Le courrier du livre, 1 juin 1897, Juin
Deuxième année.No.14.- JUIN 1897 ià.Le Courrier du Livre REVUE MENSUELLE « DE BIBLIOPHILIE ET DE BIBLIOGRAPHIE Paraissait le 25 de chaque mois U Sk • * * » PUBLIÉE PAR UN • » GROUPE DE BIBLIOPHILES CANADIENS RAOUL RENAULT, Directeur 0 * ¦ •• Æ ¦ ( « QUÉBEC RAOUI/ RENAULT Editeup-Ppoppietaire «1897 Lé Courrier du Livre REVUE MENSUELLE DE BIBLIOPHILIE ET DE BIBLIOGRAPHIE Abonnements : Un an Canada et Etats-Unis, $2.00 Union Postale, $2.40.TARIF DES ANNONCES ; .1 insertion 6 insertions 12 insertions l page.$io oo.$to oo.?.$60 oo VL “ ou une colonne - 7 50.25 00.40 00 % “ “ yt “.6 00.' 20 00.30 00 % de colonne.3 00.10 OQ.18 OO Les annonces seront insérées sur le couvert du journal où sûr des ieuiiles de papier de couleur et devront nous parvenir le ou avant le 15 du mois.Les remises devront être faites par mandats sur la poste ou par toute autre valeur payable au pair à Québbe.Toutes correspondances concernant l’administration devront être adressées à / % RAOUL RENAULT, Directeur-Propriétaire Boîte de poste, 142 ^Québec, Canada.LA PRESSE UNIVERSELLE Organe de l’Union de la Presse périodique E$eîge - « Revue Mensuelle illustrée publiée par MM.J.B.Vervliet, à Anvers, et G.Mertens, à Bruxelles, " % » Prix de l’abonnement : 4 francs pour les pays de l’Union postale ; 5 francs pour lée autres pays.Pour tous renseignements s’adresser au Directeur-Rédacteur en chef, M.J.-B.Vervliet, 61^rue du Bien-Etre, Anvers (Belgique) Tirages limités : Bibliographie de Sir James-M.LeMoine : Brochure in-8 » .avec portrait, imprimée sur papier de luxe et tirée à* 40 exemplaires numérotés.Prix : $0.50.Mémoires et documents historiques.Notice bibliographique.».Brochure in-8, imprimée sur papier de luxe et tirée à 50 exemplaires numérotés.Prix : $0.50.Faucher de Saint-Maurice : son œuvre.—Brochure in-8,.avec portrait, imprimée sur* papier de luxe et tirée à 75 exemplaires.Prix : $0.50.- .% RAOUL RENAULT, Boîte de poste, 142 quebec. LISTE DE LIVRES CANADIENS * * s HISTOIRE DE L'HOTEL-DIEU.D'fl .QUÉBEC, par l’abbé Il.-R.Casgrain.—Volume de plus de 400 -pages avec une gravure sur t acier de la Vénérable Mère fondatrice.Prix : $1.VOYAGE AU CANADA, par J.C.B.—Important pour ceux qui ¦ étudient l’histoire.Un beau volume de 275 pages.Prix : 75 centins.JOURNAL DE L’ÉDUCATION, année unique, 1881.—Ce volume contient 12 cantiques en musique.Prix : fl.HISTOIRE DE LA PAROISSE DE SAINT-AUGUSTIN, par A.Béchard.Prix : 50 centins.VŒUX DE BONNE ANNÉE, par Louis des Lys.—1 joli volume, édition de luxe.Prix : 45 centins.• VIE DE N.-S.JÉSUS-CHRIST, par le Révérend Père, Frédéric de Ghyvelde, O.S.F., Commissaire de Terre-Sainte.Cet ouvrage, approuvé et recommandé par tous les Archevêques et Evêques de la Puissance, a atteint un succès sans précédent dans les annales de la librairie canadienne.'Nous venons de terminer l’impression du dix-huitième mille.Imprimé sur papier deluxe.83 gravures hors texte.Prix : 80 contins., “ LES 14 NAUFRAGÉS DE ST-ALBAN, par le R.P.Frédéric de Ghyvelde, O.S.F.—Récit complet de la catastrophe du,27 avril 1894.Prix: 12 centins.HISTOIRE DE LA fiiLE MERE MARIE DE L’INCARNATION, première supérieure des Ursulines de la NouveUe-France, par l’abbé H.-R.Cabgrain, docteur ès Lettres.3 vols, d’environ 300 pages.Prix : fl.ROME ET .JÉRUSALEM, par M.l’abbé J.-F.Dupuis, d.t.—Un beau volume in-8.Broché, fl ; demi-reliure chagrin, $1.75.- VIE DE C.