Focus : Saguenay Lac St-Jean, 1 janvier 1977, Juillet - août
vol i mo juiiietmoutm gjjOyMjr Saguenay Lac-St-Jean ¦Ml warn WMaiW [ -I I'-' ^ t* E ckns -tv ¦r __r u .* HNnK Notre page couverture Photo: Michel Gauthier Montage: R.Langevin FOCUS Vol.1, no 3 Directeur: Bernard Potvin Responsable à la rédaction: Daniel Hébert Conception et réalisation graphiques: Richard Langevin Secrétaire: Maude Laflamme Gestion: Daniel Cyr Journalistes: Allan McClean Yves Caron Jean-Guy Girard Jocelyn Page Collaborateurs: Pierre Demers Marc Bégin Paul Villeneuve Réjean Tremblay P -Guy Bégin Bande dessinée: Serge Desbiens Imprimeur: Imprimerie Le Progrès du Saguenay Collaboration technique: Claire Pagé Guylaine Emond Publicité: Jocelyn Pagé Daniel Hébert Bernard Potvin Distribution: Jocelyn Pagé Conseiller juridique: André Truchon ¦ Remerciements: Michel Gauthier, Marcel Roy, Alexandra, Marie-Suzanne Gay, Marlène.Bill, Pierre, Vallier, Serge et les autres.La revue FOCUS est publiée à Jonquière, 290, rue Saint-Dominique.Toute reproduction des textes, photos, dessins, est la propriété de Focus qui se réserve tous droits de reproduction et de traduction, sauf dans les cas où l’on indique les références.I % % éditorial ( chroniques tournee des festivals 18 entre le sentier et le rapide 23 la chasse photographique 27 retour à la terre photographe 38 salut! la parente cine-parc 45 caricatures 48 cinema 52 53 écriture 57 bande dessinée 63 calendrier 3 Abonnement à Focus Focus a besoin du soutien de la population du Saguenay-Lac-St-Jean pour exister.C’est votre seul mensuel culturel.Il en tient donc principalement à vous de le garder bien vivant.Douze dollars par année, ce n’ est pas plus dispendieux que de l acheter au kiosque à journaux, et c’ est moins cher qu’une liqueur par semaine.Nous, ça nous assure la continuité.Abonnement annuel régulier.$12.00 Abonnement annuel de soutient .$20.00 REVUE FOCUS, 290, ST-DOMINIQUE, JONQUIERE — G7X 6L2.TEL.: 547-3245.NOM:- ADRESSE: VILLE:- AU VRAI CENTRE de la PHOTOCOPIE DEMANDEZ LA USTE DE PRIX A VOTRE MAINTENANT DISPONIBLES: TOUTES LES PHOTOCOPIES 'POSSIBLES - IMAGINABLES" DONT VOUS AVEZ BESOIN 545-4474 NOUS LES PHOTOCOPIONS ET RASSEMBLONS EN UN RIEN DE TEMPS PENDANT QUE VOUS ATTENDEZ; TOUT CELA POUR PRESQUE RIEN! IMPRIMERIE LE PROGRES DU SAGUENAY LIMITEE 316 avenue Labœcque — CHICOUTIMI Tel 545-4474 ECOLE D’EQUITATION SAGUENAY INC.k-fV.^ ÿy-j.rû :s» ïîV Laterrière Rang Saint-Isidore Tél.: 418-678-2688 ( yHv J 1580 XF , XX-, «o»> CBJ/Fm 100,9 '*«’ CBje/Fm 1079 OBjet canal 58 uhf radio-canada au saguenay — lac-st-jean aas* -VW*; - 1«*gBS£'¦ le, ue,v)t ô^vjs U*> ooiles, focus, ooos sootoite ou Gh3\eoft- he,oRQ,o¥.£\£ ¦ Photo: Michel Gauthier - \b peroe-roue- On a dit à plusieurs reprises que la revue Focus n’était pas assez axée sur la nouvelle et trop sur l’histoire.C’est maintenant quelque chose de connu et presque de remâché que l’accumulation de nouvelles ne fait pas nécessairement de l’information.Ce n’est pas au téléjournal que l’on comprend les événements, mais bien aux émissions de fond qui, il faut l’avouer, se font rares.Focus étant un mensuel et non un quotidien (ça semble difficile à comprendre), une part de sa spécialisation ira aux dossiers actuels et historiques.Si certains peuvent contester que l’histoire ait un sens, il n’en demeure pas moins qu’elle a une logique: elle a été tissée de mains humaines.A vouloir se confiner à l’événement, on s’inscrit dans l’abstrait.De plus, à qui cela fait-il l’affaire?Jeux Olympiques des sept erreurs Les réponses aux jeux des sept erreurs ont été si nombreuses qu’elles rempliraient aisément l’espace entre les deux lettres centrales du mot parti-cipation.Ce n’est qu’un début, continuons le débat.Personne ne se méritera l’abonnement d'un an dont nous voulions gratifier le gagnant.Ce mois-ci, le jeu consiste à identifier le lieu où a été prise la photographie ci-dessuset à donner la signification du mot indien qui a été emprunté pour nommer cet endroit.Il y aura donc deux gagnants, ce mois-ci, et ils se mériteront un abonnement d’un an à la revue et, spécial vacances, un beau T-shirt FOCUS.Dans tout son travail d’animation, le groupe Focus va non seulement publier des revues mensuelles.Il produira, également, des expositions, des ateliers, des spectaclés.A cet effet, Focus a déjà produit un premier spectacle qui s’est tenu à la Station d’Ar-vida, le 22 juin, avec le groupe “Partout”.C’est un groupe de musiciens d’un peu partout dont deux sont de la région du Saguenay, deux de la Gaspé-sie, deux de Québec et un de Montréal.Ce fut un spectacle de musique traditionnelle et accoustique, ainsi que du blues: spectacle qui augure bien et ouvre la voie pour d’autres réalisations analogues, à l’automne.Dans ce même esprit, Focus recherche des dessinateurs régionaux, afin de nourrir une exposition itinérante de bandes dessinées régionales à l'automne.Egalement, dans tout ce cheminement d’animation et de diffusion, Focus organisera à l’automne et en hiver, différents ateliers et colloques portant sur des aspects qui nous touchent culturellement, tels le théâtre, le cinéma, l'édition, les politiques culturelles du ministère, etc.Tous les organismes culturels ou personnes oeuvrant dans le milieu sont priés de communiquer avec nous ou de nous faire parvenir leurs idées et suggestions.Focus et son équipe profitent donc de la période estivale de relâche, afin de préparer une nouvelle saison des plus riches en animation et en publications.Nous espérons ainsi que vous profiterez de l’été, afin de vous reposer bien sûr, mais également, afin de vous préparer à “embarquer” en septembre dans ce nouveau mouvement culturel qui ne pourra se faire sans votre collaboration.Pour toutes suggestions, idées, photographies, bandes dessinées, spectacles ou tout autre événement qu’il vous intéresse de promouvoir, Focus demeure toujours au 290, St-Dominique, Jonquière 6 O LA BASE PLEIN AIR ST-GEDEON "Une croisière en voilier, ce n'est pas demain la veille que j’en ferai une.” C’est ce que doit se dire la majorité de la population et elle a raison.Sauf si elle s’inscrit à une des croisières organisées par la Base plein air de St-Gédéon.Cette dernière, l’une des mieux organisées au Québec, nous offre la possibilité de participer à toutes sortes d'activités de plein air.A l’origine auberge de jeunesse, la BPASG n’a cessé de subir des transformations pour devenir ce qu'elie est aujourd’hui; une base plein air offrant ses services l'hiver comme l'été.Cette longue métamorphose s'est opérée à travers PEN, PIL, PJ, et bien d’autres que je ne connais pas et devrait se terminer vers les années 80.La Base de plein air offre maintenant ses services aux municipalités allant de Dol-beau jusqu'à Jonquière.Les enfants et les adolescents, par l’intermédiaire de leurs services municipaux de loisirs, peuvent ainsi goûter au plaisir de la voile croisière, de la voile dériveur, de la spéléologie (étude des cavernes et grottes), du canot camping, du canot voyageur, du kayak de plat, de l'escalade.Chaque municipalité peut offrir comme elle le désire une ou plusieurs de ces activités.C’est donc à une forme de loisirs autre que le sport compétitif que la BPASG convie les enfants, adolescents et adultes.Les taux journaliers varient entre $8 et $9 pour les services d'animation, d'hébergement, la nourriture et l'équipement ne devraient pas être de nature à décourager plus qu'une faible partie de la population.On ne peut que souhaiter la multiplication de ce genre d'institution et en féliciter les instigateurs.Le “beau lac tout bleu” que nous propose l'équipe de la Base plein air doit leur sembler encore plus beau depuis qu'un article du numéro de "Québec Science", l'a partiellement lavé de forts soupçons de pollution qui pesaient sur les eaux.Une raison de plus pour profiter des services de la Base de plein air de St-Gédéon cet été.J.G.G.LA ST-JE AN AU MONT FORTIN VIA LA P.P.R.Prendre des ententes pour organiser sainement un spectacle au mont Fortin n'est sûrement pas une tâche d’amateur.Pourtant, les Productions de la Plogue Rose (petit organisme saguenéen à but non lucratif) avec peu de moyens, s'en sont fort bien acquittés.Les Productions de la Plogue Rose est le regroupement d’une dizaine de personnes qui se sont donné le mandat, il y a trois ans, d'animer coûte que coûte le monde du spectacle à Jonquière.Pendant ces trois années, la P.P.R.a produit une vingtaine de spectacles nationaux dans divers établissements de Jonquière (église St-Dominique, salle François-Brassard, la Talle, etc.) sans jamais quérir de salaires.Cette année, le spectacle du mont Fortin était une de leurs réalisations.Spectacle que je n’ai pu voir avant de mettre sous presse mais qui semble s’acheminer vers un succès (à moins qu’il n’y ait eu une tempête de neige le soir du 24 juin).D’abord, deux soumissions de programmation de spectacles avaient été déposées à la SSBJ d'Alma pour Jonquière.Premièrement celle de l’agence Desmeules qui devait présenter, en vedette, Claude Dubois.Et en deuxième lieu, la soumission de la P.P.R.qui devait mettre sur scène Lanford, Gauthier, B.