Bulletin mensuel de la Chambre de commerce française au Canada, 1 janvier 1962, Avril
.CHAMBRE DE COMMERCE A A AU CANAD P SIS F f r ?:P ¦V w ¦" % zr V • f* ¦¦ Ti ÈM : ST" _o .r'% AVRIL 19 6 2 No 5 6 4 N \ do9® { sou et ,ine /• indus s Wt » # l h HJ r F s m Le soudage comme méthode de fabrication, tirant profit des recherches scientifiques et des inventions récentes, joue un rôle toujours plus important dans la conception de nouveaux produits en métal.Il existe aujourd’hui des techniques, des procédés et des matériaux de dage qui permettent la fabrication plus rapide et plus économique de produits en métal ferrreux et non-ferreux.Déjà plusieurs industries importantes fabriquent très avantageusement des produits pour lesquels on ou semi-automatique comme méthode de fabrication.Ne serait-il pas sage d’examiner votre propre situation afin de profiter aussi, de ces méthodes si efficaces et si économiques ?Avez-vous besoin de renseignements techniques en ce qui concerne ces procédés et leur application concrète ?N’hésitez pas à nous consulter — nos ingénieurs sont là pour vous servir.sou- avait prévu le soudage automatique , vous 0g CANADIAN LIQUID AIR COMPANY LIMITED ST.JOHN S.SYDNEY, HALIFAX, MONCTON, SAINT JOHN, BATHURST, QUEBEC, SOREL, MONTREAL BAIE COMEAU, SEPT-ILES, OTTAWA, CORNWALL, BROCKVILLE, TORONTO, OAKVILLE, HAMILTON, NIAGARA FALLS, WATERLOO, BRANTFORD, LONDON, SARNIA, CHATHAM, WINDSOR, SUDBURY, COPPER CLIFF PORT ARTHUR, WINNIPEG, REGINA, SASKATOON, EDMONTON, CALGARY, RED DEER, MEDICINE HAT CRANBROOK, VANCOUVER, VICTORIA, KITIMAT, PRINCE GEORGE, DAWSON CREEK, NANAIMO REVUE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE AU CANADA Avril 1962, No 564 H.Mhun 3 La conjoncture au Canada .Rapport du président à l’assemblée annuelle La situation économique en France et le commerce Franco-Canadien .Six ans de service diplomatique au Canada .Progrès de l’industrie pétrolière au Canada The Mont-Blanc Tunnel .En vacances, où loger en France ?.Une exposition-vente de produits français à Arvida Propositions d’affaires .Un peu de détente .Le Canada favorable au système métrique Règlementation canadienne en France regains lead in aircraft design Nos nouveaux membres .Notre carnet .J.Ponsot 5 7 J.Devinât F.Lacoste 9 13 15 16 19 21 23 24 25 matière de brevets d’invention 27 32 32 La Revue est publiée tous les deux mois par La Chambre de Commerce Française au Canada Prix : 25 cents le numéro le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé P affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication." LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE AU CANADA 429, Avenue Viger Montréal, Que.Tel.: Victor 2-9420 Adr.Tel.: Gallia Montréal Imprimé par ERNEST THÉRIEN & FILS LIMITÉE 7 Est, rue Notre-Dame, Montréal - UN 1-6778 Bureau de Paris : Couverture : Usine de traitement de gaz naturel de Shell, dans les Rocheuses.31, Avenue Pierre 1er de Serbie (16e) AVRIL 1962 I I Transports Internationaux j\.& (S.lUticlil & (Cil'.*» o to rr Société Anonyme au Capital de 1.000.000 de N.F.Fondée en I869 : _____-zi AGENTS MARITIMES PARIS PROPOS À PROPOS SUR LE CANADA 54, Rue de Paradis ROUBAIX 215, Rue des Arts LYON 10, Quai Tilsitt LE HAVRE Franklin Building GRASSE I, Place aux Aires véhiculés chaque mois par la Revue des Affaires de la Première Banque au Canada.En votre qualité d’homme d’affaires vous vous devez de lire ces quatre pages de pronostics et d’interprétation se rapportant aux tendances de l’économie canadienne.Faites placer votre nom sur la liste d’envoi de cette publication en écrivant à notre service d'Expansion des Affaires, Case Postale 6002, Montréal, Qué.MARSEILLE 5, Rue Gilbert-Dru Succursales, Filiales ou Correspondants attitrés dans les principaux centres en France et à l'Etranger.à £ POUR 3 muons DMmOUHS OP Banque de Montréal T^xemiène ïëa*tque au (^auadu SIÈGE SOCIAL: MONTREAL Oval Room : Somptueusement décoré dans le style " Adam " Déjeuner et dîner Fameux buffet-souper tous les dimanches soirs Londres : Bureau principal, 47 Threadneedle St., E.C.2 JOHN TURNER, Q B E., gérant et directeur général adjoint Bureau de West End, 9 Waterloo Place, Pall Mall, S.W.1 E.J.BENSON, gérant Lounge : Cocktails et thé l'après-midi Maritime Bar : Spécialité : poissons Paris : 10 Place Vendôme, Paris 1er Ritz Cafe : Petit déjeuner, déjeuner et dîner à prix modérés RESSOURCES: PLUS DE $3,500, 000,000.890 SUCCURSALES AU CANADA, AU ROYAUME-UNI, AUX ÉTATS-UNIS, EN EUROPE ET AU JAPON 2 CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE AU CANADA LA CONJONCTURE AU CANADA Au Canada comme aux Etats-Unis, le rythme des affaires a été un,peu moins rapide au premier trimestre qu'on ne 11 espérait au début de 1 annee.Les perspectives à court terme demeurent encourageantes, mais les résultats des 6 premiers mois de cette année seront probablement moins bons que prevu.La plupart des observateurs estiment toutefois que la '1 baisse de régime des dernières semaines n'est que passagère.Nombreux secteurs industriels de base restent vigoureux et poursuivent La construc-Les stocks leur progression.L'acier et 1'automobile sont dans ce cas.tien marque des gains appréciables depuis le début de l'année, des fabricants n'enregistrent que des hausses modestes, mais par contre les carnets de commande se remplissent d'une manière satisfaisante.Au total, la production industrielle est toujours orientée à la hausse, même si la cadence de la reprise a légèrement diminué récemment.D'après 1'enquête annuelle du ministère fédéral du Commerce et de l'Industrie, les projets d'investissement dans les secteurs privé et public devraient atteindre $8,6 milliards en 1962 ou 6% de plus qu'en 1961.Ce sont les industries minières et métallurgiques qui enregistrent les progrès les plus significatifs.En revanche, on note une baisse des dépenses d'équipement dans les pipelines et les usines de traitement de ^gaz naturel.Régionalement, ce sont les provinces de Québec et d'Ontario Wqui devraient en bénéficier le plus.Bien que la réalisation des projets d'investissement soit susceptible d'être influencée par les fluctuations de la conjoncture, il est raisonnable d'espérer que ceux de cette année stimuleront la reprise économique.Les résultats du commerce extérieur au début de 1962 autorisent à penser que le volume