Focus : Saguenay Lac St-Jean, 1 janvier 1978, Octobre
VOL.1 N° 16 OCTOBRE 78 gmmr Saguenay-Lac-Saint-Jean U.WM '¦ 00 ' ’ ' 10 ans de Cegep: Les usines du savoir Les bancs privés Port Folio: Les carnavals occitans Vers une musique d'ambiance québécoise La presse relationniste UQTHÈQUE DE IA TT~OT*M0NTRcÀL 4i®li A G MO N i«^i :*v 5 Cl*?9 s - si SVive l'qçcitanie libre V Une légion1 de France' ^ en quête de son autonomie Notre page couverture: Photo: Charles Camboroque Montage: Djyna Le collectif de Focus: : Marc Bégin, Yves Caron, Jean-Guy Girard, Daniel Hébert, Richard Langevin, Claire Pagé, Jocelyn Pagé, Bernard Potvin.Comité de rédaction: Pierre Demers, Jean-Guy Girard, Hélène Laflamme, Benoit Lanthier, Claire Pagé, Jocelyn Pagé, Jacques Viens.Responsable pour le Saguenay: Jocelyn Pagé Responsable pour le Lac-Saint-Jean: Jean-Guy Girard Comité de relations publiques: Yves Caron, Daniel Hébert et Myrtha Laflamme Comptabilité et secrétariat: Carole Langevin et Claire Pagé Conception et réalisation graphique: Djyna Collaborateurs à la rédaction: Charles Camboroque, Monique Cloutier, Marielle Désy, Richard Langevin, Yves Ouellette, Monique Major, Roch Richer, Paul Villeneuve, l'équipe du journal Sud (et particulièrement Régine Fraysse et Alain Doudiès) et toute l'équipe du Théâtre de la Carriera pour leur très bon accueil.Remerciements: François Larnaud, Myriam Van Lerberghe, Louis-Marie Petit, Roland Pécout, René Zerby _de Ventadorne, le chanteur Patrick, et au chauffeur d'autobus qui, de Montpellier à Arles, nous permit d'embarquer des pouceux.Imprimeur Imprimerie Le Lac-St-Jean Distributeur: Les Diffusions Saguenay-Lac-Saint-Jean inc.Éditeur: Les Productions Carouges inc., 290 rue Saint-Dominique, Jon-quière Les articles du magazine peuvent être reproduits sans autorisation écrite dans toute publication non vendue et à but non-lucratif.Dans ce but précis, la rédaction du magazine apprécierait recevoir un exemplaire de la publication où est reproduit un ou des articles de la revue Focus.Dans tous les autres cas, une autorisation écrite est requise.Abonnement: La revue Focus, C.P.10, Jonquiè-re, G7X 7V8, 547-3245 Régulier: $12.00 Soutien: $20.00 Dépôt légal: Bibliothèque nationale, 1700 rue Saint-Denis, Montréal Bibliothèque nationale, Ottawa Courrier de deuxième classe Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 4204.Port de retour garanti: La revue Focus, C.P.10, Jonquière, G7X 7V8 ,eûb vOCeÔC xl\MeX «cec° .PAGE À propos.4 Bande dessinée.52 Calendrier .58 Cinéma.48 Condition féminine.46 Consommation .45 Disques .54 Media .49 Musique .51 Nouveautés littéraires.56 Qui fait quoi.5 A propos de l'Occitanie Onze membres de la revue Focus ont rencontré cet été des travailleurs culturels de l'Occitanie, cette région de la France qui comprend l'Auvergne, le Limousin, la Guyenne, la Gascogne, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné méridional et, sur le versant italien, les Hautes Vallées piémontaines.Il y a 13 millions d'habitants en Occitanie, donc plus du quart de la population totale de la France.Il est alors difficile de parler de minorité nationale, du moins aussi difficile que de parler du cas du Québec dans l'ensemble canadien où l'on retrouve les mêmes proportions entre Québécois et Canadiens.Les objectifs de notre programme de voyage (dans le cadre des échanges franco-québécois) étaient de mieux saisir, en se trouvant plongé dans un phénomène bien circonscrit et en dehors de notre réalité quotidienne, ce gu est la régionalisation.Cet aspect de notre programme devait nous amener à éclaircir les relations qu'entretiennent les régions avec les grands centres, problème qui est d'une grande actualité au Québec.De plus, le Québec vit aujourd'hui des jours importants.Des choix politiques fondamentaux devront être faits dans les mois à venir.Nous voulions donc visiter une région qui, dans sa situation particulière, soit également en quete de son