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Titre :
Popular technique / Technique pour tous / Ministère du bien-être social et de la jeunesse
Éditeur :
  • Montréal :[Department of Social Welfare and Youth],1955-1962
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Technique (1926)
  • Successeur :
  • Technique (1962)
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Popular technique / Technique pour tous / Ministère du bien-être social et de la jeunesse, 1962-06, Collections de BAnQ.

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OFF E3A1 ; ïmsti “Pofiocia/i TECHNIQUE fiatvi focca J U N E JUIN 196 2 •« IV,.v'" '^1 HinnimiLiUiU- jf | ,>AU.^W ?r iK1 i x gasgsgas TECHNIQUE La revue de l’Enseignement spécialisé de la ! ppQy||^Q£ (!e Q U Ê BE C RENE MONTPETIT The Specialized Education Magazine ot the Directeur tXvXvt'^y'.-tSvvXviv Rédaction Editorial Offices 10,292, avenue Parthenais, Montréal 12, P.Q.Canada DU.7-6012 Abonnements Subscriptions Case Postale 40, Ilôtel du Gouvernement, Que.Autorisé comme envoi postal de 2e classe, Min.des Postes, Ottawa Authorized as 2nd Class Mail, Post Office Dept., Ottawa faoun, focca Editor Secrétaire de la rédaction Assistant Editor MARCEL SÉGUIN Publiée par le Service de l’Information Published by the Information Branch Directeur général des études de l’Enseignement spécialisé Director General of Studies for Specialised Education JEAN DELORME Administrateur général Administration ARMAND THUOT MINISTERE DE LA JEUNESSE HON.PAUL GÉRIN-LAJOIE JOSEPH-L.PAGÉ Me GUSTAVE POISSON Ot / I NOTRE COUVERTURE L'Exposition de Seattle fait une large place aux réalisations technologiques et scientifiques.Technique pour Tous vous en apporte un reflet en page 33.JUIN 1962 JUNE Vol.XXXVII, no 4 So mmaire Summary Le projet mohole Roland Prévost i L’Astronomie au Canada Robert Bastin 5 L’École de métiers de Mont-La urier Robert Bastin 9 The Coiffurists of Tomorrow Edith Beauchamp 11 Technique pour Tous visile Cap Canaveral René Torre 15 La Gravure, un art méconnu Jacques Guay 19 Manicouagan 2 20 Nouvelles Techniques René Torre 23 La murale qui évolue Clarence Hogue 25 Nouvelles de l’Enseignement spécialisé 26 Abonnements: 10 numéros par an Subscriptions: 10 issues per year CANADA $2.00 Autres pays — Foreign Countries $2.50 Sources Credit Lines P.1 Cuss I, photo Global Marine Exploration Co.Pp 3 et 4: Photos National Science Foundation.P.5: Photo C.N.R.P.6: Science Service Inc., La Presse.P.7: Photos La Presse.P.7: Photo observatoire et P.8: Century Photo Arts Reg’d.Pp 9 et 10: Office Provincial de Publicité.Pp 11, 12 et 13: Photos Henri Beauchamp.Pp.14 à 18: Photos U.S.Air Force.P.19: Photos Henri Beauchamp.|P.|20: Documentation et illustrations gracieusement fournies par l’Hydro-Québec.P.23: Science Service Inc.P.25: Studio Jac-Guy Enr’g. LA CROÛTE TERRESTRE CONTINENT OCÉAN LE PUITS DE PETROLE LE PLUS PROFOND, 25,340' SEDIMENT TENDRE 2e COUCHE OCEAN T A i .y.CROUTE PROFONDE MOHO ïSSSSg mm MOHOLE 31,000' / TROUS D'ESSAI DE 18,000' MANTEAU L E PROJET mohole Vue plongeante du "Cuss I”.On distingue sur le côté le support de deux des quatre moteurs hors-bord, et sur la plage arrière l’empilage de tuyaux.Malgré le vent, les vagues, les courants, il ne doit pas être facile de maintenir une telle masse au-dessus d’un trou situé à deux milles en-dessous.Roland Prévost Les États-Unis viennent de mettre en train l’une des plus importantes entreprises scientifiques des temps modernes, et aussi l’une des plus difficiles: le forage du fond océanique jusqu’au manteau de la Terre.Ce projet pose, en effet, des problèmes extrêmement ardus puisqu'il s’agit de descendre une foreuse sous une profondeur d'eau de 15,000 à 20,000 pieds et de la faire pénétrer dans 15,000 pieds de roc.La plus grande profondeur atteinte jusqu’à présent dans le roc sous-marin pour la recherche pétrolière a été de 10,000 pieds, et sous seulement 400 pieds d’eau.Le projet Mohole — qui coûtera de $35 à $50 millions — mettra donc les ingénieurs en face de difficultés techniques inconnues.Les connaissances que les savants comptent en retirer sur la composition et l’évolution du globe terrestre — et sur beaucoup d’autres sujets — en valent cependant la peine.La préparation du projet fut assumée par un comité spécial d’une double association de savants (National Academy of Sciences — National Research Council) et tous les frais sont absorbés par la National Science Foundation, organisme fédéral.Les avantages mmm : .immédiats et lointains d’une telle entreprise apparaissent évidents lorsqu’on apprend que plus de 80 sociétés commerciales et scientifiques ont désiré y participer.LES RUSSES AUSSI.Les Russes n’ont pas manqué de mesurer l’importance du projet Mohole dès qu’il devint évident que les Américains étaient décidés à aller jusqu’au bout.Ils annoncèrent plusieurs forages de la croûte terrestre, de 6 à 9 milles (mais non sous les eaux) et même, plus fantastique encore, la mise au point d’une fusée capable d’atteindre une profondeur de 100 milles .Réalisations encore lointaines, croit-on.On estime à 15,000 pieds l’épaisseur moyenne de l’écorce terrestre, mais elle est beaucoup moindre au fond des océans.En dessous, il y a une couche intermédiaire entre l’écorce et le manteau: c’est la “discontinuité” Mohorovicic, du nom du géologue yougoslave qui l’a découverte.Quant au manteau, épais de 3,000 milles, il atteint le noyau terrestre composé peut-être de fer et de nickel.Sur l’état et la composition du manteau, on en est réduit aux hypothèses; une chose certaine, c’est que la chaleur et la pression sont énormes, si bien qu’un morceau de charbon placé dans de telles conditions se transformerait instantanément en diamant! LE PLANCHER DES VACHES En quoi consiste la zone de transition entre la couche superficielle et le manteau?On l’ignore encore, mais on est d’avis qu’en le sachant on aura fait un grand pas dans la connaissance de l’histoire de notre planète.On sait seulement que dans les profondeurs de la croûte terrestre le son voyage à 7 kilomètres-seconde et que sous la zone Mohorovicic il passe subitement à 8.3 kilomètres-seconde.Certains savants supposent que le Moho accuse une frontière brusque et qu’il représente la couche primitive de la Terre; d’autres sont d’avis que le Moho n’a été qu’une phase dans la consolidation de la surface.Une chose est certaine: nous vivons sur une très mince pellicule.D’après les géologues, les continents et les montagnes “flottent” sur une masse visqueuse.Étant donné la fragilité relative de cette pellicule, on ne s’étonne pas des bouleversements et catastrophes fantastiques survenus au cours des âges.Si l’homme existe depuis plus de dix millions d’années — comme on le soupçonne — il en a vu de belles! Avant de revenir au projet Mohole, disons un mot de l’âge de la Terre, sujet qui a préoccupé les savants de tous les temps et qui a donné lieu aux plus ébouriffantes fantaisies.OCÉAN 1.5 km, TROU D'ESSAI DE 18,000' SÉDIMENT TENDRE 1.8-2.1 km wÈÈÊÈÈ 'r7777TTrrrrr *77777 2e COUCHE 4.5-5.5 km! : i- so CROÛTE PROFONDE 6.5-7.0 km/l * 9-ê MOHO 8.3 kml/i MANTEAU •: wmmm m i SAUT -vi -i: Les kms/'seconde indiquent la vitesse de propagation du son COUPE DE LA CROÛTE OCÉANIQUE RÉGION CLIPPERTON-GUADALOUPE NOTRE JEUNESSE ASTRONOMIQUE Il est quand même surprenant qu’un livre sacré hindou, d’environ 150 ans avant l’ère chrétienne, donne deux milliards d’années, alors que pendant des siècles personne n’osa proposer plus que quelques millions.De nos jours, on accorde à la terre plusieurs milliards d’années; pour les uns, c’est cinq milliards, d’autres vont jusqu’à dix.Toutes les méthodes de mesure sont incertaines; la plus exacte (jusqu’à ce qu’on trouve mieux) semble être la désintégration radioactive.M.René Coppens, professeur de radiogéologie à la Faculté des sciences de Nancy, en explique ainsi le principe: “Tout corps radioactif A se désintègre pour donner, soit directement, soit à la suite de transformations successives, un corps stable B, et cela selon des lois nettement définies en fonction du temps”.Comme cette méthode est elle-même peu fiable, attendons ce que donnera le “grand trou”.DEUX ESSAIS CONCLUANTS Les Américains ne s’aventurent pas en terrain tout à fait inconnu.Les photos qui illustrent cet article furent prises pendant la première