élevé des échanges extérieurs, qui a prévalu pendant presque toute l'annee 1961, se maintient actuellement.C est grace à l'excédent du commerce extérieur ($179 millions contre un déficit de $145 millions en 1960) que la balance internationale des paiements a été moins déséquilibrée en 1961: elle accuse un déficit de $989 millions, comparativement à $1.217 millions en 1960.Par contre, les statistiques du intérieur laissent toujours à désirer.Même si les consommateurs sont moins réticents, les ventes au detail n'enregistrent pour 1 instant que des gains assez faibles par rapport à l'année dernière.commerce Malgré un certain ralentissement des investissements étrangers au sous toutes leurs formes, l'endettement total du Canada est passé Canada, de $16,9 milliards en 1960 à $18 milliards environ en 1961.Les participations étrangères dans l'industrie demeurent considérables: en 1959, environ 51% de toute l'industrie canadienne étaient la propriété de capitaux étrangers, contre 47% en 1954.AVRIL 1962 Cable : STARBER, Montréal Telex 01-2169 ÉTUDE, PLACEMENT & GESTION Courtiers en Douane Expéditeurs Entreposeurs Camionneurs Agents Transitaires DE TOUTES ASSURANCES Incendie • Auto • Responsabilité civile et patronale Bris de glace, de machines, de chaudières • Vol Pertes de bénéfices • Vie • Maladie • Fonds de pension Groupe • Maritime et transports terrestres.& Hubert du Crest Courtier d'assurance agréé St.Arnaud & Bergevin LIMITÉE 275 ouest, rue St-Jacques, Montréal Tél.: VI.9 - 5686 118, rue St-Pierre, Montréal, P.Q.Tél.: VI.4- 1561 30 ans d'expérience, dont 5 au Canada.Sérieuses références à Montréal.Membre de la Chambre de Commerce Française au Canada Le trait d’union entre la France et le Canada BANQUE CANADIENNE NATIONALE (France) 1E 37, RUE CAUMARTIN, PARIS fil I tpHr ' BANQUE CANADIENNE NATIONALE Fondée en I874 Capital .Fonds de Réserve Actif, plus de .$ 10,000,000 $ 34,000,000 $824,000,000 1 1 fi n ri mm % Em- place D’ARMES, MONTRÉAL 600 bureaux au Canada 4 CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE AU CANADA RAPPORT DU PRÉSIDENT I Je ferai maintenant un bref compte-rendu sur les activités de la Chambre de Commerce Française au Canada au cours de l'année 1961.Nos activités peuvent se résumer comme suit : Nous avons perdu en 1961 et au début de 1962 membres éminents.M.Marcel Non- ration n’a pu être réalisée que grâce au concours de M.Henry Mhun.qui dirige la revue, et du comité de la revue.Nous les en remercions.plusieurs de nos gier, dont l’activité en faveur de notre Chambre était inlassable, et qui était ancien président et membre d’honneur, est décédé le 18 août dernier.M.Joseph Le conseil vient de décider de publier tous les mois Asselin, vice-président de la Banque Mercantile du un court bulletin d’informations qui, en plus de la revue Canada, est également décédé en juillet.Enfin, nous bimestrielle, apportera à nos membres certains rensei-perdu récemment M.Charles-Henri Marin, as- gnements susceptibles d’intéresser leurs activités profes-de la maison financière C.J.Hodgson & Co.sionnelles.avons socié de Montréal.Réunions Les divers comités de votre Chambre se sont réunis Votre secrétariat a été actif.En liaison avec les régulièrement, notamment ceux de la revue, du recrute-services commerciaux de l’Ambassade, il a répondu à ment, des manifestations et du bulletin.Enfin votre de nombreuses demandes d’information en provenance conseil a tenu une réunion par mois, de la France et du Canada.2.480 lettres ont été reçues et 6.927 ont été envoyées pendant l’année.Je tiens à Déjeuners-causeries remercier Monsieur Glorieux et Madame Quédrue ^ pour leurs excellents services.Au nom de la Chambre, 13 janvier 1961 : M.Guy de BERC, Représentant je remercie également MM.Vibien et Devinât de l’ap- général de la Compagnie Générale Transatlantique pui qu’ils nous ont apporté.pour les Etats-Unis, le Canada et le Mexique et Pré- sident de la Chambre de Commerce Française aux Etats-Unis, nous a parlé de la Cie Générale Transatlantique.Secrétariat Revue et Bulletin Comme nous vous l’avons annoncé l’an dernier à notre assemblée annuelle, notre revue est publiée tous les deux mois depuis le début de 1962.Cette amélio- du Commerce auprès du Gouvernement Fédéral à 27 février 1961 : M.J.A.Roberts, Sous-Ministre 5 AVRIL 1962 Nous avons enregistré en 1961 l'adhésion de 10 nouvelles sociétés et de 20 nouveaux membres individuels.Votre Chambre compte actuellement 76 sociétés et 168 particuliers membres au Canada, et 220 membres adhérents en France, ce qui fait un total de 616 membres.Ces progrès méritent d'être soulignés, mais restent insuffisants.Il faudrait arriver à 100 sociétés au moins pour assurer l’équilibre de notre budget.Je compte sur votre appui.n JkZj 01 r i mtd : ¦ ¦ M.Jean Ponsot entre M.Francis Lacoste et Jacques Devinât Décès Recrutement NOTRE ASSEMBLEE ANNUELLE générale annuelle de la Chambre de Commerce Française au Canada a eu lieu L’assemblée _ le 20 mars à l’Hôtel Ritz Carlton de Montréal.Le nouveau conseil d'administration pour l’exercice 1962-63, présenté par en trouveront la composition à la page 31.le comité de nomination, a été approuvé.Nos lecteurs L’ordre du jour comportait entre autres le rapport du trésorier, M.François Ducroi, et celui du président, M.Jean Ponsot, sur les activités de notre Chambre en 1961.Nous publions cl-dessous ce dernier.A l'Issue de l'assemblée.Ai.Jacques Devinât, conseiller commercial et financier près l'ambassade de France à Ottawa, fit un bref exposé sur la situation économique en France et le commerce franco-canadien.Nous le publions à la page suivante.1 p' ?A Ottawa.« Les relations du Canada avec le marché commun ».2 mai 1961 : M.Paul Flamand, Directeur des Editions du Seuil, à Paris, a fait un exposé : « Le métier d'éditeur ».rSl l ’ 14 juin 1961 : L Honorable Léon Balcer, Ministre Fédéral des Transports : « Transport Maritime et Construction navale au Canada ».20 septembre 1961 : M.Olivier Moreau-Néret.Membre de 1 Institut.Président du Crédit Lyonnais.Administrateur du Crédit Foncier Franco-Canadien, a fait un exposé sur « La Jeunesse de la France.» 30 octobre 1961 : L Honorable Georges Lapalme.Procureur Général de la Province de Québec.Ministre des Affaires Culturelles, nous a parlé des « Relations France Québec ».COMME.L LA PAIX ASSURANCES comme A comme p PROTECTION AUTOMOBILE INCENDIE comme A comme I comme x comme .Il vous plaira ! 