Bulletin mensuel de la Chambre de commerce française au Canada, 1 janvier 1903, Septembre
Septembre 1903 DIXIEME ANNÉE No 122 BULLETIN MENSUEL PUBLIÉ PAR LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE DE MONTRÉAL TIRÉ A MILLE EXEMPLAIRES 10 francs par an.Prix d’abonnement Adresser toutes lettres et communications à la Chambre de Commerce Française de Montréal, à Montréal, Can.Edifice du Board of Trade, rue St.Sacrement.Adresse Télégraphique : “ GALLIA ” Montréal.SIÈGE DE LA CHAMBRE BOARD OF TRADE BUILDING, Chambre 230 XtX ONTRE Les Bureaux sont ouverts de 9 heures à midi et de 1 heure à 3 heures.L Comptes rendus des séances de la Chambre de Commerce Française de Montréal.AVIS SÉANCE DU 3 SEPTEMBRE 1903.Extrait du procès-verbal de la séance du 3 septembre mil neuf cent trois, tenue sons la présidence de M.H.Jonas, président.M.des Isles, ministre plénipotentiaire honoraire, gérant le consulat général de France à Montréal, se fait excuser.Parmi les présents : MM.de Sieyès, E.Galibert, Bouesnel, Chouillon, Dantony, Goullioud, Hamon, Pony, Cordon, Lair, Monier.Le procès-verbal de la précédente séance est ln et adopté.Il est procédé au dépouillement du courrier qui contient un grand nombre de demandes de renseignements, notamment sur les pommes, vins, eaux-de-vie, feutres, quincaillerie, ornements d’église, gants, soie ries, machines à imprimer, cuirs, etc.L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.!T Le Commerce français trouvera tout intérêt à se renseigner auprès de notre Chambre de Commerce sur le compte de tout individu de notre place sollicitant des représentations.Nous recommandons aux personnes, qui ont l’occasion de nous écrire, de bien indiquer l’adresse exacte de notre Compagnie : Chambre de Commerce Française de Montréal » LES MARINS FRANÇAIS A MONTREAL EDIFICE DU BOARD OF TRADE, Chambre 230 En omettant la désignation Française, ce qui arrive à plusieurs de nos correspondants, les lettres sont remises—comme il est juste—à la Chambre de Commerce du District de Montréal.Le Tage, croiseur protégé de 1ère classe, battant le pavillon du contre-amiral Rivet vient de passer quinzaine de jours à Québec.Nos marins sont toujours très cordialement reçus dans la vieille capitale du vieux Canada français, où tous les ans à peu près un navire de l’escadre de l’Atlantique vient faire une courte relâche.une 254 Montréal est moins favorisé : la profondeur du che- deux pays, représentant les deux races qui composent nal du St Laurent entre Québec et Montréal est tliéo- la population du pays, riquement de 30 pieds ; mais vers l’automne, lorsque les eaux du fleuve sont basses, il n’y a souvent que 28 à 28^ pieds à certains endroits, et il serait imprudent et à celle du président Loubet ; tous les discours ont d’y risquer, sans raison grave, un navire à fort tirant célébré à 1 envi 1’ “ Entente cordiale ”, et nous ne pou-d’eau.Mais, de temps à autre, ou nous envoie un bâtiment plus léger, qui ne court pas les mêmes risques.Cette année, l’amiral Eivet a bien voulu remonter le St-Laurent jusqu’à Montréal, avec son état- ia France et de l’Angleterre major et la musique du Tage, à bord du “ Troude ”, croiseur de Sème classe, léger et rapide, qui a fait ses 18 nœuds en remontant le fleuve, à la grande admiration des riverains.Au somptueux banquet offert mardi soir aux deux amiraux et à leurs officiers, on a bu à la santé du roi vous nous empêcher de citer la péroraison de M.Donald MacMaster, un des avocats les plus distingués du barreau de Montréal, chargé de proposer la santé de Si le héros illustre qui mourut glorieusement sur les Plaines d’Abraham, avait pu, à ses derniers moments, plonger son regard dans l’avenir, et parcourir d’avance l’épopée des soixante mille colons, qui représentaient Le contre amiral Rivet, son chef d’état-major, le alors toute la puissance de sa patrie dans la Nouvelle France, les voir accrus, deux siècles plus tard, de un a„„t ,e Ti-oude, ams, que le, o«,ie„, aeu.offlCe,, et :Z:e^Kt%%aZ marins du Troude, ont été reçus a Montréal a bras ou Unis; si Montcalm avait pu suivre l’évolution desans, verts.Des fêtes organisées