Le Prix courant : journal du commerce, 18 janvier 1895, vendredi 18 janvier 1895
LE PRIX COURANT REVUE HEBDOMADAIRE .Du Commeree, de la Finanee, de 1 ^ , de là Propriété Foncière et des Assurances VOL.XY MONTRÉAL, VENDREDI 18 JANVIER, 1895 No 20 (£a et lit.La Construction t M' .Al,gé> 9lli a à tendu que, malerré-sa Montréal loi néfaste, il avait été construit autant de maisons cette année à Montréal, que les années précédentes, voudra-t-il prendre note des faits suivants que constate l’inspecteur des bâtiments, M.Lacroix î ¦ M.Lacroix établit qu’il y a eu durant l’aimée 1894, 382 bâ'tisses en construction, comprenant 071 logements, 66 magasins, 6 entrepôts, 2 manufactures, 2 banques, 2 salles publiques, 1 église et 2 presbytères.Le coût total du tout est évalué à 81.634.000.En 1893, on avait construit 561 bâtisses comprenant 1086 logements, 74 magasins, 9 manufactures, etc., dont le coût total était évalué À 83.000.000.Et l’année dernière était déjà en diminution de 25 à 30 p.c.sur la précédente.La Presse et M.Augé voudraient-ils nous dire si, à leur avis, la population ouvrière de notre ville n’eût pas été plus à son aise, cet hiver, si les capitalistes avaient dépensé autant en constructions qu’en 1893, c’est-à dire $1,400,000 de plus qu’ils ne l’ont fait t l-« Traité La loi portant ap-Franco-Canodicn probation du traité de commerce avec le Canada, ayant été votée par le Sénat, a été signée par le président de la République Française et publiée au Journal Officiel.11 ne reste donc plus qu’à faire l'échange des ratifications à Paris et à lancer, au Canada, la proclamation qui doit le mfettre en vigueur.Quelque désireux que nous soyons d'éviter tout délai, nous ne serons pas aussi impatient que certain confrère de Québec qui gourmande déjà le gouvernement fédéral et l’accuse de retarder à dessein la proclamation.Nous avions la pro messe de Sir John Thompson que cette proclamation suivrait de près l’échange des ratifications ; nous n’avons aucune raison de croire que Semaine du Al Janvier 2230 abonnés réguliers 2230 dont 613 à Québec.Ce tirage est égal sinon supérieur à celui de n’importe quel autre journal de commerce français.Nous avons à Québec au moins 200 abonnés de plus que n’importe quel autre journal de commerce français ou anglais.sir McKenzie Bowcll veuille se dérober à la promesse donnée par son prédécesseur.La présence de sir McKenzie au banquet donné par la chambre de commerce du district de Montréal à M.le consul général de France, et les paroles prononcées Arcelte occasion par le premier nu nistre actuel, nous garantissent contre toute inquiétude de ce côté.Nous attendons,par conséquent, sans impatience, que les évènements suivent leurs cours—quelquefois un peu long avec la diplomatie.Les ouvriers sans travail Une démonstration a eu lieu hier, à Montréal, qui pourrait faire croire à l’existence, chez nous, d’un certain noyau de socialistes ou même de communistes.C’est ainsi qu’en jugeront, probablement les étran gers qui liront les dépêches de la Presse Associée.Pour ceux qui sont sur les lieux, cette démons-tratiou composée d’hommes bien couverts et bien nourris, est tout simplement le résultat des manœuvres de certains échevins, si elle n’a pas été directement organisée -par eux, pour se venger de l’opposition que l’on a fait à leurs projets d’amendements à la charte.M.le maire Villeneuve l’a bien compris et ne s’est pas ému outre mesure des cris de cette masse trop bruyante pour avoir l’estomac creux.Qu’il continue à garder son calme-et à agir avec sang froid ; il a l’appui de tous les citoyens honnêtes, de tous les amis de l’ordre et de la paix.Que tes ouvriers sans ouvrage aillent donc demander compte, plutôt, à M.Augé, du million et demi de diminution dans les travaux dé construction qui a été le résultat de sa fameuse loi sur les privilèges d’ouvriers ! Ou bien encore aux.