Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 13 août 1938, samedi 13 août 1938
•y 7t< mm V# xsst/s.û«a£ .i-.-ôiL' ,< *'?E il f&kNCÇ) sc%[> fr* tire ANNEE No 48 S CENTS 13 août 1938 Patriotisme d'aliénés par Jean-Charles HARVEY l Un religieux qui a renoncé au monde pour 4e i>°n el lu‘ ^occupe de *e* affaires, disait ïéeemment avec un accent de tristesse: “Les Eircs ennemis de notre peuple sont proba-lement leu disciples de l’abbé Groulx.” I! ajoutait après un silence: “L’excuse de ce grand nationaliste, c’est peut-être de n’avoir pas été compris de scs élèves.” La plupart de nos extrémistes se réclament »n effet de notre führer nationalisant.J’admets qu’ils ont interprété le maître de façon fantaisiste, qu’ils ont dépassé de beaucoup Je sens et la portée de scs leçons, que, d’une doctrine de fierté nationale, ils ont fait un ragoût do lieux communs racistes et démagogiques.Mais le fait reste: la génération qui est sortie de là est faite de boutefeux inutiles, braillards et brouillons.J’ai raison de croire que les cris de haine d'une infime et bruyante minorité — couvrant la voix de la majorité des Ganadiens français, qui est saine — ont fait perdre à Dos jeunes maintes occasions de gagner leur vie.Un député de mes amis, dont je connais Je patriotisme éclairé et judicieux, m’écrivait, ces jours-ci, la lettre suivante, qui en dit long fur les conséquences de nos.inconséquences: "Dan» le dernier numéro du JOUR, lu répond» à Adrien Arcand, qui prétend que, fi les Canadien» français n'ont pas leur part dans l'aviation, c'est la faute, des gouvernant».Ta réponse est excellente.Il est évident qu'on n'entre pas là en tirant drs ficelles, mais en démontrant ce qu'on vaut cl ce qu’on sait."Tu aurais pu ajouter que le “gueulassagc" des Arcand, des séparatistes, des antiAnglais, des antimilitaristes et autre, de même poil, contribue beaucoup à augmenter la résistance que nous éprouvons quotidiennement uand nous voulons pousser nos jeunes dans armée, la marine et l'aviation.Que de démarches ¦fai faites dan» celle voie pour certains de mes jeunes électeurs désireux de se faire une carrière dans l'armée, l'aviation ou la marinel Bien que ces électeurs soient aussi intelligents et débrouillards que ceux des autres comtés ou des autres provinces, mes efforts n'ont jamais abouti.J’ai l'impression que mes autres collègues de la province de Québec n’ont pas plus de succès que moi sous ce rapport, Doit-on penser que, dans les cercles militaires, fi Oltaica, on se défie des Canadiens français?Peut-être.On dirait /tar-fois que le mot d'ordre a été donné de "coller" nos candidats.Par exemple, on refusera ud aspirant parce qu’il manque un demi-pouce à sa taille ou parce que son tour de ceinture n’est pas standard.Le plus souvent, on "prendra la chose en sérieuse considération", c'est-à-dire qu’on n’en entendra plu» parler.“J'attribue cette résistance aux discours et articles de journaux de quelques fous qu'on nous a fabriqués, dans notre province, depuis plusieurs année».Après les déclarations échevelées de ce» inconscients, les chefs de l'armée, de la marine et de l'aviation sont persuadés que les Canadiens français sont des traîtres i leur pays et ne veulent rien faire pour le défendre.Est-il étonnant, dès lors, que les inscriptions des Canadiens français dan» ces carrières soient si rares?Tel est le tervice que nos ahurissants “nationalcux" Vendent à la jeunesse dont ils parlent tant et qu'ils ne cessent d'abrutir de leur quichot-tisme".U y a sans doute beaucoup de vrai dans eette opinion d’un député qui connaît tous les rouages fédéraux, qui a frayé longtemps dans les milieux anglo-canadietis et qui peut juger des réactions de certains chefs de services en face d’anathèmes de quelques illumines contre tout ce qui sent l’anglais.Donc, jeunes gens-qui, voulant travailler et vous faire une carrière, avez subi un refus, pensez que, bien souvent, les hommes qui vous ont fermé la porte de votre avenir sont ceux-là mêmes dont vous avez applaudi, certains jours, les creuses et malfaisantes déclamations.* * • Savez-vous quand nous aurons la paix, dans la province de Québec?C’est quand l'Etat aura acheté quelques ambulances pour transporter à la Longue-Pointe et à Bcauport tous ttoe ’fesseurs de vent: quelques chefs de jeunes patriotes, quelques baptistards invétérés, quelques séparateux, quelques leaders froulxistes, quelques directeurs et rédacteurs de deux ou trois hebdomadaires infects.Tel jeune homme, par exemple, qui sortit un jour d'Oxford par l’endroit d'une vesse, devrait aller perdre dans une clinique de neurologistes ses démangeaisons d arriviste, ew dégobillage* anticanadiens, ses fureurs anti-eonfédérativee, ses rages de nain impuissant et baveux.Une fois ce nettoyage terminé, on pourrait dire à la foule des jeunes gens de bonne volonté, que les énergumènes du racisme ont égarés: -Ve dites pas que vous êtes supérieurs, Wyez-le! Ne dites pas qu'on vous ignore ou persécute, apprenez plutôt les sciences! Ne clamez pas tant la gloire des aïeux, rendez-vous dignes d'eux en étudiant les matbéma-tiques ! Ne vous [daignez pas de manquer d argent, entrez dans la finance par la porte ¦** travail et de la diplomatie! Ne réclamez Indépendant poIitiquey littéraire et artistique Directeur: Jean-Charles Harvey Administration et réduction, 180, rue Stc-Catherine est (suite 41), Montréal — Tél.