Cinéma Québec, 1 janvier 1978, No 57
71m cinema quebee >ER -341 î S : I québécoise liSIipati llliiiiliaii tional du fil u 2 au 10 août 1978 ace des Arts PAULE BAILLARGEON LUCE GUILBEAUIT, CINÉASTE ET.MÉNAGÈRE DANS LE DÉDALE CANNOIS '¦m CAMILLE LAURIN ET LE CINÉMA U.-J : ¦««v-.r.**y * ***“• * .u*~- *.•» .¦ V «Tv *'*'**"» «*¦ '.«* » * ’> •* * ' »4«*w »K ,WI ** -.a*4.xcltt k.Vi*?' % A • ** % .-**• nif.4**'*¦’*+ « ^ i##g$ ¦ igB .r * ¦#&*'¦>¦ ri: - ' fif * Pi ij .U! ‘ * ' kl» " WM S 'V't* cinéma/québec 19 LAVOIE “Ce qui est merveilleux dans ce film, explique Marielle, c’est que les gens viennent te chercher parce qu’ils ont quelque chose à te dire et c’est bien plus important de se greffer sur quelqu’un qui te traduit l’amour de sa ville et ses émotions que sur tes propres émotions de deux jours! On s’est donc mis à la remorque tantôt d’une fillette de 14 ans, Régine Montaufray, tantôt d’un paysan, tantôt d’un urbaniste ou d’une authentique conteuse.Les uns et les autres ont exprimé des lieux qui appartiennent à tout le monde mais que sans en connaître nécessairement l’historique, chacun sent différemment parce que chacun y échafaude ses rêves.” Place aux rêves “J’ai justement trouvé qu ’il y avait beaucoup de place dans le film qui permettait au spectateur de rêver, lui aussi.” “C’est une remarque qu’on m’a faite, à la suite de la repré-senation de Voyage en Bretagne intérieure lors de la Semaine du cinéma québécois, répond Richard.Les films manquent généralement d’espace et je crois qu’il faut en laisser pour le rêve.A mon avis, c’est là, la clef du cinéma! Les films sont tout pleins des insécurités de ceux qui les tournent et bien souvent, de nos bibittes.Faut arriver à les dégager de tout cela; les nettoyer de nous-mêmes pour que le spectateur ait des choix.” “Les documentaires m’ennuient généralement à cause de leur grande charge de subjectivité.Tous les commentaires sont prétentieux.A force de vouloir tout dire, tu camoufles et tu passes à côté.Je ne pense pas que le cinéma soit le médium de l’information par excellence, à moins de faire des films très spécialisés ou très didactiques; parce que tant qu’à commencer à informer, faudrait s’embarquer avec des statistiques, des comparaisons sur les autres pays, la politique, etc.Penses-tu qu’un seul film sur la Bretagne puisse rendre compte de toutes ces informations?Il faut aller à l’essentiel! La tradition bretonne est en train de disparaître et il n’y a pas de documents cinématographiques qui en témoignent.D’ailleurs, lors d’une soirée engagée, à Gourin, les Bretons l’ont reproché à leurs cinéastes.Nous, on a dit aux gens: On vient ici pour vous permettre de vous exprimer.Allez-y!” Pourquoi les gens ne joueraient-ils pas?“Cette démarche de non-interventionisme s’apparente de près à celle que tu emploies dans tes films avec les enfants.Mais dans un documentaire, tes acteurs ne sont-ils pas portés à se montrer cabotins, comme Régine par exemple?” “Pourquoi les gens ne joueraient-ils pas, puisque de toute manière ils le font dans la vie?La caméra, c’est une espèce de catalyseur qui provoque des réactions tout à fait typiques, comme de mettre ses habits du dimanche, et qui permet aux gens d’exprimer des choses fondamentales.Des films comme Voyage en Bretagne intérieure sont des films de fiction; faut pas se le cacher et je suis contre l’opinion de certains cinéastes, dont Perrault, qui prétendent que c’est faux; parce que selon moi, à partir du moment où tu interviens avec une caméra, c’est fictif! Une fois que tu as admis ce principe, tu es beaucoup plus dégagé et si quelqu’un est cabotin, tu ne t’en fais pas; ça fait partie du processus.Je suis content que tu me parles de cela, parce que malgré ses théories là-dessus, Perrault se permet d’amener Lalancette du fond de l’Abitibi en Bretagne, pour nourrir sa fiction.” Un bonhomme égocentrique?Avant de quitter Richard et Marielle, je me suis faite un peu l’avocat du diable et j’ai demandé à cette dernière s’il était vrai que Richard Lavoie était un bonhomme égocentrique et envahissant qui voulait toujours entraîner tout le monde dans son sillage?“Chacun a sa personnalité et moi, je n’essaie pas de changer celle de Richard.C’est un verbo-moteur, dit-elle en riant! Moi, je ne le suis pas; mais ça ne veut pas dire que mon apport n’est pas là car, lorsque j’ai quelque chose à dire, je le dis et Richard respecte mon point de vue.D’ailleurs, ajoute-t-elle malicieusement, tout n’est pas dans la parole et quand c’est le temps de travailler, il ne peut pas nous faire marcher si on n’est pas d’accord! Je vais t’avouer une chose, cependant: c’est souvent nous qui poussons Richard à se mettre en avant.C’est pratique, une façade! Nous autres, l’équipe, on a choisi d’être en arrière mais on sait qu’on est aussi important que celui qui parle.” “Je suis le premier à me trouver omniprésent, reconnaît Richard Lavoie, mais je ne suis pas plus égocentrique qu’un autre.J’ai beaucoup de passion et cette passion, elle effraie et décourage souvent ceux qui voudraient communiquer avec moi.