-S.Broussard ainsi que trois groupes de la région.Le projet de l’agence Desmeules fut d’abord accepté par la SSBJ.On désista alors la soumission de la P.P.R.Ceux-ci firent automatiquement annuler leurs contrats les reliant à la promesse de location du système de son (au coût de $2,000) et des artistes.Plus tard, la SSBJ d’Alma communique avec la P.P.R.et fait savoir que "leur projet" est maintenant accepté: L’agence Desmeules fait face à une surcharge de productions pour le 24 juin et s’aperçoit que "Claude Dubois est en Europe jusqu’au 25 juin”.L’agence décide donc de revoir ce contrat avec la SSBJ.La P.P.R.accepta de prendre la relève et Guy Desmeules s'avoua satisfait de laisser aller le contrat du spectacle de Jonquière.Il pourrait alors s’occuper davantage de ses spectacles à St-Félicien et à Alma.Pris au dépourvu, la P.P.R.dut faire vite pour renouer les contacts de location de systèmes de son et d'artistes.On dut même aller jusqu’à Montréal pour trouver une entreprise de "location de son" avec du matériel encore disponible pour le 24 juin (maintenant pour $3,000).Certains artistes avaient signé ailleurs (Gauthier).Mais soit, on trouva bien le moyen de s’organiser autrement.La P.P.R.reçut $1,200 d'honoraire brut pour l’organisation du 24 juin au mont Fortin.Ce montant est en caisse et sera réinvesti dans les prochaines productions.D’ici là, la P.P.R.se cherche toujours des locaux pour opérer.Espérons qu’ils en trouveront un.La santé du monde du spectacle de la région en dépend presque.Y.C.'Il -O.Ull Il 'Ullll DE L’AIR, DE L’EAU ET DE L’ART Enfin, du nouveau à Chicoutimi cet été: un coin de terre en bordure du Saguenay, spécialement réservé aux artisans et artistes locaux.En effet, tous les dimanches après-midi, au coin des rues Mgr-Racine et Bacon (secteur Rivière-du-Moulin), un groupe de créateurs se donne rendez-vous pour y exposer leurs travaux.Tous ceux qui sont intéressés (peinture, dessin, photo, céramique, émail, batik, tapisserie, sculpture, macramé.), n'ont qu’à se rendre au bord de la rivière Langevin (entre le pont et le Saguenay) et y exposer leurs dernières créations.L'initiative est excellente, surtout qu'elle a lieu au seul endroit du Chicoutimi métropolitain où la population a accès au bord de l'eau; donc, raison de plus pour s’y rendre.On espère que la population saura encourager nos artistes et artisans-créateurs.Une rue des arts à Chicoutimi: faut pas que ça tombe à l’eau! A.Mc.L’ILE DU REPOS Avec l’arrivée de l’été, plusieurs se retrouvent aux prises avec un mystérieux virus.Le fameux vaccin de la grippe porcine, dont il nous reste plusieurs millions d’exemplaires, n'aurait probablement aucun effet sur ce virus très particulier.Impuissant à guérir les causes profondes du mal, nous nous laissons emporter par la fièvre du départ.Quittant parents et amis, nous empruntons donc les routes déjà pas mal achalandées (d’autres malades) du Québec, du Canada, etc.Pour recevoir ces malades, il s’est créé tout un réseau d'hébergement: hôtels, motels, terrains de camping et auberges de jeunesse pour les moins fortunés.C'est d'ailleurs d'une de ces dernières dont j'ai l'intention de vous entretenir.Une petite île située sur la rivière Péribonka, à proximité de Ste-Monique de Hon-fleur, est utilisée comme auberge de jeunesse.Le Lac-St-Jean est sans doute la seule région à pouvoir se vanter d'avoir une île comme auberge de jeunesse.L'année dernière, pas moins de 2,000 personnes ont séjourné plus ou moins longtemps sur l’île du Repos.Une autre caractéristique de l’île est le fait qu'elle est autogérée à 100%.L’ensemble des travailleurs décident, en réunion générale, une fois la semaine, l’affectation aux différentes tâches.Même celui ou celle qui s'occupe d'administration devra se mettre le nez dans les plats et s’occuper de l’entretien.Il n’y a pas de patron et ça marche! Comme son nom le laisse supposer, l'île est un havre de paix, du moins en ce qui concerne les véhicules motorisés que l’on doit laisser à l’entrée.Les itinérants sont logés dans de petites cabines qui servaient anciennement de motel.On a réaménagé le tout afin de pouvoir accueillir plus de monde et le terrain se prête bien pour ceux qui préfèrent coucher sous la tente.Contrairement aux "centres plein air” qui ont vu le jour un peu partout au Québec, sur l'île, le sport est plus ou moins à l’honneur.Les seules possibilités sont le ballon-volant, un terrain de croquet et l'eau de la Péribonka pour ceux qui désirent se baigner.Pour pallier à ce manque d'activités sportives, on a plutôt axé les divertissements du côté culturel.L’île sera probablement dotée d'un herbier pour ceux qui s'intéressent à notre flore.L’acquisition récente d'un télescope devrait servir à donner une bonne initiation à l’astrologie.En plus des nombreux cours dispensés gracieusement, le soir autour des feux, par les réputés grands parleurs de l'île.L'implantation de cette auberge dans les environs de Ste-Monique n'a pas manqué de faire parler la population locale.Au début, on ne savait trop si c’était une "gang de motards” ou un ramassis de “pouilleux” qui venait de s’installer.A la longue, on a appris à se connaître et malgré les frictions occasionnelles entre voisins, on s’est assez bien acclimaté.Etant donné que l’auberge est située en retrait du village, elle n’a pas eu l’impact social qu’on peut remarquer dans certains villages de Gaspésie ou à Natashquan, par exemple.L’île peut recevoir jusqu’à 80 personnes par jour et contrairement à la plupart des auberges, il n’y a pas de limite de séjour.Martin m'explique qu'il se fait un genre de sélection naturelle.Les gens qui ne s’adaptent pas à l'ambiance s'en vont après une journée ou deux.D'autres qùi sont venus dans la région pour un court séjour se sont si bien adaptés, qu’ils demeurent à Alma, depuis 3, 4 ou 5 ans, sont mariés et auront plusieurs enfants.Si vous n’êtes pas trop exigeant du côté confort, si vous ne détestez pas la nourriture à base d'aliments naturels, si vous n'avez pas peur des moustiques et si vous n’êtes pas tellement fortuné, vous êtes un client potentiel de l’île du Repos.Même si vous habitez la région, les travailleurs de l'île vous accueilleront les bras ouverts.surtout si vous venez en bicyclette.i p EN PASSANT.Il y a du nouveau à Alma depuis peu, en effet, une nouvelle boîte a ouvert toutes grandes ses portes ce' mois-ci.Le nom de ce nouveau club est "EN PASSANT”.Donc, si vous avez envie d’un café, d'un sous-marin ou d’autre chose, vous n’avez qu'à arrêter en passant et vous pourrez trouver sans aucun doute ùne coquette petite table et des gens très gentils pour vous accueillir.Nous avons rencontrer, il y a quelque temps, M.Serge Savard, qui nous a décrit le genre d’ambiance qu’aurait ce nouveau café qui, en passant, est au 138, boul.Dequen, à Alma.Le café EN PASSANT aura un cachet tout à fait québécois, et cela, de par sa décoration dans l’ensemble et aussi de par la personnalité des personnes qui en seront propriétaires.De plus, une autre chose qui sera assez spéciale, les heures d’ouverture de la boîte ne seront pas