*PL.8171 LE CHAT SORT DU SAC! BILLET « AVEC LE SOURIRE Pauvres Montréalais! On se prend à regretter, par les jours chauds, qu'il n'existe pas, à proximité de la métropole, un parc national comme celui qui se trouve, presque aux portes de la ville de Québec.Nombre de Montréalais vont vers le nord, par la route de Saint-Jérôme.Chaque dimanche, les chemins sont, encombrés de voitures qui font d’interminables processions.11 y a.dans les montagnes, des forêts, des lacs, de nombreux chalets, des clubs privés.C'est, le seul refuge d'une population qui, parfois, ne sait où aller.Pour ceux qui n'ont ni les moyens ni le temps d'avoir un chalet ou un club, dans les Laurentides, il n'y a aucun endroit où ils peuvent aller sc délasser, hors de piètres auberges.Une classe entière de travailleurs de la classe moyenne, ne disposant que de courtes fins de semaines, se porterait volontiers vers une réserve de la Couronne, où, moyennant quelques dollars par jour, elle aurait chalets, pensions, amusements, pèche et repos.Nous n’avons pas suffisamment étudié la carte des propriétés de l’Etat pour savoir si un parc national est possible dans le voisinage de Montréal.Le nord immédiat de Montréal est déjà passablement pris ou gâché.Dans la direction de la région du Saint-Maurice peut-être.C'est à voir.Nous recommanderions à M.Onésime Gagnon d’agir de concert avec le ministre des Terres et Forêts pour étudier la question.La chose en vaut la peine.Nous avons la conviction que cette population'citadine, qui atteint le million, aurait besoin de cet oasis, en été.Et cela paierait, croyez-nous.Les autres parcs soit, dit-on, en déficit.Pourquoi ne pas créer une réserve capable de rapporter du profit?pas nos ressources naturelles par des hurlements, soyez des ingénieurs, des chimistes, des botanistes, des minéralogistes! Ne menacez pas ceux qui peuvent vous faire vivre et vous donner des promotions, soyez enables de remplir tous le* emplois et sacriez sourire au lieu de montrer le poing! Ne chantez pas trop ‘’On cet Canayen ou ben on l’est pas!”, entrez doucement, tranquillement.calmement, dans votre cabinet de travail et préparez-vous à être un Canayen propre et prospère! J'ai une expérience considérable du pays, des hommes et de?choses.Croyez-moi, jeunes gens.! Rien ne résiste à la vraie supériorité, à la compétence.\ oils ferez plus, beaucoup plus, pour reconquérir nos ressources naturelles, pour acquérir richesse et puissance, pour rendre à votre nationalité une place d'honneur, par vos capacités personnelles que par tou» les discours de nos baptistards.séparateux ou non séparateux.N écoutez pas les “jonmaleux” ignorants ou ambitieux, qui ne vous soufflent que leur pote patriotarde.Présentez-vous plutôt devant le commerce, l'industrie, la finance, les lettre», le* sciences et les arts avec une culture appropriée et une valeur morale.Faite» cela et vous tn en donnerez des nouvelle».Voulez-vous?Sommes-nous des flemmards?LE LAC Nou.s avons applaudi de tout coeur au geste de M.Onésime Gagnon, quand il a créé une école des Mines pour les jeunes Canadiens français désireux de* se faire une carrière dans l'industrie , minière.Voici que nous déchantons.On nous apprend, entre autres,, qu'à l’école de Val d'Or, sur 59 élèves qui __ y ont passé, dix-huit seulement sont restés.Les autres ont pris la poudre d'escampette.On voit là une des faiblesse* de notre peuple: le manque de persévérance clins l’étude, une sorte de paresse intellectuelle, qui fait la moitié de nos échecs.Le fait le plus grave, c’est que.dans les écoles semblables des autres provinces, les élèves sont nombreux, persévérants et ambitieux.Qu'arrivera-t-il alors?De nouveau, nos jeunes seront supplantés chez eux par ceux qu'ils appelleront des “étrangers.'' Et ils s’incorporeront à de petites sociétés de jeunes patriotes pour crier leur haine contre les envahisseurs.?La petite histoire Un ancien royaliste, demeuré maurassien.nous disait, l autre jour: A mon avis, le pape a commis une erreur grave en condamnant l'Action Française.Il a perdu par là l'attachement d’une foule de catholiques.Nous lui fîmes remarquer que les chefs de ce groupe n'étaient pas même catholiques et voulaient tout simplement faire de la religion un instrument politique.II en convint, mais il insista: "Même s'ils n’étaient pas des croyant-, ils soutenaient un mouvement auquel l'Eglise devrait être sympathique." Alors on raconta cette anecdote, qui montre jusqu'à quej point les esprits étaient divisés sur cette question* Le cardinal Billaut, ancien jésuite, dit-on.se rendit à Rome, obtint une audience du pape et discuta violemment avec lui.L'un et l’autre restèrent sur leurs positions.On comprend que le Souverain Pontife ne pouvait plier devant les observations passionnées d’un prince de l'Egh-, se dont, il était tout de même le chef.En sortant de cette audience, le cardinal Billaut.