12 décembre 1961 : Me Jean Drapeau, maire de Montréal, causerie sur « La vocation internationale de Montréal ».LA PAIX Enfin le 30 novembre notre Chambre a fêté son 75e anniversaire au cours d'un diner dansant.Cette manifestation, qui a été un grand succès, a réuni 345 personnes, et nous avions dû en refuser près de 150, Etant donné le succès de cette soirée française, envisageons de la rendre annuelle.COMPAGNIE D'ASSURANCES GÉNÉRALES DU CANADA vous servira COMME .Aucune autre Compagnie ne le fera ! nous 465 St-Jean, Montréal Tel.VI 4- 8632 “L’organisation des affaires au CANADA” Une brochure qui répond aux questions des hommes d’affaires sur : • l'impôt sur les bénéfices commerciaux et autres taxes commerciales • l'administration d'une succursale au Canada • les taxes de vente • I impôt sur le revenu personnel • les droits de succession • l'établissement d'une entreprise au Canada (entreprise individuelle, société en nom collectif ou à responsabilité limitée) I Pour en obtenir un exemplaire, écrivez à La Banque Royale du Canada (franco), 3, rue Scribe, Paris.Au Canada, écrivez au Royale du Canada, 360, rue St-Jacques, Montréal, Que.Service Commerclal-lndustlol, La Banque s LA BANQUE ROYALE DU CANADA plus de $4 milliards d’actif Plus de 1,000 succursales au Canada, aux Antilles et en Amérique du Sud.Bureaux à New-York Londres et Paris.Représentants à Chicago, Dallas, Los Angeles et Hong-Kong.H 6 CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE AU CANADA I LA SITUATION ECONOMIQUE EN FRANCE ET LE COMMERCE FRANCO-CANADIEN par Jacques Devinât Il est banal de parler du miracle économique allemand.Bientôt il sera aussi banal de parler du redressement de l’économie française.Mais il est bon de rappeler brièvement en quoi il consiste.Avant 1939 stagnation d’une économie appuyée situation démographique désastreuse et isolée du monde par de formidables barrières douanières.Puis la guerre et l'occupation laissèrent le pays dans un tel état que beaucoup, même parmi nos amis, considéraient notre éclipse comme définitive.Pourtant en 1953, la production française retrouve plus haut niveau d'avant guerre.En 1957, elle a doublé par rapport à 1938.Aujourd’hui nous produisons — quatre fois plus d’électricité, de ciment, d'automobiles qu’avant la guerre — presque trois fois plus d'acier — trois fois plus de produits chimiques.— Au cours des dix dernières années, l'ensemble des industries mécaniques et électriques a multiplié sa production par deux fois et demie.A la base de ce redressement, il y a, semble-t-il.deux facteurs essentiels.L’un, le rétablissement de la situation démographique, fait que de 42 millions d habitants dont l’âge moyen allait en s’accroissant, la population est passée malgré les pertes dues à la guerre à 46 millions cette année et compte une forte proportion de jeunes.M.Jacques Devinât, conseiller commercial et rès iAmbas-rance à Ottawa, est né en 1918 à Cannes.Docteur en droit, Licencié ès lettres.Diplômé de Libre des Sciences Politiques.Est entré au service de l’Expansion Economique à l'Etranger en 1945 et a poursuivi sa carrière d'Attaché, puis de Conseiller Commercial, à Washington et à Montevideo.De 1948 à 1952 il est membre de la délégation française aux Nations-Unies.En 1952, il est chargé de Mission au cabinet du ministre du Commerce et en 1953 du Secrétariat d'Etat aux Affaires Economiques.Chevalier de la Légion d Honneur, Croix de Guerre.M.Devinât est le fils de Paul Devinât, ancien ministre.financier p sade de Fr sur une a*- l'Ecole .y i son mules et nos dettes se sont accrues.Jusqu'en 1958 nous achetions encore chaque année pour 400 à 500 milliards d’anciens francs de plus que nous ne vendions à l’étranger.L’autre est le prodigieux effort d'investissement amorcé grâce à la générosité des Américains et poursuivi dans l'ordre à travers les plans successifs de modernisation et d’équipement.C est, bon an mal an, le cinquième de son revenu annuel que notre pays a consacré à refaire et à développer ses installations industrielles, ses laboratoires de recherches, son agriculture.Le redressement ainsi rendu possible s'est développé grâce à la concurrence et même à 1 esprit de compétition retrouvé par les producteurs français.Ceci m’amène à examiner la situation du commerce extérieur.Avant la guerre, grâce au revenu de ses investissements, la France, abritée derrière ses barrières douanières, pouvait se permettre d'être peu compétitive.Ses exportations ne représentaient que les deux tiers de ses importations.Dans les années qui ont suivi la guerre, les nécessités de la reconstruction ont longtemps obligé à des achats plus élevés que le montant que pouvaient atteindre nos ventes.Nos déficits commerciaux se sont accu- En 1959, première année du Marché Commun, grâce aux mesures appliquées par M.Pinay, l’expansion a été freinée et les importations ont diminué de près de 100 milliards.Du même coup nos prix sont devenus compétitifs et nos exportations se sont accrues de 327 milliards, soit 20%.Le déficit subsistant n'atteignait que 13 milliards ]/2.L'équilibre de nos échanges était rétabli à 99%.En 1960.seconde année du marché commun, la libération des échanges devient presque totale, cependant que de nombreux droits de douane sont abaissés.Ne peut-on craindre que la concurrence accrue des produits étrangers ne provoque un accroissement massif des importations ?Cet accroissement se produit, en fait, il est énorme.En un an, nos achats de produits étrangers augmentent de 25%.Mais nos exportations ont, elles aussi, bénéficié de la libération des échanges et la concurrence les a stimulées.Grâce aux efforts de productivité les prix français sont toujours compétitifs et nos exportations augmentent-elles aussi, en 1960.dans la proportion impressionnante de 25%.Le pour- I I 7 AVRIL 1962 I contage de couverture des importations par les exportations reste de 99%, mais il porte sur un volume d’échange beaucoup plus élevé que l’année d’avant.Nous arrivons à 1961.L’année commence mal.En janvier et février les échanges sont en baisse et ils sont déficitaires.En mars, brusque reprise, qui se poursuivra ensuite sans relâche.Les chiffres de l'année 1961 ont été annoncés le 8 février