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Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 17 août 1940
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1940-08-17, Collections de BAnQ.

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17 août 1940 3ème ANNÉE No 49 5 CENTS as plus que de notre première pas plus bretelle.Les conséquences «ont graves, très graves.A la lumière de la guerre actuelle, nous constatons l’effet de notre désunion et de notre imprévoyance.La plupart dea individus issus des nations belligérantes, même après des années de naturalisation, «ont pratiquement obligés de se rat* tacher à la politique de leur ancienne patrie.Et quand celle-ci devient notre ennemie, le péril apparaît en la demeure.C’était fatal.A quoi vou-les-vous que se rattachent des pauvres abandonnés, à qui le Canada n’a pm su préparer une patrie nouvelle, ni insuffler un nouvel esprit national?Les Etats-Unis ont fait mieux que nous.Des hommes de toute origine s’y sort réunis; il y en a cent millions probablement dont la langue maternelle, à l'origine, n’était pas l'anglais.Dès la deuxième génération en terre américaine^ tous cm jpna parlent l’anglais, se disent Américains, se sentent Américains et ont une vraie patrie.S’il n’en est pas de même au Canada, n’en accusons personne: notre sottise en est cause.L'école nationale n'exitte pat chez noua.Noua n’aurons pas de peuple canadien auaai longtemps que nous n'aurons pas d’école canadienne, aussi longtemps que chaque groupe ethnique s’instruira à sa guise, en cultivant des dieux morts, sans tenir compte des lois essentielles de la solidarité d’une nation.C’mt pour cette raison que le Canada est une absurdité.11 est impossible, dans les conditions présentes, d’espérer le moindre mouvement d’ensemble.Nom sommes voués au destin le plus lamentable, si nous ne savons pas nous raviser et revenir à dea sentiments plus humains et plus raisonnables.nécessaire à l’existence Sur deux photos en regard Tout es qu’il pouvait y avoir d'absurde, dane lee modes d’il y a «N eiicle, reviendra peut-être pour .être •adopté avec enthousiasme, maie non pae de façon continue, par lee femmee de Van 1000.Chaque époque a see fantaisie», et s’il y en a qui soNt par trop ridicules, il faut convenir qu'elles ne Jurent Jamais bien longtemps.Cost l’éternel recommencement dee absences et des retours.Notre ire n’eet pae exempte de bizarrerie» ridicule» en fait de modes, maie oh ne eaurait affirmer eane mentir que celle» de nos jours n'ont pae eur celle» d’autrefoi» un avantage bien marqué, St point n’est besoin de fouiller dane de» album» vieux d’un tiède pour tignaler cette différence toute d l'Aonneur de» créateur» moderne».Reportonemou» A vingt-cinq ane en arrière, et convenons que, eane rien eacri/ier d l’élégance, la façon de »e vêtir aujourd’hui eet pour la femme de beaucoup plue pratique, plue hygiénique aussi.La mode actuelle tend le plu» possible d t'adapter aux circonstances et voild peut-être pourquoi le progrès le plus sensible a été souligné dans le dessin et ta coupe de» vêtement» de sport.J’ai devant moi deux photo» qui prouvent mieux que ne sauraient le faire tou» le» argumenta possible» que le changement qui s'est opéré est tout d l’avantage de la femme moderne.Ce» photo» portent en sous-titre ; Une "sportive” d’il y a vingt-cinq ans, en équilibre sur des ekii nautiques, et Deux modernes sirènes taisant du water-polo en aquaplane.Il n'est pas question d’établir un parallèle entre ces deux photos afin d’en faire ressortir toute la féminité qui se dégage de l’une au détriment de l'autre.Ce ne serait d’ailleurs pas la vérité pure, car lee mode» actuelles, celle» qu’on ré- Nous Vouhntd*sfiyy£ET CAPS! Envoyez votre remise avec ts numéro, le rang, le nom ainsi que l’unité dont le soldai (ait partie, outre-mer à SWEET CAPS, B.P.6000, Montréal, P.Q.*1.00 «nvoi« 300 cigarettes SWEET CAPORAL ou WINCHESTER, eu $1.00 enverra •oit 1 livre de tabac à pipe OLD VIRGINIA, mN 1 livre de tabac SWEET CAPORAL HACHE FIN (avec papiers Vogue) aux Canadiens qui font du service outre-mer dans la F.C.S.A.seulement.$2.50envolentl,000 cigarettes à un soldat ou à une unité.serve aux sportives de notre époque, qu’on crée spécialement pour ellee n'en-lèvent d la femme rien de ea féminité.Elle est tout aussi gracieuse et féminine dans un maillot ajusté d sa tailte et moulant ses forme» que aanglêo dan» un corset, affublée d’une jupe qui tombe à la cheville ei chaussée de bottine» comme ma "sportive” de la photo qui date de cinq lustre».Ce qui était de bon goût il y a plusieurs années ne ferait pas nécessairement nos délices aujourd’hui.Et ce n’est pas par caprice ou extravagance, ou encore par simple désir du nouveau.Il y a eu et il y aura toujours, pour commander la mode, les exigences de chaque époque.La vie trépidante que nous menons a de beaucoup concouru d modifier notre tnanière de votr et d'agir de même qu'd changer notre façon de nous vêtir.Nous nous adaptons aux circonstances sans pour cela que la pudeur s’effarouche outre mesure.Nos sportives d’aujourd’hui sont l’image même de la santé.Elles respirent la Joie de vivre; S'il fallait compliquer la question du vêtement quand il s'agit de faire du sport, nous n'en retirerions aucun bénéfice.Les médecins ne s’accordent-ils pas d dire, et la plus élémentaire hygiène ne nous le commande-t-elle pas, que la respiration cutanée est non seulement nécesaire mais indispensable pour avoir un corps sain et une démarche énergique f Çui s’indignerait alors de voir des corps souples et beaux fendre l’air et l’espace, déchirer les vagues, et garder l’équilibre sur un léger radeau, pour la seule raison que ces corps Jeunes s’offrent du soleil, A l’air pur et aux regards dans un costume adapté aux circonstances, aux besoins de l’heure t Seuls, les pudibonds trouveraient IA offense aux bonnes moeurs.Et ils ne parleraient peut-être que pour ne pas déroger d leurs bonnes habitudes, sans trop y mettre de conviction.Car on ne peut nier que ces Jeunes naïades, qui se livrent A des exercices fougueux où le cran ne doit pas faire défaut, ne soient des preuves vivantes que l’adresse et le courage sont maintenant des armes qu’elles manient aussi bien que l’homme sans rien abdiquer de leur féminité.Et faut-il s’étonner de cette audace f Non.Pas plus qu’il faut s’étonner de l’évolution de la mode.Et, entre nous, je ne vois pas bien, pour ma part, nos Eves modernes faisant de l’aquaplane en blouse d’organdi et jupe d’ottoman.Il faut tout de même penser au plongeon, n’est-cc-pas f Et, toujours avec les yeux sur les deux photos, Je me demande qui des deux serait la plus comme-il-faut au sortir de l’eau, advenant la catastrophe.Celle A la jupe ou une de celles qui portent maillot t N’est-ce pas IA une preuve qu’il y a de la logique même dans la mode, c’est-à-dire là où on s’accorde trop souvent A dire qu’il n’y en a jamais eue f .Nous cultivons noe petits préjugés | raciquee, nos petits intérêts de clochers, no* petites misères, no* petites ignorances; nous sacrifions po* vies à de» riens que nous prenons pour de l’idéal; nous entretenons aveuglément les causes de notre pauvreté, de no» haine», de notre decomposition.Le Canada est un corps sans âme, un gros organisme dont toutes les parties sont retenues par des liens artificiels.J’entends d’ici les patriotard» de tout poil protester contre cette constatation pessimiste.Mais dites donc, mon ami le patriotard, n’est-cc pas vous qui porte* la terrible responsabilité de la destruction du sentiment canadien et du morcellement de la patrie.Pour garder intact un patrimoine, vous avez empêché la création d’une école pour le pays.En ce faisant, vous perdez plus sûrement ce patrimoine, car la province de Québec n’a rien de ce qu’il faut pour faire une patrie viable.Descendes au fond «le votre conscience, patriotard, et voyes tout le mal que vou» avez fait.Mais vous auaai, ultra-loyalistes, Anglo-Saxons jusqu’à la moelle, vous portes la responsabilité de notre désunion! Quand avea-vous tenu réellement à votre titre de Canadien?Dana vos paroles peut-être, dans vos •des, non pas! U est temps que vous abandonnai votre “superiority complex’’ pour canadianiaer ceux qui veulent être de» vôtres.Pourquoi faut-i! s'inscrire le 19?|t Tout le monde a entendu parler de l’inscription nationale qui se tiendra le» 19, 20 et 21 août.Mais les interpréta-lions le» plus fantaisistes circulent quant à l’objet véritable de cette inscription.Il s'agit, en réalité, de faire l'inventaire de noa ressources professionnelles, d'établir avec exactitude le nombre de techniciens et de spécialistes sur lesquels le Canada peut compter pour la fabrication de» armements nécessaires à la poursuite de la guerre — avions, tanks, navires, armes automatiques, munitions, etc.