Popular technique / Technique pour tous / Ministère du bien-être social et de la jeunesse, 1 septembre 1957, Septembre
OFF ZZA) TV SEPTEMBRE l9$f SEPTEMBER ^'f/l ,•1 POPULAR POUR TOUS a*** •tsitj l&ii _________£, POPULAR POUR TOUS Rédaction La revue de l'Enseignement spécialisé de la tnta A\)rT\Tr'C de ftlTCncr The Vocational Training Magazine of the *¦ IVv/ V liNm 0f UCDt-L Ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse Department of Social Welfare and Youth Septembre September 1957 Vol.XXXII No 7 Editorial Offices 294, carré ST-LOUIS Square Montréal (18), P.Q.- Canada Directeur, Robert Prévost, Editor Secrétaire de la rédaction, Eddy MacFarlane, Assistant Editor Rédacteur, Jacques Lalande, Staff Writer Conseil d'administration Le conseil d’administration de la revue se compose des membres du Conseil des directeurs des Ecoles de l’Enseignement spécialisé relevant du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse (Province de Québec).Board df directors The magazines Board of Directors consists of the members of the Principals’ Council of Vocational Training Schools under the authority of the Department of Social Welfare and Youth (Province of Quebec).Président — President I -p.directeur général des études de 1’Enseigneraent spécialisé JEAN UELORME Director General of Studies for Vocational Training Directeurs — Directors A/T , ' adjoint du directeur général des études MAURICE I)ARRIERE Assistant Director General of Studies q r> directeur.Office des Cours par Correspondance o O NI O JtlOBITAILLE Director, Correspondence Courses Bureau rp, .directeur des études pour les Ecoles d’Arts et Métiers vrASTON lÀNGUAY Director of Studies for Arts and Crafts Schools p ry ' Ecole Technique de Montréal xtOSÂRIO HE LISLE Montreal Technical School Lt> n Ecole des Arts Graphiques .‘Philippe Beaudoin Graphic Arts school Gaston FrÂNCOEUK flper-Maklnf'school Jean-Marie GaUVRE-AU Furniture^Making School Georoes Moore t\ .t Ecole Technique de Québec 13ARIE LAFLAMME Quebec Technical School T TT TuÉdhittit Ecole Technique des Trois-Rivières 1HERIAULT Trois-Rivières Technical School Marie-Louis Carrier lit ._T A,Trrm»Tr C1 .^Ecoie Technique de Rimouski et Ecole de Marine UiHAlN.ANTOINE UrAGNON Rimouski Technical School and Marine School A r t»-™™ T » Ecole Technique de Shawinigan ALBERT LANDRY Shawinigan Technical School P.ïtt 17.t- T mtrcorrr- Ecole des Métiers Commerciaux lALL-LMILE LEVESQUE School of Commercial Trades Ecole d’Arts et Métiers du Cap-de-la-Madeleine UMER UrRATTON Cap de la Madeleine Arts and Crafts School p-,rn t Ecole d’Arts et Métiers de Piessisville xUOGER LABERGE piessisville Arts and Crafts School Secrétaire — Secretary Wn W directeur adjoint, Ecole Technique de Montréal " ILF RID \\ .\V ERRY Assistant Principal, Montreal Technical School Administration Business Offices 8955, rue ST-HUBERT St.Montréal (11) P.Q.Canada Administrateur, Fernand Dostie, Administrator Secrétaire-trésorier, Omer Desrosiers, Secretary Treasurer Abonnements Subscriptions Canada : $2.00 Autres pays - $2.50 - Foreign Countries 10 numéros par an issues per year Autorisé comme envoi postal de 2e classe, Min.des Postes, Ottawa Authorized as 2nd class Mail, Post Office Dept., Ottawa « La seule revue bilingue consacrée à la vulgarisation des sciences et (1e la technologie » NOTRE COUVERTURE Le nouvel accélérateur Van de Graaff du centre de recherches Shell, à Emeryville, Californie.Sommaire Summary Les premières Ecoles d’Arts et Métiers au Canada par Louis-Philippe Audet .5 Des “p’tits chars à chevaux” aux autobus modernes par Georges Chavigny .10 Les premiers imprimeurs parisiens par Eddy-L.MacFarlane .15 Les yeux atomiques de l'avenir .22 Une nouvelle usine d’explosifs .24 Aménagez et décorez votre sous-sol par Gérard Parent .27 Ultrasonics Used for Aluminum Soldering by Leo Walter 31 Nouvelles de l’Enseignement spécialisé .34 FRONT COVER The new Van de Graaff accelerator at the Shell Research Centre, Emeryville, California.Sources Credit Lines Pp.4, 6, 7 & 9: Inventaire des Oeuvres d’Art de la Province de Québec; pp.10-14: Georges Chavigny; pp.15-21: Eddy-L.MacFarlane; pp.22 & 23: Shell News, Shell Oil Company; pp.24-26: Du Pont Company of Canada; pp.27-30: dessins de l’auteur; p.31: Milliard Ltd., London, England; p.32: Wakefields Ltd., Chibwick, England; p.33: Leo Walter & Montagu Watson, London, England; pp.34 & 35: Boys’ Farm & Training School; p.36: Denoncourt & Denoncourt, architectes; p.37: Ecole de Marine; p.38 & 39: Service Provincial de Ciné-photographie; p.40 (haut et bas, droite) : Service provincial de Ciné-photo-graphie; p.40 (bas, gauche) : Studio B.-J.Hébert, St-Hyacinthe; p.41: Mont-St-Antoine; pp.42 & 43 (haut) : Service provincial de Ciné-photographie; p.43 (bas) : Armour Landry, pour l’Ecole du Meuble; p.44 (haut) Service provincial de Ciné-photographie; p.44 (bas) : Ecole des Textiles; pp.45, 47 (bas) & 48: Service provincial de Ciné-photographie; pp.49-50: Corporation des Techniciens professionnels.The Boys’ Farm & Training School Marks 50th Anniversary — Louiseville maintenant dotée d’une Ecole d’Arts et Métiers — L’hon.Paul Sauvé invite les citoyens à faire leur part dans la rééducation — L’ambassadeur de France à l’Ecole de Marine — Dixième anniversaire du service social du Mont-Saint-Antoine — Croisière annuelle du « Saint-Barnabé » — Notre ministère au congrès sur la délinquence — Récentes promotions — Cours de perfectionnement — Heureuse récipiendaire d’une bourse — Hommage au succès d’un finissant — L’Ecole des Métiers Commerciaux remporte le trophée du Salon culinaire — L’Ecole de l’Automobile de Montréal a remis plus de 1,500 parchemins depuis dix ans — L’Enseignement spécialisé perd un artisan dévoué — Le R.F.Julien à CBF — Une appréciation sur l’Ecole des Textiles -— Membres du Club « Quart-de-Siècle » — Le « St-Barnabé » sur un menu — Le nouveau blason des Ecoles Techniques — Conférence de M.Claude Mailhiot — Plus de 1,500 élèves ont suivi les cours de l’Ecole des Métiers Féminins, l’an dernier — Distingués visiteurs aux Arts Graphiques — M.J.-J.Morin parle de la langue des métiers — Mille techniciens formés à Québec — Dîner-causerie au chapitre de Sherbrooke — Nouvelles des techniciens professionnels.aw ¦H HB _______________________________________________________' Enluminure pour septembre du Calendrier de Charles d'Angoulème (XVe s.) « The only bilingual magazine devoted to the popularization of science and technology » ¦ pM ’Mil » và- * • • • r-: > -, " ¦Vf , ' >•£>& ¦•'V V£ !& $ '¦i ' t 's ¦ J T'*Ss : QUEBEC 4 MONSEIGNEUR FRANÇOIS DE MONTMORENCY-LAVAL Vicaire apostolique de la Nouvelle-France de 1659 à 1674, évêque de Québec de 1674 à 1684.Musée de l’Université Laval.Peint à la fin de l’année 1671 ou au début de l’année 1672 par Claude FRANÇOIS dit Frère LUC, récollet.¦iiiiiniiiiiiiiw Histoire de l’enseignement spécialisé LES PREMIERES ECOLES D’ARTS ET METIERS AU CANADA par Louis-Philippe AVDET, de la Société Royale du Canada.L’HISTOIRE du système scolaire de la province de Québec comporte quelques initiatives pour le moins singulières et audacieuses.C’est ainsi que, dans ce pays à peine ouvert à la civilisation, l’on songe à l’établissement d’écoles spécialisées, de ces écoles dans lesquelles les jeunes Canadiens pourront faire l’apprentissage, non seulement de certains métiers essentiels pour l’organisation matérielle d’un pays neuf, mais encore de certaines autres professions comme la sculpture et la peinture, qui relèvent plutôt des beaux-arts que des préoccupations professionnelles.Cette initiative de Mgr de Laval et des Frères Charon reprenait, en la mettant en pratique, une idée chère au cardinal de Richelieu.On lit, en effet, dans son Testament politique : “ Comme la connaissance des Lettres est tout à fait nécessaire en une République, il est certain qu’elles ne doivent pas être indifféremment enseignées à tout le monde.Ainsi qu’un corps qui aurait des yeux en toutes ses parties serait monstrueux ; de même un Etat le serait-il, si tous ses sujets étaient savants ; on y verrait aussi peu d’obéissance, que l’orgueil et la présomption y seraient ordinaires.Le commerce des Lettres bannirait absolument celui de la marchandise, qui comble les Etats de richesses, ruinerait l’Agriculture, vraie mère nourrice des peuples ; et déferait en peu de temps la Pépinière des Soldats, qui s’élèvent plutôt dans la rudesse de l’ignorance que datis la politesse des sciences.Enfin il remplirait la France de chicaneurs plus propres à ruiner les familles particulières, et à troubler le repos public, qu’à procurer aucun bien aux Etats.Si les Lettres étaient profanées à toutes sortes d’Esprits, on verrait plus de gens capables de former des doutes, que de les résoudre, et beaucoup seraient plus propres à s’opposer aux vérités qu’à les défendre.C’est en cette considération que les Politiques veulent, en un Etat bien réglé, plus de maîtres ès Arts-Mécaniques, que de maîtres ès Arts-Libéraux pour enseigner les Lettres (1).” La France attendit deux siècles au moins avant de bénéficier de cette orientation vers l’enseignement professionnel.Au Canada, cependant, les autorités civiles et religieuses se préoccupèrent, dès le milieu du dix-septième siècle, d’organiser un enseignement qui tiendrait le milieu entre le cours élémentaire des “ petites écoles ” et le cours classique.Et c’est en se donnant la main que les Jésuites, l’intendant Talon et Mgr de Laval s’intéressèrent particulièrement à l’instruction de ces jeunes gens qui n’avaient pas la vocation à l’état ecclésiastique, mais qui, d’autre part, ne pouvaient aspirer aux carrières libérales.A leur intention, on fonda à Québec, une Ecole des Arts, à Saint-Joachim, et à Montréal, une Ecole d’Arts et Métiers.L’ECOLE D’ARTS ET METIERS DE SAINT-JOACHIM A QUELLE DATE fut fondée cette Ecole d’Arts et il Métiers de Saint-Joachim ?Les documents qui permettraient d’établir avec précision la date d’ouverture de cette institution semblent faire totalement défaut : en effet, les archives du Séminaire de Québec n’en parlent que très rarement et encore est-ce pour signaler les entrées et les sorties de quelques élèves qui passent du Séminaire à la maison de Saint-Joachim et cela à partir de 1676 