(Silence).Evidemment, j’ai une tête de cochon, mais c’est heureux qu’il en soit ainsi dans le fond parce que ça m’a peut-être permis de conserver certaines petites valeurs qui ont fait que j’ai survécu jusqu’à date.Ceux qui fonctionnent avec moi, c’est parce qu’ils sont capables de me contredire et j’ai beaucoup de respect pour eux.” Et philosophe, il ajoute: “Souvent les gens nous méconnaissent parce qu’ils ne nous connaissent pas.Ce que l’être révèle de lui en peu de temps, c’est si peu!” Voyage en Bretagne intérieure est une production Richard Lavoie Inc., avec la participation financière de la Société Radio-Canada.1978.Images: Richard Lavoie.Assistant caméraman: Pierre Pelletier.Son: Yves St-Jean.Script-assistante: Marielle Frenette.Assistant à la réalisation: Maurice Bunio-Carpentier.Montage et mixage: Richard Lavoie.C’est une réalisation de toute l’équipe de tournage en collaboration avec les Bretons.Sont remerciés tous les Bretons qui ont facilité la réalisation de ce film ainsi que l’aéronavale française.Distribution: Richard Lavoie Inc.Caractéristiques: Couleur, 16mm.Durée: 110 minutes.20 cinéma/québec e ml is pour les gens dans l'industrie du film, cela SSpwhe automatiquement.Ce qui prouve que les bonnes nouvelles .; V •; se répandent vite dans un domaine où il faut produire — ou mourir.C'est aussi une indication de la qualité.Nous nous imposons un degré d'excellence plus haut que celui du client le plus exigeant.Nos gens ont la compétence technique et notre équipement a les plus récentes innovations techniques.Ensemble, ils font des amis de nos clients.Et c'est une autre indication de qualité, comme: Productions Mutuelles - Cinévidéo - Vidéofilms -O.N.F.- Cinepix - Paramount - 20th Century Fox - Columbia - CBC - Warner Bros.- United Artists - MCA - Universal - Agora Films - Les Productions Cinak.Notre cercle d'amis et de clients ne cesse de grandir.Parmi nos récentes productions et réalisations originales: Angela Rimbaud est Mort Panique Les Maléfices -Cathy's Curse Film récemment doublés: Eric Les Mensonges que mon Père me Contait Massacre à la Scie Ils étaient Cinq In Praise of Older Women Blackout Jacob Two Two The Uncanny Le Chien Enragé Duddy Kravitz L'Autre Versant de la Montagne Rituals L'Ange et la Femme Two Solitudes Kings and Desparate Men Lancer, frappé Brrr Visage de la Peur Ces Adorables Victoriennes A bout de Nerf tf PIUS GRAND LABORATOIRE DE FILMS ET ORGANISATION DE FILMS SONORES AU CANADA BELLEVUE iECjftathé •UNE DIVISION DE ASTRAL BELLEVUE PATHE LTD /LTEE MONTREAL N2000, av.Njorthcliffe Montréal, Québec H4A 3K5 (514)484-1186 TORONTO 720 ouest, rue King Toronto, Ontario M5V 2T3 (416) 364-3894 Pathé Sound Studios 121, rue jàJbPatrick Toronto, Ontario' M5T 1V3 (416) 598-2521 CANNES À TRAVERS US BEDAUB Dü FESTIVAL UE CANNES PAR ANDRE ROY Le XXIe Festival du film de Cannes se voulait plus modeste cette année; si des sections des années précédentes ont été annulées, le directeur général, Gilles Jacob, l’expliquait par la crise du cinéma mondial.De cette crise tant évoquée (Ce n’était pas la première fois!), le public du Festival s’attendait donc, du moins pour la sélection officielle, à peu de grandes productions, crise oblige; peut-être verrait-il des films en Super-8?Or presque toutes les grandes maisons de production figurèrent à la sélection officielle, même la Rank Organisation qui, tambour battant, ressortait de ses cendres.Jerzy Skolimowsky, avec The Shout, portera justement les couleurs de cette Rank ainsi que celles de la Grande-Bretagne.Son film raconte les divagations d’un fou, Charles Crossley, qui dit détenir le pouvoir de semer la mort par son cri.Le cri de Crossley, tout étonnant qu’il puisse paraître, ne sauve guère le film de la banalité.The Shout communique le malaise d’un exercice futile et l’humour qui le traverse ne sauve pas de l’ineptie.Du détestable à la platitude La Columbia Pictures sera présente avec Midnight Express d’Alan Parker qui décrit le long internement d’un dénommé Billy Hayes pour possession de haschich; les autorités turques l’avaient condamné à la réclusion perpétuelle.D’une incroyable violence, ce film pratique la xénophobie et le racisme avec une telle accumulation d’effets qu’il en donne la nausée.Produire un tel long métrage relève de la démagogie, mais le présenter à Cannes relève, purement et simplement, de l’irresponsabilité.Gilles Jacob n’aura pas oublié la Paramount qui, douce revanche, présentera l’oeuvre d’un Français: Pretty Baby de Louis Malle.Comme Midnight Express, Pretty Baby est basé sur des événements vrais.Ici, Violet, enfant d’une prostituée qui, vivant dans la même maison close que sa mère, se prostituera dès l’âge de treize ans.Les couleurs profondes et la luxuriance du paysage louisiannais accentuent le sujet scabreux, où le Bien et le Mal se distribuent en pur et en corrompu.Violet est pure parce qu’innocente; les hommes sont épargnés pour leur immoralisme.Sur le sort de Violet, si on se montre soucieux (la mère), on exclut la responsabilité (Bellocq, le photographe qui épousera la jeune prostituée).La distance de Louis Malle vis-à-vis du sujet est calculée petitement: son économie est d’éviter de prendre position, et dans un même mouvement hypocrite ou puritain, de renvoyer dos-à-dos le pur et l’impur.Cette absence de responsabilité répugne et fait de Pretty Baby une oeuvre détestable.La 20th Century Fox était aussi dans le décor cannois avec An Unmarried Woman de Paul Mazursky.Erica, une bonne petite-bourgeoise new-yorkaise se retrouve “libre” lorsque son mari la quitte pour une autre femme.Sur la détresse de certaines femmes américaines, Mazursky réussira à aplatir situations et faits par une mise en scène plus conventionnelle qu’incertaine.Les dialogues, les détails précis de la petite-bourgeoisie, New-York, perdent leur pertinence par le réalisme ennuyeux de la fabrication.La substance et l’intérêt du sujet, à force de typage et par l’insignifiance stylistique de Paul Marzusky, sont continuellement laminés.Cette réduction donne une oeuvrette courante.A l’Amérique, la Russie opposera, en ouverture officielle de ce Festival, Un accident de chasse d’Emil Lotianou d’un académisme inimaginable et ridicule.N’y étaient dissimulées ni fatuité ni lourdeur (malgré des travellings incessants et des chansons tsiganes d’une belle tristesse).Naapet de Guen-rikh Mallan (présenté dans la section “Un certain regard”), toute comparaison faite avec Un accident de chasse, aurait 22 cinéma/québec CANNES attiré notre sympathie s’il ne s’était pas englué dans un humanisme et une métaphysique plus ou moins pleurnichards ou, si l’on veut, attendrissants.Cuba (avec l’ICAIC), le Mexique (Cenacine) et la France présentaient aussi leur superproduction: Le recours de la méthode de Miguel Littin.Le titre n’est pas innocent: Littin tient toutes réponses aux objections adressées; l’anti-carté-sianisme du monde hispanique aura tôt fait de notre perplexité face à cet essai sur l’ascension et la chute d’un dictateur latino-américain.Notre cartésianisme ne nous a pas trompés: notre antipathie pour ce film est égale à la sympathie qu’éprouve Littin pour son dictateur.L’auteur dédaigne le peuple exploité pour l’auréole du “Premier Magistrat”.Dans cette allégorie, changeante et lourde comme une fascination, l’Histoire s’y aliène au prix d’un humanisme que ne masquent ni l’humour ni le pittoresque des situations.La grandiloquence, du fait d’une théâtralisation pesante, refoule l’analyse de la barbarie pour se soumettre au picaresque de la tyrannie.La fable se bétonne en une machine qui a toutes les qualités (?) des machines hollywoodiennes, moins leur précision et leur rigueur.Le film, long de trois heures, s’enlise, en plus, dans la redondance et le bavardage.La complaisance n’y est pas exclue.Le recours de la méthode était plus qu’une déception: il donnait la fâcheuse impression que toute une gauche, exilée ou pas, n’a plus rien à nous dire, faute de recours critique.Cette impression, Fernando E.Solonas nous la communiquait avec Los hijos de Fierro (Les fils de Fierro).Fierro n’est ici que la figure de Peron, le supposé sauveur de l’Argentine.L’attachement de Solanas à cette figure relève plus de la névrose que du discours politique cohérent et critique.Malgré cela, l’oeuvre retient: son souffle, sa richesse thématique et son humour sont incontestables, et une tristesse tend tout le film (présenté à la “Quinzaine”).La France redondante et maussade La France ne s’était pas privée de ses sous, qui subventionna le Molière d’Ariane Mnouchkine, produit par Claude Lelouch.D’une durée de quatre heures, ce Molière mettait notre patience à l’épreuve; il est un ratage complet.L’époque et l’homme sont gommés au profit d’une fragmentation de scènes, elles-mêmes surchargées tant Mnouchkine s’est efforcée de restituer la céracité des lieux et des objets.La mise en scène est linéaire, plate et redondante.Le spectacle est grevé d’un manque total du sens de cinéma.Le film, parade vide et mécanique, fait objet de ressentiment et de déception tant il ne procure ni émotion ni plaisir.En coproduction avec le Canada, la France ne fut guère plus heureuse: Violette Nozière de Claude Chabrol est un film fonctionnaliste.Les héros de Chabrol sont de purs protagonistes d’un jeu et d’une intrigue qui tournent sur eux-mêmes: le caractère et la réalité leur sont enlevés.Ils sont l’illustration culinaire et digestive du passé, et leur désuétude de vieux magazine (Violette Nozière raconte l’histoire vraie du double crime d’une jeune parisienne des années 30) est dénuée de charme.Le regard de Claude Chabrol n’est pas indifférent: il est maussade.