à bout de patience, aurait prononcé ces paroles "Le Saint Père est un âne il ne .sait pas reculer.Cette parole moins que re» pectueuse fut rapportée au pape.ef i! en résulta, pour le cardinal, la pcr‘r de son chapeau rouge.On voit par là qu'i! est dc-mouvements d'humeur qui coûtent cher.Un fait reste: c’est que les blessures causées par la condamnation de l’Action Française ne sont pas encore cicatrisée* On en parle encore.On se demande comment le chef de l'H-':-se pouvait permettre indéfiniment que des gens sans foi catholique fussent les qu i et théologiens d’un groupe considérable de croyants.Dans le lac où nous avons pêché, ce soir, sc miraient des nuages frangés d'or.Tes yeux avaient aussi la royale couleur d'un beau jour qui s'endort.Avec ta nuit, comme des pierres précieuse» tombées line à une sur un tapis de velours noir, les étoiles ?e sont /rosées sur l'eau.Tout le firmament étoilé s'est logé dans tes yeux, ces deux lacs de ton visage aimé.Au loin grande la foudre; tout à l'heure, In face do l'onde va fulgnrrr, sous l'éclair, comme celle, de Jéhovah devant Moïse.l'émis nous rappellerons les instants fugitifs on ton regard orln(e de colère.Quand viendra l'aurore, la brume tendra sort linon rose devant le soleil, dont le rayon déchirera le voile inconsistant de l’humide matin.Combien de fois tes yeux sc sont embrumés avant la venue de la sainte lumière! l'ar des heures /Hirfailes, le lac aura toutes les teintes île l'o/ntle; il sera le film enchanté où glisseront 1rs images des arbres, de I azur, des montagnes, des roches grises, des ours noirs et des élans panachés.Sous ta paupière, à l'ombre de tes cils bronzés, défilent nos illusions chères, nos bonheurs passés, nos joies présentes et notre espoir illimité.L'eau féerique est impassible et froide comme la cierge consacrée, qui voit passer la vie sans jamais désirer: reflet /xLssif de.la beauté qui passe et ne s'arrête /tas.Tes yeux profonds, tes beaux yeux verts, si mobiles et si chauds! Tes beaux foyers brûlants d'où jaillit l'étincelle du désir! Ce lac où tout se voit ei qui ne voit jamais les choses! Ces seux où tout se voit et qui voient tontes les choses! ('.es fausses profondeurs, qui cachent In néant! !,'insondable prunelle où ta chère âme, en échappées taborréennet, apporte un reflet d'infini! ( es bain d'un bleu l iaient, où des oiseaux à col moiré semblent tomber d'un paradis1 (.es immenses prunelles ou I amour, ailes déployées, .se transfigure infiniment' J.-f111.If.Une belle promotion Le lieutenant-colonel L R UFlèchc.«ou*-minisT?de la défende nationale, vient d’être promu major général.G est la le plus haut grade qui r x -, - ?o dans le service actif de 1 armé?canadienne Nous nous réjouissons que ce soit a M.La Flèche que ce grade an été confer* par le», autorités canadiennes Personne, plus que lui, n en était ci içjr Nos féb'- dations sincères au nouveau jna- Aussi longtemps que les choses iront system atiq ue men t mal, je continuerai systématiquement à (lire qu'elles ne vont pas bien — Henri ROCHEFORT Sur la scène européenne par Emile-Charles HAMEL Le succès‘de D manoeuvre loyaliste en Catalogne semble complet.Franco, détourné de son attaque contre Valence, voit tous ses plans bouleversés.Les démocrates peuvent avoir confiance que l'invasion de l’Espagne par les troupes italiennes soit vouée à un reliée final.Le retrait de* volontaires de Mussolini se fera tôt ou tard; ce* m®»icur* seront d'ailleurs escortés jusqu'à leurs navires par 1rs milices du gouvernement, pour peu que les choses continuent de ce train.Toute menace immédiate se tiouve écartée de ce côté-là.C'est la Tchécoslovaquie, i présent, qui tient le grand premier rôle sur la scène européenne, L’Allemagne est le vilain classique.L'Angleterre s'applique à jouer avec le plus possible de dignité le* pèrrs nobles.La France est reléguée au rôle de duègne.L.U.R.S.S.pourrait bientôt prendre la vedette; elle s'y exercer en prient.On tvilh the show I Résumons ce qui s'est passé au cours des derniers mois; l'attitude des divers pays impliqués dans la crise tchécoslovaque apparaitra plut clairement.Alors qu’à l’étranger, l’intérêt se concentrait sur les difficultés allemandes en Autriche, ainsi que sur le problème des dettes, Berlin dépensait lapidrmcnt en achat de matières premières nécessaire» à son réarmement 1rs $.150,000,000 en possession desquels il était entré au lendemain de l'Anchluss.Ces achat* se sont fait à une telle allure que le surplus d'importation a atteint un degré inconnu depuis 19,14.Le* chiffres relatifs à la consommation ont été truqués de façon à faire croire au public que la plu* grande partie de ce» matières premières avait été absorbée par la production