seulement ! Le cardinal Taschereau, qui fut incontestablement l’une des personnes les mieux renseignées sur l’histoire du vieux Séminaire, nous a laissé, dans L’Abeille du 9 juillet 1849, quelques propos qu’il convient de considérer comme une indication précieuse sur cette fondation de Saint-Joachim : “ Dans le même temps que Mgr de Laval ouvrait à Québec le Petit Séminaire destiné à recruter le clergé, il fondait au pied du Cap-Tourmente une espèce de ferme modèle où les jeunes gens qui paraissaient moins propres aux études classiques, apprenaient à lire, à écrire et à chiffrer, tout en s’appliquant aux travaux de la terre et à différents métiers” (2).Cette opinion semble appuyer d’ailleurs une lettre de l’intendant Talon dans laquelle il déclare que “ les jeunes gens se jettent dans les arts et métiers” (3).A quoi l’intendant veut-il faire allusion, sinon à l’établissement que venait de faire à Saint-Joachim, l’Evêque de Québec ?D’ailleurs, dès l’année 1668, Mgr de Laval était propriétaire de deux fermes considérables au Cap-Tourmente, fermes sur lesquelles il voulait ouvrir une école élémentaire et une école latine, une ferme modèle et un établissement pour les arts et métiers.Sur l’une de ces fermes, la ferme d’en haut ou grande ferme, se trouvait érigée une maison à deux étages dans laquelle on pourrait loger un bon nombre d’enfants.L’Evêque de Pétrée comprit immédiatement le parti qu’il pourrait en tirer pour ces jeunes gens dont les goûts et les aptitudes semblaient se tourner vers l’apprentissage intensif d’un métier indispensable dans une colonie naissante.Plus tard, l’esprit audacieux de Mgr de Saint-Vallier et les excellentes dispositions de monsieur de Denonville viendront tout près d’en faire un collège classique et un centre de manufactures.Les historiens ont souvent reproché à nos ancêtres de n’avoir pas été des savants : tous, cependant, se plaisent à reconnaître leurs aptitudes exceptionnelles pour les travaux manuels.“ Personne, dit Charlevoix, ne peut leur contester un génie rare pour les Mécani- 5 m M mMm Ùmïï^Mé „,.***»* * i n'fY *> I * I » f»» ¦» *' V *» ** SAINT-JOACHIM (MONTMORENCY) — RUINES DE L'ECOLE DES ARTS ET METIERS DE MGR DE LAVAL, D’APRES UNE PEINTURE DE BRUNET, VERS 1865.L’EDIPICE AVAIT ETE COMMENCE EN 1686.ques ; ils n ont presque pas besoin de maîtres pour y exceller, et on en voit tous les jours qui réussissent dans les métiers sans en avoir fait d’apprentissage (4).” De son côté, La Tour note : “ Ils réussissent beaucoup mieux dans les ouvrages des mains ; les arts y sont portés à une grande perfection et on y trouve en tous genres de forts bons ouvriers” (5).On sait, par ailleurs, que Richelieu s’appliqua à envoyer en Canada des hommes de métiers dont la présence ici s’avéra fort heureuse.C’est donc pour utiliser ces heureuses dispositions de la jeunesse que Mgr de Laval ouvrit son Ecole d’arts et métiers de Saint-Joachim.Les documents sur les débuts de cette fondation, avons-nous déjà signalé, sont assez rares ; ils se font cependant plus nombreux dès que Mgr de Saint-Vallier entre en scène.Celui-ci, dès son arrivée à Québec en 1685, parcourt son futur diocèse : au commencement de l’hiver, il se rend à Saint-Joachim pour y constater que sur trente et un élèves “ il y en avait 19 que l’on appliquait à l’étude et les autres à des métiers (6).” C’était là, pensa-t-il immédiatement, l’embryon de deux importantes fondations : un séminaire et une école d’arts et métiers.Mais il fallait des ressources pour établir cette entreprise sur des bases solides : le gouverneur, M.de Denonville, offrit donc au grand-vicaire de l’aider à réaliser ses bons desseins.A cette fin, le 13 novembre 1685, le gouverneur écrivait au ministre : “ J’ai trouvé ici, dans le séminaire de l’évêché, le commencement de deux établissements qui se- raient admirables pour les colonies, si on les pouvait augmenter.Ce sont, Mgr, deux maisons où l’on retire les enfants pour les instruire.Dans l’une on y met ceux auxquels on trouve de la disposition pour les lettres, auxquels on s’attache de les former pour l’Eglise, qui dans la suite peuvent rendre plus de services que les prêtres français, étant plus faits que les autres aux fatigues et aux manières du pays.Dans Vautre maison on y met ceux qui ne sont pas propres que d’être artisans et à ceux là on apprend des métiers.Je croirais que ce serait là un moyen admirable pour commencer un établissement de manufactures qui sont absolument nécessaires pour le secours de ce pays.L’évêque est charmé de ces établissements et voudrait bien être en état de les soutenir et augmenter (7).” Le gouverneur joignit à cette lettre un important mémoire sur l’établissement des manufactures, mémoire que les historiens attribuent généralement à l’intendant de Meulles (ce fonctionnaire avait inauguré, dès 1685, une manufacture de toiles, pour laquelle on fit passer au Canada six tisserands).Ce document intitulé Instructions pour les manufactures souligne qu’il se trouve des lieux propres à cette fin dans la paroisse de Saint-Joachim, pour les garçons, et à la haute-ville de Québec, pour les filles.Le projet en est un d’envergure : quatre cents pieds de bâtiments, à deux étages et surtout aux frais de l’Etat, ce 6 .rtœr*’ ¦mg&F PETIT-CAP — CHATEAU BELLEVUE.CONSTRUIT EN 1779 PAR MICHEL JOURDAIN, IL A ETE AGRANDI DE TOUTE LA MOITIE GAUCHE EN L’ANNEE 1870.n’était pas une petite aubaine pour l’agglomération de Saint-Joachim ! On sait, d’autre part, que la plus grande partie de ces projets ne se matérialisa jamais : le corps de ce bâtiment de cent pieds que l’on commença en 1685 servit au collège classique.Mais il n’est pas sans intérêt de nous demander ce que de Meulles entendait exactement par ces manufactures dont il voulait doter le pays : “ Les manufactures, écrit-il, que Von peut établir sont de toiles, surges, cardeurs, fileurs de laine, chapeliers, cordonniers.” Et voilà pour la base de son établissement ; mais il se hâte de compléter la description du projet qu’il a élaboré : “ L’on y établira aussi des métiers pour les faire apprendre aux enfants du pays, et l’on y enseigne actuellement la menuiserie, la sculpture, la peinture, la dorure, pour l’ornement des églises, la maçonne et la charpente.Il y a de plus tailleurs, cordonniers, taillandiers, serruriers, couvreurs qui apprennent ces métiers aux enfants du pays, mais ce qui ne peut pas se multiplier faute de logement, mais se pourra faire à la suite à proportion des bâtiments que l’on y fera.” La réponse du ministre ne vient que le printemps suivant.Mgr de Saint-Vallier, alors grand-vicaire, n’était pas d'humeur à temporiser jusque là.En l’absence de Mgr de Laval, en voyage en Europe, il décida, sur la foi de promesses du gouverneur, de commencer la construction de Saint-Joachim.Dans sa pensée, le séminaire et l’école des arts et métiers devaient rester très étroitement unis avec l’établissement des manufactures.Mgr de Laval désapprouva cette hâte et le temps confirma, par la suite, son attitude, puisque le collège classique dut fermer ses portes dès 1686.La fermeture du séminaire de Saint-Joachim permit l’épanouissement de l’Ecole des arts et métiers.Revenu de France en 1688, Mgr de Laval résolut de donner une vigoureuse impulsion à cet établissement.Il commença “ par rassembler un bon nombre de jeunes gens, la plupart de la campagne, pour les appliquer, comme autrefois, à des travaux dans lesquels ils montraient une grande dextérité (8).” A leur intention, il établit des bourses d’études, “ des pensions ” comme on disait alors : les candidats devaient être du pays, de bonnes moeurs, propres au travail ; en retour de leur application, ils étaient nourris, logés et formés à quelqu'un des métiers inscrits au programme de l’Ecole (9).Cette école connut une belle prospérité à la fin du XVIIe siècle.L’abbé Soumande en est alors le directeur : c’est un homme méthodique et généreux qui attire les élèves par la fondation de nombreuses bourses d’études ; le directeur artistique, pourrions-nous dire, est un jeune Bordelais plein d’initiative et de talent, Jacques Leblond dit Latour, qui débarque à Québec en 1690 ; le professeur de sculpture est Denys Mallet, citoyen turbulent et malcommode, mais sculpteur fort habile ; les autres professeurs sont des maîtres constructeurs de Québec, tels Claude Baillif et François de Lajoue, qui emploient leurs élèves de Saint-Joachim dans l’exécution de leurs entreprises personnelles.Les plus belles oeuvres des Ecoles de Saint-Joachim et de Québec — il sera question de cette dernière dans un instant — datent des années 1695 à 1705.Il convient de signaler d’abord l’ornementation peinte et sculptée de la chapelle du Séminaire de Québec, détruite dans l’incendie de 1701 et dont le mémorialiste La Hontan fait une description fort élogieuse ; ce sont ensuite les décors sculptés des églises de l’Ange-Gar-dien et de Sainte-Anne de Beaupré, dont il reste des fragments d’un style Louis XIV magnifiquement orné ; c’est enfin un ensemble de peintures religieuses et d’ex-voto dispersés dans les églises de la côte de Beaupré et dans les couvents de Québec, “ oeuvres souvent mal- habiles, souligne Gérard Morisset, mais empreintes d’un caractère paysan fort agréable.” Jacques Leblond dit Latour dirigea l’exécution de la plupart de ces oeuvres non signées.La plus intéressante des deux ou trois qui portent une signature est assurément la statue en bois doré de Notre-Dame de Foy que l’abbé Gabriel Le Prévost a sculptée en 1716 pour son église de Sainte-Foy ; elle existe encore et marque le degré de perfection qu’ont su atteindre les maîtres et les élèves de Saint-Joachim.A partir de 1705, l’Ecole d’arts et métiers de Saint-Joachim paraît bien s’être orientée du côté de l’agriculture.Après la mort de l’abbé Soumande en 1715, elle ne bat plus que d’une aile.Elle est trop éloignée de Québec et les artisans urbains ont un urgent besoin d’apprentis ; vers 1730, on n’en entend plus parler.Résumons.Un mémoire de 1685, on s’en souvient, énumérait les différents métiers inscrits au programme de l’école de Saint-Joachim : la menuiserie, la sculpture, la peinture, la dorure ; de plus, on trouve encore, dans cette institution, des tailleurs, des cordonniers, des