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Titre :
Le courrier du livre
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Éditeur :
  • Québec :Léger Brousseau,1896-[1901]
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Le courrier du livre, 1899-12, Collections de BAnQ.

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COURRIER DU CAN ADI ANA : PUBLISHED MONTHLY i PUBLIE MENSUELLEMENT FRENCH AND ENGLISH ANGLAIS ET EN FRANÇAIS CANADIAN HISTORY, ARCHÆO-LOGY, BIBLIOGRAPHY, NUMISMATIC, PHILATELY AND GENEALOGY HISTOIRE, ARCHEOLOGIE, BIBLIOGRAPHIE, NUMISMATIQUE, PHILATELIE ET GENE-ALOGIE CANADIENNES SUBSCRIPTION : ABONNEMENT : Canada & United States $2.00 per year Canada et Etats - Unis $2.00 par année Postal Union.10 shilling's } Union Postale.12 francs Invariably payable in advance \ Invariablement payable d’avance QUÉBEC RAOUL RENAULT Directeur-propriétaire To be issued in April next.Q North American Notes and Queries A.MONTHLY JOURNAL - OF - Mutual and general information - Devoted to - American and Canadian History, Biography, Bibliography, Archaeology, Ethnography, Numismatic, Philately and Curiosa.Interchangeable communications byway of Queries and Replies opened to every reader.NORTH AMERICAN NOTES AND QUERIES will be to North America and the North American people what the well known London Notes and Queries are to Great Britain and Britishers.Lists of Books wanted inserted at the rate of 5 cents per line, exclusive of address ; Books for Sale or to Exchange, at the rate of 10 cents per line.i Canada and United States.$2.00 per year.SUBSCRIPTION : j postal Union.2.50 “ 10 copies will be issued on papier de luxe, uncut.8 copies opened for subscription at $5.00 per year.North American Notes and Queries will contain not less than 16 pages reading matter, will be printed on nice ancient paper, the size will be quarto.A portrait will be given in each issue.120*000 copies of the prospectus number will be printed.Further particulars concerning advertisements, etc., will be cheerfully furnished by the undersigned.RAOUL RENAULT, QUEBEC - G»m«ch». NOTES HISTORIQUES SAINT-THOMAS De A TRAVERS LES REGISTRES (1) Troisième acte du premier registre : encore un baptême, celui de Louise Prou, fille de Jean Prou, et de Jacquette Fournier.Jean Prou, l’ancêtre des Proulx de Saint-Thomas, était originaire de Monthly, évêché d’Angers.Arrivé au Canada vers 1640, il avait épousé, en 1673, Jacquette Fournier, une des nombreuses filles de Guillaume Fournier.On se rappelle que Guillaume Fournier avait fait baptiser son quatorzième enfant le 4 août ; la fille de Jean Prou fut baptisée le 15 octobre.De sorte qu’on a vu, dès les commencements de Saint-Thomas, un spectacle qu’on ne voit guère qu’au Canada, c’est-à-dire au pays par excellence des nombreuses familles : le spectacle d’enfants au maillot revêtus de la haute dignité d’oncle ou de tante.C’est ce qui a fait dire à un étranger qui a visité le pays il y a cent ans : “ J’arrive d’un pays où les oncles et les neveux sont du même âge, et où j’ai même rencontré des oncles plus jeunes que leurs neveux.” Reproduction interdite.Enregistré conformément à l’acte du Parlement en l’année mil huit cent quatre-vingt-dix-huit, par Raoul Renault, au bureau de l’Agriculture.(1) Pour ce qui a paru précédemment, voyez Le Courrier du Livre, vol.III, pp.226, 251, 423 ; vol.IV, pp.38, 92, 194.Le Courrier du Livre, Vol.IV, No 44.16 250 LE COURRIER DU LIVRE Le petit Jacques Fournier était dans ce cas.Il avait eu le rare et grand honneur de naître oncle.En effet, avant l’arrivée de sa petite nièce Louise Prou, il avait déjà deux neveux dans la personne des deux premiers enfants de Jean Prou, baptisés, le premier, Denis, à Québec, en 1676, le second, Jean-Baptiste, au Cap Saint-Ignace, en 1678, par un missionnaire, car à cette date reculée il n’y avait pas de prêtre résidant dans cette dernière paroisse.Pour expliquer ce curieux chevauchage aux personnes qui seraient tentées d’en douter, il suffit de dire que Jacquette Fournier était une des premières nées de Guillaume Fournier, et qu’elle s’était mariée à l’âge de quatorze ans.Mais il est à propos de faire remarquer, que, le roi de France, pour engager les jeunes gens à prendre femme à bonne heure et à élever de nombreuses familles, promettait des pensions aux pères de dix enfants et plus, comme en fait preuve l’extrait suivant d’un arrêt du conseil du roy, en date du premier avril 1670 : “ .en considération de la multiplicité des enfants et pour les porter au mariage, Sa dite Majesté, étant à son conseil, a ordonnée et ordonne qu’à l’avenir tous les habitants du dit pays qui auront jusqu’au nombre de dix enfants vivants, nés en légitime mariage, non prêtres, religieux ni religieuses, seront payés des deniers que Sa Majesté envoyera au dit pays, d’une pension de trois cents livres par chacun an, et ceux qu’en auront douze, de quatre cents livres ; qu’à cet effet, ils seront tenus de représenter à l’intendant de justice, police, et finances, qui sera établi au dit pays, le nombre de leurs enfants au mois de juin ou de juillet, chaque année, lequel, après en avoir fait la vérification, leur ordonnera le payement des dites pensions, moitié comptant et moitié en fin de chacune année.Veut de plus Sa dite Majesté qu’il soit payé LE COURRIER DU LIVRE 251 par les ordres du dit intendant à tous les garçons qui se marieront à vingt ans et au-dessous, et aux filles à seize et au-dessous, vingt livres pour chacun le jour de leurs noces, ce qui sera appelé le présent du roi.” (1) Plusieurs de ces pensions ont dû être payées dans la paroisse de Saint-Thomas, s’il faut en juger par les nombreuses familles qu’on y rencontre à cette époque.Le parrain de la fille de Jean Prou portait un nom qu’on ne rencontre plus dans nos parages.Il s’appelait Nicolas Sarazin (2).Sarazin, originaire de Paris, était le seul médecin du Roy en la Nouvelle-France et il recevait de ce chef six cents livres par année.Il appert qu’il a séjourné à la Pointe-à-Lacaille de 1680 à 1604.Or, je me demande ce que pouvait bien venir faire un médecin, en ces temps-là, à la Pointe - à - Lacaille ?Ce qu’il y a de certain, c’est que Nicolas Sarazin, qui s’est établi à Charlesbourg vers 1694.L’histoire ne le dit pas, mais il est probable que, vexé de voir que les gens s’obstinaient à jouir d’une santé féroce, il abandonna sa profession pour s’adonner à la culture.Cependant, en sa qualité de médecin du roy, il était tenu de donner ses services à quiconque les requerrait.Six de ses dix enfants furent baptisés à Saint-Thomas, les autres le furent à Charlesbourg.Les entrées de 1679 se bornent à ces trois actes : trois baptêmes en tout et partout.Il aurait bien étonné les colons de la Pointe-à-Lacaille celui qui leur eût dit, alors, que cette petite colonie, débutant si modestement, serait une aussi grande paroisse aujourd’hui.