Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 juillet 1891, samedi 11 juillet 1891
[" 9* ANNÉE.N° 4.Paris, Samedi 11 Juillet 1891 PARIS-CANADA Organe Hebdomadaire des Intérêts Canadiens & Français.ABONNEMENTS Prix du Numéro : J Abonnements : 25 centimes (5 centinsj | Un an, 12l'r.50 ($ 2.50} Émile GIROUARD , ADMINISTRATEUR Maurice O\u2019REILLY, SECRETAIRE DE f,A RÉDACTION Directeur : HECTOR FABRE BUBEAUX, 10.rue de Rome, Paris ON S\u2019ABONNE i MONTRÉAL : Fabre et Gravel.a QUÉBEC : S.Marcotte.a LONDRES : Canadian Government Offices 17.Victoria street.S.W.a GENÈVE : au journal La Tribune.a BRUXELLES: à l\u2019Office de publicité Lebègue et C'« SOMMAIRE Nos Médecins à Paris.\u2014 Echos.\u2014 Conférence de M.Mercier.\u2014 Les Canadiens à Paris.\u2014 Etudes sur le Canada (Suite).NOS MÉDECINS A PARIS Le Docteur Gilbert Iluot.Le I)1\u2019 Gilbert Iluot, qui est né à Ste-Philomène (comté de Châteaugay), en 18G1, exerce sa profession depuis dix ans ; c\u2019est dire qu\u2019il obtint son diplôme à un âge extrêmement jeune.Il n\u2019avait pas, en effet, vingt et un ans accomplis quand il fut reçu docteur à l\u2019Université Victoria, de Montréal, et les examens spéciaux qu\u2019il avait subis lui donnaient en outre le titre de médecin en chirurgie.D\u2019après la loi, le D' Iluot devait attendre plusieurs mois avant d'avoir le droit de pratiquer légalement.On assure qu\u2019il n\u2019eut pas cette patience et que pour cette légère infraction aux règlements universitaires, il encourut une amende.Ce détail n\u2019est-il pas tout à l\u2019honneur de notre compatriote et ne prouve-t-il pas les excellentes études qu\u2019il avait faites dans sa jeunesse au collège de Ste-Thérèse ?Bien qu\u2019à cette époque il lut, déjà déterminé à aller en Europe et qu\u2019il n\u2019attendit qu\u2019une circonstance favorable pour accomplir ce voyage, il s\u2019établit à Sl-Etienne (comté de Beauhar-nois), où, par ses mérites et son dévouement, il ne tarda pas à se créer une excellente clientèle ; puis, en 1885, il quitta St-Étienne pour aller à Sl-Louis-de-Gonzague ; il y épousa, la môme année, MUo Vachon, dont le père est un des notables commerçants de cette ville.Il était présumable qu\u2019une fois marié et retenu par les liens de sa nouvelle famille, le D\" Iluot devrait abandonner ses premiers projets.Il n\u2019en fut rien.Absolument décidé à aller compléter à Paris et à Londres des études qu\u2019il jugeait indispensables, il fut assez heureux pour persuader à sa famille tout l\u2019intérêt qu\u2019il y avait pour lui et ses malades à entreprendre ce voyage.Eu dépit des nombreux clients dont il s\u2019était déjà entouré, il n'hésita pas à partir, comprenant que ce gros sacritice momentané serait largement compensé plus tard.Le l)r Ouimet, dont nous aurons l'occasion de parler un jour, partait pour Paris le lt,r décembre 1890 ; le I)\u201d Iluot saisit cette occasion pour entreprendre le voyage en Europe avec un de ses confrères, doublé d\u2019un ami.Quoique ne se livrant pas à une spécialité, le I)r Iluot, à son arrivée à Paris, s'occupa tout particulièrement de gynécologie et d\u2019obstétrique.Il travailla spécialement à la maternité Beaudo-locque et à la clinique du D1 Tarnier.En même temps, il suivait chaque semaine les cours et les expériences faites à la Salpétrière par le cé lèbre Charcot.Après s\u2019être imprégné de la science gynécologique des grands professeurs de l\u2019Ecole de Paris, notre compatriote s\u2019occupe maintenant exclusivement.de pathologie interne.Parmi les docteurs éminents dont il suit ies services, citons, entre autres, le Dr Potain à l\u2019hôpital