Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français
null
Éditeur :
  • [Paris] :[Paris-Canada],1884-[1940?]
Contenu spécifique :
mercredi 8 octobre 1884
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1884-10, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" «T- .:cr ?y- r?L' ^ ORGANE INTERNATIONAL DES INTÉRÊTS CANADIENS ET FRANÇAIS FRANCE Prix du Numéro :\tf Abonnements : 26 Centimes l Un an, 12 fr.50 1BUREAUX, ig, rue de Grammont, Taris Émile GIROUARD, administrateur FOURSIN-ESCANDE, secrétaire de la rédaction SOMMAIRE (Ei Ottawa.\u2014 La Semaine à Paris.\u2014 CSÇotes diverses.\u2014\tLe Canada, son passé et son avenir.\u2014 Le deuxième Centenaire de Pierre Corneille.\u2014 Les Miettes de l'Histoire : Talleyrand.\u2014 Te vue.\u2014 Au jour le jour.\u2014\tLes Romans du jour.\u2014 Le Ttessus du panier.\u2014 Charade.\u2014 'Bulletin commercial.A OTTAWA Les vacances sont finies, et la saison politique est ouverte à Ottawa.Sir John Macdonald vient d\u2019y rentrer, et avec lui tous ses collègues.Ottawa est une ville qui n\u2019a tout son prix que lorsque le Gouverneur et ses Ministres s\u2019y retrouvent.En leur absence, elle sent encore un peu, fort peu cependant, la capitale improvisée, la ville qui a besoin de vieillir pour devenir tout à fait l\u2019égale de Montréal, Québec et Toronto.Le premier souci du cabinet va être de se reconstituer, non pas qu\u2019aucune crise politique l\u2019y invite ou qu\u2019il sente le besoin de fortifier ses rangs.Il est plus fort et plus uni que jamais.Quelques-uns de ses membres les plus éminents font valoir leurs droits à une retraite bien gagnée.Déjà, pour des motifs de santé, sir Charles Tupper a échangé le portefeuille des chemins de fer contre le poste de Haut Commissaire du Canada à Londres.Le ministre des finances, sir Leonard Tilley, songe à suivre son exemple et sera, dit-on, nommé Lieutenant-Gouverneur de sa province natale, le Nouveau-Brunswick.Avec des qualités toutes différentes, sir Charles Tupper et sir Leonard Tilley, apportaient chacun au Gouvernement un concours précieux.Avec sa fougue oratoire, son ardeur au travail, son esprit ouvert aux conceptions nouvelles et très porté vers tout ce qui tend à élargir encore la voie qui s\u2019ouvre devant le pays, sir Charles était, en toute occasion,'désigné pour les initiatives hardies et fécondes.Sir Leonard, en revanche, est avant tout un esprit méthodique, prudent, fort avisé, saisissant avec une rare clairvoyance les exigences d\u2019une situation et sachant en trouver la vraie solution.Le successeur de sir Leonard aux finances sera M.Thos.White, journaliste éminent, orateur éloquent, dont la place est depuis longtemps marquée sur les banquettes ministérielles.Aucun des membres du Cabinet n\u2019a vu finir les vacances avec plus de plaisir que sir John.Première Année Numéro i8 Mercredi 8 Octobre 1884 Directeur : HECTOR FABRE Il a conservé toute son ardeur au travail.Sa récréation de chaque jour, c\u2019est la séance du Conseil des ministres, qui dure d\u2019ordinaire l\u2019après-midi de deux heures à sept.Il y expédie les affaires avec cette aisance que donne une longue habitude des délibérations ministérielles.C\u2019est là, pour les jeunes ministres, une haute école politique ; ils s\u2019y forment aux bonnes traditions gouvernementales, à l\u2019art des grandes affaires.Au dire de ses collègues, le premier ministre, pour les mettre en train, commence souvent la séance par une anecdote, qui ne se rattache pas toujours directement à la politique, et il la clôt par un bon mot qui, pour être spirituel, n\u2019en est pas moins aimable.Hector Fabre.LA SEMAINE A PARIS Taris, 7 Octobre 1884.La politique française traverse en ce moment une phase difficile et singulièrement délicate.La France doit à la fois se tenir en garde contre les mauvais procédés de l\u2019Angleterre et contre les bons offices de l\u2019Allemagne.Par la fatalité des circonstances, les points de rapprochement avec l'une se multiplient en même temps que les causes de désaccord avec l\u2019autre.Eviter une rupture avec Londres, éviter une alliance avec Berlin, sans cependant se condamner à l\u2019isolement, telle est la double tâche qui s\u2019impose au gouvernement de la République.L\u2019alliance anglaise a été depuis longtemps le rêve des politiques français ; mais, au moment décisif, souvent elle se dérobe, et aujourd\u2019hui elle se dérobe plus que jamais.La presse de Londres semble croire que son premier devoir est de rendre toute entente impossible.En cela elle se montre beaucoup moins sage que la presse de Paris, qui, malgré les provocations, parfois insensées, parties des bords de la Tamise, reste calme et se borne à railler les journaux anglais sur leur mauvaise humeur à l\u2019endroit de toutes les entreprises françaises.L\u2019Angleterre aurait pu cependant, sans de bien grands sacrifices, marcher d\u2019accord avec la France, et lorsqu\u2019elle prenait l\u2019Egypte lui passer le Tonkin ! «««% M.Gladstone vient de terminer sa grande campagne politique en Ecosse.Il y a déployé toutes les ressources de sa prodigieuse élo- CANADA Prix du Numéro: 5 Contins Abonnements : Un an, S 2.50' TUREAUX S.MARCOTTE, arint uéréral, QUÉBEC Louis PERRAULT, arent, MONTRÉAL qucnce.Jamais il n\u2019a montré plus de vigueur et de souplesse.L\u2019âge n\u2019a point de prise sur lui, ni les soucis ministériels.Il porte légèrement le poids de la question égyptienne.Il est pourtant en Egypte malgré lui ; il désire en sortir et il n\u2019en sort pas.L\u2019Angleterre l\u2019y retient.Personnne ne met en doute la sincérité de M.Gladstone lorsqu\u2019il déclare que l\u2019Angleterre ne restera pas en Egypte; mais tout le monde sait bien qu\u2019au moment de la retraite, les intérêts anglais seront plus forts que lui et le forceront à ajourner toujours l\u2019exécution de sa promesse.Ce n\u2019est pas, du reste, de l'Egypte que le premier ministre a parlé plus volontiers dans ses discours.Il s\u2019est surtout occupé de la Chambre des Lords.Il a eu recours à toutes les séductions de son talent pour convaincre la majorité des pairs qu\u2019elle devait revenir sur sa récente décision et adopter le bill électoral.On a été frappé de la modération de son langage.Au cours de sa campagne, M.Gladstone a fait la rencontre de notre compatriote, Mme Albani.Il a été séduit par les charmes de son chant, et il a daigné s\u2019entretenir avec elle du meilleur régime à suivre pour se conserver la voix en bel état.Peut-être l\u2019influence de la grande cantatrice a-t-elle été pour quelque chose dans la façon dont le premier ministre a traité les Lords.Dans le cours de son existence si grave et si occupée, M.Gladstone n\u2019a pas dû être un habitué de l\u2019Opéra, ni même un grand amateur de musique.Lorsqu\u2019il veut se délasser des affaires d\u2019Irlande ou d\u2019Egypte, il abat un arbre, deux arbres, selon le degré d'ennui que lui font éprouver les événements.Il a fallu l\u2019art pur et élevé de la cantatrice canadienne pour tourner enfin son esprit vers l\u2019harmonie et sauver un instant de ses coups la Chambre des Lords.\u2022'\u2014*On sait avec quelle fougue M.de Bismarck s\u2019est jeté dans la politique coloniale.Ilaentraîné un moment toute l\u2019Allemagne à sa suite, et l\u2019Angleterre à ce spectacle a pris frayeur; elle voyait déjà Berlin lui disputer l\u2019empire des mers.L\u2019esprit allemand n'a pas tardé à se refroidir à l\u2019endroit des colonies.Dans une assemblée réunie à Eisenach, le prince Hohenlohe-Lan-genburg, président de la grande Association coloniale, a cru de son devoir de mettre ses concitoyens en garde contre la fièvre coloniale Le rapport officiel de l\u2019expédition de la canonnière la Mouette constate que, « sur le territoire de Cameroon, à Angra Pequena, et sur d\u2019autres points de la côte africaine, on pourrait, à la / a PARIS-CANADA rigueur, tender quelques comptoirs, mais qu'il taut renoncer à v enfer des établissements d une certaine importance ».La réaction contre la politique coloniale du prince de Bismarck, commencée par l\u2019Association coloniale elle-même, ne s'arrêtera pas là, et on peut prédire qu'il en sera des projets coloniaux du grand Chancelier comme de tant d'autres de ses projets, et qu'il aura à les imposer de force A l'opinion.Les artistes du Théâtre-Français ont, sans s\u2019en douter, blessé l'ombre de Molière en assistant à la ceremonie religieuse célébrée à Saint-Roch en l'honneur de Corneille.C'est VFortement qui le leur apprend.Avant tout, ils auraient dû exiger du cure de Saint-R oc h une amende honorable à Molière, ce que le chroniqueur appelle la légitime réparation que l'Eglise doit à l'auteur de Tartufe.» En honorant Corneille et en louant Polyeucte, l'abbé Millault ne s'attendait pas à s'engager dans une pareille voie.Il ne s'attendait pas surtout à compromettre les sociétaires du l'héàtre-Français aux yeux des admirateurs de Molière.Peut-être la querelle s'adresse-t-elle plutôt à Corneille qu\u2019à lui.Ce sont les ennemis de la tragédie, quelques-uns de ceux qui.au beau temps du romantisme .traitaient Racine de polisson, qui se réveillent et protestent contre l'apothéose décernée au grand tragique.Hector Fabre.NOTES DIVERSES gens qui no le montaient guère.Mais nous pouvons dire en toute justice qu'il écrit fort bien, avec une verve et un brio qui manquent à la plupart de nos auteurs.Ce n'est pas, en effet, l\u2019imagination qui fait défaut à la littérature canadienne, elle en déborde; mais l\u2019entrain, eet entrain qui de l\u2019auteur gagne le lecteur et les enlève tous deux.C'est là la qualité maîtresse de M.Montpetit.qu\u2019il partie jusqu\u2019au sein des démonstrations scientifiques qu on rencontre dans son ouvrage sur l'Amiante.A cette qualité si française s\u2019en joignent bien d'autres ; la clarté, la parfaite correction, l'agrément du style, le piquant et la justesse de l'observation, et infiniment d\u2019esprit.Nous avons annoncé récemment que deux Canadiens-Français, M.le docteur Martel, de Lewiston, et M.Daniel Côte, de Biddeford, avaient été élus députés à la législature de l\u2019Etat du Maine.Nous aurions dû annoncer qu\u2019en même temps deux de nos frères acadiens avaient remporté le même succès électoral; ce sont MM.Alexis Cyr et 1\\-I>.Gagnon, le premier de Grande-Isle, et le second de Frencliville.Quatre des nôtres dans la