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Titre :
Popular technique / Technique pour tous / Ministère du bien-être social et de la jeunesse
Éditeur :
  • Montréal :[Department of Social Welfare and Youth],1955-1962
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Technique (1926)
  • Successeur :
  • Technique (1962)
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Popular technique / Technique pour tous / Ministère du bien-être social et de la jeunesse, 1959-04, Collections de BAnQ.

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Z 3A/ Awïl .PC PJLmR POUR TOUS 4CJ&- pr^ ' *¦ , .; '04 WÊm.4 v M- Jà 11 *g\ m.W\\ 1 m POPULAR POUR TOUS Rédaction Editorial Offices 294, carré ST-LOUIS Square Montréal (18), P.Q.- Canada Directeur, Robert Prévost, Editor La revue de l’Enseignement spécialisé de la rT'VT/'^TT de DT TCUCP The Vocational Training Magazine of the *- üj U CDDv^ Ministère de la Jeunesse Department of Youth AVRIL APRIL 1959 Vol.XXXIV No 4 Secrétaire de la rédaction, Eddy MacFarlane, Assistant Editor Rédacteur, Jacques Lalande, Staff Writer Conseil d’administration Le conseil d’administration de la revue se compose des membres du Conseil des directeurs des Ecoles de l’Enseignement spécialisé relevant du ministère de la Jeunesse (Province de Québec).Board of directors The magazine’s Board of Directors consists of the members of the Principal’s Council of Vocational Training Schools under the authorities of the Department of Youth (Province of Quebec).Président — President t y-, directeur général des études de l'Enseignement spécialisé JEAN DELORME Director General o/ Studies for Technical Education Directeurs — Directors Maurice Barrière adjoint du directeur général des études Assistant Director General of Studies 0 directeur, Office des Cours par Correspondance oOINTO KOBITAILLE Director, Correspondence Courses Bureau Gaston Tanguay Rosario Bélisle directeur des études pour les Ecoles de Métiers Director of Studies for Trades Schools Institut de Technologie de Montréal Montreal Institute of Technology _ _ _ Institut des Arts Graphiques L.-PhILIPPE Beaudoin Graphic Arts Institute Gaston Francoeur Institut de Papeterie Paper-Making Institute , __ ~ Institut des Arts Appliqués Jean-Marie Gauvreau Applied Arts institute Georges Moore Institut des Textiles Textiles Institute Darie Laflamme Institut de Technologie de Québec Quebec Institute of Technology J.-F.Thériault Institut de Technologie des Trois-Rivières Trois-Rivières Institute of Technology Marie-Louis Carrier Institut de Technologie de Hull Hull Institute of Technology Chan.Antoine Gagnon Inst, de Tech, de Rimouski et Inst, de Marine Rimouski Inst, of Technology and Marine Inst.l T Institut de Technologie de Shawinigan ALBERT .LANDRY shawinigan Institute of Technology Paul-Emile Lévesque Ecole des Métiers Commerciaux School of Commercial Trades Omer Gratton Ecole de Métiers du Cap-de-la-Madeleine Cap de la Madeleine Trades School Roger Laberge Ecole de Métiers de Plessisville Plessisville Trades School Secrétaire — Secretary vnr.T-T.rr.XTI VIT„„„„ directeur adjoint, Institut de Technologie de Montréal WILFRID W .YVERRY Assistant Principal, Montreal Institute of Technology Administration Business Offices 8955, rue ST-HUBERT St.Montréal (11) P.Q.Canada Administrateur, Fernand Dostie, Administrator Secrétaire-trésorier, Omer Desrosiers, Secretary Treasurer Abonnements Subscriptions Canada : $2.00 Autres pays - $2.50 - Foreign Countries 10 numéros par an issues per year Autorisé comme envoi postal de 2e classe, Min.des Postes, Ottawa Authorized as 2nd class Mail.Post Office Dept., Ottawa « La seule revue bilingue consacrée à la vulgarisation des sciences et de la technologie » T Caoadi NOTRE COUVERTURE Le forage d’un puits de pétrole résulte du travail d’équipe le plus homogène qui soit.Cette photo illustre la cohésion parfaite de chacun des gestes de deux foreurs qui atteignent ainsi le summum de l’efficience.Imperial Oil Limited FRONT COVER The drilling of an oil well is the result of the most intensive team work.This photo demonstrates the perfectly co-ordinated actions of two drillers who thus attain the height of efficiency.Sources Credit lines Pp.4-8: Westinghouse Engineer; pp.9-13: Robert Prévost ; p.14: Science Service, Washington; p.16: L'Opinion Publique; pp.17-20: Hans van der Aa; p.21: The Austin Motor Co.Ltd.Longbridge, Birmingham, England; p.22: The English Electric Co.Ltd., Rugby, England; p.23: itop.left): Walter Nürnberg.London.England; p.23 (top, right): The Austin Motor Co.Ltd.: p.23 (bottom): The English Electric Co.Ltd.; p.24 (top.right): Visual Planning Equipment Co.Inc.Oakmont, Pennsylvania.U.S.A.; p.24 (top, right, and bottom): The English Electric Co.Ltd.; pp.25-29: Imperial Oil Limited; pp.31-38: Eddy-L.MacFarlane; pp.39-40: Central Feature News, Inc., New York; p.41 (gauche): Service provincial de Ciné-photographie; p.41 (droite): Sperry Gyroscope Co.of Canada, Ltd.; p.43: Institut de Technologie de Trois-Rivières; p.45: Institut de Papeterie de la Province de Québec; pp.46 & 47: Institut de Technologie de Trois-Rivières; p.48: Technique pour Tous; p.50: Corporation des Techniciens Professionnels; p.50: Eddy-L.MacFarlane: p.52: Monsanto Chemical Co.New York.Sommaire La tonte des moutons.— Miniature tirée Summary d'un livre d'heure manuscrit du XVIe siècle.La Centrale atomique Shippingport (II).5 Les pérégrinations “post mortem” de nos pionniers par Robert Prévost 9 New Machines and Gadgets.14 Quelques grands travaux modernes par Hermas Bastien Three-Dimensional Scale Models for Research and Industrial Uses by Leo Walter.21 L’or noir par Roger Lacoste.25 Silent Sound Works For You by Richard Litell.30 Les “techniques divinatoires” -— L’hydromancie par Eddy-L.MacFarlane.31 La lessiveuse moderne a fait disparaître la corvée du lavage .Nouvelles de l’Enseignement spécialisé.41 La réadaptation des handicapés physiques, un placement — Enseignement qui exige d’importants crédits — Beau succès du festival de l’Institut de Technologie de Trois-Rivières — Approbation de quatre manuels — Causerie à Drummondville — Un spécialiste européen visite l’Institut des Arts Graphiques — Causerie de M.J.-Roméo Reny devant les élèves de l’Ecole de Métiers de Victoriaville Certificats remis à des élèves spéciaux —- Festival annuel des étudiants-papetiers — Plus de 4,000 élèves en automobile — Don d’un poste émetteur — Une énorme tâche —¦ Intéressant forum à Drummondville — Une maison .dans la maison —-Visite industrielle à Grand’Mère — M.A.-E.Gagné promu à un nouveau poste — Nouvelle loi sur les écoles professionnelles -—- Nouvelles des Techniciens professionnels.Les vieux métiers — Le fondeur-mouleur en cuivre par Eddy-L.MacFarlance « The only bilingual magazine devoted to the popularization of science and technology » ¦ //: ¦: ' W.FIG.1 A GAUCHE, PHOTO DE LA CHAUDIERE DU REACTEUR ; A DROITE, SECTION TRANSVERSALE DE LA MEME CHAUDIERE.1 _ moteur DE TIGE DE CONTROLE ; 2 — DOUILLE DE LA TIGE DE CONTROLE ; 3 — ARBRE DE LA TIGE DE CONTROLE; 4 —BOUCHE DE SORTIE; 5—TIGE DE CONTROLE; 6 —CHAUDIERE; 7 — ASSEMBLAGE "COUCHES”; 8 — BOUCHE D’ADMISSION; 9 — ECRANS THERMIQUES; 10 — MASSIF DE "GERMES”; 11 — ENVELOPPE DU NOYAU; 12 — RESSORT SUPPORTEUR DU NOYAU ; 13 — BARIL DE FIXATION ; 14 — TETE DE FERMETURE ; 15 — CONDUITE DE MESURE DE L’ECOULEMENT; 16 — TUYAUTERIE DE MESURE DE L’ECOULEMENT ; 17 — CELLULE A PRESSION DIFFERENTIELLE.4 La Centrale atomique Shippingport CECI EST LA DEUXIEME TRANCHE DE LA VERSION FRANÇAISE D’UNE ETUDE PARUE DANS LA REVUE WESTINGHOUSE ENGINEER, ET QUE NOUS REPRODUISONS AVEC LA PERMISSION DES EDITEURS DE CETTE PUBLICATION.Il - LE SYSTEME PRIMAIRE DU REACTEUR A EAU PRESSURISEE - LE REACTEUR Traduction de Jacques DAIGNAULT, surintendant des ateliers, Administration des Ecoles de Métiers LA conception d’un réacteur nucléaire a un point d’analogie avec celle d’une fusée interplanétaire ; dans les deux cas, la technologie et la documentation sont inadéquates, et les solutions apportées aux multiples problèmes dans les différentes sphères techniques constituent autant de primeurs.De plus, ces solutions doivent concourir à la construction d’un appareil qui fonctionnera d’après des spécifications bien précises.Tout système d’un réacteur nucléaire représente un compromis délibéré entre les différentes technologies impliquées.Le meilleur concept du point de vue physique n’est pas nécessairement le meilleur ou le plus pratique du point de vue de l’ingénieur métallurgiste ou de l’ingénieur en mécanique ; de plus, le côté économique doit être considéré constamment.Ainsi, le choix de la température d’opération de l’eau du système influence le coût du noyau du réacteur et de la bouilloire.Le coût de la bouilloire diminue si la température de l’eau augmente ; d’un autre côté, le coût du noyau du réacteur augmente proportionnellement à la température de l’eau.Une température opérante de 525° F.fut choisie comme donnant le minimum des coûts combinés des deux appareils.Cet exemple illustre bien les complexités qui sont à la source d’un nouveau projet.Au moment du choix de la température de fonctionnement, on ne pouvait obtenir que des prix approximatifs pour le noyau et la bouilloire, et les soumissions à prix fixe variaient dans une proportion de 5 à 1.PARTIES DU REACTEUR NUCLEAIRE Avant de considérer la relation des parties composantes du réacteur et leur assemblage, voyons en premier lieu les éléments mêmes et leur construction physique.Pour la clarté de l’explication, disons que le réacteur se compose de trois parties ou organes principaux : la chaudière à pression, la configuration d’éléments nucléaires ou noyau, et l’assemblage des tiges de contrôles.L’ensemble des instruments de contrôle et de surveillance du réacteur fera l’objet d’un article subséquent.La chaudière à pression, (fig.1) — La chaudière à pression du réacteur est une structure cylindrique de feuilles d’acier au carbone et de pièces forgées.Les surfaces internes sont doublées d’acier inoxydable (environ *4 de pouce) comme préventif à la corrosion.La chaudière mesure, à l’intérieur, environ 31 pieds de hauteur et 9 pieds de diamètre ; ses murs ont un peu plus de 8 pouces d’épaisseur.Des écrans thermiques préviennent la production, par radiation des rayons gamma, de chaleur intense dans les parois.Les sections supérieures et inférieures de la chaudière sont hémisphériques.La section supérieure, appelée tête de fermeture, est boulonnée au corps principal et percée de 46 ouvertures nécessitées par des tiges de contrôle, l’alimentation et les instruments.Assemblage des tiges de contrôle.— La puissance du réacteur est contrôlée par le mouvement des tiges dans le noyau d’alimentation.Ces tiges cruciformes s’ajustent dans les ouvertures de formes similaires des blocs d’alimentation et ont environ 3%" de largeur.La partie inférieure de la tige, environ 70" de longueur, est d’un métal peu connu, l’hafnium, métal avide de neutrons.Cette partie correspond à la longueur du bloc d’alimentation.La partie supérieure de la tige est d’un alliage de zirconium.L’extrémité inférieure de la tige, lorsqu’elle est poussée à fond, coïncide avec le point le plus bas de l’alliage actif du noyau.Le mouvement des tiges de contrôle doit être positif et précis ; de plus, on a dû prévoir la nécessité de laisser tomber rapidement les tiges dans le noyau en cas d’urgence.Chaque tige est actionnée par un moteur électrique à rotor emboîté ; ce moteur opère un mécanisme d’écrous rotatifs agissant sur la vis de la tige.Ces mécanismes et le rotor sont localisés dans des tuyaux sous pression faisant partie du bâti de la tête de fermeture de la chaudière.Le stator du moteur ainsi que les bobines des indicateurs de position des tiges sont à l’extérieur de ces conduites.Le moteur à reluctance est alimenté par des courants à basse fréquence produits par un convertisseur.A l’arrêt du convertisseur, un courant continu circule dans le moteur et la tige est retenue dans sa position.Si le courant du moteur est interrompu, le mécanisme d’écrous rotatifs se désengage du filet de la tige, sous l’action de ressorts.La tige descend alors par gravité dans le bloc d’alimentation.Le noyau nucléaire.— Le noyau d’alimentation du réacteur à eau pressurisée consiste d’éléments d’uranium 235 et d’oxyde naturel d’uranium (UO2) hautement enrichi.L’agencement du noyau est conçu de façon telle que les éléments d’uranium naturel déclenchent une réaction à chaîne à l’aide des neutrons s’échappant des éléments enrichis.Les éléments hautement enrichis sont appelés germes (seed) et les éléments d’uranium naturel, couches (blanket), et ce, par analogie au germe de semence et à la couche de terre qui le recouvre.Au début, le germe produira la plus grande partie de la radioactivité, la couche agissant comme réflecteur-multiplicateur de neutrons.Le noyau entier mesure environ 70 pouces de long et contient 145 blocs d’alimentation : 32 sont des mas- 5 sifs de germes et les 113 autres, des assemblages de couches.Chaque bloc d’alimentation est de section carrée, mesurant 5% pouces de côté et donnant au noyau, dans l’ensemble, un diamètre moyen de 6.8 pieds.Ces dimensions prévoient l’interchangeabilité des massifs de germes et de couches, et de plus, chaque unité peut être sortie du réacteur sans enlever la tête de fermeture.L’élément de base du massif de germes est la plaque saiulivich composée d’une couche d’uranium enrichi entre deux plaques d’alliage au zirconium.Des cellules sont ainsi formées en groupant alternativement une plaque d’uranium enrichi et une plaque d’alliage de zirconium, une plaque d’alliage terminant la cellule à chaque extrémité.Pour compléter le massif, quatre de ces cellules sont assemblées à l’aide de séparateurs pour former entre elles un canal cruciforme destiné à recevoir la tige de contrôle (fig.2).Les assemblages de couches sont de construction différente bien que les dimensions de leur section transversale soient identiques.L’élément de base consiste en un tube d’alliage de zirconium rempli de 26 comprimés d’oxyde d’uranium.Chaque tube a un diamètre extérieur légèrement inférieur à y2 pouce et mesure 9]/2 pouces de long.120 de ces tubes sont groupés et retenus espacés, les uns des autres, par une plaque à chaque extrémité.L’espace entre les tubes permet la circulation du liquide.Sept groupes placés bout à bout dans une enveloppe forment un assemblage de couches d’une longueur de 6 pieds (fig.3).Les massifs de germes et les assemblages de couches sont disposés dans le noyau d’une manière bien définie en raison de la chaleur et des effets nucléaires.L’arrangement général est montré à la figure 4.Les assemblages de couches sont disposés en quatre régions déterminées par les massifs de germes.La circulation de l’eau pourvoyant au refroidissement compense les variations de chaleur d’une région à l’autre.CONSIDERATIONS AFFECTANT L’AGENCEMENT Le noyau.