Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 2 juillet 1938, samedi 2 juillet 1938
Ière ANNÉE No 42 S CENTS 2 juillet 1938 i; moi?" Plus loin, le jeune homme affirma: “Qua-tre-vingt-dix /tour cent des étudiants (de l'univereité de Montréalj sont de mon opinion Celte interview, que je traduis le plus fidèlement poesihlc, a paru dans le h'rca Press du 21 juin dernier.Je Ja trouve tellement typique de la sottise d’une partie de notre jeunesse, abêtie par un enseignement de maîtres ignorants ou égoïstes, que je la livre à la réflexion de tous ceux qui, chez nous, pensent et réfléchissent.C'est une vantardise à la Tartarin que d’attrihucr à des idées de ce genre un appui de 90 pour cent des étudiants.On ne nous fera jamais croire que les jeunes gens qui fréquentent la grande institution canadienne-française de Montréal sont presque tous des idiots.Simplement, les êtres normaux ou non déformés, qui s’y trouvent, sont force» de se taire pour ne pas nuire à leur carrière.Mai* il se peut que la majorité des étudiants soit contaminée par un enseignement qui, depuis plusieurs années, s’est efforcé de chauffer à Wane un nationalisme outrancier, des préjugés farouches et la haine de tout ce” qui n’est pas spécifiquement crétin.he séparatisme n’est pas né d’une génération spontanée, comme l’a dit quelqu'un.ÏI a été cultivé par des personnages assez nombreux, qui avaient de l’emprise sur les enfants et le» adolescents et qui «avaient ce qu’ils faisaient.Ils ont réussi, par des tactiques coupables et antipatriotique», à •emer ohez les jeunes le mépris de leur propre pays, le Canada.Ils ont battu en brèche toute tentative d’unité canadienne ; il* ont découragé le mouvement de bonne entente en faisant de l’ironie avec le mot bonententiste”, qu’on lançait comme une Injure à la face des hommes de paix et de bonne volonté ; ils ont plaidé pour le rapetissement de la patrie, alors que tous les peuples fiers et normaux cherchent à s’a-pandir au lieu de se diminuer ; ils ont 'ouiu que l'on formât, ici, un petit nationalisme provincial précurseur d’un pays faible et miséreux, un de ces pays qui, comme certains de l’Europe, sont «an* cesse entre l’enclume et le marteau et attrappent lous les coup».Ils ont fait ça, eux, parce qu’ils croyaient nabi le de couper les contacts entre Canadiens français et Canadiens d’une autre orjginc : il* se «ont imaginé qu'ils garde-faient le troupeau plu» sc-inii.», plus -ain.plus profitable, s'ils l’t ¦mpêchaient «Je 6 r" ciairer à d'autres flambeaux que les leur»., -'vez-vous suivi le raisonnement du jeune etudiant?Il dit: “.Nous n’avons pa* de fctands banquiers, donc séparons-nous ! Nous *|on« beaucoup d’affiches anglaises à Mont-t^al.donc séparons-nous ! Nous n'avoii* pas •«scr de Canadiens français aux po.-tes de ^tnniandc du port de Montréal, donc sépa- JOUR Indépendant politique, littéraire et artistique Directeur: Jean-Charles Harvey Administration cl réduction.180, rue Stc-Catherlnc est * ' I I).Montreal — Tel.*|»L.8171 L âne instruit On *c souvient «ans doute de ce jeune balle de l’Université de Montréal, uit dé-pomme Guy qui, un jour de l’automne dernier, envahit l’hôtel de ville avec une tourbe d’éphèbe* hurlants et inconscient» pour aller menacer le maire d’une émeute s’il permettait la tenue d’une certaine assemblée dans la métropole.Ce même jeune homme, qui K rulh»tituait alors à la loi du cadenas et sc rendait impunément coupable d’intimidation ct d'incitation à l’émeute, acardait récemment à un journaliste du Free Press, de Winnipeg, M.J.B.McGeachy, une interview dont \oici la substance: ‘•„M.Guy est séparatiste, écrit McGeachy.]| croit en un Etat canadicn-frunçai» sé'pnré nir les bords du Saint-Laurent.Cet Etat pourrait bien déborder les frontières du Québec, pense-t-il: “Ucs province» maritimes seront françaises dans cinquante an», si on en juge par les statistiques de» naissance».” Je lui ai demandé s’il pensait possible le maintien d’un îlot français dans un continent peuplée par 125,000,000 d’hommes de langue anglaise.“Pourquoi pas?” répondit-il.“C'est ce que nous faisons maintenant.” “Votre Etal séparé fera-t-il partie ou non de l’Empire britannique?” demandai-je.“Il sera ce qui fera notre uffairc,” dit-il.“M.Guy pense que les Anglo-Canadien* n'ont pas été justes ou généreux dans la reconnaissance des droit* du bilinguisme.” “Cette eité est nôtre, dit-il, en parlant de Montréal.Nous sommes ici la majorité.Descendez rue Sainte-Catherine et dénombrez les enseignes en français.Combien y en a-t-il en anglais?Si je vous donnais un “nickel” pour chaque* affiche anglaise ct que vous m'eu donniez un pour chaque affiche française, je vous devrais, à la fin, pas mal d'argent.C’est ce qu’un Canadien français peut difficilement avaler,” Je lui fis remarquer que Montréal, en maints endroits, me paraissait une ville entièrement française.” Quelque» rues peut-être, dit-il.Mais visitez les bureaux de direction des banques?Combien a-t-il de Canadiens frunçais?Allez dans e port de Montréal: tous les hommes qui y manient le 'marteau et la scie sont des Français.Qui h le» bons emplois?Des Anglais.” “M.Guy m’a questionné sur l’Ouest.“Est-ce qu’il y a beaucoup d’étrangers lA-bas?” Je lui dis: “Nous sommes lous dos étrangers, naturellement, puisqu’il n’y avait personne Il y a soixante ans.” “V a-t-il beaucoup d'Allemands?” “Quclqucs-um,” «lis-je.“Beaucoup de Français?” “Un bon nombre,” dis-jc.'“Est-ce que le français y est beaucoup parlé?” “Pas beaucoup.” “Vous voyez par là, dit-il, que ce grand Canada à nous ne nous intéresse guère.Qu'est-ce que signifie Winnipeg pour LE BOURRAGE EN SÉRIE r*.\ r - m 1 -v.,; ,u lU .Kj'r.•*v îm * / Science en M ou «onmvu Intellectuelles ^ m*a oHs&V Avec le Sourire BILLET M.Taggarth Smyth voit juste Nous n’avons pu souligner aussi tôt que nous l’eussions vouki l'intéressante conference prononcée devant les membres du club Rotary par M.Taggarth Srnytli.vice-président et directeur général de la Banque d'Epargne.Après avoir rappelé ce qu’était à Rome le titre de citoyen, le conférencier évoque les responsabilités civiques qui nous incombent, puis il cite des faits qui ne'sont pas à l’honneur des citoyens de Montréal: "Nous fermons les yeux, dit-il, devant les faits les plus tristes.L'un d’eux, certainement le plus grave, est que notre système administratif fait complètement défaut".M.Smyth touche du doigt la plaie qui fait que Montréal, "la plus belle ville et la première du pays par sa position géographique, par ses facilités, son port, ses beautés naturelles", est en train de perdre son rang de Métropole du Canada, ct se trouve supplantée par des villes moins avantagées qu'elle sur bien des rapports.11 faudrait un changement de système.I! faudrait encore réduire les dépenses.Enfin, il faut considérer que, commercialement, nous avons été devancés par notre plus proche concurrent.Montréal doit garder son rang! "Montrons au reste du pays que nous ne sommes pas encore vaincus! Que nous pouvons encore relever la tête et exécuter de vastes choses.Il nous faut dire au reste du pays que Montréal est loin de la banqueroute et que nous avons la ferme détermination d'honorer nos obligations dans leur totalité et qu’enfin nous ne considérons pas ici un contrat comme un simple feuillet de papier."C’est pour nous un devoir impérieux." ?Le Jour présente.Un nouveau caricaturiste, en la personne de M.S.Field.Soucieux d’offrir toujours à ses lecteurs les meilleures caricatures de la presse canadienne.notre journal vient d'adjoindre à son personnel un nouvel artiste, qui.en plus de bien connaître son dessin, possède un sens vif de l'humour.Inutile de dire que notre populaire John Collins reste notre caricaturiste en titre, ct que nous nous ferons un plaisir de présenter au public le meilleur de la production du vigoureux Henri.rons-nous ! W innipeg n’est pas a**ez cana-(lien-français, donc séparons-nous !” Quand les lecteurs du journal dç l’Ouest liront de pareilles elioscs et qu’il» apprendront que cela vient d’un étudiant qui a dix ou quinze ans d’école dan* le ventre, ils auront le droit de penser que maintes institutions de chez nous «ont propres à former bien de* âne» instruits.Il n’existe peut-être pa* au monde autant d'usine» de déformation que dans la pro-vi|j,-p de Québec.C'est à faire pleurer.Et ra fait rire aux larmes tou* ceux qui, du dehors non* regardent.Jean-Charles HARVEY» Le pape contre l’abbé Groulx Cache-loi bonheur Il sera dit que le patriotisme le plus large nous viendra de Rome.La papauté est une institution universelle.L’Eglise est tout le contraire du nationalisme étroit.C’est pourquoi, dans son message aux Canadiens, à l'occasion du congrèseucharistiquc de Québec, Sa Sainteté Pie Xf a prononcé ces paroles significatives: “Nous implorons tout' spécialement pour le peuple canadien, dont le pays accueille tant d’hommes de nationalités et de races différentes, les dons de paix, d'iinité ct de charité." Le Souverain Pontife ne s’est pas adressé à la Liurcntie.Il n'a pas parlé d'un Etat français.Aurait-il eu vent, par hasard, du fameux discours que prononçait à Québec, au Congrès de la langue française, notre illustrissime abbé Groulx?Avait-il lu les Orientations?Avait-il pris ses Directives?Dans tous les cas.voilà bien les Laurentienx ct les groulxistcs dans de mauvais draps: ils ont le pape contre eux.Rome sait fort bien ce que signifie le racisme et la politique nationaliste qui s’y attache.Les forces spirituelles s’affaiblissent par les chicanes, les rancoeurs ct les haines entre peuples et nationalités.Les catholique*, divisés sur les questions raciques, se heurtent les uns contre les autres.Ailleurs, des races non imbues de christianisme (chez les hitlériens, par exemple), reviennent au paganisme des barbares sous prétexte de purifier le sang et l’idée nationaux.Tout cela est non seulement anticathoh’que, mais antihumain.L’Eglise tend à l’Unité entre les peuples et les nationalités.?Les Aryens et les nègres Hitler.Gocbbels ct Georing étaient aux écoutes, la semaine dernière, quand le speaker américain, du stadium de New-York, s’apprêtait à donner les résultats de la bataille entre l'aryen Schmeling et le noir joc Louis.Les Allemands étaient sûrs de la victoire de leur homme.Adolph, qui se glorifiait d'être J’ami du boxeur blanc, le pur sang Allemand, se frottait d’avance le* mains d’aise, car il savait, lui, qu un hotnmc de sa "race allait prouver au monde la supériorité de l'Aryen contre le nègre.Il en était même à désirer, à ce momcnt-là, que ce fût un juif, car il aurait eu un argument nouveau pour démontrer l’infériorité des sémites et sévir plus rigoureusement encore contre eux.La cloche sonne.Les deux gladiateurs s’affronte.Le noir se précipite.Bina ! Bang! Le blanc recule contre les cables.Un coup à la mâchoire.Puis d'autres coups, formidables.Une première chute.Hitler pâlit "Diable! diable! Qu'est-ce que ça veut dire-’ J avais pourtant prouvé, dans mon fameux livre, que les Aryens étaient supérieur." Schmeling sc relève.Et bing et bang1 G.oc-ring ct Gocbbels sc regardent et pensent déjà à envoyer une parti; de la flotte aî.V-martde bombarder le port de New*-York en guise de représailles.Mais le boxeur b!ur « tombe ct ia serviette tombe dan* le nno.C e.: le drame allemand Hitler, dit une légende, versa une larme.Aussi longtemps que les choses iront syslcmoli tpiemen t mal, je continuerai sys t étna t i (pie me n t à dire qu 'elles ne vont pus bien — Henri ItOCHEI OItT Si vous êtes heureux, qu'on ne le sache /nu! Surtout si vous aimes, cachez bien votre .