Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 avril 1903, mercredi 1 avril 1903
[" 21» ANNÉE Paris, 1er Avril 1903 Le Numéro 25 Centimes N° 7 PARIS-CANADA Organe Bi-lVIensuel des Intérêts Canadiens et français FRANCE Abonnements : Un an.10 fr.Les Annonces et Réclames sont reçues au Bureau du Journal.Annonces, , ta ligne.1\tfranc.Réclames, \u2014 .2\t\u2014 Faits-Divers, \u2014 .3\t\u2014 Directeur : HECTOR FABRE BUREAUX : ÎO, Rue de Rome, 10 - PARIS (8e) CANADA Abonnements : Unau.$2 CODESt Atlantic Cable LHraelorj A.B.C.et WESTERN UNION TELEGRAPHIC Adresse Télégraphique : STADACONA-EAR1S TÉLÉPHONE = 218-03 SOMMAIRE Au jour lo jour.Hector Fabre Echos.Jean Carignan Champlain .II.F.Les Canadiens à Paris.Jean Carignan Causerie.Saint-Df.nis Emigration et Natalité.Parbois Causerie su- le Canada.Darbois Canada Nouveau II.Colonisation.AU JOUR LE JOUR Lord Dundonald, commandant en chef des troupes au Canada, aurait proposé, s\u2019il faut en croire les dépêches, un projet de réorganisation militaire qui eût grevé le budget au-delà des prévisions du ministre des finances.Le cabinet, pour cette raison, qui dispense d\u2019en donner d\u2019autres, tout aussi probantes, du reste, aurait écarté ce plan de campagne intempestif.L\u2019initiative prise par lord Dundonald n\u2019a rien d\u2019insolite.Tous les chefs militaires, depuis le colonel Lyson, dont le plan enlaçait le pays dans un système de défense inexpugnable, et qui, de ce fait, causa la chute du ministère Macdonald-Cartier en 18G2, nous sont arrivés avec, en portefeuille, une organisation guerrière toute prête à servir, et dont l\u2019acceptation aurait eu, pour le ministère en exercice, les mêmes conséquences politiques.Les militaires (chacun ne connaît que son métier) ne s\u2019arrêtent pas à considérer les effets civils de leurs théories ; et plus ils sont militaires, moins ils en tiennent compte.A ce point de vue, le colonel Lyson, qui tua net, en visant un ennemi imaginaire, le ministère Macdonald-Cartier, est resté un modèle.L\u2019effet meurtrier de son tir fut tel cependant que ceux qui lui succédèrent immédiatement se tinrent dans le cadre de réserve.Lord Dundonald en sort aujourd\u2019hui pour entrer en pleine activité, et le ministère averti, se gare.On a comme une vague idée, au Canada, qu\u2019à un général qui apporterait tous les perfectionnements modernes à notre armement, succéderait, à bref délai, un autre général qui voudrait s\u2019en servir pour se couvrir de gloire.Nous avons sous les yeux un exemple de ces sortes d\u2019entrainement.Cuba, que sir William Van Horne, l\u2019ancien Président du Pacifique, dote, en ce moment, d\u2019un chemin de fer même modèle, était toujours en feu sous le régime espagnol.Aujourd\u2019hui, 500 hommes de police, dit sir William, quelque chose comme la police montée du Manitoba, suffisent à y étouffer tout germe d\u2019insurrection.S\u2019il y avait là des soldats de carrière, l\u2019insurrection renaîtrait comme d\u2019elle-même, pour leur procurer de l\u2019avancement, comme du temps des Espagnols.Nous ne pouvons nous battre qu\u2019avec les Américains, et qui pourrait sérieusement y songer?Le mot de notre situation, en regard de ce formidable voisin, a été dit depuis longtemps par un homme d\u2019Etat canadien, M.Drummond: Notre meilleur armement c\u2019est de n\u2019en pas avoir.Devant les Etats-Unis, l\u2019Angleterre cédera plus souvent qu\u2019à son tour, dans son intérêt d\u2019abord, dans le nôtre ensuite.L\u2019Europe fera de même.Restons dans des termes de bon voisinage ; réglant, par les voies d\u2019une diplomatie bien avisée, les différends qui parfois surgissent entre nous.Les mœurs politiques qui régnent à Washington sont rudes à ceux qui sont habitués à d\u2019autres pratiques; (on en a un nouvel exemple à l\u2019occasion du choix des arbitres dans 1\u2019affaire de l\u2019Alaska), nous servirons peut-être à les adoucir pour qui viendra après nous ; et, au siècle prochain, on usera peu à peu, à Washington, des mêmes procédés que dans les capitales de l\u2019Europe, procédés faits d\u2019habileté plutôt que de rudesse.Le gouvernement canadien vient de demander des propositions nouvelles pour le service maritime rapide, ramené à des proportions moins considérables que par le passé; soit, deux paquebots à 21 nœuds, deux à 16.Cette modification apportée au projet primitif a paru surprendre, et même déconcerter, ceux qui, dans ces dernières années, sans se préoccuper des moyens d\u2019exécution, comptaient chaque printemps voir une flotte à grande vitesse sortir des ports anglais, à destination du Canada, et aussitôt battre le record de New-York.Ils se disent : Comment ! seulement vingt-et-un nœuds, seulement deux paquebots rapides sur quatre ! Ne leur en déplaise, cependant, aucun autre projet ne semble réalisable.Tous ces enragés de vitesse n\u2019ont jusqu\u2019ici fait faire aucun progrès à l\u2019entreprise.Il faut donc chercher ailleurs et se tourner vers les possibilités.Quatre paquebots rapides, les gens du métier le savent bien, ne se peuvent obtenir que si on est assuré d\u2019une subvention approchant deux millions de dollars.Or, cette subvention, on ne l\u2019aurait ni du Parlement canadien, ni du Parlement anglais.Il ne reste donc qu\u2019à réduire l\u2019effectii.Deux paquebots à grande vitesse suffiraient certainement à nous assurer l\u2019avantage que nous cherchons, soit de distancer les lignes de New-York.Que nous gardions, à chaque voyage, cet avantage, ce serait sans doute plus éclatant sur l\u2019affiche Pour les débuts, nous pourrons nous contenter de succès moins fréquents.Sur la voie de New-York, en réalité, les voyageurs pressés ne fréquentent que deux paquebots sur quatre.Il n\u2019y a pas une seule ligne qui triomphe à chaque traversée sur les autres.Les voyageurs, pour partir, attendent le retour de ces favoris de l\u2019Océan.Ils n\u2019agiront pas autrement pour les nôtres.HECTOR FABRE.ECHOS Dans un récent discours, lord Strathcona, dont on sait la largeur d\u2019esprit, disait, en passant, comme vérité acquise à l\u2019histoire, que « la révolte de 1837, dirigée, non contre l\u2019Angleterre, mais contre la mauvaise administration du ministère