par le Ministre des Finances.Les importations de l’étranger ont augmenté de 7%, mais les exportations, qui avaient déjà progressé de près de 50% en 1959 et 1960.se sont encore accrues de 11%.Elles dépassent les importations de 713 millions de NE et, pour la première fois depuis 35 ans, l’équilibre de la balance commerciale avec l’étranger est assuré.Le pourcentage de couverture s’établit à 103%.Nos exportations totales pour 1961, sur l’étranger et la zone franc, atteignent 35 milliards x/2 de NE, soit en chiffres ronds 7 milliards x/2 de $ canadiens, et couvrent les importations globales à 108%.Le commerce Franco-Canadien Comment ces progrès étonnants se sont-ils traduits dans le domaine des échanges franco-canadiens ?Hélas, beaucoup reste à faire.Voyons les faits : D’après les statistiques françaises, car celles du Bureau Fédéral de la Statistique sont en retard cette année à cause d’un changement de nomenclature, la France a exporté au Canada pour : 264 millions de NE ou 54 millions de $ canadiens en 1961 contre 260 millions de NE ou 52 millions de $ canadiens en 1960.En dollars, le progrès est de près de 4% en raison de la dévaluation canadienne.Mais en NE, il est seulement de 1 /'?%.Encore une fois, il s’agit de chiffres français qui différent très légèrement des chiffres canadiens.Mais nous pouvons retenir que nos exportations sur le Canada en 1961 ont à peine progressé sur 1960.Elles restent inférieures à ventes de 1959, année record à cause des expéditions d’automobiles.Quant aux importations de produits canadiens en France, elles sont restées presque exactement, en NE, au montant de 1960 et représentent environ 50% de plus que nos exportations.La France envoie au Canada moins de 1 % de exportations, 0,74% exactement, et cela représente également un petit peu moins de 1 % des achats canadiens dans le monde.Et le Canada, en sens inverse, fournit à la France un peu moins de \ x/2% de ce quelle importe de toutes provenances.Ces chiffres sont presque ridicules si l'on songe que la France et le Canada occupent respectivement, par le volume de leurs échanges extérieurs, la quatrième et la cinquième place dans le monde.Il est clair que les exportateurs français n’ont pas encore fait sur le Canada l’effort d'expansion qui a donné ailleurs, et notamment en Europe, les résultats spectaculaires que j’ai rappelés tout à l'heure.L’examen détaillé des statistiques de 1961 comparées à celles de 1960 justifie cependant certains espoirs.Il montre en effet que le montant global des exportations françaises vers le Canada a pu augmenter légèrement malgré une nouvelle baisse du principal poste, celui qui tient la vedette depuis 1958, je veux dire les automobiles.D’autres postes ont dû par conséquent monter dans une proportion appréciable.Il en va ainsi des livres et publications périodiques dont les ventes continuent à se développer régulièrement; elles ont plus que doublé depuis 1957.Les boissons alcoolisées ont augmenté de près de 50% depuis la même année.Les machines ont augmenté de 50% par rapport à 1960 mais n’ont pas retrouvé le niveau très élevé de 1957.Les tubes d’acier poursuivent une progression rapide et régulière depuis 4 ans, mais là sommes loin du record de 1957.Pour le poste vedette, celui des automobiles, nous pouvons espérer un arrêt de la baisse et même une amélioration en 1962.En effet, les importateurs ont écoulé les stocks anormaux qui les encombraient au début de 1961, et plusieurs d’entre eux ont entrepris un gros effort de réorganisation commerciale.Nos modèles devraient participer à la reprise du de l'automobile au Canada.Mais c est de l'effort à venir de nos exportateurs, et, par conséquent, du vôtre, Messieurs, que dépend notre véritable chance de prendre sur le marché dien une place à notre mesure.La reprise économique au Canada, la tendance mondiale au libéralisme, le resserrement des liens économiques de la France notamment avec le Québec et enfin les perspectives de réduction de la préférence impériale constituent un ensemble de conditions favorables au développement de échanges avec ce grand pays.Sachons faire l’effort nécessaire pour en profiter.encore nous encore commerce nos cana- ses nos * w M.SHUCHAT FUR CO.LTD.J ont le plaisir de vous annoncer l'ouverture de leur SALON FRANÇAIS y sous l'habile direction de M.PIERRE LE MERCIER de Paris, Fourreur-Couturier Diplômé des Beaux-Arts et de la Chambre des Métiers d'Angers, qui aura I avantage de vous présenter les dernières créations de NINA RICCI • PIERRE CARDON • SEYMOUR • CARVEN Transformations sur -V les modèles de la dernière collection dont actuellement solde des Originaux.Pour rendez-vous : M.PIERRE LE MERCIER VI.9 - 5241 2015 DE LA MONTAGNE (Angle Burnside) MONTRÉAL 8 CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE AU CANADA ANS DE SERVICE DIPLOMATIQUE AU CANADA SIX par Son Excellence M.Francis Lacoste L'Invité d’honneur de notre dernier déjeuner au Ritz Carlton, le 20 mars, était Son excellence M.Francis Lacoste, qui s'est adressé pour la dernière fols aux .membres de la Chambre de L'ambassadeur de France Commerce Française au Canada, avant son départ pour Bruxelles, à Ottawa, qui a été l’objet d’une réception des plus chaleureuses et des plus cordiales, a choisi de faire quelques réflexions sur sa carrière au Canada, que nous reproduisons cl-Notre président, FA.Jean Ponsot, dont le texte figure à la page suivante, a tenu sein de notre Chambre et comme dessous.