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Titre :
Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français
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Éditeur :
  • [Paris] :[Paris-Canada],1884-[1940?]
Contenu spécifique :
mercredi 1 octobre 1884
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1884-10, Collections de BAnQ.

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[" I Iff ORGANE INTERNATIONAL DES INTÉRÊTS CANADIENS ET FRANÇAIS FRANCE Prix du Numéro:\tI\tAbonnements : 25 Centimes\t*\tUn an, 12 fr.50\tPremière Annee Mercredi\tNuméro 17 1\u201c- Octobre 1884\t\tCANADA Pmx nu Numéro:\t|\tAbonnements : 5 Contins\t1\tUn an, S 2.50 1BUREAUX, iq, rue de Grammont, Paris Émile GIROUARD, armimstr atecii FOURSIN-ESCANDE, secrétaire de la redaction\t\t\t\tPU RE A UX S.MARCOTTE, agent général, QUÉBEC Louis PERRAULT, agent, MONTRÉAL \tDirecteur :\tHECTOR\tFABRE\t SOMMAIRE La Semaine à Paris.\u2014 Voûtes diverses.\u2014 I.a revue des Zouaves.\u2014 \u2018Revue.\u2014 Une Légende Bretonne.\u2014 Au jour le jour.\u2014 Chronique canadienne \u2022 La Pèche aux c\"Marsouins.\u2014 Le \u2018Dessus du panier.\u2014 Enigme.\u2014 'Bulletin commercial.LA SEMAINE A PARIS \u2018Paris, do Septembre iSSp.Le correspondant du Temps au Tonkin trace un tableau piquant de la bonne ville d\u2019Hanoi au moment de son départ : J\u2019ai quitté Hanoi avec un regret, dit-il.Dans cette grande ville qui se relève de ses ruines, on sent que quelque chose de considérable commence ; et ce regret, c\u2019était de ne pouvoir voir ce que ce quelque chose deviendra.Au départ, officiers, fonctionnaires, colons nous font tous le même adieu: «A Paris, à Paris, nous nous retrouverons sur le boulevard.» Paris ! le boulevard ! L\u2019air en est comme le breuvage de Circé: quand il l\u2019a une fois respiré, le Français en reste ensorcelé pour la vie.Et même quand il n\u2019en a pas goûté encore, il en subit déjà le charme ; il en a tant entendu parler qu\u2019il brûle de le connaître.Paris est pour lui le cœur et la merveille unique du monde.Peut-être est-ce là aussi une des raisons pour lesquelles nos colons ne se fixent jamais au loin sans esprit de retour.Aucun pays ne leur fait oublier l\u2019enchanteresse.Beaucoup ne la verront probablement jamais ; même une fois rentrés en France, ils se retireront chez eux, en Bretagne ou dans le Roussillon, mais de là, du moins, il leur semble qu\u2019ils l\u2019auront sous la main, à leur portée, et qu\u2019ils ne seront plus en exil.Tous ceux qui ont vu des Parisiens à l\u2019étranger, ne peuvent contester l'exactitude de cette peinture des souffrances intimes que la plupart d\u2019entre eux éprouvent en se sentant si loin de Paris.Cet état d\u2019esprit leur gâte les joies du voyage et bien souvent altère la rectitude naturelle, ou acquise, de leur jugement.Ce qui ne leur rappelle pas vivement le boulevard les laisse un peu froids, ce qui ne les en rapproche pas leur semble un peu long.Chaque jour, ils allègent leur itinéraire, passent ici une ville, sautent là un territoire, et n\u2019étudient la carte que pour découvrir la voie la plus courte qui les ramènera à Paris.Il faut être juste cependant, et modéré: le portrait, le malin portrait que trace le corres- pondant du Temps ne s\u2019applique pas à tous les Parisiens___ au Tonkin.Plusieurs restent à Hanoï, quelques-uns s\u2019v plaisent, d\u2019autres y retournent.C\u2019est la seconde partie du tableau \u2014 les Provinciaux au Tonkin \u2014 qui est vraiment piquan.e et neuve.Ces braves gens du Roussillon, qui regrettent Paris qu\u2019ils n\u2019ont jamais vu, qui soupirent après le boulevard qu\u2019ils ne verront jamais, sont dignes de figurer dans une revue de fin d\u2019année au Palais-Royal ou aux Variétés.Tout n\u2019est pas inexact dans ce croquis.Il est vrai que le faux Parisien est à l\u2019étranger plus Parisien que le vrai Parisien, et qu\u2019il regrette d\u2019autant plus bruyamment le boulevard qu'il arrive du Roussillon.Mais soyons de meilleur compte que le collaborateur du Temps.Si le Parisien ne renonce jamais à Paris, le provincial qui, lorsqu\u2019il habitait sa province, y venait bien rarement, finit par s'habituer à n'y plus venir du tout.Il s\u2019acclimate plus vite qu\u2019on ne le dit, et si, par hasard, la fantaisie lui vient plus tard de voir Paris, il s\u2019y sent perdu, ou de retour dans sa province, il s\u2019v trouve à l\u2019étroit.Le Tonkin alors est vengé.Du fond du Roussillon, ou même du haut de Paris, on le regrette.Ce provincial morose, ce Parisien inconsolable devient un enragé Tonkinois.Il ne veut plus avoir affaire qu\u2019aux Pavillons-Noirs, et il n\u2019a l\u2019esprit en repos que lorsqu'enfin, tournant le dos au boulevard, ou disant adieu au Roussil-lon, il retourne vers ces contrées nouvelles au sein desquelles la vie est plus large, l'égoïsme moins intraitable, la fortune plus humaine et plus accessible.Les choses s\u2019arrangent pour la France du côté de la Chine; elles se gâtent pour l'Angleterre du côté de l\u2019Egypte.La Chine semble disposée à céder sur les points essentiels, et la France se contentera de l\u2019occupation de Kelung, jusqu\u2019au complet payement de l\u2019indemnité de guerre.Au retour des Chambres, M.Jules Ferry va être en mesure d\u2019annoncer que l\u2019apaisement est prochain.C\u2019est l\u2019Angleterre qui prendra la suite des embarras de la France vers l\u2019Orient, et, pour son compte, ce n\u2019est pas la Chine qu\u2019elle trouvera devant elle, mais l\u2019Europe, qui n\u2019entend pas se désintéresser des affaires égyptiennes.La mesure prise par le gouvernement égyptien, sous l\u2019inspiration de lord Northbrook, et qui a suspendu l\u2019amortissement de la dette, a ouvert les yeux des grandes puissances sur la série de projets que médite le cabinet de M.Gladstone; elles se préparent visiblement, sous la direction de M.de Bismarck, à les combattre.L\u2019Angleterre n\u2019a point, comme la France, l\u2019habitude de l\u2019isolement.D\u2019ordinaire elle marche de concert avec la plupart des autres grandes puissances.Il sera intéressant de voir quelle impression produira sur elle une situation toute nouvelle, et si elle montrera une fermeté égale au courage dont la France a toujours fait preuve en pareille occurrence.C\u2019est demain le deuxième centenaire de la mort de Corneille.Le curé de Saint-Roch a tenu à donner un caractère religieux à cette commémoration.Il n\u2019a pas voulu laisser le théâtre honorer seul la mémoire de l\u2019auteur de Polyeucte.Une messe solennelle sera célébrée à Saint-Roch, et à l\u2019évangile, l\u2019Abbé Millaud prononcera une homélie sur Corneille.Elle sera curieuse à entendre à plus d\u2019un titre.Le grand Corneille n\u2019a pas écrit que Polyeucte, il a fait aussi le Cid et bien d\u2019autres pièces d\u2019un caractère moins sévère.Et puis, si on rend les honneurs religieux à Corneille, parce qu\u2019;l a fait Polyeucte, comment ne pas les rendre à Racine, qui a fait Atlialie?Le souvenir de Phèdre suffira-t-il pour l\u2019en priver?Les honneurs religieux décernés à Corneille et promis à Racine inspireront peut-être, à quelques-uns des dramaturges du jour, la pensée de glisser dans leur répertoire, à côté tic tant de pièces d\u2019une moralité douteuse, quelques chefs-d\u2019œuvre d\u2019un caractère plus élevé, qui leur vaudront plus tard les prières de l\u2019Eglise.C\u2019est sans doute cet espoir qui a engagé le curé de Saint-Roch à rendre un si noble hommage à la mémoire de Corneille et à y convier les artistes de la Comédie-Française.