de la Charité, si universellement connu pour sa grande habileté dans tout ce qui cou -orne les affections du cœur et des poumons, le Dr Peters à l'hôpital Necker qui, lui aussi, est ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler un prince de la science.Inutile d\u2019ajouter que le Dr Iluot prend part également aux cours et aux cliniques de tous les savants docteurs dont les travaux apportent chaque jour une lumière nouvelle à l\u2019art si complexe et si dilticile de la médecine et de la chirurgie.Aujourd\u2019hui, notre compatriote qui, comme nous le taisions remarquer plus haut, avait déjà dix ans de pratique avant de venir en France, a observé et vu ce dont il voulait se rendre compte.On pourrait croire qu'avec cette grande expérience acquise, il aurait la prétention de s'établir dans l\u2019une des plus grandes villes du Canada, mais telle n'est pas sa pensée.Aussitôt de retour au Canada, le Dr Iluot exercera à Beauharnois où il a déjà de nombreuses relations et où il se trouvera au milieu d\u2019un pays qu\u2019il connaît et de gens qui l\u2019estiment.Ces derniers sauront apprécier tous les sacrifices qu\u2019il s'est imposés pour leur plus grand bien, et ils n\u2019oublieront pas qu\u2019en dépit des liens de la famille et des grosses charges pécuniaires qu\u2019entraînait une pareille détermination, le Dr Iluot n\u2019a pas hésité à accomplir ce qu\u2019il considérait comme uti devoir.En quittant Paris au mois d\u2019aoùt prochain, le Dr Iluot s\u2019arrêtera en Angleterre pour y passer quelques mois dans les principaux hôpitaux.Ce n'est qu\u2019après s\u2019être rendu compte de certaines écoles anglaises qui l\u2019intéressent qu\u2019il s'embar- quera pour le Canada et s\u2019y installera détiniti\u2014 veinent.(A suivre.)\tMaurice O\u2019Reilly.ÉCHOS L\u2019honorable II.Mercier, premier ministre de la province tie Québec, ainsi que MM.Shehyn, trésorier de la province, et Beruutchez, député de Montmagny, ont quitté Paris mardi dernier, à onze heures et demie, pur lu gare du Nord.Ces Messieurs se sont rendus a Liverpool, via Calais et Londres, et'se sont embarqués jeudi par le paquebot-poste Parisian, de la ligne Allan.M.Clément, secrétaire du premier ministre, MM.Laroque, représentant de la maison Brisson, (ie Bordeaux, et Paul Joleaud-Barral, ingénieur, sont également partis par la même voie.Un grand nombre d\u2019amis et de notabilités avaient tenu a venir rendre une dernière fois leurs hommages aux sympathiques ministres, et nous avons remarqué, dans le hall de la gare du Nord, lu plus grande partie de notre colonie canadienne.M.Hector Fabre, Commissaire général du Canada, a accompagné les ministres jusqu\u2019à Liverpool.Dans sa séance du :j juillet, l\u2019Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, dont M.Louis Fréchette est membre correspondant, a pris la délibération suivante à l'occasion de l'entrée du poète canadien dans la Légion d'honneur : « L\u2019Académie reçoit avec satisfaction la nouvelle » de la promotion de M.Fréchette au grade de » chevalier de la Légion d honneur.Elle le félicite » hautement de celte distinction, qui honore » autant le poète que le patriote franco-eana-» dien.» L\u2019assemblée décide, eu outre, que copie de cette délibération sera transmise à M.Louis Fréchette.On lit dans le Petit Marseillais du 22 juin : SospeL \u2014 Inspection de gymnastique.\u2014 M.Char-trand, lieutenant au 161e de ligne, actuellement au fort du Barbonuet, a élé chargé par M.le Ministre de la Guerre de visiter nos écoles de garçons, afin de s\u2019assurera quel point ils en sont en lait de gymnastique.Cette inspection a eu lieu vendredi matin à 8 iieures.M.Chartrand s\u2019est montré satisfait des mouvements qui ont été exécutés eu sa présence, et a engagé les élèves a apporter t >ute leur application dans ces sortes d\u2019exercices. 