Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 4 décembre 1937, samedi 4 décembre 1937
•1ère ANNÉE No 12 S CENTS 4 décembre 1937 •• — i.QU’ON ARRÊTE CES GANGTERS! —•— J‘ai connu quelques-uns des chef» du mou-Veinent fasciste dans la province de Québec.Les uns sont des dégénérés; \et, autres sont crapuleux ou sottement sectaires.Tous sont dangereux, parce qu'ils cultivent les moyens malhonnêtes pour atteindre leurs fins: men-longe, hypocrisie, calomnie, chantage, intimidation, bourrage des crânes.Ils agissent de préférence sur deux catégories de ci-tovens: des jeunes gens candides et influençables, dont ils exploitent la sensibilité, la bonne foi et l'honnêteté même; les forains cl bandits do toute couleur, à qui on peut confier les soles besognes et souvent le crime.Et quand ces éléments troubles se sentent a«*cz forts, ils recourent volontiers au terrorisme et à la mitraillette.C’est pourquoi je dis à M.Adélard God-bout: Bravo! Vous avez dit, à Québec-Est, jeudi dernier, les paroles qu'on attendait de vous: “La menace dangereuse, ce n’est pas le communisme: la population ne s’y laissera pas prendre.C’est le fascisme, parce qu'il a de nombreux adeptes et possède des moyens d’action perfectionnés.Si nous n'y mettons pas ordre, il accomplira une désagrégation considérable.Nous sommes pour le gouvernement responsable et pour la démocratie." M.Godbout sait ce qu'il dit.Il est, comme nous, en possession de secrets qui ne.tarderont pas à éclater au grand jour, et qui, une fois révélés, prouveront au peuple, insensiblement conduit au carcan de l’esclavage, qu’il est temps pour lui de se réveiller et de défendre les libertés démocratiques pour lesquelles se sont fait tuer ou pendre les héros de 1837.Le chef de l’opposition libérale à la Législature, M.Bouchard, a confirmé la déclaration Godbout en ce s termes: “Oui, nous avons un parti fasciste.Il recrute ses partisans chez les jeunes, qui se laissent plus facilement séduire par des formules creuses.Les tenants de ce mouvement, dans différentes villes se forment en cohortes ayant line discipline et des chefs.Tout ce monde-là, fanatisé par des cnergumènes, regarde avec dédain le gouvernement responsable, que l’on voue aux gémonies sous le nom de capitalisme.” Pendant que toutes les forces matérielle# et spirituelles de la province de Québec sont mobilisée# contre un communisme heureusement peu rén-u-lu, il est étrange de voir manoeuvrer en paix des perturbateurs de l’ordre public, qui ne rêvent rien que le sabotage de notre régime parlementaire et Je renversement de nos institutions démocratiques.Les communistes, répudiés par tous les parLis, privés de tout chef vraiment à la hauteur dp sa lâche, cadenassés dans leurs moindres manifestations, font actuellement sans force et sans influence.Tous les éléments qui fraternisaient plus ou moins avec eux, aux dernières élections ontariennes, ont été anéantis.Dans Montreal, le dernier et unique candidat communiste, au scrutin de 1935, Fred Rose, n’a obtenu que 5*K) voix dans un quartier extrêmement populeux, où il comptait pourtant beaucoup d'amis.Et l’unique organe qu'ils possédaient, Clarté, a été supprime au moment où il manquait de tous les moyens matériels voulus pour être diffusé.Bref, on a bien fait de prémunir la province de Québec contre le communisme, mais on devrait considérer qu’au même moment l'ignoble bête du fascisme rampait dans la jeunesse et la corrompait.Au fond de certains consulats louches, qui ne craignent pas de trahir le# lois de riiospitalité, sc terrent des propagandistes qui alimentent nos energumènes.D’un jour-naleux de dixième ordre, qui ne manque pas une occasion de baver sur l’Angleterre et de bénir l’ilalir, un officiel européen disait: “C'est notre petit Béraud du Canada”.C’est ridicule, si vous voulez, mais c'est assez symptomatique.On sait que Béraud est célèbre par ses insultes contre les Anglai#.Plus tard, nous donnerons, sur ce chapitre, de# détails délicieux.Entre temps, de petites “gang* sorgani-•eut, font de la “drille” confient leur espoir au 'pistolet.J’ai entendu de me# oreilles un pauvre jeune hystérique, pique de fascisme et de racisme, me dire fébrileinel: “.Nous somme# tellement décidés, que nous ne reculerons pas devant l'émeute.J'ai fait partie de |a police et je sais manier le revolver.Je me demande si je ne serai pas forcé, «le m'en servir.” Ce sont de pauvre# fous comme celui-là qui révent de nous donner une Lan-rentic glorieuse et providentielle.Hélas! Trois foi# hélas! Je connais d’autre# épileptiques, qui ont pris la tête du mouvement, en notre métropole, cl qui, eux aussi, rêvent de carnage et de sar:g.Le procédé italien ou allemand est suivi à 1* lettre: on forme de» troupe# avec d honnête# écoliers ou jeunes bourgeois désoeuvré* d’une part et avec des bandits d autre part.C’est à res dernier* que Mussolini et Hitler ont confié le terrorisme précurseur de 1 as-»a##inat des droits du peuple.Les escouades d’action du Dure étaient formées de chenapans, (le repri* de justice et de quelque# déchet# de la classe ouvrière, qui s appelaient eux-mêmes les sauvages./es dimni s, /o?de-tes pérès, et il» accomplissaient leur sanglant racket avec l'aæurance de l’impunité.Le# Indépendant politique, littéraire et artistique Directeur: JearùCharles Harvey \, Administration et rédactiou, 263, rue Stc-Catheriuc est, Montreal — Tel.PE.8-171-2 LE JOUR Mon, c'est la Dr Démocrate qu'il ma faut section# d’assaut de Hitler, svant le coup, respiraient une odeur de aentine.D’après un témoin du temps, “tou# ceux qui vivent en marge de la loi sociale, aventuriers, apache# et maquereaux, sont entraîné# dans le mouvement naziste.” Et le# chefs «ont un peu l’image de# troupe#.Nous croyons pouvoir affirmer, à certains signe#, que les petits arrivistes et raté# du fascisme canadien suivent la mêm" voie.Non seulement ils #ont prêts a user des mêmes armes, mais à prôner les mêmes théories subversives: mépris de la loi et de la constitution, campagne contre le suffrage universel et le parlementarisme, exaltation de la race jusqu'au paroxisme, haine farouche entre nationalités, exploitation des tirades antiea-pituliste# et antitrustardes, lutte contre les libertés de parole, d’écrit et d’association, tendance marquée ver# l’asservissement des faibles par la suppression des syndicats et des unions ouvrières, enfin, appel à la violence et à l’émeute.Nous ne voulons ni du fascisme ni du communisme: nous voulons la démocratie avec ses libertés et avec les réformes qui s’imposent.Il est temps que tous les Canadiens soucieux de sauvegarder le# droits sacré#, garantis par les institutions et par le “fair play” britannique#, sachent former l’union sacrée, l’union démocratique contre les entreprises de# forbans, des fanatique# et de* gangster# politiques.Si M.Godbout veut être logique jusqu'au bout, il proclamera la nécessité de cette union au nom de l’ordre et de la paix.Sinon, un mouvement commencé avec des garccttes pourrait bien sc terminer avec des arme# plus meurtrières.Jean-Charles HARVEY.BILLET Matin de décembre —«— La lumière pose ses lèvres sur les paupières bleues de la nuit finissante.De longues mèches de feu flottent sur les oreillers du blanc décembre.Les formes pures de la terre s'éclairent aux reflets tremblants qui filtrent à travers la croisée rose de P ombre.Sur la poitrine de la plaine, les courbes des collines, soulevant leur drap de.cristal, s'offrent au baiser de Paurore.qui met à leur crête la teinte vive du matin.A regret, le sommeil sc retire des choses qu'il a possédées et peuplées de rêves.Frissonnant et vaporeux, il emporte dans les plis de sa robe marine, la farandole des songes, des images de terreur ou d'amour, qui ont oppressé la respiration de P immensité couchée sous las lointaines étoiles.Les paupières bleues s'ouvrent sous les lèvres de la lumière, et le long corps du jour blanc se découvre dans sa chaste et parfaite nudité.C’est l’heure où les veux avides de voir s'emplissent de la vision des êtres, où le frémissement des ravons multipliés secoue tous les désirs de la vie.L'heure véhémente et immaculée où tout ce que Pnmbre a rnuché sr redresse à Pappel de la clarté, qui souffle dans lin clairon de soleil.' j.