~*-~Cctte plaisanterie idiote: Ondirait du veau,a fait son temps.Elle est remplacée par cette autre : Ne vous appelez-vous pas Henriette : Celle-ci nous vient de l\u2019Odéon, et voici comment M.Francisque Sarcey nous en raconte la légende dans son compte rendu du Mari : Les jeunes gens qui s\u2019essayent au métier d\u2019auteur dramatique pourront prendre, en lisant l\u2019analyse du second acte, une leçon de métier bien curieuse.Maurice Robert est revenu en France ; il est à l\u2019hôtel, mourant de je ne sais quelle maladie que le chagrin a compliquée.Son ami Danccny est près de lui et a envoyé chercher le médecin.Le méJecin arrive et on le fait passer dans la chambre à côté, où le malade repose.Tandis qu\u2019il l\u2019examine, voilà Henriette qui entre.Son intention formelle était bien de se rendre au couvent; mais quoi ! elle a appris que Maurice 2 PA R IS-CAN AD A estait à 1 article do la mort; elle n'a pu résister au désir de venir lui dire elle-meme.\u2014 Je ne suis pas coupable; je ne vous ai pas trahi ; je vous aime toujours.Klle est en train de causer de tout cola avec Danceny, quand le médecin sort, et voyant une femme qui est là et qui a l'air d\u2019être des amis du malade, il s'approche d'elle effaré.et à brûle-pourpoint.il lui demande : \u2014 Ne vous appelez-vous pas Henriette ?A cette question inattendue, tout le public est parti de rire.Et aussitôt 1 acte fini, dans les couloirs.cette plaisanterie a pris feu comme une traînée de poudre ; on n'abordait pas une femme sans lui dire : \u2014 Est-ce que vous ne seriez pas Henriette ?Que voulez-vous, nous sommes tous de grands gamins ! Et là-dessus on se demande comment il se fait qu'a aucune repetition, pas même à la répétition générale, où il y avait peut-être une centaine de spectateurs, on ne s'est aperçu de l'effet que ferait sur le public cette question saugrenue : \u2014 N ous appelez-vous Henriette: » On voit d ici la scène, et le tout Pur:s'se répétant.dans les entr'actes : .Ve vous aypele^-vous pas Henriette H y avait de quoi tuer un auteur.Cependant le Mari a réussi; mais on peut prédire que le mot durera plus longtempsque la pièce.C'était une singulière idée d'installer au coeur même de Paris une exposition de bébés.Ce genre de spectacle qui suppose chez le spectateur des instincts violents de père de famille, ou une sorte de respectueuse admiration pour cette forme de la richesse nationale, convenait peu a ce milieu gouailleur.Les pauvres petits eussent été le point de mire de plaisanteries impitoyables, la proie des vaudevilles \u2014 ils le sont même un peu.quoique l\u2019exposition ait été contremandée.Et puis, y a-t-il à Paris assez de bébés pour former toute une exposition: Ils sont charmants, mais assez clairsemés.Il aurait fallu peut-être faire appel à l'étranger.Quel aveu! Le préfet de police a été bien avisé, sous prétexte d'hvgiene.d'interdire, au lieu ou s'ouvre chaque année le Salon, l'exposition de ce tableau comparé des familles.La France, qui brille dans les arts, n'est point en mesure de lutter sur ce terrain avec la libre et féconde Amérique.Hector Fabre.NOTES DIVERSES M, et Mme Prurne sont arrivés à Pari> ces jours derniers, venant de Bruxelles où ils ont passé un an.Mme Prurne a obtenu un vif succès dans tous les concerts où elle a chanté pendant son séjour en Belgique.M Calabresi, directeur du théâtre de la Monnaie, lui avait offert un brillant engagement, que, pour rdinaire et une affecti >n touchante.Je citerai Jeux traits entre mille qu\u2019on m\u2019a c -ntés.A Zs\tlya,\tun\tproprietaire se 'vantait de la richesse de a.S P\ta vs\tans.Il donnait des chitfres qui pr .: ient l\u2019i\tncr\téduiité.Je prouverai ce que tee», dit-il :\t: et\tGisant appeler le maire d'un petit vidage, il\tlui\tparla ainsi devant -es amis : Vous me voyez malheureux, et t us ne Irez pas me I.isser dans l\u2019embarras: i! me faut 100,000 florins ce soir, apportez-les-moi.\u2014 Ce sera difficile, répondit le maire, cependant l'essuierai.Quelques he .\t.n avait tr é l'argent.Le clergé aussi.Citons une anecdote charmante.Le c\u2019ergé hongrois ressemble à notre clergé du dix-huitième siècle ; les hauts dignitaires de l'Eglise vivent de ia vie des grands seigneurs.Un.- histoire très connue en Hongrie est celle d'un archevêque-primat passant sur le pont de Budapest h dans son carrosse de cala conduit é quatre chevaux.Un homme du peuple fait arrêter le carrosse, et.s'avançant à la portière, dit à l'archevêque : « Est-ce ainsi dans un pareil équipage que se promenait Jesus r il allait à pied.\u2014 Mon ami, lui répond tranquillement le primat, Jésus était fils d'un pauvre charpentier, et moi je suis né prince Batthyànyi, magnat hongrois! ¦> Quelques notes sur le général Négrier.Le général François de Négrier, grand-officier de la Légion d\u2019honneur, qui commande au Tonkin, est âgé de quarante-cinq ans; il est le fils du général de brigade Ernest de Négrier, grand officier de la Légion d\u2019honneur, actuellement dans le cadre de réserve et qui a été un des brillants officiers généraux de l'armée.C\u2019est lui qui, à la tête de la brigade des voltigeurs de la garde, a enlevé les hauteurs de Solférino ; il fut, pour ce fait d\u2019armes, nommé grand officier de la Légion d\u2019honneur, au lendemain de la bataille.Il a aujourd\u2019hui quatre-vingt-six ans.Le général de division François de Négrier, grand officier de la Légion d'honneur, questeur de i\u2019As-semblée nationale, tué sur les barricades de la Bastille aux journées de juin 1848, était le frère de ce dernier, et par conséquent l\u2019oncle du général qui est au Tonkin.Son fils est le colonel Klzéar de Négrier, commandeur de la Légion d'honneur et commandant le toi*' de ligne à Mamers.On attend sa nomination de général, ce qui fera quatre généraux dans la famille dans ces quarante dernières années.Ou le voit, c\u2019est une vaillante race que celle des Négrier dont le nom va malheureusement peut-être se perdre, car le général qui est au Tonkin n'est pas encore marié et le colonel n'a pas d\u2019enfant.Quant à la tille unique du général tué vit 184S, elle n\u2019a eu que des filles.A propos de ce général tué sur les barricades, dont le cœur est aux Invalides et qui a sa statue à Lille où il commandait, on a dit qu'il avait été très dur à l'egard des Arabes; voici les faits.11 commandait la province de Constantine au moment ou peu apres la conquête; nos malheureux soldats ne pouvaient pas sortir des murs de la ville sans être immédiatement assassines par des Arabes | embusques.Le général, pour assurer la sécurité de ses hommes, tit afficher sur les murs de Constantine un ordre du jour dans lequel il disait qu'à chaque soldat tué il exigerait qu'on lui livrât le coupable ; à 1 défaut, il prendrait le chef de la tribu et lui ferait couper !a tète.11 tint parole; après