— Du point de vue physique, le côté le plus intéressant, peut-être, est le concept du bloc d’alimentation germe et couche du réacteur nucléaire.Les principes de base d’une technologie seront acquis, concernant ce genre de combustible nucléaire, et pourront être utilisés pour les réalisations futures.Ce concept germe et couche a plusieurs points d’intérêt.Dans le germe enrichi, la concentration d’uranium 235 rend non seulement cet élément propice à une réaction à chaîne, mais, de plus, en fait un généreux producteur de neutrons.D’un autre côté, l’élément couche d’uranium naturel contient 1/140 d’uranium 235 et le reste est de l’uranium 238.Ce dernier absorbe les neutrons thermiques tout en résistant à leur action de fission.En fait, une réaction à chaîne ne peut être entretenue dans l’uranium naturel même à cause de la quantité de neutrons absorbés par l’uranium 238.L’élément germe doit donc fournir une quantité suffisante de neutrons à l’élément couche pour entretenir la réaction.Du point de vue pratique, ces considérations ne justifieraient pas l’usage des éléments germe et couche.Cependant, une autre réaction nucléaire entre en scène.L’uranium 238 absorbant des neutrons devient de l’uranium 239 ; ce dernier est instable et se décompose en neptunium, et finalement en plutonium 238.FIG.2— SECTION D’UN MASSIF DE GERMES.Plaques “sandwich” Tige de contrôle Ce dernier élément, tout comme l’uranium 235, est sensible à l’action des neutrons thermiques.Ainsi un nouveau combustible est produit dans le réacteur avec les déchets du combustible existant.Des réacteurs nucléaires peuvent être et sont conçus spécifiquement pour produire plus qu’un nouveau nucléus fissionable pour chaque nucléus détruit.On les appelle réacteurs régénérateurs.En général, pour un noyau de volume donné, plus le réacteur est efficace comme générateur de nucléus, moins il l’est comme générateur de puissance.D’un autre côté* la régénération prolonge la vie du noyau.Le noyau du R.E.P.représente un compromis entre les deux extrêmes.Ce réacteur est appelé convertisseur ; du nouveau combustible est formé pendant l’opération, mais pas en quantité suffisante pour le classer comme réacteur régénérateur.Dans le noyau qui nous intéresse, le rapport de conversion actuel est d’environ 0.6 : pour six atomes de plutonium produits, dix atomes d’uranium 235 sont détruits.Ce rapport est pour l’ensemble du noyau.Dans le germe, une quantité relativement faible de plutonium est formée à cause de la petite quantité d’uranium 238 en présence.Dans la couche, cependant, environ 1.1 atomes de plutonium sont formés pour chaque atome d’uranium fissionné.On conçoit donc que la vie de la couche sera plus prolongée que celle du germe.Actuellement, pour uti- PIG.3—A GAUCHE, UN ELEMENT “COUCHE”; A DROITE, UN ASSEMBLAGE DE “COUCHES”, pl ac\\je IG comprimés comprimé f|B-^actif de ur^ UO2 a- I éléments "couches pi ac\ue ¦ 6217 3218 enveloppe du noyau grille supérieure massif de "germes* conduites des instruments de contrôles 'O conduites des instruments de mesure assemblage de "couches' FIG.4 —SECTION DU REACTEUR MONTRANT L’AGENCEMENT DU NOYAU.liser complètement les blocs d’éléments couches, les blocs germes devront être remplacés au moins une fois.Il est impossible de prédire exactement la durée de la vie du noyau du réacteur; cependant, celle de la partie couche du réacteur est prévue pour un minimum de 8,000 heures à plein rendement, et la vie de la partie germe, pour 3,000 heures.Au début de l’opération du réacteur, environ la moitié de l’énergie sera générée dans les éléments germes, et l’autre moitié dans les éléments couches.A mesure que le germe consume son uranium 235, son efficacité comme générateur de chaleur diminue ; dans la couche, c’est le contraire qui se produit.Comme la couche produit du combustible plus vite qu’elle n en consume, le pourcentage d’énergie émise dans la couche devrait augmenter avec le temps.Cependant, la distribution de l’énergie entre le germe et la couche est aussi fonction de la température au réacteur et de la position des tiges de contrôle, d’où la distribution ultime de l’énergie peut très bien être fonction de l'utilisation du réacteur.Le rendement critique du réacteur, au début de sa mise en fonction, est déterminé en grande partie DESSIN MONTRANT LE NOYAU DU REACTEUR EN COUPE.v Tige de contrôle S, Aliments nucléaires par l’épaisseur de l’espacement entre les massifs de germes, lesquels contrôlent les fuites de neutrons des germes, et par l’alimentation du germe, qui règle la constante de multiplication.Au début, la couche sert principalement de réflecteur de neutrons, retournant un neutron pour chaque neutron absorbé.La réactivité cesse lorsque la quantité d’uranium 235, ou de plutonium, dans le réacteur décroît sous la limite déterminée.A ce moment, bien qu'un peu de carburant nucléaire soit encore présent, le rendement critique du réacteur ne peut être maintenu.Ce carburant peut être récupéré et réutilisé.La formation de poisons nucléaires dans le réacteur affecte aussi la durée du noyau.Certains produits de la fission nucléaire, spécialement le xénon, sont des absorbeurs de neutrons.Au début de la vie du réacteur, leurs quantités minimes n’affectent pas le rendement ; cependant, durant l’opération du réacteur, ils atteignent un point tel qu'ils entravent la réaction nucléaire en absorbant une si grande quantité de neutrons que la réaction à chaîne est arrêtée.Si ce trouble se produit, le réacteur doit être réalimenté sans égard à la quantité d’éléments fissionnables encore présents.Heureusement, l’empoisonnement par le xénon tend à s’équilibrer.Un produit direct de la fission, le tellurium 135, par décomposition, forme cet isotope particulier de xénon (xénon 135).Le xénon 135, étant instable, se décompose en césium.Alors, durant la vie complète du réacteur, la décomposition du xénon, à un certain point, équilibre la production et la concentration de ce même corps.Les effets du xénon peuvent être surmontés par la position des tiges de contrôle.La réaction à chaîne est aussi étouffée par d’autres produits de la fission, absorbeurs de neutrons.Contrôle.— Les tiges de hafnium servent à contrôler le réacteur.Cependant, le coefficient de température négative (voir dessin) opérant dans le réacteur simplifie le problème du contrôle.Outre les conditions d’urgence, la fonction principale des tiges de contrôle est d’établir et de maintenir le niveau de puissance du réacteur.Au début de la vie du réacteur, le fonctionnement critique, à rendement maximum, sera probablement obtenu avec 12 tiges de contrôle insérées à fond.Lorsque l’équilibre de l’élément xénon sera atteint, quatre tiges devront être retirées ; et à mesure que la consommation se poursuit, et que Yempoisonnement continue, les tiges seront retirées par groupe de quatre.A tout stage donné de la vie du réacteur, les tiges de contrôle auront une position bien spécifique.A cette position de fonctionnement, le taux de rendement établi pour le réacteur sera maintenu.La quantité de neutrons libérés entretient la réaction à chaîne pour le degré de chaleur désiré.Les tiges sont retirées partiellement pour augmenter le rendement, et lorsque le nouveau degré de température est atteint, elles sont replacées à leur position originale de fonctionnement.Cette opération libère une plus grande quantité de neutrons, produisant plus de fission et, conséquemment, plus de chaleur.Pour réduire le rendement, les tiges sont poussées un peu plus dans le noyau, ce qui abaisse le degré de chaleur en retirant de la circulation une certaine quantité de neutrons, et elles sont replacées à 7 leur position originale de fonctionnement lorsque Je rendement désiré est obtenu.Lors du fonctionnement normal de l’usine, le mouvement des tiges ne sera pas nécessaire pour faire face aux variations de la demande d’électricité.C’est ici que le coefficient de température négative entre en scène.Par exemple, supposons que le générateur d’électricité doive fournir plus de courant ; en retour plus de puissance est demandée à la turbine.Cette dernière, automatiquement, utilisera plus de vapeur, d’où baisse de pression de vapeur et de température dans le système secondaire.L’échangeur absorbera alors plus de chaleur du liquide du système primaire.Ce liquide, d’une température abaissée, retourne au réacteur et oblige ce dernier à augmenter automatiquement sa production de chaleur.Le liquide, laissant le réacteur pour alimenter le générateur de vapeur, a donc une température plus élevée.Dans un réacteur bien agencé, l’augmentation de température du liquide est suffisante pour faire face aux hautes demandes de charge électrique.Présentement, la centrale est projetée pour une température moyenne constante du liquide primaire.Si, pour certaines raisons, la température du liquide baisse à l’admission au réacteur, ce dernier pourvoit une quantité proportionnelle de chaleur pour augmenter la température du liquide à sa sortie.En fonctionnement, on espère que le coefficient de température négative puisse ajuster le réacteur, pour des variations de charge, dans l’ordre de 10% du rendement total sans avoir recours au mouvement des tiges de contrôle.Matériaux.— Un des facteurs des plus importants dans la réalisation d’un réacteur est le problème des matériaux.Lorsqu’exposé au liquide du système primaire, ces derniers doivent posséder des qualités exceptionnelles.Non seulement doivent-ils être hautement résistants à l’action corrosive de l’eau chaude, mais ils doivent avoir de bonnes propriétés nucléaires, c’est-à-dire, absorber peu de neutrons.Les spécifications de base des matériaux de structure du réacteur sont : qu’ils n’interviennent pas dans le processus de la radiation aussi longtemps que dure la vie des éléments qu’ils contiennent, et finalement qu’ils résistent à l’action corrodante de l’eau chaude.Malheureusement, peu de matériaux rencontrent ces spécifications.A date, le zirconium s’est avéré le matériau idéal pour la structure du noyau ; sa résistance à la corrosion de l’eau à 600 à 700° F.est bonne, et son interférence dans le processus de la fission est faible.Un alliage de zirconium appelé zicaloy2 est utilisé en grande quantité pour le R.E.P.La résistance à la corrosion est extrêmement importante si l’on veut confiner la haute radioactivité au réacteur.En priorité d’importance est l’isolement du carburant de l’eau chaude circulante, vu que l’échappement de produits de la fission dans le liquide contaminerait tout le système primaire.L’élément couche offre d’autres problèmes de matériaux qui illustrent bien la difficulté de solution de facteurs divergents.Du point de vue nucléaire, l’uranium pur est le carburant idéal pour l’élément couche, par le fait qu’aucun oxyde ou alliage n’intervient dans la fission.Sous l’effet de l’irradiation constante, l’uranium pur se déforme et, éventuellement, bloque les canaux de circulation du liquide.De plus, l’uranium pur coûte plus cher que l’uranium naturel, à cause du raffinage additionnel.L’élément couche doit aussi avoir une haute résistance à la corrosion, vu la possibilité d’une faille dans la tige de zirconium.Pour toutes ces raisons, l’oxyde d’uranium fut choisi.Un alliage d’uranium s’avérerait la meilleure solution, mais la formule de cet alliage reste à trouver.Les tiges de contrôle en hafnium représentent une autre facette du problème des matériaux.Le matériau d’une tige de contrôle doit, avant tout, être un absor-beur avide de neutrons, et, de plus, résister à la corrosion, tout en conservant des dimensions constantes sous toutes conditions d’opération, y compris l’irradiation intense.L’hafnium est un lion matériau, mais comme le zirconium, son prix est élevé.En effet, ce matériau est extrait pendant le procédé qui donne le zirconium.La petite quantité ainsi produite ne répond pas à la demande industrielle.Les facteurs de sécurité et la perfection mécanique exigés dans cette centrale présentent eux aussi des problèmes de matériaux.Les précautions sécuritaires ordinaires ne sont pas suffisantes.Les différentes occasions de défauts mécaniques doivent être analysées pour éliminer la possibilité de certains cas où cette assurance positive ne peut être acquise ; on doit prévoir la pire suite d’accidents déclenchée par un seul accident et calculer que l’état d’urgence satisfasse la complète sécurité.Tout ceci se reporte finalement sur les différents matériaux, car il faut savoir comment et pourquoi ils faillissent à la tâche.Un autre fait concernant les matériaux mérite d’être mentionné.La Centrale à R.E.P.a été conçue selon les plus récentes informations, au moment où le projet a été complété.Certains de ces matériaux avaient été expérimentés sur le Nautilus ; d’autres devaient l’être en temps pour rencontrer la cédule du R.E.P.Aucun doute que de meilleurs matériaux nucléaires seront découverts et que plusieurs facteurs sécuritaires incorporés dans ce projet pourront être omis ; on conçoit facilement la quantité de recherches et d’expériences longues et patientes qui en résultent.Par exemple, on estime que si un alliage d’aluminium pouvait se substituer au zirconium, 80% du coût actuel des organes de zirconium serait épargné.Hélas ! aucun alliage d’aluminium, jusqu’à date, ne résiste à l’action de l’eau aussi bien que le zirconium.Une grande partie du réacteur et de ses accessoires est faite d’acier inoxydable, qui semble être le matériau le plus approprié.Dans les centrales conven-tionneRes, à vapeur, un acier ordinaire