Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 décembre 1906, samedi 1 décembre 1906
[" 25* ANNÉE Paris, 1er Décembre 1906 Le Numéro 26 Centimes \u2014 N° 17 PARIS-CANADA Organe Bi-Mensuel des Intérêts Canadiens et Français FRANCK\t\tDirecteur : HECTOR\tFABRE\tCANADA Abonnement* : Un an\t\tÎO fr.\t\t\tAbonnements : Un an\t $ 0 Annonce* et Réclame* mut reçues ma Bureau du Journal.\t\tBUREAUX :\t\tCODE*: Atlantic Cabla Directory A.B.a et WESTERN UNION TELEGRAPHIC ANMom'.Ba,\tla ligne\t Rboi.amkh,\t\u2014\t\t\t\t10, Rue de Rome, 10 \u2014\tPARIS (8\u2018)\tAdresse Télégraphique : STADACONA-PAR! Kaith Divbhs.\u2014\t\t\t\t\t\tTéléphone : 218-03 \t\t\t\t SOMMAIRE Au Jour le Jour.Hector Fabre.Au Klondike.Othon Guerlac.Conférence au Havre.Les Canadiens à Paris.Alfred Carneau.Hbctor Fabre.Echos.Au Nord-Ouest.AU JOUR LE JOUR Quelques-uns de nos confrères d'Ontario s'étonnent de voir des journaux de Londres publier des articles à allure pondérée sur Y américanisation du Canada : dogmatiser sur ce sujet qui leur parait d'actualité.Ils ressentent cela comme une injure ou une impertinence.Eux qui vivent au Canada et sont mêlés chaque jour à la vie canadienne, ils n'ont rien vu de ce que les publicistes de la Métropole aperçoivent si bien de loin.Sont-ils donc si aveugles et ies autres si clairvoyants ?A mesure que le Canada sera plus notoire, ii sera, en bien des points, l'objet d'appréciations erronées.Pour les peuples comme pour les hommes qui naissent à la célébrité, c'est le prix dont se paie la renommée.Longtemps en Angleterre le Canada s'est confondu avec les Etats-Unis.On ne l'en distinguait pas bien.Puis, peu à peu, la lumière se fait sur nous.Néanmoins, bon nombre d'Anglais sont toujours hypnotisés par le vaste spectacle que présente la République Américaine.Lorsque, à la suite d'un événement soudain, ils en détachent leur vue, ce n'est jamais complètement.Aussitôt ils y reviennent, et bientôt Canada et Etats-Unis se confondent à leur» yeux.Alors, vous le sentez bien, lorsque ceux-là voient les Américains venir chez nous, ils ne peuvent croire que nous allons nous défendre contre l'absorption,échapper à cette sorte d'hvpno-tisme auquel de loin ils résistent >i peu.Après avoir jeté un coup d'œil rapide sur nous, aussitôt ils le reportent vers l'horizon accoutumé; ils regardent du côté de New-York, et ils se persuadent que nous faisons comme eux et consi- j dérons les choses avec la même op-tique.Cette fausse vision va s'atténuer et finira par se dissiper, à mesure que le ! | Canada sera mieux connu ; et c'est à le j faire mieux connaître que nous devons nous appliquer, et ne point nous émouvoir de la lenteur avec laquelle la lumière qui vient du dehors pénètre dans le cerveau du Vieux-Monde.Nous existons, nous nous développons en dehors des influences américaines, sans leur rien emprunter, à peine quelques exemples.C'est ce qu'en Europe on doit savoir.Notre existence, malgré la similitude des situations.est différente.Dans tous les cas, nous maintenons notre entière indépendance, non seulement politique, mais aussi économique et sociale.Les Américains s'en rendent bien compte aujourd'hui.Ceux d'entre eux qui viennent se fixer parmi nous, n\u2019y viennent pas avec le dessein de nous absorber, mais avec la pensée de bénéficier des conditions plus favorables que nous leur offrons, avec l'espoir d'améliorer leur sort.Et c'est une chose digne de remarque que, s'il y a des Anglais qui parlent de l'américanisation du Canada, les Américains n'en parlent pas et sans doute n'y pensent pas.Notre situation est faite, et dans ses cadres entrent les colons américains, comme auparavant les nôtres qui allaient vers les Etats-Unis, sans effacer frontières; le mouvement d'émigration s'est déplacé.C'est qu aussi la fortune a changé de route.Hector Fabre.AU KLONDIKE (Lettre de Tenvinjê spécial du Temps! A travers le continent américain Dawson-City, octobre.