Cinéma Québec, 1 janvier 1973, Mars - Avril
in Vol.2,'Nos 6/7 Geneviève Bujold parle de Kamouraska Vers un renouveau du cinéma français ?Les Amérindiens et la Baie James vus par.¦V.’éÆ.-y ’.'k -zs-:.- ¦ ’*¦ VIDEOTHEATRE TOUS LES SOIRS, SAUF LE LUNDI, A 20 HEURES ISOLOIRS A VIDEO CASSETTES SERVICE CONTINU ATELIERS DE PRODUCTION SOIXANTE-DIX VIDEOGRAMMES A VOTRE DISPOSITION Niidi® POTTERTON PRODUCTIONS INC.CASE POSTALE 948 NIVEAU 3 PLACE BONAVENTURE MONTREAL QUEBEC (514) 875-6470 UN LABORATOIRE AVEC INSTALLATION COMPLETE POUR LA COULEUR.EASTMAN COLOR — TOUS LES EKTACHROME 16MM.35MM - 16MM - SUPER 8MM BANDE MAGNETIQUE TRANSFERT OPTIQUE LE PREMIER LABORATOIRE CINEMATOGRAPHIQUE A MONTREAL POSSEDANT L'ANALYSEUR DE COULEURS TRANSISTORISE HAZELTINE POUR CORRECTIONS DE COULEURS DE SCENE A SCENE.INSTALLATION COMPLETE POUR LE NOIR ET BLANC.LES LABORATOIRES DE FILM QUÉBEC 265 OUEST RUE VITRE, MONTREAL • QUEBEC (5I4) 861-5483 Votre prochaine production cinématographique est-elle pleinement assurée?Nous pouvons assurer les dépenses imprévues résultant de: .Blessures, maladies ou mort d'un interprète.Dommages aux: accessoires, décors ou costumes, équipement, à la propriété d'autrui, négatifs, caméras, pellicules, son ou développement défectueux.Dépenses additionnelles.Responsabilité compréhensive des producteurs incluant erreurs et omissions.Veuillez communiquer avec M.Michel Labelle Seymour Alper & Companie Ltée 5165 Queen Mary Road, 3e étage Montréal 248, Québec, 489-8601 Nous nous spécialisons en assurance de productions cinématographiques INSURANCE BROKERS f cinema qucbcc ont pris la parole dans ce numéro: Marie-Claire Blais, Yves Boisset, Geneviève Bujold, Pierre Demers, Rock Demers, Michel Euvrard, Jean-Pierre Fournier, Guy Hennebelle, Claude Jutra, André Laplante, Francine Laurendeau, Jean Leduc, André Leroux, Gilles Marsolais, Jean-Guy Noel, Boyce Richardson, André St-Jacques, Jean-Pierre Tadros, Claude Weisz.sommaire mars/avril 1973 un numéro de 84 pages Vol.2, Nos 6/7 Photo couverture: Geneviève Bujold dans une scène de Kamouraska de Claude Jutra Les scénaristes ont la parole 9 Gilles Richer et la comédie québécoise Kamouraska 11 “Le rôle d’acteur, malheureusement.”, une entrevue avec Geneviève Bujold par Michel Euvrard 15 “Une espèce de joie dans la création”, une entrevue avec Claude Jutra par Jean-Pierre Tadros Direction: Jean-Pierre Tadros Comité de rédaction: Michel Euvrard, Richard Gay, André Leroux, Jean-Pierre Tadros Collaborateurs: Pierre Demers, Jean Leduc, Gilles Marsolais, André Pâquet Administration, publicité: Connie Tadros Conception graphique: Louis Charpentier Secrétariat: Louise Deslauriers Archiviste: Francesca Pozzi Distribution: Kiosques, tabagies: 931-4221 j.Librairies: 272-8462 Index: Cinéma/Québec est indexé dans Pé-riodex, Radar et l’Index international des revues de cinéma.Abonnements: Canada, un an (10 numéros): $6.50; étudiant: $5.00.Etats-Unis, ajouter un dollar Etranger, un an (10 numéros): $9.00; étudiant $7.00.Adresser chèques et mandats' poste à l’ordre de: Cinéma/Québec IC.P.309, Station Outremont Montréal 154, Québec.Téléphone: (514) 272-1058 La revue s’engage à considérer avec la plus grande attention tous les manuscrits qui lui seront adressés.Les manuscrits 1 non acceptés ne seront rendus à leurs auteurs que si ces derniers en font la ! demande.La revue n’est pas responsable : des manuscrits qui lui sont envoyés.Tous droits réservés.Toute reproduction ¦; d’un extrait quelconque de la revue par quelque procédé que ce soit, et notam-mentipar photocopie et microfilm, est i interdite sans autorisation spéciale de j la direction.Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 2583.Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec.Vers un renouveau du cinéma français?21 Entre l’ultragauchisme délirant et le révisionnisme masqué par Guy Hennebelle 27 Le vedettariat à la rescousse du cinéma (politique), une entrevue avec Yves Boisset Une saison dans la vie d’Emmanuel 29 Une tragédie classique, des entrevues avec Claude Weisz et Marie-Claire Blais Tu brûles.Tu brûles.34 Une petite histoire sans moralité, par Jean-Guy Noël Chissibi 38 Les Amérindiens de la Baie James, par Gilles Marsolais 39 Jean-Pierre Fournier et Boyce Richardson dans une aventure peu banale à la Baie James, une entrevue de Marsolais et Laplante 43 La Baie James: un détail?, par Gilles Marsolais Les montreurs d’images 45 Rock Demers: une leçon de ténacité, une entrevue de Michel Euvrard La mort d’un bûcheron/Taureau 50 A la recherche du père et d’un film, par Jean-Pierre Tadros Critiques 52 The Emigrants 53 Le charme discret de la bourgeoisie 54 The Rowdyman 54 Come on Children 55 César et Rosalie 57 Chez nous, c’est chez nous 57 Guérissez-nous du mal 58 Heat Un supplément de 24 pages sur le Cinéma sénégalais cinéma/québec 3 informations / notes documents L’affaire Gilles Groulx (bis) “Vingt-quatre heures ou plus, au lieu d’appartenir à l’histoire du cinéma, appartiendra désormais à l’histoire de la censure.” C’est en ces termes que Gilles Groulx devait annoncer son intention “définitive” d’abandonner la réalisation de son dernier long métrage, produit par l’Office national du film.Lors d’une mini-conférence de presse improvisée qu’il allait donner dans sa retraite de Pointe Saint-Charles le 28 février, Gilles Groulx allait préciser que la mauvaise foi dont avait fait preuve l'ONF depuis la levée de l’interdiction qui avait momentanément frappé son film l’obligeait à mettre abruptement un terme à sa participation au film.“Et comme le contrat qui me lie à l’ONF leur donne tous les droits sur mon film, je présume qu’ils feront ce que bon leur semble de Vingt-quatre heures ou plus”, ajoutera-t-il, apparemment résigné.On se rappelle que le 7 décembre, le commissaire du gouvernement à la cinématographie et président de l’ONF, M.Sydney Newman, décidait unilatéralement d’interrompre la réalisation du long métrage Vingt-quatre heures ou plus que Gilles Groulx réalisait par contrat, pour l’organisme d’Etat.La raison invoquée alors par M.Newman se résumait à ceci: C’est qu’un organisme d’Etat ne pouvait permettre la production d’un film préconisant la destruction des institutions établies.Le violent débat qui devait s'ensuivre, et le fait qu’il avait interdit un film avant qu'il ne soit achevé, avait amené M.Newman à revenir, une semaine plus tard sur sa décision.Le réalisateur pouvait alors terminer son film.Gilles Groulx tient à préciser que ni lui, pas plus que M.Newman d’ailleurs, ne s’étaient alors engagés ou n'avaient exigé d’apporter des modifications au film.Cependant, à la suite des remarques provoquées par les vision-nements qu'on avait alors organisés en hâte, Gilles Groulx avait décidé, (encouragé en cela par son producteur, Paul Larose, et par le directeur de la production française, Yves Leduc) d’apporter certaines précisions au niveau du commentaire du film.