peut être utilisé, l’eau étant traitée chimiquement pour réduire son action corrodante.Dans un réacteur nucléaire, ces produits chimiques sont affectés par la radiation lorsqu’ils circulent dans celui-ci.Un programme de recherche active la poursuite vers la construction d’un réacteur en acier au carbone.Le fait d’utiliser l’acier inoxydable représente 10% du coût de la centrale.Tel que mentionné au début, le réacteur nucléaire de cette centrale est un compromis entre les différentes techniques et les facteurs économiques.Toutes les technologies acquises des réacteurs précédents ont concouru à cette réalisation, et les réacteurs futurs seront de construction supérieure et plus économique, grâce à l’expérience acquise.8 LES PEREGRINATIONS “POST MORTEM’’ DE NOS PIONNIERS par Robert PREVOST, de la Société Historique de Montréal ON dit que les absents ont toujours tort ; nous serions tentés d’ajouter : surtout ceux qui nous ont quittés pour un monde meilleur, selon l’expression consacrée.C’est en tout cas l’impression qu’avait gardée un lecteur particulièrement sensible, il y a quelques mois, après avoir pris connaissance d’un article fort bien documenté paru dans Technique pour Tous (1) sous la signature de M.Eddy-L.MacFarlane, et dans lequel l’auteur rappelait la macabre histoire du Cimetière des Innocents, à Paris, une nécropole qui fut désaffectée par mesure d’hygiène en 1786 ; on y lisait notamment une affirmation du pantagruélique Rabelais à l’effet que les guenaulx de Saint-Innocent se chauffaient avec les ossements des morts.Si l’on en croit les journaux de 1871, les Montréalais du siècle dernier n’affichaient pas, à l’égard des restes de leurs prédécesseurs, un respect beaucoup plus recommandable, car certains ossements oubliés dans un ancien cimetière de la rue Dorchester auraient servi d’engrais dans les jardins privés, se seraient même trouvés mêlés à de la terre utilisée pour le nivellement de certaines rues ou pour l’exhaussement du carré Victoria ! Une chose reste certaine, en tous cas : plusieurs anciennes nécropoles sont devenues des squares publics ou des terrains de jeux.La bourgade d’Hocbelaga Rien malin qui pourrait retracer l’origine des tout premiers cimetières de Montréal, car les Indiens ne s’encombraient pas de registres d’état civil.Tout au plus pouvons-nous avancer l’hypotbèse qu’il devait s’en trouver un auprès de la bourgade d’Hochelaga, que Jacques Cartier visita en 1535.Cet avancé d’ailleurs trouverait une certaine confirmation dans la présence, au musée du Château de Ramezay, d’un certain nombre d’os humains ou de fragments faisant partie d’une collection d’objets divers recueillis en 1865 sur l’emplacement même de l’ancienne bourgade par M.Robert Wallace McLachlan ; cette collection fut offerte au Château de Ramezay par feu Ludger Gravel (2).Un autre archéologue, M.J.W.Dawson, s’était livré à d’intéressantes fouilles sur le même terrain, en 1861, et l’Université McGill conserve précieusement le fruit de ses recherches, ainsi qu’un certain nombre d'autres objets mis à jour par M.McLachlan et qui avaient plus tard fait partie de la collection de l'historien W.D.Lighthall .Ce dernier a dressé un plan de localisation de l’ancienne bourgade ; nous en publions avec cet article un tracé relevé par le regretté photographe Edgar Ga-riépy.On constate que le village indien d'Hochelaga Cette vieille gravure nous montre la chapelle de VHôtel-Dieu.Autrefois, cet hôpital se trouvait situé près de l’angle des rues Saint-Paul et Saint-Sulpice.C’est dans les environs immédiats de cette chapelle que se trouvait le deuxième cimetière de Montréal; le premier, situé sur la rive du fleuve, était envahi par les inondations, et c’est pour cette raison qu’on cessa d’y inhumer les “Montréalistes” comine l’on disait alors.Rien ne signale au passant l’emplacement du deuxième cimetière, mais une plaque historique apposée au mur d’un immeuble de la rue Saint-Sulpice, côté est, entre les rues Saint-Paul et LeRoyer, rappelle que là se dressait jadis le premier Hôtel-Dieu.Là furent inhumés les restes de plusieurs pionniers, dont ceux du célèbre Lambert Closse qui perdit la vie dans un combat contre les Iroquois et dont le souvenir est perpétué par une statue qui orne le socle du monument au sieur de Maisonneuve, à la place d’Armes.On y voit en effet le “major de la garnison” en compagnie de sa fidèle chienne, “Pilote”.ill™ 9 Hi iiiiyj ~ - - ¦ :!Ÿ, i y-\ •a.km'ii J7;’ .¦ SiSw MliSÈli :•'?fflflj M -.:; > - - mm * .¦HH = :- = E':^-.\U ¦ ‘ ' - «Psi - = li ,- ' -i.-.p .j ./, J „ 1 m Jt 5|S* i,|nfl| mm P- ÏlsUHi II hvs:} iffil mmm iis?* 7rl£vi-fii ' MÊÈim s ^7:1 mm jRjj : fig; ES! .'L Inæs& ks41 î5ër se trouvait à peu près enclos dans l’actuel quadrilatère que forment les rues Burnside, Sherbrooke, Metcalfe et Victoria, et que son extrémité nord pénétrait légèrement dans le campus de l’Université McGill.Les Hurons d’avant Jacques Cartier devaient inhumer leurs défunts à proximité de la bourgade, mais personne n’a encore établi d’emplacement exact de ce cimetière.De toute façon, ce quartier est maintenant grouillant d’activités et il ne fait pas de doute que des centaines de citoyens distraits foulent chaque jour cette petite nécropole.On pourrait probablement en dire autant de certains autres endroits.C’est ainsi qu’en septembre 1898, on découvrait un ancien cimetière algonquin à West-mount ; au cours de travaux d’excavation, on exhuma le squelette complet d’une jeune fille, et l’historien Lighthall en fit remise au Château de Ramezay, où on le conserve dans la position même qui caractérisait les sépultures indiennes (4).La place Royale Les renseignements s’avèrent plus précis pour ce qui est des premiers cimetières où l’on déposa les restes des colons qui participèrent à la fondation de la ville.C’est dans le voisinage immédiat de la place Royale que se dressèrent les humbles bâtiments du sieur de Maisonneuve et de sa poignée de pionniers venus fonder Ville-Marie en 1642.Les Iroquois rôdèrent quelques mois autour des palissades sans inquiéter les colons, mais cette paix ne devait pas durer.Au printemps de 1643, plus particulièrement le 19 mars, fête de saint Joseph, on installa un canon sur la charpente du bâtiment principal, afin d'honorer la fête au bruit de l’artillerie .13 New Machines and Gadgets -Novel Things for Modem Living- (For further information on these machines and gadgets, one may write to the manufacturers listed at the bottom of this page) PROTECTIVE GLOVES of polyethylene are sanitary, watertight, alkali and acid resistant.Useful on messy production jobs involving bonding, potting or coating, they are said to offer greater fingertip sensitivity than rubber gloves (1).• PIPE INSULATION of glass fiber is manufactured in one piece for quick, simple application.Available in several sizes, it can be installed on hot and cold lines.It will not burn, corrode metals or shrink, and is unaffected by moisture.Pipe expansion or contraction will not crack it (2) 3 4.• CALIPER has direct reading ze-ro-to-four-inch scale.Operated with one hand, it opens by squeezing the handle and its spring closes over the object to be measured.Useful to machinists, inspectors and home craftsmen, the caliper can also be used as a gauge by locking a set screw at any position on the scale • FLAME PHOTOMETER determines the concentration of sodium and potassium in samples of blood and other biological fluids.Concentrations can be read directly from a meter on the clinical instrument.Designed for microsampling techniques, it is portable and needs no galvanometer (i).• STEAM CLEANER, electrically powered and heated, is for use where fumes, flame, or excess water would be objectionable.It is ready to clean 90 seconds after pressing the motor switch, and is protected against damage or improper operation by automatic shut-off of heaters in case of water supply failure (5) 6 7 8.• DISPOSABLE SYRINGES made of plastic are available with or without needles.Individually sterilized, packaged, and ready for immediate use, the syringes eliminate the danger of cross-infection through re-use.Contoured plunger heads and grips and longer barrels make for quick, sure handling (s).• FIRE EXTINGUISHER has container of squeezable flexible plastic.Extinguishing powder can be sprayed to smother different types of fires, including oil, grease and electrical, rapidly and safely.Sized for household use and vehicular glove compartments, the product is non-poisonous and non-corrosive .ALPHA-BETA-GAMMA METER is transistorized, portable, light weight and operates on standard flashlight batteries.It is easy to read, and has three sensitivity ranges and a high impedance headphone.The survey meter is used in hospitals, reactor installations, research plants for personnel protec- tion and monitoring radioactivity (9) 10 11.• HAND OILER in the shape of a fountain pen, equipped with a pocket clip, operates by touching tip end to the spot to be oiled.A drop of oil is released on contact from an inner plastic tube.Oiler may be used for most household oiling chores Uo).• NON-TANGLING APPLIANCE CORD with jacketing of flexible neoprene is designed to reduce the tangle of extension lines around electrical outlets.Made for heating appliances, such as toasters and hand irons, the cord retracts to an 18-inch length.Its actual length is six feet.The neoprene makes the cord heat-resistant and waterproof (n).• LOW-POWER MICROSCOPE made from war surplus optical components is designed for hobbyists, students and science fans.It is six inches long and weighs about four pounds.Basic magnification is 5X, but accessory objectives yield 10X, 15X, 20X, 30X and 40X magnifications (12).1.Carl H.Biggs Co., Dept.120, 2255 Barry Ave., Los Angeles 64, Calif.2.Owens-Coming Piberglas Corp., Toledo 1, Ohio.3.Drum-cliff Co., Dept.390, Towson 4, Md.4.Baird-Atomic, Inc., 33 University Rd., Cambridge 38, Mass.5.Hypressure Jenny Div., Homestead Valve Manufacturing Co., Coraopo-lis, Pa.6.Surgical Products Div., American Cyanamid Co., 30 Rockefeller Plaza, New York 20, N.Y.7.Tolman-Shea Labs, Inc., West St., Keene, N.H.8.Arthur S.LaPine & Co., 6001 S.Knox Ave., Chicago 29, III.9.Universal Transistor Products Corp., 17 Brooklyn Ave., Westbury, L.I., N.Y.10.D.Corrado, Inc., 26 N.Clark St., Chicago 2, III.11.Cords, Ltd., DeKalb, III.12.Edmund Scientific Co., Barrington, N.J.14 QUELQUES GRANDS TRAVAUX MODERNES par Hernias BASTIEN, professeur à l’Institut de Technologie de Montréal DEPUIS le début du XXe siècle, quelque cinquante révolutions ou guerres, dont deux à l’échelle mondiale, — sans compter les cataclysmes naturels : tremblements de terre, famines, cyclones, etc., — ont semé la désolation sur le globe.Pour réparer ces dommages, jamais l’homme n’a recherché des énergies nouvelles avec autant d’ardeur, découvert des matériaux neufs avec autant de succès, lancé de grands travaux avec autant d’allant.Science et technique lui ont permis ces entreprises qui l'emportent sur celles de l’antiquité, d’apparence puériles dans leur démesure, par exemple, la Tour de Babel dressée dans l’histoire et la légende et les Pyramides dont seule la Grande empêche de douter des six autres Merveilles.Voici aussi dans l’ordre militaire, la Muraille de Chine et les Voies romaines : celles-ci permirent à César l’organisation de l’Europe latine et celle-là contint durant cinq cents ans les Huns en Asie.Avec l’ère industrielle, le métal, le caoutchouc, le béton armé, l’électricité partent à la conquête du monde.Et l’on songe à l’immersion du premier câble transatlantique comme à un exploit qui eût réjoui Jules Verne.Des entreprises de géants ?— La construction des Chemins de fer transcontinentaux, en Europe et en Amérique.Jadis un roi construisit Versailles, à l’effigie de son époque ; en 1889, Eiffel bâtit sa tour.Les grands constructeurs s’imposent aussi en creusant la terre ; Londres se donne le premier métro du monde et de Lesseps perce les isthmes.Jusqu’au roc des montagnes qui ne résiste au génie de l’homme s’attaquant même à la géographie des fleuves qu’il endigue.Ou bien, il réunit des rives par les arcs élégants des ponts.LES TUNNELS SOUS LES ALPES C’est peut-être la Suisse qui, à cause de sa situation et de sa géographie physique, se trouve le pays le plus sillonné de tunnels.Le premier tunnel suisse à voie ferrée d’altitude moyenne fut le Hauenstein, long de 2,495 mètres, dans le massif du Jura, de Lucerne à Bâle.La nécessité de passer des côtes de la Manche et de l’Atlantique à la Méditerranée imposa bientôt l’utilité de nouveaux pa -sages sous les Alpes à des altitudes accessibles aux chemins de fer.La France prit l'initiative de percer le Mont-Cenis à 1,244 mètres sous le col de Fréjus par un tunnel de 12,849 mètres entre Modane (France) et Bardonnèche (Italie).Commencés en 1857, ces travaux ne furent achevés que quatorze ans plus tard.La construction du Saint-Gothard, sous la direction de l’ingénieur Fâvre, en 1880, fut considérée comme une oeuvre unique jusqu’à l’achèvement du Simplon, le plus long tunnel du monde.LES PLUS GRANDS TUNNELS DU MONDE (AU-DELA DE 7,000 METRES) Longueur totale Date de mise Noms Pays en mètres en service 1.Simplon Suisse-Italie 19,825 1905-1922 2.Apennins Italie 18,514 1934 3.Saint-Gothard Suisse 14,997 1878 4.Lôtschberg Suisse 14,611 1913 5.Mont-Cenis France-Italie 12,849 1871 6.Cascade Etats-Unis 12,541 1929 7.Mont-Blanc France-Italie 11,900 projet 8.Ariberg Autriche 10,239 1884 9.Moffat Etats-Unis 9,996 1928 10.Shinizu Japon 9,724 1930 11.Gunnison Etats-Unis 9,600 1910 12.Knineshei Norvège 9,062 1943 13.Rimutaka Nouvelle-Zélande 8,796 1955 14.Ricken Suisse 8,600 1910 15.Grenchenberg Suisse 8,577 1915 16.Tauern Autriche 8,533 1909 17.Hoegbostad Norvège 8,473 1943 18.Ronco Italie 8,260 1889 19.Hauenstein Suisse 8,133 1916 20.Col de Tende Italie 8,097 1900 21.Connaught Canada 8,081 1916 22.Karawanken Autriche 7,975 1905 23.Tanna Japon 7,806 1934 24.Hoosac Etats-Unis 7,761 1875 25.Somport France-Espagne 7,874 1928 26.Monte Orse Italie 7,561 1927 27.Vivola Italie 7,355 1927 28.Monte Adone Italie 7,132 1934 29.Jungfrau Suisse 7,123 1912 30.Rove France 7,120 1927 31.Severn Grande-Bretagne 7,011 1886 15 LES PLUS GRANDES