“Midnight Express”: de la démagogie ' % -\ A I ** Déception et réussite L’Allemagne fédérale sera représentée officiellement par Rainer Werner Fassbinder et Peter Handke.Du premier, Despair a déçu.Le héros de Fassbinder est un industriel berlinois qui, sans cause apparente, recherche une nouvelle identité.Son aventure perd rapidement de l’intérêt.Le long métrage s’enlise dans la fabrication monotone; les tentatives de déconstruction s’exténuent: la modernité fait place au modernisme, à l’image de son décor kitch.Le congédiement des nonnes ramène le film à une réflexion puérile.Cette exploitation obstinée de la déconstruction, dédiée en plus à Antonin Artaud, sombre dans la fatuité.La femme gauchère de Peter Handke compense pour le désappointant Despair.Une femme, sans raison, demande doucement à son mari de la quitter.Ce départ affermit son isolement plutôt que sa solitude.Cette rupture ne table pas sur la liberté ni sur l’émancipation féminines: c’est le chant de l’égarement où, petit à petit, par touches légères, se communique le sentiment des choses.La femme gauchère refuse les apparences et les clichés; il tire sa force de l’équilibre, de l’accord entre les objets et les personnes: son matérialisme vient de la connaissance affective.Sa fragilité est violente, sa douceur, déchirante et sa modernité, tragique.La réussite toujours étonnante du film a été possible parce que Peter Handke (qui est aussi un grand écrivain) a su allier matière et vie: présence des êtres et drame des objets fondent, ici, une nouvelle sensibilité.La présence italienne L’Italie, par trois fois, sera présente dans la grande salle du Palais des Festivals.Un: L’arbre aux sabots d’Ermano Olmi.C’est la description du monde lombard au siècle dernier.L’évocation, en trois heures, perd tout sens et valeur, Olmi s’enfonçant dans le passéisme et le didactisme.La quête de l’héritage paysan se réduit en une lecture religieuse de cinéma/québec 23 CANNES \W 1 i \ ‘Rêve de singe”: le théâtre des mutants l’histoire.Deux: Rêve de singe de Marco Ferreri.Ce film est l’exact contraire du Film d’Olmi: de notre temps, Ferreri ne cesse de poser des questions sur son avenir.L’émotion surgit continuellement de cette tragédie sur les doutes et les incertitudes de l’espèce humaine; ce théâtre des mutants, figuré par New-York, s’ouvre, grâce à Ferreri, sur l’espace bouleversant du dernier homme et de la première femme.Rêve de singe est le plus beau et le plus achevé des films de Marco Ferreri.Avec Nanni Moretti, un autre ItaÜen s’imposera.Ecce Bombo illustre le désarroi, sinon la désespérance, de la jeunesse italienne.Son humour, ses blagues nombreuses, ses clins d’oeil et ses références au cinéma sont le spectacle de l’impuissance et de l’avenir barré des adolescents.Le bavardage y est le voile de la pudeur, sa légèreté, celui de la densité et de la cruauté du propos.Malgré ses apparences, Ecce Bombo recherche une nouvelle politique pour notre dernier quart de siècle: ses questions sont tranchantes et surtout douloureuses.Ce Film, qui pourrait bien être celui des autonomistes des radios libres et du refus du discours emballé et autoritaire, demande une attention sympathique et intelligente.Saura, Oshima et Zanussi On voudrait bien avoir cette attention pour le dernier Carlos Saura, Les yeux bandés, mais elle est vite ruinée par le manque d’imagination et le formalisme conventionnel du film.Le drame de la création et le problème de la torture sont laminés par une fausse lenteur, une psychologie pointilliste et un humanisme diffus.De plus, Saura tente continuellement de prendre la place du spectateur pour le guider dans son effort de cohésion et de réflexion.Les yeux bandés est un film pédagogique.Le Japon, évincé l’an dernier avec L’empire des sens d’Oshi-ma Nagisa, est reconnu cette année par L’Empire de la passion du même auteur.Obsédé par les formes diverses que revêt l’amour, Oshima poursuit, avec insistance, sa recherche stylistique, style, ici, à entendre comme architectonie rigoureuse développée de Film en Film, Oshima reprend L’empire des sens et le contredit tout à la fois.Il y développe la tragédie des pulsions sexuelles et l’obsession de l’amour.Sa dramaturgie se reconnaît du Film précédent, mais se déplace et se renouvelle.La géométrie de L’empire de la passion, tendue, précise, dispose des mobiles et des causes comme d’une dynamique, et pose le discours du film comme métonymie du désir.De plus, l’auteur ne craint pas le lyrisme qui atteint parfois une ivresse vertigineuse.Oshima Nagisa est un grand cinéaste.La Pologne avait délégué l’un de ses plus grands cinéastes: Krzysztof Zanussi.Son Spirale poursuit une réflexion tenace sur l’individu dans la société, réflexion profondément pes- 24 cinéma/québec CANNES simiste.Un homme s’évade d’un hôpital et promène, comme un fardeau, son angoisse de la mort.Le discours se déroule au gré des rencontres de cet homme, dont on connaîtra ni situation ni position sociales.L’individu harcèle les gens par des questions précises sur leur vie (et leur mort).L’intelligence du savoir-faire de Zanussi est de marquer l’écriture cinématographique comme sens premier.Dépouillé et sans périphrases, Spirale mise sur les qualités des évidences et sur la matière de ses signes.Le naturalisme et la vraisemblance sont déplacés: aucune explication n’est fournie et Zanussi évite ainsi le pathétique et l’attendrissement.Le montage serré donne en plus au film une grande perfection.La réussite de Spirale aurait été complète si le dernier plan du film n’avait pas montré l’homme mort ressuscité et marchant dans la lumière: cette vision christique prend à contre-pied l’espace clos de son matérialisme élaboré jusqu’alors.Syberberg: une nouvelle sensibilité Elaborée, travaillée, achevée et passionnante est la nouvelle sensibilité ouverte par le film de Hans Jurgen Syberberg, Hitler, un film d’Allemagne (section “Un certain regard”).Pendant sept heures, nous serons confrontés à l’image d’Hitler, disséminée dans le passé et le présent, traversée par les témoignages de l’époque et les réflexions au présent.Ce film s’apparente d’ailleurs à une psychanalyse de l’Histoire plutôt qu’à une radiographie du nazisme.D’une complexité déconcertante et d’une richesse surprenante, l’évocation de la terreur du pouvoir et l’illustration de l’enfer politique (terreur et enfer pérennes pour Syberberg) susciteront des remous à gauche comme à droite: on les jugera scandaleuses.Le scandale est nécessaire, Syberberg l’a compris, et l’importance de son film ne fait plus aucun doute.Dans la même section, un film brésilien était remarquable: Coronel Delmiro Gouveia de Geraldo Samo.L’histoire incessante de persécutions politiques et économiques d’un riche commerçant de Recife, nommé Delmiro Gouveia, s’apparente à une saga.Son ton didactique ne tombe jamais dans l’excès des explications.Le sociologisme est évacué pour faire place à l’admiration qu’une lenteur insiste encore plus.Le paysage et les décors sont séduisants mais jamais clôturés par le cliché touristique.Les images, flamboyantes, ne gomment pas le propos, qui est une interrogation sur le capitalisme naissant au Brésil, au début du siècle, interrogation que nous livre Samo sans regret ni démagogie.Une nuit très morale de Karoly Makk (Hongrie) est intéressant quoiqu’il apparait comme un exercice, grevé par sa légèreté et sa joliesse.Exercice aussi, futile et vide que sont Les épaves du naufrage de l’Espagnol Ricardo Franco.Aika Hyva Ihmisiksi, film finlandais de Rauni Mollberg n’a absolument aucun intérêt, tandis que The Chant of Jeremie Blacksmith de l’Australien Fred Schepsi est un monument d’ennui et d’académisme.Représentant les Etats-Unis encore, Who’ll Stop the Rain?de Karel Reisz est intéressant dans sa deuxième heure, d’une virtuosité très contrôlée, tandis que sa première heure demeure insupportable par sa facilité dans la violence affichée.Spirale”: une réflexion pessimiste PS®* Ëcce Bombo”: le désarroi de la jeunesse italienne cinéma/québec 25 CANNES La Semaine de ia critique La semaine internationale de la critique française, Perspectives du cinéma français et la Quinzaine des réalisateurs sont demeurées les seules sections parallèles du Festival — si on excepte “Un certain regard” où les films ont été choisis, comme pour la Sélection officielle, par Gilles Jacob.Près de cinquante longs métrages y étaient projetés.La Semaine de la critique se remarque par son absence de risques; elle calcule sur la bonne tenue des auteurs présentés, peu connus, mais qui ne font pas peur.La femme d’en face de Hans Noever (R.F.A.) n’offre guère d’intérêt.Son drame de jalousie a la grisaille de ses noirs et blancs; son esthétisme abuse du stéréotype et rend le drame insipide.Si Jillali Ferhati, avec Une brèche dans le mur refuse une diégèse traditionnelle, il ne réussit pas à être à la hauteur de ses tentatives.La vie quotidienne de Tanger, mélange de colonialisme, d’impérialisme et de traditionnalisme, par l’incohérence du style, s’appauvrit jusqu’à devenir un étalage folkloriste.On y perçoit les tentations de dénonciation, mais des scrupules culturels (et peut-être politiques) rendent le propos vague.Un et un d’Ingrid Thulin, Erland Josephson et Sven Nykvist (Suède) pose, d’une façon réactionnaire, la question de la vie à deux.Moralisateur, psychologiste et conventionnel, le film est détestable en tout point.Pour cette nuit de Carlo di Carlo (Italie) étale un formalisme redondant et simpliste, tandis que Roberte de Pierre Zucca (France) profite de son fignolement et de sa finesse pour être mondain et prétentieux jusque dans ses intentions qui se voulaient scandaleuses.Jubilee de Derek Jarman (Grande- “Zoo Zero”: un paysage fantasmatique ¦ Bretagne) se voit comme le musée des horreurs de la culture punk.Cela se voulait irrévérencieux mais atteint très vite les limites du ridicule et de la niaiserie décorative.Cette Semaine fut tout de même réhaussée par L’odeur des fleurs des