Cinéma Québec, 1 janvier 1976, No 42
LEFEBVRE 9MC xzn oaqonO 'TÆCdJNOW 'stuoq-^S 00Z.I soixo-xn^TTio ‘JdV 'sonbTpoxjcoj oaaano na ïïtivnoIuLvn ‘orrais aïti.t v / wKl \ wm JB sææsæsr : : •\»N- SwcW c'WWTOs ÜÜP W**"* s€-m ïï'Sft pli?* mm.mmmmm Venez voir le temps qu’il fait sur mon pays.Direction générale du cinéma et de l’audiovisuel Ministère des Communications du Gouvernement du Québec 360, rue McGill, Montréal, Québec, H2Y 2E9 Canada Tél.: (514) 873-22-05 °**1 0 cinema québec no 42 Direction: Jean-Pierre Tadros.Comité de rédaction: Michel Euvrard, Richard Gay, Francine Laurendeau, Yves Lever, Jean-Pierre Tadros.Collaborateurs: Claude-R.Blouin, Pierre Demers, Alain Ergas, Guy Hennebelle, André Pâ-quet.Gérant de la production: Suzanne Asselin.Secrétariat de la rédaction: Louise Deslauriers.Conception graphique: Louis Charpentier.Administration: Connie Tadros.Publicité: Suzanne Asselin.Abonnements: Louise Deslauriers.index: Cinéma/Québec est indexé dans Périodex.Radar, l'Index International des Revues de Cinéma, et Film Literature Index.La revue s’engage à considérer avec la plus grande attention tous les manuscrits qui lui seront adressés.Les manuscrits ne sont pas rendus: on invite donc les auteurs à en conserver une photocopie.La revue n'est pas responsable des manuscrits qui lui sont envoyés.Les opinions exprimées à l'intérieur de la revue n'engagent que leurs auteurs.Tous droits réservés.Toute reproduction d’un extrait quelconque de la revue par quelque procédé que ce soit et notamment par photocopie et microfilm, est interdite sans autorisation spéciale de la direction.sommaire Ce numéro connaîtra une diffusion spéciale lors du Festival du film de Cannes et du Festival populaire de l’Image à Montréal.Nos gouvernements et les marchés étrangers Le cinéma québécois s’essaye depuis des années à pénétrer les marchés étrangers; sans succès du point de vue commercial.Pour la toute nouvelle Direction générale du cinéma et de l’audio-visuei (Québec) il s’agit “d’inventer de nouvelles formules de promotion”.Pour Jean Lefebvre, directeur du Bureau des festivals (Ottawa), la mission principale est de “présenter une image rassurante du cinéma canadien”.Des distributeurs s’expliquent La distribution des films québécois, au Québec et à l'étranger, c’est l’affaire des distributeurs.Que pensent-ils de la situation actuelle?Que se proposent-ils de faire pour remédier aux problèmes?Pierre David et Rock Demers s’expliquent.André Forcier, “L’eau chaude l’eau frette” Le troisième long métrage d’André Forcier vient tout juste d’être terminé.Il a cependant été sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs.Il faudra donc patienter jusqu’au visionnement de Cannes pour découvrir cette suite de “Bar Salon”.En attendant, on pourra lire le synopsis du film, écrit par André Forcier ainsi que des extraits du scénario.I |v cinema coroto CARUON Tel: 99.57.00 AU CINEMA VOX Le Canada à Cannes dnemo Adresser chèques et mandats postaux à l’ordre de: Cinéma/Québec Toute correspondance sera adressée à: Cinéma/Québec C.P.309, Station Outremont Montréal, Québec H2V 4N1 Téléphone: (514) 272-1058 Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 2583.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Abonnements: Québec/Canada, un an (10 numéros): $8.00; étudiant: $7.00.Institutions: $10.00 Etranger: $10.00 Tarifs spéciaux pour les abonnements groupés ou les achats en bloc de numéros de la revue.Volumes reliés: volume 1: $15.volumes 2; 3 et 4: $12 chacun Bilan 1975: $5.Bilan 1976: $6.50 Le gars des vues Un document dramatisé, c’est-à-dire mis en scène dans le but de permettre un apprentissage actif du cinéma.Ainsi se résume la dernière tentative cinématographique de Jean-Pierre Lefebvre dont on vient juste de connaître la première partie d’une vaste fresque qui en comprendra trois.Il s’agit de “Le gars des vues”, film amateur, pour amateurs.Silence!.On filme.“Le temps de l’avant”, ou l’avortement à la rétro Le film d’Anne-Claire Poirier sera présenté à la Semaine de la critique.Son sujet, l’avortement, ne manquera pas de susciter des réactions contradictoires.Agathe Martin s’interroge, dans une longue analyse, sur ce film qui traite de “l’avortement à la rétro”.Rachelle Lussier, avec la collaboration d’Hortense Roy et de René Berthiaume, trace un premier bilan de cette expérience de diffusion.Clair de lune à Ouagadougou Il n’y a pas que Cannes.Il existe d’autres festivals, moins prestigieux mais tout aussi utiles.Jean-Guy Noël, cinéaste, a participé à celui d’Ouagadougou Photo couverture: Georges Dufaux, pendant le tournage de “Les filles du Roy” d’Anne-Claire Poirier.Rédaction: Jean-Pierre Tadros (514) 272-1058 Publicité: Suzanne Asselin (514) 272-8462 Abonnements: Louise Deslauriers (514) 272-1058 Distribution: Kiosques, tabagies (514) 931-4221.Libraries: (514) 272-1058 cinéma/québec 3 ASSOCIATION DES CINÉASTES AMATEURS DU QUÉBEC ASSOCIATION QUÉBÉCOISE DES PHOTOGRAPHES AMATEURS 4 cinéma/québec ¦ .; s.: \ §§| « à ^ Notre cercle d'amis et de clients ne cesse de grandir.N'oubliez pas de vous renseigner au sujet de nos 'Services complets de doublage'.Parmi nos récentes productions et réalisations originales: • Je suis loin de toi Mignonne • Parlez-Nous d'Amour • Tony Saitta • The Little Girl who Lives down the Lane LE HUS GUANO LABORATOIRE DE FILMS ET ORGANISATION DE FILMS SONORES AU CANADA • Breaking Point • Lies My Father Told Me • Duddy Kravitz • Partners BELLEVUE iECj)athé MONTREAL 2000 Northcliffe Ave.Montreal, Que, H4A 3K5 Tel.(514) 484-1186 TORONTO 9 Brockhouse Road Toronto, Ont.M8W 2W8 Tel.(416) 259-7811 *UN6 DIVISION DE ASTRAL BELLEVUE PATHE LTD /LTEE "W cinéma/québec C'est beaucoup dire mais pour les gens dans l'industrie du film, cela signifie Bellevue Pathé .automatiquement.Ce qui prouve que les bonnes nouvelles se répandent vite dans un domaine où il faut produire — ou mourir.C'est aussi une indication de la qualité.Nous nous imposons un degré d'excellence plus haut que celui du client le plus exigeant.Nos gens ont la compétence technique et notre équipement a les plus récentes innovations techniques.Ensemble, ils font des amis de nos clients.Et c'est une autre indication de qualité, comme: Productions Mutuelles - Cinévidéo - International Cinémedia Centre Vidéofilms - O.N.F.- Cineprix - Paramount -20th Century Fox - Columbia - CBC - Warner Bros.- United Artists - MCA - Universal. — HH et les marchés étrangers a) pour la dgea Cquébec) INVENTER DES FORMULES A la demande de Cinéma/Québec, le Service de la Promotion gouvernementale du Cinéma québécois de la nouvelle Direction générale du cinéma et de l’audiovisuel (DGCA) définit dans le texte qui suit sa politique vis-à-vis les marchés étrangers.Ce Service, dirigé par M.Gilles Boivin, est de création toute récente.Il en est donc à faire ses premières armes dans ce domaine très complexe de la promotion du cinéma québécois dans les festivals étrangers.Cette année, à Cannes, la DGCA ne participera qu’à titre d’observateur.Il est utile de le rappeler: le Québec compte 6 millions d’habitants dont 5 millions de francophones.Marché cinématographique modeste donc et qui risque de le demeurer à cause de l’affaissement du taux de natalité.Encore faut-il préciser deux choses.C'est le cinéma québécois qui est la première victime de l'exiguité du marché.Le cinéma étranger, lui, trouve massivement au Québec une terre d’accueil d’une singulière hospitalité et en tire d’importants bénéfices.En deuxième lieu, les télévisions québécoises pratiquant une consommation massive de longs métrages, les films qui sortent en salle sont assurés, dans un 6 second temps, de faire carrière à la télévision et ceux que les salles refusent peuvent quand même y trouver refuge et royautés.Ainsi, toute la production française et la quasi-totalité de la production américaine trouvent preneurs sur le marché québécois.Pour l’exploitation en salles seulement, le Québec importe chaque année plus de 700 longs métrages étrangers.Dans le même temps, une vingtaine de longs métrages québécois prennent l’affiche, soit moins de 4% des films programmés.Depuis les années 70, environ 120 longs métrages québécois ont été produits.De ce nombre, une douzaine seulement ont réussi à amortir sur le marché intérieur la totalité du coût de production.Encore s’agissait-il de films à budget modeste ou moyen.En 1975, le coût moyen de production d’un long métrage québécois était de l’ordre de 400,000 dollars.On connait la formule classique: pour récupérer sa mise de fonds, le producteur doit recueillir au guichet une somme de quatre fois supérieure au coût de production.C’est dire qu’un long métrage québécois doit aller chercher $1.6 million et 700,000 spectateurs pour que le coût de production soit amorti sur le marché intérieur.Comme nous l’indiquons plus haut, cela n’arrive qu'à peine une fois sur dix.Cette situation a amené le gouvernement a accorder une attention particulière à la recherche de marchés étrangers dans la Loi sur le cinéma sanctionnée en juin 75.cinéma/québec trois intermédiaires indispensables dans la fabrication d’un film pour le matériel de tournage RPF 1108, rue Bleury, Montréal 128, P.Q.Tél.: 861 -2825 Sclaùuiÿe pour le traitement de la pellicule Les Laboratoires de Film Québec Film Labs 1085 rue St-Alexandre, Montréal, Canada — 861-5483 pour tous les travaux de post-production TELE-MONTAGE INC./ cinéma/québec 7 10 bleury montréalm 875-632, les marchés étrangers La préoccupation gouvernementale s’exprime dans les articles suivants: article 6.Le ministre voit à la promotion du cinéma québécois et coordonne sa représentation dans les festivals et autres manifestations cinématographiques.article 7.Le ministre favorise la création de nouveaux marchés pour la production cinématographique et audiovisuelle québécoise et l’expansation des marchés déjà existants, notamment celui de la télévision.La mise en oeuvre des articles 6 et 7 de la Loi sur le cinéma a été confiée au Service de la Promotion gouvernementale du cinéma québécois de la nouvelle Direction générale du cinéma et de l’audiovisuel.La DGCA, de création relativement récente, est l’organisme administratif responsable de tout ce qui, dans la loi, relève de l’initiative gouvernementale: coordination de la production, promotion, information et classification, cinémathèque nationale.Le Service