législature du Maine, e est un résultat plein de promesses pour l\u2019avenir de la race française aux États-Unis.11 est probable que le duc de Connaught, aceom-gné de la duchesse, visitera, l\u2019été prochain le Canada, en revenant des Indes par la voie de San Francisco.L industrie fromagère est en progrès sensible au Canada.On estime à vingt-cinq millions de francs, la valeur des fromages exportés en Europe par le port de Montréal.C\u2019est une augmentation considérable sur le> exportations de 1 année dernière.Une dépêche de New-York au Standard, de Londres.annonce que le premier ministre du Canada, sir John Macdonald, s'embarque dans le steamer Cunard.partant demain, en route pour Londres.Un aimable homme qui.au commencement du siècle, ma foi ! s'était un peu attardé à Montréal.s\u2019en excusait auprès de ses amis en disant qu'il avait cru se retrouver à Paris.L\u2019illusion serait aujourd\u2019hui plus que jamais permise.Montréal a vu cette année >o succéder les fêtes et les grandes réunions publiques dont la variété même a attiré des îlots toujours nouveaux de visiteurs : cet hiver, le- fêtes du carnaval et le Palais de glace ; ce printemps, la Kermesse et la Saint-Jean-Baptiste ; cet été, le Congrès scientifique ; j cet automne, l'exposition provinciale.Dans son roman, la Porteuse de Pain.M.Xavier de Montépin met en -cène un Indien du Canada, a\" visage enivré, portant le costume de son pays.Portant le costume de son /tags, c'est-à-dire le costume qu\u2019on porte généralement au Canada.M.de Montépin est évidemment sous l'impression que les Canadiens sont tous des Indiens au visage cuivré, qu'ils vont court vêtus dans les rues de Montréal et de Québec, et que leurs représentants délibèrent à Ottawa, en rond, en fumant le calumet.Ce qui achève de le montrer, c\u2019est qu'il ajoute un peu plus loin : « Le Canadien paraissait déjà d\u2019un âge assez avancé.*> Indien.Canadien, même race, mémo teint, même costume 1 Le nom seul du personnage de M.de Montépin rappelle vaguement.l\u2019Espagne : Chnchillino.Le populaire romancier, si ses feuilletons lui en laissent le loisir, fera bien de lire de temps à autre le Paris-Canada.Nous venons de recevoir deux ouvrages du même auteur, M.A.-N.Montpetit, mais d\u2019un caractère bien différent : .Vo.s hommes forts et l'Amiante.Ils ont cela de commun, cependant, qu\u2019ils sont tous deux écrits en excellent style.Nous ne dirons pas que M.Montpetit est un do nos meilleurs écrivains canadiens ; ce compliment banal a été lait à trop de La commDsion qui administre le port de Montréal vient d'être saisie par la compagnie du Pacifique d une demande de la plus haute importance.Voici ce que propose la compagnie ; Elle construirait.près de la gare des Casernes, toute une série d'élévateurs.Ces constructions, d'une capacité de 400.000 minots chacune, seraient reliées au moyen d\u2019un viaduc à des tours construites sur le quai même et dans lesquelles seraient placés les appareils nécessaires au chargement et au déchargement des navires.Ce que demande la compagnie, c\u2019est le droit de construire ce> élévateurs sur les terrains appartenant à la commission, le bail dans ce cas devant être de cinquante ans.On aura une idée do l'importance du port deQuébec en apprenant que depuis le printemps 480 navires d outre-mer ont été enregistrés à la douane.L\u2019année dernière, à pareille date, il avait été enregistré 501 navires, soit 81 de plus que cette année.La batellerie fluviale présente une importance non moins grande; 117 navires ont obtenu un permis de cabotage et 1,548 bateaux à vapeur et goélettes ont fréquenté les quais « le Québec pour l'approvisionnement des marchés.Nous empruntons à la Minerve la boutade suivante : A propos de la Jamaïque, qui sollicite son admission dans l\u2019Union canadienne, un confrère rappelle la bonne « vieille Jamaïque d'autrefois, dont nos an-* ciens parlent encore avec une vénération qui « indique bien en quelle estime ils tenaient cette « fière liqueur.» En effet, le rhum de la Jamaïque a laissé des souvenirs vivaces dans notre province.C\u2019était, il y a quarante ou cinquante ans, à venir jusqu\u2019à hère des chemins de fer et des steamers, la boisson favorite de nos cultivateurs, dont elle charmait les hivers.Chaque automne, il venait des chargements énormes de jamaïque, et les navires des Antilles approvisionnaient de leurs tonneaux les villages des,deux rives du Saint-Laurent.C\u2019était de la bonne liqueur, non frelatée, non empoisonnée, et nos peres, qui n\u2019en abusaient pas, du reste, trouvaient qu\u2019elle convenait partaitement et à leur tempérament et au climat.C est pourquoi ils en redemandaient, chaque année, tandis qu\u2019ils auraient vraisemblablement dédaigné nos liqueurs falsifiées d\u2019aujourd\u2019hui.Mais tout cela ne constitue pas une raison suffisante pour annexer la Jamaïque et répondre à 1 appel touchant que nous adressent les fils de nos anciens fournisseurs.L Avenir de la Manne et des Colonies donne les details suivants sur l'importance des pêches françaises sur la côte de Terre-Neuve : Le navire .libertine est arrivé à Granville avec 90,000 morues.La Tour Malakoff, au même endroit, avec 45,000 morues.Le Michel-Emile, arrivé aussi à Granville, 00,000 morues.Le Georges-Jeanne est arrivé à Saint-Martin-de-Ré avec un chargement complet.Le Saint-Pair est arrivé au même endroit avec l'TJ, 000 morues, formant 4,000 quintaux.Le Jacques est à Bellc-Isle avec 80,000 morues.Le total îles arrivages, jusqu\u2019au 13 septembre, est de 397,000 morues.LE CANADA.SON PASSÉ & SON AVENIR Sous ce titre, La Revue politique et littéraire publie, dans sa dernière livraison, un excellent article de M.Léo Quesnel sur le Canada à propos de LHistoire du Canada, de M.Réveillaud, dont nous avons parlé récemment.Cet article est en tous points remarquable par les considérations qui s'v trouvent développées et qui empruntent une plus haute autorité encore au caractère de la Revue.M.Réveillaud croit profondément à l\u2019avenir de la nationalité franco-canadienne.Le rapide accroissement de la population dans le Bas-Canada lui en est un gage.Ces deux millions de Canadiens-Français ne sont pas, en effet, le fruit de l'émigration ; « Ils sont tous ou presque tousle produit de dix mille colons saintongeais, poitevins, bretons, percherons, normands, transportés de 1608 a ipo3 sur les côtes d\u2019Amérique.» La fécondité des mariages chez eux est proverbiale ; la population se double tous les vingt-cinq ans ; et, si les choses continuent ainsi les ressources du pays le permettent , dans cinquante ans les statisticiens auront à relever dans le Bas-Canada l'existence de huit millions d'âmes.« Or, quand on a vu avec quelle fermeté et quelle habileté à la fois ces fils de laboureurs, abandonnés par la mère patrie, ont maintenu pendant un siècle, contre la politique tour à tour violente et astucieuse du gouvernement anglais, leurs franchises, leurs institutions héréditaires, l'usage de leur langue tant de fois proscrit, et enfin reconquis leur autonomie, il n\u2019y a aucune raison de penser qu^ les qualités qui les ont soutenus dans le passé les déserteront dans l'avenir.» Dans notre siècle, que de nationalités qu'on croyait près de s'éteindre se sont réveillées ; la Grèce, arrondie de la Thessalie ; la Roumanie, la Serbie, la Bulgarie, délivrées du joug séculaire des Turcs; la Hongrie, rendue aux Hongrois; l'Italie, soustraite aux Allemands ! Les exemples sont rares, dit M.Réveillaud, de nationalités complètement absorbées, étouffées sous la pression ae nations plus fortes, alors même qu'une prescription plusieurs fois séculaire semblerait avoir couvert les faits de conquête : ne voit-on pas les Polonais, les Lettes, les Esthoniens, les Lithuaniens, conserver encore aujourd\u2019hui leur individualité, tant est persistant et vivace le sentiment national ! Et cependant la plupart de ces peuples n\u2019ont que des langues impropres à la diffusion des idées, presque des dialectes.Les- Canadiens, au contraire, sont maîtres d\u2019une langue pour ainsi dire universelle, qu\u2019ils ont su conserver envers et contre tous.« On veut des colonies pour avoir des débouchés, et l\u2019on a raison; mais il y a là un marché tout prêt, car les vraies colonies d'un peuple sont les lieux où sa race est établie, où sa langue PARIS-CANADA 3 est parlée, où l\u2019on a les mêmes goûts et les mêmes besoins que lui.Le lieu de dépendance administrative n'importe pas beaucoup en ces matières; alors même que le Cap et l\u2019Australie seraient devenus indépendants, l\u2019Angleterre ne cesserait pas d\u2019entretenir avec ces pays des relations actives et profitables.Sachons donc apprécier à sa haute valeur l\u2019avantage que donne la communauté d\u2019origine et de langue Nulle part, hors de nos frontières, la race française n\u2019est établie en un faisceau aussi dense, et sur une plus vaste étendue de territoire qu\u2019au Canada.L\u2019Algérie n\u2019a pas encore 20o,ooorran-çais, et la province de Québec en compte, à elle seule, plus d\u2019un million ! » Il semble que ces conseils patriotiques aient déjà trouvé de l\u2019écho quand on voit paraître, presque en même temps que l\u2019ouvrage de M.Réveillaud, un journal franco-canadien édité à Paris.C\u2019est, il est vrai, un Canadien, M.le commissaire général du Canada français auprès du gouvernement de la République, qui en est le directeur; mais c\u2019est en grande partie aux lecteurs français qu\u2019il s\u2019adresse.Son but, ainsi qu\u2019il l\u2019a exposé lui-même, est double : « Faire bien connaître le Canada à la France ; faire mieux connaître la France au Canada.» Dans un premier-Paris qui est à lire, M.Fabre indique d\u2019une main légère les causes qui pourraient aujourd\u2019hui tendre à séparer le cœur des Canadiens du cœur de la France.Il faut se rappeler que nos anciens colons, issus en partie de la noblesse bretonne et poitevine, très fervents catholiques et très conservateurs, sont plutôt des Français du dix-septième que du dix-huitième siècle, et que, soumis depuis cent vingt ans à l\u2019Angleterre, ils ont nécessairement greffé des idées anglaises sur les anciennes qualités de leur race.