La nouvelle relève, 1 janvier 1942, Janvier
LA NOUVELLE R E L È Y E Directeurs : Robert Charbonneau et Paul Beaulieu ROBERT CHARBONNEAU LUIGI STURZO GEORGES BERNANOS GUY SYLVESTRE MARCEL RAYMOND RINA LASNIER Les livres : le cardinal Villeneuve, Yves Simon, Clément Marchand, M.-A.Couturier.Les arts : La société d'art contemporain.Numéro 4 JANVIER 1942 25 cents LA NOUVELLE RELEVE Fondée en 1934 Directeurs • Robert Charbonneau Directeurs .paul Beaulieu Rédacteur en chef : Claude Hurtubise Sommaire ROBERT CHARBONNEAU LUIGI STURZO.GEORGES BERNANOS .MARCEL RAYMOND .RINA LASNIER.GUY SYLVESTRE.MARCEL RAYMOND .GILLES HENAULT.Note sur Gide 193 Les voies de la Providence 196 Race contre nation 209 Louis Bertrand 213 Poèmes 218 Raymond Radiguet 220 André David, les étapes d'une conversion 227 Sonnet à Nelligan 230 CHRONIQUES Les livres GABRIEL-M.LUSSIER : Son Eminence nous enseigne — MARCEL RAYMOND : Courriers des villages par Clément Marchand — GILLES HENAULT : La grande crise de la République française par Yves Simon — SIMONE AUBRY : Art et Catholicisme par M.-A.Couturier.Les arts SIMONE AUBRY : L'exposition de dessins de la Société d'art contemporain.TABLE GENERALE DES 5 SERIES DE LA RELEVE L'abonnement à 10 numéros: Canada, S 2.00; étranger, $2.25.Payable par manda< ou chèque au pair à Montréal, négotiable sans frais.340, avenue Kensington, Westmount, Montréal. LA NOUVELLE RELEVE NOTE SUR GIDE La publication ici, le mois dernier, d’un article sur Gide nous a valu deux lettres de religieux éminents pour qui nous avons la plus grande estime et qui, tous les deux, bien qu’ils habitent des couvents très éloignés l’un de l’autre, se rencontrent pour nous reprocher, presque dans les mêmes termes, d’avoir publié ces pages.“Pourquoi avez-vous permis qu’on parle de Gide dans votre revue respectable ?” “Quand donc les catholiques se décideront-ils à ignorer leurs pires ennemis ?” C’est en substance le contenu de leurs lettres.Ces deux religieux, s’ils lisent nos cahiers depuis longtemps, doivent savoir que nous ne partageons pas ici les artistes en “bons et méchants”.Suivant en cela l’exemple des catholiques français, ce qui nous a guidé dans nos critiques a toujours été une compréhension sympathique, le désir de découvrir non pas ce qu’une œuvre comporte de déficiences ou d’obscurité mais ce qu’elle apporte de révélations sur l’homme, de clartés, de leçons.11 nous paraît donc (pie le problème ainsi présenté par nos correspondants est mal posé.Nous ne reprendrons pas dans cette note la question de la responsabilité de l’écrivain, nous ne ferons pas un nouveau procès à André Gide. 194 LA NOUVELLK RELEVE Mais André Gide n’est pas un écrivain devant lequel on peut se contenter de détourner la tête.Qu’il nous suffise de dire qu’il a joué un rôle essentiel dans l’évolution du roman français et que son témoignage, sur le plan humain, est d’une valeur inestimable.Ce qu’on nous demanderait, c’est d’ignorer un fait historique.Le chrétien n’a-t-il pas le devoir d’être conscient, le plus conscient possible ! 11 ne peut adopter a l’égard de la vie, des hommes, des œuvres une attitude purement négative.Il doit s’enrichir de tout ce que peuvent lui apporter de bon même ceux qui no pensent lias comme lui, il doit se comporter en toute charité à l’égard des œuvres comme à l’égard des hommes.Et si le christianisme d’un homme cultivé n’est pas suffisamment fort pour le défendre contre ce que certaines œuvres peuvent présenter de danger, alors, ce ne sont pas les œuvres qu’il faut brûler, c’est son christianisme qui doit être tonifié.Brûler des livres ne sera jamais que l’aveu d’une défaite, la réaction de la brute devant l’Esprit.Contre le témoignage de ceux qui accusent Gide de les avoir conduits au péché, je maintiens les témoignages de ceux (pie ses livres ont “ouvert” à l’action de la grâce.Si les livres ne font pas eux-mêmes tout le bien qu’on voudrait, ils ne font pas non plus tout le mal.L’œuvre d’art est par soi; détachée de son auteur, elle ne suit pas nécessairement l’élan (pi’il lui voulut donner.Dans ce domaine de la grâce, c’est Dieu (pii agit et les occasions, il