de la promotion du cinéma québécois a déjà pris quelques initiatives de nature à amorcer la conquête des marchés étrangers.Ainsi la DGCA, par son service de la Promotion, a participé activement au XIle Marché international des programmes de télévision, tenu à Cannes, du 23 au 28 avril 1976.Six sociétés ou organismes québécois regroupés dans un stand collectif ont offert aux télévisions étrangères une gamme de produits audiovisuels québécois fort variés.Leur promotion qualifiée “d’agressive, mais sympathique” a permis une percée jamais vue auparavant.Teldis, Interimage, Via le Monde (Canada), Kébec Films, l’Office de radio-télédiffusion du Québec et la Direction générale du cinéma et de l’audiovisuel du ministère des Communications du Québec ont “envahi Cannes”.Nous sommes bien conscient à la fois des limites et des possibilités d’un tel marché.Nous y avons fait connaître nos productions diverses: spectacles de variété, séries télévisées, films pour enfants, etc.Nous y avons trouvé preneurs et ce n'est qu’un début.Aussi croyons-nous utile d’être présents au XXIXe Festival international du film de Cannes, afin de nous associer aux cinéastes, producteurs et distributeurs québécois qui ambitionnent de s’imposer sur les marchés étrangers, du long métrage en particulier.La DGCA entend prendre l’initiative de la représentation du cinéma québécois dans les festivals et les marchés internationaux aussitôt que son personnel sera en place et prêt à agir.Elle le fera bien sûr en collaboration avec tous les organismes, associations, sociétés et instances gouvernementales concernées.Le 9 avril, parlant devant les membres de l’Association des producteurs de films du Québec, le ministre des Communications responsable du cinéma, monsieur Denis Hardy, déclarait: “Il y aura également d'énormes défis à relever dans les domaines de la publicité, de la promotion et de la distribution du film québécois au Québec d’abord, mais aussi sur les marchés étrangers.Une évidence s'impose à tous, vous le savez: sauf de très rares exceptions, un long métrage, un film ou une série de télévision ne peuvent s’amortir sur le seul marché intérieur québécois et canadien.C’est à partir de cet indéniable constat qu’il faudra concevoir et le plus rapidement possible, une stratégie de pénétration des marchés étrangers.On devra y mettre de l’imagination, du dynamisme et surtout de l’acharnement.” Au-delà des actions ponctuelles, reste désormais à inventer des formules de promotion qui assureront une présence remarquée et continue du cinéma québécois dans le plus grand nombre possible de pays étrangers.?Scène cinéma/québec mai .ll|IHliii,n,,l|.él Depuis 1965 Araneus Films Ltée s’est spécialisée dans l’animation, les génériques et les graphiques.Si vous avez besoin d’animation, de génériques ou de graphiques pour votre prochaine présentation audio-visuelle et que vous n’ayez pas encore fait appel à nos services, empressez-vous de communiquer avec nous.487-3392 Arsuieiis Films LUI.5165 O., RUE SHERBROOKE, #410 MONTRÉAL, QUÉBEC — H4A 1T6 Giriii€S:ROBeRTwriTos RGSCRMG MIR4M4R VINAHLM/DGRMA COMMUNICATIONS DISTRIBUTION cmm TRdNCNS/dNGLNS * 899 SHGRBROOkG OUGST MOnTRGdL P.Q.CMIfcDfc r+3F\ 1G3 TGLGPHONG : (5I4) 845-4141 dDRCSSe TGLGGMPHiQUe MNPÆOMk cinéma québee On peut se procurer la collection complète de Cinéma/Québec en quatre volumes reliés.Volume 1 : numéros 1 à 10, $15 Volume 2: numéros 11 à 20, $12 Volume 3: numéros 21 à 30, $12 Volume 4: numéros 31 à 40, $12 Ecrire à Cinéma/Québec C.P.309, Station Outremont Montréal, Québec tél.: (514) 272-1058 CPI6R/DS: la même qualité dans un système double Le CP16R/DS est comparable au modèle CP-16-R qui a fait ses preuves comme étant une caméra réflexe légère, durable et fiable.Nous avons enlevé le volant et les enrouleuses nécessaires au système simple d’enregistrement sonore.Notre CP16-R/DS n’est donc qu’un système double.Plus simple et plus rapide à enrouler.De plus, notre modèle CP16-R/DS pèse près de 3/4 de livre de moins que notre modèle CP16-R léger.Si vos besoins changent nous pouvons facilement convertir votre CP16-R/DS aux possibilités sonores simples ou doubles.Si vous utilisez un système cinématographique double, il vous faut le CP16-R/DS.Pour de plus amples renseignements ©veuillez communiquer avec: ALEX L.CLARK CO.LTD.Toronto - Montréal - Calgary Toronto: téléphone (416) 255-8594 30, Dorchester Ave.Nous connaissons nos caméras.cinéma/québec 9 les marchés étrangers b) pour le bureau des festivals (Ottawa) PRESENTER UNE IMAGE OU CINEMA CANADIEN une conversation avec jean lefebvre En juillet 1972, le Secrétaire d’Etat d’alors, M.Gérard Pelletier, dévoilait les premières ébauches d’une politique fédérale du film.Parmi les recommandations faites, on notait la création d’un Bureau des festivals “afin de coordonner et d’administrer la représentation du cinéma canadien dans les festivals du film au Canada et à l’étranger’’.“Il est essentiel, ajoutait alors M.Pelletier, que soient élaborées des méthodes plus efficaces de promotion, de publicité et de diffusion du film canadien, au pays comme à l’étranger, et le nouveau Bureau des festivals devra s’y employer.” Pour la troisième année consécutive, il reviendra donc à ce Bureau des festivals de coordonner la participation canadienne au Festival international du film de Cannes.Cinéma/Québec en a profité pour faire le point sur les différentes initiatives prises par ce Bureau pour mieux faire connaître les cinémas québécois et canadien à l’étranger.Le texte qui suit résume une conversation que Cinéma/Québec a eu avec son directeur, M.Jean Lefebvre.Auparavant, M.Lefebvre était en charge du Bureau des festivals de l’ONF.Jean-Pierre Tadros Cinéma/Québec: On s'essaye depuis plusieurs années à vendre à l’étranger le cinéma canadien en général et en particulier le québécois.Ce qui a donné lieu à des tentatives de promotion assez considérables, principalement au Festival de Cannes.Or, malgré tous les efforts déployés, le cinéma québécois n'arrive pas à s’imposer — commercialement parlant — en France.Le travail, fait depuis maintenant trois ans par le Bureau des festivals du côté de manifestations comme celles de Can- nes, n’est-il pas disproportionné avec les résultats qu’on en retire?.Jean Lefebvre: Je ne crois pas.Il faut se rappeler en effet les raisons qui ont motivé la création du Bureau des festivals.Car s’il en existe un aujourd’hui au Secrétariat d’Etat, c’est qu’il en existait déjà un à l’Office national du film.Pour la survie même de l’ONF il était en effet très important d’obtenir des prix, en d’autres termes des garanties de l'extérieur que les films produits étaient de bonne qualité.Eventuellement, de tels prix assuraient les budgets de cet organisme gouvernemental; ce budget devant être approuvé par le Parlement canadien.D’où la nécessité d’un bureau des festivals au sein même de l’Office.Mais l’industrie privée, qui commençait à s’affirmer au Canada, regardait d'un oeil jaloux l’opération de ce bureau des festivals alors qu'il n’existait rien pour l’aider, elle.C'est donc pour remédier à cette situation que Gérard Pelletier allait créer le Bureau des festivals en 1972; un Bureau, donc, au service de l’industrie privée.La course au prestige Notre action, durant notre première année d’existence, a été très puriste.C’est-à-dire qu’on a fait ce que le bureau des festivals de l’ONF aurait fait: on s’est embarqué dans la course au prestige.On est allé chercher des prix pour le cinéma canadien.Mais on s’est vite rendu compte que c’était tout aussi facile que pour l’ONF, parce que les cinémas canadien et québécois sont particulièrement appréciés en Europe où se déroule la majorité des festivals.Il existe tellement de festivals spécialisés qu’on peut très facilement trouver une niche pour n'importe quel film: si tu fais un film sur les boîtes de conserve, il existe précisément en Italie un festival sur les boîtes de conserve.Il s’est développé une espèce de super-spécialisation à l’intérieur des 400 festivals qui se déroulent chaque année.Donc, non seulement tu peux trouver une niche pour n’importe quel film, mais aussi des prix, parce que c’est 10 cinéma/québec LISTE DES PRIX DECERNES AUX MEILLEURS FILMS Premier prix pour le gagnant de toutes catégories.“PRIX NORMAL MCLAREN”.$2,000.00 ($1,000.plus $1,000.de l’année dernière) PRIX POUR LES PRODUCTIONS EN 35MM/16MM: SCENARIO Premier prix: 500.00 Deuxième prix: 300.00 DOCUMENTAIRE Premier prix: 500.00 Deuxième prix: 300.00 ANIMATION Premier prix: 500.00 Deuxième prix: 300.00 EXPERIMENTAL Premier prix: 500.00 Deuxième prix: 300.00 Huitième Festival du Film Etudiant Canadien Conservatoire d’Art Cinématographique Université Concordia 1455 de Maisonneuve Ouest Montréal 107, P.Q.Canada H3G 1M8 Tél.879-4349; 879-7285 Les bulletins d’inscription sont disponibles dans tous les cinémas Famous Players.2000 rue Northcliffe, Montréal (514) 487-5010 2264 ouest, boul.Lakeshore, Toronto (416) 252-5457 571 Homer St., Vancouver (604) 687-8351 1587, SAINT-DENIS (Près Maisonneuve) METRO BERRI-DEMONTIGNY TEL.: 845-8887 VENTE Roscolene, Mole Richardson, Colortran, Sylvenia, 3-M ^ REPARATION Caméras et lentilles — 16 et 35mm.LOCATION D’ÉQUIPEMENT ] CINÉMATOGRAPHIQUE J Caméras - 16 et 35 mm.