Popular technique / Technique pour tous / Ministère du bien-être social et de la jeunesse, 1 mai 1958, Mai
ai fti ram poeytechWOR DE MONTRÉAL ^ÏBMOTHBQOT ^ K ni a r Wflssbis » POPULAR POUR TOUS *j*»S ; j «Nu.1 POPULAR POUR TOUS La revue de l’Enseignement spécialisé de la DD nX/IKTrC de HT TC.RC/" T be Technical Education Magazine of the *- IVW V 0j yuCDl-.L Ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse Department of Social Welfare and Youth Mat May 1958 Vol.XXXIII, No 5 Rédaction Editorial Offices 294, carré ST-LOUIS Square Montréal (18), P.Q.- Canada Directeur, Robert Prévost.Editor Secrétaire de la rédaction, Eddy MacFarlane, Assistant Editor * Rédacteur, Jacques Lalande, Staff Writer Conseil d'administration Le conseil d’administration de la revue se compose des membres du Conseil des directeurs des Centres de l’Enseignement spécialisé relevant du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse (Province de Québec).Board of directors The magazine’s Board of Directors consists of the members of the Principal’s Council of Vocational Training Centres under the authority of the Department of Social Welfare and Youth (Province of Quebec).Président — President • ta directeur généra) des études de l'Ensetg"em»nt spécialisé JEAN LIELORME Director General of Studies for Technical Education Directeurs — Directors adjoint du directeur général des études Assistant Director General of Studies Maurice Barrière Sonio Robitaille Gaston Tanguay Rosario Bélisle L.-Philippe Beaudoin Gaston Francoeur Jean-Marie Gauvreau Georges Moore Darie Laflamme J.-F.Theriault Marie-Louis Carrier l s-' Inst, de Tech, de Rimouski et Inst, de Marine t-HAN.ANTOINE UrAGNON Rimouski Inst, of Technology and Marine Inst.A j Institut de Technologie de Shawinigan ALBERT .LANDRY Shawinigan Institute of Technology T-, tt t ' Ecole des Métiers Commerciaux x AUL-LMILE LEVESQUE School of Commercial Trades ^ Ecole do Métiers du Cap-de-la-Madeleine UMER ijrRATTON Cap de la Madeleine Trades School yy T Eenlp de Métiers dp Plessisville xvOGER LABERGE Plessîsville Trades School Secrétaire — Secretary Wt W7 TT1T7 directeur adjoint, Institut de Technologie de Montréal WILFRID W .W ERRA Assistant Principal, Montreal Institute of Technology directeur, Office des Cours par Correspondance Director, Correspondence Courses Bureau directeur dp* études pour les Ecoles de Métiers Director of Studies for Trades Schools Institut de Technologie de Montréal Montreal Institute of Technology Institut des Arts Graphiques Graphie Arts Institute Institut de Papeterie Paper-Making Institute Institut des Arts Appliqués Applied Arts Institute Institut des Textiles Textile Institute Institut de Technologie de Québec Quebec Institute of Technology Institut de Technologie des Trois-Rivières Trois-Rivières Institute of Technology Institut de Technologie de Hull Hull Institute of Technology Administration Business Offices 8955, rue ST-HUBERT St.Montréal (11) P.Q.Canada Administrateur, Jf, Fernand Dostie, Administrator Secrétaire-trésorier, Omer Desrosiers, Secretary Treasurer^ Abonnements Subscriptions Canada : $2.00 Autres pays - $2.50 - Foreign Countries ¦t numéros par an 1 G issues per year * Autorisé comme envoi postal de 2e classe, Min.des Postes, Ottawa Authorized as 2nd class Mail, Post Office Dept., Ottawa « La seule revue bilingue consacrée à la vulgarisation des sciences et de la technologie » ÈÉÈW mm •MAIS 1958 NOTRE COUVERTURE Cet éléphant domestiqué glisse sur la surface d’un lac au moyen de skis nautiques.11 suffit d’un hors-bord de 70 h.p.pour le remorquer à une vitesse de 35 à 45 m.a.l.(voir article, page 21) .Tk Sommaire Le boulanger.Miniature tirée d'un IXMÜfi PtiurreCHtfïQC1 Ud MQjsmriuu» py :;yï iTryT>^nBi3»irf» Summary livre d'heure manuscrit du XVIe s.Intéressant forum sur la formation d’ingénieurs-techniciens 5 Les impressions tabellaires en Extrême Orient par Eddy-L.MacFarlane 11 Our Mightv Midgets .16 Table d’oxycoupage manuel par Armel Morneau 18 Did Columbus First See America at Caicos Islands ?.20 FRONT COVER La croissante popularité du ski nautique 21 • This tamed elephant skims across a lake on water skis.A 70 h.p.outboard motor is sufficient to draw the animal at a speed ranging from 35 to 45 m.p.h.(See article on page 21) Edison Experiments You Can Do .23 L’auto moderne roule sur le tapis magique de la suspension 24 La déesse déchaînée .26 A New Machines and Gadgets .29 Nouvelles de l’Enseignement spécialisé 31 Sources Credit Lines Pp.4 & 7: Westinghouse Research Laboratories; p.9: Studio Roger Bédard, Québec; pp.11 - 15: Eddy-L.MacFarlane; pp.16 & 17: Central Feature News, Inc.; pp.18 & 19 : Armel Morneau; pp.21 & 22: Kiekhaefer Corporation, Fond-du-Lac, Wisconsin; pp.24 & 25: Central Feature News, Inc.: pp.26 - 28: The Blue Bell, Compagnie de Téléphone Bell du Canada; pp.29 & 30: Science Service, Washington; p.33: Service provincial de Ciné-photographie; p.35: Service de Photographie de la Faculté de Médecine de l’Université Laval; pp.36 & 37: Charles Marcotte pour Technique pour Tous; p.38: Canadian Metalworking; pp.• 40 & 41: John Taylor pour l’Institut Louis- Braille; p.43 (haut): Institut de Technologie de Trois-Rivières; p.43 (bas) : Capital Press Service; pp.44 & 45: Service provincial de Ciné-photographie; p.46: Léo Turcotte, architecte; p.47: Service provincial de Ciné-photographie; p.49 (gauche): Institut de Technologie de Trois-Rivières; p.49 (droite) : Ecole de Métiers du Cap-de-la-Madeleine; p.50: Corporation des Techniciens Professionnels.A propos d’un changement récent — Trois Cambodgiens viennent se spécialiser dans le Québec — Conférence de presse sur les bourses d’études — M.Constant Comte élu président — La fille aînée de notre comptable en chef règne avec grâce sur les étudiants de Laval — La réadaptation des handicapés — La section d’électronique à l’Institut de Shawinigan — Concours oratoire sur le rôle des jeunes — Version anglaise d’un documentaire — Série de cours sur le soudage à la Section Nord — Cours spéciaux à Shawinigan — Reportage télévisé sur les métiers de l’automobile — Nouvelles coiffures — Conférence de M.Donat Corriveau — Les Loisirs à l’Institut Louis-Braille — Le rôle des inspecteurs de nos écoles et instituts — Causerie sur les jeunes mésadaptés — Les mathématiques .électroniques — Visite de papetiers — Quatre de nos professeurs lauréats d’un concours — Savoir comprendre les jeunes n’est pas tâche facile — L’Ecole de Métiers de Lauzon — Nos artistes en vedette — Visite industrielle — M.P.-E.Rozier, champion de tennis sur table — Démonstration de sécurité aquatique — Deux protagonistes de l’art moderne : Archambault et Dumouchel — Cours d’intérêt agricole sous l’égide de l’Education des Adultes — Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine reçoivent un distingué visiteur — Charles Mon-delet et l’organisation scolaire vers 1840 — Chez les techniciens professionnels.« The only bilingual magazine devoted to the popularization of science and technology » iififlïïïg DANS L’INDUSTRIE, L’INGENIEUR UNIVERSITAIRE POURRAIT CONCENTRER SON ATTENTION A LA RECHERCHE DE SOLUTIONS AUX PROBLEMES QUE POSE L’EVOLUTION DES PROCEDES DE PRODUCTION, DES MACHINES-OUTILS, ETC.L’INGENIEUR-TECHNICIEN SERAIT CHARGE DE L’APPLICATION PRATIQUE DES SOLUTIONS AMORCEES PAR SON COLLEGUE. INTERESSANT FORUM SUR LA FORMATION D’INGÉNIEURS-TECHNICIENS TOUS ceux que préoccupent les problèmes de l'éducation ont sans doute pris connaissance des exposés qui ont été présentés lors d'un forum tenu à Québec le 6 mars dernier sous les auspices de la Chambre de Commerce de cette ville.Les quotidiens de la Vieille Capitale en ont publié des comptes-rendus substantiels, mais les opinions alors exprimées n'ont pas trouvé autant d'écho dans les autres régions de la province.Le forum portait sur la création d'un échelon intermédiaire entre les actuels Instituts de Technologie (les anciennes Ecoles Techniques) et les Universités.C'est le Dr Gérard Letendre, directeur de l'Institut des Mines et de la Métallurgie de l'Université Laval, qui en a tiré les conclusions.Nous n'entreprendrons pas d'étudier, de discuter ici le bien-fondé des affirmations qui ont été faites ni l'exactitude des renseignements qui ont été offerts par les participants.Mais comme il s'agit là d'un problème de brûlante actualité et qu'une forte proportion de nos lecteurs sont des éducateurs de l'Enseignement spécialisé, nous croyons qu'il les intéressera d'en prendre connaissance.M.R.-W.Gooch M.R.-W.Gooch, ingénieur à la Canadian Vickers Limited, a tout d’abord donné quelques détails sur l’enseignement technique en Allemagne parce que, dit-il, la formation des techniciens a été développée à un niveau très élevé dans ce pays.En Allemagne, dit M.Gooch, il y a deux genres d’ingénieurs : les ingénieurs diplômés et les ingénieurs simples, ou techniciens.Les premiers équivalent plus ou moins aux gradués de nos écoles polytechniques, mais les autres auxquels nous nous intéressons n’ont pas d’équivalent exact.Les ingénieurs diplômés sont formés dans les Technischen Hochschulen, lesquels équivalent à nos écoles polytechniques et aux facultés scientifiques de nos universités.Les ingénieurs sim pies ou techniciens reçoivent Venseignement des Ingenieur-schulen, c’est-à-dire des écoles de technologie.Il y a huit écoles polytechniques et cinquante-huit écoles de technologie.Pour chaque ingénieur diplômé, il y a trois ou quatre ingénieurs simples ou techniciens, et il est ainsi bien évident que la plupart des travaux techniques sont exécutés par des techniciens.En général, les ingénieurs diplômés sont employés pour les travaux auxquels des connaissances scientifiques assez profondes sont nécessaires, et pour les travaux de développement scientifique ; par contre, on a recours aux techniciens surtout pour les travaux techniques d’ordre pratique, c’est-à-dire pour les calculs et le dessin ayant trait à Véquipement technique, pour Vadministration des ateliers, pour la vente, etc.Il existe une grande différence entre les deux systèmes d’enseignement, même au niveau de l’école secondaire, et généralement, il faut deux ou trois ans de moins pour former un technicien que pour former un ingénieur diplômé.La formation d’un ingénieur simple commence par une période de huit ou neuf ans dans une école publique.Surviennent ensuite trois ou quatre ans d’apprentissage dans un atelier.La dernière étape consiste en trois années d’études dans une école de technologie.C’est dire qu’on reçoit le certificat d’ingénieur simple ou de technicien à l’âge de 20 ou 22 ans.Par contre, la formation du futur ingénieur diplômé débute par quatre années d’école primaire, suivies de neuf années d’école secondaire ; elle se poursuit par un stage pratique de six mois dans un atelier, puis par des études universitaires qui durent de quatre à six ans.Les ingénieurs reçoivent leur diplôme à l’âge de 23 à 26 ans.Il arrive parfois qu’un gradué d’école de technologie ayant obtenu de très bonnes notes entre à l’université au huitième semestre, mais ce n’est pas fréquent.Ce système permet une grande économie de temps et d’argent, comparativement à celui qui est le nôtre.L’Allemagne est un pays bien développé au point de vue technique et elle a influencé le développement technique de plusieurs pays du monde, dont la Russie, qui a connu un essor technique et scientifique tout à fait remarquable selon beaucoup d’observateurs.Si ce système ou ce double système de formation technique fonctionne si bien en Allemagne, peut-on en conclure qu’il pourrait connaître autant de succès au Canada ?Existe-t-il entre VAllemagne et le Canada des différences qui rendraient impossible ou impraticable Vutilisation de techniciens dans nos organisations industrielles ?Nous espérons obtenir une société technique aussi bien développée que celle de VAllemagne, et nous espérons voir notre pays devenir de plus en plus indépendant de l’étranger en ce qui a trait à l’essor de nos connaissances techniques, bien qu’à présent, nous soyons loin de l’indépendance en ce domaine.Selon la plupart des autorités du pays, il y a pénurie d’ingénieurs au Canada, et il n’est pas difficile de prévoir que cette pénurie s’accentuera davantage si nous ne parvenons pas à former un plus grand nombre d’ingénieurs par rapport à la population totale du pays.Certes, il faudra beaucoup de temps et d’argent pour résoudre le problème, mais si nous pouvons économiser un ou deux ans dans la formation d’une grande proportion de nos ingénieurs, il importe d’en examiner la possibilité très attentivement.Je suis d’avis que beaucoup de travaux techniques demandés par Vindustrie canadienne et nécessitant des connaissances techniques d’un niveau plus élevé que celui auquel l’école technique secondaire donne accès pourraient être exécutés par des techniciens.Il résultera peut-être des difficultés dans la définition des tâches relevant des ingénieurs professionnels ou des techniciens,, mais je crois que les avantages s’avèrent assez importants pour qu’il vaille la peine de s’attaquer au problème.De toute façon, des difficultés semblables existent relativement aux ingénieurs professionnels.Les uns apprennent le minimum durant leur séjour à l’université, alors que les autres apprennent beaucoup plus.Les travaux techniques exigent différents niveaux d’intelligence et d’aptitudes, et il faut évaluer chaque ingé- 5 nieur comme individu.Ce problème est semblable à celui qui se pose quand on doit définir l’utilisation d’un nouvel outil.Tout outil, tout système a ses défauts, ses limitations, et aussi ses problèmes auxquels on peut trouver des solutions.M.Georges-Y.Tordion M.Georges-V.Tordion, ing.p., professeur à la Faculté des Sciences de FUniversité Laval, a ensuite exposé la structure de renseignement technique en Suisse.La Suisse, dit-il, est un pays pratiquement dépourvu de ressources naturelles.Malgré cela, son industrie occupe environ 40% de la population.Les matières premières sont importées et soumises ensuite à des transformations intensives qui exigent beaucoup de travail.La Suisse vend le travail.Pour maintenir soji industrie à Vavant-garde du progrès, une des conditions d’existence du pays, la Suisse a besoin de spécialistes et d’hommes de science qu’elle forme en de nombreuses écoles.Elle constitue une Confédération de 22 cantons indépendants, de sorte que le système scolaire diffère selon les régions.On peut dire de façon générale que le système scolaire comprend : les écoles primaires, les écoles secondaires, les collèges classiques, modernes et scientifiques.Les collèges scientifiques préparent les candidats aux facultés scientifiques des sept universités cantonales et de l’Ecole Polytechnique Fédérale.Les ingénieurs de niveau universitaire sortent de l’Ecole Polytechnique Fédérale, située à Zurich, et de l’Ecole Polytechnique de l’Université de Lausanne.Indépendamment des écoles polytechniques, il existe des instituts techniques supérieurs nommés Technicum’s, entretenus par les gouvernements cantonaux et formant des ingénieurs-techniciens.Dans la majorité de ces instituts, on accepte les étudiants après leurs études primaires et secondaires (9 ans) et l’apprentissage pratique d’un métier pendant trois ou quatre ans dans l’industrie privée.Certains instituts admettent les étudiants dès la fin des études primaires et secondaires, mais il faut alors effectuer un stage pratique, pendant les études, dans les laboratoires ou ateliers de l’école.Les Technicum’s jouent ainsi un rôle social important, vu qu’ils permettent aux jeunes gens doués n’ayant pas poursuivi d’études académiques, mais possédant déjà un métier, d’acquérir une formation théorique assez poussée pouvant les conduire jusqu’aux plus hautes situations dans l’industrie privée.Tous les Technicum’s possèdent au moins trois départements : génie mécanique, génie électrique et génie civil.Certains en possèdent d’autres : chimie, textile, horlogerie, etc.Les études durent, suivant les cantons, des trois à cinq ans ; l’âge moyen des finissants est de 22 à 24 ans.Les programmes sont d’un niveau très élevé, avec mathématiques supérieures.A l’heure actuelle, la Suisse possède huit Techni-rum's représentant d’importants investissements en bâtiments, laboratoires, équipement.Les frais d’entretien et du personnel sont aussi considérables, certains instituts comptant jusqu’à cinquante professeurs titulaires à plein temps.L’industrie suisse soutient vigoureusement l’enseignement technique par des dons et par son appui moral, car ces écoles lui apportent le personnel nécessaire à son succès.M.Henri Lecompte M.Henri Lecompte, ingénieur des Arts et Manufactures, également professeur à la Faculté des Scien- ces de l’Université Laval, a ensuite parlé de l’enseignement technique en France.Dès les débuts de F ère industrielle, dit-il, la formation des cadres supérieurs fut assurée par une double série d’écoles d’ingénieurs : l’une, dont faisaient partie l’Ecole Polytechnique, l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, etc., et qui s’attachait principale-ent à donner aux élèves une culture générale étendue, et l’autre, représentée par nos écoles d’ingénieurs d’Arts et Métiers, davantage orientée vers une formation technique supérieure beaucoup plus complète, mais plus spécialisée.Au cours du XIXe siècle, les ingénieurs des Arts et Manufactures eurent une position d’autant plus dé-licate qu’ils avaient été formés en trop petit nombre.Ils devaient bien souvent ajouter à leur propre travail une partie de celui des agents de maîtrise et autres techniciens dont la formation était insuffisante.Pour corriger cette situation, on fut amené, surtout au début du présent siècle, à multiplier les écoles de formation technique, de valeur inégale d’ailleurs, et donnant toutes sortes de brevets, depuis le diplôme de fin d’études jusqu’au titre d’ingénieur, parfois.Pendant les dures années de l’occupation allemande, soit de 1941 à 1945, le problème de la formation des cadres industriels fut complètement repensé, et l’on ménagea une place importante à la formation des cadres techniques dans les plans de modernisation et d’équipement.Cet effort, actuellement en plein développement, se trculuit pour les ouvriers par la formation professionnelle (apprentissage) ou la fréquentation des collèges techniques ; pour les agents \ de maîtrise et agents techniques, par l’extension des écoles nationales professionnelles, l’institution de brevets officiels de techniciens, etc.; et, pour les ingénieurs, par Vaccroissement très important du nombre et des moyens des écoles de formation au niveau d’ingénieur spécialisé.