pruche.Buenos-Ayres, do Natal, en suint.Peaux vertes.—Depuis un mois, la situation des cuirs verts a changé de face.Les tanneurs ont acheté libéralement et les prix ont haussé.Les tanneurs paient : Peaux de bœuf No 1, par 100 livres “ “ No 2, “ taureaux “ veaux, la livre “ d’agneaux la pièce Animaux de boucherie.—L’essai tenté par M.Delorme ne lui a pas réussi ; il s’est trouvé à placer ses bœufs à Paris, sur un marché encombré par les bœufs de l’Angleterre et par ceux du pays, que la sécheresse fait sacrifier.Il revient au pays, nous dit-on, avec l’intention d’essayer l’exportation des stokers.Le marché anglais a eu des hauts et des bas ; mais en somme il a fourni un débouché de 2,000 à 2,500 bœufs par semaine.On a payé pour l’exportation : Bœufs.Moutons.Frêne.Merisier.Erable.Tilleul (bois blanc).Noyer tendre.Chêne blanc.rouge.“ scié sur le grain Grains.—Nos blés ont subi le contrecoup des fluctuations importantes du marché de Chicago ; ils sont aujourd’hui cotés faibles, tant ceux d’Ontario que ceux de Manitoba.A signaler, l’exportation de trois à quatre mille tonnes de blé de Manitoba pour l’Australie.L’avoine, les pois, le sarrazin, le seigle n’ont pu être exportés qu’en quantités restreintes, le port de New-York où les frets sont plus bas, achète ces grains à des prix inférieurs aux nôtres.Ou cote à Montréal, en entrepôt : Blé Manitoba No 1 dur par 60 livres “ d’hiver, Ontario “ “ du printemps, blanc Pois No 2, par 60 livres.Avoine blanche No 3, par 34 livres.“ mélangée “ Orge à matter, par 48 livres.Orge à moudre “ Sarrazin Seigle, par 50 livres Farines.—Les farines ont eu un marché faible et une baisse qui a permis de placer une certaine quantité de sacs en Angleterre.On cote à Montréal eu entrepôt par baril de 19G livres net : $7.00 6.00 5.00 4 à 6c 25 à 30c $0.70 0.70 .Sic.à 32c.la liv.34c.à 44c.0.77 0.56 0.27 0.25 0.54 REVUE FINANCIÈRE 0.36 0.37 C’est en juin que nos principales banques réunissent leurs actionnaires pour leur faire part du résultat des opérations de l’exercice.Les bilans ont été publiés.La banque de Montréal, la banque d’IIoclielaga, la banque de Toronto et la Banque Impériale ont fait un peu plus de 10 p.c.sur leur capital.Les autres ont réalisé à peu près 8 p.c.La banque du Commerce a réduit son actif de $200,000, pris sur son fonds de réserve, en faisant disparaître un montant équivalent de créances recouvrables.Les fonds disponibles sont un peu plus abondants, mais les banques ne prêtent à la spéculation qu’avec beaucoup de réserve, contre remise de titres bien cotés et au taux de 5 p.c.Au commerce, on escompte les effets de 1 à 4 mois au taux de 6 à 7 p.c.Le change sur Londres est ferme ; les banques vendent leurs traites à 60 jours de $4.87 à $4.87£ et leurs traites à vue de $4.88 à $4.89 pour 1 livre sterling.Le change à vue sur New-York est pair.Le change sur Paris est de 5 frs 16 pour papier long et de 5 frs 14 pour papier court.0.54 $3.90 à $4.00 3.85 à 4.00 3.70 à 3.85 0.00 à 0.90 3.65 à 3.70 Foin.—On commence à se préparer à faire des expéditions sur l’Angleterre, où le déficit de la récolte sera important ; l’exportation en France en 1893 n’a pas donné de résultats satisfaisants et il est probable qu’on n’essaiera pas cette année d’y placer des consignations.La récolte du pays a bonne apparence ; l’herbe est drue et vigoureuse, mais courte ; il lui faut de la chaleur et de la pluie.Que cela vienne en juin et la récolte est assurée.Il y a encore une quantité considérable de foin de 1895 Patente d’hiver.“ du printemps Straight roller.Extra.Forte de boulanger (Manitoba).non dans nos campagnes.On paie à la culture, foin pressé et livré sur wagon : au Foin No 1 (pure fiéole des prés).$11.50 à $12.00 “ No 2 (mélangé de trèfle blanc).' 