quelques exécutions de ce genre, nos soldats purent sortir et se promener en toute sécurité.Qui peut blâmer une telle mesure, prise en plein état de guerre, au milieu de peuplades insoumises, à demi sauvages, toujours en révolté ?Il fallait une main de fer pour les maintenir.D\u2019ailleurs le général, malgré sa rigueur militaire, et peut-être à cause de cette énergie très appréciée par un peuple essentiellement guerrier, était aimé des Arabes qui l'appelaient : Bono AVgro.M.Paul de Cassagnac blâme .en passant, la confiscation des biens de la famille d'Orléans par Napoleon III.Il n\u2019est pas niable que l\u2019Empire eut tort de lui prendre sa fortune.Ut bien des impérialistes dont le nom est honoré par nous tous refusèrent de s\u2019associer à cet acte de | spoliation qui nous porta malheur.Oui, qui nous porta malheur 1 car l\u2019exemple fut suivi par la République, et l\u2019Empereur.l'Impératrice, .furent dépouillés, à leur tour, de ce qui leur appartenait.L'Illustration s\u2019alarme de la transformation que le naturalisme fait subir à la langue française : Le français, qui a la vertu d\u2019être très clair et très net quand il n'est pas déformé par les naturalistes, demeure encore la langue diplomatique et, lors de ; l'entrevue des trois empereurs, en Pologne, la plupart du temps les souverains russe, autrichien et ; allemand ont parlé français.\u2014 Je parle français aux hommes, italien aux femmes, allemand aux chevaux, espagnol à Dieu ! disait Charles-Quint.Il est évident que le français est une langue courante et d\u2019exportation, si je puis dire.Il aurait pu être facilement le mètre de la littérature.Seulement! \u2014 ah! seulement! \u2014 on est en train de !e perdre et la langue anglaise, la littérature anglaise, le journalisme anglais, les romans anglais envahissent une grande partie du globe.\u2014 Monsieur, me disait un étranger l\u2019autre jour, il faut être juste: nous croyions avoir appris le français, n\u2019est-ce pas ! Nous lisions Voltaire couramment, Bossuet facilement, Musset rapidement, Lamartine.\u2014 Egalement ! \u2014 Oui.Eh bien ! voilà que pour connaître la littérature moderne, il nous faut faire de nouvelles études et deviner des mots qui ne sont même pas dans le dictionnaire ! C\u2019est harassant.On ne dit plus inévitable, on dit inéluctable, je ne sais pourquoi.On dit le noir pour l\u2019ombre\u2014 «il se sentit enfoncer dans le noir » \u2014 ce qui peut parfaitement signifier le charbon.On dit « il est quelconque » pour « il est insignifiant » et quelconque devient alors une excellente faute de français.Longfellow, le poète américain, disait à quelqu\u2019un, un soir: « C\u2019est étonnant, je ne puis plus guère lire couramment le français nouveau, que dans les livres de Renan 1 » Les derniers vers du grand Corneille.Malgré ses soixante-sept ans, l\u2019auteur du Cid les décochait avec une rare fatuité à la divine marquise de S., dont il fréquentait l'hôtel, rue du Gros-Gorgcau, à deux pas de sa propre demeure à lui, rue d'Argemeuil : Croyez-moi, belle marquise, Bien qu\u2019un grisou fasse effroi, Il vaut bien qu\u2019on le courtise Quand il est 'ait comme moi.Vous me rebutez, ma mie, Mais craignez quelque remords Quand, un jour toute hlémie, Vous partirez chez les morts.Chez cette race nouvelle Où j\u2019aurai quelque crédit, Vous ne passerez pour belle Qu'autant que je l\u2019aurai dit.Dans le Temps, M.Ernest Legouvé publie de charmants souvenirs de Casimir Delavigne.Pour moi, je l\u2019avoue, je ne puis parler froidement de Casimir Delavigne, tant son nom se lie pour moi aux plus chers souvenirs de ma jeunesse, tant surtout l\u2019àme et le talent, l'homme et le poète, formaient en lui un rare assemblage.C'était vraiment une nature exquise.La simplicité va bien avec la gloire.Casimir Delavigne était plus que simple, i! était ingénu, ingenuus, selon le beau mot latin.Il avait la grâce candide de l\u2019adolescence.Regard, sourire, physionomie, tout en lui était lumière ! Sa vie était patriarcale ! Son père, sa mère, sa sœur, les enfants de sa sœur, un de ses frères, tout cela demeurait sous le même toit : car son travail comptait pour beaucoup dans la fortune delà communauté! Seulement, comme son enfance avait été délicate, comme sa santé était toujours faible, comme son corps frêle avait toujours réclamé beaucoup de soins, i! était toujours resté Tentant de cette maison dont il était le soutien.Figurez-vous quelque chose comme Benjamin et Joseph en Egvpte, ne faisant qu\u2019un.11 n\u2019ent.ndait rien à la pratique de la vie.Je le vois encore un jour sur la place de la Bourse, fort éperdu au milieu de toutes les voitures qui se croisaient,et soutenu parsesdeux frères fort occupés, eux aussi, à l\u2019empêcher de se laisser écraser; avec cela, i\u2019àme courageuse! généreuse! enthousiaste': vibrant d emotion pour les héroïsmes de toutes sortes.UNE LÉGENDE BRETONNE Que diraient les Parisiens si fiers de leurs boulevards, de leurs superbes monuments, s\u2019ils apprenaient que leur beau Paris est la copie très pêile d\u2019une ancienne ville de Basse-Bretagne, dont Paris a même pris le nom : Par - Is, semblable à Is.Cette ville d\u2019Is était située à l\u2019entrée de la baie napolitaine de Bretagne, la superbe baie de Douarnenez.Ses jardins à la Sém'ramis l\u2019entouraient d\u2019une couronne de camélias et de roses.Elle avait, comme Thèbes, cent portes, et mille galères manœuvraient à l\u2019aise dans son vaste port.La richesse de ses habitants était telle que les fers de leurs chevaux étaient d\u2019argent, et qu\u2019à la poupe de chaque navire se dressait une statue d\u2019or massif.Leur dernier roi, Grallon, était au milieu de ce te opulence, simple et bon.Veuf cle bonne heure, il avait concentré toute sa tendresse sur sa fille unique, la belle Davie.Elle était vraiment bien faite pour inspirer la fierté d\u2019un père, quand sur sa haquenée caparaçonnée d\u2019or et d\u2019argent, ses beaux cheveux au vent, elle fendait l\u2019air, faisant jaillir le feu des sabots d\u2019or de son coursier.Les amoureux ne chômaient point autour d\u2019une si belle et si riche héritière.Mais elle se montrait vis-à-vis de tous d\u2019une insensibilité absolue, lorsqu\u2019apparut à la cour de son père PARIS-CANADA 3 un prince grec L]u\u2019y avaient attiré les splendeurs d\u2019Is.Sa réserve, vis-à-vis la belle Davit, fixa tellement l\u2019attention de celle-ci, qu\u2019elle finit par s\u2019en éprendre follement.Amour, tu perdis Troie ! Davie, poussée par son amant jaloux des merveilles d\u2019Is, lui livra les clefs des écluses qui défendaient la ville.Aussitôt la mer y fait irruption, détruisant tout sur son passage.De roi Grallon, voulant sauver sa tille coupable, n\u2019a que le temps de sautera cheval.Mais, dans sa course rapide, la belle Davie tombe et se noie dans les flots à un endroit nommé depuis le Trou de Davic (Poul Davie en breton).Si vous ne me croyez point, venez voir à la pointe du Raz les débris que la mer laisse à découvert de la belle ville d is.Je vous montrerai le Poul Davie, la belle baie formée par l\u2019invasion des eaux.Elle est entourée de rochers à pic qui, comme autant de lames d\u2019argent, se reflètent dans les ondes.Et vous direz comme moi que Par- Is a usurpé son nom, car il est bien loin d'avoir quelque chose qui res-remble à la ceinture de diamants qui entourait sa rivale.Conue de B.jk U } O U R LE jjou R Il s'est passé il y a quelques jours à Bruxelles un événement dont le récit est bien fait pour donner la chair de poule.Disons tout de suite qu\u2019il s\u2019agit non d\u2019un crime, ni d\u2019un accident, mais d\u2019une opération chirurgicale, et ajoutons qu\u2019elle a merveilleusement réussi.M.Eugène Anspach, de la Banque nationale, le frère de l\u2019ancien bourgmestre, souffrait depuis des années de douleurs atroces résultant de calculs biliaires qui se formaient dans son foie.Il a eu le courage de se laisser mettre le foie à nu et de se faire enlever un à un ainsi, cent vingt-cinq calculs.lTn chirurgien allemand, appelé de Berlin pour faire l'opération, avait dit à M.Anspach : \u2014\tJe l\u2019ai pratiquée quatre fois, un seul de mes malades a survécu et a été guéri.