Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 octobre 1884, mercredi 29 octobre 1884
[" ORGANE INTERNATIONAL DES INTÉRÊTS CANADIENS ET FRANÇAIS FRANCE Prix du Numéro :\tI Abonnements : 25 Centimes I Un an, 12 fr.50 Première Année\tNuméro 21 Paris, Mercredi 29 Octobre 1884 CANADA Prix du Numéro:\t| Abonnements: 5 Contins\tI\tUn an, S 2.5 0 B UREA LJX, 3o, rue de Laroche/oucauld,rParis Émile GIROUARD, ADMINISTRATEUR FOURSIN-ESCANDE , SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION Directeur.- HECTOR FABRE \u2018BUREAUX S.MARCOTTE, \\gentgénéral, QUÉBEC Louis PERRAULT, agent, MONTRÉAL Depuis le 15 octobre courant, les bureaux de l'Agence du Canada et du journal PARIS-CANADA sont transférés rue de Larochefou-cauld, 30.SOMMAIRE Le Lieutenant-Gouverneur de la province de Qiiébcc.\u2014 La Semaine à Paris.\u2014 C^otes diverses.\u2014 Q4 travers le Canada.\u2014 Voyage à la Hiaie d'Hudson.\u2014 Les Combats au Tonkin.\u2014 La Ligue des Patriotes.\u2014 Le Crédit Foncier.\u2014 1Bulletin financier.\u2014 \"Bulletin commercial.LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DE Q.UÉBEC L'honorable M.L.-R.Masson vient d\u2019etre nomme Lieutenant-Gouverneur de la province de Québec.Ce choix, tout indiqué, a été accueilli par la faveur générale.M.Masson est le cinquième Lieutenant-Gouverneur de Québec sous la Confédération : tous les cinq d'origine française.Le premier qui se trouvait, après plus d\u2019un siècle d\u2019interrègne, à succéder au dernier gouverneur français, le marquis de Vaudrcuil, a été sir Narcisse Belleau.Ce grand honneur d\u2019etre le premier Gouverneur français sous le régime anglais lui revenait de droit.Comme premier ministre, il avait présidé à l\u2019éclosion définitive de la Confédération.Dans l'exercice de ses nouvelles fonctions, il a déployé ce tact que donne l\u2019habitude du pouvoir, et cette dignité simple et de bon aloi qui est l\u2019attribut caractéristique des hommes de grand sens lorsqu'ils sont appelés aux plus hauts emplois.Sir Narcisse s\u2019est appliqué à donner à ce rôle de Lieutenant-Gouverneur, repris dans des conditions bien différentes de celles dont il était entouré sous le régime français, son véritable caractère, et à le maintenir à égale distance d\u2019une humilité trop grande vis-à-vis de l\u2019autorité centrale et d\u2019un faste excessif.Il l\u2019a ainsi posé comme il devait l\u2019être et comme il est désirable qu\u2019il se maintienne toujours.C\u2019est également parmi les vétérans de la poli-tiqne canadienne qu\u2019a été choisi le second Lieutenant-Gouverneur.L\u2019honorable M.R.-E.Caron était depuis longtemps sorti de la politique active pour entrer dans la magistrature; mais il y avait autrefois joué un rôle considérable.Connu pour la modération de son caractère, sa haute courtoisie, son exquise urbanité.personne ne semblait mieux désigné que lui pour le poste de Lieutenant-Gouverneur.Il l\u2019a rempli avec une dignité parfaite, et sa mort, survenue au cours de ses fonctions, a soulevé d\u2019universels regrets.Avec l\u2019honorable M.Letellier de Saint-Just, la politique active pénétra à Spencer-Wood.M.Letellier avait dirigé la campagne électorale dans le district de Québec, durant vingt-cinq ans, au milieu de toutes les épreuves d\u2019une lutte inégale etopinatre; il sortait du ministère libéral résolu à assurer la victoire de son parti dans l\u2019arène provinciale de Québec.Un coup d\u2019Etat parlementaire , prélude modeste d'un coup d\u2019Etat plus fameux , amenait bientôt les libéraux au pouvoir.Cette mesure violente souleva, on l\u2019imagine bien, les plus vives protestations.Aujourd\u2019hui, le calme s\u2019est fait, et on envisage de sang-froid ces événements dont le souvenir n\u2019irrite plus personne.La mémoire de M.Letellier bénéficie de cet apaisement, et l\u2019opinion rend justice à ses éminentes qualités : hardiesse dans les conceptions, énergie dans l\u2019exécution, ambition uniquement dirigée vers le triomphe des idées libérales.Révoqué par le Gouvernement central, M.Letellier a eu pour successeur un membre du cabinet d'Ottawa, l\u2019honorable M.Robitaillc, qui a su éviter les écueils sur lesquels était venu se briser l\u2019homme d\u2019Etat libéral, et rester dans les bornes d\u2019une impartialité absolue.Aussi sa conduite a-t-elle satisfait tout le monde, et quitte-t-il ses fonctions sans laisser un ennemi derrière lui.Dans la vigueur de l\u2019age, ayant gardé toute son influence dans la région qu'il a si longtemps représentée, il va reprendre sa carrière politique au point où il l\u2019a laissée, et elle le conduira encore aux plus hauts postes de confiance et d'honneur.L\u2019honorable M.Masson, qui entrera en fonctions le 7 novembre, a eu cette rare fortune, dans un pays où les luttes politiques sont si vives, d\u2019être mis, pour ainsi dire, hors de pair, et de n\u2019avoir été en butte à aucune de ces attaques qui, même lorsqu\u2019elles ne portent pas, laissent toujours après elles une trace insaisissable et persistante dans l\u2019esprit public.Il est un de ces privilégiés dont l'honorabilité est toujours au-dessus du soupçon.Cette situation exceptionnelle est absolument méritée, car au cours de sa carrière, M.Masson a toujours su allier l'indépendance de conduite à la sincérité des convictions et ne jamais sacrifier l'intérêt du pays aux exigences de son parti.Il a pris de suite position en dehors des coteries, et rien n'a pu faire fléchir jamais la fermeté de ses opinions.Désigné à la mort de sir Georges Cartier comme son successeur au ministère, il déclina ce grand honneur plutôt que d\u2019adhérer à une politique qu\u2019il n\u2019approuvait pas en tous points.Le parti conservateur ayant été vaincu en i8y3, il en devint le véritable chef dans la province de Québec et contribua grandement à le ramener aux affaires.Dans ces quatre ans de campagne, il avait affaibli sa santé et il se voyait bientôt forcé de renoncer à l\u2019exercice du pouvoir pour lequel il était si bien préparé.Dans ses nouvelles fonctions, M.Masson n\u2019aura, comme par le passé, qu\u2019à rester lui-même pour garder la confiance publique qu\u2019il a su mériter jusqu\u2019ici à un aussi haut degré.L'élévation de M.Masson au poste de Lieutenant-Gouverneur, est un événement qui touche particulièrement notre petite colonie franco-canadienne.Le nouveau Lieutenant-Gouverneur a fait de fréquents séjours à Paris ; deux de ses sœurs, Mme Edouard Bossange et Mme Dou-vreleur, un de ses neveux, M.Armand Masson, habitent la France.Personne ne saurait mieux symboliser la nouvelle alliance entre la France et le Canada.Hector Fabre.LA SEMAINE A PARIS Faris, 2 8 Octobre 1884.On attendait avec impatience le retour du général M illot, pour connaître la vérité sur le ronkin.Le général avait été choisi, d\u2019abord pour remporter la victoire, bien entendu, puis pour faire taire l'extrême gauche, disait-on, étant l\u2019ami de M.Clémenceau.Les événements n'ont pas répondu à cette double attente.La fin de la guerre et l\u2019apaisement dans l'opinion paraissent aussi éloignes que jamais.Dans son ordre du jour d\u2019adieu, le commandant des troupes françaises au Tonkin avait laissé échapper un mot malheureux.Malade de chagrin, disait-il.Quel chagrin?Il n\u2019y a jamais en France que le Gouvernement qui cause du chagrin aux gens.M.Millot allait donc récriminer, et ce serait tout plaisir pour la galerie.A la surprise générale, il n en sera rien.Il résulte des entretiens du général qu\u2019il n\u2019a point à se plaindre du Gouvernement et que ce n\u2019est point des ministres que lui sont venus ses 2 PARIS-CANADA ennuis.Quant à la situation generale au Tonkin.il est d'avis qu elle est bonne et qu on peut y avoir raison des Chinois, meme sans envoi de renforts.En un mot, il ne pense pas autrement que les ministres.