Le courrier du livre, 1 mai 1900, Mai
ol.V.May —1900 — Mai No 49 LE COURRIER DU LIVRE CANADIANA : PUBLISHED MONTHLY | PUBLIE MENSUELLEMENT IN S, EN FRENCH AND ENGLISH \ ANGLAIS ET EN FRANÇAIS CANADIAN HISTORY, ARCHÆO- \ HISTOIRE, ARCHEOLOGIE, LOGY, BIBLIOGRAPHY, BIBLIOGRAPHIE, NUMISMATI-NUMISMATICS, PHILATELY \ QUE, PHILATELIE ET GENE-AN D GENEALOGY ; ALOGIE CANADIENNES - - SUBSCRIPTION : ABONNEMENT : Canada & United States, \ Canada et Etats - Unis, $2.00 per year \ $2.00 par année ) Postal Union.10 shillings ; Union Postale.?-12 francs Invariably payable in advance ) Invariablement payable d'avance QUÉBEC RAOUL RENAULT Directeur-propriétaire 1901 a.North American Notes and Queries A MONTHLY JOURNAL Mutual and general information - Devoted to - American and Canadian History, Biography, Bibliography, Archaeology, Ethnography, Numismatics, Philately and Curiosa.S6T Interchangeable communications by way of Queries and Replies opened to every reader.NORTH AMERICAN NOTES AND QUERIES will be to North America and the North American people what the well known London Notes and Queries are to Great Britain and Britishers.Lists of Books wanted inserted at the rate of 5 cents per line, exclusive of address ; Books for Sale or to Exchange, at the rate of 10 cents per line.i Canada and United States.82.00 per year.SUBSCRIPTION : | Postai Union .2.50 “ After the publication of the first number, the subscription will be $3.00 per year.10 copies will be issued on papier de luxe, uncut.8 copies opened for subscription at $5.00 per year.North American Notes and Queries will contain not less than 32 to 48 pages reading matter, will be printed on nice ancient paper, the size will be quarto.A portrait will be given in each issue.130,000 copies of the prospectus number will be printed.Further particulars concerning advertisements, etc., will be cheerfully furnished by the undersigned.RAOUL RENAULT, QUEBEC — Canada. LE COURRIER DU LIVRE ——* II——I—— LE COURRIER 1)U LIVRE CANADIANA: PUBLISHED MONTHLY j PUBLIE MENSUELLEMENT IN / EN FRENCH AND ENGLISH v ANGLAIS ET EN FRANÇAIS CANADIAN HISTORY, ARCHÆO- HISTOIRE, ARCHEOLOGIE, LOGY, BIBLIOGRAPHY, BIBLIOGRAPHIE, N UM ISM ATI-NUMISMATICS, PHILATELY QUE, PHILATELIE ET GENE-AND GENEALOGY ; A LOGIE CANADIENNES SUBSCRIPTION : ?ABONNEMENT : Canada & United States, \ Canada et Etats - Unis, $2.00 per year $2.00 par année Postal Union.10 shilling's Union Postale.12 francs Invariably payable in advance ] Invariablement payable d'avance Vol.V QUÉBEC RAOUL RENAULT Directeur-propriétaire 1901 i LE COURRIER DU LIVRE “THE UNKNOWN” (Lu devant la Société Royale le 30 mai 1900.) OUS allons parler du premier roman écrit au Canada X \ sur un sujet canadien et imprimé parmi nous.Remarquez ces trois points.En 1831 paraissait à Montréal un petit livre (prose et vers) intitulé The Unknown, par William Fitz Hawley, dans lequel “ on voit une description agréable et juste de la rivière Saint-Maurice et de ses bords, ainsi que des chutes de Shawinigan,’’ disait le Heralcl de Montréal.Hawley avait alors vingt-sept ans.Déjà, en 1829, il avait publiée, à Montréal, The Harp and other Poems qui lui valut une médaille décernée par la société (Québec) for the Encour- agement of Arts and Sciences.Ce jeune homme travailla, durant plusieurs années, à réunir des matériaux pour écrire l’histoire du Canada, mais un incendie lui ayant enlevé ses notes, il abandonna l’œuvre que le destin semblait écarter de sa plume.Lorsqu’il mourut, à Laprairie, en 1855, Bibaud, Garneau et Christie avaient successivement mis au jour les grandes pages de nos annales.Saluons toutefois en lui un talent réel et une intention rare à l’époque où il commença sa carrière.Shawinigan ! la ville qui “ devient ” depuis trois ans ! Shawinigan a inspiré notre poète il y a soixante et dix ans.Le Courrier nu Livre, Vol.Y, No 49. 6 LE COURRIER DU LIVRE La vue de l’impétueuse cataracte a frappé son imagination.Pour la faire connaître il accorde sa lyre et chante les beautés de ce paysage primitif, sans tenir compte de l’indifférence des hommes pour le spectacle de la nature, sans comprendre peut-être qu’il fut le premier à mettre dans ses vers l’éloge de cette merveille de la création, qui est, après tout, une force brutale soumise maintenant à la volonté de l’homme.Il a passé ; on ne l’écoutait point.Le tonnerre des eaux continua de gronder, jusqu’au moment où il surprit l’attention des hommes de la finance qui le saisirent malgré ses bonds furieux, le harnachèrent et lui firent commandement de travailler pour nous.Les générations à venir n’auront pas sous les yeux les formes magnifiques de cette rivière déchaînée qui coulait en se tordant et ressemblait au chaos antique, mais son énergie transformée est plus éloquente qu’autrefois.Sa rudesse sauvage représente un labeur utile.Elle donne la vie, elle attire ; on se demande comment nos ancêtres ont pu s’en passer.En elle existait une richesse que personne ne devinait.Son étrangeté faisait tout son mérite, croyait-on.Au lieu d’être un hors-d’œuvre captivant la simple curiosité, elle est une pièce de résistance, dans l’économie sociale, une auxiliaire contre la faim ; ses caprices longtemps lettres mortes nous fournissent à présent de quoi sustenter un pays.Les hommes marchent de la sorte, poussés vers des destinées qu’ils n’ont pas prévues.Ceux de l’an 1900, exploitent les forces vives cachées sous les apparences théâtrales d’une rivière qui descend des hauteurs pour étaler sa magnificence dans un vaste cirque, où l’on bâtit une ville qui la reçoit en triomphe.Ceux de 1700 n’y voyaient qu’une cascade en furie.Hawley est enthousiasmé de Shawinigan.Pour arriver à décrire toutes ses perfections, il imagine un drame à la ma- LE COURRIER DU LIVRE 7 nière sauvage, qui se serait passé en cet endroit vers 1633, selon lui, mais que je mettrais en 1645, sinon après, vu les circonstances qu’il fait intervenir.Les colons des Trois-Rivières, les fortifications des Français, la présence de Fiescaret, les hostilités des Têtes-de-Boule, ne résistent pas à la critique.L’auteur agit sur des notions vagues qu’il ajuste tant bien que mal.De même dans, les noms de baptêmes : au lieu de Léonie et Eloïse, il faudrait Jeanne et Marguerite.Au lieu de M.de Lauzon (qui n’arriva que plus tard en Canada) je placerais Godefroy, Seigneuret, Pepin, les vrais noms des premiers triflu viens.Il nous présente ses personnages au milieu des descriptions de la nature qui les entourait et souvent il a recours à la forme versifiée ; de fait, son roman n’est qu’un prétexte pour faire des croquis de paysage : Spirits of earth ! Spirits of air ! Come to me over the silver sea ; Lay the locks of my tangled hair, For the loved, the lost one is coming to me.I see her sailing on yon light cloud, With wreaths of roses upon her hung, And wildly around her moon-beam shroud, Her glistering locks of jet are flung.I see the light of her polished bow, I feel the bram of her laughing eye ! Come, invisible Spirits, now, And bear me away to yonder sky.Citons une autre strophe qui se rencontre dans la bouche du héros du roman vers le milieu de ces narrations : Again I sought my native land And stood upon its well known strand A renovated thing ; ’Tis true, this hair is naving gray, This hand hath lost its powerful sway, And my life is near closing day, But my spirits is in its spring. 