Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 septembre 1906, samedi 15 septembre 1906
[" 25* ANNÉE Paris, 15 Septembre 1006 Le Numéro 25 Centimes \u2014 N ' 12 PARIS-CANADA Organe Bi-Mensuel des intérêts Canadiens et Français FRANCE Abonnements : Un an.ÎO fr.Annonces et Hér laines sont reçue» \u2022u Bureau du Journal.Aknonckh, la ÜKne.Héci.amk»,\t\u2014\t.Faith-IJivkh», \u2014\t.Directeur : HECTOR FABRE BUREAUX : 10, Rue de Rome, 10 \u2014 PARIS (8\u2018) Abonnements : Un an.$ %£ CODES : Alla: tic Cable Directory A.B.C et WEST l.itN CN1QN TELEGRAPHIC Adresse Télépr iphique : ST A D ACON fl~ P A R ! S Telephone : 218-03 SOMMAIRE Au Jour le Jour.Mi: to« Faure.Echos.Au Congrès de la paix.Causerie.Jean Cvrignan.Les Canadiens à Paris.A bord du Dominion au joui; uk joui; La présence de^ deux escadres dans le port de Québec a soulevé un égal enthousiasme au sein de nos populations.Cet enthousiasme éclatait avec d'autant plus d'élan qu'on était certain qu'une entente vraiment cordiale régnait entre le< marins anglais et français.Le peuple sentait bien qu\u2019en partageant avec égalité ses vivats, il n'éveillait aucune alarme dans les âmes timorées, il ne froissait aucune susceptibilité patriotique.Il faut remonter à la guerre de Crimée pour trouver l\u2019équivalent de pareil état d ame populaire.On a revu, agrandis, les jours de la Capricieuse.C'est de celte époque, on s en souvient.que date la reprise des relations entre la I rance et le Canada.Le commandant de Belvèze a ramené alors le pavillon français dans les eaux du Saint-Laurent.Brave marin, homme excellent, il ne croyait peut-être pas si bien faire.On assure qu'en entendant les échos des deux rives du fleuve lui renvoyer le bruit guerrier de son canon, accompagné d'explosions de vivats et de cris de Vive la France, il fut pris de quelque alarme soudaine, que son courage coutumier ne parvint pas de suite à dissiper.Il se dit que peut-être il s'était engagé dans, une opération dont lesconséquencesallaient lui échapper et déborderaient en tous | cas le cadre de la mission beaucoup plus modeste et restreinte qu'il avait sollicitée du ministère de la marine et que l'administration de la rue Royale avait agréée dans le meme esprit que lui; comme on accorde un congé à un officier surmené, ou une station de plaisance à un équipage éprouvé par un service un pen rude.La bonne attitude de notre population, le tact tout naturel avec lequel elle sait se tenir dans les bornes que l\u2019étiquette diplomatique assigne aux manifestations de la politesse internationale.la parfaite courtoisie des autres nationalités à notre égard, à l'égard de nos hôtes, e-t le respect qu'avec nous elles portent aux souvenirs qui nous sont chers, ramenèrent la quiétude dans son esprit et l'aidèrent ensuite à faire agréer par ses chefs ce que quelques-uns d entre eux osaient traiter d\u2019algarade, et à mettre ainsi son avenir à l'abri de leur mauvaise humeur.Nous voilà donc revenus aux beaux jours de l'entente entre les deux nations dont la gloire rayonne sur nous; nous voilà ramenés aux débuts même des nouvelles et modernes relations entre la France et le Canada.Est-ce trop que d\u2019espérer qu elles puiseront dans le renouveau de l'amitié anglo-française un nouvel et plus actif essor?Aucun nuage politique ne peut venir troubler le courant de sympathie, les bons rapports qui rapprochent les deux pays; favorisés en France par une plus complète connaissance des ouvertures que lui offre notre pays; au Canada, par les possibilités que la France lui fait entrevoir.Situation excellente, exceptionnelle, qu'il serait singulier de ne pas voir davantage comprise de part et d'autre.La France possède au Canada un représentant éminent qu'un long séjour parmi nous a familiarisé avec nos idées et nos mœurs, et aussi et tout autant, avec nos ressources étendues et variées.Nous serions tentés de le considérer comme l un des nôtres, si bien en toute occasion il ^ait s'identi-' lier avec nos aspirations et exprimer, avec une