Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Focus : Saguenay Lac St-Jean
Revue publiée au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour informer la population sur les activités culturelles dans la région. Ses animateurs militent pour donner de la vitalité à la culture sous toutes ses formes à l'extérieur des grandes villes.
Éditeur :
  • Jonquière :Focus,[1977]-1981
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Focus : Saguenay Lac St-Jean, 1979, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
JUIN 1979 NUMÉRO 23 ¦o Saguenay-Lac-Saint-Jean o 1 TJ r '4f; < d TÜ 3 jpr°jeo4j^R|v.ÿt«jj Laura ; - -¦ ¦¦; •-.; ¦• \ .- - .-r-,v ' .mmÊsm r tout, ¦e foil.«donc! foi/* •'¦Z -7- i • ” ’ ¦ ¦ ' - .' Vv.% •*’' v* » À ¦ Là| y” .-, ¦ ^ .; ÿ;:/ & jÿs rÿi’ iJ ?.v- '->¦ ' vî< - CUIW 1420 Page couverture: Photos Yves Caron et Michel Gauthier Montage: Denis Côté Le collectif de Focus: Yves Caron, Sylvie Chénard, Jean-Guy Girard, Monique Major, Jocelyn Pagé, Marcel Roy Comité de rédaction: Pierre Demers, Jean-Guy Girard, Monique Major, Jocelyn Pagé, Jacques Viens Responsable de la production du numéro: Jocelyn Pagé Publicité et promotion: Yves Caron, Réjean Girard Réalisation graphique: Denis Côté Photographes collaborateurs: Marcel Cloutier, Gilles Sénéchal, Michel Gauthier, Serge Pagé Collaborateurs à la rédaction du numéro: Andrée Savard, Sié Ofi Some, Larry Tremblay Remerciements: A tous ceux qui nous lisent Distribution: Serge Desvergnes (Saguenay-Lac-Saint-Jean) Jacques Dubé, Claire Pagé, Michel Roberge (Rimouski) Daniel Lalonde, Yves Patenaude (Montréal) Danielle Larocque (Baie James) Éditeur: Les Productions Carouges inc.234 Saint-Dominique, Jonquière 547-3245 542-7807 Les articles du magazine peuvent être reproduits sans autorisation écrite dans toute publication non vendue et à but non-lucratif.Dans ce but précis, la rédaction du magazine apprécierait recevoir un exemplaire de la publication où est reproduit un ou des articles de la revue Focus.Dans tous les autres cas, une autorisation écrite est requise.Abonnement: La revue Focus C.P.10, Jonquière, G7X 7V8 Régulier: $12.00 Soutien: $20.00 Dépôt légal: Bibliothèque nationale 1700 rue Saint-Denis, Montréal Bibliothèque nationale, Ottawa Courrier de deuxième classe: Courrier de deuxième classe Enregistrement n° 4204 Port de retour garanti: La revue Focus C.P.10, Jonquière, G7X 7V8 La revue Focus est membre de l’Association des éditeurs de périodiques culturels québécois.mmm Les petites gardiennes 10 Notre droit à l’information 14 La situation actuelle de la presse 15 Information culturelle régionale et liberté de presse 16 La presse parallèle 17 Quelques beaux cas de la presse alternative au Saquenav-Lac-Saint-Jean 19 La presse étudiante: hier et aujourd’hui 21 Le tiers monde et la décolonisation de l’information 25 On n’écrit pas n’importe quoi 27 Entrevue: Le cinéma doit montrer aux gens ce gu’ils sont 28 Port-folio: Photographie I, étudiants de l’UQAC 29 Laura Girard, projectionniste 40 S’empoisonner lentement mais sûrement 44 À orooos 4 Bandé dessinée 54 Calendrier 60 Cinéma 47 Conditions féminine 49 Cnnsnirimatinn 50 uuiiouiiiiiia nuit Écrits vu 52 Lettres des lecteurs 6 Livres, bouauins 57 Média 53 3 LA OU TOUT SERAIT CANOE, KAYAK ET VOLUPTE Après les élections, on parlera de la Fête de la Saint-Jean et puis, inévitablement, des compétitions de canoé-kayak qui se tiendront bientôt à Jonquière.Nous ne désirons pas nous étendre sur les intrigues et rebondissements politiques qui ont entaché quelque peu la fameuse camaraderie apolitique du sport.Il ne nous semble pas nécessaire non plus, pour le moment, de faire l’analyse des investissements économiques et de leurs réelles retombées sur la région.Retombées pour qui devrons-nous d'abord demander.C’est une toute autre question que pose un tel événement: celle du loisir de masse et ses rapports avec l’olympiadisme.Notre région est reconnue pour ses nombreux lacs et cours d’eau dont on allèche l'imagination des touristes.Mais quoi est accessible à qui?La Rivière-au-sable de Jonquière est encombrée de billots, la plage de Saint-Henri-de-Taillon (l’une des plus belles de la région) ne l’est pas moins.Le Saguenay est loin d’être propice à la baignade, surtout près des réservoirs d’essence de Chicoutimi.La Petite et la Grande-Décharge d'Alma ne le sont pas plus.Il serait peut-être temps de penser à des aménagements qui sautent aux yeux et qui seraient accessibles facilement.Il est à espérer que de telles préoccupations s'imposeront à l’esprit des organisateurs et des pourvoyeurs gouvernementaux, après que l’ivresse des compétitions sera passée.On parle des rivières, mais il y a également ces cours d’eau bitumés que sont les rues principales de nos villes, et qui ne servent que trop actuellement de lieux de défilés lents et dérisoires de promeneurs motorisés.Quand pourrons-nous y nager tranquillement à pied ou à bicyclette?Cela ressemble à la disparition des parcs comme celui de la rue Monfort à Jonquière, ou de la rue Saint-Joseph à Alma.Mais qui se préoccupe de ceux qui habitent encore les centres-de-villes?JOCELYN PAGÊ pour la revue Focus 'Bientôt chez votre concessionnaire les modèles r* Jonquière, le 14 mai 1979.Messieurs les députés, Saguenay-Lac-Saint-Jean Des rumeurs circulent à l'effet qu'une ou des personnes auraient impliqué la revue Focus dans une organisation politique de la scène fédérale.Nous tenons à ré-affirmer que la revue Focus s'est toujours voulue, et se veut encore, d'abord et avant tout, un organe d'information régional indépendant.Notre revue se propose donc comme un instrument de réflexion et d'analyse de notre région et de son développement culturel, social et économique.Ayant vous-même à choisir et à privilégier certains projets de développement, vous savez pertinemment que toute forme de vie en société passe par le politique.Dans ce sens, et dans ce sens seulement, la revue Focus a des perspectives politiques.En tant qu'organe de presse, nous croyons nécessaire et primordial d'être totalement indépendant de toute organisation politique comme telle.Il est certain que les individus qui travaillent ou collaborent à notre revue peuvent avoir des opinions politiques personnelles.Il apparait même que tout citoyen doive en avoir, du moins à tous les quatre ans.La revue Focus pourtant, de par sa pratique de l'information, cherche non pas à prévilégier l'une ou l'autre partie, mais bien plutôt se fixe comme objectif de favoriser d'abord la qualité de l'information, ainsi que l'expression d'une information différente qui permettent à tous les citoyens de pouvoir exercer librement et sainement l'usage de leurs droits personnels et politiques fondamentaux.Nous vous remercions de votre attention, Le collectif de la revue Focus, 234 St-Dominique, Jonquière.DANS NOTRE PROCHAIN NUMÉRO.Nous nous pencherons tout spécialement sur notre patrimoine régional.Les articles toucheront divers aspects de ce sujet, dont les suivants: le patrimoine architectural, villes et villages d'enfance de nos écrivains, l'environnement comme patrimoine à conserver, les trottoirs de bois de la Rivière-au-sable, nos fast-food régionaux, la situation des Indiennes, la mythologie du Saguenay Dry, les sinistres naturels et humains de la région, ainsi que., ainsi que.Un numéro à lire sur ces plages de nos rivières et lacs où il est parfois peu indiqué de se baigner.Des articles pour “se dépolluer l'intérieur''.4 FOCUS r a l'atelier des AQTÔ exposition des oeuvres des employés de LA COMPAGNIE PRICE LIMITÉE PRICE ET LES ARTS?La compagnie Price-Abibiti de la région, la même qui remplit de pitounes jusqu'au bord la Rivière-au-sable, chaque printemps, organise un beau concours d'oeuvres d'art parmi ses employés.C'est tout à fait gentil de sa part.Elle veut ainsi participer à l'encadrement des activités "para-industrielles" de ses petits travailleurs.On va même plus loin.On distribuera des bourses pour une valeur totale de $1,500.00 aux meilleurs "artistes de la compagnie".On pourrait difficilement être plus paternaliste que ça.Et quand le relationniste de ladite compagnie Price-Abitibi tente de justifier la décision "culturelle" de ses patrons, c'est encore plus grave: "parce que nous voulons revaloriser l'image de l'employé.Nous avons des spécialistes du papier, du travail en forêt mais il y a aussi des talents parmi eux.Ils peuvent s'intéresser à autre chose." (Le Quotidien, samedi 5 mai 79).On veut sans doute faire oublier aux employés de cette compagnie que les con- V____________________________ ditions de travail dans les usines trop vieilles, les salaires et les conventions de travail sont loin de "revaloriser" la vie des travailleurs de cette entreprise trop pauvre pour bien payer son monde et pour nettoyer les dégâts quelle a fait dans la petite rivière qui lui sert d'égout en plein centre de Jonquière.Quand des compagnies comme Price-Abitibi commencent à s'intéresser aux "arts plastiques" et aux "loisirs" de leurs employés "en quête de valorisation", il faut se méfier.Ce serait sans doute révélateur de demander aux employés de cette gentille compagnie ce qu'ils pensent de "l'initiative artistique" de leur bon patron.P.D.AUX AMATEURS DE PHOTO Le Club de photo d'Ar-vida, maintenant appelé J.A.K., débute une nouvelle saison.Ce club offre le service d'une chambre noire et tout l'équipement nécessaire pour le développement de photo en noir et blanc et couleurs.Leur local est situé à l'école Saint-Patrick, rue Nelson, Arvida.De plus, le programme estival comprend des voyages en groupe dans différentes régions de la province et des rencontres avec d'autres clubs de photo.Pour inscription, communiquez avec Alain Gagnon, au numéro de téléphone 548-8102.s.c.DU WESTERN À JONQUIÈRE Il n'y aurait pas que nos galeries qui seraient western.On assiste, depuis quelque temps déjà, à un étrange duel-western plutôt style black label que spaghetti, et qui oppose deux chefs de gangs rivales.D'un côté, Coco dit Café-aux-puces et Kiki dit le Quai-aux-becs.Le duel semble à peine entamé que déjà d'autres chefs de gangs semblent intéressés à poindre le nez, puisque les spectateurs se font nombreux et payent bien pour le spectacle.On s'assomme à coups de musique et de disc-jokers, dont quelques-uns auraient été vus dans l'équipe des scâb-reux.Des membres des gangs se font congédiés pendant que les spectateurs oublient au fond de leurs verres ou de leurs bouteilles la réalité qui les façonne.Joe Clark est élu, et puis après?Des gens sont congédiés, et puis après?La musique est forte et puis, après tout, les chefs de gangs aussi.j.p.5 Jos Sucof 999, Carouges Jonqulére, Qué.G7S 0Z0 LETTRE DU LECTEUR a/s Revue FOCUS 234, Saint-Dominique Jonquière, Qué.G7X 7V8 L.G.3, Baie-James, 21 avril 79 Je vous envoie un chèque en guise de soutien pour votre revue.Je la trouve très représentative de votre région et par surcroît très intéressante à lire.Si vous désirez avoir des photos et textes sur la Baie James, je me ferai un plaisir de vous les fournir.Je fais de la photo depuis 8 années.Pour conclure, j'espère que votre revue ne mourra pas et même qu'il se fasse quelque chose d'équivalent chez moi, sur la Côte-Nord.Salut! Clermont Poliquin Beauport, Québec, 7 avril La direction artistique Revue Focus Bonjour! J'aimerais vous faire parvenir un port-folio, ou plusieurs, selon le cas, sur un ou plusieurs sujets.Pour ce faire, j'aimerais connaître vos critères de sélection et la marche à suivre de ma part, pour parvenir à cette fin.J'apprécie votre revue tant pour son contenu que pour sa qualité.Sincèrement.Denis Il n'y a pas de directeur artistique à Focus mais un comité qui s'occupe de faire le choix des port-folios.Je dois avouer que les critères n'ont jamais été établis clairement sauf que nous avons toujours fait passer des gens originaires de la région ou qui y vivent présentement.Il est possible que cette politique change l'année prochaine, nous communiquerons alors avec toi.La rédaction Je reçois toujours la revue dans la troisième semaine du mois en cours.Serait-il possible de corriger cela, car c'est très désagréable de lire les articles deux semaines après les autres.Germain Tu reçois la revue la troisième semaine du mois mais tu la lis malheureusement presqu'en même temps que les autres.Notre mode de fonctionnement ainsi que toutes sortes de difficultés matérielles nous ont fait accumuler tout ce retard.Nous espérons pouvoir y remédier à partir de cet automne, après la période de réflexion que nous comptons nous donner cet été.La rédaction JUSTIN MALTAIS INC.i 28 EST, RACINE, CHICOUTIMI 549-7991 Tout pour la photographie Corine Tremblay confectionne et vend ses vêtements à son atelier SUR RENDEZ-VOUS SEULEMENT ET LE SAMEDI 4880 Saint-Léonard, Shipshaw Tél.: 547-2724 6 FOCUS ppyjlgf Paroles et luttes de femmes Sjxvial IVailiciir -Ml UNE VILLE A VIVRE MMcuWn.’Kéjnlnto: des moütes à casser Ledroft au travail et tes femme* Le centre «teplaftain*;.une tuttequi : Vivre au masculin PartfoHo: Ourle Gaudreaüiî i S^irrur-l«c-&w>I-4rin n.lVnJ Pttài Wte.FUçii«> rotl-tofio: Mwcd Ooatttr EN ATTENDANT L’AUTOMNE Focus est bel et bien implantée.On peut maintenant affirmer que c’est certain.Une forme de tradition.Mais ces affirmations ne sont pas tout à fait vraies.On est bien décidé à assumer l’automne et l’année qui vient.