“Ces précisions, nous dira Gilles Groulx, n’ont fait que renforcer le film dans sa détermination et son optimisme libérateur, puisqu’il rendait plus clair des passages que certains trouvaient un peu obscurs.Je suis donc très content de ces modifications.” Cependant, nous fera remarquer Gilles Groulx, “à la demande du directeur de la production française, Yves Leduc, j’avais décidé d’interrompre mon travail sur le film durant la durée des discussions que je devais avoir avec lui concernant ces changements.Il avait décidé que je serais rémunéré pour ce travail supplémentaire, ou si vous le voulez pour ce laps de temps.Et je l’ai cru.Ces discussions ont duré un mois.Si l'on ajoute la semaine d’interdiction, j'ai donc perdu cinq semaines de travail.Yves Leduc s’est donc engagé à me verser une somme additionnelle de $1,000, somme inférieure à celle qu’aurait touchée un permanent de l’ONF pour une période équivalente.J’ai donc signé un amendement à mon contrat, préparé par Yves Leduc, et qui aurait permis à l'CNF de me verser cette somme additionnelle.Seulement, et seulement après avoir perdu tout ce temps, il m’annonce que la Direction ne veut pas ratifier cet accord.” “Ce qui m'étonne, poursuit Gilles Groulx, c’est qu’un directeur de la production ne respecte pas sa parole, et ait si peu de pouvoir.D’ailleurs pour une somme aussi minime, il était en son pouvoir de débloquer les fonds nécessaires sans en référer aux autorités supérieures.Pour moi, je crois qu’on veut me faire payer d'avoir réalisé un film qui prône un “opti-misme libérateur”, ce qu’ils avaient interprété d’une toute autre façon.En tout cas, comme tactique, c’est plus subtil que la censure, parce qu’on t’amène à un point où tu ne peux plus rien faire, où tu te trouves toi-même obligé de tout lâcher.Maintenant je me cherche du travail parce que je n’ai plus un sou.En fait, j’aimerais bien quitter pour un bout de temps le Québec, question de respirer un peu d’air frais.” L’ONF s’est refusé à tout commentaire à ce sujet.M.Yves Leduc nous avait informé, à la suite de la révélation de la décision de Gilles Groulx 1110 bleury montréal#871-0197 4 mars/avril 1973 de ne plus poursuivre son film — révélation faite par l’hebdomadaire Québec-Presse — qu’un communiqué viendrait préciser la position de i’ONF au sujet de cette affaire.Aucun communiqué n’a cependant été émis.fj il ! É je On apprend également que le groupe Société nouvelle de l'ONF, dont la vocation est de promouvoir des changements sociaux en mettant l’audio-visuel à la portée des minorités, avait pris énergiquement position, dès le 19 décembre, contre l'interdiction qui avait frappé le film de Gilles Groulx.Dans un communiqué qui n'a jamais été distribué, donc ren-du public (la levee de F interdiction en aurait été la cause), le groupe Société nouvelle faisait remarquer que le geste du président de l’ONF allait à l’encontre des principes de la démocratie, celle-ci donnant précisément aux minorités le droit de s’exprimer.Il est à noter qu’une communication interne émanant du président de l'ONF avait rappelé à tous les employés de l’ONF qu’il était strictement interdit de critiquer pu-! bliquement une décision prise par les autorités de l’ONF.