— et pour imprimer à l’économie du pays -— agriculture, industrie, commerce —- un nouvel essor.L'inscription déterminera les techniciens aptes aux industries de guerre et ceux qui sont plus particulièrement orientés vers ce qu’on peut appeler les industries domestiques.Une fois la démarcation établie, notamment entre ces deux groupes, le pays pourra plu» facilement orienter sa politique de guerre, accélérer Je rythme de sa production dans tous le» domaines de l'activité agricole, industrielle et commerciale, et impimer une vigueur nouvelle à son rendement.On ne doit pas perdre de vue, en effet, qu l'agriculture, l'industrie et le commerce constituent des facteurs vitaux pour un pays en guerre.C'est pourquoi le Canada a institué cette inscription nationale qui n'est pas autre chose, en somme, qu’un recensement professionnel, un procédé expéditif d'estimer la richesse du pays, en techniciens et en spécialistes compétents, avant de la mettre aussitôt en oeuvre pour la victoire de nos armes.Le Canada compte que ses 8.000.000 de citoyens qui seront appelés à s'inscrire les 19, 20 et 21 août feront leur devoir en cette circonstance et faciliteront la tâche des préposés à l’inscription en étudiant, avant de s’inscrire, les questions auxquelles ils devront répondre.UN FRANÇAIS PARLE Pourquoi nous sommés pour De Gaulle Depuis que le Comité national du général de Gaulle a etc forme à Ottawa, on m’a souvent posé cette question : "Mai* pourquoi êtes-vous pour de Gaulle ?" Je pourrais à mon tour, retournant la question, demander à ceux qui me reprochent, oh ! très amicalement, ma sympathie pour de Gaulle : “Mais pourquoi êtes-vous pour le maréchal Pétain?” Je suis persuadé qu’on serait plus embarrassé de répondre à ma question que je ne le serais de répondre à la leur.On n’oserait me répondre, en effet : “Mais c’est parce que Pétain a signé la capitulation de la France." Ce n’est pas là un acte dont un Français, fût-il Maréchal de France, puisse s’enorgueillir, et je suis certain que le grand soldat qu’est Pétain ne considérera pas cette action comme un de ses plus beaux titres de gloire.Alors ?j'ai posé cette question à plusieurs partisans de Pétain.Leurs réponses m’ont confondu.Certains n’aimaient pas la République.Alors, Pétain Payant supprimée d’un trait de plume!.D’autres sont royalistes.Or, Weygand étant, dit-on, royaliste !.Enfin, d'autres encore ont des tendances fascistes.Et on dit que Pétain est fasciste.Bref, pas un seul, parmi mes compatriotes et parmi nos amis canadiens-français, n’a oublié ses opinions politiques, par un seul n’a pensé à la France tout court.Eh ! bien, c’est ce que nous nous proclamons, nous, membres du Comité de Gaulle : Français, tout simplement.Nous faisons abstraction de nos opinions politiques d’avant-guerre : nous sommes Français, voilà tout.• Oh ! nous n’avons jamais reproché et ne reprochons pas au maréchal Pétain de faire honneur à sa'signature.Un Français ne peut renier sa signature, à moins de s’abaisser au rang d’un Hitler.Non.Ce que de Gaulle reproche à Pétain, ce que nous lui reprochons, nous, c’est de l’avoir donnée, cette signature, c’est d’avoir apposé son nom glorieux, sans même essayer d’en atténuer les termes, sur un document qui consacre la plus grande humiliation qu'un pays ait jamais subie : la reddition complète de la flotte aérienne et de la flotte maritime françaises, alors que, connaissant la fourberie allemande, il savait pertinemment que ces deux flottes devaient servir, tôt, ou tard, d’armes contre nos anciens alliés; l’élargissement immédiat de centaines d’aviateurs et de centaines de milliers de soldats allemands prisonniers, sans essayer d'obtenir, en échange, l'élargissement du million de prisonniers français, que l'Allemagne nous a renvoyés pour ne pas avoir à les nourrir, mais qu’elle tient encagés sur notre propre sol, derrrière des fils de fer barbelé».Prisonniers de guerre dans leur propre pays! Est-il plus terrible humiliation pour des soldats français ?Mais Pétain a dû signer, nous dira-t-on, par crainte de représailles.Quel pire sort notre pays pouvait-il craindre?L’occupation totale, complète, de la France ?Je ne ferai pas à mes lecteurs l’injure de supposer qu’ils croient à rette fiction d’une France non occupée.Us savent très bien que toute la France est occupée, une partie par des Allemands en uniforme, l’autre par des Allemands en civil, par la Gestapo.Des fusillades, des exécutions de civils, d'otages ?Pour beaucoup de Français, une mort rapide est préférable à la mort lente qui les attend si l’occupation se prolonge pas trop.Ef ft'aîllwiri.n'avons-nnns nas lVvpmJ Hollande, de la Belgique ?Ces pays, eux aussi, sont sous la botte allemande' mais leurs gouvernements délibèrent en terre libre, en Angleterre.LeUr dra-peaux flottent encore fièrement sur ]ç3 ambassades et les consulats de l’étranger, leurs ministres et leurs consuls marchent encore la tête haute.Tandis qje les nôtres !.' Voilà ce que nous reprochons au Maréchal Pétain, et voilà ce que lui reprochent, j’rn ai la conviction, l’immense majorité des Canadiens français.Mais, me dira-t-on, de Gaulle est officier français.En cette qualité, son devoir était d'obéir aux ordres de se» supérieurs.Eh ! mon Dieu, si c’est un crime, il n’est pas le seul à l’avoir commis, il n'est pas le seul à avoir mi» l’amour de sa patrie au-dessus d’un serment d’obéissance qu’il avait prêté à un goyvernement qui, .alors, représentai: une France libre, tandis que le gouvernement actuel n’existe, tout le monde le sait, que par la condescendance d’Hitler, et ne représente même pas le peuple français, car il s’est imposé de lui-même.Oui, si c’est là un crime, d’autres que lui l’ont commis : les milliers de soldats qui l’ont rejoint en Angleterre, les milliers d'anciens soldats dispersés dam 1: monde entier qui se sont déclarés prêt* à répondre à son appel.Et cet appui unanime qu’il a reçu est une preuve convaincante que ce refus d'obéissance le grandit plutôt qu'il ne l’abaisse.Ce qu’il veut, de Gaulle ?Pour l’instant, ni homme, ni argent, mais une aide morale complète, sincère.Ce qu’il veut?Des adhésions nombreuses au Comité que nous formons dans les différentes villes du Canada, adhésions qui lui prouveront que son geste, inspiré oar Tardent amour qu’il porte à sa patrie meurtrie, a été compris et approuvé.Ce qu’il veut et ce que nous voulons tous, nous, Français, c’est que, après1 la victoire complète, en laquelle nous avons une foi inébranlable, lorsque les soldats polonais, norvégiens, hollandais, belges, défileront dans les rues de leurs capitales délivrées, Paris puisse voir aussi défiler, sur ses Champs-Elysées, purifiés de la souillure allemande, des soldats français ayant, jusqu’au bout, combattu pour écraser l’hitlérisme.Voilà pourquoi nous demandons l’appui de nos amis canadiens, pourquoi nous demandons à nos compatriotes de mettre de côté, pour l’instant, leur étiquette politique, de n’être plus que des français, tout simplement.Il sera toujours temps, après la victoire commune, de reprendre no* petites chicanes politiques, et je connais trop mes compatriotes pour douter un seul instant qu’ils n’y manqueront pas.Charles COUCKE, Vice-président du Comité du Général Charles de Gaulle, District d'Ottawa.73 avenue Blackburn, Ottawa, Ontario.L’HOTEL WDTDflOB posséda un •tmoaphèrs ds distinction très recherchés st est visité par des voyageurs ds renom venant de toutes les parties du monde.Il est renommé pour su cbambrye modernes st confortables, un «salients cuisine et wnjuxsij yry • MICHELLE aumont LUCHAIftE C1IUDIER ill MÊME PRU ODE LES LE MEILLEUR VIN BRANVIK CINEMA DE PARIS! PALACE MONTREAL Capitol: "I Married a Nazi”; "Sailoi Lady”.Impérial : "Four Son»; "Private A fuira".Loow'a: "All this and Heaven too' 3e semaine.Palace: “The Boys from Syracuse”.Prtacese: "A Bill of Divorcement' "Cross Country Romance".Claéaia 4e Paris : “Je t'attendrai".Seiat-Denis: "Sid! Brahim"; "Retoi au Paradis".Beaubien: “Maria Chapdelaine"; "J n’ai pas tué Lincoln".Electro : sam.à mar.: "Elephant Boy "8.O.S.Tidal Wave"; "Marshall < Mesa City"; mer.à ven.: "Trois c St-Cyr"; "Martha".# ?* • • • • •• (MATT lAMJT IAIATT U1ATT H MOt, rouMsot Il V A TMNt MISONS.L La vieille bonne recette Lebett.S.L’tsu de puits peofoude de London.S.L'ert du breseea» •» le vieil.linemsnt km (né qui «ont de tnditicet diet Lebett.e temainn tHtli'l t .hseiMtVfl mamiTiom lUCTiaiMMIlU MliOtjj UW mtiY*f4r a ~ coat tu rai at/ ai PLUS GENS Demandent la L A B AT T PQlfllE I MARRIED A NAZI #(»*(!• i notas Montréal, samedi 17 août 1940 - LE JOUR Page 3 BILLET Rondin et Encensoir A L'AVIRON Le monteau de la «mir est tout gonflé d'étoilej Et porte en ses plis lourds l’aguift de la lune.Le canot plisse doucement dont les eaux brunes Qui caressent ses fiance comme reux d'une femme On se laisse bercer dans cette cogue blonde Au rythme d'un vieux chant ou d'une voix aimCe "I Married a Nazi”; "Sailore Sone; "Private AJ-this and Heaven too”; SHERBROOKE Cinéma de Parie: "Grisou"; "Primerose”.* * * TROIS-RIVIERES Une ombre passe avec un bruit rythmé de rames El l’on croit écouter le murmure des rimes.Le lac est (a/iai, doux et confidentiel, Comme l'immense miroir de la pensée du monde.L'aviron peut blesser «ans répit sa surface, L'eau n’en gardera pas même une faible trace Pas plue que ne le fait une existence humaine Perdue dans l'univers où régnent les soleils.J.-Ch.H.Retour “Elephant Boy”; Wave"; "Marshall of à ven.: "Trois de QUEBEC , Cinéma de Pari» : "Le Moulin dans le Soleil”; "Marlnella”.Canadien: "Le Quai des Brumes"; "Foch".Victoria: "Menaces"; "Le Veau Gras".