Bulletin mensuel de la Chambre de commerce française au Canada, 1 janvier 1900, lundi 15 janvier 1900
78 SEPTIÈME ANNÉE 15 Janvier 1900 BULLETIN MENSUEL ===== PUBLIÉ PAR LA DE MONTRÉAL Prix d’abonnement 10 francs par an.SIÈGE DE LA CHAMBRE EDIFICE DU BOARD OF TRADE, RUE ST-SACREMENT MONTREAL Adresser toute lettres et communications à la Chambre de Commerce Française de Montréal, à MONTREAL, Canada.Adresse télégraphique : “GALLIA” Montréal.Le Bureau est ouvert tous les jours, sauf le dimanche, de 10 heures à midi et de 1 heure à 3 heures.AVIS Comptes Rendus des Séances de la Chambre de Commerce Française de Montréal.Le Commerce français trouvera tout intérêt à se renseigner auprès de notre Chambre de Commerce sur le compte de tout individu de notre place sollicitant des représentations.Séance du 21 Décembre 1899.Extrait du procès-verbal de la séance du 21 décembre 1899,, teuue sous la présidence de M.Emile Galibert, président.M.le Consul-Général de France assiste à la réunion.Sont présents : MM.Jonas, Rougier, J.Herdt, de Sieyès, Poindron, Bouesnel, Pinoteau, Reeb, Pony et Monier.Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.Il est procédé an dépouillement du courrier de quinzaine qui contient plusieurs demandes de renseignements, notamment sur les cidres, la cellulose, la toile cirée et la pierre ponce.Sur la proposition de M.E.Galibert, la Chambre décide de renvoyer au 11 janvier prochain, au lien du 4, sa prochaine réunion.L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.Nous recommandons aux personnes, qui ont l’occasion de nous écrire,de bien indiquer l’adresse exacte de notre Compagnie : Chambre de Commerce FRANÇAISE de Montréal 43 BUE ST.SACKEMENT En omettant la désignation Française, ce qui arrive à plusieurs de nos correspondants, les lettres sont remises — comme il est juste — à la Chambre de Commerce du district de Montréal, c’est-à-dire à nos confrères Canadiens.Séance du 11 Janvier 1900.Extrait du procès-verbal de la séance du 11 janvier 1900, tenue sous la présidence de M.Emile Galibert, président. 4 fort avancés à la tin de la prochaine saison de navigation.En même temps vont se construire, à l’extrémité ouest du port, à l’embouchure môme du canal Lachine, deux grands élévateurs d’une capacité de près d’un million d’hectolitres chacun qui recevront les grains de l’Ouest et les emmagasineront en attendant leur mise à bord sur les vapeurs transatlantiques.De toutes ces améliorations, il résultera une très grande économie de manutention pour les grains transitant par Montréal, et notre port, qui était auparavant eu état d’infériorité sur ce point comparativement aux ports de New-York, B >ston, Philadelphie, etc., pourra soutenir la concurrence de ses rivaux avec des chances plus égales.Le commerce du Canada avec la France a pris, dès cette année, un essor considérable.Les importations de France au Canada prennent plus d’importance et comprennent une plus longue liste d’articles ; les exportations de France au Canada comprennent maintenant presque toute la série des articles exportés par le Canada.Il y a tout lieu de croire que l’année prochaine, avec une ligne directe de steamers entre les deux pays, ce commerce fera encore de plus rapides progrès, ce dont notre Compagnie aura raison de se féliciter.Le Canada s’est préparé à tenir dignement son rang à la prochaine exposition de Paris.Notre Bulletin a suivi de près ces préparatifs et a été heureux de reproduire, pour l’information de nos amis de France, les renseignements qu’eu a publiés la presse du pays.Il a eu l’occasion, entre autres, de raconter l’ovation qui a été faite à Montréal, lors de sou départ, à M.J.X.Perrault, commissaire du gouvernement canadien à l’Exposition.Je crois savoir, en outre, que le gouvernement de la Province de Québec doit se faire particulièrement représenter à l’Exposition par un membre du cabinet provincial ou, tout au moins, par un des membres les plus éminents de la Chambre législative.Notre Compagnie espère que l’Exposition cana dienne sera visitée avec attention par tous les