Cinéma Québec, 1 janvier 1973, Juin
nema uébec nunéro spécial/ Vol.2, No 9 :: / COMMUNICATIONS LIMITED administrant ASTRAL FILMS ASTRAL TELEVISION LIMITED (TELEFILM OF CANADA) MUSTANG DRIVE-IN THEATRES CONCERT ARRANGEMENTS administrant MAGIC MACHINE ANIMATION FACTORY DEERFIELD INVESTMENTS LIMITED 5800 RUE MONKLAND, MONTREAL, QUEBEC 514-488-9151 Succursales CALGARY • WINNIPEG • TORONTO • SAINT JOHN Représentant au Canada THE RANK ORGANIZATION © SAGITTARIUS PRODUCTIONS INC.AMERICAN INTERNATIONAL PICTURES President, B.Martin Bockner Vice President, H.Lawrence Fein cinéma québec sommaire 1973 / numéro spécial Vol.2, No 9 P ‘UrP D # /'?'/? i*ü w v Mllli 1111111 liiw wrniaiiiiM>w.§gggpy.y»;»;?S ^ s Xs yT cou à Val d'Or, nos films ont joué les Marco Polo (Walter, où vas-tu?).Cargo aérien.Soleil assassin.Paludisme.Rendez-vous sur le Pont-Euxin.Rail.Route.Agatha Christie et le transsibérien.Le transsibérien, oui, un long Lemieux.Nous avons parcouru toutes les géographies, traversé toutes les frontières dont plusieurs sont si cruellement tracées qu’elles ressemblent à de lamentables cicatrices.Mais allez-donc, il le fallait.Nous y sommes allés.La mort peut attendre.Le voyage ne tue pas à tout coup.Se méfier des abordages.Je me souviens d’un pirate halluciné de l'air qui hurlait: “Tue-le à Thulé! Sait-on que nous avons eu notre petite demi-heure hebdomadaire, pendant toute l’année académique, à Radio-Canada-TV?Cela s’intitulait “L'école chez vous”.Des professeurs, des élèves, peu de ménagères à cause de la radio qui, à cette heure matinale.etc.Sait-on: - que nous distribuons en salle aux USA, en Allemagne de l’Ouest, en France, en Belgique et au Liban; - que nous avons publié deux nouveaux catalogues; .- que nous distribuons des cassettes super-8mm; - que les collections de nos cinémathèques comptent plus de 12,000 copies de films et que notre cinémathèque d’archives groupe déjà plus de 3,000 copies; - que notre distribution communautaire couvre le Québec, la France, les USA, Madagascar et que nous touchons ainsi plus de 10 millions de spectateurs; - que nous avons commencé à nous donner des représentations régionales? Un petit canard pas comme les autres, un film de Gilbert Gratton et Claude Roussel.La loi-cadre sur le cinéma?J’en donne ma langue au mieux au Petit Chaperon rouge, au pire à la Commission Gendron.De toute façon, les spécialistes du procès d’intention en savent là-dessus beaucoup plus long que moi.Qu’y disent.Mais il y a le Québec.Heureusement.Il ne peut être méprisable de tenter de le servir.Le reste m’importe moins et n’aura pas de conséquence historique.?Raymond-Marie Léger directeur de l’OFQ N.B.L'humour fait partie de la Charte des Droits de l’Homme.Je m’en réclame donc.Mais, en même temps, je me demande si cela n’est pas incompatible avec mon statut de fonctionnaire.Que me voilà en déchirante situation de contradiction.Que ferait, en tel cas, la direction de l’ONF?Je précise que les opinions émises dans cet article, si d’aventure il y en a, n’engagent que moi-même.Utile précaution sans quoi le MAC frappera jusqu’au point de rompre mon équilibre écologique socio-culturel élitaire.21 janvier 73 Bilan financier 1971-72 Et l’administration, alors?Prospective.- Je ne suis pas Jean Manolesco, même si je puis payé par des citoyens qui sont les mêmes.A tout prendre, si vous avez l’extrême obligeance, scientifique d’ailleurs, de me concéder une marge d’erreur de 25% pour le meilleur ou pour le pire, il me semble que 73-74 devrait apporter à l’OFQ, donc aux cinéastes et techniciens indépendants et à l’industrie: Revenus (en valeur-production, valeur commerciale ou valeur-service) Production cinématographique et audio-visuelle 1,100,000.Production photo-dia et produits dérivés 550,000 Distribution communautaire 500,000.Distribution commerciale 90,000.Total-Revenus 2,240,000.1- une augmentation substantielle du budget de production cinématographique qui nous ferait retrouver le plafond de 70-71, soit 2 millions; 2- une coordination beaucoup plus grande entre les différents ministères immédiatement intéressés au cinéma et à l’audio-visuel (notamment, les ministères des Affaires culturelles, de l’Education et des Communications); 3- l'affirmation d’un véritable leadership du Comité du film éducatif dans le secteur relevant de sa compétence; Dépenses Traitements (1 ) 510,700 Frais de déplacement 20,000 Frais de bureau 38,600 Communications 13,000 Fournitures et approvisionnements (2) 205,000 Services contractuels (industrie) 1,100,000 1,887,300 Moins imputations (3) 320,000 Total-dépenses 1,567,300.4- la régionalisation (deuxième étape) des activités de distribution de l’OFQ; Solde excédentaire 672,700 5- une augmentation de la clientèle communautaire et des clientèles commerciales; 6- une percée sur les marchés étrangers; 7- une augmentation de 100% de la valeur-production des réalisations du service photo-dia; 8- la mise en oeuvre de pratiques administratives efficaces; 9- une augmentation sensible du nombre d’heures de présence de Radio-Québec sur le petit écran et peut-être, pour l’ORTQ, sa propre antenne.et ouverte! (1) L'effectif autorisé de l’OFQ est de 72 postes.Ce jour, l’Office compte 69 employés et 3 postes sans titulaire.(2) De ce montant, $120,000.environ sont virés à l’industrie sous forme de tirage de copies, travaux de laboratoire, achats de copies.(3) Les imputations comprennent les $120,000.ventilés en (2) et $200,000.de films produits pour différents ministères et confiés à l’industrie.bilan 11 Le Service général des moyens d’enseignement Le Service général des moyens d’enseignement est responsable, au ministère de l’Education, de coordonner la production, l’usage et le développement des moyens d’enseignement.Le terme “moyen d’enseignement” recouvre actuellement, outre les moyens audio-visuels, les centres de documentation des institutions d’enseignement et les cours par correspondance de formation professionnelle et générale pour les adultes, puisque le Service général regroupe, depuis sa création en mars 1971, trois services autrefois distincts: a) le Service des moyens techniques d’enseignement; b) le Service des bibliothèques d’enseignement; c) le Service des cours par correspondance.Dans le domaine des moyens audio-visuels d’enseignement, le Service général des moyens d’enseignement remplit les fonctions suivantes: a) études, recherches et expérimentation b) conception, production et diffusion c) information et renseignements d) coordination e) formation des usagers Le Service général des moyens d’enseignement ne produit lui-même aucun document audio-visuel.En collaboration avec les directions générales d’enseignement et les différents milieux intéressés, il établit les besoins et la programmation.Il confie à des responsables pédagogiques, recrutés parmi les enseignants le plus souvent, le soin de concevoir les différents documents audio-visuels, en accord avec les objectifs des programmes cadres et en respectant les caractéristiques des différents media.La production des documents est ensuite confiée, par contrat, à l’Office de Radio Télédiffusion du Québec (Radio-Québec), l’Office du film du Québec ou la Société Radio-Canada.La répartition se fait en fonction des media et des disponibilités.C’est à ce titre que Radio-Québec et le ministère de l’Education peuvent signer conjointement Les Ora-liers, Les cent tours de Centour et de multiples séries de disques.De la même façon, l’Office du film du Québec et le ministère de l’Education figurent tous deux au générique de films comme les Ecrivains québécois, le Système de la langue française ou Vous avez beau jeu.Tous ces documents ont été conçus au ministère de l’Education, puis produits par l’un ou l'autre des producteurs attitrés du ministère de l’Education.Quant à la diffusion, elle emprunte actuellement deux voies.Certains documents sont distribués directement dans les.écoles par les producteurs.Tous les disques du secteur des langues et des lettres sont en vente auprès de Radio-Québec.Les films conçus par le même secteur sont vendus par l’Office du film du Québec.D’autres documents sont diffusés par les antennes publiques de télévision et de radio appartenant à la Société Radio-Canada et ses postes affiliés.C’est le cas des Oraliens et des Cent tours de Centour.Sauf cas particulier, ces documents ne sont pas disponibles.Au cours des quatre dernières années, le ministère de l’Education a fait produire près de 400 émissions de télévision, 550 émissions de radio, 130 films, 75 ensembles d’audio-vision (diapositives synchronisées avec bandes sonores), 25 ensembles de diapositives et 65 disques.Les documents audio-visuels préparés par le ministère de l’Education sont mis à la disposition des milieux scolaires.Une partie est diffusée via les programmes hebdomadaires de la radio et de la télévision des réseaux français et anglais.Les autres documents (films, disques, audiovisions, diapositives, acétates, bandes magnétiques) sont mis en vente directement auprès des commissions scolaires et institutions d’enseignement.?12 Le Conseil québécois pour la diffusion du cinéma A la suite du Congrès du cinéma de 1968, l’Association professionnelle des cinéastes du Québec, l’Association des producteurs de films du Québec, l’Association canadienne des distributeurs indépendants de films, et le Syndicat général du cinéma et de la télévision présentaient au ministère des Affaires culturelles du Québec un mémoire dans lequel ils recommandaient le financement d’un Conseil québécois pour la diffusion du cinéma: “Organisme sans but lucratif, financé par le ministère des Affaire culturelles et administré par les professionnels du cinéma”.En avril 1969, le bureau démarrait tel qu’il existe aujourd’hui.Administration Le conseil d'administration du Conseil québécois pour la diffusion du cinéma est composé de représentants de l’Association des réalisateurs de films du Québec, de l’Association des producteurs de films du Québec, de l’Association canadienne des distributeurs indépendants de films d’expression française, du Syndicat général du cinéma et de la télévision et du Syndicat national du cinéma.L’actuel conseil d’administration se compose de: Jacques Gagné (ARFQ), président; André Gagnon (CSN), vice-président; André Pépin (ACDIF), secrétaire, Arthur Lamothe (APFQ), Guy Bergeron (APCQ), Aurèle Dion (SNC), Yves Leduc (SGCT), Sheilah Mackenzie (SGCT), J.A.Lapointe (ACDIF) et André Collette (APFQ), directeurs.Diffusion Soirées-rencontres Le CQDC a organisé quelque 65 projections suivies d’échanges avec un cinéaste et/ou un permanent du Conseil.Les cinéastes suivants ont participé à ces soirées: Yves Leduc, Jean-Claude Labrecque, Jacques Gagné, Alain Char-trand, André Forcier, Maurice Bulbulian, Roger Frappier, Pierre Perrault, Jean-Pierre Lefebvre, Mireille Dansereau et Denys Arcand.Au nombre des villes et villages qui ont accueilli ces soirées-rencontres, citons: Hull, Shawinigan, Normétal, Trois-Rivières, Mont-Laurier, Causapscal, Gaspé, Matane, Rivière-du-Loup, Sherbrooke, Manneville, La Force, Beauce-ville, Lac Etchemin, St-Tite, Vilbois, Senneterre, St-Fabien, Sayabec, Acton-Vale, Baie St-Paul, Taschereau, Barraute, Val-d’Or.Parmi les films montrés dans le cadre de ces soirées, on peut citer: Le retour de l’immaculée Conception, Dans nos forêts, Isis au 8, Chronique d’une observation, Les phi-larmonistes, Les smattes, Mon amie Pierrette, Québec, Duplessis et après., Le martien de Noël, César et son canot d’écorce, Les voitures d’eau, La vie rêvée.Ces soirées, bâties autour de la présence dans une région ou une ville d’un professionnel du cinéma, sont le plus souvent gratuites et permettent à la population de prendre contact tangiblement avec le cinéma québécois.Ateliers-rencontres Â) Le CQDC organise des stages de travail avec les étudiants et les professeurs de cinéma.A cette occasion, les participants s’initient aux diverses étapes de production d’un film; ils réalisent en groupe un bout d’essai de concert avec des professionnels et s’entretiennent avec eux de la situation actuelle et du devenir du cinéma québécois.En octobre dernier, près de soixante (60) étudiants des quatre CEGEP de la région du Bas du Fleuve/Gaspésie ont suivi un tel stage à Matane, les 20, 21 et 22.Ces étudiants venaient des CEGEP de Matane, Rivière-du-Loup, Rimouski et Gaspé.Ils ont pu rencontrer et travailler avec Alain Char-trand, Jean-Claude Labrecque, Jacques Gagné et Roger Frappier, B) Le CQDC, organise des stages de travail avec des artisans du film pédagogique.Lors des journées pédagogiques statutaires, les professeurs de diverses disciplines peuvent rencontrer un cinéaste et visionner quelques films.L’échange de commentaires sur l’insertion de l’audiovisuel dans la démarche pédagogique s’avère une forme précieuse de collaboration entre les professionnels du cinéma et les pédagogues.Manifestations en salles commerciales: • Rouyn, Cinéma Montcalm (11-14 février) : A soir on fait peur au monde, et Les maudits sauvages.• Causapscal, Théâtre Canadien (2 octobre): Les smattes, et Images de la Gaspésie.