champs (Yougoslavie) et Alambrista! (USA) de Srdjan Karanovic et de Robert M.Young.Dans le premier film, un acteur très connu lâche tout pour retrouver une liberté dans un petit port de mer.Non seulement ses proches sont bouleversés mais tout le pays est mis sur un pied d’alerte, radio et télévision le poursuivant.Sous le ton rieur se lit un constat d’échec de la société socialiste.Karanovic accumule méchanceté sur méchanceté sans donner congé au désespoir.Une frénésie grinçante traverse cette satire qui se veut aussi allégorie sur la liberté impossible.Dans un tout autre registre, Young suit pas à pas un Mexicain qui entre illégalement aux Etats-Unis pour y travailler.Filmé dans la tradition du cinéma direct, la fiction d’Alambrista! parle de l’exploitation des émigrés.Le dossier livre comme preuves du procès politique (qui s’y entend) les matériaux brutaux du quotidien et du travail.Dépouillé de psychologie et de pathétique, révolution formelle oubliée, le film, densément et simplement, réussit à nous faire découvrir la réalité multiple de l’exploitation.Perspectives du cinéma français A Perspectives du cinéma français, nous verrons surtout des premières oeuvres, où la fiction était remise en question.La fille de Prague au sac très lourd est une tentative intéressante : une jeune pragoise essaie d’intéresser ses amis français aux problèmes de son pays.Sympathique aussi Utopia d’iradj Azimi, mais l’oeuvre est hypothéquée par la parade forcenée de ses références littéraires et cinématographiques.La tortue sur le dos de Luc Béraud décrit sans réussite complète les affres de la création: Paul, pour écrire, doit quitter sa femme; le ton changeant et indécis fait aboutir le film à une morale désuète du couple.Jean Marboeuf, avec son propos très actuel sur le virilisme dans Genre Masculin, annule tout effet et répercussion en propulsant son récit dans une désagrégation fiévreuse.Jérôme Kanapa, avec En l’autre bord (présenté en copie de travail), décrit conventionnellement la situation d’émigrés antillais en France; le visage du racisme n’est pas sans fadeur.On peut apprécier le délire et la folie de Zoo zéro d’Alain Fleisher, son paysage fantasmatique et son hystérie, mais ce monde de détraqués, qui n’est pas sans inquiéter, ne nous concerne pas.Le premier long métrage de Jean-Claude Guiguet surprend par douceur: sa fragilité entêtée émeut.Sa justesse et sa fluidité manifeste un pratique modeste mais amoureuse du cinéma.S’y lit une sensibilité neuve, ouverte à tous les possibles.Il faut suivre Jean-Claude Guiguet à cause de ses Belles Manières.La Quinzaine des réalisateurs Les films de la Quinzaine des réalisateurs sont souvent inégaux, mais on suit toujours attentivement la sélection de Pierre-Henri Deleau pour découvrir le grand film oublié par le délégué général du Festival de Cannes.26 cinéma/québec CANNES Au Marco Leto, I vecchi e i giovani, il manque l’ampleur viscontienne, l’éclat pasolinien et la pertinence rossellinienne.Le document de Ciro Duran sur les enfants et les adolescents vivant dans les rues de Bogota, Gamin, se complaît dans l’étalage de la misère par absence de point de vue critique et de rigueur.Wemer Schroeter asservit ses recherches formelles à un propos anti-communiste; certains ont parlé de II regno de Napoli comme d’un film fasciste; ils n’avaient peut-être pas tort.Voulant exprimer sa conception de la répression culturelle sous le fascisme espagnol, Jordi Felice arrive à l’échec avec Alicia en la Espana de las marvillas; le recours à l’humour et à la fantaisie confond le projet politique: Alice, triplement figurée, nous perd autant qu’elle se perd dans les dédales et les labyrinthes d’une Espagne symbolisée à tout venant et métaphoriée d’une façon indécise; la fiction se dérègle au fil des excès et du superflu, et oublie de nous parler de l’Espagne d’aujourd’hui.Edouardo Geada tente de décrire dans A Santa Aliança les contradictions et les doutes qui traversent des petits-bourgeois qui veulent travailler à la révolution portugaise.Hésitant entre un vouloir déconstructif et une linéarité didactique, le film s’enlise dans l’incertitude, écartelé.Le sujet ne passe pas, disparaît entre les ellipses et les hyperboles, se disperse dans un fastidieux montage.Un dialogue littéraire et prétentieux dans ses clichés même déséquilibre encore plus la fiction et agace.Les intentions brouillées, rien ne semble plus fonder cette entreprise.Tandis que l’entreprise de Carlos Dieguès demeure constamment attachants; Chauvas de Verao décrit les quatre premières journées, tumultueuses, d’un retraité.The Getting of Wisdom de l’Australien Bruce Beresford réussit à être un excellent film sur un sujet éculé: la vie d’un collège au siècle dernier quand des jeunes filles découvrent leur sexualité.Homme formé par la télévision, la compétence de Beresford se vérifie dans une mise en scène sans accrocs, menée sans une seconde d’ennui.La dramatisation