2 PARIS-CANADA CONFÉRENCE DE M.MERCIER AU SÉMINAIRE ü\u2019iSSY, LE lor JUILLET 1891 Monsieur le Supérieur, La joie que j\u2019éprouve aujourd'hui en me trouvant dans cette vénérable maison de Saint-Sul-pice, est celle du fils de famille dans la maison paternelle.Les Sulpiciens ne sont pas, en effet, des étrangers pour nous, Canadiens : ce sont nos pères dans la foi ; et votre congrégation peut, avec raison, nous adresser ces paroles du grand apôtre : « Per evangellum ego vos genui.Je vous ai engendrés par l\u2019Evangile.» Il y a près de deux siècles et demi (1057), quatre messieurs de votre Société encore naissante quittaient la France pour le Canada.C\u2019était MM.de Queylus, Souart, Galinier et d\u2019Allet.Ils étaient envoyés parle vénérable fondateur de Saint-Sulpice, M.Olier, l\u2019un des membres les plus actifs, disons mieux, l\u2019âme dirigeante de la célèbre Compagnie de Montréal, qui s\u2019appelait « la Compagnie des Associés pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France ».M.Olier aimait tendrement le Canada : toutes ses pensées et tous ses vœux étaient dirigés vers la réalisation de ce.but admirable de la Compagnie de Montréal, la conversion des sauvages de la Nouvelle-France.Il aurait voulu aller lui-mème au Canada travailler dans ce but : mais comme Moïse, il fut privé de la vue de la terre promise.Il mourut avant même que M.de Queylus et ses compagnons se fussent embarqués dans la rade de Saint-Nazaire pour la Nouvelle-France.M.de Queylus partait pour le Canada avec des pouvoirs très étendus que lui avait donnés l\u2019archevêque de Rouen, alors l'autorité ecclésiastique reconnue.Ces pouvoirs leur furent continués plus tard par le vénérable Mgr de Montmorency-Laval.premier évêque de Québec, fondateur de l\u2019Eglise du Canada, dont la vie vient d\u2019être écrite d\u2019une manière si remarquable par un de nos prêtres canadiens les plus distingués, M.l\u2019abbé Gosselin, qui a lui-même le plaisir de se trouver ici, aujourd\u2019hui, au milieu de vous.Montréal, cette ville immense et {deine d'avenir, que nous admirons aujourd\u2019hui, était bien peu de chose lorsque vos messieurs \u2014 c\u2019est le nom populaire et même légal sous lequel les Sulpiciens sont désignés, au Canada \u2014 y arrivèrent pour la première fois.Fondée en 1642, par M.Maisonneuve, elle ne renfermait encore que quelques maisons, une poignée de Français, quelques tribus errantes de sauvages.Ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui, c\u2019est en grande partie votre œuvre, Messieurs.M.de Queylus et ses compagnons travaillèrent à la conversion des sauvages et au salut de la colonie française avec un zèle admirable.Grâce au concours de deux personnes vénérées, dont les noms ne sont prononcés au Canada qu\u2019avec le plus profond respect, Marguerite Bourgeois et Jeanne Mance, on vit s\u2019élever bientôt à Montréal deux communautés qui en devaient faire lhonneur et la gloire, la congrégation de Notre-Dame pour l\u2019instruction des tilles, et rilôtel-Dieu pour le soulagement de toutes les souffrances corporelles.Bientôt aussi se constitua le séminaire où devaient se former tant de générations sacerdotales pour la gloire de Dieu, la propagation de la foi et l\u2019établissement de la religion.Sur les bords de notre grand tleuve, à quelque distance de l\u2019endroit où fut dite la première messe à Montréal, le 17 mai 1642, à quelques pas aussi