* | flamme, Las hommes n'aiment fias voir le bonheur | de* autres: Ils veulent avant tout avoir pitié de vous.On applaiulit les cabotins singeant l'amour; Lu vedette d'un film vous fait pleurer [souvent; On raffole des vies romancées des grands [hommes Où le drame se joue autour ifun tumi de.[femme.Mais c'est sur des tombeaux qu’on js'attendrit et pleure Ou bien sur un beau conta où gémit lCandrillott.Quant aux vivants, un les déchire à balles [lient s: En amour comma en art, la gloire est [(C outre-tombe.Deux êtres qui ont mis des reflets d’infini Dans un regard profond comme un ciel I étoilé, C’en est trop pour ceux-là que gonfla le ! dépit, Trop pour mille damnés aux faces de.[Tantales.On bénit le pochard qui vomit dans les [ coins, On met Tartuffe sur l’autel de la décence, On rit tout bonnement ilu débauché sinistre Qui se /milne dans les caveaux du vice [obscène; On approuve les racketteurs, pieux ou non, Qui drainent sans remords le sang des f misérables, On décore ceux-là qui payent leurs médailles Pour honorer la i unité et le mensonge.Le gnuid amour, raison de vivre et de prier, l/agir ct de créer, d'être bon, secourable, liai son (Tavoir au coeur lin peu d'humanité, De rom prendre la vie et la douleur des [autres.•Yun, c'est trop beau vraiment! Il n’a /nu [droit de vivre.On cherche à le tuer /tar le discours des ( prudes, Par la mère jalouse de l'aimée de son fils.Par le père i-ni ieitx du bonheur île sa fille, Par l'immense, sottise des impuissants !sénile», Par le coeur rebuté des chastes vieilles f filles, Par le conseil du fol satan qui se fait lieux, Pur tous crux qui baissent le bonheur des l autres! Silence rt solitude, ô chers élus if amour! (achez i ,lre trésor dans un temple s,elle.Soin un tableau où.Madeleine prosternée I erse un flot de parfum sur des genoux [divins.J.-U,.H.¦ ! La grande peur des Anglais bien-pensants I u dépit de» nouvelle* publiée* par le "Daily Mail de Lindres, à l'elirt que Franco avait l’romi» de cesser »c* attaque* aérienne», de nouveaux navire» britannique» ont été bombardé* en Espagne.Ue qui donne a supputer que le» nouvelle» de ce journal avaient été manufacturées pour la consommation anglaise.La presse quotidienne nous a appris que le» spécialiste* n’attachent pa» une grande valeur stratégique aux attaques contre le» navire» anglais pour ce qui c»t de paralyser la résistance loynliite, mais supposent que l’objectif réel de ces attaques est plutôt de susciter des difficultés in-téiieiirc* au gouvernement britannique.Ce point de vue est parfaitement défendable.Il serait par ailleurs intéressant de connaître pourquoi le gouvernement de Sa Majesté s’est abstenu jusqu'ici de toutes représailles.pourquoi, malgré l'indignation populaire toujours croissante ct les réclamations constantes de l'opposition, aucune mesure n'a été prise (tour assurer ia cessation d’un état de chose exaspérant pour une puissance accoutumée, comme la Grande-Bretagne, au respect de son drapeau par toute la terre.La raison est très simple : c’est que les classes dirigeantes anglaise», l'aristocratie ct la haute finance, ont une peur bleue du socialisme.Si J'Angleterie a permis l’avènement d'Ilitler, si elle ne veut pas que soit amoindri le prestige de .Mussolini, c’est quelle craint l'expansion du socialisme, Et si, aujourd'hui, Neville Chamber* lain fait nettement le jeu de Franco, c’est encore effrayé par la perspective que le socialisme, prenant pied en Espagne, ne se répande rapidement en France pour ensuite gagner le Royaume-Uni.Une dame anglaise prédisait la semaine dernière que la Grande-Bretagne serait socialiste d’ici dix ans.I.es autorité» britanniques ne doivent pas croire cette prédiction irréalisable, à juger par l’émoi qu'elle* manifestent au moindre symptôme de cette "rougeole" dan* le voisinage, et le* moyens auxquels ils n'hésitent pas à recourir pour la combattre, On ne saurait certes blâmer les lords et le» financier» anglais de lutter de toute* leur* force* contre un système social qui signifierait leur disparition.AI ai» ils sont inexcusables de sacrifier sans nécessité de» population» civiles, comme cil Espagne, où une intervention énergique au moment propice aurait mis fin aux odieux massacres qui déshonorent à jamais le fascisme assassin.Ils sont inexcusables d’avoir fait, par maladresse oti coupable insouciance, le jeu des dictatures contre la démocratie, d’avoir favorisé rétablissement et l'hégémonie des régime» totalitaires.Aujourd'hui, au prix de toute» les lâchetés, de toutes les humiliations, Londres travaille au sucer» de Franco.Ec grand jeu diplomatique a été accompli pour détacher Paris de Barcelone et fa contraindre à une attitude passive.Ou sait comment Chamberlain est parvenu à ses fins.Pourtant, au moment où Negrin, un républicain modéré, prenait le pouvoir, en Espagne, il aurait été facile d'aider les loyaliste» à terminer rapidement la guerre civile, sans favoriser pour cela le» socialiste» ni les extrémistes de toutes couleurs.Ecs dirigeant* britanniques et français ont laissé passer l'occasion.Franco devint de plu» en plu» le poulain préféré dr Dawning Street, On peut aujourd’hui apprécier le* résultats de la politique des amis de Lady Astor, ?II en est qui persistent à voir en Neville Chamberlain le plu» fin politique de notre époque.Ils n'admirent Daladier que de marcher dans son ombre et d'accrocher la politique française à la remorque de la politique anglaise.Cela fait beaucoup de politique.Ià oh d’autre* ne voient que faiblesse, hésitation», incertitude, ces admirateurs du premier ministre britannique découvrent de la ruse, une prudence admirable, la plus intelligente diplomatie.Comment concilier des opinions aussi extrême» ?Un londonien de passage en notre ville me faisait hier un vif éloge de Chamberlain, dont tous le» actes lui paraissent de la meilleure stratégie, au moment où vm pays est tout à son réarmement, pas assez fort encore pour tenir tête aux Etat* totalitaires.Ces dernier» pays sont-ils aussi puissants qu'ils veulent le faire croire ?La est le noeud de la situation internationale.S'ils ont la force pour eux, d’une manière absolue, on est contraint, comme les hommes d'Etat français, de s'incliner devant le prunier.Mais certaine» révélations v sont trouvées faites, à Ja Chambre de* Communes même, par un député anglais, à l'effet que l’Allemagne ne serait pas prête à faire la guerre, manquant d'officiers et de matériel.la-» événement» de 1 chéeoslovaquie sont venu.» corraborer ce» affirmation».Dans ce dernier cas, on admire moins l'attitude de Chamberlain.Four mon interlocuteur britannique, on ne saurait juger trop simplement, par une condamnation sommaire, le chef de la réaction anglaise.Il est, selon lui.autrement compliqué, d'un mérite exceptionnel ct possédant toutes ie» vertu! d un meneur d'hommes.Je ne demande qu a ic croire.Cependant, en regard de son opinion, je désire mettre ce» fait» : Au printemps de 1917, »ur la recommandation de vin frère.»ir Austen, Neville Chamberlain sc vu confier, par Lloyd George, la direction du service, nouvellement créé, du recrutement et de l'utilisation de» compétence».I-r» dos».ers 'Civ Emile-Chaile* HAMEL (Suite à la page 2) 1 fi Mm I 2 LE JOUR Page 2 Montréal, samedi 2 juillet 1938 Autour de Valdombre et de Léon Blov Opinion du sage, judicieux et nuancé Sévère Couture Depuis quelque tempi, not meilleur* écrivain» et no* plu» brillant» polémistes s'escriment autour de I,éon Bloy.\a% uns le défendent passionnément, let autre* l'attaquent avec non moin» de fougue.I/Ct article» le» plu» ardent» en faveur de Bloy jaillissent sou» la plume de Valdombre.Et on peut dire que c’est lui qui provoque let offensives le» plu» virulentes contre Bloy.Il e»t au centre de cette bataille, il en c»t l’infatigable animateur.Si Bloy n’était pas "lancé ’ en Canada franc,an, Grignon aura assurément l’honneur de l’avoir “lancé”.Ht il n’aura pu frayé là la voie à un médiocre écrivain ! ?Valdombre e*t un pamphlétaire.Il ne procède pas par coups de mouchoir.Il t est fait (comme pamphlétaire; des ennemi» tenaces, il »’r*t attiré de» inimitié» solide*.C>*t une vérité élémentaire que chacun en veut à son voisin de ne pa« lui ressembler, de ne pas partager ses goûts rt se» dégoût», de ne pa« concevoir la vie comme lui la conçoit.Or, Valdombre ne ressemble pas à tout le monde.Et il publie hautement ses amour» et »ei haine», se» admiration» et se» méprit.Beaucoup lui gardent rancune de »on je m’en foutis-me, de ion franc parler, de tes a|>ologie» “énorme»" et de tes abattage» à coups de gourdin.“Dieu qu’il manque de mesure l Et de jugement ! Et d’esprit critique ! Et de subtilité ! Et de tact donc I Seigneur, qu’il ignore la fine ironie I Et l’art des nuances I Et la technique de la satire !” Chacun lui reproche de ne pas être ce qu’il n’est pas.Personne ne veut reconnaître ce qu’il est : un pamphlétaire.Et non pas un pamphlétaire par volonté, par pose.Mai* par nature, par tempérament.?* *• Naguère, ne connaissant Valdomhrr que par quelque» écrit» (il commençait à collaborer au “Canada") je fis devant Olivar Asselin la réflexion suivante : "Ce Valdombre ne me parait qu’un plagiaire de Féon Bloy.” Asselin secoua doucement la tête : “Non, mon jeune ami, non.Vous vous trompez, vous ne connaissez pas Valdombre.Si vous le rencontriez !.C’est une nature violente, fumante d’indignation» et d’en-thnuiiasmes, un tempérament comme ça.Si mis connaissiez Valdombre, vous comprendriez qu’il aime beaucoup Léon Bloy mais qu’il ne l’imite pas." Depuis, j'ai rencontré Valdombre en maintes occasions, je crois le connaître assez bien.Une fois de plu» (comme toujours) Asselin avait raison.Et moi, j’avais formulé une opinion hâtive et sotte.,.Je fais grjmd cas du jugement de ma jeune femme.Elle avait lu plusieurs ouvrage» de Bloy lorsqu'elle vit pour la première foi» Valdombre.A la auite de cette première rencontre, je lui demandai insidieusement : “Ne trouves-tu pas qu’il pose, qu’il adopte une attitude ?” Sa réponse fut spontanée : “Non, non, Il est ainsi.Il vit comme il écrit et tout cela vient du plus profond de lui-même.” C'est bien ce que je pense.J’aime Valdombre tel qu'il est.77/ qu'il est je suis persuadé de son utilité dana nos Lettres.Certes, il pourrait ressembler à Al- bert Pelletier, à Berthelot Brune* à I/iu.» Dan-tin, à Jean-Charles Harvey.Mai» alors, il ne serait plu» Valdombre.D ailleurs, ce vain petit jeu riou* mènerait loin ! Ce» écriva.ns pourraient ressembler davantage à \ aldombrr Mai» il» ne seraient plut eux-méme*.11 est puéril de déplorer que Monsieur X n'ait pat 1rs qualités et le» défaut» de Monsieur Z et v.cr ver»a.Que Valdombre »e nomme Brunet et Brunet Valdombre, je ne vois pai l’avantage pour no» lettre».Acceptons Vaidombre comme il e*t.acceptons qu'il toit un pamphlétaire.I.e Canada français n’en compte pas tant ! Brunet cultive ia satire et y réussit bien; Harvey ironise à merveille; personne n’arrive avec Pelletier pour creuser un problème et en extraire des considérations originale» et justes; Dan tin joint la finesse critique à une charmante bienveillance.Chacun de ce» écrivain* contribue, selon ion tempérament et in aptitudes.