¦*%%«.Le roi de Belgique n'a pas résiste longtemps à la pression libérale qui le poussait à un çoup d'Etat.Les élections communales qui, dans les villes, ont e'te' généralement défavorables au ministère Malou, lui ont fourni un prétexte pour demander leur démission aux deux ministres les plus militants, MM.Jacobs et Woeste.M.Malou n'a pas cru devoir se séparer de ses collègues, et il s'est retiré avec eux.On assure que le roi a suivi en cette circonstance l avis de ses deux conseillers intimes, le baron de Van Praet et M.Devaux.Il est possible que leur influence ait été pour quelque chose dans la résolution prise par Léopold ; mais, en réalité, il a cédé surtout à la peur de l\u2019agitation soulevée par les libéraux avancés.Il a craint pour son trône en laissant les choses aller plus loin.Par cette porte, la révolution entrait en Belgique.Le nouveau ministère a pour chef M.Beer-naert, le meneur le plus actif du parti catholique.celui-là même qui.en sa qualité de président de toutes les associations catholiques de Belgique, a dirigé la dernière campagne électorale.Il est composé exclusivement de membres de la droite.C'est assez dire que le roi n'a pas versé de suite à gauche ; les libéraux comptent bien qu\u2019il y arrivera.La droite a un rôle difficile à jouer pour faire échouer le plan de ses adversaires.Le cabinet Beernaert devra agir avec grande prudence et s'inspirer plutôt des indépendants, dont le concours a donne le pouvoir au parti catholique, que des membres de l'extrême droite dont l'ardeur le perdrait.\"\" M.Francisque Sarcey vient de publier un fragment de ses Mémoires dans la T^evue Politique et Littéraire.Il s'agit, dans ce fragment, de ses débuts de journaliste.Il habitait la province, et dans ses trop courts séjours à Paris, il interrogeait sa destinée, encore obscure.Pourquoi ne disait-on pas Francisque Sarcev, comme on disait Jean-Jacques Weiss, Alfred Assolant, Prévost-Paradol, Hippolvte Taine , sans parler de celui qui était alors le plus éclatant de tous, Edmond About?Francisque Sarcev.ces deux mots sonnaient-ils si mal aux oreilles ?Cela l\u2019entraîna à faire un article avant de quitter Paris.Il soumit l'article à M.Edmond About, qui le trouva très enlevé, et, séance tenante, l\u2019adressa au directeur du Figaro avec cette recommandation, que M.de Villemessant suivait toujours alors : Prière de lire.Il ny avait plus qu une signature à trouver pour Sarcey.Comme 1 article traitait de la pro-\\ince, Edmond About déclara qu il fallait qu il sentit la province, et sans doute aussi son Sarcey; il écrivit de sa main au bas de l\u2019article : Satané Binet.M.Sarcey en reste là de ses confidences, mais on peut compter qu\u2019il sera bientôt repris du besoin de parler_de lui-même.Hector Fabre.NOTES DIVERSES Pne dépêche du Canada, du 23, annonçait quo doux stations do pécheurs canadiens, Point e-à-F'ré-gatoot Petite Ause.situées sur le littoral do laGaspé-sio dans le golfe du Saint-Laurent, avaient été complètement détruites par un incendie.Isolés et sans moyens do communication rapide, les habitants (3â familles environ) étaient sans asile et dans la misère la plus a tireuse.Aussitôt que ces faits sont parvenus à sa connaissance, le comité de Paris du Conseil d'administration du Crédit Foncier franco-canadien a envoyé par câblogramme, un secours de cinq mille francs.Nous nous empressons de le remercier de cet acte do générosité tout spontané, au nom des malheureux sinistrés, qui, grâce à lui, vont pouvoir traverser une épreuve d'autant plus difficile quelle se _\t' à l\u2019entrée de l\u2019hiver.Le Crédit Foncier franco-canadien qui a tant fait depuis sa création pour la prospérité du Canada et en particulier de la province de Québec, et dont l\u2019administration est si populaire, s\u2019est acquis ainsi un nouveau titre à la reconnaissance publique.Nous lisons dans le Courrier du Canada, de Québec : Le voyage de sir John A.Macdonald en Angleterre excite beaucoup de commentaires de toute sorte.Nous croyons que la vraie raison de ce départ imprévu est l'état de santé du premier ministre.Sans être sérieusement malade, sir John est fatigué, et ses médecins canadiens lui ont conseillé de traverser l'Océan et de consulter quelque sommité médicale.Le premier ministre a reçu un reporter du Star auquel il a donné les informations suivantes : « M.Stephen part en même temps que moi; je » serai heureux d'avoir sa compagnie, mais il est » absurde de supposer que mon voyage se rattache » au Pacifique.Mon voyage est tout à fait étranger » aux affaires publiques.J\u2019ai besoin de l'air de la mer; là il n'y a ni télégraphe ni journaux, et » j\u2019aurai un peu de repos.J\u2019irai voir mon vieil ami, » sir Andrew Clarke, qui m\u2019a traité à mon dernier » voyage en 1881.Je souffrais alors d\u2019un catarrhe, et j\u2019ai encore à m'en plaindre.Si rien ne s\u2019v » oppose, je serai de retour vers le 5 décembre.» Nous espérons que Sir John reviendra plein de force et de vigueur, reprendre la direction du parti conservateur qu'il guide depuis si longtemps dans la voie du progrès.L honorable Donald Smith, MM.R.B.Angus et Brown, tous trois administrateurs de la Compagnie du Pacifique, sont revenus, le 10 octobre, de leur voyage aux Montagnes-Rocheuses.Ils ont constaté partout de très abondantes récoltes sur les terres en culture et reconnu la fertilité de toute la région traversée par la ligne.A Arthabaskaville, province de Québec, les frères du collège ont fait la vendange cette année.Un petit vignoble, d\u2019une superficie de 1,200 pieds carrés, planté il y a deux ans, a produit, dit-on, 000 livres d\u2019excellents raisins.cier le plus en vogue des Etats-Unis.A son originalité, la Passagère de l'Aroostook joint le mérite inappréciable de pouvoir être lue par tout le monde.L\u2019Opéra-Comique vient de reprendre Mignon.M.Cobalet, l'excellent artiste bien connu des Canadiens, a été très '\t\" dans le rôle do Lothario qu il a su rendre avec un sentiment très touchant et un art exquis.Le succès du chef-d\u2019œuvre d\u2019Ambroise Thomas est inépuisable.