admirable et souple éloquence.nos sentiments les plus intimes et les plus élevés.Il est secondé par de^ collaborateurs animés du même esprit.En complet accord avec le consul général de France, et sous sa présidence.la Chambre française de Commerce de Montréal travaille depuis son origine, par son bulletin, par l\u2019action personnelle dese^ membres, à répandre de ce côté-ci de l'Océan des notions justes et complètes sur notre commerce, notre industrie, nos ressources, à rectifier les aperçus frivoles et erronés, à mettre en garde contre les illusions et les faux profits, les égarements d'un enthousiasme irréfléchi et chimérique, les chercheurs d'un sort trop rapide, d'une fortune trop tôt meilleure.Les Canadiens estiment à leur valeur ces concours si précieux, cette sorte de corroboration indépendante et impartiale apportée à leurs propres appréciations.Ne sollicitant le crédit européen que pour des entreprises sérieuses et dont l'avenir leur semble assuré, ils entendent bien aussi qu'on ne s'éloigne pas d'un pareil programme comme arrêté implicitement en commun.Alors, entre la France qui possède tant de disponibilités, et le Canada qui leur ollre un emploi fructueux, et qu'unit une sympathie traditionnelle, comment concevoir que le mouvement .> paris-canada des affaires ne soit pas plus considérable, qu'il ne s'accroisse pas davantage chaque année?Faut-il en accuser l'esprit un peu trop circonspect qui anime le rentier français, ses habitudes, disons casanières, comme on le fait généralement ?Faut-il dire, comme on le fait aussi, que l'esprit canadien ne sait pas se prêter assez à ses méthodes, s'assouplir à ses procédés, se conformer aux conditions de l'épargne ou de la spéculation qui règlent ici les opérations ?De part et d'autre, dans l\u2019intérêt commun, il y a certainement quelque chose à faire, à modifier ; comme un accomomdement possible, désirable.C'est à chercher ce terrain commun que doit se porter l'attention des hommes d'affaires des deux pays.Les circonstances sont si favorables qu'on ne saurait tarder à trouver ce terrain, d'entente cordiale aussi, et avantageuse comme l'autre, et à laquelle elle apporterait le concours des intérêts, après celui des sentiments.Hector Fabre.ÉCHOS Pendant leur séjour à Paris, M.Kckers, maire de Montréal, et M.Joseph Lévy, éche-vin, ont visité LHôtel de Ville où ils ont été accueillis avec empressement et sympathie.Après la visite du palais, fie ses collections artistiques et des salons, dont les dimensions se prêtent si aisément à des réceptions de quinze mille invités, les édiles de Montréal ont voulu se rendre compte des divers services publics de la ville de Paris et les examiner utilement et attentivement.M.le maire Kckers s\u2019est attaché plus particulièrement aux finances, aux divers modes de taxation et de perception, pendant que M.Péchevin Lévy visitait, minutieusement et dans tous leurs détails, les services d'approvisionnement et les pavillons de vente «les halles centrales.Le gouverneur général « 1 u Canada, lord Grey, parcourt en ce moment le Nord-Ouest.Des discours qu'il prononce en répondant aux bienvenues qu'il reçoit, il ressort nettement qu'il est très frappé de l\u2019extraordinaire développement que prend toute cette région et dont, dit-il, on ne saurait entrevoir le terme.!1 serait intéressant, si au cours des événements qui se précipitent, on avait, à Winnipeg, le loisir de revenir sur le passé, de comparer ces discours à ceux que prononça, il y a quelque vingt-cinq ans, lord Dufferin et que les esprits pessimistes étaient enclins alors de trouver d\u2019un coloris trop éclatant.On constaterait que l\u2019esprit supérieur qu\u2019était lord Dufferin avait tout simplement entrevu l\u2019avenir qui nous attendait,seulement il devançait en prophète, l\u2019heure qui sonne aujourd'hui et qui est entendue du monde entier.Il est juste tie rappeler et de rendre ainsi hommage au plus brillant des prédécesseurs ept heures et cinquante minutes, battant le record de six