Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 janvier 1891, samedi 10 janvier 1891
[" 8* ANNÉE.N° 7.V Paris, Samedi 10 Janvier 1891 PARIS-CANADA Organe Hebdomadaire des Intérêts Canadiens & Français.XRONNKMhNTS I>hix du Numéro :\t1 Abonximi.mts : 05 .tjti¦;.( s 5 rt-ütiiis I l ii .1\t1\t50 S2.50 Kmlli' GIROUARD.\t¦ >*» « MauriCf O\u2019REILLY , Mi* Mi'r.AlB K If i.\\ H» I* Al.I l !!\u2022 I.ebegue et C \u2022* SOMMAIHE Magistrats coloniaux.\u2014\t'/y/4 Lalttlle.\u2014 Eck ».\u2014 A X 1 ¦\t, \u201e l\u2018>\t; V\u2019.ilip)>e // et.\u2014 Lettres de l'Ouest \u2022\t\u2014 Les Canadien' a Parts.\u2014 I travers Parts.MAIilSTlIATS ToLONIAl \\ 11 ; 1 sait, qu\u2019eu dernier ressort, il \\ a appel au ( ijist'ii privé H Angii t'UTe tics arrêts prononces par les tribunaux canadiens.Tue vacance vi< nt ib* m\u2018 produire au sein d prévoyons le moment ou l'on fera un pu- de plus dans cette sorte de fedéra-t ai judiciaire en se fai-unt une regie de for t t tier le ( our impériale d\u2019appel en appelant a-en î.ure i il e des magistrats venant ' i * - tt Kinds Dons du Canada, de t Australie eW^itf ; Astique uu Sud.Lorsque le Canada aura qnin/e millions d\u2019habitants, et lorsque nous aurons ft'*,dure l'Ans -tr;n;e et l\u2019Afrique du Sud, il sera très convenable que l'uni te et l'égalité de toutes les parties de> possessions britannique- soient représentées au tribunal suprême.A notre avis cependant, il serait mieux de - acheminer lentement vers ce but.Dan- les dix ans ou vingt ai s prochains, la situation de nos colonies grandira a tous les point- de vue.Alors viendra b* temps d'entrer dans la voie que nous indiquons.Pour le quart d\u2019heure, la société canadienne est peut-être un peu restreinte pour qu\u2019on -\"il toupiiir- bien certain qu\u2019elle non- puisse tour-nu a temps nommé, un magistrat pour la Coin* impériale d\u2019appel.l.ur les autres; avait un Canadien et point d Australien au premier tribunal de l\u2019Empire, aurait un caractère trop marque de partialité.Nous ignorions que le chillre de la population fit tant à l'all\u2019auv, **t qu'à moins de quinze millions d\u2019habitants une colonie ne lût pas en \u2022'¦tat de fournir une série non interrompue de magistrats dignes d\u2019occuper un siège dans un tribunal comme le Conseil privé.Peut-être, n'ayant pas été nourri- de la moelle des grande- traditions de la magistrature métropolitain*-, le- magistrats coloniaux n\u2019auraient-ils pas au même degré que les juges anglais, la science impeccable h l\u2019érudition variée, universelle.Kn revanche, ils posséderaient un mérite accessoire très appréciable, fort apprécié en tous cas des plaideurs coloniaux : une1 compé-tenre absolue en matière de jurisprudence coloniale.A ce point de vue spécial et qui a bien son importance lorsqu'il s\u2019agit de procès qui doivent être jugés d\u2019après la législation particulière d\u2019une colonie, ils pourraient être d\u2019un grand secours à leurs collègues.Ceux qui ont eu le grand avantage d\u2019écouter les plaidoiries prononcées devant b* Conseil privé et d\u2019ouïr les considérants des arrêts qu\u2019on y rend en toute sagesse et équité, ont été frappés plus d\u2019une fois à quel point les savants avocats et les illustres magistrats passaient légèrement, de crainte de s\u2019\\ arrêter plus longtemps qu'il ne fallait ou de peur de trahir le peu de connaissance qu\u2019ils t*n avaient, sur les faits de la cause ou sur les problèmes de droit dont la solution gisait dans les lois coloniales.Ce sont la -au- doute