\u2014 E.G.Les recettes du Chemin de tordu Pacifique cana-! dieu pendant la semaine dernière ont été de ! s PJS.000.C\u2019est une augmentation de s 01,000 sur la semaine correspondante de Tannée dernière.Les travaux de construction de la ligne sont poussés activement à l'ouest d'Aylmer; on a terminé une nouvelle section de quatorze milles, dite : Jonction Pontiac et Pacifique.Au 30 septembre dernier, l\u2019état des recettes publié par le département des finances du Canada, accusait un excédent de 10,000,000 de francs sur les dépenses budgétaires.C\u2019est là un joli denier que de plus grands Etats seraient très tiers de pouvoir montrer.Les recettes de la douane témoignent, de leur côté, d'une reprise sensible des affaires.Un a constaté au port de Toronto une augmentation pour lo mois de septembre de 10,000 francs sur la période correspondante de 1KS:{.A Montréal on constate, au contraire.une diminution pour le même mois; mais il y a augmentation de 110,000 francs pour le semestre tout entier.Le conseil municipal d\u2019Uttawa a décidé de remplacer l\u2019éclairage au gaz par l'éclairage électrique.Peu de villes en Amérique ont jusqu\u2019à présent adopté l'éclairage public à l'électricité.Toronto.Montréal et Québec en ont fait l'expérience dans certaines rues, mais aucune d\u2019elles n\u2019a encore décide5 de remplacer complètement le gaz par la lumière électrique.Il appartenait à la jeune capitale du Canada d\u2019ouvrir la marche.Avec ses boulevards, ses rues larges et'réguliôres, l\u2019expérience ne peut manquer de réussir.Ottawa, qui hier n\u2019était qu'un point à peine habité dans la forêt, se développe avec rapidité.Ses édiles peuvent faire grand, car l\u2019avenir lui est assuré à la lois par sa position politique et une situation topographique excellente.La conception de leurs plans s\u2019en ressent visiblement.A TRAVERS LE CANADA DE L\u2019OCÉAN A L\u2019OCÉAN M.Xavier Marmier a publié dans le dernier numéro de la Revue Britannique un article fort intéressant sur notre pays.Nous croyons faire grand plaisir à nos lecteurs en le reproduisant en entier.En voici la première partie : Jolliet, Jolliet, deux siècles de conquêtes, Deux siècles sans rivaux ont passé sur nos tètes Depuis l\u2019heure sublime, où de ta propre main Tu jetas d\u2019un seul trait sur la carte du monde Ces vastes régions, zone immense et féconde, Futur grenier du genre humain.L\u2019article passa, à la grande joie de M.Sarcey.Cette première joie n\u2019a pas été complète pourtant: 1 article contenait deux coquilles, et chaque fois que l\u2019auteur se relisait, il ne voyait jamais que ces deux coquilles.La Reçue Britannique, qui nous a fait connaître les grands écrivains anglais, tels que Dickens, Thackeray, Ch.Readc, etc., continue de tenir scs lecteurs au courant des meilleures productions de la littérature étrangère.Ce mois-ci, elle commence la publication d\u2019une œuvre de M.IIowclls, le roman- Plus de forêts sans fin : la vapeur les sillonne.L\u2019astre des jours nouveaux sur tous les points L\u2019enfant de la nature est évangélisé, [rayonne, Le soc du laboureur fertilise la plaine, Fit le surplus doré de sa gerbe trop pleine Nourrit le vieux monde épuisé.6441 89 PARIS-CANADA 3 Des plus purs dévouements, merveilleuse semence.Qui de vous eût jamais rêvé cette œuvre immense ! O Jolliet, et vous, apôtres ingénus, Humbles soldats de Dieu sans reproche et sans Qui portiez le flambeau de la vérité sainte [crainte, Dans ces parages inconnus.Et toi, de ces héros, généreuse patrie, Sol canadien que j'aime avec idolâtrie, Dans l\u2019accomplissement de tous ces grands travaux Quand je pèse la part que le ciel t\u2019a donnée, Les yeux sur l\u2019avenir, terre prédestinée, J\u2019ai foi dans tes destins nouveaux.Je me rappelle la matinée où, pour la première fois, j\u2019entendis M.L.Fréchette moduler ce chant patriotique.C\u2019était à une distribution de prix, dans l\u2019école des frères de la Doctrine chrétienne, où il avait bien voulu m'accompagner.Dès la première strophe, il conquérait son auditoire.Le vénérable prêtre qui l\u2019avait courtoisement invité à prendre la parole, le remerciait par ses regards attendris (i).D\u2019une extrémité de la salle à l\u2019autre, on l\u2019écoutait en un profond silence.Puis les applaudissements éclatèrent, et l'on se demandait qui était ce jeune homme, dont le nom ne figurait pas sur le programme de la fête, et dont la voix vibrante produisait une si vive émotion.C\u2019était le poète de Montréal, auquel l\u2019Académie française venait de décerner une de ses couronnes les plus enviées.C\u2019était un de ces Canadiens qui, par delà 1 Atlantique, conservent religieusement la langue de leurs aïeux.C\u2019était le descendant d\u2019une des familles de l\u2019ancienne France qui nous disait en vers harmonieux les traditions et l\u2019avenir de la Nouvelle-France : Glorieuses sont ces traditions, Immense est cet avenir.Nos chers Canadiens! Ils ont été au dix-huitième siècle, comme dans les derniers temps nos belles provinces d\u2019Alsace et de Lorraine, ils ont été abandonnés par une de ces horribles transactions qu\u2019on appelle des traités de paix.Ils étaient en bien petit nombre et bien peu en état de se défendre quand l\u2019Angleterre les prit, persuadée qu\u2019elle allait promptement les angliciser.Ah ! comme ils ont combattu pour garder leur religion, leur idiome, leur nationalité.On glorifie le courage qui se manifeste sur le champ de bataille en une heure d\u2019effervescence.N\u2019est-il pas plus admirable le courage de chaque jour qui se maintient résolument dans une lutte pénible pendant de longues années ?Par leur union dans leur catholicisme et le souvenir de leur origine, les Canadiens ont résisté aux convoitises britanniques, au fanatisme protestant, aux violences administratives ! et judiciaires des premiers gouverneurs que l\u2019Angleterre leur imposait.Ni les menaces ni les promesses n\u2019ont pu les détacher de leur foi ni les détourner de leur but.Enfin ils ont obtenu le pacte équitable qu\u2019ils désiraient.Graduellement, leur force augmentait.A la lettre, ils accomplissaient la sentence de la Genèse: Croissez et multipliez.Sur notre sol canadien à jamais illustré par tant d\u2019actes d\u2019héroïsme et de piété, on ne comptait, en i-63, pas plus de 65,ooo Français; il y en a maintenant i,3oo,ooo (2).On sait que, depuis 1867, les possessions de l\u2019Angleterre dans l\u2019Amérique du Nord constituent un Etat fédératif auquel on a donné le nom de Dominio».Il se compose à présent de sept provinces : Ontario, Québec, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, Manitoba, la Colombie, Pile du Prince-Edouard.Les alfaires ^i) M.Hamclin, curé de Sainte-Clotilde, mort récemment.(2) Paul de Cazes, Notes sur le Canada, p.79.\tI générales de la confédération se traitent à Ottawa.Là se réunit le Parlement; là est la résidence du gouverneur général.En ce qui tient à ses propres domaines, à ses lois, à son culte, à ses intérêts particuliers, chaque province forme un Etat indépendant.Il a son budget spécial, son parlement, son gouverneur.