Cinéma Québec, 1 janvier 1974, Août
Imm v'fi cinema québec rl ¦AFRICA! IMS! mam hl | mm jm mam a Mmmmjy ftn ¦ ni mW I w m mam ItHtiIWt^TTi iitiiiiii»ie)iii*iitiiiiiiiiiiiiiiii>*iii*(iiiit(ii(iiti iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiatiiiiiittitaiiiiiiiiiiiiiiiiiii /^i |v ¦ irmirnra ¦ rm ii p 1^1 in n numéro spécial 7 LA RETROSPECTIVE DU JEUNE CINÉMA carol belleau chargé du projet 1- Un peu d’histoire Au départ, ce n’était qu’une idée qualifiée généralement de téméraire mais qui possédait tout de même son petit côté enthousiasmant: réunir quelque part plusieurs centaines de jeunes individus, délégués de pays membres de l’Agence de Coopération culturelle et technique, lors d’une rencontre sportive, artistique et culturelle afin de permettre à tout ce monde de vivre intensément durant un temps des échanges et des comportements dans une atmosphère de véritable fête.Et puis, il vint un moment où l’enthousiasme devait l’emporter et c’est ainsi que fut confié à une équipe de jeunes Québécois, identifiée sous le titre La Société d’Accueil du Festival international de la jeunesse francophone, le mandat d’établir, sous la couverture des gouvernements du Québec et du Canada, les bases physiques, sociales et humaines de cette manifestation.C'est donc à Québec que, du 13 au 24 août 1974, seront réunis plus de seize cents participants venus de vingt-cinq pays des quatre continents, participants tous individuellement associés à des activités aussi diverses que l’athlétisme, l’artisanat, le cinéma.Vraisemblablement on pourrait aussi compter sur quelques centaines de milliers de visiteurs que l’importance de cette rencontre attirerait.Tout ce monde à loger, à nourrir et à protéger convenablement.Tel était le défi.Et que la fête commence! Là juste au moment de passer sous presse, le Festival international de la jeunesse (la Super Franco Fête) est en voie d’être déclaré "réalité”.Nombreux sont les gens déjà en place qui n’attendent qu’un signe pour amorcer le mouvement de la fête et les lieux, pourrait-on dire, sont comme déjà habités pour des échos à venir.Et le cinéma La Rétrospective du Jeune Cinéma est l’un des volets cul- turels du Festival international de la jeunesse et, à ce titre, il ne vise qu’à provoquer et entretenir, durant un temps déterminé, des échanges artistiques et professionnels (etc.), entre cinéastes-délégués, spécialistes et intéressés du milieu cinématographique québécois et étranger.Pourtant avec l’envergure de ce Festival, on aurait pu croire que l’occasion était des plus judicieuses et désignées pour mettre sur pied une manifestation regroupant leurs oeuvres sous le bras, des cinéastes à la recherche de possibles solutions à leurs problèmes: production et diffusion, politisation et démocratisation du "medium” cinéma, esthétisme et morale, que sais-je encore?ou des cinéastes en chaleur de trophée, d’éloges et de publicité.Mais tel n’est pas le cas.Il s’agit d’une simple rencontre de cinéastes qui sera la chance pour tous, et gratuitement, de voir des films le plus souvent inédits ici, de recueillir des échanges d’opinions sur des techniques, des expériences et des perceptions.Pour ces cinéastes-délégués, il fallait garder à l’esprit leur provenance, les circuits de diffusion qui sont les leurs chez eux et le public qui d’habitude regarde leurs oeuvres, leur permettre de voir ensemble de nombreux films nouveaux, de plusieurs factures, d’en discuter à l’aise et, après, de partir des images et des mots plein la tête.La Rétrospective du Jeune Cinéma comporte trente-cinq films sélectionnés par les pays eux-mêmes.Par exemple, c’est le gouvernement de la Haute-Volta qui a pris l’initiative de présenter le long métrage “Le Sang des Parias” dans le cadre de cette manifestation.De même chaque gouvernement constituait comme il l’entendait sa délégation.C’est ainsi que des vingt-cinq pays participants, quinze ont manifesté leur intention d’être intégrés à la Rétrospective en proposant un ou plusieurs films réalisés par un ou des cinéastes nationaux.Il leur revenait également de dé- 8 cinéma/québec terminer, le cas échéant, le nom du ou des cinéastes participants à la rencontre.3- Du cinéma pour tous Dans l’esprit de la fête, ce qu’il fallait envisager donc c’était une manifestation cinématographique où les films seraient largement diffusés et où l'on pourrait donner la parole à tout ce monde.Plusieurs lieux ont été aménagés dès lors et le Théâtre de la Cité Universitaire de l’Université Laval en est le lieu privilégié.Là se déroulera l’entière Rétrospective et là, encore, se