-F.PAINCH AUD, prêtre, fondateur du collège de Ste-Anne.4 par le Dr N.-E.Dionne.—Un fort volume imprimé sur papier de luxé LES NOCES D’OR DE S.E.LE CARDINAL TASCHEREAU.— Superbe volume sur papier de luxe avec magnifique portrait de Son Eminence.UNE FLÉUR DU CARMEL, par le R.P.Braun.—1 beau volume.Prix : 75 centins.„ HISTOIRE DE LA PAROISSE DU CAP SANTÉ, par l’abbé F.-X.Gatien.Prix : 5^ centins.LE BREVET DE.CAPACITÉ ET LES^CONGRÉGATIONS ENSEIGNANTES, [seconde édition], par l’honorable ThsChapais.Prix : 10 centins.- , • LES FETES COLOMBIENNES.*—Un «beau volume 'contenant les discours des Hons.MM.Routier et Chapais.Prix : 30 centins.UN MANIFESTE LIBÉRAL.Première partie : M.L.-O.David et le clergé canadien ; deuxième partie : La question des écoles du Manitoba, par P.Bernard.Deux magnifiques brochures.Prix : 80 centins.LA CAMPAGNE POLITICO-RELIGIEUSE DE 1896-97, par Jüsticia.Jolie brochure bien imprimée.Prix : 30 centihs.LEGER BROUSSEAU, 11 & 13, RUE BUADE, QUEBEC.v L’ECHO du PUBLIC -__ iiM (HQi _ * • Paraissant tous les samsdis, est un journal de publication toute récente et qui répond à un besoin universel.Fl ne contient que des questions posées par sqg lecteurs, et des réponses émanant également dés lecteurs.C’est u t merveilleux instrument d'information sur toutes choses, et qui ne tardera pa3 à se trouver dans toutes les mains.Quiconque est embarrassé par un renseignement qui lui manque sur n’importe quel sujet n’aura qu’à faire insérer gratuitement sa question dans I’Echô du Public ; dès qu’un autre lecteur aura communiqué une réponse, elle sera insérée à son tour, gratuitement aussi,-bien entendu, et l’auteur de la question aura ainsi reçu satisfaction.Littérature, Sciences.Arts, ’Commercq, Industrie, Théâtre, Vie intellectuelle, Vie mondaine, Yie«pratique, Curiosité pure, etc., etc., trouveront leu* place, au gré des lecteurs eux-mêmes, dans I’Echo du Public, dont la collection deviendra bientôt l’un des recueils encyclopédiquesJês plus curieux du monde entier.L’Echo du Public parait le samedi.Les bureaux de Y Echo du Public sont situés a Paris, 54, rue de la Victoire.*' .Abonnements d’un an, € francs ; de> six mois, d fr.50.Pour l’étranger, le port en sus 10 centimes, le numéro.L INTERMEDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX (fondé en 1864).- Directeur littéraire : M, GIRARD D.E RI ALLE Propriétaire-Gérante : Mme la Générale ITJNG, , 38, Avenue de Wasram.Le système de Questions et de Réponses sur lequel repose l’Intermédiaire est des plus simples, des plus utiles et des plus pratiques.Le but de l’Intermédiaire est en effet de prêter sa grande publicité au-travaillenr et au curieux embarrassés.Parmi les littérateurs, érudits, gens du monde, professeurs, artistes, collectionneurs de tableaux e£ d’objets d’art, bibliophiles, amateurs d’estampes et d'autographes, aiehéologues, numismates, etc., il n’est pas un travailleur qui n’éprouve, à un moment donné, ses propres lumières épuisées, le besoin de recourir à la science d’autrhi.Il a tout consulté autour de lui, ses amiai ses collections, la bibliothèque de sa ville, les sociétés- savantes de sa région ; il a écrit nombre de lettres auxquelles on n’a pas daigné répondre ; il n’a pas obtenu les rei^ci-grements qu’il désirait.C’est ipi qu’intervient VIntermédiaire.Il accueille la question qui lui est soumise, la transforme en circulaire ; il.va frapper à la porte de tous Iqs érudits, des correspondants autorisés qu’il possède en France comme a l’Etrangei* et dans l’un des numéros suivants,il apporte la solutiou tant attendue, "aussi complète, aussi satisfaisante qu’on l’exige.L’Intermédiaire parait les 19, 20 & 30 de chaque mois.