< Le Klondike?dites-vous.Attendez un moment, je crois me rappeler : Alaska.mines dur.boom de 185*8.fichu pays.glaces.neige.White pass.traînée de cadavres.détresse.faim.débâcle.passage de la Bérésina.» C/est cela qu\u2019évoque dans vos imaginations ce nom, a demi oublié, qui en 1808 a rempli les colonnes du Temps, grâce à ce journal de voyage mouvementé, dramatique, parfois poignant, qui racontait ici la ruée vers le pays de l\u2019or.Cf est du cœur de cette région, qui vous semble si lointaine et si désolée, que je vous écris ces lignes, confortaL\u2019eine.i a i* dan.le vaste salon d\u2019une maison flottanteldescen-dant le cours du Yukon.Nous sommes à près de 300 kilomètres de Dawson-City, ou nous arriverons dans la nuit si nous ne nous enli-zons pas de nouveau sur les bancs de sable qui obstruent le cours du fleuve.Il est onze heures du matin.I/air est frais, le ciel clair.Le soleil brille sur un paysage mamelonné de forêts, de landes, de bruyères, tie petits ilôts boisés, de hautes falaises de sable ou de basalte.L horizon est fermé par des chaînes nettement dessinées, de montagnes sombres et nues, guère plus hautes que les sommets du Jura.Le fleuve est, ici.juste en amont de la rencontre du Belly, ou commence officiellement le Yukon, a peu près de la largeur du Uhùne à Valence.Le seul signe qui nous indique que nous ne sommes pas dans une région tropicale, mais à près de 600 kilomètres du cercle arctique, c\u2019est que l'admirable frondaison qui couvre les rives des deux cétés du fleuve a pris les teintes fauves et dorée* de PARIS-CANADA I automne et que là-haut, sur les collines, les bruyères jaunies ressemblent à îles champs de blé.U ion ne dénonce une région inhospitalière.Les passagers pourraient très bien être des touristes du Rhin ou îles bourgeois allant a Avignon ou a Orange.Pendant que j\u2019écris, «les |»«»tit\" enfants de Dawson jouent a cache-cache autour de ma table, et chaque fois que le bateau passe quelque chenal étroit, quelque rocher pittoresque se dressant au milieu du courant, plusieurs kodaks se braquent sm le paysage et 1 on entend le déclic de l'instantané.Ce voyage d\u2019Alaska est un « pique-nique comme ou «lit ici, un voyage de noces idéal, une simple petite promenade «jui joint au charme «le la nouveauté celui delà variété.\u2022 \u2022 N ous vous rappelez comment, en 180S, on vous parlait «le quatre a cinq mois de voyages à travers des pays invraisemblables ; comment on vous pressait de partir dès les premiers jours «le mars, de peur de ne pas arriver avant seulement a la région traversée par le C.P.R.Canadian Pacific Itailvvay où les terrains sont déjà accaparés par les grandes compagnies et les sj»e-culateurs : il gagne les régions du nord ou passera bientôt la voie du Grand Tronc Pa« i-fique qui par Prince-Albert et Fdmonton ira aboutir au nord de la Colombie britannique, vers Port-Simpson.La confiance de ces Canadiens en l'avenir de leur pays est illimitée.Sur le train qui m'amenait était un jeune homme de Toronto, beau parleur et grand jii «qdietc, qui s\u2019en allait a ,'fOO ou 'iO kilomètres au nord du point extrême de la voie Terrée pour acheter à v il ju i\\ aux Indiens les terrains que le gouvernement v ient justenuut t «le leur concéder, quitte a les revendre ensuite avec «les jtrolits satisfaisants.L\u2019activité de ce pays, nous la constatons nous-mêmes en voyant, t«»ut le long de ht ligne, dans l\u2019Ontario, le Manitoba, le Saskatchewan et l'Alberta, surgir de petites vill«*s que Ton embrasse tout entières d'un » «>uj> «Tool, avec leur Broadway, vaste aviMiuc centrale flanquée de jmteaux télégraphiques h telejdioniques.leurs bamjues.leurs écoles leurs magasins, leurs églises, tout ilamb.m neuf, encore