de l\u2019endroit où Champlain, le fondateur de Québec, avait commencé à Montréal les premiers défrichements, on peut voir encore une bien modeste maison que la tradition indique comme ayant été la première habitation de vos messieurs à Montréal : précieuse relique des temps héroïques de notre histoire, mystérieux grain de sénevé qui s\u2019est développé et a produit de grandes choses pour notre pays.En quelques années, se trouvera réalisé comme par enchantement le vœu principal des associés de Montréal : établir dans cette ville un séminaire, un Hôtel-Dieu, une maison d\u2019éducation pour les personnes du sexe.Les associés de Montréal se dessaisirent alors de la seigneurie de l\u2019Ile en faveur des messieurs de Saint-Sulpice, qui la possèdent encore pour le plus grand avantage de tout le district.Je n\u2019entreprendrai pas, Messieurs, de faire ici l\u2019histoire de Saint-Sulpice de A mitréal ; ce serait faire presque toute l\u2019histoire de notre pays.Qu\u2019il me suffise de dire que vos messieurs ont largement dépensé leur fortune pour le bien du Canada.Que d\u2019églises n\u2019ont-ils pas construites, que d\u2019œuvres de bienfaisance n\u2019ont-ils pas créées, que de collèges et de couvents n\u2019ont-ils pas fondés ! La première école primaire du Canada, ou du moins du district de Montréal, a été établie par un de vos messieurs, le vénérable AI.Souart, dont le nom mériterait d\u2019être gravé sur l\u2019airain, comme il l\u2019est dans la mémoire de tous ceux qui s\u2019occupent d\u2019instruction au Canada.Je voudrais qu\u2019on lui élevât quelque part une statue.Il se lit lui-même maître d\u2019école.Il aimait qu\u2019on lui donnât ce nom, c\u2019était pour lui le titre qu\u2019il affectionnait par dessus tout.Son exemple fut suivi par plusieurs autres de ses confrères, entre autres AI.de Fénelon, et plus tard le vénérable AI.Rémy, dont les noms sont synonymes d\u2019apôtres et éducateurs de la jeunesse.Et que dirai-je du grand collège de .Montréal, d\u2019où sont sortis tant de pieux ecclésiastiques, tant de citoyens distingués?Sa fondation remonte â plus d\u2019un siècle.Commencé tout d\u2019abord dans une maison habitée autrefois par un de nos bons gouverneurs, AI.de Yaudreuil, il occupe aujourd\u2019hui une position magnifique sur le ['enchant de la colline de Montréal.Ses vastes bâtiments, comme ceux de la congrégation de Notre-Dame, à Villa-Maria font la gloire de notre pays.Nous n\u2019avons rien de plus agréable, lorsqu\u2019il nous arrive quelque étranger illustre, que d\u2019aller lui montrer ces superbes constructions et de lui dire : Voilà ce que fait ici notre clergé ; c\u2019est à nos prêtres que nous devons la meilleure part de ce qu\u2019est notre pays au point de vue de l\u2019instruction.Voilà l\u2019usage que vos messieurs ont fait et font encore de leur fortune au Canada.Grâce à leur sagesse et à leur prudence, ils ont traversé les époques les plus orageuses de notre histoire, et tandis que bien des fortunes ont sombré au milieu des écueils, eux ont pu conserver la possession d\u2019ailleurs si légitime de leurs biens, possession dans laquelle, je l\u2019espère, ils ne seront jamais troublés.Le clergé a besoin de ressources abondantes pour faire honneur à sa position et pour accom- plir les œuvres nombreuses que réclame tous les jours son saint ministère.Notre clergé canadien, grâce à Dieu, et les messieurs de Saint-Sulpice en particulier, ont toujours employé pour le plus grand bien du pays les ressources dont ils ont pu disposer.Quelle reconnaissance le pays ne doit-il pas aux Sulpiciens, qui, plus que personne, ont appris aux