Ê Eclairage fl - Mole Richardson j et Colortran Son - Nagras et microphones Générateurs ^ - Blindage insonore A AC et DC jusqu’à 1500 amp.fl Studios de Son fl cinéma/québec 11 les marchés étrangers tellement spécialisé que presque tous les films qui sont envoyés à ces festivals remportent un prix.Donc cette notion de prix est tout à fait relative.On s’est alors aperçu que le véritable but de la participation dans un festival devait être de faire la promotion et la publicité du cinéma canadien afin d’aider à sa distribution et à sa vente au Canada et à l'étranger.Ce qui nous ramenait d’ailleurs à notre mandat.Disons tout de suite que pour ce qui concerne notre action possible au Canada, cela pose un problème à cause des possibilités d'ingérence.Car il ne faut pas qu'on entre en concurrence avec l’industrie privée.Et puis s’il fallait que le gouvernement investisse dans la production, la distribution et en plus dans la promotion des films au Canada, alors autant produire et distribuer nous-mêmes les films comme le fait l’ONF.Une publicité corporative Pour pallier à cette difficulté, et ne pas être accusé d’ingérence par le secteur privé, nous avons décidé d’aider à la distribution en faisant la promotion et la publicité corporatives du cinéma canadien.En d’autres termes, on vend le cinéma canadien en bloc, dans un paquet.Les festivals étaient naturellement un terrain d'action idéal pour une telle promotion, d’autant plus que c’est véritablement là notre rôle.C’est donc vers ce type d’action qu'on s’est orienté.Mais là aussi on a dû opérer par étapes.Pour l’acheteur étranger, le cinéma canadien n’était pas facile à circonscrire.A part l’ONF, il n’existait aucune adresse sûre au Canada.Il existe presque une compagnie par film; je n’exagère que moyennement.Alors pour un distributeur qui pourrait être vaguement intéressé dans un film canadien, ce n’était pas facile de s’y retrouver.Et pendant un festival on n’a guère le temps de chercher.Alors, nous avons décidé de créer avant tout l’idée d’une agence unique, d’un point focal.Pas pour contrôler; mais pour coordonner, pour simplifier la tâche à tout le monde.Et également pour rassurer éventuellement les acheteurs sur le fait qu’il n’y avait rien de louche dans le fait de voir une compagnie par film puisque cette situation était cautionnée par le gouvernement.C’est ce qu’on a essayé de faire jusqu’à présent, et je pense qu’on a réussi.On a réussi à Cannes, tout d’abord à briser la psychose des petites maisons dispersées, et à créer une image non pas monolithique mais d’un bloc de films.On s’est rendu compte que c’est très rentable comme image.A partir de là, il fallait arriver à implanter une notion de diversité.Durant les deux premières années on a imposé Cinéma Canada.Beaucoup d’acheteurs ont alors acquis la conviction que Cinéma Canada était une masse rassurante de films achetables.Mais pour la majorité d’entre eux, par contre, c’était aussi des films dits culturels.Or, c’est jeter véritablement l’anathème sur un film que de dire qu’il est culturel lorsque l’on se trouve dans un marché du film.Cela veut dire entre autres que tu coupes de moitié le prix de l’offre.On s’est donc employé à faire du cinéma VOX, à Cannes, notre véritable débouché commercial.Dans ce cinéma, que nous louons et dans lequel nous présentons de 9 heures à 18 heures des films canadiens, on n’a pas peur d’apporter des films crassement commerciaux, c’est-à-dire qui sont faits avant tout pour faire de l'argent et non pas pour courir après les prix.Ce qui fait que maintenant les gens commencent à considérer Cinéma Canada comme une masse rassurante de films, et en même temps très diversifiée.D’un simple point de vue du marketing, cette notion de diversification est très importante.De même que d’un point de vue promotionnel.Le cinéma canadien, il faut donc bien le réaliser, est passé par plusieurs étapes.Tout d’abord, tout ce qui se produisait au Canada venait de l’ONF.Après ça, on s’est mis à dire que tout ce qui se faisait d’intéressant au Canada c'était le cinéma québécois.Maintenant on commence à entrer dans une troisième phase: il y a le cinéma de l’ONF, il y a le cinéma québécois et puis il y a un produit commercial varié.C’est à peu près là où on en est rendu.Une participation plus sélective Ce qui fait aussi qu’on a réajusté notre tir par rapport aux festivals étrangers.Notre participation est devenue plus sélective.On participe à certains fetivals parce qu’ils confirment la qualité culturelle de nos films.Et on va à d’autres parce qu’ils aident tout simplement la distribution de nos films.Il y a donc très peu de festivals auxquels on participera sans qu’on en attende des retombées bien précises.A date, c’est naturellement le festival de Cannes qui a pris le gros morceau.C’est un super-festival.Les gens qui n’auraient que Cannes comme expérience de festivals éprouveraient une V Le stand Cinema Canada A la sortie de la projection des Ordres: Lelouch, Gauthier et Brault.^ les Autours Trois Québécois à Cannes, l’année dernière: Sicotte, Ranger et Labrecque.12 cinéma/québec les marchés étrangers profonde dépression s’ils se rendaient dans un autre festival.Cannes, c’est la plus importante des manifestations culturelles et commerciales.Néanmoins, ce n’est pas tous les films qui sont bons à vendre à Cannes.Aussi, à partir de cette année, le Bureau des festivals va aller au MIFED de Milan, qui est un marché international du film ouvert principalement aux acheteurs.On va essayer encore une fois de créer une image rassurante du cinéma canadien.Au MIFED, cependant, notre campagne de promotion sera totalement différente de celle de Cannes.On laissera par exemple à chacun des distributeurs le soin de faire sa propre publicité.Et chacun d’eux aura à pousser son film d’un point de vue strictement commercial.Parce qu’au MIFED, il n’y a pas de journalistes, pas de cinéastes; il n’y a que des acheteurs.Le MIFED n’est ouvert qu’à eux, c’est un club fermé d’environ 200 membres qui se connaissent tous.Ce qui est pas mal effrayant en un sens, parce qu’on découvre que ce sont ces gens-là qui décident en une semaine et demie du menu cinématographique qu’on servira au monde entier durant toute l’année à venir.Et leurs seuls critères, à ces gens-là, c'est naturellement le critère de rentabilité.Il faut cependant reconnaître que ça existe et que ça peut donner un sérieux coup de pouce au cinéma canadien.C’est pourquoi on y va.Semaines de cinéma canadien D’autre part, on a commencé aussi à organiser des semaines de cinéma à l’étranger.La première année, on a préparé un paquet de films-clés qu’on a envoyé dans des semaines différentes dans le monde.Cette sélection a passé dans descinémathèques;ça nous a coûté une fortune et ça ne nous a rien rapporté finalement.On a eu droit à des critiques sérieuses dans des revues sérieuses.Mais commercialement, le cinéma canadien n'en a rien gagné.On a donc réajusté notre tir encore une fois.Et l’on s'est demandé d’abord où aller avec une bonne semaine de cinéma canadien pour créer des retombées commerciales.Parce que le but de telles semaines, il ne faut pas l’oublier, c'est de créer à la fois une promotion sérieuse et la possibilité d’ouvrir de nouveaux marchés au cinéma canadien.La première fois qu’on a essayé cette nouvelle formule, c’est à Sorrento.Et ça a été un succès incroyable.Mais il faut bien se rendre compte qu’il nous a fallu auparavant créer l’image rassurante d’un cinéma canadien viable pour que Sorrente nous invite.D’autre part, avant nous, Sorrente ne se préoccupait pas d’ouvrir le marché italien aux films invités; depuis qu’on y est allé, Sorrente s’emploie à amener des acheteurs italiens.Tout simplement parce que nous avons insisté, avant d’y aller, pour que cette manifestation puisse avoir un impact commercial.Et on a pu, par ce biais, pénétrer dans un marché hyperfermé et vendre deux films québécois et un film canadien.Naturellement, notre rôle se limite à imposer le cinéma canadien comme tel; les distributeurs canadiens doivent s’employer à faire tout le reste.C'est à eux à faire le reste du travail.Nous, nous n’avons pas les moyens de maintenir une action constante de promotion dans un pays donné.Tout ce que l’on peut faire c’est d’ouvrir la porte.Mais depuis Sorrento, les distributeurs considèrent sérieusement ces semaines à l’étranger.C’est le cas, par exemple, d’André Link de Cinépix qui a décidé, cette année, de venir à ses frais en Russie pendant qu’on y organisait une semaine de cinéma canadien Le rôle particulier de la France La découverte du cinéma québécois en France s’est faite sans nous.Il s’est créé en France un certain engouement pour tout ce qui était Québécois, et en particulier pour le cinéma québécois.C’était malheureusement une réaction un peu surfaite.Ce que j’essaye d’expliquer à tous nos gens d’ici, c’est que nos films une fois à l’étranger, et même en France, sont perçus à travers une autre culture.Ce qui fait qu’on voit nos films à travers des préjugés, des idées de ce que nous sommes.Cela agit comme un prisme déformant.Au départ, cela a donc plu aux Français de nous retrouver dans nos films.Une mode s'est créée; mais comme toutes les modes, elle a passé.Et maintenant l’on se retrouve face à un excès contraire: on se méfie de tout ce qui vient du Québec.Il faut donc attendre que les choses se rétablissent.Je pense que c’est un processus à travers lequel il va falloir passer dans tous les pays.Il y a toujours le fossé culturel à franchir, ce qui n’est pas facile.Il va falloir faire comprendre aussi aux Français que le cinéma québécois leur présente une autre culture, une autre façon de voir les choses, et qu’ils doivent l’accepter comme cela.Pour les en convaincre, cela prendra quelque temps.Ailleurs dans le monde on a aussi un travail de déblocage à faire.Et c’est ce qu'on considère être notre mission.(propos recueillis par Jean-Pierre Tadros) les films truca Itée 1485 bleury - suite 301a mtl 130 - tel 849-3621 Titres Films fixes Trucages optiques Tournage (ranimation • Soufflage de 16mm standard et Super 16mm à 60111111 Réduction de 35mm à 16mm Tirage par immersion (liquid Rate) pour enlever les rayures • et d^autres petits trucs.cinéma/québec 13 la distribution à la recherche de nouvelles voies DES DISTRIBUTEURS La distribution des films au Québec, c’est un peu la bête noire du cinéma québécois.On l’accuse généreusement de tous les maux qui ne manquent pas de s’abattre périodiquement sur notre cinéma.Un film ne marche-t-il pas?Et c’est la faute au distributeur.Et si le film devait marcher — malgré la mauvaise volonté du distributeur — on l’accusera d’empocher la majorité des profits.Le commerce du film est chose complexe.L’ennui, c’est qu’il détermine notre cinéma de façon significative.Surtout depuis l’entrée en jeu de la Société de développement de l’industrie cinématographique (SDICC).Sans vouloir vider la question de la distribution des films québécois, il nous a cependant paru intéressant d’aller y voir d’un peu plus près en interrogeant deux distributeurs.Deux distributeurs dont les actions dans le monde du cinéma québécois ont été fort différentes.Certains diront complémentaires.Il s’agit de Pierre David et de Rock Demers.Le premier est tombé sur le cinéma québécois un peu comme un ouragan.Avec une audace qui tranchait avec la prudence proverbiale de ses collègues, il a su bien vite s’imposer comme le plus dynamique des