se coule en moments forts et faibles; la reconstruction est désignée par une pléthore de détails.L’auteur raconte plutôt qu’il ne décrit: le romanesque est produit par une diégêse conventionnelle, affirmant le refus de la subversion du récit.Le film emprunte les chemins rassurants du cinéma culinaire.Le dernier film de Reinhart Hauf, Der Hauptdarsteller, se veut volontairement grisâtre et fade comme ses couleurs délavées.On y sent l’autobiographie affleurer à chaque plan, mais elle attire plus la pitié que la sympathie.Le premier film de Giovanna Gagliardo perd sa crédibilité dans l’illustration de son thème: l’amour excessif d’une mère pour sa fille est située dans la bourgeoisie.Karen Arthur, après son Legacy, déçoit; The Mafu Cage, sur l’amour entre deux soeurs, désagrège son impact et sa force (et même son scandale) par son tapage complaisant et son baroque outrancier.L’aliénation psychologique féminine se ferme sur un étalage décoratif et déconcertant.Quelques films de la Quinzaine nous ont par ailleurs impressionné, dont Insiang du Philippin Lino Brocka.Sur la vie d’une jeune fille dans les bas quartiers d’une grande ville, nous avons une fiction concrète.Elle est un exemple remar- “The Mafu Cage”: un baroque outrancier ' À quable du détournement des procédés télévisuels des films du samedi soir.Son emprunt aux filons du mélodrame ne joue que pour crédibiliser la description des moeurs américanisées des Philippins, et exclut les refuges de l’humanisme et de la pitié.La misère sexuelle y prend une figure austère et âpre; la violence est dure mais sans appuis ni effets.Ce récit cruel amorce, peut-être, une méthode efficace pour donner aux gens une possibilité de réflexion sur leurs conditions d’aliénation.Et aussi très fort, poÜtiquement parlant, est le dernier Mrinal Sen, Les marginaux.Un père et son fils (qui se marie) refusent de travailler.Le ton satirique et macabre trace le portrait de leur aliénation; la rhétorique distante et glaciale dresse un dossier accablant sur l’oppression de la femme, ici, victime de la fainéantise du père et du mari.Leçon bouleversante et démarche exemplaire d’un film tiers-mondiste (d’ailleurs Mrinal Sen se promène avec sa copie sous le bras et projette le film dans les campagnes indiennes), Les marginaux force l’admiration.Girlfriends et The Scenic Route, deux films indépendants américains, parlent de la femme aussi, de la jeune fille.Claudia Weil et Mark Rappaport ont tout autre regard que celui, insignifiant, d’un Paul Mazursky; leur langage est conjugué au temps présent.Une douceur amère, voisine de la désillusion, hante le film de Weil, tandis qu’un nouveau romantisme se pointe chez Rappaport, donnant aux productions leur mouvement moderne et attristé, plus brut dans Girlfriends, plus glacial dans The Scenic Route.Leurs démarches et leurs recherches congédient le spectaculaire et l’exhibitionnisme intellectutalisé; elles énoncent et promeuvent l’espace d’une passion renouvelée.Comme dans plusieurs films modernes que nous aimons, Susan de Girlfriends et Estelle et Lena de The Scenic Route sont des salamandres déchirées et déchirantes.Nous retrouvons en leur compagnie, le comble et la plénitude de notre passion aussi du cinéma.cinéma/québec 27 de vue aun producteur ET APRES CANUTES, QUE RESTE-T-IL?PAR DENIS HEROUX Maintenant que la fête est finie et qu’il faut faire son compte de dépenses, les Québécois se demandent ce qu’ils étaient venus chercher à Cannes.Du soleil?L’hiver est si long au pays; la côte d’Azur, même grise et pluvieuse, comme elle l’est régulièrement durant le temps du festival, les attirera toujours.(C’est probablement le seul argument qu’Harry Gulkin peut reprendre avec ses studios de la Victorine, que les Canadiens ont claironné avoir repris.Je le sais, c’est pourquoi j’y ai tourné Jacques Brel is well and alive., il y a cinq ans).Des films?L’indigestion pour un cinéphile ne peut être dépassée que par celle de la bouffe “cannoise”.Du prestige?La question a bien évolué.La seule entrée officielle étant celle de Cinévidéo (sic!) avec une co-production, sélection officielle de la France et pour laquelle Isabelle Huppert a pris la succession de Monique Mercure avec son prix d’interprétation féminine.Et un court métrage de l’ONF que d’autres décisions politiques n’ont pas couronné.Le Cinéma Vox, qui joue des films canadiens au marché, est en train de devenir le cimetière marin pour des films inédits au Canada, qui font trois petites projections et puis s’en vont.aussi inconnus qu’avant, sans spectateurs ou acheteurs.Des contrats?Les Canadiens sont toujours aussi recherchés, même si la seule réception qu’ils offrent est d’une pauvreté désarmante.Armand Cournoyer, si débonnaire et si efficace à son secrétariat Cinéma-Canada, se montre un chien de garde farouche au moment du déjeûner offert aux amis des Canadiens.C’est que les Canadiens sont très courus: il parait qu’il y a de l'argent