8 LE COURRIER DU LIVRE ) L’auteur suppose que ces vers ont été composés par l’Inconnu dont il a suivi la trace et qu’il va nous présenter, en lui donnant un rôle chevaleresque dans le drame qu’il déroule sous nos yeux au centre des forêts du Saint-Maurice.C’est une composition naïve dans ses allures et faible dans sa charpente, comme tant de romans.Voici l’analyse'de la pièce.Première scène, aux Trois-Rivières.Un jeune homme, beau comme le jour, aussi brave qu’un lion, discret et réservé, savant et modeste, vivait seul dans une hutte au sommet du coteau, près du champ de course actuel, en contemplation devant les admirables paysages qui se déroulent à perte de vue le long du fleuve et du lac Saint-Pierre.Ce garçon, c’est l’Inconnu : The Unknown.Les sauvages attaquent la petite ville.On se bat.Le solitaire tombe dans la mêlée comme la foudre du ciel et sauve les Français.L’ennemi revient plus tard et cette fois l’Inconnu pousse le cri de guerre de Piescaret et sème l’épouvante parmi les Têtes-de-Boule—mais, en fuyant, ces diables à quatre enlève mademoiselle Léonie de Lauzon.Crac ! le drame est noué.Le mystérieux inconnu se transforme ; il revêt les habits du guerrier des bois, mais avant de partir il donne à M.de Lauzon un manuscrit et lui tient un discours qui signifie : “ Lisez mes vers tandis que je vais délivrer votre fille”.Il s’élance alors dans la forêt, protégé par le surnom de Pichou (le lynx) que les sauvages lui ont imposé.Et les lunes se succèdent sans nouvelles du héro, non plus que de Léonie.Pendant ce temps-là, le père Lauzon lisait les pages sentimentales écrites par l’Inconnu.Elles racontent les aventures fantastiques d’un étranger rempli d’enthousiasme et de rêveries, échoué sur les rives poétiques de la LE COURRIER DU LIVRE 9 baie de Naples—rien du grand côteau des Trois-Rivières et du cap aux Corneilles.No line of age were on his brow.None knew from whence the crazdone came.He wandered, till a cave he found.Vous voyez le tableau.Ici nous apprenons que lTnconnu se nomme Mileno et que son bis avait été tué par un certain Filario—de là son chagrin et son goût pour les grottes et la solitude.Il médite aussi de voir l’Amérique et de civiliser les sauvages.Il part, traverse la mer et va camper aux Trois-Rivières, ainsi que nous l’avons noté.Tout cela est en vers.Survient Piescaret.L’auteur retourne à la prose.Il faut poursuivre les Têtes-de-Boule, ramener Léonie ou périr à la tâche.On s’arme, en avant, marché ! Eloïse, sœur de Léonie, a la garde des manuscrits de Melino.Elle lit à sa mère, dans le fort des Trois-Rivières, les infortunes d’un seigneur Persan que nous sommes obligés de suivre jusqu’à la dernière ligne et qui nous font oublier les Têtes-de-Boule.Ensuite, pour prolonger la suspension, Eloïse raconte les doléances d’un mysanthrope qui me paraissent être des méditations calculées pour les fortes têtes» Melino a écrit tout cela en vers et en assez bon style.C’est beaucoup de littérature pour l’année de la fondation des Trois-Rivières.Tout à coup, la prose reparaît et Piescaret aussi, aux alentours de Shawinigan où l’on se bat ferme contre les sauvages.Melino s’égare dans le bois.Alors, Eloïse, aux Trois-Rivières, lit La Dame de Saint-Paul pour charmer ses ennuis, et ce changement de décors ramène la versihcation à pleines pages.Nous visitons la Grèce en rimes de tous genres, puis, brusquement, en prose, nous apercevons les rochers de Shawinigan et nous entendons la voix de lTnconnu qui revient 10 LE COURRIER DU LIVRE après avoir enlevé Léonie à ses ravisseurs.Ceux-ci le poursuivent.Une bataille est inévitable.Elle a lieu, séance tenante, au bruit roulant des grandes eaux qui étouffent les clameurs des guerriers et les plaintes des mourants.La victoire ne se pose sur aucun parti.Moment critique.Piescaret y voit l’influence du manitou et la conjure en jetant un collier de rassades dans l’abîme enragé qui bouillonne devant lui.Tout se passe en règle, comme dans les tragédies grecques—l’ennemi se retire—pour aller surprendre le fort des Trois-Rivières, mais l’Inconnu, Piescaret et sa bande le talonnent de près et le prennent entre deux feux.Les braves se cachent derrière les arbres ; les peureux se montrent à découvert et sont tués.Les cascades du Saint-Maurice dansent comme des feux-follets.Le rouge-gorge chante dans la forêt; un soleil radieux embellit la nature.Les sauvages hurlent, les coups de fusil retentissent, l’incendie prend à la ville—on ne peut faire davantage pour tout mettre dehors.Au milieu de ce beau désordre, Léonie se glisse dans le logis de son père et l’Inconnu accomplit des prouesses à jamais mémorables.La place voit fuir les incommodes enfants des bois ; la paix règne enfin dans ce séjour où dominaient les alarmes.Melino l’Inconnu en profite pour dire qu’il était venu en Amérique dans le dessein de civiliser les Têtes-de-Boule, mais qu’il n’est pas parvenu à se rendre populaire parmi ce peuple indifférent à la poésie descriptive.Il change de tactique et épouse Léonie.BENJAMIN SULTE. LE COURRIER DU LIVRE 11 MONTCALM, BOUGAINVILLE ET L’ABBÉ CASGRAIN II AUTRES CRITIQUES DE MON" TRAVAIL (1) La réponse de M.l’Abbé Pisani me servira de transition toute simple pour arriver aux griefs d’une portée générale, que m’ont adressés, d’autres personnes, et qui sont, en déû-nitive, les griefs mêmes du Courrier du Livre contre mon travail.On m’accuse d’hostilité systématique envers les Canadiens, d’“ observations souvent déplacées ” à leur endroit (12) ; on se scandalise que j’aie osé prendre “ la “ défense de la misérable cour de Louis XV,” allant jusqu’à découvrir de grandes qualités à la Marquise de Pompadour, et à trouver très naturel le dédain de Voltaire pour les quelques arpents de neige du Canada (13).Cela devient un peu bien excessif comme critique.A dire vrai, je n’ai entrepris de réhabiliter ni Voltaire, ni la célèbre Marquise, pas plus que je ne me sens foncièrement hostile aux Canadiens.Je les tiens pour d’excellentes gens, ayant gardé les qualités et les défauts de notre vieille France ; les ayant (1) Pour ce qui a paru précédemment, voyez Le Courrier du Livre, vol.IV, p.377.(12) Courrier du Livre, Vol.III,p.360.(13) Cte de Bizemont, Polybiblion, Mars 1396, p.237.—Voir aussi l’article, d’ailleurs très obligeant, et les réserves sur ce point, de M.Paul Gaffarel, doyen de la Faculté de Dijon, (Revue de Géographie, Mai 1896, pp.391-2.) Le savant auteur, pensant que je ne regrette point assez la chute du Canada, a cru devoir m’assurer que “ la perte de la Nouvelle-France fut un désastre national, et, même à l’heure actuelle, nous en subissons encore les déplorables conséquences ”.Je n’en doute pas.Mais j’oserai lui demander s’il croit que, au travers des guerres de la Révolution et de l’Empire, nous eussions conservé jusqu’à l’heure actuelle la Nouvelle-France à laquelle Napoléon tenait, du reste, infiniment moins que Louis XV.