Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français
null
Éditeur :
  • [Paris] :[Paris-Canada],1884-[1940?]
Contenu spécifique :
jeudi 17 mars 1887
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1887-03, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 4« ANNÉE \u2014 N\" 10-11 Pari», Jeudi 17 Mars 1887.PARIS-CANADA Organe Hebdomadaire des Intérêts Canadiens & Français.FRANCl Prix du Numéro: | Ahonn 25 Outlines\t\u2022 l u aM, \u2022 ABONNEMENTS : 12 lr.50 Emile GIROUARD.Directeur: HECTOR FABRE BUREAUX, 76, Boulevard Haussmann, Paris.NOMMAI KL.\u2014 \\' vs diverses.\u2014\u2022 Une révolution du ,s lr .,¦ du utondr Sou relie ligne inter\"- éum /ue ru-les pal\tcamsdieni \u2014 / .u< la pétition d un ancien Canadien.\u2014 Sur te r, tdien.!{\u2022\u2019, tf mn de engage / r lui g Muc-min ssuite .\u2014 Bibliographie.REVUE Aujourd'hui qu\u2019on s\u2019occupe davantage du en France, qu\u2019on le connaît mieux, 'Ci.it injuste d oublier es é*.iivains qui premiers ont attire sur nous 1 atteint *n .public français.Us on» droit à une place _part dans nos souvenirs.Kn un temps ou escol< nies n étaient pas a la mode et où ie -ard de la France ne portait pas au-delà C'C^ rivages, ils ont cherche a 1 interessei notre sort : Rest a eux, qu en grande partie, on doit ce retour de 1 opinion veis le T .^eclnial et, en particulier, vers nous.Avant la conquête, on a beaucoup écrit >Lrie (1 nada.Ceux qui visitaient les bords Saint-Laurent ne se taisaient pas tante, ' ¦:t durant leur séjour là-bas, soit a leui retour,de raconter leurs impressions.Cette tterature, s'il lui manque un chet-d icuvre rour percer l\u2019indillérence de la postérité, n est point pour cela à dédaigner.Lite est pleine de saveur et de \\ariete.Apres i~t»3, le silence se fait et bientôt utes les relations cessent entre les deux '\u2022\u2022vs.La France et les i tançais sont occupés bien autre chose qu\u2019a songer a une colonie Perdue et à sles colons sacrifiés.La Révolution et les guerres vie 1 Empile üisaientdiversion, une diversion tormidablc, tux préoccupations coloniales qui n axaient nmis eu d ailleurs grande prise sur 1 esprit 1 b 1 ic.Lorsque revinrent des temps plus \u2022aimes, le Canada avait toi t à lait disparu kl horizon.Ce n\u2019est que beaucoup plus îrd 411e des écrivains voyageurs, que nous irions tentés de qualifier de hardis, pénétrent citez nous et consacrèrent quelques tges à raconter ce qu\u2019ils y avaient vu.Deux L ces écrivains nous sont restés particuliè-cinent chers : Ampère et Marinier.Ils se suivirent de près, et il y avait entre eux plus d\u2019un trait vie ressemblance.Tous deux, grands voyageurs, avant des amis et des admirateurs un peu partout , comptant parmi leurs obligés plus d\u2019un pays qu\u2019ils ont retrouvé et replacé dans la géographie des gens du monde ; esprits ouverts, généreux, sensibles à tout ce qui est Français, courant le monde pour leur plaisir, pour le nôtre, mais aussi et surtout pour y rév eiller, alors qu'on n\u2019en sentait pas encore tout le prix, des échos svmpathiquesàla France.M.Marinier est resté au milieu de tous ces explorateurs qui partent de tous côtés, aujourd'hui, a la recherche d'une colonie nouvelle, le type deces voyageurs aimables, viui ne songeaient pas a conquérir le Tonkin, ni même les Nouvelles-Hébrides, mais uniquement a faire aimer,au loin, la France, uniquement à plaire pour elle.Pius tard, deux écrivains se sont particulièrement attaches a étudier le Canada.M.Rameau etM.Henri de Lamothe.Leurs ouvrages de caractère différent, en réalité se complètent.Il est arrivé à M.Rameau une ai enture extraordinaire et qui est l'indice d'un mérite rare.Il a écrit son livre, la /rance aux Colonies, avant d'aller au Canada, d\u2019enthousiasme : puis, son siège fait, il a été vérifier surplace s\u2019il ne s était pas en quelques points trompé.Il a eu la consolation d'apprendre qu\u2019en toutes choses il avait vu juste, et le plaisir de ne rencontrer que des incrédules lorsqu\u2019il assurait n\u2019avoir pas déjà incognito visité le pays qu\u2019il connaissait si bien.Il apportait au Canada absolument le livre qu\u2019il en aurait pu rapporter après des années de séjour.Son esprit, saisi parce spectacle d\u2019un petit peuple conservant sa nationalité et continuant à se développer sous un régime étranger avec une force irrésistible, en avait tracé un large et v ivant tableau qui n'excédait en rien la réalité.Dans son livre, Cinq mois c/u'ÿ les Français d'Amérique, M.Henri de Lamothe s'est montre observateur judicieux, écrivain élégant.Pas une fausse note, pas un trait inexact dans ce récit de voyage rapide, animé, dont l\u2019intérêt se soutient de la première page à la dernière, que le Canadien lit sans CANADA Prix du Numéro: j Abonnements: I La au , s 2.50 5 Geutius S.MARCOTTE.a sur La Gascogne, accompagné de son secrétaire l\u2019abbé Marois et de l\u2019abbé 11.H.Casgrain.Le