Canadiens à rester catholiques et Français ! Quelle reconnaissance ne doit-il pas aux Sulpiciens, qui, depuis [dus de deux siècles, se dévouent avec tant de zèle à procurer le bien des âmes ! Il y a des années que je les vois à l\u2019œuvre dans cette grande ville où réside ma famille et oii j\u2019aime à aller me reposer aussi souvent que possible des labeurs de la politique ; et toujours j\u2019ai admiré leur grand zèle pour la prédication, pour la visite des malades, pour tout ce qui intéresse le culte religieux.Les prêtres du séminaire de Alontréal sont l\u2019honneur de l\u2019Eglise du Canada.Leur grand mérite est reconnu, je le sais, par les protestants eux-mêmes, au milieu desquels nous sommes obligés de vivre, et avec lesquels ils ont toujours été dans les meilleurs rapports.J\u2019aime aussi à rendre témoignage aux bonnes relations qu'ils ont toujours su entretenir avec les autorités civiles et politiques de la colonie.C'est une chose remarquable que n\u2019importe à quelle époque de notre histoire, fût-ce la plus troublée et la plus orageuse, les Sulpiciens ne se sont jamais trouvés en conflit avec qui que ce soit.Ils ont toujours été fidèles aux traditions de sagesse et de prudence que leur a léguées leur saint fondateur.Pour ma part, messieurs, je vous avouerai en toute sincérité que je n\u2019ai jamais eu qu\u2019à me louer des rapports qu\u2019il m\u2019a été donné d\u2019avoir avec les messieurs de votre Société.Paroissien de Saint-Jacques, c\u2019est un Sulpicien qui est mon curé, et je lui ai voué l\u2019affection d\u2019un fils pour son père.L\u2019abbé Deguire est un homme distingué, prudent et modéré, et il continue à Saint-Jacques les belles et bonnes traditions laissées par les abbés Rousselot et Soutenue, deux hommes remarquables.AI.Rousselot est mort, mais sa mémoire reste ; AI.Sentenne est maintenant curé de Notre-Dame et rend de grands services aux Canadiens.Un de vos messieurs, le digne et intelligent abbé Guyot, veut bien, quelquefois, venir dire la messe pour ma famille dans l\u2019humble chapelle que le Saint-Père m\u2019a permis d\u2019avoir dans ma maison, et le jour oii il nous fait ainsi l\u2019honneur de venir chez nous est un grand jour de fête.Nous avons comme supérieur de votre maison à Montréal un homme éminemment distingué par son esprit supérieur, par ses vastes connaissances, et par son talent oratoire qui serait admiré même dans les [dus célèbres églises de France, AI.l\u2019abbé Colin.Son prédécesseur, que j\u2019ai eu aussi le plaisir de connaître, le vénérable M.Bayle, était aussi un homme d\u2019un grand caractère, d\u2019une intelligence hors ligne, mais surtout un cœur d\u2019or, un de ces bons prêtres qui savent faire aimer la religion.J\u2019ai lu sur son compte, dans la vie de Algr de Laval par l\u2019abbé Gosselin, un détail touchant, que je ne puis m\u2019empêcher de signaler ici.Retiré des affaires à cause de son grand âge et de ses infirmités, le bon M.Bayle passait tout son temps à prier.Alais savez-vous pour qui il affec- PARIS-CANADA 3 tionnait davantage de prier?Pour les citoyens de Montréal qui mouraient.Apprenait-il qu\u2019un service funèbre était recommandé à Notre-Dame, vite il s\u2019y rendait, et cela en toute saison et à toute heure, afin de joindre ses excellentes prières à celles de ces pauvres parents et amis qui venaient de perdre un des leurs.De pareils exemples, messieurs, nous touchent jusqu\u2019aux larmes et nous font aimer la Société au milieu de laquelle ils se produisent.Je suis heureux, Messieurs, d\u2019avoir cette occasion d\u2019exprimer ici et comme homme privé et comme homme public, ma vive