Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 10 décembre 1938, samedi 10 décembre 1938
«ème ANNEE No 13 5 CENTS 10 décembre 1938 LE JOUR Indépendant politique, littéraire et artistique Directeur: Jean-Charles Harvey Administration et rédaction, ltU).rnc Slc-Callicrinc est (suite 1 1), Montréal — Tel.:,:I'L RI71 Aussi longtemps (juc les choses iront system a l i q uem en l mal, je continuerai system a t i q u emeu t à dire qu 'elles ne l'ont fuis bien — Henri UOCIIEl-OKT Ventdefoliel Lequel des troi* * *ait *** preuves?pur Jeun-Chartes ILXRVEY A» moment où l'éloquence électorale ot tn train de nom?noyer, nous jugeons bon de rappeler au peuple, accablé de promesses et fanatisé par des discours, quelques vérités essentielles, entre autres, que ce ne sont pas i tant les politiciens qui font vivre les gens que la multitude des travailleurs, petits et | grands, de l'entreprise prisée.Un gouvernement municipal a pour fonction principale d’administrer les deniers publies, qui sont le produit des laves, et ee produit-là il ne saurait venir que du travail individuel, c'est-à-dire du commerce et de l'industrie.Les politiciens peuvent avoir les plus vastes programmes et les plus alléchantes promesses : n importe quel entant bien doué peut en faire autant.Il est si facile de faire grand, beau, gigantesque, sur quelques feuilles de papier! Il suffit, pour cela, d'avoir un peu d'imagination et de respecter le moins possible sa parole et sou publie.Le point difficile, en politique, cest de (avoir comment se lait et se gagne l argent et tie quelle façon il convient de le dépenser pour servir à la lois l intérêt du peuple et celui du producteur.Les pires démagogues, les bagoulards les moins scrupuleux, transformés en apôtres des pauvres gens, pour les besoins de la cause, n hésitent parfois pas à flatter les instincts de la foule en promettant îles dépenses “humanitaires du plus liant luxe et de la plus sotte extravagance.1 ’.'est fort beau.Mais qui paie i S il n’v avait pas d'hommes d'entreprises, de bons et prudents administrateurs du commerce et de l'industrie, si quelques individus, qu'on appelle parfois “capitalistes et qui ne sont pourtant que des ouvriers prévoyants et plus hardis, n'avaient pas tenu le coup dans une grande crise, s'ils n avaient pas su prévoir les jours mauvais cl s ils avaient manqué de courage aux heures difficiles, qui pourrait aujourd'hui faire tomber dans la caisse municipale les millions dont clic est avide.Certes, on a payé les taxes sans maugréer.Mais les extravagances des politiciens ont tellement accablé tous les budgets de I entreprise privée que I histoire de la poule aux oeufs d'or se répète.De» imprévoyants, des imbéciles ou des forbans ont bien failli éventrer la poule.A l’heure présenté, les courccs de revenus des administrations publiques sont en train de se tarir, et pour peu qu’on continue à augmenter les dépenses, emprunter et taxer, les grands contribuables eux-mêmes failliront a la tache.Un vent de folie a désaxé les gouvernements.Par dérision, on a nommé les taxés ‘Vos cochons de payants .(,cux-ei ploient sous le fardeau des obligations imposées par le fédéral, les provinces, les municipalités, les écoles et les fabriques.La dette nationale, de §2,676,630,725 en 1919, a été portée à $3,141,042,097 en 1934, en sorte que la dette par tête a été accrue de §189 a S2.71 durant celte courte période.La dette obligataire des provinces a été augmentée de §213,873,-927 en 1916, à SI.221.372.1124 en 1933, soit mi accroissement d'environ un milliard.Enfin, la dette obligataire des municipalités, de §729,000,(100 eu 1919, était de §1,385,070,941 en 1932.El depuis trois ou quatre ans, I orgie des dépenses et des emprunts a été portée a eon paroxisme.Nous aimerions a posséder les statistiques des dettes de fabriques ou de culte, qui ont aussi suivi la progression géométrique et qui ont ajouté sensiblement à l’intolérable fardeau.Dans la province de Québec, une particularité se produit.Les exonérations de taxes «ont effarantes.Le total des valeurs impo-sables de ectle partie du pays est de^S2,369,-000,000, avec une propriété exonérée de $726,626,1186.L'Ontario, avec une population plus forte, une valeur imposable de §3,207,-000,000, n'a que pour §339,600.000 de propriété exonérée, ce qui est déjà beaucoup trop.Eh un mol, ‘‘le cochon de payant est écorché vif, puis cuit a point et mangé par un système d’impôts absurde et des dépenses plus absurdes encore.Si les chiffres ont leur éloquence, ceux que nous donnons ici sont plus que convaincants, et ils le seraient davantage si nous avions sous les yeux les folies des trois dernières années, dont les •tatistiques nous manquent.Et que fait Montréal dans tout ceci ! Montréal est l'une des villes du Lanada les plus endettées, les plus taxées et les plus mal administrées.Les politiciens de tout acabit se présentent aujourd'hui comme possesseurs de toutes les panacées.Nous ne leur demanderons qu un programme fort simple en trois points : I.— Economie ; 2.—- Economie : 3.— Economie.Le reste, c'est généralement de la foutaise.Ceux qui font vivre le peuple cl nourrissent la princesse, nous les connaissons : ce (ont les producteurs, les travailleurs de toute catégorie, les chefs d entreprises et tous lettre j collaborateurs.El ee sont ees gens qu on veut étouffer par raison de malsaine popularité.Mais “le cochon de payant" ne paiera plus quand on l'aura écorché et dévoré.Bien îles contribuables, et des plus loris, songent a (orlir d’une municipalité où il- ne sauraient employer leur capital au progrès de leurs affaires, à la multiplication de leurs cm-’* ployés et à la création de nouvelles entreprises.L'est ce qu'il faut empêcher à tout prix.Allons, les sauveurs, les tribuns, les magnétiques orateurs des tribunes, tous les pitres de la démagogie ! Aurez-vous le courage de (errer la poigne et d'étrangler les dilapidate ms ?Jean-Charles 1IARYE\ aü Houde Rochefort H Gascon •« AVEC LE SOURIRE Croix gammée pour “red light ” La croix gammée, que certains ont voulu exalter et que les hitlériens consacrent à 1 a-potheose des bons Ariens, n'est pas nouvelle.On la retrouve dans les temps les plus anciens.Mais, dans l'histoire, elle n'a pas toujours