Popular technique / Technique pour tous / Ministère du bien-être social et de la jeunesse, 1 mars 1959, Mars
MARS 1959 MARCH POPULAR POUR TOUS POPULAR POUR TOUS La revue de l’Enseignement spécialisé de la rjp AVTMrE de CNT TnTAGC" The Vocational Training /Magazine of the AvQ9 V llNv^LI.0j vJ L-.D L-, \w Ministère de la Jeunesse Department of Youth Mars March 1959 Vol.XXXIV No 3 Rédaction Editorial Offices 294, carré ST-LOUIS Square Montréal (18), P.Q.- Canada Directeur, Robert Prévost, Editor Secrétaire de la rédaction, Eddy MacFarlane, Assistant Editor Rédacteur, Jacques Lalande, Staff Writer Conseil d’administration Le conseil d’administration de la revue se compose des membres du Conseil des directeurs des Ecoles de l’Enseignement spécialisé relevant du ministère de la Jeunesse (Province de Québec).Board of directors The magazine’s Board of Directors consists of the members of the Principal’s Council of Vocational Training Schools under the authorities of the Department of Youth (Province of Quebec).Président — President Jean Delorme directeur général des études de l’Enseignement spécialisé Director General of Studies for Technical Education Directeurs — Directors -m m , adjoint du directeur général des études MAURICE .BARRIERE Assistant Director General of Studies directeur, Office des Cours par Correspondance Director, Correspondence Courses Bureau directeur des études pour les Ecoles de Métiers Director of Studies for Trades Schools Institut de Technologie de Montréal Monti eal Institute of Technology _ Institut d*s Arts GrnDhiqu#>s L.-JtHILIPPE BEAUDOIN Graphic Arts Institute Sonio Robitatlle Gaston Tanguay Rosario Bélisle Gaston Francoeur Institut de Papeterie Paper-Making Institute Jean-Marie Gauvreau Institut des Arts Appliqués Applied Arts Institute Georges Moore Institut des Textiles Textiles Institute Institut de Technologie de Québec Quebec Institute of Technology Darie Laflamme J.-F.Thériault Marie-Louis Carrier r* k r* Inst, de Tech, de Rimouski et Inst, de Marine LiHAN.ANTOINE UrAGNON Rimouski Inst, of Technology and Marine Inst.Institut de Technologie des Trois-Rivières Trois-Rivières Institute of Technology Institut de Technologie de Hall Hull Institute of Technology Albert Landry Institut de Technologie de Shawinigan Shawinigan Institute of Technology •j-, rp j ' Ecole des Métiers Commerciaux r AUL-JtLMILE LÆVESQUE School of Commercial Trades Omer Gratton Roger Laberge Ecole de Métiers du Cap-de-la-Madeleine Cap de la Madeleine Trades School Ecole de Métiers de Plessisville Plessisville Trades School Secrétaire — Secretary Wilfrid W.Werry directeur adjoint, Institut de Technologie de Montréal Assistant Principal, Montreal Institute o] Technology Administration Business Offices 8955, rue ST-HUBERT St.Montréal (11) P.Q.Canada Administrateur, Fernand Dostie, Administrator Secrétaire-trésorier, Omer Desrosiers, Secretary Treasurer Abonnements Subscri plions Canada : $2.00 Autres pays - $2.50 - Foreign Countries , rv numéros par an L U issues per year Autorisé comme envoi postal de 2e classe, Min.des Postes, Ottawa Authorized as 2nd class Mail, Post Office Dept., Ottawa « La seule revue bilingue consacrée à la vulgarisation des sciences et de la technologie » NOTRE COUVERTURE Les exigences de l’industrie s’avèrent de plus en plus grandes pour ce qui est de la précision.Cet appareil optique permet l’examen, sur un écran, du pas d’un écrou grossi plusieurs fois, afin d’en déceler les imperfections.' , FRONT COVER Machine shop tolerances require more precision as tools are perfected.This optical comparator permits visual checking, on a screen, of bolt threads which are magnified several f times.Westinghouse Sources Credit lines Pp.4-8: Westinghouse Engineer; pp.9-12: Chemins de Fer Nationaux du Canada; pp.13, 15 & 17: Science Service, Washington; pp.20 & 21: Central Feature News, Inc.; p.23: Montreal Daily Witness; pp.24 & 25; L’Album Universel; pp.26 & 27: Montreal Daily Witness; p.29: Science Service; pp.31-37: Eddy-L.MacFarlane; pp.38 & 39: Service provincial de Ciné-photographie; pp.40 & 42: Central Feature News, Inc.; p.43: Science Service; p.44: a The Canadian General Electric Co., Ltd.; * p.45: Institut de Marine; p.46 (haut): Studio Lauzanne; p.46 (bas) : Ecole de Métiers de Victoriaville; p.47: Marcel Cognac; p.48: Photo Moderne, enrg.; p.49: Ecole des Métiers Commerciaux; p.50: Ecole de Métiers de Port-Alfred; p.51: Eddy-L.MacFarlane; p.52: Science Service.tiree Summary d’un livre d’heure manuscrit du XVIe siècle.Le semeur — Miniature u La Centrale atomique Shippingport .4 Terre-Neuve par Hermas B asti an .9 1958 Science Review by Watson Davis .13 Le verre tient une grande place dans la vie moderne .20 Edison Experiments You Can Do — The Electric Pen 22 Une envolée en ballon à Montréal, il y a 80 ans, par Robert Prévost 23 Des mains artificielles pourvues d’empreintes digitales par John W.Robinson 28 Des cargos aériens iront d’un océan à l’autre en deux heures par A.-L.Baun 30 Heurs et malheurs d’une abbaye — Cadouin et son suaire par Eddy-L.MacFarlane 31 Le « Conseil des Arts et Manufactures » 38 Quelques faits sur le tabac 40 New Machines and Gadgets .43 Nouvelles de l’Enseignement spécialisé .45 Le nouveau navire-école arrivé à Halifax — Un élève masculin a dessiné la robe de « Sa Majesté » Michèle 1ère — Bourse Athlone à un ancien élève de Victoriaville — 11 n’y a pas de sots métiers — Visite industrielle à Grand’Mère — Succès d’élèves de l’Ecole Louis-Braille — L’Enseignement spécialisé doit se garder de former des robots — Un nouvel Institut de Technologie : celui de Lauzon — Les Métiers Commerciaux se distinguent au Salon Culinaire — Plus de quatre millions de dollars en bourses — Créations d’élèves à un défilé de haute couture — Triple visite industrielle — « Vers la Compétence » présenté par CBFT.