vicomte de Saint Exupéry et VL Genty de La-fyorderie, représentants d'un groupe de propriétaires français, partiront du Havre, samedi, par la voie de New-York, se rendant directement a \\\\ in-nipeg.Ils vont étudier sur place les conditions «l'uue exploitation agricole projetée parce groupe dans le Manitoba.Nous avons eu hier la vive satisfaction de recevoir la visite du R.P.1>.Jean-Marie, abbé de Bellefontaine de l\u2019ordre de Ci!eaux, avec lequel nous sommes depuis longtemps en relations au sujet du Canada.On suit le grand intérêt que l'éminent religieux porte a notre pays.Nos vœux les plus sincères l\u2019accompagnent dans son nouveau voyage.Voici dans quels termes le Gaulois annonce ce départ : Le Rév.abbé mitré des Trappistes de Beîlefon taine, en Anjou, a traversé Paris hier se rendant au Havre pour y prendre demain la mer.Il visitera jes deux monastères de son obédience qui se sont récemment fondés en Amérique, étendant la-bas l\u2019influence du nom français.L une de ces Trappes, tille de la Trappe française, s\u2019est établie dans la Nouvelle-Ecosse, l\u2019une des provinces du Canada; l\u2019autre a quelques lieues de Montreal.Cette dernière, composée de moines de langue française, compte déjà un grand nombre de trappistes agriculteurs.qui donnent la-bas l\u2019exemple respecté du travail eu commun.L'abbé J.B.A.Cousineau, missionnaire apostolique , curé de Saiute-Agnès-du-Lae-Méganlie, prend passage samedi prochain sur La Bretagne.avec deux familles angevines qui vont s'étabiir comme colons dans sa paroisse.Ces deux familles du nom de Gentilhomme et Hervé se composent ensemble de quinze personnes; elles se proposent de se livrer à la culture du chanvre.Une dépêche de Londres annonce que le ministère de la guerre a acheté au Canada o,000 chevaux pour l\u2019artillerie anglaise.La première livraison aura lieu dans le courant d\u2019avril.Dans un remarquable article que publie la Berne de la marine marchande, M.le capitaine Muller enumère les raisons qui tout de 1 établissement «l'une ligne directe de steamers, la condition indispensable des relations de commerce entre la France et le Canada.Il termine ainsi : Notre opinion est donc qu'une ligne directe entre la h rance et le Canada aurait aujourd'hui beaucoup plus de chances de réussite qu\u2019il y.a deux ans, pur la raison que le chemin de fer du I\u2019aci-iique canadien lui offrirait des frets plus considérables, à l\u2019aller comme au retour, une partie des marchandises expédiées jusqu\u2019à ce jour par la voie de New-York étant appelée a passer désormais par la nouvelle roule du transcontinental canadien.Il s\u2019est construit plus de maisons à Montréal l\u2019an dernier, qu\u2019en aucune autre année.Le nombre des nouvelles constructions s\u2019élève à près de 600, tandis qu\u2019il n'était que de 249 en 1885 ; leur valeur est de S3,000.000, contre îÿl,728,945, en 1885.C\u2019est dans les quartiers Saint-Antoine et Sainte-Marie que les maisons neuves sont le plus nombreuses.UNE RÉVOLUTION DANS LE COMMERCE Dü MONDE NOUVELLE LIGNE INTEROCÉANIQUE CANADIENNE Les lecteurs du Paris-Canada ne liront pas sans un vif intérêt l'article ci-après, «que nous avons extrait du Nouvelliste cic Rouen, un des journaux de France où la cause franco-canadienne est le plus en faveur : Un événement considérable dans l\u2019ordre économique achève de s'accomplir; désormais, l\u2019Angleterre se rattache à l'Extrême-Orient par une voie aussi directe que possible, construite tout entière à travers sa colonie du Canada.C\u2019est toute une révolution, dont notre commerce et les touristes français ne peuvent que profiter, et sur laquelle nous appelons leur attention.Déjà, les Etats-Unis en ont ressenti les effets Jusqu\u2019ici, leurs échanges avec l\u2019Extrême-Orient s\u2019effectuaient par leurs propres steamers ; San-Francisco avait le monopole de leur transport ; et New-York le monopole de leur entrepôt, par deux voies ferrées, le Railway Pacijic Central et le railway Pacific Nord, aboutissant, l\u2019un et l\u2019autre, à la métropole de l\u2019Union d\u2019un bout, et à San-Francisco de l'autre bout.11 semble qu\u2019il ne va plus en être ainsi désormais.En diet, voilà qu\u2019en peu d'années le Canada a mené à bonne tin une œuvre que l\u2019on aurait bien pu croire impossible : cette jeune et vaillante nation n\u2019a pas reculé devant la construction, à travers son immense territoire, d\u2019un chemin de fer de plus de dou~e cents lieues, partant d\u2019Alifax sur l'océan Atlantique et, venant aboutir, sans solution de continuité, à Vancouver sur l\u2019océan Pacifique.Ce chemin à peine achevé, ils ont créé sur le Pacifique, avec Vancouver pour point de départ, une ligne de steamers rapides destinée à assurer à leur immense railway une grande partie du trafic de l'Extrême-Orient avec l'Amérique et l\u2019Europe.Et afin d\u2019attirer à eux ce trafic, aux dépens de San- Francisco