(1) Extrait des Registres du Conseil d’Etat.Cette prime valait bien les cent acres du gouvernement Mercier.(2) Pour plus de détails sur Sarazin, voyez sa biographie par l’abbé Bois. 252 LE COURRIER DU LIVRE Je dois faire observer, avant d’aller plus loin, que, pour toutes les années qui vont suivre, je n’entrerai pas dans des détails aussi minutieux que ceux que je viens de donner pour les trois actes de 1679.En effet, au fur et à mesure qne nous avancerons, bon nombre de noms déjà signalés, reviendront sous les rubriques de naissances, mariages et sépultures; je ne m’occuperai que de ceux qui apparaîtront pour la première fois.At.•TV -vr H5SO.—En 1680, il n’y a aucune entrée aux registres.AL- ' -7\~ 'TV KISI.—En 1681, je n’ai qu’un baptême à relever : le baptême de Joseph, sixième enfant de Pierre Blanchet et de Marie Fournier, fille aînée du fondateur de la paroisse, Guillaume Fournier.Pierre Blanchet est le premier ancêtre canadien de la grande et belle famille des Blanchet de Saint-Thomas,de Saint-Pierre et autres paroisses.Il est, nommément, l’ancêtre des deux évêques Blanchet.Je ne crois pas devoir me faire un scrupule de sortir un peu du cadre de mon sujet et dire quelques mots sur les deux évêques Blanchet.Ils étaient tous deux fils de Pierre Blanchet, cultivateur, établi d’abord à Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, et plus tard à Saint-Pierre.L’aîné, François-Norbert, est natif de Saint-François.Il fut ordonné prêtre le 18 juillet 1819, à l’âge de vingt-quatre ans.Il fut d’abord missionnaire à Richibouctou, dans le Nouveau-Brunswick, curé de Soulanges par la suite.En 1838, il allait fonder une mission dans la Colombie.Il fut LE COURRIER DU LIVRE 253 nommé, cinq ans plus tard, vicaire apostolique de l’Orégon.Le 25 juillet 1845, il était sacré évêque dans la cathédrale de Montréal.Subséquemment, l’Orégon fut érigé en province ecclésiastique et il fut nommé archevêque d’Orégon-City.Il est décédé le 18 juin 1883, à l’âge patriarchal de quatre-vingt-huit ans.Il était né le 3 septembre 1795.Son frère, Augustin-Magloire Blanchet, est né à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, le 22 août 1797.11 fut ordonné prêtre le 3 juin 1821.D’abord missionnaire aux Iles de la Madeleine et à Chéticamp, dans le Cap-Breton, il fut sacré évêque à Montréal, le 27 novembre 1846, quelque temps après sa nominatiom à l’évêché de AValla-Walla, dans l’Orégon, que le saint-siège avait érigé en diocèse l’année précédente.Il est décédé le 25 février 1887, à l’âge avancé de quatre-vingt-dix-ans.Les deux évêques Blanchet ont laissé dans l’histoire de ce pays une page intéressante et bien remplie.Mais je suis forcé, pour ne pas trop m’écarter de mon sujet, de revenir aux habitants de la Pointe-à-Lacaille.Pierre Blanchet, dont il est question plus haut, était originaire de l’évêché d’Amiens, en Picardie.Il s’était marié à Québec le 17 février 1670.Dans la famille Blanchet, le chevauchage dont je parlais tout à l’heure est encore plus accentué que dans la famille Fournier.En effet, le premier enfant de Pierre Blanchet, Pierre-Alphonse, étant né à Québec en 1672, se trouvait de sept ans plus âgé que son oncle, Jacques Fournier, le dernier enfant de Guillaume, celui-là même dont nous venons de voir la naissance en 1679.Ce phénomène s’explique par le fait que madame Blanchet était entrée en ménage à quinze ans. 254 LE COURRIER DU LIVRE C’est le seul acte important que je trouve, eu 1681, dans les registres de Saint-Thomas ; mais sur la première page du registre de la paroisse de L’Islet, (1) pour la même année, je relève la note suivante que je transcris mot-à-mot : “ Registre des baptêmes, mariages et sépultures, de toute la coste du Sud, à savoir : Villieu, coste de Lauzon, Beaumont, Ladurantaye, Cap-Saint-Ignace, Berthier, Pointe-à-Lacaille, Rivière-clu-Sud, Cap Vincelot, Bonsecours, Iles-aux-Oies et aux Grues, Rivière des Trois Saumons, Langlais, Saint-Denis, Lacombe, La Bouteillerie, et Rivière-du-Loup, à commencer du premier janvier 1681.Cette note, que j’ai découverte par hasard, complique mes travaux de recherches pour l’année 1681, et je me trouve, éloigné des sources et dépourvue de notes suffisantes, dans l’impossibilité de relever du registre de L’Islet ce qui a trait à Saint-Thomas.La paroisse de Langlais mentionnée dans la citation ci-dessus est aujourd'hui Kamouraska.La légende rapporte qu’un jour un transport anglais fit naufrage vis-à-vis Kamouraska et qu’un enfant d’une dizaine d’années fut sauvé parles habitants de l’endroit.Comme on ne le comprenait pas, parce qu’il parlait l’anglais, et qu’on ne savait pas son nom, on l’appela fen sais rien dit VAnglais.Ce serait là l’origine de la nombreuse famille des Langlais que nous avons au pays.Le premier ancêtre de cette famille, Jean Sérien dit VAnglais s’allia à une Canadienne, et ses descendants s’appelèrent par la suite Langlais ou Langlois tout court.Ce n’est là qu’une légende, appuyée sur aucun document historique que je sache.Cependant, toute problématique qu’elle puisse être, elle n’en mérite pas moins d’être conservée.(1) Les registres de la paroisse de L’Islet ont été ouverts la même année que ceux de Saint-Thomas. LE COURRIER DU LIVRE 255 Vous serez peut-être curieux de savoir quelle était, à la fin de cette année de 1681, la population de cette petite bourgade, qui devait être, à deux siècles de là, la populeuse paroisse de Saint-Thomas de Montraagny.Eh bien ! d’après le recensement de 1681, il n’y avait à cette date, en tout et partout, que soixante et deux âmes à la Pointe-à-Lacaille ! Voici d” ailleurs l’intéressante liste de ces premiers colons que nous pouvons appeler à juste titre les fondateurs de la paroisse : Guillaume Fournier ; Françoise Hébert, sa femme ; 8 -enfants.Alphonse Morin ; Marie Normand, sa femme ; 5 enfants.Jean Prou ; Jacquette Fournier, sa femme; 4 enfants.Nicolas Sarazin ; Marie Blondeau, sa femme ; 1 enfant.Jean Rolendeau ; Marie Thibault, sa femme.Pierre Blanchet ; Marie Fournier, sa femme ; 5 enfants.Pierre Joncas ; Jacqueline Boulé, sa femme ; 3 enfants.Jacques Pozé ; Marie Jobidon, sa femme ; 6 enfants.Robert Gaumond ; Louise Robin, sa femme; 2 enfants.Geneviève Després, (veuve de Louis Couillard) ; 3 enfants ; 1 domestique.Récapitulation : 22 adultes.40 enfants.On remarquera que sur les onze femmes