| C’est pour avoir enfreint ce règlement que Clément Perron, le réalisateur de "Taureau”, avait été menacé d’être suspendu, et cela quelque temps avant le lancement de son film.La raison: la publication dans le journal syndical de l'ONF, "Le Corridor”, d'une critique de l’action de M.Newman.lier Jean-Pierre Tadros a su- France-Film et le cinéma régional Le 28 janvier 1973, on apprenait que le propriétaire de sept salles de cinéma du Saguenay, M.Léo Choquette (3 salles à Chicoutimi, 3 salles à Jon-quière et 1 salle à Bagot-ville) vendait tout ce petit monopole à la compagnie montréalaise France Film.Le 28 février, un autre petit coup de théâtre dans le monde cinématographique régional.La compagnie américaine Famous Players construira trois nouvelles salles de cinéma (2 de 600 places et 1 de 150 places pour "les bons films difficiles” dit-on) à l’intérieur du second centre d’achat de Chicoutimi, "Place du Royaume”.Comme les centres d'achat poussent comme des champignons dans la région, on peut prévoir que les autres grosses compagnies de distribution et d’exploitation cinématographique viendront faire leur tour avant longtemps.De plus, le directeur du poste privé de télévision de Chicoutimi (CJPM-TV, affilié au réseau TVA), Jean-Paul Audet, fait actuellement des démarches pour obtenir un permis d’exploitation du premier “ciné-parc” régional.Les spectateurs de la région du Saguenay pourront-ils enfin choisir leurs films comme dans les au- tres régions urbaines du Québec?Pierre Demers Québec et la loi-cadre Le gouvernement a officiellement annoncé, dans son discours du Trône, qu’il entendait proposer à l’Assemblée Nationale un projet de loi visant la création d’un Centre cinématographique au Québec.Interrogé sur les ondes de CKAC, M.Robert Bou-rassa avait auparavant déclaré que son gouvernement considérait le cinéma comme un mode privilégié d’expression culturelle et qu’il envisageait en conséquence de prendre des mesures qui encourageraient l’industrie cinématographique québécoise."Ce que nous proposons aux Québécois, a déclaré M.Bourassa, nous semble l'option la plus réaliste et en même temps la plus réformatrice, en tenant compte du contexte nord-américain, à savoir avoir cette souveraineté ou cette autonomie culturelle à l’intérieur d’un fédéralisme économique.C’est ce que j’ai dit il y a plusieurs mois et c’est ce que je maintiens: il n’y a aucune contradiction entre un régime fédéral qui fonctionne et la possession d’outils culturels.” "A cet égard, a poursuivi le premier ministre, on peut prendre l’exemple du cinéma québécois, qui a fait ses preuves, et dont la production dans l’ensemble est en général ex- trêmement valable.C'est pourquoi le gouvernement du Québec a l’intention de faire sa part et de favoriser le progrès et l’expansion de notre cinéma.” "Ainsi, l’identité québé- ASSURANCE FILMS êtes-vous assurés d'une protection adéquate?Pour vous rassurer consultez un spécialiste pour tout genre de productions cinématographiques 2360 Lucerne Montréal 305 (514) 735-2579 MICHAEL DEVINE ET ASSOCIES LTEE LES PRODUCTIONS PRISMA INC 4073 ST HUBERT MONTRÉAL 176 QUE TÉL (514) 526-7768 cinéma/québec 5 coise pourra-t-eüe s'affirmer d'une façon vigoureuse et positive, que ce soit à l’intérieur du Québec, dans le contexte canadien ou à l'extérieur du Canada.Je pense que nous pouvons produire des films éminemment exportables." "L'impact social du cinéma est très important: nous pouvons avoir des possibilités considérables d’influencer notre avenir culturel avec ce mode d'expression.D'autre part, il y a également toute l’incidence économique de l’industrie cinématographique, dont le chiffre d'affaires s'établit au Québec à 100 millions de dollars par an et qui occupe à l’heure actuelle environ 6,000 personnes.On sait que d’après des recherches menées par le célèbre Hudson institute l’industrie des biens culturels, dont le cinéma, fera partie d’ici quelques années du groupe des dix industries de pointe commandant le