• •••••• “Sidi-Brahim” tau U.ilST-DK.Mü) Ce puissant et beau film de Marc Didier animé par Colette Darfeull, Puul Cambo Atmos.Camille Bery et Fernand I.edoux,' ne devrait pas manquer de plaire aux cinéphiles.Voici, cm résumé, ce drame de ta montagne: Dans la montagne, un groupe de chasseurs alpins trouvent une femme ft moitié ensevelie sous la neige, abandonnée par ces deux compagnons de route, par humanité, Ils la conduisent ft leur caserne; laissée seule un Inslunt, la "malade" dérobe un document Important qu'elle emporte avec elle; quelques Jours plus turd lorsqu'on la reconduit ft la ville.Le lieutenant Jean Varln des chasseurs alpins s'aperçoit du vol et, aidé de son ordonnance, parvient ft retrouver l'espionne ut à lui arracher le document, évltunt d être lui-même de Justesse.Inculpé et convaincu de trahison et d'espionnage.L’espionne paiera de sa vie la remise du document.Comme attraction supplémentaire, on verra "Retour au Paradis”.Voici quelques notes sur cette originale production: Les êtres étant devenus nerveux, irritable», malheureux, pour lus guérir, pense le docteur liouvard, il suffirait simplement de les replacer pour un temps dans une ambiance saine, de les retremper dans la Nature, I plserdraient tout cou-dans la Nature, lié perdrdalent tout confient Jusqu’il leur nom.Avec l’argent d'un Jeune millionnaire très symputhlque, Claude Ulnct, qui est d'ailleurs son client autant que son commanditaire, le docteur liouvard achète la iropriété qu’est contrainte ft vendre une «une fille, également sympathique, et fonde une maison de repos.Tout de suite apparaissent leH premiers éléments- de l étérnelle comédie humaine: Claude et Line s'aimeront et, malgré les Intrigues Jalouses d'une Jolie malade — très légèrement malade — Suzanne, qui •'Intéresse plutôt aux millions du jeune honuue, Ils s'épouseront ft la fin.Çette histoire d'amour se déroule gentiment dans le cadre somptueux d'un Jardin magnifique et de la belle nature, mais aussi au milieu des aventures les plu» cocasses fournies pur les nombreux malade» de la maison de repos, affligés chacun d'un tic particulier, d'un vice, d’une maladie mentale qu'il est venu soigner: la baronne de Plndèche, vieille darne maniérée et myope; le notaire Orapiron, au caractère détestable; le poète Salnt-Oé-rard Fradell»! en train d écrire "Les .Mémoires d'un petit oochooi rose”, ce qui est un signe dangereux; un mari timide, martyrisé par sa femme et qui vient tenter de retrouver son autorité perdue; une cantatrice prétentieuse; un ténor lénorlsant et de Jolies filles dont Su-¦anne — rivale de Line — et Simone.Voir vivre tous ces gens, c'est prendre une belle leçon de rire: c'est toujours le personnage le moins compétent qui entreprend un travail donné, consistant ft mener les bêtes aux champs, aux soins de U volaille, A donner ft manger aux porcs, ft moissonner, ft battre le blé, ft pomper le .purin, A traire les vaches! La partie dramatique est fournie par Mareun, le secrétaire de Claude (îlnct, et fiusanne, sa soeur et complice, laquelle veut prendre Claude ft Line Suzarln: ce» doux personnages sont Incarnés au mieux par A.Engelnian et Viviane Romance, très Jolie et adroite artiste qui mérite de meilleurs rôles.Claude Dauphin est un très sympathique Claude fîlnet et .Mary Morgan une parfaite Line Sazarln.Quant au docteur franc et brave homme, c'est Marcel André, ft sa place.Mais la partie comique, la mieux accueillie, après le* belles Images, est partagée entre J.Fusler-Glr, Dailo, Tissler, Numès fils, très applaudis.E • • A nos lecteur»: Pour que vive un journal libre, ABONNEZ-VOUS.CiNÊMA^PARIS SAMEDI nnt wurr-AiiuAcouiH dCOlETTE DàRFEUiLo- pssgMESsJ CInému de Parle : "Eapoire"; “L'Or dans la Rue".?* * ST-HYACINTHE Corona : "Eusèbe Député "; "Nord Atlantique".* t * ST-JEROME Bex : "Over the Moon”; "Saps at Sea”.* * * THEATRES * ET CONCERTS Chalet de la Montagne : Lea Concerts Symphoniques, le 22 août.• •••••• “Je l'attendrai” (au CIXKMA l)K PARIS) L'action située dan» un village près du front, tn octobre l!flS, dure ft l'écran ce qu'el> est sensée durer dans la fiction.De cette condensation de l'action se dégage quelque chose de nouveau, de fort, de sensible nui agit tellement sur le spectateur que, inconsciemment, Il participe ft l'action et subit, lui-inéme, violemment les réflexes du héros du film.Comme chaque spectateur réagit selon son tempérament et aussi selon.sa mentalité, ce film sera discuté et apprécié.Abandonnant résolument tout artifice, Moguy :i louraé »- *>¦ remarier, et celle de »a fille qui.renonçant ft suivre Je» impulsion» de *on co»ur, rompt une Idylle afin de se consacrer au père dont elle a découvert la démence héréditaire, et dont élit est menacée de partager le triste destin.Grâce ft eon Jou délicatement nuancé dan* le rôle du père dément, Adolphe .Monjou donne l'une de* plus grande» Interprétation* de sa carrière, alors que Maureen O'Hara «'affirm* W comme un* Jeun» actrice extrêmement habile.Il faut aussi mentionner Je Jeu exc*'.!er.t de Fax Bainfer dan* I» ré»l* de 'x rr.ère.d'Herbert Marsh»ï.dan- relof de son ttancé; d» Dam» May Whllty.dans celui d'une vieille tante aigrie; de Patrie Knowles, dan» celui de l'amoureux df M»ure»n: de C Aubrey Smith, dans celui du do-teur, et de Kathryn Collier, comme ménag’-r*.John Farrow a faJt dan* ce film «on meilleur travail de • .- !ar À TRAVERS L’ACTUALITÉ MONDIALE avec Jean LeBRET ¦ fr ¦ -jf- ?y-y 'i ¦''¦***‘1** a3?r.Tiy,i.jffy»jCTnw ¦ v ¦ L’importance nouvelle de l’Alaska Quand, en 1867, le Président Andrew Johnton et son Secrétaire d'Etat Wil-liam-H.Seward achetèrent l’Ala»ka de la Russie pour sept million» deux cent mille dollar», on te demandait ai le» Etats-Unis en auraient pour leur argent.Ce ne lût certe» pa» un mauvai» placement puisque l'Ala»ka a exporté depuis pour plut de 1,230 million» de p-ition», fourrure», or et autre» métaux.Encore je» 70,000 habitant» du pays, dont la moitié »ont Indien», n’ont-il» guère commencé qu’à gratter te» immente» ressour* ce» naturelle», boi* de charpente, force* hydraulique», huile, fer zinc, cuivre, chrome, antimoine, nickel, platine, tungttène.Aujourd'hui l'Alaska n'ett pa» qu'une bonne affaire, c'est aussi un appoint précieux dan» le système défensif américain; c’est, avec Hawaï, l’un des deux plus importants postes avancés contre une invasion du Pacifique.L’Armée et la Marine sont en train d’y dépenser plus de six fois son prix d'achat en fortifications et aménagements.Le garde-côtes "Perseus” vient de rentrer à Seattle d’une patrouille arctique.Le détroit de Behring entre l’Alaska et la Sibérie, entre l’Amérique et J'Aaie, n'a que 34 milles de large.Au milieu du détroit, deux îlots, la petite Diomède, américaine, et la Grande Diomède, russe, séparés par un mille et demi de mer, un mille et demi seulement entre le territoire des Soviets et celui de» Etats-Unis.C’est entre les deux Dio-mèdes que patte la ligne internationale du temps, le méridien 180 à partir duquel on compte l'heure.Le "Perseus” a jeté l'ancre à la petite Diomède, avec mission d’observer ce qui se passait en face à la grande Diomède.On y vît les Russes travailler activement à la construction de hangars d’avions et à l'agrandissement du poste de télégraphie tant fils.Avec ses longuet pistes de glace utilisables dix mois par an, la grartde Diomède est en train de devenir une base aérienne, une station météorologique et un poste de communication» à la porte de l'Amérique.Aussi bien que le Japon, la Russie pourrait considérer une invasion de l'Alaska.Les Soviets ont une base pour les sous-marins aux îles Komandorskie, au large du Kamchatka, à 280 millet des Aléoutiennes; et une autre bate navale et aérienne à Petropavlovsk, à !a pointe de la péninsule du Kamchatka.Ce» base» peuvent servir aussi bien à la défense contre le Japon qu’à l'attaque contre l’Alaska.Mais la base aérienne russe d'"East Cape” en Sibérie même, à la pointe du continent, et la nouvelle base importante construite sur la grande Diomède sont bien des menaces dirigées contre l'Alaska seulement.Il n'est pat inutile de se rappeler que récemment encore la "Pravda”, organe officiel du gouvernement soviétique de Moscou, dans un article violent reprochait au Tzar Alexandre II d’avoir vlndu l’Alaska pour une tomme dérisoire.En dépit de la valeur stratégique de l'Alaska, les Etatt-Unis n'y avaient jamais fait de préparâtes de défense parce qu’il ne semblait pas, jusque maintenant, que le territoire fût menacé d’attaque.Depuis les jours de la ruée vers l’or, en 1898, jusqu'à ces derniers mois, la garnison militaire y était limitée à quatre cent soldats d'infanterie aux casernes de Chilkoot, non loin du “Skagway." Cet établissement avait d’ailleurs surtout pour but d'entraîner les troupes au climat polaire.Puis les Etats-Unis découvrirent que le» Soviet» développaient leurs bases le long de la côte de Sibérie, que le Japon construisait une base à l'île Paramosmiri, au sud du Kamchatka.Ces bases se menaçaient l’une l’autre, mais elles pouvaient aussi bien menacer l'Alaska.Flanquant le» routes maritimes de Yokohama à San Francisco, l’Alaska est bien plus exposé à une attaque venant d'Orient que la puissante forteresse d’Hawaï.Si l’ennemi réduisait les défenses d'Hawaï, (qui ont coûté 400 millions), il serait encore à 2,400 milles de la Californie et déjà loin de tes bases de ravitaillement.Au contraire, une invasion réussie de l’Alaska l’amènerait à Sitka, à 800 milles seulement de Seattle; il pourrait alors utiliser les baies profondes et protégées de la côte et il serait difficile à la flotte américaine de l’en déloger.Les Etats-Unis viennent d’affecter un premier budget de 45 millions à la défense de l’Alaska.On s'attend à ce que cette somme soit prochainement multipliée par dix ou même vingt.Le Major Général Arnold, chef de l’aviation de l'Armée à Washington, vient d’aller par air à Fairbanks, au centre de l’Alaska, 29 heures de vol.Seattle e;t d’ailleurs moins loin par air de l’Alaska que de Chicago ou de St-Louis, et la “Pan-American Airways" y assure un service bi-hebdomadaire.A Fairbanks.le Général Arnold inspecta les travaux conduits par le Major George pour l’établissement d’une grande base aérienne.De larges hangars sont déjà achevés et les pistes d'atterrissage (10.000 pieds) conviennent aux plus gros avions.Plus au sud.