autonomie.Il n était pas question d'établir des parallèles, mais bien plutôt de voir comment s'y vivait et s y articulait ce travail.Parce que son cas est mieux connu au Québec, et pour éviter un romantisme qui bien souvent n est plus fondé, nous avons écarté l'hypothèse de la Bretagne comme terrain d'accueil.L Occitanie pose, à sa façon, des problèmes similaires à ceux du Québec: l'état et la nation, régionalisation et centralisation, autonomie et indépendance.Elle pose, en fait, des questions très importantes pour la fin de ce siècle: irons-nous vers une uniformisation de plus en plus grande de la vie sociale ou y aura-t-il possibilité de cohabitation des diverses ethnies humaines, et ce dans le respect des différences et des diverses autonomies?À quoi et à qui doivent servir ces autonomies?Qu'est-ce que l'autonomie culturelle sans pouvoir politique?Sans pouvoir économique?Quels rôles peuvent jouer les nationalismes?Ces questions, nous nous les sommes posées, et nous croyons quelles doivent être posées et reposées constamment actuellement au Québec.Sinon, il y aura bientôt des embouteillages de sensationnalisme dans les media! Nous risquons qu'il y ait encore des politiciens régionaux pour affirmer que "Le sang coulera dans les rues si.Il est important que l'irrationalisme (hystérie individuelle et collective, grande peur, fuite vers le mysticisme, etc.) qui surgit en périodes historiques importantes soit contrebalancé par une information qui n'ait pas honte de favoriser les débats nécessaires.Les media d'information québécois ont-ils la possibilité de le faire?Pour faire suite à ces interrogations, nous espérons pouvoir vous présenter dans les mois à venir des dossiers sur d autres régions, du Québec ou d'ailleurs, qui permettront de poursuivre un fil de réflexion sur la régionalisation et l'autonomie.Jocelyn Pagé, pour la revue Focus 4 Le 18 septembre 1978 La Revue Focus 290, rue Saint-Dominique Jonquière, P.Q.A qui de droit, Depuis le mois de juillet 78, date de l’achat de ma première revue Focus, je ne cesse de parler et même à l’occasion de faire l’éloge de votre revue.En effet, j’ai rarement vu une revue qui réussissait à me tenir plus d’une heure sur mon fauteuil à faire la lecture sans regarder l’heure.courrier £ci symBoüsê on adieu au j;aw«AÎs vrfR.C£C° BaüAÎTR£,TbHoo BÔ-A'r S>W£*-B«.aoKc L’intérêt que je porte à votre mensuel est partagé par mes confrères de travail et ainsi que de mes amis je puis vous l’assurer.En terminant, je voudrais vous féliciter tous, pour votre excellent travail et je souhaite longue vie à Focus.Marc Fortin 508, des Crecerelles App.27 Chicoutimi, P.Q.«f J 1 î CHOC-MF (92,5): DEUXIÈME ANNÉE CHOC-MF (92,5), la radio communautaire de Jonquiè-re, entreprend sa deuxième année de programmation.Suite à l'expérience d'une première année de fonctionnement, certaines émissions seront ajoutées à l'horaire, tandis que les émissions dites "de services" seront conservées.Parmi les "nouveautés" de la radio communautaire, on remarque de nouveaux dossiers tels "le chômage" et "les femmes".La série "vivre en ville" traitera des affaires municipales, de logement, d'espace urbain, et de loisirs.Les émissions CHOC-école, CHOC-santé et CHOC-internationaliste reviennent à l'horaire cet automne.Les émissions de services, syndicales et populaires, continueront d'occuper une place importante à CHOC.Par ailleurs, le contenu de la programmation sera allégé, par l'adoption de nouvelles formules comme la ligne ouverte, le sondage, et des émissions comme "la visite du samedi", où des gens de la région viendront se raconter.Quant aux émissions de musique spécialisée, on compte sur l'initiative de bénévoles qui auraient des idées en tête.Enfin, et de façon régulière, CHOC parlera de CHOC, de son financement, de son fonctionnement, ceci dans le but de se faire connaître et de s'ouvrir encore plus au milieu.Durant l'année qui vient, la radio communautaire compte organiser