en leur honneur ont marqué apercevoir la transformation de cet immense pays que chaque journée de leur séjour : dimanche, le 6 septembre, grande fête champêtre au Sault au Récollet, 01U conduit héroïquement leurs compatriotes à la conquête du sol et de la liberté ; s’il avait su quels seraient ceux qui dirigent aujourd’hui la politique, administrent la justice, exploitent les ressources de ce de Ville ; banquet, le soir, offert aux sous officiers et pays, exercent son commerce et contrôlent sa presse ; quartiers maîtres du “ Troude ”.Mardi, banquet of- s’il avait vu un gouverneur français installé dans le fert par les citoyens de Montréal à l’amiral et à ses of- PaWs ^ gouvernement comme autrefois au Château „ .„ , , , , St Louis, un juge eu chef français siéger dans la cité Aciers, eu meme temps qu’a 1 amiral Douglas, de la borique, dernier ministre fiançai, à la tête de la marine anglaise, arrivé la veille avec un petit croiseur, province de Québec, un président français à la ( ham-la “ Rétribution ”, à peu près de la même classe que bre des Communes, un Français juge en chef de cette le “ Troude” Mercredi, grande représentation de province, un Français juge en chef de la Cour Suprême «"?an ParcSohm,,,, Vho,,n,m„e, marin, desdenz nations ; promenade en tramway électrique.Jeudi, parlementaire, le maître achevé des deux langues, descente des rapides de Lachine ; soirée chez lord l'interprète des pensées des deux nations, si, dis-je, Strathcona.A midi, l’amiral Rivet offrait à déjeuner Montcalm, avait pu entrevoir, à travers l’avenir, toutes ces choses, ne se serait il pas écrié, comme Wolfe : “ Dieu soit loué ! je meurs content ! ” De la France, je n’ai que ceci à ajouter : elle a perdu beaucoup, mais elle a gagné, au-delà des mers, des possessions coloniales immenses ; elle a gagné en milles carrés ce qu’elle a perdu de pieds carrés ; elle a gagné : elle commandant Ollivier et le capitaine Aubry, commau- nous aimons tant, contempler la figure des chefs qui organisée par la 131ème section des Vétérans des Armées de Terre et de Mer.Lundi, réception à l’Hôtel principaux citoyens de la ville à 1'Hotel Vigor ; son aux et le capitaine Aubry faisait aussi les honnèurs de bord à des invités de distinction.Et lorsque, ven- dredi, le 11 septembre, à 8 heures du matin, le “ Troude ” a quitté son mouillage pour retourner à Québec une foule immense encombrait les quais pour eu littérature, dans les sciences, et dans les arts adieu aux mari.s de Pea.ee.gïï de" lïïïS3?jK£ Oe qui a donné un cachet particulier aux fêtes de g^, dans tous les domaines de la civilisation, s ibicn cette année c’est la présence dans le port de Montréal qu’aujourd’hui, malgré sa défaite, il y a un quart de du croiseur auglais “ Botriilutiou ” « »» “ Douglas, commandant de 1 escadie anglaise de < d’avoir gagné l’affection et la sympathie de tous les tique nord.peuples, en se montrant supérieureà toutes les épreu- O.» sais, l’occasion de iairece demonstration Me» grand cœur ^Tu'%:.'i':%'ti::tZ claire de la faveur avec laquelle ou accueille au La que je vou8 demande d’associer, dans ce toast, à la nada l’entente cordiale qui règne entre l’Angleterre grande Bretagne, et la France.A partir du moment (lundi soir) où la “ Rétribution ” a été amarrée au quai, on a eu soin de confondre dans la même bienvenue les marins des Détail typique : un des organisateurs do ces fêtes, l’honorable M.Würtcle, ancien ministre provincial, . 255 exprimé, dit : “En tenant compte, toutefois, des nécessités fiscales de chaque partie de l’Empire.” Les mots dont on a demandé l’insertion étaient ceux-ci “et industrielles,” à placer après le mot “fiscales”.Le texte de ce membre de phrase devenait donc le suivant : “En tenant compte, toutefois, des nécessités fiscales et industrielles de chaque partie de l’Empire.” Ainsi rédigée, la résolution laissait toute liberté à l’Angleterre de refuser de taxer les denrées alimentaires, que l’industrie considère, ajuste titre, comme faisant partie des matières premières qui lui sont le plus néeessaires.Et comme déjà “les nécessités fiscales” réservées laissaient aux colonies la