Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Popular technique / Technique pour tous / Ministère du bien-être social et de la jeunesse
Éditeur :
  • Montréal :[Department of Social Welfare and Youth],1955-1962
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Technique (1926)
  • Successeur :
  • Technique (1962)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Popular technique / Technique pour tous / Ministère du bien-être social et de la jeunesse, 1958-12, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
.POPULAR POUR TOUS • HJH Pi J " • ^ POPULAR POUR TOUS La revue de l'Enseignement spécialisé de la tnt))rT'\T/'',TÎ de CAT TEBCr The Vocational Training Magazine of the *¦ Avvy V 11N V^X-, Qj 1^1 UCDCVj Ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse Department of Social Welfare and Youth DECEMBRE inro DECEMBER I 1SÜ Vol.XXXIII No 10 Rédaction Editorial Offices 294, carré ST-LOUIS Square Montréal (18), P.Q.- Canada Directeur, Robert Prévost, Editor Secrétaire de la rédaction, Eddy MacFarlane, Assistant Editor Rédacteur, Jacques Lalande, Staff Writer Conseil d’administration Board of directors Le conseil d’administration de la revue se compose des membres du Conseil des directeurs des Ecoles de l’Enseignement spécialisé relevant du ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse (Province de Quéec).The magazine’s Board of Directors consists of the members of the Principal’s Council of Vocational Training Schools under the authorities of the Department of Social Welfare and Youth (Province of Quebec).Président — President I TA t „ directeur général des études de l’Enseignement spécialisé JEAN UELORME Director General of Studies for Technical Education Directeurs Directors t-v x adjoint du directeur général des études MAURICE Jl) ARRIÉRE Assistant Director General of Studies Sonio Robitaille Gaston Tanguay Rosario Bélisle directeur.Office des Cours par Correspondance Director, Correspondence Courses Bureau directeur des études pour les Ecoles de Métiers Director of Studies for Trades Schools Institut de Technologie de Montréal Montreal Institute of Technology L.-Philippe Beaudoin Institut des Arts Graphiques Graphie Arts Institute ^ -rx Institut de Papeterie DASTON T RANCOEUR Paper-Making Institute , ^ Institut des Arts Appliqués JEAN-MARIE (jrAUVREAU Applied Arts Institute ^ Institut des Textiles DEORGES Moore Textile Institute y-.T Institut de Technologie de Québec ÎJARIE LiAFLAMME Quebec Institute of Technology , , Institut de Technologie des Trois-Rivières J .-Je.1HERIAULT Trois-Rivières Institute of Technology Institut de Technologie de Hull Hull Institute of Technology Marie-Louis Carrier \ n Inst, de Tech, de Rimouski et Inst, de Marine LiHAN.ANTOINE DAGNON Rimouski Inst, of Technology and Marine Inst.» T Institut de Technologie de Shawinigan ALBERT .LANDRY Shawinigan Institute of Technology X) -jt- y * Ecole des Métiers Commerciaux r AUL-LMILE LEVESQUE School of Commercial Trades n Ecole de Métiers du Cap-de-la-Madeleine UMER DRÀTTON Cap de la Madeleine Trades School r% T Ecole de Métiers de Plessisviüe IXOGER LABERGE Plessisville Trades School Secrétaire — Secretary \T7i> , ,,,,, w \X directeur adjoint, Institut de Technologie de Montréal W ILFRID .W ERRY Assistant Principal, Montreal Institute of Technology Administration Business Offices 8955, rue ST-HUBERT St.Montréal (11) P.Q.Canada Administrateur, Fernand Dostie, Administrator Secrétaire-trésorier, Omer Desrosiers, Secretary Treasurer Abonnements Subscriptions Canada : $2.00 Autres pays - $2.50 - Foreign Countries 1 numéros par an L D issues per year Autorisé comme envoi postal de 2e classe, Min.des Postes, Ottawa Authorized as 2nd class Mail, Post Office Dept., Ottawa « La seule revue bilingue consacrée à la vulgarisation des sciences et de la technologie » NOTRE COUVERTURE Un employé de Black-Lake régularise le passage de la fibre d’amiante dans les séparateurs afin de la débarrasser de ses impuretés.Voir notre reportage en page 12.FRONT COVER A Black Lake employee regulates asbestos fiber flow at the base of separators where undesirable dust and impureties are extracted.See article on page 12.Sources Credit Lines Pp.5-11: Eddy-L.MacFarlane; pp.12-16: Herb Nott.from Black Star; pp.18 & 19: Philippe LaFerrière; pp.21 & 24: Science Service, Washington; p.25: “The Recording and Reproduction of Sound", Read; p.26: La Cie de Téléphone Bell du Canada; p.27: J.-R.Parent; p.28 (haut): Wal-Mir, pour Electronic Enterprises, Ltd.; p.28 (bas) : Rapid Grip & Batten, Ltd., pour R.C.A.Victor; p.29: Avro Aircraft, Ltd., Malton, Ont.; pp.30-32: Aviation Royale Canadienne; pp.33-37: Jacques Boyer; pp.39, 41 & 42: Science Service; p.43: V.Sirois, Matane, pour “Technique pour Tous"; p.44: Ecole de Métiers de Matane; p.45: Service provincial de Ciné-photo-graphie; p.46: Ecole de Métiers de Ples-sisville; p.47: “Technique pour Tous”; p.48: Service provincial de Ciné-photographie; p.49: Studio Morris, Québec, pour “Technique pour Tous"; p.50: Ecole de Métiers de Ste-Anne-des-Monts; p.51: Eddy-L.MacFarlane; p.52: Dennison.Sommaire Le bourgeois en hiver — Miniature tirée Summary d'un iivre d'heure manuscrit du XVle siècle.Un jeu millénaire par Eddy-L.MacFarlane.5 L’extraction de l’amiante à Black-Lake .12 Les loteries à travers les âges par Philippe LaFerrière.17 How Edison Worked.21 Edison Experiments You Can Do — The Carbon Button .22 Aircraft Will Make Own Fuel At High Altitudes.24 Electronic Computer Taught To Recognize Spoken Numbers .24 La magie de la stéréophonie par J.-R.Parent.25 Avion ou missile par Amable Lemoine.29 Quelques animaux géants disparus depuis des millions d’années par Jacques Boyer.33 Quelques aspects de l’enseignement technique en Turquie par Daniel Behrman.38 La science apporte de nouvelles méthodes à la lutte contre le crime par David Pursglove.39 New Machines and Gadgets.41 Nouvelles de l’Enseignement spécialisé.43 Journées d’étude des directeurs des Ecoles de Métiers, à Matane — En vue de causeries sur la couture au Salon de l’Agriculture — Nombreux visiteurs accueillis à l’Institut des Arts Graphiques — Bel hommage d’un industriel à l’Institut des Textiles — La réadaptation des handicapés — Causerie sur la vertu de l’épargne — Nouveaux membres du Club Quart-de-Siècle — Une centaine d’éducateurs visitent l’Institut des Textiles — Agrandissement de l’Institut de Technologie de Shawinigan — L’abbé Amable Lemoine remporte un premier prix -— L’Ecole de Métiers de Ste-Anne-des-Monts — Télémission sur la coiffure pour dames — Images de Mont-Joli.L'orfèvre par Eddy-L.MacFarlane.51 « The only bilingual magasine devoted to the popularization of science and technology » KaasSB, *2 A A /U A M MaA ** * *0**0 lak3m AAjl^ ^aT' a IA A M ¦ÜAA] smj» S SVA^jVn/jl üill Tr» ^'ï 3»S** fUH,IIIPIWnjTn,!i iP’^TKti n-SA^W» liis^ |/VW Mlilllll, îmseg vyvs L^v7MVr%Tf| [i/nF^IÜüiii AVEC les longues veillées d'hiver refleurissent les jeux dits de société ; parmi ceux-ci, malgré la redoutable concurrence de la télévision, les cartes tiennent encore une place honorable.Quel foyer, en effet, ne possède un jeu de ces petites figurines archaïques ?Qui ne les connaît depuis sa tendre enfance ?Et combien rares qui ne savent les lire à défaut d'en jouer ! Visages énigmatiques, gestes figés, mi-corps drapés en plis rigides, elles semblent immuables dans l'hiératisme de leurs attitudes.Outre la couleur et l'emblème, un nom, souvent, les identifie : David, Rachel, Lancelot.JEU Telles les ont connues nos pères, telles nous les connaissons malgré certaines tentatives de modernisation.Cependant, dès que l'on touche à leurs caractères essentiels, elles sont un autre jeu ; elles ne sont plus « Elles ».Faut-il conclure à la pérennité de leurs traits, de leurs symboles, fixés une fois pour toutes à leur naissance ?Un simple regard sur les diverses illustrations de cette étude suffit à nous détromper.Encore celles-ci ne couvrent-elles que deux siècles d'un jeu ayant largement doublé le cap du millénaire et qui compte pour ancêtres les échecs, les dés, les osselets.C'est cette filiation et ce long cheminement que nous essaierons de suivre.UNE AÏEULE INQUIETANTE Simple hypothèse, non sans valeur : les cartes pourraient bien avoir pour aïeule un procédé divinatoire vieux comme le monde, procédé encore usité aujourd'hui chez la plupart des peuples primitifs : la géomancie.Celle-ci, comme l'indique son nom, a pour agent la « Terre », l'un des « quatre éléments de l'Univers» selon la doctrine des Anciens.Il consistait à jeter sur le sol une poignée de sable ou de terre sèche LES JOUEURS DE CARTES, BOIS GRAVE, ALLEMAGNE VERS 1450.Page de gauche : DETAIL, VRAIE GRANDEUR, D’UN DES PLUS ANCIENS JEUX FRANÇAIS (2ème MOITIE DU XVe S.).D’APRES UNE EPREUVE DU BOIS.