classiques, en ce sens que EN PASSANT sera ouvert à partir de la fin de l'après-midi pour ne fermer ses portes que très tard dans la nuit.Alors tous les oiseaux de nuit qui doivent errer dans la rue jusqu'au petit matin ont maintenant un endroit où aller avant que le jour ne se lève.Pour distraire tous les noctambules qui iront fréquenter EN PASSANT en début de semaine, Serge Savard nous a confié qu'un peu plus tard, il y aura probablement des spectacles de folk et aussi de chansonniers.Voilà une heureuse initiative qui, nous l’espérons, sera un succès pour ceux qui l’ont réalisée.M.B.8 L’HEPTADE.L'Heptade est une nouvelle galerie d'art qui est ouverte depuis quelque temps dans le centre d'achats Place Centre-Ville à Jonquière.Certains vont penser que c’est un drôle d’endroit pour installer une galerie d’art et que la place des créations de nos artistes n’est pas là, mais plutôt dans un centre culturel, dans une belle exposition chromée et réservée à ceux qui savent apprécier l’art pour l’art.Hé bien, je pense que tous ces gens devraient considérer le problème sous un autre angle.Une galerie d’art dans un centre d’achats n’est pas un scandale en soi, ce n’est pas non plus une insulte aux artistes qui y exposent leurs oeuvres, mais plutôt un moyen pour eux de vendre et donc de diffuser leurs productions.Si nous voyons la chose sous cet angle, on pourrait dire qu’il est heureux qu’une galerie d’art ait son pignon dans un centre d’achats.Cela permet à un plus grand nombre de personnes de voir, d’apprécier l’art et même d’en acheter, puisque les artistes mettent leurs oeuvres là pour les vendre.Il faut que les artistes vivent et il faut aussi que les galeries vivent; voilà pourquoi cette galerie, l’Heptade, est située dans un centre d’achats et aussi parce que c’est de toute évidence, un endroit excellent pour y faire du commerce.M.B.NON.ON N’IRA PAS A OLD ORCHARD CET ETE Le ministère du Tourisme de la Chasse et de la Pêche, lance une campagne publicitaire visant à sensibiliser les Québécois sur l’importance de faire aussi du tourisme chez eux.D’après les dernières statistiques de ce ministère, les Québécois dépenseraient davantage d’argent à l’extérieur de leurs frontières que le touriste étranger ne le fait au Québec.La province est donc déficitaire en ce domaine.Ce ne sont là que des faits, mais il y a aussi autre chose.Généralement les Québécois vont s’entasser pêle-mêle sur les plages de l’état du Maine en été et en Floride l’hiver.Va pour l’hiver, mais l’été québécois offre aussi de nombreuses plages.Alors pourquoi ne pas en profiter?Et renouer les liens culturels avec nos antécédents.Les Québécois savent généralement peu de choses concernant leur histoire, leur environnement et leur culture.Aussi, connaissent-ils la chance dont ils jouissent de vivre dans la province qui recèle une forte fraction de l’eau potable de l’univers.Alors si nous voulons que notre petite culture progresse, il faudra d’abord se parler, (sic), et ne pas aller à Old-Orchad cet été (sic).Y.C.Gagnant du concours de pêche (un abonnement de Focus) UNE BONNE DU LAC A SCIOTTE Parun bon matin, nous sommes partis, Carol et moi, pour les monts Valin: au lac à Sciotte, plus précisément.Rendus là-haut, mon tchum pis rnoé, on commence à pêcher.Le lac fraîchement dégelé est encore entouré de neige.Le temps passe mais toujours rien au bout de la ligne.“C’est pas la bonne heure pour pêcher” Je lance ma canne à pêche dans le fond du canot en voulant- laisser traîner ma ligne.Malheureusement,- ma canne à pêche tombe à l’eau en heurtant les travers du canot.“Ca va bien! Pas de poissons, puis plus de canne à pêche.Bon voyage de pêche, hein!” Toujours est-il que j’emprunte la canne à Carol afin de gratter le fond pour y retrouver la mienne.Mais en vain! Je ne retrouve pas ma canne à pêche mais j’ai sorti deux bons clapins (truites) avec la ligne à Carol.Carol, pas très content (orgueil personnel) insiste pour reprendre son “outil" et pêcher du poisson plutôt qu’une canne à pêche.Il recommence donc à pêcher; mais ça ne mord plus.Après un p’tit bout de frustation, on décide de retourner au sol.Carol lève l’ancre et qu’est-ce qu’on aperçoit-y pas au bout?Ma canne à pêche enroulée .à la corde de l’ancre avec deux bons morceaux de truites bien grasses.Sous le regard combien à la fois frustré et content de Carol, je décroche les hameçons et démêle là ligne.Et nous retournons au rivage pour rejoindre la civilisation.Ce fut une bonne pêche malgré tout.Il faisait un climat, une fraîcheur, un décor et un silence magnifique là-haut.Le poisson était rare mais Carol aura tout de même droit à une truite pour sa tolérance.Bernard Deschênes, 830, Wake, Arvida.IN AT EU RS - DESSINATEURS - DESSINATEURS - DESSINAI Focus est à la recherche de dessinateurs afin de présenter à l'automne prochain une exposition itinérante de BANDES DESSINEES régionales.Si vous dessinez ou que vous avez un certain talent pour la B.D., Focus attend vos planches et dessins au: 290, St-Dominique, Jonquière.G7X 6L2 (418) 547-3245 9 arts tar' lAGER V ^'rr' ï* éW^W^Sti jFiylS™ Les sillos, Québec, octobre 75.125 ASA, F8, 135 mm, 1160 sec.Boîtier Nikon.IW - " iTTff - 7 \•/- - Tjr, P 'it! $ Ay .l-flfc.V ,.3 Jerry Brindle Photographe isolé, Jerry Brindle n'appuie sur le déclencheur que depuis trois ans.Faute de ressources financières suffisantes, il fait de la photographie de façon occasionnelle.Les clichés que Focus vous présente dans ce porte-folio se situent entre l'été 75 et novembre 76.Originaire d’Arvida, Brindle dû quitter la région pour Québec afin d’y trouver un emploi.Il profitera donc de ce séjour dans la vieille capitale pourfixersur pellicule l’environnement qui l’entoure.Revenu au Saguenay, en avril 77, il aimerait améliorer son art et posséder un laboratoire; bref, être plus actif.Définir le style ou le sens aes photographies de Brindle est assez difficile.D’une éloquence presque inexistante, Jerry Brindle peut être qualifié de photographe sobre qui ne parle que par l’image.De tout le matériel photographique qu’il nous a été donné de voir, nous avons pu observer et définir Brindle comme un photographe de l’instantané, du moment.On peut retrouver des scènes de gens en action dans la ville, dans le parc, dans la nature.Le photographe n’est jamais vu par le sujet; c’est un observateur de l’environnement, un photographe du réel.En plus des thèmes explorés (la ville, l’activité quotidienne, la nature), on dénote des études de lignes et de perspectives ainsi que de la recherche au niveau des effets techniques utilisés en photographie.Il fait plaisir à Focus de-présenter ce photographe du silence qui attend et espère en dire davantage.Le photographe Jerry Brindle n’a jamais exposé ses oeuvres mais il est actuellement au montage d’un porte-folio qu’il devrait présenter sous peu à la nouvelle revue torontoise Photo Canada.Il est à noter que plusieurs de ces photographies sont présentées dans ces quelques pages.BERNARD POTVIN >;V ¦3V**» ^'S>?'5.; .*£**¦ TSWw >V»> -~s -J^’S 3S»«S; ££S ^«£54 * Mgy; ,-'* * /•ssKS 5ï*%,«ü ’** -#C':' Salut la parenté Cap-à-l’ Aigle, le 5 juin 1977.Salut les jeunesses, salut fils de Sa-gamo! Ca fait toute une escousse que je pense à vous inviter à venir faire un tour dans Charlevoix.Y me semble en ressassant mes souvenirs que ça fait à peine une saison que mes arrière-arrière-grands-pères sont partis pour défricher.En repassant devant la maison d’Al-bénie Tremblay des Eboulements, hier après-midi, y m’est venu tout un “flash”, y me semblait voir Ermel et ses deux frères en partance pour le Saguenay.Je les voyais embrasser leur père et leur mère, prendre leurs bagages et partir vers la belle misère à la conquête des forêts du royaume.C’est bête l’histoire, c’est si loin et c’est si près.ça fait qu’on a un cousin en Perche1 et un autre à St-Bruno.C’est un peu à cause de l’histoire si je tiens à ce que vous veniez faire un tour dans le rocailleux Charlevoix.Oui, venez faire un tour, passez par le bois, prenez les sentiers qui débouchent à St-Félix d’Otis et mènent jusqu’ici, le bois nous unit toujours, par le bois on est tout proche.Un coup rendu.Ben là.c’est pu trop de mon affaire.Entrez dans le coeur, restez pas sur la pelure, courez après les années d’avant 1838; jouez à l’homme qui court après ses racines. , ¦¦:.'