échevins qui, ayant dépensé en trois ou quatre ans, tout ce que le crédit de la ville permettait d’emprunter pendant dix ans, ayant attiré en ville une foule de travailleurs étrangers, sont, directement responsables de la pénurie actuelle des finances civiques.Los Sociétés do Les sociétés de bien-ulcnfalaanco fai8aliCe ont UU rôle très utile à remplir dans la société, celui de réunir leurs membres en une sorte de communauté d’intérêts matériels et sociaux, de rcmphiaw- l’aumône,—toujours pénible à recevoir—par le secours mutuel qui 11’est.qu’un remboursement ou un prêt, qui est une chose due, et non pas une aumône, d’encourager l’économie et l’épargne.Depuis quelques années, le nombre de ces sociétés et le nombre des adhérents de chacune, se sont augmentés d’une manière extraordinaire ; grâce à certaines influences qui avaient surtout en vue les bienfaits sociaux et religieux qu’elles répandent.Mais comme la plupart de ces so- -ci étés, sortant un peu do leurs attributions primitives, en sont arrivées à se constituer presque en compagnies d’assurances sur la vie, leur expansion a dû se faire aux dépens de la clientèle sur laquelle comptaient les compagnies régulièrement organisées pour cet objet.Aussi, ces compagnies se sont émues et ont fait demander au gouvernement provincial de soumettre ces sociétés à une inspection régulière, qui permit d’éclairer le public sur leurs ressources, leur mode de prélever des fonds, en un mot, sur la garantie qu’elles peuvent offrir au point de vue de l’assurance sur la vie.Cela nous a donné l’idée de faire, pour le bénéfice de nos lecteurs, une étude impartiale du fonctionnement Le papier sur lequel est imprimé « LE PRIX COURANT " est fabriqué par la Canada Paper Co., Montréal ^ 618 LE PRIX COURANT matériel de ces sociétés et nous avons prié les secrétaires de chacune d’elles de nous faire parvenir les documents nécessaires à cette étude.Nous en avons déjà reçu quelques-uns ; aussitôt que nous serons en possession des autres, nous nous mettrons à l’œuvre.Commoroo aveo La ligne trans-pacf le Japon fique du Pacifique Ca nadien place nos provinces de l’Ouest à la porte du marché du Japon ; nos industries de l’est sont, par la même ' voie, plus rapprochées du 'Japon que les pays manufacturiers d’Europe.S’il y a quelques-uns de nos produits qui puissent trouver des consommateurs au Japon, il est donc évident que nous sommes supérieurement placés pour les mettre sur ce marché.Or l’Angleterre vient de conclure avec le Japon un traité de commerce qui prendra pleine vigueur dans cinq ans, mais dont certaines dispositions sont exécutoires dès à présent.Naturellement, ces dispositions sont des concessions défaveurs en fait de tarif et elles sont à l’avantage de l’une ou de l’autre partie contractante ou bien des deux.A son- habitude, la Grande-Bretagne n’a stipulé que pour elle-même ; mais, contre son habitude, elle a eu, cette foiB, la sollic,itiide_da-si,ipnJer-que ses colonies autonomes pourront, si elles le désirent, devenir parties à ce traité.Sachons lui gré de cette délicate attention qui est, probablement, un résultat indirect de l’agitation des impérialistes.Il n’est si grand mal dont la Providence ne puisse tirer quelque bien.Dans les circonstances, il nous semble tout indiqué que le Canada doive s’empresser de donner son adhésion au traité—après l’avoir étu dié, bien entendu—pour voir s’il ne contiendrait pas quelque traquenard caché.Le Japon est, au moins, à demi-civilisé ; il a une population de quarante millions d’habitants ; son climat est à peu près le nôtre ; il serait extraordinaire que nous ne trouvions pas le moyen d’y vendre quelques-uns de