phase du projet Mohole, terminée le 1er avril 1961.Les premiers forages se firent au large de la Californie, sous 3,000 pieds d’eau, et prélevèrent des échantillons de roc jusqu’à I, 053 pieds; les deuxièmes, au large du Mexique, sous II, 700 pieds d’eau, creusèrent à 600 pieds.2 '¦ m /i Le "Cuss I", qui avait servi aux forages pour la recherche pétrolière dans le golfe du Mexique et dans le Pacifique, a subi des modifications qui permirent d’y entreposer un plus grand nombre de tuyaux.Ce navire n’a pas de moteur: il doit être remorqué sur place.Cette armature métallique est destinée à être placée sur le fond océanique: elle sert à protéger le trépan pendant l’opération.FORAGE DE LA CROÛTE TERRESTRE AU CANADA A beaucoup moins de frais que les Etats-Unis, le Canada compte atteindre le manteau terrestre et en rapporter des échantillons.Le Ministère fédéral des Mines et Relevés techniques se prépare à forer un trou de 10,000 pieds au mont Albert, en Gaspésie, où l'écorce terrestre serait très mince.Le Canada occupe sept pour 100 de la croûte terrestre.Lors de la réunion de l’Union géodésique et géophysique tenue l'an dernier à Helsinki, notre pays a convenu de participer, avec plusieurs pays, à l'étude de la structure et de la composition du globe ainsi que du mécanisme des forces internes.Signalons en passant que des ingénieurs français ont réalisé certains des appareils de forage.Les établissements Neyrpic, de Grenoble, ont mis au point un appareil révolutionnaire, la turbine de forage, constitué d’un empilage de petites turbines actionnées par une boue de composition spéciale que l’on envoie continuellement dans le puits.C’est aussi une firme française, la société Christensen, qui a fourni le carottier actionné par la turbo-foreuse, ainsi décrit: un tube creux, à l’ouverture armée de diamants, capable de prélever de longs échantillons de roches.Ces deux appareils ont été expérimentés durant la première phase du projet Mohole.PAS DE PREMIÈRES PAGES DE L’ÉVOLUTION Les résultats de ces forages sont déjà considérables.La seule déception d’importance fut de s’apercevoir que sous la couche de sédiments du fond océanique se trouvait du basalte, roche semblable à la lave.On avait pensé en remonter des échantillons de sédiments solidifiés contenant peut-être des traces de la première apparition de la vie sur la Terre.En effet, les sédiments non solidifiés (sous forme d’argile) ne dateraient pas plus loin que le Miocène, environ 25,000,000 d’années, c’est-à-dire une petite fraction de l’histoire de la vie si, comme on le croit, celle-ci compte un milliard d’années.Au premier emplacement sondé, cette couche sédimentaire avait une épaisseur de 41 pieds.Cette participation procurera au Canada des renseignements importants sur la formation et l’emplacement du nickel, du platine, du chrome et d’autres métaux; nos ingénieurs en profiteront pour améliorer les.techniques de forage dans les roches dures.La découverte d’une couche basaltique, immédiatement sous les sédiments, confirment peut-être une théorie émise récemment sur la formation des montagnes.Les auteurs — Ray Woodriff et Marjory Goering, du Montana — veulent démontrer que toutes .les masses granitiques sont concentrées dans les continents et qu’il n’en reste donc pas sous les océans.L’explication complète de leur théorie demanderait beaucoup d’espace.Le résumé suivant en donne une idée.On part de l’hypothèse qu’au début “surnageaient” à la surface du globe des granits légers, mais d’autant plus denses qu’ils étaient plus profonds.Au cours des âges géologiques, par une série compliquée de jeux hydrodynamiques, les granits des profondeurs ont eu tendance à “couler” sous les couches minces de l’écorce (donc sous les océans) et à s’accumuler près des masses montagneuses.Les recherches préliminaires à ces forages avaient déjà fourni un grand nombre de renseignements techniques.Les résultats scientifiques furent aussi considérables.Qu’il suffise d’en indiquer quelques-uns: détermination de la vitesse sismique (1.6 kilomètre par seconde) de la couche superficielle, mesurage 3 ti ?Qj) Le poste de commande créé spécialement pour les premiers