admiration et ma reconnaissance à la Société de Saint-Sulpice pour les grands services qu\u2019elle a rendus et qu\u2019elle rend encore à mon pays.Qu\u2019elle soit toujours heureuse et prospère ! Qu\u2019elle continue avec succès et avec bonheur la noble mission que la Providence lui a coudée.Cette mission, d\u2019ailleurs, s\u2019est déjà développée ; elle s\u2019accroîtra encore.Vous avez maintenant à Rome ce beau et grand séminaire canadien, fondé au prix de tant de sacrifices.Nous en sommes fiers, au Canada, car vous y avez attaché le nom de notre pays.Le Saint-Père l'a béni, ce séminaire canadien, et avec la bénédiction du Saint-Père, il ne peut manquer de prospérer pour le plus grand bien de tous.Honneur donc à la Société de Saint-Sulpice ! grand succès pour toutes ses œuvres ! grand succès surtout pour celles qu\u2019elle a entreprises et quelle mène avec tant de zèle dans notre pays.Soyez convaincus, Messieurs, que la visite que j\u2019ai le bonheur de faire aujourd\u2019hui au séminaire d\u2019Issy et la réception si cordiale qui m\u2019y est, faite seront un des plus précieux souvenirs que je remporterai de tout mon voyage en France.Ce souvenir m\u2019attachera encore davantage à votre belle et sainte congrégation, pour laquelle j'ai toujours professé le plus grand respect et que j\u2019ai toujours associée dans mon esprit aux meilleures et aux plus pures gloires du Canada.LES CANADIENS A PARIS Inscrits au Commissariat général du Gouvernement du Canada a Paris, 10, rue de Rome : M.C.-C.Gernaey, Montréal, 70, rue des Martyrs.M.N.-Ch.Giraux, Duluth, 21, rue de Calais.M.C.-A.Chènevert, M.P.P., Berlhierville, P.Q.Hôtel Maleslierbes.M.A.Rochon, M.P.P., Hull, P.Q.Hôtel Maleslierbes.M.G.Hardy, Sorel, P.Q.Hôtel Maleslierbes.M.le Dr L.-J.-G.Masson.Montréal, 149, rue de Rennes.M.R.Masson, Montréal, 149, rue de Rennes.M.Ludger Larose, récemment revenu de Rome, part aujourd\u2019hui pour le Canada par le steamer transatlantique la Bourgogne.M.Larose, «pii est un artiste de talent, avait eu une importante commande pour la nouvelle chapelle du Sacré-Cœur annexée à l\u2019église Notre-Dame de Montréal ; il doit y exécuter une copie de la célèbre Dispute du Saint-Sacrement, de Raphaël, qui se trouve à la salle de la Signature au Vatican.Pendant les cinq mois qu\u2019il a passés dans la ville sainte, M.Larose a pu copier en réduction le chef-d'œuvre du maître sur l\u2019original même, et c'est d\u2019après celte copie qu\u2019il exécutera la grande toile qui doit décorer le fond du moitre-autel de la nouvelle chapelle.M.J.-IL Masson part aujourd\u2019hui pour New-York par la Bourgogne.ÉTUDES SUR LE CANADA {Suite) 1812.\tLa guerre est déclarée entre l\u2019Angleterre et les États-Unis.Il août.Reddition de Détroit par les Américains sous le commandement du général Hull au général Brock.13 octobre.Bataille de Queenslon Heights et défaite des Américains.Mort du général Brock.Novembre.Défaite du général Dearborn par le colonel de Salaberryâ la rivière Lacolle.1813.\t25 avril.Prise de York par les Américains.3 juin.Bataille de Stony Creek et défaite des Américains.Septembre.Bataille de Moraviantown.Retraite (.les Anglais et mort du chef sauvage Tecumseh.Bataille de Cliateauguay.Défaite de trois mille Américains sous les ordres du général Hampton par le colonel de Salaberry et quatre cents miliciens canadiens-franeais.25 septembre.Bataille de la ferme Chrysler.Défaite et déroute du général \"Wilkinson et des Américains par la milice canadienne sous les ordres du colonel Morrisson.1,814.Bataille de Lundy\u2019s Lane et défaite des Américains.24 décembre.La guerre est terminée par