\u2014\tEh bien! a dit M.Anspach,je serai le second.J'ai une chance sur quatre, c\u2019est un dividende de a5 pour cent.Un mot épique de la part d\u2019un banquier dans cette circonstance.Et il a été le second.Les Anglais, qui passent pour être le peuple le plus progressiste et le plus positif de la terre, sont en ce moment assez embarrassés.On sait que le général Wolseley organise un corps de dromadaires pour aller délivrer Gordon.Or, il paraît qu\u2019on ne sait à quels soldats recourir pour composer ces escadrons d\u2019un nouveau genre.Des fantassins sur des chameaux, cela rappelle trop les armées d\u2019opéras-bouffes.Les cavaliers, par contre, déclarent ne plus savoir comment manœuvrer sur ces bêtes indolentes, dont le pas et l\u2019allure n\u2019ont rien de commun avec le mouvement des chevaux.Les journaux satiriques de Londres conseillent au célèbre vainqueur d\u2019Arabi d\u2019organiser un corps d'éléphants, ou même de construire, pour partir en guerre contre le Madhi, un gigantesque cheval de bois destiné à porter dans ses flancs l\u2019élite des troupes britanniques.Cet engin, on le sait, a fait ses preuves.lors de la guerre de Troie.En Italie, on a vu d'un fort mauvais œil l\u2019inauguration du chemin de fer de l\u2019Arlberg.Pour le moment, le trafic italien en souffrira peu, et Brindisi restera le port privilégié d\u2019où part la route directe pour l\u2019Orient; mais lorsque, dans quelques années, le réseau austro-hongrois sera relié aux chemins de fer turcs et que Salonique en sera le point terminus, la situation économique de l\u2019Italie sera gravement atteinte.Et ce n\u2019est pas tout : voici qu\u2019en Grèce on étudie le projet de construction d\u2019un chemin de fer qui mettra Athènes en commu- nication avec Salonique.Dès lors Athènes, ou plutôt le Pirée, deviendrait la tête de ligne dans la direction de l\u2019Egypte, des Indes et de la Chine.Non seulement tout le commerce du Levant, mais aussi toutes les transactions avec l\u2019extrême Orient se feraient par cette voie, et le courant commercial qui se dirige vers l\u2019occident passera par la Grèce, la Turquie, l\u2019Autriche et la Suisse pour aboutir à Paris, à Londres, à Anvers et à Amsterdam.L\u2019Italie, dans ce cas, serait réduite à l\u2019état d\u2019impasse.Comment conjurer ce danger ?La presse italienne pose la question, mais avoue qu\u2019elle n\u2019y a pas trouvé de réponse.Godard devait faire une ascension dans une ville du littoral d\u2019Espagne, et cette ascension, longuement annoncée, avait amené une foule considérable de gens désireux de voir pour la première fois un ballon s\u2019élever dans les airs.Mais le temps était ce jour-là épouvantable, et des bourrasques continues empêchaient jusqu\u2019au gonflement de l\u2019aérostat, qui menaçait à chaque instant de rompre ses liens pour vagabonder dans la nue.\u2022 Messieurs, dit Godard aux spectateurs assemblés dans le champ de manœuvres, messieurs, il m\u2019est impossible de faire mon ascension aujourd\u2019hui, et si vous n\u2019y voyez pas d\u2019inconvénients, je vous demanderai la permission de la remettre à demain.\u2014\tNon! non! hurlèrent quelques curieux indignés d\u2019avoir donné quelques réaux en pure perte.Non! non! aujourd\u2019hui.tout de suite, nous l\u2019exigeons.\u2014\tPuisque vous l\u2019exigez, répliqua Godard, je vais m\u2019exécuter.Le vent va me pousser infailliblement dans le mer, et je vais boire un coup dans la grande tasse.Mais comme un Français n\u2019aime pas boire seul, j\u2019exige à mon tour qu\u2019un de vous m\u2019accompagne; je ne partirai qu\u2019à cette condition-là.Inutile d\u2019ajouter qu\u2019on ne trouva personne pour se dévouer, et l\u2019ascension eut lieu le lendemain.Une curieuse invitation vient de parvenir au Théâtre-Français.M.le curé de Saint-Roch, voulant célébrer avec apparat dans son église le 200e anniversaire de la mort du grand Corneille, a convié la Comédie-Française à participer aux frais d\u2019une messe qui sera dite en grande pompe le jour exact de l\u2019anniversaire, c\u2019est-à-dire le mercredi icr octobre.Les artistes de la maison de Molière sont en outre priés de rehausser par leur présence l\u2019éclat de la cérémonie.Ils ont résolu de s\u2019y rendre, et ont envoyé mille francs au curé de Saint-Roch.Tous les artistes de la maison, sociétaires et pensionnaires, assisteront à la messe en grande tenue de ville.Le conseil municipal de Saint-Etienne a décidé que, l\u2019an prochain, s\u2019ouvrirait, en cette ville, une exposition universelle de matériel de chemins de 1er.L\u2019emplacement choisi, très grand, du reste, est la plaine de Champagne, où sera établie une grande voie ferrée en forme de 8, et sur laquelle circuleront locomotives et wagons exposés.La voie, ainsi que tous ses détails : systèmes de rails, traverses, signaux, etc., sera construite par les exposants, et c\u2018est dans les emplacements libres de l\u2019intérieur de cet immense 8 que l'on édifiera les modèles de bâtiments-gares et de tout le matériel fixe.Le chef-lieu du département de la Loire, par son excellente situation métallurgique, se trouvait naturellement indiqué pour une exposition de ce genre, et, en outre, c\u2019est dans ce département que les frères Seguin construisirent en 1826 le premier chemin de fer français.Cette exposition, la première qui ait lieu sur notre continent, obtiendra, nous n\u2019en doutons pas, tout le succès de sa devancière, à Chicago, l\u2019an dernier.Dimanche a eu lieu à Buzancy, dans les Ardennes, l\u2019inauguration de la statue du général Chanzy.Buzancy est le village natal de Chanzy, et l\u2019on éprouve de douces émotions en pensant qu\u2019en ce village d\u2019où il est sorti obscur, ce glorieux général possède maintenant une statue.C était une fete pour l\u2019armée et pour la France, toujours par dessus tout sensible à ses gloires militaires.Grand concours de monde : Le préfet des Ardennes, les sous-préfets de Sedan, de Rethel, de Vouziers sont arrivés à deux heures à Buzancy, avec MM.Gailly, Neveux, Philippoteaux et Ladoucette.Ces derniers ont prononcé des discours très applaudis.Mme Chanzy, au bras de son fils, accompagnée de tous les membres de sa famille, a reçu