CENTRALES HYDROELECTRIQUES DU MONDE (1955) (en millions de KWh.annuels) 1.Grand Coulée, Etats-Unis 13,000 2.Beauharnois, Canada 6,000 3.Boulder Dam, Etats-Unis 5,880 4.MacNary, Etats-Unis 5,500 5.Chief Joseph, Etats-Unis 5.360 6.Dnieprostroi, Russie 3,500 7.Bonneville, Etats-Unis 3,400 8.Wilson, T.V.A 2,500 9.Shasta, Etats-Unis 1,950 10.Donzère, France 1,850 IL Harsfranget, Suède 1,800 12.Génissiat, France 1,640 13.Grande-Dixience, Suisse 1,400 14.Hungrv Horse, Etats-Unis 1,180 D’après le tableau précédent, la centrale de Beauharnois occupe le deuxième rang parmi les plus grandes du monde.Voici une autre du Canada.importante réalisation La compagnie Jura-Simplon, constituée en 1890, fut habilitée par la Suisse et l’Italie ; un capital de 76 millions imposa un plan d’économies strictes.On ne pouvait songer qu’à une voie unique, une double quadruplant les dépenses.Il fallut aussi travailler à basse altitude pour disposer d’installations et de matériaux à pied d’oeuvre.Mais creuser bas, c’était creuser plus long.C’est pourquoi le Simplon est à la fois le moins élevé des grands tunnels alpins (659 m.en moyenne) et le plus long : 19,825 mètres, dont 9,073 mètres en territoire suisse et 10,752 en territoire italien.Les ingénieurs Brandt et Brandau inaugurèrent un astucieux procédé.Ils projetèrent et exécutèrent deux galeries parallèles : la première, qui sera complétée et recevra la voie ferrée unique, tandis que la seconde, creusée seulement à mi-hauteur et mi-largeur, lui servira d’auxiliaire.Par cette seconde galerie, les matériaux seront amenés et sortiront les déblais ; tous les vingt mètres, des galeries transversales unissant les deux tunnels aideront à la ventilation, à l’adduction et à l’écoulement des eaux.Avant d’entreprendre de pareils travaux, que de services auxiliaires à organiser ! Amenées d’eau, barrages pour fournir la force hydraulique transformée en énergie électrique et en air comprimé, turbines de ventilation, ateliers de forges pour les fleurets et les barres de mines, entrepôts d’explosifs, bâtiments administratifs, habitations pour les ouvriers, etc.CETTE GRAVURE, PARUE EN 1877 DANS UN JOURNAL DE MONTREAL, NOUS MONTRE LES DEUX TOURS QUI DEVAIENT SUPPORTER LE PONT DE BROOKLYN, DESTINE A RELIER L’ILE DE MANHATTAN A LA RIVE DE LONG-ISLAND.ON AVAIT JETE, AU-DESSUS DE CE GOUFFRE DE 100 PIEDS DE PROFONDEUR, UNE PASSERELLE TEMPORAIRE DE DEUX A DEUX PIEDS ET DEMI DE LARGEUR AFIN DE PERMETTRE LA POURSUITE DES TRAVAUX.ç.j f si'Wçyjt  " : : /’ * y— ' 1 mm % V r Le travail de triangulation fut un chef-d’oeuvre de précision.Les topographes montèrent leurs appareils au sommet du M onte Leone, altitude 3,561 mètres, où ils se livrèrent à leurs calculs de géodésie.Le 4 février 1905, lors de la jonction des galeries, on constata que les parois nord et sud se rencontraient avec une minime différence de vingt centimètres.Le tunnel fut commencé à ses deux extrémités, en août 1898.On rencontra une grande variété de sols : le roc vif attaqué à la foreuse mécanique, le schiste micacé que l’on creusait au pic, le calcaire plus friable, mais poussiéreux.On commença le Simplon, comme on avait achevé le Saint-Gothard : avec les améliorations techniques instaurées au fur et à mesure de sa percée.Les obstacles qui ralentirent les travaux furent les hautes températures, le problème de la ventilation, les irruptions d’eaux chaudes ou froides, la compacité et la pression des roches avec les avalanches.Cette excavation n’est ni plus ni moins qu une galerie de mine creusée à 2,500 mètres de profondeur, subissant donc réchauffement progressif propre à l’écorce terrestre.Ici, la pression des roches écrasait les boisages, obligeant de recourir à des cadres de fer bétonnés ; là, c’est la compacité de la roche usant les fleurets des perforatrices qui se détrempaient sous l’effet de la chaleur, bien qu’ils fussent injectés d’eau froide.Le facteur humain ajouta peu aux obstacles naturels, mais quelques grèves éclatèrent.Le président de la Confédération suisse et le roi d’Italie traversèrent le tunnel le 1er juin 1906, la voie ferrée étant terminée.La ligne une fois électrifiée, le tunnel du Simplon fut ouvert ensuite à l’exploitation commerciale.Ce furent les Chemins de fer français qui parachevèrent le tunnel no 2, après qu’on eût constaté les inconvénients de la voie unique.Ces travaux, commencés en 1912, furent retardés par la guerre et achevés en 1921 seulement.La France fit aussi construire, en 1915, le raccourci Frasne-Vallorbe en perçant le tunnel du Mont-d’Or, de 6,100 mètres.Les Bernois, en 1906, financèrent enfin la construction du Lotschberg, sur la ligne Berne-Simplon.Mais l’hydro-énergie et les grands travaux qu’elle nécessite sont aussi spectaculaires que le percement des tunnels.En voici deux exemples.LA VALLEE DU TENNESSEE Au sud-est des Etats-Unis, le Tennessee est un affluent de l’Ohio, lui-même tributaire du Mississipi.Il y a deux siècles, les Indiens y vivaient heureux de chasse et de pêche.L’immigration blanche les en chassa, mais livra la vallée à une destruction stupide.La Guerre Civile (1861-1865) y apporta ses dévastations.Mentionnons aussi les inondations de février à avril 1867 alors que les montagnes laissèrent dévaler leurs eaux grossies par 35 centimètres de pluie.Les flancs de la vallée glissèrent dans la rivière délitée.Il faudrait aussi rappeler la culture intensive qui épuisa le sol.En 1933, sur trois millions et demi de terres labourables, 400,000 étaient perdues et 4;iinU LE PONT VICTORIA ET L'ECLUSE DE ST-LAMBERT EN CONSTRUCTION.17 LES PLUS GRANDS PONTS DU MONDE (AU-DELA DE 1,500 METRES) Situation Longueur totale Technique Portées Achevé en mètres, y corn- ou travées en pris les approches maximum l.San-Franciscd (Oakland) 7,000 suspendu 700 1905 2.New-York (East River) 4,830 arcs 310 1915 3.Tay (Ecosse) 3,208 poutres droites 75 1885 4.Philadelphie 2,928 suspendu 533 1922 5.San-Francisco (Golden Gate) 2,800 suspendu 1,380 1945 6.Forth (Ecosse) 2,461 cantilevers 520 1890 7.New-York (Hudson) 2,381 suspendu 1,067 — 8.New-York (Williamsburg) 2,196 suspendu 48 6 1903 9.New-York (Manhattan) 2,090 suspendu 446 1909 10.Douala (Cameroun) (Afrique) 1,830 béton 1955 11.New-York (Brooklyn) 1,826 suspendu 486 1870 12.Louisville (U.S.A.) 1.607 poutres droites 122 1885 deux millions d’autres allaient l’être, si on ne les restauraient pas.Les dissensions locales, après la guerre de Sécession, plongèrent la vallée dans l’anarchie.Les jeunes émigrèrent en masse.L’Etat du Tennessee perdit 120,000 habitants et l’Alabama, 154,000, au profit des régions de l’Ouest et des villes industrielles de l’Est.Après 1929, sévit la dépression.C’est alors que F.D.Roosevelt lança le New Deal, série de mesures pour assurer une meilleure distribution des richesses.Comme corollaire de ces mesures allait naître la T.V.A.La Tennesse Valley Authority est une entreprise autonome de barrages, de régularisation et de canalisation des eaux du bassin du Tennessee.Entre 1931 et 1933, cent trente-huit projets furent soumis : essais plus ou moins réalistes, soucieux de tirer des bénéfices immédiats plutôt que d’instaurer une administration tutélaire.C’est alors que le Président fit approuver la T.V.A.par le Congrès américain qui accorda au projet une autonomie complète.Ses prérogatives s’énonçaient en six articles : 1.Maximum de contrôle des inondations.2.Equipement optimum des voies navigables.3.Production forcée de l’énergie électrique.4.Mise au point de nouvelles techniques agricoles.5.Reboisement intensif.6.Bien-être social et économique des habitants de la vallée.En un pays d’initiatives privées, cette tentative de dirigisme ne rencontra pas d’abord l’unanimité, mais graduellement les oppositions tombèrent.La T.V.A.allait agir sur six Etats du Sud grâce à des dotations gouvernementales.Elle disposait, en 1933, d’un budget initial de 750 millions de dollars, chiffre ensuite très largement dépassé.Le triumvirat directeur se composait de Lilienthal.Norris et Harcourt Morgan.11 embaucha un personnel de 200,000 travailleurs de 1933 à 1940.Si les cadres venaient de l’Union, le personnel subalterne se recrutait sur place.Ce personnel fut logé dans des maisons préfabriquées, louées $27 par mois.Ces maisons confortables ne contribuèrent pas peu à établir l’utilité des travaux de la T.V.A.Les paysans furent initiés à des nouvelles méthodes de culture, car on mena de front la construction des barrages, le reboisement et la rénovation agricole.La capitale provisoire fut fixée à Chattanooga.L’administration acheta terrains et immeubles, le quart de la superficie de la vallée, quatre petites villes, relogea près de 100,000 personnes, rassembla pour 288 millions de matériaux et 188 de matériel.Le bassin du Tennessee et de ses cinq affluents couvre 100,000 kilomètres carrés et comprenait, en 1933, 1,500,000 habitants ; ceux-ci L'ECLUSE DE COTE STE-CATHERINE EN CONSTRUCTION.s m -.VT-, ¦ & , ' i 18 seront près de cinq millions à l’achèvement des travaux.Le bassin compte 30 barrages : 9 sur le Tennessee proprement dit ; 5 sur l’Holston ; 1 sur la Clinch (celui de Norris qui alimente la Cité atomique d’Oakridge) ; 1 sur la French Broad ; 6 sur la Little Tennessee ; 8 sur le Hiwassee.Leurs eaux de retenues s’étagent de 100 à 500 mètres au-dessus du niveau de la mer.Leur largeur est très variable : de 150 mètres à 2,880.Ils ne rivalisent donc pas avec Grand Coulée, le plus grand barrage américain, qui retient une nappe d’eau de six milliards de mètres cubes.La variété et la quantité des matériaux employés ne sont pas moins spectaculaires que l’ensemble du travail accompli.Il fallut défricher 70,000 hectares de terre pour faire place aux lacs ; construire ou refaire 3,000 kilomètres de routes ; établir 225 kilomètres de voies ferrées ; faire sauter 30 millions de mètres cubes de rocs ; employer 113 millions de tonnes de ciment.David Lilientbal a décrit les travaux de la T.V.A.dans son livre, Democracy on the March.sans échapper au lyrisme: « La pluie tombe sur un sommet montagneux, à 1,800 mètres au-dessus du niveau de l’embouchure du fleuve.L’eau s’infiltre à travers les racines et le sol, y forme des milliers de petites veines qui se réunissent en un ruisseau, puis l’eau s’écoule jusqu’à ce qu’elle atteigne un lac artificiel où elle est emmagasinée derrière un barrage.Elle se déverse dans un énorme tuyau d’acier et actionne une turbine.L’énergie de l’eau est alors transformée en énergie électrique.Puis elle continue son chemin jusqu’à une dizaine d’au- tres barrages et d’autres turbines.L’électricité ainsi créée s’achemine à une vitesse vertigineuse jusqu’aux hauts-fourneaux qui transforment le minerai de phosphate en engrais.Le fermier utilise cet engrais pour enrichir ses labours et ses pâturages.Ces pâturages, créés par l’énergie du phosphate, de l’électricité et du soleil, donnent de l'énergie aux animaux et aux hommes qui mangent.Ils retiennent aussi le sol et y emmagasinent l’eau.Tout doucement, l’eau reprend le chemin des grands lacs artificiels et le cycle recommence.Ce n’est plus la triste histoire d’autrefois, toute d’épuisement et de misère, mais c’est l’abondance et l’harmonie de la coopération entre la nature, la science et l’homme ».Superphosphatée, la terre du Tennessee est devenue un Eden.En 1943, 12,000 kilomètres carrés L’ECLUSE DE ST-LAMBERT EN CONSTRUCTION.SBC'» as* \ ! sy' I 'jt ] s K\ I y A i X t is i 1/1 Y A N gpl vM** n sont récupérés.Dans le comté de Limestone, les pâturages passent, en dix ans, de 140 à 3,000 hectares, et les champs cultivés en gradins, de 4,600 à 56,000 hectares.Gun-tersville est devenue un port magnifique.Les fermes possèdent l’équipement agricole du dernier modèle et, pour les cultivateurs, le gouvernement fédéral a installé à Muscle Shoals une puissante usine d’engrais qui fournit tout le territoire.Le Tennessee alimente en électricité une grande partie des six Etats du Sud : les fermes, les petites industries, les grands consortiums, comme V Aluminum Company of America, d’Alcoa.Le succès obtenu dans la vallée du Tennessee incite le gouvernement à se tourner vers d’autres fleuves et rivières, comme le Mis-sissipi et le Colorado.LA VOIE MARITIME DU ST-LAURENT La voie maritime du Saint-Laurent est le triomphe de la technique et de la machine sur la nature qui, pendant des siècles, a été un obstacle quasi infranchissable.Cette entreprise canadienne suscite les superlatifs, tant les travaux en sont gigantesques.Elle consiste à relier l’océan aux Grands Lacs en portant à 27 pieds la voie navigable entre Montréal et Prescott, ainsi que celle du canal Welland actuellement à 25 pieds.Le transport s’effectue actuellement entre Montréal et Prescott au moyen de canaux de 14 pieds.Or, la dénivellation sur ce parcours atteint 225 pieds ; elle est de 602 pieds à 22 pieds entre les Grands Lacs et la métropole.Désormais, cette distance ne comptera plus que 7 écluses au lieu de 21.Sera alors possible le passage de navires jaugeant 8,500 tonnes au lieu de navires jaugeant 3,000 tonnes seulement.Les travaux sont divisés en cinq sections : les sections de Lachine, de Soulanges, du lac Saint-François, des rapides internationaux et des Mille-Iles.C’est surtout dans les trois premiers secteurs que nos ingénieurs, constructeurs ou ouvriers mènent une bataille contre le roc et la boue à coups de millions.La canalisation proprement dite coûtera au gouvernement canadien au-delà de 285 millions.Avec les travaux d’aménagements hydroélectriques près de Cornwall, dont les coûts sont partagés entre l’Etat de New-York et l'Ontario, les coûts totaux des travaux de canalisation et d’aménagements atteindront le milliard de dollars.Ce sont, en effet, les pouvoirs hydroélectriques qui rendront l’entreprise rentable.Ils ouvrent à l’industrie des possibilités immenses.Ne nomme-t-on pas déjà la région Varennes-Verchères-Contrecoeur le futur Pittsburg du Québec ou la vallée de la Ruhr de l’Amérique ?Le nouveau canal passe près de la rive sud parce que celle-ci offre de vastes emplacements libres pour y établir de nouvelles zones industrielles et domiciliaires.C’est dans la région de Laprairie que débouchera le nouveau pont enjambant l’Ile-des-Soeurs maintenant planifiée ; que l’administration de la voie maritime construit deux bassins de virage ; que commencera la ville de Candiac.La Candiac Development Corporation a acquis 105 millions de pieds carrés de terrain où s’organisera une ville occupant 2,500 acres, soit 400 de plus que Verdun.Quatre cents acres sont réservés à l’industrie.Environ 200 sont destinés au commerce et aux services municipaux, 300 aux églises, écoles, parcs et terrains de jeux, 1,500 aux quartiers résidentiels.On projette 12,000 maisons pour loger 50,000 personnes.La voie maritime est certainement une des grandes entreprises modernes.Elle modifie la géographie du fleuve et de ses rives.A la poésie pittoresque de naguère, elle substitue une autre poésie qui ne manque pas de grandeur : écluses, usines, ponts, voies d’accès, auto-strades.Elle nécessite surtout la construction de nombreux ponts.Elle transforme, en les surélevant, les ponts déjà existants: Mercier, Victoria, Jacques-Cartier.Tous ces travaux s’accomplissent sans dérangements importants à la circulation routière ou fluviale.Nous dirons même sans que la plupart des Montréalais n’éprouvent la curiosité d’aller sur place se rendre compte des transformations en cours, grâce à la science et à la technique.Ils ont en l’avenir de leur pays la foi du charbonnier.Bibliographie L’épopée des grands travaux, par René Poirier, Paris, 1957.Construit pour le peuple, par David Lilienthal, N.Y.,^ 1947.La Haute Autorité de la vallée du Tennessee, par R.Foch, Paris, 1952, Québec industriel, avril 1957.