un peu primitif d\u2019as|>eet et jn«» visoirc dans la forme, mais annonçant ut.avenir riche de promesses.Les journaux sont pleins de rivalités et îles disjoitcs «le (1S v ilb's.Régi lia.Moose-J a vv, Fdmonton.Pi im r Albei t, Calgary, c\u2019est à «jui aura le jdns d'h.i-hitants, attirera le (dus de colons et punira se vanter «le l\u2019outillage le plus complet et U* j)Ius perfectionné d\u2019une cité moderne.Winnipeg est la grande ville j»ar excellence.la métrn|>nlc de cette immense i« .i«tn «b* «\u2019rivales, de pâturages *'t «b- bois.Son lus toire a été celle «le la |duj»art des villes «le Ftats-l nis passant en trente ans d'une « e-, laine d habitants a une centaine «le m lout, dans VViiini|»eg, crie la j>ros|)eri croissance vertigineuse, presque Tlnjie > phie d'un grand centre agricole et d\u2019un n elle oit s«* rassemblent et n** distribuer richesses il une vaste et fertile plain*' gare somptueuse, «!«\u2022 larges avenues s i 1 i « » ; «le spleudides tramways électriques, les élégants que j\u2019aie vus mu ce mutine: vastes terrains en construction, «les liât gigantes«jues bien que moins écrasantes New-Nork, des élévateurs de grains, d*1' noteries, «b-s scieries a vapeur, «1 iui{j«*s edifices ollîci«*ls, de belles résidences j » i : et avec tout cela, la même architectin' gale, incohérente, inharmonh'usr.« i des villes neuves «jui ont pousse trop un peu au basai d.* \u2022 Vancouver, a l\u2019autre extrémité «le ia est un autre exemple hordes de mineurs j qui s\u2019en allaient au Klondike, sont encore tels \u2019\u2022 qu\u2019on les décrivait ici en f-SôK, et il m\u2019a fallu j traverser la voie ferrée, au hasard, dans l'obscurité, pour trouver le bateau qui devait m\u2019emporter dans l\u2019Alaska.La gare du Pacifique canadien et le port se confondent, et si la gare y gagne d\u2019être dans un des plus beaux décors qui se puissent imaginer, assise au bord de l\u2019eau avec un admirable arrière-fond de montagnes aux cimes bleues, le port manque, sauf pour la ligne qui va a Victoria et en Chine, de voies d\u2019accès convenables.Cette première partie du voyage au Klondike.surtout si elle se termine par un court arrêt a \\ ancouver et un petit voyage a N ictoria avec son magnifique palais du Parlement et ses environs coquets, parait une médiocre préparation pour les « fatigues *> et les t dangers » d'une expédition au pays des mines j d\u2019or.Les conforts du C.P.IL.malgré la cha-leur, dans la région des lacs, le luxe familial I et la table délicate de 1 hôtel Vancouver, le -magnifique steamer qui a une vitesse rie tit mends à l\u2019heure nous transporte a \\ ictoria à travers un paysage adorable de petites iles rocheuses, tie forêts «\u2018t de prairies qui rappellent les Mille-Iles du Saint-Laurent, tout cela ressemble trop à une partie de plaisir au décor sans cesse changeant.Mais les figurants y manquent un peu.1 rop j de touristes, trop de familles avec billets a prix réduits qui vont s\u2019en retourner par le parc Yellow stone.Pas assez de couleur locale, pas assez de types exotiques qui rapellent le voisinage d\u2019autres climats et d'autres races.Je puis compter sur mesdix doigts les Indiens «juc j\u2019ai aperçus en traversant ce Kar-West canadien où jadis ils régnaient en maître et répandaient la terreur.C\u2019était «les Indiens bien apprivoisés, venus à la gare, une cigarette à la lèvre, essayer de vendre, de leur air ennuyé et indifferent, quelque corne de buffle, ou bien c\u2019était «b's jeunes filles, habillées a l'américaine et parlant anglais venues a une des gares de la prairie pour voir passer le tra n et «pii répondaient aux tentatives d'agaceries et de flirtage d\u2019un Canadien français vrai fils «le sa race' par la prétendue indifférence hautaine des filles d'Kve «pii a«\u2018cept«*nt les hommages comme