Ça, c’est sûr.Mais on a besoin de vous, de vos idées, de votre soutien, de votre aide.On est loin de la faillite et de l’abandon.Ça aussi c’est vrai, mais c’est aussi un peu faux.La revue ne parvient pas encore à s’auto-financer, et lorsque l’on parie d’auto-financement on ne parle pas de salaires.Un jour prochain, il faudra en parler.Lorsque l’on parle d’auto-financement, on parle des coûts de production: composition, impression, diffusion, affiches, téléphone, papeterie, etc.Pour combler ce manque, on fait un spectacle-bénéfice.On fait aussi une pause cet été où on réfléchira à l’avenir qui vient.Après l’expérience acquise par deux ans de productions et de discussions, on pense qu’il est indispensable de se repenser.On va le faire, en prenant tous les aspects qu’implique une revue comme Focus.Et encore on ne parle pas de ce qui s’en vient: de l’édition et, peut-être, d’un bi-mensuel sur papier journal.On voit ça venir.On s’organise.On voit aussi venir le débat sur l’information que sera nécessairement le procès avec l’imprimerie du Progrès du Saguenay Itée.Si on fait un spectacle-bénéfice, ce n’est pas uniquement pour Focus.C’est pour que survive l’idée d’une presse indépendante.Pour ne pas dire libre et différente.C’est ça qui nous motive, nous tous et toutes qui travaillons pour faire d’un mensuel qui s’appelle Focus un “produit de consommation d’informations” qui parle de nous et de vous.Qui vous parle et nous parle.On ne s’exclue pas.On fait le mensuel, à chaque mois, qui s’approche de nos rêves.On le fait du mieux qu’on peut.Dans nos limites financières, intellectuelles et émotives.Mais ce n’est pas encore ce que l’on rêvait.Ce que l’on rêvait, ce n’était pas d’une revue différente, mais bien d’un monde différent où l’on pourrait vivre.Et vivre ne signifie pas uniquement le mot vivre.Cela implique les réalités diverses que ce mot sous-tend.C’est pour ces raisons que l’on fait un spectacle-bénéfice.C’est pour ces raisons que l’on continue.A vous importuner de notre présence.On s’excuse pour les arbres que l’on digère pour faire Focus, mais on ne s’excuse pas du fait que les médias pourraient être différents.Beaucoup plus qu’ils ne le sont.On ne s’excuse pas du tout du fait qu’il devrait y avoir d’autres médias.On prône plus l’émergence que la concurrence.La question reste toujours posée: est-il important qu’une revue comme Focus survive?En attendant, comme on dit, abonnez-vous ou encore mieux (pour nous), abonnez aussi un ou une ami(e).La revue Focus.on la lit.on y tient.on s’abonne f@€li#,.,\/crrc?£ S£UL\A3Ai WAUAZlME AU ôAâUE-UAU-LAC STTlgAM,., AôonjnJ£Z-\/ (mêmes sujets que les “vrais” journaux), (r “La pige” est une bonne occasion de voir » ï; naître en milieu favorable (étudiant en :é ft journalisme écrit) une presse alternative j | jeune et agressive, en somme différente de : 1 celle des “vrais journalistes” bien assis.20 FOCUS LA PRESSE ETUDIANTE HIER ET AUJOURD’HUI ENTREVUE AVEC LOUIS PILOTE PROPOS RECUEILLIS PAR ANDRÉESAVARD L'entrevue a été faite avec Louis Pilote, journaliste à ia Brigue, journal des étudiants du collège d'Alma, de 1965 à 1967.Pour avoir d'autres informations sur le journalisme étudiant, vous pouvez vous référer au numéro de l'Occitanie, vol.! no 16 (Entrevue avec Michel La prise, pp.19-20).Focus: Tu as travaillé dans la presse étudiante dans les années 1965-66 et 1966-67, peux-tu me dire ce qui existaient comme journaux étudiants dans les institutions de la région à ce moment?Louis Pilote: J’étais à Alma à ce moment-là.Je pense que les deux journaux qui fonctionnaient au “post-secondaire”, l’équivalent du collégial, c’était le Cran à Jonquière, le journal des étudiants du cegep de Jonquière, du collège plutôt; ensuite, la Brigue à Alma, le journal des étudiants du collège d’Alma.Focus: Y avait-il d’autres journaux, par exemple au Séminaire de Chicoutimi?L.Pilote: Je peux dire que nous, on avait des contacts surtout avec Jonquière, parce qu’il y avait un espèce de regroupement au niveau régional.On essayait de voir s’il n’y avait pas des possibilités de faire une presse étudiante régionale.Il y a eu des préoccupations à ce niveau.Mais tu sais que dans ce temps-là, les moyens, on ne les avait pas.Nous, on avait été voir les écoles secondaires, les représentants des conseils étudiants, pour leur vendre l’idée qu’il faudrait qu’il y ait un journal pour l’ensemble des étudiants d’Alma.On avait réussi, je pense qu’ils payaient $1.par étudiant.Il faut dire, en terme de fonctionnement, que même si on les invitait à participer, on savait très bien que c’était difficile pour eux, parce qu’ils étaient moins regroupés que nous.Mais ils ont quand même réussi à financer le journal.L0 jouajAux eoKr Armés A piSPÀRAITRE i J'EN TWE OW EN AURA "RXWOORS -BEfûiN, MÊME S< CE NEST QOC TÎWR SisJOK CE O) Vu VA'A U TV./ Focus: Sur le type d’information qui était véhiculé dans ces journaux étudiants, le Cran et la Brigue, se rapprochait-il plutôt de l’information brute, par exemple des convocations d’assemblées, ou preniez-vous position sur les questions qui concernaient les étudiants, dans leurs cours et dans la société en général, par exemple le logement, les grèves d’alors?L.Pilote: C’était lié.Je pense que le point central à ce moment-là, qui nous intéressait, c’était le développement régional, surtout lié à l’éducation, par exemple le développement du collégial à Alma, l’arrivée des cegeps.L’université aussi était en voie de naître.On essayait de démontrer que le Saguenay était mieux desservi que le Lac-Saint-Jean pour ce qui est des institutions d’enseignement.Focus: Quels sont les autres problèmes dont vous traitiez?L.Pilote: On ne traitait pas tellement des problèmes sociaux dans la Brigue.Pour ce qui est de Jonquière, ils avaient comme objectif beaucoup plus de faire une contre-information dans le milieu.Je me rappelle très bien qu’eux s’intéressaient au problème du logement, des assistés sociaux, de l’organisation sociale en général.Focus: La Presse Etudiante Nationale, regroupement de journaux étudiants, existait depuis un bon moment.C’était alors une école de formation de journalistes étudiants.Au niveau du contenu, y avait-il des points communs dans les préoccupations des journaux étudiants du Québec?JUIN 1979 21 "La reconnaissance des étudiants comme groupe de pression.” L.Pilote: Je pense que c’était plutôt la reconnaissance des associations étudiantes, la reconnaissance des étudiants comme groupe de pression.Le journalisme était un moyen que certains se donnaient pour essayer de faire valoir qu’il y avait des étudiants qui étaient prêts à faire leur propre information, parce qu’ils ne faisaient pas tellement confiance à la presse traditionnelle.C’est dans ce sens-là d’ailleurs que se fait la création de journaux de quartiers, de journaux d’usines, d’un journal étudiant, soit toujours à partir d’une insatisfaction des médias traditionnels.On sait très bien que ce qui intéresse un média traditionnel, c’est une certaine information qui ne dérange pas grand-chose, le sensationnalisme par exemple.Focus: Tu parlais des journaux de quartiers, des journaux d’usines, quel était le contexte social, politique, au niveau de la région, puis au niveau du Québec?L.Pilote: Dans le contexte politique, il y avait un essoufflement de la Révolution tranquille.On était en ’65-66; en 1966, les libéraux ont perdu le pouvoir.Tu vois un petit peu qu’il y avait tout l’emballement de la Révolution tranquille, on sortait d’une grande noirceur et c’était dans ce courant-là qu’on était.Les gens voyaient bien qu’il y avait des changements mais ne comprenaient pas.Ce n’était pas un changement qui était implanté, enraciné dans le peuple.Ce n’était pas cela.Effectivement, on avait une société qui était relativement rurale, où l’on disait: il faut moderniser notre société, mais pour servir quels intérêts?C’était la grande entreprise, il fallait lui donner sa place, former des techniciens spécialisés qui permettraient de faire marcher la grosse usine.Comme le questionnement politique actuel au Québec, on s’aperçoit que même si on prend de grands élans, si ce n’est pas ton intérêt, dans l’intérêt du peuple, un moment donné, il dit wow! Je pense qu’en ’66, c’était cela.Par contre, quelques-uns disaient que le problème est que tout allait trop vite.Je crois que ce n’est pas le problème, ce qui n’allait pas, c’est que la Révolution tranquille ne servait pas les intérêts des gens.Focus: En ce qui concerne l’éducation?L.Pilote: En ce qui concerne l’éducation et en ce qui concerne l’évolution de la société québécoise en général.C’est une compréhension après-coup.C’est beau de faire des transformations mais si c’est bureaucratique, si c’est fait par des technocrates, je ne vois pas comment ça peut être intéressant pour les gens.C’étaient les problèmes, les conséquences de la Révolution tranquille.Il y a eu un ralentissement, un retour au conservatisme, en 1965-66, c’était ce qu’on vivait.C’est sûr que dans l’éducation, ça bougeait beaucoup.Qu’est-ce qu’on faisait dans l’éducation?On construisait des écoles, on accordait de plus en plus de gros budgets, mais ça n’a rien changé au contenu; les écoles n’ont pas changé comme tel, sauf que la formation est plus adaptée à la société qui, elle, sert la grande entreprise.Au Sague-nay-Lac-Saint-Jean, ce sont les grandes entreprises qui mènent tout.Et la main-d’oeuvre est formée dans les écoles, surtout la main-d’oeuvre professionnelle, pour ce marché.Si tu sors de la région, c’est la même chose.Focus : La démocratisation de l’éducation, c’était en partie pour former beaucoup de techniciens pour préparer la venue ou la consolidation de grandes entreprises.L.Pilote: C’est ça.Et c’étaient des débats qu’on commençait à faire dans les comités de rédaction.On avait des tiraillements, c’est certain, on n’avait pas une analyse très claire parce qu’on le vivait sur le moment.Mais on peut dire que c’était là-dedans qu’on était: est-ce qu’on continue la Révolution tranquille comme c’est parti ou est-ce qu’on arrête la machine?22 FOCUS LA PRESSE ÉTUDIANTE D’AUJOURD’HUI ANDRÉESAVARD C’était en l’année 1967.Mgr Paré menace de retirer ses commandes de l’imprimerie du Progrès du Saguenay si celle-ci persiste à imprimer le journal des étudiants du collège de Jonquière, le Cran “dont l’idéologie est socialiste, indépendantiste et laïque”.Le Progrès du Saguenay, en réponse, continue d’imprimer les feuillets paroissiaux et le Cran doit se trouver un nouvel imprimeur.