négociants et in lustriels français qui s’intéressent au Canada, et leur fournira l’occasion d’étudier, avec documents sous les yeux, le moyen d’augmenter les échanges commerciaux entre la France et son ancienne colonie.Dans le cours de cette année, la question qui nous a surtout occupés est le projet de la ligne directe franco-canadienne.Vous n’avez pas oublié les efforts et les démarches tentés dans ce sens par nos prédécesseurs et surtout par notre ami M.J Herdt.Vous vous souvenez aussi des nombreuses difficultés qui ont si souvent entravé la réalisation de ce projet.Enfin, aujourd’hui, grâce à votre persévérante énergie et au concours que nous avons trouvé tant au Canada qu’eu France ; grâce surtout au dévoûment infatigable et intelligent de notre excellent collègue, M.Poiudrou, nous pouvons considérer notre tâche comme terminée.Vous savez que la Compagnie franco-canadienne de navigation à vapeur est défiuitiveut fondée et que, dans les premiers jours du printemps prochain, ses vaisseaux remonteront le Saint Laurent.Nous sommes assurés du succès de cette ligne, car l’organisation en France y est puissamment établie.Sont présent : MM.H.Jonas, J.Herdt, de Sieyès Poindron, Bouesnel, Chantrelle, Reeb, Pony et Monier.Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.Il est procédé au dépouillement du courrier qui contient un certain nombre de demandes de renseignements, notamment sur les céréales, cuirs, huiles d’olive, crin végétal, etc.Puis M.le Président donne lecture de son rapport sur les travaux de la Chambre et la situation du commerce franco-canadien pendant l’année 1899.La Chambre ayant décidé l’insertion de ce rapport dans le Bulletin, sa place se trouve tout indiquée ici.RAPPORT DE M.LE PRÉSIDENT Messieurs et chers collègues, Votre bureau de 1899 vient vous rendre compte du mandat que vous lui aviez confié et vous remettre les pouvoirs dont vous aviez bien voulu le charger l’an dernier.Le commerce général du Canada en 1899 a été très prospère.Le commerce extérieur n’aura peut-être pas un chiffre aussi élevé, comme quantité, que l’année dernière; mais comme tous les produits que le Canada exporte se sont vendus plus cher, le chiffre “valeur” sera certainement supérieur à celui de l’année précédente.Il y a eu diminution en volume dans l’exportation des grains, du bétail et du fromage ; l’exportation des bois a été, au contraire, plus considérable et celle du beurre a plus que doublé.Le fromage canadien s’est vendu de 1 à 2 cents par livre de plus que l’année dernière.Le foin a été dans le marasme jusqu’au moment où, vers l’automne, le marché des Etats-Unis s’est trouvé en position d’acheter, et l’impulsion donnée alors a été activée ensuite par les achats du gouvernement anglais.Les importations ont augmenté considérablement et, sans prétendre donner un chiffre exact avant la publication de la statistique officielle, on peut placer cette augmentation à une proportion de 15 à 20 p.c.De ce côté aussi, il y a eu hausse dans les prix, car il y a presque toujours équilbre dans les mouvements économiques de ce genre, et la hausse des produits exportés a permis de payer plus cher les produits importés.L’immense système de canaux qui sert à surmonter les nombreux rapides et les chûtes du St-Laurent supérieur ainsi que des rivières qui relient entre eux les grands lacs, a été creusé à une pro fondeur permettant à des navires tirant 14 pieds d’eau de descendre directement de Chicago et de Duluth à Montréal.On met la dernière main au dernier tronçon, le canal de Soulanges, et, le printemps prochain, le creusage sera complété depuis Montréal jusqu’à la tête du lac Supérieur.Cet événement coïncidera avec la mise en service du premier des trois nouveaux quais dont on doit doter le port de Montréal.Les deux autres seront 5 accorder et qu’il nous con- qu’il veut bien nous tinuera encore, j’ose l’espérer.Messieurs et chers collègues, en quittant la présidence à laquelle vous m’avez placé deux ans de suite, il me reste à vous exprimer un désir : celui de vous voir tous porter vos suffrages sur notre excellent vice président actuel, M.H.Jonas.En agissant ainsi, vous n’aurez pas seulement acquitté dette de reconnaissance envers un collègue si parfaitement dévoué à notre œuvre, vous aurez encore choisi un très bon président dont notre Chambre n’aura qu’à se louer.