-c.a le Sourire e Ce monument Après avoir fait écho, la semaine derniers, à la proposition de Valdombre de faire élever un monument à Olivae Asselin, une amie de ce courageux écrivain et journaliste s’est empressée de nous adresser, sous le couvert de l’anonymat — cette fois, l’anonymat est admirable — quelques billets de banque pour commémorer dignement le fondateur de la Merci.Nous ne voudrions pas induire en erreur les amis du regretté Asselin.Avant qu’on nous adresser des souscriptions, il faut for» mer un comité responsable, qui aura pour tâche de recueillir les fonds.C’est ce que nous souhaitons de tout coeur.Pour cette raison, nous donnons avis à la trop modeste donatrice que sa souscription sera mise en réserve jusqu’au jour où une organisation sérieuse et complète se chargera de la joindre à d'autres.Faute de quoi, nous prierons la généreuse personne de passer par nos bureaux pour reprendre son bien.?* * A quoi servent les cercles paroissiaux.Ils servent à quelque chose, personne n’en doute, et nous-mêmes, moins que quiconque.11 y a une quinzaine, un de nos amis passait chez un marchand de tabac qui tient Le four, question d’éclairer un peu ses contemporains.Ledit marchand lui conta une petite histoire que nous communiquons à nos lecteurs afin de les édifier."Monsieur, ce matin encore, une demi-douzaine de jeunes gens au faciès respirant lin-telligence.sont entrés dans mon magasin et m’ont demandé, l’un après l'autre, un paquet de cigarette à 10 sous.Pendant que je nie préparais à les servir, l’un d'eux fit la remarque : "Tiens, vous vendez Le four ! C est bien, j’irai acheter mes cigarettes ailleurs.Les autres firent de même et s’en allèrent d'un pas élastique de garde indépendante qui part à l’assaut.Je ne les avais jamais vus auparavant, je ne les ai jamais revus je voudrais bien savoir qui leur a dit de venir jouer auprès de moi cette comédie imbécile." Quand on fait partie d'un cercle, il faut bien faire quelque chose.* k k Dures paroles d'un juge Au moment de.prononce- la condamnation de quelques jeunes gens accusés de vol !e juge Laetare Roy.de Québec, a prononcé les paroles suivantes : C est fantastique notre province est couverte d'églises, de chapelles et de monastères : notre clergé est éclairé et au-dessus de tout reproche ; le peuple est toujours en neuvatnes.en retraite et en mission, et cependant le vol et la fraude augmenter sans cesse.Je me demande si I on ne devrait pas essayer de prêcher davantage la dignité humaine, le respect de soi-méme et de la propriété d autrui.Il n'est pas possible qu il n’y ait pas de remède." Ces cruelles constatations sc passent de commentaires.?k k Les petits crétins Une Ame charitable.en l’espèce un petit crét n de sous reporter voulant faire du zèle, lança en circulation le bruit que la police avait saisi des exemplaires du Jour, lors des descentes chez les communistes, voulant ainsi suggérer que notre journal est communiste, puisque seule la littérature séditieuse peut être saisie dans un cas semblable.0.Les rectifications nécessaires ont, depuis, paru dans les journaux sérieux et la Gazette souligne, à ce propos, que le colonel Piuzc, directeur de la police provinciale,, a déclaré que Le four n’a pas été saisi, ce journal n étant pas plus communiste que La Presse.I.c Devoir ou l’Action Catholique, qui, bien certainement, devaient passer par les main» des rédacteurs communistes pour des fins professionnelles, évidemment.Nous nous demandons où le reporter qui lança en circulation ce canard a j, connaissances en matière de journalisme.D’autre part, seule la Gazette s'est donné la peine d'envoyer spécialement un reporter pour enquêter sur le canard et a fait une mise au point sans équivoque.fl est vrai que la Gazette est un grand journal et surtout un journal qui sc respecte.Mais.Seigneur ! comment se fait-il que ce soient les journaux anglais qui seuls sont capables de nous rendre justice ! k k k Le vicaire qui n 'est pas de Wakefield Nos distributeurs en entendent rtc toute' les couleurs, mais ils savent parfois f ore, de, réponses périmeras aux remarques qui le.sont un f>eu moin1 C'est ainsi que l’un d eux se fit prendre à partie, il y a quelques jours, par un petit vicaire, plus ardent que discret, et qui lui demanda, sur un ton acerbe Pourquoi vendez-vous donc Le four ?C'est une feuille.Suivit la série habituelle des accusations non-fondées que des âmes charitables déversent sur 1* compte de notre journal.Notre distributeur, un brave Canadien qui n'a pas froid aux yeux, répondit tout net : "Monsieur le vicaire, je cesserai de vendre Le Jour quand.votre curé cessera de ! acheter tous les jeudis." Nous ignorons ce que le vicaire avait lin-tention de répondre, toujours est-il qu'il ne répondit nen.Aussi longtemps quo lus chose,h iront sys té m a l i q u o m on l ma Is je continuerai sys té ma t iquemen l à dire qu'elles ne vont pas bien — Henri ROCHEFORT L'attaque totalitaire contre la France La plus élémentaire prudence exigeait d attendre confirmation de» nouvelles à «en* sat ion, avant de se livrer à quelques commentaires sur la délicate situation de la France.Ces nouvelles sont malheureusement confirmées.et il est hors de doute que l’affaire dite des Cagouhmls est.en réalité, infiniment plus grave qu un simple complot de carnaval, monté par des pitres ou par des aventuriers.Hile révèle non seulement un état d esprit inquiétant chez certains éléments de la population.mais elle montre surtout les progrès immenses de l’oeuvre de désagrégation politique et morale entreprise contre la France par les Etats totalitaires voisins.Plus ou observe la tactique diplomatique de ces derniers, plus on acquiert la certitude que toute» leurs campagnes ne visent qu À une chose i la préparation de la guerre civile dans les pays que l’on veut abattre, sans avoir recours au suprême moyen de la guerre nationale.C’est que les résultats, 1918 l’a montré, sont aléatoires et coûtent parfois cher.On se rappelle sans doute qu’au lendemain de I arrivée des nazi# au pouvoir, ks gouvernement de Berlin entama une campagne de corruption poHtiqur dans tous Ici pays de l’univers.La première phase comporta la corruption de la presse, et celle, dite de droite ne se.montra pas aussi Intègre quelle affectait de l’ètre.malgré ses grandiloquentes tirades sur la vertu, la patrie, la morale, la religion, etc.Nombreux furent les journaux qui reçurent.et.qui reçoivent encore des subside* de l'Allemagne et de l'Italie.En raison de* susceptibilités françaises bien connues, Berlin et Rome procédèrent par personnages Interposés (Instructions secrètes de la propagande allemande, septembre 1934) afin de propager leurs idées dans le pays, puis de fomenter la guerre, civile à la première occasion.La révolution éclatant.Il ne serait pas nécessaire de »c creuser longtemps les méninges pour trouver un facile prétexte d'intervention.L'étranger s'est donc mis à la tâche de provoquer systémntlguement des troubles de toute espèce dans le pays.Lors des fameuses grèves de 1936.on découvrit des preuves indiscutables de cette action étrangère — action qui n'était pas toujours communiste.comme on l'a prétendu.La presse, dite patriote, garda un silence prudent sur 1.1 nature véritable de certains de.ces .mouvements.réglés comme de# mouvements d'horloge et nécessitant dans leur application une technique hautement spécialisée.La seconde phase, celle à laquelle on semble bien être arrivé, consiste à provoquer de» mouvements d opinion tels qu’un coup d'Etat peut sc produire, et peut-être meme une révolution.A ce stage, c'est à l’étranger