(1) Ce fait montre la tradition de censure du Progrès du Saguenay en faveur de l’ordre établi, dans ce cas le pouvoir clérical.Mais cela m’empêche pas le Cran de continuer à donner une information différente de ce que nous donne alors la presse régionale bourgeoise.(En passant, la presse écrite régionale d’alors est quasi la même qu’aujourd’hui, à quelques journaux près: Le Quotidien n’a pas encore pris la relève du Soleil; le Journal de Québec et le Réveil n’ont pas encore fait de petits.) Dans les années ‘60, le journal le Cran, joue un rôle de contre-information.Il informe et intervient dans le milieu en traitant de sujets dans le cadre scolaire et en s’intéressant à l'organisation sociale en général, comme l’explique Louis Pilote dans l’entrevue qui précédé.Soulignons que nous n’avons pu consulter la collection des numéros du Cran, des Frères Oblats.Elle est entreposée, sous clé, à l’actuel collège de Jonquière.Après avoir fait les démarches requises, autorisation du D.G.du collège, par l’intermédiaire d’une responsable des archives, la permission nous a été refusée.La raison invoquée a été que le collège veut éviter des bris matériels, qui pourraient empêcher l’octroi de nouvelles subventions.Mais on peut aussi s’interroger à savoir si les Pères Oblats ne veulent pas taire cette période.La presse étudiante d’alors aurait-elle eu tant d’influence, qu’on veuille la faire taire?JUIN 1979 -f- ici.LA nus EST LA RÈGLE DoÆ| > «fc A-t-on oublié les années soixante?TT-1 - sciâtes La presse étudiante actuelle Pour nous, la presse étudiante est partie intégrante de la presse parallèle, qui, elle, doit jouer un rôle de contre-information vis-à-vis les médias bourgeois.Nous avons voulu regarder de plus près les journaux étudiants actuels, s’ils remplissent ce rôle de contre-information et si non, donner quelques commentaires sur cette situation.Actuellement, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, existent des journaux étudiants dans quatre institutions sur cinq: L’Impression au cegep d’Alma, l’Amuse-gueule au cegep de Jonquière, le Tract à celui de Chicoutimi et Kakou à l’UQAC.Au cegep de Jonquière, l’Amuse-gueule, successeur du Cran, se limite à une informaiton dans le cadre scolaire, problèmes de cours, etc., et analyse peu.Le journal fait cependant quelquefois exception en traitant de sujets tels la paralysie cérébrale, les mères-célibataires, mais très rarement.Au collège de Chicoutimi, le Tract a un contenu différent dans le sens qu’il traite surtout de questions telles le chômage étudiant, les prêts-bourses et quelquefois de sujets comme le nucléaire, le transport en commun.Les positions sont plus définies.Denis Martin, journaliste au Tract, précise que “le journal a des points de vue de gauche, il se sert d’une analyse marxiste pour voir la réalité.” L’Impression, au cegep d’Alma, traite presqu’uniquement de problèmes locaux, seul l’éditorial sert quelquefois à prendre position sur des sujets en dehors du cegep.A la différence des trois autres journaux étudiants qui sortent une fois par semaine, l’Impression ne paraît qu’à toutes les trois semaines.Finalement, Kakou, le journal de l’UQAC, donne une information sans analyse, surtout sur des activités socioculturelles et sportives.On fait même place à l’information de l’administration sans trop faire de distinction.On pourrait facilement accoler le qualificatif “étudiant” au Kakou.Est-ce dû à de la simple naïveté ou à une collaboration ouverte avec l’administration de l’université, il faudrait y voir de plus près.23 Photo: Michel Gauthier Les journalistes étudiants rencontrés sont d’avis que les quotidiens et hebdos régionaux offrent une information déficiente sur divers groupes (assistés sociaux, étudiants, etc.), divers événements (grèves, conflits, etc.).En milieu scolaire, la presse étudiante devrait donc pallier au vide laissé par les média bourgeois, sur les problèmes que vivent les étudiants et les situer dans leur contexte.C’est alors un rôle d’information et d’intervention sur les problèmes et les luttes en milieu scolaire (politiques du M.E.Q., cours, prêts-bourses, etc.) et dans le cadre plus large de la société (logement, chômage, planning, etc.).Mais en pratique, les désirs ne se traduisent pas toujours, et ce pour toutes sortes de raisons.En fait, la situation est simple: ou ces désirs sont camouflage, ou ils sont réels.Dans le premier cas, les responsables prétendent défendre les intérêts des étudiants, via les journaux étudiants, sans le faire réellement.Ils servent alors les intérêts de l’administration de l’institution, tout en ne se distinguant absolument pas des média bourgeois.Dans le second cas, les étudiants journalistes ont à coeur de défendre les intérêts des étudiants, toujours via le journalisme étudiant, mais n’y réussissent pas forcément tout le temps.De façon constante, les journalistes étudiants affirment que leur journal est lu, que l’étudiant l’approuve ou le désapprouve, si celui-ci prend des positions tranchées.S’il y a lieu, ces journaux donnent aisément la parole aux étudiants.Malgré la certitude d’être lu, plusieurs des journaux ont une certaine instabilité au niveau des effectifs.L’équipe de travailleurs réguliers au journal est quasi toujours composée d’une poignée d’étudiants(es) qui font le journal de A à Z; le nombre de journalistes est en général très restreint, soit une moyenne de 4 à 5 travailleurs réguliers.Les journaux auraient alors beaucoup de difficultés à assumer réellement un rôle de contre-information, sans les ressources humaines nécessaires.Comment se fait-il que des journaux solidement implantés tels le Cran aient laissé place aux journaux instables dont nous venons de parler, qui ne jouent que rarement un rôle de contre-information?L'étudiant lui-même est victime de l'instabilité.Le contexte d’instabilité Depuis près d’une dizaine d’années, l’étudiant lui-même est victime d’une grande instabilité.Auparavant, l’étudiant pouvait faire ses études secondaires et l’équivalent du collégial actuel dans une même institution, avec les mêmes gars ou filles.Il avait tout de même des problèmes mais les vivait dans un même environnement pendant plusieurs années sans devoir s’adapter et se réadapter à tout moment.On peut supposer que sa situation relativement stable, par rapport à celle des étudiants d’aujourd’hui, favorisait une participation à des organisations telles le journal étudiant.Rares sont ceux qui n’ont jamais entendu parler des polyvalentes, du climat d’insécurité qui y règne.Si on regarde la répartition des secondaires par école, dans la région, les étudiants font leur secondaire quelquefois à une seule école, le plus souvent dans deux écoles et même dans trois écoles différentes.Pour réussir à y vivre, ils doivent alors consacrer d’énormes efforts pour s’adapter.Pas étonnant que le système scolaire actuel ait tant de “mésadaptés”! Le système collégial, de ce point de vue, n’est guère mieux.Si l’étudiant, au secteur général, a l’énorme chance de pouvoir faire ces deux années dans le même collège, ce n’est pas toujours le cas au secteur professionnel, sans compter que dès la deuxième année, les étudiants ont souvent à faire moitié stages, moitié cours.Cette instabilité, effet du système d’éducation actuel, ne favorise pas en partie l’implication dans des associations et journaux étudiants.Et s’il existe des cas où le système d’éducation actuel, plus particulièrement les administrations, ont favorisé l’implication des étudiants, l’établissement des journaux étudiants, ce ne peut être logiquement que pour servir leurs intérêts.“On sait très bien que les administrations ont les moyens, qu’ils peuvent donner de l’argent, des subventions à des étudiants et dire: faites un journal “étudiant”, et de s’organiser pour que ce soit l’information de l’administration qui passe et non pas celle des étudiants”, l’explique d’ailleurs Louis Pilote.Se pourrait-il alors que le montant des subventions soit inversement proportionnel au degré de combativité d’un journal?De plus, la conjoncture actuelle au Québec se retrouve également dans le journalisme étudiant.La prise du pouvoir par le P.Q., en novembre 1976, a créé beaucoup d’espoirs et d’illusions (la fameuse chance aux coureurs!), provoquant une relâche dans les revendications étudiantes.Pourquoi le journalisme étudiant y aurait-il échappé?Mais le gouvernement ne comblant pas les attentes, une remontée serait-elle en voie de se produire (manifestation contre le chômage à Jonquière, prises de position de journaux étudiants en faveur des grévistes du transport en commun delà C.I.T.S.)?(V Yves Girard en collaboration avec Marc Thibeault et Fabienne Couturier, Journalisme étudiant, le Tract, collège de Chicoutimi, 1977-78, page 4.24 FOCUS LE TIERS-MONDE ET LA DÉCOLONISATION DE L’INFORMATION SIÉOFFISOME Lorsque l'on parle des monopoles d'information, on pense le plus souvent à Unimédia ou Québécor.On oublie toujours, et ce ne sont pas nos journaux qui viendront nous le rappeler, de parler du traitement de l'information étrangère que nous recevons ici.Qui choisit cette information et sur quels critères?Actuellement seulement quelques agences internationales ont le monopole complet de la re-distribution de l'information.En ce qui concerne l'information traitant du monde occidental, on peut toujours, moyennant quelques efforts, trouver des journaux et des revues.Du moins ce qui se rend jusqu'à nous.Les gros noms.Ce qu'il y a de plus officiel.Un peu comme les périodiques québécois.La situation est encore plus critique pour l'information en provenance du Tiers-Monde.Sié Offi SOME, stagiaire africain au Québec, nous brosse un portrait de la situation actuelle.N.D.L.R.Vers le nouvel ordre international de l’information Le désiquilibre important entre pays riches et pays pauvres dans le domaine de l’information est bien connu de tous.Ce désiquilibre est très net: 90% des informations dans le monde viennent du Nord dont 20% à peine concerne les pays du Tiers-Monde.45% de ces pays ne possèdent pas encore la télévision.Demiis la conférence de l’UNESCO tenu à Nairobi, le Tiers-Monde continue de revendiquer le “rééquilibrage” du flux des informations.Les chefs d’accusation à l’endroit des pays développés sont très connus aussi.On leur reproche de donner, par le biais de leurs agences de presse (United Press International et Associated Press pour les Etats-Unis, Reuter pour la Grande-Bretagne et Agence France Presse pour la France), des images stéréotypées des pays en voie de développement et de vouloir par là même, perpétuer la domination culturelle coloniale.Une main-mise intolérable Les exemples ne manquent pas sur la main-mise de ces grandes agences de presse dans le Tiers-Monde.Outre le fait que ces pays dépendent d’elles pour leur ouverture sur le monde, il y a que ces agences ont le quasi-monopole de la circulation de l’information entre les pays du Tiers-Monde et plus grave encore, à l’intérieur de ces pays.Dans un pays de l’Afrique occidentale, comme la Haute-Volta, il est même arrivé, entre autres, qu’une de ces agences étrangères annonce les résultats d’élections législatives nationales avant la presse nationale.Cette situation n’est pas unique.Ce sont les stations de radios étrangères (alimentées par les grosses agences de presse) qui ont la primeur d’informations originant du Tiers-Monde, dont les premiers concernés sont les populations du Tiers-Monde.Ces informations sont traitées à l’occidentale et déforment la réalité.Il est vrai que quand on sait comment travaillent les correspondants de ces agences ce n’est pas étonnant.Un journaliste du New-York Times me disait il y a quelques semaines, que les principales ressources d’informe tion des journalistes occidentaux dans les pays en voie de développement, étaient les ambassades des pays riches.La solution: l’agence nationale Pour remédier à cela, il faudrait que les pays pauvres aient des agences de presse efficaces qui pourraient corriger le travail fourni par les agences étrangères et pourquoi pas leur tenir tête.Ce n’est pas facile surtout que pour l’instant, rares sont les pays disposant d’une telle structure.La commission Sean Mac Bride chargée par l’UNESCO d’étudier les problèmes de l’information dans le monde, soulignait, dans son rapport intérimaire que 30 nations ne possèdent pas encore d’agences de presse.Récemment, un colloque tenu à l’université Laval à Québec se demandait justement, avec raison, si la solution au JUIN 1979 25 Corriger les informations erronées et négatives qui contribuent à donner de l'Afrique une image inexacte.i •**-.Le “pool” des agences de presses des pays non-alignes: Un essai de solution au déséquilibre de l’information désiquilibre de l’information ne passait pas par la mise sur place d’agences nationales de presse efficaces.M.Obrado-vic de l’agence yougoslave Tanjug qui participait à ce débat avait donné l’exemple d’un “pool” des agences de presse des pays non-alignés qui fonctionne, difficilement certes mais qui fonctionne (voir encadré).La création, toute récente aussi d’une agence panafricaine d’information vient renforcer cette idée de la nécessité pour le Tiers-monde de se doter de moyens de collecte et de diffusion.Les inquiétudes quant à la réussite d’un tel projet sont nombreuses.Cette agence panafricaine est un projet plusieurs fois remis puisque l’idée remonte aux années 60.Il aura donc fallu 16 ans pour la réaliser.Un avenir difficile C’est que les conceptions de l’information, du rôle de la presse, varient selon les pays et les idéologies et même s’opposent.Entre le service du développement et la politique, la tâche de cette future agence ne sera pas aisée.Elle devra aussi compter sur les agences nationales même si celles-ci sont sous-équipées, disposent de peu de personnel qualifié et ont un rôle mal défini se rapprochant plus d’une officine de propagande gouvernementale.Il faudrait, ce qui est rarement le cas, que les journalistes puissent travailler sans être inquiétés.D’ailleurs, beaucoup de professionnels africains ne croient pas en cette agence.Selon eux, elle sera minée et paralysée, comme l’organisation de l’unité africaine (OUA), par les rivalités politiques qui divisent actuellement le continent.Il est prévu la création de pools régionaux devant véhiculer les nouvelles vers la rédaction centrale.Et c’est à partir de ce siège dont le lieu n’est pas encore connu, que s’effectuera la diffusion mondiale.L’agence disposera d’un budget initial de 1,75 millions de dollars et devrait commencer à fonctionner d’ici à 1980.Nul doute que ses premiers pas seront suivis avec attention car elle est une tentative de “corriger les informations erronnées et négatives qui contribuent à donner de l’Afrique une image inexacte”.Outre le fait qu’elle participera ainsi à un rééquilibre acceptable du flux des informations dans le monde, cette agence pourrait contribuer à l’unité du continent.Le “pool” des agences de presse non-alignés est actuellement la seule réponse, modeste certes, mais concrète au déséquilibre de l’information dans le monde.Créé en janvier 1975 par le groupe des pays non-alignés, le “pool” regroupe près de 50 pays aujourd’hui.Les difficultés politiques (régimes divers), professionnels (formation différentes des journalistes) et techniques (niveaux techniques inégaux) ont fait dire que le projet ne réussirait pas.Les agences de presse occidentales très puissantes n’ont pas ménagé leurs critiques.En dépit de tous ces obstacles,le “pool” s’est maintenu.Comme nous l’a expliqué M.Obradovic de l’agence yougoslave Tanjug inspiratrice du projet, c’est un système qui repose sur le désir de chaque pays membre de donner une vision réaliste ou pas de soi à l’extérieur.Et aussi sur la bonne volonté d’échanger des nouvelles que chaque pays est libre d’utiliser.L’agence Tanjug s’occupe simplement de leur distribution gratuite, le “pool” ne possédant aucun organisme permanent.Pour les critiques les agences de presse étant sous le contrôle de l’Etat, les informations échangées ne seront que celles que les gouvernements voudront bien faire connaître.Mais, répond M.Obradovic, “qui peut ôter à une agence nationale le droit d’exposer son opinion sur le caractère des événements qui se passent dans son pays?De la fidélité et de la véracité du texte dépendra son utilisation dans l’opinion publique internationale, ce qui intéresse beaucoup chaque agence nationale”.26 FOCUS DANS LA PRESSE ON N’ÉCRIT iifiîi (il* I ifi;î I |i I iff I f?| J il Combien de fois a-t-on entendu cette phrase?Combien de fois en a-t-on douté au fi! de nos lectures de périodiques et de quotidiens?Enfin! La question qui nous préoccupe aujourd'hui c'est surtout l'encadrement légal et moral qui limite, ou devrait limiter, le travail des journalistes.Législation Démêler et expliquer le casse-tête qui règne sur le plan légal est une tâche que nous laisserons aux spécialistes du droit.On peut tout de même regarder, comme ça en passant, ce que nos élites ont voté au sujet de l’information.Tout d’abord, sachons que le code civil et le code criminel, relevant le premier du provincial et le second du fédéral, touchent tous les deux le domaine de la presse écrite.Dans l’enchevêtrement des législations, on identifie: la loi de la presse, la loi des journaux et autres publications et la loi de la publication et de la morale publique.V.¦ sfêsâai iJlII&llliffllm! it-.», r t!; i» i" i mi 1 lllMll.lM'll|IM,ll.111 l'I11: Ulll .Ml IWI-hlH PAS N’IMPORTE QUOI ! JACQUES VIENS Selon le premier article de la Loi de la presse, un journal est: “Un journal ou écrit périodique paraissant (.) plus d’une fois par mois”.Tout de suite à l’article 2, on définit le droit et les actions à entreprendre pour les personnes qui se croient lésées par certains écrits parus dans un journal.Plus loin, on explique comment le journal peut se rétracter pour éviter les poursuites judiciaires.La Loi des journaux et autres publications.pour sa part, traite de la “déclaration des imprimeurs”.Cet affidavit obligatoire avant la parution de la publication, doit contenir le titre de la publication, les vrais noms, titres, qualités et le domicile de la personne qui en est l’éditeur et l’imprimeur.On doit aussi y mentionner le nom du ou des propriétaires.Chacun de nous a entendu parler du “libelle diffamatoire”.Cette notion se trouve précisée aux articles 248 et suivants du code criminel canadien.“Une libelle diffamatoire consiste en une matière publiée sans justification ni excuse légitime et de nature à nuire à la réputation de quelqu’un en l’exposant à la haine, au mépris ou au ridicule, ou destinée à outrager la personne contre qui elle est publiée” (ART.248 par.1).“Un libelle diffamatoire peut être exprimé directement ou par insinuation ou ironie” (par.2).Quiconque commet cet acte criminel est passible d’un emprisonnement de cinq ans s’il publie le libelle en conscience de cause, et de deux ans dans le cas d’un libelle par inadvertance.On défend également la publication de libelle diffamatoire dans le but de chantage.JUIN 1979 27 On n'écrit pas n'importe quoi.j)GR& fX^ la taxation scolaire ^ tentation Économique caj( 4U/ji .— *•• °»üYr%j ^ “ LE CAFE L'artUanat fe(ni a K*B«8aini , — oui iÜjansBil jji Sls?= UTTRE OUVERTE AUX VETERANS DU CANADA Codes d’éthique Mais alors, Focus n’a-t-il pas publié des libelles diffamatoires lors de certaines sorties contre des personnalités régionales?Non car l’article 261 du code criminel cautionne ces actions: “Nul n’est réputé publier un libelle diffamatoire lorsqu’il prouve que la publication de la matière diffamatoire, de la façon qu’elle a été publiée, a été faite POUR LE BIEN DU PUBLIC au moment où elle a été publiée et que la matière même était vraie”.Et vivement, les voyages “one-way” vers New-York! Il n’y a pas que la libelle diffamatoire.Certains autres écrits sont aussi défendus par la loi, par exemple le “libelle blasphématoire”.Et oui, blasphémer par écrit n’est pas un droit reconnu.Même en accord avec le principe, on peut se poser la question s’il y a là matière à législation?Relique de notre passé où la religion et la politique se courtisaient allègrement ! L’article 151 du code criminel parle du concept de “publication contre les moeurs”.Mais comme notre société a fini par évoluer, on utilise guère cette notion de nos jours.La “propagande haineuse” contre un groupe ou un individu en préconisant l’utilisation de la violence représente un acte criminel punissable par un emprisonnement de deux ans.A la lecture de l’article 62, on apprend que la publication d’un “libelle séditieux” entraîne, après reconnaissance de culpabilité, un emprisonnement de quatorze ans.Qu’est-ce qu’un libelle séditieux?C’est un “libelle qui exprime une intention séditieuse”, (art.60) On se garde bien de définir plus clairement cette notion! En dernier lieu, la Loi des mesures de guerre relativise toute autre législation en permettant “la censure, le contrôle et la suppression de publications, écrits, cartes, plans, photographies, communication et moyens de communication” en cas de guerre ou insurrection réelle ou appréhendée.Parfois, la presse est gênante! Cette énumération des lois régissant la presse n’a pas la prétention d’être exhaustive, ni d’avoir la qualité du travail d’un juriste.Elle ne sert qu’à démontrer à quel point nous sommes loin des revendications de John Stuart Mill, politicien britanique, qui, dans le but d’assurer la liberté totale de l’information, s’objectait à toute intervention de l’Etat dans ce domaine.A noter que cette prise de position se faisait en 1850! Au delà de l’encadrement légal, le secteur de l’information connait aussi un encadrement moral.On devrait, sur cette question, en référer à la conscience individuelle des journalistes.Mais comme tous ne sont pas animés de la même morale, on tente depuis plusieurs années d’élaborer une déontologie professionnelle que chacun observerait scrupuleusement.De nombreuses associations de journalistes, ou de directeurs d’information, même l’Unesco, se sont penchés sur le problème de la rédaction d’un code d’éthique satisfaisant.Leurs textes contenaient sensiblement les mêmes principes: recherche de l’honnêteté envers l’événement, le public, le médium et ses confrères, distinction claire entre l’information, le commentaire, la publicité et la propagande, éviter la diffamation, respecter la dignité et les droits fondamentaux des gens, rechercher la plus pure intégrité, améliorer sans cesse sa compétence, etc.On pourrait allonger la liste assez longuement.Il est facile de remarquer que malgré ces très nobles professions de foi, la presse actuelle déploie parfois certaines tendances qui tiennent plutôt du jaunisme.Effet de la concurrence?Montée du fanatisme?Réalité culturelle?De nombreuses explications ont déjà été formulées et nous sont servies régulièrement.Comme on peut le voir, le sujet est loin d’être vidé.Une bibliographie longue comme le bras est déjà disponible sur le thème et elle continue de s’allonger.Qu’est-ce que l’information?Qu’est-ce que le droit à l’information?Qu’est-ce que l’objectivité?La liberté de presse?La sécurité nationale?L’intérêt public?Autant de questions cruciales qui soulèvent les réponses les plus diversifiées.Ce “quatrième pouvoir” qu’est le journalisme fera parler de lui encore et encore.L’automne dernier, le ministère des Communications du Québec publiait un avant-propos de loi traitant du droit à l’information.Le document alors présenté fut vite relégué aux oubliettes tellement il n’était pas au point.Mais nous devrons y revenir.Avec les grands débats qui s’en viennent au Québec, il serait certainement bon de faire le ménage dans le secteur de l’information, et des lois qui s’y