à Anchorage, sur la côte, un autre aérodrome est en construction.Un détachement de 700 hommes de troupe s’y est installé.A Point-Barrow, sur la côte nord, une autre base va être établie sur la “toundra" de l’Océan Arctique, pour faire face à la possibilité ms mu d'une invasion trantpolaire d'Europe.Une autre base avancée »era installée pré» de Nome, dan» la péninsule Seward, en face de la Sibérie; puis d'autre» encore au »ud-oue»t, contre le* menace» du Sud.I/e programme de la Marine en Alaska est encore plu* important et nécessite des base» pour le» tout-marin», le* des-troyer» et vsitseaux de guerre ausii bien que pour le» avion».Le principal établissement sers à l'île côtière de Kodiak, au sud, à la tête de la chaîne de» île» Aloutiennes.Kodiak devrait être aussi fort qu’Hawaï, 2,600 milles directement au sud.A 900 milles à l'ouest de Kodiak, à la pointe des Aléoutiennes, est le poste le plus occidental de la Marine, à l'ile de Kiska.Entre les deux, Dutch Harbor est déjà éouipé comme hase ik-s avions des garde-cotes.La Marine prépare aussi des défense» intérieures puissantes dans les baie» découpées, le* îles et les passages étroits de 1a côte Est qui s’étend de la capitale, Juneau, jusqu'au Canada, et qu’on appelle Finland Passage.” Dans cette région, la principale base navale sera à Sitka, d’autre» à Juneau, Ketchikan et à la réserve indienne de Metlakatla sur sur l’île Annette.Dès cet hiver, pilotes et mécaniciens vont aller s’entraîner au climat arctique, apprendre à maîtriser la neige, la glace et la brume, essayer tout un nouvel équipement technique et vestimentaire à l’épreuve du froid.L'Alaska devient un avant-poste permanent de la Défense américaine.Canada La Confédération déviant un fait M.‘J.L Rutledge publie de Toronto, dans le numéro de là semaine dernière de “Liberty", un éditorial qu'il faut noter.“La guerre, remarque-t-il, a submergé au Canada les discussions régionales et paroissiales.La nation concentre son attention sur les directives d'Ottawa.Les capitales provinciales ne sont plus pour le moment que de simples centres administratifs.De Vancouver au Cap-Breton, lot gens tentent et pensent à l'unisson.“Sous l'impulsion des événements qui secouent le monde, le Canada fait un grand pat en avant dans la voie de la cohésion, envisagée par les Pères de la Confédération, et jamais encore atteinte en raison de rivalités, de jalousies et de circonstances contraires.La Confédération devient un fait, par (‘interdépendance et l'harmonie des deux principaux éléments de la Nation.“Quand vint pour le Canada l'heure de décider de ton attitude dans la guerre, Québec et les autres provinces se prononcèrent unanimement.Dans la lutte contre les influences subversives et la cinquième colonne, Québec prit l'initiative.Parmi les premières troupes envoyées outre-mer, les Canadiens français étaient largement représentés.“De toutes les façons, dans tous les do-' maint», les Canadiens de langue française te sont unis à ceux de langue anglaise en manifestant leur loyauté au “British Commonwealth” et leur attachement à l'idéal commun.Leur guide spirituel, le cardinal Villeneuve, montre l'exemple.“Le désastre de la France a naturellement touché les Canadiens français plus profondément que les autre» à cauie des liens du sang, de la communauté de langue et de culture, et d'un héritage ancestral lointain mais encore puissant et fidèlement conservé.Néanmoins, avec le manquerions, en ne le faisant pas alors qu'il en est temps, à notre devoir d'Américains." * * V L’opinion Le dernier referendum populaire Gallup *ur la conscription donnait 67',c en faveur de son adoption.Les me»ure* de mobilisation et le* modalités de son application sont encore activement discutées dans les milieux parlementaires et politiques.* * s» Les prix L’index du bureau des statistiques pour 28 marchandises de base était la semaine dernière to6,8, à peine sept points plus haut qu'avant la guerre et sensiblement plus bas qu’en septembre dernier.Les produits manufacturés restent ait même niveau.L'index des matières premières- brutes, qui était de 66.5 avant la guerre, atteint 72.3 en septembre 1939 et est redescendu à 70.8.Pas d’inflation.* * * Commerce A la 27ème convention nationale du Commerce extérieur, à San Francisco, quinze cent banquiers, exportateurs, importateurs et diplomates, furent exceptionnellement sobres.Au bar du Palace-Hôtel, le "Pied Piper Room" fameux pour ses Martinis, les verres vide», glacés à l’avance, attendaient désespérément les clients.Dans les conversations des groupes épars, on n’entendait que le "SI" à la mode.A toutes les questions posées venait la même réponse : “Tout dépend d'Hitler." Et pourtant, malgré qu'Hitler eût escamoté bien des marchés européens, les statistiques américaines du commerce extérieur montraient encore une avance soutenue.Pour les premier six mpis de 1940 les exportations accusaient 2,067 millions de dollars, en hausse de 46% sur la période correspondante de 1939.C’est que les ventes perdues de grain, d’huile et d'automobiles avaient été plus que compensées par les achats alliés d’acier, de machines et d’avions.Pour 1a même période les importations avaient augmenté de 18% (caoutchouc, laine, étain, nickel).Balance favorable pour le premier aemestre 1940 : 774 millions, la plus haute depuis 1921.Parmi les résolution adoptées en clôture : l’or garde une valeur; les traités de .commerce réciproques de M.Hull ont du bon.Ln affaire Il est ultra-rare qu’un “boom" prédit se réalise.En 1937 la plupart des hommes d’affaires d’Amérique attendaient le retour d’une prospérité qui s’entêtait à rester au coin de la rue; l'augmentation des achats n’aboutît qu’à l'augmentation des inventaires.A la fin de 1938 et au début de 1939.optimisme mitigé, qu’une stagnation persistante montra pas encor: assez mitigé.Plus tard en 1939, le début Je la guerre n’amena encore qu’un “boom" en miniature, et qui ne survécût pas à l’hiver.En 1040 l'opinion prévaut que le» affaires sont simplement moyennes, et ne deviendront probablement pas beaucoup meilleures.Chacun sait en tous cas qu’il ne s’enrichira guère.Ces derniers jours, pourtant, les optimistes désappointés se pinçaient comme po*r s’éveiller à une réalité nouvelle : la production monte et la consommation semble suivre.Quelques chiffres, impressionnant» : L’on bût l’an dernier aux Etats-Unis pour 88 millions de dollar* de Coca-Cola, pour 18 millions de Pepsi-Cola et pour 16 millions de Canada-Dry.Cette information n’est pas mie réclame.Vous restez libres de boire de l'eau ?* Le dernier livre “Why England slept ?" est signé • John-F.Kennedy.Il ne s’agit pas de l’Ambassadeur américain à la cour de Saint-James, mais de son second fil», tout récemment gradué de Harvard Le choix pour l’Anglais' entre heure ou canons est aujourd'hui clair; il ne i'j pas toujours été.En 1934 l'Allemagne, qui déjà jeûnait, opta pour les canon*.En 1934 l’Angleterre, déjà bien nourrie, préféra encore le beurre.La question en jeu était la survivance.Aujourd’hui une Allemagne grisée de premier* s ic-eès et une Angleterre en péril pètent le* conséquences de leur choix.Aujourd’hui aussi les Etatt-Unil, menacés dan» leur sécurité continentale, considèrent U question.M.Kennedy veut par son livre montrer à ses compatriotes qu’il faut durant la paix préparer la guerre, et la préparer sérieusement.