faculté de conserver leurs tarifs protecteurs, principales ressources de leurs budgets, le dernier texte conciliait tous les intérêts, toutes les écoles, et, après une vive et longue discussion, c’est celui-là qui fut définitivement adopté par le congrès.Mais, s’il a pu réunir l’unanimité, c’est qu’il n’engageait aucuns des partis, c’est que, en fin de compte, il détruisait tout l’effet que pouvait avoir la résolution.Voici donc ce qui a été décidé par le congrès : En théorie, il serait avantageux d’établir un tarif préférentiel entre les différentes parties de l’Empire pourvu que, en pratique, les colonies puissent maintenir les droits qui protègent leurs manufactures et remplissent la caisse publique ; et que, de son côté, la Grande-Bretagne puisse conserver le libre échange, considéré comme nécessaire à sou industrie.C’est à-dire que tout reste dans le statu quo.juge de la Cour Supérieure, et officier de la Légion d’Honneur, qui est lui même d’origine Saxonne, est le beau-père du capitaine français Aubry, commandant du “ Troude ”, et le cousin de l’amiral anglais Douglas, lequel est un canadien de naissance, étant né et ayant reçu son éducation primaire à Québec.LA POLITIQUE COLONIALE DE M.CHAMBERLAIN Les partisans de M.Chamberlain comptaient beaucoup sur le Congrès des Chambres de Commerce de l’Empire Britannique, qui vient d’être tenu à Montréal, ponr donner un coup de clairon en faveur de la politique dite du tarif préférentiel de M.Chamberlain.L’évènement a dû les désappointer.L’idée d’un tarif préférentiel entre les différentes parties de l’empire britannique avait de nombreux partisans au Congrès.Nombre de chambres de commerce coloniales, de celles du Canada, entr’autres, avaient donné à leurs délégués le mandat de voter en faveur de cette politique.Les délégués des chambres de commerce anglaises étaient divisés, mais la majorité y était sûrement acquise au libre-échange ; et, parmi les colonies, l’Australie se tenait sur une extrême réserve, tandis que, au Canada, jdes dissidences marquées se produisaient.Une résolution proposée par les délégués du Board of Trade de Montréal affirmait que l’établissement d’un tarif préférentiel aurait pour effet de resserrer les liens entre les colonies et l’Angleterre et contribuerait à la prospérité des unes et de l’autre.Dans la discussion qui a suivi, les délégués canadiens ont fait comprendre, sans aucune ambiguité, que les détaxes au profit de l’Angleterre, sur les articles que le Canada peut produire, ne pourraient aller au-delà de ce qu’elles sont aujourd’hui ; mais qu’on était prêt à taxer davantage les produits non britanniques et à augmenter, de ce côté, autant qu’il serait nécessaire, la faveur à faire aux produits anglais.Les délégués de Londres et de Manchester, sans attaquer directement le principe, ont fait toutes sortes de réserves.La résolution se terminait en demandant l’institution de l’enquête préconisée par M.Chamberlain.A cette proposition, personne n’a fait sérieusement objection, le caractère anodin qui la caractérise ne prêtant pas à une opposition bien tranchée.Mais les libre-échangistes anglais ont insisté pour faire ajouter à la première partie de la résolution mots.La dernière phrase en effet, pour bien faire ressortir le eaiac.tère protectionniste du vœu LA SURTAXE D’ENTREPOT Au congrès des Chambres de Commerce de l’Empire britannique qui vient d’avoir lieu à Montréal, la délibération suivante a été proposée par M.H.M.Pullock, un délégué de la Chambre de Commerce de Bristol : “ Que prière soit faite au%Ministère des Affaires Etrangères d’entamer des négociations avec le gou-“ veruement français dans le but d’obtenir que les “ marchandises expédiées sur connaissement direct, “ par un port anglais, provenant d’une colonie britannique n’ayant pas de service direct sur la “ France, soient considérées par la douane française “ comme importées en droiture et soient exemptes de “ la surtaxe d’entrepôt, c’est à dire de cette taxe spé “ ciale imposée en sus des droits sur les marchandises “ d’origine extra-européenne qui sont importées en “ France, d’un entrepôt d’Europe.” Quoique proposée