plusieurs activités-bénéfices, en plus de rechercher auprès des groupes populaires et des syndicats une source de financement essentielle à sa survie.Parallèlement à cette sollicitation, les travailleurs et travailleuses de CHOC intensifieront les contacts avec ces groupes et syndicats, afin d'élargir leur implication dans l'évolution de la radio.CHOC-MF est en ondes du lundi au vendredi de 7 heures à 13 heures et de 18 heures à 22 heures, et les samedis et dimanches de 9 heures à 13 heures.La période de diffusion en fin de semaine sera éventuellement étendue.CHOC-MF diffuse à partir de Jonquière, mais on peut capter ses émissions jusqu'en des endroits comme Hébert-ville, Ferland-Boileau, Saint-Honoré, etc.On peut rejoindre CHOC-MF au 100 de la Fabrique, à Jonquière.Au téléphone: 542-2265.B.L.LES CONTRAINTES AU DÉVELOPPEMENT DU MOYEN-NORD C'est au cours des 12-13-14 octobre 1978 que se tiendra à l'Université du Québec à Chicoutimi, le colloque scientifique sur les contraintes au développement du Moyen-Nord québécois.L'organisateur de ce colloque est le groupe de recherche du CRMN de la section socioéconomique.Il sera divisé en quatre ateliers.D'abord l'atelier économique qui examinera les différentes contraintes qui entourent la mise en valeur du Moyen-Nord (la dynamique des ressources sur le plan international, la disponibilité et les exigences des facteurs de production, les instruments et la stratégie du secteur public, la capacité autonome du sous-système québécois et ses contraintes spécifiques).Ensuite, il y aura l'atelier géo-politique qui comporte trois dimensions à examiner: les contraintes instrumentales de l'appareil gouvernemental, la politique d'aménagement du territoire et d'équipement en infrastructure, les conditions de vie nordique, le contentieux québécois (Labrador).Puis suivra l'atelier technologie du nord qui fera le point sur les aspects spécifiques de l'exploration géologique, l'inventaire des ressources, la protection de l'environnement et la productivité biologique.Et finalement, il y aura l'atelier des autochtones qui examinera les différents aspects de la problématique que soulève l'intégration des populations autochtones au processus de transformation à anticiper.Parmi les organismes participants, on retrouve les univer- sites et centres de recherche du Canada et de l'Europe, les gouvernements canadien et québécois, les groupes autochtones, l'Organisation de coopération et développement économique de Paris, la Banque Mondiale (Washington), le Centre suisse d'aménagement du territoire, l'École des hautes études de la Sorbonne à Paris, les entreprises publiques et privées opérant au Moyen-Nord, les représentants du Saguenay - Lac - Saint-Jean.Pour avoir d'autres informations, vous pouvez communiquer avec: Mme Sylvie Gaudreault Université du Québec à Chicoutimi 930 est, rue Jacques-Cartier Salle B512B Chicoutimi, Québec G7H 2B1 545-5303 ou 545-5636 HÉLÈNE LAFLAMME y Les 7, 8, 9 septembre, une quarantaine de personnes se réunissaient sur l'Ile du repos à Sainte-Monique pour donner naissance à ce qu'on a convenu d'appeler le Mouvement écologique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.A l'ombre des épinettes, en regardant défiler les pitounes sur la Péribonka, on échange sur la principale préoccupation des participants a savoir les problèmes qui assaillent notre civilisation et, bien entendu, les alternatives qui peuvent les contrecarrer.Des membres des coopératives d'alimentation naturelle, du Mouvement pour l'agriculture biologique, des défunts centres communautaires d'économie d'énergie, etc., des gens qui se connaissent déjà pour la plupart pour avoir participé à des actions communes, veulent se donner un instrument.Pourquoi un mouvement écologique régional?Parce qu'il y a urgence, parce que notre situation géographique ne nous a pas préservé d'un urbanisme sauvage, de pollution industrielle et individuelle, de la