« Le Canada s\u2019était habitué à se passer de la France et à rester français seul et par lui-même.Dans ces dernières années, sous l\u2019impulsion du plus jeune et du plus hardi de ses hommes d\u2019Etat, M.Chapleau, aujourd\u2019hui ministre, il a fait un pas vers la France et tenté de renouer des relations si longtemps interrompues, en prenant l\u2019initiative de la création d\u2019une agence canadienne à Paris.Les Canadiens prennent de plus en plus l\u2019habitude de venir en France.On en pourrait citer qui prennent le bateau transatlantique comme les Parisiens prennent le train pour Saint-Germain, et l\u2019on retrouve Québec et Montréal à Paris comme Paris à Montréal et à Québec.» Nous souhaitons que ce courant d\u2019émigration et de contre-émigration s\u2019établisse de plus en lus; car, ainsi que le dit plaisamment M.abre, pour peu qu\u2019elle le veuille, le Canada se chargera volontiers de repeupler la France; et quant aux Français, à peine ont-ils mis le pied dans leur ancienne colonie, que, voyant partout des enfants, aux portes, aux fenêtres, sur les toits, ils se piquent d\u2019émulation et ne laissent pas longtemps leur maison vide.Nous souhaitons un heureux avenir au Paris-Canada.Plus il aura de lecteurs, plus nos commerçants, nos émigrants et nos touristes apprendront à connaître le chemin de ce pays agricole et pastoral, si vaste et si fertile, où la fécondité de la terre marche de pair avec la fécondité de la femme, et où s\u2019est conservé tout ce qu\u2019il y avait de bon dans les mœurs de la vieille France, sans rien de ce qu\u2019avaient ces mœurs de contraire à la liberté.Léo Quesnel.LE DEUXIÈME CENTENAIRE DE PIERRE CORNEILLE LA CÉRÉMONIE DE SAINT-ROCH La manifestation religieuse organisée à l\u2019occasion du deuxième centenaire de la mort de Corneille, par M.l\u2019abbé Millault, curé de Saint-Roch, aidé par M.l\u2019abbé Gilbert, vicaire de la paroisse, a eu lieu le icr octobre, à dix heures du matin, en présence d\u2019une grande affluence de notabilités de toutes sortes.Les invités étaient porteurs de la carte encadrée de noir dont nous avons déjà publié le texte et que nous rappelons ici : M Vous êtes prié d\u2019honorer de votre présence le service solennel qui sera célébré le mercredi Ier octobre 1884, à dix heures précises, en l\u2019église Saint-Roch, à l\u2019occasion du deuxième centenaire de PIERRE CORNEILLE mort rue d\u2019Argenteuil, le i,r octobre 1684, et dont le corps repose dans les caveaux de cette église.L\u2019abbé Millault, Chanoine honoraire, curé de Saint-Roch.L\u2019église était entièrement tendue de draperies noires, ornées d\u2019écussons aux armes de Corneille.Le portail disparaissait également sous de nombreuses tentures , portant les mêmes armoiries.L'ne décoration spéciale avait été faite au médaillon de Corneille, placé à gauche, sous le pilier de l\u2019orgue, aux frais du duc d'Orléans.Des draperies noires, lamées d\u2019argent et ornées de palmes académiques, entouraient le médaillon qui porte l\u2019inscription suivante : PI K II II E CORNEILLE Né à Rouen, le 6 juin 1606 Mort à Paris, rue d\u2019Argenteuil, le ier octobre 1G84 est inhumé dans cette église Erigé en 1821 A dix heures précises, les diverses députations sont arrivées à l\u2019église et ont pris place aux sièges qui leur avaient été réservés.A gauche, s\u2019étaient assis les descendants de Pierre Corneille, Mme Maillé, née de Corday ; M.Remont, l\u2019économe de l\u2019hôpital Lariboisière; M.Corneille, fonctionnaire au ministère de l\u2019instruction publique et des beaux-arts, puis la députation de l\u2019Académie française, MM.Emile Augier, Alexandre Dumas, Gaston Bois-sier , Sully - Prudhomme , Camille Rousset , Camille Doucet.Derrière ces personnes, on remarquait les délégués de l\u2019Académie des beaux-arts, MM.Guillaume et H.Delaborde ; de la Société des gens de lettres, MM.Arsène Houssaye et Gonzalès; du Cercle de la librairie, M.Henri Plon.A droite, se trouvait la Comédie-Française, conduite par son directeur, M.Perrin, et son doyen, M.Got.Les sociétaires et les pensionnaires étaient en habit noir et cravate blanche.Les dames étaient en tenue de ville.On remarquait, en outre, un grand nombre de notabilités appartenant au monde littéraire, théâtral et artistique ; la nef de l\u2019église et les bas-côtés étaient absolument remplis.La messe a été dite par M.l\u2019abbé Gilbert ; l\u2019absoute a été donnée par M.l\u2019abbé Millault.Les chants ont été exécutés par les chœurs de la maîtrise, qui, sous la direction de M.Dar-nault, maître de chapelle, a chanté les morceaux suivants : Kyrie, par Van Brée ; andante du Concerto de Goltermann, par M.François, de l\u2019Opéra; Pie Jesu, de Faure, et Y Agnus Dei de Rossini.Avant le commencement du service, une immense couronne a été déposée sur le catafalque, brillamment illuminé et orné de lampadaires aux flammes bleues et vertes.Après l\u2019Evangile, l\u2019abbé Millault est venu sur le devant du chœur et a prononcé une petite allocution dont les termes mesurés et réservés, nous ne craignons pas de le dire, ont produit sur l\u2019assistance une vive impression : Messieurs, Ce n\u2019est pas sans quelque émotion que je prends en ce moment la parole devant cette nombreuse assemblée des princes de 1 esprit français ; je le fais néanmoins avec confiance; car si, dans le cours de ma vie, j\u2019ai eu souvent besoin d\u2019indulgence, c\u2019est toujours auprès des maîtres que je l\u2019ai trouvée.Rouen, messieurs, s\u2019apprête à rendre a la mémoire de Corneille de légitimes et.solennels hommages mais si Corneille est né à Rouen, il a vécu à Paris, il y a travaillé, il y a produit ses immortels chefs-d'œuvre, il y est mort; il était paroissien de Saint-Roch, ses restes reposent dans les caveaux de cette église; il était donc impossible que nous le missions en oubli.J\u2019ajouterai que si Corneille était un grand poète, c\u2019était aussi un grand chrétien ; et qu\u2019il était bien juste que la religion qui honore les lettres et qui bénit ses enfants fidèles, ne restât pas étrangère à ces glorieuses manifestations.Lorsque, messieurs, j\u2019eus la pensée de célébrer, dans mon église qui était la sienne, un service solennel à l\u2019occasion du deuxième centenaire de sa mort, je n\u2019avais d\u2019abord qu\u2019un but : honorer cette grande mémoire et satisfaire à mes sympathies personnelles.Mais, messieurs, vous avez bien voulu vous joindre à moi, prendre part à cette cérémonie religieuse et manifester par votre présence les sentiments qui vous animent.Je vous en remercie et je vous en loue.Corneille embrassa d\u2019abord la carrière du barreau; mais, quoi qu\u2019il fît, plaidant pour les intérêts même les plus humbles, il entrait comme malgré lui dans des considérations si hautes, il avait des vues si larges, des aperçus si profonds, son style était si pompeux et si magnifique, qu\u2019on oubliait bientôt le mur mitoyen : peut-être lui-même quelquefois n\u2019en parlait-il pas assez, et souvent il perdait sa cause.Il sentit bientôt qu\u2019il faisait fausse voie, il se tourna vers les lettres, vers la poésie française, et dès lors il ne marcha plus que de succès en succès, de triomphe en triomphe.Je n\u2019ai pas qualité, messieurs, pour le suivre dans sa carrière dramatique.Mais ce que je puis dire, c\u2019est que lorsque je le lis, je suis enthousiasmé et souvent obligé de m\u2019arrêter, ravi que je suis d\u2019admiration.J\u2019admire dans le Cid l\u2019effusion du plus chaste amour et les élans du plus généreux patriotisme ; j\u2019admire dans Polyeucte toutes les délicatesses du cœur, toutes les tendresses, toutes les intrépidités de la foi.Ah 1 les larmes me viennent aux yeux quand je lis ces vers du monologue de Polyeucte : Saintes douceurs du ciel, adorables pensées, Vous remplissez un cœur qui vous veut recevoir ; De vos attraits sacrés les âmes possédées Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir, Vous promettez beaucoup et donnez davantage.Vos biens ne sont point inconstants, Et l\u2019heureux trépas que j\u2019attends Ne vous sert que d\u2019un doux passage Pour nous introduire au partage Qui nous rend à jamais contents.Quelles beautés, messieurs, quelles pensées célestes ! Mais revenons à notre héros lui-même.Il ne fallait plus à cette grande âme que le calme profond et serein des vérités éternelles, et il consacra à la poésie religieuse, la verve encore vigoureuse de ses dernières années.Il se reprochait quelques vers peut-être trop tendres, écrits dans sa première jeunesse; il s\u2019en accusa et son confesseur lui donna pour pénitence de traduire en vers français les trois premiers chapitres du premier livre de Y Imitation de Jésus-Christ.Il le fit par devoir, mais bientôt il s\u2019affectionna tellement à ce travail, le public reçut avec une telle faveur ses premiers essais, qu\u2019il traduisit Y Imitation tout entière, puis l\u2019office de la Sainte-Vierge, les sept psaumes de la pénitence, et enfin toutes les hvmnes du Bréviaire romain.Ce n\u2019est peut-être pas toujours le Corneille du Cid et do Polyeucte, mais c\u2019est toujours le grand Corneille; écoutez ces quelques strophes de l\u2019hymne des Matines : Tandis que le sommeil, réparant la nature, Tient enchaînés le travail et le bruit, Nous rompons ces liens, ô clarté toujours pure 1 Pour te louer dans la profonde nuit.Que dès notre réveil notre voix te bénisse, Qu\u2019à te chercher notre cœur empressé T\u2019offre ses premiers vœux, et que par toi tinisse Le jour par toi saintement commencé ! Nous t\u2019implorons, Seigneur, tes bontés sont nos armes, De tout péché rends-nous purs à tes yeux; Fais que t\u2019ayant chanté dans ce séjour de larmes, Nous te chantions dans le repos des cieux ! Ces accents étaient les sentiments de son cœur, la prière remplissait sa vie et quand il fallut mourir, il s\u2019en alla dans la paix.Je vais terminer, messieurs, et je voudrais le faire par quelques paroles exclusivement sacerdotales et qui s\u2019adressent directement à vos âmes.Saint Augustin, chargé de chefs-d\u2019œuvre, se trouva un jour inquiet sous leur poids.Il les cita longue- 4 PARIS-CANADA ment et sévèrement à sa barre; puis il prit la plume et écrivit le plus beau, le plus touchant de ses ouvrages, le livre de ses confessions, le livre de son repentir.Messieurs, ce sont là les procédés de l'honneur et du génie.Il y a ici une foule d\u2019hommes considerables à qui Dieu a départi, à mains pleinement ouvertes, les dons de l'intelligence et les fortes facultés.Au milieu des agitations d'un siècle sans repos, s\u2019il était arrive à quelqu\u2019un d\u2019entre eux de laisser tomber de ses lèvres, de sa plume, de sa vie.quelque parole, quelque écrit, quelque acte que sa conscience ne pùt absoudre, qu'il se rappelle maintenant le noble, le glorieux privilège que Dieu a accordé à l'homme, et à l\u2019homme seul, le pouvoir de se repentir.Messieurs, c\u2019est une pensée de foi qui vous a amenés ici; dans quelques instants Jesus-Christ va s'élever au-dessus de vos tètes, et devant sa douce majesté, vous inclinerez vos fronts.Ah ! qu'à ce moment solennel s'échappe de vos cœurs un cri, une prière, une espérance, souvenez-vous alors de cette parole que Jésus-Christ a répétée dans le saint Evangile : « Celui qui se tourne vers moi, je ne le repousserai jamais.