(Malcolm, Diary in St.Helena, p.96.) 12 LE COURRIER DU LIVRE cultivés même à l’ombre du drapeau anglais mieux qu’ils n’eussent fait à l’abri du drapeau tricolore ; et nous donnant l’image fidèle de ce que nous serions et mériterions d’être, si nous avions eu la sagesse d’économiser une demi-douzaine de révolutions (14).Mais je ne vois point pourquoi je serais tenu à plus de politesse historique envers les Français du Canada qu’à l’égard actuel des Français de France.On ne nous refusera pas, je suppose, le droit de nous juger entre nous ; et par suite, déjuger autrui avec la même indulgence ou rigueur.L’histoire ne s’accommode d’aucune hypocrisie.Elle y perdrait d’ailleurs de sa valeur enseignante ; et ce n’est pas au moment où la corruption politique règne en France, qu’il convient de dissimuler les inconvénients désastreux qu’elle eut au Canada et qui nous valurent la perte de la Colonie.Or, justement,—et c’est ce qui m’a valu de M.l’Abbé Pisani le reproche d’être petit-fils de l’excellent La Palisse,— j’avais observé, pour les défendre, que les Canadiens du siècle dernier devaient au contact habituel des sauvages les instincts de pillerie et d’insensibilité cruelle qu’on leur impute, “ caries peuples échangent plus aisément leurs vices que leurs vertus Je suis dorénavant heureux de pouvoir m’appuyer ici de l’approbation que me donne, pour sa critique même, le défenseur de l’Abbé Casgrain.S’il se moque de mon ingénuité à soutenir cette thèse, c’est qu’il n’estime évidemment point que la chose puisse être l’objet d’un doute ; et, sûrement, les Canadiens d’aujourd’hui n’oseraient contester le fait, en principe, quoiqu’ils inclinent, par affection patriotique, à nier (14) u Grâce au sage conservatisme de l’Angleterre, le monde peut imaginer ce qu’eût été la France si elle avait échappé aux influences fâcheuses de Rousseau et de Napoléon.Si l’on nie que cette transformation pacifique fût possible, nous n’avons qu’à montrer l’état du Canada français sous la domination britannique.” (Quarterly Review.“ Le Napoléon de Taine ”, Octobre 1891, p.467.) M WMBÊÊH LE COURRIER DU LIVRE 13 l’application de cette loi naturelle, chaque fois qu’elle se rencontre dans leur histoire.Il leur serait agréable, je le conçois, de mettre, par exemple, à la seule charge de la clique officielle, les vols qui se produisaient sur une vaste échelle en Canada.Malheureusement, aux témoignages concordants de Bougainville et de Désandrouins, qui montrent la main du peuple dans la poche de l’Etat, on pourrait ajouter l’aveu plus décisif encore de l’Evêque de Québec, Mgr de Pont-briand, dans son mandement pour le Carême de 1759.Après avoir déploré les malheurs qui accablent le pays, le pieux Evêque ajoute qu’ils sont lajuste punition du Ciel pour tant de méfaits effrontés.“ Nous vous avons vus avec douleur”, écrit-il, “ souffrir souvent de la famine et de la maladie, et presque toujours en guerre.Mais cette année nous paraît, à tous égards, la plus triste et la plus déplorable, parce que, en effet, vous êtes plus criminels.Avait-on jamais entendu parler de tant de rapines honteuses?Avait-on vu dans cette Colonie des maisons consacrées pour ainsi dire, publiquement au crime?Avait-on vu tant d’abominations?Dans tous les états, la contagion est presque générale.” Voilà qui paraît clair, à condition toutefois que, pour comprendre le sens de cette admonestation paternellement épiscopale, on n’aille point l'imprimer, comme le fait l’Abbé Casgrain, en donnant une superbe et traîtresse majuscule au mot Etat.Car cet énergique mandement ne signifierait plus qu’au Canada chacun volait, du haut en bas de l’échelle, suivant sa situation, mais simplement que les gouvernants étant, par tout le monde civilisé, plus que suspects de friponneries, le Ciel châtiait les pauvres traitants Canadiens du Lac Supérieur, ou des bords de l’Ohio, non seulement parce que l’Intendant Bigot et ses confrères emplissaient indûment leurs coffres, mais encore parce que Frédéric II arrondissait non moins indûment sa vieille Prusse en volant à Marie-Thérèse 14 LE COURRIER DU LIVRE la province de Silésie.En ce cas, il me semble, on ne verrait pas bien le rapport de la faute à la façon dont se traduit le courroux céleste.Tout au contraire ; comme il n’est pas à présumer que Mgr de Pontbriand parlât du haut de sa chaire épiscopale sans un but précis, comme il n’était pas dans les usages de l’Ancien Régime que les Evêques admonestassent sans ambages le gouvernement, surtout devant le peuple qui n’y pouvait rien, n’étant point maître de le changer, il faut bien admettre que la semonce s’adressait aux chefs, sans doute, à qui l’Evêque reprochait leurs fêtes galantes et leur jeu déréglé,—mais aussi à l’ordinaire des Canadiens, pour les corriger de leur péché favori, à la veille de la grande absolution pascale.Que les Canadiens ne s’en choquent point : leur cas n’avait rien d’exceptionnel.(15) Les épidémies de pillage national ne sont point inconnues dans l’histoire des Etats.Les registres du Conseil privé nous apprennent que l’Angleterre avait passé par une crise de ce genre au XVIe siècle, alors que, ne pouvant contenir tout le monde, on se bornait à faire rendre gorge aux plus enragés.Et, quelques années après la guerre (15) “ Bigot était assurément très corrompu ; mais c’était le vice de l’époque et les Administrateurs anglais dans l’Inde n’y échappaient point”.{Wrong, Rev.of Hist.Publ.relut.to Canada, 111, 192).La responsabilité qui le charge ne diminue point, du reste, celle qui incombe à d’autres fripons, d'origine plusjiumble.Seraient-ce Bigot et son groupe qui mirent Québec au pillage, après le départ des Français ?L’Abbé Casgrain a beau prétendre que la ville “ était devenue le rendez-vous des filous, de tous les êtres sans aveu ” ; ce ne sont pas les gens de cette sorte exceptionnelle dont on peut avouer, ensuite, comme il le fait naïvement, que “ chacun cherchait son bien, et, ne le trouvant pas, prenait celui de son voisin ” (éd.franç., p.340).Sont-ce aussi les filous et les êtres sans aveu, a'ccourus pour la circonstance, qui avaient pillé, lors de sa reddition, le fort Beauséjour, au fond de l’Acadie, en 1755 ; si bien que les Anglais, qui n’avaient point touché d’abord “aux marchandises et effets du Roy, répandus dans la place ”, suivirent l’exemple, et “ lorsqu’ils virent piller nos propres gens, les officiers anglais ne purent empêcher les leurs”?Jacquot, dont l’Abbé Casgrain ne récusera pas ici le témoignage, montre bien que les habitants ne pillaient point le ! LE COURRIER DU LIVRE 15 de Sept Ans, l’Irlande allait se trouver dans la même misère.Un employé qui serait rentré chez lui déjeûner sans rapporter quelques objet dérobé aux magasins publics, fût-ce une paire de pistolets prise à l’arsenal, ou quelques aunes de