essais de forage du projet Mohole.Le pilote n'avait qu’à incliner dans la direction voulue pour commander à chacun des quatre hors-bords du "Cuss I” et tenir celui-ci à la verticale du trou de forage.simultané des courants profonds à quatre niveaux, vitesse d’arrivée dans l’océan de la chaleur interne du globe.PRODIGE D’ÉQUILIBRE Le lecteur se demandera — comme tout le monde— par quelles méthodes on a pu faire tenir un navire à plus de 10,000 pieds au-dessus d’un petit trou, malgré les courants, les vagues, le vent; par quelles méthodes aussi on a réussit à empêcher la rupture, dans ces conditions, d’un jeu de tiges de 13,000 pieds de longueur.À une.telle profondeur, l’ancrage du bateau était une solution impensable; on s’est arrêté à une formule radicalement nouvelle.Le navire — construit spécialement pour forage en eau profonde — fut armé de quatre moteurs hors-bord de 200 ch; un seul levier commandait chacun des moteurs.Le pilote était renseigné de trois façons sur la position exacte du navire par rapport au point de forage.À quelques centaines de pieds sous l’eau, disposées en cercle autour du navire, se trouvaient des bouées ancrées au fond; sur certaines de ces bouées, des appareils recevant l’onde sonar du bateau la retournaient sur une autre fréquence, ce qui donnait la distance entre les deux.D’autres bouées maintenaient en surface un réflecteur de radar.Troisième moyen: l’inclinomètre analogue, câble coaxial tenu en tension sur le bateau et rattaché à une ancre au fond de l’eau; ce câble était en somme l’analogue de la tige de forage, de sorte que son inclinaison indiquait (grâce à un appareil montrant les deux coordonnées) la position la plus favorable du navire.ÉQUIPEMENT PERFECTIONNÉ Quant au navire lui-même, il est une barge de la Marine de guerre, transformée pour le forage en mer.Son nom (CUSS I) vient du nom des quatre compagnies qui l’ont d’abord utilisé: Continental, Union, Shell et Superior.Mesurant 260 pieds de longueur, jaugeant 3,000 tonnes, il doit être remorqué sur place.Sa caractéristique principale est la tour de forage, haute de 98 pieds.Pour les besoins du projet Mohole, il transportait 13,500 pieds de tuyaux.La tige creuse utilisée pour placer le trépan au fond de l’océan, longue de plus de 13,000 pieds, pesait environ 150,000 livres.Si cette longue tige est très courbée à son extrémité supérieure, à cause du roulis et du tangage du bateau, cela s’ajoute à la tension du poids.On s’aperçut bien vite que la courbure au point de départ ne devrait pas excéder environ 1.5 degrés.Comme un navire roule facilement à plus de 5 degrés, le problème devenait sérieux.On a alors construit une sorte d’entonnoir qui empêchait la tige de dépasser 1.5 degré.On réussit, en outre, par différents procédés, à empêcher la tige de trop céder aux pressions des courants, et, surtout, de plier à son point le plus critique, celui où elle rencontre le sol océanique.QUE DE MYSTÈRES A ÉCLAIRCIR! Le projet Mohole n’a pas seulement pour but le prélèvement de carottes.Des appareils extrêmement précis mesurent la vitesse de propagation du son dans les sédiments; la densité, la porosité et l’imperméabilité des roches; la radiation des sédiments; la force et la direction du champ magnétique terrestre, la quantité de minéraux magnétiques dans les sédiments; la présence d’hydrocarbures, etc.En océanographie, les mystères ne manquent pas.Par exemple, les forages océaniques faits auparavant n’ont jamais obtenu des roches plus anciennes que le Crétacé, soit environ 100 millions d’années; par contre, des parties de continents qui furent de temps à autre recouvertes par des submergences marines contiennent beaucoup de roches sédimentaires marines très anciennes.Les savants se demandent donc si les bassins océaniques actuels sont réellement aussi âgés qu’on l’avait pensé, ou si une catastrophe survenue il y a 100 millions d’années a complètement transformé les fonds océaniques.La vitesse de sédimentation des océans soulève aussi bien des points d’interrogation.On croit que sous l’océan la couche supérieure de l’écorce terrestre a une épaisseur d’environ un demi-kilomètre.On croit aussi que la “pluie” de plancton et autres substances fines donne un centimètre de sédiments par millier d’années; si ce calcul est exact, il suffirait de quelques dizaines de millions d’années pour déposer une couche comparable à la première.Mais étant donné que les océans existent de quelque façon depuis au moins un milliard d’années, pourquoi la première couche semble-t-elle ne représenter que 60 à 100 millions d’années ? m Robert Bastin Le Centre français de Montreal de la Société Royale d’Astronomie n’a pas d’observatoire officiel, mais certains membres possèdent des télescopes assez puissants.Ici M.Jean Naubert montre à un ami le viseur d’un télescope réflecteur de 22 pouces qu’il a lui-même fabriqué et monté sur la toiture de sa maison.Notre pays possède de grands observatoires et commence à s’intéresser à la radio-astronomie.L’intérêt pour cette science est très vif dans la province de Québec où la Société Royale d’Astronomie compte des sections particulièrement actives.Québec aura bientôt un nouvel observatoire et un planétarium.Pourquoi Montréal n’aura-t-il pas son planétarium, dans le cadre enchanteur du Jardin Botanique, par exemple?Le mouvement des astres, la succession du jour et de la nuit, le sillage brillant des comètes ont, depuis les temps les plus reculés, retenu l’attention de l’homme.Les astronomes assyriens, puis les égyptiens et les chaldéens furent les premiers découvreurs des astres plusieurs milliers d’années avant l’ère chrétienne.Depuis, les techniques d’observation ont bien évolué et ont bénéficié des progrès des autres sciences.La photographie est venue à la rescousse de l’oeil.La plaque sensible peut accumuler la lumière émise par des étoiles très faibles qu’il serait impossible d’apercevoir même avec un instrument très puissant.C’est ainsi que l’on peut fouiller les confins de l’univers céleste.Plus près de nous, dans le système solaire, la photographie nous a révélé l’existence de trois satellites de Jupiter et la planète Pluton.La pellicule enregistre aussi les rayons inaccessibles à l’oeil humain, l’ultra-violet et l’infra-rouge, d’importance primordiale en astronomie.La composition chimique des astres Il n’y a guère plus de cent ans que les astronomes connaissent le secret de la composition chimique des astres.C’est en analysant la lumière des étoiles à l’aide du spectroscope, que l’on peut connaître avec certitude les éléments chimiques qui les composent.De cette façon, les savants ont pu découvrir dans le Soleil un élément chimique qu’ils ne connaissaient pas et auquel ils ont donné le nom d’hélium.Les yeux et les oreilles du ciel On construit toujours des instruments de plus en plus puissants et de plus en plus précis.Le diamètre du plus grand télescope, celui du mont Palomar, en Californie, dépasse 17 pieds.Depuis la guerre, avec l’apparition du radar, on a vu naître une nouvelle technique d’exploration céleste: la radio-astronomie.Les radio-télescopes sont d’immenses oreilles à l’écoute des étoiles qui émettent des ondes hertziennes semblables aux ondes radiophoniques.Grâce à cet appareil on a pu établir que notre galaxie est une galaxie spirale, ce que les télescopes ordinaires étaient dans l’impossibilité de nous révéler.Depuis un an, le Canada possède, lui aussi, son radio-télescope, à Penticton, en Colombie britannique.Il sert notamment à étudier la répartition de l’hydrogène neutre qui constitue la partie majeure de la matière interstellaire.Même les étoiles sont, pour la plupart, des bombes d’hydrogène en perpétuel éclatement.La radio-astronomie a le grand avantage de pouvoir percer les vastes nuages de poussières, qui obscurcissent d’immenses étendues de l’espace, et d’offrir un champ d’étude plus vaste que celui prospecté par l’astronomie optique.L’astronomie au Canada L’astronomie prend une place de plus en plus importante dans les études scientifiques au Canada.W ’¦» M.Jean Asselin, Ing.P., un des fondateurs du Centre français et ancien président, est ici à l'oculaire d’un petit télescope réalisé par M.Adélard Rousseau.Le "Big Dish” tel est le nom que les Américains ont donné au radiotélescope géant qu’ils construisent à Sugar Grove, en