chiffre d’affaires le plus considérable." "On doit constater que cette expansion a déjà commencé au Québec puisque nous avons produit 25 longs métrages en 1972, contre 12 en 1971.Or, le gouvernement du Québec, qui possède maintenant plus de moyens fi- Réalisé par une équipe de journalistes dynamiques bien connus Ecnnn 72 la nom elle reçue de cinéma coua présente chaque mois toute l'actualité cinématographique études entretiens critiques informations b and b éditions (¦ity ('.enter liait 11.rue Richer Haris 9e nanciers qu’il y a quelque temps est donc justifié d’accorder une attention toute spéciale à l’expansion et à la qualité du cinéma québécois.J'en discute à l’heure actuelle avec le ministre des affaires culturelles.M.Cloutier.’’ ‘‘Nous envisageons différentes formules, comme par exemple, un centre cinématographique du Québec, qu! nous permettrait de jouer ‘ un rôle accru pour encourager l'industrie cinématographique québécoise.” La Fédération de l’industrie québécoise du cinéma, qui regroupe associations professionnelles et syndicats, a réagi favorablement à cette prise de position officielle du gouvernement québécois.Elle s'est réjouie également à l’annonce de la création future d’un Centre cinématographique au Québec.Elle a tenu cependant à rappeler que ce Centre, pour qu’il réponde aux voeux de l’industrie du cinéma, se devait d’être autonome et co-géré par des fonctionnaires du gouvernement et des membres de l’industrie.Ce sont là, devaient déclarer des représentants de la Fédération lors d'une conférence de presse, deux exigences fondamentales.Le projet de loi devrait être présenté dans le courant du mois de mai.Censure (ter) L’Escouade de la moralité de la Communauté urbaine de Montréal a décidé de s’ériger en censeur.Ses fins limiers ayant jugé Sex and the Office Gril obscène, ils ont fait une petite descente au cinéma Eve, ont arrêté le gérant et le projectionniste (qu’ils allaient détenir pendant deux heures) et une semaine plus tard porteront contre le film une charge d'obscénité.Le film était pourtant dûment approuvé par le Bureau de surveillance du cinéma, qui lui avait donné la cote 6 “18 ans”.Une fois de plus, l’autorité du BSC était remise en question par les autorités municipales.La Fédération de l’industrie québécoise du cinéma a violemment réagi contre cette saisie qu’elle ne comprend pas.Une délégation de cette Fédération allait être reçue par Me Jérôme Choquette, ministre de la Justice, qui allait donner l’assurance qu’un remède serait apporté.Le lendemain, la police de Laval saisissait à son tour Sex and the Office Girl! A suivre.Semaine québécoise Le Cegep de St-Laurent organise du 2 au 7 avril une semaine de cinéma québécois.Les organisateurs s’étaient fixés comme objectif d’établir une programmation qui recouperait les diverses tendances du cinéma québécois tout en créant un cadre qui favoriserait les rencontres a-vec les artisans de ce cinéma.En voici le programme.Lundi 2 avril Film expérimental et d'animation (13h); César et son canot d’écorce de Bernard Gosselin (16h); Soirée Jean-Claude Labrecque (19h30).Mardi 3 avril Cinéma nàif et comique: Cain de Pierre Patry (11 h); La petite Aurore, enfant martyre de J.Y.Bigras (13h30); Avec tambours et trompettes de Marcel Carrière (15h30); Deux femmes en or de Claude Fournier (16h); IXE 13 de Jacques Godbout (20h).Mercredi 4 avril Journée de l’Association coopérative des productions audiovisuelles: Le retour de l’Immaculée-Conception d’André Forcier (10h); Isis au 8 d’Alain Chartrand (12h); Il faut crier plus fort de B.Carrière, et Sur la lune de P.Tana (14h); Tête au neutre de J.Gagné (16h); Le loup blanc de B.Sauriol et La vie rêvée de Mireille Dansereau (19h30).tous les mois - 3,50 F cinema - A / la plus importante /revue de cinéma d’Europe éditée par la Fédération Française des Ciné-clubs.6, rue Ordener - Paris (18e) Abonnement un an: France:34 F Etranger: 42 F C.C.P.53.97-81 - Paris.La maison de location la plus grande et la plus complète au Canada CINÉVISICSN Distributeurs canadiens exclusifs pour: —PA NA VISION Panavision Reflex Blimps portatifs — Pan — Arris cinéma/québec 7 Jeudi 5 avril Cinéma dit “politique" et d'animation sociale: Tout l’temps, tout l’temps de Fernand Dansereau (10h); Québec: Duplessis et après de Denys Arcand (12h); Entre tu et vous de Gilles Groulx (15h); C'est par l’argent qui manque de Robert Favreau (17h); Tendresse ordinaire de Jacques Leduc (20h).A 18h, table ronde avec Gilles Groulx, Robert Favreau, Arthur Lamothe, Roger Frap-pier et Pierre Perrault.Vendredi 6 avril Un pays sans bon sens de Pierre Perrault (10h); Il faut aller parmi l’monde pour le savoir de Fernand Dansereau (13h); Le mépris n’aura qu’un temps d’Arthur Lamothe (15); Tu brûles.Tu brûles.de Jean-Guy Noël (20h).Samedi 7 avril La maudite galette de Denys Arcand (10h); On est loin du soleil de Jacques Leduc (12h); La vraie nature de Bernadette de Gilles Carie (14h).A 16h, table ronde sur “le cinéma et la critique".L’ONF présente à l’Outremont le moyen métrage de Pierre Maheu, Le bonhomme, réalisé dans le cadre du programme Société nouvelle/Challenge for Change.Les projections ont lieu du lundi au samedi à 16h30, du 24 mars au 7 avril.On pourra ensuite se procurer des copies du film dans les bureaux de l’ONF.En complément de programme on pourra voir Françoise Durocher, waitress d’André Brassard.Notes La suite de l’étude de Robert Boissonnault sur “L’évolution des cinéastes québécois” a été reportée à notre prochain numéro en raison de l’abondance des articles que nous devions faire passer ici.le bilan sur l’industrie du cinéma québécois, que nous avions promis à nos lecteurs, paraîtra dans la dernière semaine d’avril.rimouski 8 et 7 mai sherbrooke 2 avril trois-rivières 11,12 et 14 avril saint-hyacinthe et québec montréal 5 avril Chicoutimi 25 et 26 avril pour tous ' V 'je l’office national du film du canada présente tendresse ordinaire un film de jacques leduc avec esther auger jocelyn bérubé luce guilbeault lAvantrScene la plus importante collection internationale de pièces de Théâtre et de Films BON POUR UN EXEMPLAIRE RÉCENT GRATUIT accompagné de notre catalogue complet ¦ ” L'Avant Scène” a édité 800 pièces et 180 films.¦ Textes intégraux et photos.Le numéro 5 F.(Etr.6.50 F.) ¦ 15 000 abonnés dans 65 pays 27.rue Saint André des-Arts.Paris 6' - C C P.Pans 7353.00 que pensez-vous de la critique?La critique cinématographique québécoise s’est retrouvée brusquement au centre d’un débat dont la violence aura surpris.Ce débat aura cependant eu le mérite de mettre en évidence le rôle et l’importance de cette critique dans l’évolution et la survie du cinéma québécois.Aussi, pour mieux évaluer le rôle de notre critique cinématographique, la revue “Cinéma/Québec” a-t-elle décidé d’entreprendre une enquête auprès de ceux qui demeurent en tout premier lieu concernés par ce débat: les spectateurs.Nous invitons donc tous ceux que le cinéma intéresse à répondre à ce questionnaire.Libre à chacun de répondre brièvement ou longuement, de s’en tenir ou de déborder