que sa prépare ce mouvement.Il n'y a qu à se rappeler l'assassinat du roi Alexandre de Yougoslavie et de M.Barthou, si l’on a encore quel-ques doutes sur I origine véritable de certains attentats, Actuellement, comme en 1936, on a découvert des preuves absolument certaines de l’immixtion étrangère dans ce mouvement tqndant à l'instauration d'une dictature en France et peut-être aussi d'une restauration monarchique dans le pays.Ce.n'est certes pas par simple sympathie que la Suisse s ent vue obligée d expulser de son territoire le fils du prétendant, le comte de Paris.Il y avait comploi de l’autre côte dr lu frontière, en même temps qu’il y avait complot sur le territoire national français, Le procès De la Rocqucs-Pozzo di Borgo a fait crever l'abcès.Le colonel, chef de» Croix de Feu réorganisées sous un autre nom, a été convaincu devant le tribunal d avoir touché des fonds secrets du gouvernement, ce qui ne saurait étonner personne qui connaît le fameux colonel.Mais l'affaire n’en resta pas là.On découvrit par la suite que les organisations dites de droite préparaient la guerre civile avec l’aide active du gouvernement allemand et les saisies d’armes de provenance germanique rie peuvent laisser de doutes sur les intentions et les origines de ce complot.Il ne faudrait certes pas prendre les chose» au tragique et croire que demain, la guerre civile, va éclater en France.Il semble bien que le gouvernement soit, actuellement, maître- de la situation, depuis qu’un certain nombre de meneurs ont été mi» sou» le.» verrous.J.enseignement essentiel à tirer des événement* est celui-ci ; c’est l'Allemagne et i’itaiie qui travaillent de connivence, avec de mauvais Français a préparer une guette civile.La même chose s *VsV#V*V.V*VsV.V#V»V.V.V#V.V*,.V*V.V.%VsV.’#V.V.V.v:,X,>^g Le Pêcheur de Perles Monsieur Victor Barbeau semble confoa» dre, comme l’a déjà fait un homme politique, autour avec alentour.Il a confondu "corporatisme” ( néologisme barbare, le mot n’exis'.t pas en français) avec coopération.C'est air.si qu’après avoir défendu énergiquement !j premier système, lors d’une conférence-boullt à Québec, il défend maintenant, avec autan d'énergie le système coopératif qui est, év> demment à l’antipode de la première formule Peut-être que Monsieur Barbeau a enlu trouvé sa voie, et qu’il est maintenant dans b droit chemin.Il n'est jamais trop tard poor bien faire., ?Un gradué de collège national de massaji fait imprimer des prospectus où il engage Ici gens qui "souffrent de quelques mots ’ à ve-nir le voir."Cet homme extraordinaire a fail ses preuves" ajoute le papier et "il a le dot de guérir de tous maux, sans l’emploi d’aucu médicament quelconque".Encore un qui met en garde contre "!i piperie des mots".DEVANT L’EXQUIS Je la tiens ! Elle est à moi.enfin ! Depuu le premier jour — bientôt un an ! où je 1 ai aperçue dans la montre d une grande bijouterie, que a angoisses de la voir disparaître, de la •avoir vendue, quel désir de me l’approprier ! Mais il fallait une somme.bien considérable pour mes ressources.Enfin, tout s est passé pour le mieux, j'ai pu économiser la somme.La statuette est devenue mon bien."A thing of beauty is a joy lor tver".(Keats).* * * Une joie d'abord.L'admirable bibelot ! Je l'ai posée •ur un piédestal d'acajou, sous un bon éclairage, dans mon cabinet de travail.C est devant elle que j'écris en ce moment, sous son inspiration, sa dictée presque.car elle me parle cette femme d ivoire.Elle me dit beaucoup de choses précieuses.J'en note quelques-unes qui pourront me servir, servir à certains lecteurs.à * * Moi, je lui dis : *'Je t'admire et je t’aime d’être si parfaite, d accomplir ton miracle d’exquise harmonie pour l'enchantement des yeux cl de l'esprit.Tu procures à la fois une joie sensible el une joie intellectuelle.Celle-ci d'ailleurs n’est que le prolongement et la fleur de celle-là.Ce qui est vraiment beau dépasse les sens, parle à I esprit, l'émeut, le force à réfléchir.1 ous les plaisirs ne valent pas d’être analysés, définis.Il en est de si médiocres, de si éphémères ! Mais un plaisir de haute qualité, le définir par la plume c est l'aviver, le rendre stable."Voilà pourquoi.Pallas, je veux définir le bonheur que tu me procures." * * * Que tu es belle sur ton socle d’onvx.Pallas, miniature d'une femme merveilleuse !Dc ton épaule gauche un drapé en vieil argent tombe avec une divine négligence.! on côté droit, sculpté dans le pur ivoire, est nu.Profil net de la hanche et de la cuisse, du sein et de l’épaule.Figure.triste ?Non.Pensive seulement, un peu grave dans son attitude légèrement inclinée.I u es Vénus qui sort, éclatante, de la mer et aussi Minerve qui songe à la folie des homme».Un composé tout équilibre des deux divinités symboliques.On peut saluer en toi l’union du beau physique et de la méditation profonde.1 on corps d'ivoire a I# nuance, l’animation intérieure d'une chair jeune et fraîche.Il n en a pas la fragilité, la tendance à la corruption.C'ftt la beauté fixe, et que la fuite des jours n’altère pas d'une manière perceptible.?* à Bibelot digne d'un amour objectif.Ciselé dam une matière de choix.Parfait dans son ensemble et parfait dans chacune de ses parties.La forme humaine atteint rarement à une telle pureté.C’est I oeuvre du Créateur retouchée par un rêveur qui avait les moyens d’cxéculer son rêve.Je t'interroge, ravissante Pallas ; D'abord, pourquoi es-tu à moitié nue ?C’est très mal, tu sais, de se montrer ainsi dans la province de Québec.1 u pourrais prendre froid, attraper une pleurésie, une pneumonie.Et je ne m’en consolerais pa«.— Ami, mon corps d’ivoire résiste mieux que l’organisme humain.Je ne crains guère les maladies aux noms barbares que tu me signales.Puis, tu me garderas dans une pièce tempérée.— Bon.Voici autre chose de plus délicat.Pallas délicieuse, as-tu entendu parler de la morale > C’est une chose dont on parle beaucoup en ce pays et qu’on pratique moins, toutefois.Sais-tu que la morale condamne ta tenue ?— Ma tenue ! ?— Eh ! oui.Il faut se vêtir, ma belle.Tu exhibes des choses ! — Ma beauté n'est-elle pas un vêtement suffisant ?Memphis, Athènes, Rome, Paris l’ont cru.Elles ne m’ont jamais reproché ma tenue.Elles n’ont même pas songé que j'eusse pu être immorale, un objet de scandale.— Instruis-toi.radieuse enfant.Il convient de distinguer, je te l’assure, entre Memphis, Athènes, Rome, Paris.et Montréal.— Ah ! Vous n’aimez pas la beauté, ici ?— C’est-à-dire.euh !.je suis un peu gêne pour te répondre.Je suis le compatriote de mes compatriotes, comprends-moi.Certes ! oui, nous aimons la beauté.Mais nous ne la distinguons pas aisément.Pour dire franc, on ne nous a pas beaucoup formés ni le goût ni le sens critique.C’est une petite lacune de notre système d’éducation, qui obtient, par ailleurs, de si consolants résultats.I^a morale qu on nous « enseignée s’efforce de nous inspirer l’horreur du nu.— Du nu ! — Oui, c’est comme ça.— Mais le statuaire grecque, la peinture italienne, espagnole, flamande, française comprennent un nombre incalculable de nudités qui sont de purs chefs» d oeuvre ; les musées célèbres d'Europe et d’Amérique en regorgent.— Lh ! bien, ma pauvre petite, tant pis pour les statuaires, les peintures et les musées ! Les Canadiens français s’en passeront.— Vous n’avez donc ni sculpteurs, ni peintres au Canada français î — Que si ! Mais ils sculptent, ils peignent des choses honnêtes, morales.Une vieille maison de campagne, le rouet de l’aïeule, Dollard sur une barricade, "les sucres”, le père Baptiste pipe-à-la-gueule, etc., etc.C'est très jolj, très bien, tu sais, Pallas, ces inspirations-là ! Nous aimons l’art.Mais, de préférence, l'art régionaliste, l’art qüi exprime l'àme locale, la petite patrie, le tout petit coin de terre.— Et dans vos musées, il n’y a aucun nu ?— Aucun.— C'est extraordinaire ! — Tu crois 1 Je vais t’expliquer.S’il n' ya pas de nu dans nos musées, c'est que nous n’avons pas de musées.