distributeurs québécois.Ce qui ne veut pas dire que sa carrière ne compte pas quelques retentissants échecs.Quant au second des distributeurs interrogés, il s’agit de Rock Demers dont l’action sur notre cinéma s’est faite avec moins de panache mais aussi avec plus de persévérance.Le cinéma pour enfants, le cinéma d’art et d’essai des pays de l’Est, d’Amérique latine et du Japon principalement, sont la spécialité de la maison Faroun.Une spécialisation, donc, qui ne lui rend pas la vie particulièrement facile.A la veille de leur départ pour Cannes, nous leur avons laissé la parole.Quitte à revenir plus en profondeur sur ce problème important de la distribution des films au Québec.Parce que, précisons-le à nouveau, les propos recueillis ci-après n’ont pas la prétention de faire le tour de la question, mais de présenter tout simplement les points de vue de deux distributeurs sur leur métier.Jean-Pierre Tadros Cinéma/Québec: La distribution au Québec, en ce qui concerne principalement les films québécois, semble y perdre souffle.Que se passe-t-il?Pierre David: Au Québec, la distribution fonctionne mal si le film va mal.La distribution ne peut être que le prolongement du produit.Or le produit québécois, aujourd’hui, laisse à désirer.Le problème est bien simple: un film s’adresse normalement à un public.Si on veut lui donner un public qui n’est pas le sien, alors là tout le monde se casse la gueule.Et c’est ce qui est arrivé dernièrement avec les films québécois.On a voulu les surdistribuer, et ça n’a pas marché.Et si on a voulu les sur-distribuer, c'est pour une raison bien simple qui montre un peu dans quelle galère les distributeurs ont été embarqués, ou se sont bien souvent embarqués eux-mêmes.Un distributeur, il ne faut pas l’oublier, a pour principale fonction de se procurer un produit et ensuite d’essayer d’avoir les bonnes salles pour bien le lancer.Or, parce que le distributeur de films québécois a été amené à la suite d’un certain enthousiasme à faire aussi de la production, ou alors à mettre des 10, 20 et 30,000 dollars d'investissement dans les films qu'il allait distribuer, il s’est retrouvé dans l'obligation de chercher à vite refaire ses frais.14 cinéma/québec la distribution Lorsqu’il se retrouve finalement avec quinze copies de ce film-là, il n’a plus d’autre choix que de faire un grand lancement pour un film qui n’en méritait peut-être pas un.Il ne peut donc plus être un bon distributeur: c'est un gars qui essaye de récupérer le plus vite possible ses sous, son investissement.Et c’est comme ça qu’on a vu au Québec des films québécois sortir simultanément dans une douzaine de salles à travers la province, avec un gros tapage publicitaire, alors qu’ils ne méritaient sûrement pas tous une telle mise en marché.Je prends ici comme exemple le cas de Bulldozer.Comme on n’est pas là pour faire la charité publique, on veut au moins récupérer sa mise de fonds.En vertu du contrat, j’avais 10/15,000 dollars récupérables en première position.Et j'avais 7 à 8 copies du film.Ma seule solution était de lancer le film de Harel dans beaucoup de salles à la fois; alors que c’était le type même de film pour un public bien défini à sortir dans une seule salle.Mais grâce à la sortie que je lui ai faite, j’ai pu me sortir du trou et récupérer mon investissement grâce au jeu du nombre de salles.Le problème est donc qu’à cause de l’investissement trop grand qu’on m'avait obligé en tant que distributeur à faire, je n’avais cherché qu’à récupérer mon argent: donc, si le film ne marche pas, au moins je m’en sauve.Maintenant, quand tu achètes en France par exemple, un film pour un auditoire restreint, tu le payes en conséquence.J’ai ainsi investi $10,000 dans le film de Jeanne Moreau; mais je le destine au public du Dauphin et je lui ferai un lancement proportionnel qui ne me coûtera que $5,000.Je peux donc facilement faire de ce film un succès proportionnel au lancement que je lui aurais préparé.Si j'achète maintenant un film “tout public”, je le payerai naturellement plus cher (quelque chose entre 40 et 50,000 dollars) et je demanderai 6 ou 7 copies.Ce qui me permettra de le lancer dans plusieurs salles à la fois, avec une campagne de lancement correspondante.Ici, au Québec, tout est disproportionné.Et c’est ça le véritable problème.Quand tu présentes un artiste québécois de la chanson à la Place des Arts, tu vas le payer à peu près le même prix qu’un Français qui attirera sensiblement le même nombre de gens.Mais quand tu as un film québécois, produit ici, son prix est tota- Pierre David (Films Mutuels) ' X^ v jSL * .lement disproportionné par rapport à ce qu’il peut faire comme recettes.Même quand il ramasse un revenu normal pour le bassin de population que nous avons ici, il ne peut être qu’un échec par rapport à son coût de production.Pas de désaffectation du public Rock Demers: Je ne pense pas, quant à moi, qu’il y ait eu une désaffectation du public québécois pour le film québécois.Je pense qu’il y a quelques années, ce que faisaient certains réalisateurs correspondait avec ce qu’attendait le public québécois à ce moment-là.On pourrait refaire en 1977 des succès comparables à ce qu’on a fait en 1972.Seulement, il semble qu’il se soit produit une sorte de décalage entre les préoccupations propres des cinéastes et ce que le public veut avoir.Je pense que si on avait aujourd'hui l’équivalent de ce qu’avait été J’ai mon voyage, Les mâles ou Deux femmes en or, ces films marcheraient aussi bien en 76 ou 77 qu’en 72 et 73.On dit aussi qu’il ne faut plus produire de films à $400,000 parce qu’on ne peut les rentabiliser au Québec, mais des films à petit budget.Moi, je n'y crois pas.Parce que je pense que la possibilité de récupérer un investissement n’a rien à voir au fond avec la grandeur du budget de production.Il se peut qu’un film de $400,000 soit plus facilement rentable qu’un film qui n'aurait coûté que $150,000.Dans ce dernier cas, cela risque même d’être plus dur.Pierre David: Le problème malgré tout avec le film québécois, c'est qu’il y a quelques années il ne coû- tait que 2 à 300,000 dollars.Or aujourd’hui, à cause de l'inflation, il coûte $400,000.Or, le public québécois ne se multiplie pas, lui.Et l'étranger, pour un film québécois, c’est le vide total actuellement.C'est-à-dire qu’on recueille un peu partout un succès d’estime.mais le public entrant dans les salles de cinéma pour voir des films québécois, ce n’est pas pour demain.La vente à l’étranger Rock Demers: Pour ce qui est de la vente à l'étranger, je suis beaucoup moins pessimiste que Pierre.Je pense simplement que c'est un processus très lent.Une cinématographie peu connue ne peut espérer des succès importants tout de suite.Mais par rapport au nombre de films que l’on produit, moi je pense que le cinéma québécois a eu autant de succès, proportionnellement, que les cinémas de pays comme le Danemark et d’autres.J’estime qu'on a réalisé à l'étranger une mise en marché fantastique qui donne quand même des résultats.Dans les cinq dernières années, si on considère le cinéma canadien dans son ensemble, on a fait quand même $2 millions de vente à l’étranger.Pour ce qui est du cinéma québécois proprement dit, on a pu réaliser au moins pour $1/2 million.C’est peut-être très peu, mais par rapport au nombre de films produits, moi je trouve que ça se compare avantageusement à ce qui se fait ailleurs.On est tout simplement engagé dans un long processus.Et surtout, on ne peut pas comparer le cinéma québécois au cinéma français.Des cinématographies comme celles de la Bulgarie, de la Tchécoslovaquie, et même la cinématographie japonaise ont autant de mal à pénétrer sur les marchés étrangers que nous autres.Pierre David: Mais le problème véritable ici, c’est qu'il n'y a pas eu de progression depuis quelques années.Moi, je ne sens aucun accroissement dans les ventes.Rock Demers: Disons qu’il se manifeste un peu plus d’intérêt pour le cinéma québécois.Et puis, il ne faut pas oublier qu’il y a un marché important qui s’en vient, et c'est celui de la télévision.Moi, je vends encore des films comme Red de Gilles Carie que je viens de céder pour $3,000 à la télévision péruvienne.Ce n'est rien, mais qui aurait pensé le vendre au Pérou! cinéma/québec 15 la distribution C’est long, naturellement, à débloquer, mais il ne faut pas se décourager, il ne faut pas lâcher.Je pense que tout ce qui se passe actuellement est normal.Ce qui n’aurait pas été normal, à mon avis, c’est que ça se passe autrement.Le marché francophone nous tyrannise Pierre David: Je persiste à croire que la progression est trop lente.Ailleurs, en Suisse par exemple, ça a explosé plus vite.Il est vrai qu’ils sont plus près de Paris que nous autres! Ma théorie — et je ne sais pas si elle est fondée ou non — c’est que le gros marché francophone, c’est-à-di-re à toute fin pratique la France, nous tyrannise.Ils ne prennent de nous que ce qu’ils aiment, comme si on était une de leurs colonies.Car c’est finalement à Paris que l’on va juger si un film marche ou ne marche pas.On se trouve placé ainsi un peu comme les Africains dans une espèce de avec les compliments de l’Association des Propriétaires de Cinémas du Québec Inc.3720, Van Horne suites 4 et 5 Montréal (514) 738-2715 cinéma de colonisés vis-à-vis de la langue française.Parce que du côté anglais on est complètement bloqué.Le marché anglophone ne prend pas les versions doublées ou sous-titrées; ou très peu.Donc il ne nous reste que le marché francophone; et là, on est lié à la décision de Paris.Ce qui est pas mal frustrant.Rock Demers: C’est vrai ce que tu dis là, car finalement il n’y a que deux places au monde pour lancer des films sur le marché international: Paris et New York.Et c'est vrai pour presque toutes les cinématographies dans le monde.On est tous lié à la décision d’un petit groupe.La situation au Québec n’est donc pas particulière; il faut toujours la resituer par rapport à l’ensemble, et alors le tableau devient moins noir.Les mâles, c’est à Cannes puis à Paris que ça été lancé.On ne lancera jamais des films québécois sur le marché mondial à partir de Montréal.Pierre David: Je me demande si finalement ce ne sont pas des Québécois qui vont s’imposer sur le marché international, et non pas le cinéma québécois comme tel.Gilles Carie, Jean-Claude Lord, Carole Laure, Geneviève Bujold, .un