colonial, était parfaitement justifiable ».Et cette parole de justice, par cet auditoire tout Anglais, a été chaleureusement applaudie ! C\u2019est là un exemple d\u2019impartialité historique qui fait honneur à la grandeur d\u2019âme britannique .D\u2019autant plus que, pour répondre à un bon procédé par un autre, il faut reconnaître qu\u2019il 9 y aurait bien quelque chose à dire pour atténuer un jugement si sévère contre une administration dont les informations n\u2019étaient pas toujours puisées aux bonnes sources, mais qui, d\u2019autre part, lorsqu\u2019elle tentait de mieux faire, se heurtait à des soupçons violents, à des résistances obstinées.Le mot de M.Foster, Splendide isolement, appliqué à l\u2019Angleterre, a une vogue à peu près égale au Bloc de M.Clemenceau.On le cite communément, on l\u2019adapte à tous les isolements, comme l\u2019autre à tous les blocs.Dans la littérature politique courante, Bloc et Splendide isolement alternent : ouvrez au hasard un journal, vous trouverez Bloc à la première page et Splendide isolement à la seconde.Et pour leur compte, et tout les premiers, les auteurs de ces deux locutions, maintenant fameuses, en favorisent l\u2019usage : Bloc a fait entrer M.Clemenceau au Sénat, Splendide isolement vient de laisser M.Foster hors de la Chambre, à la suite de l\u2019élection de North Ontario.Ajoutons cependant que l\u2019ancien ministre des Finances canadien est homme de trop grande valeur pour ne pas sortir de son Splendide isolement, tout comme l\u2019Angleterre.L\u2019agent du Canada à Dublin, M.Devlin, vient d\u2019être nommé député aux Communes d\u2019Angleterre.C\u2019est là de l\u2019impérialisme de la bonne sorte, et le Canada a tout à y gagner.M.Devlin est un orateur fort éloquent ; il marquera, par ses discours, dans le groupe irlandais qui siège à Westminster; pas de suite, peut-être, car les circonstances ne se prêtent pas aux discours, les députés irlandais se rapprochant silencieusement du gouvernement.Pour le plus grand bien de l\u2019Irlande, M.Devlin prendra son parti de ce contretemps passager.A noter, pour n\u2019en pas perdre l\u2019habitude, les fantaisies géographiques d\u2019outre-Manche.Un journal de Londres n\u2019hésite pas à placer la province du Nouveau-Brunswick dans la Nouvelle-Ecosse.La province du Nouveau-Brunswick., Nouvelle-Ecosse, dit-il négligemment.En même temps qu\u2019il soumettait à la Commission des congrégations les diverses demandes d\u2019autorisation, le gouvernement français communiquait à cette même Commission divers dossiers.Ces dossiers qui n\u2019ont point été publiés, contiennent un certain nombre de documents mis à la disposition des membres de la Chambre et, parmi ces documents, une lettre de M.Del-cassé en date du 11 septembre 1901, au sujet des Oblats établis au Canada.M.Delcassé communique deux rapports de M.Klezkowski, consul général de France au Canada.Les renseignements qui s\u2019y trouvent consignés sont extrêmement favorables aux Oblats.Le consul-général rend hommage au zèle de cette congrégation.Il serait regrettable, ajoute-il, qu\u2019après avoir tout fait pour répandre le nom et la langue de la France, il pût sembler que ces missionnaires fussent gênés dans le développement de leurs œuvres par des mesures dont la France serait rendue responsable.M.Jean Lionnet vient de publier chez Per-Hn, sous le titre de VEvolution des idées cheç PARIS-CANADA quelques-uns de nos contemporains, un livre de critique qui contient une série d\u2019études sur les écrivains du jour : Zola, Tolstoi, Huysmans, Lemaître, Barres, Bourget, (avec un dernier chapitre sur le Roman Catholique), que nous avons lu et relu avec un agrément extrême.Les œuvres de ces écrivains sont analysées avec une netteté et une sûreté de méthode qui confèrent aux jugements du critique, une autorité qui semble indiscutable.La littérature actuelle nja été nulle part, que nous sachions, l\u2019objet d\u2019un examen aussi pénétrant et aussi avisé.Les rapprochements ingénieux entre ces maîtres et d\u2019autres auteurs français et étrangers achèvent d\u2019éclairer leur physionomie et de fixer le lecteur sur la place qu\u2019exactement ils doivent garder dans notre admiration.Je me borne à signaler aux lecteurs, en particulier aux lecteurs canadiens de ce journal, ce remarquable ouvrage, tous les éloges qu\u2019on en pourrait faire ne sauraient rien ajouter à son rare mérite.On lit dans la Grande France, revue publiée par une élite de jeunes écrivains : Nous avons appris avec un réel chagrin la mort de M.Paul Fabre, rédacteur en chef du Paris-Canada, fils du Commissaire général du Gouvernement Canadien à Paris, M.Hector Fabre.Nous adressons à sa famille si cruellement éprouvée, nos condoléances les plus vives.Paul Fabre avait su s\u2019acquérir de sûres sympathies par son affabilité charmante et la bonne grâce de ses relations.Jean Carignan.-?- CHAMPLAIN Inauguration du monument Champlain à Québec, le 21 septembre i8g8.C\u2019est une idée heureuse que celle qui a inspiré ce lhne de commémoration.Il est comme le complément du monument dû au ciseau de Paul Chevré.Québec le conservera dans ses archives et on le retrouvera dans la bibliothèque de tout Québecquois digne de ce nom, je pourrais dire de tout bon Canadien.De toutes les gloires qui environnent le passé de la vieille cité, celle de Champlain est la plus solide.Elle continue de veiller sur la douce ville qu\u2019il a fondée ; elle est sans cesse présente et visible à tous les yeux.L\u2019histoire est à ce point remplie de fausses idoles ; si peu d\u2019événements sont à peu près certains ; de tant de victoires célèbres, on peut dire quelles étaient perdues lorsqu'on s\u2019est avisé qu\u2019elles étaient remportées par ceux qui pensaient bien les avoir perdues : que les esprits sincères éprouvent une joie sans mélange à se trouver en présence d\u2019un fondateur de ville, on pourrait dire d\u2019Empire.Ceci ne peut tromper, cela se touche de la main : ainsi de Champlain.La ville, Champlain l\u2019a bien fondée ; le monument, il l\u2019a maintenant, grâce à l\u2019initiative et à la persévérance de M.le juge Chauveau, dont le nom restera indissolublement lié à celui du grand homme saintongeois.La