à l'enrichissement de la littérature française au Canada.Pourquoi rejetterions-nous Valdombre ?Que lui reproche-t-on exactement ?Si on l’accepte comme pamphlétaire, je ne vois pa* bien qu'on puisse lui faire grief de certaines outrance», exagérations de langage, indignations, colères, enthousiasmes, etc.1 out cela compose le pamphlétaire, rentre dans la définition du pamphlétaire.Niera-t-on que Valdombre ait du talent, le don de s'exprimer ?Ce serait de la mauvaise foi, du part ’-pris.De la première ligne à la dernière, un écrit de \ aldombre se lit sait* ennui, avec plaisir.Tantôt il invite au rêve, tantôt à la réflexion; souvent, il amuse par des trouvailles.Que désire-t-on de plu» ?* * Ira t on chercher dan* la vie personnelle de Valdnmbrr.dan» -a vie intime, de» motifs de le déprécier t Si on juge à cette mesure, je me demande quel sera l'écrivain digne d’admiration ! Si.aprè» une recherche minutieuse, on décèle une, deux ou trois faute* dan* la vie privée du pamphlétaire drvra-t on lui refuser le talent, le reléguer parmi les écrivain» médiocre* ?No* Lettre* en tireront-elles un édat nouveau ?I.’esprit canadien brillera-t-il d'une splendeur inconnue ?"Soyez intégralement parfaits ou n’éciivez.pas.” Eh ! bien, je brise ma plume.Et je crois que tou» les écrivains devront la briser.» >n m’a rapporté de» ragots sur le compte de Valdombre, sur le compte de tout les écrivains que je connais.Je sais qu’il en circule sur le mien.Et ensuite ?Dans ce recueil de stupidçs anas, il y a du mensonge à l’état pur.de la calomnie venimeuse, de la bassesse, bref, toute la lie de lame humaine, et, san» doute, une part de vérité.La vie de l’Esprit, la vie littéraire profitent-elles vraiment de ces infects ragot* ?Gide a déclaré solennellement qu’il était pédérastre.Cette déclaration n’a pas enrichi la littérature française.Ce qui Ta enrichi, c’est “La porte étroite".lorsque nos écrivains te pelottent réciproquement de paquets d’injures, je ne trouve pa* ça très drôle et je me dis qu’ils pourraient dépenser leur énergie et leur talent à meilleur escient.* * * Une autre accusation qu’il* se renvoient mutuellement paraît des plus puerile* : celle de l’incorrection de la langue.On fouille le texte d’un adversaire avec l’intention maligne d’y découvrir une faute de français.Inmanquablement on la découvre (on en découvre même plusieurs).De là grande jubilation.II n’y a pourtant pa de quoi ! Des fautes de grammaire et de syntaxe, LE PRINCE DES EXASPERES Quelque» réflexion» sur Léon Bloy n ’en déplaise à l’ami Valdombre Personne, dans la province de Québec, ne saurait critiquer Léon Bloy «ans encourir les fureurs de notre pamphlétaire, Valdombre.Je le regrette pour celui-ci.Nous le laissons libre d’admirer et d’aimer qui il voudra.Qu’il nous laisse non moins libre de faire de même.Que s’il se croit obligé de défendre ses idole*, qu’il le fasse décemment et sans insulte.Je viens de lire les injures qu’il déverse sur Louis Dantin et le R.P.Lussier, d’honnêtes gens.C’est indigne d’un gentilhomme.Si l’oeuvre de Léon Bloy peut se défendre d’elle-même, il est parfaitement inutile de jeter de la boue sur ceux qui n’adorent pa* cette oeuvre.D’ailleurs, il ne s'agit pas, pour nous, de détruire Léon Bloy.Nous lui reconnaissons un talent d’écrivain considérable.Personne n’a manié mieux que lui la langue de l'invective.Mais on •e lasse de l’invective, à la fin.Les hommes ne sont pas faits pour s’engueuler à l'année.S'il fallait que tous 1rs écrivains eussent sans cesse l'écume à la bouche, pour damner tous ceux qui ne pensent ni ne sentent comme eux, eh ! bien, il vaudrait mieux l'exterminer toute, cette race de scribes rageurs.Quant à moi, les insulteurs professionnels me rasent pas mal, surtout quand ils raisonnent comme des pieds et épuisent, à servir une cause que je juge insuffisante, toutes leurs forces d’exaspération.Ixs soi-disant détenteurs de l’absolu, en littérature, sombrent généralement dans le ridicule.Léon Bloy, malgré son immense talent, est un de ceux-là.11 aurait pu faire un meilleur emploi de ses dons presque miraculeux.Oui, il a écrit de belles pages, cet homme.Il a servi souvent ia vérité en accents vengeurs, mais il a été tellement outré dans l’expression et dans l'idée, il a dépassé si souvent la mesure de tout anathème, qu'il s'est condamné lui-même à un oubli presque total.Je dirais même que si les livres de Léon' Bloy disparaissaient du jour au lendemain, la littérature française n’y perdrait à peu près rien.Cet écrivain est relativement peu connu .en France et très peu au Canada.Tant mieux ! Il y a assez de détraqués sans ça.UN CATHOLIQUE SANS CHARITE ET SANS JUGEMENT Léon Bloy fut un catholique, certes, mais il manqua inconsciemment au premier précepte évangélique, la charité.Il a passé sa vie à hurler contre ceux de ses amis et ennemis qui ne pensaient pas comme lui ou qui ne lui donnaient pas assez d'argent.Sa voix poussait toujours des clameurs insupportables.On eût dit un enfant malade.Il en voulait particulièrement à tous ceux qui avaient commis le crime de faire un peu d’argent avec leurs livres.Cela, il ne pouvait le pardonner.Il exaltait surtout les gueux, comme si le signe certain du mérite littéraire eût •cté nécessairement la gueuscrie.Ce passage, à propos d’un écrivain estimable, et qu’il exècre, lui, est caractéristique, entre maints autres : "Ixs livres des autres sont les grands chemins par lesquels il (Alphonse Daudet) rôde, et sa besace est toujours pleine quand il a fini sa tournée.II prospère ainsi de toute façon imaginable, récoltant l'or et le billon des passants intellectuels et le plaçant avec sagesse pour en tirer le meilleur profit.11 se fabrique de la gloire avec la pensée d'autrui et transmue celte gloire en très-bon argent par la vertu philosophique du caillou qui lui sert de coeur.” Cette hantise de l'argent le poursuit partout.Il en veut à ceux de ses confrères qui en ont.Un chrétien ne doit rien posséder à ses yeux.C'est sa marotte, c’est son cauchemar, c'est son supplice.Il passe à tabac à peu près tous les écrivains de son temps, catholiques ou non catholiques, et seul ou à peu près Barbey d'Aurevilly, parce que pauvre, trouve grâce à scs yeux.Avec cela qu’il est méchant à l’occasion et qu'il ne recule pas devant la salete de certains dénigraments personnels, qui ne servaient en rien la cause catholique.Ainsi, il aurait bien voulu accorder toute son admiration à son ancien ami, Ernest Hello, un des pèlerins de l'absolu, lui aussi.Mais Hello avait pour femme, non pas une guenon, non pas une grue, mais une personne attentive, économe, soucieuse de l'avenir de son ménage.Un jour, elle s'interposa entre le pauvre Hello et Leon Bloy.pour mettre un ternie.sans doute, à certaine:, exigences bloysiennes.Bloy se crut charitablement obligé de crucifier cette épouse devant la postérité : "Le pauvre Hello se laissait débarbouiller, peigner, habiller de la tête aux pieds, comme un enfant.Il en était venu à ne pouvoir plus mettre son pantalon sans sa femme.Despotiquement, elle infligea son ordre et son équilibre de bourgeoise à ce Benjamin de l'Extase qui crut, dans sa simplicité d’innocent, avoir besoin de l’autre, et lui prit son âme en échange.11 y a aussi 1 Histoire d’un chien consolé toute la nuit par madame Hello pour qu’il ne troublât pas le sommeil du "cher malade", anecdote quelque peu déshonorante pour son mari.I.ordre bourgeois de madame Hello qui fut, en réalité, le désordre même de l'enfer; l’équilibre, le bon sens, la dignité, la juste mesure, la saine raison, dont elle creva son mari, se réduisirent, en fin de compte, à cet avilissement dernier que je ne vois pas le moyen de nommer autrement que le délire de la réclame.” Voilà un échantillon entre cent, de la charité du grand catholique Hello.Il avait une conception à lui de la mission de l’écrivain de l’absolu : il fallait, comme Verlaine, se coucher saoul les deux pieds puants dans la face de sa jeune femme; il fallait ne pas se laver, ne pas s’habiller trop bien, ne pas paraître convenable aux yeux des bons vivants.Or, je ne tiens pas du tout à ce genre de mission.Je me lave de temps à autre, je m'habille de mon mieux et je ne puis sup- de» tournures douteuse» ou fautive», il s’en trouve dam Racine, dans Bossuet.dans Anatole France, dans Charles Maurra» et dans chaque grammaire par rapport à la grammaire voisine, La langue française n'es- pas une langue momifiée; ses lois ne sont pas gravées dans le bronze pour l'éternité.Langue vivante et plastique elle est sans cesse modifiée par l'usage populaire, par les écrivains et le» grammairiens.Celui qui écrit ne peut pas donner à la langue une perfection immobile et définitive.Si renseigné soit-il, il ne saurait connaître tous les secrets de la langue; il est victime d’un relâchement de l'attention, d'une distraction; il ose une tournure hardie, insolite sur laquelle on pourra toujours ergoter et qui suffira à le condamner si on lui cherche noise.C’est donc, il me semble, un peu stérile que de rechercher avec une intention méchante la peccadille dans les ouvrages d’un écrivain qui d'habitude s'exprime correctement.Signaler les incorrection* de langue dans un texte afin d’aider un écrivain à s'améliorer, c’est une excellente chose.Mais les relever afin de le diminuer ou de le rendre ridicule, c'est courir le risque qu’on nous rende la pareille — et avec les intérêts.Surtout en Canada français où, pour de multiples causes, nous éprouvons de si grandes difficulté» à écrire un français convenable.* ?Ceux qui ont lu les “Pamphlets” de Valdombre depuis le début ont constaté que le pamphlétaire nommait très fréquemment, dans chacun de ses opuscules, le grand écrivain catholique l>éon Bloy et qu’il avait pour ce dernier une admiration absolue, un culte farouche.Léon Bloy semble aussi nécessaire à Valdombre que l'air, la lumière, les paysages de* La rentides.11 ne peut parler de son Bloy et de son coin de terre sans rugir d'enthousiasme.Valdombre a bien le droit d'admirer Bloy jusqu’à l’extase et de le crier à tous les échos.D'ailleurs, il aurait pu faire un beaucoup plus mauvais choix ! Mai» Valdombre ne se contente pas d'admirer fougueusement Bloy : il veut que tous partagent son admiration et considèrent Bloy comme lui il le considère.Là commence le sujet de la querelle.* * * Tous les lettrés, tous ceux qui ont le goût de la haute littérature reconnaissent en Bloy un grand écrivain, un romantique doué d’une incomparable splendeur verbale, un maître de l’expression puissante et de l'image qui fulgure.Cependant Bloy est inégal.Dans ses bons moments, il a du génie.Son génie nous entraîne sur des sommet* vertigineux, nous découvre des horizons splendides.Certaines pages de “La femme pauvre” sont unique».De ces pages précieuses il s’en trouve disséminées dans tous les ouvrages de Bloy.Par contre, il faut l’avouer, toute l’oeuvre de Bloy ne se compose pas de ces pages merveilleuse» : il y en a de ternes, de quelconque*.Parce qu'elle est humaine, l’oeuvre d’un écrivain même supérieur ne saurait échapper à cette imperfection.Bloy n’en demeure pas moins un grand écrivain dont j’oeuvre honore la littérature et peut se ranger près de celles de Barbey d’Aurevilly et de Villiers de l'Isle Adam.Ainsi le jugent les lettrés.L'idée ne viendrait à l'esprit d’aucun de ceux-ci de le ranger parmi les écrivains de deuxième ordre.D’autre part, si on veut leur faire gober que Bloy est l’unique flambeau de l’humanité, le dernier mot du génie humain, il» protestent avec raison; si on veut réduire leur bibliothèque aux oeuvres complètes de Bloy, ils se hérissent.porter sans m’énerver une maison en désordre.Cela dit, je suis persuadé que le mendiant ingrat pourrait passer, dans tout milieu propre et pondéré, pour un goujat.LE REVENANT DU MOYEN AGE Bloy ne s’est jamais réconcilié avec les conséquences de la Renaissance, qui marquaient une étape essentielle de la civilisation humaine.Lentement.péniblement, les hommes étaient sortis des ombres du moyen âge, pour revenir à la lumière des cultures antiques mariée* à un catholicisme devenu plus humain.Je suis pleinement de l’avis de Giovanni Papini, qui, dans les Nouvelles littéraires du 4 juin dernier, écrivait : “Pour moi, je crois que le secret de la Renaissance et de sa grandeur se trouve dans la réconciliation de l’homme avec lui-même et sont son itinéraire nouveau vers Dieu."Au Moyen Age, l’homme était presque anéanti devant Dieu.Dans l’âge moderne, Dieu est presque aboli à l'égard de l'homme.Pendant la Renaissance, l’homme retourne à côté de Dieu, reprend sa dignité divine et terrestre, devient, dans un certain sens, collaborateur de Dieu.