¦I ¦MNjjÉMl J R.*»' /V SECTION COMPLETEE DU CANAL VIS-A-VIS DES RAPIDES DE LACHINE. »** m — ~ " **•**»< *>*-T MODEL OF TRANSFER LINE AT AUSTIN MOTOR WORK, LONGBRIDGE, BIRMINGHAM, ENGLAND.THESE MODELS WERE MACHINED BY APPRENTICES.THREE-DIMENSIONAL Scale Mode/s for Research and Industrial Uses By Leo WALTER, Consulting Engineer As.greater and greater demands are made on A engineering products, so their complexity increases.It follows that research and development work becomes of utmost importance.The use of three-dimensional scale models in research has been facilitated in recent years by the use of new materials, such as translucent plastics, light alloys and other easily machineable materials.In some instances models are rough, in others they have to be machined to great precision, as will be shown later.In training of apprentices it has become customary to let them machine exhibition models to scale.The results are sometimes exceedingly good.Many firms and research associations have amongst their employees or workers amateur model makers which sometimes are called upon to assist in preparation of demonstration models for exhibition or sales purposes.The bulk of scale models for manifold purposes are, however, provided today by professional model-making firms.Their long experience and employment of highly-skilled metal-workers produces amazing results.Product employment The modern development department of a large engineering firm uses scale models for very many purposes.Take for example, development of a new water turbine.Extensive application of welded structures for spiral casings requires the backing of exploratory and confirmatory model tests.One of the photographs illustrating this arti- 21 cle shows a 1:10 scale model of the spiral casing and speed ring for Niagara pumped storage turbines.The design of these machines believed to be new enables them to operate as pumps as well as water turbines.During the testing of the model for the Niagara scheme about 1,000 separate strain gauge measurements were recorded under loads simulating those occurring in the full size structure.A preliminary model (scale 1:6) of the composite top covers for the water turbines of the St.Lawrence scheme was tested under hydrostatic loading.Measurements of deflection and stress measurements were taken.Three models were built and careful machining and welding was essential.The final design was considerably stiffer without any increase in weight.Sixteen Francis turbines of 75,000 h.p.each will he built for operation in the St.Lawrence River Scheme.Journal Bearing Lubrication In mechanical engineering, investigations of journal bearing lubrication have been going on for many years.As an example for a modern development which has been carried out to determine best suitable lubrication methods in conjunction of machining, investigations have been carried out on journal bearing lubrication and oil film whirl.It is of interest to research engineers that for an analytical study, an electronic computer (Deuce type) is being used.This theoretical research work is backed by work on a number of test rigs.In one special rig the behaviour of the oil film in a transparent bearing is being studied.Ultra-violet light is used in these experiments to produce fluorescence of the oil film.Wind Tunnel Tests Highest precision of machining is required for metal models of aircraft submitted to wind tunnel tests during the design stage of a new aircraft type.Such metal models have to be machined to very close tolerances, and are fitted on a sting support of the working section of a model wind tunnel.Outside the wall of the model tunnel are various pressure tubes.They are used for checking the Mach number along the tunnel working section.The tunnel shown in one of our illustrations, with a working section of one foot six inches square, and powered by two Rolls-Royce Nine jet engines, is capable of reaching a Mach number of 1,6.It is in use at the Aircraft Division of the English Electric Company in Great Britain.Another use of model tunnel tests is for cascade testing for blades, machined to extreme accuracy for use in steam or gas turbines, or rotary compressors.Extremely sensitive instrumentation is used in such a supersonic variable density wind tunnel model.Acknowledgement is due to the English Electric Co., Ltd., of Rugby, England, for data and illustrations, and to the other firms mentioned.BIBLIOGRAPHY Foundations for the Future.G.F.W.Adler Publ : Engineering, London, Sept.7, 1956.UNITS CAN OPERATE EITHER AS PUMPS OR AS WATER TURBINES.SCALE MODEL OF SPIRAL CASING FOR THE NIAGARA PUMPED STORAGE POWER PLANT.22 ^^^te^Sssisiss PRECISION-MACHINED TURBINE OR COMPRESSOR BLADES ARE TESTED IN WIND TUNNEL USED FOR MODEL CASCADE TESTS.MODEL OF MACHINE MADE BY APPRENTICES OF THE AUSTIN MOTOR CO.A PRELIMINARY MODEL OF THE COMPOSITE TOP COVERS FOR WATER TURBINES FOR THE ST.LAWRENCE SCHEME TESTED UNDER LOAD.W/'P-A ¦NÉs* BfflWBBWBWniWMIlWWHHWHffllfflllWMBB’H'iffl E *» P* ¦jAda?.'1" taa- WS#1: s£$*p âuêiANte É^Éil # wfcWH HftteWPf IM* é5fe*É85#»ll rittrHi »M-4f • $ Jïg ü.PLÛ.ST1G5 DE PT *3P»|* .:.* -.4 FITTING A PRECISION-MACHINED METAL MODEL ON SECTION OF MODEL OF GENERAL ELECTRIC CO.’S 1,000.000 SQ.FT.SMALL MOTOR AND VACUUM CLEANER PLANT.STING SUPFORT OF HIGH-SPEED WIND TUNNEL.DURING TESTING OF THE MODEL SPIRAL CASING FOR THE NIAGARA POWER SCHEME, 1,000 SEPARATE STRAIN GAUGE MEASUREMENTS WERE RECORDED.ABOUT ?j L’Oü NOie par Roger LACOSTE, professeur, Ecole de Métiers de Plessisville.VOUS avez sans doute déjà entendu ce terme pour désigner le pétrole.Eh ! bien, nous allons vous parler du pétrole canadien, dont les gisements ont été découverts en 1947 par la compagnie Imperial Oil, et qui constituent une des plus grandes ressources naturelles de notre pays.Comment l’a-t-on découvert et en quels lieux les recherches ont-elles été poursuivies ?C’est à vingt milles au sud-ouest d’Edmonton qu’une équipe de foreurs, ou drillers, ainsi que les nomment nos compatriotes de langue anglaise, fit jaillir l’or noir.Pendant une période de 30 ans, leurs devanciers avaient exploré le sous-sol des Prairies, forant 133 puits.Toujours ces ouvriers se trouvaient en face de puits secs ou d’eau salée, mais il leur restait tout de même l’espoir que.peut-être.le prochain .Ces 30 années d’optimisme avaient coûté à la compagnie Imperial Oil $23,000,000.En 1947, donc, les techniciens vont travailler dans un petit village des Prairies, tout près d’Edmonton, en Alberta.Peu de gens encore connaissent ce hameau isolé dans la plaine, et qui se nomme Leduc.Après plusieurs jours, la foreuse atteignait un niveau situé à près d’un mille sous la surface.Le 13 février, alors que la mèche s’enfonçait à 5,066 pieds de profondeur, nos infatigables travailleurs voyaient surgir le premier pétrole canadien.Par la suite, on découvrit les champs de Red-Water, Golden-Spike, Pembina et Sturgeon-Lake.Peu à peu, les gens de la Saskatchewan et du Manitoba apprirent ces découvertes et se demandèrent pourquoi les foreurs de puits ne venaient pas dans leurs régions ; on poursuivit des recherches dans ces provinces et bientôt, Fosterton et Smiley, en Saskatchewan, ainsi que Daly et Virden, au Manitoba, possédaient leurs puits.Des centaines de livres ont été écrits sur la géologie, cette science qui étudie la formation terrestre et la structure des sols ; mais quelques paragraphes vont suffire pour comprendre superficiellement comment AVANT DE RECOLTER, IL FAUT SEMER.LA SEMENCE DU PETROLE A ETE DEPOSEE DANS LES ENTRAILLES DE LA TERRE IL Y A DES MILLIONS D’ANNEES, ET ELLE N'A CESSE D'Y MURIR.ENSEVELIS TOUR A TOUR AU POND DES EAUX ET DANS LES PROFONDEURS DE LA TERRE, LES ANIMAUX AQUATIQUES SUBIRENT DES PRESSIONS QUI LES BROYERENT.LA CHALEUR AINSI ENGENDREE ET L'ACTION DES PRESSIONS, PENDANT DES MILLIONS D'ANNEES, TRANSFORMERENT LES ANIMAUX AQUATIQUES EN PETROLE (UN MOT QUI VIENT DU LATIN ET QUI SIGNIFIE : PIERRE ET HUILE).VOILA COMMENT FUT MISE EN TERRE LA SEMENCE DU PETROLE.T.T |L II 25 ces bassins se sont constitués sous la couche terrestre.Des milliers d’années s’écoulèrent avant que l’homme n’apparût sur la terre ; selon les géologues, l’ouest du Canada, à cette époque, était une mer immense.Celle-ci, toute grouillante de vie marine, peuplée de milliers de mollusques, se dessécha peu à peu ; à mesure que ces êtres primaires mouraient, ils se déposaient au fond pour être lentement recouverts de sédiments.Ceci se passait, dit-on, il y a 500,000,000 d'années.Les bactéries, la chaleur et les très grandes pressions transformèrent ces débris de fossiles en gaz naturel et en pétrole brut, qui, comme les bulles dans une bouteille de liqueur douce, n’attendent qu’une issue pour jaillir à la surface.Il arrive parfois que le pétrole parvient à se frayer un chemin à travers la - DERRICK AU PUITS REFORMING CATALYTIQUE COLONNE DE FRACTIONNEMENT GAZ NATUREL DISTILLATION DU BRUT SÉPARATEUR GAZ-PÉTROLE GAZOLINE NATURELLE GAZOLINE BRUTE RÉSERVOIJ AU GISEMENT FRACTIONS LÉGÈRES COMBUSTIBLES LÉGERS GAZOLINE DE CRACKING RÉSERVOIR DE RAFFINERIE HUILE LÉGÈRE COLONNE DE FRACTIONNEMENT FOUR RÉSIDUS CRACKING CATALYTIQUE TRAITEMENT AU SOLVANT DÉPARAFFINAGE AU SOLVANT USINE D'HUILES DE GRAISSAGE FABRICATION DES GRAISSES FOUR TRAITEMENT CHIMIQUE ^ COLONNE DE FRACTIONNEMENT DISTILLATION SOUS VIDE Ém-,,.#«S® _____ .yggSi ALAMBIC À ASPHALTE PETROLE ASPHALTE RAFFINAGE APERÇU DE SON CHEMINEMENT Hülü ; 26 :, comme d’asphalte d’Athabaska, en Alberta.Depuis des siècles, de très grandes quantités de pétrole se sont déposées sous des couches de roc et, très fréquemment, d’argile schisteuse.Le pétrole ne s’est pas accumulé dans des réservoirs naturels comme pourrait le faire croire l’un des dessins qui accompagnent cet article.C’est plutôt une pierre poreuse (ha- USINE PÉTROCHIMIQUE PRODUITS PETROCHI- INE BRUTE MIQUES 'CARBURANT POUR RÉACTÉS TRAITEMENT CHIMIQUE TRAITEMENT CHIMIQUE GAZOLINE KEROSENE HUILE À POÊLE TRAITEMENT CHIMIQUE ' CARBURANT DIESEL COMBUSTIBLES DOMESTIQUES m COMBUSTIBLES INDUSTRIELS I COMBUSTIBLES LOURDS Ce diagramme illustre, sous une forme simplifiée, les nombreuses opérations nécessaires à la fabrication de quelques-uns parmi les centaines de produits utiles qu’on tire du pétrole.Les modes de traitement varient dans les différentes raffineries selon les besoins des régions qu’elles desservent.GRAISSES TA HUILES DE GRAISSAGE -Ê DU PETROLE .DU PUITS AUX PRODUITS FINIS LE PERÇOIR A COURONNE PEUT TRANSPERCER L E ROC LE PLUS SOLIDE.bituellement pierre à chaux ou pierre de grès) qui le retient, comme l’eau dans une éponge.L’étendue de ces dépôts varie ; le réservoir de Leduc, par exemple, a une superficie de 80 milles carrés et une capacité de 250,000,000 de barils, tandis que celui de Pembina, en Alberta, contient, pour une même superficie, 800,-000,000 de barils.Cette pierre sédimentaire constitue environ 15% de la superficie souterraine totale de notre pays.Dans ce domaine, l’Ouest du Canada l’emporte sur l’Est, il possède le gros morceau du gâteau.On désigne généralement l’étendue sédimentaire des Prairies comme le bassin de VOuest canadien ; celui-ci occupe 770,000 milles carrés et contient un million de milles cubes de sédiments.Jusqu’à maintenant, 4,500 puits ont été percés, soit un puits par 175 milles carrés ; c’est dire qu’on a à peine entamé ces immenses réserves.Pourtant, les experts sont d’avis que déjà les explorations ont amené la découverte de 2,000,000,-000 de barils de pétrole dans le bassin de l’Ouest canadien.S’il ne s’effectuait pas d’autres découvertes, et en se fondant sur la consommation de l’année dernière, cette réserve suffirait aux besoins de notre pays pendant 10 ans, mais on devine facilement que les techniciens ne s’arrêteront pas là.Ils espèrent que le prochain bassin à explorer sera encore plus riche.Pour 1958, l’industrie du pétrole avait prévu une dépense de $250,000,000 à l’item : exploitation des gisements d’huile et de gaz naturel de l’Ouest canadien.Au cours des quelque dix années qui se sont écoulées depuis les découvertes des gisements de Leduc, on a consacré un milliard de dollars à l’exploitation.C’est un gros investissement, mais qui n’est pas perdu.La recherche du pétrole ne s’effectue pas à l’ancienne manière des prospecteurs.Certes, le mulet et le cheval y ont encore un rôle à remplir, de même que le canot et les chiens du Grand Nord, mais ce sont des techniciens d’expérience, hautement qualifiés et très outillés, qui se chargent du plus gros de la besogne.C’est au moyen d’avions que l’on s’acquitte de la première phase de la prospection.Les géologues survolent une étendue de terrain et définissent la région où ils devront voyager, la route qu’ils