.'s.»/(m.*(rf,wr>'v v- ,¦-A CffWSnXfftft 'Î M»Ü ’ .H mmmâm wmm \sk \'iti 'i ISMi MiMi w\ / OU UeOT RESTER A l'àqe J)g la Pierre * Jet À l'homme ^Destauerdes ( 3— hé cnos.e/ FAUT QU'TOCOWPREUues QO’Si OU PROF EST PAS RéeuqAçé l Pooa iucoupéreoce , I OU S's sur TOOs ui&e 0 .-y- Cinéma super 8 2/CINEMA SONORE PAR ALAN McLEAN Avec l’évolution technologique en matière cinématographique, il est présentement possible de réaliser des films super 8 sonores.Longtemps, le cinéma amateur s’est contenté de reproduire l’image, d’illustrer le mouvement.Aujourd’hui, grâce au son, il peut augmenter la qualité de son produit final en lui donnant un cachet plus réaliste.On ne vit pas dans le silence mais dans le bruit.Il pourra ainsi recréer plus d’ambiance en y ajoutant le bruit de fond.Pour en augmenter l’effet dramatique, il y ajoutera une trame musicale.Enfin, il pourra même se permettre d’y inclure des dialogues.En cinéma muet, le processus de réalisation est simple: prise de vue, montage et projection.En cinéma sonore, il n’est pas beaucoup plus complexe: prise de vue et prise de son, montage image et montage son, et, finalement, la projection.Pellicule et son La première forme de cinéma sonore pour amateur s’est faite grâce à l’événement du magnétophone.En effet, il s’agissait de faire fonctionner le projecteur muet simultanément à un magnétophone.Depuis ce temps, la précision du synchronisme a augmenté de beaucoup.Il existe maintenant des magnétophones se synchronisant au départ avec la cinécaméra puis avec le projecteur.Parmi ces magnétophones, certains sont à bobines tandis que d’autres sont à cassettes; la plupart sont portatifs.En conservant l’idée du magnétophone, un système plus récent a été mis au point.Une mince bande magnétique a été ajoutée le long de la bordure non perforée de la pellicule; on retrouve maintenant sur le film, l’image et le son (voir illustration).Il suffirait ensuite de construire un projecteur et un magnétophone dans un même boîtier.Le projecteur reproduit l’image et la tête magnétique du magnétophone reproduit le son.Ce système est aujourd’hui le plus répandu chez les manufacturiers, et, par conséquent, le plus populaire chez les cinéastes amateurs.Un système analogue a été mis au point, mais avec un son optique (par opposition au son magnétique).Le projecteur est muni d’une photoélectrique permettant la reconstitution du son logé le long de la pellicule sous forme d’oscillation translucide.Ce système est généralement employé pour la reproduction industrielle de films à caractère éducatif et est issu d’un film ayant préalablement été tourné selon une des deux premières méthodes.Nous ne considérons dans cet exposé que les équipements permettant la production de films super 8 à piste magnétique couchée le long de la pellicule.Prise de vue et prise de son Les caractéristiques de la cinécaméra restent les mêmes qu’en cinéma muet.Il faut donc réaliser des prises de vue en tenant compte de toutes les nécessités esthétiques indispensables à un bon film: cadrage, prise de vue, couleur.En plus de l’image, on doit songer à l’enregistrement du son et s’assurer de sa qualité, que ce soit pour un simple bruit de fond ou pour un dialogue.De la même façon que pour les supports des lampes, il faut tenir compte de la disposition des microphones, ceux-ci ne devant jamais pénétrer dans le champ de la cinécaméra.On vérifie la qualité sonore de l’enregistrement magnétique en utilisant des écouteurs.Pour l’enregistrement simultané du son, deux systèmes sont disponibles.Le premier, communément appelé “le système simple’’, consiste en une cinécaméra ayant un magnétophone incorporé au boîtier.Celle-ci utilise une pellicule ayant une bande magnétique pré-coupée (le développement du film n’altère en rien la qualité du son).Le second système, appelé “système double”, utilise une cinécaméra et un magnétophone séparément (les deux étant reliés par câble).Les deux appareils sont synchronisés dans leur fonctionnement par un signal électromagnétique émis soit par la caméra, soit par le magnétophone (selon les différentes marques).Montage de l’image et du son En cinéma sonore, le montage est plus complexe: en plus du réarrangement des images, il faut y ajouter le texte, la musique et les effets sonores.Dans le cas d’un documentaire, le synchronisme n’a pas à être extrêmement rigoureux, mais pour ce qui est des coups de marteau du menuisier, du dialogue entre amoureux, le synchronisme doit être parfait, sinon le film sera difficile à regarder et l’auditoire s’en lassera vite.Il existe à cet effet un système de montage simple pour la réalisation de film ayant été tourné avec le système simple.Il s’agit d’une visionneuse-colleuse munie d’une tête magnétique permettant le montage sonore.Aujourd’hui, plusieurs visionneuses peuvent s’accommoder d’une telle tête de lecture (en option).48 Mais pour réaliser des montages plus sophistiqués, il faut se tourner vers le système double: c’est une visionneuse munie de plusieurs têtes magnétiques (voir illustration).Selon le nombre de bandes magnétiques qu’on y retrouve, on pourra synchroniser simultanément l’image, le bruit de fond, la trame musicale et le dialogue.Quand le montage est réalisé, il s’agit de transférer le contenu des bandes magnétiques sur la piste couchée le long de la pellicule.On est maintenant prêt pour la.projection.Notons qu’il n’est pas nécessaire d'utiliser une cinécaméra à système double lors de la prise de vue, un appareil à système simple suffit: il s’agit de transférer le son sur une bande magnétique et d’utiliser celle-ci sur une visionneuse à plusieurs pistes.Projection Encore une fois, il s’agi^d’un appareil muni d’un magnétophone permettant de reconstituer le son et l’image.Outre les qualités optiques et mécaniques, il faut rechercher celles qui ont rapport au son: qualité de la tête magnétique, possibilité d’enregistrement, prise phono, prise micro, haut-parleur externe.Notons qu’il y a certains projecteurs qui sont munis simultanément de lecteur magnétique et optique.Possibilité accrue par l’événement du son L’utilisation conjointe de l’image et du son permet d’utiliser le super 8 d’une manière plus réaliste.En effet, l’utilisation judicieuse du son permet de créer l’atmosphère, de renforcer l’aspect dramatique, de donner plus de vie à nos films, que ce soit par la restitution du son original ou par l’enregistrement d’effets sonores.Il existe même des projecteurs sonores stéréo qui permettent non seulement de s’amuser avec l’image mais de créer des effets sonores extrêmement réalistes (passage du train.) Il y a une foule d’appareils cinématographiques, de monteuses et de projecteurs que l’on peut utiliser au cinéma super 8 sonore.Les thèmes à exploiter ne manquent pas, il s’agit de se servir de son imagination (ou de celle des autres).En guise de conclusion, disons que pour faire un bon film, c’est le cinéaste et non le prix de son équipement, qui importe.— Système simple: magnétophone intégré au boîtier.— Système double: plus coûteux mais plus versatile.