(collect, de l’auteur) un par Eddy L.MacFARLANE Professeur à l’Institut des Arts Graphiques finement tamisée et à interpréter subjectivement la figure obtenue.Des cailloux marqués de divers signes remplirent le même office de l'Extrême-Orient à la Méditerranée occidentale et les célèbres galets gravés ou peints appartenant à la période mésolithique, trouvés par Piette il y a soixante ans, n'ont peut-être eu d'autre usage quoique d'éminents archéologues crurent y voir une sorte de monnaie.Plus tard on employa les osselets tirés du pied du mouton ou du pied du porc sur lesquels étaient gravés des lettres, puis des bâtons, des figures, enfin des points.Perdant au cours des âges son caractère religieux, l'astraga-lomancie, —• nom savant du procédé de divination à l'aide d'os, — passa au rang de jeu.Dès lors, l'homme ne voulut pas rester passif devant les multiples combinaisons offertes par cinq ou six pièces ayant chacune six termes : il contrebalança les effets du hasard par des règles où entraient une part de raisonnement.Si les osselets, dans bien des pays d'Europe, restent un divertissement enfantin, les adultes depuis de nombreux siècles lui ont substitué de petits cubes d'os, d'ivoire, de métal, où sont gravés des poins, et plus récemment, les figures classiques du jeu de cartes.LES ECHECS OUE le jeu de cartes soit né du jeu d'échecs, comme nous le verrons plus loin, passe encore, mais quelle filiation peut-on établir entre celui-ci et les « osselets » ?A défaut de documents écrits, procédons par corrélations.En Tasmanie, île proche de l'Australie, et plus encore chez certains peuples de l'Afrique Noire, on interroge les dieux à l'aide d'osselets que l'on jette sur une surface préalablement quadrillée : la po- IRE sition et aussi la disposition de ceux-ci dans les divers carrés, qui tous ont une valeur symbolique différente, tient lieu de réponse.Ce genre d'oracle est l'un des rares où l'intervention du sorcier tribal n'est pas requise.Autant dire qu'il dégénère assez rapidement en jeu, surtout depuis une trentaine d'années ; que là où il y a jeu il y a règles ; que les participants établissent ces règles en se laissant une large part d'initiative.On sait également qu'en Chine du Sud, bien avant notre ère, un jeu était en vogue chez les notables.Il tirait, lui aussi, ses origines du désir de connaître l'avenir, puis ce genre d'oracle avait été laissé à la crédulité du peuple, tandis que des « lettrés », par de savantes combinaisons, le transformaient en une distraction réservée à l'élite intellectuelle.Ce jeu consistait en une tablette divisée en un certain nombre de quadrilatères irréguliers, ceux-ci ayant tous une valeur particulière.Des os de « dragon », -—- entendons par là des fragments d'os fossilisés, — servaient de pions.On lançait ces derniers sur les cases, ou « maisons », après quoi, suivant des règles très strictes, MILLÉNA 5 CARTES ALLEMANDES (HAUT-RHIN) GRAVEES SUR BOIS VERS 1460.àogj (ffe K' Mc- chacun les faisaient progresser vers les cases libres ou déjà occupées par l'adversaire.Par la suite, les os de dragon firent place à des figurines sculptées dans l'ivoire, l'os, le bois, le jade.L'hypothèse émise plus haut, on le voit, n'a rien d'invraisemblable.Le jeu des échecs serait donc d'origine chinoise.Il aurait perdu, au point de le rendre méconnaissable, son caractère initial au cours du très long périple qui le conduisit aux portes de l'Occident.Les Grecs, cependant, en revendiquent la paternité.Paternité plus légendaire qu'historique, car elle se situerait vers la seconde moitié du XHIe siècle avant J.-C.L'inventeur ne serait autre que Palamède, — fils du roi de l'île d'Eubée, —- un des héros de la guerre de Troie, qui, pour occuper les loisirs d'un long siège, aurait imaginé ce jeu de haute stratégie à l'usage des généraux réduits au chômage (1).Il est incontestable que ce jeu d'apparence pacifique symbolise deux armées de force égale dont l'une vaincra grâce aux savantes combinaisons d'un joueur qui, s'identifiant à un dieu, manoeuvre le roi et son armée.C'est l'esprit du jeu des échecs tel qu'on le trouve en Inde et en Perse, bien avant la conquête mongole.Les règles qui président au jeu sont relativement proches de nos règles actuelles.Y sont-elles nées ?Une légende subsiste, qui a frappé l'imagination de nombreuses générations.L'empereur — de Chine ?des Indes ?de Perse ?— , voulant remercier l'inventeur du jeu, lui laisse le choix de la récompense.— Un grain de blé pour la première case, demande l'astucieux bonhomme, deux grains pour la seconde, gu aire pour la troisième, huit pour la quatrième et ainsi pour les cases suivantes jusqu'à la soixante-quatrième .Une telle modestie émerveille le souverain qui, sans réfléchir, donne l'ordre de payer.Hélas ! Si pour la dixième case le nombre de grains de blé n'est que de 512, à la vingtième il s'élève à 524,288, à la trentième à plus de 536,000,-000 ; dépasse largement le milliard à la trente et unième .Tout le blé de l'empire n'eut pas suffi pour payer la dernière.OTHON IV, MARQUIS DE BRANDEBOURG, JOUANT AUX ECHECS ; D'APRES UNE ENLUMINURE DU "LIVRE DE MANESSE" (XlIIe SIECLE).6 Légende sans doute, imaginée par un subtil professeur de mathématiques ; mais on y parle d'un empereur, d'un Grand-Vizir, — sorte de premier ministre omnipotent, ne craignant que son prince, — ce qui rattacherait la légende au monde musulman, et plus spécialement à la Perse d'où le mot vizir est originaire.Or c'est aussi cet important personnage que l'on trouve dans les plus anciennes formes du jeu où il tient l'actuelle place de la Reine, novation occidentale, tout comme le Fou et la Tour substitués respectivement à l'Eléphant et au Chameau, toujours utilisés en Orient.La tradition grecque mise à part, à quelle époque les échecs apparaissent-ils en Europe ?Au retour des Croisades, répondent de nombreux historiens ; ce qui est bien vague, la première ayant pris le départ en 1096, la huitième et dernière se terminant en 1295 ; d'autres, plus précis, proposent : vers 1200.Une chose est certaine : le jeune Marco Polo, si minutieux dans la notation des nouveautés, si prompt à s'émerveiller, ne s'étonne nullement de rencontrer ce jeu à Ciamba (2), royaume baigné par la mer de Chine méridionale.S'il le cite, c'est incidemment pour nous apprendre que dans ce royaume, il y a « maintes forêts du bois appelé « bonus », -— probablement un type d'ébène, -— qui est très noir et noble, bois dont on fait les plus belles pièces noires d'échecs et les plus beaux encriers, et maintes autres choses (3).» Marco Polo ayant quitté Venise en 1268, on peut en conclure que le jeu était déjà entré dans les moeurs vénitiennes depuis assez longtemps, et que l'on connaissait son origine.Aussi bien on trouve le mot échiquier en Angleterre avant 1129 (4).Il désigne une section de l'Administration des Finances instituée par les conquérants normands.C'est là où la Curia regis contrôle les comptes des collecteurs d'impôts.Ce contrôle s'effectue à l'aide de jetons, sur un tapis quadrillé noir et blanc nommé échiquier.Le même mot désignait également, en Normandie, la Cour de Justice.Comment s'est-il implanté là ?Sans nier l'importance des Croisades dans le domaine des échanges culturels et techniques avec les Arabes, —- dont l'influence s'exerce jusqu'en Extrême-Orient, — il faut bien reconnaître qu'on a eu tendance jusqu'à la fin du siècle dernier a en surestimer les effets.Disons, pour être impartial, qu'avant 1096 les contacts existaient, nombreux, entre chrétiens et musulmans : en Espagne d'abord où les Sarrasins développèrent une brillante culture artistique et littéraire, dans le sud de la France qu'ils occupèrent quelque temps, en Sicile où les fils de Tancrède, seigneur d'Hauteville, fondèrent un royaume normand en 1042.Charlemagne lui-même n'entretint pas que des rapports belliqueux avec les Emirs ; le récit de multiples ambassades « courtoises» est là pour le prouver.Au surplus, les marchands restaient des marchands, depuis l'origine du négoce, qu'ils fussent blancs, noirs ou jaunes, chrétiens, musulmans, buddhistes, mazdéïstes.L'Eglise avait aussi besoin d'encens qu'on ne trouve qu'en Arabie .Sans crainte de pécher par optimisme, on peut affirmer que les Echecs ont droit de cité en Europe avant l'an mille.Droit de cité ?Façon d'écrire, car le Concile de Paris tenu en 1212 sur « la discipline ecclésiastique» condamnait les eschets ainsi que les jeux de dames, de dés, etc., comme le fera saint Louis en 1254 .Les uns et les autres n'en sont pas moins venus jusqu'à nous.VALET, ROI, DAME, D’UN JEU GRAVE SUR BOIS PAR LE CARTIER-DOMINOTIER LYONNAIS JEAN DE DALE, VERS 1480.ELLES COMPTENT PARMI LES PLUS ANCIENNES CARTES FRANÇAISES ACTUELLEMENT CONNUES.