nos produits naturels ou manufacturés.dans l’administration de nos affaires civiques.La législature de Québec a-t-elle voulu côntentér^une bonne fois ces gens là ! Peut-être.En tout cas, elle a laissé choir le bill de Montréal, qui a subi, avec une foule d’autres mesures, ce qu’on appelle le massacre des innocents.C’est-à-dire qu’elle a, pratiquement, refusé de se mêler de nos affaires.Eh bien, il n’est pas un de ceux qui criaient si fort contre son intervention, que l’on n’entende pas aujourd’hui se plaindre de son refus d’a mender telle ou telle clause de la charte, où ils étaient particulièrement intéressés.' La législature provinciale peut voir maintenant, comme le meunier de La Fontaine, qu’on ne peut pas contenter tout le monde ni tous les échevins.Pourtant, le reproche qu’on lui faisait était bien manifestement injuste.Si elle s’est jamais mêlée d’a-, mender notre charte, n’est-ce pas à la demande de nos échevins, d’abord, et ensuite de nos concitoyens en dehors du conseil 1 On avait, en 1884, croyons-nous, refait à neuf la LA CHAMBRE DE COMMERCE cette charte et nous administrer de notre mieux eu vertu des pouvoirs qu’elle nous conférait.Mais dès la retournés amender A M°ètiaal Nous avons entendu des Législature gens honnêtes et naïfs qui se faisaient l’écho du cri, poussé depuis un an ou deux, par quelques spéculateurs dont la législature de Québec gênait les petites affaires.C’est intolérable, disaient-ils, que la ville de Montréal ne puisse pas administrer ses propres affaires et que des députés qui n’ont aucun intérêt dans Montréal, viennent s’immiscer Québec pour la faire , et ils n’ont pas laissé passer de session depuis, sans y faire quelque changement.Au bout de quelque temps, les citoyens, voyant que les échevins s’arrangeaient pour obtenir les amendements nécessaires à leurs petites spéculations, voulurent se mettre de la partie.Et, de puis trois sessions, la législature, tiraillée d’un côté par certains échevins, d’un autre côté par d’autres échevins, dans un sens par les propriétaires fonciers, dans le sens opposé par les chevaliers du travail en tous sens par le commerce, la finance, les expropriés, les cotisés, les ligues, les anti-ligues etc., passait les trois quarts de son temps à essayer de mettie tous ces gens là d’accord.Elle à fini par y renoncer.Qui pourrait l’en blâmer t D’après un savant statisticien on consomme, en France seulement, deux milliards d’allumettes par jour.Même en n’évaluant le poids de chaque allumette qu’à un décigramme, on arrivé au chiffre respectable de 200 tonnes comme consommation journalière de l’article en question.D’après la même statistique c’est en Allemagne que l’on consomme le plus d’allumettes: douze par tète et par jour.En .Belgique on n’en oonsomme que neuf, en Angleterre huit et en France six.La date des élections annuelles de la Chambre de Commerce de Montréal (Board of Trade) approche et déjà le haut commerce commence à s’intéresser aux candidatures qui surgissent.s D’après les règlements de la chambre, les candidats sont d’abord mis en nomination.Cette mise en nomination peut se faire par deux membres de lachambre, qui mettent en nomination un candidat, sous leur signature ; le bulletin de no mination est affiché dans la salle des séances.Au jour fixé, la nomination officielle est faite en assemblée générale ; à partir de ce moment, aucune nouvelle nomination ne peut être acceptée.S’il n’y a qu’un seul candidat ou si le nombre des candidats est exactement le même que le nom bre des officiers à nommer pour une des charges électives, l’élection est déclarée faite par acclamation ; s’il y a plus de candidats que de postes ou plusieurs pour le même office, il est procédé au vote à une assem blée générale ultérieure.Le vote se