— Comment ?— Oui.Oh ! mais ne nous juge pas mal trop vile.Nous avons un magnifique "Stadium", un vaste "Forum", d'innombrables salles de “petites vues”, une splendide université sur le flanc du Mont-Royal, un joyau d’architecture presque aussi beau que le pont Jacques-Cartier, ce bijou de fer ouvré dont nous nous enorgueillissons à juste titre.— J’entends bien que tu plaisante».Sérieusement, et sans vouloir froisser ta fierté nationale, ne seriez-vous pas un peu barbares au Canada français ?— Ecoute, Pallas, je t’ainv.je ne m’offusquerai donc pas de ton manque de gentillesse.Heureusement que tu n’as pas posé ta question à quelques-uns de mes amis nationalistes et restaurateurs !.Ils t’auraient gifflée.Nous, barbares !.D’abord, si nous l’étions, nos distingués historiens nous ont trouvé une excuse définitive : nous sommes un peuple jeune, si jeune ! Puis, nous ne le sommes pas barbares.Loin de là ! Je l’ai assez souvent entendu répéter, je l’ai assez lu sous la plume de nos écrivains : ce sont les .Anglais, les Américains, les Allemands.les Italiens, les Espagnols, voire les Français qui sont des barbares.Et nous, les Canadiens français qui sommes des civilisés.Saisis-tu ?Le monde n’est que barbarie avec un ilôt unique de civilisation : la province canadienne française et catholique de Québec.Cela doit sc démontrer en s'appuyant sur saint Thomas, sur Jacques Maritain et sur M.Jean Guiraud, directeur de "La Croix".Je m’en informerai à l’un ou l’autre de mes excellents amis, spiritualistes thomisants et néo-catholiques : Hermas Baslien ou André Laurendeau.Ils doivent avoir des lumières là-dessus.— Ne déraisonnes-tu pas un tantinet?— Je raisonne, comme on me l'a appris.comme on l’apprend à tous mes jeunes compatriotes.— J’ai l'impression, ami, que tu assembles des nuées.— Pourquoi ?Parce que je mêle l’art à la morale, que je fais chevaucher le ciel sur la terre ?C’est là une opération de métaphysicien.Mais si je nomme ma confusion discernement et mon vague précision, et mon obscurité lumière, n’aurai-je pas rétabli l'équilibre?Si j’affirme que tous sont dans le faux et moi seul suis dans le vrai ?— Mon cher ami.la grande loi du bon sens rira de toi.Et ce sera bien fait.— Oh ! le bon sens, c'est nourriture d'esprits grossiers I On peut préférer les subtilité», les sophismes torturés, les néocatholiques nébuleux.— Oui.Et c'est là que se révèle le barbare : esprit sans consistance, sans logique, sans clarté, qui se plait dans les oscillations, le vague, la demie-ténèbre, .qui répugne à la définition de contours bien dessinés et nettement marqués par une forte lumière.En dernier lieu, c’est une haine méprisante de la lumière et du réel qui t’emporte.A l'analyse objective d’une situation tu préfères tes songes fumeux, à ce qui exige du courage, tu préfères ce qui ne demande que de la lâcheté.— 1 rêve ! Tu m’insultes et à travers moi tu insultes ma "race” ! Je te pardonne parce que tu es belle, qtie je t'aime.et que mes camarades ne peuvent entendre les propos offensants que je te laisse tenir et auxquels je prête une oreille coupable.Pour revenir de loin, sais-tu ce qu’un ami prétend que cache le goût de la nudité dans l’art ?— Non, mais je serais curieuse de le savoir.— Bien.D'après lui, ceux qui aiment le nu artistique ne sont que des hypocrites.Au fond, ce sont des sensuels, des sexuels : ce qu’ils aiment vraiment, c’est "la cochonnerie” (le terme est de lui), je crois qu'il appuie ce jugement sévère sur son expérience personnelle.— Et tu approuves ce "jugement severe — Je ne l'admets pas sans réserve.Pardonne-moi ma franchise.Dans l’amour très réel que nous éprouvons pour un beau nu d’art je crois qu’il entre, qu il peut souvent entrer un élément trouble, quelque chose qui nait des profondeurs de la chair, une pointe de désir._ , N — Sois entièrement franc.J'aime définir, moi ! Avec clarté et courage.L.e beau, quel qu’il soit, si pur et si noble soit-il, inspire du désir, provoque le besoin de possession.Reste à déterminer si le désir est une mauvaise chose.Ii ne 1 est pas car sans lui, quelle abrutie serait l'humanitc ! Tu sais bien que le désir aux figures multiformes anime toute vie ardente, est à la genèse, préside au développement de toute décou-vefte, de toute entreprise hardie, de toute réussite.C’est l’abus qu’on en fait, la licence qu’on lui permet qui le rend pernicieux et destructeur.Soumis à une raison souveraine, il fait l’homme entreprenant, l’artiste créateur.Ainsi moi que tu admires, que tu as achetée au prix d'un lourd sacrifice, sais-tu comment je suis née ?— Non.D’une inspiration merveilleuse, d’un rêve miraculeux, j'imagine.— Je te dirais volontiers : imbécile ! Je te dirai simplement : flatteur.Je n’aime pas beaucoup, appliqués à la naissance d’une oeuvre d’art, ces mots de merveilleux et de miraculeux.Ils n’expliquent rien, ils ont le désavantage de confondre comme tu t’en plaignais, l’ordre terrestre et l’ordre supra-terrestre.Je ne suis née ni d’un miracle, ni d’une éruption merveilleuse.Au commencement, je fus une femme réelle, vivante, belle assurément, mais moins que celle que tu vois maintenant.Un sculpteur a aimé cette femme ; il l'a aimée de tout son coeur mais de tout son sang et de toute sa chair également.Un grand amour, un brûlant désir.Beaucoup d’hommes éprouvent celui-ci, peu celui-là.D’ailieurs, ni l'amour ni le désir ne suffisent à la création d’une oeuvre d'art.Il faut du métier, de l’ordre et de l'énergie.Reconnais, par delà mes lignes et mes courbes qui t’enchantent, l'effort persévèrent d’un homme.Songes à ce qit'il a dû déployer de patience, d'habi-lité, de maîtrise de soi pour fouiller ainsi ,l’ivoire et en tirer mes membres menus, tout mon corps délicat.Crois-tu que ce sculpteur était un dieu, un démiurge?Ce n était qu'un pauvre homme semblable à toi, comme toi sujet au découragement, à la lassitude, aux défaillances.Ne pense pas que je suis l’oeuvre d’une semaine ou d un mois ! Longtemps je fus dans un cerveau à l’état d'idée confuse.Lentement cette idée s’est éclaircie, précisée, est sortie de 1 ombre dans le cerne d'une lumière toujours plus vive.Dans ! ordre matériel, je n’étais encore qu'un morceau d’ivoire.Puis, l’heure de l’exécution a sonné.Les premiers morceaux se sont détachés du bloc.Dès que j’eus conscience, que de fois j’ai senti le cisçau frémir dans la main de mon auteur ! Mais il nie touchait toujours sans me blesser, sans m'infliger la plus légère meurtrissure.1 oi, écrivain, imagine que tu écris avec une plume d’or sur une pelure de japon pour l'impression immédiate et sans aucun droit de rature.Figure-toi ta crainte, tes hésitations avant de poser un mot.une lettre, tes scrupules, ta fièvre qu il te faut dominer au risque de fautes impardonnables.Supposons que dans ces conditions ardues tu réussises un texte parfait.1 u te représente l’énorme dépense nerveuse, la dépens de qualités morales que cette réussite exigerait ?L oeuvre d’art, par définition, échappe à la création spontanée.Elle «t le fruit d'un heureux mariage entre la disciplh» et le courage, le rêve et la technique.L rêve n’est qu’imprécision, fuite de fi» tomes sur l’écran de l’imagination, dè filé d’ images parfois charmantes, toujou.1 fugitives.C’est le mobile reflet de lainière dans une eau claire : il appar*?.et déjà il n’est plus.Eh I bien, ce rePet enchanteur et qui s'évapore si rite, !i connaissance de la technique donne !a moyens de l'immobiliser.Tels des mon magiques, des règles déterminées longtemps, permettent d'arrêter la beauté vagabonde, de l’incarner.— Oh ! tu sais, Pallas, mes comp* triotes n’ont jamais eu un vif souci d« la technique.A la vérité, je crois qui'» la méprisent un peu.Ils lui préfèrent "l’âme", c’est-à-dire le souffie, l’élan, l'inspiration.