(Applaudissements.) Quant à ce qui concerne cette organisation au Canada, il était difficile de la confier à une meilleure direction, puisque c’est M.Poindron qui en est l’agent général.Nous ne doutons pas que le bon fonctionnement de cette ligne ne contribue pour une large part à l’extension du commerce franco canadien et ne resserre encore davantage les relations déjà si intimes des deux pays.Notre Compagnie, dans le courant de l’an dernier, a eu à déplorer la mort d’un de ses anciens membres actifs, M.de Polinière.Chacun de nous a conservé le meilleur souvenir de cet aimable collègue qui est mort en France, au milieu des siens.Nous adressons à sa veuve, à ses enfants et à son beau-frère, notre ami M.de Sieyès, l’expression de nos profonds regrets et de notre respectueuse sympathie dans le malheur qui les frappe.La mort a aussi fauché parmi nous un de nos membres actifs, M.Félix Kieffer.plusieurs membres de sa famille, au lendemain de l’année terrible, (M.Kieffer avait préféré quitter pays natal, l’Alsace, plutôt que de changer de nationalité), il avait su, par sou travail et son énergie, se créer une belle situation dans ce pays.A l’occasion de sa mort, votre bureau s’est fait votre interprète en envoyant à la famille du défunt nos compliments de condoléance.Nous prions notre collègue, M.Henri Kieffer, d’accepter encore aujourd’hui l’expression de notre sincère sympathie.Au point de vue du recrutement de ses membres, notre Compagnie est restée à peu près stationnaire tant du côté des membres actifs que des membres adhérents.Nous espérons que le développement des affaires entre la Fiance et le Canada modifiera bientôt à notre avantage l’état de choses actuel.Je vous parlais, il y a un instant, des relations intimes qui existent entre notre Mère Patrie et le Canada.Vous avez été témoins, comme moi, de l’accueil enthousiaste fait à M.L.Hevbette, conseiller d’état, lors de sou passage à Montréal.Ces marques de gratitude données à celui que l’on appelle “l’oncle des Canadiens” sont pour nous une nouvelle preuve qu’ici aussi on a la mémoire du cœur, et elles nous ont profondément touchés.Vous n’avez pas oublié la visite de M.Herbette et le gracieux empressement avec lequel il a bien voulu promettre son appui pour tout ce qui con-Nous saurons, à l’occa- une M.H.Jonas prend la parole pour remercier M.E.Galibert des sentiments manifestés à son égard et décline l’invitation qui lui est faite en prévision des nombreuses absences qu’il sera obligé de faire dans le cours de l’année.Il est alors procédé aux différents tours de scrutin nécessités par l’élection d’un président, d’un vice président, d’un secrétaire, d’un trésorier et de quatre conseillers pour 1900.Sont réélus par acclamation : Président: M.Emile Galibert, conseiller du extérieur de la France'; Venu ici avec sou commerce Vice Président : M.H.Jonas ; Trésorier : M.iRougier ; Secrétaire : M.J.Monier ; Sont élus conseillers : MM.J.Herdt, J.de Sieyès, A.Poindron et Paul Galibert.C’est aux applaudissements de l’assemblée que résultats sont proclamés.M.Emile Galibert, malgré le désir exprimé par lui de quitter le fauteuil présidentiel, accepte, en présence de l’unanimité des suffrages de ses collé de conserver ses fonctions de président.ces gués, L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.VISITE A M.LE CONSUL GENERAL La Chambre de Commerce française de Montréal, est allée, le 1er janvier, comme c’était son devoir, présenter ses hommages à M.le Consul général de France.M.Kleczkowski, assisté de M.Duchatel de chancelier du consulat, recevait en les membres de l’Union Nationale nous cernerait notre Chambre, sien, nous rappeler au bon souvenir de M.Her-bette.Et maintenant, messieurs et chers collègues, permettez moi de vous dire combien votre confiance et votre