que je viens de nommer, cinq portent le beau et harmonieux nom de Marie.En parcourant les registres, j’ai constaté que dans presque toutes les familles, il y avait une Marie.En ces temps-là, les noms les plus en faveur étaient les noms des saints les plus vénérés.On aimait à donner aux filles les noms de Marie, Anne, Ursule, Françoise, Geneviève, etc.; aux garçons, ceux de Joseph, Louis, Jean, Pierre, Jacques, etc.La mode, qui fait faire tant de sottises en ce bas monde, la mode veut que 256 LE COURRIER DU LITRE de nos jours on affuble les enfants de noms empruntés aux romans.La plupart du temps ces noms sont fabriqués par le romancier pour caractériser les héros qu’il met en scène.Heureusement que la mode ne fait pas loi partout, et qu’il y a encore nombre de mères de familles aux yeux de qui les noms des saints du calendrier valent infiniment mieux que ces noms romanesques et souvent insipides que l’on défigure toujours de la façon la plus ridicule., Fermons cette courte parenthèse et continuons notre excursion dans le domaine de l’état civil de Saint-Thomas.1682.—Rien d’important à relever en 1682.1683.—En 1683, à la date du 8 août, je trouve le baptême de Marguerite, enfant de Paul Dupuy et de Jeanne Couillard.Jeanne Couillard était fille de Louis Couillard, premier seigneur du fief de L’Espinay.Paul Dupuy était officier dans le brillant régiment dè Carignan-Salières.Il était natif de Notre-Dame du Pommier, évêché d’Arles.Marié à Québec en 1688, il vint en 1673 à l’He-aux-Oies, dont il était devenu le seigneur.Il fut successivement procureur du roi et lieutenant général de la prévôté à Québec, poste important qu’il occupa jusqu’à sa mort, arrivée le 21 décembre 1713.Trois de ses enfants furent baptisés à l’Ile-aux-Oies : Louis, en 1673 ; Geneviève, en 1675 ; Marie, en 1679.Cette dernière entra au couvent des Ursulines, et est connue sous le nom de sœur de l’Enfant-Jésus.La dernière de ses enfants, Louise-Madeleine, fut baptisée à Québec le 14 mai 1693, et LE COURRIER DU LIVRE 257 eut pour parrain le gouverneur d’alors, M.de Frontenac.Il serait à propos, je crois, de placer ici un mot sur le compte de Frontenac* Louis de Buade, comte de Palluau et de Frontenac, a été gouverneur de la Nouvelle-France à deux reprises différentes, de 1672 à 1682, et de 1689 à 1698.Les principaux événements de son administration sont : la construction du fort Frontenac, à Cataracouy, aujourd’hui la ville de Kingston, dans Ontario, (1673) : les explorations de Joliette, du P.Marquette et de La Salle sur le Mississipi, (1673) ; les disputes qu’il eut avec les autorités religieuses au sujet de la vente de l’eau-de-vie aux sauvages, dissentiments qui occasionnèrent son rappel en 1682.Le trait caractéristique de sa carrière est assurément la noble et hère réponse qu’il fit à l’envoyé de l’amiral Phipps qui venait pour s’emparer de Québec.Il dit au héraut de Phipps qui lui demandait ce qu’il allait rapporter à son chef: Je répondrai à votre amiral par la bouche de mes canons.Cette réponse altière est restée légendaire, et elle sera désormais attachée au nom de Frontenac.Il usa de stratagèmes pour faire croire au héraut de l’amiral anglais que Québec était mieux défendu qu’il l’était réellement.Frontenac est mort à Québec le 28 novembre 1698 et il a été inhumé dans l’église des Récollets, à Quebec.Il est considéré, malgré ses erreurs de jugement, comme le plus éminent gouverneur de la Nouvelle-France.Un des nombreux enfants de Paul Dupuy, (il en eut treize), se distingua dans l’armée coloniale et on cite de ce brave officier le trait suivant : Pendant la guerre de 1708 entre la Nouvelle-France et les colonies anglaises de la Nouvelle-Angleterre, le jeune Dupuy ayant fait prisonnière la fille d’un juge anglais, poussa la 258 LB COURRIER DU LIVRB galanterie jusqu’à porter sur son dos, pendant plusieurs jours, sa jeune prisonnière.Lorsqu’il arriva à Montréal avec son agréable fardeau, toute la ville lui fit une brillante ovation.Paul Dupuy est l’ancêtre des Dupuis de Saint-Thomas, de Saint-Koch des Aulnais et d’ailleurs.Cette même année (1688), la première fosse s’ouvrit au petit cimetière de la Poitite-à-Lacaille, pour recevoir les restes mortels de Marguerite Dupuy, enfant de Paul Dupuy, avec qui nous venons de lier connaissance.La date de sépulture est du 25 août.1084 et 1085.—Rien d’intéressant à relever pour les années 1684 et 1685.1080.—L’année 1686 vit se célébrer la première bénédiction nuptiale : le mariage de Jacques Boulé et de Françoise Fournier, dixième enfant de Guillaume Fournier.Jacques Boulé était le fils de Robert Boulé et de Françoise Grenier venus de France vers 1660.Il vint s’établir à la Pointe-à-Lacaille vers 1684.Il est mort à Saint-Thomas le 24 mars 1707.Il est l’ancêtre des Boulet de Saint-Thomas, du Cap Saint-Ignace, de Saint-Pierre et d’ailleurs.Cette famille, comme celles des Couil-lard et des Fournier, s’est énormément multipliée.1087 et 1088.—Les années 1687 et 1688 ne présentent aucun nouveau nom à citer.1080.—En 1689, le second mariage : celui de Pierre Bernier, fils de Jacques Bernier surnommé Jean de Paris, avec LB COURRIER DU LIVRB 259 Françoise Boulé, fille de Robert Boulé dont je viens de vous parler.Presque tous les Bernier de la province de Québec descendent de cette famille dont les membres s’établirent à Saint-Thomas, au Cap Saint-Ignace et dans les environs de Québec.Sur cet acte ont comparu comme témoins Pierre Caron, Louis Couillard de l’Espinay, Jacques Couillard Desprès et Pierre Joncas.Comme ou le voit, ce fut un mariage fashionable, puisque deux des seigneurs de l’endroit y assistèrent.Pierre Caron, l’ancêtre des Caron de Saint-Thomas, était le fils de Robert Caron, et de Marie Crevet, venus au pays vers 1660, Robert Caron est mort à l’Hôpital-Général de Québec en 1656.Sa veuve épousa, dix ans plus tard, Hoel Langlois, pilote royal.Pierre Caron eut huit enfants qui s’allièrent aux principales familles d’alors.L’acte de baptême d’une de ses enfants a été enregistré dans les registres de Saint-Thomas, de L’Islet et de la Pointe-aux-Trembles de Québec (1).Un de ses cousins, François Caron, établi à Sainte-Anne de la Pocatière, se « noya vis-à-vis Berthier, avec sa femme et quatre autres personnes.Ils revenaient de Québec en goélette lorsqu’ils furent surpris par une violente tempête qui les poussa dans l’anse de Berthier où ils firent naufrage le 4 novembre 1733 (2).Pierre Joncas dit Lapierre, qui a également fait souche à Saint-Thomas, était originaire de l’évêché de Lombès, en Gascogne.Il avait épousé une des filles de Robert Boulé, (1) u Ces entrées doubles et triples se rencontrent plusieurs fois à eette époque ” dit l’abbé Tanguay.Elles s’explique par le fait qu’un grand nombre de paroisses étaient desservies par le même missionnaire.