corde pour diminuer la longueur de celle qui pouvait servir un jour à le pendre, eût été une belle exception.Je n’ai pas davantage mis en doute le courage et le dévouement des Canadiens dans la grande guerre de 1756 à 1760.Il n’y a qu’une voix dans les documents français pour leur rendre justice, pour déclarer qu’ils étaient de premier ordre dans l’escarmouche «et que jamais soldats ne valurent mieux pour harceler l’ennemi.Mais il n’est ni du rôle ni de l’intérêt de l’histoire de leur attribuer des qualités qu’ils n’avaient point, et de les mettre, en toute rencontre, sur le même pied que les trôuples réglées.Uos démocrates sont trop portés, en Europe, à vouloir remplacer les armées régulières par des milices nationales, pour qu’il soit sage de leur laisser ici plus d’illusions qu’à l’égard des volontaires de 92.Si l’on parcourt les études savantes qui ont été publiés sur les armées de volontaires pendant la guerre de Sécession américaine, on y retrouvera les traits, bons ou médiocres, que butin de l’ennemi par patriotisme, puisqu’ils avaient commencé par sommer le commandant de rendre la place, en menaçant de la livrer eux-mêmes s’il s’obstinait à la défendre.(Beaumont.Les Derniers jours de l'Acadie, Paris, 1899, pp.144-145; cet ouvrage est précisément publié sous l’inspiration de l’Abbé Casgrain).A qui s’adresse enfin, sinon au même peuple, la menace énergique de Bigot, dans sa lettre du 2 mai 1760 à Bougainville: “ Je prends de nouvelles précautions pour découvrir les vols dans les transports ; j’ordonne à chaque fort de visiter les ballots et d’en constater l’estât par des procès verbaux, et de me rendre compte de leur réception ; j’en préviens le nommé Boileau, chargé des transports, et je lui ajoute qu’outre qu’il payera les manques, je feray prendre les voleurs ; je tiendrai parole à ceux qui se mettront dans le cas.''—Il ne s’agit pas, je le répète, d’exagérer l’importance de ces friponneries, trop fréquentes à toute époque et partout; on voudrait seulement obtenir que les Canadiens, renonçant quelque peu à la légende dorée dont oh leur fait un auréole, consentent à reconnaître la part modeste mais certaine, qu’ils ont prise à l’effondrement de la Colonie. 16 LE COURRIER DU LIVRE les documents s’accordent à reconnaître aux milices canadiennes (16) ; et cela montre la vérité supérieure de ces témoignages.L’homme est partout immuable sans doute ; mais on le comprend d’autant mieux qu’on l’observe dans les mêmes circonstances, en des lieux et des temps différents.Que l’Abbé Casgrain, dont la culture générale semble assez restreinte, n’essaye point de pénétrer les événements dans leur fond intime en se servant des fortes ressources que l’histoire lui offre, je ne saurais m’en étonner.Mais ce n’est point un motif pour le suivre, ni pour contester les choses les plus vraisemblables, humainement parlant, dès qu’elles heurtent certaines traditions d’enfance ou certaines prétentions de race et de pays.Pareillement, l’antagonisme plus ou moins ouvert qui régnait alors entre les Français de France et ceux du Canada, n’est qu’une autre loi naturelle et malheureuse de la politique coloniale.Elle se fait sentir en ce moment dans notre Algérie, où la qualité de Français de France est presque un titre d’exclusion aux fonctions électives et à la plupart des avantages de la Colonie.(17) On sait ce que sont devenues nos Antilles ; le Français y est considéré comme la plus négligeable des quantités.(18) Les colonies anglaises souf- (16) Par exemple, Edinburgh Rev.Apr.1891, “ The Civil War in America.” Notamment pour cet esprit de désertion courante, qui faisait le désespoir des chefs et qu’il importait “ d’évaporer,” comme Vau-dreuil l’écrivait à Bougainville, le 2 mai 1760, Cf.Ibid., page 405 ; et janvier 1899, pp.56-57__“ Ne croyés pas ”, écrivait aussi Lévis à Bou- gainville, “ que quelque promesse que les Canadiens vous- fassent de revenir, il vous en rentre un seul.Il est important que vous en gardiés le plus que vous pourés à votre poste.” (12 août 1760).(17) Les colons algériens, fils de colons, c’est-à-dire, le plus souvent étrangers d’origine, cherchent à éloigner les vrais Français et à accaparer toutes les concessions.(Le Temps, 27 février 1899).(18) “ A peine daigne-t-on accorder quelque pitié à nos misères; et, s’il est question d’une dépense pour sauvegirder nos intérêts les plus légitimes, l’on se rebiffe et l’on fait la moue.Un ingénieur colonial alla un jour jusqu’à me témoigner sa surprise à propos de certaines préeau- LE COURRIER DU LIVRE 17 fraient de ce mal au siècle dernier (19), et continuent d’en souffrir, quoique l’on pense maintenant de leur bruyant impérialisme.(20) Les colonies inclineront toujours à faire bande à part, et n’auront jamais pour la métropole d’autre considération que celle des secours qu’elles en peuvent attendre, sans lui rendre en échange de reconnaissance sérieuse.Pas n’est donc besoin de se mettre en frais d’imagination pour expliquer ou comprendre une tendance aussi simple et aussi fréquente des Sociétés Coloniales.Leur particularisme n’est que la forme ordinaire de notre esprit de clocher.Mais, l’explication semble trop sommaire aux yeux des historiens patriotes et des âmes indulgentes ; on l’écarte vite dans le cas de la Nouvelle-France, pour d’autres plus romanesques et plus favorables aux sentiments passionnés.L’un objecte que “ le Marquis de Montcalm ne réfrénait pas suffisamment la morgue aristocratique de son Etat-Major ! ” Comme si la morgue était chose aisément saisissable et qu’on pût corriger par quelques jours d’arrêts de rigueur,—le propre de cette impertinence étant justement d’être silencieux, d’une correction hautaine mais impeccable ! Un autre, de nos amis, savant rare, humoriste étincelant, mort il y a quelques semaines,— embarrassé de ce problème dont il se sentait incapable d’offrir tions que j’entendais prendre, contre une importation de la fièvre jaune : “ Pourquoi se livrer à “ des dépenses ” ?(il s’agissait de la construction d’une modeste baraque pour la désinfection).“ Il n’y a que les Européens d’attaqués ! ” (Dr Corre, JSfos Créoles.Paris, Savine, 1890, p.231.) (19) Le souvenir en est resté cruel aux Etats-Unis ; un romancier de talent, M.J.Altsheler, vient d’en tirer, dit le Times, un excellent parti, dans un roman historique sur l’époque dont nous parlons, The Soldier of Manhattan, 1898.—La Quarterly de juillet 1899 a dû protester justement, selon nous, contre la façon partiale dont les Américains d’aujourd’hui et leurs alliés politiques d’Outre Manche écrivent l’histoire des Colonies Américaines au siècle passé.(20) Les immigrants anglais sont déjà mal notés dans la Colombie britannique.Wrong, Review of Hist.Publ., Ill, 149-150.) 2 18 LE COURRIER DU LIVRE la solution,—s’en tirait par une erreur marquée sur les sentiments des gentilshommes venus de la vieille France.