réussi à s'ennoblir.La vraie croix lui a toujours porte ombrage, c* nous avons la persuasion que ce n'est pas fini.La sxvastica a même été employée à des usages peu recommandables.Au Japon, en l'année 1899, on en trouvait qui servaient d'enseigne ,3 des maisons de prostitution.Le cliché ci-contre en fait foi.On n'a qu à lire ® J ^ son caractère, nous ne croirions pas que les idées se délendcnt par de la lutte ou de la boxe.Nous ne ferons pas à M.Gravel l'injure de refuser de le voir.S'il y tient tant que ça il sera le bienvenu a nos bureaux, 180, Ste Catherine (Est), à Montréal.Nous pouvons l'assurer qu’il trouvera, chez-nous, une politesse et une distinction qui semblent manquer parfois chez certaines gens de son entourage.Nous hésitons à croire qu’il veuille se battre à tout prix.C'est son affaire.Non doutons que Son Eminence le cardinal Villeneuve trouve de son goût une attitude açssi belliqueuse de la part de l'un de ses prêtres Quant a ce qui me concerne personnellement, la réponse la plus cruelle que je pu iss, faire à ce tribun, apôtre de la paix et du pardon, c'est celle-ci: "Pardonnez-lui, car ne sait pas ce qu'il dit." J.-Ch.IL ?Les frères ennemis Un de nos collaborateurs n o u s adresse l'appréciation suivante de deux de nos écri vains.Valdombrc (Claude-Henri Grignon et Albert Pelletier.Ce sont là deux frère ennemis qui ont chacun leur mérite et qui se cassent souvent du sucre sur la tète.Mai l'analyse des deux a u t c u r s nous semble juste.ALBERT PELLETIER ET "LES IDEES les quelques mots qui entouraient la dite croix pour constater qu'il ne saurait y avoir là aucune ambiguité.Nous ignorons si les maisons de tolérance du Japon sc servent encore d’une telle enseigne.Dans l’afirmativc, il y aurait lieu de soulever un incident diplomatique entre les deux puissances amies.La paix serait gravement compromise.Les Allemands qui portent la croix gammée ne seraient pas flattés, en voyageant au Japon, d'avoir l'air d'annoncer certains produits ncu honorables.?L 'immunité sacerdotale Je n’avais pas lu.la semaine dernière, toute la déclaration de 1 abbé Pierre Gravel à mon sujet, line feuille de choux, toujours heureuse de ramasser de la bouc, se charge de porter à ma connaissance le défi suivant: "A/.Groulx a 60 ans et il ne sc battra pas contre H orvet/: mais moi j’en ai 39 et je suis prêt à le rencontrer n’importe où." Nous savons que M:’ l’abbé est couvert par l’immunité sacerdotale et que c est encourir l’excommunication que de sc porter aux coups sur sa personne.Mais même si ce bouillant pourfendeur notait pas protégé par SACKCLOTH FOR BANNER \ deux ou troic reprieve I I, .KH H a lait illueiou à l'édition prochaine d'une traduction anglaiee dee Dcmi-iiiilisés, livre dont ou peut dire que notre journal lui doit e.i uaieeuncc.Noe loeleure.ain>i que loue le-unie de notre directeur, Jcau-l .bai lee liar-vcv.apprendront e.uie doute avec plai-ir que a \ t*reion de eon oeuv re tant discuire \ ie.nl l'être présentée au publie anglophone du ne.intérceeée à l'évolution du t'.anada français, par l'importante maison d’édition fbe MacMillan Company of Canada I united, eons le litre I I I qui sert en meme tempe a eet article, t elle nouvelle plaira aussi aux nombreuses personne,- qui ne purent ee procurer Les Demi-Civilisés datte l'édition originale.Il appartiendra aux critiquée de langue mglaise plutôt qu'à lions d’apprécier lie qualités de celle traduction, due à la plume e Lukin Baretle.Le seul lait que tie- éditeurs anglais habituée à lie publier que dre livres île liante tenue aient accepté son texte l'emblée et l'aient publié salie retouche.-indique bien le soin et la compétence qu ' ivail apportes notre eoueilovcn.Sou etic.'ie constitue un argument de plus pour le biliti-piisme.Edité à fort tirage le livre nous irrive dans une toilette très soignee, enveloppé d'une “chemise" dont le dessin, eonlie à la jeune artiste montréalaise, Beatrice Dav.révèle un talent exceptionnel.Dans leur passage à l’anglais.Les Denii-t ii dises ont subi plusieurs modifications de forme, toutes approuvées par l'auteur, de même que quelques changements de fond, le principal concernant le sort auparavant non éclairci de I heroine.Dorothée Meunier.( iliaque fois qu'un produit de ee qu on appelle la littérature eaiiadienuc-fraueaiee est publié dans un autre langage, ou peut regarder cela comme un événement.El celle remarque s'applique au roman plus qua tout autre genre.Depuis Maria Chti/idrltiine et I n Homme se penche sur son pusse «pii, liic.ii que (ou parce quel écrits en traînais n'appartiennent pas a la littérature dite eanadienm'-française, combien de nos roman- LES IDEES, revue mensuelle, paraissent depuis plusieurs années déjà.C'est dans ce périodique — LE JOUR mis à par t— qu on trouve les opinions les plus osées et les plus courageuses du Canada français.On y traite de politique, de psychologie, de sociologie et de maints sujets d’actualité.Les divers collaborateurs qui s’y inscrivent sont laissés libres d'y exprimer leur pensée à leur guise et ce trait est unique, croyons-nous, dans tout le pays.A cause de cette liberté laissée à la collaboration, les idées exprimées pourront se contredire ou sc heurter dans le même numéro, mais, malgré tout, si nous prenons l'ensemble de la revue, depuis quelle existe, nous ne pouvons nous empêcher d y voir une certaine unité, et cette unité est duc à la pensée du directeur, Monsieur Albert Pelletier.Cet écrivain, critique et analyste fort subtil et original, sc fait remarquer depuis plusieurs années par sa largeur d'esprit, sa tolérance et son indépendance de pensée.Il a publié deux volumes de critique littéraire "CARQUOIS" et "EGRAPPAGES" qui contiennent sa conception de l'art et de i artiste.Ses travaux peuvent être discutables par certaines parties, mais ils ont la grande qualité d'être toujours personnels.Monsieur Pelletier, dont on ne parle malheureusement pas assez, aura rendu aux lettres du Canada français de grands services.Il a cherché avec sincérité et courage à révéler ceux de nos écrivains qu'il croyai, dignes de vivre.Il s’est fait même éditeur, en créant la maison d édition LE TOTEM, et c’est à celle-ci que nous devons Les Demi-Civilisés de Jean-Charles Harvey, et Un Homme et son Péclic de Claude-Henri (jri-gnon Les critiques officiels tiendront dans 1 oni-(Suitc à la page 2) tuers si* hiiiI vu iiiTordcr les honneurs «.'