certain nombre de Québécois, donc, qui imposeront leur manque à l’étranger.Moi, je ne connais pas le cinéma suisse: je connais, Tanner, Soutter,.Pourquoi aller à Cannes?Rock Demers: Il faut aller à Cannes tout simplement parce que ce marché est relié à Paris; c’est la rampe de lancement sur le marché international.Et puis ça fait partie du processus d'enracinement dans ce marché mondial.Ce que je vais y faire cette année?Visionner beaucoup de films étrangers afin de pouvoir en acheter un certain nombre.J'y vais aussi pour prendre certains contacts, essayer de vendre des films québécois dans quelques territoires.Donc, pour faire avancer les choses, tranquillement.Pierre David: Moi, je vais aller pour acheter.Cela prendra 75% de mon temps.Je vais aussi essayer de vendre Mustang, et aussi Les ordres et Bingo dans les quelques territoires qu’il me reste.Je vais aussi tenter de discuter de projets de co-production.Jean-Claude Lord sera avec moi, et on va voir si on peut finaliser notre projet avec Nathalie Delon.On va aussi examiner quelques autres possibilités.Mais il ne faut pas oublier qu’on est en face d’un autre problème.Et c’est qu’on ne prend plus, sur nos films, les “droits internationaux.” A cause des règlements de l’Union des Artistes, ces droits s’élèvent aujourd'hui de 20 à 25,000 dollars par film, soit 65% des cachets des comédiens.C’est en effet le prix qu’il faut payer aux acteurs d’un film (65% de leur cachet initial) si l’on veut avoir le droit de vendre le film à l’étranger.Alors, on ne prend ces “droits internationaux” que si le film a des chances d'être suffisamment vendu.Il faut qu’on puisse recouvrir au moins cet investissement supplémentaire, sinon cela ne vaut naturellement pas la peine.Alors, j’apporte avec moi des films, sur lesquels je n’ai pas les droits internationaux, pour les montrer et essayer de les vendre.Si ça marche suffisamment bien, d’accord; sinon, je laisse faire.La vente des films québécois à l’étranger, ce n’est pas de l’apostolat, mais presque.Regarde même un film comme Les ordres, ça n’arrive pas à marcher en dehors du Québec, sauf peut-être à la télévision et dans le circuit des universités.Rock Demers: Mais prend un film équivalent à celui de Michel Brault de nationalité française, tchécoslovaque ou japonaise, et il va avoir la carrière que Les ordres a eu.J’en suis convaincu.Pierre David: Sauf si tu lui mets Trintignant à la place de Jean La-pointe.Rock Demers: Mais à ce moment-là ce n’est plus l’équivalent, c’est tout à fait autre chose.Pierre David: Ah non! Je ne suis pas d’accord, parce que Jean Lapointe est une aussi grosse vedette au Québec que l’est Trintignant en France.C’est lorsque l’on se retrouve sur le marché international que ce n’est plus la même chose.Regarde un film comme Il pleut sur Santiago qui a ouvert au Chevalier récemment, il a fait $14,000 la première semaine.Les ordres n’a pu faire cela durant toute son exclusivité à Paris.Ne pas sur-vendre Rock Demers: Puisqu’on est dans les problèmes, moi j’en vois un autre.Et c’est qu’il ne faut pas sur-vendre nos films à l’étranger.Le prix que 16 cinéma/québec la distribution tu demandes à un acheteur étranger doit être proportionnel à la capacité du film.Parce que le type, à qui tu auras pu vendre un film québécois pour un prix supérieur à ses capacités, n'achètera plus de films québécois.C’est aussi simple que ça.Pierre David: Moi, je n’ai jamais vendu de films en France; je les ai toujours donnés à pourcentage.Alors le problème ne se pose pas.Mais malgré ça, la distributrice française de Bingo, Michèle Dimitri, a perdu $40,000 avec la sortie parisienne du film; et Lelouch a perdu pour sa part $50,000 avec la sortie des Ordres.D'ailleurs, Michèle Dimitri a fait faillite à cause des films québécois.Sa compagnie était trop petite pour arriver à supporter de telles pertes.Taureau, Bingo et Tabarnak de Fa-lardeau l'ont mis en faillite.Naturellement, la situation est meilleure aujourd’hui qu’il y a cinq ans.Parce qu’à cette époque, il n’y avait pas de cinéma québécois à l'étranger, tout juste des films de l’ONF.Mais si l’on regarde ce qui s’est pa'ssé depuis ces cinq dernières années, on ne peut pas dire qu’on a évolué suivant une courbe de croissance normale.On n’avance pas.Il y a peu de projets; on tourne en rond.La solution?Peut-être tourner des films en anglais.Comme ça, on n’a plus ce maudit problème du doublage.Et puis on peut mettre une couple de vedettes anglaises ou américaines, ce qui assure au film une certaine diffusion.Tu peux ensuite facilement le doubler pour pouvoir couvrir le Québec.Et puis, tu peux même faire une version sous-titrée en français pour le sortir à Paris sur les Champs-Elysées.Rock Demers: C’est drôle uniquement par rapport au Québec.En dehors du Québec, ça se fait malheureusement comme ça.Pensons un peu au sort fait ici au cinéma étranger dans nos salles pour comprendre un peu la situation du cinéma québécois à l’étranger.Prends l’exemple d’un très bon film bulgare ou danois: tu peux le voir ici à la télévision, mais n’essaye pas de le trouver en salle.Si tu essayes de le sortir dans une salle commerciale tu peux être sûr de te casser la gueule.Comment vendre les films Pierre David: Je sais que Rock soutient que les films québécois devraient être vendus par des Québécois, et non par des intermédiaires étrangers.Je ne suis pas d’accord là-dessus.C’est que peut-être j’ai la chance d’être représenté à Paris par le meilleur vendeur étranger, le plus gros.Et ça aide.Mais il ne faut pas se faire d’illusions: c’était je vous donne X, Y et Z et vous prenez Les ordres, sous la forme d’un “package”.Ca m’a servi.J’ai d’ailleurs un autre exemple: j’ai reçu une lettre d’un gars en Grèce qui avait acheté Bingo pour $2,000 et qui me dit qu’il ne le montrera jamais: mais ça faisait parti d’un “package” de $40,000.Je n’aurais donc jamais pu faire ces ventes-là tout seul.Rock Demers: Et puis, ça coûte très cher les ventes à l’étranger.On n’a pas idée de ce que ça représente.Les vraies dépenses commencent le jour où le film est vendu; les problèmes aussi.C’est vraiment un métier particulier, et je pense qu’il devrait y avoir un distributeur canadien qui devrait se spécialiser dans l’exportation du produit cinématographique canadien.Parce que lorsque chaque compagnie est obligée d’assumer elle-même le coût d’exportation de ses films, cela devient très vite prohibitif.Pierre David: C’est vrai, et c’est pour cela que je ne veux plus en faire.Mais je ne pense pas que quelqu’un pourra se lancer dans une telle aventure.Entre ce que ça va coûter et ce que ça pourrait lui rapporter, il y a une telle marge qu’il ne pourrait pas survivre.Une année moins glorieuse Pierre David: Cela va être une année beaucoup moins glorieuse pour le Bureau des festivals.Cannes, cette année, va être beaucoup moins important pour le cinéma canadien.Les distributeurs canadiens vont s’y rendre pour acheter, pour regarder aussi ce qui se passe.Il y a eu l’euphorie; il y a maintenant la remise en question, la recherche de nouvelles voies.Et là, il faut qu’on commence par trouver, pour nous-mêmes, de nouvelles structures de production et de distribution.Une fois qu’on sera arrivé à établir ces nouvelles structures, je pense que l’exportation du film québécois en deviendra automatiquement facilitée.Mais actuellement on cherche.(propos recueillis par Jean-Pierre Tadros) LE CONSERVATOIRE D’ART CINÉMATOGRAPHIQUE organise du 1er au 31 juillet 1976 2 Festivals du Film à l’occasion des JEUX OLYMPIQUES * LE CINÉMA ET LE SPORT Une rétrospective de 120 films sur les grands événements sportifs.la plupart rarement vus à Montréal.TOUS LES JOURS.A l’Auditorium du Conservatoire H-110 Université Concordia 1455, boul.de Maisonneuve 1* LE CINÉMA CANADIEN Un panorama des 120 meilleurs films de notre 7ème art.TOUS LES JOURS.Au Cinéma Elysée 35 rue Milton C’EST UN RENDEZ-VOUS! cinéma/québec 1 du 10 au 15 août V6 August 10-15 For information: Renseignements: Festival office Bureau du Festival Canadian Film Institut canadien Institute du film 1105-75 Albert St.1105-75 rue Albert Ottawa, Ont.Ottawa, Ont.Canada KIP 5E7 Canada K1P 5E7 Tel.: (613) 238 8385 Tel.: (613) 238 8385 Telex: Filmcan Ott Telex: Filmcan Ott 053 4250 053 4250 % 4.v % 4% - 'SX% Xxw * A % \ %*% %/% w S,, % Vi °-5> - \KsX°< XS 4.V' *« W «ft.o' OTTAWA 76 18 cinéma/québec Norman McLaren WWm h ¦ : Trois oiseaux Sérigraphie originale en 4 couleurs - bleu, rose et jaune sur fond gris - imprimée à la main dans les ateliers de Ronald Perreault à Montréal.Tirage: 120 exemplaires numérotés et signés individuellement par Norman McLaren.Format: 20 po.x 26 po.(51 cm x 66 cm).Les écrans après tirage.Prix: $120.00.Cinéma/Québec vous propose, grâce à un accord passé avec les Editions Art Global, une oeuvre d’art authentique créée par le chef de file du cinéma d’animation: Norman McLaren.Vous serez seuls à posséder cette estampe numérotée, jamais distribuée en galerie, dont chaque exemplaire est signé de la main de l’artiste.Pour commander votre exemplaire, remplissez le bon de commande ci-contre en y joignant votre règlement par chèque - en dollars canadiens ou l’équivalent en monnaie convertible - à l’ordre de Cinéma/Québec.L’estampe vous sera immédiatement expédiée recommandée et emballée sous tube.Tous les frais d’expédition et d’assurance transport pour tous pays sont à la charge de l’Editeur excepté les frais de douane s’il y a lieu.Les commandes reçues ne peuvent être honorées qu’en fonction du tirage indiqué.ayant servi à l’impression ont ete effaces BON DE COMMANDE A retourner à: Cinéma/Québec, c.p.309, Station Outremont Montréal, Québec H2V 4N1 Veuillez me faire parvenir la Sérigraphie originale de Norman McLaren, intitulée “Trois Oiseaux” au Iprix de $120.00 l’exemplaire, accompagnée de son certificat d’authenticité.INOM.Adresse .j Résidents du Québec, veuillez ajouter 8% de taxe de vente.Ci-inclus chèque pour la somme de $.cinéma/québec 19 S*'.