“Si vis pacem, para bellum." * * * La presse Le Président, Foster, du parti communiste américain et son secrétaire, le trop fameux Earl Browder, annoncent que l’organe du parti, le journal "Daily Worker", change de mains.Le nouveau propriétaire c’est la "Freedom of the Press Co.Inc.” et cette compagnie est formée de trois aimables vieilles dâme* de Nouvelle-Angleterre.Mme Strobe!!, 8r ans, est socialiste depuis 40 ans, et aviseur-conseil en matière anti-conceptionnelle ; elle doit s'v connaître puisqu’elle n’a pas encore eu d’enfant.Mme Woodruff, 71 ans, fût professeur d’école, fermière et apôtre des droits de la femme, qu’elle est allée étudier à c-'na reprises chez les Soviet*.Mme Reed, la benjamine, 69 an», autrefois pasteur et sculpteur amateur, travaillait à la pelle, il y a six an», pour une demi-journée, dans le chemin de fer souterrain de Moscou.Par ce transfert heureux de propriété, le “Daily Worker" s’évite à propos de» troubles financiers et des poursuites judiciaires.Sous sa nouvelle robe d'innocenc: et de respectabilité, le journal communiste espère continuer à paraître et conserver ses lecteurs.Grande-Bretagne Un pacte M.Winston Churchill et le Général Charles de Gaulle, chef du Comité national français à Londres, ont, par un échange de lettres, ratifié une convention qui détermine les condition» d’utilisation des forces françaises libre», sur terre, sur mer et dans les airs, ainsi que la coopération à la guerre du personnel civil français technique et scientifique.M.Churchill affirme à nouveau catf-goriquement que la Grande-Bretagne s’engage, une foi» acquise la victoire des afme* *1.1*^®*» • restaurer dans sa plénitude l’indépendance et la grandeur de la France.Les troupes françaises ne seront en aucun cas exposées à combattre la France ou contre des Français, Elles garderont Ces commentaires sur les grands événements de la ?semaine ont été rédigés tout spécialement pour les lecteurs du JOUR d’après les meilleures sources d’informations canadiennes et américaines.réalisme qui les caractérise, ils n’ont pu permis au sentiment d'affecter leur jugement; leurs journaux ont réaffirmé leur détermination de participer jusqu'au bout à l'effort commun, et condamné l’activité des quelques agitateurs qui restent daos le camp isolationiste.“Les Canadiens de langue anglaise, dit encore M.Rutledge, devraient avoir réalisé depuis longtemps combien l’unité du pays et l'avenir de ses institutions ont dépendu de la solidarité de la minorité canadienne-française, A la Confédération.60% des citoyens étaient de descendance britannique.Cette proportion a baissé graduellement jusqu'à 52%.L'immigration a introduit des étrangers, avec des idées et des traditions différentes, d’autres conceptions de gouvernement.Le Canada aurait pu en être gravement menacé si, en même temps, l'augmentation de la population canadienne-françaice n’avait pat contrebalancé cette infiltration.“Quand aujourd'hui les libertés du monde sont en danger, conclut M.Rutledge.il est réconfortant de penser que les Canadiens français, qui tiennent ia balance, descendent d'une race qui, à travers les âges, a vaillamment défendu l'idéal démocratique." Ici, au “Jour", nous nous sommet toujours faits les champions de l'unité nationale canadienne.Nous notons avec plaisir l'appréciation de notre confrère de Toronto.Rien ne servira plus la grande cause de l'avenir national que la collaboration de tous au service du pays, tant distinction de races, d’origines, de langues ou de croyances.Nous souhaitons de tout coeur que la Presse de langue anglaise continue à faire ta part, comme nous feront la nôtre.La volonté de vaincra Sur les ondes de Radio-Etat, le Major Général La Flèche nous rappela l'autre jour d’Ottawa que l'Allemagne n'ett pu invincible.“Les Allemands se sont imposés la pénitence et les privations pour construire une formidable machine de guerre.Pas de beurre, mai» des canons.Mais les succès sont dus autant à l’imprévoyance des nations conquises qu'à la valeur des armées allemandes.“J'irai plus loin, ajoute-t-il.La Belgique, la Hollande et la France ont succombé parce quelles manquaient de la volonté de vaincre.Pour les Pays-Bas et la Belgique, ce fut l'adhésion prolongée à une neutralité illogique, en dépit des preuves répétées de la mauvaise foi germanique.En France, l'esprit de Verdun s’était évanoui.Trop de confort, de laisser-aller, de confiance aveugle empêchaient de réaliser l’imminence et la gravité de la menace.Le patriotisme était miné par la propagande subversive."L'ennemi est maintenant arrivé à notre seconde ligne de défense, les îles Britanniques.Notre existence en tant que nation d’hommes, libres est menacée, conclut le Général.En face du péril tout les Canadiens doivent être résolut à faire leur devoir.Nous nous battons pour la paix de nos foyers et l’avenir de nos enfants.Nous luttons pour la civilisation, pour la liberté de la pensée, de la parole et çle la foi religieuse." Fiers propos d'un grand soldat.États-Unis Le Président Roosevelt, surmontant nerfs et fatigue, a repris sa forme.A une réunion de fonctionnaire, il insistait l’autre jour pour une législation qui jugule l’activité subversive, les acte» séditieux, le sabotage et tout ce qui pourrait ralentir le programme de réarmement et de défense.De son côté, le Procureur général, Jackson, avertit le public que les puissances totalitaires cherchent à endormir l’Amérique, comme elle» ont engourdi la France, par d’alléchantes promesses de profitables affaires.La convention des ouvriers de l’automobile a flétri comme "brutale* dictatures’’ l’Allemagne, 1a Russie, l'Italie et l'Espagne.C’est la première déclaration officielle formelle de la "C.I.O.” de John Lewis contre le communisme, le nazisme et consorts.L'embargo sur l’essence d’aviation affecte le Japon et l’Espagne, dont les ambassadeur» protestent à Washington.A noter qu'en Espagne, récemment, on pouvait voir de» affiches réclamant le retour de» Philippines.Le "New York HéraltTTribune” se fait l’avocat d’un pacte de défense mutuel entre les Etats-Unis et le Canada.“Ce jerait”, dit notre confrère, “le couronnement d’une vieille amitié entre voisin» également menacés.” J’ai publié à ce sujet la semaine dernière dans ces colonnes un avis identique de l'Association américaine de politique extérieure.Au retour de La Havane, le* déclaration» de M.Cordell Hull ne sonnent pas comme un hymne de victoire.“Les 21 Républiques américaines”, dit-il, "se rendent compte du danger que présentent le» néfastes activités de certaines nations d'Europe.On ne saurait y faire face trop tôt par une défense continentale appropriée.Les forces de conquête et de destruction, défiant le droit, parcourent le monde comme un fauve déchaîné.Elles ne s’arrêteront que devant un obstacle infranchissable.Je préférerais constater que nous sommes à l’abri dans cet hémisphère, mais je suis convaincu que nous assistons à un violent attentat organisé contre le monde civilisé tout entier.Notre seule chance d’échapper au péril est de noua défendre.Chaque citoyen doit être prêt à faire de tout coeur le sacrifice de son temps et de son bien.’’ Un ivrtiiMwmt Du général Pershing, au microphone à Washington : “Je vous parle ce soir parce que je pense qu’il est de mon devoir de le faire.Je vous dis, solennellement, qu’il est peut-être déjà trop tard aujourd’hui, et pour toujours, d’épargner la guerre aux Amériques.Notre dernière chance de l’éviter serait d’adopter, non pat demain mais ce soir, toutes les mesures de défense possibles."La marine britannique a besoin de destroyer» pour convoyer son trafic, escorter ses navire» de guerre, donner la chasse aux sous-marins et repousser l'invasion.En attendant que les unités de remplacement soient prêtes à combler les vides, l’heure est critique.Nous, avons des destroyers inutilisés.S'il est quelque chose que nous puissions faire pour aider la flotte britannique, nous nue américaine, préféré la voie de» airs, a gardé d'un mari pré* ncer fut aviateur) la plancher de» vache» ; i et n'aime point le* tu\ début» elle a con* retraita JE NE BOLS QUE DE LA DON-SA SAVEUR RAFRAÎCH/SSAR ESTTOUJOURSÆ^^k EXCELLENTE r^H .'.'•V intérieures ou extérieure», bien qu’uni» par une commune allégeance à la Couronne avaient obtenu des succès e sais ce qu Montréal, samedi 17 août 1940 LE JOUR Page S A TRAVERS L’ACTUALITÉ MONDIALE Ijutant que possible leur caractère fran-h»is, en ce qui concerne la langue, la discipline, l'avancement et l’entrainement.Le» marins français seront appelés à former les équipages des navires français libres, dans toute la limite où leurs effectif! seront suffisants.Les unités navales françaises montées par des Britanniques incluront une certaine proportion d'officier» et de matelots français.Le Général de Gaulle aura le commandement en chef des forces françaises.Nous la direction générale de l'Etat-I Major britannique.Il pourra créer des établissement» civils pour l’administration L pour la, formation technique.A la conclusion de la paix, l'Angle-ttrre s’effprcera d’obtenir pour tous les volontaires français la restauration de leurs droits civiques.En attendant elle leur facilite la naturalisation britannique, ,’ils désirent l’obtenir.La Grande-Bretagne se charge de I l'entretien de» forces du Général de Gaulle.Le réglement matériel et financier s'effectuera plus tard.Dans sa lettre, le Général de Gaulle confirme que les forces françaises actuellement en voie d’organisation prendront part aux opération» contre l'ennemi commun (Allemagne et Italie ou toute autre puissance hostile) et combattront pour la défense des territoires français, britanniques ou sous mandat, et pour la liberté | des communication».A Pavie, jadis, le chevalier Bayard [perdit tout, fors l’honneur.Aujourd’hui, à Londres, c'est un autre preux, le Général de Gauile, qui sauve l'honneur de U France, si compromis par des Pétain | ou des Weygand.C'est un immense soulagement pour la conscience des vrais | Fronçai» (il en est encore beaucoup plus |qu'on ne pense).Venant après l'offre si généreuse de M.Churchill à Tours d’une union complète avec un allié déjà si éprouvé et s: | affaibli' ; venant après la capitulation française et l’acceptation d’un armistice I si contraire aux engagements pris, le pacte de Londres est, de la part du Gouvernement Britanniqué, un geste magnanime ; il témoigne d’une très rare largeur de [vues, d’une très profonde amitié.Les Français qui ont encore le coeur bien | placé ne l'oublieront jamais.