& i -> s SJ?ê 7 LA “LUNE”, D’APRES UNE CARTE DU JEU DE CHARLES VI DESSINE ET PEINT A LA MAIN.L’INFLUENCE PERSANNE EST TRES NETTE, LES CARTES AYANT trouvé en 1704, dans les archives de la Chambre des Comptes, un ordre de paiement signé en 1392 par Charles Poupart, argentier du roi, le P.Ménétrier en avait déduit que le bénéficiaire, peintre enlumineur de trois jeux de cartes destinés à Charles VI, en était aussi l'inventeur (5).Pour le P.Daniel (1720), l'abbé Bullet (1757) et bien d'autres, les cartes étaient sans conteste nées en France ; avec un égal chauvinisme, s'appuyant sur une date douteuse, 1300, découverte dans un incunable imprimé à Augsbourg, « le Jeu d'Or », le baron Heîneeken (1771) revendiquait une paternité allemande ; moins partiaux, l'abbé Rives (1780) penchait pour l'Espagne sur la foi d'un document y attestant leur existence en 1332, tandis que Court de Gebelin, — philologue du XVIIIe, bien oublié aujourd'hui mais qui jouissait alors de quelque autorité, — les prétendait égyptiennes, filles des « Tarots », nés du fameux livre de Thôt (6).Le nom du jeu en espagnol et en portugais : naïpes ou naypes, celui qu'il portait jadis en Italie : naibi, une certaine analogie avec les « Echecs » incitèrent un éru- dit, Breitkopf, à leur assigner un berceau oriental, thèse combattue par Merlin (1869) qui voulait l'invention italienne malgré une chronique manuscrite irréfragable découverte par Leber, en 1842, où il était dit : « En Tan 1379 lut introduit à Viterbe le jeu de cartes, qui vint du pays des Sarrasins et s'appelle chez eux Naïb.» (7) Comme on le voit, la recherche de l'origine du jeu fit couler des flots d'encre et l'on pourrait citer des centaines d'auteurs qui se penchèrent sur son histoire au cours des deux derniers siècles.Nonobstant certains manuels scolaires qui persistent dans l'erreur du P.Ménétrier, à savoir que le jeu fut inventé pour distraire le roi fou Charles VI, il n'est plus aujourd'hui de discussion possible : les cartes sont venues d'Orient.Et plus précisément, comme l'avait pressenti Abel de Rémusat, de Chine via l'Inde et la Perse (8).Nous référant aux plus récents travaux d'éminents sinologues, nous étions en mesure d'affirmer, dans une étude sur les Impressions tabellaires d'Extrême-Orient (9), que le plus ancien jeu de cartes imprimé l'avait été en Chine vers 905.Il est évident que cette production en série, à l'aide d'un bois gravé, correspondait à une demande croissante ; qu'avant d'être populaire le jeu connaissait la faveur d'une élite qui en faisait dessiner et enluminer les figures par ses peintres préférés.Héros légendaires, dragons, symboles divers constituaient pour chaque joueur une armée qu'il s'agissait de manoeuvrer pour vaincre.D'une civilisation à l'autre, naturellement, comme plus tard d'un pays à un autre pays, chacun avec son génie propre, les figures se modifièrent profondément selon les coutumes, les croyances, les tendances esthétiques, les nouvelles règles du jeu qui s'édictent ici et là.En Inde, comme en Perse où les échecs se jouent à quatre, on fera place avec les cartes à huit joueurs ; elles ne sont pas distribuées au hasard.Dans l'ancien « qhen)iteh », 96 cartes sont réparties en huit séries de 12 ; chaque série ayant un roi, un vizir et des points de 1 à 10 représentés par des couronnes, des lunes, des sabres, des bâtons, des grelots, etc ., emblèmes que nous retrouverons dans les premiers jeux occidentaux, et tels qu'ils se sont perpétués dans les « tarots ».Chaque joueur reçoit une série complète dont il use, selon de subtiles tactiques, pour réduire ses adversaires à l'impuissance.Certains ont cru y voir l'origine des règles du jeu de 1' « hombre », toujours si populaire en Espagne.CARTES FRANÇAISES D’UN JEU DE “PIQUET".GRAVURE SUR BOIS, DEBUT DU XVIe S.8 SUIVRE les cartes dans leur périple n'est guère facile.Comme tout objet d'usage courant, et de valeur intrinsèque pratiquement nulle, les jeux anciens sont devenus rarissimes.De nombreuses mentions, des éléments isolés sauvés fortuitement de la destruction, des spécimens dessinés et peints à la main pour quelque riche amateur, — et par là conservés avec plus de soin, — permettent cependant d'avoir une idée des voies empruntées et de l'évolution des symboles.C'est ainsi que l'on a trouvé trace du jeu en Inde, dès 1115; à la fin du Xlle siècle en Perse.Les figures traditionnelles s'y sont généralement maintenues à travers le temps.On y trouve encore les pièces classiques des échecs, y compris le chameau et Yéléphant, animal noble s'il en fut, et respecté, le Buddha Çâkyamuni n'ayant pas craint de se réincarner plusieurs fois sous sa forme.De Perse en Europe Occidentale, deux aires d'expansion sont logiquement admissibles.Malgré la méfiance de tout musulman rigoriste pour les représentations d'êtres vivants, sculptées ou peintes (10), les notables, les marchands, moins assujétis que le peuple à la lettre de la religion, se firent, chacun dans leur sphère d'influence, les agents de transmission du jeu et aussi de la technique de fabrication, en l'occurrence la reproduction mécanique par impression tabellaire.Du Maghreb les cartes pénètrent en Andalousie, franchissent les Pyrénées, gagnent la France ; peut-être aussi les Pays-Bas, les territoires baltes.L'autre voie, souvent négligée par les historiens, est plus directe.Si, d'Asie Mineure ou d'Afrique du Nord, via la Sicile, les relations d'affaires sont constantes avec l'Italie, il ne faut jamais oublier que les marchands génois, vénitiens, florentins, entretiennent aussi des contacts étroits avec la Perse et même l'Inde ; que certains y ont des correspondants, voire des comptoirs.Certes, les premières figurines espagnoles ne sauraient nier leur ascendance ; elles sont néanmoins abâtardies par la pluralité des intermédiaires.Les premiers jeux italiens au contraire sont plus directement reliés à la tradition iranienne.C'est vraisemblablement, à bien regarder, un modèle importé de Perse qui inspira Jac-quemin Gringonneur : scènes, dé- cors, bordures ont une étroite parenté avec les spécimens proches-orientaux de la même époque (11); on y retrouve une nature poétisée, une sensibilité du trait, un réalisme souriant propres aux miniaturistes de ce pays enchanteur.Ces caractéristiques s'observent également dans le jeu peint par Marziano vers 1415 et qui coûta une petite fortune au duc de Milan : 1,500 écus d'or, dit-on, soit environ 35 à 40,000 dollars de notre monnaie ! Le nouveau jeu ne tarda pas à s'européaniser.S'il est toujours inspiré de la stratégie guerrière il perd très vite, en France tout au moins, ses attributs originaux.La Dame, comme pour les échecs, remplace le vizir ; le cavalier devient le « varlet » (12).Sous Charles VII, les emblèmes changent : le croissant se mue en trèfle, le denier en carreau, la coupe en coeur, l'épée en pique.On invente les règles du « Cent », c'est-à-dire du « Piquet » qui se joue encore.Vers la fin du XVe siècle, le flux, la prime, la séquence, le triomphe, le trente et un, le passe-dix, la condemnable se partagent les amateurs ; au début du XVIe siècle apparaissent le lansquenet, le mariage, le quay, le maucon-tent, le hère.Les pouvoirs publics, les autorités religieuses avaient cependant conjugué leurs efforts pour freiner, voire interdire ce jeu.C'est Jean 1er de Castille qui l'exclut Roxane SPECIMEN D’UNE CARTE AU TEMPS D’HENRI IV.GRAVURE SUR BOIS.de son royaume en 1387.Dix ans plus tard, le prévôt de Paris « fait défense aux gens de métier de jouer aux cartes excepté les jours de fêtes ».La même année, la municipalité d'Ulm, en Allemagne, interdit purement et simplement d'y jouer, ce qui n'empêche nullement la dite ville, selon une chronique de 1397, d'envoyer les car- LE 3 ET LE S DE "GRELOT" D’UN JEU ALLEMAND DU XVIe SIECLE.GRAVE SUR BOIS.