«• la truilurtion ?Pour «nie Les Demi-Civilisés aient pu franchir le rempart d'iniliffe reiiee qui relient en terre laurenlieune la plupart «le nos oeuvres (l'imagination, ee livre «levait eon-tenir autre chose que l«*!' prelemlui's alla«|ues voilées «| u i provoipièrcnl lire «le certains «l«* nos eriliipies ilomesliipies, autre chose «pie les eonlraveiilions jamais priVisées «pii «léchai-lièrent les fouilres «I un Prince «le I Eglise, autre chose même qu'une satire impitoyable.« | u' in le intrigue attachante et «|ni- le style lumineux nlndicr rappelle celle limit il faisait prruvC peu «le temps avant Munich, .dois qu'il jurait que son pays i emplit ait jusqu au bout ses obligations envers la lYhéeu simaquie.Mais comme il s’agit directement, celte lois, de la propriété française, il est à présumei que les actes suivront 1rs paroles, si on se rend jusque j11**' Ce qui esl assez, peu probable, comme nous I exposerons plus loin._ > La population française a eu de son cote, une I.i.oii hieu nette, eatégmiipu* de démolitrei soit opinion sur cette question, ht les principaux in-Icrrss»'* U V les habitants «le- «listruts convoites par l'Italie se sont eux aussi prononcés «le façon nette et catégorique.Les cris «le “Vive la Eranee!" et «|e “A mort Mussolini!' «pii retentissaient «limauche dernier en ( ut sc, eu I nuisit*, à Casablanca, ont rcusei-gllé il Dior sur les srntl-ments «h* ces nouveaux Sudètes à la mode italienne.x y* L'attitude «le l'Italie, en tout ceci est moins claire, il s'en faut, que celle de la Krancc.Officiellement, on désavoue les premieres manifestations.Mais on lien laisse pas moins continuer la violente campagne ‘Js presse antifrançaisc, et l’on semble bien plutôt l’encourager en sous-main.La visite de von Kihrntrop à l’a ris doit fournir une occasion excellente «h* tirer au clair le rôle «pie joue en toute cette histoire l’axe Rome-Berlin.Des nouvelles «les agences de presse voudraient «pi'on désapprouve en Allemagne les actes de l’Italie.Mais d'autre part, la marche lu-gi(|uc «le l'alliance italo-hoche assure à Mussolini, s'il recourt à la guerre, l'appui du Reich.(suite à la page 2) BILLET CHANSON A idez Le Jour F H se trouve encore de nos abonnés de l’an dernier, qui continuent de recevoir le journal, mais qui ont cependant négligé à date de payer leur nouvel abonnement.Nous ne voulons voir là qu’un oubli qui sera tôt réparé.Néanmoins, si ceux qui ne se sont pas encore acquittés ne le font pas d ici peu.nounous verrons dans 1 obligation de cesser de leur faire parvenir Le four.Car.hélas! une feuille, quelle qu elle soit, ne vit pas avec des prières.Air : "l’iirlcz-moi «l’aiiniiir .Depuis I/Iielipies jours, Les candidats nous font entendre.Mille beaux discours Aiixi/ucls on ne peut rien coin prendre.Chacun n son tour.Vous endort acre scs histoires ; l iml pas le croire ! l’ancre érhevin Dni s'égosille, on loiulrnil hou S'efforcer de le croire encore Du and il luifouille et i/u'il pérore.Mois su parole aux Ions cassants, C.a finit par être apurant, Si him i/ii'ii la fin on se tanne Dr toujours sc fair' bourrer le.crâne.Ils parlent toujours Ile b urs /•rands projets d entreprendre Des irtnaux d'secours.Mes amis, ne cous laissez pas prendre l’ar ces beaux discours ! Le but de toutes leurs pttrlotles, t .eSl I o Ire cote ! Dites-CoUS bien t' hé un fois clos, ils fout rout rien, Mais i/ièils s'endormiront encore Dans le prnnd fauteuil i/u ils uilorml I Satisfaits, repus et béats, l’as un d'eux ne se souciera Ile eus ennuis, de cos misères : Ils ne son/iront i/o a leur salaire JEAN .NARRACHE Décembre 1938.) r Page 2 = LE JOUR Montréal, samedi 10 décembre 1938 Un Dreyfus américain Tom Mooney On sait le souci ordinaire de justice, dequi-té humaine, qui régne en ces Etats-Unis, les protections légales qui y entourent l’individu.les promptes réactions qu'y excite la violation rie ses droits, les tribunaux qui s’y étagent pour scs appels contre les torts commis.lin face de cet esprit et de ces traditions, le cas étrange de Torn Moonev tranche comme un épisode fantastique et presque incroyable.lVaffairc Dreyfus clle-m é m e.oserais-je dire, pâlit devant celle-ci.Car.pour l'officier juif, seules quelques personnes détenaient le secret de son innocence; I opinion publique se partageait violemment, et des excuses tirées d’un patriotisme inhumain empêchaient île faire la lumière.Mais ici c est un pauvre diable qui depuis vingt-deux ans expie un crime auquel on le sait étranger, par une erreur judiciaire admise et reconnue, et qui pourtant reste emmuré dans un bagne de Californie, sans qu'aucune force légale, < ivi-qtie ou politique ait encore pu l’en arracher.Seule l'affaire Saceo-Vanzetti, qui fit jadis beaucoup de bruit, pourrait offrir un parallèle.Dans l'un et l'autre cas, c’est le même fanatisme, habillé d’un opportunisme étroit, cpii fit jouer toutes les ficelles.M ais évitons les jugements, qu'on pourrait croire subjectifs.Les faits parlent ici le plus clair des langages.Dans l’été de 1916, le président Wilson préparait le pays à la guerre contre l'Allemagne.L'opinion s’agitait partout en faveur du recrutement, du réarmement intensif, qui rencontraient pourtant des résistances assez séricusas.Le 22 juillet, tout un camp de nouvelles recrues paradait, avec oriflammes et fanfares, dans les rues de San Francisco.Au coin des rues Stewart et Market, une bombe éclat.i soudainement au milieu d'une colonne, Itianl dix hommes, en blessant quarante, quelques-uns d’une manière horrible.Ce fut une indignation générale et bien légitime.L’opinion, surexitée, réclama a grands cris la capture des coupables.La police mit sur pied une armée de détectives, dont les efforts n aboutirent à rien, Etait-il pourtant admissible qu’un tel crime restât impuni?L'attorney-général Fickcrt ne le croyait pas: il se jura qu'il éclaircirait le mystère.Il procéda par induction.Cet outrage ne pouvait venir qlie d’un groupe radical, très mal vu des autorités, et qui, ouvertement, s’opposait à la guerre.Lin de ses chefs était Thomas Mooney, un ouvrier mouleur, jadis candidat