le traité de Gand.Population du Haut-Canada, 95,000, et du Bas-Canada, 335,000.1818.20 octobre.Convention signée à Londres réglant les droits des Américains sur les pêcheries de l\u2019Amérique Britannique du Nord.1821.Commencement du canal Lachine.1831.Population, Haut-Canada, 230,702, Bas-Canada, 553,13 4.1836.21 juillet.Inauguration du chemin de fer de Laprairie à Saint-Jean : le premier chemin de fer au Canada.1837-38.L\u2019insurrection éclate dans les deux provinces.Elle fut supprimée dans le Haut-Canada par la milice et dans le Bas-Canada par les troupesanglaises.1840.\tMort de Lord Durham, aux efforts duquel l\u2019union subséquente des deux provinces est due eu grande partie.1841.\t10 février.Union des deux provinces sous le nom de Province du Canada et établissement du gouvernement responsable.La législature consistait en un Conseil législatif et une Assemblée législative, chaque province étant représentée par 02 membres, dont 42 élus par le peuple et 20 nommés par la couronne.Population du Haut-Canada, 455,688.13 juin.Ouverture du premier parlement uni à Kingston par Lord Sydenham.1842.\tFixation de la ligne de frontière entre le Canada et les États-Unis par le traité de Ashburton.1844.\tPopulation du Bas-Canada, 697,084.1845.\tGrands incendies à Québec, 25,000 personnes privées de domicile.1848.\tLes canaux du Saint-Laurent ouverts à la navigation.1849.\tEmeutes à Toronto et à Montréal à cause du projet de loi relatif aux pertes suscitées par l\u2019insurrection, et incendie de la bibliothèque du parlement à Montréal.1850.\tLa première pelletée de terre sur lechemin de fer « Northern » enlevée par Lady Elgin.1851.\tTransfert du contrôle du système postal de l\u2019Angleterre aux gouvernements provinciaux ; adoption d\u2019un taux uniforme d\u2019affranchissement de trois deniers par 1/2 once.L\u2019usage des timbres-poste fut aussi introduit.Population du Haut-Canada, 952,004; du Bas-Canada, 890,261 ; du Nouveau-Brunswick, 193,800 ; et de la Nouvelle-Écosse, 276,854.1852.\tCommencement de la construction du che- min de fer du Grand-Tronc.1853.\tLe nombre des membres de l\u2019Assemblée législative est augmenté de 8 4 à 130, soit 65 pour chaque province.1854.\t27 janvier.Principale ligue du chemin de fer « Great Western » ouverte au trafic.Abolition de la tenure seigneuriale dans le Bas-Canada et règlement de la question des réserves du clergé.5 juin.Traite de réciprocité avec les États-Unis signé à Washington.Il accordait des droits mutuels de pêche dans certaines eaux canadiennes et américaines ; il pourvoyait au libre échange des produits de la mer, du sol, de la forêt et des mines; il accordait aux Américains l\u2019usage du lleuve Saint-Laurent et des canaux canadiens aux mêmes conditions que les sujets anglais et il donnait aux Canadiens le droit de naviguer sur le lac Michigan.Ce traité devait durer dix années.(A suivre.) ________________ Le Gérant : Maurick O\u2019REILY._____ VERSAILLES.IMPRIMERIE CERE ET FILS, ti9, RUE DUPLESSIS HOTEL 33-35, rue Caumartin, Paris Dans la partie la plus centrale, près l\u2019Opéra, les boulevards, la Madeleine, les Champs-Élysées.Installation de premier ordre.L\u2019hôtel, complètement restauré, est sous la direction personnelle de M.Plague.160 chambres et salons particuliers, salle à manger de 250 couverts, restaurant, salon de dames, de lecture, fumoir.Bains, ascenseur.PRIX MODÉRÉS Chambres de >uis 3 fr.Dîner 4 fr.Aug.PLAGGE, Propre BAR AMÉRICAIN me C\u2019aiiiuiiriiii LE MEILLEUR BAR AMÉRICAIN DE PARIS BOISSONS DE PREMIER CHOIX VINS DE BORDEAUX ET EAUX-DE-VIE DE C03NAC MAISON RECOMMANDÉE 88, quai des Char tr on s A BORDEAUX Pour tous renseignements et prix-courants s\u2019adresser directement à la Maison ou à MM.A.CAHEN ET F.GUlLLERfllE Représentants de la Maison A.DE LUZE et Fils, 30, rue St-Jean, à Montréal. 