« The only bilingual magazine devoted to the popularization of science and technology » A LA CENTRALE ATOMIQUE DE SHIPPINGPORT, MISE EN PLACE D’UN BLOC D’ALIMENTATION DANS LE NOYAU DU REACTEUR.irama» ¦ : '* f , La Centrale atomique Shippingport LA REVUE WESTINGHOUSE ENGINEER CONSACRAIT L’UN DE SES RECENTS NUMEROS A LA DESCRIPTION DE LA STATION SHIPPINGPORT, LAQUELLE UTILISE L’ENERGIE ATOMIQUE POUR LA PRODUCTION DE L’ELECTRICITE.NOUS AVONS OBTENU DES EDITEURS DE CETTE PUBLICATION LA PERMISSION DE FAIRE PARAITRE UNE VERSION FRANÇAISE DE CE DOCUMENT.NOUS EN PRESENTONS ICI LA PREMIERE TRANCHE.CONCEPTS DE BASE D'UNE CENTRALE A REACTEUR A EAU PRESSURISEE Traduction de Jacques DAIGNAULT, surintendant des ateliers, Administration des Ecoles de Métiers EN notre ère de développement de l’utilisation de l’énergie nucléaire, des usines de pouvoir de différentes formes, puissances et descriptions ont été proposées.Plusieurs stations électro-nucléaires sont à un stage avancé d’élaboration, et quelques-unes sont en chantier.Aux Etats-Unis, près de Pittsburgh, la Centrale Shippingport est la seule et unique usine de dimensions importantes, complétée dans ce pays, qui transforme l’énergie nucléaire en énergie électrique pour l’usage public.Sous plusieurs aspects, cette réalisation a son importance.Premièrement, elle représente un jalon significatif dans les progrès de l’énergie nucléaire aux Etats-Unis.Egalement importantes sont les expériences et la technologie acquises pendant la construction, et plus encore celles qui en découleront pendant le fonctionnement.La valeur de ces connaissances ne doit pas être sous-estimée.Aujourd’hui, presque tout réacteur nucléaire est une aventure sans précédent, mais de ces usines nous viendront les informations nécessaires à l’amélioration des entreprises futures.Bien qu’un système nucléaire puisse être projeté rapidement sur papier, seuls la construction et la mise en oeuvre dévoilent les problèmes réels et commandent leur solution immédiate.La Station Shippingport représente donc un pas marquant dans l’amélioration des futures usines électro-nucléaires.La Station Shippingport a comme source d’énergie calorifique un réacteur à eau pressurisée (le traducteur se permet ce néologisme technique qui représente une traduction plus exacte de l’eau sous pression).Quoique plusieurs réacteurs expérimentaux, de différents types, aient été construits à échelle réduite, la technologie du réacteur à eau pressurisée (du même type que celui utilisé à bord du sous-marin Nautilus) est des plus développée, perfectionnée, et justifie son emploi pour la station Shippingport.On dit souvent que la différence fondamentale, entre une usine d’énergie nucléaire et une usine électrique conventionnelle, est la source de chaleur.(On sous-entend par usines électriques, les centrales électriques fonctionnant à la vapeur).Quoique souvent utile, cette comparaison, comme tout avancé populaire, simplifie grossièrement la situation.En plus d’être une source calorifique radicalement nouvelle, la section nucléaire de l’usine affecte d’une manière particulière la conception d’ensemble de la centrale et de son opération.Considérons le principe de base du système à eau pressurisée.Tel qu’indiqué à la figure 1, un système à eau pressurisée se compose de deux parties principales : le système primaire, comprenant le réacteur nucléaire dans lequel la chaleur est générée, et un sys- tème secondaire, dans lequel l’énergie calorifique est transférée pour le fonctionnement des turbines à vapeur.Dans le système primaire, l’eau poussée à travers les éléments à combustibles nucléaires du réacteur absorbe la chaleur et circule ensuite dans le générateur de vapeur ou échangeur calorifique.A ce point, la chaleur est transférée à l’eau s’écoulant dans le système secondaire.La haute pression exercée dans le système primaire prévient l’ébullition de l’eau.Le système secondaire, étant à une pression relativement basse, permet la vaporisation de l’eau sous la forme nécessaire à l’entraînement de la turbine.Le réacteur doit contenir assez de combustible fissionnable pour former une masse critique, c’est-à-dire capable de supporter une réaction nucléaire à chaîne.Cette réaction à chaîne peut être amorcée, arrêtée ou contrôlée par les tiges avides de neutrons dont l’insertion dans le réacteur diminue la puissance, ou dont le retrait augmente le rendement en puissance du réacteur.Un réacteur à eau pressurisée présente plusieurs réalisations intéressantes.Un fait important est la séparation physique du circuit primaire et du système secondaire, c’est-à-dire : l’eau du système primaire ne se mélange pas au secondaire, confinant ainsi au système primaire les particules radioactives ou les produits de la fission qui auraient pu s’échapper dans l’eau de de ce système.On évite ainsi la contamination radioactive de l’eau du système secondaire, permettant alors son entretien pendant les opérations.Un autre facteur important du système à eau pressurisée est le concept fondamental de l’usine, qui tend à restreindre au réacteur les sources de radioactivité.L’eau maintenue à un haut degré de pureté minimise les particules radioactives (dans le système), et seul un défaut dans l’enveloppe du carburant peut laisser échapper les produits de la fission dans le système primaire.Exception faite du réacteur lui-même, l’entretien et le service du système primaire peut être fait en PIG.1—DIAGRAMME SIMPLIFIE D’UN SYSTEME A EAU PRESSURISEE.I tiges de contrôle 'turbine générateur de vapeur circuit primaire circuit secondaire condensateur pompe réacteur uranium pompe équipement secondaire pressurisateur eau d'alimentation vapeur vers( venant du condensateur vapeur vers la turbine la turbine équipement secondaire équipement secondaire m * chambre de bouilloire hublots d'accès q i*p/ii ilnp rv-i & r\ 4* hublot de réalimentation sphère du réacteur SECTION D’UN MODELE A ECHELLE REDUITE MONTRANT L’AGENCEMENT PHYSIQUE DE L’USINE.quelques minutes après l’arrêt du réacteur, même si des particules radioactives se sont échappées dans l’eau de ce système.Plusieurs raisons motivent la pressurisation du système primaire.La raison majeure est de prévenir l’ébullition dans le réacteur.Certains systèmes nucléaires permettent l’ébullition dans le réacteur en employant un procédé de fission différent.Le système à eau pressurisée est conçu pour favoriser le travail des neutrons thermiques lents.L’eau du système remplit le double rôle de refroi-disseur et de modérateur de neutrons.La fission libère des neutrons voyageant à haute vitesse, et leur collision avec les molécules d’eau dissipe une partie de leur énergie.Ces neutrons ralentis sont dits thermiques et sont les plus efficaces pour déclencher la fission dans l’uranium 235.Si on permet- tait l’ébullition de l’eau dans le réacteur, la vapeur étant un modérateur pauvre, le procédé de la fission serait ralenti faute de neutrons thermiques.Dans un tel cas, la puissance du réacteur oscillerait à cause d’un autre facteur appelé le coefficient négatif de température.En plus, l’ébullition pourrait causer des points plus chauds, ou encore