socialiste, et qui dirigeait un journal appelé l.a Rcrolte; journal, d'ailleurs moins violent que son titre.Quoi déplus naturel qu’il eût lancé la bombe?on découvrit qu'un autre membre, Warren K.Billings, se trouvait sous l'inculpation de posséder des explosifs.Ne faisant qu'un de ces deux faits, Fickcrt fit arrêter Tom Mooney et Billings, et prétendit prouver qu'ils étaient les cou-lubies.Les témoins amenés furent vagues et indécis.Personne u avait vu I homme commettre I attentat.Personne n'avait aperçu ensemble les deux accusés, au jour dit.Mais d aucuns avaient, disaient-ils, reconnu l'un ou I autre sur le chemin de la parade.Mooney, de son côté, produisait une photographie prise par un ami, et qui le montrait avec sa femme a trois quarts de mille de la scène, avec une horloge dans la pièce marquant 2.01, cinq minutes avant l'explosion.D'autres témoins appuyaient cet alibi.Le procès s annonçait très mal pour l’accusation quand un nommé Oxman, commerçant de bétail venu de l'Orégon, vint jurer qu'il avait vu, bien vu, 1 bornas Mooney arriver sur le lieu du crime.Cet homme d’affaires bien mis, supposé important, fit bonne impression, subit sans sourciller des transquestions sévères.C en fut assez pour le jury, qui trouva les deux accusés coupables: Billings, chez qui s étaient trouvés des explosifs, de meurtre au second degré: et M o o n e y, contre qui ce point était nul, mais "identifié," jugeait-on, de meurtre au premier degré.F.n conséquence Moonev fut condamné à être pendu, et Billings s’en tira avec la prison pour la vie La Californie respira; Fickcrt fut un grand homme.Mais ce qu’on croyait être la fin du drame n'en marquait que le premier acte.Des dou-tes s'étaient élevés dès l'abord sur la justesse de te verdict.Les "radicaux" protestaient violemment; les modérés hochaient la tète.Les discussions avaient des échos outre-mer.Même la Russie, alors sous Kcrcnski, et l'une des puissances alliées, s’émouvait et faisait entendre des plaintes.Le président Wilson, désireux de la ménager, et lui-même au courant des incertitudes du procès, intervint auprès du gouverneur Stephens et en obtint une commutation de sentence.Moonev vivrait, mais les |iortcs du bagne ne s'ouvriraient jamais pour lui.Pourtant Wilson, encore inquiet, nomma une commission pour examiner toute l’affaire.Elle découvrit des faits tellement graves qu elle accusa publiquement l’attorncy-général Fickcrt de fourberie délibérée."I! ne s'est pas montré, disait-elle, officier de justice, mais conspirateur contre la justice." Elle mit au jour une lettre, dans laquelle Ox-man, le témoin-vedette, offrait cent dollars à un copain pour venir appuyer scs dires: lequel copain, à la dernière heure, s'y était refusé.Fickcrt se vit forcé de traduire Oxman en justice sous accusation de parjure; mais il y mit, naturellement, si peu de zèle que l'homme fut acquitté.Et alors, coup sur coup, tombèrent tous les étais de l’échafaudage de mensonges.Estelle Smith avoua qu’elle avait menti en prétendant avoir reconnu Mooney.Le témoignage des Edcaux fut discrédité sans espoir.La famille Hatcher vint jurer qu Oxman, le jour du crime, était chez eux, à quatre vingt-dix milles de San Francisco, etc, etc.Et, peu à peu, tous ceux qui avaient pris part au procès (sauf Fickcrt, bien entendu) s'avouèrent convaincus de l’innocence de Tom Money.Le juge qui y avait présidé, qui avait prononcé la condamnation, eut le courage d'écrire: "Le grand tort commis envers Mooney, et auquel j’ai pris moi-même une part involontaire, doit être immédiatement réparé." Neuf des dix jurés survivants en 1929 signèrent une pétition pour qu'un pardon fût accordé.Le dixième, qui s'y refusa comme a une démarche anormale, se déclara prêt à "serrer la main de Mooney" s'il était libéré.L'assistant-attorney, le chef des détectives, qui avaient eu la cause en main, reconnurent que l'accusé avait été privé de scs droits légaux.Hoover, après Wilson, nomma une commission d'enquête, qui critiqua sévèrement les procédés employés par Fickcrt.La Cour Suprême fédérale, tout en déclinant juridiction, exhorta la Californie à une révision de l’affaire, dans laquelle elle voyait nombre de points douteux.Enfin, l'année dernière, la législature californienne adoptait u n c résolution réclamant la grâce de Mooney: mesure qui, au Sénqt, fut défaite par quelques voix.C’était bien l'unanimité à peu près établie.Et pendant tout ce temps, en Amérique et dans le monde entier, des millions d'individus scmouvaicnt.protestaient, demandaient que justice fût faite, Mais quatre pétitions, renouvelées à quatre gouverneurs, furent successivement repoussées.On eût accorde une "parole", peut-être: mais Mooney voulait une “libération’’ qui rc- REVUE de l« PRESSE Il semble s'en faire de belles au Conseil municipal de V alleylield, CI faut en croire un journal de la localité, à tel point que ces Messieurs désireraient bien que leurs délibérations ne sortent |>as de la salle où elles ont lieu et surtout île la ville, dont elles ont les intérêts pour objet.Four réussir ce coup de force, les ecbcvins ont pris un moyen (pi ils décideront de leur propre mouvement de rejeter bientôt, espérons-le, et qui n est rien d'autre que l'expulsion du reporter île la Gazette tie I alleylield.La proposition (réso-liitlon) unanimement adoptée à cet effet, mercredi dernier, portait (pie la présence de ce journaliste constituait “une nuisance" pour la bonne administration du Conseil.L’un des échewns avait auparavant dit en toute ingénuité : "Ces journaux-là vont partout dans la province et aux Ltats-Cnis et ce n'est pas pour moi car je suis habitué a la critique, mais c'est pour ma famille”.Lu conseil, citer Monsieur: avec une utile aussi sensible que la vôtre, on ne fait |>as de politique ! Mais passons a ce qui, dans cet te petite affaire, nous intéresse et qui concerne le principe mis en jeu.Voilà tout d'abord l'argument ale bon sens donné par le confrère : ¦Supposons pour un instant que cette .situation serait légale, est-ce (pie le publie serait au courant de tous les actes de nos administrateurs élus par le peuple” Celui-ci ne doit-il pas connaître les gestes de ses représentants (pii solutionnent se.