l\u2019expression des hommages respectueux de tous ceux venus pour assister à la cérémonie qui rappelle un des dévouements les plus purs à la France agonisante.On remarquait au milieu d\u2019une nombreuse assistance les colonels du i4°et du qifi de ligne, beaucoup d\u2019officiers venus pour rendre un dernier hommage à leur ancien chef.Les Sociétés de gymnastique des villes voisines ont défilé devant la statue au son des fanfares de Stenay et de Vouziers.M.R.Bonnery a chanté le héros dont on inaugurait la statue, en des vers fort touchants : Un peuple est comme un camp, il lui faut sa vedette.Vivant, tu nous gardais; mort, veille encor, Chanzy; Et c\u2019est proche du Rhin que nous t\u2019avons choisi Un poste.C\u2019est par là qu\u2019il faudra que l\u2019on guette; L\u2019horizon, tout à coup, peut s\u2019y montrer noirci.Et puisqu\u2019on faction dans ta ville adoptive, Tu peux tendre aisément une oreille attentive, Chanzy, nous te donnons ton poste à Buzancy.Bougival célébrait dernièrement l\u2019anniversaire de la mort de Debergue, le patriote fusillé par les Prussiens en 1870, auquel un monument a été élevé, ainsi qu\u2019à Martin et Gardon, deux autres héros, victimes de la vengeance de l\u2019ennemi.Le monument se compose d\u2019une pyramide triangulaire en granit gris, reposant sur un soubassement en pierre blanche : il mesure huit mètres de haut et pèse 15,000 kilogrammes.Il porte l\u2019inscription : A LA MEMOIR : DE FRANÇOIS DEBERGUE, MARTIN et GARDON OUVRIERS, FUSILLÉS PAR I ES PRUSSIENS 1870 LEURS CONCITOYENS RECONNAISSANTS Sur la base, on lit les dernières paroles prononcées par Debergue : « Je suis Français; je dois entreprendre tout contre vous, et je recommencerais si vous me rendiez à la liberté.» De nombreuses sociétés et de plus nombreuses délégations se sont rendues au champ dit des Bourbiers, où se dresse cette pyramide.Des discours ont été prononcés par MM.Duborgia, maire de Bougival ; Mention, adjoint ; M.Paul Deroulède, Edmond Lepelletier, le président des volontaires de 1870-71.M.Paul Avenel a lu une pièce de vers en l\u2019honneur du martyre des trois héros, et la cérémonie s\u2019est terminée par un défilé en musique aux accents de la Marseillaise et du Chant du départ.CHRONIQUE CANADIENNE J-sA j^ÈCHE AUX yvlAPySOUINS A vingt-cinq lieues environ au-dessous de Québec, de Saint-Jean-Port-Joli à la Pointe à l\u2019Orignal, le Saint-Laurent pousse une pointe dans les terres et sa rive droite s\u2019arrondit en une charmante baie, au fond de laquelle se trouve l\u2019embouchure de la rivière Ouelle.Certes, c\u2019est assez son habitude de dessiner tout le long de son cours des baies charmantes, de découper des îles, de se transformer en lacs, de bondir en tumultueux rapides, de se précipiter en cascades, de s\u2019entourer de paysages deluxe et autres fantaisies qui, du Niagara et des Mille-Iles jusqu\u2019au Saguenay, font tour à tour du fleuve-roi, un acrobate ou un artiste.Mais c\u2019est peut-être là, entre la baie Sainte-Anne et la Baie Saint-Paul qu\u2019il a le plus de grandeur et de majesté.Nulle part aussi, entre sa rive bleuissante et montagneuse du Nord et ses bords fertiles et plats que limitent au Sud les premiers contreforts des Alléghanys, de la pointe du petit Cap à l\u2019Orignal on ne jouit d\u2019un plus magnifique point de vue.Quoiqu\u2019il soit encore à plus de 180 lieues du golfe, il atteint déjà une largeur d\u2019une dizaine de 6 PARIS-CANADA lieues et ses eaux que la marée refoule bien au delà de Québec, jusqu\u2019au pied du lac Saint-Pierre, se mêlent à la mer et deviennent salées.Ci race à cette circonstance, sans doute, c'est également à cet endroit que le Saint-Laurent est le plus poissonneux.Au printemps, les esturgeons, les achigans, les brochets, les saumons, les aloses, les anguilles curieuses que l\u2019on prend par centaines de mille dans des nasses, descendent des lacs et des rivières d\u2019en haut pour s\u2019engraisser à la mer et acquérir ce goût tin qui leur vaudra plus tard tous les compliments des connaisseurs, pendant que du golfe et des profondeurs de l\u2019Océan montent, harengs, morues, maquereaux, bars, flétans et sardines, presses en bancs immenses, innombrables, et viennent, poussés par une loi mystérieuse de la nature, déposer leur frai au milieu de ces riots adoucis et plus propices.Toutes les espèces fluviales et marines réunies se rencontrent là comme si elks s'y étaient donné rendez-vous.Les capelans.particulièrement, y arrivent par mvriades.Pareils aux nuées de sauterelles sur la terre, ils obscurcissent la transparence des eaux.Ils pénètrent partout et se distribuent par couches épaisses dans toutes les rivières, ruisseaux et ruis-selets qui en sont obstrues à plusieurs kilomètres dans les terres.Et alors, pendez-vous, Marseillais et Gascons.Dans ces ruisseaux i! n\u2019y a plus d eau ! Tout poisson ! ! ! Heureusement les cultivateurs en quête d\u2019engrais '\u2019approchent et.puisant tout naïvement à pleines mains, pratiquent des éclaircies au profit de leurs 'riions de pommes de terre.Mais qu\u2019importe ce menu et fourmillant fretin ! -Troublant la surface tranquille et polie du fleuve, quels sont ces colosses qui soufflent au loin, mdulent et cabriolent, précédés de jets d\u2019eau 'emblables à celui du jardin des Tuileries.Ils surgis-'-nt de toute part.enti urantles steamers, et presque aussi gros qukux.paraissent vouloir les piloter \u2022usqu\u2019à Québec : Ce sont des troupeaux de mammifères, loups marins, phoques, marsouins et baleineaux lancés à la poursuite de leur déjeuner et qui.à l\u2019instar du cultivateur riverain, pratiquent avec leurs mâchoires puissantes des éclaircies dans le fretin qui fuit devant eux.C\u2019est ainsi que dans la création toute entière, toujours les gros mangent les petits.Mais un sort également funeste attend les gros à leur tour.Aussitôt que la débâcle a dégarni les bjittures des glaces de l\u2019hiver, les pêcheurs de la contrée rétablissent chaque année les pêcheries à marsouins, j Ces pêcheries n\u2019exigent pas d'autre soin que le choix d'un empl icement favorable : elles sont formées, tout simplement, de hautes perches enfoncées plus ou moins solidement, et disposées sur une ligne demi-circulaire dont une extrémité seulement rejoint le rivage à marée haute.Nonchalants et repus, les marsouins éclatants de blancheur, s\u2019approchent en se jouant à fleur d'eau et viennent, par l\u2019espace laissé libre, s\u2019ébattre dans !a pêcherie.Et les petits capelans.plus nombreux >ur les bords, sont victimes de nouvelles gloutonneries.Cependant le temps s'écoule.Insensiblement les eaux se sont retirées : maintenant la ligne de perches rejoint le rivage par ses deux bouts.Tout penauds, longeant le demi-cercle de cette ligne qui s eleve de plus en plus et dont l'ombre dans l'eau les épouvante et les tient à distance, dix.quinze, vingt, trente marsouins et souvent davantage, sont enfermés.A pied ou dans de légères barques, munis des engins necessaires, il ne reste plus aux pécheurs qu\u2019à s'en emparer.La chose n est pas facile et c est à ce moment que se déploient leur experience et leur habileté.Pourtant il n'y a pas à craindre de la part de ces .captifs