Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 octobre 1884, mercredi 15 octobre 1884
[" W1 ORGANE INTERNATIONAL DES INTÉRÊTS CANADIENS ET FRANÇAIS FRANGE Pmx uu Numéro:\tI\tAbonnements: 25 Centimes\t1\tUn an, 12 fr.50\tPremière Année\tNuméro 19 Mercredi 15 Octobre 1884\t\tCANADA Prix du Numéro :\t1\tAbonnements: 5 Contins\t1\tUn an, S 2.50 \u2018PURF.A UX, 3o, rue de Larochefoucauld,\u2018Paris Émile GIROUARD, administrateur FOURSIN-ESCANDE , SECRÉTAIRE l)K LA HtUACTION\tDirecteur : HECTOR\tFABRE\t\u2018PU RE A UX S.MARCOTTE, agent génér AL, QUÉBEC Louis PERRAULT, agent, MONTRÉAL désespéré aux monarchistes.Il leur annonce la tin prochaine de leurs espérances, s\u2019ils persistent dans leur apathie actuelle.Use forme, paraît-il, « un parti conservateur indifférent à la forme du gouvernement, jaloux de l\u2019honneur national, soucieux de tous les intérêts de la France, qui, dégoûté des questions dynastiques, défendra les principes et les intérêts qui lui sont chers, au besoin avec les hommes modérés de la République.» Qu\u2019on y prenne garde, ajoute-t-il, et il rappelle qu\u2019une partie du clergé abandonne la cause de la monarchie.« Combien de fois déjà a-t-il soutenu de ses votes des candidats républicains qui lui offraient des garanties au point de vue religieux ! « Voilà votre œuvre, pouvons-nous dire aux « immobiles »,vous avez réduit les monarchistes à n\u2019étre plus, en fait, que des conservateurs républicains.» La formation d'un parti républicain conservateur, est-ce donc là un si grand péril ?N'est-ce pas au contraire de ce côté que devraient se porter les aspirations des vrais conservateurs?Les conservateurs sont encore en grande majorité en France.S\u2019ils s\u2019entendaient, ils régneraient, en dépit de tous les progrès réels ou factices.Ce qui les perd, c'est qu'ils sont divisés en légitimistes, impérialistes, républicains modérés.Unis, ils seraient irrésistibles.Il n\u2019y a pas au monde de pays plus conservateur que la France.Dans un certain sens, par quelque côté, tout le monde y est conservateur.Le mouvement a une peine énorme à s\u2019y taire sentir et il consterne le plus souvent ceux qu\u2019il agite.Supposez un républicain conservateur accepté par toutes les nuances de l\u2019opinion conservatrice : ne sentez-vous pas que, dès demain, il serait à la tète des affaires ?Prenez, d\u2019un autre côté, un radical, suivez-le, et voyez s\u2019il arrive jamais avant d\u2019avoir cessé, jusqu'à un certain point, de l\u2019ètre.M.Gladstone.« Il s\u2019agit de savoir s\u2019il ne conviendrait pas de donner constitutionnellement une certaine latitude au prince de Galles, qui a fourni tant de preuves de dévouement, de sagacité et de patriotisme, pour qu\u2019il puisse se joindre aux autres souverains lorsque ceux-ci croiront utile de se rencontrer et de conférer entre eux, avec le concours de leurs chanceliers et de leurs ministres.» Prince libéral, le prince de Galles représenterait dans ces réunions souveraines les idées modernes, qui s\u2019y trouvent un peu délaissées.Vraiment, il y a pour les peuples de quoi trembler lorsqu\u2019ils voient réunis, sous l'impulsion du prince de Bismarck, les trois empereurs d\u2019Allemagne, d\u2019Autriche et de Russie.Si le fils de la libérale souveraine qui préside avec une si haute et si rare sagesse aux destinées du plus anciennement libre de tous les peuples, prenait part à ces réunions, ils se sentiraient plus rassurés, et la grandeur comme la paix du monde n\u2019auraient rien à y perdre.M.Edmond About vient de publier une vive critique du régime parlementaire actuel.La conclusion de son article est que le scrutin de liste seul peut corriger les défauts du Parlement et donner un Parlement parfait à la France.Cette extrême confiance dans un rouage particulier chez un homme de tant d\u2019esprit surprend un peu.Y a-t-il vraiment un système qui puisse rendre le député tout à fait indépendant de l\u2019électeur, et le Gouvernement tout à fait indépendant des députés?Puis, si on y parvenait, tout irait-il pour cela sans obstacle?La France, il semble, pourrait se contenter du régime qui a fait la fortune de l\u2019Angleterre , et ce n'est pas dans le remaniement constant de ses institutions quelle trouvera ce qui lui manque.Hector Fabre.A partir d'aujourd'hui 15 octobre, les bureaux de l\u2019Agence du Canada et du journal PARIS-CANADA sont transférés rue de Larochefou-cauld, 30.SOMMAIRE La Semaine à Paris.\u2014 Z8Qotes diverses\u2014 Q/lu Canada.\u2014 Le ZSÇord-Ouest Canadien \u2014 Voyage à la \u2018Paie d'Hudson.\u2014 \u2018Rfvue.\u2022\u2014 La \u2018Dynamite à Québec.\u2014 Le \u2018Dessus du panier.\u2014 \u2018Pulletin commercial.LA SEMAINE A PARIS *Paris, 14 Octobre 1884.La diplomatie chinoise vient de se surpasser par un tour de sa façon.Elle a fait distribuer à toutes les chancelleries de l'Europe un prétendu fac simile du texte de la Convention annexe du traité de Tien-Tsin.Le passage relatif à l\u2019article 2 de la Convention, c\u2019est-à-dire aux délais d\u2019évacuation du Tonkin, y est raturé.En marge, on trouve les initiales du plénipotentiaire français, le commandant Fournier, approuvant les ratures.Cette audacieuse fabrication, aussitôt démentie, a fourni à Rochefort le texte d\u2019un de ces articles à la fois mordants et frivoles dont le succès est d\u2019avance assuré.Le brave commandant n\u2019est point habitué à ce genre d\u2019attaque, plus redoutable que l\u2019assaut de l\u2019ennemi.Il en a été piqué au vif, et l\u2019affaire a fini sur le terrain.Blessés tous les deux en même temps, les adversaires se sont reconciliés, et les voilà amis.De l\u2019affaire, il ne reste qu\u2019un duel de plus à la charge de Rochefort, qui n\u2019en est plus à les compter.Il est étonnant qu avec son genre de polémique et sa mauvaise tête qui l'empêche de revenir sur un trait trop vif, il ne se batte pas plus souvent.Il descend bien de la Fronde, ce gentilhomme querelleur, brave et spirituel.Il aurait fait la guerre à Mazarin, à côté du cardinal de Retz, comme il la fait aujourd\u2019hui aux ministres républicains.Frondeur sous tous les régimes, combattant la République comme il a combattu l\u2019Empire, et raillant Gambetta, Ferry et l\u2019opportunisme, comme il raillait Napoléon III et sa cour: ainsi le veut son tempérament.\"\" Un des meneurs les plus actifs du parti royaliste, qui est en même temps un excellent orateur, M.André Barbes, dans une lettre adressée au Matin Français fait une sorte d\u2019appel ~~~ Le Gouvernement anglais se résigne à son isolement en Europe.Mais la cour de Windsor s'en inquiète.Les souverains se réunissent, délibèrent, décident du sort du monde, comme au commencement du siècle, et n\u2019ont pas l'air de se souvenir de leur ancien et puissant allié.Qu\u2019ils oublient la France, toujours suspecte, et qui est en République, passe encore, mais la monarchique Angleterre, voilà qui est singulier.S\u2019il faut en croire le Mémorial diplomatique, il y a eu depuis quelque temps un échange de vues à ce sujet entre la cour d\u2019Angleterre et NOTES DIVERSES Sir Charles Tapper, haut-commissaire du Canada à Londres, de passage à Paris, part demain pour Londres, où sir John A.Macdonald est attendu samedi.Le lieutenant Farjas, Mme Farjas, le juge-en-chcf Bermudez et Mme Bermudez sont partis samedi par le Canada, en route pour la Nouvelle-Orléans.Inscrits à Y Agence du Canada, 30, rue de Laro- P A H I S - C A N A D A ehefoueauld: M Alfred Duckett.Michigan: le Ué-véreud M.W.p.Smith, New-York ; M.do la Martinière, Uroissv .M.U.-A Maurol.M.II.do Meslc.Paris.M A Philippe.K.l'anet, Ottawa.Los pêcheries que possède le Canada ne sont pas tout os sur lo ijolfo du Saint-Laurent ot 1 Atlantique.Los eûtes du Pacifique po-sèdout a ooi égard des ri hoss< - très appréciables.Le saumon surtout y abonde.La production des établissements de conserves de saumon de la rivière Colombia en I»;' avait été estimée, approximativement sans doute, à 548,520 caisses : le rendement en 1883 a été do 629,438 caisses, ce \u2022 i«ii fait voir assez clairement qu\u2019on se trompait en disant que l\u2019excès de pèche détruit graduellement le saumon dans cette rivière.Voici le détail des expéditions : A San-Francisco\t\t25S.2caU-e- En Angleterre\t\t A New - York\t\t\u202250.97 S Par chemin de fer aux\t Et its de l\u2019Est\t\t20,533 \t020.»3s A cela, si l\u2019on ajoute le rendement des pêcheries de la Californie et de l\u2019Alaska, estimé aux chiffres de l\u2019année dernière (vu que je n\u2019ai pu me pr s I s xactes), c est-à-din ¦ à 210,978 ïaiss s.on aura un total pour la côte du Paeitiquc de 1 .000.70s caisses.1.\u2018achèvement prochain du chemin de fer du Paei-ti iue ne pourra manquer de donner au commerce du poisson de la Colombie britannique une impulsion marquée, en fournissant à cette industrie un iché facile et d vers l\u2019Est et l\u2019Europe, 1 t isj t pouva '\tte s tison de 1 année nu moyen de glacières, ou en hiver d\u2019une façon plus -impie encore.Une rrespondant du Courrier du Canada, de Québec, écrivant delà province d'Ontario,conseille aux cultivateurs de cette province d étendre la culture de la vigne, et de ne pas se 1 lisser décourager par des essais peu concluants et la qualité inférieure des produits La vigne, dit-il, réussit très bien dans le comté d'Essex, it .