^ Il n’a pas semblé nécessaire, on le notera, de beaucoup développer la quantité d’ingénieurs de formation universitaire, le gonflement des promotions devant suffire à Vaccroissement des besoins, mais on a beaucoup insisté sur le besoin très considérable d’ingénieurs de formation plus technique, ce qui nécessite l’ouverture de nombreuses écoles équipées de très vastes laboratoires.Par rapport à l’ingénieur universitaire, que Von représente volontiers comme un officier d’état-major, l’ingénieur spécialisé est plutôt un officier de troupe, mais à ce niveau de culture, ce sont beaucoup plus les qualités réelles des individus que leurs diplômes qui permettent un classement de valeurs.D’ailleurs, la formation est voisine au départ, puisqu’elle comprend, après un baccalauréat classique, moderne ou technique, deux à trois années de mathématiques spéciales, en général, et les programmes des concours d’entrée jk ne diffèrent pas beaucoup en étendue d’une école à l’autre.Par contre, pendant le temps d’école, Vorientation est très nettement différente ; les universitaires approfondissent les connaissances générales, alors que les spécialistes travaillent beaucoup plus une branche que les autres, en particulier au moyen de nombreux travaux pratiques.Quoi qu’il en soit, par leur culture et leur formation même, les élèves produits par ces deux types d’écoles sont tous des ingénieurs, avec la dose tTin-génium requise pour porter ce titre ! 6 I 1 1 1 5 i a I, i* f, f ii n f pi if a- U' a* Uingénieur-technicien, selon les opinions exprimées lors du forum tenu sous les auspices de la Chambre de Commerce de Québec, pourrait se situer à un palier intermédiaire entre l'ingénieur universitaire et le technicien présentement issu de l’enseignement spécialisé.Pour illustrer sa propre conception du problème, le Dr Gérard Letendre, directeur de l’Institut des Mines et de la Métallurgie de l’Université Laval, a parlé du travail s’effectuant dans les laboratoires.L’ingénieur universitaire, dit-il, est parfaitement qualifié pour devenir chef d’un laboratoire de recherches, et son rôle est de poser et de discuter les problèmes amenés par l’évolution de l’industrie.La réalisation pratique, cependant, pourrait être confiée à l’ingénieur-technicien.Il en est tout autrement des élèves des collèges techniques et des écoles nationales professionnelles, que la terminologie officielle destine à porter le titre de techniciens, mais qui sont, pour parler net, des agents techniques.Leur formation, d’ailleurs plus rapide, comporte beaucoup de travaux pratiques d’atelier ou de laboratoire et leur donne, à ce point de vue, beaucoup d’ouvertures sur les techniques de mise en oeuvre de différents matériaux.C’est ainsi qu’un aide-chimiste saura souder au chalumeau, faire des scellements, rabattre une bride du tuyau, ajuster une clavette, etc., travaux de base d’une véritable culture artisanale dont Vingénieur-chimiste ne connaît pas tous les secrets ! Il existe, dès la sortie du collège, une différence nette entre le futur agent technique et celui qui se destine à une école d’ingénieurs.Même s’il provient de Venseignement technique, le futur ingénieur a fait relativement peu de travaux pratiques.La préparation qui le conduira à une école d’ingénieurs sera d’abord théorique, qu’il la reçoive dans les classes de mathématiques spéciales préparant aux grandes écoles, ou dans les classes préparatoires de ces écoles d’ingénieurs.Pour définir ces écoles, il serait superflu d’en donner une liste complète ; citons en passant l’Ecole Bréguet, VEcole Violet, l’Institut Electronique de Grenoble, formant des électriciens, l’Ecole spéciale des Travaux publics, formant des constructeurs, les Ecoles d’Arts et Métiers, de statut un peu différent, formant des mécaniciens, et les Ecoles nationales supérieures de Chimie, formant des chimistes.Celles-ci sont au nombre de 17 et elles forment environ 300 ingénieurs par an pour une profession comprenant près de 200,000 salariés.Ce nombre ne doit pas faire illusion.Les besoins s’élèvent actuellement à 650 par an d’après une évaluation, et ils tie peuvent être satisfaits, tant bien que mal, que par l’emploi de suppléants à la formation insuffisante.Ce n’est que par l’extension des écoles actuelles et Vouverture d’une dizaine d autres que l’on pourra, dans les années prochaines, espérer diminuer la crise d’effectifs de Vindustrie chimique.Il n’a pas paru heureux, par contre, de chercher dans le développement des écoles universitaires le remède à cette pénurie, et l’on estime que dans la plupart des industries, il est nécessaire de former 8 à 10 fois plus d’ingénieurs spécialisés que d’ingénieurs universitaires, le recrutement de ceux-ci étant actuellement suffisant.Le Dr Gérard Letendre Comme nous l’avons mentionné au début de ce compte-rendu, c’est le Dr Gérard Letendre, directeur de l’Institut des Mines et de la Métallurgie de l’Université Laval, qui a tiré les conclusions des trois exposés que nous venons de résumer ; il y a ajouté ses propres conclusions.Le Dr Letendre rappela tout d’abord que la société a tout intérêt à assurer l’heureuse organisation et le bon recrutement de la carrière industrielle, qui est l’aînée et presque la mère de toutes les autres.Il a souligné que le recrutement au sein de l’industrie, qui se faisait presque exclusivement par le rang autrefois, se poursuivra bientôt presque exclusivement par les écoles, ce qui s’explique par la complexité toujours grandissante des procédés techniques.Il y a à l’heure actuelle dans notre province, dit-il, un admirable réseau d’écoles techniques et de métiers dont on a raison d’être fier ; à preuve, cet extrait d’une lettre d’un officier du Conseil National de Recherches, ingénieur de grande expérience, qui écrit : I do feel that the technical schools are doing a fine job in turning out technicians and incidently, Quebec Pro- vince certainly leads all the others in this field.A un palier plus élevé, nous avons les écoles d’ingénieurs, tuais il manque un échelon entre les deux ; celui des écoles de technologie ou écoles d’ingénieurs-techniciens, dont vous ont entretenu de façon compétente les trois conférenciers qui m’ont précédé.Vous avez tous lu dans les journaux qu’on a récemment changé le nom des principales Ecoles Techniques en celui d’instituts de Technologie.C’est un pas dans la bonne voie, mais il faudrait que le changement de nom soit suivi d’un changement important dans les programmes, au moins en certains instituts, et ce n’est pas trahir un secret de dire que ce problème fait à l’heure actuelle l’objet d’une étude sérieuse par les officiers du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse.Il y a, comme on vous l’a dit, dans les pays industrialisés de l’Europe, un double système d’enseignement technique supérieur.L’accueil fait aux diplômés des écoles de technologie depuis nombre d’années par Vindustrie française, suisse, suédoise, allemande — tous mots synonymes de qualité et de précision au point de vue industriel —- constitue le meilleur des arguments en faveur d’écoles de même niveau chez nous.Si nous ajoutions ces écoles à l’excellent réseau qui existe déjà, nous obtiendrions un ensemble harmonieux qui formerait tous les cadres nécessaires à l’industrie, depuis l’ouvrier spécialisé jusqu’à l’ingénieur universitaire, en passant par Vingénieur-technicien.Si un jeune homme aime les mathématiques et s’intéresse vivement aux sciences appliquées à l’industrie, il semble indiqué de l’orienter vers les études d’ingénieur.Cette orientation acquise, deux possibilités devraient s’offrir à l’étudiant : devenir ingénieur universitaire ou technologiste — si vous voulez bien me permettre un néologisme — ou, si vous préférez, ingénieur-technicien.A tout esprit scientifique doué pour les études spéculatives et possédant des aptitudes supérieures pour les mathématiques, Venseignement universitaire s’impose.Si, à des aptitudes moyennes pour les mathématiques s’ajoute un bon esprit pratique, le candidat est tout indiqué pour entreprendre des études d’ingénieur-technicien.L’ingénieur universitaire et l’ingénieur-technicien ont tous deux leur place dans l’industrie.L’ingénieur universitaire est un chef d’industrie, ou un chef de laboratoire de recherches.A lui d’apercevoir, de poser et de discuter les problèmes amenés par Vévolution de cette industrie et par les exigences nationales et internationales de la vie économique.Il a un rôle d’organisation, de direction, d’administration.La réalisation pratique, il vaut mieux qu’il la laisse à d’autres.Pour les multiples opérations nécessaires à cette réalisation pratique, il possède tout un personnel : les ouvriers spécialisés issus des écoles de métiers, les contremaîtres que lui fournissent les écoles techniques, et enfin, les chefs d’atelier, fabrication et service, qui président à Vensemble des travaux de réalisation.Ces chefs d’atelier sortent des écoles d’ingénieurs-techniciens ou écoles de technologie.En d’autres termes, les universités forment les éléments destinés à l’état-major, et les écoles de technologie, les officiers du cadre, les deux groupes travaillant en étroite collaboration et se complétant l’un l’autre.Le rôle de l’école de technologie est donc bien précis : prendre à leur sortie des humanités ou des écoles primaires-supérieures les jeunes gens qui ont les aptitudes déjà mentionnées, leur donner une base scientifique solide, mais orientée directement vers la profession, en laissant de côté l’aspect plutôt spéculatif pour pousser davantage le côté pratique, initier le jeune homme au travail d’atelier, d’essais, de contrôle, le préparer en trois ou quatre années d’études à remplir une mission qui sera surtout une tâche d’exécution.Tout en donnant un enseignement très proche des réalités industrielles, l’école de technologie garde nées.Il y a, dans les écoles d’ingénieurs, une forte proie souci de donner une formation de base assez large et de développer les qualités intellectuelles essentielles, comme l’esprit d’observation, le jugement pratique et l’initiative.En ouvrant de telles écoles, on ferait d’ailleurs d’une pierre deux coups.Cela permettrait aux universités de mettre enfin l’accent sur la qualité au lieu de le mettre surtout sur la quantité, comme on a nécessairement dû le faire depuis un certain nombre d’an-portion d’échecs.A l’Université Laval, 47.6 seulement des étudiants enregistrés en 1952-53 ont gradué en 1956, c’est-à-dire sans devoir répéter au moins une année.Donc, 52.4 % n’ont pas réussi à obtenir leur parchemin dans le temps prévu : 28.4% ont échoué complètement et 24% ont dû reprendre au moins une année.Les chiffres correspondants à l’Ecole Polytechnique sont de 44% sans échec et de 56 % avec échec complet ou partiel.A Toronto, les chiffres s’établissent à 44% et à 56% également ; à Queen’s, ils sont de 40% et de 60%.Que d’efforts perdus, que de temps dépensé en pure perte ! La raison de ces échecs réside dans une base de recrutement trop large et dans une issue trop étroite.Les fruits secs qui résultent de cette situation constituent une perte énorme, et pour l’Etat et pour la famille, puisque chaque étudiant coûte à l’université plus de $1,100 par année.Ce gaspillage de forces et d’argent pourrait être éliminé en grande partie s’il existait des écoles pour recevoir ces étudiants dont les ressources intellectuelles sont insuffisantes pour l’université, tout en étant supérieures à celles qui sont requises pour les écoles techniques.Pourraient également fréquenter ces écoles, de préférence, les étudiants qui, même s’ils peuvent réussir de peine et de misère à décrocher leur diplôme universitaire, sont une cause de retard pour les élèves plus brillants, et qui tendent par conséquent à amener dans les études scientifiques un nivellement par le bas.Débarrassées d’un bon nombre d’honnêtes médiocrités (au niveau universitaire évidemment) qui les encombrent, les facultés d’ingénieur s pourraient élever considérablement le niveau des études et devenir réellement des asiles de la haute science et de la recherche comme les célèbres universités européennes.Seuls pourraient alors y pénétrer les jeunes gens réellement supérieurs qui répondraient pleinement aux exigences de la haute culture scientifique.Etant donné les statistiques démographiques prévues pour l’avénir immédiat, Vaugmentation constante dans le nombre et la valeur des bourses disponibles, la proportion croissante des diplômés de l’enseignement secondaire et primaire-supérieur qui se dirigent vers l’université — on prévoit que le nombre des étudiants doublera d’ici 1967 —, les facultés des sciences appliquées, même agrandies, ne pourront d’ici quelques années accommoder Vavalanche de candidats qui déferlera sur elles comme un véritable raz-de-marée.Plutôt que de multiplier ces facultés, — il y a déjà au Canada 24 universités alors qu’il en existe 18 en France pour une population s’établissant à trois 8 fois la nôtre, 18 en Angleterre, 16 en Allemagne de l’Ouest et 200 aux Etats-Unis, soit, dans ce dernier cas, huit fois autant que chez-nous pour une population onze fois plus nombreuse —, plutôt que de multiplier ces facultés, dis-je, pourquoi ne pas les améliorer au point de vue du niveau des études, donc au point de vue qualité, en formant dans d’autres écoles une forte proportion de ceux qui, autrement, devraient les fréquenter ?U amélioration qui s’ensuivrait serait énorme.Alors que l’on utilise comme base de comparaison pour le niveau intellectuel des étudiants une échelle linéaire, soit de 0 à 100%, l’expérience démontre que Fintelligence devrait se mesurer à l’échelle logarith-• mique, qui permet de constater des différences beau- coup plus prononcées entre les premiers et les derniers d’une même classe.Entre l’étudiant qui obtient 75% à l’examen et celui qui obtient 100%, il n’y a, à l’échelle utilisée actuellement, qu’une différence de 25 % alors qu’au point de vue intelligence et rendement subséquent probable dans la vie, après la sortie de l'université, celui qui a 100% est généralement supérieur à l’autre par un coefficient de 100 ou même plus.Prenons le cas cFun génie comme Fermi, par exemple, le réel créateur de l’énergie atomique.A l’université, il ne pouvait obtenir plus de 100%, évidemment ; pourtant, quelle différence, au point de vue intelligence et carrière, avec ceux de ses camarades qui obtenaient, disons, 80%.Le facteur de supériorité était presque infini, alors que dans les notes, la marge ne s’établissait qu’à 20%.Si les universités ne gardaient que les meilleurs étudiants, on pourrait avan-^ cer à pas de géant dans la connaissance des sciences, et à ce rythme, les gradués pourraient rendre plus de services à la communauté qu’un nombre plus considérable de diplômés dont ils auraient fait partie et qui auraient progressé au pas de tortue à l’université.Pour paraphraser Oliver Cromwell : A few first rate man are better than numbers.Ceux qui ne fréquenteraient '¦?pas l’université s’inscriraient aux écoles de technologie avec un succès auquel ils ne pourraient aspirer à l’université et pourraient devenir d’excellents ingénieurs-techniciens.L’université, Findustrie et la communauté y gagneraient grandement.Tempora mutantur et nos mutamur in illis.Les temps changent et nous devons changer avec eux.Trois éditoriaux Trois quotidiens du Québec ont récemment publié des éditoriaux sur rEnseignement spécialisé, et on y trouve des opinions qu’il convient de souligner pour faire suite au forum tenu à Québec.Sous le titre de Nos Instituts de Technologie préparent un meilleur avenir, le quotidien trifluvien Le Nouvelliste écrivait, le 18 mars dernier, que les Cana- Cette photo groupe quelques-unes 9 des personnalités qui ont assisté ou participé au jorum sous les auspices de la Chambre de Commerce de Québec.De gauche à droite, le Dr Gérard Letendre, ing.p., directeur de l’Institut des Mines et de la Métallurgie de l’Université Laval, Me Yves Pratte, président du comité de l’éducation de la Chambre, l’hon.Yves Prévost, secrétaire de la Province, MM.Georges-V.Tordion, ing.p., professeur à la Faculté des Sciences de l’Université Laval, Charles Deniers, président de la Chambre, R.