choses secondaires et qui 11e sauraient entrer en balance avec les vues d'ensemble que ie Conseil privé doit prendre des affaire-.11 faut bien dire pourtant qu à les trop négliger, il risque de rendre des arrêts insu fl i -sauts et.que -i on observait en lui un** tendance trop marqué»* à les reléguer au second plan, cela pourrait ébranler sa grande et respectable autorité.Ce sont ces pensées diverses qui ont fait naître le désir de voir un ou deux magistrats coloniaux appelés au grand honneur de prendre place au premier tribunal de l'Empire.Elles n** s ont 1 a- venues au S/ectato>\\ très sage et judicieux, dont les vues planent «b* haut sur Londres, mais 11e son éloignent guère.Il est habitué* vénérer h* Conseil privé ; il tremble qu\u2019on y touche.Les membres du Conseil privé trembleront aussi à la pensée de voir près d\u2019eux un magistrat do Montréal ou de Melbourne.Son sort ne sera pas à envier.i\\ ce magistrat.11 aura des commencements de Conseil prive dilficiles.Mais on s\u2019habituera «\\ le voir, à l\u2019entendre, à le consulter ; on prendra intérêt à sa façon phis libre, un peu neuve, de voir les choses, et on finira par reconnaître que, si la règle ancienne est sacrée, l\u2019imprévu a du bon.Le Spectator lui-même y consentira ; nous n'attendrons pas vingt ans et quinze millions d\u2019habitants.L Australie acceptera, faute de mi* ux.un seul juge, lequel trouvera dans son c*dit gue canadien appui et concours pour infiltrer lentement, insensiblement, un peu d\u2019esprit nouveau **t libre dans le sanctuaire.Al,B LABEL LE Nous avons le grand regret d\u2019annoncer à nos lecteurs la mort d>* Mgr Labelle.Une dépêche nous apprend qu\u2019il a succombé à Québec, dimanche.Cette triste nouvelle mettra en deuil tous les amis du Canada en E rance.La carrière si bien remplie de celui qu\u2019on appelait, à juste titre, VApôtre de lt Colorisation, car personne plus que lui 11\u2019a agité toutes les questions qui se rattachent à la colonisation canadienn»\\ se divise nettement au regard, aujourd'hui que la mort l'a à jamais fermée, en trois parties.Comme cure de Saint-Jérôme, il s\u2019occupe plu.- particulièrement de colonisation.11 crée, ,-t mule, dirige h* mouvement qui a pour objectif les régions du nord de la province de Québec.Quand il a vu, à son appel, un courant de population en prendre la route, il ne i'abandenne pas, il -e préoccupe des moyens d\u2019assurer aux colons des lignes de communication avec les parties du pays depuis longtemps peuplées et prospères : il tourne eu conséquence son activité vers la construction des clncnins de fer.Lorsque l\u2019élan de ce côté est général, il songea venir en Europe demander a la fois les colons qui rempliront les vides qui restent encore partout dans ces vastes régions et les capitaux utiles pour assurer le comp et développement de ce réseau de voies ferrées dont il porte le dessin gigantesque dans son cerveau en ebullition.C\u2019est alors que par «leux fois, il vient en France, transportant son foyer d\u2019inlluence du village de Saint-Jérôme à Paris.Le changement de milieu était violent, et on pouvait craindre, on craignait qu\u2019il ne lui fût pas propice.Chose extraordinaire, les mêmes qualités natives, saines et robustes, qui l\u2019ont fait aimer des habitants des campagnes canadiennes, lui conquièrent les Parisiens sceptiques et blasés.Il O PAHIS-CANADA les séduit par >a bonhomie, les charme par 1\u201c pittoresque île sa parole, les entraîne par tous !