^ Après la messe, la foule s\u2019est écoulée dans le plus parfait recueillement.LES MIETTES DE L'HISTOIRE Jalleyf^and Un curieux portrait de Talleyrand, extrait du troisième volume des Mémoires du baron de Vitrolles.qui vient de paraitre : Un jour, j\u2019étais seul chez le prince de Talleyrand, et je pourrais en retrouver la date : la place Louis XV et les rues adjacentes étaient encombrées d\u2019une foule immense.Elle assistait, sans se passion- ! ner beaucoup, à une lutte où les armes étaient des ! parapluies, auxquels se mêlaient bien quelques j bâtons.Les champions se poussaient et se repoussaient vers le pont Louis XVI : les uns criant : Vive j le roi ! les autres : Vive la charte ! Ce tumulte avait fermé les portes de l'hôtel de M.de Talleyrand, et nous fûmes seuls plusieurs heures de suite.Nous regardions de temps en temps, à travers les carreaux de la croisée, cette poussée qui n'avançait ni ne reculait beaucoup.Tout à coup, il m'interpella sans préambule.\u2014 Avez-vous remarqué, me dit-il, que, en examinant les époques diverses, on trouve toujours un homme qui, par un rapport particulier entre son caractère et celui de son temps, devient le tvpe et pour ainsi dire le représentant de son siècle?Je ne parle pas de Léon X.de Louis XIV ; je le prends dans une acception plus restreinte.Il est des traits auxquels il est facile de reconnaître ces figures plas- .tiques.Le public s'en occupe : on sait les anecdotes de leur vie ; il est de bon ton de les connaître ; on veut savoir ce qu'ils pensent, on cite leurs bons mots.Eh bien, voyez-vous, il y a toujours un homme comme ça.Ainsi de notre temps, ou à peu près, nous avons eu M.de Choiseul ; apres lui, le duc d'Orléans i Philippe-Egalité».C'est autour de ces hommes qu'on trouve la véritable histoire de leur époque.C'est ainsi que, pour tracer la figure de ces temps, j\u2019ai écrit deux volumes des Mémoires de M¦ le duc de Choiseul, j'ai fait ensuite un volume sur le duc d'Orléans, et puis j\u2019ai écrit mes Memoir res.Et il partit de là pour aller chercher quelques grands cahiers, dont il me lut peut-être soixante à quatre-vingts pages.Telle fut l'occasion de la première lecture de ces fameux Mémoires.Il fut probablement sensible au plaisir que j\u2019en témoignai, car, dans la suite, il chercha plusieurs fois à reprendre cette communication.Il choisissait dans les différentes époques des morceaux de longue haleine : dans le ministère de M.de Choiseul, c\u2019étaient toutes les intrigues qui avaient amené Mme du Barry, son influence politique, où son perruquier jouait un rôle à côté de Louis XV.En parlant de l\u2019époque du duc d'Orléans, il peignait d\u2019une manière piquante les ridicules de la société philosophique prise sur le fait chez M.Voyer d\u2019Argenson, M.de Tracy, le baron d\u2019Holbach et autres.Enfin, dans ses propres Mémoires, des passages remarquables, au nombre desquels était l'histoire de la grande intrigue d\u2019Erfurth, que j\u2019ai rapportée plus haut.Alors, il souriait malicieusement.\u2014 Vous le savez, disait-il, tout le monde a sauvé la France, puisqu'on la sauve trois ou quatre fois par an ; mais voyez-vous bien, à Erfurth, j\u2019ai sauvé l\u2019Europe d'un complet bouleversement.Une autre lois, il mettait sous mesveux le tableau de l'arrivée de Ferdinand et de son frère à Valençay.Les details de leur séjour, les traits ridicules de leur ignorance de toutes choses, fruits d'une éducation à la Philippe 11.étaient peints avec une grâce, une finesse charmantes.En éprouverais-je la même impression si je les relisais aujourd\u2019hui ?Je ne sais, peut-être la manière de dire v serait ; elle n'était pas celle d\u2019un autre, ni étudiée à une bonne école ; mais il accentuait fort bien ce qu\u2019il voulait faire ressortir dans ses phrases : et quand j\u2019ai voulu l imiter, je n'y ai pas réussi.Nos lecteurs nous sauront gré de reproduire encore la page suivante, relative au procès du duc d\u2019Enghien.C\u2019est là un document historique du plus vif intérêt : Dans les difficultés que la Restauration présentait à M.de Talleyrand, la fatale catastrophe du duc d\u2019Enghien n'était pas la moindre.Et quand il aurait pu étouffer les voix qui l\u2019accusaient d\u2019avoir le premier provoqué cette épouvantable violation de tous les droits humains et divins, sa position de ministre des relations extérieures et les lettres qu'il écrivit, en cette qualité, pour justifier l'horrible assassinat prouvaient assez sa participation à ce crime.Gomment pouvait-il se trouver en face du père et du grand-père de la victime immolée.M.le duc de Bourbon, tant que vécut M.le prince de Condé son père, ne vint à Paris que par moment pour faire sa cour au roi ; il est facile de comprendre la répugnance que lui inspiraient des lieux chargés de si cruels et si sombres souvenirs.A la mort de son père, M.le duc de Bourbon fut obligé de s\u2019établir en France ; ce contact embarrassait assez l'ancien prince de Bénévent.et il lui importait d\u2019accommoder sa position avec le père du duc d\u2019Enghien.Il n'en avait pas encore trouvé l\u2019invention, lorsqu\u2019une personne dont le mari se trouvait malheureusement et bien injustement impliqué dans ce drame lugubre, consulta M.de Talleyrand sur ce qu'elle pourrait faire pour effacer de la pensée du prince toute idée préjugée d\u2019une odieuse complicité.Elle consentait bien à supporter le poids de la calomnie vis-à-vis d\u2019un public qui accepte le mal par légèreté, ignorance ou inclination ; et même vis-à-vis du roi et des princes parce qu\u2019on aurait pu croire qu\u2019elle attachait quelque intérêt à cette justification tardive.Mais vis-à-vis du malheureux père, il en était tout autrement ; son cœur saignait à l\u2019idée qu'il pouvait accuser d'une semblable infamie un homme d'honneur qui en était innocent.M.de Talleyrand, qui voulait que personne ne se justifiât quand il ne s\u2019était pas justifié lui-même, et qui jugeait qu'un complice de moins aggraverait l\u2019inculpation contre lui, détourna cette dame de toute démarche.Vous aurez beau faire, disait-il, c\u2019est pour eux une idée fixe, ils y sont entêtés et rien de ce que vous feriez en ce sens ne réussira.\u2014 Cependant, reprit cette noble femme, s\u2019il était seulement possible d\u2019éclairer M.le duc de Bourbon, si on pouvait lui soumettre les faits, lui faire connaître la 'vérité par une personne intime.Il y a bien auprès de lui cette madame de Feuchères.\u2014Ah ! reprit M.de Talleyrand, Mme de Feuchères.Fi donc! penseriez-vous à descendre aussi bas I A peu de jours de là, M.de Talleyrand avait dépisté, parmi les ultra fidèles qui n\u2019étaient rentrés qu'avec le roi, le comte Alphonsede Durfort.Celui-ci avait vécu à Londres dans une sorte d'intimité avec M.le duc de Bourbon par la conformité de leurs goûts et de leurs habitudes.Nous fûmes fort étonnés de le voir tout à coup impatronisé chez le grand chambellan ; il y était attiré, recherché.Il trouvait la maison fort bonne et le vin de Champagne excellent.On l'admit à une sorte de confiance et son engouement alla jusqu\u2019à croire le roman que M.de Talleyrand avait échafaudé avec une audace qui montrait bien son mépris pour une race aussi crédule.On avait dit dans le temps, et il passa pour constant, que le duc d'Enghien avait reçu une lettre pour le prévenir des dangers qui le menaçaient.Que le fait fût vrai ou faux, M.de Talleyrand s\u2019en empara; il affirma que c\u2019était lui-même qui avait dicté cette lettre et l\u2019avait fait parvenir à temps pour le salut du prince, s\u2019il n\u2019en eût pas méprisé l\u2019avertissement.Le comte Alphonse de Durfort allait au devant d'une conviction qui lui donnait une sorte d\u2019importance ; mais il fallait la faire partager à M.le duc de Bourbon.Personne n\u2019osait prononcer devant ce malheureux père un nom, source de tant de larmes.Mme de feuchères pouvait seule l\u2019entreprendre; le comte de Durfort ménagea cette voie qu\u2019on ne trouvait plus honteuse.On entoura de soins, de prévenances, de cajoleries celle que la veille, on appelait une courtisane.M.de Talleyrand et Mme la duchesse de Dino obtinrent la faveur de la voir, de 1 entretenir, et elle lut reçue chez eux comme si elle eût été la princesse de Condé.\u2014 C'est ainsi que le tour tut joué, et la manœuvre réussit au point que le malheureux père mit sa main dans celle de M.de 1 alley rand, bien convaincu que non seulement il n\u2019y avait rien à lui reprocher, mais même qu\u2019il lui devait une véritable reconnaissance.REVUE Le Matin publie le compte rendu d\u2019une entrevue qu\u2019un de ses rapporteurs a eu avec M.Simon, ancien consul de France à Fou-Tchéou.Voici un curieux passage de cette entrevue : \u2014\tVous avez, monsieur, résidé en Chine comme consul de France à Fou-Tchéou.Vous êtes-vous éloigné du littoral et connaissez-vous l'intérieur du pays ?\u2014\tAssurément.Avant mon consulat, j\u2019étais chargé d une mission par le ministère de l\u2019agriculture et je suis allé jusqu'à la frontière du Thibet.\u2014\tAvez-vous été inquiété dans vos voyages ?\u2014\tJamais je n'ai eu la moindre difficulté.J\u2019ai toujours été entouré d\u2019égards supérieurs à ceux \"que mon rang officiel m\u2019assignait.\u2014\tA quoi attribuez-vous cela ?\u2014\tAu soin que je prenais de rendre visite aux lettrés dans chaque localité.Les lettrés ont une influence considérable en Chine, où tout le monde passe par l\u2019école.Ce sont eux qui font l\u2019opinion.Ma démarche me conciliait immédiatement les populations.Pour me faire honneur pendant mon séjour, on rendait la justice en mon nom.C\u2019est un usage courtois vis-à-vis des étrangers de distinction.On m\u2019amenait les condamnés et on les graciait sur ma demande.Tel était l\u2019esprit d\u2019hospitalité des pays que j\u2019ai visités, que maintes fois des notables se sont mis spontanément à mon service au cas où j\u2019aurais manqué d\u2019argent.