— Pellicule sonore munie d une piste magnétique eBbë, 1 üm — Monteuse ayant trois pistes sonores, elle permet le mixage des bruits de fond, de la trame musicale et des dialogues avec une synchronisation parfaite. A propos de nos réalisations cinématographiques régionales On serait tenté de croire qu’au niveau des réalisations cinématographiques, la région du Saguenay-Lac-St-Jean fait figure de parent pauvre.Existe-t-il des réalisations purement régionales ou bien si la production vient uniquement de la métropole montréalaise?En réalité, il existe des cinéastes et réalisateurs régionaux qui sont peu connus de la population.Le plus connu et certes le plus actif de ces “pionniers” du cinéma régional est Claude Bérubé.Anciennement réalisateur à CKRS-TV, Bérubé et son équipe ont réalisé et réalisent encore aujourd’hui la série “Réseau Soleil” (1) qui est diffusée au niveau national.C’est une série de documentaires pour la télévision visant à faire connaître les différents visages économiques, sociaux, culturels et politiques de nos régions.En faisant un rapide inventaire des productions régionales récentés, on découvre également les réalisations de Michel Lemieux dans le cadre des productions de Multi-Media (2).On peut également retrouver les tentatives de l’ACA-RISS (Association des cinéastes amateurs riches d’idées mais sans le sou) et de la coopérative cinématographique Cinébec d’il y a quelques années.Ces deux derniers projets ayant" avorté principalement pour des raisons économiques.Radio-Québec, dans le cadre de son programme de régionalisation, a contribué à la réalisation de trois émissions de trente minutes (3) l’automne dernier.L’équipe de production d’alors était dirigée par Claude Bérubé, assité de Guy Lamontagne à la régie; de Gaston Grosjean à la caméra; de Bernard Potvin, assistant à la caméra; de Marie-Josée Desjardins, script; et d’Alain Comeau au son.A cette époque, on en était à la première expérience de régionalisation de Radio-Québec au Saguenay-Lac-St-Jean.Les résultats se sont avérés plus ou moins un succès pour différentes raisons.La première de ces raisons étant le fait que les décisions budgétaires et techniques face à la production provenaient de Montréal (ce qui entraîne des délais temporels sérieux), et qu’à Montréal, on peut difficilement être conscient des difficultés rencontrées ici.Une deuxième raison, qui découle de la première, est le fait que le tournage de ces trois émissions se soit effectué en six jours seulement et simultanément; ce qui est très peu pour une heure trente d’émissions.Toutes ces conditions ont amené une qualité inégale au niveau des trois émissions.Suite à cette expérience à la fois positive et négative (mais combien constructive) Radio-Québec poursuit son travail de régionalisation.Cette année, trois émissions seront réalisées dans la région.On en est présentement au tournage et une nouvelle équipe a été formée.Elle est constituée de Michel Lemieux à la réalisation; de Claude Bérubé, assisté de Cari Brubaker, à la caméra; de Constance Si-rois, script; Jean-Marc Lapointe, ingénieur du son; de Jocelyne Brault et Louise Bergeron, recherchistes.Il semble que les conditions de tournage de ces émissions se soient améliorées suite à l’expérience antérieure.Cette année les réalisations traiteront principalement de la prolifération des centres d’achats et de Piékouagami (Lac-St-Jean) avant et après.Il reste à espérer que la qualité des émissions soit améliorée et que d’autres organisations, en plus de Radio-Québec, produisent et réalisent des émissions ou métrages régionaux.Il est temps que des organismes de communication tels CJPM-TV, CKRS-TV, l’Office du Film du Québec, l’Office National du Film, ou quelques généreux mécènes se mettent à la tâche afin de produire des documents purement régionaux.Ne serait-il pas plus intéressant pour les consommateurs de télévision de voir un documentaire sur la pêche à la ouananiche, sur la vie des Indiens de Pointe-Bleue ou sur le travail de tel artisan ou créateur plutôt que de revoir la série “Papa a raison” (série anachronique qui dure depuis trop longtemps) ou d’autres séries américaines qui ne font que perpétuer notre dépendance, notre ignorance et notre aliénation! Peut-être sera-t-il possible, un jour, de voir nos chaînes de télévision diffuser plus d’émissions nous touchant davantage et que, finalement, la région pourra se doter d’une cinémathèque où tous les documents seront disponibles à tous!!! (1) La série Réseau Soleil porte désormais le titre de “Reflets d’un pays”.(2) Série de treize émissions éducatives visant à faire connaître les gens et les groupes qui sont actifs au niveau de notre identité ou développement régional.(3) Emission #1; “L’homme d’ici” ou la mentalité saguenéenne.Emission #2: “Un laboratoire” ou la région-pilote.Emission #3: “L’économie régionale” ou la situation de l’économie du Saguenay-Lac-St-Jean.Bernard Potvin Filmographie régionale depuis 1965 1965: “Carnaval en chute libre”, de Guy Bouchard.L-M.1965: “Le Saguenay, mon pays”, de Marc Ellefsen, 40 min., documentaire touristique.1965: “Le Carnaval du bout du monde”, de Marc Ellefsen, documentaire vendu à Radio-Canada.1965: “Ti-Ken et le plan mystérieux”, de Roger Laliberté, L-M pour enfants.1966: “La traversée à gogo”, de Marc Ellefsen.50 {Le critique cinématographique au Saguenay-Lac-St-Jean) 1966: “Couloir-CEGEP”, de Claude Bérubé.196è: “Savoir Cinquième”, de Jean Gagné.1968: T-Bone Steak chez les mangeuses d’hommes”, de Hugues Tremblay.1969: “Là ou ailleurs”, de Jacques Leduc, O.N.F.1970: “Un lendemain comme hier”, de Maurice Bulbulian, O.N.F.1971: “Regard sur l’enseignement professionnel” de Michel Desmeules, production de Cinébec.1971: “En ce jour mémorable”, de Maurice Bulbulian.1972: “Vivre en français”, de Claude Bérubé.1972: “Soudain à Saint-Jean-Vianney”, de Henri Stadt, O.F.Q.1972: “Pas de jeu sans soleil”, de Claude Bérubé, L-M.1972: “Timi vous embrasse”, documentaire de Michel Belaeif.1972: “Détour”, de Paul Alman, L-M.1973: “Au Boutte”, de Roger Lali-berté.1974: “Un royaume pour tous”, de Jacques Collin, O.F.Q.1974: “Débarque-moé au lac des Vents”, de Michel Gauthier.1975: “Jos Carbone”, de Hugues Tremblay.1976: “Bâtir une économie coopérative”, de Claude Bérubé.1976: Documentaire sur Louis Pitou Boudreault, de Michel Brault et André Gladu.Cette filmographie peut être complétée par toutes les pellicules et documents que possèdent les stations de télévision et ceux que nous ignorons.Source: Pierre Demers Le critique de cinéma, ou si vous préférez la profession de journaliste spécialisé en cinéma, survit difficilement hors Montréal et Québec.Pourtant, dans ces villes des régions dites “ressources”, il se pratique aussi, comme partout ailleurs, un commerce cinématographique assez lucratif, merci.Les salles commerciales de cinéma se remplissent et se vident, semaine après semaine, au gré des programmes doubles.Les “consommateurs” de films ici comme là-bas (toujours Montréal et Québec) auraient avantage à consulter des informations précises, des jugements, de la documentation écrite sur les films qu’on choisit pour eux.Car, le métier de critique cinématographique ne vise pas autre chose.D’abord faire en sorte que le spectateur de cinéma puisse lire entre les réclames publicitaires des films que publient les journaux et qu’affichent les devantures des salles.Quoi de plus sain pour la pratique de spectateur de films de vérifier ce qu’un film à l’affiche apporte de nouveau?De connaître un peu à l’avance les intentions de ceux qui ont fait le film en question?De voir venir le film un peu d’avance?J’imagine que le critique de cinéma le moindrement perspicace espère aider dans ce sens les spectateurs qui le lisent.Mais, ici, c’est plus difficile de pratiquer ce métier qu’ailleurs.En principe, les journaux de la région, les media électroniques ne peuvent (ou ne veulent?) se payer un critique de films patenté.On va demander à un journaliste polyvalent qui couvre le culturel d’aller voir des films et de faire, irrégulièrement, des papiers dessus ou d’en parler.Pour le reste, c’est-à-dire, le plus important, on s’abonne au service de critiques moralisatrices de l’Office des communications sociales et on s’y fie.Quand le film a une forte réputation, on permet au journaliste spécialisé en tout art d’en faire une critique.La plupart du temps, celle-ci tombe dans le beurre, car le film a quitté l’affiche.Dans un hebdo comme le “Progrès-Dimanche”, on s’entête à y préparer avec un certain soin, il faut l’admettre, des critiques de films plus personnelles qui nous fournissent des comptes rendus trop tard.La plupart du temps, les films critiqués sont retournés à Montréal quand le journal paraît.C’est une information louable, mais complètement inutile en terme de service à rendre aux spectateurs.Un critique de films qui veut faire du bien (i.e.contester les affiches publicitaires racoleuses et mensongères) s’arrange pour parler des