courante.Cela est faux.On a amoncelé ces réserves de matériel brut.Dan* quel but ?I/C u mai dernier, M.Bonnet, ministre français drs Affaires étrangères, alors il Genève, apprenait que le haut couimnndrmrnt allemand avait fixé au ai mai la date de l'invasion de la Tchécoslovaquie, M.Bonnet tira quelque profit personnel de cette information : Ayant rassemblé* quatre correspondants de la presse (doit! l'un, précisément, se trouve de nos amie), il les pria de ne point l'attaquer quand à l'attitude qu’il prendrait — à l'instigation de I/ircJ Halifax *** dans l'affaire espagnole."D** faits à notre dis» position, poursuivit-il, ne permettent pas de douter que, le il mai, le* Allemands envahiront la Tchécoslovaquie ei que, le 27, non» auront à remplir nos obligation» envers ce pays.Si je refuse d'appuyer J-ord Halifax dam l'affaire espagnole, si nous continuons d’appuyer le gouvernement d’Espagne à Genève, nous sommes assuré* que le gouvernement britannique nous refînera son appui quand la gurire éclatera au sujet de U Tchécoslovaquie.Ainsi.Messieurs, je vous prie de ne pas m'attaquer quand je voterai comme je vais le faire sur la question espagnole.” Ce furent là 1rs premières nouvelles qu'on eût à Genève de l'attaque allemande qui devait *e trouver frustre, peu de jours plus tard, par l’énergique attitude du jictit Etat démocratique, appuyé par f^ondres et Paris, Voici quelques semaines, peu de temps avant le départ de Runciman pour Prague, l'ambassadeur d’Allemagne tendit visite à Lord Halifax, l'informant de ce que “à inoim que le gouvernement tchèque accepte le programme de Konrad Heinlrin (destruction virtuelle de l'indépendance tchécoslovaque) comme hase de négociations, le gouvernement allemand ne saurait retenit l'indignation des Sudètes, le sang coulerait et le gouvernement allemand te trouverait ford d'tnler-tirntr pour empêcher que ne toit répandu le sang allemand dam let Sudètes." (.'était long et mal tourné comme phrase; et cela voulait être im-pressionnant.Ce le fut en autant que Lord Halifax est concerné.Quand l'ambassadeur allemand — et tout Brrlin — attendait pour voir si le secrétaire britannique de* Affaires étrangères se rendrait à cette menace, ou s’il déclarerait fermement que, si une telle intervention se produisait, le gouvernement.allemand se trouverait devant la certitude d’une défaite humiliante aux mains des puissances démocratiques alliées.Lord Halifax choisit de capituler.Immédiatement après te* conversations, 1?ministre anglais proposa à Daladier que “les gouvernements britannique et français prennent conjointement |r contrôle de» négociations entre le parti de Henlfin et le gouvernement de Prague, de manière à éviter qu'il éclate un conflit.'1 !/• gouvernement français, sachant que le plan allemand était de mettre comme condition à "éviter un conflit" une absolue soumission à s es conditions, refusa ei fit valoir a Lord Halifax qu'il serait fort difficile d'intervenir de façon aussi flagrante dan* le* affaires de U Tchécoslovaque.alors que le peuple était déjà mécontent de l’attitude prive à la suit'’ de I Angleterre, au sujet de l’Espagne.11 faillit alors se produire ce que désirait surtout Berlin : une rupture franco angla.se.I « gouvernement britannique avertit !a France qu .i sr»n cens, une coopération plu* étroite avec le gouvernement français, particulièrement à propos des conversation* militaire* d avril, deviendrait impossible, si le- Français refusaient de se rendre aux instances britanniques et d’inter-venir en Tchécoslovaquie.I.e* hommes d'Etat français firent une fois encore ressortir qu'il sera i fort difficile, meme avec |a meilleure volonté du monde, que le gouvernement justifie son refus d intervenir en Espagne pour secourir des forces démocratique* en- ( Suite a la page 2) t LE JOUR Montréal, samedi 13 août 193g Courrier de Sainte-Zélie Mon rlirr Harvey »>t mon cher Hamel, souffrez tous deux que je voue odreewr une épilre androgyne, voire licrniu|>lif* *>*Jite, *i l'on veut.Col qu’en irie deux nujft* me lracaeaent, et rYei le problème.J’ai dit un jour earn fausse mod relie, je croie bien que je fin le seul — le* traitement* injustement rigoureux que l’on fit aubir à un prêtre, à un Pirn de cite/, noue.Le plu* suint homme du monde, la nié-créantise notoire de votre, serviteur agrée, et plus encore, que l’on veuille qualifier de laMitudc même «a lassitude de* théorie* parfaite* dèa leur naissance, et cet agréable scepticisme qui permet l’admiration non fanatique de •aim Thomas et celle, qui, patriotique Lest encore moine, d'Ernest Renan et de «es disciple*.