\t.tat d\u2019Ontario y est favorable.C\u2019est faut de connaissances spéciales de ceux qui ont ieuté l'établissement de vignobles, qu\u2019il faut attribuer le peu de -uecès obtenu ju>qu'h-i.On trouverait facilement en France des centaines de bons \\i_-ner\"U^ qui ne dem m.leraient pas mieux d\u2019aller cultiver la vigne dans Ontario, et contracteraient volontiers des engagements à des conditions modérées.L\u2019émission d'obligations communales du Crédit foncier de France attire en ce moment toute l'attention du public de l'épargne.Les avantages et les facilités que présente cette souscription lui assurent un grand et légitime succès.Ce n\u2019est pas seulement l'attrait de< lots, mais aussi la sécurité absolue du placement qu'envisagent « eux qui dé>i-rent faire entrer un certain nombre de ces titres dans leur portefeuille.Les garanties dont l\u2019obligation communale est entourée, tout le monde les connaît, et il est à peine besoin d'insister >ur ce point; l'obligation est toujour- la représentation exacte d'un contrat de prêt fait aux communes avec l'approbation de l\u2019Etat.h 9 A N A D A L\u2019ouvrage que nous annonçait M.Paul Sau-nière dans sa très aimable lettre vient de paraître chez Dentu, sous le titre A travers C Atlantique.C\u2019est un agre:able récit de voyage, gai, spirituel, d'une convenance parfaite.L'auteur s\u2019y montre très sympathique aux Canadiens-Français.Nos lecteurs en jugeront par un ou deux chapitres que nous empruntons à cet intéressant ouvrage.Vendredi a 7 juin 1XX4.Le matin je reçois une lettre ainsi conçue ; M.H.Beaugrand, président du comité deréception de la Presse, prie M.Paul Saunière de- vouloir bien lui faire l\u2019honneur de sa présence à une conversation, ehez lui, vendredi, i~ juin courant, de S à 11 heures du soir.Que cela ne vous étonne pas trop, cher lec-j tour, l a plus grande partie des journaux canadiens se publiant en français, ce sont les romanciers français qui font les frais du feuilleton.A ce titre, et comme j'ai pas mal de volumes sur la conscience, j\u2019ai l'honneur d'etre connu au Canada bien plus que je ne le crovais moi-même.Malheureusement pour nous, pauvres gens de lettres, ainsi que cela arrive du reste dans une foule d autres pays, nous sommes pilles impunément sans profit, sinon sans gloire; ces reproductions ne nous sont pas payées, bit.comme je reprochais a 1 un des rédacteurs de journaux de Québec cette infraction a la loi de la propriété litté-raire : Au contraire, me répondit-il, la France et la Société des gens de lettres devraient nous remer-cier.t.est grâce à nos journaux, et à vos feuilletons surtout, que nous entretenons au Canada le goût de la langue française et que nous lui I conservons son indépendance.C'est bête comme tout, mais je n'ai rien trouvé à répondre.Il n'y a pourtant aucune illusion à se taire sur le Canada.Alors même qu\u2019il sedébar-rasserait du protectorat purement platonique de l'Angleterre, il ne voudrait pas retourner à la France, malgré les sympathies qu\u2019il a pour elle, il aimerait mieux garder son indépendance.11 ne se gène pas pour le dire et ce n\u2019est pas moi qui i'en blâmerai.Ln recevant la lettre de M.Beaugrand, qui est en outre directeur de la Patrie, le plus important des journaux de Montréal, je me promettais bien de me rendre a son invitation.La curiosité m\u2019y poussait plus que touteautre chose, car j\u2019étais très fatigué et nous devions partir le lendemain pour le Niagara.Je n\u2019étais pas le seul d\u2019ailleurs à aspirer au repos.Personne à bord ne voulait sortir avant déjeuner.Nous attendions M.Perrault et M.L.qui arrivèrent à midi avec une exactitude toute militaire.Après avoir causé de tout, du Canada, de la France, de Paris surtout, nous buvons à la santé des deux pays.Nous nous disposions à monter en voiture lorsque, devançant l'invitation qu\u2019il nous avait faite, M.Beaugrand arriva.Encore un homme charmant, instruit, distingué, et tout prêt à nous être agréable.Avant que nous ayons ouvert la bouche, il nous offre ses services, en attendant l'heure à laquelle M.Perrault nous a ménagé une réception à l\u2019Hôtel de Ville \u2014 et quand je dis réception vous verrez tout à l'heure que je n'ai rien exagéré.De son côté, M.Beaugrand nous propose d'assister à la manœuvre d\u2019une pompe à incendie.Nous avions si souvent entendu parler de la manière dont ce service est organisé que nous acceptons par acclamation.Nous sautons en landau et nous partons.Je sais bien qu'un vieux cliché, trop souvent rabâché par les vieilles perruques, veut que notre pays « marche à la tête de la civilisation et du progrès ».C\u2019est peut-être vrai en art et dans certaines branches de l\u2019industrie, mais c'est un contre-sens et un barbarisme dans presque tous les autres cas.J'engage donc le Conseil municipal de Paris et le colonel des pompiers à faire un voyage en Amérique, pour méditer sur ce que je vais raconter et s\u2019assurer que je n'ai pas menti d\u2019un iota.Ils conviendront a ors avec moi qu\u2019en fait de services d\u2019incendies Paris est un enfanta côté de Montréal et de New-York.Nous pénétrons dans le poste, qui est un grand vestibule couve t et dallé.Au milieu, juste en face de la porte de sortie, est placée la pompe.On nous avertit qu on va donner le signal et on nous prie de faire attention.Un homme est là, le long du mur de gauche, devant une petite batterie électrique imperceptible.Il appuie sur un bouton qui met en mouvement la sonnette d'alarme.Aussitôt deux magnifiques chevaux noirs, sor- tis des écuries que nous apercevons, viennent au grand trot se ranger d'eux-mêmes à gauche et à droite du timon.En même temps, deux hommes arrivent, et leur passent les mors dans la bouche.L'homme qui est devant la batterie pousse un autre bouton, qui déclanche les ressorts auxquels les harnais sont suspendus immédiatement au-dessus des chevaux ; le harnais tombe, les chevaux sont attelés instantanément, la porte d'entrée s\u2019ouvre pour les laisser passer et la pompe sort.Devant ce spectacle magique nous restions stupéfaits.La chose avait été faite avec une telle rapidité, qu\u2019à peine pouvions-nous nous en rendre compte.Je demandai qu'on voulût bien renouveler 1 experience\u2014ce à quoi le chef du poste se prêta le plus complaisamment du monde \u2014 et l'on reconduisit les chevaux à l'écurie, après avoir remis les harnais en place.Cette fois j'avais lire ma montre.Je donnai le signal.En hi it secondks c\u2019était fini ! ! ! Je vous le disais bien, messieurs les membres du Conseil municipal ; au lieu de vous chamailler et de politiquer sans cesse, installez donc à Paris un service semblable, et tout le monde applaudira, car vous aurez réalisé un progrès qui semble positivement appartenir au domaine de la féerie.Et ce n'est pas tout, vous allez le voir, si vous avez la patience de me suivre à F Hôtel-de-Ville.Nous y allons, en effet, très impressionnés de ce que nous avions vu.M.Perrault nous accompagne.Sur le perron, comme s'il s'agissait de recevoir une ambassade, nous attendait M.Jacques Grenier, échevin, président de la Commission des finances de Montréal.Avec une grâce parfaite, il commence par s\u2019excuser d'être obligé de remplacer le maire absent, qui se serait fait un devoir de nous faire les honneurs de sa maison.Je ne sais pas ce qu'aurait fait le maire, mais il faut que je rende un légitime hommage à 1 urbanité, a l'empressement et surtout à la patience de M.Grenier.Malgré ses cheveux blancs, il est vif, alerte comme un jeune homme et galant comme un grand seigneur.Nous pénétrons d'abord dans un hall immense, au pied duquel se trouve un large escalier de bois et autour duquel règne une galerie circulaire.M.Grenier nous fait parcourir alors successivement tous les services et tous les bureaux.Partout il nous présente à des chefs de service et partout nous recevons l'accueil le plus flatteur.Quand nous entrons dans la salle des séances du Conseil, il fait asseoir sur le trône Mme NE., qu\u2019il a accaparée et à qui il fournit les explications les plus détaillées.Il nous conduit enfin dans la section de la police et nous présente au chef de la sûreté.Bureaux, corps-de-garde des policemen, cachots, nous visitons tout.Nous trouvons d ms une des cellules une jeune femme qui dormait à poings fermés sur le lit de camp.Elle avait été arrêtée pour cause d'ivresse.\u2014 Oh! pauvre femme! s écr.a Mme M.Est-ce qu\u2019on ne pourrait pas lui rendre la liberté?\u2014 11 suffit que vous le demandiez, madame, répond gracieusement M.Grenier, pour que votre désir soit accompli.Aussitôt il ordonne qu'on ouvre la grille qui sert de porte à la prison.