« A Québec, dit Hector Fabre dans une de ses instructives et spirituelles conférences (1), le lieutenant-gouverneur, le premier ministre, les premiers magistrats sont toujours des Canadiens-Français.C\u2019est affaire entendue.Au parlement, au palais, on parle surtout notre langue.A Ottawa, au parlement fédéral, rien ne se fait sans nous.A Québec, au parlement provincial, rien ne se fait que par nous.Par une route longue, parfois pénible, nous sommes revenus au point de départ.Si le drapeau qui flotte sur la citadelle de Québec n\u2019est plus le drapeau français, la ville que ce drapeau abrite est aussi française qu\u2019en 1760.» De 1 Atlantique au Pacifique, du lac Supérieur b:en au-delà du cercle polaire, la confédération canadienne a une surface plus grande que celle de l\u2019Europe.De l\u2019Atlantique au Pacifique, elle aura, comme la république de Washington, son chemin de fer.Il est déjà fait jusqu\u2019aux montagnes Rocheuses.Il doit être achevé en 1886.Heureux ceux qui voyageront sur un tel chemin, à travers une contrée si vaste et si intéressante.On a souvent décrit les vallées et les montagnes par lesquelles passe le Transcontinental des Etats-Unis.De Québec à la Colombie, le Transcontinental du Dominion canadien aura plus de 1,200 lieues de longueur.Une partie du terrain qu\u2019il traverse est fort peu connue.Je voudrais essayer d\u2019en donner une juste idée avec des livres véridiques.Il y en a en diverses langues de l\u2019Europe, surtout en français, un grand nombre dont M.Faribault, le savant et zélé bibliothécaire de Montréal, avait fait une collection qui, malheureusement, a été incendiée.Il en est plusieurs que je me réjouis de posséder et que je puis citer à coup sûr.En 1804, M.le capitaine Lewis et M.Clarke furent chargés par le gouvernement américain d\u2019explorer les sources du Missouri et de chercher quelques cours d\u2019eau par où l\u2019on pourrait descendre à l\u2019océan Pacifique.Ils traversèrent les montagnes Rocheuses et découvrirent deux affluents de la Colombie, la magnifique rivière.Par là ils atteignirent le grand Océan.Leur expédition dura près de trois années.Dans le récit qu\u2019ils en firent, on trouve de curieuses notions sur les lieux qu\u2019ils parcoururent et les diverses peuplades d\u2019indiens qu\u2019ils rencontrèrent.En 1841.sir George Simpson a été de Londres au nord-ouest du continent américain, jusqu\u2019à l\u2019île de Vancouver, par le Canada, par les terrains appartenant alors à la Compagnie de la baie d\u2019Hudson.Gouverneur de cette puissante société, il voyage comme un roi dans ses domaines.Pour traverser les lacs et les rivières, on lui donne les rameurs les plus alertes ; pour cheminer dans les forêts et les prairies, les meilleurs chevaux et les guides les plus expérimentés.Il est reçu solennellement dans les forts de la compagnie, et les tribus d\u2019indiens lui envoient de divers côtés des députations pour lui offrir leurs vœux.Il est, disent ces pauvres naïves peuplades, le puissant magicien.Elles le prient de protéger leurs chasses, leurs pêches et leurs wigwams.A de précieux renseignements, M.Simpson a joint dans sa relation de jolies descriptions et des épisodes agréables (2).Xavier Marmier, De l\u2019odcadémie française.(A suivre.) (1)\tContèrence du 21 mars 1884.(2)\tThe Overland Journey round the World, 1841.VOYAGE A LA BAIE D\u2019HUDSON m Nous dépassons, sans l\u2019apercevoir, l\u2019embouchure de la petite rivière Abbitibi, qui prend sa source près du lac du même nom ; nous pourrions également retourner par cette voie, mais les eaux seraient encore moins abondantes et les rapides plus nombreux.Le canot s\u2019arrête à 11 heures, et à la lueur d\u2019un brasier flamboyant nous dressons nos tentes dans l\u2019obscurité d\u2019une nuit noire et d\u2019une forêt épaisse.La nuit fut courte.A 3 heures « lève ! lève ! ».Nos hommes espéraient se rendre à Moose aujourd\u2019hui, mais ils comptaient sans les cailloux et les bas-fonds de la rivière.Cette journée ressemble à celle d\u2019hier comme une sœur jumelle à sa sœur : mêmes fatigues, mêmes sueurs, mêmes marches sur la grève et dans les bois.Nous dînons dans une île où s\u2019élèvent fièrement des pins qui mesurent huit pieds et demi de circonférence sur leurs bases; mais ces géants, perdus en dehors du pays ordinaire de leur naissance, font exception ; depuis une vingtaine de milles, les épi-nettes qui forment presque exclusivement la population forestière de ces rives, diminuent graduellement en grosseur et en hauteur; si la progression descendante se maintient, bientôt la forêt n\u2019aura plus que des arbres nains.Les côtes s\u2019abaissent et se couvrent de hautes herbes ; des baies circulaires présentent à gauche et à droite les contours les plus gracieux.Il est six heures, nous sautons un dernier rapide, et notre canot, comme une gondole vénitienne, s\u2019engage dans des lagunes tortueuses; nous nous promenons sur des allées superbes qui circulent à travers un véritable parterre, entre des ellipses de gazon et des tertres ceinturés de plates-bandes de verdure et de rosiers sauvages, surmontés de riches bosquets d\u2019arbres ressemblant à d\u2019énormes pots de fleurs: ce sont les chenaux de la Mcittaivan.La rivière Moose, où viennent se perdre les eaux de l\u2019Abbitibi, a toutes les allures d\u2019un fleuve.Elle arrive de loin, de la hauteur des terres, près du lac Supérieur, et sur son parcours de près de trois cents milles, elle a reçu le tribut de plusieurs lacs et rivières subalternes.En cet endroit, elle a bien un mille de large ; une de ses nombreuses iles nous donne ce soir l\u2019hospitalité sur une belle grève de sable.Tous les maringouins de la baie, indignés sans doute de notre invasion dans leur territoire, se sont donné la main, je crois, pour venir nous arrêter à la frontière ; ils nous font un bourdonnement aigu à nous crisper les nerfs ; c\u2019est la seule musique que nous ayons pour fêter le Dominion Day.Maintenant que, sept jours durant, uous avons navigué ensemble sur la rivière Abbitibi et que nous l\u2019avons parcourue dans toute sa longueur, avant de la quitter pour visiter d\u2019autres parages, je vous donnerai, si vous le désirez, une appréciation générale de la contrée qu\u2019elle traverse, une petite vue d\u2019ensemble.Pour ce faire, je diviserai le parcours en trois sections: la première s\u2019étend depuis le lac jusqu\u2019aux Trois Portages, une distance de 100 milles ; la seconde, des Trois Portages à Clay-Falls, 80 milles ; la troisième , de Clay-falls à la rivière Moose, 36milles,ce qui donne un total de 2iômilles.Je ne garantis rien pour les distances, je mesure sans chaîne d\u2019arpentage, et vous comprenez que mes observations ne peuvent s\u2019appliquer qu\u2019aux rivages et à leurs environs immédiats, n\u2019ayant pas eu le temps de pénétrer bien avant dans l\u2019intérieur.J'ai toujours trouvé absurde la méthode de certains voyageurs, confiants et décidés, qui jugent de tout un pays par l\u2019étroite lisière qu\u2019ils en ont visité.La rivière, pour la première section, coule vers l\u2019ouest, puis tourne vers le nord, direction qu\u2019elle tient ensuite jusqu\u2019à sa jonction avec la Moose ; les côtes sont basses et bien boisées.Les arbres qui dominent sont : l\u2019épineîte et le tremble ; ensuite viennent le Hard, le bouleau et le cèdre.La végétation augmente en vigueur au fur et à mesure qu\u2019on s éloigne du plateau de la hauteur des terres ; nous 4 PARIS-CANADA avons mesure, sur la souche, des trembles de ~ pieds de circonférence et des épinettes de 9 pieds qui atteignaient une hauteur, les premiers de ->o pieds et les seconds de plus de 100 pieds; et cette vigueur de croissance n est pas une exception.Les cèdrières, transplantées dans le haut