10.50 à 11,00 I » L — - — 1 11 TEMPÉRATURE DU MOIS DE MAI 1896 LIQUIDATION DE FAILLITES Relevée par MM.Hearn et Harrison, opticiens à Montréal, rue Notre-Dame, 1646 et 1642.Farenheit Min.1 ARGENT A PRETER Achat d’Obligrations Municipales Mai Centigrades Date Max.Max.17.28 19.44 20.56 Min.5.56 7.22 10.56 64 1 42 M.ROMEO PROVOST & CIE 2 67 45 3 51 60 Expert-Comptables, Liquidateurs et Fidei-Commissaires 4 50 68 20 10 5 55 67 19.44 13.89 16.11 20.56 28.89 31.67 22.22 12 78 G 57 43 G.11 Chambres Nos 41 et 42 Bâtisse “ Chars Urbains " à MONTREAL (Canada) 61 ¦7 41 5 8 69 53 11 67 13.33 16.11 14.44 11.11 La maison Roméo Provost & Cie est déjà connue en France où elle a une clientèle parmi les notables commerçants de ce pays.9 84 56 10 89 61 72 11 58 Petit Courrier 12 68 52 20 13 61 47 8.33 16.11 19.44 21.67 20.56 22.22 21.11 14.44 17.22 20.56 22.22 15.56 La Chambre de Commerce française demeure à la disposition de ses correspondants pour leur fournir tous renseignements utiles à la suite des propositions qui leur seraient faites, sans son intervention, en réponse à leurs demandes d’agents aux représentants insérées dans son Bulletin mensuel.DEMANDES D'AGENTS PAR : M.T.Audon, eaux-de-vie, 9 rue Mozart, Paris M.A.Collin, vins de Champagne à Châlon s.Marne- Rivière-Gardrat et Cie, à Cognac, eau-de-vie.M.E.Mercier, Compagnie des grands vins de Champagne, près Epernay.M.Louit frères et Cie, négociants en vins, à Bordeaux.M.G.Bonhomme et Cie, eaux-de-vie, Cognac.A.David, articles de ferronnerie, à Charleville, (Ardennes).M.E, Normandin et Cie, de Châteauneuf-près-Cognac, commerce des eaux-de-vie.MM.Frédéric Calvet et Cie, vins, à Bordeaux, cours M.Bérenguier, fabricant de bouchons de tous genres, à Grimaud (Var).M.Bonneau, eaux-de-vie, à Renon (Ch.Inf.) Arnould et Cie, successeurs de M.de St.Marceaux et Cie, de Reims, vins de champagne.M.P.Rousseau et Cie, négociants-propriétaires, Bordeaux, 56 rue de Vergniaud, commerce de vins.M.Lucien Canaud, commerçant, vins et eaux-de-vie, à la Rochelle.M.J.Lamilhau, huiles d’olives pures, à Nice.M.J.Prunier et Cie, eaux-de-vie, à Cognac.Vve Azac Seignette et Eugène Sabourau de-vie, La Rochelle.Avis important.—La Maison Eugène Clicquot, vins de Champagne, établie en France dès 1845, demande de bons représentants pour les diverses provinces du Canada.14 67 49 9.44 15 71 51 10.56 12.78 12.22 13.33 16 69 55 17 72 54 18 70 56 19 58 48 8.89 20 63 47 8.33 21 69 51 10.56 13.33 22 72 56 23 60 48 8.89 24 68 44 20 6.67 25 70 52 21.11 22.78 18.89 17.78 18.89 16.11 18.33 11.11 10.56 26 73 51 27 66 50 10 28 64 •50 10 29 66 52 11.11 30 61 49 9.44 31 65 51 10.56 Nous apprenons avec plaisir qu’une société vient d’être formée entre MM.A.Bounin et A.V.Roy, tous deux ingénieurs diplômés de l’Ecole Centrale de Paris, et membres de la Société des Ingénieurs civils de France.Ces messieurs sont bien connus à Montréal.M.A.V.Roy, fils de M.Adolphe Roy.est sorti de l’Ecole Centrale en 1892, avec le diplôme de Métallurgiste.En 1893, envoyé par le Gouvernement de la Province de Québec, à l’Exposition de Chicago, comme Ingénieur de la Commission Canadienne, il a depuis lors voyagé en France, en Algérie, en Tunisie, puis dans l’Alaska, s’occupant particulièrement de questions minières et d’exploitation métallurgique.Quant à M.Bonniu, sorti de l’Ecole Centrale avec le diplôme de Mécanicien, il fut attaché, en France, à plusieurs grandes entreprises, puis vint au Canada, où il réside depuis plus de onze ans.Dès son arrivée, nommé professeur à l’Ecole Polytechnique de Montréal, (cours de Machines à Vapeur et de Résistance appliquée), il s’est de plus occupé de nombreux travaux, notamment des études du pont de Québec, dont l’avait chargé le Gouvernement Canadien.Nous ne doutons pas du succès qui attend les nouveaux associés, et nous les recommandons spécialement à nos lecteurs de France pour qui, nous en sommes certains, ils pourront être d’utiles auxiliaires.eaux- ?AVIS.—M.Lemasne H., 17 Boulevard,à Nantes,demande à représenter en France une maison d’exportation dienne-française ou française du Canada : pulpes de bois conserves de homards, salaisons.—M.Burgelin, 42 rue de la Bastille, Nantes, demande aussi une représentation en France de ces mêmes maisons.cana- I 12 “LA PRESSE” PUBLIÉE A MONTRÉAL, CANADA Le plus important et le plus répandu des journaux français du continent américain 53,163 Circulation Quotidienne assermentée : La circulation de “ LA PRESSE ” est sept fois aussi considérable que celle de tout autre journal français à Montréal.L " V /JfvAI y.V, a II à IjgSS ij “ LA PRESSE ’’ est le meilleur journal d’annonces du Canada, il f M ¥ tm “ LA PRESSE ” publie 6 pages tous les jours, excepté le Samedi où elle sort à 12 pages.___________' ! m ; I II | i a “ LA PRESSE ” est le seul journal canadien qui s’occupe d’une manière suivie du développement des relations commerciales entre la France et le Canada.T.BERTHIAUME r proprietaire MONTREAL, CANADA.71 ET 71a RUE ST JACQUES /
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