# Chaque numéro est composé de quarante-huit colonnes soigneusement imprimées^en caractères elzéviriens.Le tout forme, à la finde chaque semestre, un élégant volume qui ne contient pas mpins de mille colonnes, iivec des tablés destinées à faciliter les recherches.Abonnement^ : Un an.Etranger, 18 fr.— Six mois.Etranger, 10 fr.— Trois mois.Etranger-, 6 fr.• , Le Courrier du Livre No 14.— Juin 1897.c—«-''-'2/^ ^2/^u~o—* LA BIBLIOTHEQUE DE LA LEGISLATURE LE FONDS=CHAUVEAU («) I ORIGINE DE L’IMPRIMERIE "T ’ORIGINE de l’imprimerie ne se perd pas dans la nuit des temps.On en attribue généralement la -d=^C7découverte à Jean Gutenberg, de Mayence.Ce fut vers 1398 ou 1400 que ce personnage vit le jour.En 1420, il fut forcé de s’exiler à 1^.suite d’une insurrection qui éclata dans sa ville natale.Quatorze ans plus tard, il habitait Strasbourg, où il travaillait à tailler des pierres précieuses et à polir des miroirs.En 1436, Gutenberg forma une société pour l’exploitation de certains secrets : l’un d’eux était l’imprimerie au moyen de caractères mobiles.Mais il est douteux qu’il ait employé le métal,, soit en gravure, soit en fonte.Gutenberg s’associa, en 1450,1m nommé Jean Fust, et tous deux imprimèrent sur des planches de bois fixes un petit vocabulaire et un Donatus minor (2).Puis ils détachèrent de ces planches les caractères pour les rendre mobiles.Enfin, vers 1452 ou 1453, Fust et Gutenberg trouvèrent une méthode pour fondre les formes de l’alphabet (1) Pour le commencement de cette étude, voyez le Courrier du Livre de mai, page 7.(2) Livre d’écoles. 34 LE COURRIER DU LIVRE latin, formes qu’ils appelaient matrices, et dans ces matrices ils fondaient de nouveau des caractères de cuivre ou d’étain.C’est de cette époque que date l’imprimerie, telle que nous la concevons aujourd’hui, avec en plus tous ses perfectionnements.Quels furent les premiers-nés de ce procédé nouveau ?L’incertitude est grande à ce sujet ; cependant l’on peut assurer que les Lettres d'indulgence de Nicolas V accordées en 1454 aux fidèles qui, par leurs aumônes, aidaient le roi de Chypre, Jean II, à faire la guerre contre les Turcs, ont été imprimées en caractères de fonte; que l’édition de la Bible en 640feuillets, reconnue comme la plus ancienne, a été imprimée à Mayence entre 1453 et 1455.La bibliothèque de Richelieu, à Paris, possède quatre feuillets d’un Donat imprimé sur parchemin.Mais le premier livre connu par l’indication d’une date précise, du nom, du lieu et des imprimeurs, est le Psautier de Mayence, qui sortit de presse en 1457.Ce livre, grand in-folio, regardé comme un chef-d’œuvre dans son genre, fait époque dans l’histoire de l’imprimerie.Il se compose de 75 feuillets ; il est décoré de 288 capitales ornées, gravées en bois avec une grande délicatesse, et tirées en rouge lorsque les ornements sont en bleu, et en bleu lorsque les ornements sont en rouge.La lettre capitale la plus grande se trouve sur la première page.Elle est la seule imprimée en trois couleurs, bleu, rouge et pourpre, et représente un B entouré d’arabesques, de feuillage et de fleurs ; sous un des jambages se trouve un lévrier courant après une perdrix au vol.On ne connaît que six exemplaires de cette édition.Le Psautier fut réimprimé en 1459, 1490, 1502 et 1506.Fust s’associa bientôt un nommé Schœffer, auquel plusieurs attribuent la gloire d’avoir inventé la fonte des caractères.Mais il paraît certain qu’il perfectionna plutôt qu’il n’inventa les procédés employés par Gutenberg LE COURRIER DU LIVRE 35 et Fust.Voici lenumération de leurs premiers ouvrages qui constituent la liste des doyens de l’imprimerie : 1459 :—Guilelmi Durandi rationale divinorum offi-ciorum.1460 :—Constitutiones dementis papæ V.1462 :—Biblia latina vulgatæ editionis.