réunion de tous ces discours sous une même couverture aurait pu engendrer la monotonie.Il n\u2019en est rien, pourtant.Chaque orateur a apporté des embellissements à la statue, a célébré en Champlain des inspirations, des prévisions plus grandes.Le fonda- teur de Québec, à travers cette belle éloquence, nous apparaît avec toutes les réalisations de l\u2019avenir.Le monument est éclairé par le passé, illuminé par l\u2019avenir.C\u2019est Champlain achevé, complété par tout ce qui a suivi, et qui remonte jusqu\u2019à lui.Grâce à cet ouvrage, j\u2019ai revécu les fêtes de Saintes en 1893, de Honfleur en 1898, et particulièrement celles de l\u2019inauguration du monument, à Québec, en 1898.Ces belles célébrations sont encore bien présentes' à tous les esprits.J\u2019y ai pris part, en Saintonge et en Normandie, je les ai de loin saluées au Canada ; souvent, grâce à cet ouvrage, j\u2019y reviendrai pour revoir à mes côtés des amis disparus, comme le comte Lemercier et M.Louis Audiat ; plus près encore de moi, mon fils Paul Fabre, dont ces joies patrioti-: ques touchaient l\u2019âme généreuse et qui mettait à applaudir le beau talent de M.Turgeon, à Honfleur, l\u2019élan d\u2019un cœur sans envie.H.F.Commissariat-Général du Gouvernement du Canada à Paris (8e), ÎO, Rue de Borne, (au premier à droite).Adresse Télégraphique : Stadaeona-Paris.Téléphone : 218-03.Inscrits au Commissariat-Général du Gouvernement du Canada à Paris, ro, rue de Rome : M.Armand J.Tourangeau, Montréal, Hôtel Regina.M.Jas.A.Smart, Hôtel Terminus.M.F.Mitchell, Brandon, Hôtel Terminus.M.et Mme F.Fortin, Montréal, Grand-Hôtel.Mme Alexandre Desmarteau, Montréal.M.Charles Desmarteau, Montréal.M.le docteur et Mme J.E.Laberge, Montréal.33, rue Dauphine.M.et Mme J.Emile Vanier, Montréal, Grand-Hôtel.Docteur et Mme Guimont, Québec, Hôtel des Saints-Pères.Mme Elz.Fiset, Québec, Hôtel des Saints-Pères.M.et Mme Walter C.Mackey, Ottawa.Mlle Mackey, Ottawa, Powers Hotel.Mlle Flood, Québec, Powers Hotel.M.et Mme J.H.Scott, Montréal, Hôtel Regina.M.Jack H.Scott, Montréal, Hôtel Regina.M.Fred.D.Corbett.Halifax, Hôtel d\u2019Iéna.M.Alphonse Moicels, Québec, Hôtel des Empereurs.M.E.Roumilhac, Québec, Hôtel des Empereurs.Mlle Anna Nadon, Montréal, 21, rue Pas- ; quier.Mme N.Dodge Macaulay, Victoria, Hôtel de l'Univers.M.et Mme Henry LIamilton, Montréal, Hôtel Terminus.M.et Mme Edmond Roy, Lévis, Hôtel de Calais. FARIS-CANADA 3 M.et Mme Henry-Joseph, Montréal, Hôtel .Normandy.Mme et Mlle Monchamp, Winnipeg, Hôtel de l\u2019Athénée.M.et Mme Henry-Joseph, venant de Nice, et partis, le 27 de Paris pour Londres, s\u2019embarqueront le 21 avril, à bord du Celtic, pour retourner au Canada.Départs pour le Canada : Par la Savoie le 21 : M.G.A.Drolet, E.B.Drolet, J.A.Boudreau, M.Roumilhac, M.Weinberg.Par la Philadelphia, le 21 : M.et Mme Bouillon.M.Mme et Mlle Vaillancourt, Mlle Young, et M.Alfred Saint-Cyr sont partis pour l\u2019Italie.Mme et Mlle Monchamp qui ont passé l\u2019hiver en Egypte et en Italie, viennent d\u2019arriver à Paris.-?- CAUSERIE Le Star, de Montréal, publie des éphémé-rides de la Confédération canadienne dans chacun de ses numéros.Il en est à 1873.Il rappelle, à la date de Février, la formation du cabinet provincial dont l\u2019honorable Gédéon Ouimet était le chef, et il dit qu\u2019il se composait de personnalités marquantes, formant un ensemble d\u2019élite.Elles ont toutes disparu, sauf M.Ouimet qui, au sein du Conseil Législatif, porte allègrement le poids de ses 80 ans.Ce cabinet succédait à celui de M.Chauveau, qui avait inauguré avec éclat le régime provincial et duré six ans.M.Chauveau quittait le ministère provincial pour accepter la présidence du Sénat.Durant le règne de M.Chauveau, quelques conservateurs impatients et qui se rappelaient qu\u2019il avait un jour confondu sa voix avec celle de M.Papineau (les politiciens ont cette ténacité de mémoire!) dans un vote d\u2019ailleurs plus brillant que sage, soupiraient déjà depuis quelque temps pour sa retraite.C\u2019était amour du changement, car le ministère ne laissait rien à désirer.Cette impatience du reste datait du premier jour.Dès l\u2019instant où un ministère se forme, à ses côtés se forme aussi un petit groupe qui va grossissant jusqu\u2019à sa retraite, en prévision des fautes qu\u2019il peut commettre, par intuition des rivalités intestines qu\u2019il va faire naître, par désir vague chez le public de voir quelqu\u2019un à la place d\u2019un autre, sauf à n\u2019y rien gagner, à le regretter plus tard et à vouloir voir les choses se remettre en même place.Très correct, M.Ouimet n\u2019avait jamais prêté l\u2019oreille à ces ouvertures discrètes; très admirateur de Chapleau, qui, du reste, lui portait grande déférence, il avait seulement quelque hâte de le voir prendre le poste de solliciteur-général sous le procureur-général Irvine, qui s\u2019en souciait moins.M.Chauveau plaisait à la Chambre par l\u2019éclat et la finesse de son éloquence; mais la parole de M.Ouimet avait sur elle, du moins sur le gros de la députation conservatrice, plus d\u2019autorité.Je ne sais si M.Ouimet était toujours aussi convaincu qu\u2019il paraissait l'être, mais au Palais comme à la Chambre, à son ton, à son geste, on était porté à penser qu\u2019il croyait à toutes ses affirmations ; M.Chauveau différemment était plutôt préoccupé de l\u2019ingéniosité de son argumentation que du bien fondé de la thèse que ses collègues lui donnaient à soutenir.La conviction ne se commande ; chez les uns, elle est instinctive, et s\u2019impose à tout ce qu\u2019ils vont dire; chez les autres, elle ne se produit guère qu\u2019après avoir éclaté, dans la foule, en contre-coup ; elle fait alors retour sur l\u2019orateur, qui, pour être le dernier atteint, n\u2019en reste pas moins frappé et convaincu.Sous le ministère Ouimet survint un assez plaisant incident.Deux vacances s\u2019ouvrirent dans Québec même, circonscription-centre et circonscription-est.Les circonstances étaient particulièrement favorables aux adversaires du cabinet Ouimet, car les libéraux triomphaient à Ottawa.Un peu intimidé, craignant la répercussion de la fortune fédérale dans l\u2019arêne provinciale, M.Ouimet hésitait à fixer une