de 1 Ottawa, ne feraient pas honte à nos plus belles forets que-becquoises.La constitution géologique du sol appartient aux terrains laurentions et huroniens, avec granit-gneiss et quartz varies; mais cette structure osseuse est recouverte presque partout d une couche épaisse de terre végétale, de marne, de terre grise, de terre noire ou de glaise sablonneuse : rarement le squelette du globe apparaît à découvert.Dans la seconde section, la forêt, quant aux espèces de bois, est à peu près la même: seulement les proportions de grosseur et de hauteur diminuent quelque peu en approchant de Clay balls.La rivière considérablement accrue, s'est ersusee un lit profond, et descend entre de* rives qui ont une élévation de cinquante à soixante pied- : on voit sur le flanc de ces remparts naturels le travail des inondations du printemps et le ravage des glaces au temps de la débâcle.Généralement, les rivages sont taillé* dans des bancs de glaise bleue ou grise, recouverts de quelques pied* d'une marne jaune, riche, graisseuse, qui pelote sous la main, dans le genre de celle qu'on rencontre dans la Rouge à M.le cure Libelle.Il n'y a pas de montagnes; mais ici et là de légères collines élèvent leurs tètes, des mamelons présentent leurs croupes arrondies.L'intérieur offre-t-il un terrain accidenté, un pays roulé ?je l\u2019ignore, mais je suis porté à le croire.La troisième section paraît appartenir à une formation beaucoup plus récente: les quelques pierres que l'on rencontre peuvent se classiîier dans les différentes espèces de calcaire.Les épinettes, qui forment la grande majorité des essences forestières, ont perdu grandement de leurs dimensions ; lagluise, pure et forte, n\u2019est recouverte que d'une mince couche de terre végétale, formée par le detritus des grandes herbes, des feuilles mortes et des troncs d\u2019arbres pourris.Les rives vont s\u2019abaissant, les marais sont nombreux et tout le pays doit être inondé au printemps.Les coquillages marins que l'on trouve en certains endroits laissent croire que lamer s'étendait autrefois jusqu'à Clay falls ou même jusqu'au Sextant, et qu'elle s'est retirée petit à petit devant une terre d'alluvion, née des vases glaiseuses et des j débris de silex pulvérisé, apportés par les flots.Que penser des ressources agricoles de ce pays?le problème jusqu'ici est diversement résolu, et il serait imprudent de vouloir hasarder un jugement définitif.Dans mon humble opinion, le plateau delà hauteur des terres, surtout sur le versant qui regarde : la baie d'Hudson, ne sera jamais propice à la culture des céréales, parce que la saison est trop 1 courte et que le sous-sol granitique touche de trop ; près la surface arable; les patates, les navets et I les autres légumes à constitution forte et vigoureuse pourront peut-être y venir assez sûrement.Je dirai la même chose de la troisième section de la rivière Abbitibi : la saison y est peut-être assez longue, mais le sol est iroid, difficile à égoutter, sujet aux inondations.Quant à la premiere et à la seconde section, c'est-à-dire depuis le lac Abbitibi jusqu'à Clay Falls, je ne doute pas que dans un avenir plus ou moins rapproché, quand les intérêts commerciaux ou les produits des mines auront ouvert des communications rapides avec la baie d'Hudson, ces forets teront place a des fermes riches et opulentes.Le sol est généreux, le climat est favorable; du reste, l'expérience en a apporté la preuve irrécusable par ce que l'on voit de culture à New-Post, dans une des parties les moins favorisées du pays en question.\u2014 Mais, me direz-vous, cette contrée, dont vous parlez, n\u2019est-elle pas située au nord de la hauteur de* terres que vous déclarez peu propre au rendement de l\u2019agriculture?\u2014 C\u2019est vrai.Mais remarquez que le sol en cet endroit subit une dépression considérable; sur une distance d\u2019environ cinquante lieues le niveau s\u2019abaisse de 8oo pieds, et d après les lois générales qui régissent les variations et les courants atmosphériques, le climat gagne plus par cet affaissement graduel et rapide de la plaine, qu if ne perd pas sa progression vers les glaces du pôle.Tout le monde sait que dans les pays septentrionaux, la végétation est plus rapide; elle semble vouloir reprendre le temps perdu par un printemps tardif.Le sol gelé plus profondément, fournit aux racines une plus grande provision d'humidité, et les plantes n\u2019ont pas à souffrir de ces sécheresses précoces qui les retardent.Les chaleurs de juin et de juillet, dans les environs de la Chute aux Iroquois, ne le cèdent en rien aux nôtres, et les nuits généralement plus fraîches préparent aux feuilles et aux herbes une rosée abondante qui les nourrit.Dans les mois d'été le soleil est plus longtemps sur l'horizon, et le travail de germination et de développement se trouve prolonge d'autant.On dit que cette zone fertile, large de 15o milles environ, s\u2019étend de l\u2019ouest à l'est, depuis la rivière Nelson, au nord du lac Winnipeg, jusqu'au grand lac Mistassini au nord du lac Saint-Jean, immense lisière de pays capable de nourrir des millions d\u2019habitants.C'est le domaine de nos gens, ils n'ont qu'à le vouloir pour s\u2019emparer de cet héritage.O Canadiens, continuez de vous avancer vers le nord en bataillons serrés; crescite et multiplicamini ; F espace dans notre pays ne manque pas.Avant de terminer, voulez-vous connaître le nombre et la longueur des portages que vous aurez à faire sur la rivière Abbitibi, quand vous viendrez faire une promenade de vacance à la baie d'Hudson.Cette énumération ne comprend pas les marches forcées que les rapides plats, dans la saison des basses eaux, vous forceront de faire sur les grèves; elle ne comprend que les chutes, les saults et les rapides que l\u2019on rencontre en tout temps, ils sont au nombre de vingt et un.Le Gotchiji, 9 arpents (l\u2019arpent est d'environ 40 mètresi ; les Deux portages, le premier 2 arpents, le second 1 i 4 arpents : la Chute aux Iroquois, 2 1 2 arpents ; la tète du Long Sault.2 arpents; le pied du Long Sault, 2 1 /4 arpents : le Rapide Je Vile, 2 arpents ; la Chaudière, 2 1 2 arpents; les Crois Portages, 14 arpents; le Portage de l'ile, 3 1 2 arpents; le Lop-stick, 2 1 2 arpents; le Little Long, 1 5 1 2 arpents; le Rocheux, 6 1 2 arpents; un portage dont je ne connais pas le nom, 2 1 2 arpents: le Bouleau, 11 12 arpents; la Canistre d Huile, 4 arpents; le Grand Portage, 58 arpents: la Loutre, 69 arpents; le Sextant, i5 1 4 arpents; Clay foils, 17 1 2 jarpents; la Mat-tawan, 4 arpents.Quand un lecteur a fini de parcourir une nomenclature aussi sèche, il a besoin de repos ; c'est pourquoi, ce soir, je vous fais grâce de plus de détails et je m\u2019arrête en vous donnant rendez-vous au fort de Moose.L'abbé J.B.Proulx.J_^es Combats au Tonkin Le Figaro contient d\u2019intéressants récits sur les derniers combats au Tonkin.Voici d\u2019abord l'affaire de Bac Ninh.Il avait été décidé qu\u2019un grand cordon de troupes serait tendu autour de la place afin de prendre le plus grand nombre d'ennemis possible.Le général de Négrier s'élança à la tête de sa brigade qui remontait la rive droite du Song Cau et arriva, emporté par son ardeur, au point