“Au commencement du Moyen Age, l'homme n'était qu’un atome spirituel destiné à se noyer en Dieu.Dieu était la seule, l’unique existence, et toute la vie tendait à Dieu.Le mot de prédilection des moines, des anachorètes, des mystiques, des moralistes et des saints était l'anéantissement.La vie parfaite, pour l'homme, c’était la suppression progressive de lui-même."La littérature consistait en manuels ascétiques, en vies de Bienheureux, en commentaires aux Ecritures, en itinéraires à Dieu, en Sommes théologique».La poésie épique chantait les défenseurs de la Foi et ceux qui partaient en quête du sang du Christ.La poésie d'amour, elle-même, semblait souvent un guide spirituel pour l'adoration de créatures surhumaines et quasi désincarnées afin de mieux conduire au ciel les amants.L’art était appelé, avant tout, à représenter la majesté hiérartique du roi de l'Univers et de la Mère de Dieu.Tout au plus, de quelques-uns de scs disciples privilégiés et transfigurés."Le christianisme médiéval était devenu inhumain par la faute des gnostiques hellénistiques, du monarchisme oriental, du mysticisme nordique.C'était à l’Italie—terre promise de l'harmonie — de retrouver la sereine humanité de l’Evangile et le franc naturel de l’Ancien Testament.Entre Byzance iconoclaste et le Nord masochiste, l'Italie revendiqua les droits des images et des joies, c’est-à-dire la divine intégrité des créateurs.“La grande découverte de la Renaissance italienne fut donc de rendre à 1 homme scs droits et son héritage intégral.A tout 1 homme, point seulement à l’homme des syllogismes et de la contemplation.“Ce fut.à bien considérer les choses, une découverte chrétienne plutôt qu'un retour au paganisme.“Dans les siècles les plus obscurs du Moyen Age, on avait trop nié l’homme au profit de Dieu.Pendant la Renaissance, l’homme s'affirme et ressuscite non pas en antagoniste de Dieu, mais uni à Dieu, interprète et représentant de Dieu, participant à la divinité.I! est évident que beaucoup de gens goûteront Léon Bloy écrivain et ne voudront aucunement conformer leur vie à la sienne.Ils jugent son catholicisme intempestif, déclamatoire, trop batailleur.De fait, le catholicisme de Bloy n'est pas commode ! Il nous mène à la Table Sainte à coups de pieds au cul.C’est la manière forte.Tous ne la prisent pas.Si le monde était peuplé de catholiques à la Bloy.on se demande anxieusement ce que deviendrait la société, les relations nécessaires de la vie sociale ! Des "mendiants ingrats” il en faut quelques-uns mais il ne faut pas que tous en deviennent car il ne pourrait plus y en avoir aucun.La mendicité suppose au moins deux personnes : celle qui reçoit et celle qui donne.S'il n’existe plus personne qui puisse donner, il ne pourra plus'rxister personne qui puisse recevoir.Le catholicisme de Bloy est sincère mais c’est un catholicisme individuel et qui ne saurait être qu’individuel.La Société se suiciderait en essayant de s’y conformer.Que Bloy ait déterminé des conversions parmi des natures analogues à la sienne ou parmi des natures beaucoup plus faibles, la chose n'est pas douteuse.Mais ce n’est pas un catholicisme propre à conquérir les foules.?Bloy, lorsqu'il ne nous élève pas sur les hauteurs mystiques, lorsqu’il s'occupe de questions purement littéraire, n’est pas un critique mais un pamphlétaire.H juge des oeuvres relatives à la norme de son catholicisme absolu — et aussi, parfois, sur l’étalon de se* rancunes personnelles.S’il fallait rejeter de notre bibliothèque tous les auteurs que Bloy à éreintés nous y creuserions des vides terrible* ! Barrés, Bourget, Renan, Alphonse Daudet.J.K.Huysmans, entre plusieurs autres n’ont su trouver grâce à ses yeux.Les démolitions de Bloy sont amusantes parce qu'il y met de la verve et de la richesse verbale.Mais un point, c’est tout.Je n’aurais jamais la pensée de je prendre comme guide littéraire ou intellectuel.Bien que sommaire, l'opinion que je viens de formuler sur Léon Bloy est, je crois, à peu près juste.S’il s’agit d’aimer et d'admirer le grand écrivain, on pourra difficilement l’aimer et l'admirer plus que moi ; s'il s'agit de l’adopter comme modèle de vie, je me récuse carrément.Je ne veux pas de ce genre de vie-là.Libre à ceux qu’elle séduit de l'imiter, de marcher sur scs traces.Je ne suis pas un converti du catholique Léon Bloy; je suis un admirateur de l’écrivain Léon Bloy.Je l'accepte tel qu’il est, mystique et pamphlétaire, souvent cruellement injuste envers les homme» et les oeuvres, héraut de l’Absolu, écrivain parfois inégalable et parfois à la mesure commune.A la couronne de la littérature française, I.éon Bloy est une pierre rutilante.L’éclat de cette pierre ne me contraint pas à nier le feu des autres.Infiniment plus pauvres que les Lettres de France, nos lettres ne peuvent se permettre le luxe d’exclusions imbéciles.Le talent de Valdombre ne fait pour moi aucun doute.Pas plus d’ailleurs que celui d’Albert Pelletier, de Berthelot Brunet, de Jean-Ch.Harvey, de Louis Dantin, de Victor Barbeau, etc.Que ces écrivains se querellent entre eux, cela les regarde.Un fait demeure au-dessus de toutes les médiocres rivalités : chacun d’eux contribue à la vie de l'Esprit en Canada français, à l’enrichissement de nos Lettres.Voilà pourquoi ils nous sont chers, pourquoi ils ont droit à notre gratitude, pourquoi nous ne voulons rien savoir de ce qui les divise.“Le secret de la grandeur de la Renaissance consiste précisément dans le fait quelle a réuni à nouveau ce qui n’eût jamais dû être séparé : Dieu et l’homme, le Dieu qui se fit homme et l'homme qui deviendra Dieu.” Ce passage de Papini se résume par une parole inoubliable du grand Pascal : “Ni ange ni bête.A vouloir faire l’ange, on fait la bête.” Or, Léon Bloy a«pas»é sa vie à faire l’ange.Et ses peintures transformèrent en démons la plupart des autres hommes.Ce n’est qu’enfantil-lage détestable.L’auteur de la Femme pauvre n'a rien d'un théologien ni d'un philosophe ni d'un penseur.Il sent fortement et par explosions.Ce ne sont pas des pensées, qu’il nous sert, ce sont des éclats de faux mystique en monopole d'absolu.Au milieu de toutes ses tempêtes de croyant exclusif et exterminateur, on rencontre une foule de bonnes et fortes vérités, je le répète.Parfois, il nous transporte bien haut, mais je ne crois pas, je ne croirai jamais, qu'on puisse former une jeunesse au bon sens, à l'équilibrer, à la vie pratique (si nécessaire), avec les morceaux de cet énergumè-ne en mal d'infaillibilité égocentrique et excentrique.Valdombre — je le regrette — prend occasion d’un article d’un de nos collaborateurs pour m’accuser d’anticléricalisme.Il adopte par là la méthode de combattre de tous les crétins *jui, depuis que nous luttons pour une cause essentielle, cherchent des arguments contre nous.Mais, contre le clergé, nous n’avons jamais été aussi dur que le fut Léon Bloy lui-même.Pour me défendre, je dois citer, ici, certains passages, qui, écrits dans la province de Québec, auraient valu à leur auteur toutes les foudres de l'excommunication.Voici ce que Bloy écrivait des prêtres mondains, dans le Sang du Pauvre : "C’est le prêtre mondain qui dit au riche : “Il y aura toujours des pauvres parmi vous", abusant, pour le damner un peu plus, de la parole même de Jésus-Christ.Il est nécessaire qu’il y ait des pauvres et, s’il n’y en a pas assez, il faut en faire.“Heureux les pauvres”, est-il dit encore.En les multipliant, vous multipliez le nombre des heureux.Jésus est sur l’autel, dans son tabernacle.Qu’Il y reste.Nous autres, les ministres, nous sommes à notre affaire qui est d’attraper de l’argent par tous les moyens compatibles ou incompatibles avec la dignité de notre soutane.La richesse est agrc’able au Seigneur et c’est pour cela qu'il a comblé Salomon.Le Vac divitibus que prétendent nous opposer quelques anarchistes est une erreur visible de transcription, introduite vraisemblablement par l'un ou l’autre de ces moines bâtés et pouilleux, qui déshonorèrent longtemps l’Eglise.A la porte les pauvres, ou du moins très près de la porte, dans les bousculades et les courants d'air.Quand l'apôtre dit que le mariage est un grand sacrement, il faut l’entendre des mariages riches.Autrement, cette parole n’aurait pas de sens.II.n’y a de grand que ce qui rapporte.Le mariage de la Sainte Vierge et de Saint Joseph a dû être un tout petit mariage.11 y a enfin les quêtes saintes et profitables, dernier mot de la théologie purgative et illuminative, qui sont l’implicite congé du pauvre.” J’en passe, et des meilleurs.Je citerais bien des invectives contre le pape, notamment Benoit XV, mais j'ai peur de porter le scandale chez les âmes simples, \( Remarquez encore que Aucune illusion : ceux qui me lisent, ce,., peut-être j’infuence dans une faible me>ure des gens de mon âge et des plus jeunes.J «¦.’ pour eux.Je les mets en garde, au nom de î culture, contre le tanatisme, contre lr, fnuv gadements hâtifs.Je leur répète qu’il ii vérifier par soi-même, être curieux, très cur-* ’ et ne pas se reposer trop sur le témoignage j j .toritc.En effet, certains écrivains qui ont conq- t quelque autorité en abusent, soit par ignorin'-soit par passion.Ils dénigrent un adversaire, j lui refusent toute valeur.Or, il importe dè * rendre compte.Ce qu’il faut sauver à tout p:\ ici, c'est la culture.C’est elle qu’il faut sen .Les jeunes lui rendraient un bien mauvai» vice en suivant aveuglement un homme fn cantonnant dans une doctrine, dans une chapelle dans un clan et en refusant avec une obst.nation de mulet de regarder curieusement au dehors.L'escargot se mure dans sa coquille et .1 croire que sa coquille est le monde.Elle ne 1W pas.Et l’escargot demeure jusqu'à la mort escargot.Sévère COUTURE 26 juin 1938.