-W.Gooch, ingénieur à la «Canadian Vickers Limited», et Henri Lecomte, ingénieur des Arts et Manufactures (France), professeur à la Faculté des Sciences de l’Université Laval.diens français éprouvent une sorte de pudeur quand ils donnent un nom à leurs institutions.Or, y poursuivait-on, nous avons péché par humilité dans Vappellation de nos écoles techniques.Le ministère provincial du Bien-Etre social et de la Jeunesse, qui dirige chez-nous l’enseignement spécialisé, vient de corriger cette lacune.Nous employons maintenant les noms officiels d’institut de Technologie des Trois-Rivières, d’institut de Technologie de Shaivini-gan et d’institut de Papeterie de la Province de Québec, ci-devant Ecole de Papeterie des Trois-Rivières.L’enseignement spécialisé a atteint au Québec un stade parauniversitaire.Il a débuté dans les métiers et n’a décerné d’abord que l’équivalent de cartes de compétence, ce qui était très appréciable toutefois, durant les premières années du Technique de Montréal et du Technique des Trois-Rivières, après 1910 et 1920.Nos écoles d’arts et métiers ont, dans ce domaine, assumé la succession de nos anciennes écoles techniques.Celles qu’on appelle maintenant instituts de technologie ont gagné au fur et à mesure, notamment depuis la guerre, d’innombrables avenues des sciences, pures ou appliquées.Ce ne sont plus des hommes de métiers qu’on y forme, mais bien des techniciens.Dans un monde dont Vévolution tient au prestige, où le savoir de l’homme a fait des bonds prodigieux, nos instituts de technologie sont arrivés à temps et ont comblé un vide qui aurait pu devenir calamiteux chez les Canadiens français.Ils ont formé et formeront des centaines d’experts dont nous avons besoins pour exploiter nos ressources naturelles et y asseoir solidement F économie croissante de la province de Québec.Pendant bien des années, la jeunesse canadienne française n’a opté généralement et au point de vue des carrières que pour les professions libérales, les métiers ou l’agriculture.Cette orientation plutôt limitée a suffi dans une large mesure aux besoins du passé et grâce surtout à l’intelligence, à l’esprit de travail et au désir impérieux de F ouvrage bien fait.L’âge atomique a transformé le monde et Fa comme ébranlé sur ses bases.Parmi la somme fantastique de ces urgences, nous avons reconnu celle de former des ingénieurs et des techniciens.Le problème n est pas circonscrit à la province de Québec, ni au Canada.Il est le même aux Etats-Unis et dans le monde entier.A tel point que l’effort frénétique consacré aux sciences appliquées nous menace maintenant d’une pénurie de penseurs et d’un recul extraordinaire de la culture générale.Par bonheur les instituts de technologie de la province de Québec échappent en grande partie et veulent échapper davantage au courant états-unien qui vise trop à produire en vitesse des hommes-robots, ap- pelés à circuler à sens unique, à rouler sur un arbre de couche stable, à la manière d’une roue d’engrenage et comme partie purement physique de la machine.La désignation nouvelle de nos Instituts de technologie et de papeterie constitue la promesse de former pour l’avenir du Canada français et du Canada tout court, des hommes intelligents et cultivés, des citoyens aptes à hisser leurs facultés sur le plan spirituel et social, aussi des techniciens assurés d’une carrière utile, honorable et qui fera vivre son homme.De son côté, L’Action Catholique, de Québec, publiait l’éditorial suivant dans son numéro du 10 mars dernier, sous le titre Les ingénieurs qui nous manquent : On a beaucoup parlé, en ces dernières années, de la pénurie d’ingénieur s qui se fait sentir au Canada, et plus spécialement au Canada français.On a cité des chiffres pour établir que nous serions très en retard sur les Américains et plus encore sur les Russes.Ces chiffres, effarants à première vue, ont cependant fait naître un doute dans plusieurs esprits.Beaucoup se sont demandé si, dans tous ces pays qu’on nous cite en exemple, on n’accordait pas plus libéralement que chez-nous le titre d’ingénieur, si tous ces diplômés possédaient bien une formation de calibre universitaire et si la plupart d’entre eux ne seraient pas plutôt ce que nous appellerions ici des techniciens avancés ; en un mot, si la quantité pouvait aller de pair avec la qualité.Quoi qu’il en soit, notre jeunesse étudiante n’a pas été lente à percevoir l’appel qui lui était lancé.Le nombre des inscriptions dans les écoles de génie a grossi à tel point que nos universités, avec l’aide de l Etat, ont dû entreprendre de vastes programmes d’agrandissement.Malgré cet effort, elles se demandent encore comment elles pourront, dans quelques années, accommoder tous les candidats qui se présenteront.Cette affluence fait naître d’autres problèmes.Les aptitudes sont naturellement très inégales et les échecs sont nombreux.Il y a danger que les plus brillants sujets ne soient retardés par la masse des autres et que dans la hâte de fournir au pays tous les ingénieurs dont il a besoin, nos institutions d’enseignement supérieur ne soient empêchées de maintenir la qualité de leurs programmes à un niveau conforme aux exigences de leur haute mission.Par ailleurs, s’il faut à l’industrie des chercheurs et des savatits, il lui faut aussi, et en nombre encore plus grand, des ingénieurs dont la formation soit orientée plutôt vers des tâches d’ordre immédiatement pratique.Ce qui devait fatalement nous amener à concevoir, comme on l’a fait déjà dans les pays industrialisés d’Europe, une nouvelle orientation de Venseignement technique supérieur.En conclusion d’un forum tenu la semaine dernière sous les auspices de la Chambre de Commerce, le Dr Gérard Letendre, directeur de l’Institut des Mines et de la Métallurgie de l’Université Laval, a soumis qu’entre les diplômés de nos écoles spécialisées et les ingénieurs universitaires, il y aurait place chez-nous pour des ingénieurs techniciens, qui seraient formés dans des écoles de technologie.Les candidats aux carrières du génie pourraient alors choisir, suivant leurs aptitudes, entre deux voies différentes, bien que complémentaires : l’université, qui concentrerait ses efforts vers la formation de chercheurs, de dirigeants, de chefs d’industrie ; et les écoles technologiques, qui prépareraient plutôt aux tâches moins spéculatives de Vexécution, de la réalisation pratique.C’est le système auquel on a recours en France, en Suisse et en Allemagne pour fournir les cadres nécessaires à l’industrie, sans pour autant encombrer les facultés universitaires, qui restent ainsi véritablement des asiles de recherche et de haute culture scientifique.La suggestion du Dr Letendre vaut sûrement qu’on s’y arrête.La province de Québec est déjà la première de tout le pays pour son magnifique réseau d’enseignement spécialisé, dont plusieurs écoles ont été élevées récemment au rang d’instituts de technologie.En poursuivant dans la même direction, elle pourrait, plus facilement que toute autre, se hisser aussi à l’avant-garde pour la formation des ingénieurs techniciens.Enfin, L’Evénement-Journal, autre quotidien de Québec, publiait le 8 mars des commentaires semblables à ceux de L’Action Catholique, dans un éditorial intitulé Les instituts de technologie : Les instituts de technologie remplaceront désormais les écoles techniques qui servent à former des ouvriers spécialisés, des contremaîtres et des techniciens que requiert de plus en plus le développement industriel de notre province.Seule la désignation change pour la rendre plus conforme au cycle de Venseignement spécialisé dans ses trois degrés du primaire, du secondaire et de la faculté universitaire.Le système s’apparente au régime de Venseignement technique et scientifique dont les pays hautement spécialisés comme la Suisse, l’Allemagne et la France nous donnent l’exemple d’une parfaite réussite.Les membres de la Chambre de Commerce en ont conçu une juste idée au cours de la soirée d’étude qu’ils ont tenue sur la question.La missioti de ces instituts est de recueillir les jeunes gens qui sortent des écoles supérieures et des collèges et qui s’orientent vers les carrières industrielles, selon les aptitudes et les dispositions qu’ils manifestent ; ils leur procurent un premier enseignement technique de base, puis ils les initient aux travaux pratiques d’atelier, de mécanique, d’essais divers, pour finalement les dresser à une tâche d’exécution plutôt que d’inspiration.Les élèves deviendront ainsi des techniciens dans toute la force du mot, pour servir d’intermédiaires à un échelon bien déterminé entre les ouvriers qualifiés et les ingénieurs diplômés.Ils joueront un rôle essentiel dans les entreprises industrielles comme des exécutants de premier choix.Ces instituts ont donc leur place toute indiquée dans Vexpansion économique de notre province ; ils prendront à leur compte de nombreux sujets qui ne se sentent pas doués pour les études spéculatives du génie civil, et ils formeront tout de même un corps d’élite de contremaîtres compétents, de techniciens qui sauront accomplir les oeuvres dictées par les conceptions du génie.L’Allemagne et la Suisse en ont fait une expérience concluante dont nous pouvons tirer le meilleur parti.Ces cours d’un caractère plus pratique dégageront d’autant les facultés du génie où seuls les aspirants ingénieurs seront admis à suivre les cours qui seront d’un ordre spéculatif plus élevé ; ils éviteront ainsi Vencombrement de sujets moins doués et les orienteront vers des fonctions et des occupations plus appropriées à leurs talents.Il y aura moins de temps perdu, moins d’années de cours gâchées, aussi moins de gaspillage d’argent, et enfin il y aura de la satisfaction puisque chacun se trouvera dans sa voie, au lieu de végéter dans une autre à laquelle il n’est pas destiné.10 * Les débuts de l'imprimerie et les IMPRESSIONS TABELL AIRES D’EXTREME-ORIENT par Eddy L.MacFARLANE Professeur d’Histoire du Livre à l’Institut des Arts Graphiques DANS un article sur les sceaux, publié ici même, nous signalions incidemment le cylindre su-?mérien comme le plus lointain ancêtre connu de nos modernes procédés d'impression (1).Ce n'est pas par de subtiles interprétations que l'on aboutit à de telles conclusions.Celles-ci s'imposent par ^ la simple observation des techniques mises en oeuvre au cours des âges.Ainsi que l'on va voir cette filiation est sans hiatus.Que la « surface-mère », c'est-à-dire la surface qui porte, en creux ou en relief, les traits à reproduire, soit en pierre, en bois ou en métal importe peu ; c'est l'idée de multiplication par empreinte qui compte ; le reste n'est que détails perfectionnant pour un temps le système, en fonction des besoins de l'époque ; détails dont il ne faut pas cependant minimiser l'importance.Jusqu'au début de notre siècle on attribuait systématiquement aux « Chinois » la découverte de toutes les techniques fondamentales.Aujourd'hui, grâce aux moyens scientifiques mis en oeuvre par l'archéologie moderne, on se montre plus circonspect quant à certaines paternités.Il n'en reste pas moins vrai que les Extrêmes-Orientaux furent généralement de remarquables adaptateurs ; ainsi de l'idée de multiplication par pression, héritage des suméro-babyloniens, qu'ils exploitèrent et conduisirent à un haut degré de perfection bien avant les Occidentaux.Certes, les rapports sino-suméro-babyloniens durent être assez rares.De la Mer Noire au Kansu par les cols du Pamir et le Turkestan Oriental, soit plus de 4,000 milles de pistes incertaines, les caravanes s'exposaient à maints périls dont la soif et le brigandage étaient les moindres.Les contacts ont, malgré tout, existé.Les conceptions astronomiques de la Chine archaïque sont directement issues des conceptions akkadiennes et le nombre 60 en honneur chez ceux-ci joue chez les Extrêmes-Orientaux depuis le XXVIIè siècle av.J.C.un rôle important, attesté par la tradition classique ; en outre, certains spécialistes n'hésitent pas à conclure que la céramique peinte de Yang Shao (2000 ans av.J.C.) emprunte ses motifs de l'Asie Occidentale (2).On admet également que l'écriture pictographique chinoise a subi au cours de la seconde moitié du 2ème millénaire l'influence indirecte de la graphie babylonienne.* TYPES D'APSARA (DEESSES VOLANTES) D'APRES DES ESTAMPAGES SUR PAPPER DE PIERRES GRAVEES.CHINE, IXe SIECLE.11 t CHEVAUX DECORANT LE TOMBEAU DE L’EMPEREUR T'AI TSONG, ELEVE EN 973.ESTAMPAGE SUR PAPIER.(VOIR EGALEMENT PAGE 13).figurines de Buddha, des Apsara (4), des images de protection.Pour ce faire on appose sur toutes ces « surface-mère » préalablement enduites d'encre bleue ou rouge, plus généralement noire, une feuille de papier mince dont on frotte délicatement le verso avec une brosse ou un baren, procédé gui sera employé en Occident dès l'apparition de la xylographie (5) ; procédé toujours en usage en Chine, au Japon, en Corée ; et même en Europe lorsqu'il s'agit d'obtenir des épreuves de choix, aux contours souples, à encrage délicat.A l'aube du VlIIè siècle on peut dire que l'imprimerie proprement dite est couramment employée en ^TS'/vr OUE les Chinois aient connu le sceau lors de cette même période, qu'ils l'aient adapté à leurs besoins n'a rien d'insolite.Aussi bien l'éminent sinologue anglais, sir Aurel Stein, au cours de ses fouilles, a retrouvé un certain nombre de sceaux sur argile, très proches de la technique sumérienne, remontant au tout début de la dynastie des Han, soit la fin du 111 è siècle avant J.C.Alors que les civilisations méditerranéennes, héritières directes de la culture de l'Asie Antérieure, orienteront le sceau vers une utilisation différente, les Chinois lui conserveront son emploi initial, le perfectionneront, et grâce à l'invention de l'encre, entre le 111 è et le IVè siècle de notre ère, jetteront les bases de l'imprimerie proprement dite, l'empreinte humide sur papier remplaçant l'estampage à sec, et définitivement celle sur argile.Dès cet instant nous pouvons suivre pas à pas ses diverses étapes.L'essor, en Chine, de l'impression tabellaire (3), allait connaître un extraordinaire développement à la suite d'une véritable catastrophe.Voulant maintenir sa seule autorité, tant spirituelle que temporelle, et imposer à ses peuples une unité de pensée, l'empereur Ts'in Che-Houang-ti avait ordonné en 213 avant J.C.des autodafés de toutes les oeuvres écrites dont seuls furent exemptés de justesse les livres à caractère scientifique.Désireux de réparer au plus vite ce désastre l'empereur Ling Ti confia en 175, aux disciples de Confucius, le soin de reconstituer, au moins dans l'esprit, les précieux ouvrages classiques sacrifiés par la mégalomanie de son prédécesseur.Pour maintenir l'intégralité des textes, connus sous le nom des « Cinq Livres », ceux-ci furent gravés sur des sortes de stèles en pierre.Lettrés et étudiants, par estampage à sec, vinrent en foule en tirer d'innombrables épreuves.Ce procédé de reproduction, tout primitif qu'il restait, contribua puissamment au renouveau de la littérature chinoise : poètes, historiens, chroniqueurs en usèrent largement pour diffuser leurs oeuvres.Dès le premier siècle, dalles ciselées, briques et bois gravés se multiplient.Vers 105-125, l'invention de Ts'ai Lun : le papier, fait de matières premières moins onéreuses que les déchets de soie jusqu'ici employés, rend plus accessible le prix des tirages.A partir du Vl-VIIè siècles à l'aide d'un cliché en métal on imprime des Chine ; les ateliers sont déjà nombreux où l'on dessine, où l'on grave, où l'on édite des oeuvres populaires ou philosophiques, illustrées ou non.Les specimens que l'on possède de cette époque sont rares mais suffisants pour se faire une opinion sur la qualité de l'exécution.Parmi les plus anciens actuellement connus figure un texte sur sept feuillets datant de 730 environ.Un autre vénérable imprimé nous vient du Japon où la technique s'était également répandue.Il fut tiré en 770, sur l'ordre de l'impératrice Shatoku, à.un million d'exemplaires ! Cet ouvrage qui contient des incantations pour éloigner les mauvais esprits se présente sous forme de rouleau d'une longueur de 12 pouces sur 2 de largeur.Les spécialistes n'ont pu encore se mettre d'accord pour déterminer si la « surface-mère » était en bois ou en métal tant l'impression et l'encrage sont parfaits.12 UN des joyaux du British Museum de Londres est le « Sutra de Diamant » trouvé par sir Aurel Stein, au cours de ses patientes investigations dans la région de Tuen Huang, en 1906.Il s'agit ici d'un véritable livre, avec dessins se rapportant au texte, entièrement xylographié, qui fut commandé par un dignitaire chinois, Wang Kiai, le 11 mai 868.C'est un long rouleau, de 16'3" sur 11"%, fait de feuilles de papier mince ajustées soigneusement et collées bout à bout.Parmi d'autres impressions trouvées par Stein il convient encore de citer un fragment de calendrier pour l'an 882, tiré vraisemblablement sur plaque d'argile cuite.La découverte de ces pièces rarissimes fut toute fortuite.Dans un excellent ouvrage consacré à la Chine (6) l'éminent conservateur du musée Cernuschi, de Paris, Mlle Madeleine Paul David, en rapporte les circonstances.A.plus anciennes connues, des reliures en soie et de précieux documents tels que : comptes du monastère, correspondance, etc .Au Xè siècle l'imprimerie connaît d'autres progrès.Sous l'impulsion du ministre Feng-Tao, l'Académie Impériale Chinoise, dont le directeur était le célèbre lettré T'ien-Min, collige les anciens classiques, les revise, y ajoute des commentaires.Le texte définitif est gravé sur bois puis imprimé.Ce travail gigantesque dure 20 ans.En 953 un exemplaire de l'édition est enfin déposé aux pieds de l'empereur : 130 volumes contenant un total de 571,916 mots.L'Imprimerie Nationale Chinoise est créée et poursuivra une oeuvre des plus fécondes.Autre caractéristique de ce monumental ouvrage ; le livre abandonne sa forme « volumen » traditionnelle pour la forme « codex » (7).Cette impression, comme le seront les impressions tabellaires européen- nes quatre siècles et demi plus tard, est dite anopistographique, c'est-à-dire imprimée d'un seul côté de la feuille.Une différence cependant : alors que dans les premiers ouvrages occidentaux les feuilles imprimées sont collées dos à dos pour ne former qu'un seul feuillet, l'imposition chinoise, plus rationnelle et d'un format beaucoup plus grand, adopte un pliage en accordéon, aspect qu'il présente encore aujourd'hui.LA XYLOGRAPHIE EN EUROPE LE plus ancien bois gravé européen que l'on connaisse actuellement est le fameux « bois Protat » trouvé par hasard en 1898 lors des travaux de réfection du prieuré de la Ferté-sur-Crosne (Bourgogne, France), filiale de l'illustre abbaye de Cîteaux, dont le scriptorium produisit tant de célèbres manuscrits, richement enluminés.Cette planche en noyer de 24" *4 x 9" x 1" servait de cale à une contre-marche d'escalier ; elle fut acquise par un imprimeur de Mâcon, Jules Protat, d'où son nom.Gravée sur bois de fil, l'une des faces représente un fragment de l'Annonciation ; l'autre un centurion, deux soldats et l'avant-bras gauche du Christ fixé sur une partie de la Croix.Ce n'est là qu'un tiers des scènes que l'artiste, —-disons plus justement l'artisan, — a représentées ; l'autre (ou les autres morceaux) n'ont pas été découverts malgré l'ardeur que l'on mît à les retrouver.Diverses déductions ont fait dater ce bois de 1370 environ.Cette gravure attribuée à un sculpteur bourguignon n'était probablement pas destinée à imprimer sur papier mais plutôt sur tissu.C'est en tout cas l'avis de certains spécialistes qui ont ESTAMPAGES REALISES A L'AIDE DE BRIQUES SCULPTEES.CHINE, 1er SIECLE.