rapportent.En guise de contribution à la polémique qui naît, démontrons que des principes comme celui qui sert de titre à cet article peuvent facilement être profanés et qu’effectivement, ils le sont souvent.Aucune loi n’a, à ce jour, pu le faire respecter.Voilà que le papier reçoit l’inscription défendue: N’IMPORTE QUOI.28 FOCUS 1 - Daniel B reck 2- Guy Bourassa 3- Hélène Bonin 4- Odelte Côté 5- Renée Chouinard 6- Marc Tremblay 7- Mario Lacroix 8- Helen Riou 9- Normande Thériaull 10- Noémie Grenon 1 1 - Thérèse Desgagné 12- Serge Girard PHOTOGRAPHIE I ÉTUDIANTS DE L'UQAC La photographie est à la fois matière et abstraction de la matière.Issue de la technologie humaine, elle vit au présent avec l'homme et il appartient à l'homme de la dépasser.Voici le cadre conceptuel auquel je fais référence à l'intérieur de Photographie I à l'Université du Québec à Chicoutimi.La clientèle étudiante qui s'intéresse à la photographie à l'UQAC est nombreuse.Elle se compose en majorité d'adultes provenant de différents secteurs tels les Arts, les Sciences et l'Education.En plus des étudiants réguliers, l'on y retrouve des anésthésistes, des ingénieurs, des infirmières, des enseignants, des ouvriers, des fonctionnaires, des ménagères.Souvent, seulement 45 heures de cours séparent ces étudiants de leur premier contact comme intervenant avec cette forme d'expression.Les photographies présentées dans ce porte-folio ont été réalisées par ces mêmes étudiants dans le cadre du cours de photographie I.La diversité et la personnalisation des approches photographiques, la compréhension du processus photographique de même que le dépassement des limites du medium sont les traits marquants de cette sélection de photographies.Daniel Dutil Chargé de cours Université du Québec à Chicoutimi Mm Ai ¦ ' xt'-h:¦¦ ¦ "ssii® Utmtit' pf v I / L /.11 |,; I) 1! V it iu irfU.4 j 4 , ' 1 V.' ,___'.‘j ’ .*&' f*1 r?.- ç ï : 4 &5Ü1 2* : -j*ÿ CRV r 99Sp «SiSfoîS 'ïsr-.y^- V- •jfjs £ tyC: -¦ s.¦f.;'•*> :;.' ~: i gÊfe ¦•-• SISaS ;/ r.; ¦* -S &' ^ • ’ );-s > V, ¦4*^ ;¦* .•- r î/lfl’lw («fe-r ELiSa .-tt HHH1 ai J.» v ,$>"11 WRiL m ¦' FTT Si.’S»': MS.•¦>.•» ./to', * ff/$S « ,/ ai ,• .i f f , ?S V ÿ r Si- sa @S»| ¦ i'-u-S", '.j :5i£3£ 5S^ /: p^S^SB BBS '/yy 3SEÎ ?iMf /•’>/ f'* ' A.V -; %.^ ^ Mil lüfüM.i|i|fi|*|.M.x IM.\ I » M %:M:B * J5551.-.„( Ü • -f ' Ws -• - ; LE CINEMA DOIT MONTRER AUX GENS CE QU'ILS SONT m miv M atm/cuut Entrevue avec Claude Marchand, membre du collectif "Les films du crépuscule''.Cette entrevue a été réalisée par Monique Major et Monique Cloutier pour la radio communautaire de Jon-quière, CHOC MF.Adaptation écrite: Monique Major.Le cinéma, comme toute autre forme d'art, est un phénomène social et fait partie de l'expression culturelle d'un peuple.C'est aussi le constat de notre façon de voir, de vivre, de parler et de penser.Alors qu'au Québec nous sommes quotidiennement nourris par le "American way of life" (nos centres commerciaux, nos McDonald's, nos bungalows, etc.), saurons-nous reconnaître une expression cinématographique qui nous soit propre?Nous laisserons-nous aseptiser par la culture de nos voisins du sud?Le cinéma parallèle, le cinéma artisanal ou artisan sont peut-être là justement pour nous permettre de reconnaître nos repères collectifs.Monique Major — “Les films du crépuscule”, qu’est-ce que c’est?Claude Marchand — “Les films du crépuscule”, c’est un collectif de distribution de films artisanaux québécois.Nous sommes nés d’une initiative, il y a deux ans et demi, et nous tentons d’assurer au cinéma artisan québécois, qui était très peu vu, un moyen collectif pour se doter d’un instrument qui servirait à le faire voir.Alors, dans un premier temps, on a publié un catalogue, pour ensuite faire différentes tournées à travers le Québec.Nous avons rencontré les responsables socio-culturels des cégeps, des universités, des municipalités, des centres communautaires, etc.Nous voulons les sensibiliser à la cause du cinéma artisan, et plus largement à la cause du cinéma québécois afin qu’ils en programment.Les films du crépuscule, c’est le lien physique entre 45 cinéastes québécois et les programmateurs éventuels.Monique Major — J’aimerais que tu nous expliques ce qu’est le cinéma artisan, quelle est sa particularité?Claude Marchand — Nous, on a toujours vu le cinéma artisan dans une optique de mode de production, c’est-à-dire que ce n’est ni du cinéma amateur, ni du cinéma industriel.On a souvent dit que les cinéastes artisans étaient des artisans de la relève cinématographique qui allaient, plus tard, devenir des cinéastes plus connus, plus chevronnés.Nous, on ne l’entend pas de cette façon-là; on voit le cinéma artisan comme une façon de faire permanente, et qui n’aspire pas à d’autre chose qu’à ce qu’elle est.Je vais définir ce que j’entends par le mot artisan.Je le vois un peu de la même façon dont les cordonniers fonctionnaient avant l’ère industrielle.Ils possédaient les instruments, le cuir et les moyens de fabriquer la chaussure.Ils avaient donc un contact avec la chose fabriquée et en contrôlaient tous les aspects.Le cinéaste artisan, ou souvent le collectif (parce qu’on y travaille de préférence en collectif), tente aussi d’avoir un contact et un contrôle du produit qu’il réalise.Nous voulons avoir la plus grande liberté d’expression, être les seuls à définir ce que le film sera.Et ça évidem- ment, ça ne se conçoit pas dans le cadre du cinéma industriel conventionnel où, si les bailleurs de fonds, les actionnaires des films, investissent de fortes sommes pour sortir un produit, ils s’attendent évidemment à ce que ce produit soit commercial et à but lucratif.Le cinéma artisan, lui, se veut libre et indépendant de ces moyens de production qui finalement boycottent ou censurent les contenus des films.Monique Major — Peut-on faire un rapport entre film artisan et film documentaire?Claude Marchand — Ah oui! cela se fait.Si vous connaissez un p’tit peu l’histoire du cinéma au Québec, il y a une période très importante qui est celle des années 60 et qui se situe avant l’arrivée du cinéma industriel.C’est l’époque du cinéma direct.Beaucoup de critiques ont dit qu’avec la semaine du cinéma québécois on avait assisté à une renaissance du cinéma direct.Le cinéma direct, c’est du documentaire; mais il ne faut pas voir dans cette forme cinématographique du documentaire didactique, celui-là qu’on 38 FOCUS Vendredi à jeudi (Saguenay 2) du 11 eu 17 i LA FIEVRE SE REPAND! LE RETOUR DU JUSTICIER SAUVAGE yÿf, a non yn i,gm1 n J^EEVEW*: L HISTOIRE VRAIE BO DU HEROS LEGENDAIRE f i-y / 5» ,/ b fXjLL t SAUVEZ LE NEPTUNEWijU' CLINT EASTWOOD -l-EPREUVE DE FORCE" /TS E¥o.m(iîflliiSfiPo, l INVASION OtS SOUCOUPES VOLANTES "La crise du cinéma québécois, c'est en réalité la crise d'un cinéma industriel colonisé par le cinéma hollywoodien”.nous présentait à l’école.avec la grosse voix de Gaëtan Montreuil.Le mot “documentaire” et le mot “direct” ou le mot “fiction”, c’est quoi au juste si ce n’est pas de vouloir catégoriser très arbitrairement ce qu’est le cinéma! Le cinéma direct au Québec emprunte une voix qui est celle de l’intervention directe, avec un montage attractif, attirant, qui permet au film d’avoir un niveau de lecture qui ressemble à du cinéma de fiction.Monique Major — Quelles sont les autres productions que peut nous offrir “Les films du crépuscule”?Claude Marchand — Puisque nous sommes pour la liberté de création, il se fait beaucoup de films soit en collectif, soit par des individus.Chacun a quelque chose à dire, une réalité à montrer, une aspiration à défendre et chacun emploie le mode qui lui semble bon.La production artisanale, c’est un mode de production mais ce n’est pas une classification spécifique.On va présenter des films, tout aussi bien du documentaire, du film de fiction, d’animation et même, quoiqu’en plus grand nombre, du cinéma expérimental.Les sujets traités sont divers et malgré les moyens modestes dont les artisans disposent, les résultats ont une saveur “du plaisir de faire”.Le cinéma artisan ce n’est pas du cinéma fait dans le but de convaincre les salles commerciales de l’acheter; alors évidemment le type du format incombe peu.Avoir la liberté du contenu de son film, cela signifie qu’il n’est pas question de rajouter des trucs pour en faire un long métrage ni de se résigner à dire ce qu’on veut nous faire dire.Monique Major — Les cinéastes des années 70, ceux qui ont produit des films tels que “L’initiation”, “Deux femmes en or”, “J’ai mon voyage”, etc., ont dernièrement crié à une “crise du cinéma au Québec”.Je voudrais que tu nous situes un peu le contexte et de quelle crise s’agit-il là?Claude Marchand — Dans les années 70 on s’est dit qu’on allait créer une industrie du cinéma au Québec, qu’il fallait produire des films de salles, des films qui rejoindraient le plus grand nombre de gens possible.Pour ce faire, on a suivi une recette déjà connue, on s’est mis à copier les modes de fonctionnement holywoo-diens: du cul et de la violence pour tous les goûts.Sauf qu’ici au Québec, compte tenu des moyens dont on disposait, il fallait faire des films avec des budgets de $300,000 ou $400,000 qui, eux, devaient rivaliser avec d’autres de $2 ou $4 millions.Mais le public québécois, d’abord impressionné, s’est tranquillement désintéressé de ce type de cinéma qui n’était, après tout, qu’une faible copie de l’original.Les investisseurs qui avaient misé de gros sous ont évidemment connu d’importants désastres économiques.C’est à partir de ce moment-là qu’ils ont crié “à la crise du cinéma québécois”.En réalité, c’est la crise d’un cinéma industriel colonisé par le cinéma hollywoodien.Monique Major — Mais ce type de cinéma commercial au Québec n’a-t-il pas trouvé une solution dans le phénomène des coproductions?Claude Marchand — Oui, effectivement.C’est très bon de le mentionner parce que les mêmes qui crient à la crise du cinéma ce sont ceux qui investissent dans les coproductions.C’est quoi les coproductions?C’est un pays étranger qui vient faire des films ici parce qu’on lui offre des dégrèvements fiscaux, on lui donne des allègements pour que la production des films ici soit moins coûteuse qu’ailleurs.Monique Major — Quelles sont les répercussions d’une telle solution, c’est-à-dire d’attirer les investisseurs étrangers au Québec?Claude Marchand — Bien ça fait fonctionner l’industrie du cinéma, au sens où les techniciens eux travaillent, les laboratoires qui développent les films fonctionnent, les studios, les laboratoires de son et d’enregistrement aussi.alors on se dit que le monde du cinéma au Québec va bien.Mais c’est le monde de l’industrie du cinéma qui va bien, parce que les créateurs, ceux qui ont misé pour faire des films au Québec, ne peuvent plus en faire.Ils sont noyés dans le phénomène des coproductions et se retrouvent isolés politiquement, ça les empêchent de faire des films.Alors ceux qui crient à la crise du cinéma disent qu’il n’y a plus de possibilité au Québec de faire des films et qu’il faut dorénavant, puisque c’est la seule solution possible, se diriger vers les coproductions.Monique Major — On sait qu’il y a une production active de films québécois, comment se fait-il qu’on puisse rarement les voir à l’affiche?Quels sont les dessous de cette mauvaise diffusion?Claude Marchand — Au Québec, il y a trois grands réseaux de distribution qui contrôlent à peu près tout ce qui se fait en distribution de films et en possession de salles: les réseaux Odéon (Famous Player), les Cinémas-Unis et ce dernier que vous connaissez particulièrement bien dans la région, France-Film.Autrement dit, ici, quand vous voyez une salle, c’est à France-Film ou y a pas de salle ! Faut bien comprendre que ces monopoles ne possèdent pas seulement les salles, mais les réseaux de distribution et leurs propres films.c’est un circuit fermé.C’est assez simple à comprendre pourquoi on