les bonds impétueux que 1 on pourrait imaginer; pas de tentatives non plus pour franchir les perches ; quoiqu\u2019assez espacées et sans être reliées entre elles, ce frêle rempart suffit à les éloigner.Il n\u2019y a pas d\u2019exemple qu\u2019aucun de ces monstres qui mesurent de quinze à vingt-cinq pieds de long et iont le poids atteint jusqu'à mille kilos, ait été assez mdacieux pour passer au travers.Ils préfèrent ruser, immobiles entre deux eaux ou se dissimulant t demi cachés dans les fondrières, tâchant de gagner du temps et n\u2019attendant leur salut que de la marée prochaine qui leur permettra de regagner le large.La peau du marsouin fournit un cuir très estimé ; >n s'attache, en conséquence, à ne pas la trouer inutilement et a no frapper qu a la tete, près des ouïes qui sont la partie vulnérable.Il y a quelque danger à attaquer cet amphibie.Malheur à l\u2019imprudent qui l'aborde par le flanc; même lorsqu'il est à sec,sa force est telle.que.se soulevant brusquement, il peut d'un coup de sa queue fourchue balayer plusieurs hommes et les lancer au loin.Malgré l\u2019adresse et la precision dont font preuve les pêcheurs cana-: diens.la poursuite dure longtemps et si le flot vient | à remonter, c'est le marsouin qui triomphe.Mais le plus souvent il succombe, et.finalement ligotté par .une solide amarre sous les ailerons, épuisé par ses efforts et la perte de son sang, il se voit ignominieusement traîné par un cheval sur le sable de la grève ; où il achève d\u2019expirer.dette lutte corps à corps entre l\u2019homme et ces ! géants des mers est très émouvante et constitue le j plus original et le plus curieux spectacle qui se puisse voir.La pèche aux marsouins dans les con-1 ditionsoù elle se fait à la Rivière-Ouelle, à Saint-Denis.à Ste Anne de la Pocatière, à l\u2019ile-aux-Coudres et sur divers autres points du bas Saint-Laurent.est neanmoins peu connue, même au Canada.Les Québecquois et les Montréalais, si ingénieux quand il s\u2019agit de s\u2019amuser et si prompts à trouver ou faire naître des prétextes à excursions, parties de campagne, pique-niques, etc.etc., l\u2019ignorent généralement et n'en profitent pas.Elle n\u2019est pratiquée que par des riverains associés qui, eux.n\u2019y mettent aucune intention de sport.Je n\u2019y ai rencontré, une fois, que l\u2019honorable M.Joly ; c était eu iS$o.Quelques mois auparavant, une évolution parlementaire l'avait renversé du pouvoir et la perte de son portefeuille de premier ministre l'avait rendu à la vie champêtre, qui a toutes ses prédilections.Botté jusqu\u2019au ventre, il venait de prendre part à la pêche, et une quinzaine de pièces monumentales, étendues à ses pieds, témoignaient de l'éclatante revanche, non politique, qu\u2019il avait trouvée dans ce combat où les qualités du sportsnun priment naturellement celles de l\u2019homme d'Etat.Assis sur un bout de rocher, un album ouvert sur les genoux, il faisait le croquis des vaincus.Il avait pris très philosophiquement son parti de la chute de son ministère et me parut meme en avoir, au fond, une secrète satisfaction, préférant à l'exercice du pouvoir le rôle moins chargé de chef de l\u2019opposition.Un de mes amis, qui se trouvait avec lui, M.Gagnon.député du comté de Kumouraska.avant bien voulu me présenter, M.Joly (restriction faite, bien entendu, de tout ce qui peut différencier deux partis opposés , me tit grand éloge de la politique inaugurée vis-à-vis de la France par son successeur, l\u2019honorable M.Chapleau, dont le programme comportait une série d\u2019entreprises françaises : emprunt, crédit foncier, exportation de bétail vivant, exploitation des mines, culture de la betterave à sucre, liune directe de paquebots à vapeur entre le Havre et Québec-Montréal, etc., etc., entreprises dont il me tit très bien ressortir les avantages (surtout de la principale, la ligne de paquebots indispensable au succès de toutes les autresi tant au point de vue du développement immédiat du pays que des relations qu\u2019il était si désirable de renouer entre deux peuples issus l\u2019un de l'autre et qui autrefois ont confondu si glorieusement leur histoire.Très patriote avant tout, il me déclara que sur ce point il n'y aurait aucune discussion et que l\u2019opposition, désarmant un instant, voterait avec la majorité ministérielle.Plus tard, au début de la session de 18^3, lorsque M.Joly céda le commandement à un de ses lieutenants, je fus convié avec mes confrères de la presse à vider une coupe de champagne en l\u2019honneur du nouveau chef de l\u2019opposition, l'honorable M.Mercier.Les discours de circonstance avaient été échangés, chaque santé avait été bue avec l\u2019enthousiasme accoutumé, voire même celle de la presse parisienne que j\u2019avais l'honneur de représenter et à laquelle l\u2019honorable M.Marchand, un ancien ministre, auteur dramatique et écrivain charmant, avait porté un toast chaleureux.On allait se séparer lorsque M.Joly demanda de nouveau la parole, et en termes éloquents, porta un toast à M.Chapleau, «que son état de santé retenait loin de la patrie dont il était une des gloires » et en qui il saluait le promoteur de la politique de rapprochement entre le Canada et la France.« J\u2019ai soutenu contre lui.dit M.Joly, pendant de » longues années, une lutte dont il ne me reste v d\u2019autre souvenir que celui d'une admiration pour » un talent oratoire qui a jeté un si vif éclat sur le » Parlement de Québec.Je forme les vœux les plus « sincères pour que M.Chapleau soit bientôt rendu » à ses amis et à son pays et que dans le gouverne-» ment fédéral dont il fait maintenant partie, il » poursuive la réalisation du programme si émi- » nomment patriotique qu\u2019il a inauguré parmi » nous.» Je retrouvai dans ces paroles qui causèrent quelque étonnement parmi l'assistance, un écho de la conversation que j'avais eue avec M.Joly, trois ans auparavant à la Rivière Ouelle.Preuve nouvelle que sur les questions qui touchent aux relations avec la f rance, tous les esprits généreux dans les deux partis sont d\u2019accord au Canada.Dans Cette digression sur le domaine un peu lointain du parlementarisme canadien, il eût été d autant plus regrettable de ne pas suivre l'honorable M.Jolv, que 1 intérêt qu\u2019il porte aux entreprises françaises nous ramène à l'une d\u2019elles : 1 exploitation des pêcheries canadiennes, les plus riches du monde.Dans l\u2019éventualité de l\u2019entrée de 1 Ile de I erre-Neuve dans la confédération du Canada, la France abandonnant le droit exclusif de pcchcric et de secherie quelle tient du traité d l trecht et, toutes les pêcheries de l\u2019Amérique du Nord devenant alors communes, la solution de la ditticile question dite de Terre-Neuve que les diplomates cherchent en vain, se trouvera peut-être à Ottawa.C\u2019est là, du moins, une opinion qui a quelque chance d'y être accueillie.De plus, la création prochaine d\u2019une ligne française directe de paquebots à vapeur ne peut manquer d\u2019attirer vers le Canada de nombreux voyageurs qui ne seront pas tous des émigrants ou eks hommes d\u2019affaires.Parmi eux, il se glissera bien quelques touristes qui n'auront pour préoccupation principale que d\u2019occuper agréablement leurs