— Ce sont de grandes choses qu’ü « faut point calomnier ! Toutefois, le souffle, l’élan, l’inspiration, sous peine d>* vortement, doivent se soumettre aux loà d’un genre.Dès qu'il a entrepris la réa* lisation d’une oeuvre — qu’il rêve peut* être un chef-d’œuvre — les raisons dt se décourager et de tout abandonner ot lui manqueront certes pas 1 La matière ne se laisse pas vaincre sans résistance.Elle multiplie les obstacles et les t®* buchès.Le chef-d’œuvre est le résultat d une âpre lutte ; il marque une victoire.Remarque : le souffle, l’élan, iWj ration sont donnes à l’artiste.Mais ij acquiert la discipline et la technique, les acquiert par une étude courageuse, par un vouloir constamment tendu- " Pallas, tu parles beaucoup de discipline-Qu’entends-tu par ce mol ?— La soumission à de sages lois.Tou en ce moment, par exemple, tu écris, est cinq heures du matin : tu devras dormir.Ta conduite offense une w?< loi.Offense mineure, pourrait-cn dirt, I si le plus léger désordre n’était toujoun grave.I^e désordre ressemble à une tn* cade.Les premiers gradins.C1 sommet, sont polis et de médiocre Wf leur : on y rouie sans en éprouver « mal ; les autres gradins ont des vives et sont de plus en plus HauUj comment arrêter sa chute, comment nt point s’y meurtrir et finalement s y ^ Dans un tempérament un peu furt-désordre aboutit toujours à la foli*- 1 la mort.Et note que l’homme qu1 * désordonné commence rarement P*r ^ fautes éclatantes.Il s’y achemine lenteur, mais d’une marche inéluctaW comme celle des astres.— Mais, Pallas.t , -— Assez, pour cette nuit.Couche^ Je t’instruirai une autre fois, à une n*-* plus convenable.*— Je n’ai pas fini de t’interroger.— Et j’aurai beaucoup à t ense rît Jour de Pâques, 1937.Sévcrc COLU-fé H Î !jM*uMsasa 1 Montréal, samedi 4 décembre 1937 LC JOUR Page 3 THÉÂTRES, LETTRES ET ARTS >>v»v LA SCENE et L ECRAN LES CONCERTS SYMPHONIQUES Sir Ernest MacMillan La nombreuse assistance qui se pressait vendredi soir dernier au Plateau n’a, certes pas, été désappointée.Si l'on en juge par les manifestations du public le troisième concert de la Société a été le plus beau que nous ayons entendu cette ,arson.On pouvait prévoir aisément un tel succès par la qualité et la variété du programme, la personnalité si attachante du chef d’orchestre invité, sir Ernest MacMillan, et par les hautes capacités musicales de la très brillante pianiste, Mlle Gilberte Martin.Cet intéressant programme se composait, en premier lieu, d’un prélude et fugue en sol mineur de J.-S.Bach, originairement écrit pour clavecin et que lir Ernest MacMillan a transcrit en conservant scrupuleusement la tradition.Sir Emest a transposé le grand Bach à l’orchestre, sans heurt, en lui conservant toute sa beauté originale.Emest Chausson, que nous aurions lout intérêt à mieux connaître, fut l'un des plus remarquables compositeurs français de la dernière moitié du dix-neuvième siècle.Sa Symphonie en si bémol majeur, d’une inspiration si profonde et •i généreuse, nous a montré le rôle important qu’il a joué dans la musique française de son temps, Si, quelquefois, on sent cher, le disciple l’influence de Franck, Chausson n’en reste pas moins, par ses qualités personnelles et ses dons extraordinaires, un maître véritable.Il est regrettable que la mort soit venue trop tôt mettre fin à une si brillante carrière.La suite en trois mouvements, extraite du Tricorne de Mamlcl de Falla, nous a transportés dans une atmosphère bienfaisante de lumière, de couleur et de rythme.Celte partition semble contenir tout le pittoresque, le poétique de l’Espagne avec tout ce qu’elle a de vibrant.De Falla, dans ce ballet, a tracé, sans jamais s’éloigner du bon goût, de spirituelles et charmantes caricatures des principaux personnages d’un roman d'Alarcon.L'auditoire s’est laissé entraîner dans le tourbillon irrésistible qu’est cette suite éblouissante.L'excellent pianiste, Mlle Gilberte Martin, soliste invitée, a remporté un juste succès.Le très beau, mais très difficile Concerto de Sgambati n’a nullement clé un obstacle à sa brillante virtuosité.Sa sonorité fort jolie, ronde, fle*ible et variée et sa compréhension profonde de l’oeuvre ont fait 1 admiration de tous.Mlle Martin est, à mon avis, la plus musicienne de nos pianistes et il est très malheureux que nous l'entendions si peu souvent.Sir Emest MacMillan est l'un des fares musiciens à posséder une aussi vaste culture musicale.A son grand talent de chef d’orchestre il faut ajouter aussi, ceux d'organiste et de compositeur.De acs compositions déjà nombreuses, plusieurs arrangements sur des airs de notre folklore comme “à St-Malo Beau Port de Mer” et "Notre Seigneur Habillé en Pauvre" pour quatuor à cordes, dénotent ses dons réels de compositeur, la beauté et la distinction de son écriture.Remercions les Concerts Symphoniques de nous avoir redonné l’occasion d'applaudir un musicien comme sir Emest MacMillan.Gérald DANIS LA CAPITALE DE LA GAIETE ET DU CHIC AU CANADA La Terra*»* Normandie de l’hôtel Mont-Royal présente * MAURICE KT CORDOBA, danseurs célèbres dans le monde, arrivant directement d’Europe.* LES TROIS NONCHALANTS, ce trio de maîtres des trucs.* JEAN TRAVERS retenue à la demande populaire.* LORNA WOLFE charmante danseuse et le populaire martre de cérémonie * LLOYD HUNTLEY et son orchestre mettant en vedette * DALE SHERMAN * DON TURNER * PHIL BRITO * John McCullough Jnmais de /rat* ftUrs .F^hodes de gouvernement ?Non.Non.M.Calder n a ni demandé ni approuvé cela.C est la liberté de parole que M.Calder protège et défend.Et la liberté de parole c’est assez souvent, Jâ liberté tout court.M.Cfllder veut nous assurer à nous, à tous, pour demain comme pour dans vingt ans, avec toutes ses imperfections mais aussi avec toute sa saveur.la LIBERTE.notre chère liberté.Il veut que moi je me sente toujours le droit de différer d’opinion avec vous.Et vous le dire.11 veut la meme ch pour lui-même et pour vous.Et c parce qu’il nous invite à parta une opinion aussi raisonnable 1 l’on ’’abîme” M.Calder dans réputation ?D’autres — nombrei.— souti nent que le peuple n’est pas en < de juger et qu il vaut mieux fi échec à toute prédiction et à te propagande supposées novices.Pi que ceux-ci ont toute liberté de < que telle chose est mauvaise, pc quoi M.C.lder n'aurait-il pa: droit de soutenir la contre-partie de dire que la chose est bonne ?ne dis pas qu'il a raison quant à qu il dit mais je dis qu’il a raicon le dire.Sinon, où est la liberté 1 réclame pour M.Calder le droit nous faire connaître son opinion de rester quand même et en rat temps de "la famille".Soyons justes.Gardons aux n leur sens véritable.N’allons pas t d un homme qu’il est un commun (une injure dans Québec) parce q entend combattre le communisme la manière qu’il croit la meilleure qui n'est pas la nôtre.Et surtout, n’allons pas < qu Ivanoff a poussé son mulet botter Hubcr.Pauvre Ivanoff.Suggestion: Un abonnement au "JOUR”, pour Noël, serait un Montréal, samedi 4 décembre 1937 LE JOUR Page B ;aux quatre coins du monde; Le RACISME et la .LIBERTÉ SPIRITUELLE Les persécutions religieuses en Allemagne, le conflit aigu surgi entre le National-Socialisme et.le Saint-' Siège sont de nature à susciter la curiosité inquiète de tous les hommes ^ Que se passe-t-il donc dans le Reich ?La lutte entre Hitler et le Pape n'est-elle au'un épisode politique ?ou bien le .îouveau kultur-kampf a-t-il ses raisons profondes dans la doctrine même des Nazis ?Le fait qui s'impose d'abord, c'est la série des procès à grand'tapage qui ont été ouverts par la justice allemande contre des Catholiques, et spécialement des prêtres.En général, ce sont de véritables fournées que l'on précipite vers le box des accusés.C'est ainsi que l'an dernier un 'procès sexuel monstre' .été engagé à Coblentz contre deux cent soixante-sept pères Francisc'ins, inculpés d’attentats à la pudeur sur des mineurs confiés à leur g .de.On se rappelle, d’autre part, les procès des "voleurs de devises”.Il a aussi les procès à tendance puren ;nt politique, ceux où l’on évoque le "délit d’opinion".C'est à cette dernière catégorie j qu’appartient la récente "affaire Ros-saint", ainsi appelée du nom de son principal protagoniste, ?