(REDUCTION %) mBïïss I«a» 9 LE 2 DE “GRAPPE” D’UN JEU DE LANSQUENET.GRAVURE SUR BOIS.ALLEMAGNE.MILIEU DU XVIe S.(REDUCTION %).tes qu'on y fabriquait « par ballots tant en Italie qu'en Sicile et aultres pays du midi, pour les échanger contre des épiceries et aultres marchandises ».; au grand dam des maîtres-cartiers de Venise qui réclament aide et VALET D’UN JEU ITALIEN.GRAVURE SUR CUIVRE.VERS 1460.(REDUCTION V,).protection de leur gouvernement.Car le plus drôle de cette histoire, c'est qu'en même temps qu'on condamne les cartes on légalise le métier qui les produit en série ! Un peu partout en effet, à la fin du XlVe siècle, se constitue une nouvelle corporation ; l'Italie, l'Allemagne, la France, la Hollande voient naître les « cartiers do-minotiers ».La plupart de ceux-ci exerçaient le métier d'ymagier-peintre et d'ymaqier-taillière ; professions reconnues nobles, puissantes, ayant privilèges et nombreuses exemptions depuis plusieurs siècles.Les transfuges ne tardent guère à se faire reconnaître ; leurs statuts sont homologués ; ils organisent des Confréries, obtiennent bannières et rang fort honorable dans les processions .C'est chez eux, trois quarts de siècle plus tard, que se recruteront les premiers typographes, les meilleurs illustrateurs de livres .En attendant, forts de leurs droits acquis, ils exercent leur jeune industrie au grand jour.Ils gravent sur bois des groupes de douze ou vingt-quatre cartes et les impriment alors que les « paintres » colorient les dites cartes individuellement, ou en série à l'aide d'un pochoir, selon la qualité artistique à obtenir.C'est cette corporation alliée à celle des écrivains qui opposeront, en France, au nom de la Loi des Métiers, la plus farouche résistance à la nouvelle technique d'impression et à la venue des premiers spécialistes.Si les anciens symboles, — bâton, denier, grelot, — et les principaux personnages, — fou, pape, ermite, mort diable etc., — se retrouvent tant bien que mal dans les « tarots » actuels, — qui ne servent plus aujourd'hui qu'à « tirer la bonne aventure » (13), — comment expliquer, justifier les attributs des « cartes françaises », ainsi qu'on les nomme avant qu'elles ne soient définitivement adoptées par les autres nations d'Occident ?Ici encore il existe de nombreuses versions et toutes les pages de cette revue ne suffiraient pas pour les énumérer, les justifier, les commenter.Essayons donc de les résumer.Pour le P.Ménétrier, les rois, reines et valets représentaient la noblesse ; le coeur les gens d'église, le pique les hommes de guerre, le carreau la bourgeoisie, le trèfle la paysannerie.Un siècle avant lui, un commentateur espagnol avait donné la même explication .qui n'explique rien, pour la coupe, le denier, etc .Plus subtile est la version du P.Daniel : les trèfles symboliseraient les fourrages, les carreaux les munitions, les piques les armes et les coeurs le courage ; toutes choses indispensables pour mener à bien une expédition guerrière ! Une autre version, bien tentante, a été proposée par Paul Lacroix (14) : Jacques Coeur, l'illustre et richissime banquier, aurait importé des cartes asiatiques et Etienne Chevalier, secrétaire et trésorier du roi, habile « emblé-matiste », se serait amusé un jour à changer les attributs originaux pour les armes parlantes de hauts personnages.Pour J.Coeur .le coeur ; les fleurs du sureau héraldique d'Agnès Sorel, égérie du roi, devenant le trèfle ; les carreaux ou fers de flèches et les piques pour « faire honneur » à Jean et Gaspard Bureau, grands-maîtres de l'artillerie en France.Et le compagnon de Jeanne d'Arc, Etienne de Vignole, dit La Hire, aurait contribué à « lancer » les nouvelles cartes.Quant au nom que portent généralement les figures : David, Alexandre, César, Charlemagne, plusieurs auteurs anciens y voient la personnification des « quatre grandes monarchies » ; juive, grecque, romaine, française (mais que devient l'empire germanique ?) ; les dames, Pallas, déesse de la guerre (pique), Argine, anagramme de regina (trèfle), Rachel (carreau), Judith (coeur), représenteraient dans l'ordre : Jeanne d'Arc, Marie d'Anjou, épouse de Charles VII, Agnès Sorel déjà nommée, Judith de Bavière, seconde femme de Louis le Pieux, fils de Charlemagne ; ou, encore selon le P.Daniel : Isabeau, mère de Charles VIL L'identification des valets n'offre pas de difficultés : La Hire est.La Hire, avec le coeur pour emblème comme Hector (carreau) est.Hector, officier de Charles VII, puis capitaine des gardes de Louis XI ; l'un et l'autre ayant aidé Charles à conquérir son trône.Ogier (pique) et Lancelot du Lac (trèfle), personnages de premier plan dans la littérature du Xlle siècle, semblent figurer ici en tant qu'édificateurs du royaume de France.10 Si cela est vrai pour Ogier, compagnon de Charlemagne, que l'on rencontre dans la Geste de Guillaume d'Orange, ce ne l'est plus pour Lancelot qui appartient au cycle breton.Il est vrai que l'on rencontre aussi, par la suite, le nom d’Arthur ou Artus, roi légendaire des romans de la Table Ronde (pique) ; de Rolan (valet de trèfle), d’Heleine et Roxane (dames de coeur), de Lucresse et Sémiranis (dames de carreau).Mais tous ces noms étaient popularisés par la littérature, du Xlle au XVIe et même XVIIe siècle, et il est probable que certains car-tiers, ne s'embarrassant pas de symbolisme, ont puisé aux diverses sources, un peu au hasard, les noms de leurs figurines.Quoi qu'il en soit, ce jeu, parmi les plus anciens, a survécu à bien des tourmentes.Cause de désespoir et de ruine pour quelques-uns, il reste pour des dizaines de millions de gens un agréable passe-temps.Il eut aussi son heure d'utilité au Canada français.En 1714, le gouverneur Duplessis, n'ayant pas reçu d'argent de France pour payer les fonctionnaires et les sol- dats, imagina de couper des cartes en deux et d'y inscrire un montant d'argent garanti par sa signature.Et c'est ainsi qu'elles furent en quelque sorte les premiers billets de Banque émis par notre pays ! NOTES ET BIBLIOGRAPHIE 1) La légende lui a attribué aussi l’invention des poids et mesures, l’art « de régler le cours de l’année par le cours du soleil ».D’après Pline, il serait l’inventeur de quatre lettres grecques, mais il s’agit là d’une interprétation erronée.2) Actuellement le Viêt-Nam.3) La Description du Monde, Ch.CLXIII.4) Date du plus ancien « Rôle de la Pipe» parvenu jusqu’à nous, ce qui ne veut pas dire que celui-ci fut le premier.BANNIERE DES CARTIERS DE PARIS.DEBUT DU XVIe S.vv Wx Aux angles : CARTES RONDES DE LA FIN DU XVe S.GRAVURE ALLEMANDE.EN HAUT : LE 3 ET LE ROI DE PERROQUET.EN BAS : AS ET DAME D’OEILLET.MONOGRAMME T.W.NON IDENTIFIE.5) L’ordre est ainsi libellé : « A Jacquemin Gringonneur, pain-tre, pour 3 jeulx de cartes à ors et diverses couleurs, de plusieurs devises, pour porter devers ledit Seigneur Roy pour son esbattement.LVI sols parisis.» 