• Matane, Théâtre National (21 et 22 octobre) Le martien de Noël, et Images de la Gaspésie Projets divers: Le CQDC a aidé à la programmation de nombreux films québécois un peu partout à travers le Québec.Les tournées du Conseil ont été à l'origine de la création de réseaux de ciné-loisirs dans certaines régions rurales.Le CQDC collabore avec ces comités en leur apportant une aide technique variée: affiches, documentation, réservations de copies.Ces services sont offerts gratuitement.Activités à l’étranger Le CQDC a assuré la présence du cinéma québécois dans les manifestations suivantes: Février: Organisation de la série NEW CINEMA FROM QUEBEC au Museum of Modem Art de New York: 11 longs métrages et 12 courts métrages de production récente.Organisation d’une tournée de trois semaines du cinéaste Jean-Claude Labrecque en France: présentation de ses principaux films dans une douzaine de villes de France; participation aux Xèmes Journées Internationales de Poitiers, consacrées au cinéma canadien; participation au stage de Péze-nas de la Fédération française des ciné-clubs.Juin: Participation à l’organisation de la Semaine internationale du cinéma de Vérone, consacrée au cinéma canadien.Août: Organisation d’une série NEW CINEMA FROM QUEBEC au National Film Theatre de Londres: 7 courts et 7 longs métrages de production récente.Septembre: Le CQDC a assuré la participation de Montreal Blues au Festival de Pesaro et de Les smattes aux Journées cinématographique de Carthage.Pascal Gélinas et Jean-Claude Labrecque assistaient à la présentation de leur film.Organisation d’une rétrospective Jean-Pierre Lefebvre au stage de formation de la Fédération française des ciné-clubs, à Marly-le-Roy.Octobre: Organisation d’une semaine de cinéma québécois à la Pacific Cinémathèque de Vancouver: 14 longs métrages de production récente.Présence de Jean-Pierre Lefebvre.Novembre: Le CQDC assure la participation québécoise (Les gars de Lapalme) au Festival de Leipzig.Présence de Lucien Hamelin.Aide à l’organisation de trois semaines de cinéma québécois à l’université de Regina; Présence d’Arthur Lamothe.Publications Dans la série “Cinéastes du Québec”: Jacques Godbout, Fernand Dansereau, Michel Brault.Dans la série “Films du Québec”: Montreal Blues de Pascal Gélinas.Le CQDC a d’autre part publié un “Petit guide” à l’in-, tention des étudiants et des groupes culturels, et un Bottin professionnel du cinéma à l’intention des membres de la profession.Secrétariat La permanence du CQDC et la réalisation de ses divers projets était assurée par Robert Daudelin, Lucien Hamelin et Lise Walser.A la fin du mois d’octobre, Robert Daudelin quittait le Conseil et était remplacé peu après au poste de direction par Lucien Hamelin.L’actuelle équipe se compose donc de Lucien Hamelin, Michel Houle et Lise Walser.?Les Cinémas Odéon sont fiers de présenter (gODSPEtL sélection officielle de Cannes COLUMBIA PICTURES PRESENTS A IANSBURY/DUNCAN/BERUH PRODUCTION GODSPELL • SCREENPLAY BY DAVID GREENE and JOHN-MICHAEL TEBELAK MUSIC AND LYRICS BY STEPHEN SCHWARTZ • ?.H2;.£ÆT5MVBV • °°UC£° S:c£ï»“°he“.pn~by * PRODUCED BY EDGAR LANSBURY.DIRECTED BY DAVID GREENE GENERAL AUDIENCES An Apt Adm.llM commençant vendredi, le 8 mai PLACE DU CANADA VIA CHATEAU CHAMPLAIN 861-4595 0)(Q ((8)0 AMlgHgi 'MMm fteæ v»*„ T~'*ispvr£*' •- KSggggS S3SË Officiellement inauguré le 23 novembre 1971, le vidéographe était, à l’origine, une initiative de l’ONF pour le programme Société nouvelle/ Challenge for Change, en collaboration avec des ministères et agences du gouvernement du Canada.Depuis le 1er avril 1973, le vidéographe est une corporation indépendante à but non-lucratif.Il est actuellement subventionné par le ministère des Communications du Ouébec qui lui a octroyé une subvention de $100,000 pour l’année fiscale 72-73, et qui a acheté pour $50,000 d’équipement neuf afin de remplacer l’équipement existant, propriété de l’ONF.Le vidéographe est à la recherche d’un montant complémentaire de $80,000 qui devrait provenir d’autres agences gouvernementales québécoises.Le vidéographe a déjà produit 70 vidéogrammes et se fixe comme objectif une production annuelle de 65 vidéogrammes, soit un peu plus d’un vidéogramme par semaine.La fréquentation du vidéothéâtre (110 places) se chiffre à plus de 10,000 personnes depuis le 27 novembre 1971.Le vidéographe est un organisme dont le but est de répandre et d’encourager l’utilisation du système magnétoscopique portatif demi-pouce (télévision en circuit fermé).Il se propose donc de promouvoir l’expression des citoyens, en mettant à la portée de tous les facilités électroniques susceptibles de véhiculer cette expression.L’information recueillie par ce médium est sélectionnée, organisée et retranscrite sur des bandes d’une durée d’une demi-heure chacune.Ces bandes sont titrées et intégrées à une vidéothèque, sous le nom de vidéogramme.Le vidéographe a mis sur pied un système permettant à la fois la production et la diffusion des vidéogrammes produits dans ses cadres.La production des vidéogrammes N’importe quel citoyen peut, sans aucune expérience préalable, soumettre au vidéographe, une idée de vidéogramme; la fiction, le documentaire, l’information, aucune restriction ne limite les projets.Un module d’animation a même été mis au point, permettant le type d’expérimentation image par image, cher à certains.Un comité de sélection se réunit chaque semaine pour prendre connaissance des projets reçus durant la semaine et discuter avec leur auteur de l’opportunité d’une mise en production.Durant l’année 1971-72, plus de 420 projets ont été soumis; sur ce nombre, 125 ont été placés en production.En décembre 1972, 60 vidéogrammes étaient déjà terminés et distribués.Lorsqu’un projet est accepté, le responsable et son équipe se voient octroyer un petit budget d’opération.Ils ne reçoivent aucun salaire, mais les dépenses encourues en cours de réalisation sont assumées par le vidéographe.L’équipement est entièrement fourni et les conseils techniques accompagnent le tout.La simplicité d’opération de ce genre de matériel ne devrait rebuter personne; deux jeunes garçons de douze ans bilan ont déjà réalisé des vidéogrammes dans les cadres du vidéographe.Lorsque le tournage des séquences est terminé, les bandes magnétoscopiques sont acheminées vers l’étape “montage.” Des “modules de montage” mis au point par le “programme de recherche technique du vidéographe” sont disponibles 24 heures par jour, pour les réalisateurs d’abord, et ensuite pour tout autre individu ou groupement qui, bien qu’ayant réalisé un tournage en dehors des cadres du vidéographe, désire quand même se prévaloir de ces facilités de montage.C’est à l’étape-montage que le matériel enregistré lors du tournage est sélectionné, regroupé et ré-enregistré sur un ruban neuf.La forme définitive du vidéogramme est donnée au montage final qui est l’une des étapes les plus intéressantes du processus.Le vidéogramme, dûment monté et titré, est ensuite sonorisé.Le vidéographe possède son propre studio de son ou le réalisateur, là encore, est le principal manipulateur des appareils.Des conseils, un coup de pouce à l’occasion de la part des membres de l’équipe-cadre du vidéographe, servent de points de référence.Les musiques d’accompagnement des documents sont toujours inédites et l’imagination est de rigueur.La diffusion des vidéogrammes A l’intérieur du vidéographe au 1604 de la rue Saint-Denis, un “vidéothéâtre” peut accueillir jusqu’à 115 spectateurs.Six écrans-témoins de 24 pouces, disposés en rond et suspendus au centre du plafond permettent une disposition circulaire des sièges.Cette topographie encourage les échanges et discussions qui suivent chaque visionnement.Les programmes, dont la présentation est gratuite, changent toutes les deux semaines environ et sont annoncés dans les grands quotidiens.Des affiches sont également placées dans les endroits stratégiques.Le vidéogramme est ensuite intégré à la vidéothèque qui se trouve à l'entrée du local.Des isoloirs de consultation, par le système de vidéocassette (sélectographe), sont mis à la disposition du public rendant ainsi les vidéogrammes accessibles en tout temps.Le service de distribution permet à plus d’un millier de personnes dans les cegeps, universités, groupes de citoyens à travers le Québec et ailleurs, d’être tenues au courant des nouveautés du vidéographe; des vidéofiches, contenant les descriptions des productions, sont envoyées régulièrement à ceux qui en font la demande et peuvent être compilées dans un catalogue mobile qu’il est facile de mettre à jour.Un service de copies en est la suite logique: c’est ainsi que les productions voyagent.En effet, n’importe qui peut envoyer un ruban magnétoscopique et demander la copie de son choix.Les frais postaux sont assumés par nous et la copie appartient à son destinataire qui peut en disposer à sa guise.Ce système s’avère un moyen excellent de se constituer une vidéothèque à peu de frais, ensemble qui est appelé à s’accroître avec la révolution électronique.Afin d’étendre davantage la communication par voie de vidéogrammes et satisfaire ainsi les buts fixés, le vidéographe, en collaboration avec les télévisions communautaires, a créé la sélectovision.Sélectovision Cet événement, unique en son genre, est un service personnalisé d’émissions de télévision.Les abonnés d’un câble oraph< .,ÿ- privé reçoivent par le courrier une liste des vidéogrammes et, durant certains jours, peuvent téléphoner aux studios de leur câble et faire la demande d’un vidéogramme de leur choix.A une heure indiquée par l’animateur, ils visionnent la production choisie sur leur propre écran de télévision, via le câble.Le système de votes influence l’horaire mais l’expérience encourage fortement la participation durant les dix jours qu’elle dure.En 1972, trois sélectovisions ont été tentées et la réponse populaire a été extrêmement encourageante: la preuve est faite que les citoyens sont intéressés par ce que d’autres citoyens ont à dire.L’équipe du vidéographe Robert Forget, directeur et concepteur; Suzanne Giroux, administratrice; Jean-Pierre Masse, directeur de la production; Denis Bélanger, responsable technique; Jean-Guy Desaulniers, ingénieur du son; Pierre De Vroede, responsable de la distribution; Michel Mongeau, responsable de l’information; Francine Trempe, secrétaire administrative.D Films examinés durant l’année Catégorie Nombre Proportion Longs métrages originaux 959 23.33% Longs métrages copies 705 17.13% Courts métrages originaux 274 6.65% copies 112 15.40% Films-annonces orginaux 635 34.77% films-annonces copies 1431 TOTAL 35MM.4116 100 % Longs métrages originaux 523 48.37% copies 161 14.87% Courts métrages originaux 375 34.65% copies 11 1.01% Films-annonces originaux 3 0.27% copies 9 0.83% TOTAL 16MM.1082 100 % GRAND TOTAL: 5198 L’adoption en 1967 de la Loi sur le cinéma qui créait le Bureau de surveillance du cinéma, marquait la suppression de la censure et son remplacement par un régime dit de surveillance du cinéma.Elle mettait ainsi fin au régime désuet de contrôle qui avait prévalu au Québec de 1911 à 1964.Surveiller et non censurer La préoccupation fondamentale du législateur en adoptant la Loi de 1967 a été de rendre le cinéma accessible à tous, par la mise en place du système de classement par catégories de spectateurs.Chaque film reçoit donc son visa dans l’une des catégories: “Pour tous”, “14 ans” et “18 ans”.L’article 10 note en effet: “Il est du devoir du Bureau d’examiner tout film cinématographique que l’on se propose de projeter dans la province et d’accorder l'autorisation de projeter si, à son avis, sa projection ne porte pas atteinte à l’ordre public et aux bonnes moeurs.Le Bureau autorise la projection d’un film au moyen d’un visa indiquant la catégorie de spectateurs pour laquelle il est accordé (.)” La fonction du Bureau n’est donc ni de censurer ni de suggérer des coupures au distributeur d’un film, mais de veiller à ce que chaque film qui lui est présenté entre dans l’une de ces trois catégories.Un film pourrait-il alors poser des problèmes quant au consensus social, on refuse, en première instance, de lui accorder un visa afin qu’il revienne en révision devant l’ensemble de la commission.Celle-ci ne se prononcera qu’après avoir pris connaissance du dossier complet du film.Cet examen peut prendre des mois, comme ce fut le cas pour le film Quiet Days in Clichy, qui, on se le rappelle, fut retiré de l’affiche d'un cinéma montréalais sur l’ordre du maire Jean Drapeau.Le film a depuis repris l’affiche.La classification Si l’on se rapporte aux statistiques du Bureau de surveillance, on constate que la proportion des films visés dans chaque catégorie correspond au pourcentage que l’on observe partout dans le monde.La moitié des films s’adresse en effet à l’auditoire le plus large des “Pour tous”, un peu plus du quart aux “14 ans” et plus, et les films dont la projection est strictement réservée aux adultes se limitent à un pourcentage de 22%.Il reste cependant que ce pourcentage ne se retrouve pas pas dans la programmation de nos salles.“En principe, note le BSC, le spectateur québécois serait en droit de s’attendre à trouver à l’écran le même équilibre entre chacune des catégories.Malheureusement, ajoute-t-il, la réalité nous a obligés de constater que tel n’était pas le cas et que, dans certaines régions, on trouvait dans les salles en grande majorité des films de la catégorie “18 ans”.On comprendra alors le sérieux de la mise en garde maintes fois adressée par le BSC aux distributeurs et exploitants: “Si l’on veut vraiment respecter la volonté du législateur qui est de permettre un véritable choix pour toute la population sur toute la grandeur du territoire, il est essentiel que l’on prenne tous les moyens pour réaliser une programmation équilibrée, c’est-à-dire offrant un dosage harmonieux de films de diverses catégories.Autrement, la populatioi n’aurait-elle pas raison de prétendre qu’en pratique l’esprit de la loi n’est pas respecté?” Mais la persuasion en la matière n’est pas la meilleure arme.Les films pornographiques Les critiques les plus virulentes adressées au BSC ont bilan trait à l’afflux toujours croissant de films dits “pornographiques” dont on le tient responsable(l).Le BSC fait remarquer que ces critiques sont le fait d’un petit groupe, et que le vocabulaire employé en l’occurrence est excessif, le BSC n’ayant jamais autorisé la pornographie.