# Toujour* e»t-il, que l’on totlffre pour une foi* la phrase trop longue, toujour* est-il que le plu* «oint homme du monde fut persécuté; j’ai dit persécuté, et je tien* au mot, il fut cléricalement persécuté, et il en pleurait presque, cet homme courageux, parce qu’il prenait la fondation d’un lycée, catholique.A croire que certain* prêtre* ne tiennent à l’éducation quo pour ce que ça rapporte.Quoiqu’il en soit, il alla oeillères ne lui cachaient pn* l’Incroyance lait en avant, ses qui envahit notre Québec, qui le submergera •i.Cétait avant le lycée officiel, celui de M.Dandurand, qu’il ne faut point mépriser; mon saint homme, animateur comme je n’en vis guère, en un tournemain, bâtissait camps •ur campe de scouts, il apprivoisait les incrédules, il convertissait protestants et Juifs, le* Juifs qu’il ne dédaignait point, à qui jamais il ne reprocha la Circoncision — fâcheuse au fond.Or, voilà mon aaint blackboulé, renié par •on club ai je puia dire.Ecoeurant, infect, il n’y a pas d’autre* mots.Mon hero*, ce saint homme, n’a pas eu •on lycée: il y a du juif là-dedans; pardon, de Tantljuif.Et qui mieux qu’un jéauite aurait pu enaeigner une laïcité de bon aloi?Or cet homme, et pour ce, est maintenant dan* une sorte d’exil.J’ai dit tout cela dans le temps (au risque de me faire écrabouiller, il y a de* moi*), dan« les /dées; je tien* à le redire, je suii seul à vouloir oser le faire, et je supplie mon ami Harvey, d’ouvrir ses écluses et de permettre l’écho de cette vérité qu’il faut réptndre Mm compromettre qui que ce «oit.Quant à la poésie pure, je m’en tien* près-|ue au nudisme.Assex de motifs, assez de sijet*, trop d’inspiration, vous avez, chers letits, vous avez du souffle que le moindre tout de papier ne tient pas sur la table.Tout ’envole.sur le parquet.Une inspiration de lanard*.La poésie, qui eat tout, mais, ce doit être * ‘ B, d’ ¦ " * * lit de rien, d’un rien.La poésie véritable curit avec autant d’aiaance dam un potager ne sur les pente* altière* d’une montagne ir^ueilleusc.__poésie, c’cat le mot qui peut s’enorgueil- r de quartiers nobles innombrables.Vous souvenez-vou* de votre enfance et du •élit rien tout neuf’?C’est ça la poésie.A thing of beauty ta a joy for ever: oui, thing of beauty ü a joy for ever.Mais relue ez-vous entendu, vos oreilles ont-elles «ai*i: thing, une chose, une petite chose survient: te vous fassiez louange d’un banc de square, i trèfle à quatre feuilles, ce peut être un and poème.Je me range à la gauche de Valéry Lar-md; Jean-Baptiste Rousseuu, qui était bête, est un grand poète.Et je vois plus loin icques Deülle que l’on décrie bêtement, et li amoncelait périphrases sur périphrases, est un grand petit poite, quoi que l’on dise.Lisez plutôt son portrait du cygne et scs ira alambiqués sur le moka pour ne pas re le café.Tout cela pour vous prouver qu’il y eut tésie pure avant Mallarmé et Paul Valéry.Berthelot BRUNET Au fait, ce» jours-ci, j’ai besoin d’un courrier, Ces courriers d ancien régime qui brû- laient le Chemin du Roy.E Void ombre le millionnaire de Sainte-Adèle ne me donne pas.comme il le lit, une fois, un trente sous, qu’il m offrit généreusement un jour que je venais de quitter l hôpital?Toujours est-il que je marche à bien petits pas, et que je suis faible comme une poétesse que viennent d éreinter ses amours alexandrines, ou bien octojyllabiques.Cela ne m’empêchera point d’ofnr ce courrier aux mêmes et à la mémoire du vieux maître Anatole France.Comme me déplait je discrédit dont souffre sa gloire posthume! N’en déplaise à Val-dombre, j’estime encore infiniment et la prose et les vers de M.Bcrgcret, frère aîné du nôtre.Je ne sache guère d’écrivain qui.mieux que le vieil Anatole, ait su n’aimer notre langue plus harmonieusement, avec une telle politesse, autant d’atticisme et d’urbanité.Il a cultivé — et non pas comme I ont lait les pétaques à Saint-Adèle — il a cultivé presque tous les genres, avec plus de force qu’on ne l’a dit.Les Dieux ont soif, sont de l’histoire que j’estime merveilleuse, agrémentée de ces estampes délicieuses qu’il prisait tant.Les Noces corinthiennes, c’est pres-qu’unc tragédie de Racine, et je crois m’y connaître.J'ai lu Racine je ne sais combien de fois.Et Crainquebille.cette satyre dramatique de la misère humaine.Et la Révolte des anges, qui vaut toute l’oeuvre de Sterne.Et les quatre tomes de l'Histoire Contemporaine, la plus belle galerie de prêtres que je sache.Et encore, encore.Non.ne méprisez mie le vieux France; au fait, c’est la Fri dont vous feriez fl.De l'oeuvre francienne, s’fl est un livre que je n’atme guère, c’est peut-être le Lys Rouge, que l'on dit enfant spirituel de Mme de Caillavet: fl n’est jamais bon de collaborer avec sa maîtresse en ’’ttérature; mais il faut tout prendre.Si jt puis m’exprimer ainsi sans recevoir les foudres et l'excommunication de Séraphin Poudrier, cet avare que notre Valdombre aurait pu peintre tout à fait nature, ne fut-ce qu’en regardant.quelqu’un qu'il connaît bien dans son vieux miroir.Ne soyons pas ingrats; Anatole France nous fit cadeau de quinze chefs d’oeuvre et le legs aussi des plus anciennes vertus françaises.N’oubliez point que Monsieur Bergeret fut et il Test encore le maître de Charles Maurras."rajice Pauvre ignorants qui crachez sur une des .