6) Oeuvre légendaire attribuée à ce dieu égyptien que les Grecs identifièrent à Hermès.7) Le mot naïb, en indoustani, est l’équivalent du vizir persan, la pièce dynamique par excellence, comme le mot châh, — chef, roi, en persan, — cheik, avec le même sens en arabe, est devenu éponyme ; l’article el s’atrophiant dans le langa- ge occidental, donnant eschet, puis échec.8) Journal Asiatique, sept.1822.9) cf.Revue Technique, mai 1958.10) La défense n’est pas aussi absolue qu’on le croit généralement.Le Coran ne condamne que la représentation des idoles ; c’est la Sonna'(tradition) qui renchérit et précise.De nombreuses sectes religieuses n’en tiennent pas compte, notamment en Perse et en Inde.11) Il ne reste de ces 3 jeux que 17 cartes conservées à la Bibliothèque Nationale de Paris.Peintes à la façon des enluminures, rehaussées d’or, elles ont 7" 1/16 de haut sur 3" 1 /2 de large.Le support est une sorte de carton ayant un peu moins de 1/16".12) Le mot n’a pas à cette époque le sens que nous lui donnons aujourd’hui.Le varlet ou valet est un gentilhomme attaché à la personne du roi ou d’un grand seigneur.13) Quelques régions méditerranéennes, toutefois, ont conservé la tradition du jeu de tarots.14) Moeurs et Coutumes du Moyen-Age, Paris 1877.11 lfe«s|N ÉS&ss* *- I fcg >£5^:;,#': 2fe?Y ,-i, .>h Juel At High Altitude A small, unmanned airplane that carries no fuel, but will be capable of manufacturing its own fuel from trace quantities of material present at the high altitudes has been described to a meeting of the American Chemical Society at San Francisco, recently.The revolutionary idea is also expected to lead to development of a much larger craft that will continuously circle the earth, gathering and storing nature’s own fuel components.These could be used to feed other space crafts as they prepare for their flights into farther space after being propelled to the fuelling craft’s altitude by conventional propellants.The feasibility of operating such aircraft on small amounts of atomic oxygen present at approximately 60 miles above the earth’s surface was described by S.T.Demetria-des and Dr.C.B.Kretschmer, Astronautics Laboratory, Aerojet-General C.orp., Azuza, Calif., and M.Farber, Hughes Aircraft Co., Culver City, Calif.Ordinary oxygen exists in a molecular form, with two oxygen atoms combined to form one gas-eous oxygen molecule.Probings of the earth’s upper atmosphere with high altitude sounding rockets have revealed the presence there of uncombined oxygen atoms in small quantity.Considerable energy is released when two oxygen atoms combine.It is this energy that would provide power for the proposed space craft.The California scientists, calculations indicate enough thrust could be developed from the naturally-occurring fuel elements to overcome the slight drag a ship would encounter at the 60-mile altitude.The scientists envision a practical application for a ship that could be built in the immediate future.Since the craft would have to be extremely light and have a large surface area it could be made of thin metal foil and act as a wide-range television reflector or micro-wave relay station.ELECTRONIC COMPUTER TAUGHT TO RECOGNIZE SPOKEN NUMBERS ONE step in teaching a computer to recognize human speech has been taken.An electronic brain has been taught to recognize the sound of the digits zero through nine when spoken by either male or female voices.The automatic computer is correct 98% of the time, Drs.Carma Forgie, M.L.Groves and F.C.Frick of Massachussetts Institute of Technology’s Lincoln Laboratory reported recently.The machine taught to identify words was Lincoln Laboratory’s experimental co?nputer, TX-O.A recording was made of ten speakers, male and female, reciting the digits zero through nine.The recordings of five of the speakers were the?i processed through the Resonance Vocoder developed by Haskins Laboratories.This provided a representation of speech, quantized in time, frequency and amplitude.The machine ruas then instructed how to partition this informa- tion in various ways, classifying each bit of data as a vowel, consonant, a voiced consonant, simple vocalization or a stop.It was further instructed to discriminate among the vowels by an operation roughly equivalent to determining the frequency of the resonance peak.None of these operations is linguistically precise or reliable, the scientists reported.However, the effect of these transformations was to encode each set of samples into a short string of symbols reflecting the word’s gross structure.These strings, or patterns, were then stored in the computer in association with the word from which they were derived.The recordings of the remaining five speakers were processed through the system.The computer was instructed to print out the words spoken for the full-ten-voice sample, on which it scored 98% correct recognition.24 ¦"v«>X LA MAGIE de la STÉRÉOPHONIE Ancien phonographe à courroie « Vic-trola » en usage vers 1900 ; modèle très recherché par les collectionneurs.par J.R.Parent.Professeur à l’Institut de Technologie de Montréal TOUT en examinant des appareils dans les kiosques à musique d’une exposition commerciale, je me sens tout à coup attiré vers un endroit d’où me parviennent des mélodies d’une richesse inaccoutumée et captivante.De plus près, l’eifet s’accentue et je me sens en présence de tous les artistes qui exécutent ces numéros.En réalité je suis, tout simplement, devant un nouveau système de reproduction de disque appelé : stéréophonie.De quoi s’agit-il ?L’électronique, comme toutes les sciences modernes, recherche la perfection par tous les moyens dont elle dispose.La synthèse est un de ces moyens et nous connaissons bien des exemples typiques dans d’autres domaines, tels que le caoutchouc et les produits chimiques.Aujourd'hui, la stéréo phonie est 1 objet de recherches et est réalisée précisément par cette méthode.On reconstitue, par le truchement de I électronique, une stéréophonie acceptable quoique encore assez rudimentaire comparativement à notre capacité d’entendre de cette façon.Avant de pénétrer dans le vif du sujet, il est nécessaire de se familiariser avec le vocabulaire de l’audiophile.Pour les besoins de la cause, j’ai choisi les mots monaural et stéréophonique.Monaural, au sens strict du mot et par opposition à binaural, signifierait que Ton entend d’une seule oreille ; mais ce terme, utilisé dans le monde des affaires, signifie que le son entendu provient d’une seule source, donnant ainsi la même valeur au sens du mot.Il n’y aura donc qu’un seul sillon, une seule aiguille, un seul amplificateur et un seul système de haut-parleurs.Qu’importe la fidélité que l’on y apportera, ce ne sera que du monaural.Admettons toutefois que cette méthode a bien réussi à atteindre la haute-fidélité que nous lui connaissons.Par ailleurs, stéréphonique provient du grec « stéréos » : solide, donc ayant une forme ; « phone » signifiant : son.On peut dire qu il s’agit ici d’un son solide à quoi on donne une forme virtuelle.La stéréophonie est réalisée synthétiquement par cette forme de triangulation phonique qui donne cette nouvelle dimension au système monaural.Cette méthode se rapproche donc de la phonie naturelle que nous entendons sans médium artificiel.Expliquons-nous.Lorsque nous entendons un son, nous pouvons, par convention, déterminer son origine, son intensité et sa distance relative.Si plusieurs sons nous parviennent en même temps, là aussi nous pouvons discerner la provenance et l’intensité de chacun, précisément dû à nos appareils auditifs qui captent ces sons à différents angles qui sont finalement décodés dans notre cerveau.Par notre imagination, nous en reconstituons la forme et le contour.Les yeux sont à la stéréoscopie ce que les oreilles sont à la stéréophonie.C’est la condition essentielle à toutes les formes de perception stéréo par nos sens.Pour bien illustrer ce phénomène employé dans la reproduction des sons, nous allons ensemble remonter dans le temps et essayer d’en dresser le synopsis.L’illustration de la page 27, à gauche, nous permet de constater d’un seul coup d’oeil l’évolution des enregistrements phoniques.On pourrait y ajouter encore plusieurs embranchements tels que le film sonore, le ruban corrugué, etc.Il va sans dire, en observant ce tableau, que personne en particulier ne peut être crédité pour les procédés modernes que nous avons aujourd’hui, mais que plutôt ce fut une succession de contributions et de développements apportés aux idées premières.Au temps des grandes découvertes de ce genre, on peut dire que l’inventeur le plus brillant était plus entouré