ne voit pas de cinéma québécois: ces gens-là possèdent les réseaux de distribution et diffusent leurs films dans leurs salles.Monique Major — Mais n’existe-t-il pas des réseaux en circuit parallèle, dans les cégeps par exemple, ou les universités ou quelqu’autres endroits?Alors pourquoi là non plus, n’y diffuse-t-on pas du film québécois?Claude Marchand — Toucher cet aspect du problème, c’est toucher la situation que “Les films du crépuscule” vivent depuis deux ans et demi.Nous essayons de percer le réseau des salles parallèles.Ce réseau n’est pas contrôlé par l’industrie privée, par des grands monopoles.Ce sont des salles indépendantes.L’auditorium Dufour, c’est une salle qui n’est pas contrôlée par France-Film, c’est une salle qui est libre.Alors nous, à travers tout le Québec, nous sommes allés rencontrer les responsables socio-culturels des municipalités, des loisirs, afin de les sensibiliser à cette cause.Mais quelle n’a pas été notre JUIN 1979 39 stupeur d’apprendre que 97% des salles dites parallèles au Québec, copiaient intégralement les salles du circuit commercial! Eh bien effectivement, si les salles parallèles elles-mêmes ne programment pas du québécois, comment pouvons-nous espérer une amélioration au niveau de la diffusion! C’est donc notre travail, nous “Les films du crépuscule”, de convaincre le plus de monde possible.Nous devons être partout, justement pour sensibiliser le plus d’intervenants culturels à cette situation.Monique Major — Outre la mauvaise diffusion qui n’allège évidemment pas le problème, comment peut-on expliquer le désintéressement du public à l’égard du film artisan?Claude Marchand — Les gens ne le connaissent pas.Alors, bien sûr, ils n’y sont pas intéressés et souvent, même les animateurs culturels hésitent à diffuser du film artisan.mais il faut bien commen- cer par un commencement, les essayer.Ces films-là n’ont jamais été montrés et leur chance de réussite est assurée dans un certain sens puisque ces films parlent de notre réalité québécoise.Le film artisan s’est souvent penché sur des réalités locales et régionales, sur des problèmes que vivent les gens dans leur quotidien.Ce sont donc des films qui les touchent de près, dans lesquels ils se reconnaissent.C’est évidemment une nouvelle approche du cinéma, une approche qui demande que le public sorte de ses habitudes cinématographiques pour se défaire du rôle de spectateur passif qu’il a tendance à jouer.Cela demande aussi que les critiques cessent de nous boycotter, et qu’on parle enfin de ces films artisanaux pour que le public soit informé et sensibilisé à ce cinéma.C’est ça l’approche culturelle d’un pays, montrer aux gens ce qu’ils sont et pas les rêves des pays d’ailleurs, et surtout pas de se servir du cinéma pour créer des machines à rêves ! L’ALTERNATIVE DE BAIE ST-PAUL FILM DE LOUIS DUSSAULT Québec 1978 16mm, couleur, 32 minutes en québécois.DISTRIBUÉ PAR LLV OUV ru atramir C’est une nouvelle approche du cinéma.w mv m ammuc LES FILMS DU CRÉPUSCULE 573 rue de Bienville Montréal, Que.H2J 1T4 Tel.: (514) 525-2539 JÉ w m/v * mamjcm QUE SONT DEVENUS LES SCÉNARIOS?Ce ne sera pas le déroulement d’une histoire.Ce genre est devenu au cours des dernières années du forcing au point où il faut projeter sur l’écran des catastrophes pour émouvoir le public.Il ne faut pas tomber dans ce panneau et tordre une fois de plus la cervelle des gens.Le cinéma, ou plutôt un bon scénario, doit être en mesure d’offrir une compréhension du monde actuel en utilisant la simplification, le symbolisme, l’analyse et la synthèse.Il ne faut pas non plus tout miser sur l’un de ces procédés mais les utiliser ensemble et les faire agir les uns sur les autres.On a trop tendance à vouloir projeter un monde uniquement horizontal ou uniquement vertical, oubliant la vitesse et les spirales qui font mouvoir en tous sens nos perceptions.Il ne s’agit pas non plus de s’en tenir au réalisme qui n’est qu’une image appauvrie du réel.Les idéologies qui montrent les chemins à suivre sont les premières à oublier d’où elles viennent et ne savent guère où elles peuvent arriver.L’écran de cinéma doit respirer par toutes ses pores et ne pas se contenter d’un maquillage de surface et de changements de vêtements faits dans les coulisses.Il a aussi des os, des viscères et un fort pouvoir de digestion où un manque de discernement n’amène que constipation ou écoeurement.Il faut se défaire de cette tendance des scénarios qui aplatissent les personnages pour n’en faire LARRY TREMBLAY que des points qui glissent sur des horizons, coupés aux deux bouts par une paire d’oreillères en plastique.Cessons, pour au moins un instant, de donner des noms, des professions, des familles, des automobiles et toute une panoplie de tics stupides et sociaux à nos personnages et laissons-les nus pour la durée d’un film afin qu’ils puissent inventer avec leurs mains et leur coeur une action qui ne soit pas le résultat de la peur.Le monde est vaste mais les prisons sont nombreuses.Les moyens d’expression que le monde moderne s’est payé ne doivent leur survie qu’au fait curieux qu’ils sont tout autant pernicieux que libératoires.La culture qui s’invente aujourd’hui est une addition de films vus, de livres lus, de disques écoutés en vue d’accroître sa collection et son pouvoir de conversation.Les gens promènent leur mémoire comme des trophées soit pour s’orner, soit pour se protéger.Mais sincèrement, pourquoi faut-il aller voir le dernier film d’un tel?Où se situe le besoin, le désir?Allons voir des processus, non des bibelots fardés.Allons voir le mouvement réel de l’être, non des poses de vedettes.Si l’on juge l’idiotie sur la facilité de se faire manipuler, alors une grande partie de la jeunesse et du monde adulte est idiote.Que penser de cet étrange pouvoir qui fait pleurer un million de gens parce qu’à la fin du film, l’héroïne meurt dans un lit d’hôpital comme cela se produit tous les jours?Le cinéma est une lentille dont le coeur est un focus aux pouvoirs illimités.Si le cinéma s’associe à une puissance idéologique ou politique, son zoom devient une arme sociale dont la tactique consite à rendre floue une situation dangereusement précise ou à agrandir une fausse image qu’il aurait mieux fallu laisser dans l’ombre.La majorité des films de ces dernières années ont ce défaut de présenter des scénarios dont le début laisse deviner la fin, à croire qu’ils ne sont pas que la manifestation d’un mécanisme qui tourne à vide et qui est sensé assouvir une dose d’émotions que, semble-t-il, le public requiert.La prétendue imagination d’Hollywood n’est qu’un leurre qui consiste à habiller un vieux scénario de nouvelles guenilles et à parsemer l’itiné- v raire des personnages de problèmes empruntés au monde du téléjournal.Cessons de jouer au yoyo avec nos pauvres cerveaux de salon.Cessons de percevoir nos écrans comme des affiches publicitaires agrandies et parlantes.L’écran, même s’il est en quelque sorte un mur, doit laisser passer quelque chose et non pas arrêter la vision du spectateur devant lui.40 FOCUS LAURA GIRARD PROFESSION: PROJECTIONNISTE AU CINEMA “ELYSEE” DE JONOUIERE Reportage fait le 13 octobre 77 par Pierre Demers et le photographe Michel Gauthier Un métier “obscur" réservé aux hommes.Laura Girard travaille comme projectionniste, dans les salles de cinéma de Jonquière, depuis près de vingt ans.Elle a commencé par exercer les métiers "féminins" qu'on retrouve habituellement dans le commerce cinématographique nord-américain: vendeuse de billets au guichet, et ensuite au restaurant.Puis, une bonne journée, c'était dans les années '50, elle demande à son patron, le propriétaire des salles de cinéma de l'endroit, de "faire le saut en haut, dans la cabine de projection".JUIN 1979 41 ¦BKs ¦jam.‘SJBft ou joup; rwEATOe THEATRE ’ELLCVUE CENTRE Au début, on ne la prend pas trop trop au sérieux.Il faut dire, qu’à cette époque, le commerce du cinéma, en province (comme à Montréal d’ailleurs) se portait passablement bien.Les spectateurs assistaient régulièrement et fort nombreux aux séances de semaine et de fin de semaine.C’était un peu avant l’arrivée de la télévision de masse qui vida pour de bon les salles commerciales.Les heures de travail des projectionnistes étaient plus longues et accaparantes qu’aujourd’hui.A tous les soirs, on travaillait de six heures trente à deux heures du matin.Un soir par semaine, le projectionniste avait droit à son unique congé.Les conditions de travail auraient donc pu décourager bien des projectionnistes, autant les hommes que les femmes.En plus, le travail, dans une salle de cinéma commercial, subissait souvent les foudres du clergé.Même au début des années 50, les curés zélés ne se gênaient pas pour dénoncer le cinéma du dimanche.Quelques films jugés “audacieux”, comme certains mélodrames américains, se retrouvaient régulièrement sur la liste noire de la censure officielle.Les mouvements “militants” de ces années-là tels “Les Dames de Sainte-Anne” et “Les Enfants de Marie” pour ne nommer que les plus radicaux!?) manifestaient quelquefois par année devant les salles affichant les films “contestés” par l’Eglise.Dans un tel contexte, on ne s’étonne pas de voir d’un très mauvais oeil les femmes (plus que les hommes bien sûr) pratiquer des métiers liés au commerce cinématographique.Et quand une femme se mettait dans la tête “d’opérer la machine à vues”, comme un homme, et bien elle devait avoir de sérieuses raisons pour faire un tel choix.Elle devait également être plus indépendante que bien des filles résignées à leur métier de “sourire au guichet”.Tous ces préjugés bien vivants dans le milieu que fréquente Laura Girard ne l’empêchent pas de vouloir devenir projectionniste.Orpheline depuis l’âge de neuf ans, et ayant auparavant exercé quelques métiers assez difficiles (entre autres, dans le milieu hospitalier), elle veut s’initier au métier qui l’attire.Son patron jugeant sans doute qu’elle lâcherait en cours de route, lui permet de “prendre des cours” des autres projectionnistes, mais après son travail de “fille de restaurant”.Pendant quelques mois, elle suit “les Un cinéma “spécialisé”.leçons” de Jos Bouchard, projectionniste âgé aujourd’hui de 72 ans, et toujours actif dans les salles de Jonquière.Il lui montre le métier, surtout comment manipuler le gros projecteur 35mm “Magnarc Peerless” activé au carbone.Le seul reproche qu’on lui fait c’est de ne pouvoir monter toute seule les caisses de films, dans la cabine de projection.Elle s’en rend compte assez rapidement et demande l’aide des “hommes” qui ne refusent jamais de lui venir en aide.Quand vient le moment de changer de métier, de passer du restaurant à la salle de projection, un petit inconvénient survient qu’on aurait pu deviner.Son patron lui offre le poste au salaire de $25.00 par semaine.Les projectionnistes “mâles”, eux, ont $35.00 pour le même travail.Laura Girard refuse de faire cette concession sous prétexte qu’elle est une femme.Elle a pris la décision de devenir projectionniste pour améliorer ses conditions de travail et entre autres, son salaire.Son patron d’ailleurs, n’a pas tellement le choix.Il a besoin d’un nouveau projectionniste pour la salle qu’on vient de construire.Et, comme ce métier n’attire pas nécessairement par dizaine les candidats, il finit par offrir à Laura Girard le salaire d’un “vrai projectionniste”.Les conditions de travail (six soirs par semaine, de sept heures à minuit) et le salaire ($35.00) nous semblent aujourd’hui dérisoires.Mais il faut savoir que le métier n’est pas encore protégé par une convention collective, dans les années 50, et que ceux qui l’exercent n’ont pratiquement pas de recours.Aujourd’hui, les quelque trois cents projectionnistes du circuit commercial québécois sont en grande majorité syndiqués à la Fédération nationale des communications de la CSN.Sur le permis de travail qu’ils reçoivent du ministère du ELYSEE il CINEMA J Nbi 7T77T7Trr777Z7777TTTTT77T: MHS LES ORGIES K£T0itf»ANTS MACABRFS 42 FOCUS La solitude des images et de la cabine réduite à sa plus simple expression.IgfôSBaS»1 Il Mi:.