“Comme tout autre organisme officiel de contrôle cinématographique en Occident, le Bureau a autorisé le cinéma contemporain d’après-guerre qui a connu une profonde mutation.Cette évolution n’a rien d’étonnant puisqu’elle ne fait que refléter la profonde mutation de civilisation que nous traversons.Que l’on parle des audaces du cinéma, et qu’on trouve à redire à certains films qui tombent dans le mauvais goût, est parfaitement normal.On ne peut toutefois parler de pornographie à l’écran.” Les critères On a souvent reproché au BSC de n’avoir pas établi de grille analytique qui permettrait de classer les films à partir de critères précis.A cela le BSC répond que “c’est en vertu même de la liberté d’expression qu’il ne peut s’en remettre exclusivement à des critères d’ordre juridique.La grande règle qui doit nous guider en la matière, ajoute-t-il, reste d’être à l’écoute du consensus social qui lui, évolue constamment.Si, d'après les dépositions de la Loi, le Bureau doit veiller à exclure des écrans ce qui, de toute évidence, pourrait violer le principe de l’ordre public et des bonnes moeurs, cela ne peut se faire que par référence à une philosophie sociale accueillante et pluraliste”.“Mais si l’on exclut toute perspective étroitement légaliste, il faut aussi écarter d’emblée le recours à des critères analytiques qui correspondraient à une vision fixiste du monde.On renonce donc partout, aujourd’hui, à recourir à une grille analytique qui fournirait la liste exhaustive des tabous.Et le cinéma, qui épouse la courbe sinueuse de l’existence en société, ne cesse de fluctuer au gré des innovations techniques et des variations du climat social.Toute décision sur un film doit donc s’insérer dans un contexte social précis, et la notion de consensus social est aussi fondamentale que le principe de traitement cinématographique.” La publicité dans les journaux Toute la publicité paraissant dans les journaux ou à l’entrée des cinémas doit être approuvée par le BSC.Préférant la persuasion à la contrainte, l’éducation aux diktats, le BSC s'est toujours refusé à dresser la liste des principes devant régir le contrôle de la publicité.Le résultat, on le connaît: une publicité racoleuse et de mauvais goût, et d’un mauvais goût d’autant plus criant qu’elle s’adresse au public de langue française.Il faut bien reconnaître que ce sont les événements d’avril-mai 1971 qui semblent avoir mis publicistes et distributeurs au pas.Certains se sont finalement rendu compte que profiter du libéralisme des dispositions de la loi n’était peut-être pas aussi rentable.Une nette amélioration s’est donc fait sentir depuis mai.Il faut faire remarquer ici que la publicité passant sur les ondes ou à la télévision n’est pas de la compétence du provincial, et à fortiori du BSC.Or c’est la publicité qui rejoint le plus de monde, et c’est elle qui reste du plus mauvais goût (suggestive aussi bien dans les images que dans les repos et les soupirs qu’on peut y entendre).Les films partiellement de langue française Dans son bulletin de janvier 1972, le BSC a annoncé qu’il n’accordera plus de visa aux films “partiellement” de langue française.Le BSC s’étonne d’ailleurs de voir s’accroître le nombre de versions françaises dont les titres et les génériques sont complètement en langue anglaise.“Ce n’est pas par- ce qu’un certain pays de la francophonie (lire ici la France) autorise des titres et des génériques anglais pour des versions françaises, fait remarquer le BSC, que le Québec peut se permettre d’autoriser pareille hérésie culturelle.” Aussi, annonce le BSC, “conformément à toutes les dispositions de la loi et au sens de l’honneur le plus élémentaire, le Bureau ne saurait consentir à délivrer de visa à des ouvrages qui se prétendent en langue française mais dont les titres et les génériques ne le sont pas”.On nous a cependant précisé que des titres comme Love Story ou Love Machine seraient acceptés pour les versions françaises, puisque ces oeuvres sont connues partout dans le monde sous ces appellations.Un point est cependant maintenant acquis, la France a cessé d’être le guide quant aux versions françaises.La loi est respectée Dans son premier bulletin de l’année 1973, le BSC note sa “profonde satisfaction devant la vitalité et le dynamisme qui caractérisent le cinéma au Québec à tous les niveaux: production, distribution et exploitation.” “Sur les écrans de tout le territoire on a maintenant le plaisir de trouver un nombre accru de productions québécoises d’une qualité croissante.De plus, il faut reconnaître que le rayonnement du cinéma québécois ne se confine pas à nos frontières, mais rejoint maintenant les publics étrangers.” “En règle générale, nous n’hésitons pas à affirmer que la Loi sur le cinéma est respectée.On ne s’étonnera pas cependant que le Bureau attire pourtant l’attention sur certains points particuliers où il y a encore place pour un supplément d’attention et de soin.C’est l’esprit même de ce bulletin qui dégage quelques-uns des points où il y a lieu de faire porter les efforts.Une industrie en santé est toujours en quête d’amélioration et de progrès.” Le respect du spectateur “L’industrie cinématographique compte au Québec plusieurs centaines de salles et une très nombreuse clientèle de spectateurs.Le cinéma, qui est maintenant engagé dans son second demi-siècle d’existence, s’est considérablement développé et est en mesure d’offrir aux cinéphiles des menus extrêmement variés et de la plus haute qualité.La population québécoise constitue un des groupes les plus enthousiastes d’amateurs de cinéma en Amérique du Nord, si l’on en juge par l’accueil que l’on fait à toutes les productions prestigieuses et en particulier aux créations nationales.” “Accorde-t-on toujours tous les égards à cette population avide d’images?Sans doute s’efforce-t-on de diffuser un cinéma populaire de qualité, mais il y a assurément place pour une amélioration et je voudrais de nouveau attirer votre attention sur trois points névralgiques.” a) La programmation “Les amateurs de cinéma, en raison des développements merveilleux du Vile art, se montrent de plus en plus exigeants et réclament un choix véritable parmi la production mondiale.Dans le cas de la métropole, la situation est à peu près satisfaisante car il est possible de trouver des films selon son goût, encore que l’on note de très singuliers retards souvent injustifiables.C’est ainsi que bien des films qui pourraient être montrés presque en même temps que dans leur pays d’origine attendent parfois sur les tablettes au-delà de six mois et même jusqu’à un an avant de faire une timide apparition dans une salle montréalaise.” “En revanche, les perspectives en province sont peu réjouissantes.En beaucoup d’endroits, et le courrier des lecteurs dans les grands journaux régionaux en fait état, il est très malaisé de trouver des films vraiment dignes d’in- 18 cinéma/auéb térêt, ou tout au moins un minimum de choix.Il advient que dans certaines localités on ne programmera que des “18 ans” choisis parmi un certain type de films mettant l’accent sur des caractéristiques invariables et présumé-ment rentables.” “Il est vrai que l’industrie est incitée parfois à agir de la sorte pour répondre à un certain public.Mais il est non moins exact qu’un nombre croissant de personnes se détournent du cinéma précisément faute de pouvoir y trouver un choix véritable.La Loi sur le cinéma a justement pour but d'offrir au public une gamme extrêmement diversifiée de films.C’est tout le sens d'un système qui répartit les films par catégories.Il serait donc souhaitable de trouver à l’écran une sélection de films qui permettent aux diverses catégories de spectateurs d’alimenter leur goût et leur culture cinématographiques.” b) L’état des copies “Un citoyen qui se déplace pour aller au cinéma et débourse un montant respectable a le droit de voir un produit en parfait état.Malheureusement, tel n’est pas toujours le cas et nos inspecteurs sont contraints de rapporter au Bureau régulièrement des copies mutilées au point que le spectateur est vraiment lésé dans ses droits les plus élémentaires.Que dire d’un film où manquent, par exemple, plusieurs scènes essentielles au déroulement de l’histoire?” “Pour corriger de façon vraiment satisfaisante la situation actuelle, il faudrait d’abord que les distributeurs aient la décence de retirer toute copie incomplète ou en mauvais état.On ne semble pas apporter toute l’attention nécessaire à la vérification des copies.Quant aux exploitants, il leur appartient de prendre la bonne habitude de refuser de présenter à leur clientèle des films dans des copies avariées qui ne correspondent plus à l’original approuvé.Il faudrait que les exploitants n’hésitent jamais à rapporter tous ces cas au Bureau de surveillance du cinéma qui intervient et fait retirer de la circulation toute copie tronquée.Il y va tout simplement du respect le plus élémentaire du public.Sans parler de violation à l'article 15 de la Loi sur le cinéma.” c) Contrôle à l’entrée “Outre la double obligation d’offrir un choix véritable au cinéphile et de présenter les films correctement grâce à des copies en bon état, l’exploitant doit s’assurer que le classement des films par catégories d’âge est bien observé par un contrôle rigoureux à l’entrée des cinémas.“Nous savons bien qu’en règle générale la loi est appliquée consciencieusement.Il reste toutefois qu’on déplore encore en certaines localités des manquements déplorables dans des salles où la tenue laisse à désirer et où la direction tolère l’entrée d’un peu n’importe qui, au mépris des dispositions de la Loi sur le cinéma.” r-i Origine des longs métrages visés par le Bureau de surveillance du cinéma.Du 1er avril 1971 au 31 mars 1972, 1116 longs métrages ont reçu un visa du BSC.Sur ces 1116 films, il y avait: 411 films en langue française ou sous-titrés 578 films en langue anglaise ou sous-titrés 127 films en langue étrangère 2 films canadiens bilingues CINEMA EN LANGUE FRANÇAISE, OU SOUS-TITRE EN FRANÇAIS A) - Films originaux de langue française — Films du Québec.16 — Films du Canada.19 — Films de nationalité française (y compris les productions de la France avec d’autres pays).111 — Films d’autres pays de langue française.6 Total:.152 B) Films doublés en langue française — Films du Québec en langue anglaise.1 — Films du Canada en langue anglaise.2 — Films des USA.98 — Films de pays de langue anglaise.32 — Films en langue étrangère.108 Total:.241 C) Films avec sous-titres français — Films du Québec en langue anglaise.— — Films du Canada en langue anglaise.1 — Films des USA.6 — Films de pays de langue anglaise.— — Films en langue étrangère.11 Total:.18 TOTAL:.411 CINEMA EN LANGUE ANGLAISE, OU SOUS-TITRE EN ANGLAIS A) Films originaux de langue anglaise — Films du Québec en langue anglaise.3 — Films du Canada.23 — Films des USA.304 — Films de pays de langue anglaise.83 B) Films doublés en langue anglaise — Films du Québec en langue française.2 — Films du Canada en langue française.1 — Films de nationalité française.13 — Films d’autres pays de langue française.1 — Films en langue étrangère.38 C) Films avec sous-titres anglais — Films du Québec en langue française.1 — Films du Canada en langue française.1 — Films de nationalité française.12 — Films d’autres pays de langue française.2 — Films en langue étrangère.93 TOTAL:.576 CINEMA BILINGUE DU CANADA.2 CINEMA EN LANGUE ETRANGERE.127 GRAND TOTAL:.1116 (Source: Bureau de surveillance du cinéma) bilan 19 L’année 1972 aura été particulièrement fertile pour la Cinémathèque québécoise.- Suite à un malaise croissant qui s’était installé entre le conseil d’administration et la directrice de la Cinémathèque Mme Françoise Jaubert, cette dernière démissionne le 23 janvier 1972.Elle dirigeait la Cinémathèque depuis 1968.L’intérim allait être assuré par Mme Louise Beaudet.- Quelques semaines plus tard c’est au tour du conservateur de la Cinémathèque, M.Michel Patenaude, de démissionner.- La Cinémathèque prend possession de ses nouveaux locaux, au 360, rue McGill.- Robert Daudelin est nommé directeur de la Cinémathèque, remplaçant ainsi Mme Françoise Jaubert.