au Canada, de bons techniciens et que le climat (pas celui-là, l’autre) est bon.D’ailleurs, ils sont tous là, à Cannes, nos financiers canadiens, prêts à écouter les sornettes de n’importe quel vendeur d’histoires cinématographiques, à condition qu’ils ne soient pas Canadiens.Des ventes?Là encore, les bruits sont contradictoires.Pierre David, qui a transféré ses victoires ciné- matographiques en conquêtes féminines, ne vend plus et achète moins.Les journalistes ont enfin demandé à d’autres que lui, si le cinéma québécois va bien ou mal.Pierre René et Didier Farré se sont vus demander si la compagnie France Film qui s’appelle à Paris, la Compagnie Générale Canadienne, allait s’appeler au lendemain du référendum, la Compagnie Générale Québécoise.Rock Demers, venu piloter le nouveau PDG de Faroun (il a dû se délester des actions de sa compagnie pour accéder à la permanence de l’Institut), semblait serein.Espérons que l’Institut aura autant de succès financier que Faroun a obtenu de succès.artistique! André Link.Depuis les premières ventes de Valérie dans les années 60 (resic!), il est le grand gagnant.Chaque année son palmarès s’allonge.Chez Cinépix, l’horreur a remplacé le sexe.Black Out a fait recette.En tandem avec Lépicier, ils ont placé Violette Nozière avec succès.David Perlmutter, qui représentait le plus de films canadiens a certainement le record.de rendez-vous.Il conserve sa réputation d’être le plus grand lobbyiste canadien qui existe.Je lui propose de prendre, l’an prochain, la défense de l’environnement contre la pollution, causée par l’avion de.Superman.Je passe sous silence, l’équipe d’Astral qui, sans la présence de leur star “Harold Greenberg”, ont travaillé dans l’ombre.Tout comme les nouveaux avocats canadiens de cinéma, les Jos.Beaubien et Chuck Smiley qui défendent farouchement les intérêts de leurs (multiples) clients.Ce dernier pouvait annoncer entre autres une vente de Blood Relatives a Home Box Office pour 5400,000.En attendant l’année prochaine, le calendrier de rencontres du milieu du cinéma est tellement chargé que, lorsque les Québécois retourneront à Cannes, ce sera vraiment pour suivre l’exemple de George Des-tounis, et jouer.à la roulette.Le cinéma n’est qu’une roulette russe.28 cinéma/québec Politique québécoise du développement culturel La politique québécoise du développement culturel V lN ^ r>y.v/V U Gouvernement du Québec Deux (2) volumes 41/2'x 7" $2.00 Édition populaire (en vente chez votre fournisseur habituel) Éditeur officiel du Québec Les nations modernes sont de plus en plus nombreuses à repenser leur projet culturel et à se donner une politique globale de la culture.Le Québec est lui aussi dans ce processus.Pour qu’elle porte tout son fruit, la démocratie doit devenir culturelle autant que politique, sociale ou économique.Pour que s’actualise son droit à la culture, le citoyen doit pouvoir accéder librement et facilement à tous les biens culturels, malgré les contraintes géographiques, économiques et sociales.Il doit pouvoir utiliser pour le développement de ses talents et de ses capacités créatrices les ressources de la collectivité.Il doit pouvoir enfin participer avec ses proches, au gré de ses affinités, dans toutes les communautés dont il fait partie, à l’élaboration d’une culture vivante, qui exprime à la fois son identité et ses choix existentiels.Un (1) volume 51/2X 8V2' $3.00 Cette édition est en vente seulement chez l'Édi teur officiel du Québec: Montréal: Complexe Desjardins Québec: Place Ste-Foy ou Centre administratif “G’,’ Rez-de-chaussée Trois-Rivières: 418, rue des Forges Hull: 662, boul.St-Joseph cinéma/québec 29 LES FILMS MUTUEL! sont heurt la sélection exceptioi qui seront présentés au au cinéma le 8 septembre SfesfSitfiutts de BERTRAND TAVERNIER avec MICHEL PICCOLI et CHRISTINE PASCAL à l’automne NOUS IRONS TOUS AU PARADIS de YVES ROBERT V avec JEAN ROCHEFORT • CLAUDE BRASSEUR GUY BEDOS • VICTOR LANOUX • DANIÈLE DELORME! en hiver (l(T'.v'.';;X;XvXXOT Plus quelques longs métrages et une trentaine de courts métrages réalisé par BRUNO BOZZETTO .Et distribués au Canada par: FAROUN FILMS (CANADA) LTEE 136 A es(, rue St-Paul.Montréal, Canada H2Y IG6 Tel.(514) 866-8831 Télégr.FARFILM - Télex 05560910 TOUT SOUS UN MEME TOIT S4 "TfeSjE, wm?ÎSÏ&iaMj ÊSSsî: S.T& Laboratoire professionnel 35 et 16mm Deux plateaux de tournage (120’x100’x60’ et 90’x60’x22’) Salle de mixage (24 entrées) Deux studios de post-synchronisation Studio pour enregistrement de musique (24 pistes) Salles de montage Location de bureaux temporaires Stationnement gratuit etc.Blood Relatives (Chabrol), Tomorrow Never Comes (Collin-son), La menace (Canafox), Quintet (Robert Altman), Paramount, MGM, Worldvision, Twentieth Century-Fox, Radio-Canada.font appel à nos services.POURQUOI PAS VOUS?1500, rue Papineau Montréal, Québec H2K 4L9 Tél.: (514) 527-8671 Telex: 05-267-329
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.