fait au scrutin de liste.Jusqu’ici, les nominations affi chées sont : Pour la charge de président, M.James Cantlie.our ià charge de premier vice-président, M.John Torrance.Pour la charge du second vice-président, M.John McKergow.Pour la charge de trésorier, MM.C.F.Smith et Frank J.Hart.Pour le conseil composé de IJ membres, MM.Chs McLean, David Watson, Robert Meigheu, Henry Miles, Wm McNally ; W.C.McDonald, JohnGalt, D.A.McPherson J.Y.Gilmour, Abner Kingman, John Baird, David McFarlane, Robert Bickerdicke, Archibald Nicoll, Séraphin St Onge, Ewan McLennan.J.Alex.Stephenson, James A.Ren dell, E.S.Clouston, W.H.Meredith, John McKergow.Pour le bureau d’arbitrage, MM.W.W.Ogilvie, Robert Archer et E.B.Greenshields.Nous remarquons que les noms de membres canadiens français sont très rares dans ces listes.Est-ce que nos pégociants se désintéresseraient de cette puissante institution et renonceraient à y jouer le rôle qui leur appartient 1 MM.J.D.Rolland et A.Thibaudeau, qui font partie actuellement du conseil et qui ont pris une part très active et très appréciée à ses travaux,méritent bien la réélection.M.Chas Chaput, M.Edmond Quintal, M.JosHudon, M.H.Laporte ne représenteraient LE PRIX COURANT 619 ils pas admirablement le commerce d’épiceries où la nationalité canadienne française domine î Il a été d’usage pendant longtemps d’attribuer uue des vice-pré sidence à un canadien français ; pourquoi n’en mettrait-on pas un en nomination pour cette charge cette aimée 1 Nous espérons que, avant la clôture des nominations, nos compatriotes auront plus d’un candidat sur les rangs.NOS IMPORTATIONS Un des journaux français qui font une campagne active pour développer le commerce avec le Canada, le .Journal de la Bonneterie française, signale à l’attention de ses lecteurs un article d’une revue allemande qui passe en revue le commerce extérieur du Canada au point de vue des nationalités qu’il intéresse.Nous reproduisons cet article qui démontrera à nos'commerçants quel cas on fait, en Europe, de leur clientèle : Ce soutdes buns'articles couratibr qui s’importent généralement le mieux au Canada ; ceux d’une qualité tout à fait supérieure ne s’adressent qu’à un petit cercle d’acheteurs.On n’emploie guère au Canada les étoffes très légères si recherchées aux, Etats-Unis.Le goût canadien donne la préférence aux couleurs plus simples, mais il subit l’influence de la mode qui varie entre les provinces et de la ville à la campagne.La Grande-Bretàgne fournit de grandes quantités d’articles de coton ordinaires à bon marché ; les (ils en viennent presque exclusive ment.Les essais d’importations du fil à coudre allemand ont échoué ; l’Allemagne réussit bien, par contre, avec lés 'passementeries, les dentelles, les eolrde dentelles et les rubans.On reproche aux rideaux allemands leur défaut d’apprêts ; la Suisse fournit les belles qualités, l’Angleterre les ordinaires, alors que la matière première est souvent d’origine allemande.Les gants, les bas, les chaussettes arrivent surtout d’Allemagne, puis les vêtements de dessous de bonne qualité, ainsi que le bon linge, mais en moindre quantité.La Grande-Bretagne occupe le premier rang pour l’importation des cotons imprimés et des flanelles.L’industrie canadienne rend impossible des expéditions lucratives de corsets à bas prix ; mais la France et l’Allemagne en envoient de qualité supérieure et les Etats-Unis fournissent des modèles spéciaux.