dévouement m’ont touché.Je vous remercie de toutes les marques d’estime et de sympathie que vous m’avez toujours prodiguées et je vous en reste sincèrement reconnaissant.J’adresse à M.le Consul Général l’expression de notre vive gratitude pour le bienveillant encouragement qu’il ne cesse de nous témoigner en assistant si régulièrement à nos séances et je le remercie aussi des excellents conseils qu’il a bien voulu nous donner en maintes circonstances.Je prie M.le Consul Général d’être l’interprète de notre reconnaissance auprès de M.le Ministre du Commerce de France pour l’appui moral et financier Montrouge, môme temps Française, de la Société des Secours Mutuels, et les membres de la colonie en général.La Chambre avait à sa tête, eu l’absence de son retenu chez lui par la maladie, son vice -M.Henri Jonas ; les membres présents tous président président, étaient MM.Herdt, de Sieyès, Poindron, J.Bnsset, J.Monier, Bouesnel, Pony, Reeb, A.Girard, Piuo-teau, président de l’Union Nationale, Dèliot, etc.Parmi les autre Français qui s’étaient joints à eux, on voyait MM.De Labriolle, professeur de littérature française à l’Université Laval, A.Martin, ré- 6 dacteur en chef du Juirnal^ R.Beullac, Marcel Beullac, ingénieur civii, Devins, président de la Société des Secours Mutuels, des Etangs, San val le, Reber, etc., etc.M.Jouas a présenté à M.le Consul Général les vœux de la Chambre de Commerce ; M.Pinoteau, ceux de l’Union Nationale, et M.Devins, ceux de la Société de Secours Mutuels.M.le Consul Général en remerciant des dont il recevait l’expression, a loué les services rendus à la colonie par l’Union Nationale Française que M.Pinoteau préside avec tant de dévouement.Il a parlé en termes sympathiques de la Société de Secours Mutuels dont le président M.Devins s’était chargé d’interpréter les sentiments.Enfin eu ce qui concerne plus spécialement la Chambre de Commerce Française et son sympathique président M.Galibert, qu’une indisposition au regret de tous tient éloigné de cette réunion, M.Kleczkowski a loué le zèle dont cette compagnie ne cesse de faire preuve, ses efforts incessants pour rendre plus tives les relations d’affaires entre le Canada et la I rance, ne seront pas stériles,puisqu'on même temps que les statistiques douanières accusent uneaug tation dans les importations et les exportations, ligne de navigation directe a pu être enfin constituée.Grâce à la persévérance de la Chambre et à l’activité intelligente d’un de ses membres M.Poindrou, on peut compter qu’au printemps les premiers vires de la nouvelle compagnie paraîtront dans les eaux du St-Laurent.Après quelques considérations sur l’exposition universelle qui va s’ouvrir à Paris M.le Consul Général a terminé son allocution par un chaleureux appel à l’union et à la confiance.gaer leurs eaux-de-vie de vins.Récemment toutefois, nous avons vu paraître sur le marché canadien produit que l’on appelle le Cognac Espagnol.Nous n’avons rieu à dire de ces eaux de-vie, qui peuvent être très bonnes ; mais nous protestons énergiquement contre l’usage du nom de cognac pour les désigner.Mais ce qui nous touche encore plus sensiblement c’est que, en même temps que l’on lançait sur le marché, à grands renforts de réclame, les cognacs espagnols,les journaux de Montréal reproduisaient un article injuste et faux du Daily Telegraph de Londres, sur les congnacs français.La coïncidence est fâcheuse pour les lanceurs des cognacs espagnols, et nous ne pouvions que la faire ressortir, d’autant plus que l’article en question paraît être lui-même une réclame en faveur des eaux-de-vie d’Espagne.Nous reproduisons ici l’article du Daily Telegraph, qui est signé Enquirer, c’est-à-dire Chercheur : “ La vérité palpable n’est pas toujours d’une lecture attrayante et alors même qu’il s’agit d état de choses reconnu, elle produit parfois commotion.Une telle impression pourrait bien être produite par certains rapports lus il y a quelques jours devant une assemblée des savants membres de l’Institut Royal de Salubrité Publique, tenue à Blackpool.Le cognac fournissait