suivront, la durée de l’expédition et l’équipement qui leur sera nécessaire.Au sol, ils progressent à dos de cheval, en canot, en camion ou à pied pour obtenir une vue de près de la couche de roc nu, au pied des montagnes ou aux endroits où l’érosion a laissé le roc à découvert.Les géologues interprètent ces signes aussi facilement qu’ils interprètent un livre.Dès qu’ils trouvent un spécimen intéressant, ils l’envoient aux techniciens de laboratoire ; ceux-ci le com- 27 MUMia L’UN DES MOYENS DE TROUVER DU PETROLE EST DE PAIRE TREMBLER LA TERRE.L’EQUIPE CHARGEE DE CETTE BESOGNE, A L’EXEMPLE DES GEOLOGUES, POURSUIT DES INDICES, MAIS D’UNE FAÇON PORT DIFFERENTE.L'INSTRUMENT DONT ON SE SERT, LE SISMOGRAPHE, PEUT MESURER INDIFFEREMMENT L’EFFET D’UN PAS DE FOURMI ET LA FORCE DES SEISMES LES PLUS VIOLENTS.parent avec les données qu’ils possèdent et en déduisent s’il y a ou non possibilité de trouver du pétrole.Les couches sédimentaires de l’Ouest canadien sont favorables à la recherche de l’« or noir ».Entre le travail du géologue et celui du technicien de laboratoire, il peut y avoir de 100 à 1,000 pieds de terre et de roc, et c’est ici que les sismologues entrent en fonction.De tous les techniciens chargés de l’exploration, le sismologue est le plus remarqué du profane parce qu’il effectue son travail le long des routes, alors que les équipes de forage, plus retirées, s’acquittent généralement de leur besogne en des régions éloignées.Tout groupe de sismologues possède un équipement portatif de forage servant à pratiquer des trous de 50 à 200 pieds de profondeur qui reçoivent de la dynamite.Des microphones très sensibles, que l’on appelle géophones, placés à des espaces réguliers sur le sol, sont branchés à un camion enregistreur.En sautant, la dynamite transmet des ondes de choc dans toutes les directions, lesquelles atteignent la surface par l’intermédiaire du roc souterrain.Les géophones captent ces ondes lors de leur passage et les transmettent au camion où tout est enregistré automatiquement sur papier à graphique.L’interprétation des lignes brisées ainsi inscrites révèle la formation du roc à des milliers de pieds de profondeur sans toutefois éclairer les techniciens sur la présence du pétrole.Seule la foreuse décèle l’existence du pétrole : entreprise très dispendieuse sans garantie de succès.Cette foreuse peut travailler un mois, un an et même deux ans avant que les foreurs optimistes ne puissent découvrir du pétrole ou réaliser qu’ils sont tout simplement devant un puits sec.Le forage d’un puits s’effectue sans relâche, vingt-quatre heures par jour.D ne s’arrête qu’aux premiers jaillissements ou à la démonstration de son inutilité.Partout au Canada on a recours aujourd’hui, pour le forage, à la méthode dite rotative ; celle-ci exige l’usage d’une mèche dentelée faite de métal et à laquelle on substitue une couronne garnie de diamants industriels pour traverser la couche de roc, et qui est fixée à l’extrémité d’une tige d’acier perforée.Les techniciens ont une terminologie qui est propre à leur ouvrage.Ainsi, celui qui a la responsabilité du forage est désigné comme le toolpusher.Il est en charge du puits et peut travailler nuit et jour quand la descente de la mèche est ardue ; il prendra quelques jours de congé quand tout ira bien.Trois équipes d’hommes se trouvent sous ses ordres, et bien souvent une quatrième qui, une fois le forage commencé, assure la continuité du travail pendant les fins de semaine et les congés.Chaque contremaître d’équipe est connu sous le nom de driller, et il se tient lui-même aux commandes de la machine.On désigne sous le nom de roughnecks les manoeuvres spécialisés qui sont sous sa juridiction ; c’est un terme dont ils sont fiers, car dans la terminologie du métier, il signifie : adresse, jugement et efficience.Au milieu de la plateforme de l’installation de forage, communément appelée derrick, on installe une lourde table tournante en acier qui pivote sur des coussinets à billes.Au centre, la table retient une barre d’acier vide à l’intérieur.Au-dessous sont placées des tiges de creusage qui, à leur base, retiennent la mèche de la foreuse.Tout au haut de la barre d’acier évidée se trouve suspendu un tourniquet dont la partie supérieure est stationnaire et à laquelle est fixé un large boyau faisant saillie ; celui-ci, relié à une pompe, force la circulation de la boue à l’intérieur des tiges de forage.La partie inférieure de ce tourniquet pivote sur elle-même ; le tout est soutenu par un bloc voyageur maintenu au sommet de la grue de forage, tout comme un simple palan.Chaque fois que la mèche s’émousse, il faut remonter la tige de la foreuse à la surface et empiler les tuyaux.C’est un travail difficile, et qui exige beaucoup de rapidité et une grande habileté ; selon la profondeur du puits, il faut parfois empiler des tuyaux d’une longueur de deux milles, par sections de 90 pieds, pour échanger une mèche qu’on devra peut-être remplacer de nouveau après avoir creusé quelques pieds de plus.La boue joue un grand rôle dans le creusage.C’est un produit chimique que les compagnies se procurent en sacs de 100 livres et que les ingénieurs préparent.Si le travail s’effectue convenablement, la couronne descendra facilement dans le sol, mais dans le cas contraire, des milliers de dollars investis par les actionnaires seront perdus.Cette boue descend dans la tige de forage évidée et remonte entre la tige et le trou percé dans le sol, en un jet ininterrompu.Durant cette circulation constante, la boue accomplit tellement de travail qu’il nous est pratiquement impossible de croire que cette même boue peut effectuer toutes les opérations décrites ci-dessous.Elle scelle la paroi du trou pour l’empêcher de s’effondrer et pour intervenir contre les fissures d’eau souterraine.Elle lubrifie le couteau rotatif dans son travail au fond du trou.Quand elle atteint l’huile ou le gaz, son poids retient quelque peu la poussée extérieure du jet.Enfin, elle pousse vers la surface les particules de roc enlevées par le couteau.28 livSi&v iiÉSÿàK&ÏS'Soïs! Pour être en mesure d’effectuer tout ce travail, la boue doit être de bonne consistance et appropriée à la formation terrestre — tous les trous à percer ne requièrent pas nécessairement la même sorte de boue.Il y a par exemple des formations de roc qui rendent la boue épaisse ; si l’ingénieur relâche sa surveillance ou manque d’expérience, la boue deviendra une pâte très épaisse qui fera arrêter les machines.Il en coûte en moyenne deux dollars par pied pour la boue servant au forage d’un puits d’huile.L’ingénieur a, à sa disposition, une variété de produits chimiques qu’il peut utiliser comme antidotes aux problèmes que lui causent l’anhydrate, le gypse et le sel, surtout à une profondeur d’un mille.Par un habile mélange de ces produits, il peut conserver à la boue sa consistance idéale et en assurer la circulation.Au début du forage rotatif, dans l’Ouest canadien, on employait, comme boue de forage, de la glaise délayée à l’eau pure ; on a aujourd’hui recours à un type spécial de glaise : la bentonite.Cette boue, après un certain temps d’utilisation, perd ses caractéristiques, et il faut la remplacer par de la fraîche.Quelquefois, la boue s’échappe par des fissures dans le sol, et c’est là que se manifeste le savoir-faire des ingénieurs.Ils y versent du son, de la sciure de bois et une quantité considérable d’autres matières telles que des bandes de papier cellophane : ces substances, mélangées à l’eau, s’épaississent et obstruent le passage.Pour la solution des différents problèmes, l’auto-inobile de l’ingénieur est un petit laboratoire qui comprend des filtres de pression, des instruments pour mesurer la viscosité et la pesanteur de la boue et des appareils pour vérifier les produits chimiques.Parfois le travail s’effectue difficilement, mais on ne doit pas en blâmer uniquement le spécialiste de la boue ; par exemple, la mécanique de la grue de forage peut être en cause ; mais s’il demeure toujours au poste, l’équipe est presque toujours assurée que le trou se percera sans la rencontre de difficultés insurmontables.Et voilà, un puits de pétrole a été percé.Si le produit est riche et jaillit en quantité, la compagnie placera des pompes et des valves pour contrôler le flot à volonté, afin d’alimenter une batterie de réservoirs enfoncés dans le sol.Une batterie comprend habituellement un réservoir de métal très long mais de petit diamètre, que l’on appelle séparateur, dans lequel se fait le partage du gaz naturel et du pétrole brut, ainsi que de grands réservoirs d’entreposage pour ce dernier.De ce même séparateur, un tuyau transporte le gaz à une raffinerie où on en extrait de nombreux sous-produits tels que le gaz naturel (pour le chauffage des maisons), le propane, le butane (destiné aux usines de produits chimiques) et enfin le pentane ou la gazo-line naturelle.Des réservoirs d’entreposage, l’huile brute s’achemine vers la raffinerie, soit par conduite souterraine, soit par train ou par camion-citerne.C’est là que s’effectueront des centaines d’opérations qui donneront notamment : la gazoline pour automobiles, l'huile à chauffage, le kérosène, la gazoline pour tracteur, l’huile industrielle à chauffage, l’huile à lubrification et tous les sous-produits tels que : la paraffine, la vaseline, l’asphalte, etc.L’optimisme des exploitants a permis que les puits découverts en 1947 à Leduc, en Alberta, deviennent rapidement une belle et grande industrie qui joue déjà un rôle important dans notre économie nationale.LES PLUS IMPORTANTS GISEMENTS PETROLIFERES ACTUELLEMENT CONNUS AU CANADA.JOARCAM I DUHAMEL NEW NORWAY n PEACE RIVER ® STURGEON L.BOUNDARY LAKE « REDWATER EXCELSIOR \ ACHESON GOLDEN SPIKE LEDUC EDMONTON A LLOYDMINSTER ERSKINE STETTLER PEMBINA FENN BIG VALLEY SMILEY®® COLEVILLE FOSTERTON WIZARD LAKE BONNIE GLEN WESTEROSE PIGEON LAKE RIMBY JOFFRE DRUMHELLER WAPELLA DALY VIRDEN ALIDA ?WINN PEG CALGARY REGINA CANTUAR MIDALE SUCCESS SUNDRE WESTWARD-HO7 FROBISHER HASTINGS NOTTINGHAM WEYBURN LAMPMAN 5 STEELMAN TURNER VALLEY SILENT SOUND WORKS FOR YOU Itij fàchard iitell SOUNDS pitched so high that you cannot hear them are finding applications in almost every science and industry.Despite the widespread public attention focused on the latest developments in nuclear energy and the conquest of space, ultrasonics remains one of the magic words in 20th century science.Ultrasonics refers to the study and use of high-frequency, inaudible sound waves.These waves have been referred to as silent sound or merely high-frequency vibrations, for how can they be sound when there is no sound to hear ?Call them what you will, these ultrasonic waves have been used to tenderize meat, make facial creams, clean and degrease precision tools, mow lawns, age whiskey, detect submarines and cut jewels.And that is not all.They have also been used in industrial drilling and grinding, in speeding up chemical reactions, in emulsifying and homogenizing materials, in removing barnacles from the hulls of ships, and in burglar alarms, to say nothing of numerous applications in medicine and dentistry.And that is still not all.One could go on all day listing applications of ultrasonics.But let us first look at the nature of sound waves as related to the human ear in order to better understand ultrasonic waves.Basically, sound consists of a series of alternate increases and decreases in pressure, like the ripples caused by throwing a stone into a still pond.The frequency, or pitch, is determined by the number of times the pressure increases or decreases, and is measured in cycles per second.Intensity, on the other hand, expresses the varying strengths of this pressure, and is measured in decibels.The word supersonic, often used interchangeably with ultrasonic, more correctly applies in current usage to speeds higher than the speed of sound.Sound travels at about 741 miles per hour at 32 degrees Fahrenheit at sea level.Ultrasonic, on the other hand, refers to frequency of sound waves.The average person cannot hear frequencies of less than 16 vibrations a second or more than 15,000 to 20,000 vibrations a second.Similarly, the human detection range of intensity is from zero to 120 decibels.That is, any intensity above 120 decibels becomes painful.No matter how loud a sound is, it cannot be heard unless it lies in the audible frequency range, because the limit of audibility is set by the frequency and not by the intensity.Thus it is possible to have silent, inaudible sound of very high intensity.Try moving your hand rapidly back and forth in front of your face.You are now setting up vibrations in the air, yet you do not hear them.This is because the vibrations are too slow, less than 16 a second.If you could vibrate something in front of you at a frequency greater than 17,000 vibrations a second, you could not hear anything either, because the sound would be at the other extreme of inaudibility to the human ear.To take an everyday example of ultrasonics, consider the dog whistle that can be heard by your dog but not by any of the neighbors, or yourself for that matter.The vibration frequency of the whistle is pitched too high for your ear to detect it.But your dog, which can detect frequencies up to about 35,000 per second, both hears and responds.For ultrasonics' surprising ability to easibly accomplish formerly difficult tasks, it is necessary to obtain a sound intensity sufficiently high to produce a secondary effect known as cavitation.This is essentially the creation and collapse of millions of tiny vapor bubbles in the medium through which the sound is traveling.In cavitation, instantaneous pressures as high as 75,000 pounds per square inch — 5,000 times greater than normal atmospheric pressure — can be created.Along with these pressures are localized temperatures as high as 20,000 degrees Fahrenheit — above that of the surface of the sun.A thin aluminum foil subjected to cavitation in ordinary tap water can be literally chewed to pieces within a few seconds.In order to produce ultrasonic waves, electrical energy must be changed into mechanical sound vibrations by such devices as quartz crystals or transducers.With quartz crystal