date prochaine au scrutin.Peut-être aussi, certain du succès, prenait-il quelque plaisir à le faire attendre à ses amis qui n\u2019y comptaient pas trop et à ses adversaires qui ne doutaient pas qu\u2019un double échec ne l\u2019y attendît.La presse libérale et Y Evénement que je rédigeais, tous les jours le défiaient au combat, le gouaillaient, et rien y faisait : le scrutin ne s\u2019ouvrait pas.Enfin, le jour de la double élection parut : nos deux candidats, l\u2019un il est vrai était libéral, comme son adversaire, restèrent sur le carreau.Les rieurs ne furent pas tous avec nous; c\u2019est une justice à nous rendre, cependant, nous ne fûmes pas les derniers à prendre part à la surprise générale.Le juge Caron, dans les loisirs de la magistrature, M.Lafrance, au sein de la comptabilité municipale de Québec, n\u2019ont pas oublié plus que moi, sans doute, cette double journée des dupes.Autre épisode.Je ne sais pourquoi M.Ouimet mit quelque temps à composer son ministère \u2014 comme à lancer les brefs d\u2019élections \u2014 M.Ross et M.Chapleau mandés à Québec, pour faire partie du cabinet, attendirent longtemps l\u2019investiture officielle.Tous les jours, je les rencontrais promenant leurs loisirs.Aussitôt que nous vous apercevions, me disaient-ils plus tard, nous nous hâtions de tourner le coin de la rue et de disparaître.Tout de même je les apercevais, et me rendais compte de l\u2019empressement qu\u2019ils mettaient à m\u2019éviter.Bon prince, je ne signalais pas leur présence dans nos murs; il me suffisait de penser qu\u2019ils n\u2019ouvraient jamais Y Evénement sans quelque crainte d\u2019une inoffensive malice.Toute mon ironie se dépensait sur les deux élections en suspens.Enfin, ils furent ministres; le journal se contenta d\u2019apprendre à ses lecteurs, qui les voyaient depuis un mois vaguer dans les rues, qu\u2019ils venaient d\u2019arriver à Québec.SAINT-DENIS.ÉIIIPOS ET ITflLITÉ Le Phare de la Loire, au cours de judicieuses réflexions, rattache la question de la natalité à celle de l\u2019émigration.S\u2019appuyant sur la haute autorité du Journal des Débats, il assure que les primes, et autres encouragements officiels, n\u2019exerceraient aucune influence sur l\u2019augmentation de la population.Ce n\u2019est point, dit-il, parce qu\u2019il sera exonéré de certains impôts qu\u2019un père de famille aura sept garçons vivants ! Les gratifications, les primes ne sauraient avoir d\u2019effet sur la natalité.Le remède est enfantin, pire que le mal peut-être, car, en admettant qu\u2019il est une certaine efficacité, que fera de ces nombreux enfants l\u2019heureux père ?Le Journal des Débats a répondu par avance à la question, voici quelques années, et son exposé sans prétention, méritait d\u2019être rappelé un jour : « Un petit employé d\u2019usine, disait-il, est père de onze enfants.Cette famille exceptionnelle ne possède pas moins de vingt-trois diplômes répartis entre ses membres, depuis celui de la licence ès- lettres jusqu\u2019au certificat d\u2019études primaires.les onze enfants du petit employé occupent ou sollicitent tous une place du gouvernement ! Dam ! le gouvernement n\u2019était-il pas un peu leur père ?N\u2019avait-il pas félicité et encouragé jadis par ses primes le papa d\u2019aujourd\u2019hui ! » Le remède que le Phare préconise avec juste raison est l\u2019émigration.Si ce père de onze enfants avait su pouvoir en placer cinq ou six avec quelqu\u2019avantage à l\u2019Etranger, au Canada, il ne se fût pas arrêté en route, dans cette ère de production à la Canadienne : dans tous les cas, ses voisins eussent été tentés de l\u2019imiter, et autour de lui, les familles nombreuses se fussent multipliées.Une fois la pratique de l\u2019émigration entrée dans ses mœurs, ajoute le Phare, il est probable que la France obéirait, comme les autres nations, à cette loi naturelle de balance entre l\u2019accroissement de la natalité et les difficultés de vivre.Et ce serait tout à son avantage, car, ainsi qu\u2019on l\u2019a dit souvent, l\u2019émigré ne cesse pas d\u2019être Français.Il sert les intérêts de son pays à l\u2019étranger, il y implante forcément ses goûts, ses mœurs, ses idées, qui sont ceux des autres Français.Il y fait connaître la France.C\u2019est « un missionnaire de l\u2019idée française », un commis-voyageur du commerce et de l\u2019industrie de son pays.Encore faut-il que cette émigration soit rationnelle et que l\u2019offre réponde logiquement à la demande.En ce qui concerne le Canada, le Bulletin de la Chambre française de commerce de Montréal, fait remarquer, qu'il y a place pour une saine émigration française, mais à peu près exclusivement delà part de nos agriculteurs.Cette doctrine si raisonnable fera son chemin ; et ce sera grâce au Canada, non seulement à son exemple, mais à son concours effectif, que les familles nombreuses se multiplieront en France.DARBOIS Causerie sur le Canada A la dernière réunion du groupe parisien de l\u2019Ecole Polytechnique, réunion tout intime, M.Jules Corréard, inspecteur des finances, a fait une causerie sur le Canada \u2014 causerie pleine de bonne grâce, d\u2019un ancien polytechnicien à ses camarades.La causerie a été suivie des auditions d\u2019œuvre musicales composées par des polytechniciens et qui ont été très goûtées.Le conférencier a exposé à peu près en ces termes le plan de sa conférence : Le sujet dont j\u2019ai â vous entretenir aujourd\u2019hui présente pour nous, au point de vue patriotique, l\u2019intérêt le plus vif.Ce n\u2019est pas à dire pour cela que le Canada, ancienne colonie française, soit appelé à redevenir une colonie française.Une pareille hypothèse n\u2019est pas à prévoir ; mais devons-nous considérer la patrie française toujours comme limitée aux bornes de nos frontières, bornes trop étroites pour un grand peuple ?Nous ne le pensons pas.La patrie française n\u2019est pas seulement dans les territoires soumis à nos institutions politiques et obéissant à nos chefs.Elle est partout où battent des cœurs français, partout où se trouve un groupe d\u2019hommes résolus à maintenir notre langue, nos traditions, notre esprit national, tout ce qui constitue véritablement l\u2019âme d\u2019un peuple.En