mono-culture, enfin parce que notre société n'est plus à l'échelle humaine.Ce mouvement se poursuit à travers tout le Québec mais c'est d'abord sur la base des régions qu'il doit se construire.Mais tout devient plus compliqué quand on se met à discuter, personne n'a le mot juste, personne ne réussit à résumer la pensée de tout le monde, on se perd dans les formalités de réunion mais à quarante, que voulez-vous?UN MOUVEMENT ÉCOLOGIQUE RÉGIONAL On ajourne donc sur la formation d'un Mouvement écologique du Saguenay- A.La revue Focus est maintenant déménagée au 234 Saint-Dominique à Jonquière Lac-Saint-Jean dont les buts et objectifs seront discutés dans un congrès d'orientation à la fin février à partir de la réflexion qui se fera dans chaque secteur (pour l'instant, il y en a cinq au Sague-nay-Lac-Saint-Jean).Plusieurs avaient songé à des actions ponctuelles, ils devront les faire à titre personnel car le mouvement écologique régional et son comité central se garderont de faire des déclarations publiques avant le congrès.On ne sait toujours pas ce que sera le mouvement et si on s'en doute, on se doit d'en débattre localement et de faire en sorte d'être entendu.J.-G.G.LA SITUATION DE LA FEMME INDIENNE OU MÉTISSE NON-STATUÉE Comme on le mentionnait dans le numéro d'été, le projet "Informations autochtones" vient de produire un document-choc intitulé "La situation de la femme indienne ou métisse non-statu ée".En plus de faire état des nombreuses formes de discrimination dont est victime la femme indienne, le document analyse le phénomène d'infériorisation de celle-ci, résultat des contacts entre la nation indienne et la nation blanche.On apprend ainsi que la société indienne traditionnelle réservait à la femme un rôle économique et social égal à celui de l'homme, et que c'est l'arrivée des Blancs, avec une structure où primait la division du travail, qui a bouleversé un mode de vie séculaire.Le document d'"Informations autochtones" dresse le bilan des différentes législations concernant les autochtones, et traite plus particulièrement du sort réservé à la femme à travers celle-ci.On trouve aussi dans le dossier un historique des groupes qui sont impliqués soit dans la lutte pour les droits des autochtones, soit dans la redéfinition de leur statut.Pour compléter, on peut consulter certaines statistiques sur les cas d'émancipation (volontaire ou imposée) des Indiennes, ainsi qu'un sondage effectué dans la population sur le degré de sensibilisation aux problèmes des femmes indiennes.Les travailleuses d'"Informa-tions autochtones" établissent, à la fin de leur ouvrage, une liste de recommandations largement inspirées de celles proposées par l'association "Indian Rights for Indian Women".Pour plus de renseignements à propos de ce dossier-des plus intéressants, on s'adresse à l'Association des Métis et Indiens hors-réserves du Québec inc., au 2023 boulevard de l'Anse, Roberval.B.L. d abord CBJ1580 L’ATELIER tous les dimanchesde 9h à 11 h ces deux chroniques reviennent tous les dimanches Chronique littéraire AVEC RODRIGUE VILLENEUVE (Critique de livres, entrevues avec auteurs, etc.) Chronique d’arts visuels AVEC LISE GAUTHIER (Critique, entrevues avec artistes et artisans, commentaires, etc.) ces trois éléments alternent à chaque dimanche Chronique musicale AVEC RÉAL SIMARD (Initiation à la musique, aux instruments, rencontres avec musiciens) Chronique de théâtre (Le théâtre dans la région hier et aujourd’hui, les différentes scènes, scolaire, loisir municipal, amateur ou professionnel) Dossiers culturels Saguenay Lac-Saint-Jean AVEC ANDRE LAROCQUE Animateur: Marc Bergeron Recherchiste: Bernard Pednault Assistante à la réalisation: francine Garon Réalisateur: Robert Trudeau si vous en avez asez des radios avec publicité, qui effleurent les sujets Les bancs privés ou public-i-taires Libre Service I R V I N G mm L’argumentation de la compagnie est pesante et surtout d’actualité: la création