le cadre des questions posées.Il est important cependant que le plus grand nombre prenne la parole.Peut-être serons-nous alors en mesure de dégager l’importance véritable et le rôle de la critique de cinéma au Québec.Le résultat de cette enquête paraîtra dans un prochain numéro de "Cinéma/Québec”.Questionnaire 1- Lisez-vous les critiques de films?2- Vous fiez-vous à l’opinion de la critique avant d’aller voir un film?Dans certains cas seulement?3- Lisez-vous seulement la critique d’un film après l’avoir vu?4- Lisez-vous la critique américaine9 française?5- Etes-vous amenés à comparer ces différentes critiques?6- Vous fiez-vous davantage à la critique étrangère qu’à celle d’ici?Pourquoi?7- Qu’est-ce qui vous influence le plus dans le choix d’un film?8- Certaines formes de critique vous apparaissent-elles plus importantes que d’autres?9- Vous fiez-vous à la publicité?10- Quel serait pour vous le critique idéal?Envoyez vos réponses et commentaires à Cinéma/Québec 8 mars/avril 1973 les scénaristes ont la parole Gilles Richer et la comédie québécoise Ce qui m’importe avant tout c’est de faire rire le monde, et quand je dis “le monde”, je veux dire “le vrai monde”.Mais faire rire, qu’est-ce que cela veut dire au juste?Il n’y a pas de définition infaillible, il n’y en a jamais eu.Mais disons que le rire, pour moi, est avant tout à base de défrustration.C'est-à-dire que vous créez une situation, à l'intérieur de laquelle vous mettez des personnages que vous faites réagir comme la majorité des gens auraient aimé réagir mais n’en ont pas eu le culot, le courage.Quelqu’un de civilisé, d’éduqué, d’intelligent apprend à contrôler ses réactions; ça ne veut pas dire qu’il n’est pas frustré, tout au contraire.Le monde se défrustrera donc par personne interposée, à travers la vedette qui, elle, a des réactions spontanées et saines vis-à-vis les malheurs qui lui arrivent.Est-ce que j’ai trop utilisé le thème nationaliste dans mes films?Je dois dire tout d’abord que ce thème se prêtait mal comme argument à toute une série télévisée.C’est la raison pour laquelle je l’ai rarement utilisé à la télévision.Mais si vous faites du cinéma québécois (et je ne crois pas faire du cinéma nationaliste mais de la comédie québécoise) alors il n’y a personne au Québec qui ne soit conscient du problème anglais-français, du problème des langues.Cela fait partie intrinsèque des problèmes d’un Québécois.Et si j’ai fait deux films là-dessus, c’est que j’avais deux idées de films “nationalistes”.Mon premier, Tiens-toi bien.montrait les Québécois aux prises avec un patron anglais; J’ai mon voyage montre des Québécois qui sortent du Québec et qui se trouvent aux prises a-vec le reste du Canada.C’est tout, il n’y a pas de message.Ou plutôt si, il y en a un: Riez! Comment j’écris mes scénarios?Je commence par écrire une phrase: ça c’est mon film.J’écris ensuite trois pages: c’est l’histoire du film.Puis quinze pages: c’est ce qui va se passer durant le film, comment l’histoire va se développer.Après, j’écris quarante pages dans lesquelles je mets tout ce qui va se passer.Finalement j’écris mes cent cinquante pages qui représentent le scénario définitif avec tous les dialogues.J’écris donc à partir d’une ligne, d’un argument initial.Mon film n’est pas conçu comme une suite de scènes; cela pourrait paraître comme ça, mais le film n’est sûrement pas pensé de cette manière.La ligne initiale de Tiens-toi bien.