à rappeler d’abord le rôle actif qu’a joué M.Lacoste au représentant de la France au Canada.dernière apparition devant ambassadeur de France, et je crois bien C'est aujourd'hui ma vous comme aussi ma dernière apparition publique devant un auditoire montréalais, j’ai eu, ex officio, comme on dit.c’est-à-dire par le simple fait que j’étais à la tête de la mission diplomatique que la France entretient dans la capitale fédérale du Canada, le privilège d’être admis à la présidence d'honneur de votre Compagnie.I Malgré la distance, malgré la multiplicité des charges qui incombent à tout représentant d’une grande Nation, et particulièrement à celui de la France en cet immense Pays canadien, à cause de ses dimensions mêmes et de l’originalité de sa structure politique, je suis efforcé de mettre dans cette présidence au moins un semblant de réalité : caractère honorifique de la fonction, j’ai voulu ajouter un peu de substance.J'espère donc que vous ne m'aurez pas trouvé trop « désincarné », trop souvent « in absentia » trop souvent « contumace ».En tout cas, même si les jongleries de calendrier, parfois aussi les acrobaties de coureur automobile, auxquelles je me suis livré pour vous, n’ont pu suffire à faire de moi un participant régulier, ni même vraiment « actif », à vos travaux, du moins ne m’avez-condamné, et m’avez-vous même accordé.Hi me J| *1 Son Exc.M.Francis Lacoste C’est, naturellement, sans prétention scientifique, sans vouloir jouer, devant les hommes du métier que vous êtes, à l’économiste, que je veux, en quelques mots très généreux, vous soumettre à ce propos une ou deux réflexions simples, qui procèdent, bien plutôt que de technique économique, d'une vue d ensemble de ce sujet si complexe.Non seulement la science, mais la pratique médicale, ont connu, au cours de ces trente ou quarante dernières années, deux phases remarquables dans leur évolution.Au cours de la première on a vu s'élever rapidement, au dessus du médecin de quartier dans les villes, et du médecin de campagne, « le » spécialiste, le spécialiste de tout, mais de tout en détail : un spécialiste pour ceci, et un autre pour cela, et la spécialisation, en soi si désirable, si justifiée, si bienfaisante, si nécessaire, pourvu qu’elle se contint dans des limites raisonnables, a été poussée de plus en plus loin, jusqu’au point où certains médecins ou chirurgiens ne se sont plus occupés désormais, pendant toute leur carrière, que d'un seul petit sujet, rigoureusement délimité : ils opéraient sur des patients dont ils ne connaissaient rien qu’un certain de leurs maux dont parfois, dans certains cas extrêmes, ils ne voyaient même pas le visage, ils travaillaient, pour ainsi dire, à la chaîne.ouvrier de chez Ford, montant et remontant indéfiniment la même pièce de carburateur ou d'équipement électrique.vous pas mieux que votre indulgence, le bénéfice de votre sympathie.Soyez-en, Messieurs, sincèrement remerciés.Nous avons entendu ce matin, de la bouche du conseiller de l’Ambassade de France spécialement chargé des affaires économiques, un excellent exposé sur l'histoire récente, et sur 1 état actuel des relations commerciales franco-canadiennes.Et il serait aussi malséant de ma part, que superflu, et fastidieux pour vous, de revenir sur un sujet déjà parfaitement traité, et donc parfaitement connu.Mais il est un autre thème, d'une importance capitale dans le monde contemporain, et dont l’incidence h économie canadienne est d une brûlante actualité, dont je voudrais, à ce point, vous dire au moins un mot, le Marché commun.sur Sans doute un discours d’adieux est-il l’occasion de parler sentiment, plutôt que courbes et statistiques, même lorsque les amis que 1 on quitte sont parmi les plus importants hommes d affaires du Pays.Mais j’espère que vous ne trouverez pas choquant, et que même vous jugerez à propos, que je vous entretienne, précisément en cette circonstance, d un sujet considérable, qui vous intéresse au premier chef, et qui, à fort juste titre, et de manière bien compréhensible, vous préoccupe, je le sais, profondément.comme un 9 AVRIL 1962 Puis, une réaction s'est produite contre ce règne abusivement absolu du spécialiste, et le « general practicioner » a fait son apparition, c'est le médecin de campagne d'autrefois, « glorifié ».Il s’occupe de l’ensemble.et rien que de l’ensemble.Il est, à son tour, devenu un spécialiste, mais un spécialiste de la généralité.et sa spécialité est précisément de n'en avoir pas.Les diplomates, messieurs, lorsque leur carrière ne les a pas trop spécialisés eux-mêmes, par exemple dans le traitement de certaines maladies jusqu'à présent incurables, comme ce que l'on pourrait appeler l'armement galopant, les diplomates sont des « general prac-ticioners ».Et vous souffrirez que, plus modestement, le médecin de campagne que je suis, vous livre une ou deux pensées, simples et sommaires, sur cet énorme phénomène biologique international que représente aujourd'hui le Marché commun européen.Lorsque, tout au début de l'entrée en existence de cette immense entreprise, à tant d’égards si profondément révolutionnaire, l'opinion canadienne a commencé à prendre connaissance de sa constitution et de ses buts, la première réaction, même des milieux les plus intéressés, a été faite surtout de scepticisme : les objectifs étaient si vastes, paraissaient si lointains, d’un abord si difficile ! Bien sûr, quelques-uns, se demandant légitimement quelles pourraient en être, éventuellement, les conséquences pour l’économie canadienne, avaient commencé à s'en préoccuper : « what is there in it for us ?they wondered.And even then, their impression was rather dim.But most people just shrugged it off.as something yet too uncertain, and, any way, too distant, to be worth worrying about.And in certain circles, among the most enlightened, there was this thought : « The time may come, when this new thing may hurt us.We shall then see what we should do about it.But even that is not And in the meantime, if there were any chance that it might help Europe politically, that it might make it a stronger partner for the U.S.the U K., the Commonwealth, and therefore, ourselves, then we should be all for it.» Ensuite, le temps a passé, le Marché commun s’est développé et, d’une manière assez étonnante, il semble qu il ait été un peu oublié « Business was as usual .The real shocker came when it was learned of Prime Minister MacMillan’s historic decision to make a determined bid for association with the Common Market, and to request the opening of formal négociations to that effect.La secousse psychologique que cet événement réellement extraordinaire produisit, non seulement dans le Royaume-Uni, mais dans tout le Commonwealth, même dans ses parties non « blanches », mais singulièrement dans les anciens « white Dominions », Canada en tête, ébranla jusqu aux fondements ce splendide édifice, moral et spirituel autant que politique, qui joue dans le monde, depuis tant d années, un rôle capital, et qui rayonne autant son influence au dehors qu il irradie son inspiration au dedans de lui-même.Héritier merveilleusement libéral, merveilleusement éclairé, de cet