la fusion des éléments carburants.Un des atouts les plus importants du réacteur à eau pressurisée est qu’il peut être conçu pour avoir un coefficient de réactivité à température négative, d’où résulte cette qualité inhérente au réacteur de maintenir sa puissance au niveau prédéterminé.Une baisse de la température de l’eau arrivant au réacteur stimule dans ce dernier une production croissante de chaleur ; une hausse de la température de l’eau arrivant au réacteur produit l’effet contraire.Il en résulte que dans un système à eau pressurisée, le réacteur s’ajuste de lui-même automatiquement à la demande de puissance, sans l’aide d’appareils de contrôle.Cet ajustement automatique de puissance s’avère efficace pour les variations normales de charges dans le système électrique ; cependant l’usage des tiges de contrôle demeure nécessaire pour les grands écarts de charge.LA CENTRALE DE POUVOIR Si le principe du réacteur est souvent simple, la réalisation de l’usine présente de nombreux problèmes.Les éléments de l’usine et les différents systèmes connexes doivent être conçus de pair, élaborés et testés de façon à ce que chaque partie soit en relation étroite avec le tout.Depuis les plans jusqu’à l’usine complétée, le pas est grand.En dépit du fait que ce genre de réacteur fut l’un des premiers en son genre, des caractéristiques spécifiques furent projetées pour satisfaire à la demande du réseau électrique.Plusieurs devis furent élaborés par la Commission d’Energie Atomique pour guider la compagnie Westinghouse dans ce projet : L’usine devait avoir un rendement électrique net de 60,000 kilowatts à 600 lbs de pression de vapeur.Le réacteur devait être refroidi par de l’eau ordinaire à 2,000 lbs par po2 de pression.Le premier noyau devait avoir une vie de 3,000 heures à plein rendement, la réalimentation du noyau devant s’accomplir avec le minimum d’arrêt.Le système de contrôle du réacteur devait être aussi simple que possible.Aussi souvent que cela pouvait se faire, de l’équipement commercial devait être utilisé.Le coût d’opération de l’usine devait être maintenu au minimum en concordance avec les devis ci-haut.L’usine comprend un système primaire et un système secondaire semblable au simple concept de base.L’élément clé est le réacteur nucléaire.La chaudière du réacteur, qui a quelque 33 pieds de hauteur et environ 9 pieds de diamètre intérieur, contient le noyau nucléaire.Le noyau est un assemblage de plaques et de tiges présentant la forme générale d’un cylindre de 6 pieds de haut et de 6 pieds de diamètre.Les plaques de ce noyau sont d’uranium enrichi enveloppé d’un alliage de zirconium pour les protéger de l’eau chaude ; des tubes d’alliage de zirconium remplis de cachets d’oxide naturel d’uranium (UO2) forment les tiges. « Le noyau du R.E.P.(réacteur à eau pressurisée) est du type « germe et couche » ; des éléments d’uranium enrichi constituent le « germe », et des éléments d’uranium naturel, la « couche ».Une autre partie importante du réacteur est la tête de la chaudière.Cette tête comporte le mécanisme moteur des tiges de contrôle.Les 32 tiges de contrôle sont en hafnium et peuvent être insérées ou retirées du noyau du réacteur pour en changer le degré de puissance ou pour amorcer ou arrêter la réaction nucléaire.Une quantité considérable d’instruments ainsi que des hublots d’alimentation sont localisés dans la tête de la chaudière.La fission de l’uranium dans le « germe » et dans la « couche » dégage de la chaleur.L’eau admise par le fond de la chaudière à une température de 508° F.circule dans le noyau du réacteur en absorbant de la chaleur et sort par la tête à 538° F.Elle est alors pompée directement au générateur de vapeur ou échangeur calorifique, d’où la chaleur est transmise au système secondaire.Du générateur de vapeur, l’eau retourne à l’aide d’une pompe à la bouche d’admission, sous le réacteur.Le système primaire possède un nombre de sous-systèmes.Ils comprennent : un appareil pour maintenir le système sous une pression de 2,000 lbs et des appareils pour échantillonner et purifier continuellement l’eau.Ces sous-systèmes seront décrits en détails dans les chapitres subséquents.La pompe utilisée dans le système primaire donne une idée des difficultés présentées par le développement d’une usine nucléaire.Un facteur prohibait l’emploi de pompes conventionnelles, bien que celles-ci eussent la grosseur et la capacité requises pour le système primaire.Les pales d’une pompe ordinaire tournent dans le liquide et sont reliées au moteur par un arbre.Un joint autour de l’arbre prévient les fuites de liquide (Fig.2A) ; cependant, même dans les pompes de grande qualité, ce joint laisse passer un peu de liquide.Dans un système nucléaire, le liquide à être pompé pouvant contenir des particules radioactives, les fuites doivent être positivement réduites à zéro, et une solution différente dut être trouvée pour le système du R.E.P.Une pompe avec moteur emboîté dont les pales, l’arbre et le rotor du moteur électrique sont dans le liquide (Fig.2B), fut la solution.L’usine du R.E.P.utilise deux types différents de générateur de vapeur afin d’obtenir plus de données sur ces appareils.L’un est formé de centaines de petits tubes droits dans lesquels circule l’eau venant du réacteur.L’eau du système secondaire s’écoulant autour de ces tubes est transformée en vapeur humide et, en passant dans le tambour, le surplus d’humidité est enlevé.Cette vapeur alimente ensuite la turbine.Dans l’autre échan- DIAGRAMMES SIMPLIFIES D’UNE POMPE CONVENTIONNELLE ET D'UNE POMPE AU MOTEUR ENROBE.FIG.2-A FIG.2-B moteur arbre- joink.'arbre £ geur calorifique, l’eau du système primaire circule dans un assemblage en forme de « U ».Dans le système secondaire, la vapeur, après avoir actionné la turbine, passe au condensateur et est retournée par la pompe au générateur de vapeur.Le générateur à turbine, d’une capacité maximum de 100,000 KW, est actionné par une unité à piston simple.La consommation de vapeur à 100,000 KW est de 11,835 B.T.U.par KWH.La turbine à vapeur fonctionne à une pression plus basse et a de plus fortes dimensions que les turbines conventionnelles de conception analogue.Quoiqu’un seul système primaire ait été décrit, il existe en vérité quatre réseaux, chacun possédant sa propre pompe et son générateur de vapeur, qui s’alimentent de la chaleur du réacteur et fournissent la vapeur à la turbine.CHOIX DES LIMITES DE L’USINE Définir les conditions d’opération d’une usine nucléaire à R.E.P.