[Lis Inde* Lj; Gouvernement britannique a for-Imellement promis aux Indes le statut de Dominion au retour de la paix.Il appelle les Hindoqj à transiger leurs querelles et à travailler ensemble à la préparation d'une nouvelle constitution.Comme premier pas dans ' cette voie, il ouvre dès maintenant aux représentants des divers partis hindous les portes du Conseil Exé-I cutif à Delhi et les invite à participer à ce titre à l’administration du pays.Cette importante décision a été com-| muniquée simultanément aux Communes à Londres par M.Amery, Secrétaire d’Etat pour l’Inde, et aux Indes par le [ Vice-Roi, Marquis de Linlithgow.La Conférence impériale de Westminster en 1926 a défini les Dominions Britanniques "égaux* en statut, en aucune façon subordonnés les uns aux autres, sous aucun aspect de leurs affaires intérieures ou et librement associés comme membres du British Commonwealth of Nations”.La population polyglotte des Indes (environ 350 millions) comprend, de 1 Himalaya à l’Océan Indien, de» Sikh», Parsis, Arabes, Bengalis, Pundjabs, Ma-rathas, de toutes sortes, races et religions.Depuis l’invasion d’Alexandre le Grand au IVème siècle avant notre ère, l'Inde avec se» richesses, sa fécondité, ses mystères, a fait rêver l'imagination européenne.Depuis le 1 7ème siècle et la Compagnie des Indes Occidentales, l’Angleterre s’y est découpé un vaste empire, dont la Reine devint l’Impératrice en 1877.Environ les deux tiers du pays sont directement sous l'administration britannique, le reste sous la royauté nominale des Princes et la protection anglaise.Il n'y a encore jamais eu aux Indes une union complète sous un seul gouvernement, administrant d’un seul centre : mais depuis le siècle dernier un grand mouvement s’est dessiné pour un régime autonome.En 1935 de grandes réformes furent introduites, de larges autonomies provinciales accordées et tout un plan élaboré pour une fédération avec deux corps législatifs indiens.La Grande-Bretagne avait maintenu jusqu'alors son contrôle en raison du peu de culture des masses (91% du peuple est encore illettré) et des divisions profondes entre les races diverses.Par les nouvelles mesures annoncées, Londres espère obtenir des Indes plu» de coopération pendant la guerre.D'ailleurs les premiers succès ennemis ont effrayé les chefs hindous et ont éveillé la crainte d'une invasion par des nations bien moins tolérantes que l’Angleterre.La Guerre Les ténors de la propagande allemande et italienne avaient claironné partout le dernier leitmotiv : "la Grande-Bretagne est difficile à envahir ; la nouvelle tactique de l'Axe est de bombarder ses artères vitales et d'affamer ses défenseurs".Ce qui n’empêchait d’ailleurs pas le réaliste M.Churchill d’aviser ses compatriotes de n'en rien croire et de ne pas relâcher leur vigilance.Et en effet, depuis une semaine, l’aviation ennemie attaque, sans répit, acharnée.Elle attaque les convois, les ports, les hases navales, les défenses, les barrages de ballons, les centres industriels, les villes et les campagnes.Elle attaque tout, furieusement, sauvagement, inlassablement.Par vagues successives, des centaines d'avions à la fois mènent l'assaut.Avec une ténacité, un courage, un héroïsme qui font l’admiration et l’espoir du monde, l’Angleterre tient bon.Obéissant au mot d’ordre de Nelson, chacun, stoïquement, fait son devoir.La R.A.F., inlassable aussi, repousse l'agresseur, lui infligeant à trois contre un des pertes terribles.Et elle continue bravement à riposter en territoire ennemi.On signale des Italiens parmi le» pilotes descendus ; c’est une explication de la proportion des pertes et une preuve que l’Allemagne commence à manquer d’experts.D'ailleurs un effort de cette envergure ne peut durer indéfiniment, effet de terreur, par lequel les nazi» faciles, a moins VOUS Blilut hrrmltlqu.10e ,t ISc Belt* m»ltlli«u« 'lOK-TOP" U Itvrt.6S« ¦ U ttiltl _ S.Origine raciele.(b) Le franpaie >_ 9.Langue ou languee: (a) Perlee-voue l'aagJaJi}__ (c) Quelle» autre» langue» peuvts-voua parler, bre et écrire >— 10.Inetructioo: (a) Primaire aeulement-ft.) Primaire et (c) Profeteionndlc (Collège commercial, école technique aupérieurt)- (d) Dipldmn de ooUègre ou d’unhrartitée >._________________________ 11.Votre état de «enté sénéral eat-lli (a) Bert J_(b) 8*ti«fal«*nt >-(c)Séaural» >- 12.Si voua été» aveugle, eourd, muet, eatropié ou eouffrei d'autre infirmité, mentionnea-ea U nature-——.¦ .—.- • SI voue muflier d'invalidité permanente, raorvec-vou» une pauioa >-De ruent J— D'indemnitation eux accidentée du travail )_______De vieifleeee ou eut aveugle» Ou une autre peneion > (Spécifiez laquelle)—.U.Genre d’emploi: (a) Employee-voue quelqu'un an ptna da dnawaügiwa > - Si oui, quel ert votra genre d'mtrepriaa >-(b) Traie Ma rang pour votre compte tara employer persona >-.SI cwl, quel art votra para d'entttpriie >.-.(c) Etee-voue un employé! (I) habituel-(2) Engagé dan» un tut/» emploi qna votra (1) la ebéenege-(d) Ne travaillant pna gnaw got vow Mae » la weiaàa, è la charie da qualqu'im, rwird dee adhéra, rraélar-a,_____________________ 14.Emploi ou métier:— (a) Emploi actual >___ Aimée d'egpérbnco (b) Quel ert votre emploi habituel >„ (c) Quel autre travail pouvts-twua fair* ~ (M_ (cL- (d) SI vou» été» tmployé, quel art votra patron actual ) Adretee-flora d'eaMprlm S étt» employé I (Spécifiée clairement)- _ .(e) Si voui powédez une expérience approfondie d'un méttar ou d'un empM Martvbb décrivez le ou le» i i fenrte de treveua pour leaquslt voue étae ipéHelânart ou expérimenté.1).Chfimege: («) Pendant combien de temabaa arm voue trovoHM dana la II moi, ).(b) Si voue été» aene emploi S l'heure actuelle, Indiquée b nombre de Mmame» écoulée» depui» votre denier emploi cotre pua b travail remtnuriemœt de »*c«ur» direct»________.________________ (r) Zira-yieji totzlcmen’ inrapeble de IrcveMev > 16.(al) Arte-vwe été élevé »ur une ferme >_ .(al) Juaqu’S quel éga >„ (bl) Pendant combien de tempe >.-(cl) (bl) Aver-vou» déjà travaillé rat une ferme > (bl) Dan» quelle province eu quel pay» )_ vou, conduire le» cheveu» _______________ (cJ) Lea machine» aratoire» >________(c4) Savca-roua traire be vachm >.(cSlPouve* vou» exécute» d'eutiee travaux agricole») ____ ________ -(cl) La 17.Y a-t-il un métier quelconque que vou* déairerke apprendre >„ lé, Service» de le Défenae: fl) Avea-voua déjà fait du eerviee dana b marina, l'armée an l’aviation > .Si oui, indiqua: (») Done be armée» de quel paya_______________ (b) Le» -laie» approiimetivee du cnmenencement et de b fin da aervint__ fc) Régime»» ___________.-_.(d) Rang____________________0' SI été tnia i la retraite ou congédié, donnez-en bt rtltrmm.(J) A-*-cn rtf-i»é de voua eccepéer dawe be cadre» de l’armée pendant b gaarrt eetueBe > .fa) Pourquoi) .(h) 06 — _ Contribuez à I oeuvre collective de Is Nstion» Pour réduire au minimum les frais de cette inscription, le Gouvernement fait appel à la collaboration de tous les bons citoyens.Vous pouvez aider en offrant vos services aux préposés à l’inscription dans votre localité; LES BUREAUX D’INSCRIPTION seront répartit selon let distrias électoraux, tels que délimité# au moment de U dernière éleaion fédérale.Les citoyens sont prie» de s'inscrire aux tubdiritiont de leur va iugvi,|»»M/»>) •* * — t # % J I» ft lion le plut proche, apres s'etfe justifie auprès de 1 officier-enregistreur.Votre certificat d’inscription Toute personne ayant répondu au questionnaire de façon complète et satisfaisante recevra un certifiât d'inscription émis parle sous-officer enregistreur de son district.On devra toujours porter sur soi ce certificat, qui sera imprimé sur une petite carie.Sanctions en cas d’abstention — Tout* personne de IfS antfet plu», homme ou femme, mariée ou célibataue/jui ne *e *m p« inscrit* sera oanible d'une amande n'excédant pat $200 ou d’un emprisonnement d'une durée n'excédant pat trois mois, ou det deux a la loit, et ter» de plus passible d'une amende n’excédam pas $10 par jour a compwr du jour ou elle aurait du s'inscrire et tant qu elle ne l'aura p*i tssu D’ordre de THON.JAMES G.GARDINER Ministre des Services de Guerre. Page 8 LE JOUR Montréal, samedi 17 août 1940 David dénonce l’école de la haine L’éloquent sénateur, ancien ministre de * l'Instruction publique et des Beaux-Arts de la province de Québec, déplore nos luttes fratricides par Jean-Charles HARVEY V honor able sénateur At hana se David, ancien minitire québécois, qui contribua le plut activement au propret de F éducation et des beaux-art» dam la province de Quebec, prononçait à la radio, dimanche dernier, le ]| août, un ditcoun vibrant de.sincérité et de vérité.Il dénonçait Fécale de haine, qui a trop longtemps prévalu chez les nôtres, et il faisait appel i F union de toutes les énergies canadiennes, en face