- LA GRANDE PEUR./Suite de la première page) tassèrent à l'Office du recrutement sarts qu',1 fût possible d’obtenir qu'une seule affaire fût conclue.M.Neville Chamberlain examinait et classait minutieusement des tonnes de paperasse-mais il était comme accablé par le sentiment dé sa responsabilité.Si bien qu'au bout de quelque» semaines, sir Austen tomba d’accord avec Lloyd George que son frère, chargé de mettre les horn-mes à leur place, n’était peut-être pas tout à fait à la sienne.Et l’indécis Neville se vit degom-mer.Cet homme est aujourd’hui premier minis, tre de la Grande-Bretagne; les destiner* de l’Empire reposent entre ses mains.A-t-il vraiment changé depuis le jour où il se démontrait incapable de porter quelques responsabilités Jam l'administration de son pays ?Toutefois, il convient de ne pas exagérer la passivité des gouvernements britannique et fran-çai*.Que.le Japon veuille empiéter sur leurs possessions en Extrême-Orient, et vous les verrez montrer les dents.A l’occasion des récentes démêlées avec les Nippons au sujet de l'Indochine, on en a eu la preuve.Ce qui reviendrait à dire qu'en Espagne, c’est bien moins la force des armes italiennes et allemandes que l'établissement possible du socialisme, advenant la victoire loyaliste, qui effraie les hautes sphères anglaises.Mais que les bien-pensants britanniques craignent de causer, en voulant s’évjter un mal, un mal plus grand à d'autres.et peut-être à eux-mêmes.La démocratie est capable de combattre le fascisme et scs égorgeurs, tout en tenant le socialisme en respect.BEPACTIOM CT ADMINISTRATION 180, Ste-Catherlne est (suite 44) Montréal Téléphone : ftPLate&u 8471 Administrateur.REAL ROUSSEAU Secrétaire de la Rédaction, E.-Ch.HAMEL On est prié d’envoyer toute correspondance d la case 90, Station "N" en mentionnant ear l’enveloppe le service fRédaction ou Administration J auquel on veut t’adresser.je ne cite ces passages que pour répondre à .cusation d’anticléricalisme portée contre moi Valdombre au sujet de Bloy.) LE RICHE EST-IL NECESSAIREMEN DAMNE ?C’est une banalité que de parler des abus la grande richesse et de faire appel à la cha des possédants.C'est là un article de prédicat constante.Mais la haine des possédants doit-elle a si loin qu'il faille les abominer tous et leur s poser une âme infernale ?C’est pourtant d cette disposition que Bloy écrit, quand il p; des riches, lui, le mendiant ingrat, qui ai pourtant besoin de moins pouilleux que lui p vivre.S'il n’avait eu personne à laper, de q aurait-il vécu ?Je connais des hommes qui ont travaillé to leur vie à des entreprises utilitaires et qui y amassé un pécule pour leurs vieux jours rt p leurs descendants.Doit-on les abominer ?sont pourtant courageux, loyaux, honnêtes, ont vécu suivant leur époque, obligés qi étaient de faire partie d'une société humaine il faut des chefs d’entreprises et où ceux-ci sauraient, sans se condamner à une sorte de n» se passer du fruit de leur travail.J,éon Bloy exècre : “Le sang du riche, écrit-il, est un fétide extravasé dans les ulcères de Caïn.l.c che est un mauvais pauvre, un gueniüeux 1 puant, dont les étoiles ont peur.Le droit à richesse, négation effective de l’Evangile, d sion anthropophagique du Rédempteur, est in» dans tous les codes.Impossible d'arracher ce nia sans déchirer les entrailles, et l’opération urgente.Dieu y pourvoira.— Tu n’as pas droit de jouir quand ton frère souffre ! hi chaque jour, de plus en plus haut, la multiti infinie des désespérés." Oui, je sais que Ton dira : “Léon Bloy p dait pour le pauvre.Il voulait la charité du che.” Ce n'est pas ça.Lisez-le et vou- vert Bloy a la richesse en horreur.Il ne l'admet ; H ne consent pas à ce qu’un catholique ait l'argent.La possession des biens de ce mon d’après lui, est un péché en soi.11 veut un peu de gueux.C’est son idéal.I oute la doctrine de cet homme tient d; la nécessité de souffrir, dans la fuite -le la j( dans le renoncement à tout ce qui fait la d ceur d’être.Il renie la matière.Répétons-If.fait bêtement l'ange, si bêtement, que toute vociférante littérature, toutes ses pré-hes de lieux et de pissevinaigrc sont illisibles au co mun des mortels et ne sauraient porter auc fruit.Pour des Canadiens français surtout, mise en pratique de ses conseil* serait la nu certaine de toute la nationalité.Bloy ne pt nous conseiller qu'une chose : devenir colie; vement des mendiants.Jean-Charles HAR\ Eû No/z.— Je n'ai pas à répondre aux attaqi plus ou moins personnelles que fait contre n mon ami Valdombre.Elles sont d aille "s faus: en majeure partie.Il suffit, pour 1 heure, montrer un peu l'esprit de Léon Bios .J y rfV :f drat peut-être une autre fois.Ensuite.;e " ' ” un plaisir de citer quelques-unes de» meUif-pages de cet écrivain remarquable tou; de mes J.-Ch.H.I 1 Montréal, samedi 2 juillet 1938 LE JOUR Page 3 THE A TRES, LETTRES ET ARTS ,///VVV 'VVV'V // »>>vv »V#V / , V V^VVVWVVW/V///, LA SCÈNE el L'ÉCRAN “Holiday" i\V PALACE) Cf film, prcsqu’cntieremcnt développe , un dialogue adroit, spirituel, est hû-m,rn parfois pathétique, et plus souvent fusant: U a surtout été fait avec le filleur goût.Chacun éprouvera de la Empathie pour le héros, rhéroïnc et son (lire trois personnes qui souffrent a LuSe de mésentente.La fin ne devrait f J" manquer de plaire grandement a ,0nu-nd Doris Nolan, fille d'un banquier millionnaire (Henry Kolker).présente à L famille Cary Grant, jeune "solf-made * „•* dont elle s'est éprise, elle procure beaucoup de bonheur à sa soeur (Kathe-,|nc Hepburn I.qui hait leur existence renfermée et conformiste.Elle et son frère (Lew Ayres) sont différents du type habituel des enfants riches, désirant leur •Indépendance et cherchant à fréquenter lc8 gens ordinaires.Tout va bien jusqu'à ce que Grant fasse connaître ses Intentons qui sont d’épouser Mlle Nolan et ,'e partir avec elle pour une partie de p'aisir qui durera aussi longtemps qu’il sura de l'argent, car il veut s'amuser tandis qu'il est jeune; après cela, il se remettra au travail.Mais Mlle Nolan et ton père s'opposent tous les deux à ce projet, car le banquier avait déjà tout «•rangé pour faire entrer Carry dans sa firme.Mlle Hepburn, qui aime profondément Grant, tente de convaincre sa soeur de se rendre à ce qu'il désire; mais reüe dernière lui dit de se mêler de ce oui la regarde.Grant veut bien entrer dins la banque de Kolker; mais quant Hui-cl revient à la charge, en ce qui concerne 1?lune de miel, et la façon dont les époux devront vivre, Carry constate eue Doris Nolan n'était pas fait pour la vie qu'il rêvait, et rompt les fiançailles.Il part pour rejoindre ses deux meilleurs «mis, qui s’en allaient cette nult-^à vers l'Europe.Et Mlle Hepburn, réalisant que sa soeur n’a jamais aimé Grant, dit adieu à sa famille et se précipite à la poursuite de celui qu’elle adore.* * ?* Kidnap porT' (AU CAPITOL) Ce film est un bon mélodrame tournant lutour de la rebellion écossaise du XVIIIe siècle.Il y a du romanesque, de l’aventure; un gentiment très humain.Warmer Baxter est toujours un admirable acteur; Arleen Whelan le seconde bien.Tous éprouveront de la Bympathie pour Freddie Bartholomew, un garçonnet qui a des principes, qui se trouve innocemment compromis avec le chef des rebelles et doit surmonter bien des obstacles avant d'entrer en possession d'un héritage qui lui revient de droit.Quelques situations tiennent l’auditoire en suspens.Ainsi, miand l'oncle de Freddie tente d'envoyer le garçon à sa mort.L’histoire ne devrait pas manouer de plaire.Alan Breck (Warner Baxter), chef des rebelles écossais qui combattent le cruel lystème de taxes Imposé par les Anglais, enlève David Balfour (Freddie Bartholomew), seul témoin du meurtre d'un ¦ percepteur de taxes par un des rebelles.David déteste d’abord Breck, croyant que les rebelles sont des criminels, mais il Vient à changer d'idée.Breck insiste pour qu® le meurtrier quitte le pays; mais ce der.ler refuse, ne voulant pas s’en aller lins sa fiancée, Jean MacDonald (Mlle Whelan ).Breck part pour la chercher, accompagné de David.Ce dernier s'en va au château de son oncle pour découvrir qu'il est le réel poaserseue de ce domaine et voir son oncle attenter à ses jours.Breck lui aidera à rentrer en possession de scs biens, mais se trouvera lui-même capturé et risquera la pendaison.Cependant.il en sera quitte pour l’exil et le mariage, ce qui vaut encore mieux.Comme attraction supplémentaire ; •Walking Down Broadway." "You and Ho" (AU PRINCESS) George Raft, ex-forçat, est déterminé à se réhabiliter.Il travaille au magasin a rayon d'Harry Carey, un philantrope qui croit devoir donner une chance aux bagnards libérés.En plus de Raft, d'autres anciens prisonniers travaillent à son magasin Barton MacLane, un "racketeer” ne réussit pas à ramener Raft au banditisme.George s’éprend de Sylvia Sidney, une compagne de travail, et lui dit son passé.Elle l’épouse, sans lui dire quelle aussi a servi un terme d'emprisonnement.Quand il le découvre, il I abandonne et décide de travailler avec MacLane et la vieille bande pour dérober le magasin.Mais Sylvia découvre leur plan et s'arrange aveo Carey pour confondre les voleurs quand Ils apparai-tront Croyant qu'elle est une délatrice, Raft est dégoûté.Mais elle fait aux mauvais garçons une conférence, leur prouvant que le crime ne pale pas et leur fait honte d’eux-mêmes Puis elle disparait.Raft a le coeur brisé quand il apprend qu'elle va avoir un bébé.Après des mois de recherches, il la découvre dans une maternité.Ils se réconcilient.Font aussi partie de la distribution : Roscoe Karns, Geo.E.Stone, Warren Hymcr et autres.Fritz Lang a produit le film.Au même programme : "Mama Runs Wild".è è 6 M f* H J accuse (AU CINEMA DE PARIS) ‘‘J'accuse est une oeuvre de grande portée.De ce film, qui nous ramène Victor Francen, toujours égal à lui-même, et l’émouvante Line Noro, on gardera le souvenir des morts de la guerre et de leur sacrifice.Renée de Villers et Jean Max font également partie de la distribution, ainsi que les "Gueules Cassées''.Jean Diaz jure à ses camarades tombés d’être fidèle à leur souvenir et d'empêcher la guerre de renaître.Les années passent.Rendu fou peu à peu par les blessures contractées au front.Diaz vit au milieu de ses morts.Puis l’horizon politique s’assombrit, la mobilisation générale est décidée.Jean recouvre un Instant la raison.Il repart pour Verdun et, dans l’exaltation de sa pensée, appelle les morts.Ceux-ci se dressent de leur tombe et marchent contre les vivants.La guerre n'aura pas lieu.Diaz a payé de sa vie la pacification des esprits.é * é “Rnissirrn" (AU SAINT-DENIS) On nous sert un film, tiré d'une oeuvre de Pierre Benoit, dont l'ensemble témoigne d’une qualité d'humanité profonde et d’un grand tact.Voici la trame : Le père de Le Barrois s'es^ autrefois suicidé, ruiné par une danseuse, Adlonnc Hébert.Le Barrois, au début de la guerre, se réfugie dans un château qui est accueillant aux soldats français fugitifs.Il y rencontre la châtelaine : c'est l’ancienne danseuse Hébert.Après la première entrevue orageuse, il s'apaise et ressent pour elle un sentiment plus tendre, partagé d’ailleurs.Mais dénoncée par deux soldats jaloux, Adlonnc est arrêtée et exécutée.L’Intervention de Le Barrels auprès d’un général allemand ami d’Adlonnc n’aura pu la sauver.Cette production est brillamment Interprétée par Lucien Nat, Spinelly, Pierre Renoir, Yonnel et Suzanne Després.Aussi au programme : "3 jours de perm.” M Henri Ghéon à la “Déformation Littéraire ”?A peine débarqué d'Europe, M.Henri héon s'est fendu en faveur du tant mpathique journal québécois que tous nnaissent et apprécient (cela, chacun à sa manière) d’un autographe que la uille privilégiée n’a pas manqué de recuire en première page, avec un lé-iime orgueil : Au moment où je prends contact, à inc débarqué dans l'admirable ville de uébcc, avec mes chefs frères du Canada, liens à leur exprimer publiquement on émotion et ma joie.Il m est parti-fièrement agréable de le faire par l in-rmédiaire de l’Action Catholique, ce :r journal qui pourrait servir de modèle éme aux meilleurs de nos journaux ançais.Voilà qui est dans le meilleur style de Déformation Littéraire, l'avenue des ruâtes de la petite gazette aux teintes ioucies dont s’enorgueillit 1 élément do-boche de Montréal.Aussi, nous ne serions pas autrement onnés que M.Ghéon, maintenant ar-vé en notre bonne ville, ne soit 1 objet offres alléchantes de la part des Cinq-¦As, désireux de s’adjoindre pour le Le Vrai CHEZ-SOI SERVICE IRREPROCHABLE HÔTEL ST.RÉGIS 392, rue SHERBOURNE KA.035 TORONTO temps de son séjour ici un collaborateur qui témoigne de dons si remarquables pour la critique constructive.Nous pouvons à l'avance assurer que les représentations locales de 1 homme des jeux et des mystères connaîtront le plus franc succès.L’Unde Torn Mazarin de la petite feuille rose nanan a vu depuis longtemps à préparer à l’auteur un triomphe, et à s’assurer à lui-même un honnête petit profit.Le public le mieux désigné pour cette sorte de spectacle a été savamment cuisiné* par des conférences et de petits communiqués gratuits dans la Déformation.Tout ce qu'il rctse à savoir, c’est si les Cinq-z-As feront bientôt place aux Six-I-As.L’Homme du JOUR et Micro SCOME ATTENTION! ATTENTION ! ® Désirez-vous gagner un gros salaire durant le temps de vos vacances?