Virginie Occidentale.Le disque a une superficie de sept acres et l’appareil entier, lorsqu’il sera parachevé en 1964, aura coûté $180,000,000.La Société Royale d’Astronomie du Canada, dont le bureau principal est situé à Toronto, a pour président M.Marc Boyer, sous-ministre des mines et des relevés techniques.Son président actif est M.Peter Millman.Elle compte une quinzaine de centres dans la plupart des grandes villes du pays, à l’exception de Terre-Neuve.Il existe, à Montréal, deux groupes d’astronomes amateurs.Quoique en principe ces deux groupes n’en forment qu’un.Ce sont le Montreal Centre de la Royal Astronomical Society of Canada et le Centre français de la Société Royale d’Astronomie du Canada.Le centre français a été fondé en 1947 par M.DeLisle Garneau qui, à venir jusqu’à ces dernières années, possédait un observatoire, à Notre-Dame-de-Grâce, où les membres se réunissaient une fois la semaine.Décoré de la médaille Chant, M.Garneau est, avec le regretté frère Robert et M.Jean Asselin, ingénieur professionnel, de ceux qui ont le plus contribué à répandre l’amour de l’étude des astres dans la Métropole.Depuis que les astronomes amateurs de langue française sont privés de leur observatoire à Montréal, ils se réunissent le mardi soir, autour d’un télescope sur le terrain de stationnement du Jardin botanique.L’observatoire d’astronomie le plus important que nous possédions à Montréal est celui du cercle de langue anglaise de la Société Royale d’Astronomie.Cet observatoire aménagé après la guerre dans un poste de radar désaffecté, est situé derrière le stade Molson.Son dôme abrite un télescope de six pouces et demi de diamètre.Ce n’est pas, il s’en faut, le plus gros télescope du Canada.Le plus important est celui de '¦ 74.-1 / mm * Intérieur d'un télescope réflecteur de Newton.Au fond du tube, un miroir concave et parabolique réfléchit la lumière de l’astre en la concentrant au foyer, c’est-â-dire à l'orifice de l’appareil où un petit miroir placé à un angle de 45° (soutenu par les quatre tiges) renvoit l’image à l’oculaire, sur le dessus.Le miroir de cet appareil a été poli par M.Robert Venor, membre de la Société Royale d’Astronomie, à Montréal.l'Observatoire David Dunlap, à Richmond Hill, en Ontario, dont le miroir a un diamètre de 74 pouces; c’est un des plus gros du monde.Mentionnons également l’instrument de l’Observatoire d’astrophysique du Dominion, à Victoria, dont le miroir est de 72 pouces.De tous les télescopes du monde, seuls trois télescopes américains sont plus gros que les appareils canadiens.Le Canada possède un troisième télescope officiel, celui de l’observatoire du Dominion, à Ottawa.Depuis un an, le Canada possède, lui aussi, son radio-télescope, à Penticton, en Colombie britannique.11 sert notamment à étudier la répartition de l’hydrogène neutre, qui constitue la plus grande partie de la matière interstellaire.Même les étoiles sont, pour la plupart, on l’a souvent répété, des bombes d’hydrogène en perpétuel éclatement.La radioastronomie a le grand avantage de pouvoir percer les vastes nuages de poussières qui obscurcissent d’immenses étendues de l’espace et d’offrir un champ d’étude plus vaste que celui de l’astronomie optique.Le Centre français, dont le président est M.Gaston Lebrun de Radio-Canada, fait bénéficier ses membres des mêmes avantages que tous les autres centres du pays: observations dirigées, causeries, leçons, abonnement à la revue de la Société, sans compter l’inestimable échange de renseignements et la direction des observations par des astronomes qui, bien qu’amateurs, n’en sont pas moins hautement informés.11 est remarquable de voir la diversité des membres; on trouve parmi eux: des professeurs, des religieux, des fonctionnaires, un radiologiste, un machiniste et autres.Le titulaire du télescope officiel du Centre français, M.Adélard Rousseau, a lui-même fabriqué cet instru- ment qui est un réfracteur de 4 pouces et demi.Il n’est pas exagéré de dire que cet appareil est une merveille d’ingéniosité et de précision.Un planétarium à Montréal Le Centre français ne songe pas à construire un gros observatoire à Montréal.La trop grande luminosité