\u2014 C\u2019est à madame que vous devez la liberté, dit-il à la prisonnière ébahie.Et nous partons.Mais je n en ai pas fini avec FHôtel-de-Ville, et j\u2019ai gardé pour la bonne bouche la description de la salle et de la batterie électrique, destinées à signaler les incendies.Cette batterie, aux ramifications innombrables, correspond avec l\u2019église Notre-Dame et met en mouvement un tocsin qui avertit la ville entière, en même temps qu\u2019un registre de signaux, tour à tour indépendants ou simultanés, selon les besoins, désigne ù chacun des postes de la ville le quartier dans lequel le feu a éclaté.En vingt minutes \u2014 jamais plus, dit M.Grenier, en insistant sur PARIS-CANADA ces deux mots \u2014 les pompes sont arrivées, ont fonctionné et l\u2019incendie est éteint.Deux hommes suffisent, l\u2019un à manier, l\u2019autre à entretenir ce merveilleux appareil.Les piles électriques qui le font mouvoir sont dans une salle voisine, située sous les toits, et y occupent, il est vrai, un emplacement considérable; mais jamais grenier a-t-il été mieux utilisé?Le digne échevin aurait voulu nous donner la représentation générale de la manœuvre des pompes de la ville entière et les faire venir sous nos yeux sur la place de l\u2019Hôtel-de-Ville ; mais un grand incendie avait eu lieu la veille, les pompiers étaient restés sur pied toute la nuit, ils étaient fatigués et ils avaient le lendemain une grande revue à passer.Il s'est fort excusé de ne pouvoir pas nous donner ce spectacle.A côté des plus belles et des plus grandes choses, il y a les petites qu\u2019il ne faut pas négliger, car elles présentent le pays sous son véritable aspect.C\u2019est ainsi que dans ce magnifique palais nous avons lu l\u2019avis suivant : Parties arc requested not to soil the floors of this building with tabacco juice.Ce qui signifie en bon français : Le public est prié de ne pas salir les parquets de cette maison avec le jus de tabac.Il faut bien en conclure qu\u2019on chique beaucoup au Canada et qu\u2019on ne s\u2019v gène guère pour cracher.C\u2019est, du reste, bien pis encore aux Etats-U nis.En sortant de l\u2019Hôtel-de-Ville, nous allons visiter le Hunting-Club de Montréal.C'est le rendez-vous de chasse de tous les sportsmen du pays, et c'est M.Beaugrandqui nous y présente.Dans l\u2019écurie, on nous fait voir un objet assez original : c\u2019est une étrille mécanique pour panser les chevaux.Le chenil est bien tenu, la meute est assez belle, mais pour quiconque a vu une installation française ou anglaise, celle-ci n\u2019otfre pas grand intérêt.Ce qui est vraiment curieux, c\u2019est la salle de bal.En y pénétrant il m\u2019avait semblé que le plancher cédait sous notre poids.\u2014 Mais cela remue ! m\u2019écriai-je en m\u2019arrêtant.\u2014 Vous ne vous trompez pas, me répondit M.Beaugrand, le parquet de cette salle est posé, ou plutôt suspendu, sur cinq cents ressorts de voiture.\u2014 De cette façon, ajouta-t-il en souriant, ceux qui ne peuvent pas danser en mesure sont forcés de la suivre malgré eux.Quel dommage pour le coup d\u2019œil qu\u2019on n\u2019en puisse pas faire autant à Paris ! Nous sortons en riant du Hunting-club et nous acceptons sans façon le five o'clock que nous offre M.Beaugrand, en attendant l\u2019heure du dîner.11 nous introduit dans un intérieur charmant, très artistique, encombré de photographies que toutes les illustrations de passage è Montréal lui ont laissées.Nous lunchons au champagne, nous bavardons, si bien que l\u2019heure de se séparer arrive, sans que nous nous en soyons aperçus.Avant de partir, nous prenons d\u2019assaut un magasin, dans lequel nous nous approvisionnons de canaës, de raquettes, de mocassins, enfin d\u2019une foule d autres objets spéciaux, exclusivement fabriqués au Canada et qu il est impossible de se procurer ailleurs.Nous remontons à bord pour y prendre notre dernier repas.Ce soir nous quittons la Nubienne, qui part demain pour New-York, où nous devons la retrouver.Quant à nous, nous prenons place à 11 heures dans un wagon Pulmann, en destination de Toronto.Ici encore nous devons un large tribut de remerciements à M.Perrault et à M.L.Toutes les places de sleeping étant retenues d\u2019avance nous aurions été forcés de passer la nuit dans un wagon ordinaire, où l\u2019on est fort mal quand il s agit d un long trajet.Ces messieurs nous ont épargné cette douleur.Grâce à leur personnalité et à leur insistance on a fait venir un wagon de Richmond.Adieu Montréal ! Et merci à vous tous qui nous avez accueillis avec tant de franchise et de générosité.Puissent ces lignes obscures vous tomber un jour sous les yeux, pour vous prouver combien est sincère notre reconnaissance et chaleureux les souvenirs que nous emportons! U EST Un de nos confrères de Montréal a eu avec M.Desjardins, au retour de son voyage d\u2019études dans les nouveaux territoires du Nord-Ouest, en compagnie d\u2019un certain nombre de membres de l\u2019Association britannique pour l'avancement des Sciences, une importante conversation que nous nous empressons de reproduire.M.Desjardins est un des membres les plus influents et les plus distingués du Parlement canadien; il est aussi le président de la Banque Jacques-Cartier, de Montréal, et à ce titre ses appréciations au point de vue économique ont une compétence qui égale l\u2019élévation de ses vues politiques.Les savants anglais qui avaient pris part à l\u2019excursion du Nord-Ouest sont revenus samedi, et plusieurs d'entre eux sont déjà repartis pour l\u2019Europe.Ils étaient au nombre d\u2019une centaine environ.Ils ont été accompagnés dans leur voyage aux Montagnes Rocheuses par M.Crawford, secrétaire général du comité; M.Alphonse Desjardins, député d\u2019Hochelaga ; l\u2019évêque anglican d\u2019Ontario, le professeur Sehvyn, M.Dawson et M.Macoum, explorateur officiels.L-ïs excursionnistes, partis de Montréal le jeudi 4 septembre, par un train spécial que la Compagnie du Pacifique avait mis à leur disposition, passèrent leur journée à Toronto et furent l\u2019objet d\u2019une réception officielle de la part du Conseil de Ville.De Toronto, ils se rendirent à Owen-Sound, d\u2019où l\u2019un des steamers du Pacifique les transporta à la baie du Tonnerre.Un de nos reporters est allé voir, hier, M.Desjardins, M.P., pour avoir des renseignements sur cette excursion.Voici le résultat de son entrevue : D.\u2014 Quelles impressions les savants anglais avec lesquels vous avez voyagé ont-ils rapportées du Nord-Ouest?R.\u2014 Ils sont revenus enchantés, enthousiasmés.Ils ne tarissaient pas en éloges sur le pays, ses ressources, les perspectives qu'il offre aux émigrants, aux nouveaux colons.Us se proposent tous de le faire connaître autant qu\u2019ils le pourront en Angleterre.D.\u2014 Que pensent-ils de son avenir?R.\u2014 J\u2019ai longuement conversé avec plusieurs d\u2019entre eux.Les économistes étaient émerveillés.Us considèrent le Nord-Ouest comme le futur grenier de l\u2019Angleterre.Ils l\u2019ont vu, ils se sont renseignés et ils le croient capable de nourrir une population considérable.Or, en Angleterre, ont-ils dit, « le sol ne produit pas la moitié du blé nécessaire.Il nous faut nous approvisionner à l\u2019étranger.La fécondité de notre sol semble même diminuer.Dans ces conditions, combien ne préférerions-nous pas être en mesure de nous procurer en pays anglais l\u2019excédent de grains requis pour notre consommation locale ! Le Nord-Ouest canadien est justement ce dont nous avons besoin.Il vaut mieux que l\u2019Egypte, et nous allons nous charger, pour notre part, de le faire connaître et apprécier de plus en plus.» D.\u2014 Ces messieurs ont-ils fait des allusions politiques à ce propos ?R.\u2014 Oui, assurément.J\u2019ai même pu constater qu\u2019ils étaient devenus partisans de la politique de fédération impériale.Dans leurs conversations, au retour, ils ne se gênaient pas de dire que l\u2019Angleterre pourrait avoir grand besoin, dans l\u2019avenir, d'un pays aussi avancé, aussi riche que le nôtre.Ils sont, par conséquent, d\u2019avis qu\u2019il importe de resserrer los liens qui unissent la métropole à sa colonie Mais ils ne l\u2019entendent pas de la même manière que nous.Nous tenons pour des relations diplomatiques plus satisfaisantes, ils insistent sur une coopération mutuelle dans l\u2019administration politique de l\u2019Empire et des colonies.J\u2019ai vainement représenté à ceux d\u2019entre eux qui m\u2019en ont parlé ce que cette conception avait d\u2019inacceptable pour nous, Canadiens; ils ont persisté à voir la chose au seul point de vue anglais et m\u2019ont quitté avec l\u2019idée que la fédération des colonies était désirable parce que l\u2019Angleterre y trouverait son profit.D.\u2014 A leur point de vue, quel intérêt aurait l\u2019Angleterre à faire entrer le Canada dans cette fédération ?R.\u2014 Je viens de vous le dire.Notre Nord-Ouest serait le grenier à blé de la Grande-Bretagne.Puis, avec notre chemin du Pacifique, qui n\u2019a pas coûté uu sou à la métropole , nous relierons celle-ci à ses colonies de la côte du Pacifique et de l\u2019Océanie au Japon , etc.Et puis , n\u2019y a-t-il pas aussi la politique nationale que l\u2019on espérait modifier du moins en ce qui concerne l'Angleterre ?Au point de vue général, quelques scientists, de la classe des politiques, verraient dans la députation coloniale un moyen de contrebalancer, au parlement, l\u2019influence irlandaise.D.\u2014 Ils ont exprimé cette opinion ?R.\u2014 Oui, quelques-uns d\u2019entre eux.Je leur ai représenté, à ce sujet, qu\u2019il me semblait beaucoup plus simple, pour l\u2019Angleterre, d\u2019accorder à l\u2019Irlande le mode de gouvernement autonome dont nous jouissons ici.D.\u2014 Ainsi, d\u2019après vous, cette visite des scientists britanniques aura pour effet de répandre en Angleterre les idées de fédération de la Grande-Bretagne avec ses colonies ?R.\u2014 Je n\u2019ai pas dit cela, mais je dis que c\u2019est là l\u2019impression qu\u2019emportent un bon nombre de ces messieurs.Maintenant, si vous leur supposez assez d\u2019influence dans leur pays pour y propager ce sentiment, pour le faire prévaloir, vous êtes libre d\u2019en tirer d\u2019avance toutes les conclusions que vous voudrez.Je vous répéterai qu\u2019ils m\u2019ont paru désirer la fédération, c\u2019est-à-dire le mode français, l\u2019union des colonies avec la métropole, surtout dans l\u2019intérêt de celle-ci.D.