ne se les laisse pas imposer.Loin de nous la pensée de conseiller sans discernement la lecture de Gide à des personnes non préparées.Mais il reste que l’attitude du chrétien, si elle doit être inspirée par la prudence, ne doit pas l’être par la crainte.Le chrétien ne doit pas avoir peur du péché.Un écrivain incroyant nous a fait, à nous catholiques, un reproche cruel parce qu’il est en partie fondé.Il a dit NOTE SUR GIDE 195 que la confession, en apportant une solution au problème du mal pour chacun de nous, avait tué notre conscience.C’est attribuer à un sacrement une imperfection qui vient de la légèreté et parfois de l’incompréhension avec lesquelles nous nous en approchons.Ce qui est vrai, c’est que nous confondons souvent la vigilance avec le refus préalable, la prudence avec la paresse et une incuriosité de soi et des autres qui nuit à la conscience.Nous nous refusons de jouer un rôle négatif.Notre attitude, conformément à notre christianisme, veut continuer d’être accueillante pour rester consciente.Robert Charbon n eau PROVIDENCE Lgypte est sale; sur 1 A-cropole, il met en pièces la prière de Renan.Il querelle les aubergistes, se lamente si la mer est mauvaise.A l’hagiographie, il a donné des œuvres fortes : Saint Augustin, Sainte Thérèse.Son Sanguis martyrum est un I.OUIS 1IICKTKA N 0 J17 des romans chrétiens les plus émouvants de ce temps.La scène où il raconte la visite de Jésus aux chrétiens condamnés aux mines est une des choses les plus émouvantes que je connaisse.D ailleurs, Bertrand excellait dans le portrait et le tableau.Qu’il nous peigne Louis XIV podagre et vieillissant, une bagarre à Madrid, une audience de Charles Il enfant; qu'il nous décrive un monument maure, une mosquée ou une traversée de la Méditerranée, c est le même modelé, le même souci qui lui fait souligner surtout l'élément grandeur.Il fait grand.Il voit large.Ajoute/, a cela un sens profond de I ironie qui se constate en maintes pages, notamment dans le chapitre de son volume sur le Loi-Soleil : Louis XIV et ses médecins.On pourra peut-être lui reprocher de donner parfois dans le style inutilement pompeux.11 écrit : “avant d entrer dans la diplomatie”, quand il serait si simple de dire : “avant d’être diplomate”.Ailleurs, ou le surprend à écrire : “mélanger le sacré au profane au lieu de meler , ce qui est une négligence.Il est peut-être un peu déplacé, dans une notice nécrologique de parler d’un autre défaut qu’on aurait pu reprocher à Louis Bertrand : ne pas s'intéresser à autrui.A cet écrivain, il semblait que lui seul existât.Plusieurs ne lui ont pas pardonné facilement.On l’a vu, par antisémitisme, faire une scène lorsqu’il fut question d'élire André-Maurois à l’Académie Française ! Nonobstant ces travers, il reste que Bertrand a donné des œuvres fortes, qu’il s’est fait l’historiographe du fait français en Afrique et qu’il a parlé de l’Eucharistie connue personne ne l’avait fait avant lui.Il écrivait un jour : "Ce monde-ci n’est habitable qu’à la condition cpi’il y ait un autre monde”.Marcel Raymond FEUX CROISES PSAUME II Seigneur, je suis ce point douloureux où luit l'éclair : entre le ciel de mon âme et la.terre de mon corps.Seigneur, je suis au centre des feux croisés : et c’est là qu’il faut vous rencontrer.Déchirer mon cœur ou mon âme : car la grâce dévaste autant que le désir.C'est là qu'il faut vous choisir : dans l'orage épouvantable des sens.Saisissant à pleines mains : l'éclair brusque de votre victoire.C'est à cet instant aveuglant qu'il faut vous préférer : et dérober la pointe de feu, Pour brûler la rose parfumée de la chair : la rose et le parfum, inexorablement.Seigneur, c'est là qu'il faut vous croiser : non point sur l'échelle d’or de Jacob, Où descendant l'ange complice : qui faisait semblant de céder.Le ciel de mon âme, Seigneur, où donc s'appuie son cintre : quand il défaille jusqu'à la terre de mon corps f Ayez pitié de mon être pris entre les feux croisés : que mon âme devienne ce point douloureux, Où s'ajustent et se rejoignent enfin : les deux traverses de la croix. SERENADE DES ANGES (Pour un enfant qui va mourir) Ce