(2) Les autres personnes qui périrent avec eux étaient : Françoise Boerie, Marie-Joseph Bourassa, épouse de Louis Bossé, Marie Lubeau, épouse d’un noînmé Marois, et Jean Labranche.Ils furent tous inhumés le lendemain dans le cimetière de Berthier. LE COURRIER DU LIVRE 260 Jacqueline.L’aîné de ses trois enfants Pierre, né le 14 octobre 1673, a été trouvé pris dans une trappe à ours et inhumé à Saint-Thomas le 22 août 1704.Cette même année, je relève le mariage de Dominique Regault ou Rouau, avec Louise Gaumont.Regault était natif de l’évêché de Saint-Brieux.Une branche de ses descendants, précisément celle qui survit à Saint-Thomas, n’est plus connue, depuis longtemps, que sous le nom de Dominique, le nom de baptême de l’ancêtre ayant été changé en nom de famille.Ces changements de noms étaient assez fréquents dans les premiers temps de la colonie.Louise Gaumont était la tille de Robert Gaumont, natif de Paris, et de Louise Robin, de l’évêché de Contances, en Normandie.Robert Gaumont est le premier de ce nom qui soit venu au Canada, et il est l’ancêtre direct des Gaumont de Saint-Thomas, de Berthier, de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud et d’ailleurs.Il vint au Canada vers 1660.Il se fixa d’abord au Château-Richer, puis ensuite à Saint-Thomas, où il fut inhumé le 16 novembre, 1703.» Je relève encore en 1689, le baptême de deux enfants sauvages.Ce fait se reproduit pendant plusieurs années consécutives, à partir de cette date.Ces pauvres enfants des bois, chassés de leurs bourgades par la faim ou la guerre, erraient souvent, à cette époque, par petites troupes autour des nouveaux établissements, en quête d’un refuge temporaire ou d’une bouchée de pain.Ils faisaient baptiser leurs enfants à l’endroit où, au cours de leurs pérégrinations forcées, ils rencontraient un missionnaire.Entre parenthèses, ce serait une histoire intéressante à écrire, que celles de toutes ces nations sauvages qui furent alliées au Français, et qui leur portèrent souvent» de si appréciables secours.Leur déchéance et leur démembrement ren- LE COURRIER DU LIVRB 261 ferment plus d’une leçon salutaire que nous devrions mettre à profit.1690.—Rien à noter en 1690, si ce n’est la mort d’un nommé Jean Martineau, mort de froid, disent les registres.1691—C’ est en 1691 que fut célébré le premier mariage vraiment fashionable, le mariage de Jacques Couillard, sieur Desprès, seigneur de L’Islet et de Saint-Jean-Port-Joli, fils de Louis Couillard, sieur de l’Espinay et seigneur de Saint-Thomas, avec Elizabeth Lemieux, fille de Guillaume Lemieux et de Elisabeth Langlois, originaires de Paris, et fixés dans le temps au Cap Saint-Ignace.Guillaume Lemieux est l’ancêtre des Lemieux du Cap Saint-Ignace et de l’Islet, et probablement aussi de la seule famille Lemieux que nous ayons à Saint-Thomas.Les descendants de Jacques Couillard ont pris le nom de Desprès qu’ils ont toujours porté depuis.En cette même année 1691, fut baptisée Marguerite Henriette, enfant de Denis ILurette ou Huet dit Laviolette, et de Marie-Anne Dupont.Les descendants de Denis Hurette qui fit souche à Saint-Thomas, prirent dans la suite le nom de Rochefort ; ils ne sont plus connus aujourd’hui que sous ce nom.Denis Hurette était originaire du diocèse de Chartres.1693.—Rien à signaler.1693.—Baptême de Louis, enfant de Jean François Langlois et de Geneviève Rousseau.Jean Langlois, l’ancêtre des Langlois de Saint-Thomas, était le petit-fils de Hoël Langlois, pilote royal, arrivé au pays vers 1634, et premier seigneur du fief de Saint-Jean-Port-Joli.Geneviève Rous- 262 LE COURRIER DU LIVRE seau était la fille de Thomas Rousseau, originaire de Poitiers, et de Madeleine Olivier, de Rouen.Thomas Rousseau est arrivé au pays vers 1660.En 1667, il épousait à Québec, Madeleine Olivier.Il est apparemment demeuré à Québec jusque vers 1669.Il se fixa ensuite à l’Ile d’Orléans.D’après les registres, tous ses enfants furent baptisés soit à Sainte-Famille ou à Saint-Laurent.Il épousa, en secondes noces, François-Charlotte Bélanger, veuve de Jean Langlois dit Boisverdun, père de Jean-François, qui vient de faire baptiser un entant.De sorte que Françoise-Charlotte Bélanger, tout en étant la mère de Jean-François Langlois, devenait aussi sa belle-mère en épousant Thomas Rousseau, et Thomas Rousseau était alors doublement beau-père de Jean Langlois : il était d’abord son beau-père parce qu’il lui avait donné sa fille, et il devenait encore son beau-père en épousant sa mère.Ce curieux phénomène se rencontre assez rarement, pour qu’il mérite d’être signalé.Il est vrai que j’ai pris toute une soirée à déchiffrer cet enchevêtrement inusité.Je serais porté à mettre en doute les faits étonnants que je rapporte, si, aidé du Dictionnaire Généalogique de Mgr Tanguay, je ne m’étais pas convaincu de leur authenticité, après m’être creusé la tête assez longtemps pour en arriver à la solution de ce dilemme.Deux autres de ses enfants épousèrent des habitants de Saint-Thomas : Marguerite, mariée à Pierre-Noël Morin, fils d’Alphonse, en 1696 ; et Louise, à Jean-Baptiste Prou, fils de Jean, 1701.Les membres de cette famille étaient évidemment destinés à s’allier entre eux.Je constate, en effet, que plus tard, en 1768, un nommé François Rousseau épousait, à Saint-Thomas, Marie-Claire Langlois.Ce Rousseau était arrivé à Québec en 1752, mousse sur le Davire du capitaine Vincelot (1) qu’il (1) Ce Vincelot était le même qui possédait une seigneurie au Cap Saint-Ignace. LE COURRIER DU LIVRE 263 déserta.11 se retira chez François Gosselin, “ syndic de la nouvelle église de Saint-Thomas ” (1).Thomas Rousseau est l’ancêtre canadien de feu M.le curé Rousseau, de Saint-Thomas de Montmagny.La même année, mariage de Arnoult Lavergne, avec Marguerite Daniau, dont on a fait plus tard Dagneault ou Dai-gnault.Arnoux Réné Lavergne était fils de François Lavergne, originaire de l’évêché de Limoges, et fixé à Beaumont.Il est le chef de la famille des Renaud dit Lavergne.Le surnom de Renaud, dit l’abbé Tanguay, a pour origine le nom de baptême Arnoult, transformé en nom propre.Le mariage d’une des petites-filles de Arnoult Lavergne, avec Pierre Fontaine, fut annulé par ordre de l’évêque, treize ans après sa célébration, le 25 mai 1765 (2).Marguerite Daniau était la fille de Jean Daniaux, originaire de Poitiers, et de Marie-Louise Michault, de l’évêché de Sens.Daniaux est l’ancêtre des Dagneault de Saint-François et de Saint-Michel.1604.