\u2014 Est-ce que vous n\u2019avez pas rencontré au Nord-Ouest sir Hector Langevin et l\u2019honorable M.Mackenzie?R.\u2014 Oui.Nous avons croisé en route sir Hector, près de Winnipeg.Nous avions vu M.Mackenzie à Port Arthur et nous avions même conversé avec lui.L\u2019ex-premier ministre, qui revenait des Montagnes Rocheuses, paraissait enchanté de son voyage et ne se gênait pas pour exprimer ce qu\u2019il pensait du Nord-Ouest.Ses paroles comportaient une répudiation complète des articles du Globe.M.Mackenzie n\u2019a que du bien à dire de la compagnie du Pacifique, de la manière dont elle poursuit ses travaux, comme aussi de la valeur des terres du Nord-Ouest.Naturellement, il garde certaines réserves sur ce qui touche directement aux mesures administratives prises par lui-même, jadis, et à son ancienne politique, mais l\u2019impression qu\u2019il rapporte, après avoir vu de ses propres yeux, après avoir touché pour ainsi dire, ce qu\u2019il ne connaissait que d\u2019après des témoignages incertains lorsqu\u2019il était ministre, son impression, dis-je, est en somme des plus favorables.Il a une haute idée de l\u2019avenir du Nord-Ouest et des résultats probables de l\u2019entreprise du Pacifique, en laquelle il avait si peu confiance autrefois.Son témoignage, donné d\u2019une façon aussi sincère, est le plus important que pouvait désirer le gouvernement.Je puis ajouter que l\u2019honorable M.Mackenzie a rencontré partout des marques personnelles de respect et de sympathie.D.\u2014 Et sir Hector Langevin?R.\u2014 Ainsi que je vous l\u2019ai dit, nous n\u2019avons pas eu l\u2019avantage de rencontrer sir Hector.Il arrivait à Winnipeg, de retour des Montagnes Rocheuses, au moment où nous partions nous-mêmes de la capitale du Manitoba pour l\u2019extrême ouest.Seulement, nous avons beaucoup entendu parler de lui en route.Il avait laissé partout la meilleure impression.Sir John A.Macdonald lui-même n\u2019eût pas été mieux accueilli.On lui a fait réception sur réception, et c\u2019est actuellement l\u2019un des hommes les plus populaires du Nord-Ouest.Beaucoup de gens, là-bas, voudraient l\u2019avoir comme leur gouverneur sans doute et le disent ouvertement; d\u2019autres destinées lui sont réservées: mais cela ne prouve pas moins en quelle estime on le tient.A Calgary, au fond du Nord-Ouest, on lui a donné un banquet de cent cinquante couverts.Notez que Calgary est une petite localité datant de deux années à peine.La démonstration fait grand honneur à sir Hector, puisque c\u2019est la première de ce genre qu\u2019on ait faite au pied des Montagnes Rocheuses; elle prouve aussi en 4 P A K I S - C A N A D A favcur du propres du Nord-Ouest.puisque le banquet en question était organise d une façon irréprochable.tout comme >i on eût ete à Montreal, au lieu d\u2019en être à huit cents lieues.D.\u2014 Que pensez-vous de la ligne, du service fait par la compagnie du Pacifique, etc .R.\u2014 La voie est parfaitement construite.C\u2019est un chemin de fer de première classe.On voyage aussi facilement, avec autant de confort dans le Nord-Ouest que dans n'importe quel pays.La vitesse des trains est aussi grande, les wagons sont aussi bien aménages, et il y a de> restaurants très convenables pour prendre les repas le long de la ligne, dans l'extrême nord-ouest meme.Je vous ai dit un mot de Calgary, où les résidents ont donne à sir Hector un banquet de cent cinquante couverts.Calgarv est une ville naissante.Mais à part cela, on trouve partout des postes bien organises, soit par les particuliers, soit par la compagnie.On ne manque de rien sur la route.C\u2019est à faire rêver les anciens coureurs des prairies.P.\u2014 La vitesse est-elle réellement la même sur toute la ligne : R.\u2014 on.elle se ralentit un peu en approchant des Montagnes Rocheuses.Il faut tenir compte de : la pente à gravir.On va en montant sur presque j tout le parcours.depuis Manitoba, et cela s'accentue lorsqu\u2019on atteint les Foot H:lls.Ainsi Calgarv est à 3.3$4 pieds au-dessus du niveau de la mer.le pre- ( mier tunnel des Montagnes est à 4.299 et la passe j du Cheval qui Rue est à 5,2où pieds.C'est le point , culminant de la voie.Là commence la descente vers l'Océan Pacifique.D.\u2014 Quelle est la physionomie du pays à l'approche des Montagnes Rocheuses : R.\u2014 La prairie, qui est plate, monotone, dans la province de Manitoba, devient ondulée.Puis on atteint un plateau, où se trouve la fameuse Capitale nommée Regina.Toute cette région est riche, fertile.On voit des fermes nouvelles, des pâturages, des troupeaux, des routes carrossables.On sent la vie, le mouvement, l'activité: A Medecine Hat, on nous a présente des bouquets de rieurs cueillies dans des parterres qui datent du printemps dernier.On nous a servi à table des légumes excellents, de provenance locale.D.\u2014 Avez-vous vu quelques-unes des grandes fermes du Nord-Ouest?R.\u2014 Nous en avons vu un grand nombre, entre autres celle du lieutenant-gouverneur Robitaille, qui est très bien tenue.Nous avons vu aussi la ferme Bell.\u2014 une ferme de So.ooo acres, dont -.000 sont en culture et ont rapporté cette année de très beaux bénéfices aux propriétaires.Cette ferme est divisée en quatre sections, qui sont reliées entre elles par le téléphone.Il y a un bureau central et toute une organisation sur le modèle des grandes fermes de l'Ouest américain.Règle générale, tous les acquéreurs de terres au Nord-Ouest, actionnaires de grandes compagnies ou simples colons, sont heureux, satisfaits, contents de leur sort.D.\u2014 Mais alors que faut-il penser des plaintes formulées par l'Association des fermiers '?R.\u2014 Il faut faire large part de l'exagération, des rancunes politiques, des mobiles secrets.Quand on voit les choses de près, on constate que les mouvements en question étaient des affaires montées, et montées par des intrigants politiques.D.\u2014 Mais les embranchements du Pacifique et les terres publiques du Manitoba ?R.\u2014 Les colons qui demeurent près de la frontière ont à se plaindre de l'éloignement du chemin de fer.Mais la grande masse de la population comprend que la Compagnie et le gouvernement ont fait ce qu\u2019ils devaient faire dans l'intérêt général.On consent à attendre que l\u2019œuvre du Pacifique soit bien assise, bien assurée.Quant aux terres publiques du Manitoba, on pense que le gouvernement fédéral agira bientôt, qu\u2019il concédera aux autorités locales, lesquelles ont besoin de cela pour vivre, soit une partie des terres, soit une subvention en argent.D.\u2014 Comment êtes-vous revenus des Montagnes Rocheuses ?R.\u2014 Mais, par la meme route.Après une journée passée à parcourir la région au delà de Stephen, en pleines montagnes, dans la Colombie, nous sommes revenus sur nos pas.Les savants anglais ont eu une réception à Winnipeg, avec présentation d\u2019adresses.Nous étions à Toronto vendredi et à Montréal samedi, après un peu plus de deux semaines d\u2019absence.1 VOYAGE A LA BAIE D'HUDSON M.l'abbé Proulx continue, dans la Minerve, se> intéressantes notes do voyage à la baie d'Hudson.Je vous écris de New-Post, un poste qui n\u2019est pas si neuf puisqu\u2019il a bien seize à dix-huit ans d\u2019existence, mais il est nouveau, comparé à Moose, qui compte se> années par deux siècles.Les sauvages l\u2019ont baptise d\u2019un nom propre, tiré des circonstances locales, Sagimewakaigon, « le fort aux maringouins \u2022>.et je puis vous assurer, expérience faite, que le nom ne ment pas à la chose.Hier matin, a 4 heures, nous quittions les Trois-Portages; un fort courant nous entraînait entre deux ri\\es élevées et sauvages; la nuit avait été courte et le lit dur.Je continuais paisiblement au | fond du canot le sommeil interrompu, lorsque sou* ; dain un violent coup de coude me réveilla au milieu ] des bouillons irrites : nous sautions le rapide de 1 Idle, second du nom.mais de beaucoup le premier par la hardiesse de ses bonds et les terreurs qu'il nous a causées.D\u2019abord, savez-vous ce que c'est que sauter un rapide?Je \\ais vous le dire une fois pour toutes : c\u2019est une course effrénée, effrontée, qui n'a pas le sens commun, à travers les écueils et les dangers.Votre canot s'élance avec la rapidité de la flèche, au milieu des flots écumants, il effleure les récifs, il contourne les rochers.Instinctivement, vous saisissez avec force et des deux mains les bords de l\u2019esquif, le regard se fixe sur l\u2019abîme, les lèvres, muettes, se serrent sur les dents, et le cœur palpite d emotions.Vous diriez que l\u2019embarcation, emportée à l'épouvante, va aller se briser sur une batture, déjà elle n\u2019en est plus qu'à quelques pieds, mais soudain, Okocin, d'un coup d\u2019aviron, l\u2019a virée bout pour bout et elle continue sa route, sautant, bondissant, longeant un autre abîme, montant, descendant sur le dos des vagues qui remportent comme des chevaux au galop.Nos guides alors deviennent d'autres hommes, ils ont perdu leur allure lente et un peu nonchalante.L'œil dominateur, la tète haute, la chevelure au vent, l'air inspiré, ils sont solides à leur poste.Leur commandement est bref, leurs mouvements vifs et saccadés.Ils se lèvent, ils se penchent, ils s\u2019assoient, ils se servent successivement du grand aviron, du petit aviron ou de la perche ; ils nagent tantôt d un côté, tantôt de l'autre, faisant tous ces mouvements avec une vitesse et une précision toute militaire.Puis quand le pas périlleux est franchi, quand l'abîme est laissé déjà loin en arrière, il faut voir comme ils se redressent dans leur fierté, une main sur l\u2019aviron, un poing sur la hanche, triomphants, ils sont sublimes.Cette fois, Okocin, indisposé, n'était pas à son poste.Poadji, bon rameur, mais pilote indécis, tenait le grand aviron.Notre canot allait bondissant comme un taureau blessé sur la plaine bouleversée, le guide ne sut pas frapper juste dans le joint, c\u2019est-à-dire monter sur la crête d'un flot entre deux courants et y maintenir l'équilibre; le nez du canot est frappé par un remou, et nous voilà charroyé à l\u2019envers, sens devant derrière, au beau milieu du rapide.Nos hommes, déconcertés, se dressent ébahis.