un tribut dû à leur sex«\\ sinon à leurbeaule.Les Chinois sont plus nombreux, non pas dans les blanchisseries seulement comme dans l'est, mais dans les hôtels, dans les travaux de terrassements, sur la voie ferrée, sur les camions de la rue à Vancouver, Chinois déguisés en Kuropéens, avec leur tresse enroulée sous le chapeau occidental.Le chef de la cuisine «le l\u2019hôtel Vancouver est un Chinois.Ils ne sont toutefois pas les bienvenus Les trade-unions, vigoureuses ici comme aux Ktats-l nis, «>nt réussi a décourager cette immigration redoutée en taisant voter une taxe de 1.000 francs, ensuite élevée à 2.500 francs, sur tout nouvel arrivant.Cependant, il y a, à Victoria comme à Vancouver, des quartiers chinois très prospères.Au moment où j'écris à N ancouver, 1 h/ipe-ratrice-de-la-Chine, «pii venait d'arriver au port, avait amené quelques centaines d'indous dont les turbans et les faces bronzées donnaient à la ville un cachet tout à fait asiatique.Les patrons, ici.me dit-on, appré- cient leurs services.Si j\u2019en dois croire le journal local, les ouxriers d«i Y ancouver apprécient moins leur concurrence.KvhJemment, ce pays, où l'homme de race blanche a mis son empreinte, installé sa civilisation, ses mo in s, sa langue et ses vices, entend rester un pays d\u2019Occidentaux.Les trade-unions, avec leur vigilance et leur én«*rgie depuis longtemps éprouvées, tiendront la main a «ju«* les hommes aux yeux en amande et les hommes au teint «le bronze ne ravalent pas ce standard of living qu\u2019elles ont fait tant dVIforts pour élever et pour maintenir au niveau des goûts et «Jes exigences présentes de l\u2019ouvrier anglo-saxon.OtHON (fX\u2019KRI AC.Conférence au Havre M.André Siegfried a fait, ia semaine dernière, au Havre, une conférence, dont le Petit Havrais nous apporte le compte-rendu : Si vif que soit l\u2019intérêt des conférences que la Société de l\u2019Enseignement par l\u2019Aspect a inscrites au programme de la saison, si attrayantes que puissent être celles qui nous sont promises, la causerie faite vendredi soir par M.André Siegfried sur Le Canada et les Canadiens est appelée, croyons-nous, a prendre place parmi les plus brillantes, les plus remarquables, les plus originales de la série.Dès le début, elle s\u2019est imposée à l\u2019attention du nombreux auditoire qui se pressait dans la salle de la rue Joinville, par 1 élégance littéraire de sa forme, la clarté de son exposition, les aperçus personnels qui lui donnèrent un caractère particulièrement attachant.en môme temps que par son intérêt documentaire et les considérations pratiques qui en firent une substantielle leçon de choses.Dans une langue souple, imagée et facile, avec l\u2019expression saisissante qui frappe l\u2019esprit et stimule le désir de connaître, le sympathique conférencier a traité son sujet.Il y a apporté la chaleureuse conviction du voyageur basant son opinion sur les observations fidèles et suivies.Il a dégagé des impressions recueillies des conclusions philosophiques et sociales qui furent d\u2019autant mieux mises en lumière qu\u2019elles puisèrent leur force dans la sage et logique déduction des faits.Et ce fut là une excellente soirée où beaucoup s\u2019instruisirent, où nul ne demeura indifférent.Le Canada, au reste, n\u2019a-t-il pas pour l\u2019esprit français une attirance marquée, conséquence naturelle d\u2019une communauté d\u2019origine ?Ce sont plus que des amis, ce sont des frères que nous avons là-bas, de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique.Le Canadien français a conservé intact les caractères distinctifs de la race malgré les ans.malgré les mouvements de la civilisation.Bien que mélé au milieu angio saxon, il offre encore aujourd hui un exemple curieux de la survivance des plus vieilles traditions normandes.Est-ce à dire qu'un