£ plus belles figures que nous offrent les lettres françaises —- qui.crochetez, fanatiques, l’une de nos églises les plus authentiques.Je me voudrais bien disciple du vieux maître, et je n’ai pas honte, et ne brûlerai point mes dieux.Cioyez-m’en., Berthelot BRUNET Une bulle contre le racisme Nous apprenons de source sérieuse que le Pape prépare actuellement une bulle sur le racisme.On y établira de façon définitive la doctrine de l’Eglise sur cette question brûlante.Nous avons hâte de lire ce document extrêmement important, qui aura pour effet d’amputer la verrie du nationalisme extrémiste.qui défigure tout vrai patriotisme.Une fois de plus, notre journal aura eu raison.Dès le début, nous nous sommes élevés contre le fanatisme des Etats totalitaires, qui cultivent et exaspèrent toutes les vanités nationales, préparent et justifient toutes les persécutions et conduisent fatalement à la guerre.Sortie d’usine à Emile-Charles Hamel Ces Irais petites qui déambulent ]Mr groupe-, sont ratissantes.l.n première, vêtue de rate, tendre, coiffée en chignon, asses grande, la pvau mate, des yeux ardents, si expressifs.l.n deuxième, têtue de rouge, coiffée en frisettes serrées, grasse déjà, les yeux bridés, niais une bouche exquise.Ht l'autre, vêtue de blanc, un ruban hleu ciel dans ses boucles blondes, peau satinée, fine ftnr l'allure, de.grands yeux qui rêvent ou qui rient.Toutes trois sont perchées sur des souliers à talons Louis XT, Toutes trois sont jeunes, ravissantes même.'Toutes trois bavardent comme des pies! Et toutes trois contemplent un matelot qui fume sa cigarette, paresseusement, appuyé sur un des piliers du pont du Havre.Il est vraiment digne de leur admiration cet éphèbe.De son bérêt, ses cheveux débordent bouclés, bleuâtrej, et T échancrure de.sa vareuse laisse voir des tatouages.Ses yeux mi-clos et langoureux ont toujours une expression amoureuse.Arrêtées au bout de la chaussée et se tenant par la taille, toutes trois contemplent ce beau mâle.Celle du centre, mâche laborieusement; tandis que celle de droite s’évente avec son mouchoir.L’autre, possédée d’une fièvre identique — il est midi, et ce soleil coule comme du plomb fondu sur les citadins, — l’autre, s’évente aussi.Il y a deux mouchoirs qui battent l’air et les mouches collantes.Mais de son poste d’observation, le beau marin sourit avantageusement à une femme demi-mûre, visiblement malsaine, fardée à l’excès, et qui a dû satisfaire des générations de matelots.Tanguant comme une barque en dérive, elle le rejoint et s’assied sur la base du pilier, tout à côté de lui.Alors les trois petites ouvrières, qui se tiennent toujours enlacées, s'éloignent, d’un air triste, déçues par l’ignoble vérité.Et les deux mouchoirs blancs battent Fair comme des mouettes prises dans la tourmente.__ FAUST1NE PROPOS DIVERS Un goéland peut-il avaler m éléphant?Nous avons vu des goélands engouffrer d’un coup d’énormes harengs.Nous n en avons jamais vus avalant des éléphants.Cette idée nous vient en lisant dans les journaux de fin de semaine que, dans une seule journée, près de 100,000 personnes se sont rendues dans Tile Saint-Hélène, où Ton a dépensé un million de dollars pour recevoir la foule des innombrables Montréalais qui ne peuvent se payer lé luxe d’une ballade hebdomadaire dans les montagnes.Cette affluence démontre jusqu^à quel point le besoin se faisait sentir d’une plage de ce genre.Mais l’espace manque.11 n’y a qu’une toute petite île pour absorber la population d’une ville d’un million d’habitants.Comment espérer un tel miracle, le miracle du goéland qui avale l’éléphant?Alors, va falloir agrandir Sainte-Hélène.On ne saurait mieux employer l’argent du chômage.Des milliers de familles, une fois la plage agrandie et aménagée, trouveront là un refuge contre les brûlures de l’été, les poussières d’asphalte et les éclairs louches du “red light”.REDACTION ET ADMINISTRATION 180, Ste-Catherlno est (suite 44) Montréal Téléphone : APLateau 8471 Administrateur.REAL ROUSSEAU Secrétaire de la Rédaction, E.-Ch.HAMEL On est prié d’envoyer toute correspondance n publiera vnJsemblabliement un nombre Infini.Le aol de la France est riche, riche de culture* et d’école» littéraire»; or qui dit école littéraire dit nouvelle revue.La vie de ce» éphémères, est de courte durée: Six mot», un an au maximum.Aprè* quoi elle» s'anémient, languissent puis meurent de leur belle mort.Les revue* qui survivent aux maladies de l'enfance ne aont pas légion.81 elle» survivent, c>st qu’elle* répondent à un besoin réel et un bel avenir leur est réservé, A preuve La Nouvelle Revue Française qui va célébrer cette année son trentième anniversaire.La Nouvelle Revue Française, phi» connue sou* les Initiales N.R.F., a réalisé le miracle de rester jeune en prenant de l'àge.D’autres avant elles furent jeunes mais n'ont pas su garder leur Jeunesse.Elles sont vue devenues de vénérables Institutions, sortes de maison» de retraite pour talents cachochyme», académiciens chenus et généraux caduc* dont le* écrit» rigoureusement conformistes et soigneusement conservateurs font bailler