(Cette Bible est célèbre sous le nom de Bible de Mayence.) 1465 Cicero.—De officiis.1465 :—Liber Sextus Decretalium Domini Bonifacii papæ VIII.L’Université-Laval posède un exemplaire de ce livre antique.Je ne crois pas qu’il en existe au Canada de plus ancien ni de plus précieux.1466 :—Grammatica vêtus rhytmica.Tous ces ouvrages furent imprimés à Mayence.Fust étant mort, Shœffer continua à imprimer seul à Mayence, jusqu’en 1503.De cette dernière ville l’imprimerie fut portée à Bamberg, puis à Cologne, où un nommé Ulric Zel, calligraphe, enlumineur et écrivain, fit sortir deux petits traités de saint Augustin, l’un de Vita Christiana, et l’autre de Singularitate clericorum.Gutenberg ne produisit aucun ouvrage à Strasbourg, sa ville d’adoption.Ce fut Jean Mentelin qui, le premier, y exerça l’art typographique, vers 1465.A la mort de Mentelin, l’on sculpta une presse sur sa tombe et l’on mit l’épitaphe suivante, dont voici la traduction : “ Je repose ici, Jean Mentelin, Oui, par la grâce de Dieu, Ai le premier inventé, dans Strasbourg, des caractères d’imprimerie, au moyen desquels un homme écrira plus dans un jour qu’autrefois dans un an.” Le premier ouvrage publié avec une date par Mentelin est le volumineux Speculum de Vincent de Beauvais.Il 36 LE COURRIER DU LIVRE forme io volumes in-folio, et a été publié en trois ans, de 1473 à 1476.Ce fut encore en 1465 que des ouvriers allemands, Sweynhein et Pannarz, établirent leurs presses au monastère de Sublac, dans la campagne de Rome, et où ils imprimèrent un Donat sans date, et les Œuvres de Lactance, avec la date du 30 octobre 1465.D’autres imprimeries s’élevèrent bientôt à Rome, où, en 1475, on en comptait plus de vingt.Dans l’espace de sept ans, il s’y imprima 12,475 volumes de différents auteurs, tels que Cicéron, Saint Augustin, César, Aulu-Gelle, Saint Jérome, Platon, Virgile, Tite-Live, Pline, Ovide, Ouin-tilien, etc.L’imprimerie fut introduite en France la même année qu’à Venise, en 1469.Favorisée par Louis XI, elle s’y propagea rapidement.En 1471, l’Anglais Guillaume Caxton, ayant traduit du français en anglais le Recueil des histoires de Troye, de Raoul Lefebvre, commença à l’imprimer à Bruges, et le termina à Cologne la même année.Ce fut le premier livre qui ait été imprimé en anglais.Caxton traduisait lui-même ses livres, les imprimait, les coloriait et les reliait.On évalue à 13,000 le nombre des ouvrages publiés en Europe durant le quinzième siècle, ce qui, en les supposant tirés en moyenne à 300 exemplaires, donnerait un total d’environ 3,900,000 volumes.Les plus anciens ouvrages ont pour format l’in-folio les frères Bechtermunze publièrent à Elsville, en 1467, le premier in-quarto connu, le Vocabularium latino-teuto-nicum.Les formats in-8 et in-12 furent employés dès 1470 celui de l’in-32 ne le fut qu’en 1474 pour 1 'Officium Peatce Mariœ Virginis (Venise). LE COURRIER DU LIVRE 37 II LES INCUNABLES On donne le nom