\ Les soieries viennent eu majeure partie des dépôts de Londres.L’Allemagne occupe le premier raug pour les articles de fantaisie, les broderies, les gants, les bas, les foulards, ainsi que pour les velours de soie.La France prend part à l’importation de la majorité des soieries, elle donne le tou pour( le goût en géné- j rai et notamment pour'les articles , façonnés, puis viennent la Suisse, un peu la Belgique, l’Autriche et les Etats-Unis.Les mouchoirs de; soie à bas prix, du Japon ont presque absolument évincé l’importation allemande.Les fourreurs canadiens emploient beaucoup de doublures demi soie.L’Allemagne prend une part importante au commerce des articles! de lainages de fantaisie et des bon I nés étoffes pour vêtements de dames.Les étoffes demi-laine d’Allemagne, ayant de l’apparence, s’importent bieu aussi, les peignoirs de même.Le beau drap feutré-pour vêtements et le feutre pour doublures se vendent beaucoup, notamment l’article allemand ; le feutre pour couvertures vient des Etats-Unis.Jusqu’ici l’Allemagne l’emporte pour les costumes d’enfants, les manteaux de dames et les jaquettes de bonne qualité ; l’Angleterre qui fournissait déjà la plus grande partie des articles ordinaires, commence à introduire sur le marché des articles de meilleure qualité età des prix modérés.La Grande-Bretagne fournit aussi la masse des couvertures bon marché, des coatings, et overcoatings, pour lesquels l’article allemand est à la fois trop bon et trop cher.L’Allemagne lutte avec l’Angleterre, la Suisse et la France pour les vêtements de dessous et les bas.Les fils de laine allemands sont très appréciés, ceux de France aussi ; c’est la Grande-Bretagne qui fournit la consommation des fils bon marché.On fabrique au Canada même beaucoup de tapis à bas prix, mais l’industrie nationale est loin de suffire aux demandes et c’est l’Angleterre qui comble presque toute la différence.Cette dernière livre les toiles communes, l’Allemagne envoie quelques bonnes sortes de nappes, de serviettes et de draps.Nona rappelons à nos abonnés que le prix de l’abonnement est strictement payable d’avance.LA PULPE DE BOIS ___________ M.Lefebvre, qui a su faire autour de son étude sur la pulpe de bois ! un bruit considérable, par une publi-i cité admirablement entendue, paraît avoir laissé dans un certain public l'impression que, malgré tout, il serait avantageux pour le pays d’imposer un droit différentiel sur le bois de pulpe, eu faveur du bois destiné à être travaillé au Canada.A Québec, M.Joly de Lotbinière s’est fait l’écho de tousTSs partisans de la conservation de nos forêts ; il a écrit aux journaux de la capitale uue longue lettre où il démontre avec quelle rapidité les Américains, pour conserver les restes de leurs forêts, vont dépouiller les nôtres de leurs plus précieuses essences.Et, ce n’est, pas seulement sur le bois de pulpe qn’ibvoudrait voir imposer un droit différentiel, mais sur tout le bois en général.M.Joly de Lotbinière est logique et pratique, tandis que ceux qui ne songent qu’au bois de pulpe no sont ni l’un ni l’autre.Examinons un peu la situation et voyons quel serait l’effet de l’imposition d’un droit de coupe différentiel sur le bois de pulpe destiné à l’exportation.Nous avons déjà démontré, en citant les textes, que le premier effet serait de faire retomber nos exportations de bois aux Etats-Unis sous le régime du tarif McKinley.Qu’à cela ne tienne, diront peut-être quelques uns ; ce sera encore mieux pour nous puisque nos forêts nous seront conservées plus longtemps.Malheureusement, le tarif McKinley ne se prête pas à cette illusion.Hous ce tarif, les bois en grume, les billots étaient admis en franchise ; les droits ne portaient que sur les bois sciés.Il permettait aux Américains de couper des billots sur toutes les rivières canadiennes qui ont leur source dans les grands lacs, pour les transporter ensuite à leurs scieries, aux Etats-Unis, où ces billots étaient convertis en madriers, eu planches, en bois de charpente etc.Le tarif McKinley laissait entrer notre bois en franchise, mais il mettait un impôt sur le travail des