d’ennui le lecteur possédant quelque vigueur d’esprit.Nous n'en citerons pas pour ne peiner personne.Tout le monde d'ailleurs les connaît.La N.R.F., elle, reste Jeune parce qu'elle se renouvelle.Voyons de quelle manière.Mala auparavant il serait bon de retracer les étapes de sa carrière depuis sa fondation.Albert Thtbaudet, qui pendant.de longues années tint .la chronique littéraire de la Revue a évoqué quelques "souvenirs d'enfance" au temps où elle célébrait ton vingtième anniversaire."Après un faux départ dont l'histoire n'a pas d’importance, écrlvalt-11, le premier numéro de la N.R.F., parut le 1er février 1909 sous la direction de Jacques Copeau, André Ruyters et'Jean Schlumbergor.André Gide était une manière de conseiller discret mala puissant de cette triollé.Il lui réservait à pçu près ses oeuvres" Dèe les premières années la revue s'imposa à l'attention du publie et fut Val-mant qui attira à lui toua les jounes espoirs de la littérature contemporaine.Henri Ghéon, Paul Claudel, Jacques Rivière, Alain Fournier Joignirent ses rangs.Leurs contributions consacrèrent la nouvelle-née.Il n'eet pas présomptueux d'afirmer que toua les auteurs qui laisseront un nom dans l’histoire des lettres françaises, auront été les collaborateurs réguliers ou accaslonnele de ia N.R.F.L’érudlt qui, vers la fin du 20èma «jè-cle ae mettra en devoir de faire le tableau littéraire du siècle où nous vivons n’sura qu'à se pencher sur la collection complète de la N.R.F., et à y puiser largement Tout y aéra.Son travail constatera à classer et à grouper les auteurs selon leurs tendances, à retracer les grands courants de la pensée contemporaine.La N.R.F., n'est pas à l’affût du talent seul.Elle accueille tous les écrivaine qui ont quelque chose de nouveau et 4’eesentiel à dire.Non seulement elle les accueille mais elle va à leur rencontre, les débusque au besoin de leur retraite.Elle !ance les jeunes non pu pour leur valeur commerciale mais pour leur valeur propre.Elle explore tous les domaines: arta, poésie, théâtre, romans, essais critique*.C'est du côté de ces deux derniers qu'elle a connu aes plus belles réussites, soit» l'impulsion et je patronage d'André Gido.11 suffit de parcourir les lettres fie Proust "découvert" par la N.R.F., pour avoir une idée du prestige dont jouissait la jeune revue."J'avais désiré être édité à la N.R.F,,'1 écrlt-ll à André Gide en 1914, "pour Jen-tir mon livre dans l’atmosphère noble qu'il me semblait mériter", plus loin il ajoute."C'eat l'honneur que j’ai le plu* ambitionné, voua le savez et vous remercierez bien vos ami» de me l'accorder".I/impartialUé est la dominante de U malaon et au cours des trente années de son existence, elle n’a pas failli au but qu'elle se proposait dès sa fondation.Que dire d'une petite ehasse a Tours?"La N.R.F., groupe des écrivains de le nature la plua diverse, mais tous également soucieux de discipline".Et en effet, ai noua jetons un coup d’oeil sur la liste des collaborateurs de la revue, nous y trouvons Françla Jammes voisinant avec André Malraux, Jacquet de Lacretelle avec Eugène Debit, Paul Valéry avec Jules Romains etc, etc.Variété, impartialité voilà les secrets de sa Jeune»»*.N'est-ce pas le croisement des races qui donne les produits les plus beaux et les plus vigoureux?L’activité de la N.R.F., déborda vito Ica cadre* de la revue qu'elle avait lnnçée.En dépit de la meilleure volonté, tl était Impossible à ses dirigeant! do aire connaître dans le centaine de pages que comprenait chaque numéro toute U gamme des talents qu'ehc découvrait.C'eat elora qu'lia songèrent à fonder une maison d'éditions.Gaston Gallimard, un de» fidèles do i’équlpe de la première heure (Il fut lui-même directeur de la revue pendant quelques année») ae chargea de mettre l'affaire sur pied.La librairie Gallimard, à l'enseigne de la N.R.F., était née.Son succès fut Immédiat et sa réputation n’a fait que s'accroître avec le temps.A l'heure actuelle la maison Gallimard est l’une des plus florissante», des mieux organisées de France.Il semble qu'elle ait suivi dans la partie commerciale les principes qu'ndoptèrent • les fondateurs de la revue dans 'a partie littéraire.Variété, diversité Impeccable de ses éditions.L'une aidant l’autre, la N.R.F., et la librairie Gallimard ont publié la plus grande partie de ce que la production littéraire compte de "valeurs" au 20èmo.siècle.Son dernier catalogue, qui est un miracle d'ordre et de classification on fait fol.Toua les genres y sont représentés; romans, poésie, théâtre, mémoires, politique, philosophie, beaux-arts, romans d'aventure et policiers.C'est à elle que revient l'honneur des publications dites "par collections''.Cette série comprend une sélection de volumes d'intérêt général et se rapportant à un sujet spécialisé.Nous y trouvons la plus grande variété de titres depuis "Les Contemporains vus de près" à la "Collection Catholique” en passant par “La Géograph:e Humaine" et "Les Mémoires révélateur»”.Lea éditions de luxe ont