« Vous êtes depuis longtemps parti de Shangaï, me disaient-ils, puisez dans ma bourse.» Naturellement je refusais, mais souvent les visiteurs déposaient à mon insu dans ma maison quelques lingots d\u2019or que je leur renvoyais aussitôt que je m\u2019en apercevais.Voici en quels termes le Figaro raconte le déplorable incident dont l\u2019église de Saint-Nicolas des Champs a été lundi le théâtre.On sait le différend qui existe entre la Ville de Paris et la fabrique de Saint-Nicolas.La Ville ne veut ni reconstruire le presbytère qu\u2019elle expropria, il y a vingt-cinq ans, ni les sacristies qu\u2019elle veut démolir présentement, pour la régularisation de la rue Cunin-Gridaine.La fabrique n\u2019a pas d\u2019argent, ne sait où installer les meubles des sacristies.La Ville a bien mis à sa disposition un terrain au chevet de l\u2019église, mais les devis des constructions s\u2019élèvent à 123,000 francs.L\u2019honorable M.Rivié, curé de Saint-Nicolas, et son conseil ont reculé, épouvantés devant cette dépense.Ils ont attendu l\u2019arrêt de la Cour d\u2019appel et la décision du conseil d\u2019Etat, juridictions devant lesquelles ils sont à la fois en instance.L\u2019administration municipale se montre plus pressée que la justice, et avant-hier lundi, à deux heures, comme c\u2019était annoncé, M.Albert Callet, inspecteur-régisseur des maisons communales, s\u2019est présenté à Saint-Nicolas des Champs,pour prendre possession des sacristies.M.le curé était assisté de M.Moron, ancien négociant du quartier, trésorier de la fabrique. PARIS-CANADA 3 \u2014 Voulez-vous nous montrer vos pouvoirs ?ont dit ces messieurs à l\u2019inspecteur-régisseur.\u2014\tJe n\u2019ai que ma carte, a répondu ce dernier, assez interloqué, au milieu d\u2019une assez grande affluence de journalistes et d\u2019ecclésiastiques.L\u2019entretien s\u2019est poursuivi dans un tout petit et étroit cabinet, sans plus aboutir,et M.Albert Callet s\u2019est retiré par devers M.le préfet Poubelle.M.Rivié, curé de Saint-Nicolas, est de haute taille, les cheveux argentés, la physionomie fine et sympathique.La plus grande partie de sa carrière s\u2019est écoulée à Saint-Roch et à Saint-Thomas d\u2019Aquin où il a laissé les meilleurs souvenirs.Depuis neuf ans que le cardinal Guibert l\u2019a placé à la tète de cette paroisse, il n\u2019avait jamais entretenu ses paroissiens des difficultés pendantes avec la Ville.Dimanche dernier, il fallut bien qu'il s\u2019exécutât.La presse avait discuté vivement les projets de l\u2019administration.Il déclara à ses paroissiens qu\u2019il ne résisterait pas.\u2014\tNous nous souviendrons, dit-il, du précepte évangélique : « Si on veut vous ôter votre tunique, offrez aussi votre manteau.» M.Albert Callet, lui, est un homme de q5 à 48 ans, blond coloré, un peu gros.Compromis dans la Commune, il fut détenu pendant trois années à Gaillon.M.Charles Floquet le trouva dans la rédaction des journaux intransigeants et, devenu préfet de la Seine, lui ouvrit les portes de l\u2019administration, où il s\u2019est élevé à la charge qui l\u2019a mis en si grande évidence, hier.Les groupes qui s\u2019étaient formés rue Cunin-Gri-daine et dans l\u2019église même aux abords de la sacristie, devinrent assez menaçants pour que M.le curé Rivié eût recours au commissaire de police de son quartier.Mais, avant son arrivée, les nouvelles couches se donnèrent le plaisir de fumer dans l'église, de se promener dans le chœur, la tête couverte, et d\u2019essayer des contrefaçons sacrilèges des chants liturgiques.Des filles, en cheveux, trouvaient le moyen de marivauder dans les coins avec des messieurs en casquette de coutil.Et que d\u2019égards pour toute cette clique ! Pas un sergent de ville dans l\u2019église.Vers quatre heures seulement, un des inspecteurs qui accompagnaient le commissaire refoula tout ce monde, surtout les couples dissimulés dans les entre-colonnes.A mesure que quelqu\u2019un sortait de l\u2019église, la foule massée et contenue par les agents le saluait par des applaudissements ironiques.Un passant, écœuré de ce spectacle, dit à un de ces agents, assez haut pour être entendu : \u2014\tVous pouvez être sûr qu\u2019ils vous fusilleront à la première occasion.\u2014\tJe le sais bien, répondit l\u2019agent en secouant tristement la tête.L\u2019Angleterre se prépare à célébrer la mise en liberté de Titchborne, du faux Titchborne : Il y a en faveur du Claimant, pseudo Titchborne, deux comités organisés ; le premier est un comité dit de démonstration, le second est un comité dit de soutien.Le second doit fournir au premier les fonds indispensables à l\u2019organisation des réjouissances proposées pour célébrer la sortie du bagne de cette célébrité judiciaire.Le Claimant, dont le procès est à coup sûr le plus curieux des temps modernes, sera mis en liberté le 24 octobre; il aura subi dix années de galères sur les quatorze auxquelles il avait été condamné pour un double parjure.Le comité de soutien n\u2019a encaissé encore que 200 francs, c\u2019est maigre, mais cela n\u2019indique pas qu\u2019au dernier moment les fonds n\u2019afflueront pas.Le comité de démonstration a invité tous ceux qui, depuis dix ans, entretiennent l\u2019agitation de Titchborne, à s\u2019organiser de nouveau et à s\u2019entendre sur les moyens de faire une brillante réception à leur héros lors de sa rentrée dans le monde.En France, ces honneurs rendus à un homme sévèrement frappé par la justice, sembleraient étranges ; ici, ils sont très sérieux, et le triomphe qui lui est préparé ne manquera pas de solennité.Le Claimant exerce au bagne de Portsmouth l\u2019état de charpentier et ce qui confirme ses partisans dans leur opinion qu\u2019ils ont devant eux la victime d\u2019une erreur judiciaire, c\u2019est que, malgré la sévérité du régime de la pénale servitude, le prisonnier a toujours mené une conduite exemplaire et s\u2019est acquis, même au bagne, les sympathies des directeurs et des gardiens.Dans le mois qui précède leur mise en liberté, les condamnés ont une nourriture plus substantielle ; ils peuvent laisser croître leur barbe et leurs cheveux ; ils ont également l\u2019autori- j sation de recevoir des visites.Le Claimant, jadis un colosse, avait beaucoup maigri; il commence à engraisser, mais sa barbe et ses cheveux sont grisonnants.Pour la première fois depuis son incarcération il a vu jeudi son fils aîné qui lui a été conduit par M.Quatermaine-East, un ami dévoué; l\u2019entrevue a été excessivement touchante.M.East a communiqué au Claimant une pétition signée par plusieurs milliers d\u2019habitants de Doncaster qui réclament en sa faveur une libération sans conditions, c\u2019est-à-dire sans qu\u2019il soit soumis à la règle du Ticket of Leave, répondant à notre surveillance de la haute police.Les pétitionnaires de Doncaster priaient en même temps le Claimant d\u2019accepter la candidature d\u2019un siège au Parlement aux prochaines élections; et, cette candidature si bouffonne qu\u2019elle soit, n\u2019eût pas été illégale si l\u2019ex-convict avait été affranchi des formalités du Ticket of Leave, formalités qui durent jusqu\u2019à l\u2019expiration de la peine prononcée.Le Claimant a déclaré ne vouloir rien demander au gouvernement, dont il désire n\u2019accepter aucune grâce; il repousse, en conséquence, l\u2019offre d\u2019un siège à la Chambre des Communes.Son intention est de consacrer sa vie à expliquer à son fils pourquoi et comment il a été injustement condamné; à cet effet, il le prend pour secrétaire et lui fait abandonner la maison de commerce où il était employé.Le nombre de ceux qui sont persuadés que le Claimant est réellement sir Roger Titchborne est beaucoup plus considérable qu\u2019on ne se l\u2019imagine, et je n\u2019aurais pas parié contre son élection.Ce ne sera pas sans doute à Portsmouth qu\u2019il sera libéré ; on le transférera à Londres, et c\u2019est de la prison de Pontonville qu\u2019il sortira à une heure soigneusement tenue secrète.On craint une manifestation trop bruyante, et ce sera vraisemblablement dans la nuit du 23 au 24 octobre que sera rendu à la liberté un innocent persécuté, ou le plus étonnant chevalier d\u2019industrie de l\u2019époque.Après tant d\u2019autres, M.Sarcey a éprouvé le besoin de se raconter.Le voici peint en deux mots par lui-même : Il me semble bien \u2014 et je suis trop vieux aujourd\u2019hui pour ne pas me rendre compte exactement de mes aptitudes et pour me tromper par amour-propre sur ma vocation, \u2014 il me semble bien que j\u2019étais né professeur.Professeur, je l\u2019ai été toute ma vie et plus peut-être encore dans le journalisme que dans l\u2019Université.Ma seule originalité, dans le nouveau métier que j\u2019ai pris et que j\u2019exerce depuis tant d\u2019années, fut justement de porter, au Figaro d\u2019abord, puis dans l\u2019innombrable foule des journaux où je me suis éparpillé, l\u2019esprit et les procédés de l\u2019enseignement universitaire.Je fus dès le premier jour très nettement et très hardiment ce que la nature m\u2019avait fait : un pédagogue au bon comme au mauvais sens du mot.Cela sonna comme une nouveauté, on cria de toutes parts au pion; mais ce pion était quelqu\u2019un.Sous le titre de M.Thiers à Paris pendant le siège, le Moniteur raconte un curieux épisode d\u2019une discussion entre M.Thiers, qui voulait faire la paix à tout prix, et l'amiral La Roncière, qui voulait continuer la guerre encore : La conversation s\u2019était animée.On venait de sortir de table et l\u2019on passait dans le salon pour prendre le café.M.Thiers, irrité de la contradiction qu\u2019il rencontrait, éleva la voix, et d\u2019un ton assez aigre : « Amiral, dit-il, je vous prie de vous rappeler un mot du chancelier de l\u2019Hospital : C\u2019est aux hommes d\u2019épée à faire la guerre, mais c\u2019est aux hommes d\u2019Etat à la décider.» L\u2019amiral était en uniforme; il fit le geste de déboucler son ceinturon en répondant avec vivacité : « Faut-il que je dépose mon épée pour avoir le droit de dire mon opinion devant vous?» M.Thiers comprit qu\u2019il était allé trop loin et il se hâta de dire avec un geste câlin : « Ne jetez pas votre épée, amiral, la France y perdrait trop.» La soirée ne se prolongea pas longtemps.M.Thiers se rendait au Louvre où le gouvernement l\u2019attendait, et les officiers avaient à regagner leur quartier général.En descendant l\u2019escalier, l\u2019amiral se retourna vers ceux qui le suivaient et dit assez haut pour être entendu de tout le monde : « Il est bien pressé de prendre le pouvoir ! » \u2014-¦- h f our le Jour Une anecdote sur Corneille.Dans Tite et Bérénice, acte I, scène II, on lit les vers qui suivent : Faut-il mourir, madame; et, si proche du terme, Votre illustre inconstance est-elle encor si ferme Que les restes d\u2019un feu que j'avais cru si fort Puissent dans quatre jours se promettre ma morti Ils sont difficiles à comprendre.L\u2019acteur Baron, qui jouait le rôle de Domitien, fut de cet avis.Ne sachant comment exprimer une idée qu\u2019il saisissait mal, il alla trouver Molière.Molière avoua qu\u2019il ne les comprenait pas davantage.