—Mariage de Marthe Côté avec Louis Couillard de l’Espinay.Marthe Côté était la fille de Louis Côté, capitaine de la Côte du Sud, qui, après avoir résidé quelque temps au Cap Saint-Ignace, vint s’établir à Saint-Thomas.Louis Côté était le petit-fils de Jean Côté, le premier de ce nom au Canada, qui avait épousé à Québec Anne Martin, fille d’Abraham Martin, premier propriétaire des historiques plaines d’Abraham.Jean Côté fut inhumé dans l’église de (1) Registres des Procès-Verbaux de VArchevêché de Québec, cités par l’abbé Tanguay, dans A travers les Registres.(2) Le mariage de Pierre Fontaine avec Marie-Marguerite Lavergne, célébré le 23 octobre 1752, est aujourd’hui déclaré nul, propter fœminœ impotentiam.Registres de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, 25 mai 1765. 264 LE COURRIER DU LIVRE Québec en 1661.Il est l’ancêtre des Côtés de Saint-Thomas et ses descendants se sont alliés, sur différents points du pays, aux meilleures familles canadiennes.—Rien à relever.10Î&6.—Baptême de Marie-Anne, enfant de Joseph Rolan-deau, et de Marie Thibault, fille de Michel Thibault, établi à Saint-Augustin.Jean Rolandeau, l’ancêtre de la famille Rolandeau, qui existe encore à Saint-Thomas, était originaire de l’évêche de LaRochelle.1697 à 1701—Les années 1697 et les suivantes jusqu’à 1701, ne présentent rien qui puisse intéresser, si ce n’est le baptême d’un enfant d’Yves LeBechecq.Yves LeBechecq eut trois enfants au Canada.Ils furent tous les trois baptisés à Saint-Thomas.Il est apparemment repassé en France dans l’année 1706, car son nom disparaît entièrement des actes à cette date.1701.—Avec l’année 1701 s’ouvre pour la colonie de la Pointe-à-Lacaille une nouvelle ère.Cette aunée-là, en effet, vit l’organisation d’une fabrique : un progrès qui indique que la population s’était rapidement accrue.C’est Jean Langlois, que nous avons rencontré il y a un instant, qui a eu l’honneur d’ouvrir la liste des marguillers en charge de Saint-Thomas de la Pointe-à-Lacaille.Je donnerai dans un autre chapitre une liste complète et annotée de tousles successeurs de Jean Langlois jusqu’à nos jours.Je donnerai en même temps la liste encore plus intéressante de tous les curés depuis le premier missionnaire, M.l’abbé Thomas Morel. LE COURRIER DU LIVRE 265 On aurait tort de croire cependant que la nouvelle fabrique eut des millions à administrer.Pour donner une idée du champ de ses opérations financières, il me sufiira de vous apprendre, entre parenthèses, qu’en 1702, les recettes atteignèrent l’énorme somme de cent trente-deux francs, soit à peu près vingtt-cinq piastres de notre monnaie, et les dépenses, cent deux francs, un peu moins de vingt piastres, si l’on compte le franc à sa valeur actuelle, c’est-à-dire dix-neuf centins.Mais revenons aux registres, nous nous occuperons plus loin de tous ces détails intéressants.[A suivre.) RAOUL RENAULT.CANADIAN AFFAIRS 1827-1839 ONE SIDE OF THE QUESTION Copy of a Letter sent to the editor of “ The Canadian, British American, and West Indian Magazine.” (1) AS the affairs of Canada will soon occupy the attention of the Imperial Parliament, I hope it will not be intrusion on my part to give a political sketch of its affairs since 1827, which time is considered as the most interesting period (1) The Canadian, British American, and West Indian Magazine, \o 1.1, No.V, p.210. 266 LB COURRIER DU LIVRE of Canadian politics, being the first link of the chain of events which ended in the late unfortunate disturbances.Born in the country which was the scene of those events, having been myself an actor in opposition to those of my deluded countrymen who brought them on, and being one of the few of French origin directly interested in the future welfare of my country, placed in a position to raise my voice in its favour, while distance prevents theirs being heard, these and other considerations will, I am sure, be a sufficient excuse for my undertaking a task to which I confess myself to be unequal, but which the duty 1 owe my country impose upon me, so that without any further apology I beg your indulgence, and that of the public, in a cause which is of the highest importance, as it involves the fate of one of the most interesting parts of her Majesty’s dominions.I shall confine myself to the mere recital of events, so as to assist the judgment, and as the most efficient mode of aiding those interested with the discussion and adoption of measures for the future government of the Country, in the discovery of the origin and cause of the late troubles, and preventing their occurrence.But one opinion prevails as to the critical state of Canada, and it is much to be regretted that the same unanimity does not prevail with regard to the measures to be adopted as a remedy for present evils ; a part of the subject, however, which will naturally come under future consideration.In 1827, the people of the country having just grounds of complaint of the local government, sent a deputation to lay their grievances before the Imperial Parliament, in petitions bearing 87,000 signatures.These petitions represented in a temperate manner the real grievances under which the province was labouring from different causes, and expressing, at the same time, opposition to any change in the then consti- LE COURRIER DU LIVRE 267 tution, the enjoyment of which was considered as the greatest boon.Never did such unanimity prevail, and never was the true state of things better understood and stated.The proceedings were followed by the appointment of a committee of the House of Commons, to inquire into the matter of those complaints.This committee, distinguished as much by the ability of those who composed it as by its disposition to do justice to the country whose fate was entrusted to their care, made a report which was tailed with the greatest joy by all true friends of Lower Canada ; which the House of Assembly, which at that time was the faithful expression of the feeling of the people of that province, eulogized in the highest terms, and declared to be an imperishable monument (1).Never was the true state of the country better known, and it was impossible to doubt the good disposition evinced by the parent state toward the colony.The first step toward» the redress of grievances looked for, was the recall of Lord Dalhousie, a nobleman of whom it may be said that he was worthy to lead in a better cause than that which he had been induced to espouse.Sir James Kempt succeeded him in 1825.During his administration numerous dispatches were communicated by him to the house, in which the Imperial Government persevered in the declarations made with respect to the report of the House of Commons, and showed its willingness to further the views therein expressed.On the other hand, the House of Assembly continued its acknowledgements of these dispositions, and the Civil List, which had been refused under the preceding administration, was voted.Sir James was recalled after a short administration ; the most striking feature of which was, that he left in good (1) See the answer of the House to the Governor’s speech at the opening of the Session of 1828. 