conséquence, le Canada doit être, a ajouté le conférencier, considéré comme faisant partie de la patrie française, au sens large du 4 PARIS-CANADA mot.Dès la découverte du Canada, l\u2019histoire de ce pays devient une partie de l\u2019histoire de France.Si les côtes avaient été vues déjà par des navigateurs étrangers, c\u2019est un Français, Jacques Cartier, qui explora pour la première fois l\u2019intérieur du pays.M.Corréard cite alors les termes par lesquels Cartier rapporte, dans sa relation, la prise de possession de la Gaspésie au nom du roi de France.Il parle ensuite de Champlain dont l\u2019historien de langue anglaise Kingsford disait : « Nous ne connaissons aucun caractère dans l\u2019histoire des Français ou des Anglais sur le continent américain qui ait droit à une renommée plus glorieuse.».Il raconte les luttes de toute sorte que dut affronter Champlain, et parle de son zèle pour la religion catholique.Puis il passe à l\u2019administration de Colbert et aux guerres franco-anglaises, en insistant sur l\u2019héroïsme de Montcalm et sur l\u2019émouvante idée qu\u2019ont eue les Canadiens d\u2019élever un monument commun à la mémoire des deux héros ennemis : Montcalm et Wolfe, aujourd\u2019hui réconciliés dans la grande paix du devoir accompli.Vient ensuite un bref résumé de l\u2019histoire du Canada sous la domination anglaise.L'insurrection de 1837, bien que réprimée, aboutit à une victoire morale, puisque le gouvernement britannique accorda peu à peu à l\u2019élément français les droits et libertés qu\u2019il avait revendiqués.La constitution de 1867 établit la puissance du Canada sur des bases solides, et elle est de nature à prévenir le retour des conflits entre les nationalités.Le conférencier indique rapidement l\u2019aspect général des provinces et la physionomie des principales villes du Canada, en faisant défiler des projections devant l\u2019auditoire.Il cite quelques extraits du livre de M.Sylva Clapin, La France Transatlantique, et de celui de Mme Th.Bentzon, Nouvelle France et Nouvelle Angleterre, pour donner une idée de Québec et de la société québecquoise.Il parle aussi de la province d\u2019Ontario, de son climat plus doux et de ses curiosités naturelles ; de la province de Manitoba, aux vastes cultures de blé; des territoires du Nord-Ouest et des mines du Youkon, de la Colombie Britannique enfin, remarquable par ses vastes forêts, ses hautes montagnes et ses richesses minières.Il donne quelques détails relatifs à la conservation de la nationalité française tant au Canada que dans la Nouvelle-Angleterre, à l\u2019influence du clergé et à la constitution des partis politiques.M.Corréard indique ensuite quel avenir paraît réservé au Canada et combien il est intéressant pour la France de nouer, avec nôtre pays, des relations de plus en plus étroites.Il dit un mot de l\u2019association patriotique La Canadienne fondée précisément en vue d\u2019étendre et de développer ces relations.Il montre comment peut s\u2019exercer l\u2019influence française, soit par l\u2019émigration, soit par l\u2019action économique au double point de vue du commerce et des capitaux, soit par l\u2019action morale en répandant livres et journaux, en aidant au développement des écoles de langue française, en incitant les jeunes canadiens à fréquenter nos établissements d\u2019éducation et aussi notre société pari- j sienne.Et il termine à peu près ainsi sa causerie : Le Canada pourra ainsi reprendre sur le continent américain notre glorieuse tradition d\u2019Europe.Puisse-t-il briller du même éclat dont nous avons brillé, en évitant, s\u2019il se peut, nos erreurs et nos fautes.C\u2019est ce que nous devons souhaiter, comme une mère souhaite que ses enfants aient dans la vie, plus de santé, plus de vertu, plus de bonheur \u2022qu\u2019elle-même.Et si nous contribuons à réaliser ce rêve, nous aurons bien mérité de notre pays, et travailler pour sa patrie ; lorsque cette patrie est la France, c\u2019est travailler pour l\u2019humanité tout entière.Le conférencier a été très souvent applaudi, et à la fin de la conférence, vivement félicité par ses camarades.Grâce à lui, à son désir de s\u2019initier aux choses canadiennes, à sa façon distinguée de les présenter, le Canada s\u2019est acquis de nouvelles et précieuses sympathies dans ce milieu d\u2019élite.Darbois.LE CANADA NOUVEAU II.Richesse minière du Dominion L\u2019histoire du progrès matériel du siècle dernier peut se résumer en un seul mot : vapeur.Lorsque le siècle présent passera dans l\u2019histoire, il se résumera sans doute, lui aussi, en un seul mot : électricité.La Grande Bretagne a été la première à appliquer la vapeur à la production et au transit.Notre principale colonie semble prendre le devant dans l\u2019application de l\u2019électricité aux mêmes buts.Le Canada possède les plus magnifiques chutes d\u2019eau rapides et cascades au monde, et il commence déjà à les utiliser sur une grande échelle pour la production de la nouvelle force qui va révolutionner l'industrie.On ne peut soulever aucune objection à cette utilisation, pourvu que l\u2019on prenne soin de ne pas détruire la beauté de ces magnifiques phénomènes naturels.La renommée des grandes chutes, à Ottawa, a malheureusement déjà été détruite par les coureurs de dividendes et l\u2019on craint que la construction de la force motrice projetée sur le côté canadien des chutes du Niagara détruise l\u2019incomparable beauté des fameuses chutes du Fer à Cheval.On devrait cependant pouvoir utiliser ces forces stupéfiantes de la nature tout en sauvegardant sa majestueuse grandeur.Des ingénieurs américains l\u2019ont déjà prouvé.Les chutes américaines ont été englobées dans une force motrice construite à un mille de distance et ce remarquable coup de force du génie civil fournit maintenant l\u2019énergie nécessaire à l\u2019éclairage électrique et aux tramways de toutes les villes comprises dans le district partant de Sainte-Catherine, à l\u2019ouest, jusqu\u2019à Lockport, à l\u2019est, et se prolongeant par les Tonawandas, jusqu\u2019à Buffalo.Il n\u2019y a guère un village au Canada qui ne soit pas bien pourvu d\u2019un éclairage et de force motrice électriques, et à l'occasion des