et des deux grands Pacific railways américains, les Canadiens ont fait ce que l\u2019on excelle à faire en Amérique, iis ont établi des prix qui dé ient toute concurrence, si bien qu'on a été surpris à New-York d\u2019v voir arriver, par les nouvelles voies, de riches et nombreuses cargaisons de produits de l\u2019Extrême-Orient, des cargaisons de thé, notamment, voiturées à un prix si bas, que le thé ne s'est trouvé grevé que de six centimes seulement la livre, pour son transport de la Chine à New-York.C\u2019est que l\u2019avantage est grand pour les nouveaux steamers canadiens.D'abord, il y a au profit de ces steamers, partant de Vancouver, une différence de près de six cents milles (i) de parcours, ce i Le nulle marin anglais, dont il s'agit ici, équivaut à 1,852 mètres de nos mesures françaises.l)e San-Fran-cisco au Japon, il y a 4880 milles, et de Vancouver 4,334 milles seulement.1 qui, à vitesse égale, leur donne une très-forte avance sur leurs concurrents américains de San-Francisco.Ensuite, les steamers de San-Francisco ont à paver fort cher leur charbon, parce qu\u2019il leur vient d\u2019Angleterre onde mines existant près de Vancouver, tandis que la ligne canadienne a ce charbon à pied d\u2019œuvre.Enfin, le Canada subventionne son railway interocéanique et ses steamers de la nouvelle ligne du Pacifique, ce que ne fait pas l\u2019Union pour les siens.A la vue de ces premiers résultats, fort inattendus, la ville de Ncw-Aork s\u2019est émue et un journal a écrit ceci : « Cette nouvelle création va produire une révolution ; Ncw-^ ork, qui avait le monopole de cette partie de notre commerce extérieur, va en être déshéritée au profit de Chicago et d\u2019autres \\ illes de 1 Union situées plus à proximité du nouveau railway et de la nouvelle ligne maritime canadienne.Notre Pacijic Nord pourra difficilement établir une ligne de steamers rivale, n\u2019ayant, lui, aucune subvention pour le transport des malles.» Si le railway interocéanique canadien et les steamers pacifiques canadiens sont une « révolution » pour le commerce des Etats-Unis, a bien plus forte raison vont-ils révolutionner le commerce de l\u2019Angleterre.M ais les Anglais ne voient pas la chose d\u2019un mauvais œil ; bien loin de là; ce sont, en effet, leurs capitaux qui ont été le principal instrument de cette œuvre gigantesque: ce sont les hauts fonctionnaires du gouvernement canadien, Anglais la plupart, qui en ont conçu l\u2019idée, et qui en ont pressé l\u2019exécution, et avant tout, c'est un des gendres de S.M.l\u2019impératrice Victoria, le marquis de Lome, pendant qu\u2019il était gouverneur du Canada, et sir John Macdonald, depuis longtemps à la tète du ministère à Ottawa, qui, pour se retirer des affaires, semble avoir attendu l\u2019achèvement de l\u2019œuvre à laquelle il avait puissamment contribué.Les Anglais avaient, à l\u2019avance, aperçu les avantages qu'ils en doivent retirer ; marine, commerce, politique, stratégie, tout, chez eux, y trouve son compte.Avantages maritimes et commerciaux : Cette ligne nouvelle, qui va tout droit à l\u2019extrême-Orient, et les fait arriver, du premier coup, au Japon, leur épargne i5 jours de navigation sur les 52 jours qu\u2019il leur faut par Suez; 3 7 jours au lieu de 52, qui se répartissent ainsi : De Liverpool à Halifax, o jours de mer; d\u2019Halifax à Vancouver, N jours de terre, en ce compris le temps de débarquement et de réembarquement; de Vancouver au Japon, 20 jours de mer.Quel avantage, pour les Anglais, toujours en route, avec leurs femmes, leurs enfants et toute leur famille ! 29 jours de mer seulement, au lieu de 52 jours, 29 jours coupés par un transport en chemin de fer, c\u2019est-à-dire par un repos relatif.Et ce voyage de 57 jours, il s\u2019effectue sous un climat égal et tempéré, en grande partie sur l\u2019océan Pacifique, calme comme l'indique son nom, sans les horribles tempêtes du \t L PARIS-CANADA 3 voyage par Sue/ ; sans les écueils et les naufrages de la mer Rouge; sans ses chaleurs torrides, sans les terribles cyclones des mers de l\u2019Asie !\t» Désormais, une grande partie des voyageurs et du trafic de l\u2019Angleterre va échapper à Suez, notamment les soieries de la Chine et du Japon; notamment leurs thés qui, en lS84, se sont élevés à l\u2019énorme quantité de deux cent treize millions de livres.C'est par là que passeront, de plus en plus, les deux cent millions de mètres de cotonnade que l\u2019Angleterre envoie chaque année en Chine, et les cent autres millions de mètres de même marchandise qu\u2019elle envoie à Java, et les cent autres millions qui vont aux Philippines,etc.,etc., les produits du grand commerce de l\u2019Angleterre vont s\u2019habituer à cette nouvelle voie, plus prompte, plus économique et plus sûre.Dans tout cela, il va bien des avantages qui nous paraissent communs avec les Anglais, et dont il ne tient qu\u2019à nous de profiter.Au point de vue