films à l’affiche, au moins.C’est certain qu’ici les pré-visionne-ments pour journalistes se font rares.Mais, je trouve plus utile pour le lecteur de lui fournir un bon communiqué de presse sur un film à l’affiche qu’une critique de films disparus.A Montréal et Québec, les films ont habituellement des carrières plus longues.Les critiques peuvent se permettre de souffler un peu avant de publier leurs papiers.Ici, c’est plus risqué.Si l’on souffle trop, les bons films disparaissent comme les spectateurs devant les films québécois d’auteurs.En somme, l’information cinématographique se fait mal dans la région, surtout parce que les journaux et les media privés ont souvent peur de perdre leur crédibilité publicitaire.Car, c’est payant le cinéma.La preuve: qui plus que les salles de cinéma tapissent de leurs annonces les cahiers “artistiques” des journaux d’ici?PIERRE DEMERS 51 «rt_________ Le marchand de velours PAR ALAN MCLEAN C’est avec le retour de l’été que réapparaissent les expositions extérieures.Parmi ces manifestations culturelles, soulignons les vendeurs itinérants, marchands de peintures sur velours.Pendant tout l’été, au coin des rues les plus achalandées, on pourra voir un paquet de “peintures” à vendre.Moi, qui pensais que l’été était la saison de la vie, de la douceur, de la beauté.C’est peu encourageant pour ceux qui viennent de l’autre côté des Lau-rentides.Il suffit de peu de chose pour permettre à l’homme de la rue de jouir de l’art (?).D’abord, il faut que le vendeur ait un petit air d’artiste: un vieux “blue jean”, un “T-shirt” blanc foncé, les cheveux mi-longs en broussaille et une barbe (facultatif).Avec cette allure de parfait marchand de velours, il suffit de posséder un vieux panel (la couleur importe peu) pour transporter les oeuvres des divers sites appropriés de la région.Pour ce qui est des oeuvres, tous ceux qui n’ont pas de talent peuvent réaliser d’excellentes peintures sur velours (telles que celles qui sont exposées).Premièrement, il faut du velours.Deuxièmement, il faut que le tissu soit mal installé sur un faux cadre fragile: pas assez tendu, ligne du tissu non parallèle avec la bordure, défauts dans le tissu.Pour obtenir une bonne finition, il faut se servir d’un cadre qui est laid, c’est indispensable.Pour ce qui est de la peinture en elle-même, il faut utiliser les couleurs telles qu’elles sont dans le tube: les mélanges complexes et savants de couleurs ne se prêtent pas bien à la vente.De plus, n’utilisez que des couleurs vives qui contrastent drastiquement avec la teinte du velours que vous avez choisie.Pour étendre la peinture, on peut utiliser un pinceau ordinaire mais la spatule fait beaucoup plus professionnel.Quand la peinture est terminée, il s’agit de la laisser cuire pendant trois heures au soleil.Lorsqu’elle est bien pâle, vendre.Maintenant qu’on sait un peu comment procéder et les matériaux à employer, il suffit de retrouver quelques thèmes à exploiter qui feront le bonheur des futurs acheteurs.Si on est romantique, je suggère un petit paysage, un lac, une montagne, peut-être même un ruisseau en cascade.Mais si on est vraiment romantique, qu’on fasse comme tout le monde: du nu.En effet, une femme nue, dans une posi- tion semi-pornographique, ayant les mamelons en érection, se vend bien mieux qu’une barrette, un Moisan ou encore un pot de fleurs?D’ailleurs, les acheteurs vont la suspendre au-dessus de leur lit afin de stimuler leurs relations hétérosexuelles privilégiées.De toute façon, un nu sur velours va très bien dans un appartement meublé en colonial: les deux sont laids.Soulignons qu’il est possible de sauver beaucoup de temps et de travail en faisant affaire avec une compagnie internationale, spécialisée dans la fabrication industrielle de chefs-d’oeuvre sur velours.Elle se charge de tout produire, il ne vous reste qu’à les vendre.En fait, une toile d’environ 2 par 4 pieds se vend $19.95! Si vous en achetez une, vous en obtenez une petite gratuitement, quelle aubaine?Il est déplorable que de tels peintres existent.Le pire, c’est que la population en achète.ignorance et sous-développement culturel.Ces peintres sans scrupule devraient être remplacés par des vrais peintres et artisans locaux qui eux, véhiculent la beauté, l’équilibre esthétique, la recherche de ce qui n’est pas à dédaigner, la culture régionale.Il Jh—i y-.'"-»?u«aui msm V ; ¦ • JS-fJf j I “ 52 Le marchand de velours, il m'a joué un vilain tour. Exceptionnellement, la section Ecrits du numéro d’été est occupée par deux textes d’auteurs.Le premier a été originellement publié dans la revue Malafane du Cegep de Chicoutimi et a été commis par Jocelyn Gilbert; il s’intitule “Par une crise de lucidité inexplicable”.Le second est un texte extrait du livre de Kamil Lavoie “L’homme du dedans.et du dehors”.J.P.POUR UNE CRISE DE LUCIDITE INEXPLICABLE Par une crise de lucidité inexplicable, alors même que les festivités carnavalesques tiraient à leur fin, je fus engourdi par l’envie subite de jeter un coup d’oeil à la fenêtre de l’existence (c’est bien un hasard si j’ai pu y voir quelque chose à travers tant de confusion) et je crus y déceler la face du monde.Il me vint alors, en regardant de plus près, une sorte de foutaisie imaginative; je reproduis la face du monde comme le “Bock” de Jonquière avec ses puschers installés là en permanence.Le trouble cervical progressa et je reconnus ces pushers comme étant les sociétés modernes (stupide me direz-vous?j’y crois aussi!) Plus mes cellules travaillaient et plus cela devenait intéressant.Je voyais des waters qui leur servaient des consommations (argent, liberté, honneur, etc.) et croyez-moi, ils en absorbaient; même certains s’en rendaient malades.Leur quantité de drogues était inépuisable et les pauvres intoxiqués venaient en faire provision constamment.Toutes les drogues inimaginables y circulaient: la télévision (provoque de fortes hallucinations et avec le temps, désintègre le métabolisme psychique), les appareils électriques (engourdient les muscles et tendent les nerfs: dangereux pour le coeur), de la musique disco (détériore le système auditif et, à forte dose rend l’usager complètement “tapette”), des automobiles (incitent au suicide), et j’en passe.Je ne décelais aucune loi qui les empêchait de trafiquer et, qui plus est, ils étaient encouragés par les agences gouvernementales.Mais c’est insensé, pensais-je: comment se fait-il que les gens soient aussi dupes d’un tel illogisme?Serait-ce que le monde est à ce point dégoûtant?Toutes ces hypothèses, après ces visions, brinquebalaient ici et là dans ma tête, pensant que si le monde est tellement drogué, il serait difficile de les désintoxiquer.Une seconde crise m’atteint et j’entrevis des jeunes d’allure bizarre.Au dé- but, je croyais que j’avais affaire à des clowns: les cheveux longs et ébouriffés, les vêtements rafistolés un peu partout, la démarche molle et incohérante, mais je m’étais déjà laissé dire (car je connais la race) qu’ils faisaient exprès pour se déguiser ainsi (?!!!).Eux aussi absorbaient de la drogue, mais celle-ci était beaucoup moins dangereuse: marijuana, haschisch, LSD, etc.Je remarquais pourtant une injustice flagrante à propos de ces jeunes.Les overdoses de mes premières visions les empêchaient, avec des lois cruelles et draconiennes, de consommer leur drogue.