\u2014\tMais attendez, dit-il à Baron, M.Corneille doit venir souper aujourd\u2019hui avec nous, vous lui direz qu\u2019il vous les explique.Corneille arrive.Le jeune Baron l\u2019embrasse et, sans détour, lui demande l\u2019explication.Corneille réfléchit, puis souriant : \u2014\tJe ne les entends pas trop non plus, dit-il ; mais récitez-les toujours.Tel qui ne les entendra pas les admirera.Les quatre vers furent applaudis.A rapprocher de la gageure d\u2019Arnal qui paria un soir soulever des applaudissements frénétiques et improvisa en scène ce couplet : Tous nos soldats sont remplis de vaillance, Nous avons eu des revers, des succès.Amis, la France sera toujours la France, Et les Français seront toujours Français.Le Gaulois décrit le château de Lude, résidence des Talhouët.Ce château, où le défunt marquis a passé les dernières années de son existence, entouré de l\u2019affection de tous les siens, est un des plus beaux de la contrée : il est en partie gothique et en partie dans le style de la Renaissance.De grosses tours rondes sortent de ses angles.La cour d\u2019honneur est décorée de statues et de pilastres en marbre.La terre de Lude, une des plus considérables de France, a appartenu à Du Guesclin, à titre de baronnie : elle fut plus tard érigée en comté par François Ier et en duché-pairie par Louis XIV.On montre dans le château une chambre qui a été occupée, en 1598, par Henri IV et, en 1619, par Louis XIII ; l\u2019ameublement n\u2019en a pas été changé depuis cette époque.Les armes de Lude sont : d\u2019azur à la croix engrêlée d\u2019argent.Le domaine est, depuis longtemps, dans les mains de la famille de Talhouét-Rov, dont la fortune foncière est des plus considérables.Un personnel de soixante domestiques est nécessaire pour assurer le service dans toutes les parties de cette fastueuse demeure, où des fêtes brillantes ont été données sous Louis-Philippe et sous l\u2019Empire.Le deuil récent survenu dans la famille ne permettra pas de les renouveler de sitôt.Non loin du Lude se trouve la fameuse abbaye de Solesmes, relevée par Dom Guérenger, et où l\u2019on montre les chambres dans lesquelles le comte de Montalembert travailla à sa Sainte Elisabeth de Hongrie, Louis Veuillot aux Parfums de Rome, et M.de Falloux à l\u2019Histoire de saint Pie V.Les boulangers parisiens s\u2019obstinent à vouloir maintenir le prix du pain, malgré la baisse considérable des farines, et vont provoquer ainsi, à leur détriment, le rétablissement de la taxe.Puisque ce sont eux en ce moment qui défrayent la chronique, profitons de l\u2019occasion pour apprendre aux lecteurs ce que deviennent les vieux croûtons de pain.C\u2019est qu\u2019en effet il existe un métier peu connu, celui de marchand de mie et de croûtes de pain.La marchandise première est fournie à ces industriels, principalement par les pensionnats, les collèges et quelques grands établissements de consommation.Tous les morceaux de pain couverts de poussière tachés d encre et de boue, que l\u2019on ramasse dans les réfectoires ou dans les recoins de cours, sont vendus au poids à des marchands surnommés bou- 6 PARIS-CANADA langers en vieux.Ceux-ci procèdent d'abord à un premier triage.Les morceaux de pain encore présentables, préalablement sèches au four et passés légèrement à la râpe, sont vendus à des restaurants d'ordre inferieur pour devenir des croûtes au pot ou pour faire de la panade.La mie et les croûtes trop défectueuses sont battues au mortier, pulvérisées, et forment la chapelure blanche que I on emploie pour paner les côtelettes ou saupoudrer les jambonneaux.11 v a aussi les miettes de pain, dont le boulanger en vieux sait tirer parti.11 les noircit au feu, puis il les pile au mortier et en fait une poudre noirâtre qui, mélangée avec du miel et arrosée de quelques gouttes de menthe, forme une poudre pour les dents.On voit que rien ne se perd à Paris et que l'industrie tire parti des matières les plus intimes.Le jeune comte de Morny vient de donner une spirituelle leçon au conseil municipal.On sait que nos ediles ont débaptisé la rue de Morny pour l'appeler rue Pierre-Charron.M.le comte de Morny, qui v a loué un appartement et qui vient d'y pendre la crémaillère, a fait ses invitations de la façon suivante : M.1 e comte* Pierre Charron a l'honneur de prier M.X.de vouloir bien venir dîner chez lui mardi soir, 5t.rue de Mornv.pas un retrouver J^ES f^OA\\ANS DU ^JoUF^ J'ai lu que\u2019ques romans pendant ces vacances et.soit dit sans offenser leurs auteurs qui sont presque tous des plus huppés, je suis étonne du peu de plaisir que j'y ai pris.J'entends répéter tous les jours \u2014 par les romanciers et même par les perroquets \u2014 que le roman est une forme littéraire essentiellement appropriée à la société contemporaine, et l'expression même de cette société, comme la tragédie, par exemple, était le tvpe littéraire de la monarchie de Louis XIV ; comment donc se fait-il qu'un genre si vivant, si moderne, dans lequel s'incarne et se personnifie notre société, me laisse aussi généralement froid et me donne, pour tout dire, moins dagré-ment que d\u2019ennui : C'est probablement un sens qui me manque ! Malheureusement, je ne suis pas le seul.J'ai observé ce qui se passe dans les familles, j v ai recueilli des impressions, j\u2019y ai entendu des aveux, et il m'a bien fallu reconnaître qu\u2019à l'exception du feuilleton des petits journaux à un sou que s'arrachent les gens du peuple, le roman n'est plus guère recherché que par quelques jeunes gens et par les femmes.C\u2019est un public fort nombreux, j'en conviens, et qui suffît à sa fortune : c'est aussi un public fort aimable et qui a de quoi flatter l'amour-propre des romanciers: mais il faut qu'ils s'en contentent.car en vérité ils n'en ont pas d\u2019autre.J'y ajouterai, s'ils y tiennent, un petit lot d\u2019écrivains ou d'amateurs qui lisent le roman à la mode par curiosité d\u2019artistes ou de dilettantes, pour se rendre compte de ce qu'il vaut et avoir le droit d'en parler.Mais c\u2019est tout! Passé un certain âge.les hommes, les bourgeois, les lecteurs de journaux ne lisent presque plus de romans.Il est très rare dans tous les cas qu'ils consentent à en lire un jusqu\u2019au bout.Le plus renommé ne les intéresse pas.et ils l\u2019abandonnent avant la fin.ou bien ils courent tout de suite à la fin pour l'abandonner encore plus vite.Je confesse que j'en suis là ! Il n'est pas bien difficile de découvrir la raison de cette faveur dont le roman continue à jouir auprès des jeunes gens et des femmes.Ce public spécial \u2014 et charmant \u2014 a beaucoup d'imagination et de sensibilité, il aime les aventures.surtout les aventures amoureuses; enfin il aime l\u2019amour dont les romans sont pleins, et particulièrement l'amour romanesque dont ils doivent être remplis, sous peine de manquer à leur devoir et même à leur nom.Ce qui l\u2019attire et le séduit, dans ce genre de littérature, c\u2019est précisément la place énorme que l'amour y occupe ; c'est que l\u2019amour y est envahisseur et accapareur , encombrant et absorbant.Aussi vous pouvez lui en servir tant qu'il vous plaira, il n'en aura jamais assez.Je connais des plu-massières et des fleuristes qui ont dévoré, pendant leurs repas, des cabinets de lecture tout entiers et qui ont recommencé ensuite.Peu importe que le roman soit faux, mauvais, impossible, pourvu quelles y trouvent ce quelles appellent de la passion.Le roman, c'est l'amour; et 1 amour, c est 1 idéal ! De la cuisine au salon, il règne, et elles ne sont pas près de s\u2019en fati-j guer.A l'inverse, il est permis de se demander pour-| flu°i ce même roman qui amuse tant les hommes ; quand ils sont jeunes, et les femmes toute leur vie, cesse dejMaire aux messieurs qui ont passé un certain age, et perdu, par conséquent, un certain nombre d'illusions.Lh bien ! c\u2019est exactement pour la même raison, à savoir que I\tamour y tire à lui toute la couverture et y tient une place disproportionnée.Oui, à notre' insu, c'est cela qui nous étonne et nous agace ; nous sentons la un excès qui nous dispose mal et finit par nous ennuyer.Des aventures et des amours, toujours ! C\u2019est un peu trop ! Nous nous en sommes aussi régalés autrefois ; mais aujour-d hui nous n accordons plus le même crédit aux unes et nous n attachons plus la même importance aux autres.Ce qui en reste \u2014 s'il en reste \u2014 est évidemment tout ce qu'il y a au monde de moins romanesque et de moins littéraire ; un \u2022 atome, un point dans notre vie ; ou alors malheur dont nous n\u2019aimons l\u2019équivalent dans un livre.I Voilà pourquoi le roman paraît souvent faux et fade aux hommes mûrs, qui ont généralement sous les yeux des réalités toutes différentes de ces chimères.