stratégique, (mais ce point de vue, malheureusement, nous est étranger) les calculs des Anglais n\u2019ont pas été moins exacts : « Les directeurs du chemin de fer du Pacifique-Canadien, écrit le Paris-Canada dans son numéro du 20 janvier, ont été informés que 12 canons de So tonnes pour la défense de Victoria, forteresse située sur l\u2019océan Pacifique, près de \\ ancouver, sont actuellement en construction à Woowich, et qu\u2019ils seront prêts à être transportés sur cette voie au mois d'avril.La compagnie fait, en conséquence, construire d\u2019après les dessins qui lui ont été envoyés d\u2019Angleterre, des wagons spéciaux pour le transport de ces énormes engins.Le navire qui les transportera aura, aussi, à son bord une grande quantité de matériel de guerre pour la même destination.» (Pest à la vue de cette redoutable forteresse, qui va devenir une défense formidable pour le point terminus du nouveau railway sur le Pacifique, comme la forteresse d'Halifax est, déjà, une défense formidable de son point terminus sur l\u2019Atlantique, que le patriotisme de sir Charles Tuppcr, haut commissaire du Canada à Londres, a pu, en toute vérité, écrire ceci sur un ton de triomphe : « Le Canada vient de dépenser roo millions à construire une voie ferrée gigantesque interocéanique, tout entière sur son territoire et qui compte 4,000 milles, depuis Halifax jusqu\u2019à Vancouver.Ce chemin de fer, non seulement ouvre une étendue de pays de 200 millions d\u2019acres de terres, les plus fertiles du monde pour la culture du blé, mais il forme une grande route ferrée impériale dont le maintien de l\u2019influence de l\u2019Angleterre en Chine, au Japon, aux Indes et en Australie peut dépendre un jour ou l\u2019autre.Eùt-on dépensé ees cinq cent millions en fortifications, en navires et en canons, on n'aurait jamais donné tant de force à la puissance anglaise, qu'on ne l'a fait par la construction de ce chemin ! » Vérité évidente, qui prouve combien des travaux faits avant tout, en vue de son coin- i mcrce et de son industrie, peuvent servir aussi à la force et à la respectabilité d\u2019un pays.Qu\u2019importe, désormais, à l\u2019Angleterre, au point de vue stratégique, la neutralité du canal de Suez ! qu\u2019importe, même, son obstruction ! que lui importe la neutralité du canal de Panama, le jour où il serait livré à la navigation ! L\u2019Angleterre possède désormais, chez elle, une voie aussi rapide qu\u2019infaillible, dont elle peut, en temps de guerre, faire un usage exclusif, de manière à décupler, dans cette vaste partie du monde ses moyens d'action ! O 'Ri ill v.Conseiller honoraire à la cour de Rouen.LES PATRIARCHES CANADIENS Je causais, un jour, avec un jeune Belge très distingué, arrivé en touriste dans le pavs et visitant Saint-Thomas, en quête d\u2019aventures de chasse et de pêche.La conversation étant fortuitement tombée sur les statistiques de la province de Québec, je me mis à donner à mon interlocuteur des chiffres si saisissants sur la prodigieuse fécondité de la race canadienne-française et sur les remarquables exemples de longévité qu\u2019accusent tous nos recensements, qu\u2019il m\u2019interrompit, tout étonné, pour me dire d\u2019un ton moitié sérieux, moitié badin : \u2014 M ais dites donc ! il doit v avoir quelque part, dans votre beau Canada, une fontaine de Jouvence, car je ne puis m\u2019expliquer autrement l\u2019incroyable proportion de vos septuagénaires, de vos octogénaires et de vos nonagénaires.Et bien, mais moi aussi, je veux entendre sonner mes quatre-vingt-dix ans ; vite, bien vite, conduisez-moi à votre merveilleuse fontaine, que je m\u2019y plonge.\u2014 Ma foi, mon cher monsieur, repris-je sur le même ton badin, vous ne pouviez mieux vous adresser, car la fontaine est ici même, à Saint Thomas.Ici on nonante aussi lestement qu'on nonante au piquet et, si vous en doutez, vous n\u2019avez qu'à venir feuilleter avec moi les registres de notre paroisse.Il y a de cela dix ans que je donnais ainsi, avec un petit grain d\u2019orgueil, ce bon point à ma bien aimée paroisse natale.Depuis lors nos registres ne m\u2019ont pas démenti : Saint-Thomas de Montmagnv est encore aujourd\u2019hui, j\u2019ose l\u2019affirmer, le petit coin de terre de la province de Québec, où, toute mesure gardée, on coudoie le plus de patriarches des deux sexes.Saint-Thomas compte à l'heure qu\u2019il est, une population d\u2019environ 776 familles qui forment un total d\u2019environ 4, Prudent Têtu .\t\t\t\t\t8.1 Alexis Després .\t\t\t\t\t80 Francois Métivier .\t\t\t\t\t8i Marcel Bernier\t\t\t\t\t\t84 Frédéric Talbot.\t\t\t\t\tan Veuve J.Bte.Thibault.\t\t\t\t\t8\u2019* Josephle Cadriu.\t.\t\t\t\t\tte; Edouard Gasauit.\t\t\t\t\t8-'i Emérunce GauJin.\t\t\t\t\tan Veuve J.B Patry.\t\t\t\t\tan Joseph Letourneau.\t\u2022\t\t\t\t\t80 Charles Proulx.\t.\t\t\t\t\t Germain Laboulé (Polette).\t\t\t\t\t86 Veujre Paschal Proulx.