** on vous ATTEND! DEVELOPPEMENT ET /MPPESS/ON DE F/LMS Ektachrome Eastmancouleur noir et blanc Transfert de son 16mm • Super 16mm • 35mm TOUJOURS À VOTRE SERVICE “Suivez Les Professionnels Les Laboratoires de Film Québec 1085 rue St-Alexandre Montréal, P.Q.Tél.: (514) 861-5483 Pour votre prochaine commande 99 I ïi«i!i Au coeur de l’actualité cinématographique Une revue mensuelle sur le cinéma Serv ice de Cinémathèque Moderne Modem Talking Picture Service 1055 Beaver Hall Hill - suite 200 A - Montréal H2Z 1S5 Tél.: (514) 878-3644 FILMS GRATUITS - 16 mm.disponibles pour écoles, cégeps, universités, associations professionnelles, culturelles, sportives, clubs divers.Catalogue complet disponible sur demande.Gilles Teasdale, gérant ¦ ABONNEZ-VOUS! ¦ Pour mieux demeurer informé de l’actualité cinématographique québécoise.¦ Veuillez m’abonner pour un an (10 numéros) à la revue Cinéma/Québec que vous adresserez à: I NOM.g ADRESSE .| Ci-joint le montant: québec:$8.00 étranger: $10.00 ¦ Inclure chèque ou mandat postal et retourner à: Cinéma/Québec, c.p.309, station outremont Montréal, Québec H2V 4N1 U deu; leur; sect Sein lion men man deç i*i sera h 20 cinéma/québec québec /canada à cannes "y w.«INI.#«è: : ¦ », ¦••' *¦" m Un court métrage en compétition officielle, deux longs métrages à la Quinzaine des Réalisateurs, un long métrage hors compétition dans la section “L’air du temps”, un long métrage à la Semaine de la Critique, telle sera la participation du cinéma canadien (représenté majoritairement par le cinéma québécois) dans les diverses manifestations du Festival International du film de Cannes qui a lieu du 13 au 28 mai 1976.La tête de Normande St-Onge de Gilles Carie sera présenté à la Quinzaine des Réalisateurs les 16, 17 et 18 mai.L’eau chaude, l’eau frette d’André Forcier également sélectionné par la Quinzaine est programmé les 18, 19 et 20 mai.Le temps de l’avant d’Anne-Claire Poirier, choisi par la Semaine de la Critique sera présenté le 20 et le 21 mai.L’amour blessé (Confidences de la nuit) de Jean-Pierre Lefebvre, sélectionné par le Festival pour la section “L’air du temps” sera présenté le 27 mai dans la grande salle du Palais des Festivals.Métamorphosis de Barry Greenwald, Me court métrage en compétition officielle n’avait pas encore de date de programmation au moment d’aller sous presse.En outre, 18 longs métrages canadiens seront présentés au Cinéma Vox, pour distribution.Ce sont: Death Week-End de William Fruet East End Hustle de Frank Vitale Find The Lady de John Trent Love at First Sight de Rex Bromfield Mustang de Marcel Lefebvre Partis pour la gloire de Clément Perron La poursuite mystérieuse de Jean Lafleur et Peter Swatek The Supreme Kid de Peter Bryant A Sweeter Song d’Allan Eastman La tête de Normande St-Onge de Gilles Carie The Keeper de Thomas Y.Drake Les ordres de Michel Brault Point of No Return d’Ed Hunt The Man Who Skied Down Everest - une coproduction Crawley Films The Far Shore de Joyce Wieland The Melting Pot de Deke Miles The Man Inside de Gerald Mayer Second Wind de Donald Shebib.Une innovation du Bureau des Festivals du film et de la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne: la salle de video-cassettes, installée dans les bureaux de Cinéma Canada à l’hôtel Carlton donnera la possibilité aux distributeurs de visionner une quarantaine de longs métrages canadiens.cinéma/québec 21 l’eau chaude ' *5 André Forcier cinéma/québec - i %* iÿit.É* 4 « * l’eau frette” Le texte qui suit a été rédigé par André F order.Il constitue le synopsis du film; synopsis qui allait être présenté à la SDICC pour approbation.Rédigé donc avant le tournage du film, ce texte définit cependant toujours fort bien la trame de L’eau chaude l’eau frette telle qu’on la découvrira à la Quinzaine des réalisateurs.Dans un même pâté de maisons, angle St-Denis et Rachel, à Montréal, évolue un petit groupe de gens défavorisés qui vivent leur vie de façon cosmique: ils vont et viennent, sous l’impulsion du moment.Ce monde, dans l’optique de l'auteur, n’est pas en apparence compliqué - il orbite autour d’un amoralisme attachant.Une mécanique animale en règle le comportement.Un coup d’oeil vivide et amusant, qui ressemble à un collage, nous fait voir: • Carmen Boisjoli, chez elle ou à la buanderie populaire où elle travaille (laundromat), • Francine, sa fille de 12 ans, infirme du coeur, ne pouvant respirer normalement que lorsqu’elle est littéralement “branchée” à une prise de courant, • Polo, un usurier local (Shylock), au style mafioso, • Julien, le livreur de vingt-cinq ans d'un snack-bar et amoureux passionné de Carmen, • Ti-Guy, si jeune et si mûr à la fois, ami de Francine, • Françoise, patronne de Julien et propriétaire du petit restaurant de quartier, • Amédée Croteau, écrivain et poète obséquieux et pédant, • Mademoiselle Vanasse, une vieille fille gardienne de la petite Francine, • Et Clémence, la concierge d’une maison de chambres où vivent plusieurs de ces personnes.Les premier et deuxième étages de cette maison sont en retrait du rez-de-chaussée fait de petites boutiques, de petits commerces donnant immédiatement sur le trottoir de la rue St-Denis, ce qui crée un patio-véranda où s’organise en ce moment une fête en l’honneur de Polo, sous l’habile direction d’Amédée Croteau, 62 ans, membre de l’Académie canadienne-fran-çaise, au verbe cérémonieux, décorateur d’occasion et pédale d’habitude.Polo couche avec Carmen et avec Clémence, ce qui fait que les deux femmes ne s’aiment pas, bien qu’elles habitent sous le même toit.Toutes ces personnes, plus bien d’autres aussi se retrouveront demain soir à la fête et vaqueront tant bien que mal à leurs occupations diurnes - ce qui ne nous empêchera pas de les suivre, des les perdre de vue, de les entrevoir, de les retrouver.Julien, monté sur sa motocyclette à panier, livrera ses cafés et ses hot-dogs, obsédé par la seule image de Carmen.Francine, menstruée pour la première fois, sera l’objet des sollicitudes de mademoiselle Vanasse pendant que Ti-Guy, titi montréalais et futur souteneur, négociera avec un couple d’amoureux “75 cents pour deux.(pour) écouter le coeur d’Ia p’tite infirme.”.Croteau, lui, rend visite à Françoise qui n’a toujours pas vendu un seul de ses “constats d’O-nirisme”, recueil de poésie qu’il tentera de refiler lors de la fête.C’est ce soir qu’on s’amuse: Amédée Croteau a fait élever des estrades sur le patio.Il arrive avec des paniers de provisions et de marchandises, et suivi d’un maître queux célèbre, “de ses amis”, un chef du Windsor, paraît-il, et de trois adolescents marmitons.Carmen est en difficulté avec Polo qui semble en abuser: selon une entente, elle doit amortir sa dette envers lui en espèces et en nature.Mais, et c’est là le problème, Polo est un amant envahissant, perfide et exigeant: il se présente plus d’une fois par semaine chez elle.N’avait-on pas convenu d’une seule fois?Elle le lui reproche alors qu’il rétorque que la dette baissera d'autant.Mais elle ne veut rien entendre et le congédie.Ce dernier change alors de chambre et se réfugie chez Clémence.Un peu plus tard, en fin d’avant-midi, Julien rend visite à Carmen, à la buanderie, accompagné de Ti-Guy: il lui offre un tour de moto, dans le panier évidemment - ce qu’elle refuse.L’amoureux en ressort dépité.Puis on le retrouve en compagnie de Francine et de Ti-Guy, tous trois filant sur St-Denis en direction de Ste-Catherine: on achète une carabine chez Orner DeSerres: on va tuer Léo, le rat du restaurant qui mange à lui seul une bonne partie du profit de Françoise.Retour au snack-bar, au sous-sol, Julien s’exécute et réussit du premier coup: Léo éclate, on le montre, en haut, à quelques clients qui sortent proprement écoeurés.Vers le même moment, à la maison de chambres, Roger, un chauffeur de taxi, se fait violenter et avertir de payer ses dettes à défaut de quoi il pourrait lui survenir des ennuis, comme par exemple, celui de perdre son permis de conduire.Autre branle-bas, Amédée Croteau emménage selon des arrangements empressés de Clémence, méchamment heureuse, dans la chambre de Carmen, qui, elle, emménage à son insu, c’est-à-dire, nulle part, dans la rue.Elle l’apprendra d’ailleurs par Julien pendant que Francine occupe farouchement la pièce; reviendra chercher sa fille non sans avoir fait son affaire à sa rivale.Au cours de la bousculade, Ti-Guy se fait botter le derrière et s’en plaint amèrement.Retour à la buanderie, Carmen fait de l’angoisse: où iront-elles loger ce-soir?Au sous-sol du snackbar, Francine frictionne les fesses endolories de son petit ami qui, y prenant goût, décide de la sauter.Dans un autre coin, assis dans l’escalier, Julien, pelant ses patates et pensant à la femme qu’il aime, s’autogratifie discrètement.Mais voilà qu’après l’amour, les enfants sont en conciliabule et disent qu’ils ont envie de tuer quelqu’un: Polo.Ils en font part à Julien qui trouve l’idée bonne.Et puisque les enfants sont encore sous le charme de ses talents, ils le désignent: ce sera lui qui descendra Polo.Julien n’a pas d’objection.Il portera un imperméable pour aller à la fête, Ti-Guy stationnera avec la cinéma/québec 23 “l’eau chaude.moto dans la ruelle pendant qu’il s’esquivera vers le toit de l’édifice.Là, il enlèvera l’imperméable et déroulera la longue corde qu’il y camoufle puis, Ti-Guy en bas y accrochera la carabine qu’on remisera derrière l'O du mot Polo (Bonne fête Polo) — ce qui se fait non sans risque puisqu’au cours d’une première tentative, Julien, le moment venu, en cours de manoeuvre, échoit sur un balcon; il est tombé de 10 pieds en tentant de soulever l’arme, la corde étant un peu trop courte.Qu’importe, les préparatifs préléminaires ont réussi.En bas, la fête progresse, on mange, on boit, on festoie.Et comme la plupart de l’assistance est composée de pique-assiettes, les extravagances de monsieur Croteau et de son chef fondent à vue d’oeil, on en retrouve dans les chambres — dans celle de mademoiselle Va-nasse, en tout cas.On trinque, on s’enivre, le “fun est pogné”.Mais Polo n’est pas heureux, il profite de l’occasion pour rejoindre Carmen à la buanderie et lui promet qu’elle pourra réintégrer sa chambre le soir même.Ce qu’elle finit par accepter.Elle revient donc en compagnie de sa fille, Francine, et se mêle aux invités, c’est-à-dire à tous ceux qui avaient payé dix dollars pour un billet.Le clou de la soirée arrive: on présente une énorme boîte enrubannée à Polo à l’intérieur de laquelle deux de ses acolytes ont enfermé l’un de ses créanciers: le pauvre type a été passé à tabac, il est en plus ligoté et bâillonné.Il devait $850.Polo est satisfait, ce genre d’égard lui plaît, le consolide, le confirme aux yeux de tous.Ce dernier s’apprête en plus à le semoncer lorsque retentit une détonation: le créancier s’effondre.Le “punch” a sur l’assistance un effet extraordinaire, à commencer par Polo qui n’en revient pas du sens du spectacle de monsieur Croteau qui, interloqué lui aussi, prend à son compte ce coup de maître.C’est la cohue, tous se précipitent sur lui et veulent le féliciter: on n’en croit pas ses yeux, on n’aurait rien imaginé de pareil — bravo! On est unanime, monsieur Croteau est génial et Polo et acolytes auraient quand même préféré être au courant, car même si “c’était ben timé., c’tait dangereux” affirme-t-on entre connaisseurs.Quant à Francine et Ti-Guy, ils sont enthousiastes et admiratifs et rassurent Julien qui rit en lui disant “c’pas grave.Tu n’as eu un pareil!” Deux policiers se sont présentés; quelqu’un avait laissé tomber une bouteille sur le trottoir, on sort devant eux le cadavre en déclarant qu’“Yé saoûl.Y’s’tient pu d'boutt!”