était une lourde tâche comme le démontre le tableau ci-contre indiquant les données-limites ou paramètres caractéristiques, de la centrale.DONNEES-LIMITES DU R.E.P.Paramètres caractéristiques Puissance du réacteur Puissance électrique brute Puissance électrique nette Pression de vapeur à pleine charge Pression normale opérante du système Pression maximum projetée Limites de puissance électrique générée (avec contrôle automatique du réacteur) Limites de puissance électrique générée (sans contrôle automatique, en répondant à la demande) Nombre de circuits primaires Température moyenne à l'admission Température moyenne à la sortie Poids de l'uranium naturel Poids de l'uranium enrichi 75 Kg 790 x 10b B.T.U./hre 68 MW 60 MW 600 lbs/po2 2,000 lbs/po2 2,500 lbs/po2 10 MW à maximum 20 MW à maximum 4 508°F.538°F.14.16 tonnes (environ 165 livres) Le coût, les problèmes d’agencement et une multitude d’autres facteurs affectaient le résultat qui fut un compromis entre les éléments en conflit.Plusieurs exemples, qu’il serait trop long d’exposer en détail, démontrent la nature de ces problèmes.De hautes températures dans le système primaire signifient un plus haut rendement calorifique, mais requièrent aussi une plus haute pression pour prévenir l’ébullition dans ce système.En général, le coût et les dimensions des accessoires d’une usine à réacteur augmentent avec la pression.Une pression de 2,500 lbs/po2 (2,000 lbs/po2 de pression au fonctionnement) représente le compromis entre les deux considérations précitées.La température du liquide et sa vitesse de circulation sont déterminées par le choix d’un équilibre entre des facteurs comme : le pompage, le coût de la force motrice, le coût du générateur de vapeur et le coût du noyau du réacteur, ce dernier étant lui-même influencé par la surface du noyau et l’émission de chaleur permise.Pour une température d’admission et une charge calorifique données au réacteur, le coût du noyau décroît et le coût du pompage augmente avec la vitesse de circulation du liquide.Le coût du noyau augmente et le coût de l’échangeur calorifique diminue pour une plus haute température moyenne du liquide.Les surfaces du générateur de vapeur coûtent beaucoup moins que les surfaces du noyau du réacteur ; alors, on doit profiter de cet avantage le plus possible. Les pertes de pression dans le système doivent être réduites au minimum pour restreindre la puissance fournie aux pompes ; cependant le coût du réacteur justifie souvent un montant considérable pour le pompage.La pression de la vapeur saturée de l’échangeur calorifique doit être aussi haute que le permettent ses relations avec les autres limites du système.En demeurant dans la gamme des pressions du R.E.P., une plus haute pression de vapeur et de plus hautes températures signifient un plus haut rendement calorifique et une baisse du coût par KW.L’usage de pressions relativement basses de vapeur saturée exige une circulation plus considérable de vapeur, et par conséquent une turbine plus grosse pour la même production en kilowatts que celle normalement utilisée dans les centrale^* modernes.AGENCEMENT PHYSIQUE DE L’USINE Le système primaire en son entier est sous terre.Un soin extrême a été pris pour parer à toute éventualité et pour établir une protection contre tout hasard dans l’usine.Pour cette raison, le système primaire est renfermé dans quatre contenants.Un de ceux-ci est une sphère de 38 pieds et abrite le réacteur.Les trois autres sont de forme cylindrique, recouverts d’un hémisphère ; le premier et le second renferment deux circuits primaires chacun ; dans le troisième se trouvent le pressurisateur et l’équipement secondaire.Ces contenants sont construits en plaques d’acier d’un pouce d’épaisseur, et représentent un montant appréciable.Peut-être qu’un jour, on pourra les éliminer, mais présentement, ils servent comme mesure sécuritaire supplémentaire pour la prévention d’un accident peu probable.En cas de fuite d’éléments radioactifs, même de vapeur, toute la contamination serait confinée à ces unités.Par surcroît, un mur de béton de 5 pieds d’épaisseur environne ces contenants et sert en même temps d’écran radiologique et de bâtisse à l’usine.Le générateur à turbine même est situé à l’extérieur, sur une terrasse au-dessus de l’usine de trois étages contenant l’équipement des turbines, les appareils pour le traitement de l’eau et les instruments et accessoires des systèmes secondaires.La Duquesne Light Company dessert une région métropolitaine incluant la ville de Pittsburgh.Avant que la Station Shippingport ne fût complétée, la capacité du système électrique était de 1.207.000 KW.Le système fait partie d’un grand réseau de 32,000,000 KW.Le maximum de la charge s’atteint dans le jour, à cause des industries qui consomment 55% de la production d’électricité : plusieurs aciéries et maints fours électriques de dimen-sions colossales.Ce genre de charge donne, comme caractéristiques du système, des résultats erratiques et variables, et la production d’électricité doit varier rapidement entre 60.000 et 80,000 KW, à intervalles fréquents.La faculté d’une centrale à R.E.P.à varier sa production d’électricité est égale à celle de la moyenne des centrales à haute pression de vapeur et à bouilloires à charbon de la compagnie Duquesne Light ; la centrale à R.E.P.est même plus flexible.Le réacteur étant essentiellement auto-régulateur, la stabilité pendant les variations est plus au point qu’avec l’équipement précité.Basée sur une charge maximum possible de 100 MW, la centrale à R.E.P.doit prévoir des variations graduelles de plus ou moins 15 MW, à raison de ^ 3 MW par seconde, ou encore de plus ou moins 20 KW, à raison de 0.4 MW par seconde ; ou de variations par à coup de plus 15 MW ou moins 12 MW.Cette centrale est donc projetée pour faire partie intégrale du réseau de distribution électrique de la Duquesne Light Company.Cette description condensée de la Centrale Shippingport ne laisse qu’entrevoir faiblement les complications du projet, de l’installation et de l’opération ^ des différents secteurs du système.Des articles subséquents traiteront en détail de ces systèmes et de leurs accessoires.ON VOIT AU CENTRE DE LA PHOTO L’EDIFICE ABRITANT LE REACTEUR. ¦ ¦ .A \ _ .•_*.%', lé #¦ •*,.str‘oiTj^C* * 4 ^*1 AVEC LES MINES ET LA PECHE.L’INDUSTRIE DU PAPIER EST FLORISSANTE.r' » ViPfii •C3SS -""li *t?es ¦ «m»» ***»•«** : A.