d'incunables aux livres qui sont considérés comme sortis du berceau de l’imprimerie, c’est-à-dire à ceux qui ont été exécutés dans les premières années de l’introduction de cet art dans chaque ville.Ils sont les premiers bégaiements d’une science que notre siècle a apprise et emploie couramment.Ils précèdent les beaux livres de la renaissance, et ils sont à ces échantillons de l’industrie humaine ce que l’aurore d’une journée admirable est à l’épanouissement, en plein midi, des forces et des magnificences de la nature.On leur assigne généralement comme limite ultime l’année 1500, mais quelques bibliophiles leur accordent jusqu’à 1520, au moins pour quelques-uns d’entre eux.Brunet, dans son Manuel du libraire, se montre beaucoup plus sévère, et dit qu’un véritable incunable ne doit pas dépasser l’année 1476.Quoi qu’il en soit, leur rareté et l’intérêt qui se rattache à ces premiers essais de l’imprimerie, les rendent précieux aux bibliophiles.Mais ce n’est point là en général qu’il faut chercher les éditions estimées des érudits pour les soins apportés à la correction du texte.Les premières en ce genre qui se recommandent à l’attention sont celles des Aide et des Estienne, deux célèbres familles d’imprimeurs dont nous aurons bientôt l’occasion d’étudier et d’apprécier les œuvres.Voici dans quel ordre les collectionneurs rangent les incunables : 1.Les éditions antérieures à 1470 ; 2.Celles a*vec gravures sur bois ; 3.Celles avec gravures sur métal avant 1500 ; 4.Celles sorties des presses d’imprimeurs renommés, tels que Fust et Schœffer, Mentelin, Sweynheim et Pannarz, Jenson, Aide, etc., etc.; 38 LE COURRIER DU LIVRE 5.Les imprimés où apparaissent les premiers perfectionnements de l’art typographique, par exemple le J.Nideri Prœceptorium divines Leg is (Cologne, 1472), le premier livre imprimé qui porte une signature.Tel encore le Sermo adpopulumprœdicabilis (Cologne, 1470), le premier livre portant les chiffres de la pagination.Tel enfin XOfJicium B.M.Virginis, le premier in-32, 6.Les premiers essais de l'imprimerie dans chacune des principales villes de l’Europe ; 7.Les premières éditions des auteurs classiques dont plusieurs ont autant de prix que les manuscrits ; 8.Les éditions très correctes d’ouvrages importants ; 9.Les éditions les plus remarquables par la beauté des caractères, la richesse du papier.Les incunables qui ne rentrent pas dans une de ces catégories, n’ont guère d’autre valeur que celle de la reliure.La bibliothèque-Chauveau renferme plusieurs incunables assez importants, dont l’un entre autres, Pœtœ Chris tiani en 3 volumes, a le triple mérite d’être une édition princeps pour partie, un Aide et un incunable.Examinons chacun de ces ouvrages précieux, commençant par les plus anciens.1.Saint Thomas d’Aquin.— De articidis fidei et sacramentis.C’est un opuscule tiré des œuvres de l’Ange de l'Ecole, sans lieu ni date—12 feuillets de 36 lignes— lettres gothiques—Publié probablement à Cologne entre les années 1472 et 1480.Brunet dit qu’il fut imprimé avec les caractères du Vocabulaire de 1467, 1469 et 1472.En tête on lit : Incipit sumina édita a Sancto Thoma de Aquino de articidis fidei et Ecclesiœ Sacramentis.A la fin : Explicit sumina, etc.Viennent ensuite deux alinéas qui constatent que le cardinal de Cusa, chargé de la revision des statuts de l’église de Cologne, avait prescrit la lecture de cet opuscule.M.l’abbé Verreau, qui a donné ce livre à M. LE COURRIER DU