“ Pour eux”, écrit-il, avec sa verve habituelle, “ les Canadiens étaient des provinciaux de la plus lointaine catégorie, et beaucoup des Canadiennes étaient à peu près des Iluronnes qui se lavaient de temps en temps, ou des Iroquoises poudrées.Les Canadiens et les Canadiennes représentaient une province prétentieuse, rebiffée, taquine, auprès de laquelle le Limousin de M.de Pourceaugnac est le centre de la civilisation raffinée (21).” Il est difficile d’atteindre mieux aux rebours de la vérité.Jamais, pour ainsi dire, les observations de nos officiers français ne portent sur le provincialisme, ou le ridicule des mœurs canadiennes.Ils ne critiquent vertement que les friponneries passées à l’état d’habitude, le genre d’esprit politique, et les plans officiels d’une stratégie trop primitive, enfin les mœurs ensauvagées des trappeurs à l’égard de l’ennemi.Rien de plus.Montcalm trouvait peut-être Montréal province à côté de Québec.Mais Québec même lui paraissait à la hauteur des meilleures des villes de France.Et, si les Canadiennes n’avaient offert que des attraits à peine supérieurs aux charmes rustiques des sauvagesses, l’Abbé Cas-grain ne se serait pas cru dans l’obligation discutable d’expurger les papiers de Montcalm pour sauvegarder la réputation de telle Canadienne, à laquelle le Général adressait des hommages décisifs.Chacun des officiers de l’Etat-Major vivait, d’ailleurs, plus ou moins en puissance féminine ; et ce n’était pas toujours des évaporées d’Outre atlantique, des Françaises apportant les vices de la Cour et du monde européen, qui jouaient le rôle dominant dans ces liaisons discrètes.Les Canadiennes pur sang n’y étaient pas étrangères.Leur charme était assez ensorcelant pour mettre leur vertu en péril et pour les y faire succomber ouvertement.(21) Charles d’Héricault, Revue Générale, de Bruxelles,décembre 1896, pp.880-881. LE COURRIER DU LIVRE 19 Sur ces divers points, où l’on peut m’accuser d’exagérer tant que l’on voudra, je ne vois pas ce que je pourrais diminuer de mes humbles opinions personnelles.Ce sont là questions d’appréciation générale, où les textes épars que l’on apporterait encore au débat ne signifieraient pas grand’chose.On peut là-dessus discuter à l’infini, avec d’aussi plausibles raisons de part et d’autre; et chacun nécessairement con-cluera suivant sa tournure d’esprit, Mais, pour ce qui est de l’attitude de la France, à l’égard du Canada, pendant la Guerre de Sept Ans, nous avons des objections plus précises à apposer aux versions Canadiennes et, sur ce chapitre, il nous est plus difficile de transiger.Sans doute, on se heurte à de vigoureux préjugés.L’histoire du Canada a pris les proportions défigurantes d’une légende, dont tous les partis s’efforcent de maintenir, pour des raisons actuelles, le mensonge inutile.Les libéraux sont heureux d’y trouver l’occasion d’un grief irritant, énervant, aux yeux des chauvins, contre l’Ancien Régime, coupable de n’avoir point essayé déjà, dans les crises maladives de sa politique, le remède du parlementarisme.On ne voit pas, il est vrai, que le parlementarisme nous ait préservé d’humiliations récentes, dans les affaires d’Egypte; mais il s’agit de critiquer la conduite de Louis XV, et non celle de Gambetta ou de M.de Freycinet.Les gens pieux, à leur tour, sont aises de pouvoir mettre à la charge, d’un gouvernement qui ne sut point bâillonner les philosophes, un désastre où se manifeste visiblement, à leur sens, le doigt de Dieu.Puis, les Canadiens étaient si soumis à leur clergé qu’il n’est point mauvais, pour le bon exemple, de les montrer impeccables ; et, de même que faisaient dans leurs relations les missionnaires, on se plaît à dissimuler pour le bon motif, les quelques taches de nature à ternir la cristalline pureté de leur renom.Enfin, libéraux et gens pieux, s’accordant à blâmer le scandale dont Mme de Pampadour était le triste objet, lui attri- 20 LE COURRIER DU LIVRE buent volontiers plus de part qu’elle n’en eût aux mésaventures de l’époque.Il semblerait, à les croire, que la Marquise, sous la direction spirituelle et maligne de Voltaire, eût signé de sa blanche main, le traité de 1763, sans que la France éplorée put intervenir pour empêcher l’abandon de ses plus chers enfants.C’est un point de vue dont il faudra nécessairement rabattre, quand le bon sens, appuyé sur une connaissance definitive des archives guidera la plume de l’historien.Il n’est peut-être pas inutile de s’arrêter un instant sur ce terrain délicat.(A suivre.) i RÉNÉ DE KERALLIN.REV.ABBE PICQUET (1> FRANÇOIS PIQUET, doctor of the Sorbonne, King’s Missionnary and Perfect Apostolic to Canada was born at Bourg in Bresse on the 6th December, 1708.As early as the seventeenth year of his age, he successfully commenced the function of a missionary in his country and at twenty years the Bishop of Sinope, Suffragan of the Diocese of Lyon, gave him, by a flattering exception, permission to preach in all the parishes of Bresse and Franche-Comté which depended on his diocese.The enthusiasm of his new state rendered him desirous to go to Rome, but the Archbishop of Lyon advised him to study theology at Paris.He followed this advice and entered the Congregation of Saint Sulpice.The direction of the new converts was soon proposed to him ; but the activity of his zeal induced him to seek a wider field, and led him beyond the seas in 1733, to the Missions of (1) Abridged and translated from Lettres Edifiantes et Curieuses. LE COURRIER DU LIVRE 21 North America where he remaind thirty years, and where his constitution debilitated by labor, acquired a force and vigor which secured for him a robust health to the end of his life.M.Picquet was among the first to fore see the war which sprung up about 1742 between the English and the French.He prepared himself for it a long time beforehand.He began by drawing to his Mission (at the Lake of the Two Mountains) all the French scattered in the vicinity, to strengthen themselves and afford more liberty to the savages.These furnished all the necessary detachments ; they were continually on the frontiers to spy the enemy’s movements.M.Picquet learned, by one of these detachments that the English were making warlike preparations at Sarasto [Saratoga?] and were pushing their settlements up to Lake St.Sacrement.He informed the General of the circumstance and proposed to him to send a body of troops there at least to intimidate the enemy, if we could do no more.The expedition was formed.M.Picquet accompanied M.Marin who commanded this detachment.They burnt the fore, the Lydyus establisments, several saw mills, the planks, boards and other building timber, the stock of supplies, provisions, the herds of cattle along nearly fifteen leagues of settlement and made one hundred and forty-five prisoners without having lost a single Frenchman or without having any even wounded.This expedition alone prevented the English undertake anythink at that side during the war.Peace having been re-established in 1748, our Missionary occupied himself with the means of remedying, for the future, the inconveniences which he had witnessed.The road he saw taken by the savages and other