(11 me semblait pourtant, après toute déduction, que tout le monde avait besoin de drogue pour vivre!) Ecoeuré que ces hallucinations me paraissent si réelles, j’étais décidé à retirer mon regard imaginaire lorsque j’aperçus des gens qui possédaient toutes (.) leurs facultés et qui étaient prêts à remédier cette situation incohérente, mais les apparences sont trompeuses puisqu’à vrai dire il n’y en avait qu’un, et qu’il était bien réel.PENDANT QUE Pourtant, elle tourne (phrase qui ne signifie plus rien aujourd’hui mais qui a fait scandale à une époque où l’homme vivait sur une planète carrée avec le néant aux quatre coins).Elle tourne encore (phrase évidente dans l’esprit des gens qui vivent sur une planète ronde mais qui n’ont aucune notion physique du Temps et de la Trajectoire).Pendant qu’elle tourne (phrase employée par tout Emonde pour indiquer leur moment relatif de vie sur une planète polluée vue sur un écran de télévision Quasar via satellite).Elle tournera encore (série de mots dont le sens n’a plus besoin d’être démontré tellement les hommes sont persuadés des lois qui régissent la mécanique céleste et les orbites).Elle tournera toujours (sons mis à la suite avec signifiant référentiel absurbe mis en abîme dans le néant d’une planète ronde détruite par les lois militaires de l’atome et de la faim).Pendant que vous lisiez ces phrases, elle tournait et vous n’avez même pas eu l’impression de vivre sur une planète — la vôtre — pendant une fraction du Poème.f A V______________J 53 Le centre linguistique via le Canada Seulement pendant la saison estivale 1977, le Saguenay-Lac-St-Jean aura reçu plus de 900 étudiants canadiens anglais, venus s’enquérir de la culture et de la langue de notre région.Pour le Canada anglais, le Saguenay-Lac-St-Jean est sans contredit l’endroit de prédilection pour apprendre le français.De par sa population à plus de 97% francophone et grâce au minimum de contacts avec les 250 millions d’Américains qui l’entourent, notre région devient une espèce de sanctuaire de la langue française en Amérique.Cette situation, bien particulière, entraîna sporadiquement l’apparition de quelques écoles de langue française par immersion.Présentement, nous comptons trois de ces écoles dans la région.De ces institutions se détachent trois blocs d’enseignement bien distincts.Le premier en importance est le cours qui s’adresse aux boursiers du secrétariat d’Etat d’Ottawa.Suivi par les cours donnés aux industriels et pour finir par les boursiers adultes rattachés au ministère de l’Education de leur province respective.Les boursiers du secrétariat d’Etat Dans un premier temps, les étudiants de niveau post-secondaire ou universitaire peuvent s’inscrire au programme de bourse dispensé par le secrétariat d’Etat à Ottawa et géré par le ministère de l’Education de la province, sans nécessairement avoir des pré-requis en langue seconde.La forme d’acceptation est “le premier arrivé, premier servi’’.7,000 bourses sont annuellement acceptées sur tout le territoire canadien.Dans un deuxième temps, l’étudiant s’engage à suivre six semaines de cours par immersion dans un univers totalement francophone.A ces cours sont greffés des ateliers de théâtre, chanson, danse folklorique québécoise, radio, t.v., etc.Les étudiants assistent aussi aux expositions d’art de la région.Les samedi et dimanche font généralement foi de randonnées touristiques.Dans le seul cas des étudiants de l’Université St-Jean d’Alberta, ceux-ci logent aux résidences de l’UQAC.Dans les autres cas, soit en ce qui touche aux étu- 54 diants gérés par le centre linguistique du cegep de Jonquière, ainsi que ceux du service culturel de l’UQAC et du programme de l’Université de Montréal à Desbiens, ces apprentis francophones résident généralement au sein de familles de la région.Les industriels Le centre linguistique du cegep de Jonquière reste assurément le plus gros organe de diffusion du français dans la région ayant à sa solde, 6 animateurs d’été, 9 professeurs réguliers et 20 occasionnels.12 mois par année d’activités en enseignement, alternant des programmes de boursiers et d’entreprises industrielles (Air Canada, Canadien Pacific, Bell Canada, etc.).En fait, le centre linguistique reçoit des élèves de plus d’une centaine de Cies.Les industriels doivent défrayer le coût de l’enseignement par le biais de bourses fédérales rendues directement aux entreprises, soit $360 par semaine par individu, ou individuellement.L’Université de Montréal à Desbiens A l’Université de Montréal à Montréal, on donne aussi le cours de français.Mais comment arriver à l’immersion de l’étudiant dans un monde mi-anglophone?Pour la première année, l’UM décida donc que c’était au Lac-St-Jean que cela se passerait.On entreprit ainsi des démarches avec l’aide de l’agence “vacance-famille” pour trouver des foyers aux boursiers à Chambord.La population de Chambord refusa pour la simple raison que “vacance-famille” n’offrait pas assez (soutirant semble-t-il trop de profits) et que “ça sentait l’Anglais”.C’est du moins l’opinion émise par la Jeune Chambre de commerce de Chambord.La quarantaine de boursiers devront s’accommoder à Desbiens pour suivre les cours de français.Dommage pour eux, car Chambord jouit d’une très bonne réputation pour l’hébergement l’étrangers.L’inter-provincial Dans le cas précis du cours dispensé par l’UQAC à Chicoutimi, on touche à l’échange inter-provincial, sans le truche- ment du gouvernement fédéral.L’UQAC reçoit depuis trois ans des étudiants qui font généralement partie du corps professoral des autres provinces.Ces professeurs du niveau secondaire reçoivent à la fois des cours de langue française et de culture québécoise.La facture est défrayée par la province du bénéficiaire, en l’occurrence, cet été, la Colombie Britannique.Le 53e Etat américain Selon tous les organismes qui opèrent des cours à la langue française par immersion dans la région, la demande d’admission serait sans cesse grandissante, voire même débordante.Cela laisse croire que le Canada se cherche “aussi” une identité culturelle propre.Car, sans le Québec, le Canada n’est plus que le 53e Etat américain.On le sait et on a peur de perdre cette identité canadienne qui est reliée ombilicalement au sort des francophones québécois.Le Saguenay-Lac-St-Jean en est le château fort; chaque village, de clocher en clocher, prend ainsi un regain d’importance qu’il ne soupçonne même pas.Dans cet ordre d’idée, M.MacCal-lum de l’Université St-Jean d’Alberta, faisait allusion aux difficultés de communications que connaît le Canada d’est en ouest: “En Alberta, on n’entend jamais parler du Québec et ici, rien au sujet de l’Alberta.Au niveau politique d’accord, mais au niveau culturel jamais!” Et c’est, selon elle, ce qui creuse un large fossé entre les provinces du Canada.Les cours de langue seconde par immersion apparaissent dès lors comme une approche sérieuse afin de combler ce vide culturel entre les deux peuples canadiens.Ainsi ceux qui veulent conserver le pays tel qu’il est, auront avantage à encourager ces rapprochements bilatéraux.Aujourd’hui, la thèse de souveraineté du PQ fait trembler les Canadiens et on tourne davantage les yeux vers le Québec.Quelqu’un propose soudainement une réponse à la question “What does the Quebec wants?” A nous maintenant de donner une réplique concise à cette vieille question constitutionnelle.YVES CARON Pour une sagesse précoce! Dimanche, 5 juin 1977 J'écris cinq juin avec incertitude et il me faut vérifier la date exacte comme si cela était important.Pour le moment, nos contacts avec des gens de l'extérieur étant relativement réduits, nous vivons selon un rythme bien particulier, et les horaires s’ajustent à nos besoins, deviennent extensibles, au lieu de nous ajuster nous-mêmes aux horaires.La radio nous tient lieu de contact avec le monde organisé et programmé.Je suis fasciné et effrayé à la fois par cette surcompression du temps qui rend la plupart des gens semblables à des girouettes s’agitant dans toutes les directions à la fois.Tout le monde semble attelé comme des chevaux de trait mais les chevaux qui tirent dans des directions différentes, et, ainsi, les forces des uns et des autres s’annulent au lieu de se multiplier.Les amis ne se comprennent pas, les couples s’annulent, les familles, les tribus ou les communes germent sur des conflits permanents.Le gaspillage systématique de l'énergie allié à la dé-personnalisation et à la programmation des individus se poursuit en douce.Et les pouvoirs multiplient les hommes-momies branchés sur les systèmes de contrôle centralisés que sont les media.et tous les circuits électroniques (ou l'usage qui en est fait).Et ceux qui ne veulent pas troquer leur identité contre un sourire Pepso-0 dent ou un voyage sur Mars (dont le coût réel est défrayé par les pays et les zones du Tiers-Monde) se cherchent un lieu à vivre à la