\\ oila pourquoi le rôle que l\u2019amour y joue.et.je le répète, la place qu'il v tient, se présentent à leurs yeux désabusés comme un rôle et une place de convention, une sorte d'usurpation sentimentale et littéraire, où la vérité n\u2019a rien à voir, un mensonge pour les dames.Entre nous, est-ce que 1 amour, tel qu\u2019on le rencontre dans les romans, gouverne notre existence aussi complètement que les romanciers veulent bien le dire?Est-ce que vraiment il l\u2019accapare et l'absorbe, d'un bout à l\u2019autre, au point où ils le prétendent ?Et surtout est-ce qu\u2019il v fait autant de bruit qu'il en fait chez eux ?J'avouerai, s'ils y tiennent, qu'envisagé à un certain point de vue, il y exerce une influence énorme et même durable, mais généralement silencieuse et discrète.11 se voile et se tait pour régner.Il préside à beaucoup de nos résolutions, mais sa présence, quand elle est réelle, se trahit moins par des paroles que par des actes.Les vrais héros de roman, les agités, les emballés.les romantiques d'autrefois, les Antonvs qui poussent des cris et commettent des crimes, sont des exceptions.Nous ne voyons rien de pareil autour de nous.Prenez au hasard dix ou douze familles de votre connaissance et de votre intimité, un rassemblement d'une centaine de personnes, vous y rencontrerez peut-être toutes les variétés de l\u2019amour, de l'adolescent qui rêve au vieillard qui paie, de la fiancée qui sourit à la délaissée qui meurt ; mais vous n'y rencontrerez jamais cette amorosité exclusive, ces combinaisons outrées, et cet infernal, j'allais dire ce ridicule tapage des romans.II\tva.dans la vie, beaucoup d\u2019autres intérêts et d'autres passions que l'amour, auxquels l'amour cède journellement, sans se croire déshonoré pour cela.Lui-même n'a pas toujours et nécessairement cette violence inconsciente que les romanciers se plaisent à lui attribuer.Il n\u2019est pas fatalement l'unique ressort, ni même le principal ressort de tous les drames intimes; il n\u2019est pas fatalement un drame.J\u2019incline même à croire qu'il est beaucoup plus souvent une comédie.Les grands conteurs et les grands observateurs français ou étrangers, Alexandre Dumas, Eugène Sue, Balzac, Dickens, l'ont bien compris, et ils ont mis dans leurs études ou dans leurs tableaux beaucoup d'autres ingrédients aussi humains et dramatiques.Est-ce que l\u2019amour joue le principal rôle et occupe la place principale dans ces chefs-d\u2019œuvre qui s\u2019appellent Monte-Christo ou les Mystères de Paris?Il n v arrive guère que comme incident subalterne ou épisode rafraîchissant.Et dans la Colomba de Mérimée?Et dans cette admirable série des Parents pauvres ?Et dans Eugénie Grandet ?Et dans toute l\u2019œuvre de Thackerav ou de Dic- kens, pour ne parler que des réalistes, car vous me ririez au nez si je prononçais le nom rococo de \\N alter Scott ?Est-ce que l'amour est tout chez ces gens-là ?Le fait est qu\u2019ils savaient garder une mesure, une proportion entre les sentiments divers et les diverses passions dont lame humaine peut être emue, secouée, soulevée, et, dans ces passions memes, une autre mesure et une autre proportion, suivant les temps, les cas et les personnes.Rappelez-vous, dans les Trois Mousquetaires, ces adorables et malheureuses amours de d\u2019Ar-tagnan et de Mme Bonacieux.C'est à peine un chapitre, mais divin.Les deux silhouettes ne font, que passer dans cette délicieuse lanterne magique.Et c'est assez pour nous plaire, c\u2019est assez pour nous attacher à elles sans retour.\\ oilà le secret des forts.La plupart de nos romanciers contemporains \u2014 je ne dis pas tous \u2014 n\u2019en fussent jamais sortis, avant d\u2019étaler à perte de vue sous nos yeux la psychologie complète et pareillement lu physiologie intégrale de cet amour inassouvi.Il est dans leurs habitudes de ne pas nous tenir quittes à moins.De là cet ennui, ou du moins cette fatigue, qui nous vient peu à peu à la lecture de leurs histoires.Le roman le plus naturaliste, par ce fait seul que l\u2019amour y tient trop de place et y mange toutes les passions environnantes, nous paraît empreint d un certain caractère conventionnel qui n'a rien de commun avec la bonne nature et la vie courante.Hélas! malgré ses airs dévorants, c est pourtant lui, le pauvre amour, qui trois fois sur quatre est mangé ! Ce phénomème nécessairement nous frappe et nous ramène toujours à cette réflexion, que la vie ordinaire ne se conduit pas ainsi ; que les romanciers abusent de l'amour, qu'ils le surfont ou le calomnient tour à tour pour le vain plaisir de nous montrer des personnages extravagants ou criminels qui n'ont pas pu lui résister et qui sont devenus ses victimes.Nous remarquons, sans d\u2019ailleurs lui faire tort, et sans méconnaître son pouvoir, qu\u2019il y a bien autre chose que lui, et d\u2019autres forces que la sienne dans la bataille de la vie.Les trois quarts du temps l\u2019amour n\u2019y est qu un hors-d\u2019œuvre ou un dessert aimable dont les romanciers veulent absolument, sans besoin et sans vérité, faire leur plat de résistance.Si nous le trouvons quelquefois lourd et peu digestif, à qui la faute?Il semblerait, à vous lire, que le monde entier ne songe qu\u2019à aimer, autrement dit, à faire une noce éternelle.Je crois que c'est une erreur, ou du moins les hommes d\u2019un certain âge en jugent ainsi, et l\u2019idée qu'ils en ont les empêche de prendre à vos fictions le même plaisir que les ¦eunes gens ou les femmes.Plus j'examine, plus j'observe, et plus ce qu'on appelle une passion romanesque, une passion comme un romancier la comprend, la développe et la peint, me semble, en notre temps, une anomalie et une rareté.Ils ont beau dire et beau faire, le monde reste assez terre-à-terre dans ses manifestations les plus spontanées, et incline beaucoup moins à la tragédie qu'au comique.Nous avons tous, ou nous avons eu, je pense, nos petites affaires de cœur, généralement assez bourgeoises, pour ne rien dire de plus, et dans lesquelles des gens sincères m\u2019ont assuré que la prose faisait ordinairement plus de volume que la poésie.QUIDAM.DESSUS DU PANIER Quillembois veut se marier.On lui parle d\u2019une jeune fille fort bien élevée et fort instruite.\u2014\tElle possède trois langues.\u2014\tTrois ! \u2014\tParfaitement.\u2014\tPeste; on se plaint déjà du bavardage des femmes qui n\u2019en ont qu\u2019une ! Prudhomme à son fils, après avoir lu les détails de la scène d\u2019anthropophagie de la Mignonnette.\u2014 Tu as mangé l\u2019héritage de ton grand-oncle du Poitou, tu as mangé la succession ue ta tante de Normandie, tu as mangé les économies de ta sœur. PARIS - CANADA / Je ne te ferai pas embarquer, pour te punir, sur un bâtiment, tu mangerais le mousse ! Sur la terrasse d'un café du boulevard : Un voyou tout eftiloqué offre aux consommateurs et aux passants des billets de loterie.\u2014\tMesdames et messieurs, un demi-million pour un franc.M.Prudhomme, avec dignité et bonhomie : \u2014\tMon ami, gardez vos billets; je m\u2019intéresse trop à votre position, qui ne me paraît pas très brillante, pour vous priver d\u2019une telle chance de fortune.- -O < CHARADE N° 8.Par Eurêka, dédiée à Bu ri dan.Mon premier est un dur métal, Mon second fut un maréchal, Mon tout une ville Ou bourg, dont l\u2019ancien châtelain Traitait le peuple de vilain; Ce qui n\u2019empèche pas que plus d\u2019un imbécile, Le prenant pour dieu, Voudrait bien lui dresser des autels en ce lieu.Le mot de l\u2019Enigme N° 7 est : FUMÉE.Le mille est de.1,609 mètres L\u2019acre a une superficie de.40 ares, 47 La piastre (£>, divisée en 100 centins, vaut (saut les variations du change) 3 fr.25.Paris, 7 octobre 1884\u2022 BLÉ.\u2014 Marché actif.Nous cotons à 12 h.1/4 : Livrable Octobre.21\t25\tà\t21\t5o \u2014\tNovembre.21\t25\tà\t21\t5o \u2014\tNov.et Déc.21\t25\tà\t21\t5o \u2014\t4 premiers\tmois.21\t5o\tà\t21\t75 Les 100 k.nets, compt.; poids naturel.77 à 75k.à l\u2019hect.Les blés à livrer sont fermes, avec passablement d\u2019affaires ; en clôture, les acheteurs sont rares, mais les prix bien tenus.SEIGLES.\u2014 Les seigles ont quelques demandes sur le rapproché, à des cours en légère hausse.Livrable Octobre.16\t25 à\t16\t5o \u2014\tNovembre.16\t25 à\t16\t5o \u2014\tNov.et Déc.16\t25 à\t16\t5o \u2014\t4 premiers\tmois.16\t5o à\t16\t75 Poids naturel 72 à 70 k.à l\u2019hect., 100 k.nets cpt.AVOINES.\u2014 Les avoines, bien tenues, n\u2019ont que des affaires tout à fait insignifiantes.Livrable Octobre.16\t75\tà\t17\t.\u2014\tNovembre.16\t75\tà\t17 .\u2014\tNov.et Déc.16\ty5\tà\t17 .\u2014\t4 premiers mois.17 25 à 17 5o Poids naturel q5 à 47 k.à l\u2019hect., 100 k.nets cpt Maisons Recommandées UHNcmcNlS D EGLISE DIVISION DES CATALOGUES ILLUSTRÉS QUI SONT ENVOYÉS SUR DEMANDE i Chasublerie, Broderie 2\tLingerie et Vêtements 3\tBronze et Orfèvrerie t Ameublement Oriflammes et Tentures 6 Services mortuaires 7\tDons et Secours aux , Eglises 8\tEglises pauvres 9\tBannières pour Sociétés ib Ornements et Vêtements épiscopaux BIAIS AI\\I:; p, *, c.>fr, >x< Fournisseur de N.S.Pire le Pape Paris, 74, rue Bonaparte \u2014 Place Saint-Sulpice, Paris Maison fondée en 1782 ART Tableaux ©t Objets d\u2019art TABLEAUX, EAUX-FORTES, GRAVURES Ancienne maison MARTINET, Jules Hautecoeur, successeur, 172, rue de Rivoli (au coin de la rue de Rohan).AMEUBLEMENTS MEUBLES MÉCANIQUES Dupont.Lits pour malades, 10, rue Hautefeuille.ARTICLES DE VOYAGE Solutions justes.\u2014 I.B.\u2014 Le père Spicace.\u2014 Un vieux soldat.\u2014 Le capitaine Vatan.\u2014 Fais-ta-Malle.\u2014 Ficheclaque.\u2014 Ch.Perplex.\u2014 Pontis.\u2014 Jean de Brives.\u2014 Glair-de-Lune.\u2014 Coquelicot.\u2014 Le capitaine Flamberge.\u2014 Mistenflûte.\u2014 L.Leblanc.\u2014\tB.Sack.\u2014 Gacouna.\u2014 L.Mieu.\u2014 Dupont.\u2014 Louise M.\u2014 A.L.de N.B.\u2014 Espérance.\u2014 Little-Duck.\u2014 Vol-au-Vent.\u2014 Edmond Dantès.\u2014 Durier.\u2014\tBuridan.\u2014 Eurêka.\u2014 Rocambole.\u2014 A.P.Satory.\u2014 Passe-Partout.\u2014 Lagardaire.\u2014 Delphin Zibetta.\u2014 Landry.\u2014 P.b'.La fumée, je le jure, Est bien la fille obscure D\u2019un père lnmineux; Puisqu'on ne l\u2019endure, Pour ne gC-ner personne, Laissant en bas les plus joyeux3 Pendant que la cloche sonne, Elle apaise souvent la colère des dieux.d\u2019artagnan.Solutions justes du Canada pour la Charade n° 6 : V.G.(Québec).\u2014 Le Devineur.(Ottawa).\u2014 Mystère.(Montréal).\u2014J.B.(Montréal).\u2014 Jean-Baptiste.(Montréal).\u2014 Bas-de-Cuir.(Québec).\u2014 Henri G.(Québec).\u2014 P.D.