parties of the enemy sent by the English against us, caused him to select a post which could, hereafter, intercept the passage of the 22 LE COURRIER DU LIVRE English.He proposed to M.de la Galissonière to make a settlement of the Mission of La Presentation, near Lake Ontario, an establishment which succeeded beyond his hopes, and has been the most useful of all those of Canada.Mr.Rouillé, Minister of the Marine wrote on the 4th May 1749: “ a large number of Iroquois having declared that they wTere desirous of embracing Christianity, it has been proposed to establish a Mission toward Fort Frontenac in order to attract the greatest number possible thither.It is Abbé Picquet, a zealous Missionary and in whom these Rations seem to have confidence,who has been entrusted with this négociation.He was to have gone last year, to select a suitable site for the establishment of the Mission, and verify as precisely as was possible what can be depended upon relative to the dispositions of these same nations.In a letter of the 5th October last, M.de la Gallissonnière stated that though an entier confidence cannot be placed in those they have manifested, it is notwithstanding of so much importance to succeed in dividing them, that nothing must be neglected that can contribute to it.It is for this reason that His Majesty desires you shall prosecute the design of the proposed settlement.If it could attain a certain success, it would not be difficult then to make the savages understand that the only means of extricating themselves from the pretentions of the English to them and their lands, is to destroy Choueguen, so as to deprive them thereby of a Post which they established chiefly with a view to control their tribes.This destruction is of such great importance, both as regards our possessions and the attachment of the savages and their Trade, that it is proper to use every means to engage the Iroquois to undertake it.This is actually the only meaus that can be employed but you must feel that it requires much prudence and circonspection.” LE COURRIER DU LIVRE 23 Mr.Picquet eminently possessed the qualities requisite to effect the removal of the English from our neighbourhood.Therefore the General, the Intendent, and the Bishop deferred absolutely to him in the selection of the settlement for this new Mission, and despite the efforts of those who had opposite interests, he was entrusted with the undertaking.The Fort of La Presentation is situated at 302 deg.40 min.Longitude,and at 44 deg.50 min.Latitud.on the Presentation River, which the Indians name Soegasti ; thirty leagues above Mont-Real ; fifteen leagues from Lake Ontario or Lake Frontenac, which with Lake Champlain gives rise to the River St.Laurence ; 15 leagues west of the source of the River Hudson which falls into the sea at Hew-York.Fort Frontenac had been built near there in 1671, to arrest the incursion of the English and the Iroquois; the bay served as a port for the Mercantile and Military Marine which had been formed there on that sort of sea where the tempests are as frequent and as dangerous as on the ocean.But the Post of La Presantatiou appeared still more important, because the harbour is very good, the river freezes there rarely, the lands are excellent, and that quarter can be fortified most advantageously.Besides, that Mission was adapted by its situation to reconcile to us the Iroquois savages of the Five Nations who inhabit between Virginia and Lake Ontario.The Marquis of Beauharnois and afterwards M.de la Jonquière, Governor General of Hew France, were very desirous that we should occupy it, especially at a time when English Jealousy irritated by a war of many years, sought to alienate from us the Tribes of Canada.This establishment was as if the key of the Colony, because the English, French and Upper Canada savages could not 24 LE COURRIER DU LIVRE pass elsewhere than under the canon of Fort Presentation when coming down from the South ; the Iroquois to the South and the Micissagues to the North were within its reach.Thus it eventually succeeded in collecting them together from over a distance of one hundred leagues.The officers, interpreters and traders, notwithstanding, then regarded that establishment as chimerical.Envy and opposition had effected its failure had it not been for the firmness of the Abbé Picquet supported by that of the Administration.This establishment served to protect, aid, and comfort the Post already erected on Lake Ontario.The Barks and canoes for the Transportation of the King’s effect could be constructed there at a third less expence than elsewhere because timber is in greater quantity and more accessible especially when M.Picquet had had a saw mill erected there for preparing and manufacturing the timber.In fine he could establish a very important settlement for the French Colonists and a point of reunion for Europeans and savages, where they would find themselves very convenient to the hunting and fishing in the upper part of Canada.M.Picquet left with a detachment of soldiers, mechanics and some savages.He placed himself at first in as great security as possible against the insults of the enemy, which availed him ever since.On the 20th October, 1749, he had built a Fort of palisades, a house, a barn, a stable, a redoubt and an oven.He had lands cleared for the savages.His improvements were estimated at thirty to forty thousand livres, but he introduced as much judgment as economy.He .animated the workmen and they laboured from three o’clock in the morning until nine at night.As for himself his disinterestedness was extreme.He received at that time neither allowance nor presents ; he supported himself by his industry and credit.From the King he had but one ration LE COURRIER DU LIVRE 25 of two pounds of bread and one half pound of pork, which made the savages say, when they brought him a Buck and some Partridges, “ We doubt not, Father, but that there have been disagreable expostulations in your stomach, because you have had nothing but pork to eat.Here’s sometingto put your affairs in order.” The hunters furnished him wherewithal to support the Frenchmen, and to treat the General occasionally.The savages brought him trout weighing as many as eighty pounds.When the Court had granted him a pension he employed it only for the benefit for his establishment.At first, he had six heads of families in 1749, eighty-seven the year following, and three hundred and ninety-six in 1751.All these were of the most anteint and most influential families, so that this Mission was from that time sufficiently powerful to attach the Five Hâtions to us, amounting to twenty-five thousand inhabitants, and he reckoned as many as three thousand in his Colony.By attaching the Iroquois Cantons to France and establishing then fully in our interest, we were certain of having nothing to fear from the other savage tribes and thus a limit could be put to the ambition of the English.Mr.Picquet took considerable advantage