-; problèmes et qui représentent ses intérêts?Le (iazette de Valleyfield envoie son représentant aux assemblées du Conseil dans le seul but de renseigner son publie-leeleut par son reportage aussi exact que possible des faits et gestes de nos ecbcvins.Ko donnant un compte rendu fidèle des assemblées, nous permettons à nos lecteurs de juger des actes posés au Conseil et de voir si les représentants du peuple font leur devoir ou non".f.n liberie de l.t presse est, dans notre démocra-fte et surtout dans notre province, une nécessité dont I importance parait nous échapper de plus en plus.C'est ainsi qu'un peuple perd son droit indéniable de regard sur la conduite île ses administrateurs.Cela stupéfie et décourage d’ap- pur Florent LEFEBVRE prendre qu'un mandataire invoque un prétexte aussi puéril que celui donné plus haut pour bâillonner la presse.Four,garder la liberté, dit Goethe, il faut la conquérir à tout instant.Se maintenir continuellement sur le qui-vive et ne pas permettre la moindre anicroche au plus petit de m» droits publics légitimes constitue un veritable devoir civique et l'assurance d'une gestion saine et progressive.La presse doit surtout •' imposer cette obligation, l'exercer en toute occasion et les pouvoirs lui en faciliter la tâche.Si cet argument tombe à faux aux yeux des édiles de \ alleylield, qu'ils n'oublient pas au moins qu'en mars de cette année la Cour suprême du Canada proclamait de nouveau la liberté de la presse en rejetant le bill t HA.7251 921 rue S.-Callterinc Eet PL.9622 1354 rue S.-Calberine Ouest MA.2264 Livraison dans toute la ville LA MUSIQUE AU CANADA Lo degré de civilisation d un peuple se manifeste dans sa musique qui est I expression fidèle de se» goûts de se* aspirations et de sa culture.Cette vérité inspire des réflexions amèies sur not:c civilisttion au Canada Que faisons-nous pour développer lo goût de la he e musique chez le peuple ?Nous revendiquons le titre d'héritiers de la riche culture française et nous sacrifions l'art à ur.e musique de nègres et nos artistes de talent à des chanteurs qui n'ont u leur crédit qu'une réputation surfaite par la publicité! Est-ce un signe de civilisation que tolérer une telle anomalie" 1! faut réagir contre cet état de choses et éduquer le peuple en lui reformant le goût de l’art II sera possible d'atteindre ce but dans la mesure où on lui offrira de la musique capable de plaire à l'esprit et d'inspirer de nobles sentiments Les artistes de talent ne manquent pas au Canada.Il suffit de les reconnaître pour les estimer selon leur mérité ; mais il faut les reconnaître ! Ce fut le lot dur.grand nombre d'artistes qui auraient pu nous faire beaucoup de bien en nous faisant participer à leur art, de vivre dans l'ombre ou d'émigrer vers d'autres pays pour être estimés selon leur valeur.Sera-t-il toujours vrai que nous ne savons pas distinguer et apprécier le beau et que nous laissons perdre des talents qui pourraient contribuer largement nu perfectionnement de notre civilisation ?Non, cela ne doit pas être ; gardons nos artistes et encourageons-les à nous faite jouir de leur talent.C'est le but qui nous pousse à étudier les malaises dont souffrent nos artistes canadiens et à proposer des remèdes que nous croyons capables d'améliorer cette malheureuse situation.Pour faire valoir son talent l'artiste canadien rencontre trois obstacles bien difficiles à surmonter ; la préférence qu'on accorde trop facilement aux étrangers, !a radio qui ne remplit p;is son rôle et l'ignoranca et l'antipathie du peuple.Nous manquons trop de confiance en nous-mêmes et en nos artistes.Ce manque de confiance est un grand préjudice au développement de l'art au Canada.Nous demandons trop aux étrangers ce que nos artistes canadiens peuvent fournir eux-mêmes et souvent en mieux.Ceci me rappelle une réponse pleine de fierté que me donnait une jeune artiste de ta-lcjt- à qui je demandais pourquoi elle avait refusé une boutse d'étude en Eu-ropo : "J'irais étudier en Europe, di'-cllc, si j'étais convaincue que je ne puis plus tien apprendre au Canada" ; et comme je lui objectais que le titre de "retour d’Europe" pourrait lui aider dans sa carrière, elle répliqua : "Je compte plus sur le bon goût dos gens que sur le snobisme pour réussir." Je crois qu'elle avait raison.Je n'ai pus la prétention do croire qu'il n’y a de véritables artistes seulement en Canada niais je suis convaincu qu'il en existe un grand nombre et que nous devons les reconnaître.Je ne veux pas non plus qu'on nous prive des grands maitres étrangers car le beau est un concept transcendant et l'art est trop grand pour être borné aux limites d'un pays, mais je veux qu'on cncourugc davantage l'art et les artistes de chez nous.Si Esope disait quo la langue pouvait êtro la meilleure et la pire des choses, nous pouvons dire de la radio qu'elle peut être le meilleur moyen d’éducation et de culture mais qu'elle peut aussi être le pire Instrument do la déformation du bon goût.Quel rôle jouc-t-ollo actuelle; ment au Canada ?Contribue-t-ollc comme elle devrait le faire à l’éducation esthétique du peuple ?Malheureusement non.Il faut nvouor que nous entendons le plus souvent des programmes qui n’ont rien d'artistique et qui manifestent un bien mauvais goût.Certains programmes ne peuvent qu'avilir les auditeurs ot en faire des névroses.Les directeurs de postes de radio sacrifient trop souvent l'art à des niaiseries avec l’espoir de réaliser a;ns: de plus g:ands succès financiers Lin exclut de véritables listes pour faire place a des gens sans talent Sous prétexte que le peuple comprend mieux la musique populace et qui! faut satisfaire ses instincts on nous sert de la musique de danse de saint Guy qtn stimule peut-être les sens mats ne peut ni satisfaire l'intelligence ni inspirer de nobles sentiments Ce n os: pas dans cos conditions qu'on éduquera le peuple ot qu'on lui fera comprendre les beautés morales et Intellectuel « Le peuple, habitué de voir satisfaire son goût de la noblesse ne peut pas être sympathique aux arts et aux artistes qui nécessitent un effort intellectuel pour être compris.Ce n'est pas là une raison pour tolérer un tel état de choses ee doit être un stimulant pour réagir, car noblesse oblige.Si l'Allemagne peut eue fière de Beethoven