¦ * G.JL .21 EDISON EXPERIMENTS you can do (eleventh and last of a series) The Electric Pen ONE unusual characteristic of Edison's genius was that he was not hindered by the fact that machines that he needed to work with had not yet been invented.He just went to work and invented them himself or helped others to perfect them for his use.Edison wanted to find a way to make multiple copies of business papers.The typewriter, although it had been invented, was still a very poor instrument in the early 1870's and not in general commercial use.Yet Edison went ahead and invented what led to the mimeograph, now familiar in all business offices.It was Edison who conceived the idea of perforating a stencil and forcing ink through the holes to produce copies of a design or of letters.He made many experiments to find the best material to use for ink.He carefully selected the paper to give the best results.And he invented an electric pen that would make a series of fine perforations in paper if drawn along the lines to be copied.Experiment Number 1.For this experiment, use a large plate or you can use something like a bread board covered with wax paper.Drop on it a small quantity of each of the following : Castor oil, olive oil, cod-liver oil, bacon fat and glycerine.Leave plenty of space between them so that they won't run together.Have a watch or other timer ready.Lay a sheet of paper over the drops of oil and see how quickly each one comes through the paper.You can use newspaper, brown wrapping paper, a paper towel, or, preferably, mimeograph paper.Edison found that the olive oil came through first.The castor oil came through fourth.The glycerine did not come through for some time.Experiment Number 2.Try mixing glycerine with carbon black.Edison found that even a mechanical mixture seems almost impossible.The lampblack settles out.Experiment Number 3.Try mixing lampblack (carbon) with castor oil.Use an old teacup or bowl and rub the mixture thoroughly with a wooden spoon or flat strip of wood.Edison found that this mixture worked exceedingly well.Experiment Number 4.Thin some printers ink with castor oil.Grind the mixture thoroughly in your teacup mortar.After it is thoroughly mixed lay this aside to try on your mimeograph press.Experiment Number 5.Now it is time to prepare the press.Use a smooth board such as a bread board.Lay a sheet of thin cardboard on it and fasten it down with scotch tape.Put four strips of molding together to form a frame.This frame will hold your stencil.Experiment Number 6.Now make your electric pen.Edison mounted a small, light electric motor on top of a stylus.You can improvise one, using the doorbell used in Experiment 8 from the article entitled : The Etheric Force.Strap a sewing needle to the clapper at right angles to the vibrating part of the bar.(That will be alongside the clapper if you have bent it over away from the bell).You can use bicycle tape, adhesive tape, or masking tape for this purpose.Experiment Number 7.Lay a sheet of paper on a soft surface such as a rubber or plastic sponge.Holding the needle with point straight down, connect the bell with a lantern battery.The needle will now pump rapidly up and down.If you guide it along over the paper, it will make a line of fine perforations, following the outline of letters or of a drawing.This is your stencil.Experiment Number 8.To make copies lay a sheet of paper on the press.Fasten the stencil to the frame and lay the frame down over the paper.Roll a felt covered roller in the ink you have made, and then over the stencil.Force the ink through the perforations of the stencil with the roller.You can lift the stencil, change the paper and repeat the process, making as many copies as you want.This is how multiple copies were made in 1875 in the days before the typewriter was in common use and before we had the mimeograph.Wanted—On Any Terms between YOU AND US, electrical terms are very much a part of our everyday speech, but until we read the following contribution we had hardly realized just how true this was! In our opinion the national dailies have missed a snip! A reward is offered for information leading to the arrest of Eddy Current, charged with the induction of an eighteen-year-old coil, called Milli Henry, found half choked, and with the theft of valuable joules.This unrectified criminal, armed with a carbon rod, escaped from Weston Primary cell, where he had been clapped in ions.The escape was planned in three phases.First, he fused the electrolytes ; he then climbed through a grid, despite the impedance of the warders, and finally ran to earth in a nearby magnetic field.He has been missing since Faraday.Watt seems most likely is that he stole an a.c.motor.This is of a low capacity and he is expected to change it for a megacycle and to return ohm by a short circuit.He may offer series resistance, and is a potential killer.— Reproduced from Distribution oj Electricity, a magazine published in England.22 0 e.IllB MÜA .-ills! LA NACELLE MISE AU POINT PAR CHARLES PAGE.ON TROUVERA DANS L’ARTICLE LA DESCRIPTION DES DIFFERENTS ORGANES INDIQUES SUR CE DESSIN AU MOYEN DE LETTRES.LES ROUES A AUBES DONNENT A CE “DIRIGEABLE” L’ASPECT D’UN DOUBLE MOULIN A VENT.UNE ENVOLEE EN BALLON A MONTREAL, IL Y A 80 ANS ! par Robert PREVOST.de la Société Historique de Montréal L’SOMME rêva longtemps de vaincre la loi de la gravité.Ce sont les Montgolfier (1), pionniers de l’aérostation, qui lui en offrirent le moyen, et les stratèges saisirent vite la portée de cette découverte : lors de l’investissement de Paris par les Allemands, en 1870, Gambetta s’évada à bord d’un ballon et livra d’urgentes dépêches au gouvernement réfugié à Ror-deaux.Un monument a été érigé depuis dans la capitale française pour commémorer cet événement (2).Mais si l’on se passionna pour l’aéronautique en Europe, il ne faut pas croire que cette science toute nouvelle ne connut pas d’adeptes en Amérique.Les inventeurs entreprirent tôt de chercher le moyen de transformer le ballon libre en un appareil dirigeable.Trop d’accidents avaient démontré la témérité de confier sa vie au caprice des vents.A Montréal, c’est un spécialiste en réparation de machines à coudre, M.Charles Pagé, qui releva le défi.Il s’employa à la création d’une nacelle munie de roues à aubes et d’un gouvernail.On était en 1879.A cette époque, le marquis de Lome était gouverneur général du Canada ; il s’intéressait de près à l’essor de toutes les branches de la technologie, et tout particulièrement à l’aéronautique, et l’on assure qu’il suivait