\u2022*> simulacres tie l'a tion, par l\u2019extrême liberté » ! e son allure.Le I- g nro raconte sur son compte îles histoires invraisemblables: il a arrêté la colonisation anglaise, fondé cent paroisses, donné 1 idée, construit même le chemin de fer du Pacifique, etc.Personne n\u2019en doute, et sur sa tombe, machinalement, on b* répète au lieu de l\u2019éloge vrai.De tout cela se dégage, avec une ampleur colossale, le type du colonisateur, la ligure d\u2019un hercule méridional dont les g aces du Canada n\u2019ont pas refroidi Par leur: et aussi, le souvenir d\u2019une nature bonne, obligeante, aimable autant que puissante, très française, qu\u2019on n\u2019oubliera de longtemps ni en France, ni au Canada.ÉCHOS Il y a quelque temps, M.John Sanders, commissionnaire au Canada, était env >yé en Angleterre pour y eiu lier les moyens détendre entre les deux pays le commerce des amis et de lu volatile.Les premiers résu tuts de cette visite se s-ut fad rapidement sentir.Dernièrement, il est arrive a Liverpool -ur un >eul navire ; i cai>-e- contenant plus de 5,000 dindes, toutes en excellente condition.C\u2019est la plus importante expédition d ce gente faite jusqu \"a ce jour.Nos artistes à Paris Philippe Hebert Un a souvent donné ia biographie de cet artiste à propos des belles œuvres qu'il a déjà produites : il serait donc superflu d'y revenir aujourd'hui.Nous passerons sous silence les premières études et les débuts artistiques d** M.Philippe Hébert, pour rappeler seulement que c\u2019est en 1881 qu\u2019il s\u2019affirma devant le public canadien avec la statue de Salaberry, inaugurée sur la place publique de Cliambly.L\u2019œuvre n\u2019était peut-être pas absolument par-fa ite ; on y trouvait sans doute encore quelques traces d'inexpérience, les tâtonnements du débutant ; mais auprès île ces légères imperfections quelle hardiesse ! quelle ampleur d'exécution ! On devinait là un artiste qui promettait beaucoup pour l\u2019avenir, et l\u2019avenir a donné raison à ceux qui pressentaient alors en M.Hébert un statuaire de race dont le talent ferait honneur à son pays.Nous retrouvons, trois ans plus tard, M.Hébert remportant un succès des plus flatteurs dans le concours international qui eut lieu pour l\u2019érection d\u2019une statue à Sir Georges K.Cartier.Nous disons concours international, puisque vingt-deux concurrents dont plusieurs d'Angleterre, de France, d'Italie, d Allemagne et des États-l ms, prirent part à la lutte.Malgré ces dangereux rivaux, M.Hébert remporta la palme et l\u2019on peut admirer aujourd\u2019hui sur la place qui se trouve à droite de la Chambre des Communes à Ottawa, la belle statue en bronze du principal fondateur de l'unité canadienne.L'œuvre est connue de presque tous; elle a été reproduite maintes fois.Nous n\u2019avons donc pas à la décrire ici.Contentons-nous de dire qu\u2019elle fait le plus grand honneur à son auteur.Entre temps.M.Hébert, toujours sur la brèche, embellissait les principales églises de la province de Québec, la cathédrale d\u2019Ottawa et Notre-Dame de Montréal, de nombreuses statues qui présentent eu général de grandes qualités d\u2019inspiration et d\u2019exécution; malheureusement, I\tespace restreint dont nous disposons ne nous permet pas de nous \\ arrêter.Aussi lm*n avons-nous hâte d\u2019arriver a l'œuvre capitale du statuaire canadien, nous \\unions parler de l'ornementation du palais législatif de Québec.C'est .n 1NH\u2019> que le gouvernement provincial, sur lavis ii\u2019une commission spéciale, confia cet important traxaila M.Hébert.Le statuaire avait soumis son p'ojet à la commission qui, très séduite par son originalité et son caractère, n 'hésita pas a lui donner son adhésion.