LIVRE 39 Chauveau, dans une note de sa main, conclut de l’assertion de Brunet et du fait que le cardinal de Cusa mourut en 1464, que cet opuscule fut imprimé avant 1480.D’après Brunet, un exemplaire de cette édition s’est vendu jusqu’à 100 francs.2.Pauli Orosii viri doctissimi milium ad Aurelium Augustinum—Libri VII— Venitiis.1483.Cet incunable a été donné à M.Chauveau par un M.de Lusignan qui l’avait acheté chez un bouquiniste à New-York.Outre l’autographe de M.de Lusignan, on en trouve 3 autres, dont un a été effacé ; un second se lit aiiisi : — Fr.Fulg.Sachez, probablement le frère Sachez; le troisième est de John-James Stevenson.Ce volume est beaucoup piqué des vers.Il est mêlé de feuilles blanches entre chaque feuillet, et il y a des piqûres qui ne traversent que les feuilles imprimées, ce qui prouve qu’il a été mangé des vers avant sa nouvelle reliure et non depuis.3.Saint Bernard.—Opuscula Divi Bernardi, Abba-tis Clarevallensis, Brisciœ, 1495.Petit in-quarto à 2 colonnes—lettres gothiques—majuscules enluminées.Les premiers feuillets, contenant des poésies et la table, ne sont point à deux colonnes et sont en lettres romaines.Cette édition est inconnue à Brunet et ne se trouve point décrite dans le Repertorium Bibliographicum de Hain (Dictionnaire des incunables publié à Stuttgard et à Paris en 1826).Le N° 2922 de ce dictionnaire décrit une édition qui est presque identique et a été publiée à Venise le 18 octobre de la même année.La seule différence entre la description de cette édition et celle de la présente se trouve dans les mots suivants qui terminent le N0 2922 de Hain : Impressaque per Simo-nem Divi loqua P api— Venetiis.die X VII Octobris.Cet exemplaire qui est un véritable bijou par la reliure et l’état parfait de conservation, a été acheté par MJ Archambault, principal de l’Académie du Plateau, à 40 LE COURRIER DU LIVRE Montréal, à la vente des livres de M.Adélard Boucher.Il est décrit au catalogue comme “ une très précieuse rareté bibliographique et probablement le livre le plus ancien qu’il y ait au Canada Le nom du premier possesseur de cet incunable a été effacé, malheureusement, et par-dessus l’on a écrit un autre nom qui a été aussi rayé, mais qui peut se lire comme suit : Fr s J oannis Bapta Ardnini ordinarii presbytr de Albincis : 1610.Viennent ensuite : Joseph Aould, London, 1805 ; Dawson Turner, 1821, dont les armes sont sur le plat du livre ; c’est probablement lui qui l’a fait relier ; Adélard Joseph Boucher, Montréal, July 1858 ; N.E.Archambault, 5 Oct.1869 ; H.A.B.Verreau, même date, et P.J.O.Chauveau, 14 Juin 1872.La prétention de M.Boucher se trouve détruite par les numéros 1 et 2 ci-d ssus décrits, et par le fait que l’Université Laval possède quatre incunables antérieurs au sien, à savoir: le Liber Decretalium, de 1465 ; le livre de Franciscus de Platea, de 1473 ; le Liber penitentialis, de 1480, et la Légende Dorée,.de 1483.4.Logica vulgare philosofia morale composta : E traduta, Venesia, 1498.Figures sur le titre et sur le dernier feuillet.Au bas du titre sont dessinées à la main les armes d’un cardinal.Ce joli incunable a été acheté par M.l’abbé Verreau à la vente du célèbre amateur Potier, libraire de la bibliothèque nationale de Paris, en 1871, et est décrit au N ° 424 de son catalogue.Le format est indiqué comme in-octavo dans ce catalogue, mais c’est plutôt un petit in-i 2.5.Cebetis fabula Basilii oratio ad juvenes.Un exemplaire de cet