(VOIR EGALEMENT PAGE 12).Stein et Paul Pelliot, sinologue français, avaient appris qu'un bonze, c'est-à-dire un moine bouddhique, du monastère de Tuen-'* Huang, vendait des livres et des peintures anciennes pour subvenir aux besoins de son couvent ; « Paul Pelliot, écrit-elle, obtint du moine l'accès de la cachette dans laquelle il puisait ses trésors: une grotte murée depuis 1035, dont la découverte était due au hasard ».Parmi les autres objets trouvés dans cette grotte figuraient de nombreux textes manuscrits et imprimés, des peintures, des xylographies qui comptent parmi les 13 fondé leur jugement sur le fait qu'aucun papier, à l'époque, n'atteignait de telles dimensions.Sans doute.L'argument néanmoins ne nous semble pas décisif.Pourquoi, en effet, n'aurait-on pas imprimé par morceaux, puis collé ceux-ci soigneusement comme on fait encore des lés de papier peint.D'autant que les tirages de cette illustration étaient probablement destinés à orner de pauvres sanctuaires de campagne ; peut-être le rétable ?En tous cas les quelques épreuves exécutées au « hotton » (8), sur papier, depuis sa découverte, ont donné d'excellents résultats.La deuxième estampe connue, par ordre chronologique d'ancienneté, est un « Portement de Croix » exécuté vers 1400.Le bois a été perdu et l'on n'en connaît que deux épreuves : l'une à la bibliothèque de Vienne (Autriche), l'autre dans la collection Edmond de Rothschild ; celui-ci en fit don, en même temps que d'innombrables pièces rarissimes, au Musée du Louvre, il y a quelques années.LE “SUTRA DE DIAMANT''.LIVRE W.L.Schreiber en attribuait la paternité à quelque graveur de Haute-Allemagne (9) ; Henri Bouchot, qui a beaucoup écrit sur le Livre, la prétendait bourguignonne.M.André Blum, Conservateur du legs Edmond de Rothschild, à qui l'on doit de nombreuses études savantes sur l'histoire du papier, de la gravure, des nielles du Quattrocento, etc .opte également pour une origine bourguignonne et entre autres arguments établit une certaine similitude entre sa facture et les dessins de l'architecte Villard de Honnecourt, datant du XlIIè siècle.Faisons confiance à M.André Blum toujours si prudent, toujours si réservé dans ce domaine qu'il connaît comme nul autre.Contemporain du précédent, le « Christ au jardin des oliviers » trouvé en 1836 par M.Hennin dans la région de Lyon, c'est-à-dire à quelques dizaines de milles du lieu où l'on mit à jour le « Protat », est considéré, lui aussi, comme appartenant à l'art bourguignon.La Bourgogne, en plus de ses richesses de tous ordres, aurait-elle eu l'insigne honneur d'être le berceau de la xylographie d'Occi-dent?Ce n'est pas « impensable » lorsqu'on connaît l'extraordinaire histoire de cette province ouverte dès le premier âge à toutes les spéculations spirituelles ; province où l'art et les artistes occupèrent et occupent encore une place d'honneur.Les spécialistes, hélas, ne sont pas unanimes pour lui attribuer une telle paternité.Alors ?Si ce n'est la Bourgogne, les Flandres qui en furent longtemps le prolongement ?L'Allemagne ?Les Pays-Bas ?Faut-il rechercher cette paternité en Extrême-Orient et du même coup, dénier à l'Europe l'invention de l'impression tabellaire, puis du caractère mobile, d'abord en bois, ensuite métallique ?Par quels lents cheminements de telles inventions y seraient-elles parvenues ?C'est ce que nous essayerons de démêler dans notre prochain article.CHINE, DEUXIEME ¦ROULE" ENTIEREMENT XYLOGRAPHIE (TEXTE ET DESSINS) MOITIE DU IXe SIECLE.7K W 821111 SitLüiJ ¦mmm mm NOTES ET BIBLIOGRAPHIE 1) cf.Revue Technique Avril 1958.2) J.G.Andersson.3) Procédé d’impression à l’aide d’un bloc en bois ou en métal sur lequel est gravé un texte ou une illustration, ou l’un et l’autre.Cette impression peut se faire au « frotton », ou à l’aide d’une presse.Ce terme d'impression tabellaire est généralement réservé au procédé employé immédiatement avant la découverte de la typographie (en Europe) .La plupart des prototypographes utilisèrent ce système d’impression avant d’être initié au nouvel art.4) Mot sanscrit désignant des « nymphes célestes ».Elles appartiennent au plus ancien fond des croyances de l’Inde, et furent adoptées par les Chinois.Ce sont les épouses des « Grand-harva » (musiciens célestes).Danseuses et musiciennes, les « Apsara » accompagnent les dieux dans tous leurs déplacements.5) du grec xylon : bois ; et gra-phe'in : écrire ; par extension : graver.Ce terme est généralement employé pour désigner les épreuves sur papier tirées à l’aide d’un bois gravé, antérieur au XVIè siècle.6) Arts et Styles de la Chine.Larousse Editeur ; Paris, 1951.7) Le « volumen » est la forme ancienne du livre, c’est-à-dire : roulé ; le support est généralement du papyrus.La forme « Codex » est le livre à plat, tel que nous le connaissons.Cette forme fut adoptée lorsque le parchemin supplanta le papyrus en tant que support.8) Le « frotton » est une boule de crin pétrie avec de la colle forte et recouverte d’un linge ou d’une peau très souple.Cet instrument servait à frictionner le verso de la feuille de papier déposée sur le bois gravé, puis encré.Les artistes utilisent encore ce procédé pour leurs épreuves d’état ou des tirages délicats.9) Manuel de l’amateur de gravures sur bois et sur métal du XVè s.Leipzig, 1926.10) M.Hennin fit don de sa trouvaille au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale de Paris.LE "PROTAT”.C’EST LE PLUS ANCIEN BOIS GRAVE D’OCCIDENT ACTUELLEMENT CONNU.(VERS 1370-1380) ¦i J^ADIOS you can hold in your hand.sports cars little bigger than a Saint Bernard.portable TV sets.bikini bathing suits — the things we enjoy most seem to be shrinking all the time.Funny thing is, it seems the smaller they get, the more fun — and usefulness — they give.The word for this trend is miniaturization—but it signifies considerably more than simply making things smaller.With the reduction in size of many components and devices have come new dimensions of ruggedness, versatility and operating efficiency.n m ABOVE : THE "PRIVATE EYE" IS THE MOST CANDID OP ALL CANDID CAMERAS, THANKS TO ITS BLACK MAT FINISH WHICH MAKES IT VIRTUALLY INVISIBLE WHEN HELD AGAINST DARK CLOTHING OR WHEN USED WITH BLACK GLOVES.IT IS EQUIPPED WITH ALL DIALS AND CALIBRATIONS IN C L E A R-VISION WHITE.wm.-, THE ULTRA - MINIATURE PRECISION ENGINEERED MINOX CAMERA WEIGHS A MERE 2Vz OUNCES.OUR Mighty Midgets Of course, men have realized the value of compactness ever since Goliath went down for the count.Julius Caesar favored small, wiry soldiers over burly warriors.His once-in-a-while girlfriend, Cleopatra, barely grazed the 5-foot mark, yet managed to dazzle the civilized world of her day.Napoleon was a little fellow — and rearranged history.But only recently have we gained the technical know-how of miniaturization, thanks to advances in electronics, precision instruments and skilled craftman-ship.Many of these miracle midgets, of course, have been invented for the armed forces to be used in electronic equipment and defense weapons.Occasionally, however, one of these mighty mites makes the transition from war to peace ¦— and brings enjoyment to millions in the process.Case in point : the ultraminiature Minox camera.In time of war, secret agents must be able to smuggle top secret information past tight security.But how do you reduce bulky documents, complicated maps or mile-long formulas to handy spy-size ?The answer : photograph ’em ! However, during wartime anyone carrying a camera around restricted areas is immediately suspect —- and likely to end up in the nearest pokey.The solution ?Make a tiny camera — a camera so small it can be hidden in your fist ; so light it can be toted about night and day.But — and this is a big but -—• it must take a razor-sharp picture, one capable of being blown up many times the original size without sacrificing clarity.Magazine loaded, lighter than a set of keys, the size of a cigarette lighter, a miracle ounce camera was bom.Successful beyond imagination, it found steady employment all through World War II as a basic photographic tool.In the line of duty, undercover agents were known to carry filmed messages and plans inside buttons, false teeth, hollowed-out corks, trouser linings or lapels.After the war, the fame and demand for the Minox spread as the ultra-miniature precision camera caught the fancy of candid photo fans.Introduced in America, it captui'ed detectives, newspapermen, sales, insurance, engineering, medical, safety, architectural and advertising executives — who found it unexcelled for their work or pleasure, with its 50 exposures per film cartridge.On a par with cameras ten times its size —¦ and forty times its weight — the Minox measures 1 " x 3" x %" and features an F :3.5 15 mm.focal length lens with a focusing from 8 " to infinity.It is synchronized for flash, has automatic parallax correction at all distances, and all shutter speeds from 1/2 second time to an amazing 1/1000 of a second.It also has built-in orange and green filters.The Minox is made by West German craftsmen, who have also developed every conceivable miniature accessory for it -— from a collapsible pocket tripod (about the size and weight of a mechanical pencil) to a right-angle finder mirror that allows its user to shoot candids to the right or left or around corners while facing straight ahead.Recent additions include the world’s smallest electronic flash (a mere 24 ounces) and B-C flash attachment which enables the user to take candid shots anywhere, anytime.An adapter shoe makes possible the use of featherlight flash equipment with almost every other make of camera.Newest addition to ultra-miniature potography is the Minox Private Eye, a special model with low-reflectance anodysed black finish.Optically and mechanically identical to the standard chrome model, the Private Eye is equipped with all dials and calibrations in clear-vision white.while its black mat finish makes it virtually invisible when held against dark clothing or when used with black gloves.The most candid of all candid cameras, any spy worth his salt would have given his spy teeth for the Private Eye during the war.All this is a far cry from the days when Aunt Nellie had to hold her stiff pose while tire local photographer got all his paraphernalia into place.Or the time when the town shutterbug had to make half a dozen trips before he got all his equipment ready to shoot a sunset.But then, we’ve come a long way from the world of Aunt Nellie.In the offing : mural TV sets that will hang on your wall like paintings ; electronic room lighting panels instead of bulky lamps ; one-piece telephones that will not require installation ; power plants no bigger than your hand that will run your car ; lots more.PHOTOGRAPHY HAS COME A LONG WAY SINCE THE DAYS WHEN AUNT NELLIE HAD TO HOLD HER STIFF POSE WHILE THE LOCAL PHOTOGRAPHER GOT ALL HIS PARAPHERNALIA INTO PLACE.WHILE YESTERDAY’S PHOTOGRAPHIC ENTHUSIAST WAS BURDENED WITH TONS OF EQUIPMENT, TODAY'S SHUTTERBUG CAN SLIP A 2>/2 OUNCE CAMERA INTO HIS POCKET .AND OBTAIN FAR BETTER RESULTS ! ^ Ml 1 • " ?" v*,,,.* 17 TABLE D’OXYCOUPAi MANUEL par Armel MORNE AU, Professeur de soudure, E.M.de Tlietford Mines.Soudure 49 i Soudure Sou dure 18 M.Armel Morneau, professeur de soudure à l’Ecole de Métiers de Thetford-Mines, a mis au point une nouvelle table d’oxycoupage manuel.Il y a quelque temps, la revue Arc et Flamme, organe de la Canadian Liquid Air, a présenté à ses lecteurs les plans de cet outil.Nous avons invité M.Morneau à décrire lui-même les caractéristiques de l’appareil.L’OXYCOUPAGE, comme nous le savons, consiste en Foxy dation d’un métal ferreux pré-chauffé.En mentionnant la coupe des métaux ferreux par l’oxygène, une image nous vient immédiatement à l’esprit : un homme penché sur une plaque de fer, tenant un chalumeau en main et une gerbe d’étincelles voletant autour de lui.L’oxycoupage consiste à communiquer au matériel à couper une chaleur propre à la combinaison chimique de l’oxygène et du fer.La formation de l’oxyde ferrique noir (Fe:jOr) développe beaucoup de chaleur.C’est ce supplément de chaleur communiqué au fer qui favorise sa fusion si rapide, même sur de grandes épaisseurs de métal.Comme nous devons fournir une grande quantité d’oxygène, nous devons employer alors une forte pression.Par exemple une pression de 10 à 15 # d’oxygène pour une plaque de %" d’épaisseur.Nous aurons alors un éclaboussement de métal et d’oxyde à une ^ température très élevée, d’où la projection inévitable d’étincelles.Cette projection d’étincelles sur les chantiers est la principale cause d’incendie occasionnée par le chalumeau coupeur.Pour les travaux à l’intérieur de l’usine, et surtout pour les pièces possédant des dimensions assez restreintes, nous pouvons contrôler ces gerbes d’étincelles souvent dévastatrices en N leur consignant un espace d’où elles ne pourront s’échapper.La table d’oxycoupage manuel que nous préconisons possède les caractéristiques suivantes : 1) Bas coût de construction — Comme nous pouvons voir d’après le plan qui accompagne cet article, la table ne nécessite pas beaucoup de matériel et n’est pas très difficile à construire.Elle se fabrique entièrement dans l’atelier de soudure.2) Amovibilité ¦— Elle est très facile à déplacer d’un endroit à un autre, car elle n’est pas fixée au plancher.3) Nettoyage rapide — Ne comportant pas de surface supérieure proprement dite, elle est des plus faciles à nettoyer après l’exécution d’une coupe et en quelques mouvements, elle est prête à recevoir une autre pièce.Ceci provient du fait que nous avons laissé des espaces où peuvent passer le métal et l’oxyde dégagés lors du coupage.Il n’y a pas d’amas, donc pratiquement aucun nettoyage ultérieur après un coupage sur une pièce.4) Minimum d’entretien •—- Une table d’oxycoupage se détériore très vite, surtout sur la face en contact avec le jet d’oxygène.Nous avons limité cette détérioration en aménageant une surface constituée de NOTES EXPLICATIVES No.1) Base des pattes — Plaque de %" par 3" de diamètre.No.2 ) Récipient à scories en tôle no.16 — Bordure supérieure renforcée avec fer rond *4" de diamètre.No.3) Poignées en fer rond %" dia.No.4) Plaques forgées et soudées pour maintenir les poignées.No.5) Traverses des extrémités de la table en tuyaux de 2" de dia.No.6) Pattes de la table en tuyaux de 2" de dia.Chutes à scories pour les extrémités de la table en tôle no.16 avec bordures supérieures renforcées avec du fer rond de %" de dia.Jambes de force en plaque de 14" d’épaisseur.Supports pour chutes à scories en fer rond de y2" de dia.Pointeaux d’arrêts en fer rond de 1/4" de dia.pour maintenir en place les chutes à scories.Traverses des côtés en tuyaux de 2" de dia.Chutes à scories pour les côtés de la table en tôle no.16 avec bordures supérieures renforcées avec du fer rond de *4" de dia.Châssis de la table en fer angle de 2" x 2” x Soudure Sou dure Sou d ure Soudure No.7) No.8) No.9) No.10) No.11) No.12) No.13) 19 barres méplates présentant un point de contact sur le côté mince de la barre (16).Cette disposition favorise le passage des matières en fusion pouvant adhérer à la surface portante de la table ou la détériorer.Cette surface, vous en convenez facilement, doit être la plus droite possible si nous voulons nous guider pour effectuer un oxycoupage de niveau.Les barres n’étant pas fixées au cadre de la table, mais insérées dans des encoches (15), nous pouvons, une fois qu’elles ne sont plus très propres ou détériorées, les changer de côté et, par le fait même, en un tour de main, nous avons une surface neuve de travail.Nous pouvons acheter ces barres coupées selon les dimensions de notre table et nous en faire une réserve.Sans usinage d’aucune sorte, nous rénovons cri un clin d’oeil la surface de cette table.5) Propreté — Aux qualités déjà mentionnées, il nous faut aussi en ajouter une autre, celle de la propreté des environs de la table d’oxycoupage.Les dalles en tôle (7 et 12), placées verticalement tout le tour de la table, empêchent les scories de se répandre dans toutes les directions.Ceci réduit le balayage ou l’entretien au minimum.Les récipients en tôle (2) reçoivent les débris provenant de l’oxycoupage et n’ont qu’à être vidés périodiquement.6) Sécurité — Mais le plus grand avantage est sûrement celui de la sécurité.C’est en voulant amé- liorer la sécurité de l’oxycoupage que nous en sommes venus à l’idée de la construction de cette table.L’oxycoupeur est toujours incommodé et surtout quelquefois brûlé par les étincelles projetées dans toutes les directions.Que de fois n’a-t-on pas vu un homme, en train de manier le chalumeau à oxycoupage, se dandiner pour essayer d’enlever une particule de métal qui était venue se loger dans son soulier.11 est alors souvent obligé d’interrompre son travail et d’arrêter le début d’incendie sur lui-même.Il reprend sa coujDe craintivement, mais il est très malaisé pour lui de la parfaire aussi bien avec reprise que sans reprise.L’aspect général de la coupe en souffre.Les tôles de protection préviennent la projection de ces matières en ignition et, par le fait même, constituent une plus grande sécurité pour le travailleur ainsi qu’une amélioration de l’allure de la coupe.Un minimum d’étincelles sont projetées à côté des récipients et par conséquent les risques d’incendie sont minimisés.Dans les ateliers d’apprentissage, les oxycoupeurs ne sont pas très habiles au début, et l’emploi d’une table de ce genre est d’une plus grande sécurité.Peu de brûlures occasionnées par les étincelles nous sont rapportées et la propreté de l’atelier s’est améliorée.Did Columbus First See America at Caicos Islands ?ANEW SOLUTION to the 500- This is the conclusion of Edwin A.year-old mystery of where Link, inventor of the famous Link Columbus first looked on the land trainer for teaching men to fly, and of America and how he made his Marion C.Link as reported to the historic first voyage of discovery Smithsonian.through its islands is offered in a The Links in their 65-foot diesel recent report to the Smithsonian trawler followed the various routes Institution, Washington.proposed as being the one followed by Columbus, checking each detail The island where Columbus first against the journal of Columbus, landed and which he named San Although it is known that errors Salvador was not Watling Island as have most likely crept into the has been generally thought.That journal as it has been copied and great dramatic moment when Colum- re-copied, the Links believe that bus sighted white breakers in the there are too many inconsistencies light of an early morning moon oc- between the journal and the procured at what is now called the posed routes or any of them to be Caicos Islands.correct.Most widely accepted as Columbus' route are the proposals of Dr.Samuel Eliot Morison, Harvard University historian, who actually sailed over the sea and of Capt.P.Ver-hoog, retired Dutch marine officer whose lifetime hobby has been concerned with Columbus.The Links, accompanied by Capt.P.V.H.Weems, world authority on navigation, and Lt.Comdr.Mendel L.Peterson of the Smithsonian, followed both routes and also flew over the islands several times to obtain a clearer picture of their layout and the possible courses from one to the other.They were the first students of the subject to investigate not one but three possible solutions to the mystery by actually following the course themselves.It is their considered opinion that Columbus landed first at the Caicos Islands and then followed a course through the Bahamas from Maya-guana to Samana to Long Island and from there to Crooked Island, the Ragged Islands, the Columbus banks and Cuba.Thus the San Salvador of Columbus have been Caicos.His Santa Maria de Concepcion was Samana and Long Island would have been his Fernandina.20' -«#r PARMI les sports attrayants que les Canadiens recommenceront à pratiquer avec la saison estivale, il en est un dont les adeptes ne forment pas le plus grand nombre, mais qui n'en fascine pas moins un groupe toujours croissant d'esprits aventureux et d'amateurs de sensations fortes : il s'agit du ski.aquatique.La surface de nos rivières et de nos lacs fera donc bientôt place aux pentes neigeuses.La popularité grandissante de ce sport ne fait plus de doute sur notre continent.Des autorités compétentes en ce domaine estiment par exemple que le nombre des sportifs qui s'y adonnent dans la république voisine se chiffre maintenant par trois millions et demi; ils ajoutent que 20% des moteurs hors-bord de 20 h.p.vendus au public sont achetés en vue de la pratique du ski nautique.Cette vogue s'explique par divers facteurs dont le plus important est le perfectionnement d'agents propulseurs offrant une puissance de traction permettant une vitesse suffisante à l'exercice de ce sport non seulement par une, mais par plusieurs personnes à la fois.Il s'agit donc d'un divertissement qui est simultanément à la portée de tous les membres d'une famille ou d'un petit groupe d'amis.De plus, la mise au point de moteurs hors-bord suffisamment puissants place ce sport à la portée du budget de la famille moyenne.Autrefois, il fallait s'en remettre presque exclusivement à des moteurs en abord, qui sont plus dispendieux, afin d'obtenir la puissance nécessaire au remorquage de plusieurs skieurs.Les fabricants d'embarcations, devant l'intérêt accru à l'égard du ski aquatique, produisent maintenant des coques spécialement dessinées pour ce sport.Les amateurs doivent toutefois faire preuve de beaucoup de discernement dans l'achat de l'équipement s'ils ne veulent pas encourir de déceptions.Ils doivent se rappeler qu'il est recommandable d'utiliser un moteur capable de remorquer les skieurs à une vitesse d'au moins 18 milles à l'heure.Lorsque le déplacement s'effectue à une vitesse inférieure, les novices éprouvent généralement de la difficulté à se tenir debout sur la surface de l'eau.Il est vrai qu'il est possible à un enfant ou à un adulte, moyennant une certaine expérience, de se livrer à ce sport derrière une em- X a croissante popularité • g > utia uc barcation propulsée par un moteur de 10 h.p., mais le véritable agrément résulte d'une traction supérieure, et toute puissance inférieure à celle d'un moteur de 22 à 30 h.p.constitue un compromis.Il est d'ailleurs généralement admis que le hors-bord de 30 h.p.est le véritable moteur familial, non seulement parce qu'il permet à deux ou trois jeunes, ou encore à deux adultes, de s'adonner au ski aquatique à grande vitesse, mais parce que sa puissance rend possibles des excursions familia- les avec prompt retour au foyer dès les premiers signes d'intempéries.Le moteur de 40 h.p.peut remorquer trois adultes ou plus à une vitesse qui assure beaucoup de souplesse aux mouvements.Enfin, il se fabrique des hors-bord à six cylindres dont la puissance est de 60 à 70 h.p.et dont on peut facilement deviner les avantages.Plusieurs experts en spectacles de ski aquatique affirment que ces types de moteurs jouissent de la faveur des troupes profession- La puissance des moteurs hors-bord modernes permet à tout un groupe d’amis de se livrer simultanément au ski nautique.Voici huit skieurs que remorque une embarcation munie d’un seul moteur de 60 h.i «****! .T-*—- Rpww ^STÏ |P^£ «K**»»»* .>s?.?':- «'.•• -*u ^ >*c Wçggjài&ti "w ^‘‘f'**'' ?%igSgigs -.-.• gjpg ^'V***»«*« •>- ' ¦ Wm as».BBHra .Des fervents du ski nautique s’apprêtent à pratiquer leur sport favori en face d’un groupe d’hôtels à la plage Daytona, en Floride.nelles.Les moteurs Mercury 75 et 78, par exemple, peuvent remorquer facilement un groupe de huit skieurs.L'une des caractéristiques principales de ces moteurs, c'est qu'ils peuvent s'acquitter d'une telle tâche tout en conservant une réserve d'énergie fort précieuse dans le cas où l'on veut augmenter le nombre des skieurs remorqués ou si ces derniers, par fantaisie, désirent exécuter des tours d'adresse par couples ou par trios.Pour ce qui concerne les dimensions de l'embarcation, on recommande le modèle léger, de genre pratique, d'une longueur de 14 à 16 pieds, si l'on prévoit s'en servir surtout pour le ski aquatique.De façon générale, on pourra y adapter tous les genres de moteurs, jusqu'à la puissance de 70 h.p., à condition que celui-ci ne soit pas trop lourd.Si l'embarcation n'offre pas une longueur proportionnée, ou si sa puissance est en-dessous de la normale, sa poupe louvoiera de gauche à droite et inversement chaque fois que le skieur évoluera d'un côté à l'autre.Il est certain qu'une coque pontée entraîne un surplus de poids Ces trois skieurs filent à 30 milles à l’heure.Le moteur de 70 h.p.dont l’embarcation est munie peut en remorquer jusqu’à 15 simultanément.et diminue l'espace alloué aux skis et à l'équipement général.Les accessoires et le matériel superflus viennent ajouter un poids supplémentaire et peuvent exercer une action gênante sur les lignes de traction des skis ; on doit les rejeter à bord des embarcations servant principalement à l'exercice du ski aquatique.On doit aussi retenir qu'une coque à large barre d'arcasse facilitera l'aplanissement sous la charge.La plupart des gens désirent acquérir une embarcation pour de courtes randonnées sur l'eau, pour des excursions de pique-niques et pour la pêche, aussi bien que pour pratiquer le ski aqua-que.Ils choisissent donc une embarcation plus grande comportant les accessoires et l'équipement dont ils ont besoin en vue de leurs divertissements sur l'eau et, en conséquence, se munissent d'un moteur plus puissant de façon à équilibrer l'accroissement de poids tout en obtenant une vitesse encore satisfaisante.Toutefois, il semble plus probable que la famille aimant la pêche verra à se choisir un moteur à combinaisons qui permet la pêche à la cuiller à petite vitesse mais qui peut aussi développer une puissance de 20 h.p.et au-delà pour l'obtention d'une vi-> tesse de déplacement nécessaire à un skieur.Le même moteur entraînera probablement deux skieurs, en accusant toutefois une diminution de vitesse.Les experts soulignent enfin que l'indice de puissance d'un moteur ne constitue pas l'unique facteur déterminant la traction.Sont aussi importants : le modèle de la coque, la hauteur de la barre d'arcasse, l'angle d'inclinaison du moteur, le pas et le diamètre de l'hélice.Le meilleur angle d'inclinaison peut être déterminé dans chaque cas, qu'il s'agisse du moteur lui-même ou du résultat qu'on veut en obtenir, par la simple méthode d'épreuves.D'autre part, l'on juge préférable que la roue de conduite soit placée à l'avant, car tout inconvénient ainsi causé à la vitesse est plus que contrebalancé par la tendance de l'embarcation à courir sur le redan sous l'effet d'une charge plus lourde à remorquer.De plus, le facteur sécurité joue un rôle également important : la vision du conducteur est relativement claire à partir du siège avant ou du poste de pilotage. EDISON EXPERIMENTS (* you can do (third of a series) THE TELESPECAN 7 HEN Thomas A.Edison was young, the telephone that had just been invented by Alexander Graham Bell used the movement of a diaphragm, thrown into vibration by the voice, to open and close an electric circuit.Edison devised his speaking-telegraph or telespecan in an attempt to improve the quality of the spoken word and the ease of hearing it as transmitted over the instrument.Edison applied for a patent on the carbon telephone transmitter on April 27, 1877.This invention included the basis for the microphone which is used in radio broad-j casting.You can make a model of such a speaking-telegraph for use in demonstrating how the telephone works.In his patent, Edison says that the sounding boxes "A" and "E", into which a person speaks and from which the transmitted voice issues, may be of any desired size, shape or material.You can build these from wood, card-board or metal in approximately the shape shown.It might be well to make them a bit larger than similar parts in your telephone.The diaphragms "B" and "F", parts of the transmitter and receiver, are essential in converting voice into electrical vibrations and reconverting them into sound.Edison's patent stated that they should be one-eighth of an inch thick, more or less.Diaphragms from discarded telephone receivers, considerably thinner than an eighth of an inch, are best to use.If you cannot secure telephone diaphragms from your local radio store, you can make a substitute by cutting disks from the top and bottom of a tin can.Use a rotary can opener for this as the disks must be flat and smooth.Use Adjusting Screw Immediately behind the diaphragm of the transmit-$ ter, Edison placed a disk of hard rubber coated with plumbago, a form of carbon used for lead pencils.For your model, you can cover with a shiny layer of lead from your pencil a disk made from hard rubber, heavy cardboard or plastic.Go over the surface several times with a soft pencil, then rub to a gloss with your finger tips.If the surface is too smooth to hold the graphite coating, rub the disk first with sandpaper.The disk is fitted with an adjusting screw, "D", so that the plate can be brought closer to or farther away from the diaphragm.A pair of electro-magnets, "G", fitted to an adjusting screw, "H", controls the distance between the electro- magnet and the iron plate, "F", in the receiver.You can use a pair of electro-magnets salvaged from a discarded electric bell.It you have a wire that is thinner than the variety found on the bell, strip off the wire from the coils and rewind with thinner wire if you want your voice to come through louder.This, however, is not essential ; your listener can make out most of the words without having to replace the wire.If you do rewind it, however, be sure to wind your wire in the same direction as that used on the bell coils.For your demonstration, you can use two dry cells if you can conceal them carefully in a box or beneath the table.The batteries used during Edison's time were wet cells, but the dry cells are more convenient.Edison introduced another electro-magnet of high resistance, "K", in the circuit to neutralize static and prevent false vibrations.This need not be included in your model.Connect Parts With Wire Connect the wire as shown in the diagram.Use enough wire so you can talk into the transmitter in one room while a friend listens in another, too far away actually to overhear your monologue.One side of the battery should be connected to an edge of the graphite-covered disk.The other wire may be connected to the opposite edge of the disk, or it may be attached to the diaphragm of the transmitter.The ground serves as a return.A gas, water or steam pipe will make a good ground.Instead of using a ground, you can employ a direct wire connection between the two ground posts for your table model.When you speak into the transmitter "A", the diaphragm "B" vibrates with the sounds you make, causing a greater or smaller area of the diaphragm to come into contact with the graphite-covered disk "C".The extent of contact between the diaphragm and the surface coating results in a greater or lesser flow of current passing through the coils "G".The diaphragm at the receiving end is influenced in exactly the same way as the sending end by the voice vibrations, and you can hear the words as they are spoken into the apparatus.Try your speaking-telegraph to see how it works.Adjust the screws "D" an d"H" until the voice comes through clearly.Edison's great contribution to the telephone was the improvement of the receiving apparatus.23 L'auto moderne roule sur le tapis magique T E MOT suspension peut avoir un sens différent auprès de différentes personnes.Ainsi, pour un sportif, il signifiera une punition par laquelle il sera empêché de participer aux activités de son club pendant un certain temps.Dans le monde du commerce et des affaires, il marque un arrêt des paiements.Pour l’horloger, ce mot veut dire la façon d’installer le pendule, tandis que pour le musicien, il s’agit de soutenir une ou plusieurs notes d’un accord.Le même mot aura aussi une signification bien précise pour le physicien et le chimiste.Or, selon le dictionnaire, tous ces sens sont corrects et de bon usage.Mais la suspension a également une signification de plus en plus populaire dans le domaine le plus connu du transport : l’automobile.Car, dans la construction moderne de l’automobile, la suspension joue un double rôle : de la suspension elle relie la carrosserie au châssis et entre en action dans le système des ressorts.C’est ainsi que l’efficacité de la suspension rend plus souple la marche de l’auto.La recherche de l’élimination des heurts et des soubresauts dans les moyens de transport n’est pas récente ; elle remonte au temps des premiers véhicules de l’homme, d’abord des chevaux, puis des chariots, des voi-t u r e s , jusqu’aux automobiles d’aujourd’hui.Il y eut autrefois un riche