® Vous n’avez qu’à vous rendre riiez notre représentant L’AGENCE DE JOURNAUX EN R G., dont le propriétaire est M.Arthur Williams.13, rue Racine, Chicoutimi, et le numéro de téléphone 963.® U ne campagne de recrutement de nouveaux abonnés sera entreprise dans les comtés Chicoutimi, Lac Saint-Jean et Charlevoix.ENTRE DEUX SA ISONS Le M.R.T.français Dans La Piesse de samedi dernier.Jean Béraud publiait sur la section Iran-çaise du M.R.1.un arb :e excellent.Si je n avais annoncé il v a une semaine déjà un papier sur le même sujet, j'aurais certainement évité d’en traiter si tôt après cet éminent confrère.Mais puisque j’ai dit que je parlerais du M.R.T.français, )e le ferai.brièvement, dans le seul désir de servir en quelque chose cette oeuvre digne d’encouragement.11 faut d’abord féliciter de leur travail et de leur désintéressement tous les jeunes artiste» qui n’ont ménagé ni leur temps, ni leurs efforts pour faire de la saison précédente un succès.Sans attendre aucune rétribution, ces jeunes gens et ces jeunes filles s’astreignent à des répétitions nombreuses, longues, fatigantes, afin de mieux maîtriser des rôles souvent difficiles pour le peu d’expérience de la scène qu'ils ont encore ; ils travaillent ferme à acquérir ce métier d’acteurs que tant de cabotins sans culture galvaudent sur toutes les planches, du moment qu'il y a quelques dollars à gagner.Mais quand on est témoin du jeu sobre, naturel.dégagé d’une Judith Jasmin ou d’un François Lavigne, quand on entend leur diction impeccable, on »c rend compte des mérites d'un tel entraînement.Pas plus qu’ailleurs, tout n’est pas parfait au M.R.1 - Mais ce serait une injustice impardonable que de ne pas rendre hommage à l’effort sincère, généreux des jeunes acteurs qui nous préparent notre théâtre de demain, plus raffiné et plus élégant que celui qu’on a connu par le passé, au temps de sa plus grande popularité.Il convient ensuite de témoigner de la reconnaissance aux auteurs qui se sont donné le mal d écrire des pièces quand l’art dramatique n’est pas ici l’occupation la plus lucrative à quoi on puisse se livrer.Au moment où elles furent présentées, il fallait faire les restrictions qui s’imposaient ; encore, on peut réclamer des améliorations dans la production à venir.Mais, dans l’ensemble, il faut reconnaître une tentative digne d’éloges.Enfin, après s’être incliné devant Mlle Martha Allan, qui a tant fait ici pour la cause de l’art, il faut adresser à M.Mario Duliani, metteur en scène et directeur, les félicitations les plus vives.U est I âme dirigeante du M.R.I.français 1| est l’instigateur du magnifique mouvement auquel nous avons assisté celte dernière saison.M.Duliani s'est multiplié pour assurer le succès de sa troupe.On l’a vu à tou* les emplois.Non content de diriger el de faire la mise en scène, il a bien voulu retoucher les textes, remettre debout des scènes entières, qui n'étaint pas — dans la version originale — de» mieux adaptées au théâtre, aider de son expérience le» ailleurs débutants.On peut être assuré qu’il s'ejt occupé également des costumes, des décors.Directeur, metteur en scène, auteur dramatique, décorateur, co-tumier, inspirateur, propagandiste, il a tout fait, il a vu à tout.La saison prochaine semble devoir être plu» intéressante rncore que celle qui sc terminait au Plateau le I I mai.Quatorze pièces déjà — dont deux en trois actes— ont été soumises au M IL I.français.M.Duliani aura le choix.Il n’aura ainsi pas besoin, comme l'an dernier, de récrire à l’occasion un acte entier afin que ics représentations puissent avoir lieu aux dates prévues, et que le matériel ne manque pas à la jeune troupe.Ce n’est pas, en somme, qu'il soit mauvais que M.Du liani mette son talent au service de nos apprentis-dramaturges ; mais ce n est peut-être pas là le moyen le meilleur de les former, et lorsqu’il y a concours, les jeunes gens réduits à leurs seules ressources se trouvent handicapés et ne peuvent rivaliser avec ceux qui bénificient d une aussi belle science du théâtre, l'.t puis, M.Duliani s’impose déjà une tâche de titan ; il n’est que juste que chacun fasse sa part de travail et que le directeur n’ait pas à faire, le boulot des autre», aussi porté qu'il y soit par son obligeance naturelle.Mais, telle qu'elle s’annonce, féconde et fructueuse comme jamai», la saison 1938-39 à la section française du M.R.I .ne devrait pas laisser grand répit à M.Mario Duliani.E.-Ch.H.RONDIN et ENCENSOIR Les rondins ?.de la p'tite bière., compares aux exégèses de Bcrthelat, * * * Au fond, cher Brunet, ces ”bien» pensants” que vous démolissez ne veulent qu'une chose.à * * .ou plutôt deux, sauver votre âme el vous ctriper en douce.* * ?A propos, entant terrible de la critique, voulez-vous rigoler ?Eh I bien, lisez "Valdornbre en soupers d'boeu”.c'est le fin du fin.* * ?Le jeune portraitiste vous prévient dès le début qu’il p a, dans son portrait, analogie avec “Anatole h rance en pantoufle”.Tu parles ! * * * L'interview et le portrait, voilà la combine des parasites du journalisme.* * * .en quelques paragraphes, ils vous font voir de parfaites nullités sc changer en grands hommes ; des politiciens véreux se métamorphoser en philanthropes, de misérables gratlc-papicis, se muer en auteurs célèbres (je ne parle pas de Val-dombre) ; d'ignares cabotins se transformer en grandes vedettes.pouah !.c'est déguculassc.* é * Cherchez la femme.* * * Quelle galéjade, ce salon littéraire ! 0)i p parle de tout, sauf littérature.* à * La plus humble des dactplos lisant un bon auteur sur un banc du Parc Lafontaine, est, à mon gré, plus intéressante que la plupart de ces salonnards plastronnant entre la poire cl le fromage.sens propre cl figuré.?* * Nous, les bai bares du ‘ lour”, ne pouvons parler d'art italien.Ce décret, promulgué à la Casa d’Italia, nous l'interdit sous peine du plus grave des châtiments.l’huile de ricin.* * * Etant barbares parce que profanes cri ”croules” canada-italiennes, nous abandonnons le côté artistique de la fameuse fresque pour parler de son aspect politique.* it é Nous posons la question à M Louis /¦rancoeur, giand esthete civilise et fasciste, ainsi nu’à son grand ami.Signor X., non moins grand esthète civilisé et fasciste : Est-il convenable d'exposer, artistiquement ou non, la gueule de quelques massacreurs de nègres dans la voûte d une église montréalaise ?* * * Nous attendons la réponse d* 'La Déformation Littéraire” et de "Au coin de la rue”.* + * Les fêtes de l'ile Sainte-Hélène, nui nous dit que ce n'est pas là l'origine de “Notre Bonheur" ?* * * Je serais honoré de connaître / toi mon Bonheur enfuit que j’attends toujours.* * * Au fil de l'eau, mon rêve se continue et finit par se perdie dans l’inéluctable réalité.Je laissé aller ma barque au gré de son caprice.Le faible courant m’entraîne entre les rives peuplées de libellules.Tout est comme autrefois.Pour- laid, on dirait l'eau plus bleue, les fou-géies plus vertes, le soleil plus brillant ; l’air même semble purifié.En tenue légère, cheveux au vent, toute ma jeunesse offerte au soleil levant, je rame doucement en sentant une vie nouvelle s'infiltrer en moi.Je ne rive plus.Je songe que ce qu’il y a d’étrange dans ce malin de juin n'est que l’effet produit par ma venue inopinée parmi cette nature inchangeable.C'est moi, l’étrangère, la citadine dépaysée.Cet aspect different des choses que mes yeux voient* nail du fait qu’ils ont perdu l'habitude du grandiose, de l'infini.Je remonte tranquillement le courant et revient au quai en songeant qu'il fait bon de vivre tout simplement.Pivre sans trop demander à la vie et en ne prenant que ce qu’elle peut donner.Je conçois .aisément, combien il est facile, en s’aidant un peu, de se sentir moins triste, de trouver à chaque chose un visage plus riant, un reflet de beauté, sans avoir à y suppléer le rêve.Quand f accoste ma barque, je sens sourdre en moi des espoirs fous qui m’invitent à me lancer à la poursuite du Bonheur que la vie me refuse.Brin de MIL UNE SA U.K DE BAIN NETTE ET PRATIQUE Au»*l petite »oit-«l!e, Ingènlez-vou* pur tou» le* moyens u rendre attrayante votre nulle de bain.Il est si agréutile de faire sa toilette dans un endroit clair et propre Evite* ce qui ne *« lave pas.Ptene* vos rideaux en vrai tissu caoutchoute.On trouve dans le commerce un grand choix •le coloria, de dessins et d'épaisseurs différents.UNE BAIGNOIRE LAIDE DEVIENDRA JOLIE.81 le luxe d'une salle de bains ultra-moderne ne vous est pus permis, ne vous désolez pas.Nous voua uiderons a en uvotr une charmante a peu de frais Votre baignoire est démodée, arrondie aux angles, haute sur pieds?Faites faire par un menuisier des panneaux de bols qui s’encastreront autour d'elle, formant une botte carrée; horizontalement une plaque de bols formant angle droit avec le panneau, viendra s’adapter h l'nrrôndl de )« baignoire soua la rebord, peint au rlpolln, de la couleur de vos murs, c'est-A-dlre pûle ou ro»e clair pour que l'ensemble aoit gai, ces panneaux fixés entre eux par de grosses via donneront à votre baignoire un aspect tout à fait moderne.81 ta baignoire prend toute la largeur de la salle de bain, un seul panneau allant des deux côtés, Jusqu'au mur et des plaques de bols horizontales suffiront.Hur votre baignoire, faites poser une planche mobile en bola rlpoltné, elle remplacera avantageusement les divers objet* qui encombrent: porte-anvon qui trempe dan* l'eau parce que la baignoire «et trop pleine; porte-éponge à traver» lequel brosse à ongles et gant de crin trouvent toujours moyen de ae faufiler 81 voua pouvex fixer au centre une glace grossissante, elle servira h votro mari S «a raeer confortablement tout en prenant son bain.INSTALLEZ VOTRE DOUCHE VOUS-MEME Vous ne disposez que d'un cabinet de toilette ou d’un coin de votre cuisine et vous aimer!»