ancien Empire britannique, comparable dans sa puissance à l’ancien Empire romain, dans son prestige au Saint Empire Romain Germanique, dans son étendue immenses domaines de l’Espagne et du Portugal qui s étaient jadis partagé le monde, le Commonwealth survivrait-il intact à une diminution massive, sinon à la disparition éventuelle, de son substratum économique ?Telle était la question qui se posait alors, avec une angoissante, une douloureuse intensité, au Canada officiel, au monde politique et au monde économique tout entiers, ainsi qu'à une foule de ces gens sans position importante qui, au Canada comme en toute véritable démocratie, forment une part essentielle de l’opinion, et qui, dans ce pays demeurent sentimentalement attachés, avec tant de ferveur, à ce lien prestigieux, magique, qui les rattache à une Couronne vénérée, à ce qui fut et reste pour tant d’entre eux la Mère Patrie, et dans un cadre encore bien plus vaste, par delà les Sept Mers, aux cinq parties du Monde.Devant ce trouble si naturel, quelles réponses vous faire ?Il y a, bien sûr, d’abord, la réponse de Londres.Elle a été prononcée par les voix les plus respectables, les plus autorisées, celle du Premier Ministre lui-même, et ici, celle de cet homme remarquable, de ce grand industriel, de cet homme d'Etat, de cet ancien Chancelier de l’Echiquier qu'est Lord Amory, choisi spécialement, pour représenter le Royaume-Uni au Canada, comme Haut-Commissaire, à cause de l’autorité exceptionnelle avec laquelle il pourrait exposer les vues du Gouvernement britannique sur ce brûlant sujet.Il l'a dit, il le répète à tous les échos, d’un bout à l’autre du Pays : la Grande-Bretagne doit, d’une manière ou d’une autre, s associer au Marché commun.Et si nous, les Six Membres de cette Organisation sans précédent, avons accepté d’entrer en négociations avec elle, c’est bien parce que nous comprenons cette nécessité, parce que nous apercevons l’importance d’un accord avec elle sur ce sujet.Je crois, quant à moi, qu’il y a lieu d'escompter qu’un tel accord a des chances raisonnables, des chances sérieuses, d’intervenir, malgré l'extrême difficulté des problèmes qu’il faut encore résoudre pour le rendre possible.« Mais nous, les autres membres du Commonwealth, diront les Canadiens, et je compte parmi leur nombre, en l’occurrence, les hommes d’affaires français qui vivent et qui travaillent dans ce Pays — qu’advient-il de nous dans cette affaire ?» Ma réponse sera en trois temps : D’abord, il faut considérer ce Marché commun, non tant comme un sujet de discussion, sur l’avenir duquel la discussion précisément pourrait avoir quelque influence.Le Marché commun est désormais « a fact of life », meaning : one with which one has to live, whether one likes it or not.C’est comme un gros obus de la première guerre mondiale, à une époque où l'on ne « télécommandait » rien encore : « Coup parti », disaient les artilleurs, signifiant par là que la trajectoire était désormais inexorable, et qu'eux, en tout cas, ni l’ennemi non plus, n’y pouvaient rien.Cette force formidable, qui soulève simultanément l'économie de six parmi les plus puissants pays de l’Europe occidentale, ne peut être arrêtée.Il est difficile de déterminer quel sera au juste le chemin qu'elle suivra, surtout au delà des quelques toutes prochaines années.Cependant, il semble, autant qu’on puisse le prévoir, qu’il doive s’agir d’un « boom » non seulement spectaculaire, mais continue.The second point which I want to make the proposed enlargements of the Common Market, Suite à la page 12 sure.» concerns aux 10 CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE AU CANADA Allocution de M* Jean Ponsot, en l'honneur de # Son Excellence M.Francis Lacoste, Ambassadeur de France Voilà quel était votre rôle officiel, la plus grande part de vos préoccupations, pas cependant la seule.Sans que cela soit écrit dans les textes, et sans qu un mandat détaillé lui soit donné, un Ambassadeur prend en effet généralement à charge dans le pays où il se trouve la communauté formée par les ressortissants du pays qu’il représente.Cette prise en charge est d autant plus complexe qu'il n’a pas d'autorité directe sur ses compatriotes.Il doit agir par son ascendant, par influence personnelle.Je dois ici indiquer avec quelle sollicitude, quelle paternelle affection vous avez joué ce rôle particulièrement difficile auprès de Français.Vous avez su animer nos mouvements, sans jamais les diriger, susciter les initiatives sans jamais les prendre, conseiller les hommes sans jamais les commander.Il n'est pas un problème qui vous ait laissé indifférent.Car au delà des grands talents de l’Ambassadeur, des brillantes qualités de l'esprit cultivé, tous ceux qui l’ont voulu ont trouvé l'homme au coeur enthousiaste et chaud, l’homme fraternel et vrai, l'aîné qui vous donnait le meilleur avant de vous demander quoi que ce soit.Il ne faut enfin, puisque je parle en tant que Président actif de cette Chambre, vous dire notre gratitude en tant que Président d’Honneur, un groupement com-le nôtre où les dirigeants changent tous les ans ou tous les deux ans a besoin pour assurer sa continuité d'une présence plus constante; au-dessus des Ministres et des Députés élus, il faut en quelque sorte un souverain qui règne, un Roi.Vous avez été Monsieur l'Ambassadeur ce Roi.Sans gouverner directement, ce qui était notre rôle, vous avez représenté la tradition des années passées, mais aussi la préfiguration des années futures; je n’en veux pour exemple que les consignes que vous avez laissées à l’occasion de notre 75ème Anniversaire.Passé, avenir, vous avez dominé nos problèmes, transcendé nos routines quotidiennes.Et parce que vous pensiez plus loin, et parce que vous voyiez plus haut, vous avez éclairé nos routes.Voici je crois quel fut auprès de nous l’essentiel de votre rôle.Et maintenant, c’est terminé.Voici que le soir se lève sur cette grande journée de six ans que nous avons vécue ensemble; voici que d’autres missions vous ont été assignées; voici qu’à jamais vous quitterez cette terre, ces hommes dont vous avez d’une certaine façon assumé la paternité.Peut-être alors, le dernier adieu prononcé, revenant à nos occupations avec un peu de tristesse, nous apercevrons mieux grâce à votre présence passée ce que sont ces deux