les frais de la discussion, et, d’après les conclusions de Sir Charles Cameron et celles du Professeur William Smith, il paraîtrait que le raisin entre pour bien peu de chose dans la composition des eaux-de-vie françaises.Eu effet, l’on soutenait que l’on pouvait s’en dispenser entièrement, car tandis que les récoltes des vignobles étaient de moins eu moins abondantes, la production des cognacs augmentait cesse.Le maïs et les pommes de terre additionnés de combinaisons chimiques prenaient la place du raisin ; ensuite on donnait d’autres détails de nature à tenir en éveil les buveurs de cognac.Devant de pareilles données, on aurait pu croire que le professeur Smith aurait trouvé presqu’inu-tile d’n jouter “ que ce cognac nouveau genre ne répondait pas aux besoins médicaux.” JI fournissait, de plus, des statistiques intéressantes d’après lesquelles il ressortait qu’avant l’apparition du phylloxéra en 1876, la France produisait au delà de 12.000.000 d’hectolitres de vins, (l’hectolitre équivalant à un peu plus de 22 gallons) tandis que, l’année dernière, la production n’atteignait pas 1.000.000 d’hectolitres.Cependant, durant la première période, ou faisait presque 2,500,0o0 gallons de cognac dont moins de deux millions passaient en Angleterre, et dans la dernière période, avec une production d’un treizième du vin, l’on exportait en Angleterre plus de 2 millions et un tiers de cognac français.Ces chiffres sont tellement éloquents qu’ils parlent pour eux-mêmes.Cependant l’état de choses qu’ils indiquent est assez alarmant pour justifier une enquête approfondie sur cette affaire et le résultat ne peut manquer d’intérêt.“Je puis dire de prime abord, que ces faits ont été admis sans la moindre hésitation, par uu des un vœux ac- un une men- une ua- sans COGNAC FRANÇAIS Champagne et Cognac, voilà deux noms bien français que l’usage a donnés pour désignation à deux produits bien français aussi : les vins de Champagne et les eaux-de-vie de Cognac, voisins et nos rivaux, qui ont voulu imiter produits, ont cru pouvoir aussi donner à leurs productions similaires le nom français, profitant ainsi indûment de la popularité attachée au simple .Pour ce qui est du mot champagne, croyons que des décisions judiciaires ont consacré aux produits de notre province française le droit exclusif de porter ce nom et ont dénié aux vins mousseux d’Allemagne et des Etats Unis, entr’au-tres, le droit d’usurper le nom du vin français.En ce qui concerne le pas autant cherché à nous Nos ces nom nous cognac, les étrangers n’ont l’emprunter, pour dési- représentants les plus en vue de l’industrie des eaux de-vie et dont les opinions font loi en cette matière.Ceux qui aiment le cognac, et ceux qui s’en servent comme médicament seront médiocrement satisfaits d’apprendre que, la plupart du temps, ils consomment un liquide qui n’a pas plus de raison de s’intituler cognac que le vin de groseille n'a le droit d’être appelé viu de chain pagne.C'est vraiment désolant de savoir que le petit verre de soi-disant “ Fine Champagne ” qui complémente si agréablement un dîner et pour lequel on paie facilement un shilling et quelquefois plus, ne doit être pris qu’avec la plus grande méfiance.“ De quoi alors,” nous demande-t ou, “se compose le cognac français que l’on nous expédie ?” La réponse est des plus faciles.“ Une grande partie du cognac qui vient de la France, déclare la personne autorisée que nous citons plus haut, provient de la distillation du maïs, ce qui enlève toute qualité médicinale et le rend souvent nuisible au consommateur.Parmi les autres ingrédients servant à faire le soi-disant cognac, il mentionne parmi les plus communs, l’alcool de cidre, de poiré, de betterave, de mélasses et de lies de vin, ce dernier étant le moins impropre à cet usage parmi toutes ces matières étrangères.Il m’a été possible d’obtenir des statistiques très intéressantes se rapportant à cette question.