«Tournez-vous», crie Okocin; ils se retournent sur leurs sieges, mais déjà la fureur du courant nous a saisis et nous ballotte à la dérive dans les caves mouvantes entre des collines écumantes et furibondes.L'un est pâle, l\u2019autre est blême, l\u2019autre ouvre de grands yeux effarés, personne ne parle; Monseigneur de la ma.n bénissait les flots, ils reçurent au moins une dizaine de bénédictions; nous pouvons dire que nous avons navigué dans l\u2019eau bénite.Cependant les avirons travaillaient avec rage; Okocin revenu subitement à la santé avait pris la direction; enfin, haletants, défaits, soulagés, nous arrivons, tant bien que mal, au bas du rapide.Nous essayons de rire, mais le rire expirait sur les lèvres.C\u2019est bien le cas de répéter avec l'écriture : estote parati.Pour ma part, il ne m\u2019est pas venu à l\u2019esprit de songer au salut éternel ; je ne pensais qu\u2019à une chose : saisir, au moment où nous serions renversés, la barre du canot, et crier à mes compagnons de faire de même.«Arrête, arrête, une lettre sur le rivage.» En effet, au bout d\u2019une perche inclinée au-dessus des eaux pendait un paquet en écorce de bouleau, attaché par une corde faite d\u2019une racine d\u2019orme.Dans le paquet était enveloppée avec soin une lettre écrite avec un charbon noir sur une ecorce de bouleau; sur l\u2019enveloppe, aussi en écorce de bouleau, était couchée l\u2019adresse en ces termes : « André sa lettre.» La missive se lisait comme suit, mot pour mot : « 11 mai 1SS4\u2014Je t\u2019écris André.Elle n\u2019est pas bien, ta mère; nous en avons eu soin, nous autres.Voilà que ma grand mere et nous à Potonokikac nous irons, nous autres, nous nous portons bien.» Signé, leha, manière abbitibaine d écrire et de prononcer Jean.C est ainsi que dans ce pays reculé, sans gouvernement, sans administration, sans fonctionnaires, sans courriers, comptant seulement sur la bonne volonté et la discrétion du public, se fait le service de la poste.I n peu plus loin, André prit une chemise qu\u2019il avait laissée, 1 hiver précédent, dans un sac de bouleau suspendu aux branches d\u2019un hard; il fixa sa hache dans les flancs du même arbre pour la reprendre au retour, dans cinq semaines.Dans un autre endroit, nous apercevons au sommet d\u2019une épinette trois paires de raquettes, grandes et petites, qui attendent là la neige prochaine.A l\u2019embouchure d'une petite rivière, nous voyons sur un échafaudage élevé, afin qu\u2019elles soient hors des atteintes des bêtes sauvages, des provisions en farine et en viande sèche, que les chasseurs de ces terres ont mises en dépôt pour la saison des froids.Nous ne pouvions cacher notre étonnement : les passants respectent-ils ces objets quasi abandonnés ?N'y a-t-il pas de danger qu'ils soient volés?\u2014«Aucun, nous répondit Okocin, parce que, vois-tu, par ici il ne passe pas de blancs.» Le compliment était flatteur pour notre civilisation orgueilleuse.Heureux pays où la propriété, pour être en sécurité, n\u2019a pas besoin d'hommes de police, de serrures, ni de clefs ! De distance en distance, nous apercevons des cabanes de castors et nous voyons sur les rives coupées en sifflet, la souche des arbres, comparativement gros et élevés, que ces industrieux petits animaux, n\u2019ayant à leur service d'autres instruments que leurs deux tranchantes incisives, ont abattus pour bâtir leurs digues.Nous traversons un des plus beaux pays de chasse de l'Amérique; le climat est assez froid pour donner à la fourrure son tourni et son velouté; mais ce ne sont pas encore les rochers abrupts, les bois rabougris, les marais glacés du nord de la baie d'Hudson, pays misérables qui ne peuvent nourrir qu\u2019une faible population d'animaux forestiers.Les forêts ici sont vigoureuses, les eaux abondantes; la hache des chantiers et la charrue de l\u2019agriculture ne sont pas encore venus troubler le repos des bêtes à poil.Aussi, les castors, les martres, les visons se multiplient-ils en paix comme aux beaux jours du passé.Un bon chasseur veille sur les bêtes de sa terre comme un bon pasteur sur son troupeau.Il en connaît le nombre et le lieu d'habitation ; il suit leur migration, il respecte leurs affections domestiques, laissant les parents élever en paix leur progéniture ; il épargne la jeunesse, espoir de l\u2019avenir, et il ne fait sa récolte précieuse qu\u2019au temps où la peau a tout son prix et toute sa valeur.Si la colonisation et l\u2019industrie, avec leurs champs de blé et leurs usines, n\u2019envahissent pas ces solitudes, nos petits neveux, longtemps encore comme nous, pourront porter des capots de castor, des casques de loutre et des mitaines de vison.Nous avions devant nous une journée terriblement laborieuse.Ici, dans un espace de quelques dizaines de milles, le sol subit une dépression de plus de deux cents pieds; descendant de marche en marche, déboulant de niveau en niveau, il ne faut pas demander si la rivière affolée en exécute des sauts vagabonds.Nous fîmes sept portages, dont le plus court mesure trois arpents et le plus long deux milles : le Lop-stick, le Little Long, qui a bien quinze arpents, le Rocheux, une sauvagerie de Saguenay, un quatrième portage dont j\u2019ignore le nom, le Bouleau, la Canistre d\u2019huile, où les eaux sortant comme du fond de la terre s\u2019épanouissent à la surface à la façon d\u2019une huile graisseuse qui s\u2019épand, et le Grand Portage.REVUE Le général Lebrun, qui commandait le 12e corps à Sedan, vient de publier sur cette malheureuse campagne un livre qui a fait sensation.Voici le jugement qu\u2019il porte sur le maréchal Mac Mahon et sur son obéissance à l\u2019ordre venu de Paris de marcher, coûte que coûte, au secours de Bazaine : Le motif qui dictait au maréchal de Mac Mahon sa résolution, c\u2019était la ferme volonté qu\u2019il avait qu\u2019on PARIS-CANADA 5 ne put jamais l'accuser de n\u2019avoir pas voulu courir au secours du maréchal Bazaine.Sa détermination, à ne la considérer qu\u2019à ce point de vue platonique, tut véritablement héroïque ; au point de vue purement stratégique, elle devait décider de la perte de l\u2019armée qu\u2019il commandait.J\u2019ai entendu bien des gens du métier formuler devant moi cette opinion que, puisque le maréchal de Mac Mahon n\u2019avait pas la moindre confiance dans le plan d\u2019opérations que le ministre de la guerre lui avait imposé, il aurait dû se démettre de son commandement en le priant de lui donner un remplaçant, ou de venir le remplacer, puisque lui, ministre, y avait la plus entière confiance.Ceux qui en jugeaient ainsi se méprenaient singulièrement sur le caractère du maréchal, caractère qu\u2019on peut définir en deux mots : Obéissance d'abord, puis advienne qne pourra pour celui qui a obéi.Un évrivain du Figaro donne desexplications détaillées sur ce qu\u2019on a appelé à tort l'alliance franco-allemande, explications dont on trouvera la confirmation dans le Livre Jaune.Nous avons été les premiers à faire connaître dans la presse l\u2019existence de cette ligue des neutres à laquelle la France adhérait au même titre que les autres puissances ayant des possessions sur la côte occidentale d\u2019Afrique, qui toutes indistinctement prendront part à une Conférence dont le but est de définir exactement les conditions dans lesquelles pourront être occupés par un gouvernement étranger les territoires qui ne sont pas soumis à une puissance quelconque.C\u2019est une question de droit international à établir.Jusqu\u2019ici l\u2019Angleterre n\u2019a pas adhéré à un principe qui peut se résumer ainsi : Pour être effective, l'occupation d'une contrée ne devra pas seulement être inscrite sur le papier, mais avoir lieu de fait et sans discontinuité.Cet article, une fois inscrit dans le droit international, obligera l\u2019Angleterre à occuper effectivement, par les armes, les nombreuses contrées qui sont nominalement en sa possession.Le nouveau code nous contraindra de même à conquérir file de Madagascar entière sous peine de voir une puissance quelconque venir occuper à côté de nous les points où nous ne serons pas matériellement établis.D\u2019autre part, certains gouvernements possédant de nombreuses colonies revendiquent des droits sur des territoires adjacents sans vouloir ou sans pouvoir les annexer de fait.La Conférence réunie à ce propos statuera sur de nombreuses contrées qui ne sont soumises à aucun pavillon reconnu.Il sera loisible dès lors à l\u2019Allemagne, comme à toute autre nation, de s\u2019approprier certains pays aujourd\u2019hui sans maître.C\u2019est sous le couvert d\u2019un règlement de jurisprudence internationale que M.de Bismarck a su faire accepter le principe d\u2019une nouvelle conférence qui aurait encore à délibérer sur la liberté du commerce, dont la côte