où le fleuve coupe la route de Bac Ninh à Lang Son.Les Chinois résistaient encore.Il avait ordre de se maintenir sur les collines qui bordent cette route en attendant la fin du mouvement tournant qu\u2019exécutait la brigade du général Brière de T Isle.Dans la pensée du général Millot et selon scs ordres, la journée de marche en avant du général de Négrier n\u2019était faite que pour lui permettre de couper toute retraite à l'ennemi par la route de Lang Son et de rabattre les Chinois sur la forteresse, par conséquent sur la seconde brigade.Ils se seraient trouvés pris entre deux feux et obligés de mettre bas les armes.Les troupes du général de Négrier se battaient depuis plusieurs heures et arrivèrent, insensiblement, en délogeant les Chinois de toutes leurs positions, aux portes de Bac Ninh, où le général entra à six heures du soir.La ville était vide de ses défenseurs, les Chinois s'enfuyaient par le nord-ouest, dans la direction que la brigade du général Brière de l\u2019isle devait occuper le lendemain.A minuit, le général Millot, inquiet de ne recevoir aucune nouvelle du général de Négrier, envoya un de ses officiers d'ordonnance qui revint quelques heures après lui annoncer que la veille au soir la place avait été occupée.Le général de Négrier arrivait au-devant de son chef auquel il se mit à expliquer les raisons qui l avaient fait pénétrer dans Bac Ninh.\u2014 Vous avez bien fait, lui répondit le général Millot.Pas un mot ne fut échangé entre les deux généraux au sujet du plan qui venait d\u2019avorter.La ville était prise, mais les Chinois s\u2019étaient envolés.Nous allons donner maintenant le récit de l'échec de Lang Son.Le colonel Dugenne, désigné pour le commandement, est de ces braves officiers qui sont, dans tous les temps, l\u2019honneur d\u2019une armée.A la tête de 35o officiers et soldats, accompagnés de quelques auxiliaires et de nombreux coolies, il s\u2019engagea sur la route de Lang Son.Raconter l'odyssée de cette petite colonne perdue au milieu d\u2019une contrée inexplorée demande un chapitre à part.Ce qu'il a été dépensé de courage, ce qu\u2019il a été fait d\u2019actes héroïques, depuis celui du lieutenant Bailly, traversant les lignes chinoises à la recherche d\u2019une colline assez élevée pour pouvoir établir un télégraphe optique afin de faire parvenir à Hanoi la nouvelle que la colonne était cernée, perdue jusqu\u2019au dernier homme si on ne parvenait à la dégager \u2014 jusqu\u2019au dévouement du petit détachement de cavalerie commandé par le capitaine Lapérine, qui traversa le dernier le SongThuong, après avoir fait évacuer le convoi de blessés hissés péniblement sur les chevaux du détachement que les cavaliers démontés conduisaient par la bride tout en faisant le coup de feu.tout cela demande à être raconté et mérite d\u2019être admiré jusque dans ses moindres détails.La retraite de Bac Lé est comparable aux faits d'armes les plus extraordinaires survenus en Afrique.Le colonel Dugenne se mettait, le 23 juin, en route pour Lang Son.Il venait de dépasser Bac Lé, où un poste avait été laissé; il suivait un chemin absolument inexploré, difficile, raviné, qui ne permettait pas à sa petite colonne de faire de longues étapes.La colonne, forte de 35o soldats français, arriva le 25 au point où la route est coupée par le Song Thuong qui coule jusque-là sur la gauche de la route, et que le petit corps expéditionnaire allait avoir à partir de cet endroit sur sa droite.A gauche, des collines appelées les montagnes de marbre, d'une hauteur de cent mètres et taillées à pic ; la route courant presque à leur pied, des bois s\u2019étendant de la route jûsqu a la rivière, un petit mamelon s'élevant au centre de cet emplacement parfaitement délimité par les collines et le Song Thuong, tel était l\u2019endroit choisi par les Chinois pour tendre à nos soldats une embuscade dont pas un seul ne devait échapper.Soigneux d\u2019éclairer la route et de garder les der-rièresde la colonne le colonel Dugenne avait laissé les auxiliaires en deçà du gué que nos 35o soldats venaient de franchir.Le capitaine de Lapérine, à la tête de 15 cavaliers, éclairait la route qui suivait le pied de ces « montagnes de marbre » couvertes d\u2019arbrisseaux et de lianes d\u2019où s\u2019échappaient des sources tombant en cascades, qui ravinaient un peu plus loin la route.Le matin du quatrième jour, la troupe fut accueillie par une vive fusillade partant de la montagne.Le PARIS-CANADA 3 colonel Dugenne, déployant ses deux compagnies, fit exécuter des feux de salve qui n'eurent pour effet que d\u2019exciter le feu de l\u2019ennemi.Rassemblant son convoi menacé d\u2019etre coupé, car des coups de fusil éclataient également à l\u2019arrière de la colonne, le colonel donna l\u2019ordre de sortir à tout prix du bois où ses soldats étaient mitraillés presque à bout portant.Les Chinois, hardis comme ils ne l\u2019avaient jamais été, apparaissaient sur la lisière du taillis, tiraient et se repliaient; ils étaient armés de fusils à répétition et de revolvers.Arrivée dans la clairière, la colonne fut assaillie sur sa droite; de ce côté, l\u2019ennemi, abrité par la rivière, cau-saità nos soldats un mal extrême.Le colonel Dugenne vit qu\u2019il était cerné; la seule chance qui lui restait de vendre chèrement sa vie et celle de ses soldats était de gagner le mamelon et de s\u2019y fortifier.Il fallut le prendre d\u2019assaut.Mais les troupes étaient trop exposées; l\u2019ambulance était devenue une cible pour les balles ennemies.A ce moment on vint lui dire que la route était coupée.La colonne était assaillie dans toutes les directions, le colonel voulut mettre ses blessés à l\u2019abri.Appelant le capitaine Maillard, il lui ordonna de s\u2019avancer vers la colline dont l\u2019ennemi couronnait les hauteurs et de profiter de ce que cette colline était taillée à pic pour y conduire l\u2019ambulance.C\u2019était le seul moyen de la soustraire au feu des Chinois.Les hommes étaient dans un état d\u2019exaspération facile à comprendre et malaisé à décrire.Les horreurs que commettaient les Chinois sur les blessés tombés entre leurs mains les rendaient littéralement fous.Ils voyaient le Song Thuong rouler des cadavres sans tête, recouverts d\u2019un sac aux extrémités duquel de petits bambous portaient les oreilles, le nez et autres dépouilles du mort.Ils comprenaient que c\u2019était une guerre sans merci et sans quartier qu\u2019ils soutenaient contre ce peuple le plus cruel qui existe.Toute pitié était refoulée de leur cœur.Ils connaissaient le sort qui les attendait s\u2019ils tombaient vivants entre les mains d\u2019ennemis dont la férocité se complaît dans les plus étranges et les plus épouvantables supplices.Le colonel Dugenne était désolé, mais son courage restait entier.Le soir venu, il convoqua tous les officiers chefs de service.Chacun envisageait la situation comme désespérée.Il fut décidé qu\u2019on battrait le lendemain matin en retraite.Les efforts dirigés sur un point devaient faciliter une trouée à travers les lignes chinoises qui investissaient complètement la colonne.