Patries lumineuses au service desquelles nous consacrons notre vie : Le Canada et la France.On ne présente pas l’Ambassadeur de France; surtout comme c'est le cas, lorsqu’un long séjour en ce pays a permis à Votre Excellence de fréquentes et utiles rencontres avec un grand nombre de nos membres.Aussi n’est-ce pas avec cette intention que je me lève.C'est aujourd’hui une occasion solennelle.Notre Chambre est réunie pour la dernière fois autour de son Président d’honneur; il m'a paru juste de témoigner au nom de tous de la reconnaissance qui envers lui nous anime.son Cette reconnaissance va d’abord au Représentant de la France.Il y a six ans et quatre mois, vous arriviez.Monsieur l’Ambassadeur, à Ottawa.Nous savions que de hautes responsabilités vous avaient sur ce Continent-ci et sur d'autres préparé à votre nouvelle mission.Ce que nous ne savions pas, c'est la façon dont vous entendiez cette mission et la manière dont vous alliez 1 accomplir.Vous n’eûtes d'abord de cesse que vous ne connaissiez parfaitement le pays dont vous aviez la charge.Vous l’exploriez de l’Est à l’Ouest d’abord ce qui n’est déjà pas si commun; puis du Nord au Sud ensuite ce qui est tout à fait inhabituel.Des villes aussi éloignées que Aklavik, Dawson City par exemple, saluèrent la plupart pour la première fois le Représentant Pays.Il n'est pas un endroit de quelque importance dont vous n’ayez rencontré les responsables municipaux, économiques, politiques.Car au delà des saviez trouver les hommes et leur parler.de notre me paysages, vous Il faut dire ici la chaleur, l'affection de ce contact.Vous saviez écouter plutôt qu’enseigner, comprendre et aimer plutôt que juger.Vous étiez l'image d'une France libre, humaine, accueillante à tous.Nulle tâche compatible avec votre fonction ne vous a rebuté; présidant ici une réunion en fin de matinée, vous inauguriez là une manifestation 500 milles plus loin dans l’après-midi pour retrouver à prononcer un discours en une troisième ville dans la soirée et après quatre heures de nuit à Ottawa reprendre avant l’aube le travail de bureau délaissé la veille; car il ne s’agissait pas que de voyages.vous Des préoccupations de toutes sortes assaillent l’Ambassadeur d'une grande puissance.Il faut nouer et maintenir des liens diplomatiques, politiques, sociaux, économiques culturels, militaires, financiers .j en passe, avec le pays intéressé.Il faut savoir aussi bien présenter un défilé de mode que négocier des droits aériens, aussi bien discarter et ratifier un traité de commerce que conférer une décoration ou un grade, aussi bien inaugurer une manifestation que recevoir son Chef d’Etat.Cela, tout cela et bien plus encore, vous l’avez fait.Je n’en veux pour témoignage que la pluralité et l’éclat inusité des réceptions qui sont partout données à l’occasion de votre départ.11 AVRIL 1962 SIX ANS DE SERVICE .suite de la page 10 not only the U.K., but others which some have contemplated.after being so hostile to the whole project, according to which this and that Country in Europe, and even this and that Country of this side of the Atlantic.North or South, could have joined the Organization.The point is that the elaboration of the Common Market as it now stands has been unbelievably difficult.At first, only a few visionaries could think it feasible.And the beginnings were incredibly slow and thorny.Even to-day, you could see.at the turn of the year, what frightful problems had to be overcome before the next stage could be accomplished.Now.what has been nearly impossible with Six, would probably have been quite impossible, if attempted with a larger group of partners.This really was.as the saying goes, all that the traffic could bear.Look, for instance, at the case of Switzerland, wedged between France, Germany and Italy.Did it make much sense for her to join that famous Group of the Seven, in which she was supposed to do her privileged trading, among others, with Sweden at the one end, and Portugal at the other ?Would it not have seemed more natural for her, and for the Six, to enter immediately into direct partnership ?There were, of course, political reasons to preclude this, due to her permanent, constitutional neutrality.But the economic objection was perhaps just as great.To make a going concern of the Common Market, you must not run the risk of wrecking it by swamping it with additional, insuperable complications.Frankly, I do not see, I do not think that any one really sees, in the predictable future, an entry, as full-fledged parteners, of South American, or even of North American Countries, in the Brussels organization.Mon troisième et dernier point, c’est qu'il n’y a cependant nullement lieu, pour un pays comme le Canada, de s’assombrir en présence de cet extraordinaire événement qu'est la réussite effective du Marché commun.S’il n’est pas encore prévisible, il semble du moins concevable, qu’à terme, cette notion d’une « North Atlantic Community », dont il est déjà question depuis quelque temps, pourra commencer à prendre forme, pour le plus grand bénéfice à la fois des Pays de l’Europe occidentale et de ceux du Continent nord-américain.Prés.Jacques Racine C.E.Racine & Cie LIMITÉE 1909-1962 Courtiers en Douane et Transitaires * Edifice Board of Trade 300, rue du Saint-Sacrement Montréal I Téléphone: VI.9 - 5291 Et de toute manière, ces derniers ne peuvent attendre, pour eux-mêmes, que d'heureux effets d'un développement dans lequel il paraît actuellement assuré que le groupe des Six Pays européens, éventuellement assorti de quelques autres Etats européens « associés » sera pour les pays d’outremer, et spécialement pour ceux d Amérique du Nord un plus puissant, plus vaste, et plus profitable partenaire, que la somme totale des marchés communs nationaux des Etats participants.POULENC LIMITÉE spécialités thérapeutiques de choix Mon cher Président, mes chers amis, c'est sur cette note finale, optimiste, que votre président d’honneur, un peu tristement sortant, va vous quitter.Je vous remercie une fois de plus de l'accueil si amical, si chaleureux, que vous m’avez toujours accordé.Et bannissant résolument toute mélancolie, je dis, à chacun et à tous « au revoir ».'k 8580 Esplanade Montréal vous 12 CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE AU CANADA PROGRÈS DE