* - ¦ ~f Travail du Québec, on les classe dans la catégorie des “électriciens”.J’imagine qu’il y a très peu de femmes qui pratiquent le métier d’électricien au Québec, comme celui de projectionniste d’ailleurs.Ce métier de projectionniste, c’est un travail de solitaire.C’est du moins de cette manière que l’exerce Laura Girard.De sept heures du soir à minuit, elle projette “ses” deux longs métrages, dans la petite salle du cinéma “Elysée” de Jonquière.Ses deux projecteurs qui ont autant de métier qu’elle (environ 20 ans) cadrent bien avec le décor “rétro” de la minuscule cabine de projection.Sur les murs gris, on y trouve, bien affichés, les règlements des électriciens projectionnistes datant de 1941.Les qualités premières d’un bon projectionniste se résument ainsi: au travail ne jamais fumer, ne jamais lire et se faire un devoir de garder sa cabine “très propre”.Sur un autre mur étroit de la cabine de “l'Elysée” un petit crucifix blanc, un vieux rameau et une ancienne image du Sacré-Coeur doivent bien se demander pourquoi cette petite salle de 150 sièges ne passe que des films de fesses, depuis deux ans?Laura Girard se le demande aussi.Avant, elle projetait surtout des films pour enfants, le samedi après-midi et des films d’aventures, au cinéma “Centre”.Maintenant, elle collabore malgré elle au recyclage sexuel des voyeurs de Jonquière.C’est l’une des salles les plus fréquentées du circuit France Films ( 10 salles) dans la région.“L’autre jour, dit-elle, un vieux de 84 ans a insisté pour dire son âge à la fille du guichet”.Les films de ce genre font vivre en grande partie les salles commerciales de tous les coins du Québec.Les projectionnistes connaissent cette loi du marché plus que tous les autres spectateurs.“A un moment donné, dans ce métier-là, on ne les voit plus, les films qu’on passe.Pour vérifier l’état des copies, je suis obligée de tous les regarder, mais ce genre de films me laisse plutôt indifférente, après deux ans de visionnement intensif.” La semaine où nous sommes allés rencontrer Laura Girard, dans sa salle de projection de l’Elysée, on y présentait “Ce cochon de Paolo” et “A bout de sexe”.Elle se souvient d’avoir projeté des meilleurs films que ceux qui occupent les écrans d’aujourd’hui.Dans les années 50, les salles commerciales se permettaient même de changer leur programmation, deux fois par semaine.“Les spectateurs ne se gênaient pas pour nous dire qu’ils aimaient les films qu’on montrait.Aujourd’hui, dans les salles de cinéma, on ne se parle plus.Les voyeurs se baissent les yeux dans le hall d’entrée ou au restaurant.Avant, quand j’ai commencé à travailler dans une salle, c’était le lieu de rencontre, le rendez-vous de la ville.On acceptait d’y travailler presque gratuitement.Toutes les dernières nouvelles y circulaient.Les employés étaient au courant de tout, connaissaient tout le monde”.Les temps changent.Le métier change aussi.Dans les nouvelles salles qu’on construit en marge des centres commerciaux, on ne trouve plus les vieux appareils que manipulent avec nostalgie les projectionnistes de l’ancienne génération.Les services jumellés permettent au même projectionniste “d’opérer” souvent quatre salles à la fois.Dans les villes éloignées comme celles des régions du Québec, les projectionnistes ont vieilli en même temps que leur projecteur et leur salle.Ils ont une moyenne de vingt à trente ans de métier.La relève s’annonce plutôt difficile à assurer.Les conditions de travail n’ont pas beaucoup changé depuis les années 50.On projette toujours les films à des heures impossibles (de sept heures à minuit et souvent l’après-midi) et le salaire peut être considéré comme très moyen.Laura Girard ne s’en plaint pas trop, car elle a connu pire.Pour une projectionniste, elle parle peu de cinéma.Les autres projectionnistes ont souvent le même réflexe.Quand elle parle du cinéma québécois, c’est pour dire qu’elle préfère aux “films québécois en jouai”, les “bons films américains d’aventure” et selon elle, “techniquement impeccables”.Elle a tellement projeté de films américains depuis vingt ans qu’il apparaît normal qu’elle leur trouve beaucoup de qualités.Le spectateur québécois moyen porte habituellement le même jugement quand il parle du cinéma d’ici.Il aime un film québécois qui lui fera penser à un “bon film américain”.Laura Girard aurait pu exercer d’autres métiers “plus ou moins payants” que celui de projectionniste.Elle a choisi celui-là pour la simple raison qu’elle se sentait assez indépendante, assez “décidée” pour prendre la place d’un homme.Il y a peu de femmes cinéastes, au Québec, et celles qui exercent des métiers de cinéma sont plus souvent scrip girls, commédiennes qu’ingénieurs du son, camérawomen ou monteuses.Les projectionnistes comme Laura Girard ne doivent pas être trop nombreuses, non plus.Certains vont dire que c’est un curieux métier “pour une femme”.Nous, ce jeudi soir-là, quand on l’a vue manipuler ses bobines de films, la lentille de son projecteur, rembobiner ses rouleaux, on la trouve autonome et jolie, dans la noirceur de sa minuscule cabine de projection.Les projectionnistes font aussi partie de notre petit monde cinématographique qui reste à découvrir.JUIN 1979 43 S'EMPOISONNER LENTEMENT MAIS SÛREMENT Nous respirons de plus en plus de produits chimiques de toutes sortes, que ce soit les gaz d'échappement des autos, les tonnes de poussière que l'Alcan ou autres compagnies nous rejettent sur la tête, plus simplement la fumée de cigarette, ou les aérosols qui sont devenus d'un emploi courant.Il est très difficile de savoir quel est l'effet exact de chacun ou de tous ces produits mélangés sur notre organisme, surtout que nous y sommes soumis à des degrés divers selon notre travail, le lieu où nous demeurons, etc.C'est pour cette raison qu'il nous faut nous montrer très circonspect pour ceux que nous respirons déjà et encore plus pour les nouveaux qui apparaissent.Mais à l'heure où les centrales nucléaires menacent de nous sauter sur la gueule, ça nous en prend beaucoup pour nous émouvoir.J'ai quand même choisi de vous parler d'un de ces nombreux produits qui circulent dans l'air que vous respirez, car depuis quatre ans que je le vois, que je le sens, que je le respire, que j'essaie de savoir s'il est dangereux et à quel point.Ça nous donnera une petite idée de la façon dont nous sommes protégés.J’ai fait connaissance avec le dispositif anti-mouche AIR GUARD CONTROL, alors que mon attention fut attirée par une senteur prégnante mais subtile de désinfectant dans le domicile de mes parents.On s’empresse de me répondre pres-qu’avec fierté qu’il s’agit du nouveau dispositif électronique, émettant un jet d’insecticide à toutes les 7 minutes 30 secondes, 24 heures sur 24 et se présentant sous l’aspect anodin d’une petite boîte rectangulaire de 7 po.par 3 po.accrochée au mur à environ 11/2 pied du plafond et qui garantit la disparition de toutes les mouches.J’émets des doutes quant à la salubrité d’un tel engin, de surcroît dans une cuisine.On s’empresse de me rassurer, le vendeur garantit qu’il n’y a aucun danger, que tous les tests ont été faits, que le gouvernement l’a approuvé, etc.Je ne désarme pas pour autant, d’autant plus que je n’aime vraiment pas cette odeur que je détecte à tout coup, peut-être à cause de la grosseur de mon appendice nasal.Je commence d’ailleurs à la détecter dans plusieurs endroits publics, d’abord prévenu par la senteur, je ne manque jamais de retracer l’appareil.Une année passe, l’été suivant j’assiste à la prolifération d’AIR GUARD CONTROL, presque plus de restaurants, brasseries, tavernes qui n’en soient dotés.Est-ce son aspect, mais il me faut encore plusieurs mois avant que je ne me décide à apprivoiser l’appareil, à fermer le dispositif puis à ouvrir la petite boîte pour découvrir une bonbonne aérosol ressemblant étrangement à toutes les autres et sur lequel est écrit KONK.A mon grand étonnement, il y a un avertissement que je reproduis intégralement: “ATTENTION: Couvrir les bocaux à poissons durant la vaporisation.Dans les laiteries, le lait et la crème fraîche doivent être recouverts.Dans les restaurants, les hôpitaux et autres établissements de manutention des aliments, les aliments préparés doivent être rangés ou recouverts tel que requis normalement en vertu de bonnes pratiques sanitaires.Dans les usines d’empaquetage des viandes et de transformation d’aliments, ne vaporisez que lorsque l’usine n’est pas en fonctionnement.Ni viandes, ni ingrédients, ni matériaux d’emballage à découvert ne seront laissés dans la pièce, et l’équipement pour la manutention des aliments devra être couvert.Toute superficie traitée qui peut entrer en contact avec les produits alimentaires de viande ou d’autres aliments, doit être lavée et rincée à fond à l’eau potable après la vaporisation et avant de la réemployer pour la transformation des aliments”.Le premier mouvement de colère va d’abord vers le vendeur qui ne peut ignorer cet avertissement avec le nombre de bouteilles qu’il manipule; s’il n’en dit rien à ses clients, c’est probablement pour en vendre plus.Les bonbonnes se vident en effet en 23 ou 26 jours lorsque l’appareil fonctionne 24 heurs sur 24.On imagine la colonne des profits quand on sait qu’elles se détaillent à $6.75, qu’il y en a de 5,000 à 6,000 en circulation et que le dispositif coûte 42.75.Grâce à cette découverte je réussis à faire taire définitivement celui de mes parents.Je peux difficilement m’empêcher, malgré ma grande timidité, de faire part aux restaurateurs, taverniers ou autres qu’ils contreviennent à la loi en assaisonnant ma soupe ou ma bière avec du Konk.Ils me toisent alors d’un regard condescendant en me disant que l’inspecteur est passé et qu’il n’a rien trouvé à redire.A quelques endroits, on m’affirme même que c’est l’inspecteur qui a suggéré cette méthode.Je suis depuis peu (à l’été 77) journaliste à Focus.Il me vient donc à l’idée de me servir de cette illustre tribune pour dénoncer ce fléau.Je fais quelques recherches, j’appelle le vendeur en me faisant passer pour un éventuel acheteur.On me sert le baratin dont j’ai entendu parler mais avec encore plus d’emphase que je 44 FOCUS 'f-Ml Ji-r*?n’en attendais.Lorsque je demande s’il peut être dangereux, on s’empresse de me répondre qu’il y en a même dans des salles d’opération, qu’une secrétaire du ministère de la Santé du Québec a avalé le jet pendant plusieurs heures (8 ou 12, je ne me rappelle plus très bien) sans aucun problème, etc.On ne me fait, bien entendu, aucune mise en garde pour son utilisation.J’appelle ensuite un inspecteur du ministère de l’Agriculture qui me dit que l’appareil est interdit dans les cuisines mais qu’ils n’ont pas juridiction dans les salles à manger.Ma chronique sort cependant à l’automne et ne semble pas avoir l’impact escompté.L’été suivant je change de tactique et porte plainte au Service de protection de l’environnement à Jonquière, convaincu qu’on doit faire interdire un appareil utilisé si cavalièrement et qui met en danger la santé publique.Il me semble que le 100% de mauvaise utilisation que mon échantillonnage a montré est amplement suffisant pour en prouver le danger.Je rencontre un fonctionnaire qui photographie l’appareil, qui me pose quelques questions.Je retéléphone à quelques reprises durant l’été, je reçois invariablement la même réponse: “Le dossier a été référé au contentieux juridique à Québec.”