Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 août 1899, mardi 15 août 1899
[" 17* ANNEE Paris.IS Août 1899 N 18 N A 0 » je-Jî^t* qrG^f ÇanadIens & Français Paraissant let's le 15 de chaque mois F R A n c E Abonnements: Un an.10 fr.l,os Annonc»** et Réclamas août reçues au Bureau du Journal.Ass ;cks, la ligne.1 franc.Réclames,\t\u2014 .- \u2014 Faitk-Divers, \u2014 .3 \u2014 Directeur: PAUL FABRE BUREAUX: 10, Rue «1e Rome, ÎO, PARIS CANADA Abonnement?: Un an.$ 2 Adresse télégraphique: STADAC0NA-PAR1S Téléphone: 2I8.0ÎI Commissariat-général du Canada à Paris, 10, Rue de Rome (au premier étage, à droite).Adresse télégraphique : Stada-cona-Paris.Téléphone : 218-03.SOMMAIRE Au Jour le Jour.Hector Fabre.Fîevue Littéraire.P.F I, - Canadiens à Paris.JacqeesMe\tville.i Ronfleur.Un Hon Info; mations.DarüOIS.bibliographie.D.Iys Théâtres.Jean Caricnan.AU JOUR LE JOUR I\tne dépêche de Montréal publiée par le limes, de Londres, a donné du discours prononcé parle maire l'réfontaine, ors de la célébration du 14 juillet a Montreal, lin résumé qui en faussait 1 esprit et transformait un fervent ami de la France en personnage empressé à se réjouir hors propos de 1 événement cruel qui nous en a séparés.Cette fâcheuse dépêche a atteint son objet et a provoqué dans une partie de la presse française des commentaires qui eussent été jugés excessils, même si l attitude du maire avait été telle qu on la représentait.II\tsemble qu\u2019il devait tout d abord paraître invraisemblable â des gens a 1 abri des surprises du télégraphe que le premier magistrat d\u2019une ville aux deux tiers française eût tenu le langage qu\u2019on lui prêtait, plus invraisemblable encore qu\u2019il l\u2019eût tenu en visant le but qu\u2019on indiquait, soit l\u2019intérêt électoral.Tout au plus auraient-ils été excusables de croire â une de ces incorrections de pensée ou de parole que l\u2019improvisation permet et excuse.Nos confrères auraient peut-être dû se dire que le maire n avait pu songer un instant à saisir une occasion aussi peu propice que celle qu\u2019offrait un banquet donné sous les auspices des Français de Montréal et que le représentant de la France honorait de sa présence, pour blesser le patriotisme de ses auditeurs et les sentiments bien connus de la population canadienne.La maladresse eût été encore plus grande que l\u2019offense, n est-ce pas ?Le compte rendu du banquet français, que le Pans-Canada a emprunté à la Presse de Montréal, a dissipé le malentendu et ramené les choses au point, comme le montre l\u2019article suivant que nous reproduisons de 1 Union Républicaine du Havre : « La presse française s'ôtait vivement émue, ces jours derniers, des paroles que le maire de Montreal aurait prononcées lors du banquet organisé en cette ville pour célébrer le 14 Juillet.Nous-mème en avions pris texte pour regretter que les liens étroits qui unissaient jusqu\u2019à ce jour les Canadiens et les Français semblassent être rompus.Mais, nous ajoutions, cependant, qu\u2019il ne fallait peut-être pas attacher trop d\u2019importance â des paroles qui ne dépassaient certainement pas la portée des discours politiques et nous rappelions les gages d\u2019alfection que les Canadiens nous donnaient encore en participant à l\u2019Exposition du Vieux-llontleur, qu\u2019un de leurs ministres, M.Turgeon, avait honoré, avant qu'elle ne fut ouverte, de sa visile et de son patronage.Nous avions raison, car la Presse de Montréal nous apport^, aujourd\u2019hui, le sens exact du discours d M.F\u2019réfontaine, dont on n\u2019avait fâcheusement cité qu'un extrait.On verra que loin de se réjouir de ne plus appartenir à la France, les Canadiens revendiquent, au contraire, l\u2019honneur d\u2019avoir du sang français dans les veines.