était: “Il est ridicule et stupide que 80% d’une population soit contrôlée par les 20% de la population”.C’est tellement cave que c’est drôle.Dans J’ai mon voyage, je suis parti de cette phrase, qui est d’ailleurs dans le film: “Il est aussi difficile à un Québécois d’aller vivre à Vancouver que d’aller s’établir en Chine”.C’est-à-dire que hors du Québec, le Québécois n’est pas chez lui.Et ceci, ce n’est pas le message du film, mais son point de départ.A partir de là on fait jouer nos personnages, c’est-à-dire la famille Jean-Louis Cartier qui, avec une roulotte, va faire un long voyage de reconnaissance à travers le Canada.Lorsque j’écrivais pour la télévision, j’assistais toujours à l’enregistrement des émissions.Je ne participais pas aux répétitions des acteurs par- ce que je n’avais absolument pas le temps, mais la journée où l’on enregistrait l’émission, j’allais en studio.Quand je me suis décidé à faire du cinéma, ma participation lors de la réalisation de mon premier film s’est réduite à la rédaction du scénario; c’est tout.On l’a réalisé et on m'a montré le produit fini.A ce moment-là, je me suis aperçu que je n’étais pas tout à fait d’accord avec tout ce qui avait été fait, que j’avais certaines restrictions quant à la réalisation, et en particulier en ce qui concerne le rythme du film.C’est alors que je me suis aperçu qu'à la télévision, c’était le comédien qui créait, qui faisait le rythme.Parce qu'à la télévision, a-près avoir répété une scène, à cause des trois ou quatre caméras, quand on enregistre cette scène le réalisateur peut réagir au rythme des comédiens.Quand on passe au cinéma, on refait la même scène sous quatre ou cinq angles différents.Le rythme ne dépend plus alors des comédiens seulement, il dépend aussi énormément de la façon dont le montage sera fait.Donc, après ma première expérience cinématographique, je me suis dit que la seule façon de faire un film drôle c’était, pour moi, de le faire avec un réalisateur qui accepterait une collaboration de A à Z.C’est-à-dire qui me conseillerait continuellement durant la rédaction de mon scénario, m’aiderait à revoir chaque scène, mais qui me permettrait en retour d’être sur le plateau au moment du tournage et de devenir un conseiller en mise en scène, d’être ensuite présent au montage afin d’aider à resserrer le rythme, et ainsi de suite durant toutes les étapes de la production.C’est dans cet esprit qu’on a travaillé Denis Héroux et moi.(propos recueillis par Jean- Pierre Tadros) cinéma/québec 9 VANCOUVER Trans-Canada Films Ltd.O o> o ' TORONTO x Pathé-Humphries of Canada Ltd.* cP •\ O MONTREAL Associated Screen Industries Dès maintenant un seul nom pour un Grand Laboratoire BELLEVUE-PATHÉ Et maintenant .dans le pays tout entier .c’est Bellevue-Pathé.Ces laboratoires vous offrent les meilleurs services et le personnel le plus compétent ; qu’il s’agisse de quotidiens ou d’impressions tous formats — y compris Eastman Colour (35, 16 et Super 8), Ektachrome (16 mm, ECO-3 et ME-4) ainsi que noir et blanc (35, 16 et 8 mm).Nous disposons également de l’équipement le plus perfectionné pour tous enregistrements sonores.Qu’il s’agisse de film ou de télévision .pensez au grand laboratoire d’un océan à l’autre.Bellevue-Pathé, dans les plus importants centres canadiens de l’industrie du film.VANCOUVER 916 Davie St.Vancouver 1, B.C.Tel.(604) 682-4646 BELLEVUE C/jCttilé f ; DU C CANADA LTEE.TORONTO 9 Brockhouse Road Toronto 14, Ont.Tel.(416) 259-7811 MONTREAL 2000 Northcliffe.Ave.Montreal 260, Que.Tel.(514) 484-1186 cinéma québécois «>V¥TJ' v¥
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.