que les autres et pouvait, par sa renommée, faire connaître ses succès plus facilement.C’est ainsi que Thomas A.Edison et Alexandre G.Bell furent à peu près les seuls hommes de science dont nous nous souvenons pour toute cette série de découvertes qui nous a apporté le phonographe moderne.Par contre, c’est à la suite d’une démonstration étonnante que Charles Cros, un Français, avait confirmé avant eux le principe du graphophone.Une des illustrations de cet article nous montre un des premiers graphophones efficaces et pratiques, fabriqué par T.Edison et qui est encore conservé dans un parfait état.On se souvient qu’à ce moment il s’agissait de parler devant un diaphragme pour creuser des sillons sur un cylindre de cire, à profondeurs variées, correspondant aux intensités sonores.Ce procédé d’a- 25 I > * up.i Un des premiers phonographes commerciaux fabriqués par l'« American Graphophone Co.», maison que Thomas Edison aurait fondée vers 1880.Comme on le voit, l’énergie humaine fournissait la force motrice au cylindre, rappelant ainsi la machine à coudre.lors était donc de la gravure verticale.Le reproducteur était le même appareil qui relisait l’inscription du sillon et faisait vibrer une membrane reliée à un cornet.Après quelques essais, on s’aperçut que le cylindre s’usait très vite et que les impressions s’écorchaient rapidement par un labourage de l’aiguille lectrice.C’est alors que le disque nous apporta toute une gamme d’améliorations.De la gravure verticale, on passa à la gravure horizontale en utilisant des oscillations perpendiculaires à la surface du disque afin de réduire l’effritement des ondulations.L’inertie du bras lecteur devenait donc à peu près constante par rapport à la modulation.Par une nouvelle méthode d’enregistrement, la multicopie par décalquage devint possible et de ce fait rendit le graphophone populaire.Une autre illustration nous montre un des premiers graphophones utilisant le disque.C’est à la suite de nombreux développements et de procédés toujours meilleurs que le disque moderne nous fut finalement offert.L’enregistrement, étant supérieur et plus fidèle, a rendu possible la multicopie à des millions d’exemplaires, tous aussi nets et identiques les uns que les autres et assurant ainsi le succès des industries connexes.Aujourd'hui, le disque est excellent, tant au point de vue du produit que de la qualité.Il fallait donc attendre ce degré de perfection avant d’en arriver à la stéréophonie.Depuis sa naissance, l’électronique a fourni au graphophone, simplement appelé « phono », puissance et rendement, nous donnant ainsi les moyens de réaliser et d’obtenir toutes les nuances nécessaires à la présence virtuelle des sources de son.Le but de ce système est d’identifier les sons d’une façon bien définie et en autant qu’ils sont suffisamment distancés et dynamiques.Il existe donc des conditions fonda- i.§Ü5>- 26 mentales si l’on veut illustrer ce phénomène avec avantage.Voici, à mon avis, quelques cas où justice lui est rendue.Un artiste, chantant le plus bel air d’opéra, donne le même résultat dans les deux systèmes, c’est-à-dire monaural et stéréophonique.Cependant, si ce même artiste entre en mouvement, il donnera plus de dynamisme et de présence à l’auditeur dans le système stéréo que dans l’autre.Sa voix conservera la même intensité et on la sentira se déplacer, tandis que dans le système monaural sa voix s’évanouira graduellement à mesure que l’artiste s’éloignera du microphone.Un autre cas, assez typique, est l’exécution d’une pièce musicale par un orchestre ou un choeur.Il y aura plusieurs ensembles d’instruments différents, placés en des endroits bien définis.En présence de cet arrangement, nous savons tout de suite ce que cela donne comme résultat.Entendre cette musique par le système monaural signifie coincer toutes les sources de son dans un seul canal et les reproduire ensemble par un seul système de reproducteurs acoustiques.La stéréo, tout au contraire, respectera les distances et les intensités sonores jusqu’aux oreilles de l’auditeur.Après avoir établi les distinctions principales des deux systèmes à l’étude, nous sommes maintenant prêts à aborder l'aspect technique de l’entretien.Je tenterai, avec toute la simplicité permise, de reconstituer le son stéréophonique en partant du sillon jusqu’au reproducteur acoustique.Afin de respecter les distances et les intensités, le nouveau système, contrairement au monaural, fonctionne sur un principe à deux canaux SYNOPSIS D'ENREGISTREMENT PHONIQUE Noir de fumée Leon Scott 1855 Cylyndre de cire T.Edison 1877 CYLINDRE DISQUE A.Bell 1881 Berliner 1890 Dictaphone 1900 STEREO Cook 1950 CBS 1958 London Record 1957 STEREO Fil magnétique Vertical latéral Ruban Vertical Vertical 1 sillon Vertical latéral 1 sillon Latéral Latéral parallèles 2 voies Vertical Latéral Quatre méthodes d’enregistrement montrant la structure du sillon correspondant.Les procédés de reproduction nous indiquent clairement le chemin parcouru par les ondes sonores dans chaque système en usage.distincts tout le long du processus, afin de recréer cette nouvelle dimension à la sortie.Il est donc essentiel d’avoir deux enregistrements, deux lecteurs, deux amplificateurs et deux reproducteurs.Tout cela est déjà compréhensible, mais voilà la question que tous se posent : « Comment deux enregistrements simultanés dans un seul sillon peuvent-ils être décodés et reproduits séparément ?» En examinant le synopsis ci-haut, nous remarquons que deux méthodes de base s’offrent à nous : le procédé vertical-latéral et le bilatéral ou 45/45.En remontant au disque monaural nous allons trouver l’explication de ces principes.Les oscillations horizontales du sillon obligent le stylet-lecteur à vibrer à la même cadence et à transmettre cette énergie mécanique à un générateur miniature.Celui-ci fournit des impulsions électriques correspondantes que nous reconnaissons à la sortie.Grâce à la sensibilité unilatérale du générateur miniature, si des oscillations verticales y parvenaient, aucune impulsion n’en résulterait.Donc, aucun son perceptible.En résumé, seules les oscillations horizontales sont utilisées dans les disques monauraux.A ce point de l’examen du système, je crois qu’il est clair que pour obtenir deux enregistrements simultanés dans un seul sillon on peut employer les deux formes de modulation, une étant horizontale et l’autre verticale.Un seul lecteur transmettra à deux générateurs, montés perpendiculairement, deux vibrations qui produiront l’effet désiré.Ils fourniront individuellement la proportion d’énergie équivalente au mouvement appliqué.27 ./:;rf fS3^- «Bae JzCJ-r"?-™: r.wuwa.Phonographe automatique moderne « Symphonie ».// emploie des disques de toutes dimensions ; vitesse de rotation variable.Joue une série de disques sans aide, ni interruption.Le mouvement combiné de la pointe lectrice sera le résultat des deux enregistrements et pourra ressembler, analogiquement, à un véhicule circulant dans les montagnes où les courbes et les côtes se multiplient sans cesse.Ce procédé satisfait les exigences de la méthode dite verticale-latérale.Cette déignation représente une relation de 90 degrés et est considérée ainsi par rapport à la surface du disque.L’observation ci-dessus nous apporte les éléments de base de la deuxième méthode, c’est-à-dire bilatérale.Nous retrouvons cette relation de 90 degrés dans les flancs mêmes du sillon.Etant gravé en Y, chaque flanc aura donc un angle de 45 degrés par rapport à la surface du disque, d’où son appellation de méthode 45/45.En refoulant et gonflant les parties latérales du sillon nous obtenons infailliblement deux enregistrements simultanés.Ainsi l’aiguille actionnera les deux générateurs, qui, cette fois, seront basculés de 45 degrés de façon à correspondre à leur sensibilité maximum.Les illustrations de la page précédente expliquent la nature des enregistrements, ainsi que les méthodes de reproduction.Il est à noter que le procédé monaural vertical est maintenant non-existant, de même que le système stéréo vertical-latéral.On a constaté que dans ces systèmes, comme on le signale au début, les ondulations au fond du sillon s’effritent