(Suit la citation faite du discours par le Paris-Canada d\u2019après la Presse).Ces paroles ont été saluées par des applaudissements prolongés.Elles réjouiront tous les Français, à quelque parti qu\u2019ils appartiennent, et elles prouveront â ceux qui le pourraient oublier que la France est toujours, quoi qu\u2019011 dise, la grande nation à laquelle ses sentiments généreux de liberté et de justice ont acquis la sympathie des peuples et l'affection de ceux qui ont vécu sous son drapeau.» A cet article de notre excellent confrère qui clot l\u2019incident, je ne désire ajouter qu\u2019une réflexion qui m\u2019a été faite du reste, de divers côtés.Même si ce discours était tenu, sans plus tarder, pour tout à fait exact, ceux de nos confrères qui ont poussé l'irritation jusque-là n\u2019auraient-ils pas dû hésiter à en faire porter la responsabilité à toute la population canadienne et à la montrer aussitôt, comme désaffec-tionnée de la France ?Il y a vraiment des journalistes qui, dans l\u2019ardeur de leur patriotisme, sont trop portés à chercher des ennemis de la France un peu partout, Si cette ardeur les possède à ce point qu\u2019ils ne puissent éloigner leurs soupçons d\u2019aucun pays, que du moins ils les tournent ailleurs que vers le nôtre, fidèlement attaché 2 PAIUS-OANADA - -\u2014- aux traditions françaises.Heureusement, la France, au dehors, a toujours autant d\u2019amis, au Canada du moins.Si l\u2019éclat des événements contemporains se prête moins qu\u2019à d autres époques, aux manifestations extérieures de l'enthousiasme et de l\u2019admiration, la confiance dans les destinées de la France n'en reste pas moins chez nous absolue, l\u2019affection inaltérable.Hector FABRE.REVUE Le rédacteur du bulletin du journal le Temps lui-même, si libéral pourtant, montre quelque mauvaise humeur de l\u2019autonomie reconnue par l\u2019Angleterre à ses colonies : Ainsi les Etats-Unis font la decouverte, à leurs dépens, d\u2019une des diffi cul tés dont souffrent tous les pays de l\u2019univers quand ils doivent traiter avec l\u2019Angleterre une question affectant ses possessions semi-indépendantes.Même quand le gouvernement anglais reconnaît le droit du pays disputant, il lui est parfois difficile d\u2019y céder parce que la colonie s\u2019y oppose.On en a vu l\u2019exemple par Terre-Neuve et en d\u2019autres cas.De sorte, qu'en un certain sens c'est l\u2019univers entier qui paye la tranquillité dont jouit l\u2019Angleterre en laissant a ses colonies une large mesure le self-gocernmeni.?* * Heureusement, que la Politique Coloniale est là pour remettre les choses au point, et de quelle façon péremptoire, on vale voir: Nous indiquons, il y a quelques jours, à propos du différend survenu entre les Etats-Unis et le Canada pour la délimitation des frontières de l'Alaska, le peu de créancequ\u2019il fautajouter à la soi-disant autonomie gouvernementale du Dominion.A l\u2019appui de nos dires, nous montrions le rôle joué dans cette affaire par l\u2019Angleterre dont f immixtion, dans la politique canadienne est constante.L\u2019attitude du Canada en ce moment vis-à-vis des immigrants chinois et japonais, n\u2019est point pour modifier notre opinion.* * \u2022 L'Univers publie une étude très complète, de son correspondant de Montréal, sur nos routes fluviales.Voici un passage de cette étude : Depuis la colonisation de l\u2019immense plaine médiane de l\u2019Amérijue du Nord, dont les grands lacs sont les débouchés naturels, les Américains et les Canadiens conscients de sa richesse et de sa productivité, luttent pour obtenir la prépondérance dans le voiturage et la distribution de ses produits.L\u2019enjeu en vaut la peine, tonnage qui a passé sur les canaux, américain et canadien, du Sault Sainte-Marte, l\u2019an dernier, dèpas-e dix-neuf millions, dont dix millions de tonneaux de minerai de fer et 9 millions de minots de céréales.Le trafic du canal de Suez n\u2019atteint pas la moitié de ce chiffre.Les Américains, avec leurs aptitudes commerciales et leurs inépuisables ressources, ont eu la part du lion dans le partage de ce trafic, mais le dernier mot de cette question n\u2019est pas prononcé et nous sommes à la veille de prendre une éclatante revanche.Le système canadien de transports, plus vaste, plus complet et plus dispendieux que celui des Américains, sera terminé cette année, et il offrira de tels a\\an-lages, permettra de réaliser une si grande économie dans le transport des denrées pour l'exportation que, malgré l\u2019avance que nos voisins ont sur nous, ce commerce ne saurait longtemps nous échapper.