taillandiers, des serruriers et des couvreurs qui enseignent leur métier aux jeunes gens.Cette énumération paraîtra sans doute un peu longue à ceux qui seraient tentés d’évaluer la qualité de l’enseignement en le comparant aux programmes que nous connaissons aujourd’hui dans nos écoles de l’enseignement spécialisé : il est évident que les méthodes et les formules n’étaient pas, à la fin du dix-septième siècle, ce qu’elles sont aujourd’hui.Ce fut surtout dans la sculpture et la peinture que les élèves de Saint-Joachin et ceux de Québec se distinguèrent particulièrement.Nous venons de parler des sculpteurs Leblond et Mallet : quel fut le sort de la peinture ?A-t-elle été cultivée sérieusement à l’Ecole de Saint-Joachim ?Peut-être : il faut avouer toutefois que l’on ne connaît pas de chefs-d’oeuvre qui en seraient sortis.L’écrivain qui fait autorité dans ce secteur de notre histoire scolaire, Mgr Amédée Gosselin, ne peut retenir une pointe d’humour lorsqu’il parle des oeuvres de ces peintres inexpérimentés : “Ce que nous avons insinué plus haut au sujet des statues qui ornaient autrefois quelques-unes de nos églises, pourrait aussi s’appliquer aux toiles plus ou moins réussies, et même à de véritables croûtes que l’on peut trouver encore dans certaines communautés, ou enfouies dans les ravalements de quelques sacristies.Il y a par exemple, dans les couloirs du cloître, à VHôtel-Dieu de Québec, et aussi dans l’église de Sainte-Anne de Beaupré, des peintures anciennes qui, par leurs couleurs criardes, la pauvreté du dessin, l’absence de perspective, dénotent une belle inexpérience.Nous ne pouvons croire qu elles soient venues de France.Personne ne songera à les attribuer toutes, même les plus mauvaises, au frère Luc, Récollet, “excellent peintre, dit l’abbé Tanguay, et qui laissa au Canada des peintures remarquables” .Nous ne voudrions pas non plus, sans preuve, en tenir responsable “M.Leblond, peintre de Bordeaux.” Il resterait donc à en charger quelques particuliers, peut-être des élèves de Saint-Joachim, auxquels on pourrait adjoindre un des plus anciens prêtres du Séminaire, M.Hugues Pommier, dont l’abbé de la Tour écrivait quelque part : “Il se piquait de peinture, faisait beaucoup de tableaux, personne ne les goûtait ; il espéra qu’en France son talent serait mieux reconnu ; il n y réussit pas et se donna aux missions de la campagne où il réussit (10).” L’ECOLE DES ARTS DE QUEBEC LE petit Séminaire de Québec fut, durant tout le régime français, il importe de le rappeler, une simple maison de pension pour les élèves qui poursuivaient leurs études régulières au Collège des Jésuites (11).Mgr de Laval décida cependant d’y faire donner des cours sur quelques-uns des métiers les plus utiles : c’est ainsi que Jean-Baptiste Ménard, entré au Séminaire en 1671, repasse en France en 1678 après avoir appris le métier de menuisier ; de même Jean Gagnon apprend celui de charpentier, Charles Le Normand, celui de couvreur après être resté sept ans au Séminaire.Les principaux métiers dont on relève les noms sont ceux de menuisier, de charpentier, de couvreur, de cordonnier, de couturier, de maçon, etc.Il est donc bien évident que Québec posséda, du moins durant quelques années, une Ecole d’Arts et Métiers identique à celle de Saint-Joachim.Cependant le principal art cultivé dans cette école fut celui de la sculpture comme en témoigne La Po-therie dans son Histoire de l’Amérique Septentrionale, à propos de la chapelle du Séminaire : “La sculpture que l’on estime à 10,000 écus en est très belle ; elle a été faite par les séminaristes qui n’ont rien épargné pour mettre l’ouvrage dans sa perfection.Le maître autel est un ouvrage d’architecture à la corinthienne ; les murailles sont revêtues de lambris et de sculptures dans lesquels sont plusieurs grands tableaux.Les ornements qui les accompagnent se vont terminer sous la corniche de la voûte qui est à pans, sous lesquels sont des compartiments en losanges, accompagnés d’ornements en sculpture peints et dorés (12).Le règlement du Petit Séminaire confirme d'ailleurs cet essor donné à l’enseignement des arts .et des métiers : “Ils auront tous quelques mestiers pour s’occuper hors le temps de leurs exercices et tascheront que leurs travaux soient utiles au Séminaire et aux Eglises.Pour ce sujet, il les feront avec obéissance et ne pourront s’engager à aucun travail pour ceux du dehors sans en avoir eu la permission auparavant (13).” Cette Ecole des Arts de Québec ne fut, en réalité, qu’une seule et même Ecole avec celle de Saint-Joachim : les professeurs sont identiques dans les deux institutions et les élèves eux-mêmes se déplacent selon les besoins.La seule importante distinction, nous la trouvons dans les livres de comptes du Séminaire qui inscrivent des charges bien distinctes lorsqu’il s’agit de l’une ou de l’autre maison.L’ECOLE D’ARTS ET METIERS DE MONTREAL L’INITIATIVE de Mgr de Laval à Saint-Joachim et les succès qu’il connut incitèrent les Frères Charon à offrir aux enfants de Montréal les avantages d’une formation identique.C’est pourquoi ils projetèrent d’ouvrir, dans leur hôpital, une école du même genre.Dans une lettre au ministre, Champigny écrivait le 4 novembre 1694 : “L’établissement que le roi a permis d’un hôpital à Montréal a commencé par la construction d’une fort belle maison, à laquelle le sieur Charon principal fondateur a joint deux bonnes fer- 8 mes (ce) qui fera subsister quatre-vingts à cent personnes.Cela fera tout le bien quon peut désirer, en instruisant la jeunesse et Vemployant aux manufactures et à apprendre des métiers .Comme ils ont témoigné vouloir commencer le printemps prochain une briqueterie proche de leur maison, je crois que vous ne désapprouverez pas que j’aie permis à un soldat de recrue, tuilier et briquetier, d’y aller travailler, en remboursant ce qu’il a coûté au Roi, si vous le désirez (14).” L’initiative plut au Roi et, dans l’approbation qu’il en fit, le 14 avril 1694, il permettait l’établissement d’un hôpital à Ville-Marie “pour recevoir les enfants pauvres, orphelins, leur faire apprendre des métiers et leur donner la meilleure éducation que faire se pourra (15).” Enfin, cinq ans plus tard, le 30 mai 1699, dans de nouvelles lettres patentes, le Roi accordait aux Frères Charon “la permission d’établir des manufactures d’arts et métiers dans leur maison et enclos (16).” Quels métiers furent enseignés à l'Ecole des Frères Charon de Montréal ?Nous y trouvons des apprentis menuisiers et forgerons puis, à partir de 1701, des apprentis sculpteurs qui sont à l’Ecole de Charles Cha-boillez et des apprentis peintres qui reçoivent renseignement donné par Pierre LeBer.A propos du premier de ces professeurs, nous avons retrouvé la convention passé le 6 mai 1701 entre le Sieur Charles Chabouillé, maître sculpteur, et les Frères Hospitaliers (Frères Charon) : “Le sieur Chabouillé, maître sculpteur, entre en pourparlers avec les Frères Hospitaliers de Saint-Joseph de la Croix.L’artiste veut se “donner” ; il a l’intention de “servir Dieu et les pauvres “ en tout ce qu’il pourra de son art de sculpteur ainsi que dans la conduite de la menuiserie qui se ferait dans la communauté.En retour, il demande à être traité comme un des Frères de la maison.Il se contentera d’une chambre particulière pour travailler ses dessins, pour modeler et pour coucher, puis lorsque Dieu Vappellera de ce monde, la communauté n’aura qu’à faire dire 30 messes basses pour le repos de son âme (17).” Les difficultés financières obligèrent les membres de cet Institut à utiliser tous les expédients.En 1708, on les voit exploiter une brasserie sise à Montréal ; puis vers 1719, ils passent un marché avec les sieurs Darles et Souste pour l’établissement, à leur hôpital, de métiers de bas de soie et de laine.(18).Malheureusement, François Charon de la Barre, le fondateur, mourait à LaRochelle en 1719 ; ses successeurs, particulièrement le Frère Turq Chrestien, n’héritèrent ni de sa sagesse, ni de ses talents de bon administrateur : l’Institut disparut bientôt (19).L’enseignement spécialisé, qui prend chaque jour plus d’importance dans notre système scolaire à cause des progrès rapides de la technique et des exigences de la production en série, n’est donc pas une invention moderne ! Cette rapide incursion que nous venons de faire dans le passé, nous a permis de constater que notre Histoire conserve à ce chapitre le souvenir d’essais fort intéressants et qu’il était utile de rappeler en commençant cette monographie de l’enseignement professionnel dans la province de Québec.(1) Testament politique d’Armand du Plessis, Cardinal Duc de de Richelieu, première partie.Edit.Henry Desbordes, Amsterdam, 1688, pp.139-140.Cette attitude ne laisse pas que de surprendre, surtout dans notre siècle où l’on s’efforce de répandre l’instruction par tous les moyens possibles.C’était pourtant la politique suivie en France au XVlIe siècle (la situation était la même en Angleterre) : il faudra la Révolution française et les décrets de Napoléon 1er pour rendre l’instruction plus accessible aux classes moyennes et même aux classes pauvres.(2) L’Abeille, le 9 juillet 1849, vol.I, No 41.(3) Lettre de l’intendant Talon, le 2 novembre 1671.Cf.A.Gosselin, L’instruction au Canada sous le régime français, p.347.(4) Charlevoix : Journal.iml2, vol.V, p.255.(5) La Tour, Mémoires sur la vie de Mgr de Laval, p.99.(6) Etat présent de l’Eglise du Canada, p.20.(7) Arch, de Paris, 2e série, vol.IV, p.439.— Copie au Séminaire de Québec.(8) L’Abeille, I, No 41.(9) Amédée Gosselin, L’instruction au Canada sous le régime français, pp.358-9- (10) Gosselin, op.cit., pp.364-5 et aussi Mémoires sur la vie de Mgr de Laval, p.109.(11) Le Collège des Jésuites était alors situé sur l’emplacement actuel de l’Hôtel-de-Ville de Québec ; les pensionnaires du Petit Séminaire n’avaient donc que la place du marché à traverser pour se rendre à leurs cours.(12) La Potherie, Histoire de l’Amérique septentrionale, vol.1, p.235.(13) Règlement du Petit Séminaire, ch.Règles communes, art.15.(14) Correspondance générale, Copie à VArchevêché de Québec.Cf.Gosselin, op.cit., p.365.(15) Edits et Ordonnances, vol.I, p.278.(16) Jacques Viger, Saberdache E, p.193 (aux Archives du Séminaire de Québec).