2b8 LE COURRIER DU LIVRE terms with the Assembly ; few of his predecessors and none of his successors having had the same advantage.Lord Aylmer succeeded him in 1830.The beginning of his administration equalled, if not surpassed in harmony, that of his predecessor.It was nothing but an exchange of civilities between the Executive and the Assembly, aud in the latter nothing else almost was spoken of hut the good intelligence which it was desired should subsist between the different branches of the legislature.It was then also that the House protested in the most energetic manner against any change in the Constitution, which intact uninfringed it was wished to transmit to posterity (1).Subsequent events, even during the session in which those declarations were made, were little calculated to support the sincerity of those by whom they were made.For never did discord prevail more, never was the constitution so assailed as at that period.The mania of elective institutions gained every one ; nothing but an elective council would satisfy the people, and resolutions to that effect were adopted in the assembly, two months after the above'protestation, and afterwards in 1833 (2).A committee appointed to take into consideration the supplies resolved to refuse them,—“ two years having elapsed, and the most important recommendations of the Canada committee not having had effect,” (3) and a petition expressing those views was adopted.(4) It will not be improper to remark that these measures were carried by majorities of only two and six votes.I must not forget to mention here two important events which happened under this administration ; one of the principal source (1) Ditto, ditto, of 1831.(2) See Journals of the House of 12th March, 1831, and 14th March, 1833.(3) Ditto, ditto, of 7th March, 1831.(4) Ditto, ditto, of 12th ditto, ditto. LU COURRIER DU LIVRE 269 of the differences between the Government and Assembly, and the other intimately connected with the first.I allude to the affair of the 21st of May; and the expulsion of the Honourable D.Mondelet from the Assembly.The first of these events is so well known that it would be useless for me to enter into any of its details ; it is sufficient to say that it was the subject of an inquiry which cost thousands of pounds to the province, without any result, save and except that of creating agitation among the lower class of population, in attempting to induce them to revenge the blood shed by their own fault, and while they were preparing .schemes which would cause more of that blood to flow, for the mere satisfaction of satisfying the ambition of their leaders.The second furnishes one instance among numerous others of the degree of levity and party spirit which had, for some time back, characterised the proceedings of the Assembly.It had been one of the subjects of complaint of the petitions of 1827, that French Canadians were excluded from offices, and among others from the Executive Council, to remedy which the Canadian Committee had recommended a different course for the future, and in furtherance of this recommendation M.Panet (now a judge) had been called to the council.This selection was approved, and the House did not consider it incompatible with his seat as a Member, although before them, that is, in February, 1831, it had declared by resolutions (the Council having refused to concur in a law to that effect), that the seat of Members accepting offices of profit would be vacated thereby.M.P.having been promoted to the bench, Lord Aylmer called M.I).Mondelet, then a Member for the County of Montreal, to replace him in the Council.But as this gentleman had refused to take a share in the 21st May business, in the same sense as the agitators under Papineau’s influence, he was expelled the House, in spite of the precedent of M.Panet’g 270 LE COURRIER DU LIVRE case.(1) The Governor having declined to issue a new writ for the County of Montreal, incurred thereby the further displeasure of the House ; the war they were waging against him on account of his having refused to allow himself to be led by Papineau with regard to the 21st May business, increased in fury, and they attacked him with the most disgraceful bitterness.(2) Had it been possible to doubt the favourable disposition of the mother country towards redressing the real grievances of the colony, Lorn Goderich’s despatch of the 9th July, 1831, in answer to the address of the House of the Assembly of the 16th March, communicated by Lord Aylmer, must have dissipated all uneasiness ; for having entered in the most minute details into the different heads of complaint therein enumerated, his Lordship proceeded to the remedy, expressing his willingness to afford redress so far as the power of government extended, and to co-operate with the Assembly in any measure it might think proper to adopt, with regard to such grievances as could be remedied only by the legislative authority of the colony.Had the Assembly, or rather the few individuals who then took the lead there, acted in pursuance of the recommendations of the dispatch, the whole of the grievances would have been disposed of at once.But unfortunately this was not the object of the party, headed by a man whose talents had been more than once employed with advantage to his country, but who has turned the influence so acquired to such fatal account, and involved his country in ruin to satisfy the cravings of his ambition.But I am not disposed to indulge in abuse against one who is now atoning for his folly in a foreign country, whose name (1; See Journals of the House of 24th Nov., 1832.