Romain qui tenta d’attacher des éponges aux sabots de ses chevaux pour rendre ses randonnées plus douces.On rapporte même que Néron fit venir de riches tapis de tous les coins du monde civilisé d’alors, pour en garnir son propre chariot et remédier aux cahots.Il donnait à ses serviteurs l’ordre de changer ces tapis chaque mois.Cléopâtre chercha également à rendre ses voyages moins ra- boteux.Elle se faisait accompagner de musiciens dans l’espoir que leurs mélodies rendraient plus doux le trot de ses chevaux.Ainsi se répandit le progrès.Après les véhicules d’autrefois, ce fut l’automobile et là encore, on rechercha la souplesse dans le transport avec des pneus-ballon, des ressorts plus flexibles, des amortisseurs et la suspension indépendante à l’avant.Mais tout indique qu’on a aujourd’hui découvert la solution à ce problème ; cette solution, c’est l’air, l’air que nous respirons et qui, une fois comprimé, constitue une sorte de coussin moëlleux.Il est même assez bizarre de penser qu’une chose aussi abondante et bon marché que l’air sert de base au système de suspension des luxueuses automobiles américaines.D’ailleurs, l’idée d’employer l’air comme moyen de suspension n’est pas nouvelle ; elle remonte à plus de 50 ans.Mais, comme il arrive souvent, l’idée première ne comportait pas d’application pratique.C’est pourtant ce qu’ont réalisé, entre autres, les ingénieurs de la compagnie Cadillac.Ils ont envisagé le système de suspension à air comme le vrai moyen d’apporter à l’automobiliste le maximum de confort, de luxe et de performance.Dans le nouveau système de suspension Brougham, on trouve quatre ressorts à air ; chacun est installé à l’une des roues de l’auto et adoucit les irrégularités de la route.Ces ressorts maintiennent l’auto à un niveau constant de 55% pouces de la toiture à la route, quelles que soient les conditions du pavé.Ces quatre ressorts à air ont remplacé les traditionnels ressorts à lames d’acier.Chacun d’eux comporte une calotte d’air, soit un récipient d’acier où l’air est comprimé.A l’intérieur, se trouve aussi un solide diaphragme de caoutchouc qui recouvre un piston soigneusement tourné.L’air emprisonné entre le dia- SYSTEME DE SUSPENSION A AIR A — Compresseur B — Réservoir d'air Avant de I auto C — Solénoïde de contrôle D — Valves de contrôle E — Ressorts à air 24 j'«*-*•* ~?5r.Sr**; jggSfe / Le nouveau système de suspension à air, appliqué à chacune des roues de l’auto, doit supporter le poids de l’automobile, compenser pour les inégalités de la route et maintenir constamment au même niveau la hauteur du véhicule.phragme et la calotte sert de ressort quand il est comprimé par le piston, alors que celui-ci, ancré à l’axe de la roue, obéit aux mouvements de haut en bas que subit l’auto roulant sur le pavé ou subissant un changement dans sa charge.De plus, ce système comprend aussi trois valves qu’on appelle souvent le cerveau de la suspension à air.Ces valves contrôlent la souplesse de chaque ressort en y contrôlant l’arrivée de l’air.Il y en a deux pour chacune des roues arrière, tandis qu’une seule dessert les deux roues d’avant.Chacune d’elles réagit automatiquement aux mouvements de haut en bas de l’auto, fournissant à la calotte la quantité d’air nécessaire pour assurer l’amortissement des chocs.D’autre part, l’air est fourni par un compresseur qui est installé sur le générateur.Or, l’avantage le plus évident de ce système, c’est qu’il apporte des qualités supérieures dans le fonctionnement de l’auto, dans toutes les sortes de conditions.De plus, ce système facilite également la conduite de l’auto, puisque la hauteur de la carrosserie reste toujours la même au-dessus du niveau de la route.Il est évident que la popularité de la suspension à air sera déterminée par les automobilistes eux-mêmes.Mais il est déjà prévu que plusieurs autres marques d’automobiles adopteront ce système dans un avenir rapproché.m Au centre : la Cadillac Eldorado Brougham 1958, qui est munie du système de suspension à air où sont éliminés les traditionnels ressorts à lames.Dans cette vue du châssis de l’Eldorado Brougham, on peut voir les ressorts à air fixés aux roues arrière. IBS ; m : ’ ad-da dé CE nouveau film de la série scientifique du Réseau Téléphonique Transcanadien démontre que, contrairement à la remarque classique de Mark Twain, un nombre imposant de personnes font quelque chose au sujet du temps.Réalisé par Frank Capra, gagnant d'un prix de T Académie, d’après un scénario de Jonathan Latimer, « La déesse déchaînée » explique les facteurs du temps et montre ensuite ce que les savants font pour le prédire et le contrôler.Tout comme dans les premiers films de la série scientifique, Richard Carlson et le Dr Frank Baxter sont en vedette dans les rôles de l’écrivain et du Dr Recherche.26 cesse déch aînée M.Carlson a dirigé la mise en scène.La première partie du film démontre ce que la science a appris au sujet des vents, des nuages, des précipitations atmosphériques et de la foudre.La seconde partie explique que ces éléments se combinent pour produire le temps et que la science réussit maintenant à prédire et contrôler les conditions atmosphériques.LE SOLEIL CREE LE VENT Le Dr Recherche explique, au commencement du film, ce qui produit le vent.D’après les hommes de science, la principale cause du vent est le soleil.L’air s’élève à mesure qu’il se réchauffe, et l’air froid qui prend sa place est réchauffé à son tour, ce qui produit une circulation constante.Cette circulation se présente sous la forme de trois cercles situés entre l’équateur et chacun des pôles.Ces cercles sont formés par l’air chaud qui s’élève de l’équateur et est remplacé par Fair froid provenant de latitudes plus élevées.Ces vents dominants sont détournés par ce qu’on appelle le6 effets « Coriolis ».Bien que les vents essaient d’avancer en ligne droite vers le nord ou le sud, la rotation de la terre, dans sa révolution quotidienne, les fait obliquer vers la droite dans l’hémisphère austral.Nous avons donc les vents alizés nord-est, au-dessus de l’équateur, les vents alizés sud- n*> est.en-dessous, et les vents polaires de l’est aux deux pôles.Le troisième cercle de vents dans chaque hémisphère, situé dans les latitudes centrales, est une boucle renversée.Nous avons ici les vents d’ouest, qui soufflent à l’année longue sur l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie, dans l’hémisphère boréal.Cela explique pourquoi les changements de conditions atmosphériques nous arrivent presque toujours de l’ouest.Les vents sont aussi causés par certaines conditions locales.Près de la mer ou d’un grand lac, le vent est porté à souffler vers les terres durant le jour, parce que la terre se réchauffe plus vite que l’eau.Le contraire se produit durant la nuit, puisque la terre se refroidit plus vite aussi.Les territoires où la pression barométrique est haute ou basse déterminent aussi la direction du vent ; dans l’hémisphère boréal les vents soufflent dans la direction des aiguilles d’une horloge, à pression haute, et en sens inverse, à pression basse.La topographie — montagnes et vallées — détermine aussi la direction du vent.D’après les hommes de science, les nuages sont formés par le refroidissement de l’air, la vapeur d’eau, et la poussière.L’atmosphère contient des particules invisibles de poussière, dont des cristaux de sel marin, de la cendre provenant des feux et des volcans, et les déchets des automobiles et des industries.Lorsque l’air, au-dessus de la terre, est refroidi au point que la vapeur d’eau commence à se condenser, des millions de molécules d’eau s’attachent aux particules de poussière jusqu’à ce qu’elles deviennent des gouttelettes visibles de nuages, si petites qu’il en faut des millions pour former une grosse goutte de pluie.NUAGES SUR TERRE Le brouillard est formé d’après le même principe, sauf que le procédé de refroidissement a lieu à la surface de la terre.En d’autres mots, le brouillard est un nuage cloué au sol.La brume est une diminution de la visibilité par des particules invisibles de brouillard dans l’air.Les hommes de science ont découvert que la pluie et la neige sous notre latitude constituent le même phénomène sous des conditions différentes de température.Lorsque la température du nuage est bien au-dessous du point de congélation, la vapeur d’eau peut se transformer directement en glace, se cristallisant autour des particules de poussière.En empruntant la vapeur d’eau aux gouttelettes de nuage dont ils sont entourés, les cristaux deviennent de plus en plus gros jusqu’à ce qu’ils commencent à tomber de tout leur poids.En tombant, ils amassent d’autres particules de nuages jusqu'à ce qu'ils deviennent de la grosseur d’un flocon de neige.Si la température demeure inférieure au point de congélation pendant qu’ils tombent vers le sol, ces flocons demeurent à l’état neigeux.Mais si la température de la couche d’air inférieure est supérieure au point de congélation, les flocons de neige fondent en pluie.La grêle se forme lorsque les gouttes de pluie sont renvoyées à l’intérieur des nuages par des courants ascendants.Elevées jusqu’au point où elles gèlent, elles amassent des couches successives d’eau qui gèlent aussi.Les divers courants ascendants les grossissent jusqu'à ce qu’elles atteignent une dimension assez grosse pour tomber jusqu’au sol.La pluie verglassan-te est de la pluie qui passe à travers une couche d’air très froid juste avant d’atteindre le sol.La foudre est une décharge électrique dans le ciel, d’après les découvertes scientifiques acceptées couramment.A mesure que les remous d’air des courants ascendants Météora, la déesse fictive de la température, tient le rôle vedette dans le quatrième film de la série scientifique.Les courtisans qui forment sa cour sont Thor, dieu du tonnerre ; Boréas, dieu du vent ; les trois Marutas, anciens dieux hindous de la grêle, de la neige et de la pluie ; et Cirrus, dieu des nuages.Un écran de radar fait voir ici les vents tourbillonnants d'un ouragan.Cet appareil de radar fait partie d’un nouveau détecteur de tempêtes, fabriqué spécialement pour les bureaux météorologiques.L'opérateur peut détecter et repérer une forte tempête jusqu'à 250 milles de distance.L'image indique bien le mouvement circulaire des ouragans. et descendants affectent les gouttelettes, les cristaux de glace et les gouttes de pluie à l’intérieur des nuages, d’immenses réserves d’électricité positive et négative y sont formées.Lorsque les nuages deviennent trop chargés, l’électricité rétablit l’équilibre sous forme d’éclairs.Ainsi, un éclair peut se produire entre la terre et un nuage, entre deux nuages, ou à l'intérieur d'un même nuage.Contrairement à ce que l’oeil voit, la foudre souvent n’est pas un éclair unique mais une série d’éclairs.Des caméras ultra-rapides ont prouvé que ce qui paraissait être à l’oeil nu un éclair unique était en réalité 40 éclairs successifs dans moins d’une seconde.LES ONDES DE CHOC Le tonnerre accompagne toujours la foudre parce que l’éclair réchauffe l’air dans lequel il passe.Cette expansion soudaine d’air réchauffé engendre des ondes de choc que l’on entend sous forme de tonnerre.Après avoir expliqué l’origine du vent, des nuages, de la pluie et de la foudre, le Dr Recherche explique ensuite à « La déesse déchaînée » comment ces facteurs se combinent pour produire le temps, et comment les hommes de science s’y prennent pour prédire les changements atmosphériques.Les prédictions atmosphériques dans l’hémisphère boréal sont fondées sur quelque 375,000 rapports quotidiens provenant de plus de 5,000 endroits différents.Ces rapports comprennent des indications sur le degré d’humidité, le degré de température, la vélocité et la direction du vent, la pression de l’air, la présence de nuages, la visibilité et la précipitation.Les cartes de prévisions atmosphériques sont dessinées d’après ces données.La base des prévisions quotidiennes, en n’importe quel endroit, est la relation entre les régions de haute pression et de basse pression.Dans un arrondissement à pression haute, la température sera probablement belle, parce que l’air descend, devenant plus chaud et plus sec.Dans un arrondissement à pression basse, la température est d’habitude nuageuse et pluvieuse, parce que les masses d’air y convergent et sont forcées de monter.Elles deviennent alors plus froides formant des nuages et des précipitations.Parce que les pressions hautes et basses avancent vers l’est avec les vents supérieurs de l’ouest, la température quotidienne n’importe où au Canada est habituellement la même, le jour suivant, à 600 milles à l’est.MASSES D’AIR CHAUD ET FROID De grandes masses d’air, allant jusqu’à 1,000 milles de largeur, sont constamment en mouvement à travers le pays.Il y a les masses d’air chaud qui viennent du sud et de l’ouest, et les masses d’air froid du nord et de l’ouest.Les frontières principales de ces masses sont appelées fronts, et quand deux masses d’air se rencontrent elles produisent habituellement du mauvais temps.Les tornades se forment lorsqu une masse d’air sec et froid avance au-dessus d’une masse d’air humide et chaud, et qu’une bande de vents violents règne à haute altitude.Le résultat est un tourbillon ou trombe.Les tornades ont généralement de 300 à 400 pieds de largeur et il est rare qu’elles se rendent plus loin que 10 à 40 milles.« La déesse déchaînée » montre des scènes extraordinaires de tornades.Les ouragans naissent, plus près de l’équateur, à la suite d’un agencement de facteurs qui produisent des mouvements circulaires de l’air d’une grande force.Ils peuvent être de plusieurs centaines de milles de largeur, ils voyagent lentement et ils peuvent durer jusqu’à deux semaines ou plus.On peut voir dans « La déesse déchaînée » le travail d’un avion dépisteur d’ouragans.Les prédictions atmosphériques à long terme sont faites au moyen d’une énorme machine à calculer électronique qui reçoit ses données de tous les coins du monde.A l’aide d’une série de formules compliquées, cet appareil dessine automatiquement une carte de la température.A l’heure actuelle, cette machine est employée principalement en partant de données sur les couches atmosphériques supérieures de l’atmosphère, recueil- lies à une altitude d’environ 18,000 pieds.COURANT D’AIR ULTRA-RAPIDE « La déesse décharnée » nous fait connaître aussi un facteur météorologique qui n’a été découvert que pendant la seconde Guerre Mondiale.Il s’agit du courant d’air ultra-rapide qui coule, un peu comme une immense rivière, à une altitude de 30,000 pieds ou plus et à une vitesse dépassant parfois 300 milles à l’heure.Ce courant et les énormes vagues qui l’accompagnent dans les couches supérieures de l’atmosphère sont étudiés constamment pour qu’on détermine leurs effets sur l’atmosphère inférieure.Jusqu’ici, la science ne fait que commencer à appliquer des méthodes de contrôle du temps.On espèce qu’un progrès considérable se fera dans ce domaine à mesure qu’on apprendra à connaître les forces naturelles qui sont en jeu.Les personnages animés à qui Carlson et Baxter racontent leur histoire sont Météora, déesse de la température, et sa cour, qui comprend : Boréas, dieu du vent ; Cirrus, dieu des nuages ; Thor, dieu du tonnerre ; et les trois Marutas, dieux védiques de la neige, de la pluie et de la grêle.Les Productions Shamus Culhane ont réalisé les dessins animés.Le Dr Bernhard Haurwitz, météorologiste de l’université de New-York, fut le conseiller principal pour la production du film, et le Dr Morris Neiburger, de l’université de Californie à Los Angeles, agissait aussi comme conseiller.Comme les autres films de la série scientifique, « La déesse déchaînée » fut réalisé sous la surveillance générale d’hommes de science importants.Les autres films de la série scientifique sont “Our Mr.Sun”, (M.le Soleil), “Hemo the Magnificent,” (Hémo le Magnifique), et “The Strange Case of the Cosmic Rays”, (Le cas étrange des rayons cosmiques).On peut obtenir le film “The Unchained Goddess” en faisant la demande aux bureaux d’affaires de la Compagnie de Téléphone Bell du Canada.28 mm New Machines and Gadgets -Novel Things for Modem Living- (For further information on these machines and gadgets, one may write to the manufacturers listed at the bottom of next page) » ?TRIPOD CANE designed to aid the handicapped is ncn-slipping.It provides three-point contact with surfaces and affords self-support when not in use.A flexible rubber socket at its base provides surface gripping even when the cane shaft is at varying angles (1).• MOVIE VIEWER takes the place of a projector for daylight viewing.The viewer holds 50 feet of any standard 8 mm.f ilm, black and white or color.As you look through the eyepiece, you turn a crank.The manually-operated projector rewinds without unloading (3).DIAL RADIOTELEPHONES for commercial use in autos, boats and other apparatus eliminates the need for an operator.With them, authorized persons can control traffic lights, start and stop machinery, turn lights and electric signs on and off and actuate almost any kind of electrically controlled device keyed to his radiotelephone while parked or moving .• FLAT SCALE for drawing board use keeps its back to the drawing board and all eight scales toward the user.Unlike its triangular counterpart, it does not have to be twirled.Made of a clear acrylic plastic, all eight scales have been laid out side by side (6).