L’INDUSTRIE PÉTROLIÈRE AU CANADA Après une période difficile d'adaptation, l'industrie pétrolière canadienne a repris son 1961 et le poursuivra probablement en 1962.Henry Mhun, économiste-conseil, fait le point de la situation.essor en lioration générale de la conjoncture, a stimulé de son côté la production.Le marché local a absorbé approximativement un tiers de 1 augmentation de 1 extraction en 1961, ce qui représente 30.000 barils environ, dont 25.000 pour la seule province de l'Ontario.L’une des surprises agréables de l'année 1961, dans le domaine économique, aura été la nette amélioration de l'industrie pétrolière.On sait que les résultats médiocres enregistrés par celle-ci en 1959 et 1960 avaient amené le gouvernement, il y a un an, à fixer des objectifs précis de production, dans le cadre d une politique nationale pétrolière.Pour 1961, cet objectif était de 640.000 barils par jour.Par rapport au niveau de 1960, soit 545.000 barils, ce palier représentait donc, pour la première année d’application de la politique en question, un progrès de plus de 17 p.c.Dans l’ensemble, il convient de le rappeler, les observateurs qualifiés étaient assez sceptiques sur les chances d atteindre cet objectif.Il est vrai qu il y a un an, sortie de la dernière régression : la conjoncture demeurait incertaine.L accroissement de la production de brut a eu pour effet d améliorer dans l ensemble les résultats financiers des sociétés pétrolières producteurs indépendants et des compagnies intégrées et de provoquer un regain de confiance dans les perspectives de 1 industrie pétrolière canadienne.Les sociétés ont également tiré profit de la hausse des prix du brut et de 1 essence, d une progression de 35 p.c.des ventes de gaz naturel et enfin de la dévalorisation du dollar canadien, qui s est traduite par hausse correspondante des bénéfices sur les expor- l’économie nord-américaine n’était pas encore une tâtions de brut.C’est dans le domaine du raffinage et de la vente au détail que les sociétés intégrées enregistrent les résultats les moins satisfaisants, en raison surtout d’une contrés vive qui subsiste sur le marché.Les ventes de produits raffinés s’élèvent d’une manière favorable, mais les marges bénéficiaires tendent toujours à se rétrécir.Contre toute attente, les niveaux fixés par Ottawa ont été non seulement atteints, mais légèrement dépassés.La production de pétrole brut et de produits condensés s’est chiffrée en 1961 par une moyenne journalière de 642.000 barils.C’est un nouveau record et une augmentation de près de 100.000 barils par jour et de 18 p.c.environ sur 1960.currence Il faut souligner également que malgré la reprise de la production en 1961, les forages et les activités d'ex- A quoi est dû ce succès ?Dans une très large mesure, aux exportations aux Etats-Unis.Celles-ci ont progressé, entre 1960 et 1961, de 113.000 à 180.000 barils par jour, et ont absorbé les deux tiers environ de l'accroissement de la production canadienne.C’est toujour sur le marché « naturel » de la région de Puget Sound, à proximité de la côte du Pacifique, que le Canada exporte la plus grande partie de son brut.Mais il en écoule également dans le district de Saint-Paul dans le middle-west, et dans les régions de Detroit et de Buffalo.4 L Cette pénétration accrue sur le marché américain n'a pas manqué de susciter des inquiétudes dans les milieux pétroliers des Etats-Unis, et le secrétaire à l’Intérieur, M.Udall, s’en est fait le porte-parole à plusieurs reprises.La menace d'une réimposition des quotas d'importation a même été évoquée, mais il est peu probable qu’elle soit mise à exécution — cette année du moins.La reprise des affaires aux Etats-Unis place en effet les producteurs américains dans une meilleure position.Par ailleurs, il est probable que les exportations canadiennes s'accroîtront moins rapidement cette année.il* ta as * .«9* r., j E a#/ ^ Le raffermissement de la demande du marché domestique, qui s'inscrit lui-même dans le cadre de l’amé- Pose d’un oléoduc en pleine forêt.13 AVRIL 1962 ploration ont relativement peu progressé ces derniers temps.Aucun champ pétrolière d’importance n'a été découvert au Canada depuis quelques années.Et les importations de brut, en provenance surtout du Venezuela, restent considérables : 370.000 barils par jour en 1961, soit presque 60 p.c.de l’extraction au Canada.Comme nous le précisons plus haut, les ventes de gaz naturel se sont beaucoup accrues.Les exportations vers la Californie viennent de débuter et.de ce côté, les perspectives sont encourageantes.Les ventes totales pourraient se chiffrer cette année à une moyenne quotidienne de 2.1 milliards de pieds cubes, en comparaison de 1.5 milliard en 1961, contribuant ainsi au chiffre d’affaires et au profit des producteurs de pétrole et de gaz.Les sociétés de pipe-lines ont profité pleinement de l’amélioration de la production, de l'exportation et de la consommation locale, tant en ce qui concerne le pétrole que le gaz naturel.Les deux principaux oléoducs ont même majoré leurs dividendes en 1961.Même si les exportations progressent moins cette année que l’an dernier, l’année 1962 devrait être bonne.On peut prévoir une hausse de la production de brut de l'ordre de 12 p.c., majoration qui représente 80.000 barils par jour.Les raffineries canadiennes en absorberont probablement de 40 à 50.000 barils.Dès l’an prochain, la demande sera renforcée par l’accroissement de 56.000 barils par jour de la capacité de raffinage de la province d'Ontario, par suite de l'agrandissement de certaines usines et la construction de nouvelles.Cela permettra sans doute de supprimer les approvisionnements en provenance de Montréal, sur le marché ontarien, et de les remplacer par des produits de l’Ouest canadien.La pénétration du marché canadien par le brut des Prairies est donc en bonne voie et les perspectives de l'industrie pétrolière canadienne, pour 1962 et 1963, sont prometteuses.6 À BORD d u Pour.FRANCE Ulek, eN mNGE Le plus long paquebot du monde " Vous trouverez ci GRAND CONFORT EN CLASSE TOURISTE wyTs, GRAND LUXE • •• mm EN PREMIÈRE CLASSE Prochains départs de New-York pour Southampton et Le Havre : FRANCE : 12 avril 27 avril I I mai 25 mai FLANDRE : 19 avril 8 mai 26 mai x» » ¦ L»
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