* installer une douche.Vous pourriez faire faire une cuve carrée eu porcelaine cimentée »u sol, entour.te d'un rideau do caoutchouc évitant de salir le mur et le parquet, Mule vous n'en ave* peut-étie pas U moyen?Cala n'a pas d'importance Vous pouvez acheter une douche mobile qui fera très bien l'affaire, vous l'utiliserez debout dan* un tuba.Il y n de» douches mobiles très pratique» pour une somme modique PETITS DETAILS.PETITES DEPENSES Pour le coton et le papier ayant »«rv.au démaquillage, ayez un cornet de tôle rlpollnée, avec couvercle ne rabattant, A moins que vous ne fabriquiez voiu-mitr,-une boite en carton, ce qui eit tréa facile: découpez un rectangle de carton épais de 20 cm, de hauteur, Ml cm.d* long et un disque de carton de la mém* épaisseur, et de IB cm de diamètre; réunissez les bord* aveo une bande de toile collante, pour former un cylindre; de la mume façon, fixez le fond et laquez le fond avec une peinture lavable.N'oubliez pas le bocal de verre, pour maintenir l'ouate hydrophile h l'abri de la poussière, ni le distributeur de papier A démaquillage (voue en trouverez en métal chromé au rayon de parfumerie), ni le aac à linge sale dans le même ton que celui dus rideaux.Au sol, un linoléum uni, a moins que vous n'ayez du carrolage.81 vous pouvez assortir votre llnga, peignoir, serviette éponge, tapis de bain • In teints de votre cabinet de toilette, Il n’en sera que plu* Joli.Ids blanc étant moins K la mods, on trouve un peu partout oes pièces de linge dans les teintes pastol, si en faveur pour les anllea -port par la multitude de* uutomo-bile* privée*, en un pays où il y a environ une voiture par huit per-•otinm, le» chemin* de fer ont perdu énormément de leur clientèle et n'ont pu répondre aux espérances que l'on fondait sur eux.I,*ur développement s’eat tout à coup arrêté, et on ne sait pa« ce que sera l’avenir.De la aorte, les milliers de personnes qui ont placé leurs capitaux ou leurs épargnes dans le rail sont menacées de subir éventuellement de grandes pertes.Le Pacifique Canadien, qui avait construit le premier Transcontinental Canadien, avec l'aide d’un gouvernement qui avait besoin de l'entreprise privée pour de tels travaux, a réussi à se maintenir convenablement grâce â une administration de* plus attentives.Quant nu Chemin de fer National, il provient d’une faillite d'entreprises privées, qui ont été •dictées par l'Etat ver* la fin de la guerre, du temps de M.Meiglicn, si nous avons bonne mémoire.Ln transaction faite à cette époque ne fut pas avantageuse aux Canadiens.Le gouvernement assumait, du fait, une dette énorme, dette de plus d'un milliard, qui ne fut jamais payée et dont l’intérêt seul suffit annuellement à imposer à ce chemin de fer un déficit accablant.Le tort du gouvernement fut de payer plein prix une compagnie qui était en banqueroute.L'intention était bonne peut-être: on voulait protéger les capitaux engagés dans l’affaire et surtout ou ne voulait pus donner mauvaise bouche à ceux des capitalistes qui, dans la suite, allaient songer à établir des industries dans notre pays.Mais uucunc maison d'affaires n'aurait agi de la sorte: elle aurait payé un prix de faillite, rien de plus.Le mal est fait.II est inutile de diecuter longuement là-dessus.Id* gouvernements qui ont régné, depuis la guerre, on fait un essai loyal de l’entreprise d'Etat.Durant la période prospère, de 1924 à 1929, on a cru nue les choses s'arrangeraient.Ou • wt ators lancé dans des prodigalités imprudentes, qui ont forcé le Pacifique Canadien n suivre la même voie et qui ont occasionné la perte de millions de dollars.Cependant, les leçons de lu crise furent profitables.Un jour vint où on consentit à établir une meilleure coopération entre le C.P.R.et le C.N.R.Des trains inutiles furent supprimés, une circulation mixte fut établie entre des centres importants, tandis que, sur d'autres pointe, on se livrait à des economics vraiment louables.Il en résulta un sauvetage de quelques millions de (loi-lait chaque année.Mais l’expérience est faite, et il est reconnu, aujourd’hui, que la simple coopération ne suffirait pas à sauver les chemins do fer d’un certain désastre.Le public souffre des déficits du C.N.R., qui s’élèvent à bien pré* de $9(1,000,000 annuellement, si on se donne la peine de tout compter; d’un autre côté, le C.PfR., avec des obligations moindres, subit des dommages considérables du fait de la concurrence qui lui e«t imposée de toutes parts.Entre femps, les affaires diminuent et le transport est dans une crise de plus eu plus profonde.Telle est la situation.Est-ce que le peuple du Canada, déjà endetté de plus de sept milliard.! ($7,393,-000,0001 par ses divers gouvernements, est capable de supporter plus longtemps les dettes et déficits de ses chemins de fer.et ceux-ci.de leur côté, sont-ils capables de bien fonctionner?D'ordinaire, le* entreprises qui n’arrivent pas à équilibrer leurs revenus et dépenses sont vouées à la disparition: mai* ici.il s'aiit de véritables services d'utilité publinue, dom Je fonctionnement est indispensable.Il est clair «pie ce n'est pas avec de* camions qu’on transportera le* récoltes de l’Ouest, par excmnle.Il est non moins clair que nos hivers lie nous permettent pas de nous passer du rail, sur la plu:* grande partie du territoire.Reste à savoir s'il y a des économie* à réaliser.Et c’il y en a, il e:t du devoir des gouvernants comme de l’intérêt du peuple de prendre les moyens nécessaires ù la réalisation do ces économies.Or.de l’avis de tou* roux qui connaissent • le moindrement le* conditions, seule l’unification de* chemins de fer peut foulnger à la fois le publie et les chemin* de fer.Nous n’hésitons fias à dire qu’il aérait possible d’économiser annuel-lenient une somme variant de S75 à $100 iiiiiliotw, «i an crée une seule et unique administration, «i on supprime toute* le* ligne* inutiles, *i on fusionne diver* services, usine*, etc., «i on contracte graduellement le nombre de» employés.La principale objection vient, rroyone-nou», de ce dernier item: le nombre de* employés.Mai* il est admis, aujourd'hui, que, dans l'unification, on lie renverrait pas le* travailleurs de» réseaux: ou -,e contenterait de ne pas remplacer ceux qui, bon an, mal an, disparaissent.En faisant le compte des employés qui quittent leur emploi, tous le» ans, on calcule que, dans cinq aiu.on aura atteint le but, qui e»t d'éliminer, «ans mettre personne à pied, 17 pour cent des eniplovés.Il y a là une économie considerable à réaliser, et on la ferait sans injustice pour personne, puisque les employé» resteraient a leurs postes.On a aussi crié au monopole.A ceci, on répond: 1.— L'Etat devra constituer un Office des chemins de fer avec des pouvoirs plus étendus, de façon à garder un contrôle; 2.— les chemins de fer ne peuvent être un monopole avec la concurrence formidable de la route; 3.— nos voie* ferrées sont en concurrence avec celles des Etats-Unis, qui transportent les mêmes produits et qui, par leurs prix, ont une influence considérable sur nos marchés d’exportation; 4.- le seul danger d’un monopole serait une augmentation de» prix, mais il est plus facile de diminuer les prix quand on fait de bonnes affaire» que quand on en fait de mauvaise».Le facteur politique joue un rôle important dans ln question.Les divers partis ont peur du public.L'électorat, exploité par de» démagogue», peut facilement être induit eu erreur.Mais si nos hommes d'Etat n'ont ni le talent ni le courage d’éclairer le peuple sur ses propres intérêts, que valent-ils?Paul R1VERIN Sur un article traitant d’art.Montréal.20 juin 1938.Cher Monsieur.Dans votre numéro du 18 juin, vous ave: donné un article: ‘Aperçu sur la Peinture Contemporaine .qui représente un point de vue particulier essentiellement juste en soi et exprimant la vérité sur l'art de peindre en général et tel que conçu conventionnellement.Il est évident que l'oeil du peintre est un "miroir intelligent.mais précisément parce que ce "miroir" est intelligent, il ne peut que traduire les choses de la nature selon la dé-formation que leur fait subir cette intelligence humaine éminemment imparfaite.L'auteur de cet article énonce les diverses écoles par lesquelles la peinture a passé au cours des âges, et surtout depuis l’époque moderne pour arriver à notre époque contemporaine.Cet exposé parfaitement juste peut se soutenir, mais nous nous permettrons d'en envisager un autre, et qui peut éaalcment se soutenir au même titre.Nous laisserons le lecteur juge d’accepter celui qui lui semblera le plus logique.L'article en question dit avec raison: "qu’une oeuvre d'art symbolise l'époque ou l'artiste a vécu.qu elle représente la culture de cette époque et devient l'image d'une civilisation.En conséquence l’artiste ne doit pas ainsi faire de la photographie.C’est à ce sujet que nous nous permettrons donc d'exposer un avis contraire et d'en donner la raison.En effet, il est inutile de démontrer que la nature est parfaite en elle-même et que tout ce qui procède d’elle est parfait en soi.La nature, oeuvre de Dieu, possède donc cette perfection que l'homme doit atteindre, et tel est le but de son travail terrestre.Par conséquent, l'homme qui chei-che a reproduire la nature en son intégrité se rapproche donc de cette perfection.Nous savons quelle est inaccessible en son intégralité à l’être humain çn raison de l’imperfection CURIEUX DIPTYQUE De Gaspard Petit à Berthelet Brunet (O Ga»pard Petit.Y homme au gramophone, vivait à l'époque où le» nie» se chauiaient de pavés de boi» et de crottin (Mon Dieu ! comme Montréal sentait !e cheval et le petit voyage !) ; je disais donc à l'époque où le bai de la ville était plutôt silencieux, malgré les fiacres et leurs sabots ferrés, les cris isolés des marchands de légumes et, en général, ceux des hommes d'affaires.Ce silence, on se rappelle, avait suggéré à Gaspard Petit de le garnir, sans le troubler, de sons harmonieux.Afin que les points saillants du bas de la ville ne fussent pas jaloux de sa musique, Petit avait fixé son gramophone à une petite voiture surmontée d'un dais à glands de velours.C'est ainsi qu'il est devenu le gramophone ambulant.Béquil-leux, parce qu’amputé d'une jambe, Gaspard Petit confiait sa charge à un chien Saint-Bernard avec lequel d’ailleurs il s'attelait dans les côtes, par exemple de la Place d'Armes.Gaspard Petit, à bon droit, peut être surnommé aussi le pionnier de la musique roulante au Canada.C'est à son initiative que nous devons la radio dans les automobiles.Plutôt que de se rendre, aujourd’hui, aux croisements des rues, où sur les places, pour entendre de la musique ; ou rester simplement chez-soi, nous pouvons aller au garage.Gaspard Petit est encore de même le pionnier de la critique d'Art.Lorsque ses disques souffraient d'usure, ou scs aiguilles, qu'il s'agit d'une chanson grivoise.notre petit père entonnait clairement les parties absentes, ou devenues incompréhensibles des disques.S'il était question d'un sketche, il nous fournissait des explications.Pour la transcription des symphonies et des fanfares.Gaspard toujours si une coche venait à manquer expliquait quand même, comme l'on peut entendre parler aujourd’hui d’une musique, sans l'avoir lue, ni écoutée.Lorsque Gaspard était trop saoul pour se substituer à son gramophone, le chien avait peur mission de sc mettre à hurler.On comprend que les recettes n’étaient pas toujours fameuses.Pathé.r on s’en souvient, nous invite aux éditions de son phonographe en plaçant un chen blanc aux écoutes.J’ignore si Gaspard Petit était payé pour sa publicité.Il n’en continuait pas moins la tradition.Que Gaspard fut le père de la publicité, j’en doute.Il reste en tout cas l’ancêtre de l’annonce pittoresque, sinon du film parlant.Il est l'ancêtre avant tout des marchands du livre d’Art, puisqu'il parlait mus:»;ue lui-même.J'cvoquc ici la îumcur des fers sur les pavés de bois ; uu Montréal où les chiens n'elaient pas en lesse et muselés ; un Montréal adonné à la musique à rcs-rorts, avec les foules qu’attirait Gaspard Petit sous les beaux arbres de la Place d'Armes.