- Inauguration officielle du Musée du cinéma.La Cinémathèque québécoise a été fondée en 1963.C’est une corporation sans but lucratif qui bénéficie de subventions annuelles du Ministère des Affaires culturelles du Québec ($40,000), du Conseil des Arts du Canada ($35,000) et du Conseil des Arts de la région métropolitaine de Montréal ($2,500).La Cinémathèque compte actuellement une centaine de membres.Lors de l’assemblée générale annuelle, ces membres élisent un conseil d’administration de douze personnes qui sont responsables des politiques générales de la Cinémathèque pour une période de douze mois.Le conseil d’administration de la Cinémathèque québécoise se compose actuellement de René Boissay, président, Marc Beaudet et Georges-Henri Parent, vice-présidents, Louise Patry, secrétaire, Robert Russel, trésorier; les autres membres du conseil sont Michèle Favreau, Jean Boisvert, Michel Brûlé, Gilles Marsolais, Claude-Armand Sheppard, Avram Garmaise et Luc Perreault.Les bureaux de la Cinémathèque sont situés au 360 rue McGill à Montréal.Les projections publiques ont lieu du mardi au vendredi à la Bibliothèque nationale du Québec, 1700 rue St-Denis.Les droits d’entrée sont de 55 cents.L’équipe de la Cinémathèque se compose de: Robert Daudelin (directeur général), Louise Beaudet (adjointe administrative et responsable du cinéma d’animation), Carol Faucher (responsable de la section Cinéma canadien), Gisèle Côté (adjointe à la conservation et aux projections publiques), Pierre Latour (documentaliste), Nelson Newberger (projectioniste), Jean Guénette (conservateur technique), Robert Béliveau (salle), Michèle Beaudin (secrétariat).Rapport succinct de 1972 Conservation La collection générale de la Cinémathèque s’est enrichie de quelque 200 titres depuis le début de 1972; plusieurs de ces films ont été déposés à la Cinémathèque par des cinéastes, des producteurs ou des distributeurs canadiens; d’autres y ont été déposés en prêt illimité par des archives européennes; enfin la Cinémathèque a acheté quelques copies chez des collectionneurs.Certains cinéastes canadiens ont déposé les chutes de leurs films à la Cinémathèque; de plus la Cinémathèque a fait quelques tirages de protection et a restauré quelques films.La collection d’affiches et de photos s’est agrandie normalement — essentiellement grâce à des dons (cinéastes, journalistes, producteurs, distributeurs).La Cinémathèque possède maintenant environ 90,000 photos et 5,000 affiches.Musée Afin de rendre enfin publique une partie de ses collections, la Cinémathèque a inauguré, le 14 novembre, son Musée du cinéma.Cette salle d’exposition permanente est actuellement ouverte au public du lundi au vendredi (aux heures ouvrables) et, dès janvier, on espère l’ouvrir également le dimanche après-midi.L’exposition inaugurale comprend une cinquantaine d’appareils, de 1870 à 1970, et de.nombreux documents d’animation; la Cinémathèque espère pouvoir renouveler périodiquement l’exposition, en puisant dans sa collection de quelque 300 appareils et en faisant appel à des collectionneurs et à d’autres archives.A l’occasion de l’ouverture du Musée, certains collectionneurs ont déposé des appareils à la Cinémathèque.Pour compléter la première exposition la Cinémathèque a fait l’achat d’un projecteur à vues lumineuses français du début du siècle d’un modèle peu connu.Projections publiques De janvier à décembre 1972, la Cinémathèque québécoise a présenté 241 séances publiques à la Bibliothèque nationale du Québec.Outre les séances consacrées au cinéma d’animation (le mardi à 21h.30 quand la chose est possible), au cinéma canadien (tous les mercredis à 21 h.30) et aux classiques du cinéma (en moyenne un par semaine), la Cinémathèque a présenté en 1972 plusieurs séries spéciales, notamment: - une série de 10 soirées consacrées à l’oeuvre d’Alberto Cavalcanti, avec la participation de l’auteur - douze séances consacrées aux films de Richard Brooks - trois soirées consacrées aux trésors de la Cinémathèque Royale de Belgique, avec la présence du conservateur de cette archive, Jacques Ledoux - un hommage à René Clair (10 séances) - les films de René Allio - des journées cinématographiques belges complétées par une série de projections consacrées au jeune cinéma belge (au total, 26 séances) avec la participation d’André Delvaux et de Raoul Servais - une rétrospective Dziga Vertov (9 séances) - les cinq premiers films de Claude Chabrol - les sept films de l’Office du film du Québec sur des écrivains québécois - 21 séances consacrées au cinéma italien de 1960 à 1970 et comprenant plusieurs films inédits au Canada - des films de la République populaire de Chine.D’autre part, grâce à la collaboration amicale de distributeurs et producteurs canadiens et étrangers, plusieurs films ont été présentés en avant-première à la Cinémathèque en 1972.Millhouse, de Emile de Antonio (USA) La première charge à la machette, de Manuel Octavio Gomez (Cuba) Rendez-vous à Bray, de André Delvaux (Belgique) Montréal Blues, de Pascal Gélinas (Canada) Joseph Delteil, de Jean-Marie Drot (France) Diary, de Johan van der Keuken (Hollande) Tiki Tiki, de Gerald Potterton (Canada) Publications La Cinémathèque québécoise publie un bulletin périodique “Nouveau cinéma canadien”.Ce bulletin d’information est publié en deux éditions, française et anglaise, et a un tirage de 7000 exemplaires.A l’occasion du festival de Cannes, et étant donné l’importance de la présence canadienne à cette manifestation, un numéro spécial du “Nouveau cinéma canadien” a été préparé.Pour la même occasion, à la demande du Secrétariat d’Etat du Canada, la Cinémathèque a assuré la recherche, la documentation et la rédaction de la brochure “Production Canada”, un catalogue de la production de longs métrages en 1971-1972.La Cinémathèque a également publié des brochures à l’occasion des séries consacrées au cinéma belge et à Dziqa Vertov.Manifestations à l’étranger La Cinémathèque a assuré la coordination de la participation canadienne aux Xe Journées cinématographiques de Poitiers (4-10 février), et à la Semaine cinématographique internationale de Vérone (24-30 juin); ces deux manifestations étaient entièrement consacrées au cinéma canadien et ont connu un succès retentissant.La section Cinéma canadien, en collaboration avec le Nederlands Filmmuseum, a également préparé une série de sept programmes de cinéma canadien qui ont été présentés à Amsterdam en avril dernier.Perspectives pour 1973 Développement du secteur conservation: mise en valeur (inventaire, restauration) des collections et ouverture progressive au public.Intensification des travaux de recherche et de documentation dans le cinéma canadien (et plus particulièrement québécois): préparation de deux ou trois rétrospectives consacrées à des cinéastes canadiens avec publication de brochures.Renouvellement des expositions du Musée du cinéma avec, éventuellement, la réalisation d’une exposition itinérante sur le thème du pré-cinéma.Projections publiques: une série Jean Rouch en janvier, avec la participation du cinéaste; une série africaine, en janvier également, avec la participation du cinéaste sénégalais Johnson Traoré.Intérêt particulier pour les jeunes cinémas nationaux et rappel de certains classiques.Etranger: projets à l’étude avec le Mexique, la Bulgarie, le Brésil et les pays Scandinaves.?1MM| " ¦> ''4 J* H il ü Claude jutra Allocution de Claude Jutra, “l’un des pionniers du long métrage québécois”, lors de la remise du prix Victor-Morin qui lui a été décerné le 13 novembre 1972.(.) Je vous avoue que je suis venu ici ce soir avec la ferme intention de parler mal et je vais m’y essayer de mon mieux.Voici donc le début de mon discours.Je l’ai intitulé: “A pied?A jouai?.ou en ski-doo?” Louis Harvey, dit “Grand Louis”, de l’ile aux Coudres.(vous connaissez?) .placote avec son ami Alexis Tremblay.Il raconte le règne des anciens jours, et voilà comment il s’exprime.“J’avais une belle carriole, j’avais un beau grément, un beau jouai.(!) .!!! pis çà r’luisait par- tout.un beau fouette avec un pavillon.écoute un peu, j’étais amanché.” Le voilà donc en chair et en os, ce fameux JOUAL, entouré de tout ce qu’il représente, les gréments avec.La question que je me pose : "Faut-il ou non parler jouai?”.Mais d’abord: faut-il appeler “jouai” cette langue que (de toute façon!) nous parlons fous?C’est le frère Untel qui le premier s’en est servi (avec insolence il faut le dire) pour décrire le jargon de ses élèves.L’image était si claire, le mot si agréable à prononcer avec la bouche pleine de bouillie, sans même que les deux mâchoires se rejoignent “jouât.jouai.” Il était si nécessaire ce mot.On l'attendait depuis si longtemps.qu’il fut adopté instantanément, à l’unanimité, par tous les Québécois.Certains l’ont brandi comme un étendard.D’autres l’ont reçu comme un anathème (c’était leur problème).Ce seul phénomène d’implantation directe et spontanée nous éclaire beaucoup sur la nature même du langage qu’il désigne.C’est un langage en continuelle évolution.Nous étions alors (souvenez-vous-en) au tout début de la révolution tranquille.Depuis ce temps-là y’a ben de l’eau qui a coulé sous la glace.les choses ont changé.et je me demande s’il ne faudrait pas remplacer le mot “jouai” par un autre mot plus juste.Quand je dis juste, je t’entends dans les deux sens! le sens exact et le sens équitable.Un mot qui représenterait notre langue sans auréole mais sans non plus aucun stigmate.Qui la débarrasserait de la honte.Qui la sortirait de nos complexes de provinciaux.Un mot qui nous permettrait en la parlant de hausser le ton de la voix.Pourquoi ne pas l’appeler “québécois” tout simplement.?En disant par exemple: “traduit du québécois”, comme on dit depuis quelque temps “traduit de l’américain”.Je parle beaucoup de l’Ile aux Coudres.(.) Je prétends, moi, que s'il est un piège à redouter, c’est bien le sortilège de l'humanisme, lorsqu’il est considéré comme valeur absolue, obligatoire, exclusive.A propos de la foi on s’est fait une bonne brèche depuis quelques années pour essayer d’aller chercher au-dehors quelques morceaux de salut.Pour l’humanisme, on n’en est pas encore là.Il faudra bien finir par comprendre que pas plus que le pape n’est infaillible, pas plus les Michel-Ange et les Shakespeare n’ont enfermé dans leur oeuvre toutes les valeurs du monde.L’humanisme avec un grand “H” est un miroir aux a-louettes, gentilles alouettes que nous sommes, et si l’on n’y prend garde, c’est là qu’on nous y plumera.Combien d’entre nous sont encore victimes de cette illusion?Et souvent hélas, ceux qui régissent nos destinées (les politiciens auxquels on faisait allusion tout à l’heure.) Le langage est fait pour véhiculer des valeurs.Mais les valeurs à leur tour transforment le langage.Les valeurs qui sont nôtres ne peuvent passer que par notre langage.Cette vérité inéluctable devrait imbiber toute notre politique.Et notre ministre de la culture ne peut pas se considérer comme tel, s’il n’est d'abord le ministre de notre culture.A ce ministre qui adopterait enfin fermement cette position, je serais plus qu’heureux de serrer la main.ou même de la baiser (selon le cas).22 cinéma/auébec Dans ces années d'émerveillement où le Québec entier s’assoyait bouche bée, à l’unisson, devant sa télévision toute neuve, Démérise (de la famille Plouffe) demandait à Gédéon son mari “Sens-tu ta mort Gédéon?” (Y’aurait dû y comprendre un peu plus que ce qu’elle disait).A son tour, se tournant vers un fils adoptif, Gédéon l’exhortait: “Parles-y Peau d’chien, prouves-y que t’as du verbe.coupe-leu le placotage au ras des dents!” Ah qu’en termes délicats, ces choses-là étaient dites! (Petite parenthèse: je déplore toutefois que celui-là même qui avait mis de si belles paroles dans la bouche de Gédéon, se soit associé par la suite à une bande de caves qui ne sont pas encore tannés de mourir.C’est dommage.Y’avait bien commencé.Apparemment, y’est jamais trop tard pour mal faire.) De cette même famille Plouffe, Stan Labrie, à sa grande surprise, gagne un concours de pièces de téléthéâtre à Radio-Canada.Un journaliste vient l’interviewer.Désespéré, Stan Labrie s’écrie: “Bon va encore falloir parler en tarmes!” Au Québec, parler en termes, c’est dire des mots qui ne nous sortent pas directement de la tête.Ça, c’est pas facile.c’est tannant.et puis c’est un peu humiliant! Mais Stan Labrie le premier le reconnaissait et ne se laissait pas faire.Quand le journaliste lui demande comment il est devenu soudain un dramaturge célèbre, il dit “J’ai écrit, c'est toute.Avant ça, mes séances, je les parlais.Stan Labrie avait compris que nous sommes les tenants d’une tradition orale, bien plus proche des hommes que des livres.On ne peut forcer les gens à parler une langue qu’ils n’ont jamais entendue.Pas plus qu’on doit attendre des écrivains qu’ils écrivent ce qu’ils ne disent jamais.Qu’importe qu’on soit minoritaires sur la mappemonde, pourvu qu’on soit majoritaires chez soi.A ce propos, il y a une anecdote que je voudrais vous raconter.J’étais en France il y a quelques années.boursier du fédéral.! et j’étais là en compagnie de mon collègue Fernand Dansereau qui était à peu près.dans la même situation! Lui était là avec sa famille, et sa fille aînée (qui devait avoir 6 ou 7 ans à l’époque) allait à l’école.A Versailles s’il vous plaît! Alors Fernand s’est mis à remarquer que sa fille rentrait tous les jours avec une nouvelle expression dans le genre “Dis-donc mon pote,.va te faire foutre.fais gaffe.je t’emmerde.” Alors curieux, il lui demande “Ecoute, quand t’es à l’école comment tu parles avec tes camarades?” Elle dit: “Ben quand j’suis là, j’parle comme eux autres mais quand j’chu icitte, j’parle comme tout l’monde.” Ce qui résume la situation, aussi bien qu’un enfant peut le faire.Alexis Tremblay, revenant de France lui aussi, était resté estomaqué par tout ce qu’il avait entendu là-bas.Il s’est un peu laissé aller un instant au sentiment d’infériorité qui nous est malheureusement un peu trop naturel.Il avouait dans ces termes “J’calcule que ma langue.la langue que nous avons nous autres.qu’est commune”.Eh bien, il ne savait pas si bien dire, parce que c’est très exactement ça.Elle nous est commune à nous.Peu importe que l’on tende l’oreille quand nous parlons ailleurs (comprend qui veut).Quand Charlebois va chanter à l’Olympia, on comprend Charlebois.Et si tout le monde ne comprend pas.le Nouvel Observateur les aide, au bout de la semaine.D’ailleurs ce qu’il y a de passionnant avec le québécois, c’est que personne ne le connaît entièrement.Parce qu'il est multiple et changeant, il ne sera jamais inventorié tout à fait.Il bouge sans cesse.Il allie l’ancien et le nouveau.L’archàisme et le néologisme.Le fossile et la mutation.Les souvenirs et les prémonitions.Il est le “cross-fade” entre la tradition et la semaine prochaine.Alexis Tremblay Langage où ceux qui allaient en “buggy” vont maintenant en motoneige.