occidentale d\u2019Afrique serait dotée, et; sur le libre accès à donner aux grands fleuves africains, tels que le Congo et le Niger.Les droits de souveraineté acquis ne seront pas mis en discussion.La question d\u2019Egypte ne sera pas débattue.Malgré ces assurances, M.Herbert de Bismarck n\u2019a pu vaincre, à Londres, la répugnance du gouvernement anglais à adhérer sans réserves à la réunion de la conférence destinée, en somme, à limiter dans une certaine mesure le domaine colonial britannique.Jusqu\u2019à présent l\u2019Angleterre et le Portugal sont les seules puissances qui ont élevé des objections à la politique internationale que M.de Bismarck veut faire prévaloir sur la côte occidentale d\u2019Afrique, en atttendant qu\u2019il l\u2019étende à l\u2019Asie et à l\u2019Océanie.Il ne pouvait entrer dans les vues de la France de se désintéresser d\u2019un projet destiné à éviter des conflits dans l\u2019avenir.La lutte pour le partage du monde est entré dans une phase menaçante.L\u2019Angleterre se livre depuis un demi-siècle à des empiétements qu\u2019elle ne tolérerait chez aucune autre puissance ; sa mauvaise humeur se manifeste à chaque agrandissement du domaine colonial de la France.M.J.Ferry a donc saisi avec empressement l\u2019occasion de faire cause commune avec le plus grand nombre des puissances intéressées à l\u2019avenir de l'Afrique, où la suprématie de la France ne saurait être contestée.Il n\u2019a pas été nécessaire, pour atteindre ce but, de contracter une alliance avec l\u2019Allemagne.L\u2019accord limité à une question spéciale suffira pour réaliser cette ligue des neutres appelée à solidariser les intérêts de l\u2019Europe continentale, toutes les fois qu\u2019une puissance se trouvera aux prises avec un de ces Etats barbares dont la civilisation doit avoir un jour raison.Un publiciste français résume ainsi la situation de l'Angleterre en Egypte : Désirant se retirer et ne le pouvant; obligé, du moment qu\u2019il est là, à gouverner et administrer le pays, et s\u2019engager ainsi chaque jour davantage dans les voies de cette occupation permanente pour laquelle il professe sincèrement sa répugnance ; enfin, risquant à ce jeu ses alliances et provoquant un trouble dans la politique générale de l\u2019Europe.Le Temps est d'avis qu\u2019une grande campagne au Tonkin aura seule raison de l\u2019obstination chinoise.Il y a, dans la dépêche du général Brière de Lisle, que nous avons publiée hier, une phrase qui nous inquiète.Le commandant en chef de l\u2019armée du Tonkin annonce qu'il va occuper fortement Lang-Kep, d\u2019où il fermera l\u2019entrée des gorges qui mènent à Lang-Son, la vallée du Loch-Nan et la trouée de Yen-Té.Est-ce donc qu'il doit s\u2019arrêter là?On ne l\u2019a pas assez dit : après la prise de Bac-Ninh, l\u2019armée chinoise étant en pleine déroute, rien n\u2019était plus facile que d\u2019occuper Lang-Son ; s\u2019il avait eu quatre jours de vivres de plus, le général de Négrier, qui dut s\u2019arrêter à ce village du Kep, où vient de se livrer un si sanglant combat, se faisait fort d\u2019y aller avec les troupes que l\u2019on avait lancées à la poursuite des fuyards sous son commandement.Pourquoi ne lui en donna-t-on pas l\u2019ordre ?Qui manqua de prévoyance alors ?Nous n\u2019en savons rien ; mais nous sommes convaincus, pour notre part, que c\u2019est à cette faute que sont dus tous les déboires qui ont suivi : la violation de la convention de Tien-Tsin et la guerre où nous sommes engagés aujourd\u2019hui.Et nous sommes convaincus encore que, si on ne se décide pas enfin à cette occupation, nous n\u2019en finirons jamais avec la campagne du Tonkin.Nous avons toujours considéré comme funeste le projet de nous renfermer dans le Delta, car il est irréalisable, et il nous a empêchés depuis un an de tirer tout le parti possible de nos succès et de profiter des occasions qui se sont présentées pour mettre sous notre domination le pays tout entier.On n\u2019échappe pas à l'inexorable logique des choses : si, à ce Delta populeux, a toujours été jointe politiquement cette zone de montagnes presque désertes où passent les routes qui mènent en Chine, c\u2019est que cette zone a toujours été indispensable à sa défense ; on ne tient pas le Delta tant qu\u2019on ne la tient pas.Notre correspondant du Tonkin était trop bon prophète lorsque, désolé de ne pas voir poursuivre les Chinois jusqu\u2019à la frontière, il nous écrivait ses appréhensions après Bac-Ninh.Comment espérer la paix; pourquoi la Chine traiterait-elle, puisque nous laissons volontairement ses troupes installées sur des territoires que nous revendiquions ; pouvions-nous attendre de son bon vouloir ce que nous ne savions pas obtenir par nos seules forces; tout n\u2019était-il pas à craindre du moment que nous nous en remettions au hasard pour entrer en possession, alors que nous aurions pu agir à coup sûr?Par une bonne fortune de trop courte durée, la Chine traita tout de même, mais pour manquer aussitôt à sa parole.Nous ne savons si nos lecteurs ont remarqué une correspondance adressée de Pékin au Times que nous avons reproduite il y a trois jours ; elle montrait combien ces appréhensions de notre correspondant étaient fondées.Elle racontait en effet que, quand le Tsong-Li-Yamen délibéra au sujet de l\u2019exécution de la convention de Tien-Tsin, le principal argument des partisans de la guerre fut que, puisque les troupes chinoises n\u2019avaient pas cessé d\u2019occuper une partie du Tonkin, il fallait faire un dernier effort pour essayer de la conserver.Cet avis triompha; n\u2019avait-il pas la logique et les apparences pour lui?Au fond, dans toutes nos négociations avec la Chine, nous lui avons toujours demandé ce qu\u2019on ne peut exiger d\u2019un vaincu qu\u2019après une campagne décisive, et cette campagne décisive n\u2019a jamais été conduite jusqu\u2019au bout.Nous lui disions : Allez-vous-en du Tonkin.Elle se demande naturellement ; Peuvent-ils m\u2019en chasser?Et tant qu\u2019elle nous voit nous obstiner à rester dans le Delta, elle en doute et continue la guerre.Le président du conseil disait un jour à la tribune qu\u2019il voulait mettre la cour de Pékin en présence d\u2019un fait accompli pour l\u2019amener à reconnaître nos droits sur le Tonkin.C\u2019est là qu\u2019était vraiment la sagesse, c\u2019est le programme auquel il faudrait s\u2019attacher, et hors duquel nous ne ferons que perdre notre temps, notre argent et nos hommes.Ce fait accompli, c'est l\u2019occupation complète.L\u2019entrevue entre Bismarck et Jules Favre pour la reddition de Paris n\u2019a jamais été racontée d\u2019une façon plus poignante que par le comte de Hérisson qui accompagnait Jules Favre.Après les politesses préliminaires, Jules Favre ayant dit qu\u2019il venait reprendre les négociations de Ferrières, Bismarck, brusquement, répliqua ; \u2014 La situation n\u2019est plus la même.Et, si vous maintenez votre principe de Ferrières : « Pas un pouce, pas une pierre », il est inutile que nous eau-I sions davantage.Mon temps est précieux, le vôtre | aussi : je ne vois pas la nécessité de le perdre.Et changeant d\u2019idée, revenant à son interlocuteur ; \u2014 Vous avez beaucoup blanchi depuis Ferrières, monsieur le ministre, ajouta-t-il.i Jules Favre allégua les soucis du gouvernement.\u2014 D\u2019ailleurs, reprit Bismarck, vous venez trop tard.J\u2019ai là \u2014 il montrait une porte \u2014 un envoyé de Napoléon III, et je vais traiter avec lui.Il serait difficile de dépeindre le trouble et la terreur que cette simple phrase produisit sur le ministre.Le cuirassier comprit d\u2019un coup d\u2019œil l\u2019avantage énorme qu'il avait conquis, et toujours les yeux fixés sur la porte, derrière laquelle je suis bien persuadé qu'il n'y avait personne \u2014 c\u2019était peut-être même une porte de placard, \u2014 il continua en s\u2019animant : \u2014 Au tond pourquoi est-ce que je traiterais avec vous ?Pourquoi est-ce que je donnerais à votre république une apparence de légalité en signant une couvention avec son représentant ?Au fond, vous n\u2019êtes qu\u2019une bande de révoltés! Votre Empereur, s'il revient, a le droit strict de vous faire fusiller tous comme traîtres et comme rebelles.\u2014 Mais s'il revient, s\u2019écria Jules Favre, éperdu, c\u2019est la guerre civile, c\u2019est l\u2019anarchie! \u2014 En êtes-vous bien sûr?Et, d'ailleurs, la guerre civile, en quoi pourrait-elle nous nuire, à nous Allemands ?\u2014 Mais, monsieur le comte, vous ne craignez donc pas de nous réduire au désespoir?Vous n\u2019avez donc pas peur d\u2019exaspérer notre résistance ?.\u2014 Ah ! vous parlez de votre résistance, dit le chancelier en interrompant avec éclat.Ah 1 vous êtes fier de \\ otre résistance ?Eh bien, monsieur, sachez que si M.