the peace to increase that settlement, and he carried it in less than four years to the most desirable perfection, despite of the contradictions that he had to combat against ; the obstacles he had to surmount ; the jibes and unbecoming jokes which he has obliged to bear ; but his happyness and glory suffered nothing therefrom.People saw with astonishment several villages start up almost at once ; a convenient, habitable and pleasently situated fort ; vast clearances covered almost at the same time with the finest maize.More than five hundred families, still all infidels, who congregated ?there, soon rendered this settlement the most beautiful, the 26 LE COURRIER DU LIVRE most charming and the most abundant of the Colony.Depending on it were La Presentation, La Galette, Suegatzi, l’lsle au Galop and l’îsle Picquet in the river Saint Lawrence.There were in the Fort, even small stone guns and eleven four to six pounders.The most distinguished of the Iroquois families were distributed at La Presentation in three villages : that which adjoined the French fort contained, in 1754, forty-nine bark cabins some of which were from sixty to eighty feet and accommodated three to four families.The place pleased them on account of the abundance of hunting and fishing.The Mission could no doubt be increased, but cleared land sufficient, to allow all the families to plant and to aid them to subsist be necessary and each Tribe should have a sparate location.The Bishop of Quebec wishing to witness and assure himself personally of the wonders related to him of the establishment at La Presentation went thither in 1749, accompanied by some Officers, royal interpreters, Priests from other Missions and several other clergymen, and spent ten days examining and causing the Catechumens to be examined.He himself baptized one hundred and thirty-two, and did not cease during his sojourn, blessing Heaven for the progress of Religion among these Infidels.* Scarcely were they baptized when M.Picquet determined to give them a form of Government.He established a Council of Twelve Ancients ; chose the most influential among the Five Nations ; brought them to Mont-Real where at the hands of the Marquis DuQuesne the took the Oath of Allegiance to the King to the great astonishment of the whole Colony where no person dared to hope for such an event.In the month of June, 1751, M.Picquet made a voyage around Lake Ontario with a King’s Canoe and one of Bark in which he had five trusty Savages, with the design LE COURRIER DU LIVRE 27 of attracting some Indian families to the new settlement of La Preesntation.There is a memoir, among his papers on the subject, from which is proposed to give an extract.He visited Fort Frontenac or Cataracoui, situate twelve leagues west of La Presentation.He found no Indians there though it was formerly the rendez-vous of the Five Hâtions.The bread and milk, there, were had ; they had not even brandy there to staunch a wound.Arrived at a point of Lake Ontario called Kaoi, he found a run away there from Virginia.At the Bay of Quinte he visited the site of the antient Mission which M.Dollières de Kleus and Abbé D’ITrfé, priests of the Saint Sulpice had established there.The quarter is beautiful but the land is not good.He visited Fort Toronto, seventy leagues from Fort Frontenac, at the West end of Lake Ontario ; he found good Bread and good Wine there, and everything requisite for the trade, whilst they were in want of these at all the other posts.He found Missisagues there who Hocked around him ; they spoke first of the happiness their young people, the women and children would feel if the King would be as good to them as to the Iroquois for whom he procured Missionaries.They complained that instead of building a church, they had constructed only a canteen for them.M.Picquet did not allow them to finish and answered them that they had been treated according to their fancy ; that they had never evinced the least zeal for religion that their conduct was much opposed to it.That the Iroquois on the eountrary had manifested their love for Chistianity, but as he had no order to attract them to his Mission, he advoided a more lengthy explanation.He passed thence to Niagara.He examined the situation of that fort, not having any savages to whom he could speak.It is well located for defence not being commanded from any 28 LE COURRIER DU LIVRE point.The view extends to a great distance ; they have the advantage of the landing of all the canoes and barks which land and are in safety there.But the rain was washing the soil away by degrees, notwithstanding the vast expense which the King incurred to sustain it.M.Picquet was of opinion that the space between the land and the wharf might be tilled in so as to support it and make a glacis there.This place wTas important as a Trading post and as securing possession of the Carrying place, Niagara and Lake Ontario.From Niagara, Mr.Picquet went to the Carrying place which is six leagues from that Post.He visited on the same day the famous Fall of Niagara by which the four Great Canada lakes discharge themselves into Lake Ontario.This Cascade as prodigious by its height and the quantity of water which falls there, as by the variety of its falls which are to the number of six principal ones divided by small island, leaving three to the North and three to the South.They produce of themselves a singular symetry and wonderful effect.He measured the height of one of those falls from the south side, and he found it about one hundred and forty feet.The establishment at this Carrying place the most important in a commercial point of view was the worst stocked.The Indians, who came there in great numbers, were in the best disposition to trade, but not finding what they wanted, they wentto Choueguen or Choëguen (Oswego) at the mouth of the river of the same name.M.Picquet counted there as many as fifty canoes.There wTas notwithstanding at Niagara a Trading House where the Commandant and Trader lodged, but it was too small, and the King’s property wTas not safe there.M.Picquet negotiated with the Senecas who promised to repair to his Mission and gave him twelve children as hostages, saying to him that their parents had nothing dearer LE COURRIER DU LIVRE 29 to them and followed him immediately, as well as the Chief of the Little Rapid with all his family.He set out with all those Savages to return to Fort Niagara.M.Chahert de Joncaire would not abandon him.At each place where they encountered camps, cabins and entrepots, they were saluted with musquetry by the Indians who never ceased testifying their consideration for the Missionary.M.Picquet took the lead with the Savages of the hills ; Messrs Joncaire and Rigouille following with the recruits, lie ambarked with thirty-nine Savages in his large canoe and was received on arriving at the fort with the greatest ceremony, even with the discharge of cannon which greatly pleased the Indians.On the morrow he assemble the Senecas, for