4 PARIS-CANADA LIGNE DOMINION Paquebots-poste royaux Anglo-Canadiens PARIS AU CANADA MM (Via Liverpool) à, grande vitesse Dominion.Vendredi 16 juillet.Orégon.\u2014\t24\t\u2014 Toronto.\u2014\t31\t\u2014 Vancouver.Jeudi\t6\taoût.Sarnia.Vendredi 14 \u2014 Les bagages sont dirigés directement sur les steamers sans avoir besoin d\u2019être visités par la douane anglaise.PRIX DE PASSAGE DE PARIS Première classe : 280 à 474 francs, suivant position de la cabine.Deuxième classe ; 210 francs.Les steamers de cette Compagnie, qui sont les plus grands et les plus beaux qui se puissent voir, sont renommés pour leur confort et l'excellent aménagement qu'ils olireut aux passagers de toutes les classes.Four plus amples renseignements, fret, billets, etc., s'adresser à R.H.GRAEFE, seul agent pour Paris, 9, me Scribe,Paris LIGNE ALLAN PAQUEBOTS - POSTE CANADIENS Entre la France et le Canada SERVICE D\u2019ÉTÉ Les magnifiques paquebots de cette ligne favorite quitteront Liverpool aux dates crdessous pour les ports suivants: Circassian.16\tjuillet Polynesian.23\t\" \u2014 Sardinian.30\t\u2014 Mongolian.6\taoût Parisian.13\t\u2014 Circassian.20\t\u2014 Polynesian.27\t\u2014 La flotte de cette Compagnie est composée de trente-trois paquebots du plus fort tonnage dont le confort et la sécurité sont justement appréciés des voyageurs.Soins spéciaux donnés aux passagers de troisième classe.Prix de passage de Paris à Halifax, Québec, Montréal ou Baltimore Première classe : 345 à 400 fr., suivant position de la cabine.\u2014 Deuxième classe : 205 fr.Pour Saint-Jean de Terre-Neuve.Première cl.: 4 10 à 465 fr.\u2014 Deuxième cl.: 205 fr.TARIFS SPECIAUX POUR LA TROISIEME CLASSE S\u2019adresserpour tous renseignements à PITT & SCOTT, agents généraux pour le continent.7, rue Scribe, Paris.LIGNE BEAVER Service hebdomadaire et direct entre LIVERPOOL, QUÉBEC et MONTRÉAL SERVICE D\u2019ÉTÉ PRIX DE PASSAGE De PARIS à QUEBEC I MONTRÉAL lre classe.335 fr.2e classe .\t215 ÉMIGRANTS Paris à Québec et Montréal .\t120 fr.Billets directs pour tous les points du Canada.POOR PASSAGE, PRÊT ET EMIGRATION S\u2019adresser à HERNU, PERON & CIE Agents d\u2019émigration autorisés par te Gouvernement Français A PARIS : 95, r.des Marais et 19, r.Auber Au HAVRE: 4, place du Commerce.Agents en France du Canadian Pacific Railrvay Adresse télégraphique: HEHfllCOSjS™ CONCESSIONS GRATUITES DE TERRES AU CANADA 65 hectares au Manitoba et dans les territoires du Nord-Ouest 40 à 85 hectares dans les autres provinces AVIS AUX COLONS On trouve à acheter des termes et des terres en partie défrichées et à des prix très modérés, dans les provinces de Québec, d\u2019Ontario, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de Y Ile du Prince-Edouard et de la Colombie anglaise.Les fermiers, ainsi que les personnes qui désireraient se livrer à l\u2019agriculture, trouveront des avantages sérieux à faire fructifier leurs capitaux au Canada.Les domestiques de ferme, laboureurs, bouviers, etc., ainsi que les servantes, seront assurés de trouver de bons appointements.S\u2019adresser pour brochures donnant tous les renseignements relatifs au placement de capitaux, règlements pour la vente des terres, demandes d\u2019emploi, taux des salaires, prix des denrées d\u2019alimentation, etc., etc., au bureau du Ilaut-Gommissaire du Canada, 9, Victoria Chambers, Londres S.W.(M.J.-G.Colmer, secrétaire) ; 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