avec beaucoup d’intérêt les travaux de M.Pagé.Si la mécanique imaginée par cet inventeur montréalais s’avérait plutôt rudimentaire, il ne faut pas s’en moquer.Il suffit de se reporter à quatre-vingts ans en arrière pour saisir toute la nouveauté et la hardiesse du projet.Et si l’on reste tout de même tenté de s’en amuser, rappelons que les aéronautes de la république voisine se tenaient au courant de toutes les étapes des travaux et que même, à Paris, les membres de la Société de Navigation Aérienne avaient étudié sérieusement les plans et devis de la nacelle.Les fervents de la mécanique voudront sans doute connaître les caractéristiques de cette nacelle.Pour les satisfaire, nous reproduisons dans le corps de cet article un dessin paru à l’époque dans le Montreal Daily Witness (3), et que nous avons fait retoucher par un artiste afin d’en obtenir une reproduction suffisamment claire, ce qui permettra au lecteur de s’y reporter pour l’intelligence de la description qui suit.23 « En forme de cigare .» Jusqu’alors, les aéronautes avaient eu recours à des ballons sphériques pour leurs ascensions.Cette forme offrait beaucoup de résistance aux vents et pressions ; la paroi était recouverte d’un treillis de câbles qui protégeait le tissu et dont les extrémités inférieures servaient à ancrer solidement la nacelle.Le ballon, complètement harnaché, ressemblait plutôt à une poire géante inversée.Cependant, dans l’esprit de M.Pagé et de plusieurs de ses contemporains, cette forme était peu compatible avec les solutions qui s’offraient aux problèmes de la propulsion et de la direction.M.Pagé assurait que pour soumettre son invention à une épreuve efficace et révélatrice, il faudrait construire tout d’abord un ballon en forme de cigare (A) parce que, disait-il, de toutes les formes qui peuvent s’adapter à Vatmosphère, cest peut-être celle qui offre le moins de résistance tout en facilitant la manoeuvre.Là-dessus, il n’avait certes pas tort, puisque ce principe fut plus tard adopté par tous les grands constructeurs de dirigeables.Nos lecteurs âgés d’une cinquantaine d’années et plus se souviennent sans doute de la silhouette profilée du Graff-Zeppelin (Allemagne), des R-100 et R-101 (France) et de Y Akron (Etats-Unis).Construction tubulaire La nacelle (B) mesurait environ quatre pieds et demi de largeur, sur sept de longueur et sept de hauteur ; elle avait un plancher de bois et ses flancs, complètement ajourés afin d’éviter un poids inutile, étaient partiellement tendus d’un filet de corde de chanvre, pour la protection des passagers ; des tiges ou des câbles d’acier (C), fixés au ballon proprement dit, assuraient la suspension.La charpente de la nacelle se prolongeait vers l’avant et l’arrière (D), donnant à l’ensemble de la structure la forme approximative d’un poisson.Nacelle et charpente avaient une longueur totale de trente pieds, et l’inventeur avait eu recours pour les construire non pas à des barres de métal, mais plutôt à une tubulure d’acier, ce qui se traduisait par plus de légèreté sans sacrifice de solidité.A l’extrémité arrière de la charpente se trouvait fixé un ensemble combiné de gouvernail et d’empennage (E), d’une longueur de dix pieds ; ce gouvernail, ' expliquait-on, se comporte comme celui d’un navire, avec cette différence qu’en plus de se mouvoir horizontalement, il fonctionne aussi verticalement.Des cordages d’acier (F et G) allaient du gouvernail à la nacelle et se trouvaient reliés à des leviers de commande grâce auxquels l’aéronaute assurait la manoeuvre.Voilà pour le système de direction.Mais, vous demanderez-vous, à quel principe de propulsion l’inventeur se proposait-il d’avoir recours ?C’est ici que l’installation paraîtra rudimentaire au technicien du milieu du 20e siècle.Un “side-wheeler” de l’air ! On sait qu’en navigation maritime, les ingénieurs ^ du siècle dernier songèrent, dès l’avènement de la LE BALLON DE M.PILLION, AVEC SON POIDS STABILISATEUR SUSPENDU SOUS LA NACELLE.L'ENSEMBLE A PLUTOT L'ALLURE D’UN RESERVOIR VOLANT ! EN HAUT, A DROITE, VUE DE L'UNE DES SECTIONS TRANSVERSALES AUXQUELLES L'INVENTEUR AVAIT APPLIQUE LE PRINCIPE DE LA ROUE DE BICYCLETTE.EN HAUT, A GAUCHE, LE BALLON VU DE L’ARRIERE, AVEC SON HELICE A QUATRE PALES.AU-DESSOUS, DIRIGEABLE CONVENTIONNEL DU DEBUT DU SIECLE.Mfgm .v Sum -s 24 vapeur, à des roues latérales munies d’aubes qui jouaient en quelque sorte le rôle d’avirons motorisés ; les pittoresques side-wheelers, comme on les appelait couramment, sont d’ailleurs caractéristiques d’une époque précise en architecture navale.Or, le dirigeable de M.Pagé devait être une sorte de side-wheeler de l’air.Un arbre de couche transversal reposait sur des coussinets fixés aux flancs ajourés de la nacelle ; il était relié, par un jeu d’engrenages à chaîne, à une manivelle (M) qui en assurait la rotation ; à chaque extrémité de l’arbre se trouvait une embase ronde garnie de supports pour les aubes (H).Celles-ci étaient constituées d’une armature ayant sensiblement la for-» me d’un bâton de crosse, et que recouvrait une toile semblable à celle que l’on tissait pour les voiles des vaisseaux.Un mentonnet (I) fixé à chacune des tiges recourbées des aubes permettait à celles-ci de pivoter sur elles-mêmes, car lorsque l’aube devenait parallèle à la longueur de la nacelle, le mentonnet rencontrait une tige (J) qui lui imprimait ce mouvement, faisant agir l’aube sur l’air de la même façon que les aubes d’un navire à, vapeur sur l’eau, donnant ainsi un mouvement de propulsion à Vaérostat.Notons que grâce à ce système, l’aéronaute pouvait imprimer au dirigeable un mouvement de recul, car au moyen d’un dispositif en forme de vis (K), il était possible de changer la position de la tige (J) sur l’arbre et de modifier la position des aubes.Ceci aurait été totalement inutile s’il ne s’était agi que jf d’obtenir une marche arrière, le ballon possédant un gouvernail qui devait lui permettre de changer de direction, mais comme les aubes étaient pivotantes, on y avait recours non seulement pour la propulsion horizontale, mais aussi pour faire monter et descendre l’aérostat, ce qui, avouons-le, ne manquait pas d’une certaine ingéniosité.Pour assurer plus de solidité à cette voilure peu banale, des supports d’acier (L) reliaient les aubes les unes aux autres.Même si le cons-* tructeur comptait avec une belle confiance sur la manoeuvre des aubes pour assurer l’ascension et la descente de sa machine, il compléta celle-ci d’un dispositif qui s’avérait