elle doit avoir honte de ne pas avoir reconnu son génie et do l'avoir méprisé.I! faut éviter une te o honte au Canada.1! n'est pus impossible de le faire et le mal n'est pas incut ab' v Je crois qu'il importe d'abord de faite l’éducation musicale du peuple.On doit compter sur l'appui des maisons d education pour accomplir cette reforme.L'école peut et doit faire beaucoup dans ce sens.Elle ne s’éloignerait pas do son but en enseignant à comprendre et à aimer la belle musique car elle a une très grande influence sur les moeurs et c'est ennoblir les moeurs que donner le goût de la musique.Combien de talents ignorés seraient ainsi découverts ! Puisque c'est à l’école que l'on apprend à jouer son rôle d'homme on doit aussi apprendre à le remplir complètement dans toute sa beauté 1 Dans l'enseignement de la musique, comme dans tout enseignement d'ailleurs, le gouvernement a un devoir important à remplir, celui d'encourager et d'assurer son développement.L'honorable Athanosc David avait bien compris ee devoir, il a fait beaucoup pour les arts mais il reste encore beaucoup à faire avant d'atteindre la perfection.11 ne faut pas abandonner une si belle oeuvre mais il faut la faire progresser.Outre l'appui insuffisant du gouvernement nous avons celui de quelques mécènes généreux mois ils devraient êtro plus nombreux ! Les directeurs de programmes de radio devraient nous faire grâce des nombreux programmes sans goût et rechercher plus d'art.Ils pourraient aussi bien atteindre leur but financier et ils joueraient un rôle éminemment social, celui de faire progresser la civilisation Qu'ils se souviennent que la radio ne doit pas être seulement un moyen de publicité mais qu’elle doit être avant tout une source d'éducation et do culture.Il est urgent aussi d'avoir à Montréal un centre musical.Un conservatoire national de musique s'impose, il pourrait servir de foyer où tous les artistes en herbe puiseraient des leçons utiles et ou les maitres collaboreraient entre eux pour l'avancement tie l'art musical au Canada.Four jouir d'une influence heureuse une toile organisation ne devra pas avoir à sa direction un utopiste qui no conçoit que des rêves irréalisables, un égoïste qui ne recherche que les honneurs personnels.Non, il faut un homme capable de mener avec succès une.telle entreprise, un homme qui inspire l'admiration et la confiance des gens par sa valeur et par ses oeuvres et non pas par la publicité ou par une diplomatie louche.Nous avons dû rappeler dans cet article des vérités amères, mais, comme le disait le cnrdinal Villeneuve, on ne doit pns craindre le scandale de la vérité, il faut s’en éclairer pour guider notre conduite.La réforme nécessite do grands efforts niais il ne faut pas commettre la lâcheté île renoncer aux sacrifices nécessaires pour atteindre un but si cher.Souvenons-nous que le peuple romain ne fut grand que par ses sacrifices et il commença à déchoir le jour oit ii y renonça.Maurice BERNARD A ii dost) LE MIRACLE Après une fructueuse tournée de province, M.Jacques Auger et sa troupe présentaient dimanche, pour la première fois à Montréal, “Le Miracle", pièce do Jean Desprez.C'était là la cent-unièmc représentation de ccttc oeuvre."Le Miracle" est conçu et présenté dans la formule des mélodrames qui faisaient l'enchantement des théâtrophiies d'avant-guerro et dont l'adaptai ion radiophonique connaît encore la faveur d’un certain public.Tel quel, il a beaucoup plu aux spectateurs réunis dimanche au Gesù, et l'on peut dire qu’il a remporté un beau succès.Nombres do réparties ont soulevé des applaudissements nourris, et les déconvenues des vilains ont mis la salle en joie.Tout particulièrement celle de Corinne Berthier (Rose Ray Duzil), qui s’est acquittée avec conscience d’un rôle dont ie moins qu’on puisse dire est qu'il était ingrat.Dialogue vivant, dégagé ; enchaînement vraisemblable qui soutient i'inté-rct jusqu'à la fin.voilà les qualités qui font le mérite de la pièce de M.Desprez.C'est l'histoire d'un miracle double, qui rend à la fois à une enfant l'usage de ses jambes, et à son père, la foi qu'il avait perdue.Le tableau final nous montre le frère André mourant dans sa chambre d'hôpital.Dans le rôle du père, M.Jacques Auger est le puissant acteur que nous avons toujours connu.Il est bien supporté par Mmes Liliannc Dorscn, Juliette Huot et par MM.Jean-Paul Kingsley, Maurice Dcfoy, Emile Bouffard, ainsi que par Mlle Ginette Berger.Lys Gauty et Guy Berry Ivos Imprésari! Goulet-Maustâ frront la jo io dos radio philo?cm janvier, lorsqu'il» présent»Tout • n personne, sur la scène du .Monument National d.s artistes ;tuv,l d-ftèbres ot aussi aimés que Lys Gauty, Guy Borry, J an, J a/: et Jo.C'est le :?janvier quo leur s'rie do tc-présentati j.is commcm-era.A cliajuc spectacle on entendra d’ahorj Guy lio-ny, puis Jan, J;*.j et Jo, enfin Lys Gauty dans leurs tout*» do chant rospectif; après 1*011-tr’a/’to, Jan .lac ot Jo f-aunt admirer N u ris marionnettes, Guy Horry r c v i 0 n fl ra chanter.Jan.la*’ • t Jo répara liront dans un numéro do fantaisie, et la soirée se terminera enfin trop tôt *nl«' Itleliiii'l Strauss, Mort et TransfiguraiIiiii, Italie leur mesure.Celle oeuvre fut enlevée livre une tnnitilsc, !n conduite du chef iillclgnlt un tlyiiumlsmn t cl.tous les Inslrumenllsles firent si Idea que c'est là uni' «les plus hellos réussites de la saison, de imliito à rappeler In Irinmpho que connaissait avec In prn-mlère Rhapsodie toiKimlne le grand MacMillan.Comme le tloaae à entendre un critique fort coté.pent être le publia n'aviiil-ll pas compris l'oeuvre.dit moins, pas mitant que loi.Mais II ne nous fait pas «le doute à nous tpie 1rs amnlcurs en avail saisi Joui «'e qu'il fallall pour en sentir la vive beniilé el apprécier Jiih-leturnt l'Interpréliitlon de M.Slnssévitcli, André ROBERT &ît'M sm ?AvâÈilïfc SW m Safe- -ütMS Q'StaJlJS5: ¦¦ V1 ^ -¦ ' 1 L CHANSON .MH : "Le rêve r»-*»e Jfonsifir > candidat avoir, «huis les milieux off • * ids.un •«rtain «lé-sir «le placer «1rs commandes «P* munitions et d'aéroplanes au Canada.J’ai • u nombre «l'en t revu-*s avec des personnes haut placées A ce propos et j’étais anxieux «pie le Canada ait une part «le c»*s commandes.Au cours «le c«s entrevues j’ai attiré