\u2014 Touteiois l\u2019œuvre était si consult raine, d\u2019une si large envergure; elle comprenait des morceaux si multiples et de natures s; diverses que \\J.Hourassa, président de la commission, conseilla a M.Hébert de se rendre a Paris.La, il s'imprégnerait des modèles célèbres et des tradit o is des grands maîtres, en m \u2022me temps qu\u2019il tr avérait pour b* coulage en bronze de ses œuvres des éléments bien difficiles à rencontrer en Anu rique.Le gouvernement proviu liai exprima le même désir, et.dès 1NS\u201c, M.H bert venait s'installer à Paris, dans le vaste atelier de l\u2019impasse du Maine qu il occupe encore aujourd'hui.Depuis lors il travaille sans relâche et plusieurs morceaux très intéressants sont déjà achevés.Nous avons admiré a Puns \u2014 à l\u2019exposition universelle de 188b.\u2014 et l\u2019on peut voir aujourd\u2019hui décorant la fontaine frontispice du Parlement provincial, le beau groupe dit les Algonquins.C\u2019est un bronze colossal, fait justement obs r-ver M.Louis Fréchette, destiné à perpétuer 1 \u2022 souvenir des races primitives qui habitaient b* Canada avant l'arrivée des Européens.Comme ligure centrale, le chef, debout, appuyé sur un arc, dans une attitude pleine de majesté, ivgardo son tils qui, à sa gauche et un genou en terre, lance d\u2019un bras nerveux un»1 flèche vers un but invisible.A sa gauche, la mère, accroupie, allume le feu du campement.\u2014 Entre elle et lo chef, le dernier rejeton de la famille.Le sculpteur a voulu lix*o' dans un moule aussi im-pénssable quo possible les traits, la physionomie et même les mœurs de ces naïfs ot farouches enfants de la forêt a peu près disparus aujourd\u2019hui.II\ty a parfaitement réussi; ce groupe serré, cohérent et puissant dans son unité de mouvu -ment et d\u2019action produit une profonde impression, et le jury des beaux-arts de l\u2019exposition de lN8b a rendu bonne justice en décernant à M.Hébert, une médaille.Ce ne sont pas seulement des groupes, mais aussi, les statues des principaux héros de l\u2019histoire du Canada, qui ont été commandés a M.Philippe H*-bert, pour décorer le nouveau palais législatif de Québec.Celle de Frontenac est déjà achevée et placée.Frappant de vie et d\u2019une allure martiale finement touchée, le personnage *»st debout, en uniforme, la cravate de dentelle tordue et rejetée de côté par le vent, la tête bien plantée, les sourcils froncés, les yeux ardents.Pour les traits du visage le sculp-* teur s\u2019est inspiré d\u2019un croquis fait après la mort du gouverneur, seul portrait qui nous soit resté de Frontenac.Le gouvernement actuel de la province de Québec fut si satisfait de ces premiers envois qu\u2019il commanda à M.Hébert, cinq nouvelles sta- tues : celles de Wolfe, d** Montcalm, du < lier de Le* is, d«* Salaberry **t de Lord Elgin Dans le bassin situé en fade du groupe clt,.plus haut, sen placé un pécheur algonquin, p,*.chant à la nigogue.\u2014 le* plâtre de cette cntti-position qu\u2019on est en train de couler d.i.