ouvriers canadiens.Aujourd’hui que le bois scié est aussi admis en franchise, nos pouvoirs d’eau, notre main-d’œuvre, vont être utilisés, parcequ’ils coûtent moins cher, et cela sera toujours autant de pris pour nous.Imposons un droit différentiel sur le bols de pulpe, et notre bois continuera à être exporté aux Etats- 620 LE PRIX GOURANT Unis, mais à l’état brut et nos ouvriers seront sans ouvrage.Il faut donc, ou s’abstenir et laisser les choses en l’état, ou bien alors prendre les moyens nécessairespour protéger efficacement nos forêts.Ces moyens sont : ou le rétablissement du droit d’exportation sur les billots, mesure qui ressort du gouvernement fédéral, ou l’imposition par toutes les provinces d’un droit de coupe différentiel sur les bois destinés à être exportés bruts.Le droit d’exportation a été en vigueur pendant une couple d’années ; mais, immédiatement, les Etats Unis ont, en guise de représailles, doublé le droit sur nos bois ouvrés.C'était bien l’idéal que cherchent en ce moment M.Joly de Lotbinière, W.Little, et leur école ; mais il n’a pas eu de durée.La pression exercée sur notre gouvernement fédéral a été telle qu’aux premières propositions de conciliation venues de Washington, il a cédé ; il a aboli le droit d’exportation sur la promesse d’une réduction de moitié dans les droits sur les bois ouvrés.Est-il mieux placé aujourd’hui —poui^résister-îVeette-pression T Voilà ce qu’il faudrait savoir avant tout, car il ne peut y avoir d’efficacité pour les mesures que l’on propose que.dans un accord complet entre le gouvernement fédéral et les provinces sur ce point de politique.Quand à la thèse de M.Lefebvre, en faveur de l’expansion de l’indus trie de la pulpe, M.Joly de Lotbinière y est opposé eu principe, parcequ’elle détruit les jeunes arbres qui avaient été épargnés par les marchands de bois et qui étaient destinés à reconstituer la forêt ; il ne l’admet que sur les terres à coloniser, comme moyen pour les colons de tirer parti des petits bois, qu’ils sont obligés débattre avec les bois marchands pour défricher leurs terres.D’ailleurs, il y avait une exagération ridicule dans le tableau que nous dépeignait M.Lefebvre : les Américains n’achetant plus notre pulpe, qui est chargée d’un droit de $2.50 par tonne ; important en franchise notre bois, qu’ils convertis saient en pulpe chez eux pour nous le renvoyer sous forme de papier.Lé fait est que, même sous le régime du tarif McKinley, nous exportions, aux Etats Unis, plus de pulpe que de bois à pulpe.Aujourd’hui, je droit u’étant que de $1.20 (10 p.e.ad valorem) par tonne, n’est qu’à peine l’équivalent de la différence du prix de transport entre le bois de pulpe et la pulpe elle-même.Il y a donc tout lieu de croire que l’exportation du bois de pulpe va dé croître naturellement, tandis que l’exportation de la pulpe augmen tera, et que la première ne pourra plus être lucrative qu’au cas où un moulin à pulpe s’établirait aux Etats-Unis, sur la frontière, pour pouvoir tirer ses bois de chez nous sans frais de transport.Et nous pouvons espérer que nous verrons notre industrie prospérer sans qu’il soit nécessaire de créer un conflit entre 1e gouvernement fédéral et celui de la province, ni de bouleverser toute l’économie du commerce de bois de service entre le Canada et les Etats-Unis.MODES ET NOUVEAUTES LAINES Marché d’Anvers.— Quoique, les avis des différents marchés producteurs annoncent peu de changement dans les prix, on accuse même de la fermeté d’Australie, notre marché a eu de la peine à se -soutenir aux coûts de samedi dër~ nier.On remarque cependant-qjr’il n’y a guère de vendeurs que contre importations, tandis que le découvert profite des cours actuels pour racheter.' , Ventes de la semaine: 1,485,000 kilos peigné B et 375 balles laines.Quantités expertisées de la se maine : 152,000 kilos peigné B et.balleS laines.Arrêté .sur janvier : 12 filières peigné B et 7 fil.suint.COTONS Marché de Manchester.