acquis en peu de temps une renommée universelle.8a collection de la Pléiade est un pur chef d'oeuvre.Pour peu qu'on ait l'amour du livre, de la chose écrite, on ne peut se défendre d'un beau mouvement d'enthou-alasme à la vue des trésors que contient un tel catalogue.Le Français passe pour être xénophobe.Le mot est gros.Même si le Français moyen a tendance à tenir l’étranger à l'écart de sa vie de tous les jours, cela ne prouve pas grand chose.Pour comprendre ia France, Il faut, ùit Jules Romains, se munir d'épithètes accompagnées de leurs contraires.Si la France se montre parfois (et superficiellement) xénophobe nulle autre nation n’est en revanche plue xénophile qu’elle.Nulle autre n'eat plus généreuse envers l’exilé, nulle autre ne sait mieux accueil-lier l’étranger dans sa personne et dans sa penaée.Noua sommes curieux de l'ac-tlvlté intellectuelle de l’étranger tout autant que de la nôtre propre.Ce qui fait que la France est le paradis des auteurs étrangers.Etre traduite en Français est, pour une oeuvre étrangère, un gage de ¦a valeur.Lea littérature» étrangères occupent une place de premier rang dans les éditions de la N.R.F.Il n’y en a pas moins de quinze inscrites à son catalogue.Peu de maisons d'éditioni françaises peuvent se vanter d’un si bel achalandage.Au tout premier plan viennent, comme 11 sied, la littérature nglaise et américaine.Celle-ci, en particulier, qui fut longtemps la parente pauvre de la littérature anglaise proprement dite, connaît en France, depuis la grande guerre, une vogue extraordinaire.Le mérite de cette diffusion d'oeuvres étrangères revient à une excellente équipe de traducteurs.Le grand spécialiste pour la littérature des Etats-Unis est Maurice fl.Colndreau, professeur à l’Université de Princeton dont !es traductions des livres de W.Faulkner, "Tandis que j’agonise" (As I lay dying), de Ersklne Caldwell "La route au Tabac" (Tobacco road) etc., sont des modules du genre et remarquables d'exactitude et de verve." En manière de conclusion revenons à notre revue.Depuli que nous la lison elle nous a procuré ne si belles heures que nçus montrer chiche de compliments Let Australiens s’tn aperçoivent ! Même le» habitant» de» Antipode» constatent le manque d’esprit national chez nou».Tout récemment, M.Don Ingram Smith, l’un de» quatre délégué» australien» au Congrès mondial de !» jeunesse, exprimait ton étonnement "d'en-tendre de* gens parler de droit» provin» ciaux et te plaindre de ce que leur province n’ett pas traitée avec équité." Que cet excellent jeune homme n'ait jamai» à démêler le» pensée» de certains ministre» provinciaux.de l’Ontario ou de l’Alberta auui bien que du Québec I à son endroit serait de la pure Ingratitude."Qui aime bien eh&tle bien" eertcç mais ainsi "qui aime blan doit louer bien”.De plus n’est-ce pu le propre 1rs anniversaires que de fournir à l'ami l'n> culon de manifester ¦& sympathie?si nous tenons la N.R.F., en il haute estime, c’est qu'elle sait ce qu'elle veut: "maintenir l'art et la pensée à l'abri dri concessions au succès ou des variation de la mode”, qu’elb pratique ce qu't s veut être "libérale aans ^tre Indifférente, neutre sans cesser d’être passionnée” rt cela elle le doit "à la qualité, à l'impartialité et à l'Indépendance de aes collaborateurs.G.-L ASSIE AVIS D'APPLICATION POUR UIVOHCQ AVIS e*t donné par les présentes que DAME RACHEL RUTH LEVEN8TEIN, de la cité et district de Montréal, dans !« comté Hochelaga, dans la province ds Quebec, s adressera au Parlement du Canada, 4 aa prochaine session, ofln d'obten r un Bill de Divorce d'avec aon époux, LO R NE SCHWARTZ, fourreur, de la d'é et district de Montréal, province de Québec.pour cau*e d'adultère.Date à Montréal, province de Québec, ce 12léme Jour de Juillet 1938.MENDOLBOHN & FREEMAN, procureur* de Dame Levensteln chambre 320.Edifice Transportai» 132, rue St-Jacques Oueat Montréal, Qué.atrlôm- nart Jour — Fmbelüm* d'orn-me- 12.—AdJ.po«sP'slf — Entier Beaucoup de bruit pour plu* ’ Carte f, jouer.13.—Interrogation du tort (torture autrefois applied-' .eondampét pe-r leur nr-v-l:'' nve.,v), .— Maison O*' l'eu ' des chats où l’e>n -oit de» r*‘‘ me dramstio'ie m* ¦ en mr*'CJ H —V'Ite de n-|iK» — T mancée (fables, fictions).- SOLUTION DU PROBLEME NO 47 paru dans le JOUR du 6 août B | A |N | Q|U | E|R | 0 |U| T| E£ j A {U 0 IR Ml U S |||1 0 111S111V | E f Tpî S EIRjJf E1E ?E! DIÜDHE3Ü JBE3| Iejjqqqqeiqbql \mm BHEJEIQB S f DBHHijJIM i RI E NJIJ K A L E E !¦! M 1 E I L A Tpr R H A I N E V > N |L| lô 11R si *1 0 R G U E i II 1 E N ï V j A L 0 I S « D E S o(T n £ oiniHi TM C [Al Tl 1A | R1 Tl C j E n P3 rm lü| |M| E|R 0 FgI fXl 1 G | E IH> A | L j M rr tilsl M 1 •< IT IaigieRToTbi l | i | g i a i t i i | o I i; I ?U IRll 11 S ILIA INID IA 111S UBIVIU | E | R | 0 | D | E | E fl G | E | R IM g| A 11 | R Ad bé.15.—Gros canards du Nord—M •r.« — l’rod tj : t j> Jiir en lever chçs.î.’hearens - £amante do fri* du 51.00 poor '.
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