rapprochement entre le Canadien français de Québec et un «gars» de chez nous tendrait à souligner entre eux une complète similitude ?Non point.Séparé de la France après le traité de Paris de 1703, le Canada a poursuivi son évolution en dehors du grand mouvement de 1789 qui a modifié si profondément l\u2019âme nationale.Il doit à ces circonstances de n\u2019avoir subi l\u2019influence vivifiante des idées de liberté et d\u2019être resté encore aujourd'hui fidèle a des principes qui nous semblent quelque peu démodés et vieillots.Si d\u2019une part, il a tenu à ne point toucher au précieux héritage légué par le passé, il a d\u2019un autre côté subi malgré lui l\u2019action du progrès ; de la, dans ses moeurs, de curieux mélanges d\u2019archaïsme et de modernisme, de vieux style et d\u2019idées nouvelles qui donnent dès l\u2019abord à la figure canadienne un intérêt si séduisant.1 4 PARIS-CANADA Certes, le Canada a suivi le mouvement scientifique et s\u2019est assimilé ses pins récentes découvertes, leurs toutes dernières applications, mais il est auss attaché à ses croyances premières; et les jeunes doctrines philosophiques n\u2019ont refroidi ni son ardeur apostolique ni ébranlé sa foi.Le Canadien lrançais est toujours profondément catholique, sincèrement soumis a l\u2019autorité du clergé qui le tient tout à la fois par l\u2019ecoIe.par la lamille, par le journalisme.Cette suprématie a des inconvénients.Elle eut aussi des avantages.C\u2019est surtout ;i elle que le Canadien doit d'avoir su conserver le cuite des traditions francises.A ce point de vue.l\u2019infiuence du clergé fut bienfaisante.Elle le fut moins pour l\u2019école.Cette réserve faite, la société canadienne est d un charme délicieux et cordial, d\u2019une amabilité empressée et gracieuse, d\u2019une délicatesse raffinée que 'âge semble avoir rendu plus exquise et plus savou reuse.Et c'est la, en notre temps de vie âpre et fié vreuse, comme un reste attardé de la vieille et pure famille française.Les Canadiens français sont restés Français par le cœur comme ils le sont demeurés par leur langue.Les anglicismes dont ils usent largement ne témoignent ils, à ce point de vue.de leurs tendances marquées ?La grocerie », le chimiste », le char-dortoir , le char-réfectoire », le char-parloir », mots forgés pour désigner l\u2019épicerie, le pharmacien, le sleeping-car, le dining-car.le drawing-car, accu sent par leur formation toute française, les racines profondes que l\u2019esprit de France enfonce encore en ce pays.Bien particulier et bien différent du Canadien anglais, qui a conservé du sujet britannique sa froideur, son flegme légendaires, de l'Américain son exubérance, son esprit d\u2019entreprise, le Canadien français tient au Canada une place qui devrait, sem bie-t il, être plus considérable si l\u2019on songe qu\u2019au seul point de vue de la natalité, il intervient dans la proportion de 36 pour mille, alors que le Canadien anglais n'atteint que celle de 24.Quelles sont dès lors ses conditions d\u2019avenir?.Son amour de la France est sincère et sans réserve, mais si on l\u2019étudie de plus près, on se rend compte que le Canadien français y mêle malgré lu; une crainte intime.Il redoute la France, dont les transformations politiques, morales et sociales visiblement l'effraient.Le peuple canadien est encore attardé au XVIII» siècle.Des raison- de race, de langue, de mœurs, de religion l'y rattachent.Et 1 on peut dire avec assurance que la France et le Canada sont bien séparés pour toujours.Par le simple jeu de la natalité, le Canadien français devrait donc être appelé à augmenter en nombre.conquérir la majorité, devenir un jour le maître, et ce.avec d\u2019autant plus d'aisance qu\u2019il est, par nature.politicien merveilleusement habile L\u2019éventualité ne parait pas devoir se