(17) Etude Adhémar.Voir également le Rapport de l’archiviste de la province de Québec, 1923-24, p.173.Sur Chaboillez ou Chabouillie, voir le Bulletin des Recherches historiques, 1922, pp.184 et suiv.(18) Rapport de l’archiviste de la province de Québec, 1923-24, p.179.Le 15 juin 1719, contrat à cet effet devant Maîtres Tardy et Tazeau, notaires de Rochefort.(19) Sur l’Institut des Frères Charon, voir Charlevoix, Journal historique, lettre 8e, 20 mars 1721.Voir aussi l’étude de E.-Z.Massicotte dans RAPQ, 1923-24, pp.163-202.LE CAP TOURMENTE VU DU JARDIN DU CHATEAU BELLEVUE, AU PETIT-CAP.PHOTOS « INVENTAIRE DES OEUVRES D’ART » chars à chevaux" aux autobus modernes "P'tits DENIS jyii'-T- jyu> Jü 2J>± du i> .mm »v / par Georges CHAVIGNY V~w ' ism M.HONORE GUAY APPARAIT ICI CONDUISANT TROIS GENRES DE CHARS A CHEVAUX EN VOGUE A MONTREAL VERS 1890 ; EN HAUT, C'EST LE P'TIT CHAR OUVERT QUI SERVAIT EN ETE ; AU CENTRE, LE VEHICULE SUR PATINS UTILISE EN HIVER ; EN BAS, LE GROS OMNIBUS FERME QU’ON UTILISAIT AU PRINTEMPS ET EN AUTOMNE.LE prosaïque tramway, qui a servi au transport de plusieurs générations de Montréalais, est en voie de disparaître.En fin de juin, cette année, ce sont des autobus qui ont été mis en service sur les rues St-Jacques, Notre-Dame et Centre.A partir de ce même moment, il ne restait plus à circuler, rue Craig, que quatre circuits, l'un d'eux devant être l'objet d'une substitution semblable en novembre prochain, ce qui amènera la suppression des tramways rues St-Antoine et Girouard.On sait que des changements similaires se sont pro- duits sur le boulevard St-Laurent en 1952, et sur la rue St-Denis, l'année suivante.Il ne fait pas de doute que cette évolution du transport en commun contribue à changer le visage de la métropole, puisqu'avec l'avènement des autobus disparaissent rails et fils aériens.Nous avons pensé qu'il intéresserait la génération actuelle de connaître les conditions du transport en commun à Montréal il y a plus d'un demi-siècle.Pour reconstituer l'atmosphère de jadis, nous avons rendu visite à M.Honoré Guay, qui conduisit les p'tits chars à chevaux de 1889 à 1892, et qui est le plus vieux pensionné de la Commission de Transport de Montréal.Ses souvenirs, on le constatera plus loin, ne manquent pas de pittoresque.Fils de cultivateur, M.Honoré Guay connaissait parfaitement l'art de dompter et de conduire les chevaux.C'est ce qui lui valut d'entrer au service des tramways de Montréal, il y a 68 ans, et de conduire pendant trois ans les p'tits chars à chevaux.Lorsque survinrent les tramways électriques, M.Guay fut le premier à conduire ces véhicules à travers la métropole.Telles sont les principales étapes de la carrière de M.Guay, qui fut au service de la Compagnie des Tramways de Montréal pendant 40 ans.Agé de 87 ans, M.Guay est aujourd'hui, comme nous le signalions plus haut, le plus vieux pensionné de la Commission de Transport; il a pris sa retraite en 1929.Doué d'une mémoire extraordinaire, ce brave vieillard nous rappelle des souvenirs faisant partie de la petite histoire de la métropole canadienne et de notre service de transport en commun.M.Guay est né à Saint-Jérôme; il était l'aîné d'une famille de 12 enfants, habitant une grande ferme.Jusqu'à l'âge de 21 ans, nous dit-il, je travaillai sur la terre de mon père, et je décidai de me marier.J'épousai Mlle Mélina Gratton, de Sainte-Scholastique, et je vins m'installer à Montréal.Je devais entrer au service de la police municipale, dirigée par le chef Hughes, qui comptait alors 300 hommes.Mais les choses tardèrent à se matérialiser, et comme j'entendis parler que la Compagnie des Tramways avait alors beaucoup de difficulté avec une dizaine de chevaux trop rétifs pour être attelés aux p'tits chars, et vu que je connaissais bien les chevaux, j'allai voir les dirigeants de la compagnie et leur affirmai que je pouvais aisément dompier leurs bêtes récalcitrantes.Je fus alors engagé et c'est ainsi quen 1889 commença ma longue carrière sur les tramways.UN "EXTRA " Tout aimablement, M.Guay nous relate ses souvenirs.Vers 1890, trois sortes de trams à chevaux circulaient à Montréal.En été, il y avait le p'tit char ouvert, muni de longs bancs et d'un marchepied de chaque côté du véhicule.Ce tram monté sur 4 roues roulait sur des rails en bois, recouverts d'une étroite bande d'acier.Au printemps et à l'automne, on utilisait de grands omnibus fermés.Le cocher était juché à l'avant du véhicule et suivait les signaux que lui donnait, au moyen d'une corde, le conducteur, placé derrière.On y logeait de 15 à 20 voyageurs.En hiver, on avait recours à des omnibus sur patins, chauffés par une petite fournaise tortue et qui pouvaient contenir 25 personnes.C RAI G.¦ ¦ •fp rrrpj C5i^.f,vtR,^r ms k ip*—**»*-p' QUAND SURVENAIT UNE TEMPETE DE NEIGE, LA SITUATION N’ETAIT PAS BRILLANTE DANS LES RUES DE MONTREAL, VERS LA PIN DU SIECLE DERNIER.L’INTERIEUR DU P’TIT CHAR « ROCKET » NO.350, LE PREMIER A CIRCULER DANS LES RUES DE MONTREAL.j RiSiSi n 3 SO &jcÀit«âfeî£iâk x' a’jW&i?' 'K.?;?:*, *mm& '¦ **fe*P| ¦ : .8 T *f ;-V"V >¦ ;-.HHSI *T CATHCTRÏ .jlggS# 1,200 CHEVAUX Selon les souvenirs de M.Guay, la compagnie, qui s'appelait la Montreal City Passenger Railway, possédait alors plus de 1,200 chevaux.On en ruinait une cinquantaine par année, dit-il.Au bas des côtes des rues Saint-Denis, Saint-Laurent et Bleury, pour nous aider à monter, il y avait toujours des équipes qui attelaient 2 ou 4 chevaux de plus à notre véhicule déjà tiré par 2 chevaux.On continua ce service jusqu'à ce qu'arrivèrent les tramways électriques.En hiver le cocher était muni d'une pelle et, quand il y avait trop de neige sur la voie, il descendait de sa voiture pour la libérer.En ce temps-là les chutes de neige avaient de 2 à 3 pieds d'épaisseur et le mercure descendait très souvent à 25 ou 30 degrés au-dessous de zéro.Et ça m'arri- vait souvent de porter trois pantalons, et deux gros chandails de laine sous mon lourd paletot, pour conduire ma voiture.Dans ce temps-là aussi, les conducteurs étaient fort courtois.Les voyageurs donnaient leur adresse au cocher qui arrêtait son vé- hicule à la porte de leur domicile.Les gens pouvaient faire arrêter le tram à n'importe quel point de la route, sur un simple signal de la main ou du chapeau.Les dames pouvaient descendre de voiture, pour faire leurs emplettes ou causer un brin avec CE TRAMWAY NO 197 CIRCULA RUE STE-CATHERINE D’AVRIL 1895 JUSQU'A LA FIN DE 1904.QUARANTE PASSAGERS POUVAIENT Y PRENDRE PLACE.QUANT L’HIVER ARRIVAIT, LE 197 ''-i- ¦ ¦ Ecole d’Arts et Métiers du Mont St-Antoine.Kiosque présentant une vue d’ensemble de différents travux exécutés par les sections de cette école, à l’occasion de la dixième promotion, (haut).Ecole des Métiers Féminins.Ces objets illustrent combien les élèves de la section de cuir ciselé font preuve de sens esthétique dans Vexécution de leurs travaux, et avec quel souci du détail ils s’en acquittent (centre droit).Ecole des Métiers Commerciaux.L’un des ravissants modèles (centre gauche) qui participèrent au défilé de modes marquant chaque année l’exposition des travaux d’élèves ; une cinquantaine d’étudiants et d’étucliantes présentèrent alors des vêtements qu’ils avaient dessinés et confectionnés.A droite, l’un des décors qui servit au défilé ; on y reçonnaît la Place d’Armes, à Montréal. Ecole du Meuble.Pièces de céramique aussi variées de formes que riches en couleurs ; à droite, splendide ensemble de salon réunissant de confortables fauteuils aux lignes modernes et des tables de fantaisie, en acajou ; notons que la tapisserie de laine a également été tissée à l’école.Ecole des Textiles.Quelques tissus et vêtements fabriqués par les élèves.Sur la table, un bas féminin satis couture.Au premier plan, quelques dessins préliminaires devant servir de base à la reproduction d’un portrait au moyen de la trame d’un tissu.** Çi Ecole Technique de Montréal.Le gymnase de l’école regorgeait de centaines d’objets provenant de chacune des sections.Ce magnifique mobilier de salle à dîner a retenu particulièrement l’attention.Entièrement fabriqué en fer forgé, il est d’une élégance indiscutable.1 g li jg§§ A Dixième anniversaire du service social du Mont-Saint-Antoine LE Mont-St-Antoine, l’une des Ecoles de Protection de la Jeunesse relevant du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse, a célébré, en juin dernier, par un souper suivi d’un concert, le dixième anniversaire de la fondation de son service social.C’est en 1947, en effet, que le Rév.Frère Del-phin, f.c., établissait ce bureau dans le but principal de veiller sur le sort des jeunes garçons après leur sortie de l’institution.En 1948, ce bureau était admis au Conseil des Oeuvres de l’archidio-cèse de Montréal.Dès la première heure survenait un collaborateur, M.Maurice Dupuis, maintenant directeur pour le district de Montréal de la section des institutions des Services d’Assistance sociale du ministère ci-haut mentionné.On devine sans peine le champ d’action qui s’offrit à cet organisme lorsque le ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse dota le Mont-St-Antoine d’une Ecole CROISIERE ANNUELLE DU "SAINT-BARNABE" LE “ Saint-Barnabé ”, navire d’entraînement de l’Ecole de Marine de la Province de Québec, a effectué sa croisière annuelle en juin et juillet.Il a quitté Rimouski le 6 juin, sous le commandement du capitaine Rodolphe Ouellet, pour entreprendre la première étape de son itinéraire.On sait que tous les élèves doivent participer à cette croisière, qui figure au programme des études.Elle leur donne l’occasion d’appliquer dans la pratique les notions théoriques acquises au cours de l’année scolaire.Le vaisseau — un ancien “ Fair-mile ” acheté et converti en navire-école par le ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse — a atteint Montréal le 10 juin et est rentré à son port d’attache le 14.Il en repartait deux jours plus tard pour les manoeuvres au large de Gaspé ; celles-ci ont duré jusqu’au 1er juillet.De là, il a remonté le St-Lau-rent, puis le Saguenay pour visiter Chicoutimi et Bagotville, les 5 et 6 juillet.Il visita ensuite Québec le 8, puis Trois-Rivières le 11, pour remonter le Richelieu et accoster à St-Jean-d’Iberville.Il