loisirs.Pour ceux-là ce sera peut-être une indication utile d\u2019apprendre qu\u2019ils pourront faire la vraie grande pêche sans aller découvrir le pôle Nord, et que près du joli village de la Ri\\ ière-Ouelle, au Cap à l\u2019Orignal, il ne tiendra qu\u2019à eux de renouveler en personne les scènes du bassin de Neptune.Entourés de tout le comfort désirable, au milieu d\u2019un pavs charmant et entièrement français par ses habitants, sans courir le moindre danger, sans savoir nager, sans même se mouiller les pieds, ils pourront capturer des marsouins gros comme des baleines, avec la même facilité qu\u2019une friture entre le pont des Arts et le Pont-Neuf ou une douzaine de crevettes sur les plages de Dinard et de Saint Pair.FO U KSI N-ESC AN I)E.DESSUS DU PANIER Dans la rue, passé minuit.Un ivrogne qui flageole sur ses jambes, roule une cigarette, la porte à sa bouche, puis, s\u2019arrêtant au pied d\u2019un bec de gaz, se hausse sur la pointe des pieds en balbutiant : \u2014\tVous n'arriverez jamais à m\u2019allumer, bourgeois, si vous ne vous baissez pas un peu.Bidou , soldat de deuxième classe , rentre du Tonkin avec une jambe de bois.\u2014\tNoble héros, fait M.Prudhomme, grâce à vous la France a un pied en Chine.Bidou, simplement.\u2014 Je crois bien, c\u2019est moi qui le lui ai laissé.Mme Champoireau est coquette.Elle n\u2019aime pas qu\u2019on lui parle de son âge, qu\u2019elle dissimule, d'ailleurs, avec le plus grand soin, \u2014\tSi je ne me trompe, madame, votre sœur est plus jeune que vous ?\u2014\tOh ! de deux mois.Le médecin à un de ses clients : \u2014\tVous mangez trop, vous fumez trop, vous.enfin, vous faites trop d\u2019excès, \u2014\tMais, saperlipopette ! avec tout cela, j\u2019ai quatrc-vingt-cinq ans ! \u2014\tFI h bien! vous en auriez peut-être quatre-vingt-dix 1 Dialogue des boulevards extérieurs ; \u2014\tÇa doit te coûter cher, une belle casquette comme ça ! Combien ?\u2014\tSais pas.L'marchand était pas là quand je m\u2019ia suis payée.Une boutade de Berlioz : Combien avons-nous perdu d\u2019œuvres charmantes PARIS-CANADA ou admirables parce que les rebuffades du début ont lassé des artistes trop nerveux ! Berlioz, un jour, recevait la visite d\u2019un musicien inconnu qui lui apportait une partition.La chose lui ayant paru déplorable, il congédia le visiteur.Puis, tout à coup, comme celui-ci descendait l\u2019escalier, pris d\u2019un remords soudain, il s\u2019élance sur le carré et, se penchant sur la rampe : \u2014\tMonsieur !.monsieur!.L\u2019autre s\u2019arrête dans sa descente et lève le nez en l\u2019air.\u2014\tMonsieur.vous savez.C\u2019est peut-être moi qui suis dans mon tort.D\u2019autres ont été assez betes pour ne pas me comprendre.Je suis peut-être aussi bête qu\u2019eux en ne vous comprenant pas! Et il referma sa porte avec la satisfaction de l\u2019homme qui vient de soulager sa conscience d un grand poids.A la Bourse.\u2014\tNous vous faisons une situation splendide.Vous versez 100,000 fr.et nous vous donnons 5oo/o sur les bénélices.\u2014\tJ\u2019aimerais mieux a5 0/0 sur les pertes ! ÉNIGME AT° 7.Par Le Petit Parisien, dédiée à Delphin Ziretta.D\u2019un père lumineux je suis la tille obscure ; Je méprise la terre et je m\u2019élève aux deux, Où j\u2019apaise souvent la colère des dieux.Si mon père est ainsi, personne ne m\u2019endure, Car je coûte des pleurs aux gens les plus joyeux.Le mot de la Charade N° 7 est : ECUMOIRE.Solutions justes.\u2014 I.B.\u2014 Rocambole.\u2014 La-gardaire.\u2014 Le petit Parisien.\u2014 Chauviré.\u2014 Athos et Porthos.\u2014 L.R.S.T.\u2014 Little-Duck.\u2014 Passe-Partout.\u2014 Coquelicot.\u2014 D\u2019Artagnan.\u2014 L.B.\u2014 Aramis.\u2014 Armand P.\u2014 V.B.\u2014 J.P.\u2014 Louise M.\u2014 Bob et Dick.\u2014 Paul Adloff.\u2014 Cocardasse.\u2014 Petit-Jean.\u2014 Philéas Fogg.\u2014 K.Lypso.\u2014 Lord F.tune Chymer.\u2014 Buridan.\u2014 Eurêka.Solutions justes du Canada pour l\u2019Enigme n° 5 : Le Chercheur (Montréal).\u2014 Jean-Baptiste (Montréal).\u2014 Le chevalier d\u2019Harmcntal (Québec).\u2014 A.B.(Ottawa).\u2014 E.S.(Montréal).Prière d\u2019envoyer journal, à les solutions aux bureaux du D\u2019ARBOIS.AT J T\"' 1VT r\\ TV T?à Saint-Henri-de-Lévis, une V IL IN Ul\\ £1 très BELLE PROPRIÉTÉ d\u2019une contenance d\u2019environ 40 hectares en culture, avec bois, bâtiments de ferme en parfait état et maison d\u2019habitation.Le chemin de fer Québec-Central passe à trois cent mètres de cette propriété.Prix avec facilités de paiement :\t19,000 francs iS 3,6oo).S\u2019adresser pour renseignements détaillés et offres, au propriétaire, M.Jean Paquet, à Saint-Henri-de-Lévis, près Québec (Canada).Ou aux bureaux du journal : 19, rue de Gram-mont, Paris.BULLETIN COMMERCIAL POIDS ET MESURES L\u2019usage du système décimal français est facultatif et légal au Canada.La livre est égale à.o kilog.453,59 La tonne à.907 kilog.Le gallon contient.4 litres, 54 Le minot contient.36 litres, 34 La verge est de.o mètre, 91 Le pied est de.o mètre, 3o Le mille est de.1,609 mètres L\u2019acre a une superficie de.\t40 ares, 47 La piastre (tf), divisée c .\t* entins, vaut (sauf les variations du change) 5 Paris, 3o septembre 1884.BLÉ.\u2014 Marché animé.Nous cotons à 12 h.1/4: Livrable Septembre.21\t5o à 21\t85 \u2014 Octobre.21\t20 à 21\t45 \u2014 Nov.et Déc.21\t.à 21\t2 5 \u2014\t4 premiers\tmois.21\t25 à 21\t5o Les 100 k.nets, compt.; poids naturel.77 à 75 k.à l\u2019hect.Les blés à livrer sont fermes; les affaires assez suivies au début; en clôture les prix restent bien tenus.SEIGLES.\u2014 Les seigles sont très fermes, mais il ne se fait que peu de chose et seulement sur le courant.Livrable Septembre.16\t2 5 à 16\t5o \u2014\tOctobre.i5\tj5 à 16\t25 \u2014\tNov.et Déc.16\t.\tà\t16\t25 \u2014\t4 premiers mois.16\t25\tà\t16\t5o Poids naturel 72 à 70 k.à l\u2019hect., 100 k.nets cpt.AVOINES.\u2014 Les avoines, complètement nominales, ne donnent lieu à aucune transaction.Livrable Septembre.16\t75 à 17\t.\u2014\tOctobre.16\t75 à 17\t.\u2014\tNov.et Déc.16\t75\tà\t17\t.\u2014\t4 premiers mois.17\t25\tà\t17\t5o Poids naturel q5 à 47 k.à l\u2019hect., 100 k.nets cpt.Montréal, 18 septembre 1884.Peu de changements à noter sur le bulletin précédent.Les prix pour le blé, nouveau blanc et rouge d'hiver, varient de #0,86 à #0.89.On nous signale aujourd\u2019hui une vente de 4,000 minots à S o,8; un certain nombre de wagons de blé, sur la voie, ont été vendus à S 0.86.Les pois et les avoines sont l\u2019objet de ventes plus laciles et de transactions plus importantes.On cote : BLÉ.\u2014Canada rouge d\u2019hiver (nouv.)le m.S 0,87 Canada du printemps (vieux), le minot.S o,85 Poids légal au minot, 60 livres.SEIGLE.\u2014 Le minot.S 0,70 Poids légal au minot, 5o livres.AVOINE.\u2014 Le minot.S o,35 Poids légal, 34 livres.ORGE.\u2014 Le minot.s o,6° POIS.\u2014 Le minot.S o,85 MAIS.\u2014 Le minot.S 0,70 MARCHÉ AUX BESTIAUX PARIS Jja \u201cVillette 20 sept.\tAMENÉS\tVENDUS\tINVEND\tPOIDS moyeu \t\t\t\t Bœufs\t\t2.395\t2.197\t198\t338 k.Vaches\t\t1.077\t926\t151\t224 Taureaux \t\t174\tl'»8\t26\t372 Veaux\t\t1.148\t956\t192\t80 Moutons\t\t19.126\t18.046\t1.080\t20 Porcs gras\t\t2.142\t2.142\t))\t80 Porcs maigres\t\t))\t))\t))\t» \tVIANDE NETTE\t\t\t \t\t\t\t \tIre\t2e\t\tire \tquai.