(Ottawa).Prière d\u2019envoyer les solutions aux bureaux du journal, à D\u2019ARBOIS.ATIT\"1 AT T\\T) T7 à Saint-Henri-de-Lévis, une V JUNUnili très BELLE PROPRIÉTÉ d\u2019une contenance d\u2019environ 40 hectares en culture, avec bois, bâtiments de ferme en parfait état et maison d\u2019habitation.Le chemin de fer Québec-Central passe à trois cent mètres de cette propriété.Prix avec facilités de paiement :\t19,000 francs 18 3,6oo).S\u2019adresser pour renseignements détaillés et offres, au propriétaire, M.Jean Paquet, à Saint-Henri-de-Lévis, près Québec (Canada).Ou aux bureaux du journal : 19, rue de Gram-mont, Paris.BULLETIN COMMERCIAL POIDS ET MESURES L\u2019usage du système décimal français est facultatif et légal au Canada.La livre est égale à.okilog.453,59 La tonne à.907 ki\u2019og.Le gallon contient.4 litres, 54 Le minot contient.36 litres, 34 La verge est de.o mètre, 91 Le pied est de.o mètre, 3u Montréal, 2S septembre 1884.Marché tranquille.Peu d\u2019affaires.A Chicago les blés livrables en octobre ouvrent à 8 0,77 3/8 et cotent S 0,76 7/8 plus bas, 8 0,78 plus haut, et en clôture S 0,77, le minot (bushel).A pareille époque,l\u2019année dernière, ils étaient cotés à Chicago 8 0,93 3/8.On cote : BLE.\u2014Canada rouge d\u2019hiver, le minot.S 0,86 Canada du printemps, le minot.S 0,88 Poids légal au minot, 60 livres.SEIGLE.\u2014 Le minot.s 0,64 Poids légal au minot, 5o livres.AVOINE.\u2014 Le minot.S 0,34 Poids légal, 34 livres.ORGE.\u2014 Le minot.S 0,61 POIS.\u2014 Le minot.S o,8i MAIS.\u2014 Le minot.S 0,70 MARCHÉ AUX BESTIAUX PARIS La Villette G oct.Bœufs\t Vaches\t Taureaux\t Veaux\t Moutons\t Porcs gras\t Porcs maigres\t\t\tAMENÉS\t\tVENDUS\t\tINVEND\t\tPOIDS moyen\t \t\t3.207 1 191 234 1.209 19.931 2.450 »\t\t2.566 954 193 1.151 17.881 2.423 »\t\t641 237 il 58 1.050 27 »\t\t354 k.228 375 80 20 80 »\t \tVIANDE NETTE\t\t\t\t\tPOIDS\t\tVIF\t \t\tOe\t\t3e\tt>\t\t2#\t\t3« \tquai.\tquai.\tC\t(ual.\tquai.\t\tquai.\t\tquai.Bœufs.le kil.\t1 68\t1 5i\t\t34\tl 01\t\t.91\t\t.80 Vaches\t\t1 64\t143\t\t24\t.96\t\t.83\t\t.70 Taureaux\t\t1 42\t1 2G\t1 04\t\t.81\t\t.71\t\t.60 Veaux\t\t2 20\t2 .\t1 60\t\t1\t52\tI 16\t\t1 .Moutons\t\t9\t1 76\t;\t42\t1\t\t.87\t\t.67 Porcs gras\t\tï 39\t1 32\t\t27\t.06\t\t.92\t\t.85 Porcs maigres.\t\t\t\t\t\t\t\t\t Peaux de mo\titons :\trases.\t\t\t\t2\t.à\t\t3 ._\t\u2014\tdemi-laine .\t\t\t\t3 50 à\t\t\t4 50 Pointe-Saint-Charles, Montréal, 25 septembre 1884.Le bétail destiné à l\u2019exportation est en baisse de 8 0,00 1/4 par livre en moyenne.Les affaires sont néanmoins assez actives et les prix de fret sans changement.On annonce qu\u2019un des steamers canadiens aménagés spécialement pour le transport du bétail, le Lake-Champlain, après avoirdéchargé sa cargaison,a sombré par suite d\u2019avaries dans les docks de Liverpool.On cote les bœufs de 8 0,04 1/4 à 8 o,o5 et les moutons de 8 o,o3 1/2 à 8 0,04, la livre, poids vif.Le Gerant : Foursin.Paris.\u2014 lmp.Dubuisson, Imprimeur breveté, rue Coq-Héron, 5.Moynat, la maison la mieux assortie et la meilleur marche de tout Paris, 1, avenue de l\u2019Opéra, 5, place du Théâtre-Français.CAFÉS-RESTAURANTS Bruneaux, 24, boulevard Poissonnière, Paris.\u2014 Déjeuner à 3 fr.Dîner à 4 fr.CHEMISES, GANTS, CRAVATES C.Dupré, F.Ysern, 46, rue Vivienne, près le boulevard.DENTS Insensibilisateur Duchesne.Extraction et pose de Dents sans douleur, rue Lafayette, 45.HOTELS Appartements et Chambres très confortablement meublés; à la semaine et au mois.Gervais-Desprez et C°, 18, rue de Choiseul près le boulevard.HABILLEMENTS POUR HOMMES A.Saux, Tailleur, 43, ruelSaint-Augustin, au coin de l\u2019avenue de l'Opéra.LIBRAIRIE LÉOPOLD BOSSANGE, Commissionnaire en Librairie, 6, rue Chabanais.PARFUMERIE COSMYDOR.\u2014 Eau de Toilette sans acide ni vinaigre, aromatique, hygiénique.SAVONNERIE DU COSMÏOOR, entrep.gén.boul.Sébastopol, 53.A.Balmain.\u2014 Parfumerie fine.Savons de toilette Articles de choix.370, rue Saint-Honoré, Paris.Cosmétique au Raisin pour les gerçures des lèvres.L.Pierlot, 55, r.Bonaparte.La boite, 2 bât.,f°,l f.6ô! EAU DE TOILETTE Lait anthéphélique Candès, boulev.Saint-Denis, 26, pour rendre et conserver au teint sa pureté et son éclat'.Elixiret Poudre au Cresson Martial, 119.r.Montmartre.ÏÏYftTfîNF L Eau otla Pommade du Dr JACOMV Il 1 UIJjIxLj arrêtent la chutedes cheveux, empêchent do blanchir, 21, quai Saint-Michel.VINS The International ADEGA Company, 12, rue du Quatre-Septembre.Importation dirocte de tous los vins d\u2019Espagne, de Portugal, de Madère.\u2014 Boissons anglaises.\u2014 Vente à labouteTes et par fûts.\u2014 Dégustation au verre. \"¦MMHMI 1 PARIS-CANADA LE GAULOIS LE PLIS COMPLET ET LE MIKl'X INFORME DES JOl'RN VI X DE PARIS Prix do l'abonnement pour lo Canada l'ni n postale l'a an.72 fr.: Six mois.36 fr.Bureaux a Paris.9.Boulevard des Italiens CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL iS$4 Arrangements d'été 1SS4 Depuis lo 10 mai, les trains do eo chemin de fer circuleront tous les jours, les dimanches exceptes, comme suit : PARTIRONT DE LA POINTE-LEVIS Pour Halifax et Saint-Jean.7.30 A.M.Pour la Rivière-du-Loup et Sainte-Elavie 11.20 A.M.Pour la Rivière-du-Loup.5.15 P.M.ARRIVERONT A LA POINTE-LEVIS Do Halifax et Saint-Jean.7.20 P.M.De la Rivière-du-Loup.1 -30 P.M.De la Rivière-du-Loup.0.00 A.M.Le char Pullman qui part de Lévis, le mardi, le jeudi et le samedi, se rend directement à Halifax, et celui qui part le lundi, lo mercredi et le vendredi so rend à Saint-Jean.Tous les trains ondulent sur l'étalon chronométrique ^ l'Est.D.POTTINGER.Surintendant en chef, Bureau du chemin de fer, Moncton, N.B., avril 1884.B0URG0UIN, DUCHESNEAU & C NOUVEAUTÉS ET MERCERIE Small Ware) IMPORTATEURS 321,\t323, 323, ruo Saint-Paul MONTREAL GUSTAVE R.FABRE Marchands de Fers et de Quincaillerie RUE SAINT-PAUL.- MONTRÉAL LA COMPAGNIE DE et LIGNE DE LA MALLE ROYALE ENTRE QUEBEC ET MONTRÉAL Cette magnifique ligne est composée des steamers de première classe suivants : QUÉBEC ET MONTRÉAL Départ de Montréal, tous les jours, sept heures du soir; départ de Québec,tous les jours, cinq heures du soir.entre MONTREAL, et TORONTO Les steamers CORSICAN, ALGERIAN et CORINTHIAN Un de ces steamers quittera, tous les mardis, jeudis et samedis, le bassin du Canal k 9 heures, et Lachme àl arrivée du train qui part de lagare Bonaventure à midi,pour TORONTO Et les ports intermédiaires, se raccordant directement à Prescott et Broekvllle Avec les cheminsde fer d'OrrAWA, Perth, ARNPRioR,ctc.à TORONTO Avec les chemins de fer qui conduisent à tousles points de l\u2019Ouest.\t___ \u201e J.-B.LABELLE, 13 mai 1884.\tgérant.AGENCE FRANCO - ANGLAISE Pour la Représentation et la Vente des Marchandises Françaises et Anglaises OBJETS D ART, DE LUXE ET.DE HAUTE FANTAISIE à MONTRÉAL (Canada) PLACE VICTORIA.RUE SAINTE - RADEGONDE.8 N B \u2014 Renseignements franco sur demande L.- J.- A.SURVEYER MARCHANDS DE FER ET DE QVIN\u2019CAIU.ERIE Kuo Notre-Dame, MONTRÉAL IE I LIGNE DOMINION De Paris au Canada Depart de Liverpool pour Québec tous les jeudis L\u2019Orégon, Le Sarnia, Le Vancouver Les salons, ainsi que les cabines de lr* classe, se trouvant au milieu du navire.Le Vancouver est éclairé à la lumière électrique dans tou> ses compartiments.Prix de passage : lre classe, de 2GG 70 à 180 fr.Pour tous renseignements et pour les billets de passage, s'adresser à P1TT ET SCOTT.7.rue Scribe, Paris.LA NEW-YORK COMPAGNIE D'ASSURANCES SUR LA VIE FONDEE EN 1815 Fonds de Garantie : 287 Millions ENTIÈREMENT SOUSCRITS MUTUALITE A PRIMES ET ETGAGEM NTS FIXES Les assurés sont seul- propriétaires du fonds de garantie de tous les bénéfices.TARIFS COMPARÉS de la NEW-YORK et des principales autres Compagnies \u2014\u2014 ASSURANCES EN CAS DE DECES RENTES VIAGERES IMMEDIATES avec participation aux I ; payables par semestre bënelices\t.j Rente pour un versement de Primes viagères as-urant 100 f\tlùo fr.Ages\tà la New- York\taux\ti autres C mp «.m .;\t! Ages\ta la New - York hommes\taux autres Compagn.25\t19.89\t22.10 |\tG0\t10 »\t9.02 35\t26.38\t28.40\t70\t13.60\t12.15 45\t37.97\t38.70\t80\t17.60\t15.16 DIRECTION POUR LA FRANCE 19 \u2014 avenue de l\u2019Opéra \u2014 19 PARIS BERTHET & DESMAZIÈRES TAILLEURS Fournisseurs de S M.le Roi «le Suède et do Norwègc AMAZONES, LIVRÉES.\u2014 32, RUE DES PETITS-CHAMPS.APPARTEMENTS MEUBLES % LOUER S'adresser rue de la Boétie, Si, PARIS.FABRE & GRAVEL LIBRAIRES Hue Notre-Dame.\u2014 MONTREAL CONCESSIONS GRATDITES DE TERRES AU CANADA Gâ hectares au Manitoba et dans les territoires du Nord-Ouest 'i0 à Sô hectares dans les autres provinces On trouve à acheter des fermes et des terres en partie défrichées à des prix raisonnables dans les provinces de (Jucher, d Ontario, île la Nouvel le-Ecosse, du Nouveau-Urunsmck, de 1 He du Prince-Edouard et de la Colombie anglaise.Passages à prix réduits.\u2014 Avantages spéciaux offerts aux domestiques.S\u2019adresser pour brochures donnant tous les renseignements relatifs au placement de capitaux, règlements pour la vente des terres, demande d'emploi, taux des salaires, prix des denrées d'alimentation, etc., etc., au bureau du Haut-Commissaire du Canada, 9, Victoria-Chambers, Londres S.\\\\ .M.J.-C.Colnier, secrétaire; M.C.-C.Chipman.secrétaire-adjoint ; ou à M.John Dyke.15, Water-Street, Liverpool, et à M.Hector FABRE, commissaire-général du Canada, 19, rue de G ram mont, Paris.LIGNE ALLAN Paquebots-Poste do Liverpool au Canada DATES DES DÉPARTS DE LIVERPOOL A QUÉBEC Sarmalian Sardinian.Circassian Parisian.Jeudi 2.8 août.\u2014\t4\tsept.\u2014\t11 \u2014 \u2014 18 \u2014 Polynesian.\tJeudi\t25\tsept.Peruvian.,.,\t\u2014\t2\toctobr.Sarmalian.\t\u2014\t9\t\u2014 Sardinian .\t\u2014\t16\t\u2014 Ces vapeurs touchent à Londonderry le lendemain de leur départ pour embarquer les passagers et la malle.PRIX DES BILLETS DE PREMIERE CLASSE Fr.318 15.\u2014 Fr 397 65.\u2014 l'r.477 20 suivant la position des cabines.Sur le Parisian, les prix varient de Fr.397 65 à 557.Les passagers de différentes catégories de première classe jouissent du même salon et de la même table.Les enfants de moins de 12 ans paient demi-place.Au «lessons de 2 ans, ils voyagent gratuitement.Chaque passager adulte a droit au transport gratuit d\u2019un colis n\u2019excédant pas 20 pieds cubes.Le colis qu\u2019il prendra avec lui dans sa cabine ne devra pas excéder jil us de 15 pouces de haut.Les billets de passage sont délivrés contre un acompte de Fr.126 25 ou contre la totalité de leur valeur.Le passager muni d\u2019un billet de retour devra l\u2019échanger contre un nouveau billet avant de retenir son passage.Pour billets de passage, s\u2019adresser à M.Alex.HUNTER, i, rue Gluck, à droite de l\u2019Opéra, Paris; agent de MM.ALLAN brothers C\u201c, 19, James street, Liverpool.PF,INTAKE & PHOTOGRAPHIE D'ART EMILE TOURTIN 8, Boulevard des Italiens, 8 î "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.