du danger commun.Au moment où F indépendance même du Canada est en péril, il est bon que des voix éloquentes comme, celle de M.David se fassent entendre.Le gouvernement fédéral, qui porta la lourde responsabilité de la conduite de la guerre, n’a pas assez tenu compte, jusqu’à ces derniers temps, de la nécessité iFune campagne d’information destinée ri é c l a i r e r les esprits.Notre, service (Féducation nationale du temps de guerre est faible et inefficace.Les pouvoirs publics.qui disposent de la radio, ce merveilleux instrument sla propagande, ne savent pas s’en servir, On craint le talent.On hésite sottement à faire appel aux rares hommes qui aient assez d’éloquence, de conviction et de raison pour vaincre les cris de la haine et du défaitisme.Nous In 'regrettons amèrement.Cest presque tragique.Jamais il ne nous a é\‘ donné de constater, chez les chefs du pays, un manque de psychologie aussi flagrant.Il ne sert de rien de multiplier les écrits.Les articles et les tracts que l’on distribue dans le /su-Mie, pour façonner Fopinion sont ri peu près inutiles.Les Csutadiens ne lisent guère.Ils écoulent plutôt, La parole est le plus formidable outil d’éducation des masses que nous possédions, Comment se fait-il que nos politiciens, une fois les élections passées, ne s’en souviennent plus?C’est un mystère tragique.M.David a parlé.Il a ému les masses.Mais une hirondelle ne fait pu le printemps.Il faudrait faire appel ri tous les Canadiens qui savent penser et parler.Il ne s’agit pas de donner la parole ri des bagoulards de dixième ordre, qui provoquent les assemblées des salles publiques afin tfallirer l’attention sur leur petite et ignorante personne.Non! Il s’agit de mobiliser toute Finlelligence canadienne, surtout dans la province de Québec, afin de détruire les exploiteurs de préiugés et de.rétablir les faits.Cest là une mesure de salut public que.le gouvernement et les directeurs de la radio doivent adopter sans tarder.Malheureusement, il y a quelque chose qui va mal à la hante direction de nos postes radiopfu* moues, Nous reviendras sur ce sujet.En attendant, relisons les quelques extraits qui suivent du beau discours de M.David: “Qui n« «ait Ica idée* fauaaea dont certains cerveaux ont été, depuis déjà maintes années, pétris et saturés.Qui ignore certaines comparaisons odieuses de régime, qui ont été faites et qui suin* talent la trahison.Je sais les différents milieux d'où venaient ces doctrines, comme je sais aussi qui continue à les disséminer.Qu'Ils prennent garde, ceux-là qui sèment le mécontentement, la rancune, la haine et la trahison, au retour des choses humaines.Un Canada allemand verrait sombrer à tout jamais des puissances d'orientation qu'une population reconnaissante du passé s'.cat toujours refusée à atténuer, amenuiser ou filmi-tiuer.Les puissants d'hier seraient écrasés sous la botte d’un Hitler victorieux, et leur force, une fols brisée, ne pourrait jamais plus se reconstituer dans toute sa plénitude."Croyei-mol, voua verriex également le» parlements fermés, les églises cadene nées, les prêtres réduits au silence, les desservants des religions protestantes, asservis; toute liberté serait morte et nous ne serions plus que de* Ilotes, jouets passifs antre les mains d'un homme sans •crupule et d'une nat>on sans honneur.“Malgré les efforts faits dans le passé, dans certains milieux, pour inculquer à notre petit peuple, le mépris et même la haine d'une France dont lis ne comprenaient pas, ne pouvaient pas comprendre la mentalité, nous nous sommes quand même réclamés d'elle, nous qui restions fidèles 4 son souvenir.Elle était pour noua, l'attestation de certaines qualités qu'elle nous avait transmues, et •on prestige et son influence, plus d’une fois, nous servirent de cuirasse.Aujourd'hui, la France, meurtrie, vaincue, n’est plus là pour nous servir de témoin.Elle gémit sous la botte allemande qui l’écrase, et nous restons bien seuls devant nos compatriotes anglais-canadiens, pour représenter la parcelle de gloire qu’elle mit à notre front et lea souvenirs dont elle a jalonnéa tout notre pays.“Depuis vingt ans et plus que, dans le Québec, on nous écoiche les oreilles à nous parier d’éducation nationale; chacun y est allé ou de aea diatrlbles ou de ses enthousiasmes oratoires.Mais, ditea-mot, où.quand et qui l'a faite?Qui noua a appris et qui vous a appris le véritable devoir national canadien?Qui voua a dii que fiera d’étre néa dans Québec, heureux de fouler le sol des ancêtres, satisfaits d'appartenir au groupe qui, le premier, prit racine sur notre terre, noua devons être au-dessus de tout et avant tout, citoyens du Canada."Retournez en arrière, rappelez-vous ce qui vous fut dit, et affirmez que J'ai tort, de prétendre qu’il n‘y eut jamais chez noua, d'éducation vraiment nationale.“Quelle triste mentalité que la nôtre, qui noua fait affirmer lea bienfaits d'une religion basée sur l'amour, et qui s'atteste par la haine de tout ce qui n’est pas nous-mêmes.11 semblerait que pour certains, i! n'y ait que nous, au Canada, que rien n'existe qui vaille, en dehors de notre province, que personne ne mérite notre amitié, notre estime, que nul n’a lo droit de compter sur notre dévouement, notre zMe.notre loyauté, qu'aucun qui n'est pas de notre petit peuple a droit au titre de citoyen canadien.Dana sa satisfaction égoïste, cette minorité voûtait que nous nous regardions comme le centre autour duquel tout devait tourner et s'assujettir.A l'Angleterre, cette minorité n'accordait pas même la loyauté, à la France, pas mime son souvenir, au Canada, pas même son attachement.“C’est vraiment pénlb'e d'avoir & dire ces cruelles vérités: Qui niera qu’on a voulu faire de noua, un peuple de haineux devant lequel personne ne trouve grâce.Cette haine dont on abreuve les autres, on M manifeste contre nos propres compatriotes de Québec.On refuse de reconnaître nos supériorités, on envie, on descend et on détruit nos compétences."Que le présent dessille nos yeux, qu’il nous fasse retrouver au fond de nos âmes, dans noa coeurs, des sentiments d'humanité qui noos fassent voir dans ceux qui nous entourent, des êtres qui eux aussi, pensent, réfléchissent, aiment, souffrent, aont capables d'estime, de zèle, de dévouement, de bonté.Qu'Il toit, enfin, ce présent malheureux que nous vivons, le rayon lumineux qui frappa Sari! sur le chemin de Damna, et qu'il nous ramène à des sentiments de christianisme éclairé qui raffermisse les liens qui nous unissent, non pas seulement à Québec mais au Canada tout entier."De notre attitude présente, qui doutera que tout l’avenir de notre vie nationale peut dépendre.Participant à des qualités que nous tenons de notre pays d'origine et auoal de certains défauts qui noue sont commun*, nous avons trop souvent, dans le passé, attesté d’un individualisme souvent nuisible et dangereux.Le moment n’est-il pas venu de nous joindre dans un effort d'ensemble, dans les décisions que nous avons à prendre."Les Illusions nous furent permises dans le passé; escomptant Je prestige et l'influence de la France, mainten fois nous nous y sommes réfugiés et y avons cherché ou des excuses ou des raisons.Aujourd'hui, la position de Québec est toute autre.Ii doit ae replier aur lui-même, et si jamais époque lui a fait un devoir de reconnaître que la raison et ta modération aont des mots d'ordre qu’il lui faut et comprendre et faire comprendre, n'cst-ce pas celle-ci?"Toutefois je me réjouis que lorsque sont venues les heures mauvaises durant lesquelles ce qui, jusque-là, était resté enfoui dans lea cerveaux, s'est mis à germer, ,on a pu constater et faire constater au Canada tout entier, que la très grande majorité des jeunes avait senti peser sur elle, un destin fort lourd des response-bllités de tout un long avenir.Lorsque le Canada a senti le danger qui le menaçait, la réponse qui fut donnée au cri d’alarme qu'il lança fut magnifique, et c'est Ici, dans notre province, que !es premiers régiments de volontaires virent leurs cadres se compléter.“Certes, on ne pourra plus, demain, LA MEILLEURE ÉQUIPE i BUVEZ avec discernement — CHOISISSEZ votre bière — LA PROCHAINE FOIS, commandes de la RED CAP ALE CANADIAN «REVERIES (QUE«EC).L MITED.MONTREAL •t-S) pour des raisons qui n'avsJent.hier, rien de national ou de patriotique, nous lancer la pierre et davantage.De façon splendide.nous avons attesté de notre dé»:r de ne pas rester indifférents au confiit qui bouleverse non plus seulement l'Europe mais l'Amérique, et nécessairement, notre pays.Nous avons besoin d'être fiers de la réponse donnée, mais, de grâce, c* n'est pa» à nous qui restons, d'essayer d esquiver 1 obligation qui est maintenant la nôtre.Ils sont partis nombreux, mais ceux qui sont demeurés Ici le sont davantage et ils doivent accomplir généreusement et courageusement la part que ie devoir national exige d'eux.