\t\t\t\t\t86 Veuve Abraham Métivier.\t\t\t\t\t86 François Talbot.\t\t\t\t\t80 Antoine Guilmet.\t\u2022\t\u2022\t\t\t\t\t87 Veuve Augustin Ouélette.\t\t\t\t\t90 Jacques Fournier.\t.\t.\t\t\t\t\t90 Pierre Fournier .\t\t\t\t\t92 Charles Luberge.\t.\t.\t\t\t\t\t92 J.Bte.Ÿbibault.\t.\t.\t\t\t\t\t96 Total 4-\u2019>8ü ans.Parmi ces cinquante-cinq patriarches, il n est plusieurs qui ne sont pas nés ici, et, e pouvant, en conséquence, vérifier leur t. 4 PARIS-CANADA age par la référence aux registres, j\u2019ai dû prendre les chiffres qu'ils avaient donnés eux-mêmes lors d\u2019un recensement fait en 1884 par M.le curé Rousseau.Je dois ajouter, de plus, qu\u2019il en est quelques-uns qui n\u2019ont pas encore tout à fait lage que je leur donne en marge, mais ils y arriveront dans le cours de 1887.Je termine par quelques petits détails qui ne manquent pas d\u2019intérêt.Le doyen des cinquante-cinq, le père J.-Bte Thibault, est un vert vieillard ayant encore bon pied, bon œil, et, en plus, un estomac d\u2019autruche.Il y a six ou sept ans, en compagnie de M.Prudent Têtu, qui figure lui aussi au tableau d\u2019honneur que je viens d\u2019établir, le père Thibault se paya une partie de chasse aux îles.Les deux amis, faisant la barbe aux jeunes chasseurs, rentrèrent au logis avec chacun une outarde.Dans la liste, il y a trois ménages d\u2019octo-j^énaires au complet.Ce sont : Edouard Casault et Emerance Boulet; Paschal Boulanger et Emérance Gaulin ; Antoine Guillemet et Josephte Gadrin.Il y a, à Saint-Thomas, un autre couple que je n\u2019ai pas inclus dans la liste pour la raison que les deux conjoints n\u2019atteindront tous deux leurs quatre-vingts ans que l\u2019année prochaine : Pierre Côté et Delphine Clavet.Si j\u2019en fais, néanmoins, une mention spéciale, c\u2019est que l'été dernier, lors d\u2019une tournée d'inspection dans le nouvel établissement de Notre-Dame du Rosaire, j\u2019ai rencontré le père Pierre Côté faisant en amateur, à l'âge de 78 ans, sur un lot isolé, le rude métier de défricheur, et, cela, uniquement en vue d\u2019assurer l\u2019avenir des enfants de son petit-fils.Conclusion pratique : A Saint-Thomas habiteras, afin de vivre longuement.Elg.Renault.Montmagny, 5 février 1887.INFORMATIONS Commerce de Montréal.\u2014 La valeur des marchandises entrées pour ia consommation pendant les mois de : Janvier 1887 a élé de S 2.528,735 \u2014\t1886\t-\t2,104,3.35 Augmentation en 1887:\tS 42i.ioo Voici l\u2019indication de quelques-uns des principaux articles :\t1886\t1887 Ale, Bière et Porter\t\t, .$ 866\t1,229 Cotous et articles en coton.\t281,965\t308,365 Articles de fantaisie\t\t13,502\t121,789 Verrerie\t\t13,975\t1 1 007 Chapeaux\t\t.\t65,585\t92,028 Fer et articles en fer\t\t105,493\t129 061 Bijouteries, montres, etc\t\t.\t12,654\t18 868 Bottes et souliers\t\t.\t3,355\t2,181 Cuir et articles en cuir\t\t.\t53,735\t39,212 Orgues\t\t50\t Pianos\t\t.\t5.760\t10,079 Pétrole\t\t4,744\t3,532 Huiles\t\t11,213\t9.191 Viandes salées \t\t2,337\tif»» Soies et articles en soie\t\t59,888\t124,235 Liqueurs et spiritueux\t\t16,335\t15,444 Vins\t\t15,124\t17,361 Sucres\t\t228,061\t234,699 Mélasses\t\t12,940\t5,532 Cigares \t\t.\t11,568 *\t11,511 Tabac manufacturé\t\t870\t1,034 Lainages\t\t\t272,804\t460.044 Fruits secs\t\t\t\t18,584\t16.304 Papier et articles en papier .\t23,068\t49,050 Articles entrant en franchise .\t399,056\t344,347 Un mouvement d\u2019opinion parait se former parmi les hommes d\u2019affaires, en faveur de la création dans la province de Québec, de tribunaux de comme'ce dont la constitution serait empruntée aux tribunaux de commerce français.Le Moniteur du commerce, de Montréal, fait ressortir les avantages de ces tribunaux spéciaux et les excellents résultats qu\u2019ils ont obtenus en France.Les deux chefs sauvages Gros-Ours et Gros-Ventre emprisonnés à la Montagne de Pierre, à la suite des troubles du Nord-Ouest, viennent d\u2019être remis en liberté et ont été dirigés sur Baltleford.Il est tombé beaucoup de neige à Toronto cet hiver.On a mesuré à l\u2019Observatoire 57 pouces, soit 15 pouces et demi de plus que la moyenne ordinaire.La pétition d'un ancien Canadien.Nous lisons dans le Journal officiel : Pétition n° 608 déposée par M.Cantagrel, député de la Seine.\u2014 Le sieur Prévost, à Paris, s\u2019adresse à la Chambre pour obtenir un secours.Motifs de la commission.