heures; non seulement le record de Liverpool à Québec, mais celui de Liverpool à New -) orh.Le train océanique attendait au quai et quatre heures et demi après se mettait en route pour \\ ancouver exactement a l'heure dite, ayant parcouru\tmilles ent») heures.L\u2019D/n press of China.une heure après l\u2019arrivée du train, faisait route pour llong-Kong, où l\u2019on compte qu\u2019elle parviendra en 18 jours et demi, parcourant ainsi (1.271 milles.Soit, de Londres à Hong-Kong 15 (KM) milles) en vingt-neuf jours; une semaine de moins que par toute autre route.M.Kené Grivart de Kerstrat, avocat a la Cour d\u2019Appel de Paris, est depuis quelques semaines au Canada, où il compte tant d\u2019amis.11 y a été accueilli partout avec cette faveur particulière qui s'attache à son nom.car la haute renommée de son illustre père y est restée chère au barreau et à la magistrature comme en France et à son caractère personnel si sympathique.Notre ami, après avoir touché barre a Montréal et à Québec, a passé quelques jour^ a la plage de Saint-Irénée : puis a fait l'excursion du Saguenay et du Lac Saint Jean; il est parti ces jours derniers pour L< tuest en compagnie des ingénieurs anglais qui visitent cette région sur l'invitation des gouvernements provinciaux.Il nous reviendra fin octobre après avoir séjourné a nouveau «à Ottawa, Montréal et Québec avec de nombreuses et fidèles impressions, une connaissance très complète du pays et de nos populations.Un des matelots du Des u'.i s'est noyé accidentellement dans le port de Québec et a été l'objet d'une cérémonie très touchante et d\u2019imposantes funérailles.Des tributs funéraires avaient été envoyés par le lieutenant gouverneur, le maire de la ville, la Société Saint-Jean-Baptiste.Sur le parcours du cortege très nombreux, une grande foule respectueuse et émue; la vaste église paroissiale ou a eu lieu le service était littéralement comble.Il n\u2019est pas d\u2019usage au Canada, de prendre la parole aux obsèques.Les discours très émus prononcés en cette occasion par le commandant Sourrière, b* contre-amiral Boue de Lapeyrère et le consul général Klec/.kowski, ont produit une impression (pie rendait plus vive et profonde encore 1 imprévu de la chose.Lord Grey, se détournant de sa route et suspendant les réceptions officielles, a parcouru à cheval une distance de vingt milles, pour aller voir un de ses vieux serviteurs, aujourd'hui établi comme colon au Nord- Ouest, sur son conseil, et en \\oie de succès, (tu ajoute que l membres *!«\u2022 la famille Kingsrnill Les invités présents étaient les Lords évéïiues «!«\u2022 Toronto «*t «!«* Québec les revds Sweatnmn flicier s.et aux hommes «lu Cumberland que la disi.n \u2022 < n avait pas a liai ldi l'affection qui unit h p< upie u comte de Cumberland par des liens d orgmil « ! «i amour pour le croiseur qui porte son nom.Cette année, c'est mou privilège de prendr- part une démonstration qui nous touche plus pat ti> du ment.Nous assistons, dans les eaux canadienne-, la presentation d'un souvenir auquel ont c ntrilui-de s milliers «le Canadiens et qui vous sera n mi-capitaine Kingsinill, par M.Ken Osborne, .ne 1 expression des sentiments d\u2019affection et de bi> veillante ressentis par le peuple cauadicu pour navire qui dans un sens lui appartient le vaissea de 8a Majesté, le Dominion.!«\u2022 ne ferai pas de discours, mais je crois n eti « tpie 1 interpreted un sentiment uniTerselIcnient adini-«lans le co ur des Canadiens, quand je dis «pie le peuple du Canada est reconnaissant à sa Majesté le I»'1 qui a dédié ce navire de guerre, 1 un «les plus puissants «pii existent, à leur pays.Plus encore, tous b -loyaux sujets de sa Majesté s'énorgueillisscnt «b voir «pie te Dominion, s\u2019il a été pajc et s il est maintenu par le peuple du Royaume-1 ni, est coinmaucb par un officier canadien.Mesdames et Messieurs.eu PARIS-CANADA 5 n\u2019est pas le moindre île vos privilège* .!1 BOIS A BALER, V.*.uie v«inic-Annc "]
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