périphérie de ce ' 'cauchemar climatisé' ', expression chère à Henry Miller.Toutes les civili- O salions puissantes et riches en sont arrivées a construire des pyramides pour l'usage mythique de quelques dizaines de pharaons, de princes et de ' 'grands de ce monde".en fermes dans leurs délires de grandeur.Mais quand je vois ces monuments célébrés par des historiens et des mercenaires diplômés à la solde directe ou indirecte des pouvoirs, je demeure plutôt silencieux, et tous les petits Malraux du monde entier (même le vrai Malraux que j’ai jadis admiré) me laissent plutôt méditatif et interrogateur.A leur inhumaine grandeur, j'oppose la sueur, la valeur et les rêves quotidiens de ces millions d’esclaves, d’ouvriers et d’employés attelés au chariot de la production, et très souvent, d'une production de prestige ou de gaspillage.Rappelons-nous que la NASA a dépensé 57 milliards de dollars entre 1959 et 1976, pour ses divers programmes d’exploration spatiale.Mais là n’est pas mon propos.Journée de pluie et de bruine; lumière laiteuse; le sommeil nous gagne facilement.Miller, mon chien, s'étire paresseusement dans un coin du chalet.En déjeunant, je palabre avec Jocelyn.Je lui montre mon roman, les quatre cents pages déjà toutes prêtes pour l'édition.La lecture de ce livre qui m’a coûté tant de labeur et de recommencement semble s'amorcer puisque Jocelyn0 “dévore” les soixante-quinze premières pages.Et f ‘ 'arrache' ' mon camarade à sa lecture pour l'amener travailler dehors.Nous creusons une fosse d'une vingtaine de pouces de profondeur et d'environ quatre pieds par trois, destinée à recevoir du ciment qui,servira de base a un jour à poterie.Blandine et moi avons troqué notre projet de jour à pain contre un projet de jour à poterie.Pour ce projet ambitieux, les quelques informations que nous cueillons ici et là, ne suffisent pas, et nous devons inventer et expérimenter sur place.Je me fais un point de fierté de réussir ce projet d’une grande utilité et qui motivera Blandine ma camarade-compagne dans son exploration artisanale de la "terre' Dans ’ notre ardeur.Jocelyn et moi, nous creusons un peu trop profond et je devrai incidemment rajouter de la terre dans le trou.' Décidément, le four sera solidement ancré sur la terre 55 de notre république'.Je vois reconduire Jocelyn jusqu'ou pont couvert ci deux milles d'ici.L'auto dé rope sur lo terre glaiseuse détrempée.Je relis ce que je viens d'écrire et je constate avec étonnement lo fréquence du mot "terre" dons mon texte.Cela devient significatif de notre ancrage dons et sur lo terre, sur lo planète (comme citoyen du monde) aussi bien que sur notre petit coin de territoire.En trois ans, nous aurons séjourné près d'une quinzaine de mois sur ce coin de terre que nous aménageons lentement, avec patience, passion et joie.Au printemps, à l'époque des gros travaux du jardin, de la coupe et du ramassage du bois pour le chauffage, les visites se font rares, épisodiques, mais elles revêtent chaque fois l'aspect d’une petite fête, d'une sorte de ressourcement du coeur et de l'esprit.Puis, au cours de l'été, les visiteurs deviennent plus nombreux et chaque visiteur ou ami est une promesse de nouveaux contacts, de nouveaux sujets de conversations et de longs palabres devant le foyer dehors.Et je songe que nous vivons ici d'une façon frugale, simple et pacifique, en cherchant à créer des rapports harmonieux de travail créateur et de joie avec les gens, les animaux et les choses.Cela prend du temps et exige évidemment des efforts, une sorte d'ascèse, comme tout apprentissage d'un comportement nouveau.Dans l’après-midi, en travaillant dehors, j'entends soudainement des cris aigus et je vois Miller qui tient quelque chose de vivant dans sa gueule.J'ai d'abord l'impression que c'est un oiseau, puis, en m'approchant, je crois que c'est une petite marmotte ou un petit rat musqué.Miller tient l'animal solidement mais délicatement dans sa gueule.' Il semble o bien décidé à garder sa trouvaille de chasse! Mais je lui ouvre la bouche et je suis tout à fait surpris de trouver un petit lièvre! J'alerte Blandine et nous mettons l'animal encore tremblottant dans une boite de carton.Miller frustré cherche un peu partout et travaille du museau à qui mieux mieux! Le voilà qui repart dans le bois et Blandine le suit en lui disant: "Cherche, cherche" .Le chien fouine un peu partout.et trouve un autre petit lièvre.Nous leur donnons à téter du lait qu'on prépare pour Pénélope, notre bébé de quatre mois, et le plus surprenant, c’est qu'ils tètent à même un minuscule trou percé dans un petit sac en plastique! Quant à Miller, fasciné par nos deux nouveaux pensionnaires, il semble les avoir adoptés avec une certaine condescendance.Je le regarde, assis, les oreilles dressées, observant minutieusement ces deux animaux bizarres et tellement petits.Mardi Blandine et moi commençons cette semaine notre système d’alternance pour prendre soin de Pénélope.La présence permanente d'un enfant dans la maison, dans nos déplacements.etc.modifie notre perception des choses et de la vie.Par ailleurs, nos rapports entre Blandine et moi se modifient: nous formons une petite équipe cimentée par une sorte de chaude camaraderie amoureuse.Mercredi La pluie enfin! Mais ce temps nuageux, cette lumière de grisaille ralentissent notre ardeur.Je pense à nouveau à /’ importance de la lumière et des nuances de lumière dans notre vie.La méditation spontanée devant les arbres, principalement, l’an dernier, m’a fait prendre plus amplement conscience que nous sommes aussi en partie des arbres d’autant plus fragiles que plus complexes.Et le processus fondamental de la photosynthèse est sûrement très important dans notre vie.Je pense à ces gens travaillant dans l'Arctique et qui se levaient vers trois heures du matin pour voir poindre le soleil pendant quelques minutes à l'horizon! Chaque matin, comme une sorte de rituel, nous arpentons le jardin.Des fèves qui émergent là, des jeunes pousses de carottes ici, fail qui pointe, le blé d'Inde qui germe allègrement grâce à une couverture de plastique, les radis qui seront bientôt prêts à manger, les épinards qui poussent an ralenti à cause des chaleurs et surtout, à cause du manque de matière organique que l’eau a charriée au bas d'une partie du jardin qui, d'ailleurs, est trop sablonneuse.Et le reste, le reste.où j’essaie d'articuler le travail manuel avec le travail intellectuel: le bois à couper, l'agrandissement du chalet, la construction d’une citerne en béton, des cours à préparer sur Wilhelm Reich, une pièce de théâtre à écrire pour l’émission Premières de Radio-Canada, et des lectures diverses à continuer: Lanza de! Vasto, Gaston Bachelard, Arthur Koestler, Edgar Morin, Marx, etc.Et finalement, au-delà du survivre, peut-être atteindrons-nous en certains moments privilégiés ou en permanence une zone de lumière et de plénitude, ici et maintenant, pendant les quelques courtes décennies que dure notre vie d'homme alternant entre la démence précoce et la sagesse trop précaire.! Paul Villeneuve, écrivain LA SOURCE ?¦yg£a V/ÀA Lvs&5 ••ÿSSL *¦¦}&:.*>S V¦ tyt?,'/' •iaâa •5s5« a ' ' »lr.' * O .^ ¦•Z-sry mm W/fàtfk ¦y/s j!-,: .>r 8®e&S s C'y* wy WBm mm mm: Zt'rà ÜP: Wv?4s6SS5W-Æà #5;.V^ S.hity,-'.y: fej •> : V^'T bju/*^i**&* nmpst&gSS mw ¦s*;:>** g®*?ÿ ÜXT4I- ’:; - _*-i **.».#Vç:\i -//y'".Wrr; -v*ÿ lüil; :t;-'vv >r>>‘ ¦fXV x.•- 1 v.ïtMrS y'/s ragRË an Pi -wvré US •*::VNJ ?&£*: Pt»W.' »5i'.:'/-i >,i W&?:M '&/[¦?nmmm &*8t.Vÿ&âjÇ >?** •'« pæjgâfê *rvw >->:•.>s*s '‘S’- •jîsrv» v .r '• i >.S4SX •.•îvlïrS V-.'i» :•*£?** >V/.* ' ÏW ;?ï.>siV; «5»^! mm mm b- .y :v/.aV awf'i ^v'-^r^Ssi wtm tas*- j*i\, :^w WM: }æV $&S5£ WÆPÏ ;3gfc.A 5>.vV'V.’^•rTS^ s&pKtfgij ¦ v w» * 'j™ *.••¦ agÿ£ iiiWJ mnr«e Ü« • ï'- **v^ E&Y •rafts li$I s».?.' (c ,*&£#* afiRtiS irN .'^ d?lfcjKK**%$ ¦è$$s& @gæ ymmZi iKfïSSKsBB .v»Sf* ^'?.c.s.**.1! V'm*w (a CHICOUTIMI CHAMBORD ^ H-IlJ CHICOUTIMI 3 m mm Au service de la population du Saguenay- Lac-St-Jean y aaaaaa chuC-Pm 0 R£Çule ^ £ JUii m 96,7 8Pénéo mhz Photo: Michel Gauthier
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