(Et c’est là chers amis que mon jouai part au galop pour aller rejoindre mon ski-doo).Un langage qu’il faut guetter.Surveiller de jour en jour.pour ne pas le perdre de vue.Faire de nos anciennes fautes des règles nouvelles.Secréter notre grammaire au fil des jours.Il ne faut pas non plus s’en faire une prison nouvelle.On aurait l’air fin de suivre à la lettre la règle de “moé pi toé”! Ce serait l’académie à l’envers.Cette langue dans laquelle je m’adresse à vous ce soir c’est la mienne, celle que j’assume personnellement.Je ne voudrais pas qu’à l'occasion de ce discours, on me reproche d’avoir trop mal parlé.ou trop bien.Et c’est la même chose pour chacun de vous.Chacun pour soi, et tous ensemble! Je demande seulement que ma dissertation de ce soir ne soit pas jugée par un professeur de français en permission, car je n’ai besoin de personne pour corriger les erreurs que je suis capable de faire moi-même, icitte, tout seul! Quant aux puristes incorruptibles, j’aimerais leur offrir comme sujet de réflexion quelques idées suggérées par les mots suivants: tolérance.latitude.concession.ou mieux encore: ouverture d’esprit.clairvoyance.bon sens.comprends donc, ostie! Sois donc pas barré!! Je crois qu’il est faux de dire que bien parler c’est se respecter.Ce que je crois c’est que: si l’on se respecte profondément quoiqu’il arrive, automatiquement, on parle bien.Nos aristocrates à nous furent des arracheurs de souches, des éleveurs de troupeaux et de familles nombreuses qui, pour la plupart, n’avaient jamais vu plus loin que leur trente arpents.Nos salons littéraires étaient en fait des cuisines, avec un poêle à bois et un violon.Nos cercles d’études, ce sont les tavernes.Je rêve d’un Québec où l’on verrait tous les hommes rapaillés pour écouter ensemble ce long monologue commencé au fond des bois et qui se termine dans la rue, en passant par Menaud, Fridolin, Alexis, Benoit pis son Oncle Antoine, les Belles-Soeurs de Tremblay, pis ben d’autre monde que j’nomme pas.Je voudrais que tous, on se rejoigne au village.à l’usine.à l’université.et que ça devienne une grande fête populaire.A force de chanter pis de parler ensemble, faites-vous-en pas, y finira par en sortir queuqu’zidées.Ayez confiance! - Lâchez pas! - Excusez-là! ?Claude Jutra bilan 23 Les caricatures qui illustrent la section “canadienne” de ce‘bilan nous reviennent de Cannes où elles ont servi à illustrer la participation canadienne au Festival de 1972.Elles sont de Vittorio.(1) le cinéma de papa Ottawa jacques godbout Ce texte de Jacques Godbout a déjà paru dans Le corridor (No 2, janvier 1973, pp 3-4), journal du Syndicat général du cinéma et de la télévision, section ONF.Voir plus loin que sa caméra, pour un cinéaste québécois, c’est discerner clairement les intentions des législateurs qui sont, tout compte fait, les premiers scénaristes de nos films.Quand un gouvernement crée une institution cinématographique, ou affecte un budget à la production de films, il le fait, aujourd’hui, que ce soit à Québec ou à Ottawa, suivant un système comptable (PPBS) américain qui accole des ressources financières à des objectifs de rentabilité dont le programme donne la dimension idéale.C’est dire que les cinéastes qui pourraient aux yeux du public passer eux-mêmes pour des programmateurs culturels, sont en réalité préprogrammés à un autre niveau: celui du Secrétariat d’Etat ou du ministère des Affaires culturelles.Il faut en effet être naïf pour croire que la Société de développement de l’industrie du cinéma canadien (SDICC) ou l’Office national du film (ONF) reçoivent tout bonnement de l’argent pour faire des films, un point c’est tout.Ces institutions sont subventionnées par le gouvernement sur scénario.Et c’est ce grand scénario qu’il faut pouvoir lire, non pas dans les films qui sortiront d’ici quelques mois, mais à travers ceux qui seront mis en chantier d’ici deux ans.Les vues du gouvernement Le scénario de la SDICC est le suivant: les films québécois ont réussi à prendre l’espace qui leur revient sur les écrans du Québec, déplaçant il est vrai le cinéma européen beaucoup plus que l’américain, mais cependant, à quelques exceptions près, ces productions n'ont pas même fait leurs frais.Il faut donc les rentabiliser.Or comment peut-on rentabiliser un cinéma aussi fortement national, quand on ne dispose que d’un bassin de moins d’un million de spectateurs?En lui donnant accès au marché étranger, évidemment, par la coproduction.Le scénario prévoit donc une internationalisation des investissements, et par conséquent l’apport de vedettes étrangères, et par conséquent l’apparition d'un cinéma national-international qui basculera rapidement dans le film inodore, incolore et sans saveur, dont l’avantage est double puisqu’il vide de tout contenu politique des films qui simultanément rempliront les tiroirs-caisses.p(( lal ce de tuf la te: ce se1 Li 10 Ira 0 m Pf ria bu co ce pu de lou : ali J Loi I cio Bo F c'es pas le pi P con sier pue ges! d'un b oie Pier Chai l’ Pour écor tend, à la trop Persi 24 cinéma/québec Le scénario de la SDICC, sous des dehors comptables, prône la dépersonnalisation du Québec en échange d’une rentabilité à court terme.Cette attitude n’est pas différente de celle qui permet de vendre à l’ITT nos ressources plutôt que de les développer nous-mêmes de façon plus modeste.L’idéologie libérale dominante, toute axée sur le profit pécuniaire, préfère se fermer les yeux au fait que les aventures cinématographiques des petites nations ont trouvé dans la coproduction internationale leur déclin.Pendant ce temps, au Canada anglais, on tentera de répéter la première phase québécoise dans les salles canadiennes.C’est cette stratégie qui aurait été acceptée par le Conseil du Trésor.Le cinéma d’Ottawa Du côté de l’ONF le scénario est un peu différent: l’histoire de cette institution dont l’autonomie correspondait aux traditions britanniques a inquiété les Latins au pouvoir.D’où la stratégie fort simple de soumettre toute la programmation interne de l’ONF d’ici 1975 au PPBS en termes de projets à entreprendre.Cela revient à dire que le gouvernement, par le Secrétariat d’Etat et le Conseil du Trésor, versera à l’ONF des budgets sur présentation des programmes dont le contenu cdincidera avec les priorités gouvernementales et non avec celles des cinéastes qui sont trop souvent irresponsables.Or qu’est-ce que l’irresponsabilité?C’est la remise en question des priorités gouvernementales.Ce scénario, pensé par des hommes politiques, géré par des technocrates compétents, donne au cinéaste le rôle du fou du roi.C’est une vision sommaire de la production créatrice, mais qui n’est pas nouvelle.Elle avait cours sous Louis XIV, et fonctionne à merveille en URSS.Le scénario gouvernemental prend pour acquis que le cinéaste est un artiste, c’est-à-dire un entertainer, un emballeur, un fabriquant de spectacles qui n’est dangereux que s’il pense par lui-même.“Nous avons, dit le gouvernement, des comptes à rendre aux citoyens, de même les cinéastes ont des comptes à nous rendre puisque c’est l’argent des citoyens que nous investissons dans ces films, qu’ils soient faits par l’entremise de la SDICC ou de l’ONF”.Box office Pourtant, si les cinéastes, comme les écrivains et tous les autres producteurs artistiques, ont des comptes à rendre, c’est bien au public directement.Les cinéastes ne demandent pas à être élus, mais si leurs films ne le sont pas c’est que le public justement les conteste: cela devrait suffire.Prétendre que députés et ministres doivent orienter le contenu de la création culturelle des nations est aussi grossier et stupide que l’affirmation de la gauchette qui veut que tout film véritable doit être bêtement politique et indigeste.Le .pouvoir, comme la critique gauchiste partent d'un même postulat: on ne peut faire confiance au peuple.Le comité exécutif élu par l’assemblée se compose comme suit: Denis Héroux, président; Jacques Gagné et Jean-Pierre Lefebvre, vice-présidents; Roger Frappier et Jacques Leduc, secrétaires; Guy Dufaux, trésorier; Alain Chartrand, Claude Fournier et Louis Portuguais, directeurs.L’APCQ, fondée en novembre 1963, en vertu de la troisième partie de la Loi des Compagnies de Québec, avait pour but d’étudier, de défendre et de développer les intérêts économiques, sociaux et moraux de ses membres.Elle entendait grouper toute personne contribuant de façon directe à la création artistique d’un film.A avoir voulu regrouper trop de monde, l’A.P.C.Q.a fini par ne plus représenter personne.Mardi, 3 avril 1973, plus de soixante-quinze cinéastes autant du secteur privé, qu’indépendant ou gouvernemental, se sont réunis en assemblée pour former une association qu’ils ont appelée l’Association des réalisateurs de films du Québec, remplaçant ainsi l'Association professionnelle des cinéastes du Québec.L’ARFQ groupe des artisans du cinéma (les réalisateurs) qui, jusqu’à maintenant, n'avaient pas de représentation officielle et distincte.Elle a pour but de défendre les intérêts des cinéastes réalisateurs face aux divers organismes et de protéger la liberté de travail de ses membres.Cette association permettra d’autre part d’affirmer la responsabilité des réalisateurs de films dans l’édification d’un cinéma national.La société charitable Parce que le gouvernement s’imagine être le médiateur entre le cinéaste et son public, il veut jouer un rôle dans un texte qu’il a lui-même écrit.Et tout artiste qui veut remettre en question pas même le gouvernement mais le système des valeurs de l’idéologie libérale, le fera désormais à ses risques et périls financiers, quand il voudra utiliser le cinéma comme moyen d’expression.C’est ce qu’on gagne ultimement à être des assistés culturels sur le Bien-être cinématographique.D’ailleurs il suffit de voir la crainte de Québec vis-à-vis toute structure semblable à celle du Conseil des Arts du Canada, pour comprendre que les conseils démocratiques et les comités de cinéastes font beaucoup plus peur que les lobbies traditionnels.On veut faire du bon patronage culturel, et le PPBS en donne autant les moyens que la comptabilité de Duplessis.On ne peut donc désormais opposer à cette stratégie que les tactiques de la résistance (en Italie on présente un scénario à l’Etat et on en tourne un autre) qui sont aussi celles du cinéma tchèque (toute doit se voir dans une complicité à un deuxième degré), ou encore oublier le cinéma pour revenir au théâtre, ce que font des centaines de jeunes auteurs québécois.Un pays adulte pourrait se payer la fête d’un cinéma national dont l’objectif ultime serait de maximiser le nombre de spectateurs indigènes, même si cela devenait ennuyeux pour la bourgeoisie libérale, mais il faudrait alors des politiques adultes et c’est, pour l’instant, ce qui manque dans les capitales.Le beau cinéma en habit à queue, les coproductions, les grandes réceptions à Cannes, les grands sujets, les grandes vedettes, c’est l’arsenic dans la soupe de la SDICC; le cinéma objectif, qui tient compte des limites idéologiques de l’heure, qui reste à la remorque des initiatives officielles, qui interprète la pensée gouvernementale auprès du public, c’est la strychnine dans le dessert de l’ONF.Et c’est ce qu’on appelle, au Cabinet, donner à manger aux cinéastes.?bilan 25 (2) démocratisation et décentralisation gérard pelletier Le gouvernement fédéral s'intéresse de façon particulière au développement du cinéma canadien, et ceci pour trois raisons.La première raison: La première découle d'une situation de fait, l’existence de plusieurs institutions culturelles fédérales qui oeuvrent dans le domaine du cinéma.Depuis la création de l’Office national du film en 1939, il y a eu dans les années 50 l’avènement de la télévision et la Société Radio-Canada s'est alors également lancée dans la production de films; en 1968, on assistait à l’établissement d’une Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne qui a participé de façon considérable à l’essor du long métrage au Canada.A un degré moindre, mais tout de même essentiel, des agences comme le Conseil des Arts et les Archives publiques ont aussi emboîté le pas.Il existe donc un engagement du gouvernement fédéral dans le domaine des activités cinématographiques que nous aurions tort de négliger ou de freiner.La deuxième raison: La seconde raison qui justifie notre intervention est très simple: dans le cadre du développement d’une politique de démocratisation et de décentralisation de la culture, le cinéma est, avec la télévision, un instrument privilégié.