“Les chiffres qui suivent ont trait à la production française de l’alcool pour l’année finissant au 30 septembre 1898 : françaises quelque chose se rapprochant île l'arôme d’a ri tan.Mais ce mal n’a jamais été remédié que partiellement et rien ne le prouve mieux que ceci dans les C ha rentes, pays de production du vrai cognac, où l’on cultivait 285.150 hectares, (un hectare équivaut à environ 2 acres et demi), dans ces mêmes districts, l’on ne cultive plus au delà de 50,097 hectares.En d’autres termes, la culture a été réduite des 4/5èmes.Incidemment, pendant cette discussion, à laquelle prirent part les membres du Congrès Hygiénique, il fut dit que les Espagnols n’avaient pas adopté ces procédés fin de siècle de faire les eaux-de-vie, et que.pour cette raison, les médecins ne devraient ordonner que le produit des distilleries espagnoles.De fait, bien que l’Espagne et les autres pays tels que l’Italie, l’Algérie, la Californie puissent produire et produisent des eaux-de-vie ne contenant aucun des éléments délétères des variétés françaises droguées, ces eaux de vie espagnoles ne servent presqu’exclusiveinent que pour les coupages, but qu’elles remplissent parfaitement.Le cognac espagnol a un goût de Xérès qui, par le fait même, ne le recommande pas aux vrais amateurs de cognac.Pourtant, d’après les experts, c’est un article beaucoup plus pur et plus recommandable que les eaux de vie que la France nous envoie actuellement.Pour les coupages, les variétés espagnoles jouissent d’une grande vogue, de même que les eaux-de-vie de Californie dont on se sert en grande quantité pour mélanger les vrais cognacs et qui, paraît il, donnent des résultats très satisfaisants.En effet, il n’y a aucun doute que, par suite des droits prohibitifs qui frappent l’article espagnol à son entrée en France, où ce produit aurait pu être employé avantageusement pour les mélanges avec les bons produits du crû, l’Angleterre est à l’heure actuelle un concurrent des,plus sérieux du pays où l'on a toujours pensé que l’on devrait trouver le meilleur cognac.” La publication de cet article à Londres et la reproduction qui en a été faite à Montréal n’ont pas manqué de soulever de vives protestations.A Londres même, la Ridley’s Circular, organe important du commerce des vins en Angleterre, a victorieusement démontré la fausseté des chiffres donnés par le calomniateur du Daily Telegraph.En France, l’excellente Revue des Fias et Liqueurs a discuté l’article point par point et l’a réfuté aussi clairement que savamment.Le Bulletin des Eaux-de-Vie de Cognac, a naturellement pris la défense des intérêts qu’il représente.A Montréal, même, notre sympathique confrère Le Prix Courant a prêté sa publicité à la reproduction de l’article de la Revue des Vins et Liqueurs.Nous n’aurions doue, après que les spécialistes ont ainsi pris la parole, qu’à enregistrer leur démonstration si l’espace à notre disposition nous eu permettait la reproduction in extenso.En voici toutefois, les principaux points : Il y a d’abord erreur grossière dans l’évaluation Hectolitres.Alcool tiré du vin.“ du maïs.“ des mélasses.de cidre et de poiré.de lies de vin.tiré d’autres matières “ Ce dernier item “ autres matières ” suggère des possibilités sans fin et peu agréables et qui laissent à supposer ce que le savant professeur laissait entendre par “combinaisons chimiques.” Ce qui ressort clairement et d’une façon toute significative, c'est le fait, que durant cette période, la production des eaux de vie 11e dépasse point 40,267 hectolitres taudis que l’on exporte en Angleterre 83,!)83 hectolitres de la prétendue eau-de vie.“ Les autres pays ont pris 1,983 hectolitres et la consommation pour la Fiance elle même est de 2,199,818 hectolitres.Il est loisible, naturellement, pour les industriels français d’affirmer, et c’est probablement ce qu’ils diront, que la majeure partie du cognac qu’ils exportent a été en entrepôt pendant des années, c’est un argument que l’on pourrait difficilement attaquer ; mais il n’eu demeure pas moins vrai qu’il est très difficile pour les importateurs anglais d’obtenir de l’autre côté de la Manche, des échantillons de vieux cognac authentique.