remonta le Richelieu jusqu’au lac Champlain, accostant tour à tour à Burlington, Fort-George, etc.Il était de retour à Rimouski le 26 juillet.d’Arts et Métiers.Les adolescents qui quittent l’institution, porteurs d’un certificat de compétence, peuvent trouver de l’emploi, ce qui facilite leur réintégration dans les rangs de la société.Il importe qu’ils soient suivis de près, afin d’éviter toute invitation à la récidive.C’est le service social qui est chargé de cette tâche.Celui-ci maintient également un foyer qui, sous le nom de Notre-Dame, héberge les finissants de l’Ecole d’Arts et Métiers lorsqu’ils ne peu- vent retourner directement dans leurs foyers une fois terminé leur séjour en institution.Au cours d’une allocution qu’il prononçait à l’occasion du dixième anniversaire, le supérieur du Mont-St-Antoine, le Rév.Frère Julien, f.c., a cité des chiffres éloquents sur l’oeuvre poursuivie par le service social.Il a déclaré que, par le truchement de cet organisme, des situations ont été obtenues à environ 1,650 jeunes, alors que quelque 2,400 autres ont été confiés à des foyers responsables.Ceci veut dire, a déclaré le Frère Julien, que plus de 4,000 garçons ont ainsi été transplantés dans un milieu favorable, mais ce chiffre ne représente pas tout le travail effectué puisque, dans bien des cas, il a fallu placer l’enfant à deux ou trois reprises avant de lui trouver un milieu ayant un caractère de permanence.La réadaptation progressive de nos jeunes dans la société constitue une période de transition entre la vie en institution et la vie complète- ment libre.C’est la période la plus importante de toute l’oeuvre de rééducation.Elle conditionne souvent le succès de tous les efforts déployés pendant des années par le ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse, de même que par le personnel des éducateurs et par le jeune homme lui-même.Seule une réadaptation sociale bien suivie peut rendre efficace le travail poursuivi en institution dans les domaines social, culturel, professionnel et chrétien.: DE GAUCHE A DROITE, LE REV.FRERE JULIEN, SUPERIEUR DU MONT-ST-ANTOINE, LE REV.FRERE DELPHIN, QUI JETA LES BASES DU SERVICE SOCIAL DE CETTE INSTITUTION EN 1947, ET M.MAURICE DUPUIS, DIRECTEUR POUR LE DISTRICT DE MONTREAL DES SERVICES D’ASSISTANCE SOCIALE DU MINISTERE DU BIEN-ETRE SOCIAL ET DE LA JEUNESSE.M.DUPUIS A ETE L’UN DES TOUT PREMIERS COLLABORATEURS DU FRERE DELPHIN.CE DIXIEME ANNIVERSAIRE a FAIT L’OBJET D’UNE SOIREE SPECIALE EN JUIN DERNIER.41 NOTRE MINISTÈRE AU CONGRÈS SUR LA DELINQUENT DANS les derniers jours de mai avait lieu, en l’hôtel Mont-Royal, à Montréal, le premier congrès national sur la délinquence, tenu sous les auspices de l’Association Correctionnelle du Canada.Durant trois jours, plusieurs délégués venus de toutes les parties du pays — certains même de l’étranger — ont étudié le thème suivant : Travail d’équipe en vue de la réadaptation.Comme le ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse joue un important rôle dans la rééducation des jeunes délinquants, plusieurs de ses services ont été appelés à participer aux travaux de ces journées d’études.L’hon.Paul Sauvé, d’ailleurs, était l’un des présidents d’honneur des assises.Lors de la séance d’ouverture, c’est Me Gustave Poisson, sous-ministre, qui a souhaité la bienvenue au nom de la Province.M.Fernand Dostie, sous-ministre adjoint, qui est aussi membre du bureau des gouverneurs du Conseil Canadien du Bien-Etre, y représentait également le ministère.Les quelque 400 congressistes ont été invités à une réception officielle de la Province, préparée par le Service des relations extéreures du ministère.Dès le deuxième jour, les séances d’études s’ouvraient sous la présidence de M.André Landry, di- recteur des Services d’Assistance Sociale du ministère.Dans le corridor conduisant aux salons réservés aux assemblées de comités avaient été érigés des panneaux groupant une soixantaine de photos ; celles-ci montraient autant d’aspects des Ecoles de Protection de la Jeunesse du Québec.La préparation de cet exhibit avait été confiée à M.Lucien Saint-Ar-neault, directeur de l’Ecole d’Arts et Métiers du Mont-St-Antoine, qui s’était assuré les services de MM.Roméo Lessard, Gérard Dorais et Louis-Philippe Sauvageau, chefs des sections de peinture, de dessin industriel et de menuiserie à la même école.Parmi les nombreux participants au congrès, on remarquait le Dr Claude Mailhiot, chef-psychologue à la Clinique d’Aide à l’Enfance, Mlle Marie-Andrée Bertrand, responsable des travailleuses sociales au même organisme, qui a aussi présenté un travail sur la femme délinquante au Canada, et Me Antonio Pelletier, conseiller juridique du ministère.Des représentants de tous les services du département intéressés à la réadaptation ont pris une part active aux commissions d’étude.La dernière session du congrès s’est tenue à Boscoville, où le chef-éducateur, M.Gilles Gendreau, a exposé l’organisation de cette Ecole de Protection de la Jeunesse.Une des figures les plus marquantes de ces assises a sans doute été M.le juge Jean Chazal, de la Cour d’Appel de Paris et président de l’Association internationale des Juges pour Enfants, qui a été l’invité du ministre du Bien-Etre social et de la Jeunesse a rant et après le congrès.Ce premier congrès national sur la délinquence a remporté un vit succès, et le nombre des participants qui y représentaient les différents services du ministère de même que leur contribution à la réussite des assises n’a pas été sans impressionner les délégués venus des autres provinces et de l’étranger.Ceux-ci sont repartis avec une excellente idée de l’oeuvre qui se poursuit, dans le Québec, auprès de la jeunesse délinquante ou abandonnée.Marc LECAVALIER, pire, Conseiller moral, Clinique d’Aide à l’Enfance.¦ ï ' '.3 "%*, Wm.é L’Association Correctionnelle du Canada tenait son congrès annuel à Montréal, à la fin de mai dernier.L’un des invités de Vextérieur était M.Jean Chazal, président de l’Association internationale des Juges pour Enfants et juge de la Cour d’Appel de Paris.M.Chazal a profité de son séjour dans la métropole pour rendre visite au ministre du Bien-Etre social et de la Jeunesse.Cette photo a été prise au moment où l’hon.Paul Sauvé, c.r., accueillait le distingué visiteur, en présence de l’abbé Marc Lecavalier, conseiller moral de la Clinique d’Aide à l’Enfance.Le juge Chazal a pris connaissance avec le plus vif intérêt des méthodes de rééducation qui sont appliquées auprès des délinquants confiés aux Ecoles de Protection de la Jeunesse.42 RECENTES PROMOTIONS IL nous fait plaisir d’annoncer plusieurs récentes promotions survenues au sein du personnel enseignant de nos écoles.MM.Albert Dumouchel, Eddy Gareau et Arthur Gladu, professeurs à l’Ecole des Arts Graphiques de la Province de Québec, ont été promus chefs de section à la même école.M.Raoul Mérineau, qui occupait le poste de surintendant des ateliers à l’Ecole de l’Automobile de Montréal, a été promu directeur des études.M.Georges Perreault, surintendant des ateliers à l’Ecole des Métiers Commerciaux, a été promu directeur des études, et il a été remplacé par M.Louis-Philippe Audet, ci-devant chef des cours de culture populaire au Service de l’Aide à la Jeunesse.A l’Ecole d’Arts et Métiers du Cap-de-la-Madeleine, M.Robert Lavergne, professeur, a été promu chef de section.Enfin, M.Maurice du Paul, autrefois professeur à l’Ecole des Arts Graphiques, a été promu directeur des études à l’Ecole d’Arts et Métiers du Mont-St-Antoine.A tous ces éducateurs, Technique pour tous présente ses félicitations sincères.COURS DE PERFECTIONNEMENT LA réputation de l’Ecole des Textiles de la Province de Québec ne cesse de croître.Non seulement cette institution collabore-t-elle avec l’industrie en formant les techniciens dont celle-ci a besoin, mais grâce à la souplesse des programmes d’études, elle contribue au perfectionnement de personnes qui se trouvent déjà au service des filatures.C’est ainsi qu’en août dernier, cinq employés de la compagnie (Foods Manufacturing, dont les produits sont offerts dans toutes les parties du pays, ont passé deux semaines à l’école afin d’y suivre un cours intensif sur la fabrication des textiles, leurs caractéristiques, etc.Ces cinq personnes venaient de Montréal, Toronto, Halifax, Winnipeg et Vancouver.Au cours du même mois, une cinquantaine de conférencières du Service de l’Education familiale I Département de l’Instruction publique) ont également passé deux semaines à l’Ecole des Textiles afin de s’y familiariser avec l’analyse et l’identification des tissus.HOMMAGE AU SUCCES D'UN FINISSANT Un élève de l’Ecole Technique de Montréal, M.Pierre Boeuf, a été particulièrement honoré lors de la collation des grades à cette institution.Il s’est mérité les quatre distinctions suivantes : prix spécial du ministre du Bien-Etre social et de la Jeunesse (décerné à celui des finissants de l’école qui a conservé la plus haute moyenne pendant toute la durée du cours technique) ; médaille d’or de l’école (pour la plus haute moyenne de tous les finissants de l’institution) ; médaille du lieutenant-gouverneur de la province (décernée à l’élève ayant montré le plus d’application pendant les quatre années du cours technique) et prix de l’« American Society of Tool Engineers » (remis au finissant ayant obtenu la plus haute moyenne en outillage).Incapable d’assister à la cérémonie, cet élève avait eu l’excellente idée de s’y faire représenter par son père, dont on devine facilement la fierté.On voit ici ce dernier, M.Louis Boeuf (à gauche), en compagnie de M.Rosario Bélisle, directeur de l’école, et de M.Fernand Dostie, sous-ministre adjoint.L’élève Pierre Boeuf avait suivi les premières années du cours technique à l’Ecole d’Arts et Métiers de St-Jérôme.HEUREUSE RECIPIENDAIRE D’UNE BOURSE Une élève de l’Ecole du Meuble de la Province de Québec, Mlle Monique ( ’outu.