(2) After the unfortunate occurrence of the 21st May, Papineau wrote a letter to Lord Aylmer, dictating the manner in which he ought to act on this occasion.Lord A.politely declined his kind advice. LE COURRIER DU LIVRE 271 is now cursed in the land where not long ago it was revered.Nothing, therefore, was done to profit by the friendly dispositions of the government at home, and instead of availing themselves of the important concessions accorded and promised, the attention of the assembly was directed to the search for new grievances, and the succeedings sessions, from 1832, were thus wasted, until the mass of grievances had been swelled to such dimensions that the verbose volume of the famous 92 resolutions was found not ample enough to contain the whole, and it was deemed expedient to announce that a supplementary catalogue of more should appear hereafter.There can be no doubt that Papineau and some of his friends contemplated a change in the institution of his country, and that not being satisfied with the mere title of Speaker of the House, where he had latterly degraded himself in public estimation, by his indecent scurrility and outrageous vehemence, his views were pointed to some higher station to which, under a different system, he might certainly have attained, for he was then the “Man of the people” (V homme du peuple).Events will show hereafter whether my assertions are well founded or not.I shall not enter into the detail of the 92 resolutions which were never read b7 the tenth part of those who approved, nor understood by the tenth of those who read them.They were adopted in February, 1834, by a rate of 56 against 24.The passing of these resolutions determined the final separation of those who until then had been engaged in the cause of reform with their movers.The opposition to these resolutions was founded, not upon the non-existence of grievances altogether, but of their existence only in part, that others remained only because the Assembly itself had not applied the remedies in its own power, that sufficient time had not been allowed for the redress of othes by the Imperial 272 LE COURRIER DU LIVRE Government, and that the language used was disrespectful towards the authorities, who, far from being arbitrary and oppressive as asserted, had at all times shovced the most anxious inclination to do justice to the country, and the Assembly itself had been forward to acknowledge on varions occasions.Above all things they protested against any change in the constitution of the country, by applying the election system to the Legislative Council.However, the agitators who had thus carried their point in the Assembly, spared no pains in agitating the country, and the elections which took place in October, 1834, gave them the best opportunity to further their views.Few of those who had opposed the 92 resolutions were returned.Men the most distinguished by talent and genius were replaced, in most cases, by parties of the lowest and most ignorant stamp, but devoted to Papineau, so that the new Assembly may be said to have been completely under his controul.Nor is this result to be wondered at, for the confidence of the people naturally followed men whom Government at home seemed to encourage by the patronage conferred upon them, and by offices which were so frequently given only to those who had systematically been agitators, if not something worse.In fact agitation was at a premium, and those who since have turned out traitors and rebels, might or would have been the favoured of the Government but for .the outbreak.(To be continued.) LE COURRIER DU LIVRE 278 LETTRES ET DOCUMENTS AUTOGRAPHES vni Lettre autographe signée de Sir E.- P.Taché, à F.- M.Derome.(1) Toronto le 15 Décembre 56.En confidence Mon cher Mon s1 Vous ayant fait part l’été dernier de mes vues au sujet de la position de l’administration et de mon intention de dissoudre l’assemblée législative vers le mois de Janvier prochain, il est juste que je vous mette au fait des changements qui sont survenus depuis l’époque où je vous fis mes confidences.D’abord l’opinion publique dans le Haut-Canada est maintenant beaucoup plus favorable à l’administration qu’elle ne l’était alors.Je ne parle que du ITaut-Canada puisqu’il est vrai que le Bas-Canada jusqu’ici n’a pas fait défaut au gouvernement.Bon nombre de Journaux qui étaient dans l’opposition l’été dernier appuient aujourd’hui l’administration.Brown a été défait à maintes reprises et grand nombre de ses partisants lui ont tourné le dos.Cependant tout cela n’aurait pas changé mon opinion si d’autres circonstances n’étaient venues ajouter leur poids à ce revirement de l’opinion publique, attendu qu’un gouv‘ ne se soutient pas seulement de l’opinion extérieure mais bien de celle qu’il rencontre en dedans des murs du parlement.Ce n’est donc qu’après des assurances formelles, de la part de mes collègues du Haut- Ci) L’original de cette lettre est en ma possession.3 p.in-8____R.R. 274 LB COURRIER DU LIVRE Canada, et de preuves écrites qu’un certain nombre de ceux du parti “ Cleargrit ” qui nous ont tourné le dos durant la dernière session se réuniraient de nouveau sous la bannière du Gouv1 que j’ai pu consentir à rencontrer les chambres avec une assemblée législative en partie désorganisée et démoralisée à mes yeux.Voilà en peu de mots une partie des raisons qui m’ont engagé à ne pas insister sur une dissolution.Cependant si les promesses que l’on m’a faites ne se réalisent pas mon intention n’est pas de législater avec une majorité de quatre voix; c’est entendu entre nous, le cas échéant, que je devrai placer mon portefeuille à la disposition de Son Excellence.J’ai cru devoir vous donner tous ces détails afin que vous puissiez vous expliquer ma conduite.D’ailleurs vous êtes la seule personne—à l’exception de l’Honb.M.Quesnel mon ami intime—à qui j’ai communiqué ma pensée sur la position du Gouv‘ et je l’ai fait comptant, sur votre entière discrétion.En terminant je ne dois pas oublier de vous dire que s’il se présente quelque chose de nature à pouvoir vous être personnellement avantageux, vous pourrez compter sur mes bons offices.Il est bien question un peu d’apporter des changements à la publication des rapports judiciaires ; mais la chose n’est pas encore assez mûrie pour que je vous en parle avec certitude.Veuillez me croire cher Monsr Votre obéissant Serviteur E.P.Taché.F.M.DeRome, Ecuyer à Quebec. LE COURRIER DU LIVRE 275 BIBLIOGRAPHIE CANADIANA-AMERICANA BUFFALO JONES’ FORTY YEARS OF ADVENTURE.Compiled by Colonel Henry Inman.Topeka, Kansas, Crane & Company, 1899.8vo., cloth, XII-469 p., 32 full-page illustrations.Price, 82.00.For forty years Col.C.J.Jones, better known as “ Buffalo Jones,” has been a character absolutely unique, even to the West.No man in the West has led a more adventurous and stirring life than he.Through it all there has been a tinge of delightful romance.To preserve the almost extinct Buffalo, or American 'Bison, and