n'est pas ma voix, ce n'est pas ma voix qui se déchire, C'est, rasant la plaine, le vent qui ploie l'aile qui chavire.Penne les yeux, ferme les yeux, Le vent passe, moi je demeure.Ce n'est pas la nuit, ce n'est pas la nuit qui te tient, C'est, sur ta vie, l'ombre de mon chagrin, ou ma main.Penne les yeux, ferme les yeux.L'ombre s’efface, moi je demeure.Ce ne sont pas mes larmes, ce ne sont pas mes qui brillent, Ce sont, t'en souvient-il, toutes les étoiles sous l'eau tranquille.Penne les yeux, ferme les yeux, L’étoile se noie, je demeure Ce ne sont pas les anges, ce ne sont pas les anges en cortège, C'est la première aube ou la première neige sur les branches.Ouvre les yeux, ouvre les yeux, Tu pars avec les anges, je demeure! Rixa Lasnie Tous droits réservés Extrait d’un livre en préparation.1 RAYMOND R A DI G U HT, ENFANT DE GENIE Le 12 décembre 1923.en présence de son père et de sa mère ainsi que de son ami Jean Cocteau, Raymond Radiguet, brnlé de fièvre, mourait à l’âgc de vingt ans et quatre mois.François Mauriac, ému, écrivait aussitôt : “cet enfant était un maître”.Trois jours avant sa mort, Radiguet disait à Jean Cocteau : ‘‘Ecoutez une chose terrible.Dans trois jours ic vais être fusillé par les soldats de Dieu.” Trois jours après, il était mort.Et Jean Cocteau de dire alors : ‘‘Raymond Radiguct commence.” Cet enfant de génie, mourant à 20 ans, laissait un recueil de poèmes, deux romans, trois contes, un opéra, deux pièces de théâtre et plusieurs articles Une de ces œuvre est un chef-d’œuvre (au sens propre).Je ne dis pas (pie c’est un chef-d'œuvre pour un jeune homme de dix-lmit ans : c’est un chef-d’œuvre du roman français, une des plus fortes œuvres du siècle : le Bal iln comte il’Or- 1G U ET 225 — fait songer à la chanson française, spirituelle, désinvolte, comme le Prisonnier des mers : Le mousse mis en quarantaine, Sa mère des terres lointaines Lui fait parvenir des albums Indéchirables, et son cœur Ne pourrait pas en dire autant.C'est le décor des scarlatines : On s'y promène sans bouger, Toujours en chemise de nuit.Aussi longue que les journées.An théâtre des scarlatines Où meurt le prisonnier des mers, Jamais on ne boit ni ne mange, C'est l’apprentissage des anges; Son apprentissage fini, Le prisonnier des mers s'évade, Il grimpe tout en haut du mât, Mais les marins ont des fusils.Oiseau de mer, ange lourdaud, Une âme retombe dans l'eau, Parmi, vagues, vos blancs soucis De pigeons avant le voyage.Moi je tire â la courte paille Pour savoir laquelle de vous S'en ira prévenir la mère.On note la tendance à l’angélisme de Radiguet, cette volonté de dominer complètement la matière jusqu’à son anéantissement.C’est bien cela que l’on retrouve encore Dans “Septentrion” : Nous sommes venus voir l'enfant Qui, de la pauvre Ccndrillon Ayant, parait-il, hérité, Peut conduire sans arrêter Trois jours durant le cotillon.Cette danse qu’est la poésie, cette manière de dominer le sensible, c’est là le fond de Radiguet : 226 LA NOUVELLE RELÈVE Bateau debout, bateau hagard, La danseuse sans crier gare.Sans même appeler les pompiers.Mourut sur la pointe des pieds.Et le dernier vers de son dernier poème n’cst-il pas : L'ange s'élance du tremplin, vers qu’il est impossible de relire sans songer à son destin, dont il avait le sourd pressentiment en écrivant ce Cygne mort ?Les soldats de Dieu ont fusillé le cygne.Le ciel a enlevé son gant, mais la main n’est pas coupée.A vrai dire, ici-bas, on ne se serre jamais la main : il y a toujours des gants.Mais les gants eux-mêmes parlent et il ne faut pas les mépriser.En attendant de toucher les êtres, il nous est loisible de les regarder comme dans un miroir, sicut in œnigmate.Mais quelle différence y a-t-il entre un gant et un miroir ?Ne sont-ce pas deux signes et ne nous rappellent-ils pas sans cesse ce Visage et cette Main promis à notre douceur ?Guy Sylvestre ANDRÉ DAVID LES ÉTAPES D’UNE CONVERSION Il y a quelque vingt-cinq ans.un lycéen, fréquentant Janson-de-Sailly, aurait été bien surpris si quelqu un lui avait annoncé qu’un jour Dieu le retournerait comme un gant.Cette prédiction s’est pourtant