.Et la fête continue de plus belle, il s’y fait une prodigieuse consommation de bière, on donne la bascule à Polo, gâteau à 43 chandelles.On en profite pour dévaliser le vieux pédéraste (Francine, Ti-Guy et le marmiton Daniel se partageront les $240.qui auraient servi entre autres, à payer les musiciens).Monsieur Croteau, effondré, devra emprunter de Polo.La vieille fille est complètement saoule et se découvre une passion pour le promoteur de la fête.La fête tire à sa fin: Julien comprend qu’il ne peut espérer Carmen! Carmen, elle, va reprendre avec Polo.Quant à Clémence, elle est ivre et chante une chanson ¦ MBSll I11S1111 qui dit sa mélancolie.Mademoiselle Vanasse avoue à monsieur Croteau qu’elle l’aime et ce dernier tente de lui faire comprendre qu’il a déjà “un camarade” de nuit, son maître queux.Croteau devra d’ailleurs réintégrer son ancienne chambre au grand dépit de Clémence, humiliée.En guise de cadeau de fête, Carmen se donnera une fois de plus à Polo et lui laissera entendre que si tout allait bien, elle pourrait mettre Francine en pension l’année suivante.Julien se sent triste et fatigué de vivre.La fête s’éteint doucement — Francine, Ti-Guy et Julien démarrent de la ruelle mais on se rend compte que la carabine est encore sur le toit.Julien ira la chercher.Ti-Guy clignant de l’oeil s’empare de la moto et prend le volant et accélère.Francine est heureuse.Ils entendent en passant une détonation, et regardent en l’air alors qu’ils roulent toujours.Résumé de l’histoire en trois lignes: Des personnages aliénés consolident les éléments mêmes de leur aliénation collective.Ils seront prisonniers d’eux-mêmes., à moins qu’ils n'aient la lucidité, l’inédit et la cruauté des enfants.André Forcier juillet 1975 24 cinéma/québec l’eau frette” PETITE GEOGRAPHIE DE "L’EAU CHAUDE L’EAU FRETTE» 1 ) Une laundromat de la rue St-Denis, près de la rue Mont-Royal.2) Une maison de chambre de la rue St-Denis, semblable à celle qu’il y a au coin de la rue Rachel.Ilya trois étages.Les 2ème et 3ème sont en retrait du 1er, où l’on retrouve des commerces à la devanture.Ainsi y a-t-il au 2ème étage un très vaste balcon dont le plancher est en fait le toit des commerces du premier.Il y a quelques balançoires, des chaises et des tables à carte.Comme toutes les chambres du 2ème, donnantsur St-Denis, celle de la concierge Clémence a un accès sur ce balcon.La chambre de Carmen est en biais avec celle de la concierge.Il y a une seule fenêtre sur le côté de la rue Rachel.M.Croteau habite une petite chambre sans fenêtre, comme c’est le cas pour toutes les chambres qui ne sont pas attenantes à la rue Saint-Denis, à la rue Rachel ou à la ruelle, parallèle à la rue Saint-Denis.Les appartements de Clémence, Carmen et Croteau ont un corridor commun qui mène, à l’ouest, sur le corridor des chambres avec une vue sur la ruelle; et à l’est, sur le grand balcon de la rue Saint-Denis.Un escalier intérieur relie les 3 étages de la maison et l’accès à cet escalier est à proximité des chambres de Carmen et de Clémence.De plus, de l’intérieur du 2ème pallier on peut aller au 3ème par un autre escalier, au bout du corridor.Mlle Vanasse habite, au 3ème étage, un petit appartement avec vue sur la ruelle.Elle a un accès à un petit balcon sans escalier.3) Un Snack-Bar, près du métro Mont-Royal.4) Le Café Can Can, un bar salon de la rue Saint-Denis.5) Une grosse quincaillerie.EXTRAITS DU SCENARIO Séquence 2: La nouvelle femme Scène 1 : Sur le grand balcon de la maison de chambre, les gens flânent ou jouent aux cartes.Assise dans une balançoire, Mlle Vanasse, une vieille dame en robe de chambre, boit du thé.Elle s’entretient avec Francine, une jeune fille de 11 ans et demi.Un fil électrique part du coeur de cette dernière et est relié à une petite boîte où il y a une prise de courant, le tout pendant le long de la cuisse.Une longue extension relie cette prise de courant qui se trouve dans une chambre avoisinante.Francine danse à la corde avec son fil.Mlle Vanasse: Fais attention Francine .dans ton état.Francine: Oui, oui.' j’fais attention.Mlle Vanasse voit arriver M.Croteau.C'est un petit homme de 62 ans, à la moustache finement taillée.Il porte un habit froissé et un bérêt:ce qui lui donne une allure assez européenne.Il est accompagné de 2 hommes d’âge moyen dont l’un a les cheveux longs.Il semble leur donner des instructions.M.Croteau: Réservez les banderolles rouge vifs pour l'estrade d’honneur.M.Croteau se dirige vers Mlle Vanasse qui l’appelle.Mlle Vanasse: M.Croteau! Il s’approche.Mlle Vanasse confie en catimini à M.Croteau Mlle Vanasse: A vient d'être menstruée.M.Croteau: Si jeune et déjà une femme.Que voulez-vous, c'est la vie! Mlle Vanasse: J Va vous acheter mon billet pendant qu’j’y pense.M.Croteau: J'allais justement vous réquisitionner.M.Croteau rit démesurément de sa blague.Mlle Vanasse a payé M.Croteau.M.Croteau: Au revoir mesdames, au plaisir.Il s’en va.Scène 2: Mlle Vanasse: Ca se voit tout d’suite un homme qui a une belle éducation.Francine: C't’une tapette! Mlle Vanasse: C’t’une maladie ça Francine.ça s’guérit.En dansant, Francine aperçoit la Chevrolet convertible.Polo, en stationnant, baisse le toit de son automobile.Francine apercevant Carmen dit: Francine: J'g age qu'à va encore faire un paiement à soir.Elle part en courant et se débranche accidentellement: ce qui donne à Francine un petit choc.Mlle Vanasse accourt et rebranche le courant.Francine repart à courir.Mlle Vanasse: Cours donc pas Francine! Séquence 3: Le paiement Scène 1: Francine s’est rendue près de la porte de l’escalier.Elle semble guetter quelque chose.Tout à coup, elle se dirige vers l’appartement de la concierge Clémence et cogne à sa porte.Une fausse blonde de 30 ans, gras-sette et à la poitrine généreuse, vient ouvrir.Carmen et Polo arrivent sur le pallier au même moment.La petite fille a bien synchronisé la rencontre forcée et savoure, en retrait, son beau geste.Clémence, apercevant Polo avec Carmen, ferme brutalement la porte.Mlle Vanasse s’est approchée de Carmen.Les trois femmes se dirigent vers la chambre située en biais de l’appartement de la concierge.cinéma/québec 25 “l’eau chaude.Mlle Vanasse, prenant Francine par les épaules, dit Mlle Vanasse: On a quelque chose à vous dire.Envoyé Francine.dis-y.envoyé .Francine: (d’un seul trait) Maman, j’suis une femme astheure.Les trois femmes entrent dans la chambre.La porte était entr’ouverte à cause du grand fil.En arrière-plan de l’action précédente, on a vu Polo cogner à la porte de Clémence.Polo: (doucement) Clémence .envoyé Pitoune .ouvre donc la porte.Envoyé Pitoune fais pas la folle.On sent beaucoup de tendresse dans la voix de Polo mais personne n'ouvre.Calmement, il prend sa clef et ouvre la porte.Il entre avec son sac de linge.Scène 2: Intérieur de la chambre de Carmen et de Francine.Carmen: (tendrement) As-tu encore mal au ventre?Francine: Oui.un peu.Mlle Vanasse: J'ai acheté c’qui faut.j’ai pris des Kotex.Sont moins chers, pis les Tampax, c'est pas d’son âge .Carmen: Ca va t’faire encore mal demain .Mais les autres fois .tu vas t’habituer.Scène 3: Polo est entré.Il a une serviette, une débarbouillette et une robe de chambre sous le bras.Francine, la tête penchée semble agacée par sa venue.Carmen s’approche de sa fille, lui relève la tête du doigt et l’embrasse sur la joue.Carmen: Envoyé, tiens-toé comme faut.Pendant ce temps, Carmen s’apprête à ramasser les vêtements de Francine.Francine se débranche et s’apprête à quitter la chambre en compagnie de Mlle Vanasse.Carmen: Tu pourrais au moins serrer ton fil.La petite fille, visiblement contrariée, s’exécute.Scène 4: Mlle Vanasse et Francine montent l’escalier qui va du 2ème au 3ème étage.«Il 4 i.i» g; Mlle Vanasse: Y va t’falloir un nouveau Kotex pour la nuit.Francine: On change ça ben souvent! Mlle Vanasse: Faut être propre .on est des femmes .Mlle Vanasse prend un ton explicatif pour dire une autre monstruosité.Elle est rendue à sa chambre et débarre la porte.Mlle Vanasse: Un jour tu vas arrêter d'avoir des règles.Ca va être le jour de ta “ME-NO-PAUSE”.Francine: J'v'être morte avant.niaiseuse! Séquence 5 Scène 3: Pendant ce temps, Ti-Guy a proposé quelque chose à Francine.Ti-Guy se lève et va voir un jeune couple d’amoureux.Ti-Guy: Voulez-vous écouter le coeur d’là pti-te infirme pour 50 cents?M.Fortier: 35 cents, ça fais-tu?Ti-Guy: 75 cents pour les deux.M.Fortier: Ca t’tentes-tu mon amour?Huguette: (enthousiaste) Ah oui! Francine tient son coeur (la petite boîte avec la prise de courant) d’un geste nonchalant.L’homme écoute.M.Fortier: On entend quasiment rien.Ti-Guy: Suivant! Huguette avant d’écouter.Huguette: On peux-tu poigner un choc?Ti-Guy: Non, non, c’est groundé.On voit que M.Fortier est amoureux d’Huguette.M.Fortier: (avec une assurance très virile) Y'a pas d’danger chérie! Huguette écoute.Huguette: J’entends rien.Ti-Guy: C’est assez! 