\u2022 \u2022 Le correspondant du Journal des Débats, à Montréal, parle en ces termes de sir William Van Ilorneet de M.Shauglinessv: Notons la retraite de sir William Van Horne, qui a cédé la présidence du Canadian-Pacific Railway ai vice-président, M, Shauglinessv.M.Van Home était l\u2019homme des grandes entreprises et des décisions énergiques ; quiconque l\u2019entretenait était frappé de la lucidité de son de son jugement; quiconque a connu sa vie d\u2019homme d\u2019affaires, coupée d\u2019intermèdes d\u2019art, conserve une impression vive de la largeur de ses principes comme de clairvoyance de sa volonté; il faut espérer que sir William ne va pas prendre une retraite entière; il manquerait quelque chose a la fortune du Canada s\u2019il cessait de l\u2019associer à la sienne.Avec les publicistes canadiens nous présentons a sir William nos félicitations pour les services rendus ; nous y joignons nos meilleurs vœux pour le nouveau président du C.P.R., d\u2019autant que nous connaissons M.Shaughnessy comme un esprit très savant et un ami de la France.\u2022 * Nous lisons dans le Journal : Le barreau canadien.\u2014 Le barreau de Montréal (Canada), qui a déjà cinquante années d\u2019existence, vient de décider, après d'aimabies pourparlers avec le barreau de Paris, la création d\u2019une Conference, telle qu\u2019elle existe ici, pour ses cent avocats stagiaires.M* Paul Boncour, secrétaire particulier de M.Waldeck-Rousseau, et premier secrétaire sortant de la Conférence des avocats de Paris, compte réunir jeudi prochain ses camarades dans un banquet confraternel en l\u2019honneur de M.Paul Beullac, président de l\u2019association du jeune barreau de Montréal, qui vient d\u2019arriver dans nos murs pour mettre la main au nouveuu Code du barreau canadien, lequel ne sera en réalité que le recueil des tradition?du barreau de Paris.Et l\u2019on dira après que l\u2019institution de l\u2019Ordre des avocats à la cour d\u2019appel de Paris ne correspond pas à nos besoins modernes ! P.F.Les Canadiens à Paris Inscrits au Commissariat-général du (i > .v.r.nement du Canada à Paris, 10, rue de Rome: H m1\u20191® Charles Fitzpatrick, Mininistre-Pro-cureur-Géneral, Ottawa.Hôtel Chatham.M.A.Fitzpatrick, Québec.Hôtel Chatham.Mlle A.Fitzpatrick.Québec.Hôtel Ch Honbie Thos.Duffy, Commissaire des t ra.vaux-Publics de la Province d-* Quebec.|, te Chatham.M.A.W.Mackenzie, Toronto.77, rue N -1),.des-Chain pg.M.le docteur L.Coyteux Prévost, wa.18, rue Chateaubriand.Mlle Marie Prévost, St-Jérôme.18, ri Chateaubriand.Mme W.Prévost, St-Jérôme.18, ru hi-teaubriand.M.et Mme Grégoire, Lowell.Hôtel d :re-tagne.M.Marcel D^s Georges, Montréal.H ; du Nord et d'Anvers.M.G.W.Robinson, Montréal.M.et Mme A.Poindron.7.rue du Co: -va-toi re.Mme C.R.Devlin, Dublin, 20, rue d'ô m.M.Chs.de Montigny, Quebec.; .rue d\u2019Anjou.M.et Mme Neuville Belleau, Québec.rue d\u2019Anjou.M.le Capitaine Lenobletdu Plessis, R.K.Québec.20, rue d\u2019Anjou.M.et Mme Harry W right, Toronto.1 rue Lord Byron.M.W.Preston, Toronto.85, rue La F lie.Mlle Preston, Toronto, 85, rue La Bo< M.W\\ T.Cumming, Montréal.C irai Hôtel.Mrs Blackburn, Ottawa.Hôtel Norm ndj.Mlles Blackburn,Ottawa.Hôtel Nor dy.M.F.H.Blackburn, Ottawa.Ilôt- Normandy.Mlle Loucks, Ottawa.Hôtel Norman .Capitaine et Mme J.A.Benyon,
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