.Je recommence mes démarches au mois de mai 79, pour m’apercevoir que personne n’a osé troubler le sommeil profond dans lequel a sombré le dossier, bien installé qu’il est sur une confortable tablette à Québec.Suite à mes appels répétés, on finit par me dire, après vérification, que la loi québécoise actuelle ne permet pas d’interdire l’utilisation d’un insecticide à moins qu’on ait prouvé son danger pour la santé publique.On me réfère donc à Roland Saint-Jean qui est responsable de l’étude sur les pesticides pour le Service de protection de l’environnement.Il commence par me dire que le produit actif dans l’appareil (le pyrétrine) est d’origine naturelle et est moins nocif que la caféine (la caféine est très nocive), mais que les difficultés d’approvisionnement à cause de la situation actuelle en Afrique, ogliberaient probablement le fabricant à le substituer par un pyrétrine de synthèse qui est plus nocif car il a tendance à s’accumuler.Qu’il serait très important de faire une enquête là-dessus mais que les services sont actuellement débordés par des problèmes plus pressants, comme l’emploi de pesticides en agriculture et dans nos forêts.Sur sa lancée, il m’explique que la population devrait faire des pressions pour augmenter les effectifs qui s’occupent présentement de la protection de l’environnement car ils sont dépassés par l’ampleur et la diversité du problème.Parallèlement, je remonte les services du ministère de l’Agriculture qui s’occupe de la salubrité dans les cuisines des restaurants, les usines d’empaquetage d’aliments, les abattoirs, etc.L’inspecteur que je rejoins cette fois-ci me dit que la vaporisateur est permis en autant que le jet n’est pas dirigé vers la nourriture.Il me réfère ensuite à son supérieur à Québec qui me confirme que le vaporisateur est accepté dans la mesure où on respecte les instructions sur la bonbonne, et que l’inspecteur qui m’a répondu devait probablement dormir lorsqu’il leur a donné les instructions en ce sens.Il me réfère ensuite à Jean Hébert, directeur des analyses pour le ministère.Celui-ci me dit tout d’abord que le pyrétrine est l’insecticide de l’avenir et que son service ne l’a accepté qu’après étude de toute une série d’enquêtes sur le sujet.Qu’il est tellement instable qu’on ne réussit même pas à en retrouver les traces lorsqu’on prend des échantillons d’air même pendant la vaporisation.En faisant une lecture rapide des enquêtes qu’il a sous la main (nous parlons au téléphone), il fait mention d’une d’entre elles qui conclue qu’une exposition trop longue ou trop intense peut provoquer des maux de tête, des nau- JUIN 1979 45 WM ¦mm sées, des vomissements et diverses autres réactions physiques.Il me met en garde de ne pas affoler la population car il faut se débarrasser des mouches qui sont très dangereuses à cause des microbes qu’elles transportent, et que le pyrétrine est une amélioration par rapport aux plaquettes Vapona, par exemple, qui sont plus nocives.Pour terminer mon enquête, je retéléphone à deux occasions chez les exterminateurs Tremblay et Lemieux, distributeur exclusif du dispositif Air Guard Control pour la région, d’abord comme un éventuel acheteur puis quelques jours plus tard en tant que journaliste.A l’acheteur on répond sensiblement la même chose qu’un an et demi plus tôt sauf pour les prix qui ont augmenté bien entendu, on y va tout de même un peu fort lorsqu’on dit qu’on pourrait boire l’insecticide à la gorgée.On est beaucoup moins loquace pour les questions du journaliste, on lui répond d’abord de venir en personne, puis après quelques hésitations l’employé répond qu’on emploie du pyrétrine synthétique depuis plus d’un an dans le Konk.Après quelques minutes où elle met en doute que le pyrétrine synthétique soit plus nocif que le naturel, elle me passe le patron.Celui-ci répond laconiquement et visiblement de mauvaise humeur qu’il n’a pas de temps à perdre avec de pareilles foutaises et que je n’ai qu’à écrire au siège social de la compagnie en Ontario si je veux avoir des renseignements.Quelles seront les conséquences à long terme de l’ajout de ce nouveau polluant?Un pesticide qui vient s’additionner à ceux que l’on mange quotidiennement dans nos légumes, dans la viande, etc.Une faible augmentation du nombre d’allergies, de cancers, de tumeurs inexplicables?Lorsque l’on voit le peu de connaissances et de motivations de ceux qui sont supposés être les chiens de garde de la salubrité publique.l’inconscience des utilisateurs et la mauvaise foi des vendeurs, il y a de quoi avoir des frissons dans le dos.Si vous vous apercevez que vous êtes soumis à une vaporisation d’insecticide dans quelque lieu public que ce soit, vous avez quelques alternatives: dire au patron de l’établissement qu’il contrevient à la loi sur les produits anti-parasitaires et que vous pourriez bien porter plainte ou encore vous plaindre et changer de restaurant.Ça devrait être aussi, sinon plus efficace.JEAN-GUY GIRARD Bienvenue chez Benoit 547-2014 559 ST DOMINIQUE - JONQUIERE ECOLE D'EQUITATION SAGUENAY INC."Quoi de plus merveilleux que de monter à Cheval!’’.Cela vous intéresse?Venez à l'Ecole d'Equitation du Saguenay Inc.3aife* 33381 Dressage, saut d’obstacles, cross country, stage de responsable d'écurie et de moniteur.Sessions de vacances courte et longue durée, instructeurs qualifiés, belle campagne.Ecrivez-nous où passez nous voir.Ecole d'Equitation du Saguenay Inc.Rg.St-lsidora C.P.40.Laterriére.P.Qué.Tel: (418) 678-2688 Permis "i-100-517” 46 FOCUS O /x LA CRITIQUE DES FILMS QUEBECOIS N'A PAS LIEU PAR PIERRE DEMERS Je connais des dizaines et des dizaines de films québécois (courts et longs) qui sortent chaque année, sans que personne ne les commente et ne les critique.Certains de ces films sont remarquables et mériteraient un peu plus d’attention.Pourtant personne n’en parle.Personne ne se donne la peine de les mettre à leur place.De les signaler aux spectateurs québécois concernés par de telles oeuvres.Les chroniqueurs de cinéma dans les journaux québécois ne peuvent faire ce travail de surveillance systématique du cinéma produit ici.Certains d’entre eux font leur possible.Je pense à Claude Daigneault du “Soleil” de Québec qui rend compte très régulièrement de nouveaux films québécois sortis dans des salles spécialisées de sa ville.C’est d’ailleurs ce chroniqueur qui surveille le plus attentivement le cinéma québécois actuel.Mais qui lit hors du district de Québec ies chroniques de Daigneault, le mardi et le samedi?A Montréal, la situation de la critique des films québécois est plus précaire encore.ILS MB PARlLut Pas VU OMê-KA Qüé&écàô BlX-AÜTPes.MAO A “La Presse” les deux chroniqueurs réguliers commentent plus régulièrement le cinéma étranger (surtout américain) qui s’affiche sur les écrans commerciaux que le cinéma québécois, qui s’affiche beaucoup moins régulièrement.Quand un film québécois sort normalement accompagné d’un certain battage publicitaire, on en parle.Mais c’est l’exception.On va rarement chercher un bon film québécois inconnu pour le signaler aux lecteurs.Perreault et Dussault qui travaillent à ce quotidien n’ont pas tellement le choix.Comme les grosses chaînes de cinémas de Montréal achètent la majorité des pages publicitaires du cahier culturel du samedi, ils doivent au moins rendre compte des nouveaux films étrangers (surtout américains) à l’affiche dans les salles de la ville.Le cercle commercial infernal est ainsi vicieux.Au “Devoir”, deux critiques pigistes rendent compte de quelques films dans le cahier culturel du samedi.Richard Guay insiste plus sur les films québécois que Francine Laurendeau.Mais ils n’inter-viennedt là qu’une fois la semaine.Leur rôle est ainsi fort limité.Ils font leur possible, mais ça ne suffit pas.Les autres journaux ne parlent pratiquement jamais des nouveaux films québécois.Encore moins des films qui ne sortent pas dans les salles selon les règles commerciales reconnues.On fait des petits efforts lors d’événements spéciaux (comme “La semaine du cinéma québécois”), mais plus rien, le reste de l’année.C’est vrai aussi que l’Office des communications sociales, la source d’information cinématographique officielle des médias écrits québécois, rate un nombre important de nouveaux films d’ici, longs et courts.JUIN 1979 47 Les revues à grand tirage comme “l’Actualité”, “Nous”, “Châtelaine”, n’ont pas de chroniques régulières de cinéma québécois.On préfère y discuter des derniers bons films américains ou italiens sortis en primeur à Montréal.Aucune revue spécialisée en cinéma au Québec ne fait également ce travail.“Séquences” publie, 4 fois l’an, des critiques de longs métrages étrangers et québécois sortis en exclusivité à Montréal.On ne commente jamais de courts et moyens métrages d’ici dans cette revue.On n’y propose jamais de dossiers ou d’études sur le cinéma québécois d’hier.Une drôle de revue de cinéma québécois.Elle n’a pas à faire la job que fait déjà le revues françaises.La Cinémathèque québécoise édite, depuis deux mois, une nouvelle revue, “Copie zéro” qui semble s’orienter vers la formule de la monographie ou du numéro thématique.Le premier numéro sur “Georges Dufaux” était remarquablement bien documenté.Il n’y manquait qu’une bonne bibliographie pour servir de référence définitive sur ce cinéaste.A mon avis, un organisme comme la Cinémathèque québécoise devrait tout faire pour que cette fameuse revue québécoise de cinéma voit le jour enfin.Une revue qui rendrait compte d’abord des films tournés ici, de tous les films.Une revue aussi, qui tiendrait également compte du point de vue historique et de l’actualité de notre cinéma national.Un peu ce que faisait “Cinéma-Québec” quand elle sortait plus régulièrement.Mais cette revue connaît des problèmes de mise en marché et n’arrive plus à sortir à un rythme normal pour une telle publication.Les abonnés s’interrogent, perdent patience et les rédacteurs lâchent.La critique des films québécois n’a pas lieu, au Québec.Voici l’une des causes de plus de la crise de notre cinéma.La solution à court terme: une agence de presse cinématographique qui alimenterait les journaux québécois en nouvelles et en critiques de tous les films faits ici.Un beau paragraphe à ajouter à la future loi du cinéma québécois.Au juste, à quand cette fameuse loi refondue?IHKAIKII II1MAI1VI -LVKII.AIMAIA I IHKAIKJI LARD.Al .MA.IA IJIUCAIKII -LAKI), ALMA LA IJHKAIKII -l-ARII, AIMAIA IJnKAJKll LAKJ).AIMAI A I IHKAIKII ¦LVKII.AI MA LM I HUAI Kl I ! AKJ >.Al MA IA IIHKAIKJI: IAKJI.Al MA IA IJ IUC VI Kl I JAKJI.AIMAIA IJHKAIKII I AKJ), AIMAIA IJIWAIKII IAKJI AIMAIA I IHHAJKII IAJU).AIMAI A I IHHAJKII J AKJ).AIMAIA I IHKAIKJI < JAKJI AIMAIA IJIUCAIKII • ¦IAKJI.AIMAIA IJIUCAIKII c J AKJ).AIMAIA I IHKAIKJI l IAKJI.AIMAIA IJHKAIKII i IAKJI MMAI Al IHKAIKJI I JAKJI.AIMIAJA IJHKAIKII I J AKJ ).AIMAIA IJHKAIKII I JAKJI.AIMAIA IJIWAIKII I JAKJI.AJJklAIA IJHKAIKII i IAKJI, AIMA IA IJIUCAIKII IAKJI AIMA IA IJHKAIKII.' IAKJI.AIMA IA IJHKAIKII i IAKJI, AIMA IA I WKAIKII i IAKII.AIMA IA IJHKAIKII l IAKII.AIMAIA I IHKAIKJI l IAKJI.AIMAIA IJHKAIKII l IAKII.AIMAIA I IHKAIKJI i I AKJ I.AIMA IA IJIUCAIKII I IAKJI.AIMAIA I IIWAIKII I LVKII.AIMA IA I JHKAIKII I IAKJI.AIMA IA IJHKAIKII ( I.VKII, AIMA IA I JHKAIKII I I AKJ I.AIMA IA IJHKAIKII ( LVKII.AIMAIA IIHKAIKII I LVKJI.AIMA IA I IHKAIKII l I AKJ I.AIMAIA I IHKAIKII I ' »M RA 11 VI .I IHKAIKII i I IHKVI1UI (PIKAT1VI IHKAIKII II1KAI1V1 IPIJCATIVI i IJIUCAIKII l «IRA 11 VI UH Al Kl' I IHKAIKJI IJIUCAIKII ipijcviivi I IHKAIKJI I PIKATIVI I IHKAIKII AIMA IA IJIUCAIKII (I UIJCVIIVI AIMA IA I IHKAIKII ( I IPIKAI1VI AIMA LA UKKVJKJI I IIPIJCAIIVI AIMA IA IJIUCAJKJI 11 > PIKVI1VI AIMA IA IJIUCAIKII (IIPIJCAIIVI •AIMA IA IJIUCAIKII < I I «-1KAIIVI AIMA IA IJMCAIIUI ( I > ¦¦¦ JCAI1VJ AIMA IA IJHKAIKII (IIPIKVI1VI AIMA IA IJHKAIKII (IIPIJCAIIVI •AIMA IA IJIUCAIKII (IIP1KAI1VI AIMA IA IJIUCAIKII (IIPIKAI1VI •AIMA IAI IHKAIKII (IIPIKAI1AI AIMA IA IJHKAIKII (IIP1KAI1VI AIMA IA IJIUCAIKII (I IPIJCATIVI -AIMA IA IJHKAIKII (IIIIKAnVI I JAKJI.AIMA IA IJHKAIKII (IIPIJCAIIVI I LVKII.AIMA LA IJHKAIKII ( II PI JCAI1VI.I JAKJI.AIMA IA IJHKAIKJI.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.