\u2014 M.Prévost, ancien avocat, âgé de quatre-vingt-dix ans, qui a été dix ans, de 1830 à 1810, professeur au collège de Saint-Jean-d\u2019Angely, qu\u2019il n\u2019a quitté qu\u2019en obtenant un congé, et quatre ans, de 1811 à 1818, juge de paix dans la même ville, demande qu\u2019il lui soit alloué un secours annuel, soit à ces deux titres, soit comme ancien Canadien.La commission remarque que, si M.Prévost n\u2019a pas été maintenu au poste de juge de paix, cela peut tenir sans doute à ce que le Gouvernement ne fut pas content de son service; mais elle rappelle qu\u2019à ce moment troublé ,1818) beaucoup de juges de paix furent remerciés qui ne méritaient pas de l\u2019être.A ces divers égards, elle s\u2019en rapporte à ce que pourra décider le Gouvernement après un nouvel et mûr examen.Comme Canadien, M.Prévost semble être dans une situation plus favorable si son récit est exact, et il porte toutes les marques de la sincérité; il aurait, comme descendant des Canadiens, un droit à une pension qu\u2019il aurait touchée jusqu\u2019en 1877, époque à laquelle, par une erreur ou par une disposition administrative dont il ne peut donner le motif, il fut confondu,\u2014 lui, seul Canadien survivant dès lors, \u2014 dans la liste des colons de Saint-Domingue.Mais tandis que la pension des Canadiens devait suivre le dernier survivant, celle des colons de Saint-Domingue avait un terme fixe, et elle l\u2019avait atteint.Le pétitionnaire aurait donc été victime d\u2019une erreur ou d\u2019une disposition non motivée et abusive.Ce serait donc à bon droit qu\u2019il réclame la pension qui lui a été indûment supprimée.La commission appelle sur ce malheureux vieillard aveugle, chargé d\u2019un fils impotent, toute la bienveillante sollicitude du Gouvernement, auquel elle renvoie la présente pétition, ne sachant pas bien quel ministère cela peut concerner spécialement aujourd'hui.\u2014 (Renvoi au président du conseil.) SUR LE PACIFIQUE CANARIEN RLLATION DE VOYAGE par LADY MACDONALD (Suite.) PORT-ARTHUR ET WINNIPEG.Le temps me manque pourparler longuement de Port-Arthur, une jolie petite ville sur la baie du Tonnerre qui est le point extrême de la navigation dans les eaux canadiennes du lac Supérieur.Port-Arthur est le point de concentration d\u2019un district ex- trêmement riche en dépôts métallifères et qui promet de devenir, en peu de temps,un centre d\u2019affaires considérable.On exploite, dès maintenant, une grande variété de mines ; or, argent, cuivre, plomb, fer ; des gisements de calcaires et degrés.On nous informe que le gouvernement d'Ontario a offert pour 8 shelings l\u2019acre (10 francs), les terres où sont enfouies tant de trésors.Cette information me fit interrompre un peu abruptement le « Chef » qui conversait gravement avec un cercle de visiteurs, pour lui proposer de nous faire tous mineurs à l\u2019instant.Mais il parut préférer rester premier ministre.La vue est splendide à mesure que nous nous éloignons de Port-Arthur dans notre « spécial », et que nous embrassons l\u2019ensemble de la baie et l\u2019immense étendue du lac qui se confond avec l\u2019horizon.Trois superbes promontoires dominent le pays environnant.Le cap du Tonnerre, de 5oo mètres de hauteur, est le plus imposant.A l\u2019horizon, nous apercevons Silver-Islet, que l\u2019on assure être l\u2019un des plus riches dépôts argentifères du monde entier, mais offrant, paraît-il, des difficultés d\u2019exploitation assez sérieuses, car les veines métalliques s\u2019étendent sous les eaux du lac et dès que les mineurs tentent de pénétrer dans les galeries, l'eau les y poursuit sans merci.Pendant la nuit, nous laissons derrière nous la grande province d\u2019Ontario et entrons dans la province de Manitoba.Le matin, de bonne heure, nous arrivons à Winnipeg, sa capitale, une ville toute neuve, active, affairée, très belle déjà, et qui surgit brusquement des verdoyantes prairies qui l\u2019entourent.Elle est déjà inondée de lumière sous le splendide soleil des grandes plaines de l\u2019ouest.Nous entrons en gare au milieu de bruyants vivats et applaudissements.C\u2019est la première visite du « Chef » dans ces lointains parages et tous les partis politiques se sont réunis pour lui souhaiter la bienvenue.Dès qu'il sort sur la plate-forme du wagon pour dire quelques mots à la foule, il ne découvre que des sourires sympathiques dans cette mer de figures amies.Alors commence un interminable échange de poignées de mains et de salutations amicales, puis nous nous dirigeons vers le palais du gouvernement où nous recevons de nouveau le plus cordial accueil.Winnipeg, qui n'a réellement que seize ans d\u2019existence, peut, à bon droit, s\u2019appeler une ville prodige.Elle a marché au pas de course dans sa carrière pleine de prospérité et de succès commercial ; elle est déjà riche en beaux édifices, en superbes magasins et résidences particulières.Nous y avons passé très agréablement deux jours entiers de repos dans les magnifiques appartements du palais et au milieu des hôtes les plus aimables.Tout le monde ici est plein de courage et de confiance dans l\u2019avenir.Le seul chagrin des habitants de Winnipeg nous a paru être de manquer de pluie depuis un peu trop longtemps.Le « Chef » a été occupé du matin au soir, toujours entouré de nombreux amis, et augmentant, sans cesse, par tous les moyens possibles, son répertoire déjà considérable d\u2019informations sur le pays, sur ses besoins, ses ressources, et sur les désirs de ses