tiendront les rencontres entre cinéastes, spécialistes et intéressés.L’Amphithéâtre de l’Edifice G de la colline parlementaire, la salle de projection du Musée du Québec, la bibliothèque de Ste-Foy et le Parc des Gouverneurs (derrière le Château Frontenac) sont les autres lieux où les films de la Rétrospective seront projetés en reprise et où les cinéastes présenteront, à l’occasion, leur film et, après la séance, répondront aux commentaires spontanés du public.D’autre part, s’il est encore un objectif important que la Rétrospective du Jeune Cinéma doit viser, c'est bien de permettre ces chaleureux contacts avec le cinéma d’ici et son milieu ambiant.Et parce que le cinéma peut-être défini comme une expression individuelle destinée à la vente et à la consommation, mais davantage comme le produit d’un contexte social, économique et historique identifiable, parce que, de plus, notre cinéma est ainsi fait qu’il permet plus que toute autre forme d’expression de provoquer des réflexions communes et d’amener les gens à dire leurs sentiments, nous avons choisi sept films québécois.Et nous avons invité quelques réalisateurs, acteurs et techniciens de ces films à venir rencontrer d'autres praticiens du même art qui oeuvrent ailleurs dans le monde, dans un autre contexte du monde francophone.J’imagine déjà le cinéaste Arthur Lamothe, quelques Amérindiens, et les cinéastes participants à la Rétrospective réunis; on vient de leur projeter Mistashipu: ils pourraient bien s’interroger plus encore sur la langue et son utilité, qu’il s’agisse du montagnais, du haoussa, de l'anglais ou du français, que des problèmes proprement cinématographiques.De fait, ces rencontres sont des confrontations et chaque fois l’approche et le déroulement n auront de sens que si les participants eux-mêmes les identifient et s’y plaisent.La Rétrospective du Jeune Cinéma.au départ, ce n’était qu une idée qualifiée généralement de téméraire mais qui possédait tout de même son petit côté enthousiasmant.?cinema uébe revue mensuelle Une revue jeune Une revue dynamique Une revue bien informée Cinéma/Québec vous présente chaque mois, 10 fois par an: informations, interviews, critiques, études, documents sur le cinéma d’ici et d’ailleurs Cinéma/Québec est la seule revue québécoise mensuelle de cinéma 10 numéros $6.50 étudiants $5.00 volume relié $10.00 cinéma/québec c.p.309, station outremont montréal 154, québec tél.272-1058 numéro spécial 9 Attention à partir du 1er octobre le prix des abonnements à Cinéma/Québec va devoir augmenter profitez donc des anciens tarifs toujours en vigueur: $6.50 (un an, 10 numéros) $5.00 (spécial-étudiant) $9.00 (pour l’étranger) Faites-le dès aujourd’hui! avec les compliments de TAssociation des Propriétaires de Cinémas 3720, Van Horne du suites 4 et 5 Québec Montréal Inc.(514)738-2715 UN LABORATOIRE AVEC INSTALLATION COMPLETE POUR LA COULEUR.EASTMAN COLOR — TOUS LES EKTACHROME 16MM.35MM - 16MM - SUPER 8MM BANDE MAGNETIQUE TRANSFERT OPTIQUE LE PREMIER LABORATOIRE CINEMATOGRAPHIQUE A MONTREAL POSSEDANT L'ANALYSEUR DE COULEURS TRANSISTORISE HAZELTINE POUR CORRECTIONS DE COULEURS DE SCENE A SCENE.INSTALLATION COMPLETE POUR LE 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exerce le même monopole de fait sur la distribution que la Secma, la Comacico ou l’UGC pour les pays francophones du continent.Les premiers films malgaches ont donc été subventionnés intégralement, sans espoir de commercialisation dans les salles, par un ‘‘service de cinéma éducatif” dépendant du gouvernement; c’est avec les cinéastes français employés par ce service (au titre de la Coopération) que les cinéastes malgaches font leurs premières armes, en étant assistants sur des courts métrages consacrés à la pêche et à l’agriculture.De cette formation (complétée par des stages dans les centres de l’ORTF à Paris), ils garderont un sens étonnant du détail juste dans le portrait de la condition des paysans malgaches, et un sens encore plus précis de l’utilisation du cinéma comme outil de description la moins déformée possible de la réalité de leur pays: Accident, le premier film malgache de fiction de Benoît Ramampy (m.m.1973), montre qu’il existe, à Madagascar comme ailleurs, deux justices selon que l’on est pauvre ou riche.C’est d’emblée un petit chef-d’oeuvre de concision, de sobriété, de force, que l’on peut rapprocher de l’oeuvre d’envergure du bolivien Jorge Sanjines Le sang du condor.De même Le retour, premier long métrage malgache dû à Solo Randrasana est étonnant de naturel, de réalisme et de force dans la description de