\"I rochu était un général allemand, je le ferais fusiller ce soir.On na pas le droit, entendez-vous, on n\u2019a pas le droit, en face de l\u2019humanité, en face de Dieu, pour une vaine gloriole militaire, d exposer comme il le fait en ce moment, aux horreurs de la famine une ville de plus de deux millions d\u2019àmes.Les lignes ferrées sont coupées de toute part.Si nous n\u2019arrivons pas à les rétablir en deux jours, et cela n est pas certain, il vous mourra, par jour, cent mille personnes de faim, à Paris.Ne parlez pas de votre résistance, elle est criminelle ! Et je le vois encore, se levant comme pour prendre congé et allant mettre la main sur le bouton de la fameuse porte, derrière laquelle était censé se trouver le représentant de l\u2019Empereur.Je vois Jules Favre se lever précipitamment, courir à lui, saisir sa main et s\u2019écrier : \u2014 Non.Tout ce que vous voudrez, mais n\u2019infligez pas a la f rance, après ses désastres, la honte de subir un Bonaparte.Et, quand ils turent assis, Jules Favre commença a \\anter les avantages de la République, régime impersonnel qui seul pouvait subir les conditions dures ou blessantes du vainqueur sans en être renversée, qui seule était capable d\u2019assurer à l\u2019Allemagne l\u2019exécution du traité, etc., etc.Bismarck souriait.Cinq minutes plus tard, le double principe d\u2019une cession de territoire et d une indemnité pécuniaire était admis. 6 PARIS-CANA DA LA DYNAMITE DESTRUCTION DU NOUVEAU PARLEMENT A QUEBEC Deux explosions successives.\u2014 Dégâts considérables.\u2014 Aucun accident de personnes.Les auteurs de l'attentat sont inconnus.Londres.i.: octobre.On télégraphie «Je Québec au Central AV us.i j octobre : Li ville est dans la consternation par suite d'une catastrophe qui.on le craint, est plutôt attribuable à la malveillance qu a une cause accidentelle.l.e palais du Parlement, en construction, a été partiellement détruit par une explosion ou plutôt par deux explosions successives; la seconde a été la plus violente et a cause le plu* de dégâts.Heureusement que jusqu\u2019à l'heure actuelle on n'a dû constater encore aucun accident de personnes.Kn admettant.comme t ut le fait supposer, que le désastre a été cause par une main criminelle, i.est certain que les risques que couraient les ouvriers ne sont nullement entres en ligne de compte dans les calculs des auteurs du forfait.L.a construction du palais du Parlement était presque achevée; il ne restait plus qu'à terminer une partie du toit.L'ensemble des bâtiments comprenait les locaux du Parlement et les bureaux des administrations gouvernementales.Lorsque la première explosion eut lieu, samedi peu après l'heure de midi, la ville entière fut secouée et l'ébranlement de- l'air brisa les vitres dans toutes les directions.L\u2019alarme et la consternation furent universelles, et des milliers de personnes se précipitèrent vers la scene du désastre, sans se rendre compte de ce quelles éprouvaient.On s'aperçut alors que la façade principale du : nouveau palais s\u2019était effondrée et que les autres parties des bâtiments tremblaient sur leurs bases comme si elles allaient suivre cet exemple.La cause des explosions On crut 'dans les premiers moments qu'il fallait attribuer le sinistre à une explosion de gaz ou à l\u2019explosion d'appareils de chauffage à la vapeur, employés dans les constructions, mais l\u2019enquête démontra bien vite le mal fondé de ces conjectures.On croit donc généralement que les explosions furent occasionnées par de la dynamite, et cette opinion est ouvertement celle de l'ingénieur du gouvernement.qui s'était immédiatement rendu sur les lieux.Comme il est habituellement le cas dans de tels désastres, les rumeurs les plus diverses circulent et viennent augmenter la consternation générale : on se répète confidentiellement que le gouvernement a i été prévenu à diverses reprises qu'un complot se tramait.Si.comme tout le porte à croire, la dynamite a été l'agent destructeur, la cause du désastre : est due à la malveillance, puisque la présence de la dvnamite dans les bâtiments en construction : n'avait aucune raison d\u2019être.L\u2019explosion a eu lieu, fort heureusement encore, pendant l\u2019heure du dîner des ouvriers; plus tôt ou ! plus tard, un grand nombre de personnes eussent fatalement perdu la vie ; deux ouvriers ont été légèrement blessés, mais les passants l'ont échappé belle au moment de l\u2019effondrement des constructions.L\u2019attorney-général prescrivit immédiatement une enquête active et des recherches furent faites pour découvrir des matières explosibles, mais elles n\u2019obtinrent aucun résultat.La seconde explosion.Les recherches avaient pris fin, lorsqu'une seconde explosion plus violente que la premiere, se produisit à l\u2019autre extrémité du palais et causa des dégâts encore plus considérables que la première.Heureusement encore, aucun accident de personnes ne fut à déplorer, grâce aux mesures de précaution prises par l\u2019entrepreneur qui avait refusé de laisser ses hommes reprendre le travail après la premiere alarme.A ce moment, la panique fut grande, car on craignait que de nouvelles explosions suivissent.De nombreux agents de police établirent immédiatement un cordon autour des ruines et maintinrent le peuple à distance.L\u2019attorney général fit suspendre les recherches pendant plusieurs heures, et les employés des administrations publiques quit- Itèront leurs bureaux de crainte d\u2019une nouvelle catastrophe.Peu à peu la panique diminua, mais on ne trouva aucune trace vie l\u2019auteur ou vies auteurs de cet i attentat.Le gouvernement a offert une prime de mille dollars pour tout indice qui puisse mettre sur les traces vies criminels, et les recherches les plus actives se poursuivent dans ee but.11 paraîtrait que samedi, à une heure matinale, un vies ouvriers employés dans les bâtiments en construction avait aperçu une boite, qu\u2019il supposait contenu vies outils, pres vie 1 endroit où la première explosion a eu lieu.Lorsque les recherches furent I faites, on ne trouva aucune trace de cette boîte ; ; on suppose qu elle contenait un mouvement d'horlogerie et de la dynamite, à l'instar des machines .infernales qui ailleurs ont cause tant de désastres.Les dégâts Les dégâts aux propriétés sont considérables ; on estime que plus de la moitié des nouvelles constructions devra être rebâtie; une garde sévère est ; faite autour des ruines et des patrouilles militaires ' parcourent le terrain.Des postes nombreux ont été places a 1 Arsenal et dans le* autres édifices public*.Les partis rivaux essaient d'exploiter l\u2019indignation publique.Les employés français assurent que les Irlandais sont les auteurs vie la catastrophe, tandis que les Irlandais l'attribuent aux Français.D'un autre côté, un journal du soir jette une lumière nouvelle sur la question, et déclare que, d après sa conviction, le crime n\u2019est l'œuvre ni des Irlandais, ni d'aucun par i politique, mais qu'il doit être attribué à des instigations locales.On croit que le gouvernement possède des indications, mais il ne les fait évidemment pas connaître pour le moment.La nouvelle du désastre s'est répandue comme une traînée de poudre dan* tout le pays; l\u2019agitation est extrême, surtout à Ottawa, la capitale du Dominion, où l\u2019on craignait qu\u2019un attentat identique se produisit.Dans cette dernière ville, le palais du Parlement et les autres édifices publics sont protégés par des troupes nombreuses.Description des bâtiments du Palais Londres, i3 octobre.\u2014 On télégraphie de Québec au Standard : Le palais du Parlement formait une construction massive, comprenant quatre ailes et une cour intérieure.Chaque aile avait trois cents pieds de longueur.Trois d\u2019entre elles étaient complètement achevées et déjà occupées par les bureaux de l\u2019administration.La quatrième et la plus importante était destinée aux séances du Parlement.Comme on a vu plus haut, il n'y manquait plus que le toit.Lors de la première explosion, des pierres de deux pieds cubes ont été projetées à plusieurs centaines de pieds, labourant la terre à un pied de profondeur.Les Fenians au courant du complot O Donovan Rossa déclare avoir eu connaissance du complot et il avertit les habitants de toute ville dans laquelle flotte le drapeau britannique qu'ils courent risque de leur vie s'ils ne s\u2019éloignent au plus vite.DESSUS DU PANIER L\"n locataire, qui connaît les habitudes de son concierge, sort de chez lui avec un camarade, à onze heures du soir.Son absence doit durer deux ou trois heures.Aussitôt le cordon tiré, le locataire sort, referme la porte, puis sonne violemment et s\u2019éloigne.\u2014\tPourquoi sonnes-tu ?\u2014\tC\u2019est pour que le concierge ait le temps d\u2019ouvrir d\u2019ici à ce que je rentre.Dans un petit restaurant : \u2014\tMonsieur désire un dîner à i fr.25 ou à i fr.6o ?\u2014\tQuelle est la différence ?\u2014\tTrente-cinq centimes, monsieur.Une leçon de charité : C\u2019était aux eaux, et une femme du monde, « une des notabilités de la ville par sa naissance et la for- tune de son mari », avait prié une richissime Pari sienne de lui envoyer son offrande pour les nau- Je lais tous les ans une petite quête pour les malheureux, madame, et cette année ils auront la bonne fortune d\u2019avoir pour bienfaitrice une des reines vie Paris ! La « reine vie Paris » \u2014 une baronne \u2014 répondit a la priere de Mme E.par l\u2019envoi d\u2019un louis.\\ ingt francs 1 (.était peu pour elle.Mme L.commanda aussitôt un bouquet decent li anes, qu elle envoya à la baronne, avec ces mots : » De l.t part des pauvres reconnaissants.» A la chasse, en Gascogne.\u2014\tQuelle mazette! manquer un perdreau qui était au bout de votre fusil.