habitants.l 1 1 ¦v PARIS-CANADA b Les réceptions du Nord-Ouest.Entre Winnipeg et Regina s\u2019étendent cinq cents kilomètres de prairies.Le matin de notre départ de Winnipeg, ces immenses plaines, aux teintes adoucies, étaient baignées dans la vive lumière d\u2019un ciel sans nuages.Notre société se trouvait augmentée d\u2019une aimable recrue dans la personne d\u2019un des principaux employés de la compagnie, M.E., qui parcourait la voie dans son wagon spécial, et nous oll'rit de voyager de concert avec nous jusqu\u2019aux limites de sa division, à D mald, situé à un peu plus de quinze cents kilomètres de Winnipeg.Délicieusement frais et pur était l\u2019air que nous respirions ce matin-là en traversant ces champs interminables, paisibles et tranquilles dans leur isolement, avec des troupeaux de bétail paissant ça et là sur les terres.Des établissements nouveaux, importants ou modestes, nous parurent témoigner d\u2019un progrès réel et d\u2019une grande prospérité future sur tout le parcours du chemin jusqu\u2019à Regina.Notre programme était de pousser rapidement jusqu\u2019aux montagnes, deles traverser sans nous arrêter et de nous diriger sur l\u2019Océan Pacifique, nous réservant de visiter, au retour, les localités importantes.Ce projet fut, autant que possible, mis à exécution, mais partout, où le plus léger soupçon du passage probable du ce Chef » avait pu pénétrer, depuis Winnipeg jusqu\u2019à Vancouver, dans les villages, grands ou petits, nous trouvions des foules proportionnées aux populations environnantes, nous saluant amicalement au passage et nous offrant des réceptions enthousiastes, adressées surtout au vieux serviteur public dont le nom n\u2019était inconnu nulle part.Nous avions rapidement traversé la vaste étendue des prairies et atteint Régina.Cette toute jeune capitale des territoires da Nord-Ouest nous accueillit de la façon la plus sympathique, quoique peu Je personnes y fussent instruites de notre arrivée, et nous nous rendîmes au palais du gouvernement, un maison en bois, longue et basse, sise à près de deux m ilies de la ville.Mais nous fûmes charmés, en entrant, d\u2019y trouver des pièces pleines de fraîcheur, avec profusion de fleurs et de tableaux.Notre séjour à Régina fut plein de mouvement et d\u2019activité.Le « Chef », infatigable comme toujours, fut occupé toute la journée à recevoir un flot incessant de visiteurs, depuis le dernier colon anglais arrivé dans la localité, au teint vif, à l\u2019abord un peu rude, mais au cœur loyal et bon, jusqu\u2019à l\u2019Indien vigoureux, au teint foncé et à l\u2019expression stupide.Deux enfants Sioux furent amenés à la maison du gouvernement par le prêtre qui leur donne l\u2019instruction à l\u2019école de sa mission près de Qu\u2019Appelle.Leurs brillants yeux noirs semblaient seuls vivants, fixes et immobiles qu\u2019ils étaient sous leurs habits tout flambants neufs.Ils chantèrent tour à tour au signal du prêtre, chacun entonnant son hymne d\u2019une voix claire et vibrante, mais sans la moindre inflexion de ton et sans le plus léger clignement des paupières.J\u2019aurais désiré les entendre parler, mais ils paraissaient si incapables de mouvement, que je craignis de les rendre malades en leur demandant pareil effort.LA PREMIÈRE VUE DES MONTAGNES Combien j\u2019ai trouvé splendide le pays au * milieu duquel je me suis éveillée quelques heures après le départ de Régina! Nous sommes aux premiers contreforts des Rocheuses, au milieu de hautes collines aux sommets arrondis, aux pentes adoucies et aux teintes vertes ou azurées, élargissant quelquefois leurs courbes gracieuses pour nous montrer cà et là Je vastes espaces couverts d'herbes des prairies, ou contenant dans leurs gorges des rivières aux eaux bleues et limpides.Nous vovons ici quelques-uns des ranches à bétail dont on nous a tant parlé depuis quelques mois.A mesure que nous avançons, à une vitesse un peu ralentie pour ne rien perdre des divers aspects de ce splendide pays, les vallées s\u2019élargissent et présentent sur quelques points d\u2019assez grandes étendues de terrain plat se prolongeant jusqu\u2019au pied de rangées de collines qui se dessinent vivement sur l\u2019azur du ciel.Un peu plus loin, nous apercevons des pentes plus abruptes et de longues crêtes de rocs escarpés.Peu à peu les larges vallées deviennent des ravins profonds et étroits et tout à coup, à travers les brumes aux teintes rosées par le soleil levant, nous apercevonsau loin, paraissant per-cerlefirmamentdesa pointe aiguë,un des pics neigeux de la chaîne des Rocheuses.Tous se précipitent pour jouir du spectacle.Mais à mesure que nous avançons, sa forme vaporeuse et blanche semble s\u2019éloigner de nuus, et nous cessons de l\u2019apercevoir à un tournant de la voie.Le train poursuit sa course à travers de larges étendues de prairies, nous approchant parfois de la base d\u2019un énorme mamelon, ou nous permettant de