“ Il est cependant évident que le fléau du phylloxéra qui a apparu en France vers l’année 1876 a presque complètement détruit les vignobles français et que ce n’est guère qu’en 1893 que les cou naisseurs ont pu reconnaître dans les eaux de vie 40,267 613,471 721,781 11,594 118,245 U a u 396 8 Au lieu de reniais de continuer ses exportations d’eaux-de-vie de vin et même de les augmenter, malgré la dimi- de la production du vin en France.12,000,000 d’hectolitres avant le philloxéra, c’est de 60 à 70 millions d’hectolitres que la France pro- nution de la production courante, dnisait; et, comme le phylloxéra n’a pas affecté Selon le confrère, l’importance des réserves des tous les vignobles en même temps, cette production paysans serait presque aussi considérable que celle de la production industrielle.C’est à ces réserves s’alimente principalement la consommation s’est maintenue aux alentours de 30,000,000 d’hectolitres, même dans les plus mauvaises années.Depuis cinq ou six ans le vignoble français reconstitué est en progrès constant ; nous avons eu une année de 45,000,000 d’hectolitres, et la dernière récolte approche ce chiffre de bien près.que domestique française.Il faut aussi tenir compte de la distillation illicite qui se pratique sur grande échelle.Et, en fin de compte, ou eu arrive à établir que la production déclarée et portée à la statistique du gouvernement ne représente guère une Maintenant, il y a une erreur presque aussi grossière dans l’évaluation de la production de l’eau- plus du tiers de la production réelle, licite et illicite, de vie de vin.La statistique que cite Enquirer Et c’est naturellement lorsque la production indus dit bien 40,267 hectolitres en 1898 ; mais ce sont trielle diminue ; que l’autre trouve le plus d’avan-des hectolitres d’alcool pur, ce qui représente 886,452 gallons d’alcool anhydre.Rapportée à l’étalon preuve britannique, qui correspond à 75° O.P.Sykes, cette quantité représente 1,567,000 gallons distillateurs charentais out pu livrer parfois à de preuve et 2,215,700 gallons de brandy, tel qu’il l’étranger des eaux-de-vie qui n’étaient pas absolu-est livré à la consommation, soit 79,475 hectolitres ment le produit pur de la distillation du vin, c’est au lieu de 40.267.que la demande de la consommation les y a forcés.On leur a demandé des cognacs qui pussent concurrencer comme prix les alcools de grains : orge, seigle ou maïs—de la production britannique ; et s’ils y ont répondu en livrant eux aussi des alcools de maïs., qui pourrait le leur reprocher 1 Mais que le public se i assure ; dès qu’il voudra tage à écouler ses réserves.A ces considérations techniques nous en ajouterons une autre, plutôt économique ; c’est que, si les De ce que l’exportation en l’Angleterre, en 1898, a été de 83,983 hectolitres, soit 4,500 hectolitres de plus que la production de l’année, il est absurde de conclure qu’une partie de cette exportation se compose d’eaux-de-vie autres que celles de vin.Personne n’ignore, en effet, que les eaux-de-vie ne sont mises sur le marché qu’aveejun certain âge; payer ce qu ils valent, il peut compter de trouver encore et en quantité, des cognacs absolument authentiques, et datant au besoin du temps où le phylloxera était encore inconnu dans le vignoble pour les bonnes marques, l’âge va quelquefois dans les 40 à 50 ans ; mais pour établir un point de départ, constatons que, jusqu’à 7 ou 8 ans, les eaux-de-vie sont réputées jeunes et ne sont dites rassises qu’après avoir reposé de 15 à 20 ans dans les chais.charentais.LA VILLE DE MONTRÉAL Ce n’est donc qu’en prenant,une moyenne de pro- duction de 6 à 7 années au moins, que l’on pourrait essayer d’arriver à une conclusion plausible.Or, en prenant les six dernières années, la Ridley Circular constate une production moyenne de 85,339 hectolitres d’alcool anhydre, soit en eaux-de-vie à anglais, M.Graham Bell a été une des plus impor-preuve 3,279,919 gallons, tandis que les quantités tantes conquêtes de la science dans le dernier quart moyennes dédouanées par le Royaume-Uni pendant
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