—Par suite des rapports faibles de Liverpool et de New-York, notre marché de filés s’est tenu bien calme pendant toute la semaine qui vient de s’écouler.La tendance faible s’est encore un peu accentuée depuis lundi, mardi et aujourd’hui, quand il a été question de quantités d’une certaine importance pour des filés Louisiane en numéros moyens, de petites réductions de 1/16 ont pu être obtenues.Plusieurs bonnes affaires pour le continent ont été traitées ces derniers jours, mais des marchés asiatiques la demande a été peu importante.Filés Jumel, simples et doubles, se maintiennent non seulement très fermes, mais en beaucoup de cas, particulièrement si les filateurs sont assez bien pourvus d’ordres, on de-maude une avance sur les prix de la semaine passée, cette avance étant motivée par les rapports conti- nuellement défavorables sur la'ré coite du coton en Egypte.Les ventes de la semaine à Liver pool, se montent à 52,600 balles.SOIES Marché de Lyon—A-la date où nous sommes, beaucoup de maisons font leur inventaire ou un relevé de leur situation.Aussi longtemps que dure cette opération, tout achat qui n’est pas indispensable est ren voyé à„ plus tard.Cette année, et contrairement à nos prévisions, nous avons-tout lieu de croire d’après ce qui se passe qu’il n’en sera pas tout à fait ainsi.Ce qui nous le fait espérer, c’est que pendant cette courte semaine de Noël, les transactions ont été aussi animées que par le passé, ce qui est un bon indice pour celle du jour de l’an qui va suivre.De cette excellente attitude, qui n’est point particulière seule ment à notre place, mais bien à presque tous les marchés, il est résulté un mieux très sensible, un sentiment meilleur de la situation qui s’est traduit par une plus grande fermeté de nos cours, et même par une légère hausse sur les genres les plus demandés- - A propos de notre Fabrique, dit le Moniteur des Soies, nous avons épuisé tous les qualificatifs pour dé peindre l’état excellent daus lequel elle se trouve.Il y a bien eu un petit nuage du côté de la main-d’œuvre, mais à l’heure qu’il est, il a passé, et un accord complet est intervenu entre nos fabricants et leurs ouvriers.Des Etats-Unis, il ne nous arrive que de bonnes nouvelles.Les Américains ont trajté dernièrement au Japon plus de 2,000 balles Si l’on veut comparer la quantité de matière première achetée çette année avec celle de la campagne précé dente, on pourra se faire une idée exacte de l’amélioration survenue dans ce pays depuis quelque temps, et combien on a raison de compter sur lui pour l’avenir.Unnég)ciant en bois de Marseilles, France, a écrit à la Chambre de Commerce Française de Montréal, pour d( -mander d’être mis en relations avec un exportateur de bois du Canada.Il y a dix ans, l’Argentine cultivait en blé 243,500 hectares ; en 1892, elle en avait 1,322,000 et en 1893, 1,983,000.On estime la superficie ensemencée en 1894 a été de 2,974,000 hectares, soit 7,436,250 acres.Il y a dix ans, l’Argentine exportait 60,000 tonneaux de Dlé ; en 1890, elle en a exporté 328,000 ; en 1893, 1,000,137 ; et, pendant les six premiers mois de 1894, 1,029,546 tonneaux, soit 38,402,165 minots. LE PRIX COURANT 1/MX POSITION DK BORDEAUX Eu disant un mot, l’autre jour, à propos d’un article de La Presse, de la prochaine exposition de Bordeaux, nous avons promis de revenir sur le sujet ; nous y voici.% La Société Philomathique de Bordeaux, qu iorganise cette exposition, est, comme son nom l’indique, une société fondée pour l’encouragement des sciences, des arts,
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