vibrators, sounds a thousand times as intense as a violent crack of thunder have been produced.Let us turn in more detail to some of the applications of ultrasonics.By using frequencies between 35,000 and 50,000 vibrations a second, cosmetic manufacturers can surround a particle of water with oil to make a cleansing cream, or surround a particle of oil with water to produce a vanishing cream.An ultrasonic tenderizing process that breaks up tough fibers in frozen foods is said to cause no taste or color change in meat, fruits or vegetables.The frozen food is immersed in a brine-filled tank and then subjected to vibrations varying from 1,000 to 1,000,000 cycles a second through the use of a transducer.The freezing guarantees retention of the original shape and natural juice of the food.An ultrasonic washing machine for cleansing soiled surgical instruments far more speedily and thoroughly than ever before is probably the forerunner of an ultrasonic home dishwasher.Within such washing machines, the penetrating energy of high-pitched waves loosens and disintegrates dirt, dried blood, bits of tissue and other soils, even those packed into microscopic holes.One hospital has reported an 80% saving in time for cleaning instruments with ultrasonic washing machines.Experimental models of ultrasonic kitchen sinks have also been demonstrated.Minute particles of soot from industrial stacks, normally too tiny to be caught by ordinary collection methods, have been made to form into large clumps and subsequently captured by sound vibrations of high frequency.In this way the carbon is saved and the countryside is free of the soot nuisance.In a similar manner, ultrasonic waves have been made to condense fog by causing the tiny water droplets to gather together and fall as water.Applications that perhaps affect you most directly are the medical ones.For example, ultrasonic energy has been successfully used to diagnose lumps in the human breast and tumors in the brain.When a narrow sound beam encounters human tissue, a pattern of echoes is returned, converted into electronic signals and displayed on a television picture tube.Irregularities such as cancer, nonmalignant solid tumors and liquid-filled cysts can thus be recognized from their characteristic pictures, and appropriate treatment can be instigated.30 Ces ' ' Ze clinique s Divinatoires L’HYDROMANCIE par Eddy L.MacFARLANE Professeur d’Histoire du Livre à l’Institut des Arts Graphiques Dans un précédent article, l’auteur s’était penché sur les origines probables des « pratiques divinatoires ».Celles-ci, soulignait-il, se rattachent pour la plupart, et plus ou moins directement, à quatre grands groupes qui, eu égard aux matériaux utilisés, correspondent à l’un des quatre « Eléments » fondamentaux de la métaphysique des anciens.C’est l’a Eau » cette fois qui servira de cadre à cet essai sur ces étranges «techniques ».(cf.Rev.Tech.Janv.1959) « Si le fleuve est comme un.dans le pays il y aura le démon de la fièvre » (1).Si nous avons choisi ces présages concernant la santé publique ou privée parmi beaucoup d'autres, c'est qu'ils font partie de l'enseignement médical dispensé dans les collèges de prêtres.Le SI les aspects et les propriétés du feu étaient bien faits pour impressionner l'homme primitif, l'eau, malgré une apparence moins terrifiante, ne laissait pas de le rendre perplexe.Sa puissance sournoise et ses notoires bienfaits en faisaient une « Force » qu'il était bon de se concilier ; seule capable, au surplus, de combattre victorieusement les flammes.Ainsi, selon des circonstances souvent imprévisibles, l'eau s'avérait une puissance ennemie ou alliée.Au culte du Feu, qui semble, partout, avoir été la première manifestation du développement psychique de l'humain, se constitua donc, parallèlement, un culte de l'Eau.Et l'on sait que de l'invocation à F « interrogation » il n'y a qu'un pas.Dans ce qui nous reste des ouvrages de Varron sur les « Antiquités romaines », l'auteur nous parle assez longuement de l'Hy-dromancie.C'est un moyen, dit-il, de faire apparaître l'image des dieux dans un bassin rempli d'eau pure.Varron en attribue la paternité aux Perses et prétend que le second roi de Rome, Numa Pom-pilius, trouva dans cette pratique l'inspiration qui lui permit d'établir les principaux cultes, si chers aux Romains, notamment ceux de Vesta et de Mars.Pythagore, toujours d'après ce qu'en avait appris Varron, aurait utilisé l'Hy-dromancie pour résoudre des pro- blèmes quasi insolubles et les Grecs, pour invoquer l'esprit des morts, auraient répandu sur l'eau du sang humain, bien que cette pratique fût défendue par les lois sous peine de sévères sanctions.En fait, Grecs et Perses tenaient les traditionnels cultes du Feu et de l'Eau des civilisations proches-orientales.Parmi les plus anciens documents écrits concernant l'Hy-dromancie que nous connaissons actuellement figurent, provenant d'Asie Mineure, des tablettes d'argile sur lesquelles sont gravés, en caractères cunéiformes, des présages fondés sur l'apparence de l'eau des rivières.Ces présages remontent à plus de 3,500 ans ; ceux que nous citons ci-dessous sont déjà le fruit d'observations séculaires et, dans une certaine mesure, ne manquent pas de pertinence : SOMMET DU CODE D’ “HAMMURABI", A DROITE : LE DIEU DE JUSTICE, SHA-MASH, LE SOLEIL ; A GAUCHE : LE ROI DE BABYLONE.SUR CE BLOC DE BASALTE NOIR SONT GRAVEES EN CUNEIFORMES 282 LOIS REGISSANT LA VIE PRIVEE ET SOCIALE.M « Si, dans le mois de Nisan, une crue a lieu et que le fleuve ait la couleur du sang, présage de mort dans le pays « Si le fleuve est comme du sang brun, présage de mala dies dans le pays » « Si le fleuve est comme l’eau d’une mare (?), il y au ra dans le pays la maladie du sûalu (bronchite) « Si le fleuve charrie des plantes jaunes (?), la jaunisse sera dans le pays » VESTIGES DU TEMPLE DE VESTA.A ROME, OU LES PRETRESSES, — LES VESTALES, ENTRETENAIENT UN PEU PERPETUEL.LE JARDIN DES VESTALES AVEC SA PISCINE DANS LAQUELLE SE REPLETE LES COLONNES DU TEMPLE DE CASTOR ET POLLUX.UN BASSIN PLUS PETIT, DANS LE PROLONGEMENT DE CE PLAN D'EAU, DUT SERVIR D'AGENT POUR LA “CATAPTRO- MANCIE”.médecin, en effet, joue dans l'interprétation de cette mantique un rôle prépondérant.On en mesurera mieux l'importance lorsqu'on saura que azu, en sumérien, asu, dans les langues sémitiques, veut dire « celui qui connaît l'eau » et iazu « celui qui connaît l'huile ».Ces mots désignent essentiellement le médecin, comme asûtu désigne sa profession et asuqallû-tu l'« ait suprême de la médecine ».Or ce nom ne sous-entend pas une habileté particulière dans l'emploi de l'eau ou de l'huile en thérapeutique, mais bien une experte connaissance dans l'art d'interroger les dieux par les moyens de l'un ou de l'autre (2).Cette étrange conception du rôle du médecin s'explique si l'on considère que toutes les civilisations anciennes, — cela est également vrai pour les civilisations précolombiennes, — ou primitives, estiment que la maladie résulte directement de la transgression d'une loi civique ou divine ; l'une d'ailleurs s'identifiant souvent à l'autre.Or le médecin est à la fois un représentant du pouvoir central et un auxiliaire de la religion, une sorte de fonctionnaire « bivalent ».Il ne peut soigner efficacement une maladie que s'il en décèle la cause.Il invitera donc son patient à une confession, l'aidera même en passant en revue tous les péchés qu'il a pu consciemment ou inconsciemment commettre.La nature du délit connue, il en supputera la gravité, exigera une équitable réparation, s'il s'agit d'une infraction aux lois du pays, et, dans le cas d'une transgression d'ordre religieux, interrogera les dieux intéressés par le moyen de l'eau.L'étendue de leur courroux et le sacrifice expiatoire exigé lui seront ainsi dictés.Son client s'étant mis en règle, il le soignera .et le guérira dans la mesure ou ses communications avec les divinités offensées se sont avérées efficaces.On voit tout de suite l'importance que prend l'Hydromancie dans l'art du médecin.Elle dorme même naissance à des « spécialistes » qui, pour d'obscures raisons, sont en « relation plus étroite » avec telle ou telle divinité.Cette importance est plus grande encore lorsqu'il s'agit d'une épidémie.Celle-ci est nécessairement la cause directe d'un relâ- chement des moeurs, de l'abandon d'un culte traditionnel, d'un manque de ferveur des fidèles, de la parcimonie de ceux-ci vis-à-vis des temples et de leurs servants.Il existe heureusement des signes avant-coureurs de ces calamités prêtes à fondre sur la collectivité.Ces signes sont inscrits dans le ciel et, nous l'avons vu, dans l'aspect de l'eau des rivières.Il ne faut que les interpréter.Pour ce, on consultera les plus illustres Hydromanciens, ces médecins qui ont l'c oreille » des dieux.Des confessions publiques établiront la gravité des fautes ; sacrifices et offrandes conjureront peut-être le fléau.On choisira le plus innocent des sujets, généralement le jeune garçon premier-né d'une famille patricienne ; on le « chargera », au cours d'une spectaculaire liturgie, de l'« ensemble des péchés » de la cité ou du pays, puis on le noiera rituellement.Parfois un notable s'offrira spontanément pour sauver la communauté.Plus tard ce rôle sera tenu par un bouc que l'on chassera dans le désert où il périra de soif.Les dieux apaisés, on prodiguera les soins nécessaires aux personnes touchées par l'épidémie et, si certaines meurent, c'est qu'elles sont trop coupables pour bénéficier de la clémence divine.La pratique de l'Hydromancie n'était cependant pas confinée au domaine médical.D'autres praticiens l'exerçaient au grand jour pour résoudre les problèmes affectifs, spirituels ou simplement mercantiles des particuliers.L'exploitation de la crédulité dut prendre des proportions inquiétantes car nous savons qu'au XXVe siècle avant J.-C., Urukagina, roi de Lagash, — le premier réformateur social du monde, comme le nomme Bédrich Hrozny, — réglementa la pratique et surtout les prix de la Lécanomancie, édictant des peines sévères pour toute infraction.On retrouve ce même souci de la protection du public dans le fameux code d'Hammurabi, roi de Babylone, vers 1750 av.J.-C.Certes, les techniques de l'Hydromancie ont singulièrement évolué à travers le temps et l'espace.Chaque peuple y ajoute et l'exploite selon son génie propre, son tempérament, sa vie sociale, sa richesse, tant et si bien qu'à notre époque il est parfois difficile d'établir une filiation absolue en- tre les multiples procédés parvenus jusqu'à nous.Cependant, dès l'origine, on trouve une différenciation qui restera constante : si l'eau des lacs et des rivières, réservée aux pronostications intéressant les collectivités, est par excellence l'élément du médecin-hy-dromancien, les devins, eux, pratiquent l'Hydratoscopie ou la Pé-qomancie, l'une ayant pour agent l'eau de pluie, l'autre l'eau de source.Avec la première on fait appel aux « bons » esprits ; quant à la seconde, en vertu de l'antique croyance qui voulait que les démons et les damnés logeassent au centre de la terre, elle relève plutôt de la magie ou même de la sorcellerie, « science » complexe qui comporte en elle un désir de nuire à autrui, et par cela même reste étrangère aux arts divinatoires classiques.Chaque peuple, nous l'avons dit, apporta à l'Hydromancie originale des modifications profondes.Au cours des siècles, on voit de nombreux corps étrangers participer, conjointement avec l'eau, aux prédictions.Par extension, un liquide quelconque ou un corps provisoirement liquéfié donnera naissance à une autre mantique.C'est ainsi que dans l'Oenoman-cie, l'eau est remplacée par du vin ; que dans la Céromancie il s'agit de cire fondue dans laquelle on laisse tomber de l'eau, goutte à goutte, ou de l'huile.Une autre méthode, la Molyb-domancie, enseignait de jeter dans l'eau, ou tout autre liquide, de petites quantités de plomb en LE MIROIR MAGIQUE D’APRES LA COPIE EXACTE D’UNE MINIATURE CONTENUE DANS LA "TRES SAINTE TRINOSOPHIE”.CE MANUSCRIT DU XVIIIe S.EST ATTRIBUE AU MYSTERIEUX COMTE DE SAINT-GERMAIN.33 fusion.Comme dans les manti-ques précédentes, il se formait des figures qui étaient interprétées comme suit : un rond signifiait de l'argent ; une couronne : charge ou succès officiels ; un losange : bonheur sentimental ; un rectangle : voyage ; etc .Bien difficile d'établir sur quoi se fondent ces prédictions simplistes.Il convient de noter, toutefois, que l'interprétation de ces figures n'a pratiquement pas varié, d'un pays à l'autre .et depuis 3,000 ans ! Ce sont elles, en effet, qui guident nos modernes pythonisses, lorsqu'elles prétendent lire l'avenir dans le marc de café ou les feuilles de thé égarées dans le fond d'une tasse.La tradition comme on voit est tenace ! Cependant, le très savant compilateur ès sciences hermétiques qu'était Grillot de Givry affirmait indispensable la prononciation de certaines phrases rituelles.En jetant l'eau sur le marc : aqua bo-raxit venias carajôs ; en remuant la cuiller : tixatur et patricam ex-plinabit tornaie ; en le versant sur l'assiette : hax verticaline pax fan-tas marobum, max destinatus, vei-da porol ; et Grillot concluait, non sans humour : « nombre de devi- neresses, de nos jours, l'oublient ou l'ignorent et l'on s'étonne ensuite que la prédiction ne soit pas exacte » ! Evidemment.Encore faut-il probablement les prononcer d'une certaine façon, à un moment et dans un lieu propices ; bref réunir des conditions telles qu'elles suffisent à décourager les meilleures bonnes volontés ! A l'époque d'Alexandre le Grand un procédé qui passait déjà pour très ancien conseillait de suspendre un anneau d'argent au moyen d'un fil d'or, puis de laisser descendre l'anneau dans un vase plein d'eau.Lors, on posait des questions et si la chose demandée était exacte ou devait arriver dans un avenir plus ou moins proche, l'anneau frappait à petits coups contre les parois du vase, sans que l'on ait remué le fil auquel il était suspendu.Cette mantique s'apparente quelque peu à la Margaritomancie pour laquelle une perle fine, sans défaut, était nécessaire.Après l'avoir « enchantée », on la mettait dans un bocal de cristal que l'on fermait d'un parchemin.Si la réponse à une question était oui, la perle sautait d'elle-même dans le bocal.Jeux puérils sans doute, mais qui ne manquaient ni d'amateurs, ni de fervents, si l'on en juge par les innombrables ramifications auxquelles l'Hydromancie donna naissance et l'immense succès de ces variantes auprès du peuple, des classes aisées, des gens de cour.Il est même possible qu'elle soit à l'origine de l'« ordalie » en usage dans toute la chrétienté jusqu'à la fin du moyen âge ; peut-être aussi de la « question » par l'eau utilisée pour l'instruction des causes criminelles (3).Nous avons vu plus haut que la Lécanomancie est surtout pratiquée par le médecin sumérien, l'iazu, « celui qui connaît l'huile ».Quinze siècles plus tard, nous retrouvons au pays des pharaons, sous le même nom traduit en égyptien, un procédé analogue mais enrichi, et du domaine privé.Voulez-vous tenter l'expérience ?En voici les grandes lignes d'après un grimoire conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal, à Paris : vous prenez des lames d'or et d'argent ainsi que des pierres précieuses, ou mieux des perles fines marquées de certains caractères (?) ; vous mettez le tout dans un bassin plein d'eau et, après avoir appelé un « esprit familier par méditation et prières », vous posez une question : « incontinent on entend un petit bruit, sans aucune voix, qui est un signe de l'entrée de l'esprit ».L'eau, paraît-il, se mettra à bouillonner et des « paroles gresles » répondront à votre question.Mais, de grâce, ne vous y fiez pas trop ! Les anciens n'avaient qu'une confiance limitée dans ce genre de prédiction, de peur que l'« esprit ne fust repris de mensonges es choses qu'il ne connaissait pas ».