jours de grandes fêtes, les villes canadiennes et même les villages de la prairie sont brillamment éclairés.L\u2019industrie minière canadienne a beaucoup bénéficié de l\u2019application de l\u2019électricité.Le développement de la production minière de la Colombie Anglaise, pendant ces dernières années, n\u2019est pas un fait moins remarquable de l\u2019activité canadienne que le progrès rapide des industries des prairies et des terrains d\u2019élevage.Il est impossible d\u2019évaluer la richesse en or, cuivre, nickel, fer et houille que la nature a emmagasinée dans cette belle région.Un cinquième seulement de l\u2019immense superficie de la Colombie Anglaise a été exploré et pas plus de la moitié de cette étendue a été examinée minutieusement par le prospecteur dont les opérations se sont en grande partie réduites aux localités traversées par le chemin de ter.On a pu se convaincre que la plupart de ces localités étaient très riches en minerais.De l\u2019or, il est dangereux d\u2019en parler.Ainsi que le bon marchand de chevaux doit avoir plus de connaissances sur la nature humaine que sur le cheval, le chercheur d\u2019or s\u2019aperçoit qu\u2019il est plus profitable de se fier aux faiblesses de l\u2019humanité qu\u2019à ses propres connaissances scientifiques.Mais il n\u2019y a aucun doute que les vallées qui possèdent de l\u2019or sont entre les quatre chaînes de montagnes qui traversent la Colombie Anglaise, j\u2019extrais ce qui suit du rapport du docteur Georges M.Dawson,, directeur du service géologique du Canada : Quoique l\u2019on puisse affirmer en toute sécurité qu\u2019il y ait de l\u2019or dans toute l\u2019étendue de la province de la Colombie Anglaise, à un tel point qu\u2019il n\u2019y a guère un cours d\u2019eau de quel-qu\u2019importance dans lequel on ne peut trouver des traces d\u2019or, l\u2019énumération des principales découvertes de régions minières démontre clairement que la plupart de ceux-ci sont situés dans, l\u2019agglomération de montagnes et hauts plateaux qui englobent les monts Purcell, Selkirk, Colorado et Caribou, et la continuation nord-ouest située au sud-ouest des Montagnes Rocheuses proprement dites et dans une direction parallèle à celles-ci.L\u2019exploitation de la Colombie Anglaise remonte à i860.Les terrains aurifères de la Californie étaient alors épuisés et il y eut une course, affolée vers la région du Caribou où l\u2019on venait de découvrir de l\u2019or en grande quantité.Les villes typiques de la Colombie Anglaise qui ont été créées par la découverte de riches minerais sont : Nelson, admirablement située sur la rivière Kootenay, et Rossland.Cette dernière ville est de création encore toute récente, puisqu\u2019en 1896 ce n\u2019était qu\u2019un petit camp de mineurs d\u2019une population de 700 et.qui est maintenant une belle ville de 7.000-habitants.C\u2019est ici qu\u2019est située la fameuse-mine Le Roi.Cette propriété fut d\u2019abord vendue à un colonel du nom de Topping.En 1896 elle rapporta un profit de 5.000 livres sterling au Syndicat Spokane qui l\u2019avait achetée du colonel, et en 1898 elle fut revendue à des capitalistes anglais et a été malheureusement sur-capitalisée.Des sommes énormes ont été dépensées pour un outillage moderne et perfectionné et pour l\u2019acquisition d\u2019une grande fonderie à Port-Nord, à dix-sept milles de distance et la (Compagnie a réussi, l\u2019année dernière, à se disputer avec ses ouvriers et par conséquent à paralyser ses affaires pour quelque temps.Les autres mines de Rossland sont : Le Roi n° 2, le groupe War Eagle, le Great Western et Kootenayq toutes munies du meilleur matériel et très bien éclairées à l\u2019électricité.Depuis 1896, la production annuelle des mines de Rossland a augmenté de 28.975 tonnes à près de 5.000.000.La vie dans cette région est plutôt chère, mais les salaires sont très élevés.Lors de mon séjour, les mineurs habiles gagnaient de douze à quinze schillings. PARIS-CANADA 5 par jour; les forgerons et mécaniciens de douze à vingt shillings et les ouvriers de huit à dix shillings.L\u2019île de Vancouver a beaucoup participé au réveil industriel de la Colombie Anglaise.L\u2019abondance et la beauté de la nature ont richement doué cette admirable île de l\u2019Ouest qui a été découverte par le lieutenant du capitaine Cook, dont elle porte le nom.Je suis très étonné qu\u2019elle ne soit pas peuplée par des millions au lieu de quelques milliers.Le touriste, l\u2019artiste, le sportsman, aussi bien que l\u2019explorateur, le prospecteur l\u2019agriculteur et le capitaliste y trouveront de quoi occuper leurs connaissances respectives.On y voit des forêts vierges dans toute leur grandeur et les ressources minières de l\u2019île sont incontestablement abondantes.L\u2019industrie minière de l\u2019ile vient de recevoir un élan formidable de la part de capitalistes américains.Grâce à la courtoisie de M.Prior,ministre des mines,qui nous a fait visiter les endroits les plus intéressants de l\u2019île, nous avons pu nous faire une idée de ses immenses ressources.Depuis quelques années, la houille a été avantageusement exploitée à Nanaimo sur la côte est.La production de 1901 a été de 1.500.000 tonnes de charbon de terre et 127.000 tonnes de coke, dont la plus grande partie a été exportée aux Etats-Unis.De l\u2019avis des experts, la Colombie Anglaise a une immense réserve en charbon qui sera utilisée à mesure que le commerce se développera dans les villes américaines de la côte du Pacifique.Les régions aurifères de Nanaimo sont à une faible distance du Mont Sicker, où on a découvert, il y a six ans, de grandes quantités d\u2019or et de cuivre, bien que l\u2019on ait effectivement travaillé la mine depuis trois ans seulement.Elle est située sur le versant d ime montagne, à une hauteur de 1200 à 1500 pieds.Elle appartient à un syndicat particulier et on y travaille activement sous la direction de M.Henri Croft qui a construit une ligne de chemin de fer de 12 milles de longueur à travers la forêt et au bord de précipices, afin de relier la mine à la fonderie qui a été construite à Crofton, sur la côte.Bien que le syndicat américain n\u2019ait acquit la mine qu\u2019en 1900 seulement, on a déjà expédié 30.000\ttonnes de minerai et il en restait 40.000\ttonnes à être expédiées au moment de notre visite.Le commerce du bois est aussi une industrie très prospère dans l\u2019île de Vancouver.Le centre de ce commerce est à Chemainus, où sont, les scieries mécaniques, et d'où les bois sont expédiés, en grande partie, dans l'Amérique du Sud, la Chine, l\u2019Australie et l\u2019Afrique du Sud.Les ressources minières du Canada ne sont pas limitées à la Colombie Anglaise.On a découvert de la houille dans des régions plus rapprochées des villes de l\u2019est.D\u2019après une évaluation officielle, les terrains houillers des territoires du Nord-Ouest couvrent une superficie de 65.000 milles carrés.