(.) De son côté, le gouvernement fédéral actuel, dès le début de son mandat, a manifesté d’une façon qui exclut toute équivoque, l’importance qu’il attache au contrôle canadien dans le secteur culturel.Dès l’automne 1968, le conseil des ministres adressait au CRTC une directive dont l’application devait répartir entre des mains canadiennes, 80% de la propriété et 100% de l'autorité effectives dans les postes de radio et de télévision, ainsi que les systèmes de cable-vision qui se trouvaient alors sous le contrôle d’intérêts étrangers.Par l'application de cette directive, le CRTC à canadianisé des instruments culturels dont la valeur s'établit en dollars à plusieurs dizaines de millions, et dont l’influence sur la mentalité et la culture canadiennes est incalculable.Si l’on considère que le cinéma est lui aussi un outil culturel de la plus haute importance, il est clair que les canadiens doivent y jouer chez eux le rôle principal et qu’il faudra dans un avenir prochain trouver et mettre en oeuvre les moyens d’atteindre cet objectif essentiel.D’une part, la libre circulation des films et l'accès de notre public aux productions du monde entier, s’imposent tout aussi fortement que la libre circulation des livres et des périodiques.Mais d’autre part, il nous faut être en mesure d’assurer non seulement que les canadiens puissent s’exprimer par le cinéma, mais qu’ils puissent aussi compter que leurs films occuperont dans leur propre pays la place qui leur revient.Or, il ne semble pas que l’on puisse compter sur les intérêts étrangers dans l’état actuel des choses pour assurer la réalisation de ce double objectif.La troisième raison: J’en arrive maintenant à la troisième raison pour laquelle nous croyons nécessaire d’affirmer notre présence dans le domaine du cinéma.Il s'agit de l’existence d’une industrie privée de plus en plus vigoureuse, de plus en plus active, tant dans le secteur de la production que dans celui de la distribution.L’industrie du cinéma au Canada est en pleine croissance, et des milliers de personnes en vivent.De plus, nous devrons faire face très bientôt à l’apparition sur le marché du travail, de nombreux étudiants qui ont préféré le cinéma à tout autre métier.Pour ceux qui viendront comme pour ceux qui y sont déjà, il serait impensable que le gouvernement refuse l’aide qu'il peut apporter au développement de cette industrie.?26 cinéma/auébec (3) quelques données parcellaires sur l’industrie canadienne du film (Statistiques Canada) La production cinématographique Les entreprises En 1970, l’industrie de la production cinématographique comptait 112 entreprises, ce qui représente une augmentation nette de 23 entreprises par rapport à 1969.(L’enquête a permis, en effet, de recenser 36 nouvelles entreprises cinématographiques, alors que 13 étaient éliminées pour des raisons diverses.) En 1970, 1,345 personnes étaient à l’emploi de l’industrie cinématographique (1,227 en 1969).Les traitements et salaires avaient connu une hausse de 13.2%, passant de $7,680,062 en 1969 à $8,696,861 en 1970.En 1969 la hausse enregistrée au niveau des salaires et des traitements n’avait été que de 3.6%.Recettes brutes Les recettes brutes de production en 1970 se sont chiffrées à $20,748,217 soit une hausse nette de 36.1% par rapport au montant déclaré en 1969 ($15,248,054).Les 76 entreprises qui étaient incluses dans l’enquête en 1969 et en 1970 ont vu leurs recettes brutes augmenter de $1,115,757.Il est à noter qu’en 1969 les recettes brutes provenant uniquement de la production, avaient diminué pour la première fois depuis 1961, après quatre années de hausses importantes.L’importante hausse enregistrée en 1970 a rétabli cette tendance à la hausse.Les recettes brutes provenant de l’exploitation d'un laboratoire (20 entreprises sur les 112) ont été de $12,161,242, ce qui représente une hausse de 19.3% par rapport à 1969.Les recettes brutes provenant d’autres sources sont passées de $1,426,669 en 1969 à $1,152,179 en 1970, soit une baisse de 19.2%.Production Les entreprises privées de prodution cinématographique ont produit 4,595 films en 1970, soit 94.0% de la production totale du Canada.On remarque que l’Ontario est le plus gros producteur de films avec 58.7% du nombre total de films produits par le secteur privé au Canada.Le Québec suit avec 30.6%.Ce qui fait qu’à elles seules, ces deux provinces produisent près de 90% du nombre total de films au Canada.Comparativement à 1969, la production cinématographique en Ontario a connu une baisse, alors qu’elle était en hausse au Québec.En général on a produit moins de films en 1970 qu’en 1969 (4,893 contre 5,429).Ceci s’explique principalement par la baisse de 467 dans le nombre de films de publicité commerciale pour la télévision.Le genre de film le plus produit a été celui destiné à la publicité commerciale pour la télévision.En effet, au Québec, sur une production globale de 1,407 films, 578 furent de ce genre, tandis que les chiffres respectifs pour l’Ontario furent de 2,047 commerciaux pour la télévision sur une production globale de 2,695.L’Ontario est donc le grand centre de production de commerciaux pour la télévision.Le secteur gouvernemental a produit 298 films.Ce secteur se spécialise surtout dans la production de films qui ne sont pas destinés au cinéma commercial ou à la télévision (132 films).Production magnétoscopique En 1970, 7 entreprises de production magnétoscopique ont déclaré des recettes brutes de production au montant de $2,514,789.Elles employaient 91 personnes dont les salaires et traitements se sont élevés à $652,357.Des 1,853 rubans magnétoscopiques produits, 1,481 (89.9%) étaient de type publicitaire pour la télévision; le reste étant principalement de “divertissement”.La distribution En 1970, 53 sociétés ont distribué des films par l’intermédiaire de 112 bureaux au Canada.Les recettes totales se sont accrues de 5.3% ($62,809,607 en 1969 contre $66,135,421 en 1970).Les recettes provenant de la location de films se sont chiffrées à $65,582,753, en hausse de 6.1% par rapport au montant enregistré en 1969.Les recettes provenant de la vente de publicité ont doublé (de $24,370 en 1969 à $52,856 en 1970) tandis que les recettes provenant d’autres sources ont diminué de près de la moitié, soit de $996,770 en 1969 à $499,812 en 1970.En 1970, 737 personnes étaient à l’emploi des sociétés de distribution, ce qui représente une diminution de 12.9% par rapport à l’année précédente.Par contre, les traitements et salaires totaux étaient en hausse de 1.0%.Les recettes provenant de la location de films aux cinémas, au montant de $45,661,662, représentaient 69.6% des recettes totales, celles provenant de la location de films aux stations de télévision, 28.7% et enfin 1.7% provenaient de la location de films devant être présentés dans des endroits autres que les salles de cinéma.Au total, 948 nouveaux films furent distribués (860 en 1969).De ce nombre, 786 ou 82.9%furent des longs métrages de 16 et 35mm, dont 408 films anglais, 267 films français et 111 films en d’autres langues.On a de plus classé les 786 nouveaux longs métrages selon leur pays d’origine de la façon suivante: Etats-Unis.291 France.go Grande-Bretagne.131 Italie.113 Canada.53 Autres pays.108 Total.786 L’exploitation En 1970, il y avait 1,435 cinémas (1,428 en 1969) dont 1,156 cinémas ordinaires (1,157 en 1969) et 279 cinémas en plein air (271 en 1969) Les recettes provenant des entrées (sans les taxes) se sont chiffrées à $128,738,403 soit une augmentation de 9.1% par rapport aux recettes de 1969 ($118,020,089).Les recettes des cinémas réguliers représentaient 86.8% de ces bilan 27 recettes.Il est à noter qu’en 1969 on avait enregistré le plus faible taux de croissance des recettes provenant des entrées depuis 1962.Il était de 3.8%.Le montant des taxes d’amusement s’est accru de 8.3% en passant de $8,518,554 en 1969 à $9,228,131 en 1970.Le nombre d’entrées payantes s’est élevé à 92,315,452, soit une hausse de 2.3% par rapport à l’année précédente.Ce nombre d’entrées payantes a augmenté pour la première fois depuis 1964.Ainsi, en 1970, le nombre d’entrées payantes dans les cinémas ordinaires a été de 2.4% plus élevé qu’en 1969, alors que de 1965 à 1969 on avait enregistré des baisses à chacune de ces années.Le Québec a connu en 1970 une hausse de 16.7% dans les recettes provenant des entrées, alors que le nombre d’entrées payantes augmentait de 8.9%.Le nombre de personnes employées dans les cinémas ordinaires a connu une baisse de 3.3% par rapport à celui de 1969.Par contre les salaires ont augmenté de 11.5% en 1970.La dépense par personne en divertissement cinématographique pour le Canada, a été de $6.45, soit 7.3% plus élevée qu’en 1969 où elle avait été de $6.01.Au Québec on dépense $5.76 annuellement par personne en divertissement cinématographique, comparativement à $7.37 en Ontario.En ce qui concerne les recettes brutes, celles provenant des entrées représentent 84.6% des recettes totales sans les taxes.Les recettes provenant de la vente de bonbons, boissons, cigarettes, etc.constituent la deuxième source de recettes des cinémas (14.1% des recettes totales sans les taxes).Enfin, 1.3% des recettes totales proviennent de la location de comptoirs et de distributeurs automatiques ainsi que de la projection de films publicitaires.Capacité moyenne utilisée Si tous les sièges offerts par les cinémas avaient été occupés à chaque représentation, il y aurait eu 530,946,304 spectateurs dans les salles de cinéma au Canada en 1969.De ce nombre théorique, seulement 80,826,084 entrées payantes furent enregistrées, soit un taux d’occupation de 15% (ce qui représente aussi la moyenne enregistrée au Québec et en Ontario).En 1969, elle était de 16% (14% au Québec) et 18% en 1968.| Cette diminution (de 16% à 15%) provient de l’augmentation de la capacité des cinémas (491,508,292 à 530,946,304) qu’une légère hausse des entrées payantes (80,826,084 en 1970 contre 78,917,657) n’est pas arrivée à compenser.A noter qu’en Alberta la capacité des cinémas a augmenté de 23.8% par rapport à 1969.La raison: les cinémas peuvent ouvrir légalement le dimanche! Prix de l’entrée Au Canada, le prix moyen de l’entrée (taxes comprises) a été de $1.48, soit 6.5% plus élevé que le prix de $1.39 enregistré en 1969.Les provinces de l’Ontario et du Québec ont eu des prix moyens d’entrée plus élevés que la moyenne au niveau du Canada (soit $1.62 et $1.59 respectivement).Il faut noter que dans les grandes villes, le prix moyen d’admission est supérieur à la moyenne générale de leur province respective.Cinémas en plein air En 1970, il y avait 279 cinémas en plein air, soit une augmentation nette de 8%.Les recettes (sans les taxes) provenant des entrées se sont élevées à $17,046,584.Le nombre d’entrées payantes a connu une hausse de 1.6%, passant de 11,308,413 en 1969 à 11,489,368 en 1970.En 1969, il avait été en baisse de 7.7% par rapport à l’année précédente.C’est le Québec qui compte le plus de propriétaires actifs (133), soit 28.7% du nombre total au Canada.?les films jean-claude labrecque utvlivv I.W I 1st.Saint-Paul Mil-02 10 28 cinéma/québec “Après cinq années d’activités, la SD ICC a l’intention de faire son bilan et de repenser ses orientations.Cette étude est actuellement en marche, sous l’égide du secrétariat d’Etat et du Conseil du Trésor.Il est trop tôt pour préjuger des résultats.Toutefois, il est déjà question que la SDICC prenne une part plus active dans le secteur de la distribution, afin d’assurer aux films dans lesquels elle investit, une distribution adéquate.” La Société de développement de l’industrie cinématographique.Une société d’aide La SDICC est née officiellement d’une décision prise par le cabinet fédéral au mois d’août 1964, alors que fut approuvée en principe, la création d’un fonds d'emprunt en vue de favoriser et d’encourager le développement d’une industrie du long métrage au Canada.En 1965, le secrétaire d’Etat annonça publiquement que le cabinet avait accepté la proposition du comité interministériel, à savoir qu’une société de la Couronne serait établie pour administrer un crédit renouvelable de dix millions de dollars.La Société serait un organisme de financement sur le modèle de la Banque canadienne d’expansion industrielle.Le secrétaire d’Etat souligna également les considérations d’ordre économique qui incitaient le gouvernement à prendre de telles mesures, ainsi que la mission de l’industrie cinématographique, qui est de faire connaître le Canada ici comme à l’étranger, et le rôle que doit jouer son personnel en vue de promouvoir le progrès culturel du pays.La législation établissant la Société fut adoptée par le Sénat le 3 mars 1967.La Société devint une réalité au moment de la nomination du président (M.Georges-Emile La-palme, remplacé l’année suivante par M.Gratien Gélinas) et de cinq membres (George Elliott, Michèle Favreau, Royce Frith, George Harris et Arthur Phillips).Etablie dans le but de favoriser la création et le développement d’une industrie du long métrage au Canada, la SDICC gère à cet effet un fonds d’emprunt qu’elle distribue sous forme de prêts ou de placements destinés à la production de longs métrages.Elle fonctionne donc plus à la façon d’une banque spécialisée et protégée par l’Etat qu’à la façon d’un fonds d’aide au cinéma.C’est ainsi qu’elle a participé à la production d'à peu près tous les films de long métrage produits au Québec depuis 1969.Depuis, y compris la production érotique.En 1971, elle fera cependant preuve d’un peu plus de discernement, refusant ainsi d'investir dans des films comme Après-ski et Loving and Laughing.L’exercice financier 1971-72 a marqué un tournant important dans l’histoire de la