réalisée pleinement.Il y a quelques mois, M.André David nous est arrivé en Amérique; on a pu lire, ici même, quelques pages de ce jeune écrivain, qui est à préparer un livre pour le public canadien.Aux lecteurs de MARIANNE, la figure aux lignes harmonieuses, à la bouche moqueuse, aux yeux cerclés de lunettes d’écaille de M.André David, était familière.Elle apparaissait, filigranée dans chacun de ses articles, près de la barbe de satyre de M.de la Fouchardière ! Il est peu de jeunes hommes qui ont eu un début littéraire aussi brillant que M.André David, puisque deux fées se penchèrent sur son berceau : Mme la Comtesse de Noailles et Mme Rachilde.Il était encore lycéen lorsque la poétesse au grand cœur préfaça son premier livre : ‘‘Ces poèmes se traînent ainsi (pie des nuages, écrivait-elle; ils en ont la fumeuse et vacillante opacité”.Un de ses premiers essais fut consacré au symbolisme, bien que s’intitulant Mme Rachilde, homme de lettres, toute la galerie “mercuréenne” y passait ; les Samain, les Rémy de Gourmont, les Jules Renard, les Jean Lorrain.On sait que Mme Rachilde était ! épouse d’Alfred Valette, l’inlassable directeur du Mercure de France.Rachilde et André David collaborèrent de plus à un roman plutôt libre : Le Prisonnier.Le jeune écrivain LA NOUVELLE RELÈVE 228 exposait ses peintures*1’ — car il était artiste complet; — un public surélégant s'y rendait; il était gâté des critiques, choyé des mondains.Elémir Bourges défendait l'un de ses ouvrages devant le jury du Prix Goncourt.Que pouvait-il espérer de mieux ?Il grandit donc dans la négation de toute religion, livré aux pires incartades jusqu’à une veille de Noël cl il y a une quinzaine d’années, où, à la suite d’un dîner libertin, un ami l’entraîna à la messe de Minuit à Saint-Eustache.On ne peut s'empêcher d’évoquer ici Paul Claudel.Les autos se pressent vers les lieux de plaisir; salonnards et mondains sont entrés à l'église pour entendre, durant quelques minutes, le P.Samson, dressé droit et pur dans la chaire “tel un saint Jean à Patlunos”.Après quoi, ils retourneront au dancing.“Les forces de sa pensée, le balancement de sa parole, l’envol de son geste balayaient comme de larges vagues toutes ces âmes incompréhensibles sans les laver et soulevaient dans une trombe d'images les cadavres en smoking et les colliers de perles, tous les noyés de la vie roulés dans la tempête de Dieu.” (La retraite aux hommes chez les Dominicains, N.R.F., 1937, p.SJ.Chie retraite chez les Dominicains, au Couvent de Stc-Sabine, à Rome, durant la Semaine Sainte; une autre au Saulchoir, dans un coin paisible de Belgique, l’amitié du Révérendissime Père Gillet ont sur lui une influence décisive.Les heures dominicaines font rejaillir chez lui la source de l’enfance*2’ ; le poète s’émeut du symbolisme de la liturgie, du tremblement des cierges, de l’odeur de l’encens.11 écrit maintenant La retraite aux hommes chez les Dominicains 1.“Ces exposition de gouaches n’étaient que des divertissements.Je ne peignais que des fleurs et pour bien marquer la modestie de ces petits tableaux, je les appelais des “autographes fleuris”.(André David, in tilt.).2.“Ma mère, entrant un jour dans ma chambre, quand j’étais enfant, me surprit à genoux; elle m’interrogea sur ce que je faisais, je lui répondis que je voulais devenir prêtre.Beaucoup qui me connaissent souriront à la lecture de ce souvenir, mais ceux qui m’ont aimé ou qui m’aiment — les uns sont morts, les autres sont rares, — savent qu’un voile superficiel masque lo gouffre de ma solitude”.