essentiel pour les ballons ordinaires : une soupape (0) placée sur le dessus de l’aérostat et que l’on pouvait ouvrir au moyen d’une corde (N) pour laisser le gaz s’échapper.Quoique jusqu’à présent on ait compté sur ce moyen pour faire descendre le ballon, M.Pagé s’empressait-il d’expliquer, un des avantages de cette invention est qu’on peut généralement se dispenser de faire usage de cette soupape.A la recherche d’un associé Et voilà, succinctement exposés, les principaux organes de la nacelle mise au point par l’inventeur montréalais.On devine le nombre d’heures qu’exigea non seulement la conception de cette mécanique, mais ^ aussi la préparation des plans et devis nécessaires à la réalisation du projet.Cette patience, M.Pagé dut continuer d’en faire preuve dans la recherche des capitaux qu’exigeait une telle entreprise.Comme presque tous les inventeurs, il ne disposait pas personnellement des moyens pécuniaires qui lui permettraient de construire un prototype.La chronique n’a pas conservé le détail de ses démarches à la recherche d’un bailleur de fonds, mais on peut deviner sans peine l’attitude des hommes d’affaires qu’il consulta à l’endroit de cet hurluberlu qui prétendait pouvoir s’élever au-dessus de ses contemporains .Quoi qu’il en fût, il parvint à communiquer son enthousiasme à un marchand de la métropole, M.R.-W.Cowan.Celui-ci consentit à avancer les crédits nécessaires à la réalisation du prototype.Qu’advint-il par la suite ?Les associés épuisèrent-ils toutes leurs ressources financières ?Il vint un temps où la nacelle, terminée, n’attendait plus que son appareil de sustentation — le ballon — pour entreprendre son aventure de chasse-galerie.Pour sa part, l’inventeur, comme nous l’avons souligné plus haut, souhaitait confier sa mécanique à un ballon qui aurait un profil effilé et non sphérique, pour assurer une meilleure manoeuvre.Une telle entreprise aurait évidemment exigé une importante mise de fonds additionnelle.MM.Pagé et Cowan ne voulurent pas attendre l’intervention d’un autre mécène et ils décidèrent de faire l’épreuve de leur nacelle au moyen d’un ballon conventionnel.Ils avaient fait part de leur désir à un certain professeur Grimley, de New-York, grand spécialiste en aéronautique.Celui-ci accepta de leur livrer un ballon capable d’enlever la nacelle.Entre-temps, un groupement montréalais, Ylrish Protestant Benevolent Society, préparait sa fête champêtre annuelle ; celle-ci, dont le programme comportait des manifestations sportives, devait se dérouler le 21 juin (1879) sur les terrains du club de crosse Shamrock.Il fut décidé de faire coïncider l’épreuve avec cette fête, ce qui ne pouvait qu’amener une foule considérable sur les lieux.U’ail-leurs, l’ascension projetée devint l’article principal au M.LOUIS FILLION, SCULPTEUR ET INVENTEUR.D’APRES UNE PHOTOGRAPHIE DU STUDIO “LAPRES ET LAVERGNE”, QUI ETAIT ALORS SITUE A L'ANGLE DES RUES ST-DENIS ET ONTARIO.25 programme, et les journaux publièrent des annonces illustrées d’un dessin montrant la nacelle révolutionnaire suspendue à un ballon conventionnel sur lequel se détachait le mot Canada.Pendant ce temps, l’on s’inquiétait en certains milieux du fait que seule la force musculaire assurerait la mise en marche du système propulsif, ce qui s’avérerait insuffisant, affirmait-on, pour assurer la manoeuvre dans le vent.Un inventeur suisse, qui avait entendu parler de la hardiesse de M.Pagé, offrit de mettre à sa disposition un moteur à essence qui fonctionne, croyons-nous, écrivait un journaliste, par le même principe que celui de la machine à essence qui était en montre dernièrement dans une vitrine au coin du carré Victoria et de la rue Craig où elle excitait la curiosité générale (4).Le ballon de Grimley Le professeur Grimley hâta ses travaux.Son ballon avait un diamètre de 60 pieds et une capacité de 70,000 pieds cubes.La paroi était faite de grosse toile dont la trame était entrelacée de soie ; ce tissu avait une superficie de 9,450 pieds carrés ; il avait fallu 3,448,160 points de couture pour en réunir solidement toutes les pièces.La moitié supérieure avait la forme d’une demi-orange, et l’inférieure, celle de la partie basse d’une poire.La toile avait requis 145 gallons de vernis dont l’huile avait été spécialement importée de l’Inde.Le ballon se trouvait enserré dans un treillis dont les câbles, ayant une longueur totale de 47/8 milles, s’entrelaçaient au moyen de 6,880 mailles.Le poids total était de 500 livres et le ballon, une fois harnaché, avait 80 pieds de hauteur.Ce jour du 21 juin, le professeur Grimley et l’un de ses adjoints nommé Creelman étaient venus de New-York pour appuyer les associés montréalais.Quand il s’était agi de trouver le gaz nécessaire au gonflement LE GONFLEMENT DD BALLON SUR LES TERRAINS DD CLUB DE CROSSE “SHAMROCK”.du ballon, on s’était vite rendu compte que le gaz d’éclairage était le seul que l’on pourrait obtenir en aussi grande quantité, mais au moment de l’expérience, on ne put en livrer suffisamment pour gonfler à bloc.Il en manquait 8,000 pieds cubes et il devint évident que le Canada n’aurait pas assez de puissance ascensionnelle pour remorquer la nacelle verticalement.On eut beau blâmer la compagnie gazière, rien n’y fit.La foule donnait des signes d’impatience, et annuler complètement l’envolée eut été la frustrer de façon intolérable.Le professeur Grimley convainquit M.Pagé de débarrasser la nacelle de ses roues à aubes et de sa machinerie, afin de l’alléger, et de renoncer au projet initial qui prévoyait la participation de cinq aéronautes au voyage, ajoutant que dans ces conditions, lui et son compagnon Creelman accepteraient de tenter une ascension.C’est dans ces circonstances que le Canada effectua son envolée inaugurale.Le ballon monta tout d’abord à une altitude de trois-quarts de mille.Un violent courant d’air s’en empara alors, le poussant vers l est à une vitesse de près d’un mille à la minute, et le conduisant bientôt à une altitude de deux milles.Il survola ainsi Saint-Lambert, Saint-Hubert, Beloeil, Saint-Hyacinthe et alla s’abîmer à Saint-Jude, soit à une quarantaine de milles de la métropole.L’atterrissage s’effectua avec violence.La nacelle rebondit sur le sol et le ballon, toujours poussé par le vent, lui fit briser une clôture et frôler les frondaisons d’un boisé.La croisière se termina dans un champ fraîchement labouré où la nacelle creusa un nouveau *>- sillon de douze pouces de profondeur.Les aéronautes, miraculeusement indemnes, immobilisèrent le ballon au moyen de lourdes pierres, mais le professeur Grimley s'asphyxia en tenant ouverte la valve d’échappement, et il fallut dix minutes à Creelman pour le ranimer.Telles furent les circonstances qui marquèrent l’envolée du 21 juin 1879.Pour MM.Pagé et Cowan, 11 — surtout le premier, — c’était un désastre, car la nacelle ainsi malmenée était devenue inutilisable avant même d’être mise à l’essai avec sa mécanique conçue et réalisée au prix d’un labeur incessant.Qui sait ?Si la compagnie gazière avait tenu son engagement, peut-être cette date du 21 juin 1879 se serait-elle inscrite de façon indélébile dans les fastes de l’aéronautique mondiale.En tout cas, le Witness tira de cette affaire une conclusion qui ne consola sûrement pas les deux associés : cette question de navigation aérienne, à tout événement, n est pas plus avancée qu auparavant : ! 