à l’angle des rues Craig et Bonsccours, Place Jacques-Cartier, ou Carré V' iger, etc.; j'évoque l’homme au gramophone, accroupi avec son chien, sur la bordure des trottoirs ; la petite voiture n dôme et son long cornet tourne à contre vent ; en un mot un Montréal musical, le tout afin de pouvoir rendre cotnptç, aujourd’hui des difficultés actü'ellcs encourue» par les marchands d’Aft ambulant : les fi!:- pour tout dire de Gaspard Petit.f * * * Certain jnarchanSydé livres ne s’attelle pas avec un chien, mais le "junk" qu’il porterons le bras n’est guère mieux, surtout dès que le même ambulant a les pieds plats et les jambes si courtes, à elles deux, qu’elles sont inférieures à la mesure d'une jambe de Gaspard Petit, la seule qui lui restât.Disons tout de suite que par reconnaissance pour les services rendus à Gaspard, ce même peddler redoute, comme du diable, la présence des chiens dans les rues.Son peu de moyen de les fuir l’excu3c.Notre fournisseur de livres, qui passe loin des bibliothèques et des libraires, (Gaspard Petit ne fréquentait pas les concerts vivants) n’est pas en voiture, non plus s’y attelle.C’est ici son premier malheur et son infirmité.Chacun la sienne.La foule ne vient pas à lui, qu'il soit Place d'Armes ou ailleurs.T ous les garçons d’ascenseurs, les lifts comme dirait Marcel Proust, le connaissent.Comment parler d’Art dans une rue chaussée d'asphalte et de pierres ; où les roulants sont garnis de chaînes dérapantes et les roues du tram, de fer ; où chaque porte est surmontée ou donne accès à un haut-parleur ; où les cotes s'énumèrent et s'échangent ; où les annonceurs de bretelles vous interrompent avec des détails d'élasticité ?Comme nous sommes loins du recueillement des pavés de bois ! Si le livreur s’accroupi sur la chaîne des trottoirs, on l’appréhende parce qu’il ne porte pas de béquille.S’il choisit le banc d'un parc, il passe pour chômeur.Qu’il ne s'arrête jamais dans une pharmacie : on dira qu'il est adonné au parégorique.Soyons quand même reconnaissant n Gaspard Petit d’une innovation utile de nos jours à certain marchand de livres, puisque celui-ci l’hérite avec bonheur : parler quelque fois d’une chose qu’il n’a pas au moment précis, et la vendre avec délai indéfini de livraison.Gaspard commentait sans justesse les silences de certains de ses disques.Il promettait des suites qu'il oubliait.Sa casquette posée à terre s'emplisait indifféremment.1! reste que le phonographe ambulant n était pas journaliste, même si sa binette parut souvent en compagnie de Marie Scapulaire et de Mrs Carry Nations dans les journaux de l’époque.Le descendant de Gaspard le dépasse avec scs accès dans les feuilles et les revues.Là, il peut se venger et se reprendre et comme il y va de main ferme.C'est qu’il n’a point la voix de l’ancesseur.Jean-Aubert LORANGER (I) Quand je dis Berthelet Brunet, i est façon de parler.Si vous ne le reconnaissez par.remplacez-le par mon nom, ou celui d'un autre.Ceci est d’ailleurs purement amical à défaut d'être familial.présente de cet être; mais il doit toujours chercher à sen rapprocher dans son activité de la vie, et non s’en éloigner.Etant donné ce principe fondamental qui doit diriger et orienter l'esprit, toute oeuvre humaine ( et la peinture en ce cas) doit tendre vers la perfection.L’homme doit donc chercher a représenter cettî nature dans la mesure accessible a son intelligence, et toute oeuvre devient réellement artistique dans la proportion même ou elle sc rapproche de l'expression naturelle intégrale.La photographie est incontestablement le moyen mécanique d'obtenir cette perfection de la nature dans la relativité physique ou elle même peut la traduire, puisqu’étant une reproduction sur plan à deux dimensions, elle ne peut qu’impar-faitement en rendre l’expression.Ainsi la peinture qui traduirait un paysage dans l’intégralité ou le fait l’appareil photographique produirait une oeuvre d’art dans l'acception totale du mot, car il posséderait le don d'analyse et le sens intuitif capables de rendre en son intégralité le sujet qu’il peint.Il est une règle fondamentale en art: c’est la justesse du dessin.Or, il est indéniable que nombre d’oeuvres ont péché en cette base même.Il est un principe essentiel à tout travail de mérite; c es la justesse çles tons.Et il est incontestable que les fantaisistes de certaines peintures ont violenté cette loi.11 existe une preuve infaillible pour juger une oeuvre: Quelle réaction p r o v o q u.e-t-elle sur le public?.Qu’elle soit bonne ou mauvaise elle reste toujours juste, car la masse ignorante de toute loi conventionnelle ne juge que d’après le sens intime de sa conscience.Or.cette conscience est naturellement positive lorsque l’homme ignorant se place en face de lui-même, parce qu’aucune déformation d’éducation mondaine ne l’a encore contraint à juger faussement.Qu’importe les conventions.il est typique d'entendre les réflexions de la foule à la vue de certaines oeuvres.Si le public n’y comprend rien, c’est qu’il n'y a rien, car toute peinture idéale devant exprimer réellement la nature, cette masse ne peut comprendre cette oeuvre que dans le rapport exact ou elle rend le sujet traité.• Par conséquent, plus une peinture rendra la vérité que les yeux voient, plus'-cette oeuvre sera juste et bonne.Tous les sophismes qui ont accrédité les aberrations modernes et contemporaines ne signifient qu’une chose; l’humanité, comme le dit l’auteur de l’article, est détraquée, désorientée, déséquilibrée, et si la peinture traduit la mentalité actuelle des hommes, elle est justifiable à ce point de vue.mais on ne doit pas l’appeler de l'art, car c’est au contraire de l’art à rebours.Dieu veuille que cette désaxation ne soit pas de longue durée, et la tendance qu’ont certains peintres de nos jours à revenir au classique prouve bien que l’orientation logique de la raison ramènera fatalement le sens artistique à sa véritable impulsion qui est la correction.Un modèle du genre que nous avons pu voir ici dernièrement: Sti-ka, est la confirmation de cette théorie.Evidemment, ses portraits et ses oeuvres d’orient ne sont pas de* photographies.mais elles se rapprochent de ce genre comparativement à Monct.(le père de I impressionnisme dont on dérive toutes les élucubrations fantaisistes contemporaines).Si cet artiste (Monct) n’avait eu Clémenceau pour l’imposer au public de France, nous Saurions pas vu sans doute les décadences outrées qui l’ont suivi.Ce genre serait resté dans la sobriété de Corot dont la poésie mélancolique a toujours réuni tous les coeurs épris de cette harmonie de la nature et qu’il a traduit si parfaitement -dan.* ses oeuvres.Si les Stika, les Schultz, retournent au classique par l’exactitude de leurs lignes ils ont adapté le colorh moderne à leurs oeuvres tout en restant dans le juste ton que comporte l’amour de la vérité.Les acrobates du XXe siècle (et ceux de la fin du XIXe) auront au moins servi à quelque chose: faire concevoir jusqu’ou l’aberration humaine peut aller, soit dans la traduction personnelle de la nature, soit dans l’ineotic de la “classe intellectuelle" qui par snobisme a regardé, a admiré (sans savoir pourquoi) ces oeuvres, et les a achetées.Espérons que nos petits enfants relégueront au cachot ces toiles pou, ne pas avoir à rougir de nous, leurs grand parents déséquilibrés.Une amie de la peinture.Note de la rédaction.— I.c point de rue exprime dans la lettre précédente est probablement trop simple pour être vrai.Nous ne crânons pas que les Stika s soient de artistes, et nous leur préférons de beaucoup l'étrange Monct.I.a ncir.-turc qui se rapproche de / > photo graphie est nulle.Et i! ne faut r* décourager chez l'artiste.I’inlarguable recherche de l'inconnu.].(• IL CHOSES du JOUR La confédération Premier juillet.C’est la fête de la Confédération.Ce qu’on célèbre ce jour-là, c’est l’Unité canadienne.Nous en sommes.Notre journal a été fondé surtout pour combattre le provincialisme, le séparatisme, les tentatives de décentralisation, les luttes entre nationalités.Nous avons tenu promesse.Nous avons bien confiance d’avoir contribué, pour une large part, depuis un an, à abattre les tentatives ridicules de rupture des liens, fédéraux.Nous continuerons sans relâche notre travail de pacification et de bonne entente.Nous sommes contre les drapeaux provinciaux, contre les crédos provinciaux, contre la mise en étroit pacage d’une humanité qui n’a pas besoin de crever de faim et de ridicule pour vivre.C’est pourquoi nous souhaitons l’union de tous les Canadiens, dans une confédération de provinces qui, toutes ensemble, donneront naissance à une grande et belle civilisation.‘‘Le JOUR" Mi-laïque, mi-religieux Le collège Stanislas de France annonce officiellement qu’il va fonder à Montréal, dès l’automne prochain, une filiale qui tentera de transporter ici la culture française, en l’adaptant au milieu canadien-francais.On commencera par les classes d’enfants (6e, 7e et 8e), et on adoptera le programme français, tout en tenant compte dès exigences du baccalauréat de nos universités.Le directeur du nouveau col.lège sera un ecclésiastique dinin* gué, M.l'abbé Lemoine, cKe£ lier de la Légion d’honneur On comprend qu’il s'agit ici de l’équivalent du Lycée fran! çais, dont il a été beaucoup qUes.don, ces mois derniers, et dont M.le sénateur Dandurand fut l’un des principaux organisa, leurs.Ce n’est évidemment pas un lycée dans le vrai sens du mot que l’on établit dans la métro! pole.C’est un collège mi-reli! gieux, mi-laïque, sorte de com.promis qui devrait satisfaire lCj diverses opinions et produire d’heureux résultats.Ce- n’e3t pas tant l’Institution laïque qui importe que le chan.gement d’orientation, de pr0.gramme et de culture.11 est évi.dent que les traditions pédagogi.ques de Stanislas dépassent les nôtres ; il est non moins évident que les professeurs français ont une meilleure formation, en général, que les nôtres.Il faut en conclure que la filiale de Stanislas marquera un progrès dans nos études secondaires.Au reste, le clergé français est de beaucoup plus large que le nôtre, chez qui restent des traces assez profondes de jansénisme.Ce clergé mettra, dans les études, une note plus humaine.11 sortira de leurs mains une génération plus aérée, qui influencera les autres.Là est du moins notre espoir.11 va sans dire que la plupart des professeurs seront des laïques.Ils seront les bienvenus chez nous.P.R.Le JOUR c»t édité par la compagnie du Jour Limitée, 180 cat, ruo Ste-Cathorine, (suite II), Montréal, tél.: ftPL&tean 8471, Jcan-Oharlea Harvey, directeur.Imprimé par la Cie do Publication La Patri», Limitée, Montréal.Les Mots Croisés du Jour par T1TTL1T ?nrrn o mn ?m WTM O cm ŒÉÉI mo ?o ?ŒD iioiu/.o>tvm:mkxt 1—C'est encore dan» (imprimerie qu'on rencontre les plu# rfeist-ants.— La lâcheté molli ll-0e." Lettre grecque.__ Pressera'.accélérerai.— Préfixe indiquant multiplication d'une grandeur par un million.r.—Peigne de tisserand.— 2e conjugaison.— une nou* apportons en naissant t -Symbole chimique du cuivre.- Le retour à la terre.— "Paresseux".— Ou verbe rire.r.Ancienne ville de Chaldêe.— Art.contracté n sourdine r» r (Asie N mpu Pr/fv* >uru des > *•' ••"milan "tour per f-Heu .n de •la d* i iur h • tfi
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