élève de 3e année en céramique, a été l’heureuse récipiendaire d’une bourse d’Europe.Elle lui a été remise lors de la cérémonie de collation des grades, au début de juin dernier.De gauche à droite, M.Jean-Marie Gauvreau, directeur de l’école, M.de Soubiran, vice-consul de France, Mlle Coutu, et l’hon.Paul Dozois, ministre des Affaires municipales.L’octroi de cette bourse est rendu possible grâce au Gouvernement français, à la compagnie « Simpson-Sears » et au fonds d’éducation de l’Ecole du Meuble. L'ECOLE DES METIERS COMMERCIAUX REMPORTE LE TROPHEE DU SALON CULINAIRE 68,000 PERSONNES ONT ADMIRE LES EXHIBITS DU SALON ON se souvient que le 21e Salon Culinaire de la province de ¦Québec tenu à Montréal au début de la présente année, dans la grande salle du Palais du Commerce, groupait de nombreux exhibits, aussi alléchants les uns que les autres et représentant toutes les gammes de la variété possible dans les domaines de la cuisine professionnelle, de la pâtisserie et de la boulangerie.Le grand public montréalais y fut cordialement invité et 68,000 personnes environ défilèrent devant les tables préparées par chacun des exposants, au nombre desquels figurait avantageusement l’Ecole des Métiers Commerciaux, à Montréal, •qui y présentait 24 exhibits dont, notamment, une truite, un jambon, des côtelettes d’agneaux, un assortiment de pâtisseries françaises et de pains ainsi que divers gâteaux décorés.Les travaux de.l’école suscitèrent de nombreux commentaires favorables, tant chez les juges que chez les visiteurs.La remise officielle des prix et trophées a eu lieu à l’hôtel Queen’s, le 27 mai dernier, sous la présidence de M.Louis Coderre, sous-ministre du Commerce ¦et de l’Industrie.Cette manifestation réunissait de nombreuses personnalités, dont les consuls de France, de Suisse, d’Italie et de Belgique, et près de 250 représentants de l’Association des Chefs Cuisiniers et Pâtissiers de la Province de Québec.Les éloges que s’étaient mérités les élèves de l’Ecole des Métiers Commerciaux se concrétisèrent ce soir-là, alors que M.Coderre remit à M.Paul-Emile Lévesque, directeur de l’école, le Trophée du Salon Culinaire 1957, offert par le Conseil d’Hôtellerie de la Province de Québec, symbole non équivoque du succès remporté par le travail d’équipe des élèves finissants et de leurs émules, sous les directives de M.Emile Puvil-land, chef de la section de cuisine professionnelle, assisté de deux professeurs, MM.Constant Comte et Charles Burque, enseignant respectivement la cuisine et la boulangerie-pâtisserie.M.LOUIS CODERRE, SOUS-MINISTRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE (à gauche), REMETTANT A M.PAUL-EMILE LEVESQUE, DIRECTEUR DE L’ECOLE DES METIERS COMMERCIAUX, LE TROPHEE DU SALON CULINAIRE 1957.REUNION DU JURY A L’ECOLE DES TEXTILES Cette photo a été prise le 3 juin dernier, à l’Ecole des Textiles de la Province de Québec, située à St-Hyacinthe, alors que se réunissaient les membres du jury désigné par le ministre du Bien-Etre social et de la Jeunesse pour l’examen des travaux des finissants et la préparation de rapports relativement à l’octroi des diplômes.Assis, de gauche à droite, MM.Jean Marcotte, surintendant de “Charles Chassé et Fils”, Ste-Marie de Beauce ; Henri Gaudefroy, directeur de l’Ecole Polytechnique de Montréal ; Georges Moore, directeur de l’Ecole des Textiles, J.-A.Pinatel, président des “Pinatel Piece Dye Works”, de Joliette ; Albert Thibeault, président de “Grand’Mère Knitting Mills, Ltd.”, Grand’Mère ; A.-A.Laurin, gérant adjoint du personnel à la “Dominion Textile Co.Ltd.” ; et Roger Boucher, directeur des études à l’Ecole des Textiles.Debout, dans le même ordre, trois chefs de section de la même école : MM.Alphonse Bouchard (tissage), Roger Sor-many (chimie) et Georges Boulé (teinture).44 L'ECOLE DE L'AUTOMOBILE DE MONTREAL A REMIS PLUS DE 1,500 PARCHEMINS DEPUIS DIX ANS SI j’ai accepté de présider la première cérémonie de remise de certificats à l’Ecole de l’Automobile de Montréal, c’est parce que j’éprouve une fierté toute particulière à l’égard de ce centre de formation professionnelle, a déclaré, le jeudi soir, 13 juin, l’hon.Paul Sauvé, c.r., ministre du Bien-Etre social et de la Jeunesse.Il ne me serait évidemment pas possible, a-t-il continué, de visiter, à la fin de l’année scolaire, chacune de la soixantaine d’écoles relevant du département que je dirige.J’en choisis généralement trois ou quatre et c’est avec empressement que j’ai accueilli la suggestion de remettre personnellement leurs certificats aux élèves de l’Ecole de l’Automobile, car cette institution a connu des transformations considérables qui la placent au rang des plus complètes et des mieux équipées sur le continent nord-américain.En l’absence de M.Armand Grenier, directeur de l’école, c’est le directeur des études, M.Raoul Mérineau, qui accueillit les invités.Je voudrais, dit-il, me faire l’interprète du personnel enseignant pour exprimer notre gratitude à l’égard de l’honorable ministre de notre département pour les facilités de travail et les autres avantages nombreux qui ont résulté de nos locaux neufs.M.Mérineau a rappelé que les autorités fédérales de la formation professionnelle ont institué un comité chargé de définir les normes des métiers de T automobile, et que c’est un chef de section de l’Ecole de l’Automobile de Montréal, M.Joseph Carignan, qui y siège comme représentant de l’Enseignement spécialisé du Québec.Depuis 1946, année où notre école a été fondée, après avoir été section de l’Ecole Technique de Montréal, nous avons remis 778 certificats à des élèves qui ont suivi les cours du jour et 1,757 attestations d’études à ceux des cours du soir, soit 1,535 parchemins.Ces chiffres ne comprennent pas les cours spéciaux que nous avons organisés afin de participer à la réadaptation des anciens combattants.Ce sont là des statistiques éloquentes si l’on songe aux déménagements et réaménagements que nous avons subis pendant la même période.Pour terminer, M.Mérineau a souligné que le programme des études s’était précisé, avec un accent particulier sur les sujets académiques, et que le Comité paritaire de l’industrie de l’automobile pour Montréal et la région s’était déclaré enchanté de cette revision d’ordre pédagogique.L’industrie de l’automobile était représentée par M.Léonard Lau-zon, président du Comité, paritaire mentionné plus haut.Je suis heureux, dit-il, d’exprimer ici l’opinion que l’industrie de l’automobile entretient à l’égard de cette école.Nous avons visité plusieurs institutions où s’enseignent les métiers de l’automobile, tant dans les autres provinces qu’aux Etats-Unis, et nulle part avons-nous trouvé un programme d’études aussi complet, des professeurs aussi compétents.Nous savions que la Province attachait une importante toute spéciale à l’enseignement technique dans tous les domaines industriels; elle a gratifié notre industrie de ce véritable monument qu’est l’Ecole de l’Automobile de Montréal.Notre industrie a besoin de main-d’oeuvre spécialisée et de techniciens, et c’est en l’Enseignement spécialisé qu’elle place tous ses espoirs.Avant de voir ce qui se faisait en dehors du Québec, nous savions déjà que notre Province était à l’avant-garde.Nos enquêtes ne nous ont rien appris; elles ont confirmé que nous possédons ce qu’il y a de mieux.Les premiers mots du ministre furent à l’intention du directeur de l’école, à qui il souhaita un prompt rétablissement.M.Mérineau a rappelé, il y a quelques instants, que l’Ecole de l’Automobile de Montréal est devenue une institution autonome en 1946.Elle se trouvait alors installée dans un immeuble de la rue St-Denis, près de la rue Mont-Royal, et il lui fallait plus d’espace.C’est alors que je songeai au Pine Garage, situé où nous sommes, et que j’avais remarqué alors que je fréquentais assidûment l’arsenal voisin.Il faut croire que cet achat constituait un excellent placement, puisque peu après le Gouvernement fédéral nous offrait un prix supérieur à celui que nous avions versé.Le nouvel édifice devint vite exigu, et il nous fallut songer à l’agrandir.Ces travaux se sont terminés l’année dernière, et ils ont été effectués dans des conditions particulièrement difficiles, puisque L’HON.PAUL SAUVE REMETTANT UN CERTIFICAT A M.CLAUDE LALONDE, L’UN DES NOMBREUX ELEVES QUI CNT REÇU LEUR PARCHEMIN A L’ECOLE DE L’AUTOMOBILE, LE 13 JUIN DERNIER.les cours n’ont pas cessé et que l’immeuble actuel a été réalisé par sections.On se souvient probablement de la maison de pierre de trois étages qui faisait alors l’angle de la rue St-Denis et de l’avenue des Pins, du grand magasin de denrées alimentaires qui occupait une grande partie du rez-de-chaussée et d’une petite industrie installée au troisième étage.L’agrandissement exigeait d’importants travaux de démolition, de construction et de réaménagement, de manière à assurer l’unité de l’ensemble.Le ministre s’est déclaré très fier du témoignage exprimé par M.Lauzon.Ce témoignage, dit-il, s’adresse en réalité à toute la population du Québec, et il s’accorde avec ceux que nous expriment les nombreux visiteurs venus de l’étranger pour prendre contact avec l’organisation de l’Enseignement spécialisé dans notre province, témoignages qui portent non seulement sur les caractéristiques matérielles, mais aussi sur l’excellence du personnel et sur notre conception des divers programmes d’études.Le ministre a invité les jeunes à profiter des avantages mis à leur disposition.Les parents font des sacrifices pour vous maintenir aux études, ils en font également, comme contribuables, pour assurer les facilités de l’Enseignement spécialisé.Le ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse s’efforce de collaborer dans toute la mesure du possible.Mais tous ces efforts seraient vains sans l’apport personnel des élèves.Il a terminé en rappelant le rôle important que joue l’Enseignement spécialisé dans une province dont l’essor économique est en voie de doubler la superficie industrialisée.45 L'ENSEIGNEMENT SPECIALISE TOUT le personnel de l’Enseignement spécialisé a été fort ému d’apprendre le décès de M.Hector Therrien, survenu à la fin de mai dernier.M.Therrien, qui était surintendant des ateliers pour les Ecoles d’Arts et Métiers, avait été gravement malade, quelques semaines auparavant, mais il était revenu au travail avec un tel entrain que personne n’aurait pu deviner une fin aussi subite.Le disparu était né à Montréal, le 27 mai 1906, du mariage de Lionel Therrien et d’Alma Perreault.Après des études primaires à l’école Frontenac, à Montréal, il obtint son certificat de 9e année en 1921, pour s’inscrire ensuite à l’Ecole Technique de la Métropole.Il en sortait, trois ans plus tard, diplômé en électricité.Il devait par la suite se perfectionner sans cesse dans des domaines connexes à sa spécialité.Détenteur d’une licence de maître-électricien, il suivit des cours du soir à l’Ecole Technique de Montréal en dessin, en lecture de plans, en estimation du bâtiment et obtint un certificat en béton.Comme on le voit, il s’était bien préparé à remplir le poste qu’il devait occuper plus tard.En 1924, il entrait au service de la Compagnie de Téléphone Bell du Canada ; l’année suivante, il devenait dessinateur pour le compte de la Dominion Glass Co.Ltd.; de 1925 à 1929, il travailla pour J.