Ç\LTERJY^ NON 5TTQ.VI SWS E55E POTEST, L’ENIGMATIQUE MEDECIN ET PHILOSOPHE PARACELSE D’APRES UNE GRAVURE SUR BOIS PARUE DANS UNE DE SES OEUVRES : “ASTRONOMICA ET ASTROLOGICA”, EDITEE A COLOGNE, EN 1657.uj (•JLx! RciLÿ* + + * \\ 3 RLOIA/APhIlI PPVS T H EOPH RAST^fl P wss w - “r mm 1.1 ¦ LES CHATIMENTS TERRESTRES PROMIS AUX DEVINS, SORCIERES ET MAGICIENS, SE DOUBLAIENT DES PEINES ETERNELLES DE LA ROUE, DANS L’AUTRE MONDE.ICI, UNE GRAVURE SUR BOIS DU “GRAND CALENDRIER DES BERGIERS”, PETIT IN-FOLIO GOTHIQUE IMPRIME PAR LE CELEBRE NICOLAS LE ROUGE, A TROYES, FRANCE.EN 1529.CROQUIS CONTENU DANS LE MANUSCRIT DE L'“ART MAGIQUE".L’AUTEUR A PRIS SOIN DE DONNER L’ASPECT OBLIGATOIRE QUE DOIT AVOIR LA COLLINE SUR LAQUELLE ON OPERE.D ta zfeuy (ausJ P0** 0 yg_LVc>^f QU^o yauonAQ dtCtL, o yciu*i^ üZ t i IW itwuîkfct, b'vMtu/ Mlvl oUùlwc^ ef Collvn* Wia.qMM*' 0>u u ‘ OBWO ^aKdfagatgiggaeag Préférez-vous la « pronostica-tion par les trois vases d'Arté-phius » telle que contenue dans un précieux manuscrit du XVIIe siècle ?Il fut probablement copié d'après les « Observations et histoires », en partie perdues, qu'écrivit Artémidore d'Ephèse au Ile siècle.On sait que celui-ci consacra sa vie à recueillir les manti-ques usitées au début de notre ère et parcourut à cet effet toutes les réqions proches-orientales.En voici un extrait : « Artéphius a tait un instrument et l'a préparé en cette manière avec des vazes.Par le vaze de terre on connaît le passé ; par le vaze de cuivre on connaît le présent ; par le vaze de verre on connaît l'avenir.On les dispose encore d'une autre manière, c'est-à-dire à la place du vaze de terre on en met un d'argent plein de vin, et celuy de cuivre plein d'huile, et celuy de verre plein d'eau, et alors vous verrez dans celuy de verre les choses présentes, dans celuy de cuivre les passées et dans celuy d'argent celles à venir.Il taut que ce soit à l'abri du soleil, que le temps soit bien serain et qu'il l'ai esté au moins trois jours ; le jour après vous opérerez au temps du soleil et la nuit avec la lune ou à la clareté des étoiles ; il taut que ce soit dans un endroit éloigné de tout bruit et que tout soit dans un profond silence et l'opérateur sera habillé tout de blanc et la teste et le visaige seront recouverts d'une estoffe de soye rouge ou d'un linge fin de sorte que rien ne doit paraistre que les yeux.Dans l'eau on voit l'ombre de la chose, dans l'huile la figure de la personne et dans le vin la chose même et voilà la tin de cette invention .» (4).Une « technique » plus simple, moins onéreuse et par là plus populaire, a dû inspirer l'inventeur « des 3 vases » : la Cataptroman-cie (5).Elle consistait à suspendre un miroir au-dessus d'une eau très claire, au moyen d'un fil très fin.La prédiction se reflétait dans l'eau, mais il fallait bander les yeux de la personne intéressée à la prédiction « de peur que sa vue n ettrayoit les génies qui aidoyent à la réalisation ».Ce procédé élémentaire, dont on devine tout de suite le côté abusif, n'aurait pas qrande valeur historique s'il n'était relié à deux mantiques, l'une, curieuse : VOnychomancie ; l'autre, encore couramment employée à notre époque : la Crys-tallomancie.La première n'eut qu'une éphémère existence : à peine quelques siècles.Il suffisait d'enduire les onqles d'un jeune garçon d'un mélange de suie et d'huile, puis, après les incantations d'usage, l'image de l'avenir se reflétait sur ce miroir improvisé.La Crystallo-mancie connut une meilleure fortune : au miroir on substituait une boucle de cristal.La transparence de cette belle matière l'apparente à l'eau de source et son pouvoir de réflexion à un miroir ; elle a en outre le mérite d'être un solide, ce qui est bien commode ! Il n'en fallut pas davantage pour voir en elle un agent idéal.En outre, à en croire une tradition millénaire, les « esprits » s'y laissaient volontiers enfermer et domestiquer.Quel atout que posséder un tel « conseiller » à portée de main ! C'était le cas, disait-on, de l'illustre médecin et philosophe Philippe-Auréole-Théophraste Bombast de Hoheinheim, plus connu sous le nom de Paracelse, toujours représenté dans les anciennes gravures tenant à la main une canne ou une épée à pommeau de cristal.Y croyait-il vraiment ?C'est peu probable de la part d'un savant très en avance sur son temps, et qui plus est, combattant les routines et superstitions de son siècle.Il n'en laissa pas moins s'accréditer la fable, s'en servit même pour donner plus de poids à sa théorie de la « médecine chymique » qui bouleversait la « méthode de Galien », seule admise dans l'enseignement et la pratique officiels de la médecine.Les « vertus » de la boule de cristal ne semblaient pas niables, étaient acceptées par tous : gens du peuple et aristocrates, savants et théologiens.Aussi bien, c'était les reconnaître que prévoir des sanctions sévères contre ceux qui cachaient un esprit dans une boule.Certains même préconisaient la réapplication de la loi de Moïse, qui condamnait les délinquants à la lapidation (0).Le cristal taillé en forme sphérique ou plane n'en eut pas moins de célèbres adeptes.Selon toute 35 COUPE D’UNE MINE ALLEMANDE AU DEBUT DU XVIe SIECLE.AU SOMMET, UN RHABDOMANCIEN CHERCHE LA DIRECTION DES FILONS.GRAVURE SUR BOIS ORNANT “COSMOGRAPHIA UNIVERSALIS", DE SEBASTIEN MUNSTER, IMPRIME A BALE, EN 1544.vraisemblance, Catherine de Mé-dicis en fut fort entichée et certain membre de son entourage immédiat a soigneusement noté qu'elle voyait par ce moyen, chaque jour, son mari Henri III, lorsque celui-ci guerroyait en Lorraine ; que par ce même miroir, aux temps de ses trois régences, « elle veilloit le visaige de ses ennemis et la façon dont ils pouvoient luy nuire ».Plus tard, on alla jusqu'à soupçonner le confesseur d'Henri IV, le père Cotton, d'utiliser le cristal pour y lire les intrigues et dangers qui guettaient son auguste maître.Défenses et sanctions n'ont jamais eu raison, hélas ! des illuminés, des faibles d'esprit ou plus simplement des escrocs.Aujourd'hui encore, nombreux sont les adeptes de la Cristallomancie, no- tamment en Angleterre où, sous le nom de « crystal-readers » et de « crystal-gazers », on consulte après s'être longuement recueilli, —- letting the mind remain blank, disent les officiants, -— un bloc ovoïde en cristal poli sur lequel apparaissent (?) les images de l'avenir.Il s'en fait même un commerce florissant ! LA RHABDOMANCIE De toutes les « techniques » divinatoires connues, c'est incontestablement celle qui offre l'histoire la plus curieuse ; d'autant qu'en certains cas son « pouvoir » n'est guère niable.Elle a, en outre, laissé des marques profondes : le sceptre, insigne du pouvoir royal, la masse et la verge, symboles de l'autorité légale, y puisent leur origine ainsi que la « baguette magique » chère à nos rêves d'en- fant.Ce sont là des titres de noblesse suffisants pour retenir notre attention.Mais la Rhabdo-mancie fut avant cela l'art de déceler la présence d'une nappe d'eau cachée à l'aide d'une baguette.On voit tout de suite l'importance d'un tel pouvoir dans ces pays d'Asie Mineure où la sécheresse parfois met en péril la vie de tout un peuple ; à une époque où les migrations humaines sont particulièrement intenses.Qui est maître de l'eau est maître des hommes ! Quoi de plus étonnant, en effet, pour une foule assoiffée, que voir en un lieu désertique, sur une indication précise de la baguette du chef, surgir la source salvatrice ?Aussi loin que nous remontions dans l'histoire des civilisations, nous trouvons la prestigieuse baguette à l'honneur.Les Arabes préislamiques qui la connaissent bien, comme tous les nomades, lui attribuent même, sous le nom d'Istiqsam, le pouvoir de forcer la victoire dans les combats.C'est précisément, d'ailleurs, ce que fait Moïse, selon les « Commentaires » de saint Jérôme, lorsque, tenant sa baguette pointée sur le champ de bataille, il assure la victoire des Hébreux sur les Amalécites.Plusieurs volumes seraient nécessaires pour exposer le rôle de la Rhabdomancie dans l'Antiquité car elle y tient une place prépondérante, non seulement pour la recherche de l'eau, mais aussi pour des fins très diverses, dont quelques-unes sont pour le moins surprenantes.Il n'est pour s'en convaincre qu'ouvrir le Livre par excellence, la Bible, qui en fournit de multiples exemples (7).Aussi nous bornerons-nous à un aperçu des polémiques que suscite la Rhabdomancie lors de son apparition en France à la fin du XVIIe siècle, cependant qu'en Allemagne où on l'utilisait depuis deux cents ans son usage pour la prospection des gisements était si banal que nul ne songeait à lui attribuer une origine supranaturel-le.Quoi qu'il en soit, savants, philosophes, occultistes s'emparèrent de la mystérieuse baguette, les uns pour la combattre, les autres pour la défendre.Se fondant sur l'« omnivalence » que certains enthousiastes n'hésitaient pas à lui octroyer, — détec- 36 -tion des nappes d'eau, des minerais, des objets perdus, des criminels ; diagnostics médicaux et vétérinaires ; recherches de la vérité dans les procès de bornages et autres ; etc ., au gré du rhabdomancien, — plusieurs théologiens décrétèrent cette pratique d'influence démoniaque, d'autant que le sous-sol, nous l'avons vu, passait depuis toujours pour l'antre naturel des esprits maléfiques.L'un des plus violents détracteurs, — il ne parlait rien moins que rétablir la peine du bûcher, — fut un oratorien, le P.Lebrun (8).D'autres suivirent.En un long amphigouri paru en annexe de sa « Philosophie des Images énigma- tiques » (Lyon, 1694), le P.Ménes-trier refusait d'y voir un possible phénomène physique, mais plutôt une manifestation satanique (9L tout comme son anonyme collègue qui, la même année, dans la même ville, publiait sous un titre-programme un« Traité en forme de lettre contre la nouvelle rhab-domancie, ou la manière de deviner avec une baguette fourchue ».C'était là ripostes au compterendu d'une affaire criminelle instruite par M.de Vagny, procureur du roi à Grenoble, et que celui-ci avait édité sous un titre alléchant : « Histoire merveilleuse d'un maçon qui, conduit par la baguette divinatoire, a suivi un meurtrier pendant 45 heures sur la terre et plus de 30 heures sur l'eau » ; ou encore à la « Dissertation physique sur la baguette » d'un médecin réputé de Montpellier, Pierre Garnier, qui concluait : « Voilà comment je pense que cela se fait.Dans tous les lieux où les meurtriers ont passé, il est resté une très grande quantité de corpuscules, sortis, par la transpiration, du corps de ces meurtriers, le meurtrier n'agissant jamais de sang-froid ; ces corpuscules sont disposés autrement qu'ils ne l'étoient avant le meurtre, et ils agissent très vigoureusement sur le corps et spécialement sur la peau du rhabdomancien .»n0*.PROSPECTION D'UN TERRAIN AU MOYEN DE LA "BAGUETTE DIVINATOIRE".BOIS GRAVE ILLUSTRANT UN OUVRAGE TECHNOLOGIQUE DE GEORGE AGRICOLA : "DE RE METALLICA", PARU A BALE.EN 1571.mm hMflpv; VLi Sr y4 XA" 37 Certains ecclésiastiques, curieux de sciences physiques, ne se gênaient guère pour réfuter, parfois avec mépris, les allégations de leurs confrères.Le plus écouté fut l'abbé de Vallemont qui, lui aussi, tenta d'expliquer les réactions de la baguette dans la prospection minière et hydroscopique, aussi bien que dans les enquêtes criminelles.Dans son fameux ouvrage, aujourd'hui rarissime, « La physique occulte ou traité de la Baguette divinatoire », il écrit notamment : «.que les corpuscules, tant ceux qui se transpirent des mains de l'homme à la baguette, que ceux qui s'élèvent en vapeur au-dessus des sources d'eau, en exhalaisons au-dessus des minières, ou en colonnes de corpuscules de la transpiration insensible sur les pas des criminels fugitifs, sont la cause efficiente prochaine du mouvement et de l'inclinaison de la baguette divinatoire ».Bien qu'un sieur Roger, dans l'exposé de sa technique, affirme qu'un rameau d'aulne, de chêne, ou de pommier donne d'excellents résultats, l'abbé de Vallemont leur préfère « une branche fourchue de coudrier, autrement noisetier, d'un pied et demi de long, grosse comme le doigt et qui n'est pas plus d'une année, autant que cela se peut.On tient, ajoute-t-il, les deux branches dans les deux mains sans beaucoup serrer et de manière que le dessus de la main soit tourné vers la terre, que la pointe aille devant et que la baguette soit parallèle à l'horizon.Alors on marche doucement dans les lieux où l'on soupçonne qu'il y a de l'eau, des minerais ou de l'argent caché »
de

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