Bulletin mensuel de la Chambre de commerce française au Canada, 1 janvier 1900, lundi 15 octobre 1900
SEPTIÈME ANNÉE 15 Octobre 1900 87 \ B TJ L L TC TT INT MENSUEL — PUBLIÉ PAR LA DE MONTREAL 10 francs par an.Prix d’abonnement SIÈGE DE LA CHAMBRE E DIRIGE DU BOARD OF TRADE, RUE ST-SACREMENT MONTREAL Adresser toute lettres et communications à la Chambre de Commerce Française de Montréal, à MONTREAL, Canada.Adresse télégraphique: “GALLIA” Montréal.Le Bureau est ouvert tous les jours, sauf le dimanche, de 10 heures à midi et de 1 heure à 3 heures.Comptes rendus des séances de la Chambre de Commerce Française de Montréal.AVIS Le Commerce français trouvera tout intérêt à se renseigner auprès de notre Chambre de Commerce sur le compte de tout individu de notre place sollicitant des représentations.Séance du 27 Septembre 1900.Extrait du procès-verbal de la séance du 27 septeui bre 1900, tenue sous la présidence de M.Emile Galibert, président.M.Duchastel de Montrouge, consul de France, assiste à la réunion.Parmi les présents : MM.J.Herdt, Poindron et Monier, du bureau.Avant de procéder au dépouillement du courrier, M.le président prononce l’éloge de M.Marchand, premier Ministre de la Province de Québec et propose, secondé par M.J.Herdt, que les compliments de condoléances de la Chambre soient adressés à la famille du défunt.Cette proposition est adoptée à l’unanimité.MM.Poindron et J.Herdt présentent les félicitations de la Chambre à M.E.Galibert, à l'occasion de l’obtention par la maison C.Galibert & fils d’une médaille d’or à l’Exposition de Paris.MM.Poindron et Mouler se font également les interprètes de la Chambre en offrant à M.J.Herdt leurs félicitations au sujet de la récompense accordée à l’Expositiou de Paris à la “ Diamond Glass Co ” dont M.J.Herdt a été pendant de longues années l’actif et dévoué directeur.Puis M.Galibert fait part à la chambre de l’accueil aimable qu'il a reçu à Paris, notamment aux Ministères Nous recommandons aux personnes, qui ont l’occasion de nous écrire,de bien indiquer l’adresse exacte de notre Compagnie : Chambre de Commerce FRANÇAISE de Montréal 4‘J HUE ST.SACREMEIST En omettant la désignation Française, ce qui arrive à plusieurs de nos correspondants, les lettres sont remises — comme il est juste — à la Chambre de Commerce du district de Montréal, c’est-à-dire à nos confrères Canadiens. 166 des Affaires Etrangères et du Commerce et à l’Office National du Commerce Extérieur où on lui a montré qu’on appréciait hautement le travail et le dévoûment des membres de la chambre.M.Gaiibert parle aussi du congrès international de la marine marchande à l’une des séances duquel il a assisté comme délégué de la Chambre, et met à la disposition de ses collègues différents documents concernant ce congrès.Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.Il est alors procédé au dépouillement du courrier qui contient un certain nombre de demandes de renseignements notamment sur les biscuits, vins, eaux-de-vie, bicycles, tissus, etc.M.Poindron donne communication d’un travail dont il est l’auteur.Cette étude, qui a trait à la question des jambons boratés, sera lue par M.de Sieyès, délégué de la Chambre au Congrès des Chambres de Commerce françaises à Paris.L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.l’occasion favorable d’obtenir des renseignements sur la compagnie, demanda à ces messieurs de lui fournir quelques notes, afin de faire connaître au public le résultat des opérations de l’année et les probabilités de succès pour l’avenir.M.Poindron, avec son obligeance habituelle, se rendit au désir de notre rédacteur, et lui fit l’historique de sa compagnie dans les termes suivants : Le besoin d’une ligue directe entre le Canada et la France, se fait sentir depuis longtemps, mais surtout depuis la conclusion du traité de commerce négocié par Sir Charles Tupper et M.Siegfried, alors ministre du commerce en France, et maintenant un de nos principaux actionnaires du Havre.Par ce traité, les deux pays s’accordent réciproquement des réductions de tarif pourvu que les marchandises soient transportées directement du pays d’origine au pays de destination.Il s’en suit que, sans une ligne directe, tous les avantages accordés par ce traité sont perdus.Aussi, après la signature du traité par M.le marquis de Dufferin, ambassadeur de sa Majesté Britannique, à Paris, et M.Hannoteaux, ministre des affaires étrangères en France, il y eut un échange de correspondance entre les parties contractantes, par laquelle elles s’engageaient à faire tous leurs efforts pour créer une ligne directe entre les deux pays, seul moyen de faire produire au traité les avantages réciproques qu’on en attendait.Depuis quatre ans, il y avait, dans les statuts du Canada, l’offre d’une subvention annuelle de $50,000 pour une période de cinq ans.