• ELECTRIC THERMOSTAT can be used in temperature ranges up to 700 degrees Fahrenheit.It is designed to control three separate heating phases, one of which is on continuously when the dial is mov- ed from “off”.The control is available in nine ranges and is housed in a pressed steel case '' - „ • T-Y .EAR-IOCKn >-• • V .FRAMES fit on die A' • i-s -•.» glasses to keep them’' front sliding ' down on the nose.The plastic colorless tabs are available in three sizes to fit all plastic, horn or shell-rim frames (26).MODEL SKELETON made of plastic can be bent without breaking.The partially articulating model can be made fully articulating by drilling small holes at the joints and joining them with fine wires.Anatomically exact, the skeleton is drawn to one-sixth scale of a six-foot man (27).1.Creative Products, Dept.86A, Box 66, Wilmette, III.2.Johnson Smith Co., 6615 E.Jefferson Ave., Detroit 7, Mich.3.Electrical Communications, Inc., 765 Clementina St., San Francisco, Calif.4.Contemporary Creations, P.O.Box 546, Palm Beach, Ela.5.A.Lawrence Karp, 16 Putnam Park, Greenwich, Conn.6.Robertshaw Thermostat Div., Ro-hertshaw-Eulton Controls Co., Youngwood, Pa.7.Pressed Steel Div., Republic Steel Corp., 6100 Truscon Ave., Cleve- T., land, Ohio.8.Eibro Corp., Terminal Ave., Clark, N.J.9.Gardner Lab., Inc., P.O.Box 5728, Beth es da 14, Md.10.D.P.Bushnell & Co., Inc., 412 Bush-nell Bldg., Pasadena, Calif.11.Earquhar Transparent Globes, 3724 Irving St., Philadelphia 5, Pa.12.Bos from Mfg., Co., 133 W.Oregon St., Milwaukee, Wis.13.Universal Scientific Co., Inc., Vincennes, lnd.14.National Carbon Co., 30 E.42nd St., New York 17, N.Y.15.Taylor Instrument Companies, 95 Ames St., Rochester, N.Y.16.Sewell Co., 41-25 58th St., Woodsi-de 77, N.Y.17.Charles Machine Co., P.O.Box 63, Springfield, N.J.18.George Scherr Co., Inc., 200 Lafayette St., New York 12, N.Y.19.Carl H.Biggs Co., Inc., 2255 Barry Ave., Los Angeles 64, Calif.20.4545 W.Augusta Blvd., Chicago 51, j III.r 21.Universal Screen Co., Clinton, Mass.22.Illinois Metal Products, 429 W.Superior St., Chicago 10, III.23.Kiva Products, Inc., 550 Hill Ave., Glen Ellyn, III.24.Grotel (Dept.20A), P.O.Box 611, La Habra, Calif.25.Novel House, Box 121, De Queen, Ark.26.Dorsay Products, 2 Colombus Circle, New York 19, N.Y.27.Andrew Technical Supply Co., 7068 N.Clark St., Chicago 26, III.30 Ocelles de geignement spécialisé A PROPOS D'UN CHANGEMENT RECENT En vertu de la loi 6-7, Elizabeth II, chap.31, sanctionnée le 14 février 1958, la plupart des institutions d'enseignement spécialisé du Ministère du bien-être social et de la jeunesse ont reçu des nouvelles appellations, ainsi que le signalait la dernière livraison de Technique pour Tous.Ce changement, que les autorités projetaient depuis quelque temps déjà et qui, sans doute, pourra se compléter, n'a pas été sans susciter de nombreuses questions chez les éducateurs, surtout que, par coïncidence, le projet de loi fut présenté à un moment où l'éducation était le thème de congrès, de conférences, de discussions et de réunions d'études.En modifiant le nom des institutions d'enseignement spécialisé qui tombent sous leur juridiction, les autorités du Département du bien-être social et de la jeunesse n'ont pas établi un précédent, il est bon de le rappeler.Dans tous les domaines de l'éducation, des gestes semblables sont posés, justifiés soit par une réorganisation des cadres, soit par un souci de précision, soit par un désir de donner une juste idée de la valeur ou du niveau de la formation dispensée.Ainsi, en ces dernières années, les écoles primaires supérieures ne sont-elles pas devenues ¦A des écoles secondaires ?La plupart des collèges classiques n'ont-ils pas, un jour ou l'autre, porté le nom de petits séminaires ?Que sont devenues aussi la majorité des maisons d'enseignement pour jeunes filles qu'on appelait jadis académies ?De tels changements proviennent de l'évolution normale du système scolaire tout entier, dans ses structures et dans ses programmes.Le domaine que couvre l'enseignement spécialisé est évidemment celui qui a le plus évolué en ces dernières années et qui continuera sans doute ainsi en raison des transformations techniques incessantes et de l'apparition de nouvelles sphères d'activités que les découvertes scientifiques et la spécialisation continuent de provoquer.Ces besoins nouveaux exigent de continuelles adaptations et ainsi évolue sans cesse la préparation de la jeunesse qui s'oriente toujours en plus grand nombre vers la 1 production.Dans tous les pays industrialisés, l'en- seignement technique s'applique à faire face à cette obligation et à former les spécialistes et la main-d'oeuvre nécessaires, par les meilleurs moyens possibles selon les conditions et les circonstances locales.Chez nos voisins des Etats-Unis, par exemple, l'enseignement technique a évolué peu à peu, en partant d'une formation immédiatement pratique avec spécialisation exclusive, pour atteindre une éducation plus large et une culture plus étendue.Ainsi, en s'élevant par surcroît à un niveau supérieur aux études secondaires, nombre d'écoles techniques se sont transformées en Instituts de Technologie.Dans notre pays, en dehors du Québec, l'enseignement technique dans l'ensemble évolue dans le même sens.Une tendance se dessine selon laquelle l'enseignement technique à un certain niveau ne se conçoit plus comme une option ou un embranchement de l'enseignement général, mais comme un secteur distinct formé de maisons d'enseignement appelées Instituts, selon la terminologie déjà popularisée chez nos voisins d'outre 45°.La fondation de plusieurs de ces Instituts ne remonte guère à plus d'une douzaine d'années et, dans certains cas et non des moindres, l'enseignement spécialisé du Québec a servi de sources d'inspiration.Au Service de la Formation professionnelle à Ottawa, le mot Institut a été peu à peu adopté pour désigner un certain niveau de formation professionnelle et, parce qu'on reconnaît le même rang aux écoles techniques et à certaines écoles spécialisées du Québec, on ajoute généralement dans les rapports préparés pour ce service : et aussi les écoles techniques du Québec.Pour le lecteur averti cette addition peut facilement être comprise ; mais elle peut prêter à toutes sortes d'interprétations pour l'étranger ou le lecteur peu initié.Ajoutons aussi les dangers d'un oubli de la part d'un rapporteur, oubli qui pourrait amoindrir dans l'esprit de plusieurs la valeur de nos institutions d'enseignement spécialisé et même laisser croire qu'elles n'existent pas.Cette inquiétude n'a rien d'exagéré.La publicité dont se sont entourés certains des Instituts de Technologie des provinces voisines ont poussé plusieurs des nôtres à nous demander si, dans notre Province qui marque le pas au Canada dans le domaine de l'enseignement spécialisé, nous n'étions pas en passe de nous laisser devancer, si nous avions des institutions du même genre, du même caractère, du même niveau.Plusieurs de nos concitoyens aussi, au hasard de voyages ou de congrès à l'étranger et en particulier aux Etats-Unis, ont eu l'occasion de prendre contact avec des Instituts de Technologie et n'ont pas manqué d'en signaler l'existence comme d'une nouveauté dont l'établissement serait souhaitable.Il s'agit là de phénomènes compréhensibles qui proviennent en bonne partie de l'emploi de vocables différents de part et d'autre pour désigner des institutions à peu de chose près semblables.Bref, le courrier que nous recevons chaque jour, les demandes de renseignements et de précisions auxquelles nous devons répondre et enfin les contacts que nous avons avec nos collègues de l'enseignement spécialisé à l'étranger démontrent la nécessité du changement qui vient d'être fait.Mais, peut-on se demander, ce changement de nom correspond-il à une modification de programme, à un changement dans les études ?Nous pourrions répondre oui et non.31 A ceux qui s'inquiètent de savoir si l'emploi d'un nom nouveau laisse présager un remaniement immédiat et profond des programmes et des structures, nous donnons une réponse négative.En effet, si l'enseignement spécialisé doit tenir compte du contexte national et même nord-américain, nous nous devons de nous préoccuper toujours des conditions et des circonstances dans lesquelles nous évoluons.Bien que placés sous une autorité distincte, les instituts et écoles spécialisés n'entrent pas moins dans les cadres généraux de l'enseignement dans la Province ; ils ne doivent pas agir en marge des autres sphères d'éducation, mais coordonner leur action avec elles pour le bien des jeunes.C'est un des aspects du problème que l'enseignement spécialisé ne doit pas ignorer.Aussi, comme notre système scolaire en général se perfectionne sans cesse, que notre population en profite davantage et que notre économie continue de se transformer, les institutions d'enseignement spécialisé ne s'arrêteront pas au stage actuel de leur développement, selon des projets et des plans élaborés avec toute la prudence indispensable dans ce domaine.D'un autre côté, et c'est pourquoi nous pouvons répondre affirmativement, l'adoption du nom d'institut révèle une réalité correspondante vers laquelle, comme il se doit, les écoles techniques et les écoles hautement spécialisées se sont acheminées par étapes, selon les besoins, les conjonctures et les prévisions.Comme on l'a rappelé en diverses occasions et surtout aux fêtes du dixième anniversaire du Département du bien-être social et de la jeunesse, l'Enseignement spécialisé dans le Québec n'a cessé de progresser.Qu'il suffise de rappeler l'addition des matières de culture générale adaptées au programme du cours technique, ce qui, par anticipation, réalisait ce que l'on reconnaît aujourd'hui comme une nécessité de l'enseignement spécialisé au niveau de l'Institut.Faut-il aussi mettre en lumière les améliorations, les mises au point, les additions et parfois les haussements qu'ont subis nos programmes d'études, surtout dans les dernières années, grâce au travail remarquable du Comité de revision des programmes ?Réalisations peu spectaculaires et peu connues, il est vrai, mais réelles et tangibles qui démontrent la vitalité de l'enseignement spécialisé et ses progrès fondamentaux.Devons-nous ajouter aussi les progrès incontestables qui ont marqué les méthodes d'enseignement grâce au travail de formation qui s'est accompli, grâce aussi aux bourses d'études dont profite le personnel enseignant et qui ont permis de contourner en partie une des difficultés actuelles des Instituts de Technologie dans presque tous les pays.Evidemment, ces réalisations qui s'échelonnent sur plusieurs années et se sont accomplies au fur et à mesure des possibilités et dans le contexte général des besoins de notre province, ne sont guère connues du public.Elles n'ont rien non plus qui puisse frapper l'attention, ni provoquer des situations de nature à éveiller la curiosité.En effet, la transition des jeunes de l'école publique à l'école spécialisée a continué de s'accomplir sans heurt, en tenant compte de leurs ressources et de l'acquis scolaire ; l'industrie en fonction de laquelle cet enseignement se donne en grande partie n'a pas non plus manifesté sa désapprobation, ni ses inquiétudes.Chaque fois que, par les directeurs des différentes institutions, elle a fait entendre sa voix, c'est avec beaucoup d'attention que son opinion et ses suggestions même ont été examinées et que des mesures ont été prises dans les limites du rôle assigné par la loi à ces institutions.Au total donc, si le changement de nom de nos institutions d'enseignement spécialisé n'annonce pas de transformations marquantes dans un avenir prochain, il s'harmonise cependant avec des modifications progressives déjà réalisées, grâce auxquelles les écoles d'enseignement spécialisé du Québec se sont tenues à la page et un bon nombre d'entre elles se sont classées au rang des instituts de technologie.Sans aucun doute l'écoulement du temps amènera des revisions et des ajustements nécessaires ; mais, comme par le passé, les changements s'opéreront avec prudence et pondération, en veillant à ne pas rejeter le bon avec le désuet, le permanent avec le temporaire, en veillant aussi à ne pas faire abstraction des autres sphères d'enseignement, à ne pas ignorer les besoins fondamentaux et à ne pas prendre des tangentes.En scrutant l'avenir, il ne faut pas oublier le présent.Dans cet esprit, les Instituts de Technologie continueront à former des techniciens et s'appliqueront à leur donner la meilleure formation qui soit.Tous les progrès réalisés dans l'enseignement spécialisé du Québec, qui justifient amplement certaines des écoles à s'appeler Instituts, se sont également manifestés dans les écoles d'arts et métiers que la Législature a désignées comme des écoles de métiers.On comprend dès lors que, dans leur cas, le changement ne doit pas être interprété comme une dégradation ou une déchéance ; leur nom a été allégé d'un déterminatif que rien, sauf peut-être un souvenir historique, ne justifiait et qui rendait leur rôle extrêmement difficile à interpréter chez nos voisins des Etats-Unis et des autres provinces, sans compter la confusion qu'il faisait naître en France.Sans aucun doute, il faudra reconsidérer le cas de ces écoles pour donner une désignation caractéristique à celles qui dispensent les trois premières années du cours technique, de façon à marquer la structure à trois paliers que présente véritablement l'enseignement spécialisé du Québec.En effet, si ces écoles ne donnent pas le cours technique au complet, comme les instituts, il reste tout de même que leur enseignement se classe au-dessus du niveau du cours de métiers et que, de plus en plus, elles reçoivent des jeunes qui ont complété une bonne partie de leurs études au niveau secondaire.Les modifications que vient de subir la Loi de l'Enseignement spécialisé sont donc amplement justifiées par les progrès que cet enseignement a réalisés dans le Québec, ces progrès rangeant déjà bon nombre des institutions qui la composent, à un niveau supérieur à celui que l'on attribue généralement aux maisons d'enseignement professionnel qui portent leur ancien nom.Nous devons nous réjouir du geste significatif et encourageant que vient de poser la Législature du Québec et remercier les autorités du Département du bien-être social et de la jeunesse qui en ont pris l'initiative.JEAN DELORME Directeur général des études.32 Trois Cambodgiens viennent se spécialiser dans le Québec Sur la suggestion d’un organisme international A la fin de décembre dernier, M.Thomas J.O’Brien, un dignitaire du Sendee d’Assistance à la Formation technique, relevant à de Y International Cooperation Administration, à Washington, communiquait avec les autorités de la Province de Québec relativement à trois professeurs du Cambodge auxquels le gouvernement de ce dernier pays souhaitait donner l’occasion d’acquérir une expérience additionnelle dans renseignement de la radio élémentaire, de l’électricité, de la mécanique d’ajustage, de la menuiserie et de la construction.Comme il s’agissait d’éducateurs de langue française, M.O’Brien exprimait le voeu qu’ils fussent accueillis dans une institution où ils pourraient poursuivre leurs études dans leur langue.if Comme la formation technique se poursuit sous la juridiction du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse, c’est à l’attention de l’hon.Paul Sauvé, c.r., que cette requête fut portée.Ce dernier en •(\ prit connaissance et s’empressa de souhaiter la bienvenue aux visiteurs, ajoutant que l’Enseignement spécialisé avait souvent accordé sa collaboration militante en ce domaine à diverses organisations internationales, dans le passé, au bénéfice des pays sous-développés.Dès la fin de février, les trois Cambodgiens arrivaient aux Etats-Unis, pour être immédiatement dirigés vers Québec, où les a accueillis M.Darie Laflamme, directeur de l’Institut de Technologie de cette ville, qui s’est occupé de leur trouver une pension pour la durée de leur stage.Ces éducateurs resteront jusqu’à la fin de mai à l’Ins-tiut mentionné plus haut, profiteront des vacances estivales pour visiter de nombreuses industries, afin de se familiariser avec les caractéristiques de la production manufacturière, puis rentreront à l’Institut de Technologie en septembre pour compléter leur formation.Us doivent ensuite suivre des cours de pédagogie et se documenter sur les écoles rurales grâce à la collaboration du Surintendant de l’Instruction Publique.De gauche à droite, MM.Paul-Eugène Jobin, Darie Laflamme, respectivement secrétaire et directeur de l’Institut de Technologie de Québec, Long An, Nget Bun Heang et Va Kong, les trois éducateurs cambodgiens, et Albert Châteaaneuf, directeur des études de l’institution.Voici les trois professeurs cambodgiens photographiés à l’Institut de Technologie de Québec.De gauche à droite, MM.Va Kong, Nget Bun Heang et Long An.Ils ont été orientés vers notre province par /'« International Coopération Administration », de Washington.33 CONFERENCE DE PRESSE SUR LES BOURSES D’ETUDES LES journaux de la province ont abondamment parlé de l’attitude qui sera prise à l’égard des boursiers du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse qui négligent ou qui refusent de rembourser la moitié de l’aide qui leur a été consentie pour la poursuite de leurs études.Vers la mi-avril, l’honorable Paul Sauvé, c.r., a reçu à son bureau de Montréal de nombreux journalistes et commentateurs de la radio et de la télévision qui souhaitaient obtenir des