l’attention sur Jo fait qu'au Canada nous a-vons tuvmbre «l'ouvri- rs experts, aussi bien dans le district de Montréal nique.t n’en pas «Imiter, est 1 un point tournant, d• sou histoire «t, ••omm- le Jou- -:.’) èriiv Gold • • • Mines Limih'd No Personal Liability Montréal.P.Q„ 5 déc.1938.Les directeurs do "Central Diivcrny Ciold Mines Limited, N.IM,." informent les actionnaires qu'ils ont obtenu l'enregistrement de la Compagnio par la "Securities and Echange Commission" des Etats-Unis à Washington, D.C., lcdîl enregistrement prenant effet du 4 décembre 1938, pour une émission de 800,000 actions aux Etats-Unis au prix de 60 cents par action.Selon le programme de développement soumis à la Commission, le produit net de cette émission sera affecté à ta construction d'un moulin d’essai, pouvant traiter 50 tonnes de minerai par jour, au fonçage d’un puits avec galeries latérales et à l'exploration par sondage nu diamant.Après achèvement de cette deuxième étape dans te développement do la propriété, In Compagnie aura encore plus d'un million d'actions disponibles dans le trésor, et sera ainsi en mesure, si les résultats alors acquis le justifient, do financer les derniers travaux do développement et la construction des installations finales jusqu'à la miso en production.Central Duverny Cold Mine» Limited N.P.L.dean I,E IIKET, président.CARTE DE VOYAGE TOURISTIQUE Lr* Commissariat Général du Tourisme A Paris nous fait savoir quo par un décret-loi du 12 novembre dernier la «•art»?«le voyage touristique est prorogée Jusqu'au .11 décembre P.GF*.Cette carte do voyage touristique se vendra 10 francs (soit environ $1 au change actuel) A partir du 1er janvier 103!) et donnera droit A une réduction de 4u1 r .sur les tarifs des Chemins de fer fttinqais, et A une ristourne de f>0 centimes par litre d'essence, le maximum de la ristourne par automobiliste devant être fixé ultérieurement.On pourra so procurer cette carte en même temps que le billot de transport océanique aux agences do voyage ou au Consulat français."PETITE PESTE', d'après la piiVo «le Romain Coolus est interprétée par Jeanne I loi toi.Koné Lefèvre, Henri Kollan.André Roanne, Marcel Vallée et Junio Astor.Voici l’interprétation complète de "REMONTONS LES CHAMPS-ELYSEES", le grand film historique d** Sacha Guitry : Jacqueline Delubac.Lucien Itaroux, Lisette Lanvin, Jeanne Itoi tel, Jossoline Gael, Pauline Carton, Germaine hermoz, J arques Krwlti et Sacha Guitry.Relations entre producteurs et consommateurs Quoi quo noua pensions, pii notre province, de Hitler et des méthodes de l'Allemagne moderne, ee.pays nous offre quelques enseignements et il convient de les étudier pour en tirer lo plus de profit possible.Après la grande guerre et les elmngenieiits qui ont donné lieu au désastre industriel, — avec sa déplorable eonséquence, le rhûnmgc, — le problème de trouver du travail pour les masses s'est posé au premier plan.Il semble bien que l'Allemagno ait résolu ce problème.Il nous incombe do décider si le chômage est pour nous un problème A résoudre par du travail ou par des secours.Nous est-ii possible de traduire, pour ainsi dire, le chômage en un actif national ?Il est évident qu'en Canada, jusqu'il présent, le chômage a èiè considéré comme un passif.I.a preuve, on peut la trouver facilement en consultant les déclarations fiscales îles provinces et du pays.Une publication mensucllo publiée à Washington, "The Sphere', fait cette pertinente remarque : "En Allemagne les classes ouvrières ne se battent pas entre elles pour savoir laquelle fera lo moins de travail pour le plus gros salaire possible.Là-bas on ne s'agite pas au sujet d'une semaine de 30 heures ou de 40 heures.La durée de la semaine de travail est déterminée par la quantité du travail fl nceompHr.En Allemagne nn ne s'est pas apitoyé sur des hommes qui, capables de travailler mais n'ayant pas d'emploi, ont cherché à se consoler aux urnes électorales.Car, Il faut lo dire à notre honte éternelle, aux milliards de dollars que nous avons perdus en gaspillage d'argent, nous avons ajouté des heures Innombrables qui auraient pu être utilisées avec profit en travail, et qui ont été consacrées à la paresse et aux loisirs".Cette expression d'opinion nous offre une leçon.Nous avons continuellement parlé, et nous continuons à parler, de substituer le travail aux secours directs, d'ouvrir les usines silencieuses.Et cependant l'avenir est plutôt sombre.Il y aurait beaucoup à faire en notre province : des routes A construire, des ponts, îles logements, et que d'autres constructions 1 II est clair que rien ne peut être fait sans la collaboration des dirigeants, du travail et du capital.Pour réussir il augmenter les mises de fonds en notre province et au Canada en général, il faut convaincre le capital qu'il obtiendra quelque chose en retour.Sans quoi les capitaux ne seront pas investis ici, et la situation uctuclln du chômage ne changera guère.» En occupant des milliers d'hommes à un travail rémunérateur, on augmentera li- pouvoir d'achat du consommateur, — et le consommateur signifie chacun de nous.Et cela résultera en un renouveau de .prospérité, — c'est-à-dire plus de vc-t< monts, de chaussures, de meubles, davantage île toutes les commodités de la vie.Cela veut dire, en fait, revenir au niveau normal de la vie canadienne, au lieu de rester sur une hase de secours.Ici comme aux Etats-Unis, un peu de provincialisme nous fait ernlre que tout a été fait de ce qui pouvait être accompli.Et pourtant le fait est que, bien que nous ayons atteint un niveau de vio asset êievé.bien que les conditions de travail normales que nous avons connues nous aient élevé pour ainsi dire au-dessus île» pays étrangers, nous pouvons nous de» mander si nous avons donné tout notr» effort pour la restauration économique.Nous devons nous rappeler que si le» dangers de guerre écartent do l'Europ» les capitaux, ce ne peut être que temporaire.Et le raisonnement, le bon sens ri» toutes les classes de la société, l'effort de tous peuvent seuls tprovoquer la poussée qui assurera la restauration économique et la venue des capitaux.Le Vrai CHEZ-SOI SKItVICE IRREPROCHABLE HÔTEL ST.RÉGIS 393, rue SIIKRBOCRNE RA.4135 TOItO.VI'O en face do Pégllsn du Sneré-Ooeur, la seule église cutholiquo de languo française à Toronto.AVIS DE DEMANDE DE DIVORCE Avis est par les présentes donné qu» Stephano Ulullio Luciano Roncari, hôte, lier, de Montréal.Province do Québec, s'adressera au Parlement du Canada à su prochaine session afin d'obtenir un décret de divorce contre son épouse Dn.nio Emilie Loocadle Martin, de Montréal, Provint'» de Québec, pour cause d'adultère.En date à Montréal, Province de Québec, ce 32ème jour de novembre 13,ts.Mtro fliistave Mutaud, C.Il Chambres 406-107, 59 rue st-Jacques Ouest, Montréal.Procureur du requérant.