à toute compagnie qui entreprendrait de fournir un service effectif de transport maritime entre les deux pays.De son côté, le gouvernement français accorde une prime de tonnage à la marine marchande qui équivaut à peu près à $25,000 par année, pour chaque paquebot ; malgré ces encouragements, aucune compagnie n’avait voulu tenter l’aventure.SÉANCE DU 11 OCTOBRE 1900.Extrait du procès-verbal de la séance du 11 octobre 1900, tenue sous la présidence de M.E.Galibert, président.M.Duchastel de Montrouge, consul de France, assiste à la réunion.Parmi les présents : MM.Jonas, J.Herdt, Poindron et Monier, du bureau, ainsi que MM.Bouesnel et Pony.Le procès verbal de la dernière séance est lu et adopté.Il est procédé au dépouillement du courrier qui contient plusieurs demandes de renseignements, notamment sur la librairie et les alcools industriels.L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.C’est alors que je m’abouchai avec un certain nombre de capitalistes canadiens et que nous proposâmes aux armateurs e; aux industriels français de noliser des paquebots et de faire un essai loyal de la possibilité d’une ligne directe entre le Canada et la France.La ligne directe France-Canada Nous reproduisons avec grand plaisir de la Presse de Montréal, l’intéressante entrevue suivante, qui indi.que la situation actuelle et la perspective de la ligne de la Compagnie canadienne de Navigation à Vapeur.Des deux côtés de l’Atlantique on en reconnaissait le besoin, mais il fallait trouver $50,000 pour en faire la démonstration pratique.Je groupai dans les deux Un île nos rédacteurs, en quête de nouvelles, est pays des hommes possédant assez d’esprit public pour entré ce matin au bureau de la Compagnie Franco- risquer leur argent et leur travail afin de mettre canadienne de Navigation à Vapeur, et a trouvé évidence les avantages d’une ligne semblable.Nous 1 énergique représentant de la Compagnie, M.Pain, avons créé la compagnie et nous nous sommes mis à dron, en conférence avec M.Blumhart, qui exerce l’œuvre sans aucune promesse de l’un ou l’autre gou-dans l’administration les fonctions de commissaire en vernement, mais nous étions convaincus que, si nous censeur, et qui, depuis sa fondation, a porté un grand démontrions l’utilité de la ligne, la compétence de son int ,ret a cetti entreprise.Notre rédacteur trouvant administration ainsi que la disposition des action- 167 “ steamer,” de malheureux cas de petite vérole furent cause d’une détention de vingt-un jours, de la destruction de l’aménagement des passagers d’entrepont, d'un surcroît de dépense pour l’entretien et le transport des émigrants et, ce qui est plus grave, de la perte d’un voyage durant la saison d’été.Après avoir pris son chargement à Montréal, voilà que le “ Mont-Blanc ” s’échoue à Deschambault.Nouveaux frais, nouveaux au Havre, il est mn en carénage et nous sommes privés, pour le reste de la saison, de notre meilleur vaisseau.Nous l’avons remplacé par le “Louisiana” et “ l’Ovi-dia ”, afin de remptir les engagements que nous avions contractés avec les expéditeurs, mais tout cela n’a pas été sans peine et sans frais le transport des troupes et du matériel de guerre pour l’Afrique ayant retiré du trafic ordinaire des centaines de paquebots, les vaisseaux nolisables disponibles étaient rares et d’un prix excessif; puis la hausse sur le charbon est venue augmenter nos frais d’exploitation.Je puis dire, jeu de mots, que nous avons constamment navi- nairea à souscrire le capital nécessaire à nue organisation permanente, le concours des gouvernements ne nous ferait pas défaut.Aujourd’hui, la démonstration est faite : avec l’Ovidia, qui est en route, nous aurons fait six voyages durant la saison navigable du St-Laurent.A chaque nous avons refusé du fret canadien.Malheu- voyage, reusement, le fret européen est moins abondant et nous ne pourrons avoir des chargements complets d’Europe que lorsque les importateurs canadiens, comprenant les avantages de notre ligne et étant assurés de la permanence de notre service, ajouteront à leur commandes l’ordre d’expédier leur marchandise par notre ligne.Il y a là un travail de propagande qui ne peut se faire eu un jour, mais j’ai la conviction que nos chargements de retour progresseront rapidement et que les avantages que nous offrons importateurs seront mieux appréciés à l’avenir délais.Nous l’expédions enfin, mais arrivé aux qu’ils ne l’ont été cette année.