SDICC.C’est au cours de cette année, en effet, que la Société est arrivée au terme de son mandat en vertu duquel une somme initiale de $10 millions lui avait été accordée, après adoption de la loi de la SDICC en 1968.Au mois d’octobre 1971, la Société informa l’industrie cinématographique qu’elle n’était plus en mesure d’accorder son appui financier aux producteurs de longs métrages et entama des négociations avec le Secrétariat d’Etat et le Conseil du Trésor.Subséquemment, la Société s’est vu accorder, au mois de décembre 1971, une somme supplémentaire de $10 millions.Malgré le climat d'incertitude qui a caractérisé la période des négociations, les cinéastes canadiens ayant déjà entrepris des films poursuivaient leur travail: 19 longs métrages furent produits, portant ainsi à 64 le total des longs métrages ayant reçu l’appui financier de la SDICC depuis la fondation de cet organisme.L’investissement global provoqué par la Société est passé de $12 millions à $17.7 millions et la somme totale des investissements de la Société a augmenté de $4 millions à $6.7 millions au cours de cette année.Ces progrès reflètent le climat de confiance dans lequel évoluent les producteurs et distributeurs canadiens, et témoignent de leur conviction que l’industrie cinématographique canadienne est une industrie viable.D’autre part, le ralentissement des activités survenu lorsque la Société s’est trouvée à court de fonds prouve l’importance de cet organisme comme investisseur et catalyseur.Production Le total des investissements dans la production de longs métrages canadiens au 31 mars 1972 faits avec l’aide de la SDICC a atteint $17.7 millions depuis la fondation de la Société en 1968.La contribution financière totale de la Société bilan se chiffre à $6.7 millions, une augmentation de $2.7 millions par rapport au total de l’an dernier.La participation des investisseurs canadiens est de $7.3 millions, le solde provenant de l'étranger, notamment des Etats-Unis.L'appui accordé par les investisseurs privés à l’industrie cinématographique a donc augmenté de $3.3 millions en dépit du fait que les contributions étrangères aient diminué de $300,000.Ces chiffres reflètent la nouvelle orientation de la Société selon laquelle elle évite de faire appel aux distributeurs et coproducteurs américains, étant donné que les sommes récupérées sur ces mises de fonds n’ont guère été encourageantes.Des $17.7 millions investis dans l’industrie des longs métrages au cours des quatre dernières années, $4.2 millions ont été affectés à des services de laboratoire et services techniques canadiens, $4 millions aux cinéastes et autres personnes qui participent à la création des films.La presque totalité du solde a été dépensée au Canada dans des domaines connexes.On estime que 1,574 interprètes, 791 techniciens et 361 autres personnes ont trouvé du travail dans cette sphère d’activité.Des 83 longs métrages terminés ou en production, qui ont reçu l’appui de la Société, 41 sont d'expression française et 42, d'expression anglaise.Dix des films anglais ont été tournés au Québec, utilisant pour une grande part des interprètes et techniciens de langue française.A la fin de l’exercice financier 1971-1972, 34 films, représentant une mise de fonds de $3,384,000 de la part de la Société, étaient en exploitation.Sur cette mise de fonds totale, $600,000 ont été récupérés à ce jour, et trois des films assistés ont remboursé leurs frais de production et procurent même des bénéfices à la Société.Les montants récupérés au cours de 1971-72 sont inférieurs de $99,502 à ceux de l’année précédente.Cette baisse de profits s’explique surtout du fait que les nouveaux films distribués cette année ont été moins bien reçus par le public canadien: deux films seulement, Les mâles et Tiens-toi bien après les oreilles à papa, ont obtenu un grand succès.Et malgré cela, aucun de ces films, à la fin de l’année, n’avait remboursé au total l’investissement de la Société.Face Off a rapporté $600,000 de recettes d'entrées au Canada, une somme importante pour une production canadienne.Néanmoins, ce film devra doubler son chiffre de recettes pour rembourser complètement l’investissement de la Société.Un autre facteur a grandement contribué à cette diminution des recettes: la place de moins en moins privilégiée qu’occupe le cinéma dans l’éventail de plus en plus diversifié des activités de loisirs des Canadiens.En outre, au fur et à mesure que diminuent les recettes au guichet, la concurrence dans le domaine cinématographique devient plus serrée: ce qui a pour effet de garder plus longtemps à l’affiche les films à succès et de retarder la distribution des films jugés plus difficiles.La participation croissante des investisseurs privés semble des plus encourageantes.Ceci permet à la Société de diversifier davantage la nature des projets dans lesquels elle s'engage, et de façon générale, d’élargir l’éventail de la production cinématographique canadienne.Grâce à ces investissements du secteur privé, une infrastructure cinématographique de plus en plus complète s’érige, et un nombre croissant de comédiens font leur apparition dans le monde du cinéma.En outre, l’accroissement des risques que sont prêts à prendre les investisseurs privés laisse espérer que, dans un avenir rapproché, les producteurs pourront faire des films sans participation financière de la Société.Distribution et exploitation Durant l’exercice financier 1971-72, 9 maisons de distribution canadiennes ont investi dans des longs métrages canadiens.Ciné-Art, par exemple, a investi dans Tiens-toi bien après les oreilles à papa, et Alliance dans Face Off, deux des plus grands succès canadiens de l'année.Parmi les autres compagnies de distribution ayant accordé leur appui financier à des productions canadiennes, notons: Les Films Mutuels avec Fleur bleue, la compagnie France Film de Montréal qui a participé à la production du film Les mâles, Phoenix Films de Toronto à celle de Rip-Off, et Faroun pour Les smattes.Les autres firmes de distribution ayant investi dans des productions canadiennes sont: Astral Films Ltd., Glen Warren Productions Ltd., Prima Film Inc.et Gendon Films Ltd.Parmi les plus grands exploitants, Famous Players demeure la seule compagnie qui ait investi des sommes dans la production de longs métrages canadiens.La Société se préoccupe du fait que certains films qui ont conquis un public enthousiaste au Québec sont accueillis avec indifférence dans les autres parties du Canada.Cette question, cependant, n’est qu’une facette d’un problème beaucoup plus complexe: comment parviendra-t-on à atteindre les groupes, petits mais importants, des spectateurs qui semblent avoir eu peu d’occasions de voir des films canadiens jusqu’à ce jour.La fréquentation des salles est constamment à la baisse et il est évident que le cinéma n’est plus le spectacle populaire qu’il a déjà été; l’industrie cinématographique canadienne devra donc se développer avec vigueur, détermination et flexibilité si elle veut se tourner vers d'autres marchés.Le long métrage occupe maintenant une place de choix dans la programmation de la télévision.En outre, l’immense potentiel de la télédiffusion par câble suscite un vif intérêt au sein de l’industrie cinématographique.La Société estime donc que les producteurs canadiens, pour se réserver un avenir prospère, doivent porter une attention toute particulière à la télévision.D’autre part, il nous semble que les gouvernements provinciaux qui ont juridiction quant à l’exploitation des salles, pourraient contribuer à la santé de notre cinéma en investissant dans l’industrie, en tout ou en partie, les taxes perçues au guichet.La Société a constaté tout l’intérêt que portent à cette question les autorités du Québec et de l’Ontario, intérêt qui, nous l’espérons, fera participer davantage ces deux gouvernements provinciaux au développement de l’industrie cinématographique.La Société a enfin entrepris des démarches semblables auprès du gouvernement de la Colombie britannique.La Société est encore jeune, mais nous estimons qu’une plus grande considération accordée aux débouchés qu’offre la télévision et qu’une participation plus active des gouvernements provinciaux, pourraient venir ajouter considérablement à l’effort qu'a tenté notre Société depuis trois ans pour assurer une base solide à l’établissement d’une industrie cinématographique canadienne à la fois viable et rentable.?Conclusion C f C c w Ê fl C Ex mi en pit bre / et fori [ de cou Cri t prie et: mil 1)1 $201 duo 2) A une 3) si ducti tribui % s H % 4) Ce léau.«C! s 5) To 5Ppro 30 cinéma/québec expose des politiques de la sdicc en matière d’investissements Exposé des politiques de la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne en matière d’investissements et de prêts pour la production de longs métrages canadiens.(Décembre 1972) La Société distingue deux grandes catégories: A) Les longs métrages destinés à être projetés dans les principales salles de cinéma et à la télévision au Canada et à l’étranger, bénéficieront de l’aide de la Société sous forme d’investissements ou de prêts.B) Les longs métrages à budget modique produits en vue de contribuer à la formation de nouveaux talents, seront encouragés par voie d’investissements spéciaux.Critères d’acceptation (A) Les longs métrages destinés à être projetés dans les principales salles de cinéma et à la télévision au Canada et à l’étranger, bénéficieront de l’aide de la Société sous forme d’investissements ou de prêts.Des garanties de distribution sont exigées.Budget annuel: entre $2.5 et $3.5 millions.1) La participation financière de la Société dépassera rarement $200,000 et ne devrait pas représenter plus de cinquante pour cent du coût de production du film terminé.2) Avant d’investir dans la production d’un film, la Société exigera une garantie de distribution au Canada; le distributeur sera tenu a) soit de payer une partie des frais de production du film, b) soit de garantir le versement d'une avance dès que le film lui est remis, c) soit de garantir un montant pour les copies et la publicité, lequel est fixé aux termes d’un accord entre la Société, le producteur et les autres investisseurs.Dans certains cas, le distributeur pourra fournir une contribution dans les trois catégories susmentionnées.3) En principe, toutes les sommes investies sont recouvrées au même titre à partir des recettes du film.4) Compte tenu de la disponibilité des fonds, on accorde la priorité aux films qui ont obtenu un contrat pour la télévision ou à ceux qui ont un potentiel pour ce marché, en particulier à l’échelle internationale.5) Tout film produit aux termes d’un accord de coproduction et approuvé par le Secrétaire d’Etat peut bénéficier de l’aide finan- cière de la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne, jusqu'à concurrence de 50% de la participation canadienne à la réalisation du film.(N.E.Des accords de coproduction ont été signés avec la France et l’Italie.) 6) La Société exerce une surveillance et un contrôle étroits sur les aspects financiers et administratifs des films dans lesquels elle investit des fonds.7) Bien que la Société ait considérablement diminué ses investissements à la préproduction, parce que cette forme d’aide a donné des résultats très décevants par le passé, elle prend en considération les projets qui jouissent de l’appui d’un producteur d’expérience à condition qu’une esquisse d’environ 15 pages soit préparée par l’auteur du scénario proposé, et que des renseignements précis lui soient remis quant au projet de production du film.L’engagement d’un distributeur à cette étape-ci augmenterait considérablement les possibilités d’une réponse affirmative de la part de la Société.Quand un projet est accepté, la Société peut investir jusqu’à concurrence de 50% du devis de préproduction qu’elle aura préalablement approuvé.(B) Les longs métrages à budget modique produits en vue de contribuer à la formation de nouveaux talents, seront encouragés par voie d’investissements spéciaux.Aucune garantie de distribution n’est exigée.Budget annuel: $600,000 1) Le requérant devra soumettre le scénario, le devis de production, un film réalisé antérieurement et toute autre information pertinente.2) Le choix des films pourra s’effectuer avec l’aide de jurys indépendants.3) Le devis de production pour cette catégorie ne dépassera pas $100,000 par film.En général, la part de la Société ne devra pas dépasser 60%.Les autres 40% seront fournis sous forme d’argent liquide par le secteur privé, ou sous forme de travail personnel exécuté par des particuliers, ou encore sous forme de matériel et de services assurés par des compagnies._.bilan 31 ‘Tarn not a censor.I’m the boss” Sydney Newman “Lamy runs the ship based on what I want him to do” Sydney Newman (bis) “To me, the NFB is more important that a bunch of blind idiots” (lire “The French intellectuals”).“They call me the unilingual Anglophile boss” Sydney Newman (ter) Propos édifiants extraits d’une interview accordée à Les W.edman du Vancouver Sun, le 19 janvier 1973.(1) une certaine idée de l’ONF clément perron Ce texte de Clément Perron a déjà paru dans Le corridor (No 2, janvier 1973, p.4), journal du Syndicat général du cinéma et de la télévision, section ONF.