\u2014\tCroyez-vous pouvoir donner connaissance de notre situation au quartier général?demanda le colonel Dugenne au lieutenant Bailly, chef du service télégraphique.Comprenez-moi bien.Ce n\u2019est pas un ordre que je vous donne.Ce serait folie.Nous sommes enveloppés.Voyez-vous un moyen de communiquer avec le poste de Bac-Lé?\u2014\tOui, mon colonel, répondit le lieutenant Bailly.\u2014\tPrenez une escorte de q.5 hommes dans ce cas et risquez-vous.\u2014\ti5 hommes me suffiront avec deux mulets.Ou je traverserai les lignes ennemies avec ce petit nombre d'hommes ou je ne les franchirai pas, et alors il vaut mieux ne pas priver la colonne d\u2019une partie de ses forces.Deux heures après, la nuit étant complète, le lieutenant Bailly, avec sa petite escorte, s\u2019approcha des lignes chinoises et disparut aux yeux de tous.Chacun pensait qu'il marchait à une mort certaine.Le colonel Dugenne résolut de mettre le restant de la nuit à profit pour former sa colonne et sauver ses blessés abandonnés par les Tonkinois faisant office de brancardiers.Les Chinois avaient découvert l\u2019endroit où l\u2019ambulance avait été établie, et profitant des anfractuosités de la montagne descendaient des hauteurs et se formaient en groupes serrés que les cavaliers sabraient.La fusillade avait repris au milieu de la nuit.Les premières troupes battaient en retraite.Le colonel n\u2019avait plus qu'une idée : mettre la rivière entre ses soldats et cette avalanche de Chinois qui devaient être excessivement nombreux à en juger par le feu qui éclatait dans toutes les directions.Que faire des blessés ?Abandonner le convoi n\u2019était rien; sauver les hommes était tout.Le colonel ordonna de démonter les cavaliers qui restaient et de placer deux blessés sur chaque cheval, le plus valide soutenant l\u2019autre ; mais il y avait plus de blessés que de chevaux.Les soldats faisaient le coup de feu, on ne pouvait en faire des brancardiers.Le colonel Dugenne développa ses deux compagnies en tirailleurs, de façon à ce que la tête de la première atteignit le gué, et que les derniers hommes pussent protéger le va-et-vient qui allait s\u2019établir entre l'ambulance et la rive gauche de la rivière.Le capitaine de Lapérine, commandant le détachement de cavalerie, dut à cinq reprises différentes faire ce trajet.Il fallait tout son ascendant sur ses hommes pour à chaque fois les rejeter pour ainsi dire dans le gouffre dont ils se voyaient heureusement sortis et où ils étaient contraints de rentrer pour sauver quelques malheureux blessés qui se croyaient déjà voués aux supplices les plus affreux.Les Chinois étaient si près d\u2019eux qu\u2019ils entendaient leurs voix.La colonne rassemblée sur le Song-Thuong traversa la rivière et battit en retraite jusqu\u2019à Bac-Lé où elle s\u2019enferma, attendant les secours qui lui étaient annoncés.Le brave lieutenant Bailly, après avoir erré une partie de la nuit à travers les lignes ennemies, avait réussi à les franchir, et, avec ses quinze hommes d\u2019escorte, était parvenu à monter sur une colline où il installa ses appareils de télégraphie optique.Deux heures après, le général Millot connaissait la situation désespérée du colonel Dugenne, et envoya le général de Négrier au secours de la colonne qui venait d\u2019être sauvée grace à l'énergie de ses officiers et au courage de nos soldats.LA LIGUE DES PATRIOTES La distribution des récompenses aux lauréats du concours national de tir, qui a obtenu le brillant succès que l\u2019on sait au polygone de Vincennes, a eu lieu dimanche dans la salle des Fêtes du palais du Trocadéro, sous la présidence de M.Anatole de la Forge, député du 9\" arrondissement, président de la Ligue des Patriotes, assisté de M.Paul Déroulède et de MM.Jarry de Beauffémont, Sansbœuf et Can-telier qui viennent d\u2019être promus chevaliers de la Légion d'honneur, tant pour leur brillante conduite pendant la guerre de 1870-1871 que pour le zèle avec lequel ils se sont dévoués à l'organisation des Sociétés de gymnastique et de tir.La présidence d\u2019honneur était dévolue à M.le général Gampenon, ministre de la guerre.La salle était littéralement comble, garnie en bonne partie par de nombreux officiers.Au début de la séance, M.Anatole de la Forge a prononcé l\u2019allocution suivante : « Au nom des 60,000 membres de la Ligue des Patriotes, je salue le champion de France et les 2,13q lauréats du concours de tir; je leur souhaite la bienvenue, en regrettant que notre vénéré et regretté président Henri Martin ne soit plus là pour s\u2019associer à notre joie.Je salue aussi les braves qui, à pareil jour, il y a quatorze ans, tombèrent au Bourget; je salue Baroche; je salue aussi les Régnault, les Sevestre et les pauvres petits moblots obscurs et sans nom qui, pendant les jours néfastes moururent pour la patrie.Des amis, qui sont là-bas en pèlerinage, diront l\u2019héroïsme de ces jeunes troupes qui n\u2019avaient pas encore l\u2019instruction que vous possédez déjà, mais qui avaient le courage que vous montrerez plus tard.» Je regrette que les travaux du gouvernement retiennent le général Campenon au ministère ; c\u2019est à lui que vous devez votre brillant succès.C\u2019est pour moi une vieille connaissance que le général Campenon ; nous avons été au collège sur les mêmes bancs, et je vous assure qu\u2019aucun de ceux qui l\u2019y ont connu n\u2019a été surpris de le retrouver sur ceux du ministère.Ce qui nous a étonnés, par exemple, c\u2019est qu\u2019on ait eu l\u2019idée d\u2019en faire un inamovible.Campenon un inamovible! J espère qu'il saura les entraîner en avant comme il menait ses troupes.» Remercions aussi le conseil municipal de Paris pour son concours généreux.On le retrouve toujours lorsqu\u2019il s\u2019agit de faire une manifestation patriotique.» Vous devez aussi beaucoup à Paul Déroulède, notre délégué, qui a été lame de la Ligue, qui y a apporté sa nature d\u2019apôtre, de poète et de soldat.C\u2019est un illuminé, dit-on : ne l\u2019est pas qui veut, et je souhaite pour l\u2019avenir de nos provinces captives qu'il y en ait beaucoup comme cela.(Bravos).» M.Paul Déroulède prend ensuite la parole : « Vos applaudissements, dit-il, iront retentir au delà nés Vosges.» Il fait de M.le général Campenon un éloge qu\u2019il termine ainsi : « Puisse l\u2019armée conserver longtemps à sa tête le chef qui veille sur elle.« Je ne suis pas un illuminé.Mais qu\u2019on ne nous parle plus d\u2019alliance franco-allemande : si ce n\u2019est qu\u2019un jalon, nous l\u2019arrachons; une route, nous la barrons.Qu\u2019on ne pousse plus ce cri absurde : Sus à l\u2019Angleterre ! Eh! messieurs, que nous importe l\u2019Angleterre tant que nous avons à porter nos regards vers le Rhin! » Il n\u2019y a pas assez de haine en France pour faire deux efforts; c'est pourquoi, jusqu\u2019à nouvel ordre, rien contre l\u2019Allemagne; jusqu\u2019à nouvelle situation, rien avec l'Allemagne.Envoyons, en attendant, des renforts à nos frères qui luttent en Orient.» On procède ensuite à ladistribution des récorn» penses, après quoi l\u2019assemblée se sépare aux accents de la Marseillaise.- ¦e=o-o;-=:^- S: ¦- CRÉDIT FONCIER DE FRANCE Nous avons donné dans notre dernier numéro les résultats approximatifs do l\u2019émission du 14 octobre.Voici l\u2019avis officiel de répartition qui nous est communiqué : AVIS DE RÉPARTITION La souscription publique, ouverte le 14 octobre 1884, à 000,000 Obligations communales de 500 fr.3 0/0 avec lots, a donné les résultats suivants : 3011.