à à L’Abbé Rossaint, et quelques autres prêtres rhénnn.s comme lui étaient accusés de préparation^ de complots contre la sûreté de l'Etat, tous prétexte qu’il y avait eu, entre 1927 et 1933, certains rapports entre les organisations catholiques dirigées par ces prêtres et les militants communistes qui fourmillent dans les districts industriels de la Rhénanie.En réalité.1 Abbé Rossain'.était du nombre de ces apôtres courageux qui veulent mettre en pratique la consigne de Léon XIII : "Sortez de la sacristie".?* * Il est indéniable, et lui-meme l'a reconnu, que l’Abbé Rossaint a cherché à entre* en contact ave; ses adversaires m.ixistes.Son bi t était de ! montrer par des conférences contra-'•diefoires que la doctrine sociale de /'Eglise est beaucoup plus libérale pour les travailleurs que les socialistes l'Eglise ne l'imaginent ; et aue, si l'Eglise est intransigeante sur le terrain des doctrines, elle n'a que charité et indulgence pour les personnes.Sans doute aussi, les prêtres rhénans ont-ils manifesté, sans faire à oroprement parler de la politique, des tendances libérales qui ont attiré la suspicion et la vindicte du futur maître du Reich.?Quoique les faits qui leur étaient reproches se fussent passés dans le secteur de Diissclforf, les inculpés ont été jugés à Berlin : ce qui prouve le désir du gouvernement de surveiller de près cette affaire et d’attirer l’attention du grand public berlinois.L'affaire a été déférée au Tribunal du Peuple (ou "Volksgcricht Dans une telle salle, on chercherait vainement un crucifix ou même une •mage plus ou moins symbolique évoquant dame Thémis : l'ombre de Hitler et sa discipline totalitaire planent seules sur le prétoire.Comme il fallait s'y attendre, malgré les dépositions favorables et courageuses de la plupart des témoins démontrant que les relations des prêtres avec les Communistes n'avaient aucune portée politique, de graves condamnations' ont été infligées.L'Abbé Rossaint.notamment, a été condamné à onze ans de travaux forcés.11 faut dire aussi que ce procès qui sommeillait depuis deux ans, a été brusquement porté à l'audience au mo.s d’Avril dernier, quelques jours après l'crc/clique d-* Pie XI “M;t Bremendcr Sorge', qui est datée du ’d Mars 1937, et qui a été lue daiv> les églises allemandes le Dimanche de ia Passion, av?rf que la polut n’ait eu vent de cet envoi "séditieux’.Des que la chos.* a été connue, ce fut qu’un cri de furerr dans le pa’ti nazi.Et le procès Rossaint semo e bien avoir été monté en épingle comme représailles.On ne pourrait expliquer autrement le grand tapage qu’en ont fait les journaux du Reich, commentant journellement cette affaire en lettres grasses, en première page, et assaisonnant leurs récits d'ironie et d’insultes grossières à l'adresse des Catholiques.J'ai questionné de hautes personnalités nazies sur la politique du régime vis-à-vis du Catholicisme.Voici à peu près leur thèse : Nous ne voulons nullement, disent-ils, chercher querelle à la religion catholique.Nous avons aussi arrêté et condamné des Protestants qui le méritaient.Nous avons même jugé et condamné des Nazis, quand l'occasion s’en est présentée."Ce que nous voulons uniquement, c'est élever le niveau moral de la nation et, pour cela, épurer chaque milieu de tous les éléments Indésirables qui risquent de le gangrener."Nous n’en voulons nullement aux Catholiques Allemands en général, qui conservent pleinement leur liberté de conscience.Mais, en revanche, nous n’admettons pas qu'un souverain étranger, en l'espèce le Pape, vienne se mêler de nos affaires ei^ condamnant notre idéal et en prétendant garder une juridiction sur la jeunesse allemande dont il ignore, du reste, la psychologie et les besoins profonds."Nous autres, nous savons cc qu'est l'âme allemande, ce qu’elle recèle de grandeur, de force, de pureté, à condition de la diriger suivant ses aspirations raciales."A ce sujet, vous pouvez déjà cons" tater les résultats acquis en qtiptre ans seulement.Du temps du Chancelier très camolique Briirr'ng, alors qu\u sein des partir» issus de la honteuse république de W e i ai a r, le "Centrum" triomphait grâce à sa collusion avec la Sozial-Democratie (c'est-à-dire avec les marxistes), les jeunes Allemands étaient tristes, les moeurs devenaient révoltantes, dans les rues de Berlin, le vice s'étalait cyniquemnt."Aujourd'hui, nous n’allons pas à la messe, mais nous croyons sincèrement dans le Dieu qui protège l’Allemagne.La propreté règne partout et notre jeunesse est, sinon riche, du moins travailleuse et saine, fière d'appartenir à une race épurée, consciente de la puissance féconde que nos traditions germaniques, enfin retrouvées, vont nous permettre de rayonner par le monde”.* * * Bien entendu, j'ai voulu contrôler par moi-même ce tableau et cette thèse, qu'une propagande remarquablement orchestrée présente à tout venant, Que la jeunesse du Reich soit ardente et militante, c'est incontestable.Jeunes gens et jeunes filles, pour la plupart militarisés ou fonctionnarisés, semblent heureux de "servir".Ils le font avec enthousiasme, souplesse.— sans cette raideur, cette morgue qui caractérisaient le caporalisme de l'Allemagne impériale.Cette jeunesse est forte et parait sincère.Et c'est pourquoi elle peut constituer demain un grave danger pour l'Europe.* * * Mais les plus de trente-cinq ans n'ont sans doute pas pu sc conformer avec la même souplesse à cc nouveau régime, — régime qui, au reste, loin de leur donner les prébendes souvent réservées aux jeunes, les laissent plus appauvris qu’avant.Ils se savent surveillés.épiés, dans leurs pensées, leurs actions, leurs lectures, et jusque dans la destination de leurs aumônes, par mille yeur embusqués dans tous les coins.* * * Si lcn se reporte aux écrits de Hitler et des théoriciens et juriste?qui l'entourent, on comprend pourquoi et comment le Racisme constitue la dictature la plus jalouse et la plus tyrannique qui soit, — comment, après avoir expulsé les Juifs et les Communistes, le régime considère l'Eglise, ce refuge de toutes les vraies libertés, comme l’ennemi public numéro Un.é * * On sait que le vieux pangermanisme allemand a trouvé sa nouvelle formule dans le “Mythe de la Race et du Sang”.Cette mystique d'une race pure, spécifiquement allemande, inspire toute une législation, notamment la loi sur la stérilisation, et la loi sur la "profanation du sang", aux termes de laquelle est considéré comme un crime le fait, pour une femme allemande aryenne, d’avoir des relations avec un Juif.Les savants allemands s’évertuent ï créer toute une encyclopédie sur ce qu’ils appellent la "science des races".Us veulent démontrer que les lois éternelles de la nature ne con-qui est sain, et non point de ce qui naissent que la conservation de ce est malade.Ils travaillent au rebours de l’Humanisme.lequel propose à notre culture l'étude des caractères généraux de la personne humaine, de ce par quoi tous les hommes sont susceptibles de se comprendre, car ils sçnt tous créés, nous dit la Genèse, à l'image de Dieu.* * * Le Racisme, au contraire, s'enferme jalousement et volontairement dans son particularisme national.Il estime que même les sciences exactes :t objectives telles qu’elles nous paraissent à nous, Latins, se trouvent conditionnées par le caractère national et racial.D'après le professeur Stark, “l'atome aryen ne ressemble pas à l’atome juif".L’élimination de tout ce qui n’est pas proprement aryen est telle que, récemment, au vu et su du gouvernement du Reich, et peut-être sur son ordre, la statue du grand compositeur Mendelssohn à Leipsick a été détruite.?