—Quel effet la création de votre ligne a-t-il eu sur les lignes existantes î __La ligne Franco Canadienne n’enlève pas une tonne de fret à aucune autre ligne de “ steamers ” qui fréquente notre port.Le bois, la pulpe, les instruments agricoles, les pommes évaporées, les homards.etc., ne peuvent être transportés du Canada en France par aucune autre voie qu’une voie directe, tomber sous le coup du tarif général ; tandis sans gué contre vents et marées.—Mais n’avez-vous pas reçu une subvention du gouvernement fédéral î Si ma mémoire est fidèle, M.Blumhart, au déjeuner du “ Mont-Blanc ”, avait rapporté une conversation qu’il avait eue avec sir Wilfrid Laurier, et l’impression qui m’était restée de discours, c’est que le gouvernement fédéral voyait votre entreprise d’un œil favorable.— En effet, les paroles de sir Wilfrid Laurier que M.Blumhart a rapportées au déjeuner du “ Mont-Blau ” ont été pour notre conseil d’administration un puissant motif de persévérance ; mais puisque M.Blnmhart est ici présent, il va vous raconter lui-même quelles suites heureuses eut cette renconte fortuite avec le premier ministre ; car, d’au commua accord, M.Blumhart fut chargé de conduire cette négociation sans qu’en vertu du traité de commerce, nous faisons bénéficier ces articles du tarif minimum.Il n’y a donc c’est un débouché nouveau que ouvert aux produits canadiens.Quant son pas concurrence : nous avons compléments de cargaisons, nous les tirons des aux Etats de l’Ouest et les détournons du port de New-York.Ce fait est.attesté par les trois grandes ligues de chemins de fer : le Grand Tronc, leJPacifique et le Canada Atlantique.De sorte que nous ne faisons de tort à personne, que nous procurons aux exportateurs un débouché additionnel et que nous augmen.tons le trafic du port de Montréal.—Un grand nombre de personnes, au récit des accidents que vous avez éprouvés durant l’été, de la perturbation causée par les guerres du Transvaal et de la Chine, de la cherté du charbon, etc., craignaient de voir péricliter une entreprise dont tout le monde désire le succès, Y a t il quelque danger de ce coté 1 —Il est vrai que nous avons été fort éprouvés dès le début de nos opérations : au mois d’avril, quand le “ Eoger ” se rendait du Havre à Bordeaux, pour compléter son chargement, un accident de machine le força de relâcher à Brest.Il fallut décharger la cargaison et la transférer à bord du “ Mont-Blanc,” ce qui entraîna des délais, des dépense et un changement de programme ; au second voyage de ce dernier obtenir la subvention en faveur de notre coui- pour pagnie.__M.Blumhart a pris part à toutes les luttes que La Presse a soutenues pour amener ce résultat et j’espère qu’il voudra bien nous favoriser de cette primeur.M.B.—Avec plaisir : les faits sont les faits, et j’es time que le premier devoir d’un journal est de bien renseigner ses lecteurs.Puisque vous étiez au déjeuner du “ Mont-Blanc,” et que vous avez entendu les paroles du Premier-Ministre que j’ai rapportées, vous devez vous rappeler qu’elles se résumaient à ceci : “ Je suis heureux d’apprendre les détails que vous venez de me donner.Votre entreprise a toutes mes sympathies.Si elle est née viable et si elle est de nature à promouvoir les 168 vernemental qui soit exempt, de corruption ou de chantage.Telle n’est pas notre expérience.Nous avons reçu de tout le monde officiel, depuis le premier ministre jusqu’à son très actif et très intelligent secrétaire particulier, M.Boudreau, l’accueil te plus obligeant et le plus cordial, et personne ne nous a même insinué qu’une souscription quelconque favoriserait ou hâterait la solution de notre affaire.Pour l’honneur de notre pays, je suis heureux de pouvoir rendre ce témoignage.—Tout cela est très intéressant.Maintenant que l’existence de la ligne est assurée, quel est votre programme pour la saison prochaine ?M.Poindron—Nous aurons deux paquebots à uous, spécialement construits et aménagés pour le commerce canadien, puis nous noliserons des vaisseaux additionnels pour répondre au besoin du commerce.Dans tous les cas, nous ne ferons pas moins de dix-huit voyages durant l’année.Après les remercîments et les salutations d’usage, notre rédacteur se retira, enchanté d’avoir fait une aussi fructueuse visite.intérêts généraux du pays, vous pouvez compter sur l’appui du gouvernement.Faites d’abord cette démonstration et ensuite venez sans crainte me voir.” Vous vous rappelez aussi, sans doute, que mon petit discours fut