voir dans diverses directions, à travers des passes moins élevées, des pics de glace qui semblent toucher au ciel.La rivière Ivananaskis coule en travers de la passe qui conduit au coeur de la chaîne, et celle-ci commence à resserrer ses pics tout autour, de nous.Nous arrêtons quelques instants à la station de Ivananaskis et après avoir traversé une prairie, nous arrivons au bord de la rivière qui, à cet endroit, tombe de roc en roc et va se perdre dans la plaine.Peu après nous atteignons Canmore, a 68 milles de Calgary.Ici la passe s'est rétrécie à 3 ou 4 milles; à mesure que les lambeaux de brume s\u2019élèvent ou fuient au dessus de nos tètes, nous apercevons de gigantesques masses de rocs étagées les unes au-dessus des autres à des hauteurs vertigineuses.En avançant dans la chaîne, les perspectives deviennent de plus en plus magnifiques et surprenantes.Chaque changement de direction de la voie nous procure des échappées de vue sur des pics innombrables qui se profilent dans toutes les directions avec leurs teintes roses, bleues ou argentées selon que la lumière du soleil les baigne ou que l\u2019ombre les envahit.Chaque détour renouvelle le même problème à résoudre, car chaque fois quelque énorme mamelon se dresse droit devant nous, paraissant rendre toute issue impossible.Fit cependant quelques minutes plus tard nous voyons le géant sembler nous faire place et s\u2019abaisser graduellement derrière nous.(A suivre.) BIBLIOGRAPHIE M.Léon Barat, rédacteur du Journal d'Amiens, vient de faire paraître un recueil de poésies intitulé: Paris-Plage ;ti Nous n\u2019avons pas besoin de présenter a nos lecteurs M.Barat ; l\u2019auteur du Sergent Bridapuil n\u2019est pas un inconnu pour eux, tous connaissent son patriotisme et son amour pour notre pays, en même temps que son rare talent de prosateur et de poète.Nous détachons de ce volume une poésie que nos lecteurs liront avec plaisir: TOUR DK KO RC K.Lorsque cet homme passe, on le montre du doigt.11 va très tier, le nez au vent, le corps bien droit.Chacun le considère ainsi qu\u2019un vrai prodige.Comment a-t-il conquis un semblable prestige?A-t-il au prix d\u2019elforts furieux, insensés, Arrache leur victime à ties Ilots courroucés ?Non.Mille autres l\u2019ont l'ait dont on ne parle guère.Mais il a fait bien plus; car on l\u2019a vu naguère, Quand l\u2019Océan semblait tout peuple de démons, Quand du large le vent soufflait à pleins poumons.On l\u2019a vu sur la rive, au fort de la tempête Allumer une pipe avec une allumette De la régie.El nul, étranger, habitant, Pêcheur, baigneur, jamais n\u2019en avait fait autant, Magasin d\u2019Education et de Récréation.Sommaire du Id mars 1887.Nord contre Sud, par Jules Verne.\u2014 Pas-Pressé, par P.Perrault.\u2014 Les jeunes filles de Quiune-basset, par J.Lermont, d\u2019après S.May.\u2014 Pierre et Paul, par Un Papa.\u2014 Un début malheureux, tableau de Geoilïoy.\u2014 Illustrations par Benett, 1 testez, Geoffroy, Frœlich.(Canada, I un, 17 francs.) J.Iletzel et Cie,éditeurs, 18, rue Jacob, Paris.Le Musée des Familles.Sommaire du Id mars 1887.La Parisienne, par Luciole.\u2014 Les Héritiers de Jeanne d'Arc, par Frédéric Dillaye.\u2014 Chronique : Causerie de quinzaine.\u2014¦ Aux Aquarellistes, par Pierre Thibault.\u2014 Lettres sur le théâtre, par Henri de Burnier.\u2014 Maître .Jean-Denis, par Ad.Linden.\u2014 L'Irlande, pur A.Genevay.\u2014 La Science en famille, par L Baltliazard.\u2014 Farce de fous, par Magguenousse.\u2014\u2022 La fille de Dosia, par Henri Gréville.\u2014 Correspondance et Concours, par Eugène Muller.Illustrations par Gervex, .1.Santoz, El Détaille, Ad.Marie, P.Kauff-ma ni, Ihhert T inan t, et GaUiard.(Canada, 1 an 18 francs,) éditeur, Ch.Delagrave, Id, rue Souftlot, Paris.Magasin pittoresque.Sommaire du 15 mars 1887.Le Paon, par M.E.Leslmeilles.\u2014 Les Fugger, parM M P \u2014AI litre Pizzmi, nouvelle (suite),par M\",CJ.Colomb.\u2014 Cat!i \u2018 Irale de Palermo, par M.G.L.\u2014 Helgoland et Bjrntiolm, par R ibert, Scheffer.\u2014 Du choix de vingt livres (suite et.fin), pur M Bardoux.\u2014 Politesse.\u2014 Le Découpage du bois, par M.E.Blin.(Canada, I an, 13 francs'.Bureaux: 29, quai des Grauds-Augustius, Paris.Revue des Deux Mondes.Sommaire de la livraison du Id mars 1887.Le Palimpseste, par M.Gilbert Augustin-Thierry.__ L\u2019oeuvre des Libérées de Saint-Lazare, par M Maxime du Camp, de l\u2019Académie Irançaise.\u2014 Les débuts d\u2019un Protectorat.\u2014 La satire de l\u2019Esthé-ticisme, par M.Th.Bentzon.\u2014 La philosophie de Pascal, par M.F.Ravaison, de l\u2019Institut de France.\u2014 Les descendants des nuages à Bombay, par M.Ed.Planchut.\u2014 Revue dramatique: Numa Bourneslan.Le Ventre de Paris, par M.Louis Gna-derax.\u2014 Chronique de la quinzaine.\u2014 Le mouvement financier de la quinzaine.\u2014 Bulletin bibliographique.(Canada, I an,
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.