(.) on ne peut faire un tant soit peu le bilan de toutes les contradictions qui déchirent le monde et des interrogations que ces contradictions suscitent sur le devenir de l'homme, animal raisonnable créé pour être le moins malheureux possible, sans également regarder quelque peu notre petit coin de terre et commencer à nous demander où le système est en train de nous conduire et si, comme disait l’autre, nous désirons y aller.Parce que c’est le propre de l’homme, même québécois, de réfléchir, de coordonner pensée et acte, de présider autant que faire se peut à son destin.Dans cette optique globale, le vrai débat devrait alors porter sur la qualité de la vie des citoyens, sur la possibilité de bonheur des hommes quand ils sont en situation et non point sur la défense inconditionnelle de tel ou tel cadre donné — se nommerait-il le capitalisme.Car il faut croire profondément que l’essence de la société démocratique à laquelle nous aspirons toujours et que nous essayons quotidiennement d’instaurer, se retrouve dans la protection même des mécanismes qui permettent une interrogation permanente sur l’état de vie des citoyens.Et il faut également croire, en ce qui concerne notre vie professionnelle à nous, que c’est un des plus beaux rôles de l’ONF, à travers sa spécificité cinématographique, d’être, à la fois pour les représentants du peuple et le peuple lui-même, un lieu d’accueil de cette interrogation permanente.Autrement, si on nous empêche d’accéder à ces deux vérités, le pays est une dictature et l’Office son Goebbels.Ce qui est tout de même un peu gros.C’est sous cet éclairage qu’il faut placer 24 heures ou plus.Autrement on risque de prendre des choux pour des navets et le monde pour des concombres.Si le film de Gilles Groulx porte sur la qualité de la vie des citoyens ses frères — peu importe son constat —, il existe, de par une inquiétude fondamentale au sujet de l’homme en situation, et il faut privilégier son existence.Il marque une conscience en exercice.Il est un signe de survivance profonde.Ce film pourra être discutable au niveau de sa facture, de certains éléments choisis, ce sera aux spectateurs, considérés comme des adultes à part entière, d’en juger, d’apprécier la validité du message en fonction de leur connaissance à eux du milieu, mais il sera défendable en tout temps au niveau de son mouvement profond.Le geste de casser les miroirs pour empêcher que ne se voient les crevasses du visage, symptômes de maux encore plus profonds peut-être, appartient à un infantilisme pour le moins inadapté à notre temps.Le poser cause un tort qui peut devenir irréparable à toute la société.On a dit et répété maintes fois ces choses au Québec où il fut payé très cher déjà pour cela.32 cinéma/québec (2) .il ne suffit pas de divertir Sydney newman L’Office national du film reconnaît, parmi ses devoirs fondamentaux, la nécessité d’évaluer constamment ses travaux et son rendement.En 1971-1972, l’Office a poursuivi cette évaluation, pour trouver de nouveaux moyens de mieux .s’adapter aux réalités canadiennes.Bien qu’il constate avec satisfaction que la productivité s’améliore, que la distribution de ses films s’accroît de façon sensible, que le programme Société nouvelle/Chal-lenge for Change réalise ses objectifs et que les contrats de production conclus avec des cinéastes privés ont augmenté de près de 800 pour cent, l’Office demeure conscient de graves lacunes à combler sur le plan des priorités nationales.Etant un des deux organismes de diffusion de l’information financés par le contribuable, l’Office se demande si ses films offrent une image suffisamment vraie et claire du Canada pour permettre aux Canadiens de prendre conscience de leur situation dans un monde en mutation rapide.Les films de l’Office, ou tout autre film canadien, ont-ils préparé les Canadiens à s’éveiller au fait qu’en matière de commerce, le Canada ne jouit d’aucun statut spécial auprès de nos puissants voisins du sud?Les films canadiens ont-ils contribué à rendre les Américains plus conscients de notre importance pour leur pays?L’Office, ou tout secteur de la jeune industrie cinématographique canadienne, pourrait-il prouver, en toute conscience, qu’il avait fourni l’effort nécessaire pour aider à éviter les évènements malheureux du Québec, à l’automne 1970?Et, durant les jours plus calmes de 1971-1972, qu’est-ce que le cinéma aurait pu faire pour écarter la vieille théorie selon laquelle tous les Canadiens peuvent et doivent exprimer leur identité nationale d’une manière identique?Ne croyions-nous pas déjà, nous Canadiens, qu’il fallait mieux connaître et admettre l’existence d’un autre mode de pensée, d’une autre langue, sans pour autant nuire à l’unité sur les plans politique, économique et social?Telles furent les préoccupations des membres du Conseil d’administration et du personnel de l’Office national du film.Elles se sont concrétisées sous forme de programmes destinés à répondre aux priorités nationales.Rapport annuel 1971-1972 (3) l’ont et la politique fédérale andré lamy A l’annonce par le Secrétaire d’Etat, le 4 juillet 1972, des “premières ébauches” d’une politique fédérale du film, on a noté que le grand perdant de cette réorganisation interne était l’ONF.Neuf mois après, qu’en est-il au juste?M.André Lamy, commissaire-adjoint de l’ONF, dresse dans le texte qui suit les lignes de conduite que l’ONF a adoptées en vue de diriger ses activités conformément aux directives de la politique du gouvernement en matière de films.Il s’attardera plus particulièrement sur les incidences qu’aura pu avoir ce réajustement de la politique de l’ONF sur l’industrie privée au Québec.Ce texte a servi de base à l’allocution que M.André Lamy allait donner devant les membres de l’Association des producteurs de films du Québec réunis en Congrès les 13 et 14 avril 1973.Première directive: “.la politique régissant la production et le traitement de films par les ministères fédéraux ou pour le compte de ceux-ci, devrait être modifiée en vue de favoriser une plus grande concurrence avec l’industrie cinématographique canadienne.” En ce qui concerne la production, le commissaire du gouvernement à la cinématographie a récemment déclaré que “.le montant des contrats confiés aux compagnies cinématographiques privées à travers le Canada pour la production de commandites, est passé de $156,000 en 1970-71 à $1,200,000 en 1972-73.Au cours de la prochaine année financière, nous croyons que cette tendance continuera et que le total en sera de $2,500,000.” Au Québec, les contrats confiés au secteur privé en matière de réalisation de films se chiffrent à $119,611 pour l’année financière 1971-72, et à $495,849 pour 1972-73.En ce qui concerne le traitement de films, les laboratoires de Montréal se sont occupés du développement des films Ektachrome (16mm, copie originale) et du tirage des rushes depuis plus de cinq ans.Les dépenses que nous occasionnent bilan 33 ces services ainsi que les travaux reliés aux trucages se sont élevées à $179,000 en 1969-70, et nous prévoyons pour l’exercice financier 1972-73 qui vient de se terminer, un montant de $487,000.Dans ce même domaine, les montants dépensés à travers le Canada se chiffrent à $195,000 en 1969-70 et à approximativement $866,000 en 1972-73.Ajoutons que l'ONF accorde également des contrats pour des services à court terme, à des membres de l’industrie privée, soit des techniciens de laboratoire, des électriciens, des projectionnistes, des machinistes de plateau, des ingénieurs du son, etc.En 1969-70, la division des Services techniques a dépensé pour ce genre de services $17,081 et, en 1972-73, ces dépenses se sont élevées à environ $212,000.Bien que ces chiffres représentent l’ensemble du Canada, nous croyons que 80% de ces sommes ont été octroyées aux résidents de cette province.Deuxième directive: “Les services de production de l’ONF à Montréal seront décentralisés en faveur de centres régionaux de production.” L’ONF a déjà mis sur pied un centre régional de production à Vancouver.Dans les provinces de l’Atlantique, un centre régional de production a été créé à Halifax, il y a environ deux semaines.Dès que les fonds en caisse le permettront, d’autres centres régionaux de production seront créés à Toronto et dans les provinces des Prairies.Il faut souligner que la création de ces nouveaux centres a été rendue possible grâce à des crédits supplémentaires votés à la Chambre.En conséquence, il est à prévoir que si les activités montréalaises doivent connaître une certaine baisse, celle-ci sera minime.Il est de première importance pour l’ONF de maintenir le niveau d’exploitation du bureau de Montréal afin de pouvoir continuer à former des cinéastes et des techniciens, et de fournir les moyens nécessaires aux essais et à la recherche.Troisième directive: “L'ONF devra jouer un rôle plus important quant à la formation des ressources en personnel tant dans le domaine de la création que dans le domaine de la technique.” Au cours des derniers mois, le directeur du bureau de la planification et de la recherche a consacré la majeure partie de son temps à mener, à travers le Canada, une enquête sur les exigences en matière de perfectionnement des cinéastes et des techniciens.Des questionnaires ont été envoyés à plusieurs organismes québécois oeuvrant dans l’industrie cinématographique.A partir des données recueillies, la direction de l’ONF sera en mesure de présenter au ministre, une recommandation visant à l’établissement d’un plan de formation approprié.La Production française engage des employés à temps partiel dans le but d’atteindre trois objectifs principaux.Premièrement, afin d’augmenter ses propres effectifs pendant les périodes où il y a un surcroît de travail dans le domaine de la production.Deuxièmement, afin de former un groupe de personnes dont les talents créateurs de nature diverse seront mis aux services de l’industrie privée et de l’ONF et, enfin, pour permettre aux jeunes cinéastes d’acquérir de l’expérience afin qu’ils puissent en arriver à choisir la discipline qui leur convient, et devenir éventuellement des professionnels expérimentés.Dans ce dernier cas, nous consultons le syndicat.Au cours des trois dernières années financières 1970-71, 1971-72 et 1972-73, l’ONF a signé 1,961 contrats de travail s échelonnant sur diverses périodes.Ces contrats représentent un total de 527 personnes.Il est vrai que certaines d’entre elles ont été employées plus d’une fois.Les contractants étaient des recherchistes, des secrétaires de plateau, des scénaristes, des auteurs de commentaires, des producteurs, WM wmmÊm \\\x v \\ \\ \ des directeurs et des régisseurs, des caméramen et des assistants caméramen, des monteurs, des artistes à l’animation, des compositeurs de musique et des interprètes pour la post-synchronisation.Il va sans dire que ces contrats de travail fournissent matière à formation au sens le plus large de ce terme.La Production anglaise, en plus d’engager des pigistes pour des périodes limitées, a mis sur pied depuis plusieurs années, un atelier d’art dramatique.Grâce à une telle initiative, des interprètes aux talents prometteurs peuvent suivre gratuitement un cours de formation donné par des experts en la matière et qui utilisent le magnétoscope.Environ 15 personnes profitent de cet enseignement, tous les ans.Le revenu de ces activités a procuré à l’industrie privée du Québec environ $1.2 million en 1970-71, $1.9 million en 1971-72 et $1.8 million pour l’année qui vient de se terminer.Récemment, nous sommes devenus membre associé de l’Association of Motion Picture and Television Producers.L’ONF se propose d’échanger avec cette association des renseignements en matière de recherche, et de la consulter au sujet de nouveaux projets.En sa qualité de membre, l’ONF acquiert le privilège de distribuer dans les deux langues officielles, les rapports de l’association en matière de recherche, à l’industrie canadienne du film.Quatrième directive: “La responsabilité de l’Office doit être plus grande dans le domaine de la production de films éducatifs et de matériel audio-visuel connexe, en collaboration avec les autorités provinciales en matière d’éducation.” 34 cinéma/québec Les statistiques actuelles indiquent que sur l’ensemble des films achetés par les écoles au Canada, 13% du matériel proviennent de l’ONF et environ 8% des autres producteurs canadiens.Il en résulte que 79% des films achetés dans les écoles canadiennes proviennent de maisons cinématographiques étrangères par l’entremise de leurs agents au Canada.Si l’on considère que, dans l’ensemble du pays, 6,000,000 d’étudiants fréquentent 15,000 écoles, il est évident qu'il faudra compter sur les ressources de toute l’industrie, autant publique que privée, pour fournir du matériel audiovisuel canadien.Annexes Le Bureau des festivals Actuellement, le Bureau des festivals est situé à Ottawa.De 1970 à 1972 inclusivement, le Bureau des festivals de l’Office a assuré la présence d’environ 38 films du secteur privé québécois à 27 festivals de films internationaux.La distribution Il est encore difficile de faire des affirmations sur l’avenir du système de distribution de l’ONF avant que le sous-comité ne présente son rapport au Comité consultatif du film, et que les propositions aient été acceptées par le ministère.Cependant, à l’heure actuelle, l’ONF fait affaire avec six distributeurs privés de la province.Depuis le début de 1970 jusqu’aux premiers mois de la présente année, ces maisons ont pu réaliser, grâce à ces divers contrats, un revenu d’environ $275,000.Directeur de la programmât.on anglaise Relations publiques Commissa-re
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