ÜfiÉi.SOUMISSIONS POUR MACHINES 1 \ES soumissions cachetées, portant t» * " suscrlptlon "soumission pour machines", et adressées au directeur île» contrats, ministère de la Défense nationale, Ottawa, seront reçues jusqu'à midi le 3 Janvier 19II3.Les soumissions ne seront prises eu considération que si elles sont faites sur les formules fournies par le ministère et en conformité îles conditions qui y sont stipulées.On peut obtenir ces formules, de même que le cailler des charges, eu s'adressant au directeur îles contrats, ministère de la Défense nationale, Ottawa, ail commandant du district militaire no 6.Halifax.N.-E, au commandant du district militaire no II, Victoria, C.-lt., au secrétaire du Haut Commissariat pour lo Canada, Canada House, Londres, Angleterre.L° ministère ne s’engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions.L.R.La l-’LECHE, Sous-minlstr», Ministère de In Défense nationale, Ottawa, le 3S novembre 1938.fQ.tï.I66-E-30I ).WM GENEVA < ah SURTOUT/ N OUBLIONS PAS LE BON VIEUX GIN DE KUVPER POUR RECEVOIR DIGNEMENT NOS AMIS/ CT | & 282F w wmmm DmIiIIp #t •mbou)««ll» ou Conado lout lo lurveillonct diftci» dtr JOHN d* KUYPER i SON, Dutilloleu»», PcUsfdcm, Hollande Mguïn «ondé» «n 1693 14 Montréal, samedi 10 décembre 1938; LE JOUR ilis rt, po\ir chaque film- il yrrtat trois milles J murs.Fif.r 'U sa aloirc nnnr, il n’a pas l’intention de sc laisser faire.Et, campant sur scs jictitrs jambes., il a | u i s«-roii » fa • • - sur la f « » l* 111 u 1 .urni" par le 1 mist ère ur :00 du montant «b* la «mini' sion, fait à l’or«lr » * • « 1 u • visé pour la balan» '.RICMARfH'K.* L»i mlnish're fournira b » bleu- ••! b de\ i> «I»- r«mwag«* .sur 1 ¦* -c-ptlou d'un «b'pôt an iiiontunt «b > L* ^ ».( » * * : «*u» form» d’un «• h»• • 111 i»'.Dur ordr» ,].M.SOMÜRVH.U:.:-'»•• I •: taire.Mlnistèr»* «b Tri aiix pubR»*s.U l la », u, le •'w tiOVClubiV lJaH* i wm: -M-î V.' .—l “ ?O -' T'tV li'-MA ¦¦ «v1., c »*«»¦•* ç> ' à ”' .1 .",'a iiüs • ’ .t * t », »tn un*' 1 • 111 pli u.‘lici»r ft \ os n \ • m .\ 1 .p sa sniim 1 p! ion 1 »l /-lu d'utiliser bit r»'*; »•’.» I enfants « 1111 \«*t»t * la « 1.11 cul « * 1 e » .11 » ib»n t l'a v.’li h »|»v» d.ccti • .1 lllp .W l» !»• •Mqu'U t o ¦nul .hoir d» t Vu 111 sons l’» g »l* «l« nul» z au* 1 *l« * serais • iM* p i i • i.au s •mule* «Li • 'a t n a \ pas dellS .Nm'.' il.s" Lu t I'M! I.L iMislon map il 1 f 1 • ni»» «lo l*-M .\ h.t» t.*• i fai h s S I»* TtliiDi de N"»1 \ « 11 1 i mari a • u\ o\ «> i t la'll i n.Ml .Di *ii *1 ¦ t iiuiii '(• «lit: i u 1 1! é'M U •Cil.1 :t p «' i : i » I \ »»•» la »'b l OS • ' Il fII II 1 4 » J"U» - i ra bit» s mais li p» Ut -él IV du Mil » T .poil! «1 111 « i i \ o* « ij f an h dit II oit II; ilt du :»* i* .|C«- 1 II 1 • lit - Ht* p;i « ' lb'll! M 1 Hit lit» •" • Volt*; i b .un .ft i* 11 rh »*l Je i (-.•ut*1 ‘- «1 !« huit • Ml »llv i \ 1 k » » Il H u» d'Ulli '• / brid n ( » le Tl II! bl'» 11 •' N Ju»!l > tld 1» i lai- S *• i ft \ ot r • Imagina- 1 mu v »¦ r u import*' un »• ni p b • i \ ou:- In* , * » i • \ , lo ( il.\ ol I I’ i Ull coeur M»’ in»* \ «•n n.m'a\» pa- • •Il PO *.t - eu.m»‘»nu* .* .h : Mi» in ' i'-ÎUc oïl le t.i» i* ur u , oui.ié d Ml « *|é| I" "•* I* » hèz- \ nils, Ile \ ¦ > • » .»i 1 ii'iii.'L' -»•/ M t ( ’.• Sdlt • p*, ; «t OH t s i| Il i .'l i i \ • u» d'« I» Ill'll .cm » a 11 m .I • « ; t !' ni la I it Utile à "M I - a '• I• * ' !• loi « Il .1 \ • »Ir « I \ Ici Ime 1 ' I «i .t " Ij 1 a ni duu* • •M - - 11m * • .• t vnu 4 n'a 11 - 1 ¦ * «|« 1 • |*L; de ' rit» Cl 1 fa ut, tant » I Mi \1» ! 11 • * M I 11 » \» l*C» I I» proséfj-1 Imio 1 • » 1 tu 1 \ "t 1 » .lit".n age.» * - t »l'a 1.•: ! s une tu.mm d* sitl fi age a !.» • 11 » » I ! • \oti( inati te p» ut s‘»dij.*t • 1, i ' 1 t t "'i- c".droit Nia ,n, • Mil u | I - a dit' .' i' i.ran a ¦ .« 111 J| 11 « 1 i * '.i •!•• »!•' f.u h .lui - m»' nu eont te '• " .i» \ i n ¦» pt» il v t*.Itmnnie n’itait p • I " n H n' a*, ail pl è.s «R* lui »•»•! t • fbb 1» .• * b ¦ «|n'( t| tout tetnprf » t «n t"*it « •« » *-1 • * n.pour un» éclmnlç ft »u la poitrine cl la ménagère n’a «pi‘ù se dérider pour l'une ou pour l'autre.exiger la catégorie choisir et regarder réliipicltc pour constater si elle correspond à celle demandée.J,es él iipiel les disliuel ives sont: ItOI CE.pour la cnlégorir A, lil.El pour H « I JAI NE pour (i.Pour élrc eerlain d'oblenir exaelement la «piaillé de volaille «pic vous désirez — précisez la eatégorie! Sender îles marrli/s MINI SI i Kl.I lut UAL DE L'AI at ICI L I I KL OUI AV \ Ilonornhle Jiniies 11.t.arilinrr, ministre.Comment acheter île la volaille classifiée.Regardez les étiquettes de catégorie.< ÏTf i .Oliji: l « l lqn, I tr rnitfjf X « » 11, i 11 « ¦ Diiprrbr».i*b ul« ¦ poor I»** pltiK lin» diner*.( .liiirOliea rl np»'» inlr-ni* ni rogroiM» rn pour /lir MiAOiir* o*«» ¦* rt Irndrrn, rniconr < \ If (.01(11 II /1 i l| ( I r t ( p blr-ur.Itrrlirnl,* volidllrn, »nni" pu» muni « linruiim rt co«rni*i«/r*» rpir rrllm »|r In rntègorir A.VV*.uu'.oiir L\lf(,nlUI « ét irpir II*» jniinr, l.n plun bnate rn(é* KOrin r Innnififr.jsUnrndez • Pou [M* iflitèiïïjimMs Préü?$pz la catégorie • et achetez avec confiance i i D3C Page 8 LE JOUR Montréal, samedi 10 décembre 1938 Autour des idées de ADRIEN ARCAND, TélesphoreSfe Marie professeur d’éloquence Les raisons qu’a noire compatriote d’aimer et de délester les Anglais Je voiiri conseille, lecteur* fidèle* du JOl H, île lire, dun* Saturday ISifthl, livraison iln 'i (léeeinlirc, le savoureux article île noire coin|>u-Iriolc Télespliorc .Sainte-.Marie, in* titillé: “Wlty I Dislike llie "En-•llisli".En voilà un
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