accueilli par des sourires d’incrédulité ; même notre excellent ami, M.le Consul Général de France, hochait la tête et disait : “ Je vous le souhaite bien sincèrement,” mais ne paraissait guère convaincu; d’autres insinuaient que Sir Wilfrid Laurier, avec sou urbanité ordinaire, m’avait gratifié d’un jet d’eau bénite de cour.Bref! je ne réussis à convaincre personne.Je ne me tins cependant pas pour battu.J’ai une meilleure idée que cela de la sincérité de nos hommes publics.Quand la Providence confie à un homme une tâche aussi ardue que celle de gouverner un pays, elle lui donne eu même temps les lumières et la grandeur nécessaires pour en porter le poids.Je ne pouvais me faire à l’idée que Sir Wilfrid Laurier qui, eu somme ne me devait aucune faveur, m’aurait donné des assurances aussi formelles, sans avoir l’intention d’y faire honneur.Je répétai donc à M.Poiudron ainsi qu’au conseil d’administration: “Faites vos preuves! Tant que vous n’aurez pas démontré que notre ligne répond à un besoin g urgent et que vous êtes capables de la mener à bien, le gouvernement ne vous doit rien, mais quand cette démonstration sera faite, j’irai moi-même présenter votre demande et j’ai confiance qu’il y sera fait droit.C’est ce qui a été fait.Vers la fin d’août, après que la compagnie eût surmonté ses difficultés et assuré le chargement de tous les vaisseaux de la saison, je présentai la demande de la compagnie à Sir Wilfrid Laurier, en personne ; elle était accompagnée d’un résumé de nos connaissements et de nos manifestes, d’une attestation des grandes compagnies de chemins de fer et des principaux expéditeurs qui, tous, témoignaient que notre ligne comblait un vide important, qu’elle ouvrait un nouveau débouché au commerce canadien et qu’elle opérait un heureux déplacement du trafic en faveur du port de Montréal.Sir Wilfrid promit d’examiner le dossier avec toute la diligence possible, et d’en discuter le mérite avec le ministre du Commerce.Je suis heureux de dire que le gouvernement nous a rendu pleine justice.Sir Wilfrid Laurier a prouvé en cette circonstance, que sa parole vaut la “ parole du Boy.” En moins de six semaines, malgré de fréquentes absences et la perturbation qu’apporte toujours les préparatifs d’une campagne électorale, notre volumineux dossier a été examiné et discuté, et lundi, le 15 octobre, un arrêté du conseil exécutif nous accordait la subvention votée par le Parlement.On dit qu’au Canada, il n’y a pas un contrat gou- LES JAMBONS BORATES Conformément à une délibération de la Chambre de Conmerce française de Montréal, nous publions ici un travail préparé par M.A.Poindron et M.de Seyès, sur la question des jambons boratés, lequel travail a dû être présenté par M.de Seyès au Congrès des Chambres de Commerce françaises, siégeant à Paris, oû il représente notre Compagnie.PROJET DE RÉSOLUTION PRÉSENTÉ PAR LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE DE MONTRÉAL Messieurs 7— Nous consommons chaque année, en France, une certaine quantité de jambons canadiens qui entrent dans notre pays, soit sous le couvert de leur véritable origine, soit sous une étiquette empruntée, à laquelle d’ailleurs leur qualité ne peut que procurer un crédit avantageux.La France a conclu avec le Canada un traité de commerce, aujourd’hui en vigueur ; c’est assez dire que la France désire le développement de ses relations commerciales des deux sens avec le Canada.C’est certainement ainsi que le comprennent, avec les Chambres de Commerce des deux pays, parmi lesquelles je mentionne la Chambre de Commerce française de Montréal, dont je suis ici le délégué, nos Ministères métropolitains des affaires étrangères et du Commerce. J 60 l’incorporation raisonnable du borax a un produit alimentaire, n’en rend pas la consommation malsaine, nous partageons encore l’avis de la douane et de l'administration de l’hygiène publique, quand elles admettent qu’il est aisé de débarrasser de leur couche (le borax les jambons extérieurement boratés, à l’arrivée dans le pays de consommation ; et que cette opération, faite soigneusement, est de nature à éliminer,presque totalement, du produit alimentaire même, toute trace du borax extérieurement saupoudré, et justement parce que seulement saupoudré extérieurement.Or, les importateurs français de jambons canadiens viâ l’Angleterre, ou Dublin, Irlande, auxquels des certificats d’origine canadienne sont fournis pour l’entrée de ces jambons en France, n’ignorent pas la véritable source dont ces jambons proviennent, quoi-qu’achetés par eux à des intermédiaires étrangers, en