détails précis sur ce sujet.Tous les quotidiens de la province et plusieurs postes de radio ont fait écho à cette conférence de presse ; de plus, une entrevue filmée dans les bureaux mêmes du ministre a été présentée aux nouvelles télévisées du poste CBFT de la Société Radio-Canada, à 7 h.et à 11 h.p.m., le 14 avril, et le lendemain, l’honorable M.Sauvé accordait une autre entrevue à un commentateur bien connu, M.Wilfrid Lemoyne, à l’émission Carrefour, diffusée par le même poste.Pour l’information de nos lecteurs, nous croyons utile de résumer la situation telle qu’exposée par le ministre du Bien-Etre social et de la Jeunesse.Jusqu’à et y compris l’année 1957-58, des bourses ont été consenties pour un montant global d’environ 13 millions de dollars.Il s’agit d’une aide financière moitié-don et moitié-prêt.En signant sa demande de bourse, le candidat s’engage à remettre la partie prêt un an après la fin de ses études.En fait, jamais un seul boursier n’a été obligé de respecter strictement cet engagement.Le ministère a toujours accueilli favorablement les plans de remboursement différé soumis par les anciens boursiers.Cependant, a souligné le ministre, une tendance fort regrettable s’est manifestée au cours des récentes années : celle de ne rien rembourser.Des milliers de boursiers ne sont pas encore tenus à effectuer un remboursement, soit parce qu’ils se trouvent aux études, soit parce qu’il ne s’est pas encore écoulé une année complète depuis la fin de leurs études.Les autres se chiffrent à un total de 19,673.Là-dessus, 5,214, soit 26%, ont remboursé la province ; 6,279 autres, soit 32%, ont pris avec le ministère des engagements qu’ils respectent sur une base de remboursement différé.Il en reste 3,420 qui sont complètement en défaut, soit 800 qui ont fait une entente pour remboursement différé mais qui n’y ont pas donné suite et 2,620 qui ne se sont pas préoccupés de leur dette.Ceux-ci ne peuvent prétendre ignorer qu’ils doivent, car non seulement ont-ils comme les autres signé un engagement légal et d’honneur, mais ils ont reçu un relevé de compte et des lettres périodiques leur rappelant leurs obligations, leur expliquant que les sommes remboursées servaient à l’octroi de nouvelles bourses.Ces 3,420 récalcitrants devaient recevoir, vers la fin d’avril, une lettre d’avocat leur donnant jusqu’à la date ultime du 1er mai pour faire honneur à leurs obligations, sous peine de poursuite judiciaire, soit en versant le montant complet, soit en présentant un plan acceptable de règlement.Le ministre a cité des cas renver- sants, notamment celui d’un personnage fort en vue dont le revenu annuel s’établit à $50,000, qui possède deux voitures et plusieurs propriétés et qui n’a jamais jugé à propos de rembourser la province d’une somme de $900 grâce à laquelle il a pu terminer ses études.Plusieurs citoyens ayant des revenus annuels connus allant de $10,000 à $20,000 sont dans le même cas.Malgré cette situation, a déclaré le ministre en terminant, le gouvernement n’a jamais songé à diminuer son effort dans le domaine des bourses, mais il faut comprendre que cet effort ne peut croître d’année en année au rythme de 2,000 bourses représentant une valeur globale de $200,000 à $250,000 si les anciens boursiers ne respectent pas leurs engagements.Avant de songer à augmenter le nombre et la valeur des bourses, il faut percevoir les sommes dues.M.Constant Comte élu président L’UN de nos éducateurs, M.Constant Comte, professeur à la section de cuisine professionnelle de l’Ecole des Métiers Commerciaux, est le nouveau président de la Société des Chefs de Cuisine et Pâtissiers de la Province de Québec, à la suite d’une élection des membres de l’exécutif de ce groupement pour 1958, qui a eu lieu à la fin du mois de mars dernier.Il remplissait depuis 3 ans les fonctions de secrétaire.M.Comte est originaire de Lausanne, située en Suisse romande.Naturalisé Canadien, il vit au pays depuis 34 ans.Il a fait son apprentissage à YHôtel des Alpes, de Glion (Montreux), suivant simultanément des cours en cuisine professionnelle donnés sous la juridiction du Département de l’Instruction Publique.Il exerça ensuite son métier dans les meilleurs hôtels du pays tels que YHôtel Kaulm, à Saint-Moritz, YHôtel des Bergues, à Genève, YInterlaken, à Victoria, et enfin le Restaurant de la Maison du Tireur, à Bâle.C’est alors qu’il se trouvait à l'emploi de cette dernière maison qu’il décida d’émigrer au Canada.Il était, à cette époque, âgé de 23 ans.M.Comte venait d’accepter une situation à YHôtel Ritz-Carlton, à Montréal, sous les ordres du premier chef de cuisine, Charles Schneider.Il y débuta comme chef de nuit, pour s’élever ensuite au rang de chef entremetstier, puis de chef saucier et enfin de second chef.Quittant le Ritz, il occupa pendant huit ans le poste de chef au Forest and Stream Club, à Dor-val.Pendant cette période, il passa une saison estivale à l’emploi de YHôtel Chantecler, à Ste-Adèle.Plus tard, il fut pendant quatre ans et demi chef au restaurant Chez Ernest, puis pendant un an et demi à YHôtel de Granby.C’est au terme de ce dernier emploi que M.Comte entra au service du ministère, en 1948, à titre de professeur à la section de cuisine professionnelle de l’Ecole des Métiers Commerciaux, poste qu’il occupe encore aujourd’hui avec toute la compétence d’un cuisinier chevronné.En 1955, le consul de Suisse lui offrit une superbe montre en témoignage de son rôle corn- * me éducateur en art culinaire dans la province ; l’année suivante, l’Ordre Gastronomique Prosper-Monta-gné, de Paris, lui décernait un Certificat de Maître-Cuisinier.Son élection à la présidence de la Société des Chefs de Cuisine et Pâtissiers de la Province de Québec constitue donc, en même temps qu’une marque de distinction, une étape additionnelle dans une carrière déjà bien remplie ! 34 LA FILLE AINEE DE NOTRE COMPTABLE EN CHEF LA READAPTATION REGNE AVEC GRACE SUR LES ETUDIANTS DE LAVAL DES HANDICAPES UN rédacteur de Technique pour tous a eu l’occasion, lors d’un récent voyage à Québec, de causer quelques instants avec un père fort heureux et non moins orgueilleux de sa fille : M.Louis-de-G.Fortier, comptable en chef du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse.La raison de sa fierté bien légitime?Son aînée, Mlle Louise Fortier, âgée de 18 ans, est la reine des étudiants de l’Université Laval, à Québec.Les étudiants de Laval s’élisent une reine à l’occasion de leur carnaval annuel, qui a eu lieu cette année au Colisée de Québec, vers la mi-février.Pour défrayer le coût de cette organisation, ils procèdent à la vente de tuques symboliques.Au tout début, les noms de 26 étudiantes avaient été proposés pour le titre fort envié de reine.Il ne resta plus bientôt que deux candidates en lice, et Mlle Fortier a été l’heureuse élue, sa candidature se ?V uV Au moment où cette photo a été prise, la reine des étudiants de Laval, Mlle Louise Fortier, accompagnée de son intendant, recevait les hommages de l’un de ses fidèles sujets, le président des étudiants de la Faculté de Médecine.Détail peu commun : Mlle Fortier est l’une des cinq ou six jeunes filles inscrites à la Faculté de Commerce, qui compte quelque six cents étudiants.Elle est entrée à l’Université en septembre de l’année dernière.Au premier abord, le choix d’une carrière dans le domaine des chiffres peut sembler étonnant chez une jeune fille, mais il ne fait pas de doute que la jeune et charmante souveraine a obéi à une inclination naturelle qu’explique l’atavisme, puisque son père exerce sa profession de comptable depuis 32 ans au service de la province.trouvant appuyée par celui des deux groupes d’étudiants qui vendit le plus grand nombre de tuques.Mlle Fortier a fait son cours classique à l’Institut Maria, à Québec, et son cours scientifique au Couvent des Saints-Martyrs-Canadiens, dans la même ville.Sa jeune soeur, Constance, âgée de 14 ans, fait présentement son cours classique à l’Institut St-Joseph de St-Vallier et elle compte s’inscrire en septembre de l’année prochaine à un cours supérieur d’enseignement ménager.NOUS avons eu l’occasion, dans le passé, de souligner les avantages que le ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse place à la disposition des handicapés physiques qui doivent faire l’apprentissage d’un métier ou d’une technique dont l’exercice convient à leur état.Cette action bienfaisante s’exerce par le truchement du Service de Réadaptation des Handicapés Physiques.Au cours d’une récente visite à l’Institut de Technologie de Sha-winigan, nous avons rencontré deux de ces élèves.L’un d’eux a fait la première année du cours technique, mais ipar suite d’infirmités résultant de la paralysie infantile, il s’est vu dans l’impossibilité de continuer le programme régulier parce qu’il ne lui est pas possible d’effectuer dans les ateliers le travail prescrit.Il suit donc présentement un cours de dessin industriel.L’autre élève a fait un stage de quelques années à l’Institut des Sourds-Muets, à Montréal ; comme son camarade, il étudie le dessin industriel et suit les leçons inhérentes à l’enseignement de cette spécialité.Dans les deux cas, le ministère assume les frais d’inscription et de scolarité, de même que le coût du matériel didactique, en plus de contribuer aux frais de pension.Il s’agit là évidemment d’une aide financière ne s’adressant qu’à ceux qui en ont véritablement besoin.Nous pourrions citer de nombreux cas de personnes handicapées qui, grâce à leur réadaptation professionnelle, gagnent honorablement leur vie ; certaines d’entre elles, souffrant de paraplégie, par exemple, ont étudié l’horlogerie à l’Ecole des Métiers Commerciaux et se sont assuré un salaire intéressant au service d’entreprises spécialisées dans la production d’appareils délicats, tels que les gyroscopes.Il convient de souligner que le gouvernement de la province fait à la fois oeuvre humanitaire et pratique en ce domaine.On devine facilement la satisfaction du réadapté qui se voit dès lors capable de gagner lui-même sa subsistance; de plus, il réintègre les rangs des citoyens productifs.35 La section delectronique à l'Institut de Shawinigan L’ELECTRONIQUE joue un rôle de plus en plus important dans le monde moderne.Elle a connu un essor considérable avec l'avènement de la télévision, ce qui l’a popularisée auprès des profanes, mais c’est dans le domaine industriel qu’elle constitue l’apport le plus précieux, surtout avec l’automation.De plus en plus, les entreprises manufacturières confient le fonctionnement des machines-outils à des contrôles automatiques qui exigent des connaissances spécialisées chez les techniciens chargés de leur entretien et de leur réparation.L’enseignement de cette science relativement nouvelle a progressé parallèlement à cet essor dans les instituts et écoles relevant du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse.A titre d’exemple, nous avons parlé, dans notre numéro de janvier dernier (Cf.Technique pour tous, vol.XXXIII, No 1), du réaménagement de la section d’électronique à l’Institut de Technologie de Montréal.L’un de nos rédacteurs a eu l’occasion, peu après la mi-mars, de visiter la section de même nature que possède maintenant l’Institut de Technologie de Shawinigan, où il a été accueilli par le directeur, M.Albert Landry, et par le chef de section, M.Paul Isabelle.Cette section d’électronique a été inaugurée pour l’année scolaire 1956-57 ; elle ne compte présentement qu’une 2e et une 3e années de spécialisation, avec 22 et 12 élèves respectivement, mais la 4e et dernière année s’ajoutera automatiquement en septembre prochain pour accueillir les finissants de 3e année.Il est prévu qu’à ce moment-là, le nombre des élèves se spécialisant en électronique atteindra le chiffre de 50, et encore faudra-t-il faire une sélection sévère auprès de ceux qui désireront étudier cette discipline, afin d’en limiter le nombre aux possibilités que présenteront les locaux.Ainsi que l’explique le directeur, M.Landry, cette section d’électronique a été lancée dans le but de répondre à un besoin.De plus en plus, dit-il, les industries de la région, et plus particulièrement les papeteries, installent des contrôles électroniques, ce qui nécessite des techniciens bien formés en ce do- maine.Notre première promotion surviendra en juin 1959, et il sera très facile pour les finissants d’obtenir des emplois rémunérateurs.Le chef de la section d’électricité théorique et d’électronique, M.Paul Isabelle, est lui-même un diplômé (1945) de l’Institut de Technologie de Shawinigan, section de mécanique d’ajustage.Il s’est per- Sous les yeux d’un camarade, Alain Richard, l’élève Jean-Pierre Sokolyk, fils du directeur des études de l’Institut de Technologie de Shawinigan, M.Vladimir Sokolyk, s’exerce à l’utilisation d’un circuit électronique de contrôle des moteurs.fectionné en électricité en étudiant pendant un an à l’Université Columbia.Grâce à des bourses obtenues du ministère, il s’est plus tard inscrit à deux sessions de cours d’été au Radio Corporation of America Institute, à New-York, et il s’est classé premier de sa promotion, laquelle comprenait des élèves venant de tous les coins du continent nord-américain.Au préalable, il avait ajouté à ses connaissances au moyen de cours du soir en électricité (un an) et en ébénis-terie (quatre ans).M.Isabelle est secondé dans son enseignement par M.Onil Déry, de même que par M.Harry Willett, qui enseigne l’électronique aux élèves se spécialisant en électricité.C’est M.Isabelle qui a conçu les unités de travail mises à la disposition des élèves en électronique.Au laboratoire des élèves de 3e année, par exemple, on trouve dix tables de travail réparties en quatre comptoirs entièrement réalisés HDD ?y T# m ••••* • • T «»« •• *«»*•«*?* ^¦"&v H" •' Le laboratoire des élèves de 2e année en électricité.Ici étudient les futurs spécialistes en électronique, de même que leurs confrères électriciens.Les élèves Jean-Louis Desaulniers et Jean-Paul Cloutier, tous deux de Shawinigan, et Robert Batten, de Saint-Augustin (Côte Nord), poursuivent des expériences pratiques sous la surveillance du professeur Onil Déry.36 y V ¦% > > -STs Concours oratoire sur le rôle des jeunes LE Jeune Commerce de Hull organisait récemment un concours de pratique oratoire.Au moment de la finale, il restait deux candidats : MM.Gérard Frigon, professeur à la Faculté des Sciences sociales de l’Université d'Ottawa, et Bernard Dusseault, professeur de mathématiques à l’Institut de Technologie de Hull.Le sujet proposé était : Le rôle des jeunes en tant que Canadiens, et la séance d’élimination eut lieu le 17 mars dernier.M.Frigon a remporté la palme, mais les membres du jury ont dû délibérer assez longtemps avant d’arrêter leur choix, car les deux participants se sont révélés des orateurs de grande valeur, et leurs travaux étaient soignés et bien documentés, selon un représentant du journal Le Droit.Il est vrai que M.Dusseault n’a pas gagné le concours, mais le fait d’avoir participé à la finale constitue pour lui un honneur qui rejaillit sur l’Institut où il exerce sa profession, et il mérite des félicitations.Version anglaise d’un documentaire IL nous fait plaisir d’informer nos lecteurs que les bureaux de Québec et de Montréal du Se twice provincial de Ciné-photographie viennent de déposer dans leurs cinémathèques des exemplaires de la version anglaise du film intitulé Vers la compétence consacré aux instituts et aux écoles de l’Enseignement spécialisé qui forment des élèves en vue de métiers et de techniques ayant trait à des industries particulières : Instituts des Arts Graphiques, des Arts Appliqués, de Papeterie, des Textiles et de Marine, Ecoles des Métiers Commerciaux, des Métiers de l’Automobile, des Métiers Féminins, etc.Cette version s’intitule Destination : Competence, et on peut en obtenir le prêt pour projection devant des groupements d’éducateurs ou autres en s’adressant à l’organisme mentionné plus haut.L’élève Jacques Frégeau devant son panneau de travail, en compagnie du chef de section, M.Isabelle.On distingue nettement les divers appareils mis à la disposition des étudiants de 3e année.Le directeur de l’Institut de Technologie de Shaivinigan, M.Albert Landry, s’entretient avec le chef de la section d’électronique, M.Paul Isabelle, dans un coin du laboratoire mis à la disposition des élèves de 3e année.à l’école même.Chaque élève possède son propre tiroir dans lequel il dépose les appareils à l’étude.Chaque panneau comprend un oscillateur de radio-fréquences, un oscillateur d’audio-fréquences, un bloc d’alimentation, un voltmètre électronique, un oscilloscope à rayons cathodiques et un traceur de signal.Chaque panneau est également muni d’un disjoncteur qui coupe entièrement le courant, soit manuellement, soit automatiquement s’il survient un court-circuit.Enfin, les panneaux comportent des espaces libres grâce auxquels on pourra ajouter de l’équi- pement additionnel lorsque le besoin s’en fera sentir.L’installation même de ces différents dispositifs a été exécutée par MM.Isabelle et Déry.Déjà, l’équipement du laboratoire de 4e année arrive à l’Institut, afin que tout soit prêt pour septembre prochain.M.Isabelle procède présentement à la conception du matériel didactique auquel cet équipement sera incorporé.Et c’est ainsi que l’Enseignement spécialisé progresse sans cesse, au rythme de l’essor industriel et des besoins locaux et régionaux.37
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.