(La retraite aux hommes elles les Dominicains, p.7). ANDRÉ DAVID 229 et Mon père, répondes-moi, un livre extraordinaire, réponse à toute objection possible : la grâce, le péché, le problème juif ; tout y passe.De plus il met sur pied les Conferences des Ambassadeurs dont la réputation est mondiale.Ces conférences sont, dans le domaine politique, ce qu'était les Conferences des Annales, dans le domaine littéraire et artistique.De cette tribune se sont fait entendre Edouard Herriot, Paul Reynaud, Winston Churchill, Edcn, Mauriac, Duhamel, le Cardinal Verdier, Jacques Maintain.André David nous confiait mélancoliquement qu’aujour-d'hui, cette tribune “est passée à des mains nazies.tous ceux que je n’avais pas voulu inviter parce que je croyais leur action anti-nationale, prennent leur revanche et le journal de M.de Châteaubriant, La Gerbe, hitlérien 100%, me traîne dans la boue.” En plus de diriger, chez Gallimard, la petite collection catholique blanche à croisillon bleue, il n'est pas un mouvement d’action catholique des dernières années auquel il n’ait été mêlé étroitement.Par son intimité avec les Dominicains de La Tour-Maubourg, le Père Bernadot, le Père Boisselot — aujourd’hui prisonnier —, le Père Carré, tous trois directeurs de La Tie Intellectuelle et de La Revue des Jeunes, il a ajouté aux conférences politiques, celles des Grandes Voix de Chrétienté qui firent sensation.Donc, M.David, en plus d’être un écrivain d’une culture raffinée, peintre et poète, est un homme dynamique, un homme d’action.L’Amérique doit s’enorgueillir d'avoir sur son sol des chrétiens de la trempe des Maritain, des Du-catillon, des David, des Simon, des Bernanos.Le flambeau français n’est pas éteint.Comme l’homme préhistorique, après qu’il eût découvert le feu, le faisait veiller jour et nuit, de peur qu’on le lui dérobe et l’emportait jalousement avec lui dans ses migrations et ses guerres, ces écrivains exilés sont les vestales fidèles d’une flamme qui n’est pas prête de s’éteindre.Marcel Raymond. SONNET A NELLIGAN Ne chante plus, Grctchcn, pour calmer scs névroses Plus il ne rêvera de l'heureux temps jadis Où bel adolescent créateur d'oasis Il effeuilla sa vie en pétales de roses.Voici que par un soir de novembre morose, Son cœur retentissant de sanglots assourdis A cessé de souffrir et les vers déjà dits Ne firent plus d'éclw dedans son âme close.Or, loin du monde vil, par ce mystique soir, Ainsi qu'un pèlerin tiré d'un songe noir.Il put s'acheminer vers Véternelle Athènes.Comme pour Baudelaire exorcisant le sort Précieuse et luisant au delà de la mort, Sa gloire est incrustée en ses rimes hautaines.Gilles IIénault CHRONIQUES SON EMINENCE NOUS ENSEIGNE Il faut avoir une rare énergie et une élévation d’âme peu commune, même parmi les princes de l’Eglise, pour concilier avec les soucis administratifs d’un vaste diocèse et les nombreuses obligations d’une primatie, l'effort constant que suppose une réelle fécondité de l’esprit.Etudier, penser et écrire nécessitent une solitude et une paix que certaines conditions de vie rendent bien difficiles à défendre; et je trouve admirable qu’on puisse le faire avec une souveraine aisance tout en sauvegardant les exigences de la charité qui se fait tout à tous Ce rare spectacle de magnanimité, le Cardinal-Archevêque de Québec nous le donne.Malgré leurs mérites respectifs, est-il un seul de ses prédécesseurs cpii ait témoigné d’une pareille puissance et d’une telle assiduité dans le travail de l’esprit ?Le nombre et la qualité des travaux qu’il a publiés jusqu'ici constituent un fait tel qu'il faudrait être bien aveugle pour ne pas le remarquer.Et cet enseignement à longue portée, cpii est pain et semence de pain, il le poursuit infatigablement.Voici qu’à la longue liste des ouvrages déjà parus sur les sujets fondamentaux et les exigences les plus méconnues de notre religion, il ajoutait, il y a quelques mois, deux nouvelles brochures sur les sacrements de Baptême et de Confirmation.Celle qui a pour titre Le Saint Baptême (Rites liturgiques)(U, contient trois instructions sur le cérémonial si mal compris du premier sacrement.Par l'histoire et la liturgie, Son Eminence redonne sens et vie à tout le symbolisme profond dont l’Eglise veut entourer la naissance spirituelle de ses enfants.On ne saurait exagérer l’importance de ce redressement liturgique qui refait à la vie chrétienne le cadre et l’atmosphère dont elle a besoin pour s’épanouir.La .seconde brochure qui a (1) Cardinal Villeneuve — Le saint Baptême — Kites liturgiques, volume de SO pages (Action Catholique). 232 I-A NOUVELLE RELÈVE pour titre Le .Sacrement de la Confirmation
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