the first time, in the chapel of the Fort for religious services.M.Picquet returned along the south coast of Lake Ontario.Alongside of Choëguen, a young Seneca met her Uncle who was coming from his village with his wife and children.The young girl spoke so well to Uncle, though she had but little knowledge of Religion that he promised to repair to La Presentation early the following spring, and that he hoped to gain over also seven other cabins of Senecas of which he was chief.Twenty-five leagues from Niagara he visited the River Gascouchagou where he met a number of Rattlesnakes.The young I ndians jumped into the midst of them and killed forty-two without having been bitten by any.He next visited the Falls of the River.The first which appear in sight in ascending resemble much the great Cascade at Saint-Cloud, except that they have not been ornamented and do not seem so high, but they possess natural beauties which render them very curious.The second, a quarter of a mile higher, are less considerable, yet are remarkable.The third, also a quarter of a leagues higher, has beauties truly admirable by its curtains and falls which form also, as at 30 LE COURRIER DU LIVRE Niagara a charming proportion and variety.They may be one hundred and some feet high.In the intervals between the falls, there are a hundred little cascades which present likewise a curious spectacle ; and if the altitudes of each chute were joined together, and they made but one as at Niagara, the height would, perhaps, be four hundred feet ; but there is four times less water than at the Niagara Fall which will cause the latter to pass, for ever, as a Wonder perhaps unique in the world.The English to throw disorder into this new levy sent a good deal of brandy.Some savages did in fact get drunk wThom M.Picquet could not bring along.He therefore desired much that Choëguen were destroyed and the English prevented rebuilding it ; and in order that we should be absolutely masters of the south side of Lake Ontario, he proposed erecting a Fort near there at the bay of the Cayugas which would make a very good harbour and furnish very fine anchorage.No place is better adapted for a Fort.He examined attentively the Fort of Choëguen, a post the most pernicious to French that the English could erect.It was commanded almost from all sides and could be very easily approached in time of war.It was a two story very low building ; decked like a ship and surmounted on the top by a gallery ; the whole was surronded by a stone wall, flanked only with two bastions at the side towards the nearest hill.Two batteries each of three twelve pounders, would have been more than sufficient to reduce that establishment to ashes.It was prejudicial to us by the facility it afforded the English of communicating with all the tribes of Canada still more than by the trade carried on there as well by the French of the Colony as by the savages for Choëguen, was supplied with merchandize adopted only to the French, at least as much as with what suited to the savages, a circum- LE COURRIER DU LIVRE 31 stance that indicated an illisite trade.Had the Minister’s orders been executed, the Choëguen trade at least with the savages of Upper Canada would be almost ruined.But it was necessary to supply Niagara, specialy the Portage, rather than Toronto.(To be continued.) BIBLIOGRAPHIE CANADIANA-AMERICANA ONTARIO HISTORICAL SOCIETY.Papers and Records.Vol.II.The United Empire Loyalist Settlement at Long Point, Lake Erie.By L.H.Tasker, M.A.Toronto : William Briggs, 1900.Ry.8vo, 128 p., illustrations.3800 MILES ACROSS CANADA, by J.W.C.Haldane.London: Simp-kin.Marshall, Hamilton, Kent & Co., Ltd., 1900.12mo., cloth, XXII1-344 p., 45 illustrations and one map.Mr.Hajdane tells his story with ease and fluency, and in a style that arouses the attention and does not suffer the interest to drop.He has made a book full of accurate information as to Canada’s prospects and capabilities ; valuable on this account to the intending emigrant, and on-account of its literary merit to all the rest of the world.Mr.Haldane is possessed of a happy temperament, and knows how to make the best of everything.As his tour was made under the auspices of various influential people, including Lord Aberdeen, he had opportunities of seeing sights and enjoying experiences not vouchsafed to every traveller.He has embodied in his narrative a large amount of entertaining and useful information.Thisvolumeis one of special importance.It is handsomelj’’ got up, contains a valuable map, a copious index, and is written in most entertaining style, and displays a wealth of knowledge.THE ASSAULT OF BRIGADIER-GENERAL RICHARD MONTGOMERY and Benedict Arnold on Quebec in 1775.A Red letter day in the Annals of Canada, by Sir James M.LeMoine.(Reprinted from the Transactions of the Royal Society of Canada).8vo, p.457 to 467.THE PROBABLE SITE OF THE BATTLE OF THE PLAINS OF ABRAHAM, by Arthur G.Doughty.(Reprinted from the Transactions of the Royal Society of Canada.) 8vo., p.359 to 426, maps and plates. '32 LE COURRIER DU LIVRE VAKIA DICTIONNAIRE DE LA PRONONCIATION FRANÇAISE, par Louis Favre.Paris, Firmin-Didot & Cie, s.d.(1900).In-8, ]00—341 —5 p.Quand vous voulez savoir comment un mot s’écrit en français, que faites-vous ?Vous prenez un dictionnaire français quelconque, vous cherchez le mot à sa place probable, et vous trouvez l’indication désirée.Quand vous voulez savoir comment un mot se prononce en français, que faites-vous?Vous ne pouvez pour cela prendre un dictionnaire quelconque, car le dictionnaire dit français est bien un dictionnaire de l’écriture (orthographie) française, mais non un dictionnaire de la prononciation (orthoépie et orthophonie) française.Vous avez alors recours à un des rares dictionnaires qui indiquent, entre autres choses, la prononciation des mots cités.Ces dictionnaires sont généralement d’un volume considérable, et d’un prix élevé.Le dictionnaire de M.Favre n’a pas ces inconvénients ; il est d’un format portatif, d’un prix relativement bas et d’un système rapide.THE LITTLE MAID OF ISRAEL, by Emma Howard Wight.St.Louis, Mo., B.Herder, 1900.16mo, cloth, 96 p.APPARITIONS ET GUÉRISONS DE LOURDES.Lectures pour le mois de Marie, par un prêtre du clergé de Paris.Paris, P.Téqui.1900.In-12, VII-387 p.•• LA VIE AMÉRICAINE.Ranches, fermes et usines, par Paul de Rou-siers.Paris: Firmin-Didot & Cie, s.d.In-12, 370 p.LA VIE AMÉRICAINE.L’Education et la Société, par Paul de Rou-siers.Paris: Firmin-Didot & Oie, s.d.In-12, 336 p.L’ANNÉE DE L’ÉGLISE.1899, par Ch.Egremont.Deuxième année, Paris: Victor Lecoffre, s.d.In-12, HI-664 p.LA PIÉTÉ ÉCLAIRÉE PAR LA FOI ou exposition de la doctrine chrétienne, par le R.P.Pierre Cotel.Paris: P.Téqui.191)0.In 12, 427 p.PSYCHOLOGIE DE LA COLONISATION FRANÇAISE dans ses rapports avec les sociétés indigènes, par Léopold de Saussure.Paris, Félix Alcali, 1899.In-12, 311 p.Imprimé par L.-J.DEMERS Sc FRÈRE, Québec. 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