1 Ik- giron: Second—Half Mile hare—Open to all member» of I.v cro**e ('lut*.Prize, Gold Medal, value #ûO ; m ut lie won at ivro an a util picnics ; presented by Mvlviu Nn.i ih, fcsq.Third—Half Mile PHandicap—Open nnlr to merer la r* of Hi.J 31 tation et la prière y étaient encore trop troublées par des promiscuités humaines et des adoucissements à la règle ; que les vieux Ordres peu à peu enrichis gaspillaient e n préoccupations temporelles une énergie a priori toute consacrée à Dieu.C'est ainsi, dit le chroniqueur Orderic Vidal, en 1135, « qu'on vit se peupler les déserts de France » (2).Abandonnant parfois de hautes fonctions ecclésiastiques, — tels saint Bruno, chanoine et éco-lâtre de Reims, futur fondateur de la Chartreuse ; Bernard de Tiron, prieur de Saint-Savin de Poitiers ; Robert d'Arbrissel, docteur de Paris, ancien archidiacre réformateur de Rennes, — ces ermites ne se bornaient point à une vie extatique.Leur loi militante les conduisait souvent à quitter leur retraite pour prêcher dans le pays environnant, d'où ce nom de « semeur de Verbe » qu'on leur donna plus tard.Au cour de son périple en France où il proclame ouverte la Première Croisade, Urbain II rencontra quelques-uns de ces ascètes auxquels s'étaient déjà Une galerie du cloître en 1843 d’après un dessin de J.Philippe, lithographié par Aumont.mr* ¦ SwW.% f.4 M SW*?' joints des disciples ; il les utilisa pour prêcher la Croisade, encouragea leur idéal, les autorisa à fonder de petites communautés.C'est ainsi que « quittant l'habit noir de Cluny, de nombreux moines revêtent la robe blanche ».Le but de quelques-uns, en adoptant la règle de saint Augustin, est d'associer à la pauvreté et à l'obéissance l'exercice du saint ministère et de la prédication ; pour d'autres, c'est le retour au pur idéal bénédictin et la rupture absolue d'avec le monde.La règle de Cîteaux est née.Elle n'a point pour objet, comme l'a judicieusement souligné Mahn (3), la réforme de Cluny, — celle-ci n'est pas en décadence, — mais bien l'institution d'une nouvelle discipline.C'est à Robert, abbé bénédictin de Molesme, qu'il sera donné de la réaliser, à la demande d'un groupe d'ermites désireux d'observer la stricte règle de saint Benoît « sans aucun des adoucissements clunisiens ».C'est dans cet esprit qu'est créé, à la fin du Xle siècle, l'ascétère de Cadouin formé de quelques ca- i banes groupées à l'orée d'un bois, autour d'une chapelle rustique.Au début du Xlle siècle diverses donations, dont la « terre de la Salvetat dans la forêt de Cadouin », permettent à Géraud de Sales, aidé par quelques disciples, de fonder un petit monastè- < re indépendant des grands Ordres.C'est l'époque où Cîteaux, grâce à l'extraordinaire personnalité de saint Bernard, conquiert une renommé universelle ; comme l'écrit Jean Sigala : « une con- centration d'initiatives jusque là restées distinctes et séparées s'opère autour de la grande abbaye bourguignonne comme autour d'un pôle d'attraction » (4).Cet intense rayonnement spirituel conduit Géraud de Sales, soucieux de préserver sa fondation, à demander, quelques mois avant sa mort, l'affiliation de Cadouin à l'Ordre Cistercien.C'est chose 4/ faite le 28 octobre 1119; et de Pontigny, deuxième fille de Cîteaux, aouze moines sous la férule de l'abbé Henri, apportant avec eux livres liturgiques et Coutumier, selon l'usage bénédictin, prennent possession du modeste cloître cadunien.Bientôt s'ouvre un chantier sur l'emplacement de l'ancien ascé-tère.Est-ce pressentiment de la 32 future gloire de Cadouin et des foules qui s'y viendront agenouiller ?Le plan est largement conçu : l'église démesurée, si l'on songe qu'éloignée de toute agglomération elle n'est bâtie que pour la vingtaine de religieux et les quelques convers de cette minuscule communauté.N'importe ! Le maître d'oeuvre voit grand.On construit d'abord, selon l'usage de Cîteaux, le mur d'enceinte, — dont il reste quelques vestiges, — percé d'une porte charretière, •fil- dite porte saint Louis, que nous reproduisons ici ; puis les bâtiments conventuels disposés en forme d'H ; enfin l'église dont le mur méridional jouxte une galerie du cloître.Les matériaux sont à pied d'oeuvre : le châtaignier, pour la charpente, le chêne et le noyer, pour l'ébénisterie, abondent dans la forêt voisine ; on exploite une carrière sur les terres mêmes de l'abbaye.Les moines, adroits manoeuvres, aussi patients qu'infatigables, sont encadrés de maçons laïcs, moins zélés, moins désintéressés, certes, .mais plus experts.Novices et 1 convers charroient.Trente-sept ans de dur labeur sont nécessaires pour mener l'oeuvre à bien.Enfin, le 3 octobre 1154, l'église est consacrée.Elle se présente encore à nous dans toute sa beauté native.Beauté sévère, conforme au voeu •* de saint Bernard qui ne cesse de s'élever contre l'esthétique cluni-sienne.La façade, dépouillée de toute imagerie, est divisée en trois par des contreforts massifs ; au centre, une porte surmontée de trois voussures non moulurées, en plein cintre, reposant sur des colonnes pleines à demi engagées ; trois hautes fenêtres contribuent à l'éclairage de la nef ; au sommet, une arcature sur colonnette, seule concession décorative, cernée par un cordon à « têtes de clous »; ni tour, ni clocher.Cette extrême sobriété, que nous retrouvons à l'intérieur, confère à l'édifice une puissance fctueuf! ^ncefudcrmon/îres'Wïtepuiriique EOi/bd peupfUsntimque {\o!ti6fe/inferta6ottr.(t'P‘i(>.«i Sîokb Idiifej et) esiruxiSlemifere ^upuWfaccpippOurauwi pûMtiio.CpiinteMmaiiSHcfK/teïfiîewtwp Jiicesmefdans parsema
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