\tquai.\tquai.\tquai.Bœufs.le kil.\tI 72\t1 56\t1 36\t1 03 Vaches\t\t1 66\t1 45\t1 28\t1 .Taureaux\t\t1 41\t1 30\t1 10\t.87 Veaux\t\t2\t1 80\t1 50\t1 20 Moutons\t\t2 06\t1 80\t1 48\t1 03 Porcs gras\t\t1 44\t1 31\t1 24\t1 06 Porcs maigres.\t* * *\t\t\t 94 Peaux de moutons : rases.2 .à 3 .\u2014\t\u2014\tdemi-laine.3 50 à 4 50 quai.Le Gérant : Foursin.Paris.\u2014 lmp.Dubuisson, imprimeur breveté, rue Coq-Héron, 5.Pointe-Saint-Charles, Montréal, 18 septembre 1884.Les exportations de bœufs continuent à être très actives ; mais elles sont limitées par les steamers disponibles qui sont insuffisants.Le fret, par tète, est, sans chargement, de 70 sch.à 80 sch.On cote la première qualité à S 0,04 1/2 la livre, poids vif.Quelques lots, de qualité exceptionnelle, ont atteint 8 o,o5 1/4.L\u2019exportation des moutons ne donne pas lieu à des opérations importantes et les prix restent à 8 o,o3 1/2.Les porcs valent de 8 0,06 à 0,06 1/4 la livre, poids vif.Maisons Recommandées ORNEMENTS D\u2019ÉGLISE DIVISION DES CATALOC.UES ILLUSTRÉS QUI SONT ENVOYÉS SUR DEMANDE i Chasublerie, Broderie 2\tLingerie et Vêtements 3\tBronze et Orfèvrerie 4\tAmeublement ?Orifiammes et Tentures 6 Services mortuaires 7\tDons et Secours aux , Eglises 8\tEglises pauvres 9\tBannières pour Sociétés 10\tOrnements et Vêtements épiscopaux BIAIS AIAÉ #.î$, c.>F.Fournisseur de N.S.Père le Pape Paris, 74, rue Bonaparte \u2014 Place Saint-Sulpice, Paris Maison fondée en 1782 ART Talbloaiix ©t Objets d\u2019art TABLEAUX, EAUX-FORTES, GRAVURES Ancienne maison MARTINET, Jules Hautecœur, successeur, 172, rue de Rivoli (au coin de la rue de Rohan).AMEUBLEMENTS MEUBLES MÉCANIQUES Dupont.Lits pour malades, 10, rue Hautefeuille.ARTICLES DE VOYAGE Moynat, la maison la mieux assortie et la meilleur marché de tout Paris, 1, avenue de l\u2019Opéra, 5, place du Théâtre-Français.CAFES-RESTAURANTS Bruneaux, 24.boulevard Poissonnière, Paris.\u2014 Déjeuner à 3 fr.Diner à 4 fr.CHEMISES, GANTS, CRAVATES C.Dupré, F.Ysern, 46, rue Vivienne, près le boulevard.DENTS Insensibilisateur Duchesne.Extraction et pose de Dents sans douleur, rue Lafayette, 45.HOTELS Appartements et Chambres très confortablement meublés; à la semaine et au mois.Gervais-Desprez et C°, 18, rue de Choiseul près le boulevard.HABILLEMENTS POUR HOMMES A.Saux, Tailleur, 43, rue Saint-Augustin, au coin de l\u2019avenue de l\u2019Opéra.LIBRAIRIE LÉOPOLD BOSSANGE, Commissionnaire en Librairie, 6, rue Chabanais.PARFUMERIE COSMYDOR.\u2014 Eau de Toilette sans acide ni vinaigre, aromatique, hygiénique.SAVONNERIE DU COSMVDOR, entrep.gén.boni.Sébastopol, 53.A.Balmain.\u2014 Parfumerie fine.Savons de toilette.Articles de choix.870, rue Sainl-Ilonoré, Paris.Cosmétique au Raisin pour les gerçures des lèvres.L.Pierlot, 55, r.Bonaparte.La boite, 2 bât.,f°,l f.65.EAU DE TOILETTE Lait anthéphélique Candès, boulcv.Saint-Denis, 26.pour rendre et conserver au teint sa pureté et son éclat Elixir et Poudre au Cresson Martial, 119.r.Montmartre.ÏÏYrjfîNF Ij Eau otla Pommade du Dr JACOMV il lUlLinlj arrêtent la chute des cheveux, empêchent do blanchir, 21, quai Saint-Michel.VINS The International ADEGA Company, 12, rue du Quatre-Septembre.Importation directe de tous les vins d\u2019Espagne, de Portugal, de Madère.\u2014 Boissons anglaises.\u2014 Vente à la houie\u2019Ue* et par fûts.\u2014 Dégustation au verre. 8 PARIS-CANADA LE GAULOIS LE PLUS COMPLET ET I.E MIEUX INK011MÉ DE> JOURNAUX DE PARIS Prix de l\u2019abonnement pour le Canada P ni n postale) : Un an.72 fr.: Six mois, 3(\u2019> fr.Bureaux à Paris.9.Boulevard des Italiens CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL 1SS4 Arrangements d'ttê 1SS4 Depuis le 10 mai, les trains de ce chemin di fer circuleront tous les jours, les dimanches exc< ptés, comme suit : PARTIRONT DE LA POINTE-LEVIS Pour Halifax et Saint-Jean.7.30 A.M.Poor la Ri vière-du-Loup et Saint a-Fla vie 11.20 A.M.Pour la lîivière-du-Loup.5.13 P.M.ARRIVERONT A LA POINTE-LEVIS De Halifax et Saint-Jean.7.20 P.M.De la Rivière-du-Loup.1.30 1*.M.De la Rivière-du-L i] .6.00 A.M.Le char Pullman qui part de Lévis, le mardi, le jeudi et le samedi, se rend directement à Halifax, et celui qui part le lundi, le mercredi et le vendredi se rend à Saint- Jean.Tous les trains cumulent srr 1 étalon citron métrique i l'Est.D.POTT1NGER.Surintendant < n chef, Bureau du chemin de fer, Moncton.N.B., avril l'-si.B0URG0UIN, DUCHESNEAU & CtE XOUVEAUTÊS ET MERCERIE [Small Ware, IMPORTATEURS 331.\t333.335.rue Saint-Paul MONTREAL GUSTAVE R.FABRE Marchands de Fers et de Quincaillerie RUE SAINT-PAUL.\u2014 MONTRÉAL LA COMPAGNIE DE i Riotein et Ontario LIGNE DE LA MALLE ROYALE ENTRE QUEBEC ET MONTRÉAL AGENCE FRANCO -ANGLAISE Pour la Représentation et la Vente des Marchandises Françaises et Anglaises OBJETS D IRT, DE LUXE ET DE HAUTE FANTAISIE à MONTREAL (Canada) PLACE VICTORIA, RUE SAINTE - RADEGONDE, 8 N B \u2014 Renseignements franco sur demande.L.\u2022 J.A.SURVEYER MARCHANDS DU FUR UT DU QUINCAILLERIE Kuo Notre-Dame, ISS MONTRÉAL LIGNE DOMINION De Paris au Canada Départ de Liverpool pour Québec tous les jeudis L\u2019Orégon, Le Surnia.Le Vancouver Les salons, ainsi que les cabines de F* classe, se trouvent au milieu du navire.Le Vancouver est éclairé à la lumière électrique dans toil' se^ compartiments.Prix de passage : F classe, de 206 70 à ISO fr.Pour tous renseignements et pour les billets d ¦ passage, s\u2019adresser à PI TT UT SCOTT.7.rue Scribe.Paris.LA NEW-YORK COMPAGNIE D\u2019ASSURANCES SUR LA VIE FONDLE EN 1S45 Fonds de Garantie : 287 Millions ENTIÈREMENT SOUSCRITS MUTUALITE A PRIMES ET ENGAGEM NTS FIXES Le- apurés sont seuls propriétaires du fonds de garantie de tous les bénéfices.TARIFS COMPARÉS de la NEW-YORK et des principales autres Compagnies ASSURANCES EN CAS DE DÉCÈS avec participation aux bénéfices Primes viagères assurant 100 f.Cette magnifique ligne est composée des steamers de première classe suivants : QUÉBEC ET MONTRÉAL Départ de Montréal, tous les jours, sept heures du soir; départ de Québec, tous les jours, cinq heures du soir.ENTRE MONTREAL et TORONTO Les steamers CORSICAN, ALGERIAN et CORINTHIAN Un de ces steamers quittera, tous les mardis, jeudis et samedis, le bassin du Canal à 9 heures, et Lachine à l'arrivée du train qui part de lagareBonaventure à midi,pour TORONTO Et les ports intermédiaires, se raccordant directement à PreMOtt et Broefeville Avec les chemins de ferd\u2019OrrAWA, Perth, AnNPRion,ctc.à T O II O NT T O Avec les chemins de fer qui conduisent à tousles points de l\u2019Ouest.Ages\tà la New- York\taux autres Compagn.25\t19.89\t22.10 35\t20.38\t28.40 45\t37.97\t38.70 13 mai 1384.J.-B.LABELLE, gérant.RENTES VIAGÈRES IMMÉDIATES payables par semestre Rente pour un versement de 100 fr.Ages\tà la New -York hommes\taux autres Compagn.60\t10 »\t9.02 70\t13.00\t12.15 80\t17.00\t15.10 19 DIRECTION POUR LA FRANCE \u2014 avenue de l\u2019Opéra \u2014 19 PARIS BERTHET & DESMAZIERES TAILLEURS Fournisseurs de S M.le Roi dcSuède et de Norwège AMAZONES, LIVRÉES.\u2014 32, RUE DES PETITS-CHAMPS.APPARTEMENTS MEUBLES v LOUER S'adresser me de la Boétie.Si, PARIS.F* ABRE
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