Angleterre ou à Dublin, Irlande ; lesquels intermédiaires nécessairement tirent de ces transactions, au passage, un bénéfice qui grève d’autant le prix de revient du produit à l’entrée en France.Leur intérêt et leur désir légitime de s’affranchir de l’intermédiaire étranger se trouvent donc d’accord avec ce qu’étnit la pensée du législateur français jour du sanctionnement par lui du traité de commerce franco-canadien.Leur intérêt et leur désir se trouvent également d’accord avec celui du consommateur qui, s’il entend manger du jambon d’excellente qualité importé de pays étrangers, par la raison, ou bien qu’il est de sorte plus agréable à son goût que celui que nous produisons nous-mêmes en France, on bien parce qu’il est meilleur marché, ou bien parce que nous ne produirions pas en France quantité de jambons similaires suffisante pour notre consommation, désire néanmoins le payer le meilleur marché possible ; et se dit à bon droit que toute facilité qui ne porte préjudice ni au fisc ni à la santé publique doit être donnée, dans ce sens, à ses approvisionneurs habituels.Emu de ces considérations ; d'ailleurs saisie de correspondances des plus intéressantes et probantes par des importateurs français de première importance, la Chambre de Commerce française a, à différentes reprises, depuis plusieurs années, saisi, soit le Ministre du Commerce, soit l’Office National du Commerce Extérieur, lesquels et c’est sur ce point que j’appelle tout particulièrement votre attention, vos réflexions et vos observations, se sont chaque fois trouvés impuissants à fournir, sur la matière des décisions, voire même des renseignements, qui émanassent en propre du Ministère du Commerce même.Je me borne à citer que le Ministre du Commerce a dû limiter son action à transmettre nos lettres Ce n’est cependant pas ainsi que le comprend notre Ministère français de l’Agriculture, et j’entreprends de vous montrer par un exemple particulier et au nom de la Compagnie que je représente ici, dans quelle mesure vraiment curieuse les meilleures intentions peuvent être détournées de leur but par le jeu divergent des attributions administratives.Dans une question du genre qui nous occupe, intéressant les relations commerciales extérieures de la France, vous pourriez croire avec nous que l’élaboration des décisions à prendre dût surtout dépendre de notre Ministère du Commerce et de l’Industrie.Le simple récit des efforts inutiles faits par la Chambre de Commerce française de Montréal pour substituer l’nuportation directe des jambons canadiens en France, à l’importation indirecte, par l’Angleterre et l’Irlande, qui se pratique journellement et que le statu quo favorise, suffira pour vous montrer qu’en certaines occasions, c’est exactement le contraire qui se produit.Voici : Les exportateurs canadiens saupoudrent d’une minime quantité de borax le côté chair des jambons au moment de l’emballage, de manière à empêcher l’exsudation de liquide visqueux qui se produirait autrement, au cours du voyage d’outre mer, exsuda tion visqueuse contre laquelle on n’a trouvé aucun autre moyen préventif, pratique et réellement efficace.Le borax ainsi saupoudré constitue, non pas un procédé de préparation, puisqu’aucune partie n’en est incorporée à l’aliment même, et l’administration française l’admet virtuellement, commeje vais vous le montrer tout à l'heure ; mais un procédé d’emballage, de conditionnement extérieur delà marchandise, pour l’expédition.Je vous ferai grâce de vous citer, tout au long, les différentes pièces du dossier que la Chambre de Commerce française de Montréal a dû réunir à cet égard; mais il en résulte, de manière évidente, qu’aujour-d’hui les jambons canadiens notoirement saupoudrés extérieurement de borax, au moment de l’expédition, quittent le Canada pour Dublin, Irlande, certificat d’origine canadienne ultérieurement produit à la douane française ; sont déballés à Dublin, Irlande; débarrassés de leur légère couche extérieure de borax, puis réexpédiés en France où ils entrent sans difficulté aucune, et, au contraire, sous le bénéfice même de leur certificat d’origine.Ni la douane, ni l’administration de l’hygiène publique ne paraissent donc considérer dans ce cas qu’il y ait eu incorporation de borax au produit alimentaire livré à la consommation.Outre qu’avec nombre des savants les plus distingués et avec la Cour de Cassation, nous considérons, à la Chambre de Commerce française de Montréal au encore une sous un que au 170 elle n’est pas rattachée, avec la Chambre
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