par un délégué de la métropole, a 256 tion définitive.Or cette modification ne peut être faite que par le parlement français.En outre, il est assez osé de venir demander au gouvernement français, qui a fait et fait encore tant de sacrifices pour remettre sur pied la marine marchande de la France, d’accorder une faveur qui assurerait à la marine marchande de la Grande-Bretagne le monopole du commerce entre les colonies anglaises et la France, et qui retarderait peut-être de 25 & 30 ans la création de cette ligne directe entre le Canada et la France que nous appelons de tous nos vœux.Si, encore, il était question d’une compensation quelconque ! Mais on ne semble pas même en avoir eu l’idée.cette délibération intéresse plus spécialement les colonies ; mais cela n’a pas empêché un autre délégué anglais de se plaindre que l’application de la surtaxe d’entrepôt a donné lieu à des difficultés vexatoires à plusieurs reprises.Il prétend que la douane française a insisté pour traiter comme de provenance canadienne, et par conséquent pour frapper de la surtaxe d’entrepôt, un lot de pois qui était réellement de provenance anglaise.Du côté des colonies, le débat a été continué par M.J.X.Perrault, chevalier de la Légion d’honneur, délégué de la Chambre de Commerce du district de Montréal, et qui fut un des commissaires canadiens à la dernière exposition de Paris.M.Perrault dit que cette surtaxe est injuste—il n’explique pas pourquoi—et il affirme qu’il est très désirable que, au moins tant que nous n’aurons pas de ligne directe sur la France, les marchandises expédiées par un port anglais, mais ne faisant qu’y touchsr, sans transbordement, soient admises en France sans payer cette surtaxe d’entrepôt, qui paralyse le commerce entre la France et le Canada.Nous avons pourtant à plusieurs reprises, de même qu’un confrère canadien, “La Presse”, tâché de faire comprendre à M.Perrault et à quelques-uns de ses collègues, que la surtaxe d’entrepôt n’est appliquée que sur les marchandises entreposées dans un port de l’Europe, avant de parvenir sur le territoire français.Ainsi une expédition du Canada chargée sur un navire qui toucherait à Liverpool ou à Bristol sans être mise à terre, sera exempte de la surtaxe d’entrepôt, pourvu que le fait du non débarquement soit certifié par le consul fiançais du port d’escale et qu’une autre condition ait été remplie, c’est-à-dire qu’aucune marchandise similaire n’ait été prise à bord du navire dans le port anglais où il a touché.Nos amis canadiens conviendront que cette dernière condition n’est qu’une légitime précaution pour empêcher la fraude, la substitution d’une marchandise à une autre, etc.LES POMMES “La récolte des pommes a complètement manqué en France ; il nous faut importer des pommes du Canada ; veuillez donc nous indiquer les noms et adresses de négociants qui seraient disposés à nous confier leur agence pour la France ou (plus rarement) à nous consigner ou à nous vendre ferme au besoin.” Ce qui précède résume bien la teneur de la plupart des lettres dont se compose actuellement notre courrier.Outre les pommes, on nous parle aussi quelquefois des poires et des tomates.Il a été répondu directement à chacun de nos correspondants : mais ce serait peut-être nous éviter un surcroît inutile de travail et de déboursés que de condenser ici, à l’usage de tous nos lecteurs, les renseignements qui peuvent être utiles au commerce français en l’occurrence.La récolte de pommes au Canada pourra être, cette année, selon les données recueillies par l’association pomologique du Canada d’environ 1,300,000 de barils (le baril équivaut à un peu plus d’un hectolitre).L’année dernière, elle était de 1,600,000 de barils ; il y a donc déficit d’environ 300,000 de barils.Toutefois, le chiffre actuel représente encore une bonne récolte moyenne, l’année dernière ayant été exceptionnelle.Les Etats-Unis, surtout ceux des Etats qui font bordure au Canada, sont aussi grands producteurs de et leur récolte est abondante cette année.Ce Nous n’avons pas, bien entendu, à nous interposer entre le Foreign Office et notre ministère des Affaires Etrangères ; mais nous croyons être en mesure de prévoir à peu près exactement ce que sera la réponse de notre gouvernement—non pas dans sa forme qui absolument diplomatique—mais dans son fond.pommes fait aurait pour résultat presque inévitable un fléchissement des prix au Canada, s’il n’était compensé par la disette générale dans l’Europe Occidentale.Car non seulement la récolte a manqué en France, mais elle a aussi manqué dans les Iles Britanniques ; et si nous constatons une demande active de nos compatriotes de France, on reçoit aussi beaucoup de corn- sera Accorder aux colonies anglaises le droit d’entreposer en Angleterre, sans payer la surtaxe, les produits destinés à la France, cela ne peut se faire qu’en modifiant la loi générale, la loi qui impose cette surtaxe tous les produits extra européens, d’où qu’ils sur viennent, du moment où Hs sont débarqués dans un port d’Europe autre que le port français de destina- I 257 maisons d’exportation, nous fournit les renseignements suivants sur la condition actuelle de la récolte.Dans la Nouvelle Ecosse, la récolte des pommes est excellente tant comme quantité que comme qualité.La fameuse vallée d’Annapolis, célèbre pour la qualité de ses pommes, a une superbe récolte.Les principales variétés qui y sont cultivées sont la Gravenstein, la King's, la Bellefleur, la Spy, la Baldwin, et la Ribston Pippin.Toutes ces sortes sont très bien venues, de belle couleur et n’ont aucune de ces taches de vous qui défigurent les plus beaux fruits.On croit que mandes pour expédition en Ecosse, en Irlande et en Angleterre.Les expéditions de Montréal pour la semaine actuelle sont d’environ 20,000 barils.On peut donc calculer que la pomme, si abondante qu’elle soit de ce côté de l’Atlantique, sera chère, cette saison, par suite des achats considérables pour l’exportation auxquels elle donnera lieu.La pomme commune qui peut être classée, au besoin, comme pomme à cidre, quoiqu’elle n’ait pas la saveur âcre et astringente de la pomme à cidre de Bretagne et de Normandie, n’était pas exportée jusqu’ici ; on en faisait sur place, soit du cidre, soit des compotes, on la faisait sécher au soleil coupée en quartiers, ou bien on la donnait en nourriture au bétail.Le prix minime de ce fruit ne permettait pas de le transporter au loin.Dans les conditions actuelles, pourra-t-on les exporter 1 C’est encore problématique.La cueillette, la mise en baril, le coût du baril et le transport au quai, représentent presque le prix que les acheteurs en offrent en ce moment pour livraison au Hâvre.Aussi nous n’avons encore connaissance que de quelques petits achats d’essai, faits plutôt dans l’espcir de voir le marché français monter suffisamment pour permettre de les écouler sans perte, qu’avec une perspective définie d’y faire un profit.Les qualités supérieures, les pommes à couteau, sont d’ores et déjà cotées à des prix sensiblement supérieurs à ceux de l’année dernière.Pour celles-là, la demande française est concurrencée par la demande anglaise et, comme le marché anglais a été jusqu’ici à peu près le seul débouché de l’exportation canadienne, il a la préférence, prix pour prix.En effet, entre deux clients, on donne toujours au client régulier la préférence sur le client de passage.On connaît les habitudes du marché anglais, qui sont beaucoup plus libérales que celles du marché français.On sait que, s’il arrive accident à quelque baril en cours de route, il sera vendu pour ce qu’il vaudra, en Angleterre, tandis que, en France, on le refusera, sans doute, purement et simplement.Mais les affaires avec l'Angleterre, en pommes, sont faites souvent en consignation et tout l’aléa de l’opération incombe à l’exportateur.Tandis que nous avons sur place en ce moment plusieurs acheteurs français, qui prendraient livraison ici et paieraient comptant.Ceux-là feront des affaires, s’ils veulent ou s’ils peuvent payer les prix demandés.Les autres, ceux qui sont restés en France et veulent traiter par correspondance, ou bien ne pourront pas acheter, ou seront obligés de subir les conditions de prix et de paiement d’une maison de commission.La maison John Barry & Sons, une