ouvrage s’est vendu 610 francs ($122) à la vente Brienne-Laire.Une note manuscrite en italien sur le premier feuillet blanc s’accorde avec ce que dit Brunet : “ Edition précieuse autant que rare : elle a été annoncée LE COURRIER DU LIVRE 41 par plusieurs bibliographes comme une production antérieure à l’année 1500, mais il est reconnu quelle est sortie des mêmes presses que l’ancien Scoliaste d’Homère, imprimé en 1517 dans le gymnase grec fondé à Rome par le pape Léon X, et que les caractères sont ceux de Calliergi.(Brunet, Manuel du libraire, col-1, col.1705.) M.Chauveau avait acheté ce livre en 1873, chez Naughton, bouquiniste à Ottawa.N.-E.DIONNE.(A suivre) L’ORIGINE DE WASHINGTON S A VE Z-VOUS l’origine de la famille Washington» qui a donné au monde le fondateur de la République américaine, l’un des soldats et des législateurs qui honorent le plus l’humanité ?Voici.Prière aux assimilateurs irlando-anglais qui liront ces lignes de les bien retenir ; car elles leur feront peut-être comprendre, plus tard, pourquoi nous refusons d’abandonner l’usage de la langue française et de renier notre origine.Plusieurs généalogistes américains, notamment M.G.-S.Weaver, D.D., qui a écrit une histoire des Présidents des Etats-Unis, font remonter l’origine dej la famille de Washington au temps de l’invasion de l’Angleterre par Guillaume-le-Conquérant.Le premier ancêtre de George Washington était un grand seigneur normand, Guillaume de Hertburn, qui prit part à l’expédition en Angleterre commandée par Guillaume-le-Conquérant.Après la conquête, le seigneur defcLHertburn se fixa dans le comté de Durham, en Angleterre.Les archives du XILmc siècle mentionnent que les descendants de ce preux chevalier échangèrent le fief de Hertburn, pour 42 LE COURRIER DU LIVRE celui du Wessyngton, dont ils adoptèrent en même temps le nom.Les de Wessyntons furent appelés aux fonctions les plus importantes de la région du pays qu’ils habitaient.En 1224 est mentionné sur la liste des “ chevaliers qui ont rendu des services au souverain, à la bataille de Lewes,” le nom de William Washington.Ici la particule nobiliaire de est laissée de côté et le nom subit une légère modification.Plus tard, les membres de cette importante famille se dispersèrent ; mais la plupart d’entre eux se distinguèrent partout où ils s’établirent.C’est vers le commencement du XVIÈme siècle que Washington ‘devint Washington.George Washington descendait en ligne directe de Lawrence Washington, de Lancashire, qui fut maire de Northampton, et qui, en 1538, reçu le don royal du manoir de Sulgrave et des terres environnantes.Sul-grave resta en la possession de la famille Washington jusqu’en 1620.C’est en 1657 que John et Andrew Washington immigrèrent dans la Virginie, où ils firent l’acquisition de terrains considérables.Augustine, petit-fils de John, fut le père de George Washington.Il était né en 1694, 37 ans après l’arrivée de son aïeul en Amérique.George Washington, l’aîné de six enfants, naquit le 2 7 février 1 732.On sait l’incomparable rôle qu’il a joué dans l’histoire des Etats-Unis. LE COURRIER DU LIVRE 43 MARIE ANTOINETTE (') O US reproduisons dans la présente livraison le portrait de la reine Marie-Antoinette.Nous croyons devoir y joindre quelques notes biogra- phiques.Mil RIE ANTOINETTE &///* /av rc/(pfc rn/tcr t- — 's ^ i u_ c i~ CUi u/ ’ > JçatfL twj/iç&m.r/d d t Publie Jirf Jeabey
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