de douze ( 12) emplois, la fabrication de 150 bancs publics, et puis finalement la possibilité d’étendre à tout le Québec cette forme de promotion publicitaire.Effectivement, notre belle région (la plus endettée au Québec) sert encore pour un fameux projet-pilote.Nous aurons finalement vu tous les gadgets à gros sous.La ville adopte donc un nouveau règlement (N° 177) permettant l’installation des bancs (sécuritaires pour les enfants, à trois pieds de la rue, etc.).Le projet parût dans les journaux, mais étant donné la période estivale, il n’y eut pas de réactions du public.jusqu’au jour où l’affreuse évidence s’est mise à pousser un peu partout.Qui en profite?La fabrication d’un banc coûte $235.00 à la compagnie Daigle.Elle loue le terrain à la ville $10.00 par année, par banc (i.e.$1,500.00 pour 150 bancs) et elle vend la publicité à nos commerçants locaux de $60.00 à $125.00 par mois, dépendamment de l'EMPLACEMENT du banc publicitaire.Donc, la ville y gagne peu mais la compagnie Daigle rentabilise rapidement et facilement son projet.Et nous.Certaines personnes vous diront qu’elles sont heureuses d’avoir des bancs pour s’asseoir (comme les oiseaux sont heureux des miettes de pain qu’on leur donne au printemps.) mais plusieurs ne sont pas de cet avis.Quand ils ne sont pas choqués de cette nouvelle agression publicitaire, ils vous avoueront franchement que les bancs sont inconfortables et mal situés.Personnellement, je n’ai guère envie d’aller me reposer au coin du boul.Harvey et de Saint-Hubert pour respirer à plein nez le gaz carbonique des automobiles et voir se répéter les rouges, les vertes, les Pinto, les Renault, les Ford.Que devient notre environnement.La tl ville de Jonquière, avec ses centres commerciaux, ses grands boulevards, t-etc., développe les deux rives de sa Rivière aux sables en détruisant des quartiers pour des stationnements, des hôtels, et uoi encore.La ville ne se soucie guère es espaces verts.Les bancs publics ont très bien leur place dans un parc, mais devant l’Alcan sur le boulevard Taschereau.quand ta même.Donc, ces bancs n’ont rien à voir avec notre confort, notre repos ou notre envi- g ri ronnement.Le prix du banc ne dépend 1 d’ailleurs que de son emplacement dans la ville.(ibid.) La réaction Devant cet état de fait, plusieurs personnes ont réagi.Il nous est souvent arrivé de voir des bancs peinturés: c’est déjà une contestation spontanée et importante.L’ASSOCIATION DES CITOYENS de Jonquière lutte aussi contre cette forme de publicité locale; elle va jusqu’à dire qu’elle incitera la population au Doycotta-ge des marchands achetant cette publicité.Respirer à plein nez le gaz carbonique des automobiles et voir se répéter les rouges, les vertes, les Pinto, les Renault, les Ford.Une réaction spontanée: on les pein ture, on les retourne, on les renverse.La réaction spontanée: ces bancs qui surgissent un peu partout dans le grand JAK", fabriqués et stationnés principalement pour les automobilistes, sont laids, peu confortables et n'offrent guère le repos des parcs publics.Installés sur les grandes routes et sur les rues principales de la ville, ils n'ont pour seul but que de pousser encore à la consommation.Qui les fabrique?En réalité, l’instigatrice de ce projet est Promo-Banc, appartenant à la compagnie Enseignes Daigle inc.Profitant d’une prochaine législation possible de la province interdisant les panneaux-réclame à l’entrée des villes, cette compagnie présentait un projet à la ville pour la fabrication de 150 bancs publics (itaires).8 Les bancs publics ont très bien leur place dans un parc, mais devant l'ALCAN, sur le boulevard Taschereau.quand même.Mais est-ce réellement une bonne solution?Majoritairement, ce sont de petits commerçants qui utilisent cette nouveauté.Les gros (i.e.Steinberg, La Baie.) ne profiteraient-ils pas, encore une fois, d’une réaction prématurée et naïve qui ne donnerait pas la solution au vrai problème?Le COMITÉ CONTRE LA POLLUTION VISUELLE, formé par un groupe de personnes de Jonquière, travaille actuellement à informer et conscientiser la population sur cette nouvelle agression du développement urbain.Une pétition contre les bancs publicitaires circule à Jonquière.Vous pouvez la signer à Focus (290 Saint-Dominique) ou à la radio communautaire CHOC ( 110 de la Fabrique ).De la réaction des gens de Jonquière dépend la prolifération de ces bancs à Chicoutimi, Alma, Saint-Félicien, Rimouski, Sherbrooke, Trois-Rivières, Gaspé, et qui sait.dans votre salon, si la circulation y est dense.Par Monique Cloutier et Claire Pagé Photos: Yves Caron CINEMA LYSE .VJ*’*"-*' Imaginez-vous! Chicoutimi, Alma, Trois-Rivières, Hu/I, Mont-Laurier, Shawinigan, Mistassini, Tadoussac, Sep Sherbrooke, Sainte-Agathe, Rimouski, Matane, Gaspé. Versune rpusique ambiance uébécoise Au début de l’été, le ministère des Affaires culturelles laissait savoir qu’il travaillait à un projet de musique d’ambiance.On souhaite, en instituant une société d’État pour ce secteur, créer un “environnement musical typiquement québécois’’, oui représenterait de nouveaux débouchés pour nos compositeurs, arrangeurs, interprètes, etc.Même si le projet n’est encore qu’à l’étude et que l’information le concernant se fait rare et imprécise, il a déjà un impact important dans le milieu de la musique d’atmosphère.On craint, on discute, on critique, on se réjouit, bref le projet suscite les réactions les plus variées.Il faut dire qu’au moment où on apprenait les intentions du M.A.C., l’Editeur officiel de son côté, commandait l’enregistrement de 108 chansons québécoises en version instrumentale à la firme Sono-sud.Une fois réalisées, ces archives sonores pourraient être utilisées par les concepteurs de jingles, les producteurs de disques et de films, et aussi.comme musique d’ambiance dans les endroits publics et les réceptions.Cette dernière nouvelle fait paraître le projet plus près de sa réalisation que certains ne l’auraient cru.Le fournisseur étant trouvé, il ne manque plus que la Société d’État.Mais avant dnller plus loin, il serait bon d’observer la situation actuelle du marché de la musique d’ambiance, pour bien comprendre les éclats de joie et les sueurs froides que provoque l’entreprise gouvernementale.Le monopole de Muzak Ce qu’on entend par musique d’ambiance, c’est cette musique sans style ni sentiment que l’on perçoit, parfois, dans les centres commerciaux.Même si elle est diffusée quasi en permanence, on ne l’entend pas toujours.Une des particuliarités de cette musique, c’est qu’elle ne “dérange pas la concentration’1.Selon ses concepteurs, elle agit sur le subconscient et sert à créer un environnement propice à la détente, à la réceptivité et à l’efficacité.La compagnie new-yorkaise, Muzak, qui a mis au point ce genre de musique, assure à ses clients qu’elle peut, par ses programmes, réduire la tension nerveuse.Diffusée dans une usine, la musique de Muzak augmente la productivité des travailleurs et fait que les “chèques de paie coûtent moins cher”! Diffusée dans un magasin, elle facilite le travail des vendeurs et dispose les clients à la consommation.Présentement Muzak est la seule firme à 10 COMMENT COMBA ETRE LA TENSION DE VOS EMPLOYÉS et AUGMENTER fl LEUR EFFICACITÉ " \ "La compagnie new-yorkaise Musak assure à ses clients qu'elle peut, par ses programmes, réduire ta veuse".tension ner- opérer dans le domaine de la musique cratmosphère.Elle s’est organisée un réseau qui distribue ses enregistrements à la grandeur de la planète.La région n’y échappe pas, ce qui fait que nous aussi nous sommes sous le traitement Muzak.Chez nous aussi, quelqu’un pense à notre tension, pour son bien.De Jonquière, est émise cette thérapie sonore, éprouvée scientifiquement, (oui monsieur, oui madame), qui soigne le mal du siècle.C’est à ce monopole que le ministère des Affaires culturelles s’attaquerait si son projet venait à terme.Deux théories Le projet du M.A.C.défend une théorie complètement différente de celle que soutient Muzak depuis cinquante ans.