\u2014\tJe vais vous dire : juste au moment de tirer, i ai vu qu\u2019il ne serait pas assez tendre, et j\u2019ai fait devier le coup exprès ! I\tn pensionnaire de la maison centrale de Poissy, auquel la prison ne paraît pas inspirer une bien grande terreur, puisque e\u2019est un récidiviste qui, à peine mis en liberté, s est empresse de se faire condamner de nouveau pour faux et escroquerie, vient d être officiellement informé par le directeur de la maison centrale de Poissy, qu'il a hérité de la jolie petite somme de deux millions et d\u2019un splendide chateau en Suisse, son pays natal.Les autorités competentes de Zurich ont envoyé au prisonnier les pièces établissant son droit à la succession et la photographie du château.II\test inutile de décrire la joie que cette nouvelle inattendue a causée à notre détenu.Malheureusement pour lui, pendant trois ans encore le nouveau millionnaire devra se contenter du regime peu succulent de la maison centrale.Avoir deux millions de fortune et taire des chaussons vie lisière ! Ce qu'il y a de plus amusant, c'est que ce prisonnier.qui est fort expert en matière de vol et d\u2019escroquerie, tremble à présent pour son bien.11 a peur des voleurs et des escrocs.A présent qu\u2019il possède un château, il professe le plus grand respect pour la propriété et pour le capital.À V F M n D TT à Saint-Henri-de-Lévis, une A V Un Drvil très belle propriété d'une contenance d\u2019environ 40 hectares en culture, avec bois, bâtiments de ferme en parfait état et maison d\u2019habitation.Le chemin de fer Québec-Central passe à trois cent mètres de cette propriété.Prix avec facilités de paiement :\t19,000 francs 1S 3,6001.S'adresser pour renseignements détaillés et offres, au propriétaire, M.Jean Paquet, à Saint-Henri-de-Lévis, près Québec (Canada).Ou aux bureaux du journal : 19, rue de Gram-mont, Paris.BULLETIN COMMERCIAL POIDS ET MESURES L'usage du système décimal français est facul- tatif et légal au Canada.La livre est égale à.o kilog.453,59 La tonne à.907 kilog.Le gallon contient.4 litres, 54 Le minot contient.36 litres, 34 La verge est de.o mètre, 91 Le pied est de.o mètre, 3o Le mille est de.1,609 mètres L\u2019acre a une superficie de.\t40 ares, 47 La piastre (5), divisée en 100 centins, vaut (saut les variations du changel 3 fr.25.Paris, 14 octobre 1884.BLÉ.\u2014 Marché animé.Nous cotons à 12 h.1/4 : Livrable\tOctobre.21\t25\tà\t21\t5o \u2014\tNovembre.21\t95\tà\t21\t5o \u2014\tNov.et Déc.21\to5\tà\t21\t5o \u2014\t4 premiers\tmois.21\t3o\tà\t21\t75 Les 100 k.nets, compt.; poids naturel.77 à 75k.à l'hect. PARIS - CANADA / Les blés à livrer sont plus oâerts que demandés au début; aissi, pour traiter quelques allaires, les détenteurs en clôture se décident-ils a taire des concessions.SEIGLES.\u2014 Les seigles ont quelques demandes sur le courant, à prix en légère plus-value ; sui le livrable, il ne se fait rien.Livrable Octobre.16\t2 5 à\t16\t40 \u2014\tNovembre.i*>\t25 a\t16\tto \u2014\tNov.et Déc.K>\t25 à\t16\t5o \u2014\t4 premiers\tmois.1'»\t5o a\tib\t7T Poids naturel 72 à 70 k.à 1 hect., 100 k.nets cpt.AVOINES.\u2014 Les avoines sont fermes, avec quelques petites affaires sur le rapproché Livrable Octobre.16\t75\tà\t17\t.\u2014\tNovembre.17\t.\tà\t17\t23 \u2014\tNov.et Déc.17\t\u2022 \u2022\ta\t'7\t25 \u2014\t4 premiers\tmois.17\t25\ta\t17\t5o Poids naturel 45 à 47 k.à 1 hect., 100 k.nets comptant.Montréal, ier octobre 1884.Marché tranquille.Peu d\u2019affaires.A Chicago les blés livrables en octobre ouvrent à S 0,77 5/8 et cotent S 0,767/8 plus bas, S 0,78 plus haut, et en clôture 8 0,77, le minot (bushel).A pareille époque,1 année dernière, ils étaient cotés à ^Chicago S o,E PARIS Prix de l'abonnement pour le Canada Uni n postale : l\u2019ii an.72 fr.: Six mois, 3t! fr.Bureaux a Paris.9.Boulevard des Italiens CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL 1SS4 Arrangements cl'été 1SS4 Depuis le 10 mai, les trains de ce chemin de ter circuleront tous les jours, les dimanches exceptés, comme suit : PARTIRONT DE LA POINTE-LEVIS Pour Halifax et Saint-Jean.i.3o A.M.Pour la Riviére-du-Loupet Saint ¦-Elavie 11*0 A.M.pour la Rivière-du-Loup.5.15 P.M.ARRIVERONT A LA POINTE-LEVIS De Halifax et Saint-Jean.\u201c-20 P- M* De la Rivière-du-Loup.1-30 P.M.De la Rivière-du-Loup.0.00 A.M.Le char Pullman qui part de Levis, le mardi, le jeudi et le samedi, se rend directement à Halifax, et celui qui part le lundi, le mercredi et le vendredi se rend à Saint- Jean.Tous les trains y l\u2019Est.cn.'ulent sur l'étalon chronométrique D.POTT1NGER.Surintendant en chef, Bureau du chemin de fer, Moncton, N.B., avril 1SS1.B0URG0UIN, DUCHESNEAU & C'E NOUVEAUTÉS ET MERCERIE iSma/l Ware) IMPORTATEURS 321, 333, 333, rue «aint-I*aul MONTREAL GUSTAVE R.FABRE Marchand* de Fer* et «le Quincaillerie RUE SAINT-PAUL.- MONTRÉAL LA COMPAGNIE DE LIGNE DE LA MALLE ROYALE ENTRE QUEBEC ET MONTRÉAL Cette magnifique ligne est composée des steamers de première classe suivants : QUÉBEC ET MONTRÉAL Départ de Montréal, tous les jours, sept heures du soir; départ de Québec, tous les jours, cinq heures du soir.ENTRE MONTREAL et TORONTO Les steamers CORSICAN, ALGÉRIAN et CORINTHIAN Un de ces steamers quittera, tous les mardis, jeudis et samedis, le bassin du Canal à 9 heures, et Laclnne à l\u2019arrivée du train qui part de lagareBonaventure à midi,pour T O It ONTO Et les ports intermédiaires, se raccordant directement à Preaeott et Broel&vftlle Aveclescheminsde fer d'OrrAWA, Perth, ARNPRiOR,etc.à TORONTO Avec les chemins de fer qui conduisent à tousles points de l\u2019Ouest.J.-B.LA BELLE, 19 mai 1884.\tgérant.AGENCE FRANCO-ANGLAISE Four la Représentation et la Vente des Marchandises Françaises et Anglaises OBJETS D ART.DE LUXE ET.DE HAUTE FANTAISIE à MONTRÉAL (Canada) PLACE VICTORIA, RUE SAINTE - RADEGONDE, 8 NB\u2014 Renseignements franco sur demande.APPARTEMENTS MEUBLES A LOUER S\u2019adresser rue de la Boétie, Si, PARIS.FABRE «Se GRAVEL LIBRAIRES Rue Notre-Dame.\u2014 MONTREAL L J.A.SURVEYER MARCHANDS DE TER ET DE QUINCAILLERIE Rue Notre-Dame, 180 MONTRÉAL LIGNE DOMINION De Paris au Canada Départ de Liverpool pour Québec tous les jeudis L\u2019Orégon.Le Sarnia, Le Vancouver Les salons, ainsi que les cabines de lr* classe, se trouvant au milieu du navire.Le Vancouver est éclairé à la lumière électrique dans tou - ses compartiments.Prix de passage : lr' classe, de 266 70 à ISO fr.Pour tous renseignements et pour les billets d \u2022 passage, s'adresser à PITT ET SCOTT, 7, rue Scribe.Paris.LA NEW-YORK COMPAGNIE D'ASSURANCES SUR LA VIE FONDÉE EN 1815 Fonds de Garantie : 287 Millions ENTIÈREMENT SOUSCRITS MUTUALITE A PRIMES ET ENGAGEMENTS FIXES Le* assurés sont seuls propriétaires du fonds de garantie de tous les bénéfices.TARIFS COMPARÉS de la NEW-YORK et des principales autres Compagnies ASSURANCES EN CAS DE DÉCÈS avec participation aux bénéfices Primes viagères assurant 100 f\t\t\tRENTES VIAGÈRES IMMÉDIATES payables par semestre j Rente pour un versement de 100 fr.\t\t Ages\tà la New- York\taux autres Conipagn.\t1 Ages\ta la New ¦ York hommes\taux autres Compagn.25\t19.89\t22.10\tG0\t10 »\t9.02 35\t26.38\t\u202228.40 1\t70\t13.60\t12.15 45\t37.97\t38.70\t80\t17.60\t15.16 DIRECTION POUR LA FRANCE 19 \u2014 avenue de l'Opéra \u2014 19 P A K I 8 BERTHET & DESMAZIÈRES TAILLEURS Fournisseurs de S.M.le Roi deSuèdeet (le Norv ège AMAZONES, LIVRÉES.\u2014 32, RUE DES PETITS-CHAMPS.CONCESSIONS GRATUITES DE TERRES AU CANADA 65 hectares au Manitoba et dans les territoires du Nord-Ouest 'i0 à 85 hectares dans les autres provinces Ou trouve à acheter des fermes et des terres en partie défrichées à des prix raisonnables dans les provinces de Quebec, d Ontario, de la Nouvelle Ecosse, du Nouveau-Brunswick, de Vile du Prince-Edouard et de la Colom\u2022 bie anglaise.Passages à prix réduits.- Avantages spéciaux oTens aux domestiques.S\u2019adresser pour brochures donnant tous les renseignements relatifs au placement de capitaux, règlements pour la vente îles terres, demande d\u2019emploi, taux des salaires, prix des denrées d'alimentation, etc., etc., au bureau du Haut-Commissaire du Canada, 9, Victoria-Chambers, Londres S.\\V.(M.J.-G.Colmer, secrétaire; M.C.-C.Chipnian, secrétaire-adjoint); ou à M.John Dyke.15, Water-Street.Liverpool, et à M.Hector FABHE, commissaire-général du Canada, 19, rue de Grammont, Paris.LIGNE ALLAN Paqiicbols-Poste do Liverpool au Canada DATES DES DÉPARTS DE LIVERPOOL A QUÉBEC Sarmatian .\tJeudi\t28\taoût, Sardinian.\t\u2014\t4\tsept.Circassian .\t\u2014\t11\t\u2014 Parisian.\t\u2014\t18\t\u2014 Polynesian.\tJeudi\t25\tsept.Peruvian.,.\t\u2014\t2\toctobr.Sarmatian.\t\u2014\t9\t\u2014 Sardinian .\t\u2014\t10\t\u2014 Ces vapeurs touchent à Londonderry le lendemain de leur départ pour embarquer les passagers et la malle.PRIX DES BILLETS DE PREMIÈRE CLASSE Fr.318 15.\u2014 Fr.397 65.\u2014 Fr.477 20 suivant la position des cabines.Sur le Parisian, les prix varient de Fr.397 65 à 557.Les passagers de différentes catégories de première classe jouissent du même salon et de la même table.Les enfants de moins de 12 ans paient demi-place.Au dessous de 2 ans, ils voyagent gratuitement.Charpie passager adulte a droit au transport gratuit d\u2018un colis n\u2019excédant pas 20 pieds cubes.Le colis qu\u2019il prendra avec lui dans sa cabine ne devra pas excéder plus de 15 pouces de haut.Les billets de passage sont délivrés contre un acompte de Fr.126 25 ou contre la totalité de leur valeur.Le passager muni d\u2019un billet de retour devra l\u2019échanger contre un nouveau billet avant de retenir son passage.Pour billets de passage, s\u2019adresser à M.Alex.HUNTER, 4, rue Gluck, à droite de l\u2019Opéra, Paris; agent de MM.ALLAN brothers C\u201c, 19, James street, Liverpool.PEINTURE & PHOTOGRAPHIE D\u2019ART ÉMILE TOURTIN 8, Boulevard des Italiens, 8 "]
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