par l’inertie verticale du bras lecteur.Nous avons donc à l’heure actuelle le système monaural latéral et le système stéréophonique 45/45 qui, selon toute proba-lité, demeureront les plus populaires.Toutefois, au moment de rédiger cet article, la compagnie Columbia Broadcasting System soumettait à l’industrie un nouveau disque stéréophonique appelé compatible.Que veut dire ce mot dans le langage des techniciens ?Voici.On sait qu'il est impossible d’obtenir de bons résultats avec un disque stéréo sur une reproducteur monaural et vice-versa.Or cette compagnie possède le procédé idéal qui permet cette compatibilité des deux systèmes reproducteurs.Ce nouveau disque, en plus d’être identique au disque monaural, possède au fond du sillon une ondulation spéciale, correspondant à la différence mathématique instantanée des deux sources nécessaires à la stéréo.Par un procédé électronique complexe, on reconstitue à la reproduction deux sons bien distincts, canalisés séparément.Un amateur qui veut s’équiper en stéréophonie pourra sans crainte utiliser maintenant le disque CBS et s’en servir dans les deux cas ; ceci sans diminuer la qualité et le rendement.L’avenir nous révélera sa valeur.L’ampleur du réalisme de la stéréophonie dépend aussi, dans une certaine mesure, de l’emplacement des systèmes de haut-parleurs.Afin de recréer cette présence dynamique, il faut, pour imiter le mouvement, distancer suffisamment les deux systèmes reproducteurs.En examinant le programme envisagé, il est nécessaire d’orienter les haut-parleurs en fonction de l’espace dont on dispose et du réalisme désiré.Il n’y aura qu’un endroit où l’effet stéréophonique sera le plus marqué et par conséquent restreindra le nombre d’auditeurs.C’est un fait qui confirme qu’il ne s’agit pas de transporter le hall de concert chez-soi, mais plutôt de « nous » transporter là.En terminant, je veux insister sur le fait que la stéréophonie sur disque devient un divertissement commode et sans égal.Je recommande fortement à tous de saisir l’occasion d’entendre ce merveilleux médium de reproduction sonore.BIBLIOGRAPHIE Recording and Reproduction of Sound.Oliver Read.Radio Electronics Magazine.January 1958.Modèle reproducteur dit « Orthophonique » R.C.A.Victor.Il a tous les avantages du phonographe « Symphonie », plus un poste de T.S.F.et naturellement la caractéristique « Haute Fidélité ».28 ***** Sisal ./ .:;" .ut; pl$^àssM[ ::S *& A- .&! Le nouveau chasseur canadien CF 105 « Arrow » dont la vitesse supersonique, 1300 milles à l’heure, et la puissance de montée à plus de 50,000 pieds d’altitude font de cet appareil le plus rapide des intercepteurs du monde.AVION OU MISSILE par AMABLE LEMOINE Pilote aviateur, breveté de l’état-major de l’Air TL y a un an, je publiais dans cette revue (No ^ de décembre 1958) un article sur le chasseur canadien Arrow CF 105.Il venait de sortir des usines Avro, de Malton en Ontario, magnifique de formes, étonnant de puissance, capable de performances qui faisaient de cet appareil un des intercepteurs les plus perfectionnés et les plus rapides du monde.Cet article sur Y Arrow paraissait deux mois après la cérémonie officielle du dévoilement de l’appareil par le général Pearkes, ministre de la Défense, cérémonie qui, en d’autres temps, serait passée aux yeux du public pour une simple parade de routine.Ce n’était pas le cas, car ce jour-là, 4 octobre 1957, alors que M.Pearkes procédait au baptême de Y Arrow, les Russes lançaient avec succès leur premier spoutnik et Nikita Khrouchtchev, secrétaire du parti communiste de l’URSS, narguait les Américains en leur tenant ce langage : Depuis que nous possédons le projectile intercontinental, pouvant lancer des ogives atomiques sur virtuellement toutes les bases occidentales, l’âge du bombardier est passé ; vous feriez mieux de les mettre au feu.Or, cet avertissement de Nikita Khrouchtchev venait confirmer l’opinion du lieutenant-général Guy Simmonds qui déclarait inutile de faire d’autres dépenses pour le développement de nouveaux appareils de combat : c’est de l’argent perdu, affirmait-il.La lutte fut chaude entre les partisans de l’avion et ceux de la fusée.Le baptême de Y Arrow tranchait le conflit et la démission du général Simmonds, comme chef de l’état-major de l’armée canadienne, consacra le triomphe du chasseur d’interception sur l'engin téléguidé.Le général Pearkes admettait bien que nous entrons de plus en plus dans l’ère de la guerre téléguidée, mais, disait-il, je ne crois pas que les projectiles et les bombardiers aient cléfà atteint le point où on doit les considérer en compétition.Or, les Russes n’ayant encore, depuis ce temps-là, brûlé aucun de leurs Migs, M.Pearkes déclarait que les bombardiers seront nécessaires à l’arsenal de l'Ouest pendant plusieurs années à venir.La décision semblait sage et le Ministre de la Défense engagea la Compagnie Avro à pren- 29 ta scion les renseignements qu’il disait avoir ou les informations qu’il n’avait pas : le Gouvernement canadien venait d’ajourner la construction de Y Arrow, sine die selon les uns, provisoirement selon les autres, pour faire un achat massif du projectile américain Bomarc.Etait-ce un changement d’optique dans la stratégie de la défense aérienne ?Beaucoup de gens l’ont supposé ; c’est une erreur.Si le Canada possédait avec Y Arrow le meilleur chasseur du monde, il manquait totalement de projectiles capables d’intercepter les engins ennemis évoluant en haute atmosphère, à 90,000 pieds.Les chasseurs les plus perfectionnés ne dépassent pas l’altitude de 50 à 60,000 pieds ; il fallait donc combler cette lacune au plus vite.C’est pourquoi les millions prévus en 1957 pour la fabrication en série du CE-105 furent destinés, en 1958, à l’acquisition du missile Bomarc, dont l’efficacité est parfaite entre 50 et 100,000 pieds.Les usines Avro devront donc non seulement maintenir en bon ordre tout leur équipement de fabrication, mais continuer leurs essais de perfectionnement du prototype CE-105.La commande de Y Arrow est retardée jusqu’en mars 1959, mais non annulée, car tant que les Russes conserveront leurs chasseurs tout temps, équipés comme les nôtres d’engins à explosif nucléaire, il serait de la dernière imprudence d’abandonner l’avion pour le missile ; les deux sont indispensables aujourd’hui pour intercepter, chacun dans sa zone de moyenne et haute altitude, tout engin porteur d’une bombe atomique, sur sa route d’aller et non plus, comme jadis, sur sa route de retour.LE MISSILE TELEGUIDE « BOMARC » Il y a 12 ans, un groupe d’ingénieurs eut l’idée de construire un projectile téléguidé sol-air dans le but d’intercepter les avions ennemis, quand ceux-ci sont encore à une très grande distance des frontières américaines.Le premier type conçu fut fabriqué par la compagnie Boeing pour la US Air Force ; il portait la marque IM-99, nom formé des initiales de deux termes : Interceptor Missile.C’était un projectile téléguidé, donc sans pilote, possédant une vitesse supersonique et opérant à des altitudes extrêmement élevées.Au moment de la création de la fusée Bomarc, la compagnie Boeing avait à sa disposition une profusion de données techniques acquises lors de la production du G AP A (Ground to Air Pilotless Aircraft — Avion sans pilote guidé du sol) .Le premier lancement de 112 GAPA avait été effectué en 1946 ; pendant quati'e ans, les Le missile Bomarc, propulsé au départ à l’aide de moteurs-fusées, peut atteindre une altitude dépassant 100,000 pieds, avec une vitesse qui triple celle du son.dre ses dispositions pour une fabrication en série du CF 105, dans les douze mois qui suivraient la remise officielle de Y Arrow à l’ARC.Les constructeurs reçurent donc le chaleureux encouragement : Go-Ahead ! Puis, ce fut le silence ; on n’entendit plus parler de rien, jusqu’à la fin de septembre dernier, où toute la presse canadienne s’empara d’une nouvelle inattendue que chacun commen- 30 Le Bomarc IM-99 possède deux systèmes de propulsion : celui de moteurs de fusées, à carburant liquide, utilisés au moment de l’envol, et celui de moteurs bi-réacteurs qui lui permettent d’atteindre une vitesse de croisière supersonique.Les moteurs des fusées sont fabriqués par YAerojet General Corporation et les bi-réacteurs par la Marquardt Aircraft Corporation.Voici quelles sont les caractéristiques du projectile Bomarc : Envergure des ailes : 18 pieds, 2 pouces.Longueur : Environ 47 pieds.Poids : Environ 15,000 livres.Poussées : — Envol à l’aide de mo- teurs de fusées à carburant liquide.