26 cinéma/québec jean-pierre lefebvre JEAN-PIERRE LEFEBVRE Jean-Pierre Lefebvre (à droite) pendant le tournage du Gars des vues, sur.le cinéma amateur.En compagnie d’Yves Rivard.' * * v"4 45 ^ cinéma/québec 27 jean-pierre lefebvre I - Instruction générale avant le film de Roger Cantin, Aventures dans les jungles du Québec, sur des plans montrant la structure générale du Gars des vues "Le présent film est un document dramatisé, c'est-à-dire mis en scène dans le but de permettre un apprentissage actif du cinéma.C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les deux premières heures du Gars des vues ont été tournées avec de l’équipement "amateur” et selon des principes de production “amateur”; le spectateur amateur ou l’étudiant devrait alors se trouver devant une “qualité” d’image et de film qui lui est familière, il devrait par ailleurs pouvoir imaginer une forme de cinéma à la hauteur de ses moyens et de ses difficultés.On doit bien noter, toutefois, que Le gars des vues se désarticule en plusieurs parties qui peuvent être présentées, en continuité ou non, dans des ateliers ou cours de cinéma; il est par ailleurs accompagné d’un mode d’emploi qui en suggère les utilisations multiples qui vont du pur apprentissage des techniques de base du cinéma jusqu’à l’explication des thèmes majeurs du cinéma amateur aussi bien que professionnel.Nous tenons enfin à signaler qu’en aucun cas nous n’avons voulu parodier quelque forme de cinéma que ce soit, encore moins le cinéma amateur: Le gars des vues est au contraire un hommage respectueux rendus aux “faiseurs et aux mangeurs d’images”.Cet hommage se veut toutefois le.miroir agrandi de réalités qui, pour de multiples raisons, restent très souvent confinées à la plus totale marginalité,” II - Introduction de la première partie, “Oe-dipe roi au pays de Québec”, sur les images d’étudiants en tournage pendant un camp de cinéma “Silence!.On filme.Car chez les amateurs on ne “tourne” pas: on filme.On peut même trouver dans un glossaire de termes propres aux cinéastes amateurs la définition suivante: “Filmage: enregistrement des images.” Cela fait soixante-quinze ans que l’homme fabrique des images “en mouvement”, images qui ont bouleversé nos grandparents par leur réalisme brutal, images qui ont fait rire et pleurer nos parents par leur puissance d’évocation.Le cinéma à la portée de tous, le cinéma de famille, le cinéma amateur ne se sont toutefois véritablement développés que depuis vingt-cinq ans.Mais il y a moins longtemps encore que l’une des premières industries du monde, dite le 7ème art, a fait son entrée dans les écoles et les universités.Ce fut alors la fin du règne des belles-lettres, de l’écriture: aujourd’hui, ce sont le cinéma, la photographie, le vidéo qui passionnent la majorité.Au-jourd hui, I adolescent secret d’autrefois qui disait ses amours, ses rêves, ses angoisses en alexandrins, a le pouvoir “technique” de transformer ses désirs et ses fantasmes en ombres lumineuses, en images qui très souvent ne sont que de purs prétextes à confondre le rêve et la réalité, à fuir la réalité et fabriquer le rêve.Mais qu’est-ce que le cinéma?Qu’est-ce qu’une image, en mouvement ou non?Comment fait-on du cinéma?Et surtout POURQUOI et POUR QUI fait-on du cinéma?Mais qu’est-ce que CREER des images?Et d’où viennent ces images?Et surtout POURQUOI et POUR QUI avons-nous le désir, sinon le besoin de les fabriquer, de les transmettre?” Ill - Présentation de Roger Cantin par lui-même sur un gros plan muet de lui-même, gros plan qui contient, comme celui qui suit de Claudette Chapdelaine qui va suivre, les lois de base de l’éclairage de cinéma “Moi, je m'appelle Roger Cantin.Ce que je fais?.Je fais du cinéma.puis je fais du cinéma en chevauchant les amateurs et les professionnels.Je pense que je ne suis plus un vrai amateur, dans le sens que ça fait trop longtemps que j'en fais.J’en ai trop fait.et je côtoie trop le côté professionnel pour être un amateur.Mais je ne suis pas encore, et je ne veux pas devenir un vrai professionnel parce que, enfin, j’ai certaines réticences au niveau de l’industrie pis tout ça.J'préfère me lancer dans une forme de cinéma plus artisanale, peut-être, mais qui nous permet de faire exactement ce qu’on veut faire et sans doute de gagner sa vie à travers tout ça.J’ai 26 ans.J'suis né à Ste-Hyacinthe.Ca fait cinq ans que j’suis à Montréal où j’suis venu étudier la photographie au Cegep.J’ai lâché le Cegep parce que je trouvais que le cours de trois ans aurait pu se résumer en six mois.c'était de l’étirage.Pis là, on a parti une initiative locale où on a tourné — où on voulait tourner notre premier long métrage en 16mm avec une Bolex, donc avec des plans d’un maximum de 30 secondes, et puis sans son.on devait rajouter le son, ça devait être comme un film muet.On s'est évidemment cassé le nez.28 cinéma/québec jean-pierre lefebvre Il était un temps, il y a plus longtemps — maintenant ça ne marche plus — où on envoyait nos films Super 8 et nos premiers 16 à tous les concours de cinéma amateur.et pis on gagnait régulièrement.Mais tout de suite j'veux dire que c’est pas parce que nos films étaient bons: on en envoyait habituellement trois, quatre: celui qui était bon passait inaperçu, et celui qu'on trouvait assez moyen s'arrangeait pour gagner un prix.” IV - Présentation de Claudette Chapdelai-ne par elle-même: “Te dire qui je suis c’est beaucoup parce que je le sais pas moi-même.mais, en gros, pour les gens, j'suis une comédienne.J'ai fait du théâtre et maintenant j'ai fait un premier film.Mais tout ça a un lien, tout ça a un lien avec qui je suis directement, tout ça a une trajectoire qui s'en va vers je ne sais quoi.Voilà c'que je suis." Tu es née où?“A Drummondville, dans les Cantons de l'est, une ville de 45,000 habitants, à 60 milles de Montréal, à 90 milles de Québec.J'suis née dans un milieu ouvrier, d’un père qui travaillait à l’usine et d’une mère qui avait de grandes ambitions, et voilà pourquoi j'ai de grandes ambitions.Pourquoi faire du théâtre?Je le sais pas encore moi-même mais.à Drummondville?parce que ça correspondait, un moment donné.nous ce qu'on voulait, c’était implanter un théâtre à Drummondville, parce qu’on ne voulait pas nécessairement aller dans le milieu pour dire ce qu'on avait à dire et faire ce qu’on avait à faire.Et pourquoi pas Drummondville! C’est pour ça que j’ai travaillé avec le Théâtre de l’équilibre pendant sept ans.C’que j’ai fait à Drummondville puis ce que j’ai toujours essayé de faire, puis c’que j'ai fait avec Le gars des vues, c'est toujours moi jouant la comédie, d’accord, mais toujours avec une recherche de la vérité dans tout c’que j’ai fait.dans tous les personnages que j'ai fait à Drummondville et dans c'que j’ai fait dans Le gars des vues.C’que j'ai donné dans Le gars des vues, c’est toujours la vérité.parce que je suis une amoureuse de la vérité, peut-être une fanatique de la vérité, mais ça me dépeint beaucoup.” V - Introduction à: “Cinéma amateur: illustrations” m û ¦: ¦.“Donc, on filme.Et la plupart du temps dans la joie, sinon la passion et l’euphorie.On filme toutes sortes de choses.Des imitations de films professionnels, de westerns et de films d’horreur plus particulièrement.On met la vie en images, celle de sa famille, de ses amis, de sa blonde.On filme le rêve et la réalité.La vie moderne.La vie passée.La vie future.On filme partout.Dans les écoles, où se promènent d’étranges ombres ennemis portant la croix gammée ou la faucille wBÈÈÊÊÊ y:-' ¦ cinéma/québec 29 jean-pierre lefebvre et le marteau.Dans le métro.Dans la rue.Dans la salle des toilettes — parfois même du fond du bol de toilette.On filme dans les champs caressés par le vent et où deux adolescents au torse nu se cherchent des yeux.On filme partout, tout le temps.Et les bobines s’entassent sur les tablettes.Et les films se brisent à cause de la fragilité du 8mm, tandis que se multiplient les festivals de cinéma amateur au Québec et à travers le monde.Des milliards d’images sont ainsi tournées chaque année, dont pourtant, dont malheureusement à peu près aucune n'a d’existence officielle.Confinées à la marginalité, aussi bien pour des raisons techniques et mécaniques qu’en vertu très souvent de leur contenu, ces images n’en constituent pas moins le premier et le plus grand réservoir du cinéma.Ces images n’en sont pas moins les premières traces du regard que l’homme pose sur lui-même, sur les autres et sur le monde qui l’entoure.C’est sans doute pourquoi le sujet premier de la majorité des films amateurs correspond au problème qui est au centre de la crise d’adolescence: la recherche d’identité.C'est sans doute pourquoi un très grand nombre de films amateurs témoigne d'une angoisse profonde, exprimée directement ou indirectement: directement quand l’individu qui filme est au centre même du film; indirectement quand filim Qi^rar/iCis L'Hydro-Québec met à la disposition des associations, groupes organisés et institutions une série de films 16mm et diaporamas sur l'électricité en général.Pour obtenir notre catalogue, écrivez ou téléphonez à: Hydro-Québec Service des Techniques audiovisuelles Relations publiques 75 ouest, boul.Dorchester Montréal, H2Z 1 A4 Québec a/s M.Guy Morisseau 285-1711 poste 1730 il transpose ses fantasmes dans des formes, telles celles du cinéma d’horreur, qu’il ne sait encore interpréter.Est-ce là un simple exorcisme?” VI - Texte sur la conclusion de la partie “Cinéma amateur: illustrations” “Donc, on a filmé.On a joué.Au jeu des images.On a joué comme des enfantsdevenus grands et qui cherchent un sens aux images.On a joué comme des grands redevenus enfants et qui veulent se laisser emporter par les images.On a filmé.On a joué.On s’est maquillé.On s’est transformé pour paraître plus beau ou plus laid, meilleur ou pire.Et on a transformé le monde.Pourquoi?Pour qui?Comment?On a joué.On a filmé.Et dans le jeu, dans le filmage, on a essayé de comprendre et d’aimer le jeu.” ?DU NOUVEAU de Mole Richardson le Molequartz de 1,800 watts Le “Teenie-Weenie-Mole Kit” Un ensemble d’éclairage complet.T K Ne laissez pas le nom “teenie-weenie” vous faire peur, ce n’est que la façon utilisée par Mole Richardson pour tout unifier.3-minuscules molequartz 3-écrans de lumière à 4 directions 3-"moledura Scrim" simples - écrans en acier inoxydable 3-câbles rallonges de 15 o 3-trépieds légers "molepac" o 1-coffret de transport o Un projecteur spot commandé par un bouton à l’arrière de la lampe o Teenie-Weenie - les pieds lumières qui font vraiment le point.Le nouvel ensemble “Teenie-Weenie-Mole Kit”, un nom important dans l’éclairage.Pour plus de renseignements, veuillez écrire ou téléphoner à: ALEX L.CLARK CO.LTD Toronto - Montréal - Calgary Toronto - Téléphone (416) 255-8594 30, Dorchester Avenue 30 cinéma/québec V* !>& 6e* %h ,('e ,00'® ;c^:^ec G
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