réaliser pour diverses causes.D\u2019abord la mortalité infantile réduit sans cesse les nombreuses familles, d'autre part Ds Ca nadiens émigrent aux Etats-Unis, et l\u2019émigration étrangère, d\u2019un autre côté \u2014 elle atteint jusqu\u2019à i3o.ooo unités par an \u2014 vient peu a peu étouffer dans sa masse les loyers de coloniaux .Et puis, le développement anglo-saxon s\u2019est fait sentir avec une progression sensible II a été la conséquence directe des idées de modernisme mises hardiment en pratique par des Canadiens anglais chez lesquels les méthodes nouvelles se sont at\u2019achées a dévelof per les goûts d\u2019initiative utilitaire en rapport avec les besoins de la vie économique contemporaine, alors qu\u2019un nationalisme étroit annihilait chez les autres tout effort vers une voie de réforme.Il est du devoir de la France de ne pas abandonner ces « cousins d\u2019Amérique » qui se rattachent eucore a elle par tant de liens moraux et qui s\u2019honorent de compter un Montcalm dans leur histoire.Nous exportons au Canada 35 millions seulement de marchandises sur un total de 2 milliards; nous venons sur la liste après l\u2019Allemagne, quand nous pourrions faire valoir sur notre voisine l\u2019avantage de la qualité supérieure, delà finesse inégalée de nos produits.Il est du rôle de la France de développer ces transactions, de rendre hommage à une vieille et touchante fidélité pour ion drapeau.Le grain que nous avons semé au Canada, il y a cent cinquante ans, n\u2019est pas tombé sur un terrain stérile, puisque nous trouvons encore dans ce pays, avec une ex-pre*sion typique, originale, un reflet encore bien intense de l\u2019àme française.Telle fut.résumée dans ses grande lignes et synthétisée en ses principaux passages, la très belle conférence de M André Siegfried.Son effet a été grand, son succès chaleureux et pleinement justifié.Les bravos qui avaient souligné les paroles élogieu ses par lesquelles M.Serrurier présenta le conférencier à son auditoire, se sont renouvelés avec un enthousiasme doublé par le plaisir éprouvé, sur une vibrante péroraison.A.H.LES cm à PUS Commissariat-Général du Gouvernement du Canada à Paris (8*), iO, rue de Rome (au premier à droite).Adresse Télégraphique : Stadacona-Paris.Téléphone : 211 03.Inscrits au Commissariat - Général du I Gouvernement du Canada à Paris, 10, rue de Rome : M.et Mme K.J.Parke, London.27.rur tirs la /uses-Saint-Martin.NI.Jules I.areau, Montréal.It, me (hidinot.Madame et Mlle I.areau.Montréal.IC me ( hidinot.M.et Mme P.Bnisset du Nos, Montréal.1 i.rue ( hidinot.Mme K.F.Stephenson, Winnipeg, 2 1, avenue de la (îrande-Armèe.Mlle Geraldine Stephenson, Winnipeg.2/.avenue de hi librairie Henni hemin.Montréal.D\u2019autres diront I élévation et le aime qui régnent dans les poesies d\u2019Alfred G.iiueau.noteront le tour facile et gracie u x de ***\u2022> ' \u2022 je ne songe en les lisant qu'au poete lui-inétne.plus poète* dans ses sentiments 1; \u2018 -mes.en toute son exquise nature, que t qui sera sillonné de voies ferrées dans trois ou quatre années Sont-ils plus nombreux ceux qui savent que déjà dans ces contrées splendides, salubres et riches, il y a «les groupements etnadiens-français nombreux et prospères ! A t ! 1.\u2019Ouest n\u2019est pas suffisamment connu.Pou r combler cette lacune, Le < Iockkikh dk «.\"< )uesi , 1«'si intéressant journal d'Kdmonton, va éditer sous peu un superbe numéro spécial, consacré uniquement a la description écrite et illustrée des merveilleuses plaines «le l\u2019Ouest.Toutes les informations abomleront et près avoir lu ce numéro on saura ce qu est le Nord-Ouest et quels avantages immenses il otfre à tous.Ce numéro «le luxe sera envoyé gratuitement à toute personne qui enverra son a«tresse, accompagnée
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