— Croisière supersonique par bi-réacteurs.Triplant celle du son.110 à 120,000 pieds.Cône à explosif puissant.Très longue portée.essais se poursuivirent, apportant sans cesse de nouveaux perfectionnements et c’est en 1949 que l’Aviation américaine fit l’acquisition du projectile GAPA.D’une envergure de 16 pieds de longueur, cet engin atteignait une vitesse de 1,500 milles à l’heure et possédait un pouvoir de destruction à des altitudes variant de 6() à 80,000 pieds.Le programme de fabrication du GAPA fut donc mis sur pied avec l’approbation de l’Aviation américaine en 1949.Deux mois plus tard, on annonçait que l’Université du Michigan participerait aux préliminaires sur le concept d’armes de défense et construirait par la suite, pour la compagnie Boeing, des modèles d’essais, équipés d’appareils divers pour le contrôle au sol.C’est de cet effort mutuel qu’on a obtenu le nom de Bomarc : BO venant du mot Boeing et MARC de Michigan Aeronautical Research Centre, centre qui devint par la suite le Willow Run Research Centre de l’Université du Michigan .Vitesse : Altitude extrême Armement : Autonomie : ¦ —* ; ¦' % I elles sont les caractéristiques du missile Bomarc, dont le Gouvernement canadien vient de faire l’acquisition pour combler la lacune qui menaçait sa défense.Encore une fois, tant que les Russes ne mettront pas à exécution le conseil qu’ils donnaient aux Américains le 4 octobre 1957, tant qu’ils n’auront pas brûlé leurs bombardiers dont ils reconnaissent toujours l’utilité, rien ne nous permet de sacrifier les nôtres, surtout quand nous possédons un intercepteur comme Y Arrow, considéré comme le plus puissant de tous les chasseurs du monde.II faut couvrir la défense de notre ciel jusqu’à plus de 100,000 pieds d’altitude.Avec le CE-105 pour la moyenne atmosphère et le missile Bomarc pour les altitudes supérieures, nous pouvons affirmer que la récente mesure prise par le Ministère de la Défense assure à notre pays, pour le moment, les meilleures garanties de sécurité.Maintenant, que nous réserve le très pro- chain avenir ?Il est évident que l’âge du bombardier touche à sa fin et que 1ère du missile commence.L’Arroiu peut très bien être abandonné avant d’être mis en service ; la fusée Bomarc elle-même peut fort bien être remplacée avant peu par la roquette antimissile Nikè-Zeus.L’avenir seul le dira, la défense tactique devant se plier aux besoins les plus imprévus.L’avion militaire finira-t-il par disparaître complètement au profit de l’engin téléguidé ?C’est possible, mais il est possible aussi qu’on ait encore recours à ses services, comme récemment la suppression des régiments de cavalerie, en faveur des groupes de chars d’assaut, a maintenu dans l’armée certains éléments montés indispensables pour les liaisons ; comme jadis l’invention des armes à leu a condamné la lutte au sabre et à l’épée ; et pourtant, ne voit-on pas encore aujourd’hui, au bout de nos fusils les plus perfectionnés, un vestige du moyen âge, ce sabre miniature qu’on appelle baïonnette ?Le missile Bomarc, encadré d’un chasseur canadien à gauche et d’un intercepteur américain à droite.m* wjmi :«#P ijj .*! ¦ *-, * * *• TW* Quelques animaux géants disparus depuis des millions d’années par JACQUES BOYER PAR sa création de la Paléontologie, le naturaliste Georges CUVIER (1769-1832) nous a fait connaître les animaux fossiles.Les lois de cette science qu il a fondée lui ont permis de figurer des êtres disparus voilà des millions d’années.Il a, en particulier, montré que « tout être organisé forme comme un ensemble, un système unique et clos dont les parties correspondent mutuellement et concourent à la même action définitive par une réaction réciproque.Chacune de ces parties prise isolément indique et donne toutes les autres.Par conséquent, la classe, le genre et jusqu’à l’espèce se trouvent exprimés dans la forme de chaque partie ».Il suffit donc de posséder un os d’un sujet pour le représenter en entier, exactement.Depuis cette époque, les paléontologues ont pu utiliser les restes fossilisés qu’ils trouvèrent dans divers terrains pour faire revivre sous nos yeux le monde qui vécut successivement sur- notre planète, au cours de l’immensité des âges.A notre tour, suivons les chasseurs de fossiles dans leurs randonnées et les reconstructeurs de puzzles fossiles.Regardons enfin ces experts taxidermistes ressusciter des Mammouths, des Diplodocus ou des Reptiles géants, qui peuplaient les pays marécageux, d’aspect apocalyptique, de notre planète voilà des millénaires.On rencontre des débris fossiles dans de nombreuses régions d’Europe, d’Australie, d’Afrique Centrale ou d’Amérique.Mais avant de les parcourir palla pensée, donnons un aperçu des périodes géologiques pendant lesquelles vivaient les grands monstres que nous allons décrire.On les divise en 4 grandes ères de durées inégales.La plus ancienne, l’ère primaire, équivaut à celles des 3 autres réunies.L’ère secondaire est plus longue que l’ère tertiaire, tandis que la dernière, très courte, l’ère quaternaire, voit l’apparition de l’homme.De son côté, 1 ère primaire fut subdivisée par les géologues en 5 périodes (Cambrienne, Silurienne, Dévonienne, Carbonifère et Permienne).Ces noms ont pour origine des terrains riches en fossiles : le pays de Galles (Cambria), des gisements de Silures, le Comté de Devon ; des filons de houille ou le district de Perm (Russie Soviétique).Ceci dit, revenons à nos Reptiles terrestres gigantesques, tels les Dinosauriens, le célèbre Diplodocus, dont la longueur dépassait parfois une soixantaine de pieds, ou le Triceratops, au crâne cuirassé de 3 cornes acérées, à la denture puissante.Tels sont les plus étranges représentants de l’ère secondaire.Dans les calcaires de Solenhôfen, en Bavière, on a déterré un animal préhistorique encore plus extraordinaire : YAr-cheoptryx volant, dont le corps tient à la fois de l’oiseau et du reptile.Enfin, depuis le mois de juin 1958, figure au Muséum de Chicago (Illinois) un magnifique exemplaire d’un Brontosaure énorme, reconstitué par Orville-L.Gilpin.Mammouth (Musée de Lyon, France).Cet extraordinaire Elephas-primi genius fut découvert dans le sous-sol argilo-sablonneux d’une rue de Lyon.33 Assemblage, sous le microscope binoculaire, de débris fossiles pour reconstituer un squelette d’ichtyosaure.ANCIEN ET NOUVEAU-MONDE Sous la vive impulsion des professeurs Marsh et F.Orborn, les paléontologistes du Nouveau-Monde ont exploré les vastes territoires presque vierges des Etats-Unis, d’où ils ont exhumé des monceaux d’animaux fossiles.Grâce à ces heureuses trouvailles, ils ont ressuscité d’extraordinaires vertébrés qui ornent les remarquables galeries de plusieurs Muséums d’histoire naturelle (Princeton University, Universités de Californie, de Pittsburgh, de Chicago, de New-York, etc.).Que de trésors paléontologiques n'y voit-on pas ?On y peut étudier par exemple des séries de Camélidés, l’évolution du cheval (Equus complicatus) et bien d’autres types fossiles, du Jurassique à l’Eocène, ainsi que des mammifères tertiaires.Arrêtons-nous sur le tameux Diplodocus lougus.C’est un Sauropède à jambes longues et minces.Il mesure 80 pieds de longueur.Son cou extraordinairement allongé, sa tête très petite et délicatement formée, sa queue longue, puissante, terminée en pointe, lui donnent une originale physionomie.Près de lui voisine, au Musée Carnegie, un Brontosaure dont les restes furent découverts dans les mêmes gisements géologiques.Sa grandeur massive, son cou plus court et moins fin, ses membres plus lourds, sa queue moins allongée contrastent avec Jes organes correspondants du Diplodocus.Ces superbes Squelette d’un tyranosaure reconstitué à 1 ’“American Museum” de New-York.Les deux personnages donnent l’échelle de ce monstre antédiluvien. é- ,
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.