À Québec on prétend que la musique d’ambiance ne doit pas nécessairement être aussi “discrète” que ce que l’on conçoit généralement.Muzak a toujours eu comme politique que les morceaux très populaires ne pouvaient servir dans la musique d’ambiance parce qu’ils pourraient distraire les gens.En fait, pourquoi un air que vous connaissez et que vous appréciez ne créerait-il pas un environnement sonore agréable?Peut-être a-t-il plus de chances d’y arriver que n’importe quelle autre musique?On trouve dans une mélodie que l’on aime, justement parce qu’on l’aime, beaucoup plus d’invitation à la détente que dans un “son” étranger qui nous laisse froid.Bien sûr les arrangements et le volume devront se conformer au moment et au lieu d’audition.En plus d’être, dans un certain sens, révolutionnaire, la théorie du M.A.C.une fois appliquée, pourrait représenter du travail pour nos musiciens et nos techniciens du son.Et que dire des droits d’exécution qui seraient versés aux auteurs des pièces musicales?Le projet québécois a ceci d’intéressant; il puiserait à même notre patrimoine musical, chose que la compagnie américaine ne fait pas, et qu’on lui a reproché à maintes reprises.Le produit que loue Muzak est entièrement conçu aux Etats-Unis, même s’il est diffusé dans plus de 75 pays.Les raisons qui portent la firme américaine à agir ainsi sont multiples.Dans le cas de la musique québécoise, ce serait attribuable au fait que les “violons et les accordéons à pitons” ne font pas partie des instruments de la musique cfambiance, voilà du moins l’avis du représentant Muzak régional, M.Jacques Desbiens.Questionné, à savoir si le projet du M.A.C.pourrait être concurrentiel, M.Desbiens se dit sans craintes; le Québec n’aurait ni la technologie, ni les musiciens compétents pour ce genre d’entreprise.“De toutes façons, poursuit M.Desbiens, le projet du ministère des Affaires culturelles ne pourra rattraper les Américains avant cinquante ans”.CORRESPONDANCE-REPONSE D’AFFAIRES Se poste sans timbre au Canada Le port sera payé par: Sous-développement oblige! Quand on est né pour un petit pain.Heureusement, toutes les visions ne sont pas aussi sombres.Un des responsables du dossier musique d’ambiance du M.A.C., M.André Launon, affirme que sur le plan technologique, le Québec est privilégié.La ville de Montréal est le troisième centre mondial d’enregistrement avec vingt-huit studios équipés de matériel de qualité supérieure.Sans vouloir renier notre folklore, n’importe qui est capable d’observer qu’au Québec il n’y a pas que le secteur traditionnel qui soit en effervescence.Nos musiciens déploient beaucoup d’énergie en recherche et en création originale.Nous n’avons réellement pas de raisons d’avoir de complexe d’infériorité, bien au contraire.Le ministre des Affaires culturelles, M.Denis Veaugeois, annoncera sous peu, on l’espère, les détails du projet.Pour le moment nous ne pouvons qu’attendre.Il serait intéressant toutefois de profiter de nos prochaines visites dans les centres commerciaux et les édifices publics pour évaluer l’effet de la musique qu’on y diffuse sur notre comportement.On devrait aussi vérifier si effectivement, comme le dit M.Desbiens: “personne n’aime la musique de Muzak, mais personne ne la déteste nonplus”.Quand on connait un tant soit peu la musique, il est vrai qu’on n’aime pas ce que réalise Muzak.Et quand on connait les conditions qui prévalent dans le domaine de la musique d’ambiance, il est facile de détester le produit Muzak.Jacques Viens 234, Saint-Dominique, Jonquière, P.Q.C.P.10 G7X 9Z9 Ce mois-ci je m’abonne à VOTR& VU MOIS, v/cn"(?£ âA'lMTÉTé,.ÊU-H.+4JM./5i viÊ PÜiS M£ PÊfïMÊTTf?® £éTT& Icjaes-nou ('(uoiscRS-re,., Queue \vte \\ie-L-\tousë.L£va \ioue, I A0OUU£f?À UU£ R£VUfc p£ C£ \£ si ££>(lj
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.