la condition des petites gens soumis à l’exode rural.Est-ce parce que les Malgaches ont une langue, une culture commune qui apparemment ont été peu ou prou préservées de l’aliénation coloniale?Toujours est-il qu’à l’image du cinéma nigérien mais en beaucoup plus politisé, le cinéma malgache ne se perd pas dans les tourments intellectuels des films africains qui souffrent du “déracinement”.Dès sa naissance (deux ans à peine) le cinéma malgache frappe droit au but, juste et fort, et promet sans conteste d’être un des très grands cinémas africains à venir.Férid Boughedir numéro spécial 37 afrique DAHOMEY • ¦ RRRHMI *SZ! “Sous le signe du Vaudoun”, premier long métrage dahoméen, réalisé par Pascal Abikanlou (1974) cinéma/québec “francophone” le cinéma dahoméen.- UN CINÉMA QUI SE LIBÈRE ü.ÉÜ * r Pascal Abikanlou durant un tournage Le Dahomey s’est signalé au début de cette année 1974 à l’attention des cinéastes africains par un coup de maître: la nationalisation surprise de ses salles de cinéma et de ses circuits de distribution auparavant contrôlés par les compagnies européennes Secma-Comacico.Venant après le cas isolé de la Haute Volta, cette nouvelle “libération” d’un marché cinématographique national en Afrique de l’Ouest, permet enfin d’espérer, avec la récupération “à l’amiable” qui a été effectuée récemment au Sénégal, la constitution d’un consortium cinématographique commun qui unirait les salles de la région et permettrait la rentabilisation complète de tout film produit par l’un ou l’autre de ces pays.Auparavant, le Dahomey avait surtout produit des documentaires, en général réalisés par Pascal Abikanlou qui a pu à présent tourner son premier long métrage Sous le signe du Vaudoun (1974) où il analyse lucidement les apports positifs (et négatifs) de la tradition africaine et en particulier de la magie et rituels d’initiation.Deux autres cinéastes dahoméens vivant en Europe, Richard de Medeiros et Fréjus Anagonou, ont réalisé des films (Silences et feu de brousse, c.m.1972, et Afrique romaine, c.m.1974) traitant assez schématiquement de l’éternel dilemne “civilisation africaine” contre "monde occidental sans coeur”.Medeiros avait pourtant bien débuté par un court métrage de "décolonisation historique”, Le roi est mort en exil (1970), qui restituait la vérité sur les traitements subis par le roi Behanzin (prétendument ami de la France) lors de sa déportation à Blida en Algérie.Cet agrégé de l’université de Bordeaux n’annonce hélas comme projet qu’un film-essai sur le surréalisme français Nantes-sur-réalisme.Nul doute en tous cas que c’est sur place, à Cotonou, une fois installées les structures de production qu’alimenteront les recettes que va amener la nationalisation des salles, que le cinéma Dahoméen pourra véritablement prendre son importance dans le contexte culturel africain actuel.Férid Boughedir numéro spécial 39 afrique HAUTE-VOUA Une des salles en plein air de Ouagadougou ' ¦ ¦¦ ap MËm B® ai'-'1 ¦¦ v 40 cinéma/québec “francophone” le cinéma voltaïque: UN SYMBOLE DE LIBÉRATION 61 $ La Haute-Volta est un symbole au sein du cinéma africain: non point par le nombre de ses films (deux longs métrages), mais parce que c’est le premier pays d’économie libérale, au Sud du Sahara, à avoir osé affronter les tout-puissants trusts cinématographiques occidentaux qui contrôlent la distribution de films en Afrique, en nationalisant en 1970 ses salles de cinéma (six en tout!), puis à avoir résisté victorieusement au boycott qui a suivi.C’est ainsi que la Sonavoci (Société Nationale Voltaïque de Cinéma), créée à cette occasion, a pu produire sur ses bénéfices deux films: Le sang des parias de Mamadou Djim-Kola (1.m., 1972) et Sur le chemin de la réconciliation de Bernard Yonli (1.m., 1974), deux films sans doute encore imparfaits dans leur réalisation, mais qui témoignent d’une fraîcheur et d’une authenticité que l’on pourrait comparer à celles de leur voisin immédiat: le cinéma nigérien.C’est en tant que symbole d’un cinéma africain libéré que Ouagadougou, la capitale de ce pays, l’un des plus pauvres d’Afrique, a été choisie et soutenue par la FE-PACI (Fédération Panafricaine des Cinéastes) comme siège du Festival Panafricain de Cinéma (FESPACO) qui a lieu tous les deux ans, en alternance avec celui de Carthage, en Tunisie qui couvre la zone du Nord Sahara.Un troisième Festival Panafricain de cinéma est prévu dans une zone anglophone.Il aura lieu à Dar-es-Salam.en Tanzanie, au mois de juillet 1975.Férid Boughedir 41 & ' *, v s ' \ ^ \ \
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