-A.Saint-Amour, Ltée, entrepreneurs électriciens, tour à tour comme compagnon, contremaître, puis gérant et surintendant des travaux.De 1929 à 1937, il maintint à son propre compte un bureau d’informations techniques en électricité.Le 1er septembre 1937, il devenait professeur de mathématiques à l’Ecole d’Arts et Métiers de Verdun, pour être promu, le 1er juillet 1943, chef de la section d’électricité à la section nord des Ecoles d’Arts et Métiers de Montréal falors connue sous le nom d’Ecole Octave-Cassegrain).C’est le 15 décembre 1950 qu’il avait été nommé au poste de surintendant des ateliers pour les Ecoles d’Arts et Métiers.Ce dernier poste comportait de plus lourdes responsabilités que le titre ne le laissait deviner.En effet, on sait que, sous la juridiction de l’administrateur des Ecoles d’Arts et Métiers, il partageait la responsabilité de l’exécution de tous les travaux de construction ou d’agran- PERD UN ARTISAN DEVOUE dissement de cette catégorie de centres.Parfaitement rompu aux exigences matérielles de la formation industrielle, il s’efforçait, avec une conscience professionnelle remarquable, d’observer en ce domaine la politique du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse : doter la province de centres conçus spécialement pour les fins de l’enseignement spécialisé.Tous ceux qui, dans l’exercice de leurs fonctions, ont eu l’occasion d’être en contact direct avec le défunt ont toujours apprécié sa probité, la sûreté de son jugement, son urbanité et son sens pratique.Hector Therrien a été témoin de l’époque où, à l’exception peut-être d’une demi-douzaine d’écoles dignes de ce nom, l’enseignement des techniques et des métiers industriels se poursuivait dans des garages désaffectés, des sous-sols et autres locaux de fortune.Il a assisté au remarquable essor de la formation professionnelle dans le Québec, et il ne perdait jamais l’occasion de rappeler aux élèves et aux professeurs d’aujourd’hui les pénibles conditions d’alors.Hector Therrien a été l’un des artisans qui, dans l’anonymat du fonctionnarisme, ont participé à la réalisation de projets qui, il y a moins de vingt ans, auraient été considérés comme autant d’utopies.Un peu partout, dans la province, se dressent des immeubles scolaires à l’élaboration desquels il s’est employé, et qui constituent des témoins muets de son activité.Technique pour tous se joint au personnel de l’Enseignement spécialisé pour présenter ses sincères condoléances à ceux qu’il a quittés.LE R.F.JULIEN A CBF LE 10 avril dernier, le Rév.Frère Julien, supérieur du Mont-St-Antoine, était la personnalité invitée au programme F é m i n a , à CBFT.Au cours de l’entrevue qu’il a accordée, le Rév.Frère Julien a souligné les aspects humanitaire et social de l’oeuvre de rééducation que poursuit cette Ecole de Protection de la Jeunesse auprès de l’enfance exceptionnelle, tout en exposant les changements profonds survenus au cours des récentes années dans l’analyse et la solution des problèmes relatifs à la délinquence juvénile.UNE APPRECIATION SUR L’ECOLE DES TEXTILES LA revue Québec Industriel a consacré son numéro de mai 1957 à l’industrie des textiles dans la province de Québec, et elle a consacré à l’Ecole des Textiles un article fort intéressant, comportant un exposé du rôle qu’elle joue auprès de la jeunesse et des filatures.Ce reportage s’accompagnait d’une appréciation qu’il nous fait plaisir de reproduire ci-après : L’Ecole des Textiles n’a pas pour but de préparer des travailleurs d’usine, mais bien de fournir aux jeunes Québécois l’occasion de devenir des techniciens compétents, capable d’assumer des responsabilités et de diriger des travailleurs.Elle ne se préoccupe pas seulement d’initier ses élèves aux problèmes d’ordre pratique, mais elle-cherche à les rompre aux disciplines scientifiques et mathématiques et à superposer à leurs qualités naturelles, une culture générale et une formation sociale adaptée à leur spécialisation.En un mot,.l’Ecole des Textiles veut former des chefs de file pour l’industrie textile, but qu’elle atteint avec facilité si l’on en juge par le chemin parcouru par les anciens élèves.Ceux-ci, après un stage de 6 mois à 2 ans dans l’industrie, occupent selon leurs capacités des postes de contremaître, de surintendant.L’auteur de cet article invite l’industrie à ne pas seulement parler des difficultés qu’elle connaît, mais à souligner également les intéressantes carrières qui s’offrent à la jeunesse en cette sphère puisque, comme la plupart des industries du pays, elle souffre d’une pénurie de spécialistes.Il en résulterait, pour l’Ecole des Textiles, un nombre accru d’élèves.Cette rubrique de nouvelles sur l’Enseignement spécialisé est préparée conjointement par le Service des relations extérieures du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse et par la Direction générale des études de l’Enseignement spécialisé, avec la collaboration des directeurs d’école et des chefs de service relevant du ministère.46 MEMBRES DU CLUB "QUART DE SIECLE” DEUX membres du personnel du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse qui comptent plus de 25 années de service ne figuraient pas dans la liste parue dans notre numéro de juin dernier.Il s’agit d’omissions bien involontaires survenues dans la compilation de la documentation remise au directeur de la revue.Le premier, par ordre de séniorité, est M.Pierre-Aimé Milette, inspecteur des écoles de l’Enseignement spécialisé, qui est entré au service de l’Ecole Technique de Shawi-nigan en 1927.Le second est M.J.-C.Lévesque, chef du district de Québec, Commission des Allocations Sociales du Québec, qui est entré au sei-uice de la Province en 1931.Nous regrettons sincèrement ces deux omissions.Elles s’expliquent par les centaines et les centaines de dossiers qui ont dû être examinés pour dresser la liste, et par le fait que notre ministère ayant été fondé en 1946, tous les membres du Club ‘‘Quart de Siècle” relevaient antérieurement de divers départements ou d’écoles qui, sous l’égide gouvernementale, s’administraient elles-mêmes.Dont acte.LE "ST-BARNABE" SUR UN MENU LE ST-BARNABE, navire d’entraînement de l’Ecole de Marine de la Province de Québec, est bien connu sur le St-Laurent.Pour plusieurs, il s’identifie à Ri-mouski, son port d’attache, et constitue une source de légitime orgueil pour la population de cette ville.Les voyageurs qui fréquentent la salle à manger de l’hôtel St-Louis, à Rimouski, ne sauraient l’oublier, puisque le St-Barnabé paraît en couverture du menu ; on distingue à l’arrière plan les principaux édifices de la ville.C’est une heureuse initiative si l’on songe que, pour attirer le tourisme, les autorités invitent tous les établissements accueillant des voyageurs à donner à leur publicité des caractéristiques régionales.LE NOUVEAU BLASON AU cours des récents mois, nous avons présenté à nos lecteurs plusieurs des nouveaux blasons qui ont été conçus et exécutés par un héraldiste de Québec, M.Maurice Brodeur, à l’intention des écoles de l’Enseignement spécialisé.11 nous fait plaisir, cette fois, de donner la description de celui des Ecoles Techniques, telle que rédigée par M.Brodeur lui-même : BLASONNEMENT Armes — Tiercé en pairie, au 1 d’azur, à la lampe à l’antique d’or allumée de gueules, la flamme bordée d’or ; au 2 de sino-ple, au rapporteur d’or divisé cl’azur, et au compas ouvert d’argent, le pivot d’or, brochant sur la partie inférieure du DES ECOLES TECHNIQUES rapporteur ; au 3 de gueules, à une roue d’engrenage à quatre rais d’or ; en pointe une étincelle électrique d’or brochant sur la ligne de partition.Cimier — Une fleur de lis d’or posée entre deux feuilles d’érable franc de sinople nervées d’or, les pétioles unis à un même rameau de sinople coupé d’or.Devise ¦— Sous Vécu un listel cl’or liséré d’azur portant la devise Per Industriam Dignitatem du même.La devise ci-dessus peut ainsi se traduire : “Vers la dignité humaine par le travail”.Elle signifie qu’elle est inspirée par un souci de réaction contre le matérialisme et de relèvement de la condition du travailleur manuel, longtemps méprisé.Elle souligne la noblesse du travail qui assujettit la matière et rend au travailleur sa dignité d’homme.CONFERENCE DE M.CLAUDE MAILHIOT Le 13 mai 1957 avait lieu le quatrième et dernier des dîners-causeries organisés à l’intention du personnel enseignant de l’Ecole d’Arts et Métiers du Mont-St-Antoine pour l’année académique 1956-57.M.Claude Mailhiot, docteur en psychologie et chef des psychologues à la Clinique d’Aide à l’Enfance, était le conférencier invité.Il avait choisi pour sujet : sentiment d’infériorité et complexe d’infériorité.De gauche à droite, M.Maurice DuPaul, directeur des études à l’Ecole d’Arts et Métiers, le Rév.Frère Julien, supérieur du M.S.A., M.Mailhiot et M.Lucien Saint-Arneault, directeur de l’Ecole d’Arts et Métiers.47 Plus de 1,500 élèves ont suivi les cours de l'Ecole des Métiers Féminins, l'an dernier LHONORABLE Paul Sauvé, c.r., ministre du Bien-Etre social et de la Jeunesse, et madame Sauvé ont présidé, dans l’après-midi du 11 juin, la cérémonie annuelle de remise des certificats aux élèves de l’Ecole des Métiers Féminins, située rue Letourneux, à Montréal.Madame Donat Ouellette, la directrice de cette maison, en souhaitant la bienvenue au ministre et à Madame Sauvé, a résumé brièvement l’oeuvre poursuivie par cette institution d’enseignement depuis sa fondation.C’est surtout à partir du moment où l’Ecole des Métiers Féminins passa sous la juridiction