> ,.s ateliers de la célèbre fonderie Tluebaut, a ; . Québecquois pourront appré ier jU, eeau capital, appelé à produire un elb-t >\t,-rj, de grandeur et de simplicité tout a la fois.Des deux groupes allégoriques devant -u;-monter les frontons de chaque côté n>* i : )ti, centrale, un seul e>t achevé.Il s** conip deux grands personnages de 8 pieds de : teur chacun : lu /Wvieet VHistoire.Au ma a, |e> aim s de la province de Québec surimar > ,j casque de Mineneà trois cimiers; d'un : , j, Pot'sie couronnée de lauriers, la main croit-reposant sur la i\\ ta* antique primitive, la ;\t, entr\u2019ouverte.indique d\u2019un geste de la i nia gauche qu\u2019elle \\a parler; l'Histoire, ten n rouleau d** la main gauche, semble 1'- mter dans une a 1111 u d * - de me litation.Ces deux :\t:>> sont traitées avec beaucoup de grâce < t - des sont d\u2019un bel etlet dé oratif.la* tout * \u2022 t * > heureusement relié par les access- ;ivs .details que b* sculpteur a semés dans b1.M.Hébert a su nous rappeler qu\u2019il n\u2019« ta : * pas seulement un statuaire, mais un ornei >tr* an-posé.Nous disions plus haut ipu* le gouven-* provmcia , très satisfait des envois du s-m c ir, lui avait command* plusieurs statu-*s noin- - -\\pprenant que M.Hébert travaillait en ce aiment aux maquettes de ces personnag- s.désireux de ies voir, nous avons obtenu de 1 ter un coup d'œil sur ces ébauches.Nous c- ai-ti'ouve le sculpteur en train mettre la la statue de Lord Elgin, le gouverneur _ «cal du Canada, qui en IsF» sanctionna le b indemnitys en laveur des Canadiens victim' - : l\u2019insurrection de l'angoisse »*t du désespoir.(,f contraste, nous le répétons, est une h**u-reuse trouvaille d\u2019un etlet it s plus saisissants ; Miii un tleuron de plus à ajoutera la couronne d, i.1 m riche de M.Ib bert qui, par la vigueur de V)ii ciseau, sa s :**n ¦?* des tonnes et son habileté teplien 23.s~ milles de Montréal, et 00 mi 'les du < îap\\ nous atteignons b* sommet des M gilts Hocheuses.au point de vue du olte-uii:: \u2022* ter et du partage des eaux.Au-delà de : endroit, b-^ ruisseaux et les rivieres coulent r> la « olombie et le l'acilique.La ligne est à i.\u2022 altitude de 5,\u2018200 pieds au-dessus du niveau I.t mer.Mais quoique nous soyons à la hauteur des terres, si je puis m'exprimer ainsi en i\u201ee ant des montagnes, nous n'avons pas en-U e dé-passe le pic le plus éleve.Y us laissons derrière nous la station de Ste-I in La rivié-re Wapta.ou du Cheval-qui-rue, remplace pour nous la How.La ligne redescend, mais U s pi- s grandissent.Ib* ntôt le mont Stephen nous apparait ; I - mont Stephen, h* roi des Montagnes Hocheuses canadiennes.C'est une masse colossale qui sYlance a s,000 pieds au-dessus de la passe, a 13,000 pieds au-dessus du niveau de la mer.Nous contournons le géant sur une étroite corniche tailiee dans son liane.A droite, il nous domine de T.\" >0 pieds ; a gauche, le precipice s- creuse, et a us voyons la Wapta qui bondit et mugit a l,i\u2019oo pieds au-dessous de nous.Sur la voie lerré-e, la pente est de plus de 2\"0 pi*ds au nulle et nous liions comme une llèclie, au bord de l'anime.Soudain, le liane du coios.se se rend** et fait une saillie qui coupe notre ligne et s'enfonce dans le gouffre.Lu cet endroit toute courbe est impossible.I\u2018ar *>ii va-t-on passer .Notre locomotive pousse un cri strident et se précipite aveuglement sur la barrière de roc.Mais voici un trou béant qui s ouvre devant nous.Pendant un instant les ténèbres nous enveloppent, la Huilée nous aveugle.Puis des !loî> de lumière inondent notre wagon : nous avons lranclii le tunnel du mont Stephen, la vallee s\u2019élargit, la locomotive suspend sa course elfré-née.Voici la station de Field, et sur notre gauche le formidable mont émergeant de la terrible gorge, élève jusqu'aux cieux sa cime royale.Toutefois nos émotions ne sont pas terminées.Au-delà de Field, au-delà d\u2019Ottertail.