*lio souscripteurs 2.900.00$ obligations demandées.Il est attribué aux souscripteurs : De l et\t2\tobligations 1\tobligation.3 à\t10\t\t\t0\t\u2014 17 à\t25\t\u2014\t3\t 20 à\t33\t\u2014\t4\t- 34 à\t41\t\u2014\t5\t\u2014 42 à\t50\t\u2014 0\t\u2014 51 à\t58\t\u2014\t7\t\t 59 à\t00\t\u2014 8\t\t 01 a\t75\t\u2014\t9\t\t.70 a\t83\t\u2014 10\t\u2014 81 à\t91\t\u2014\tIl\t\u2014 92 à\t100\t12\t\t.101 à\t108\t\u2014\t13\t\u2014 et ainsi de suite, à\t\traison de 12 0\t0 et d\u2019une obliga- tion en plus pour toute fraction.Le Crédit foncier rappelle aux souscripteurs de 100 obligations et au-dessus, qu\u2019ils peuvent retirer 70 0 0 du montant de leur souscription.La délivrance des titres commencera le 10 novembre.Le Gouverneur du Crédit Foncier de France, Albert Chhistophle. 6 PARIS-CANADA BULLETIN FINANCIER bourse de ear I s nr \u201827 octobre Fonds d'Et&t 3 0 0 français.35 3\t0 0 amortissable.\u201d\u20183\t60 4\t1 2 0 0 ancien.JW\t.« 4 1 2 0 0 1883.JW\t*5 jjinp.Canada.» 0 0 garantis, r.1903-1901- 1908-1910-1913 mégoe.eh.fixe 25.20)\t.Id.1 0 0 non garanti', r.1901-1905-1906- 1908 (négoc.ch.fixe 25.20).Emp.du gouv.de Quebec 1S80.i 1 2 0 0, remb.à 500 fr., t.p.MO .Valeurs de Crédit (Actions) Banque de France.Banque d\u2019Escompte.Banque de Paris.Comptoir d'Escompte.Crédit Foncier de France .Crédit Foncier Franco-Canad.cn.act.500 f., 125 fr.payés (nominatives.5060 .512 50 725 .955 .1300 .150 .Chemins de Fer Actions Est.Lvon.Midi.Nord.Orléans.Ouest.781 25 1230 .1117 25 1630 .1305 .820 .Valeurs diverses (Actions) Gai Parisien.1510 Omnibus.1230\t.Canal de Panama.485\t.Canal de Suez.1900\t.BOURSE DE LONDRES nu 25 OCTOBRE Emprunts Canadiens Canada\t1860 5 0 0.101 \u2014\t1868 5 0 0.111\t.\u2014\t1868-78 4 0 0.\u2014\t1874-79 i 0,0.luO\t.\u2014\t1884 4 1 2\t0/0.94\t1 2 Province de Québec 1871\t5\t0\t0.109\t.\u2014\t1876\t5\t0\t0.109 \u2014\t187 9 5 0 0.\u2014\t1880\t1\t12\t0 0 .103\t.\u2014\t1883\t5\t0\t0.107\t.Prov.du Nouveau-Brunswick 6 0 0.110\t.Prov.de la Nouvelle-Ecosse 6 0 0.103\t.Prov.de la Colombie britannique 6 0 0.\t111 \u2014\t\u2014\t1877 6 0 0.\t122 .Ville de Québec 1872 6\t0 0.109\t.\u2014\t1*73 6\t0/0 .109\t.\u2014\t1875 6\t0 0.117.\u2014\t1878 6\t0 0.117 \u2014\t1880 6 0 0.Ville de Montréal 1873 5 0 0.108\t.\u2014\t1874 5 0 0 .108\t.\u2014\t1879 5 0 0.108\t.Ville d'Ottawa, juin\t1873\t6 0 0.112\t.\u2014\toct.\t1873\t6 0 0.Ill\t.\u2014\tmai\t1875\t6 0 0.114\t.\u2014\toct.\t1875\t6 0/0.112\t.Ville de Toronto 6 0 0.M3 \u2014\t1874-76\t6\t0 0 .lli \u2014\t1876-77\t6\t0, 0 .115 \u2014\t1879 5 0/0 .106 .\u2014\t1882-83\t4\t0 0.95\t.ille de Winnipeg 1875 6 0 0.110.\u2014\t1883 6 0/0.M i\t.\u2014\t1881 5 0/0.102 Banques Canadiennes Banque de Montréal, act.de g 200, tout payé 375 .Banque de l'Amérique britannique du Nord, act.de £ 50, t.p.55 .Banque de la Colombie britannique, act.de £ 20, t.p.23 Chemina de Fer Atlantique et Saint-Laurent, act.de £ 100\t132 .Canada Central, bons 50/0, lrchypothèque.106 .! Pacifique Canadien, act.de g 100.45 1/2 \u2014\tohligat.foncières 50/0\t.Grand Trône.Baie Géorgienne et Lae Erie, bons 5 0 0, l,e hyp.Grand Tronc Jonction,\t\u2014\t\t95 .101 .Grand Tronc Canada,\tobi.5 0 0\t114 .\u2014\tobi.i 0 0\t\u2014\t91 .\u2014\tactions l1*- série.\t81 .\u2014\t\u2014\t2* série.\t51 .\u2014\t\u2014\t3° série\t\t22 1 J \u2014\t\u2014 non privilég.\t9 1 2 \u2014\tiGr.Occidontall.ob.50 Ode £100 ll i .\u2014\t_\tbons 6 00.109 .MontréaletChamplain Jonction,b.5 0 0,1°h.93 .Montréal et Sorel.act.de S 100.t.p.\u2014\tbons 6 0 0, l,v h y p.Québec Central, bons 5 0 0, lr0 hyp.\t42 .\u2014\tact.de £ 25, t.p.Saint-Laurent et Ottawa, bons 6 0 0.P- by.77 .BOURSE DE MONTRÉAL nu 14 OCTOBRE Cours cotés par ÿ lOu Banque de Montréal, act.de S 200, dernier dividende semestriel 5 0 0\t187 .Banque d'Ontario, act.do$ 100.d.d.s.3 0 0\t109 .Ban que du Peuple.act.E PAIUS Prix de rabonncment pour le Canada Union postale : Un an.72 fr.; Six mois.30 fr.Bureaux à Paris.9.Boulevard des Italiens Maisons Recommandées ORNEMENTS D ÉGLISE PI VISIO* DES CATALOGUES ILLUSTRÉS Ql'I SONT ENVOYÉS SUR DEMANDE 1\tChasublerie.Broderie l 7 Pons et Secours aux 2\tLingerie et Vêtements |\t.Eglises 3\tBronze et Orfèvrerie < S Eglises pauvres 4\tAmeublement\to Bannières pour Sociétés a Oriflammes et Tentures j 1 ' Ornements et \\ ètements 6 Services mortuaires i épiscopaux ItlAI» AI\\É * ?J.*.C.>fr.>*< Foarais^ur de N S Fere le Pipe Paris, 74.rue Bonaparte \u2014 Place Saint-Sulpice, Paris Ma'SON fondée en 17S2 CAFÉS-RESTAURANTS Bruneaux.24.boulevard Poissonnière, Paris.\u2014 Déjeuner i 3 fr.Diner à 4 fr._________________ CHEMISES, GANTS.CRAVATES C.Dupré, F.Ysern.46.rue Vivienne, près le boulevard.HABILLEMENTS POUR HOMMES A.Saux.Tailleur, 43.rue.Saint-Augustin, au coin de l'avenue de l'Opéra.LIBRAIRIE LÉOPOLD BOSSANGE.Commissionnaire en Librairie, 6, rue Chabanais.PARFUMERIE A.Balmain.\u2014 Parfumerie fine.Savons de toilette.Articles de choix.370, nie Saint-Honoré.Paris.Cosmétique au Raisin pour les gerçures des lèvres.L.Pierlot.55.r.Bonaparte.La boite, 2 bât.f°,l f.65.Elixiret Poudre au Cresson Martial, 119.r.Montmartre.VINS The International ADEGA Company, 12, rue du Quat re - Sept e mb re.Importation directe de tous le« vins d'E-pagne.de Portugal, de Madère.\u2014 Boissons anglaises.\u2014 Vente à la bouteille et par fins.\u2014 Dégustation au verre.GUSTAVE R.FABRE Marchand!* «le Fer* et de Quincaillerie RUE SAINT-PAUL.- MONTRÉAL CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL 1SS4 Arrangements d'été ISS4 Depuis le 10 mai, les trains de ce chemin de fer circuleront tous les jours, les dimanches exceptés, comme SUlt ' PARTIRONT DE LA POINTE-LEVIS Pour Halifax et Saint-Jean.7.30 A.M.Pour la Rivière-du-LoupetSainte-FIavie 11.20 A.M.Pour la Rivière-du-Loup.5.15 P.M.ARRIVERONT A LA POINTE-LEVIS De Halifax et Saint-Jean.7.20 P.M.De la Rivière-du-Loup.1.30 P.M.De la Rivière-du-Loup.6.00 A.M.Le char Pullman qui part de Lévis, le mardi, le jeudi et le samedi, se rend directement à Halifax, et celui qui part le lundi, le mercredi et le vendredi se rend à Saint-Jean.Tous les trains cnculent sur l\u2019étalon chronométrique 1 l'Est.D.POTTINGER.Surintendant en chef, Bureau du chemin de fer, Moncton, N.IL, avril 1884.B0URG0UIN, DUCHESNEAU & CIE NOUVEAUTÉS ET MERCERIE {Small Ware) IMPORTATEURS 331, 333.33S, ru© *alnt-PauI MONTREAL AGENCE FRANCO-ANGLAISE Pour la Seprésentation et la Vente des Marchandises Françaises et Anglaises OBJETS D'ART.DE LUXE ET.DE HAUTE FANTAISIE à MONTRÉAL (Canada) PLACE VICTORIA, RUE SAINTE - RADEGONDE, 8 NB\u2014 Renseignements franco sur demande.L.- J.\u2022 A.SURVEYER MARCHANDS DE FER ET DE QUINCAILLERIE Rue Notre-Dame, ISS MONTRÉAL LIGNE DOMINION De Paris au Canada Départ de Liverpool pour Québec tous les jeudis L\u2019Orégon.I.e Sarnia, Le Vancouver Les salons, ainsi que les cabines de lre classe, se trouvent au milieu du navire.Le Vancouver est éclairé à la lumière électrique dans tous ses compartiments.Prix de passage : lr,! 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