du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse qu’elle connut son principal essor, dit-elle.L’inscription des élèves, de 638 qu’elle avait été l’année précédente, s’établit tout de suite à 1037.Cette année, nous avons accueilli 1509 élèves, soit 610 aux cours du jour, 779 aux cours du soir et 120 à la section juvénile.Plusieurs religieuses du Bon-Pasteur assistaient à la cérémonie.La Rév.Mère Provinciale de cette communauté, invitée à dire quelques mots, souligna qu’une cinquantaine de ses religieuses avaient été élèves à l’Ecole des Métiers Féminins et que, grâce aux connaissances qu’elles y avaient acquises, elles font maintenant du professorat dans les maisons de rééducation de la jeunesse.L’honorable M.Sauvé a félicité les récipiendaires des certificats, de même que la directrice de l’école et son personnel.Il a rappelé le rôle de l’Enseignement spécialisé et a déclaré que l’essor de la formation professionnelle dans la province de Québec s’expliquait par la sympathie du public à l’égard de l’oeuvre poursuivie par ce réseau d’écoles.En effet, dit-il, les crédits que nous consacrons à l’Enseignement spécialisé proviennent des contribuables.C’est la population qui paie la note et il ne serait pas possible de maintenir nos écoles si elles n’étaient qu’à moitié remplies.L’affluence des élèves dans tous nos centres de formation professionnelle témoigne du rôle important que joue l’Enseignement spécialisé en face du développement industriel de la province.MADAME PAUL SAUVE REMETTANT UN CERTIFICAT X UNE FINISSANTE DE L'ECOLE DES METIERS FEMININS.DE GAUCHE A DROITE, L’HON.M.SAUVE, C.R., MINISTRE DU BIEN-ETRE SOCIAL ET DE LA JEUNESSE, MADAME SAUVE ET M.JEAN DELORME, DIRECTEUR GENERAL DES ETUDES DE L’ENSEIGNEMENT SPECIALISE.Distingués visiteurs aux Arts Graphiques L’ECOLE des Arts Graphiques de la Province de Québec a reçu, en juin dernier, la visite de quatre spécialistes en apprentissage venant des provinces de l’Ouest.Au début de la présente année, M.Jean Gillet, secrétaire-gérant de l’Association des Maîtres-Imprimeurs de Montréal, et M.Michel Chevalier, directeur - gérant d e l’Association Canadienne des Arts Graphiques, effectuèrent un voyage dans l’Ouest du pays et eurent l’occasion de constater que l’on y déplorait une grande pénurie d’apprentis et de compagnons qualifiés.Ils étudièrent ce problème avec les autorités de l’apprentissage du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta et en vinrent à la conclusion que cette situation pouvait être attribuée en majeure partie au fait qu’il n’existe pas, dans cette immense région, d’institution spécialisée dans la formation de la jeunesse en vue de l’exercice des métiers de l’imprimerie.Il fut suggéré, au cours de ces entretiens, que l’Alberta, le Manitoba, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique unissent leurs moyens pour rétablissement d’une école d’arts graphiques qui serait looalisée au centre des Prairies et qui accueillerait des étudiants venant des quatre provinces.Aucune décision n’a été prise dans ce sens, mais les directeurs de l’apprentissage dans ces provinces, M.James-P.White (Alberta), James Gibson (Manitoba), Edmond L.Allen (Colombie-Britannique) et Frank Ellis (Saskatchewan), décidèrent de venir dans le Québec afin de visiter l’Ecole des Arts Graphiques de cette province et d’étudier sur place le programme des études qui y est appliqué.Les quatre directeurs de l’apprentissage ont donc été accueillis à l’Ecole des Arts Graphiquse en juin, et ils ont visité les différents ateliers en compagnie de MM.Maurice Barrière, assistant-directeur général des études de l’Enseignement spécialisé, Louis-Philippe Beaudoin, Raymond Guyot et James Gahan, respectivement directeur, directeur des études et surintendant des ateliers.Les résultats de cette visite doivent servir de base à une étude plus approfondie du projet.48 MILLE TECHNICIENS FORMES A QUEBEC M.J-J.MORIN PARLE DE LA LANGUE DES METIERS LA LANGUE des métiers aura toujours une lutte plus serrée à livrer dans sa résistance à l’anglicisation et ce, pour deux raisons: la première réside dans la formation des élèves avant leur inscription aux Ecoles Techniques et aux Ecoles d’Arts et Métiers ; la seconde est l’influence même de la masse dans laquelle travailleront ces élèves.Voilà ce que déclarait à la fin de juin dernier, à un congrès de la refrancisation qui se poursuivait dans la vieille capitale, M.Jean-Jacques Morin, directeur de l’Ecole de l'Automobile de Québec.M.Morin expliqua tout d’abord certaines difficultés inhérentes à l’enseignement technique : manuels de langue anglaise, techniques d’origine anglaise, etc., puis il exposa le travail poursuivi par l’Office des Cours par Correspondance dans le domaine de l’édition d’ouvrages scolaires ayant trait aux métiers et par les programmes d’études M.Morin signala les difficultés surgissant des élèves mêmes.Ceux-ci, dit-il, se recrutent au niveau des 7e, 8e et 9e années du cours primaire, et leur goût particulier pour le travail manuel, leurs aptitudes et leur intelligence pratiques conditionnent un peu leur manque de goût pour les matières dites théoriques.Il souligna que ces conditions prévalent chez les élèves dès avant leur entrée dans les écoles de l’Enseignement spécialisé.Un très grand nombre des hommes de métier sont des jeunes qui, dans leur centre rural, dit-il, n’ont pour la plupart jamais dépassé la 6e année du cours primaire.Devenus citadins, ils ont pour un certain nombre appris un métier dans le monde du travail, ou le soir, dans l’une de nos écoles.L’effort, poursuivit M.Morin, devra aller vers cette masse qui, faute de les avoir apprises en français, force nos hommes de métier à employer les expressions anglaises s’ils veulent être compris.L’Enseignement spécialisé, qui touche plus au peuple que les institutions hautement spécialisées, deviendra, par ses volumes français sur les métiers, ses vocabulaires techniques bilingues, ses grammaires et ses textes expliqués, et surtout par ses nombreux cours par correspondance, l’arme bien pacifique qui nous permettra d’atteindre la masse canadienne-française.L’ECOLE Technique de Québec vient de franchir une importante étape en remettant un diplôme au millième technicien qu’elle a formé depuis sa fondation.Dans son édition du 26 mai dernier, L’Evénement-Journal consacrait un éditorial à ce sujet.On y citait tout d’abord l’opinion émise par Me Louis Dussault, conseiller judirique de la Corporation des Techniciens Professionnels de la Province de Québec, à savoir que les techniciens sortis des écoles spécialisées du Québec sont les meilleurs au pays et qu’ils jouent un rôle primordial dans le commerce et l’industrie depuis quelques années.Puis, l’éditorialiste ajoutait : Les grands développements industriels dont le Canada est l’objet depuis le début du siècle ont créé une forte demande de techniciens, travailleurs indispensables de la production mécanisée qui prévaut aujourd’hui.Par leurs connaissances pratiques des procédés de production industrielle, de mise en service et d’entretien des machines, ces techniciens jouent un rôle précieux dans notre vie industrielle, si étroitement dépendante de la machine.Leur compétence professionnelle, leur esprit d’initiative permet également aux techniciens d’accéder à des postes de commande dont l’accès est rendu plus facile par la formation spécialisée qu’ils ont reçue.Si jusqu’ici les Canadiens français ne se sont pas dirigés vers les carrières de génie en nombre suffisant, poursuivait l'éditorialiste, il faut par contre convenir que la fondation d’écoles techniques en plusieurs des princpaux centres de la province a comblé partiellement une lacune qui se manifestait auparavant chez nous.Les jeunes Canadiens français sortis de ces écoles se sont ainsi trouvés moins démunis devant la nouvelle civilisation industrielle qui progressait sous leurs yeux ; ils ont pu y jouer leur propre rôle comme techniciens au service des entreprises.Ils ont parfois même pu faire naître une petite industrie grâce à leur compétence technique.DINER-CAUSERIE AU CHAPITRE DE SHERBROOKE % .arsw: 4 i I N LES VILLES VERTICALES DE L'AVENIR jy/JALGRE la menace des bombes atomiques, il semble bien que les citadins se refuseront à la décentralisation et continueront de vivre “à la verticale”.C'est en tout cas ce que nous laisse deviner ce dessin.Il s’agit d’une conception de la ville de l’avenir, selon un artiste de la république voisine.La principale caractéristique de ce croquis futuriste est l’aménagement de vastes garages souterrains afin de dégager le terrain et les voies de surface.Déjà, les villes de Chicago, de Los Angeles et de San Francisco possèdent des garages souterrains contenant chacun un millier d’autos.La rotonde que l’on voit au premier plan logerait Vauditorium municipal.Toutes ces constructions ne sont devenues possibles qu’avec l’avènement du béton armé. jm».MÛ IMDUSTCIE TEXTILES LES TRAVAILLEURS DU LIN, TOILE DE L'ARTISTE BELGE EMILE JACQUES.DEPUIS les temps les plus reculés, l'homme a cherché les moyens de se vêtir afin de se protéger contre les rigueurs du climat.Dès qu'il eût appris à réunir des fibres végétales ou animales de façon à en former des tissus, il abandonna les peaux de bêtes dont il se couvrait.L'industrie des textiles s'est beaucoup développée au cours des siècles, surtout à partir du moment où la production se mécanisa.Déjà, au 19e siècle, l'Amérique rivalisa d'ingéniosité avec l'Angleterre en ce domaine, si bien que des filatures surgirent un peu partout sur le continent nord-américain.Dans le Québec, l'industrie des textiles occupe une place importante.Notre province est à la pointe de la production de chacune des autres qui forment la Confédération canadienne.Non seulement le Québec offre-t-il aux industries textiles l'abondance et la stabilité d'une main-d'oeuvre, mais il forme des techniciens capables d'occuper les postes de commande dans les usines.L'Ecole des Textiles de la Province de Québec s'enorgueillit de figurer au nombre des plus complètes et des mieux outillées en Amérique.MINISTERE DU BIEN-ETRE SOCI.I Ho».PAUL SAUVER \ miiMître de Lamirande, inc., maitre-imprimeur, Montréal, Qué.
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