Çe dont le Çanada a le plus besoin pour réaliser le grand avenir industriel auquel il est appelé, ce n\u2019est pas seulement plus d\u2019habitants, mais des moyens de transport plus faciles et plus économiques desquels je vous entretiendrai dans mon prochain article.COLONISATION M.l\u2019abbé Gaire écrit de la Grande Clairière, (Manitoba) à l\u2019un de ses amis : Les Bretons des Côtes-du-Nord et les autres qui m\u2019ont suivi, n\u2019ont cessé de gagner de belles journées et maintenant iis gagnent facilement aux buttages 10 francs, logés et nourris.Plusieurs ont déjà pris leur lot gratuit (60 hectares) où il s\u2019établiront dès le printemps.Tous sont très contents ; plusieurs sont ravis de se voir dans un pays si riche et si plein d\u2019avenir.Mes correspondants de France, spécialement M.l\u2019abbé Gallic, 4, quai des Casernes, Hâvre, préparent deux départs pour l\u2019année prochaine, au printemps, fin avril, commencement de mai, pour ceux qui disposent de 1.000 francs au moins.Fin juin, pour ceux qui ne disposeraient d\u2019aucun capital.De son côté, le R.P.Guérin écrit aux Missions Catholiques : Le Saskatchevan est en train de devenir un centre de colonisation très important.Les émigrants y affluent de toutes les contrées de l\u2019Europe, du Canada et des Etats-Unis.J\u2019ai rencontré parmi eux bon nombre de Français.La semaine dernière, 80 Bretons des Côtes-du-Nord nous arrivaient et d\u2019autres étaient en chemin pour venir.Ceux qui sont établis ici depuis plusieurs années ont déjà réussi à merveille.Beaucoup étaient sans aucune ressource pécuniaire, ils n\u2019avaient que leurs bras et du courage.Ils sont maintenant de riches propriétaires après 6 ou 8 ans.Le gouvernement canadien donne (gratuitement) un lot de 64 hectares de terre (160 arpents) à tout individu âgé d\u2019au moins 18 ans, qui en fait la demande, à condition de bâtir sur ce terrain une petite habitation, où il résidera 6 mois de l\u2019année à son choix.Il doit aussi mettre en culture au moins pendant trois ans 15 arpents, Au bout de trois ans, il reçoit des lettres patentes, qui le rendent propriétaire absolu de ces 64 hectares de terre dont il pourra disposer à son gré.Ici, le sol est riche et d\u2019une fertilité merveilleuse.Les céréales, froment, seigle, avoine, orge, etc., sont cultivées avec un succès inconnu en Europe.Les pommés de terre, les choux, les navets, les betteraves, etc., le tabac y prennent des proportions incroyables.Quel bel avenir ouvert à tant de pauvres cultivateurs qui végètent en France ! Pourquoi ne viendraient-ils pas ici ?Une propriété de 64 hectares fournie gratuitement n\u2019est pas chose à dédaigner pourtant! Et voilà ce qu\u2019ont compris les milliers et les milliers de colons qui nous arrivent '¦haque année.Nous avons déjà plusieurs belles paroisses toutes françaises.Mais il y a encore bien des terres à prendre.Ceux qui voudront venir ici ont tout à gagner.Une quinzaine de personnes, dont plusieurs familles, viennent de quitter le département des Côtes-du-Nord pour se rendre à la Grande Clairière.Parmi ces émigrants, les uns s\u2019engageront en arrivant comme domestiques; les autres, qui disposent de quelques milliers de francs, prendront immédiatement des concessions gratuites, sous prairie, qu\u2019ils exploiteront pour leur compte.Nous lisons dans l'Echo de Manitoba : Nous tenons à mettre sous les yeux des lecteurs del\u2019Echo: les chiffres et renseignements suivants, qui parlent assez éloquemment d\u2019eux-mêmes de la valeur des Français comme colons, pour se passer de tous commentaires ; Saint-Claude fut fondé en 1892.Les capitaux ou autres valeurs apportés par les immigrants peuvent être évalués approximativement à $25.000.La valeur des propriétés foncières et mobilières est aujourd\u2019hui d\u2019environ $ 50.000.Les principaux établissements sont : une église, un presbytère, un couvent, une école publique, un magasin de quincaillerie, trois magasins généraux, une maison de pension.Au nombre des associations, l\u2019on compte : « Le Magasin général des fermiers de Saint-Claude », qui a pour président M.A.Bonnefoye et pour gérant M.J.G.Trémorin; « La Gauloise », son président est M.Paul Lacroix, le secrétaire M.Jean Marignac; deux associations de machine à battre; il y a un prêtre et deux religieux de l\u2019ordre des C.R.T.C.et deux religieuses.Voici avec l\u2019état civil quel a été le mouvement de la population au 31 décembre de chaque année : \tNouveaux arrivés\tNaiss.\tMar.\tDécès\tPopul.31 déc.1892.\t16\t1\t0\t0\t17 1893.\t78\t3\t1\t1\t98 1894.\t33\t7\t3\t0\t138 1895.\t35\t5\t1\t1\t178 1896.\t18\t12\t5\t1\t208 1897.\t27\t15\t1\t1\t250 1898.\t9\t19\t3\t3\t278 1899.\t8\t33\t7\t18\t318 1900.\t76\t24\t2\t3\t418 1901.\t16\t20\t6\t0\t454 \t343\t165\t33\t38\t Pendant\tces dix\tannées.\t62\tpersonnes ont\t résidé à Saint-Claude et en sont ensuite reparties.La population se divise comme suit : Nous ferons remarquer à ce sujet que nous comptons comme Saint-Claudiens tous les enfants nés à Saint Claude, quelle que soit l\u2019origine de leurs parents.Cependant nous devons à la vérité de dire que la grande majorité sont nés de parents nés en France, ce qui donne plus d\u2019importance à la population française et l\u2019on peut affirmer sans crainte que ce sont les Français qui ont « fondé » Saint-Claude.Voici le tableau des nationalités : Enfants nés à Saint- Claude et y habitant au 31 décembre 1902 .135 Français.286 Canadiens-français.24 Suisses.13 Belges.6 Mexicains.5 Luxembourgeois.4 Métis-français.25 Anglais.10 Vingt départements français sont représentés parmi la population française.L\u2019on y rencontre tous les dialectes et patois de notre belle Patrie ; aussi ses coutumes et mœurs.C\u2019est en quelque sorte une petite France transplantée dans ce que Voltaire appelait dédaigneusement quelques arpents de neige et que l\u2019on appelle aujourd\u2019hui \u201c les Plaines à blé.