* * On conçoit qu'après avoir germanisé la science, l'art et la littérature.Ic Racisme se devait de germaniser la religion.Le Christianisme lui est supect sous prétexte qu'il vient d’Orient.Et à cette tare fondamentale, le Catholicisme ajoute, pour eux.le grave danger d'étre entre les mains, prétendent-ils, d’une puissance romaine, donc étrangère.Mais la déchristianisation systématique à laquelle nous assistons en Allemagne semble s’être faite en Les PETITS POTINS du Sport Un amateur de hockey trop ardent vient d’etre condamne à vingt dollars d amende pour avoir lance une bouteille *ur la glace au cours d’un match Détroit-Canadien au Forum.Cette sentence, si sévère semble-t-elle ftre, sera de nature à refroidir l’enthousiasme des spectateurs tentés d’imiter ce geste.Il est probable que le coupable n'avait aucunement l'intention de blesser un joueur: lui-même explique geste en déclarant qu’il était si heureux de voir son équipe favorite triompher qu’il n'a pu s'empêcher de manifester ainsi sa joie.C’est la raison pourvoi l’amende imposée n'a pas été plus élevée.L'an dernier, un joueur des Maroons fut ainsi blessé à la tête par une bouteille de Coca-Cola lancée par un trop bouillant partisan.La victime sc ressentit durant toute la saison du choc reçu près de la tempe.11 arrive également trop souvent que des sous soient Projetés sur la patinoire, au risque d’as-'ommer les athlètes en lice.La direction du Forum agit sagement en pre- nant les mesures propres à apaiser ccs instincts dont font preuve certains "clients".la condamnation imposée par la Cour servira d'exemple salutaire et contribuera à faire régner le bon ordre au cours de ces événements sportifs.?LA VILLE DES SPORTS Jack Dempsey, ancien champion du monde poids lourd, déclarait aux journalistes, au cours de son passage parmi nous, que Montréal est l’une des villes les plus sportives et que toute bonne attraction y remportera toujours un succès.Cette assertion est prouvée chaque fois que le Forum offre à sa clientèle un gala athlétique.11 en est de même pour les parties de hockey où s’opposent deux équipes ardentes.Dans le domaine de la lutte ou de la boxe, tout programme bien agencé rencontrera les faveurs du public.Depuis que le Forum est pratiquement le centre de l’activité sportive de quelque envergure, Montréal pourrait faire envie à des grandes villes.Donnez aux Montréalais un régal sportif et jamais ils n’hésiteront à débourser la somme requise pour y assister.Par contre, la plus habile publicité ne fera jamais gober le chiqué trop évident comme on en voyait dans le passé.REMANIEMENTS Les équipes de hockey appartenant à la N.H.L.effectuent déjà des remaniements qui s’avéraient nécessaires.Rien ne sert de garder dans une équipe un.joueur nonchalant ou trop craintif.Ces indésirables ne font qu’affaiblir le jeu d’ensemble lorsqu’ils ne sont pas responsables des défaites.C’est ainsi que Joffre Désilets, du Canadien, est envoyé aux clubs mineurs, Désilets, un superbe patineur possédant un lancer foudroyant, ne semblait vraiment pas donner le rendement qu’on attendait de lui : de plus, i! paraissait craindre la mise en échec trop rude.On l’a remplacé par Mancuso, un jeune qui promet.Ce renvoi sera propre à stimuler ceux qui jouent trop négligemment.Avec un peu plus d’expérience dans un circuit où le jeu est incontestablement plus rude, Dé-silets aura la possibilité de s’améliorer pour revenir peut-être bientôt porter .[’uniforme des Tricolores.La rumeur veut que deux ou trois autres joueurs soient prochainement congédiés, soit pour cause d âge, ou pour inexpérience.Ce que les amateurs de hockey veulent, ce sont des jeunes joueurs aguerris et capables de donner ce que l'on est en droit d’exiger d'eux, de l’action, de la vitesse, et surtout, l'ambition de vaincre.deux temps.On a commencé par faire une distinction entre cc qu’on appelle là-bas le Christianisme négatif et le Christianisme positif.à tt h Le nouvel évangile du Reich s'appuie donc sur la lutte, l’effort, — mais répudie l'humanité, la douceur, la résignation.Une religion qui comme la religion catholique romaine, est précisément à base d’acceptation et d'humilité, n'a pas, aux yeux des dirigeants du Reich, le dynamisme nécessaire pour perpétuer la révolution raciale qui est le fond de leur doctrine.Elle ne sait pas haïr ceux qui ne pensent pas comme elle, et par conséquent, elle avilit le ressort des jeunes Allemands.Il faut donc à tout prix extirper de leur coeur ce ferment de stagnation.* * ?Mais le Racisme va plus loin.A-près avoir dépouillé la morale chrétienne des vertus qu'il ne considère pas comme spécifiquement allemandes et suffisamment dynamiques pour l'idéal qu'il sc propose, - il enlève du Christianisme le Christ lui-même, le réduisant tout au plus à la valeur d’un héros, quelque peu déséquilibré d’ailleurs, et qui ne saurait sc comparer au grand prophète qui conduit les destinées du Reich ! On lit notamment dans le "Durchbruch" cette phrase blasphématoire : "Comment oser comparerait "Christ qui n’a jamais rien fait pour "l'humanité notre Führer qui nous a "sauvés ?* * * C’est une sorte de nouveau messianisme dont se réclament les hommes du Ille Reich.Comme leur prédécesseur Hegel, ils C3timent que ce sont les Germains qui sont prédestinés à 1?.propagation de la vérité chrétienne, mais une vérité revue et corrigée par le tempérament de la race élue.* * * Il est curieux et comique parfois de voir à quel point l'Ancien Testament .est corrigé et interpôlé par les professeurs Nazis.On n’en livre que des "extraits prudemment choisis" pour servir à la contribution des études raciales.De même, dans le Nouveau Testament, l'Evangile de Saint-Jean est purement et simplement condamné, car toutes scs pages sont une démonstration trop évidente de la divinité et de l'amour du Christ.On se contente des Evangiles Synoptiques abrégés et corrigés.Comme le prescrit une circulaire de M.Frcy-berg, ministre d'Anhalt : "La personne de Jésus y devra être "représentée comme le héros intrépide "combattant pleinement toute hypocrisie religieuse, comme celui qui sc-"court et console tous ceux qui sont "dans la peine et dans l’accablement, "l'ami des enfants.En outre, il con-"viendra constamment de signaler la "lutte implacable de Jésus contre l'es-"prit Juif.On conclura de là que Jé-"sus n’a pas non plus appartenu par “sa race au Judaïsme." A ?A Mais l'histoire de Jésus, même réduite à celle d’un héros humain, est c.icore trop hétérodoxe pour rici .s du Racisme.C'est les théovers les vieux mythes nordiques et mythologiques qu’ils engagent les professeurs et les littérateurs à sc tourner.Puis.enfin, allant jusqu'au bout de cette épuration, les Nationaux-Socialistes, après avoir nié le Christ, tendent à nier l'immortalité de l’âme, et jusqu'à la raison humaine.On lit dans le livre de M.Hans Johst, président de l’Académie des poètes du 11le Reich, cette cxcla.-.ition : "Des soldats d’abord ! Les soldats "créent le fait ! L'homme n'est pas "esprit, mais viande et sang.Les lois "de la vie ne sont nas spirituelles, "mais sanglantes.Quand j’entends "parler de la raison, je tire mon "revolver".* * * Bien entendu, pour faire triompher de pareilles doctrines, qui s'adressent non seulement à l’extérieur de l'homme, mais à sa sensibilité et à son intelligence, quitte à faire sombrer t ic dernière, il faut s'emparer de la jeunesse et réaliser une éducation strictement totalitaire.