other wild animals of North America, has been a dream that has led this dreamer on his romantic and chivalrous mission from the Gulf of Mexico to the Arctic regions.The present generation can hardly be expected to realize and appreciate his self-appointed task.Coronado and his followers marched wearily over the plains to find and conquer the new El Dorado, but Jones’s mission was to preserve and save from extinction the once countless millions of the American Bison, which he foresaw would be almost extinct within a few short years.In 1865 it was estimated that there were fifteen millions of buffalo roaming over the great plains, fn 1885 there were but about 20,000, while at the present time there are less than 300, and the preservation of almost every one of them is due to Colonel Jones’s untiring efforts.From the journal of this interesting personage Col.ITenry Inman has compiled, in his very best style, the interesting story of Buffalo Jones’s life and adventures.The book is handsomely printed and bound, and contains 469 pages of reading matter, royal octavo size, besides thirty-six full-page illustrations, and many smaller ones.A TALE OF TWO CITIES, by Charles Dickens.With a frontispice by Fred.Barnard.New York, R.H.Russell, 1900.16uio., XII-35S p., colored frontispices and photogravures.THE KINGS’ LYRICS.Lyrical Poems of the Reigns of King James I.and King Charles I.Together with the Ballad of Agincourt written by Michael Drayton.Selected & arranged by FitzRoy Carrington.Printed for R.H.Russell, New York, 1899.ltimo., boards, XIII-128 p., portraits.This nice little book is very tastefully printed and illustrated. 276 LE COURRIER DU LIVRE MAUDE ADAMS acting edition of Romeo and Juliet.With drawings by Ernest Haskell and C.Allan (jilbert.New York, R.H.Russell, 1899.8vo., 110 p., illustrated.A PIONEER FROM KENTUCKY.An Idyl of the Raton Range, by Colonel Henry Inman.Topeka.Kansas, Crane & Company, 1898.16mo, cloth, gilt top, 160 p., frontispice.75 cts.The story of Dick Curtis, the Kentucky hunter, “ tall, brawny, broad-shouldered and wiry,” and Clariss, the young wife—“ a lily among weeds,” “ pure as the breeze that soughed through the pines that surrounded her childhood home.” Their courtship—The decision to go West—The marriage —The journey — Across the Santa Fe Trail—The modest home in the Raton Range—Their great sorrow—The wife’s great trial ;—altogether the making of a strong, wholesome and fascinating story of Western life.Ko author is better fitted to tell of the West and its thrilling story.Col.Inman spent a generation of time in his official duties among the interesting Western scenes and characters of which he writes.Now, in the quiet of his retired life, it is a pleasure to call back to life the heroic men and women of another generation —a generation of activity and stirring scenes.TALES OF THE TRAIL.Short Stories of Western Life, by Colonel Henry Inman.Topeka, Kansas, Crane & Co., 1898.12mo., cloth, V1II-28Ü p., illustrated.$1.00.Colonel Inman gives his personal recollections of such men as Custer, Sheridan, Forsythe, Buffalo Bill, Kit Carson, etc., and his own peculiar and entertaining style.This book is a collection of short stories of Western life, Indian tales and trail tales, told by one of the actors of the historical yesterday ; and is an interesting part of the history of the great West, which, like the “ mirage ” of the plains, is now shrouded in the haze and glamour of the distant past.Few are left that feel its inspiration and sentiment.Fifty years has made the heroes and actors of that time little more than a memory.A.new generation has been born upon the scene ; cities, towns and villages have sprung up where at that time the hunter and trapper followed his lonely and romantic occupation, often turning from his traps and the dangers of the chase to defend himself and family from the murderous and treacherous Indian.Where now the modern railway hurries the traveler from coast to coast in a week’s time, then was the tedious journey of months in the stage-coach or caravan. I.-R COÎTRRTER RU T.TVRB 277 HISTORY OF THE BIRDS OF KANSAS, by N.S.Goss.Topeka, Kansas: Geo.W.Crane & Co., 1891.Royal 8vo., cloth, marble edges.692 p., 35 plates.$5.00.This important ornithological and scientific work needs no recommendation.It is the only reliable work on the interesting Kansas birds.529 birds are carefully illustrated and 343 species and sub-species are lengthfully described.THE DEL AHOY DES.Bov Life on the Old Santa Fé Trail, by Colonel Henry Inman.Topeka, Kansas : Crane & Co., 1899.12mo, cloth, 2-^3 p., illustrated.$1.00.Col.Inman wrote the story of the Delahoyde boys with a definite aim in view.It was planned to bring before the American youth an account of boy-life in the days of the old Santa Fé Trail.It contains, besides, descriptions of the Indian tribes, together with their origin and legends.All animal and bird life is fully described.The battle of the Washita, the last great battle with the American Indians, is accutately brought out and vividly portrayed.In this connection Col.Inman speaks from the standpoint of a participant ; and naturally, the campaign against the Indians intrusted to such famous fighters as Sheridan, Custer, Sully, and Forsythe, makes an interesting portion of the story.The author has introduced some sixty foot-notes, full of valuable information, and giving many Western terms and their pronunciation.The whole is a clean, wholesome and interesting narrative, full of the freshness typical of the West.It contains 310 pages, with 8 full-page illustrations by Stone.CONTES VR AIS, par Pamphile Le May.Québec : Imprimé par la “ Cie d'Imprimerie “ Le Soleil," 1899.In-16, carré, 259 p.Ces Contes Vrais de M.LeMay, que nos lecteurs connaissent déjà par ses poèmes et ses romans de mœurs canadiennes, seront goûtés par tous ceux qui aiment à étudier les mœurs de notre pays.• HISTORICAL SKETCH OF NOTRE DAME CHURCH of the Assump, tion.B.V.M., Redford, N.Y.By Reverend E.C.Laramée.Bedford N- K., 1899—Courte notice historique surlaparoissedeN.-D.de l'Assomption de Redford, N.-Y.Par M.l’abbé A.Saurel.Bedford, N.Y., 1899.Bound in one vol., cloth, VI-77-VT-62 p., illustré.MEMOIRS OF THE AMERICAN FOLK LORE SOCIETY.Vol.VII Animal and Plant Lore.Collected from oral tradition of English speaking folk.Edited and annotated by Fanny D.Bergen.With and Introduction by Joseph T.Bergen.Boston and New York.Published for the American Folk-Lore Society by Houghton, Mefflin and Company.1899, 8vo., cloth, VTI-180 p.5
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