\u201d Créi Foncier Franco-Canadien Obligations 3.40 0/0 Les intérêts, au Ier avril 1903, sur les Obligations 3.40 o/0 du Crédit Foncier Franco-Canadien seront payés, à partir de cette date à raison de Fr.8.50 net, contre remise du coupon n°13 : A la Banque de Paris et des Pays-Bas, 3, rue d\u2019Antin ; Au Crédit Lyonnais, 19, boulevard des Italiens. 6 PARIS-CANADA ÜIQUEURS SPÉCIALES A BASE DE VIEILLE FINE-CHAMPAGNE Fabriquées AU CHATEAU DE SOLENÇON A COGNAC Peach - Brandy \u2014 Suprême Orange Prunelle \u2014 Peppermint Cherry - Brandy \u2014 Kummel doré Mandarinette Alfred YIDAL AGENT GÉNÉRAI.37, Rue de Constantinople \u2014 PARIS TÉLÉPHONE N* 541-02 Agent avec monopole au Canada : LA COMPAGNIE d\u2019\tAlimentaires de Plontréai (Ld) BORDEAUX FOURNISSEUR BREVETÉ DE L.L.M.M.le ROI des PAYS-BAS, le ROI de SUÈDE et NORVÈGE le ROI de PORTOGAL Vins de Bordeaux authentiques -\u2014=r*onoc=- AGENCE AU CANADA: LA COMPAGNIE d\u2019Approvisionnements alimentaires (LMe) MONTREAL AGENCE A PARIS: 3j, Rue de Constantinople, 3y TÉLÉPHONÉ 541-02 U 13, Plaçc dûjfétfre,PARIS Csr)\tn 20\teo face /a Çarg S\u2018Lazare\t\\! TELEPfiOflE 123-34- '\tV leMEILLEÛI^MpijCfjf DfToûT PÇÇIJ Champagne EPERNAY CHAMPAGNE E MERCIER SOCIETE GENERALE pour favorise: le développement du Commerce et de l'Industrie en France SOCIÉTÉ ANONYME [FONDÉE EN 1864 CAPITAL : 160 MILLIONS Siège social : 54 et 56, rue de Provence\t\\ Succursale : 13k, rue Reaumur (place, de La Bourse) > A PARIS \u2014\t6, rue de Sèvres\t) Dépôts de fonds à intérêts en compte ou à échéance fixe (taux des dépôts de 3 à 5 ans : 3 1/2 o/o, net d\u2019impôt et de timbre); \u2014 Ordres de Bourse (France et Etranger) ; \u2014 Souscriptions sans frais; \u2014 Vente aux guichets de valeurs livrées immédiatement (Obi.de Ch.de fer, Obi.à lots de la Ville de Paris et du Crédit Foncier, Bons Panama, etc.); \u2014 Escompte et Encaissement de Coupons; \u2014 Mise en règle de titres; \u2014 Avances sur titres; \u2014 Escompte et Encaissement d\u2019Effets de commerce; \u2014 Garde de titres; \u2014 Garantie contre le remboursement au pair et les nsques de non-vérification des tirages; \u2014 Transports de fonds (France et Etranger) ; \u2014 Billets de crédit circulaires ; \u2014 B jfiESwRflnJ Lettres de crédit; \u2014 Renseignements ; K wiwIBfli \u2014 Assurances; \u2014 Services de corres-Wi irespoudant, etc.19 LOCATION DE COMPARTIMENTS DE COFFRES-FORTS au Siège social, dans les succursales, dans plusieurs bureaux et dans un grand nombre d\u2019agences, depuis 5 francs par mois ; tarif décroissant en proportion de la durée et de la dimension.( Voir les Notices spèciales) 65 succursales, agences et bureaux à Paris et dans la banlieue, 314 agences en Province, 1 agence à Londres (53, Old Broad Street) ; Correspondants sur toutes les places de France et de \u2019 Etranger.1 PARAY.LE.MONIAL GRAND HOTEL DU SACRÉ-CŒUR, V DRAGO propriétaire.\u2014 Hôtel de 1\" ordre.En face de la Chapelle des Apparitions.Recommandé aux clergé et familles.Ouvert toute l'année.Omnibus à tous les trains.ROUEN HOTEL DE FRANCE, le plus central.\u2014 Electricité 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NEW-YORK EH FMNflE _______________e______ j La seule Compagnie possédant et exploitant quatre câbles transatlantiques entre l\u2019Europa *\tet les États-Unis d\u2019Amérique.La seule Compagnie qui, ayant un point d'atterrissage sur le continent européen, possède aum Etats-Unis un réseau complet de lignes terrestres.Communications directes avec la Canada, le Mexique, les Antilles, l\u2019Amérique Central* et l\u2019Amérique du Sud.BUREAUX A PARIS ADMINISTRATION, 9, Rue Lmis-h-Grand (2°).RENSEIGNEMENTS, 49, Avenue de T Opéra \"(2*; BUREAU DE TRANSMISSION: 112, Boulevard de Strasbourg, au HAVRE CANADA Manitoba et dans les territoires- DU^NORD-OUEST 40 Ar85 HECTARES DANS LES AUTRES PROVINCES On trouve à acheter des fermes et des ter es en partie défrichées et à des prix très modérés, dans les provinces de Québec, Ontario, de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick, de l\u2019Ile du Prince-Edouard et de la Colombie Britannique.Les fermiers, ainsi que les personnes qui désirent se livrer à l\u2019agriculture, trouveront des avantages sérieux à faire fructifier leurs capitaux au Canada.Les domestiques de ferme, laboureurs, bouviers, etc., ainsi que les servantes, seront assurés de trouver de bons appointements.S\u2019adresser pour brochures donnant tous les renseignements relatifs au placement des capitaux, règlements pour la vente des terres, demandes d\u2019emploi, taux des salaires, prix des denrées d\u2019alimentation, etc., au bureau du Haut Commissaire du Canada, 9, Victoria Street, Londres, S.W.(M.W.Preston, directeur de l\u2019immigration), ou au Commissariat-général du Canada (M.Hector Fabre, Commissaire-général), 10, rue de Rome, Paris (8e).GE BUREAU EST EN AVEC NEW-YORK Par deux câbles entièrement sous-marins, ce qui évite les longues lignes aériennes de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Ecosse.COMMUNICATION : AVEC PARIS Par un fil spécial aboutissant au Bureau de la Bourse, et oar un câble souterrain aboutissant au Bureau-Central.FILS DIRECTS Du Havre à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Anvers, Amsterdam, Bolterdam, Hambourg, etc.FILS DIRECTS\t-\t___ De Paris à Berlin, Cologne, Francfort, Bâle, Berne, Genève, Vienne, Milan, Gênes, Home, etc.LES TÉLÉGRAMMES SONT REÇUS DANS TOUS LES BUREAUX TÉLÉGRAPHIQUES -ès\t# A défaut des formules que la Compagnie adresse gratuitement sur demande, prière d\u2019iudiquer en marg# de la minuta la mention non taxée Via ©cwasaMercial.CANADA Gotivetmement de la Province de Québee Vastes Territoires à Qoloniser RICHES RÉGIONS MINIÈRES & FORESTIÈRES
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