* A A Comme dans toutes les nations totalitaires, l’instruction et l’éducation constituent la principale préocupntion di Reich.Voici cc que déclarait Hitler à la jeunesse, aux journées nationales de Nuremberg, en 1935 : "Nous avons entrepris de faire "passer le peuple d’Allemagne par "une école nouvelle, de lui donner "une éducation qui commencera dès "L jeunesse et ne s’achèvera jamais."A l'avenir, l’homme jeune passera "d'une école dans l'autre.La forma-"tion commence à l’enfant : elle finit “au vieux militant du mouvement.Pas "un Allemand n'aura le droit de dire "qu'il y a pour lui un moment de la "vie où il lui est loisible d’être abandonné à lui-même"., * * * C’en est donc fait là-bas, si le régime sc maintient, de toutes les libertés.Et où sera, dans ccs conditions, la solution du conflit aig.i surgi entre le gouvernement et l'Eglise ?Sa Sainteté Pie XI ne pouvait pu ne f es faire le geste qu’ElIc a fait en rédigeant son encyclique aux Catholiques Allemands.Elle y rappelle toutes les vérités du Christianisme ; et clic constate implicitement, non sans douleur, que les doctrines racistes en sont exactement, en tous points, le contrepied et la parodie.Ou bien le Racisme s'échouera contre ce roc, cette force spirituelle Inébranlable.Et avec elle foutes les libertés spirituelles et intellectuelles reprendront droit de cité.Ou bien il s’amendera avec souplesse pour redonner aux Chrétiens une liberté effectue et notamment scolaire, qui n’existe que sur le papier Ou bien son Kulturkampf va continuer et fatalement s'accentuer, et nous assisterons alors à des persécutions terribles.Car II y a une minorité de Catholiques Allemands qui semble bien décidée à la résistance.Mais le Saint-Siège a connu d’autres tempêtes.Roqer de SAINT-CHAMAS ivocal à la Cour de Paris.Les revendications coloniales allemandes Cette question, délicate par tout cc quelle implique, est de nouveau à l’ordre du jour.Il y a longtemps qu'on en parle à mots couverts, et, si l'on sc décide maintenant d'en discuter le principe, c’est que les choses et les événements ont évolué, et que 1 on n’est pas loin d'en discuter des modalités.Mes lecteurs de l Ordre et de lê Renaissance se rappellent peut-être que j'avais, il y a trois ans, mis en garde contre cette politique de renoncement et d'abandons progressifs qui devaient fatalement amener l'Allemagne à réclamer chaque fois davantage, aussitôt une concession accordée.J'avais souligné le fait, lors de la réoccupation de la rive gauche du Rhin, nu moment où Hitler déclara avec son emphase coutumière qu’il renonçait à toute ambition coloniale e t qu’il était prêt à collaborer an maintien de la paix, j’avais fait remarquer à cette époque, que l’Allemagne procédait par mouvementa progressifs, par étapes savamment étudiées.Chaque concession la rendant, non pas seulement plus forte, mais aussi plus dangereuse et plua arrogante, c’était une erreur de lui accorder quoi que cc fut, Non pa* qu'il y ait là une Intransigence Innd-missiblc, mais simplement une marqua de bon sens acquis par la constatation des faits.Les événements sc sont chargés dt montrer la justesse de ccs prévisions.On a vu la dénonciation unilatérale des traités, entre autres celui de Locarno.le réarmement, masqué de prétextes divers, le grignotage de Dantzig.et enfin les revendications coloniales, toujours aussi discutable* qu’au lendemain de la guerre, sinon phis, en raison de la restauration progressive de la puissance militaire du nouveau Reich.Si l’on se place au point de vue é* Sirius, certes, les revendications allemandes sont parfaitement défendables.Mais pour l'homme qui a Je* deux pieds sur la terre et qui n’a pa* envie de les mettre dessous, Il y a quelques objection*.La principale est celle-ci : le retour des colonies n'aiderait nullement à la prospérité matérielle du Reich, et cela en raison de leurs caractère* géographiques et de leurs ressource* naturelles.Mais d’autre part ces colonies, située* à des points stratégiques, deviendraient bien vite des bases militaires ou navales susceptible* de compromettre l'équilibre mondial.Il ne faut pas oublier que, depuis I* conquête de l'Ethiopie par l'Italie, la situation est suffisamment changée, pour que la moindre addition territoriale à une nation de proie devienne un véritable danger.Et d’ailleurs, s’il n'y avait paa d'arrière-pensées belliqueuses dans ces revendications, l’Allemagne n’insisterait pas tellement et l'Italie n’aurait pas l’insolence de prétendre dicter à ses anciens alliés une politique funeste à tous les égards.REOLfMINT • • 14 CIRCULA H» 111 // LES PROBLÈMES âT)ïûliC DANS LES GRANDES JjTÉS, f) remontent à la plus haute antiquité.Rome tous les César t —Londres sous Charles H—toutes let villes importantes—durent en chercher la solution.TOUTEFOIS.aucune «Je* grande* ville* «le* temp* an dec* ne connut une circulation #umî i n'ente que «Ile qui eor.gettionne te* artère* principle* de* métropole* moderne».Et même aujourd'hui, il t*i peu de grand* centre* qui, comme Montréal, doivent de plu» aurmonter le* difficulté* oceauonnée* par le» rigueur» de l’hiver et le* c6te* nombreux*.L* »tricie obtervation de* règlement* de la circulation, te!» qu'élaboré* pour l'avantage de tou», réduirait au minimum le* retard* et le* danger* qui menacent tous le* «nager* de la rue.Le* rue* aont centée* aervir k la libre circulation de tout le monde, et quiconque interrompt inutilement cette circulation accroît le» risque* d'aaùdenl» et nuit à »e» concitoyen*.QUAND LES VOIES SONT LIBRES, «00/100 USAGERS QUOT1-DIENS DU TRAMWAY PEUVENT VOYAGER SANS RETARD Qaand ovtr-von* la la dtrnikrt /ai»—ou mSmt /«a rrvtt-vout /a maii tu» — /«* rè* gltmtnl» dt la circulation d» Montréal ?TRAMWAYS V cadeau recommandable — et plus qu'apprécié pzr vos amis!! Page 6 LE JOUR * Revue Financière et Economique /mrC.-E.BILODEAU L'inflation monétaire Nombre rie vent croient que nom pouvons échapper sus cosvcqucrr.ev e*.danger» de l'inflation mortuaire.Il» admettent que celle même inflation e*,t provoquée par un facteur unique, à tavorr, que les gouvernement» dépentent p!ui qu'il» ne peuvent percevoir en impôt».F.n d'autre» Urrnei.il» reconnaittent que le» déficit» »ont de» »rmencei d’inflation monétaire, Cependant, il» ne »e préoccupent pa» outre me*ure de 1 accumulation de» déficit», parce qu'il» vont d’avi» que le chômage et le» dépente» encourue» pour y remédier vont la cauie fondamentale de ce» même» déficit» et qu, la rrpriie de» affaire» fera disparaître I» raiton de tel» débour»et.rapportera de» frvenu* plu» élevé» et permettra aux gouvernement» de rembourter une partie de leur» dette* jugée» trop con»idérable*.Nou* entretenom couramment l'e»poir qu'un jour ou l'autre nou» trouverons le moyen de aortir de ce bourbier.Mai» cet espoir eat-il ba»é »ur quelque chote de tangible ?L’histoire est un.éternel recommencement.La France rengagea »ur le chemin de l’inflation monétaire en accumulant d’énormet déficits que l’on disait être encouru» au service d une bonne caute.De vaste» superficie» de territoires avaient été dévastées et de nombreux édifice» démoli» au cours de la guerre mondiale et il fallait reconstruire.]jt public encouragea le gouvernement français dans la voie de la reconstruction, croyant qu'un jour la France percevrait les frai» de réhabilitation, sou» forme de réparations à être versée» par I Allemagne.I*» citoyens’ français vécurent donc dan» l'expectative d'une disparition des déficit» par le» perception* des réparations de guerre.Ces espoir* furent malheureusement déçus et le gouvernement français s’est vu depuis, en deux circonstances différentes, dan» l’obligation de répudier sa dette de guerre.De* millier» de per»onne».en Amérique, entretiennent de pareil» espoir».I out comme les espérance» des citoyens français furent de» plu» vaine», de même le seront celles qu'entretiennent des millions d'individus sur ce continent, qui anticipent qu’une diminution dan» le» allocation* de chômage signifiera une grande économie pour leur» pay» re*pectif«.Pourquoi ?parce que, même quand le» allocation» de chômage auront été diminuée», nou» seron» témoin» d’une augmentation dan» les dépenses ordinaires, augmentation qui sera tout aussi considérable sinon supérieure à la diminution qui aura été ^enregistrée.On économise d’une part pour dépenser plu» ailleurs.C'est une vieille histoire qui it répèle, mai» malheureusement pour nous tous, ce n’est pa» une solution réconfortante.Plus on restreint le»
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