à Lean-clioil, commence ce que l\u2019on appelle le canon inférieur de la passe du Cheval-qui-rue.Ici le train et la riv ière se livrent a une soi b* de steeple-chase épique.Filtre les monts verticaux et rapprochés presque à se toucher, il nv a souvent place que pour un t sur !a rivière, tantôt sur la montagne.Nous serpentons, nous tournons court, nous traversons des tunnels, nous surplombons des abimes où roulent d**s eaux mugissantes, et, après dix lieues d\u2019une etlroyable chevauchée, la rivière et nous, nous débouchons à Golden city, dans la Colombie britannique La passe du Cheval-qui-rue est franchie*, mais c\u2019est un endroit qui m* s\u2019oublie pas.Les Montagnes Hocheuses sont terminées, mais nous entrons dans les S \u2022 k rk-.Ici, cVsî la rivière au Castor Jirover Hiver , qui nous guide* durant des lieues.L-s Selkirks rivalisent avec les Hocheuses.et la question est de savoir si **!Ks ne surpassent pas celles-ci en beauté*.Les points les plus merveilleux de cette ii .u\\>*lie cliaim* de montagnes sont : Stony Creeh ; h* mont Macdonald, haut d\u2019un mille et demi et l'un des plus beaux qm* nous ayons vus ; le pic de Sir Donald Smith et le Glacier, admirable nappe de glace « mer de glace », allions-iii»us dire en pensant au Mont Blanc ; enlin h* No* ni ou le Loup.I n mot d-* cette merveille* du g nie.La ligne se replie sur elle-même comme un serpent, et dessine parses courbes incroyables, um* espèce m* tire-bouchon gigantesque, ou d\u2019immense escalier en spirale au nioven duquel le train de- -en 1 au l< mi de la vailée où coule la rivière llliciwact.Du haut de la premiere rampe du Loop, on voit en bas une étroite von* ferrée, et un pont en treillis qu on jurer ut appartenir à une petite ligne destiné** a transporter du combustible ou des matériaux quelconques.Ft cependant c\u2019est là qu\u2019on va passer tout a l'heun*.Tour d** force étonnant ' Trois fois : a ligne >e replie sur elle-même à des niveaux différents.Ce sont de ces exploits de construction qui nous font écrit*** sans hésitation que le l\u2019acilique canadien est une des merveilles du monde.Mais ii tant un** j\u2019abrège.En sortant des Selkirks, nous suivons la rivière Thompson dont le cours est magiiihque.l\u2019uis, au-dela de Kamloops, nous entrons dans 1 effroyable canon de la rivière Fraser.Durant 23 nnlies nous lon-un abîme avec des masses de rocs suspendu* ^ au-des>us de nos têtes.A un certain endroit nous enfilons six tunnels «1** suite.Lutin nous sortons à à ale de ce périlleux délile.C est i i la tète .1,KS PANAI UFA'S A PA15IS Inscrits au Commissariat général du Gouvernement du Canada, 10, rue de Rome: Mgr Fabre, archevêque de Montreal, s, rue de la Ville-l\u2019Fvôque.M.l abbé Archambault, s, rue de la N ille-1 l*.\\tque.M.l'abbé Casgrain.Québec.Hôtel Hinda.Le Gérant : Muricf.O\u2019HElLl.Y VERSAILLES.IMPRIMERIE CEHF ET FILS, 59, RCE DUPLESSIS HOTEL CT _ I) ü I 1 rn \u2022* J 33-35.rue Gaumartin, Paris Dans la partie la plus centrale, près l'Opéra, les boulevards, la M,.leieine, les Champs-Elysées.Installation de premier ordre.L'hôtel, complètement restauré, est sous la direction personnelle de M.Plagge.160 chambres et salons particuliers, salle a manger d-< M l >| Ontario, Colombie anglaise not if; i>ii;KCTI-; ht k.m ii«i; I>E L'Atlantique au Pacifique SANS CHANGEMENT DE WAi.uN BILLETS CIRCULAIRES SPÉCIAUX A LTSAIiK DES loi RIS 1 1 - I*o U K TOUS LKS 1*01 NTs DE L'Ontario, des Grands-Lacs, du Manitoba, des territoires du Nord-Ouest, des Montagnes Rocheuses et de la Colombie anglaise.Les ii'iiifOiiS
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