de nos bonnes seur le rendement sera plus considérable que ne comportent les prévisions du début, vu qu’il y aura très peu de déchet à l’emballage, presque tous les fruits étant sains et beaux.De la Nouvelle-Ecosse à Québec il n’y a pas de culture en grand de la pomme.Il faut aller jusqu’à la région de Montréal : l’île de Montréal et les comtés voisins, pour trouver ensuite de grands vergers.Dans l’île et dans le voisinage on trouve cette année en abondance la Fameuse, d’excellente qualité, de couleur parfaite et sans tâche.La qualité est supérieure à tout ce qu’on a vu depuis dix ans au moins.On craint généralement, à tort, d’exporter la Famsuse en barils.St l’on exporte cette pomme en octobre, lorsqu’elle est encore ferme et solide, on peut compter, pourvu que l’emballage soit bien fait, serré, dans de bons barils, que le fruit arrivera en bonne condition au port de destination en France ou en Angleterre.Si l’on expédie plus tard, lorsque la pomme mûre commence à s’amollir, elle ne se conservera que très difficilement Entre Montréal et Toronto on cultive une variété de pommes absolument identique à la Fameuse, mais qui porte le nom de Snoio.Dans cette région aussi la récolte est abondante et très belle.Parmi les variétés les plus connues qui y sont cultivées, on trouve de très belles qualités de Spies, de King's et de Baldwins.La pomme grise (Reinette grise) appelée ici Bussett est en déficit, de même que la Reinette verte (greening).A l’ouest de Toronto, et dans la région de Niagara, que l’on est convenu de désigner comme le jardin du Canada, la récolte est déficitaire et la qualité n’est pas belle, les pomme sont mal venues et tachées.Dans le voisinage de la baie Géorgienne, à Meaford, Collingwood, etc., la récolte est diminuée, mais la qualité de ce qu’il y a est excellente.Les prix pratiqués actuellement sont encore raisonnables, mais ils ont une tendance marquée à monter ; sur le marché anglais, d’ailleurs, on paie les pommes canadiennes presque le double de l’année dernière.Un acheteur français a passé ces jours-ci, un marché pour uu lot considérable de pommes à $2.50 le baril 258 Voici une liste des fabricants de pommes évaporées : Waterford, Chatham, sur place, pour livraison et expédition immédiate et $2.75 pour livraison à la fin de l’automne ou en hiver.Le transport à Montréal coûtera 25 cents par baril.Le baril de 3 minots (bushels) pèse en moyenne de 175 à 180 livres, poids brut, soit 150 livres net.Ce poids varie natuieUement suivant la variété.L’unité de vente est le baril, de 3 bushels, sans se rapporter au poids.Les frets actuels de Montréal en Europe sont : pour Liverpool et Londres, 2s Bd (3 fr 12^) ; pour Glasgow et Bristol, 3s (3 fr.75) le baril.Pour la France on paie 3s.L’expédition des pommes à cidre, nous dit M.Barry paraît peu profitable ; les barils sont plus chers, on les paie 35 cents au lieu de 30 cents, la main d’œuvre est plus chère, surtout en ouvriers d’expérience et il faut^un personnel expérimenté ; les pommes doivent être cueillies à la main et emballées avec soin, bien serrées, afin que les chocs en cours de route ne puissent faire remuer les fruits.Le fret et le transport par terre sont les mêmes que pour les bonnes qualités-Il faudrait qu’on eût la pomme pour rien, pour pouvoir y faire ses frais et elle doit coûter au moins 40 à 50 cents par baril.Il serait plus pratique, ou bien de faire sécher les pommes en quartiers, ce qui en réduirait le volume, et par conséquent le fret, ou bien de faire le cidre ici et de l’importer tout fait en France.Les principales maisons de Montréal qui exportent la pomme à l’état frais sont : Wm.Nivin & Son, Hart & Tuckwell, John Caldwell & Co, 173 J.J.Vipond & Co, John Barry & Sons, Bell, King & McLaren, 189 Irwin, Harris & Co, A.Bowes & Co, G.A.Chouillou & Cie, 14 Place Royale.Ontario.G.Hatchett, Mahler Brothers, U Brighton, Clark & Co, McPherson & McGugan, Cedar Spring, Strathroy, 11 u L.Mahler, L.K.Shourd & Co, F.L.Preskett., li Wellington, Owen Sound, Norwich, Brussells, The Royal Packing Co,, Board of Trade, Montréal,
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