du ciel montréalais présente un obstacle sérieux à l’observation nocturne.Dans ce cas, pourquoi ne pas construire un planétarium, au Jardin Botanique, par exemple?Nombre de villes américaines et européennes possèdent de ces salles s’apparentant aux salles de cinéma et dont l’écran est un immense dôme et le projecteur un appareil d’une extrême complexité qui permet de simuler le mouvement des astres, des nébu- Monture équatoriale d un telescope.Cette monture permet à l’observateur de suivre l’astre de façon continue avec le mouvement de la Terre; le crayon indique l’un des disques horaires qui permettent de repérer l’astre sur ses coordonnées.L’observatoire du Centre anglais de la Société Royale d’Astronomie à Montréal a été aménagé dans une ancienne station de radar.Il est situé sur les flancs du Mont Royal, derrière le stade Molson. flOMUOUW i_______________________________________________________ VI .¦ .: ¦ : ¦ M.Frank de Kinder est à l'oculaire du télescope réfracteur de 6 pouces.En tirant sur les câbles, de sa main gauche, il fait tourner le dôme de l'observatoire au fur à mesure que le mouvement de la Terre l’exige.Le rez-de-chaussee de lobservatoire sert de salle de conference ou les membres se réunissent une fois la semaine.Ici, M.Frank de Kinder donne un cours de mécanique céleste à l’aide de deux globes représentant la Terre et la Lune.- leuses et jusqu’à l’explosion des étoiles.Ce serait un moyen d’instruire le public en le divertissant.Ceux qui ont pu voir les représentations du planétarium Hayden, à New York, savent que l’astronomie est une source inépuisable de spectacles fascinants.La Société Astronomique de Québec est en train de matérialiser le projet de construire un observatoire-planétarium dans la banlieue de la Vieille Capitale.La société ne vise pas à rivaliser avec les grands observatoires, mais à construire le plus moderne qui soit.Parfaitement adapté à ses besoins, il abritera un télescope de 21 pouces de diamètre et d’autres instruments pour les astronomes amateurs.Le planétarium pourra asseoir 200 spectateurs et sera doté de salles d’expositions permanentes.Il faut se réjouir de cette initiative qui, non seulement permettra à nos astronomes de poursuivre des études systématiques avec une instrumentation perfectionnée, mais aussi de répandre le goût de l’astronomie parmi le public.La vie existe-t-elle sur les autres planètes?À cette question, la plupart des astronomes, des hommes de sciences et les philosophes répondent: oui.Sur la planète Mars, on observe un cycle de saisons semblable à celui de la Terre.Mars est en effet toute verte en été et se couvre de colorations vives en automne.L’hiver, cette planète est toute blanche.Les biologistes ont depuis longtemps établi une loi selon laquelle on trouve toujours la vie animale partout où il existe de la vie végétale.Quant à savoir s’il y a des planètes habitées par des êtres raisonnables .Nous en sommes réduits à des conjectures.Ce qui est assuré, c’est qu’il existe dans l’Univers des milliards d’étoiles et un nombre encore plus grand de planètes.Or la loi des grands nombres nous justifie de supposer que les conditions qui ont favorisé l’apparition de la vie sur la Terre peuvent fort bien se reproduire dans une autre planète.Il est donc possible que des êtres raisonnables existent dans d’autres mondes, sans avoir nécessairement la même forme que nous.Souhaitons-leur, en tout cas, de connaître les joies du paradis qui ont été refusées aux Terriens pour l’amour d’une pomme! Depuis que la radio-astronomie existe, des astronomes, à qui on ne pouvait certes pas reprocher de manquer d’optimisme, ont tenté d’entrer en communication avec les êtres raisonnables dont ils présupposaient l’existence dans d’autres mondes.Il est à peine croyable que des savants, des gens sérieux, dit-on, se livrent à de pareilles extravagances.C’est ce qui nous amène à faire cette constatation amère qu’il est bien illusoire de chercher des êtres raisonnables sur d’autres planètes quand .même les savants de la nôtre le sont si peu. Il s » f fl 1 1 1 i I I mm » ¦nn «u-ï 'KM* /QTv *•’
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