* Qui n'*>dmettra avec moi que ce qui se passe en Europe, depuis neuf mois, s singulièrement changé notre manière d'envisager le sécurité américaine ou canadienne.Jusqu'ici, nous avions cru qu’un océan entre l'agresseur et nous était, en sol, une défense infranchissable.Qui peut, aujourd'hui, l'affirmer, qui a lui les récits des attaques foudroyantes en Finlande, en Norvège, au Danemark, en Belgique, au Luxembourg, en Hollande et en France.L’invasion du Canada nous paraissait chose impossible et nous n'étions pas à blâmer de cette Idée de fausse sécdfrlté qui nous faisait prendre des attitudes qui, si elles n’étaient pas Indifférentes, étaient pour le moins passives.En effet, notre puissant voisin, ies Etats-Unis, se sentait lui aussi, parfaitement rassuré, comptant, comme nous, sur cette défense naturelle.Mais combien a changé et change, aujourd'hui, son opinion devant le genre de guerre que peut faire et que fait l'Allemagne.L’obstacle, il le reconnaît, n’en est 'plus un, et U sait bien que demain, si l'Angleterre, — ce que Dieu, espérons-lc, ne permettra pas, — était vaincue, ses préparatifs trop tardifs ne lui permettraient pas d'envisager, avec sérénité, l’avenir du continent américain.Pourtant.Hitler maître de l'Europe, n’aurait même pas besoin d’envahir notre continent pour le réduire à la plus complète et à la plus entière Impuissance économique."Cependant son désir d'affirmer une doctrine qui a, pour lui, toute la valeur d’une religion, l’empêchera peut-être d’hésiter à venir jusqu’ici, t&cher & abattre la dernière grande démocratie qui restera et menacera que l'on compare dteux systèmes: le sien, reposant sur la volonté d'un homme et l’écrasement des peuples, l’autre, celui des Etats-Unis et le nôtre, reposant aur la communion d’idées ds millions d'individus exerçant en toute liberté, les prérogatives d’un être humain."Demain, ce sera l’enregistrement na-tiona).Il atteindra tous ceux âgés de plus de seize ans, permettant ainsi de grouper nos forces, d'orienter nos énergies et de diriger nos volontés.“De la sorte, chacun dans son domaine accomplira le plus grand devoir que l’homme peut remplir après celui qu'il doit à Dieu, être utile à sa patrie.Plus tard viendra la mobilisation.Oràce à elle, notre jeunesse connaîtra, au service du Canada, et du Canada seulement, — si elle le veut, une discipline qui en fera des hommes capables de manier une arme et de s'en servir contre l'envahisseur s’il vient jusqu'ici.S'il ne vient pas.cette discipline militaire aura quand même son effet bienfaisant en créant chez nos jeunes, une forco physique et.morale qui en fera des hommes forts, courageux et sans peur, c&pablrs en toutes circonstances et en toute occasion, de se tenir debout sans que les épaules soient arrondies et les poitrines creusées Ils seront droits physiquement et ils seront droits moralement.“Je sais les objections que l’ori peut avoir contre le service militaire/ob’lgv tolre pour la défense du Canada même, je sais toutes les objections qui' ont été faites dans le passé, n'empêche'que demain,, dans le monde entier, ce service sera établi.J’ai toujours pensé qu’il ns peut exister d’armée nationale, si la discipline militaire n’est pas inculquée à la jeunesse par son service militaire.“Je crois avoir, messieurs les jeunes, dans le passé, essayé maintes fois de résoudre les problèmes que vous aviez à affronter.J’ai tâché à augmenter dans divers domaines, votre joie de vivre en vous fournissant l’occasion d’un perfectionnement éducationnel qu| vous fit admirer le beau et qui embellit votre vie.Aujourd'hui, tout cela est jmenacé, tout cela peut crouler, et avec une telle rapidité, qu'au lendemain du cauchemar qui voue saisira, vous réaliserez que de l'état de liberté dans lequel vous vivez aujourd'hui, vous êtes passé à l’état de serf ou d'esclave et demeurerez sous la menace de la baïonnette ou de la mitrailleuse allemandes.“Le moment est venu, les Jeunes, d* prouver que vous n’&vez pas menti et que nous n'avons pas menti lorsque nous avons affirmé que pour la défense du Canada, la province de Québec ee lèverait en masse et serait prête à tous les sacrifices.Le temps n’est plus aux reproches que dans le passé, noue avons adressés à certaines nations.Cela disparaît devant ie dan|er qui est à nos portes, et notre raisonnement et notre sagesse doivent être plus forts que toute rancoeur et que toute rancune.“En somme, nous parlons notre langue, nous avons nos lois, nous avons notre religion, nous conservons notre clergé, nous gardons nos institutions! Est-ce que par hasard, il en est parmi voue, qui Ignorent que cela est dû aux esprits pondérés des grands parlementaires anglais qui faisaient taire, même chez eux, ceux qui eussent voulu faire de nous des anglo-saxons par mentalité, ont tenu à ce que tous les articles du traité fussent respectés, désireux qu’ils étaient de poser devant le monde, une attitude digna du grand pays qu’ils dirigeaient.D’ailleurs, cela, c’est le passé.C’est l’avenir qu’U faut regarder."Croÿez-vous qu'une Allemagne - victorieuse vous laisserait la liberté dont vous jouissez, usez et abusez, de critiquer ies gouvernements et parfois nos institutions parlementaires ou autres.Croyezevou» qu'cHe vous laisserait pratiquer votre religion, elle qui a fermé les églises en Allemagne?Croyez-vous qu'elle permettrait à notre clergé de continu/-’ chez nous, l’oeuvre qu’il a entreprise il y a trois siècles?Croyez-vous que vous pourriez vous adresser en toute sécurité à votre vainqueur dans votre langue maternelle?Croyez-vous que la constitution de votre pays demeurerait ce qu’elle est?Croyez-vous, enfin, que votre vie serait celle d'un être humain?“Regardez ce qui se passe en Allemagne.et la réponse, — à moins que vous ne soyez à ce point préjugés que la clarté des faits ne peut vous frapper, fixera votre décision.De grâce, et ici je vous en supplie, si vous voulez créer une mentalité de Canadien profondément attaché au sol, anxieusement désireux de vivre dans un pays qui vous appartient, réfléchissez, méditez, et que votre réponse atteste une fois de plus, de votre bon sens et de votre raison.“Donc, faisons bloc, répondons avec enthousiasme à l’appel qui nous est fait, et demain, quelle que soit la tâche que nous impose la défense du Canada, avec reconnaissance, avec gratitude, accep-tons-la.’’ Russie Çi*i MELCHERS 8 O » 0 O B i A r*c , a .« t u ün i »ui -/i v**ouMu*l Le nouvel ambassadeur britannique à Moscou, sir Stafford Crippt, libéral, intellectuel, ascétique et idéaliste, ne semble pas avoir encore fait monts et merveilles, à en juger par le discours du Commissaire russe aux affaires étrangères.Parlant au Kremlin devant le Conseil des Soviets, le camarade Molotov vanta les succès russes depuis l'entente avec l'Allemagne: 96,000 milles carrés avec 23 millions d'habitants, repris de la Pologne, de la Finlande, de la Roumanie et des trois Etats Baltes.A propos des relations avec les Etats-Unis, Molotov assura sans ambages qu’il n'avait rien de bon à en dire.Les empiètements soviétiques lui semblent déplaire aux Yankees, mais ii n'en a cure.Pour lui les Etats-Unis et le Japon sont des pays où sévit l'appétit impérialiste."Les efforts anglais d'affaiblir notre entente avec l'Allemagne ont échoué", dit Molotov."Cette entente est basée sur les intérêts fondamentaux de l’Etat".C'est bien ce qui laisse encore de l'espoir à l'ambassadeur britannique.Il y a encore de la vaisselle à casser dans la cuisine balkanique, pense-t-il, en guettant l’occasion.Il sait aussi que les dictatures n'ont pas l'habitude de laisser pressentir leurs changements de politique.Moscou n'a pas encore dit: "Good bye, Mr.Crippt”.A l’égard de Rome, le commissaire Molotov eut cette phrase: "Nos relations avec l’Italie s'améliorent progressivement”.Comme le fier Sicambre adouci, Mussolini adore ce qu'il a brûlé.Extrême-Orient Il y a à Londres, sous les bombes, quelqu'un qui a de bonnet raisons pour ne pas aimer ça.C'est l'ambassadeur du Japon, M.Shigemitsu.En 1932, lors d'une fête dans un parc de Shanghai, un insurgé coréen lança dans la foule une bouteille "Thermos” qui fit explosion.Trente-deux éclats allèrent se loger dans la jambe de M.Shigemitsu, alors ministre en Chine, qui en dut subir l’amputation.L’ambassadeur a maintenant, pardessus le marché, d'autres raisons de soucis.Les relations anglo-nipponet ne sont pas aussi cordiales qu’il le désirerait.Arrestations réciproques, par "pure coïncidence”, de supposés espions; protestations, libérations, nouvelles arrestations, encore par coïncidence, re-protes-tâtions,.le jeu s'est poursuivi comme entre deux adversaires qui se chiperaient des pions sur un damier.Mais la partie masque une lutte plus grave.La nouvelle politique du cabinet de Tokyo c’est la formation de la "plus grande Asie Orientale", où le Japon dominerait l'Indo-Chine, les Indes Néerlandaises et peut-être aussi la Birmanie, tant qu'on y est.L’Angleterre ne veut pas se laisser distraire du premier but essentiel à atteindre: vaincre l'Allemagne nazie.Concentrant U son effort, elle a consenti à clore provisoirement la route de Burma; elle retire aujourd'hui de Shanghai et de Tïen-Tsin des garnisons qui n'étaient plus guère d'ailleurs que nominales.On verra plus tard à disputer ces avantages.En attendant, la guerre en Chine, qui dans sa quatrième année n'est pas encore déclarée, continue.Les Japonais ont encore copieusement et sauvagement bombardé la capitale ouverte et uns défense de Chunking, sur le haut Yang-Tsé.Patiemment, silencieusement, les Chinois rebâtissent en pierres les fondations d’une nouvelle ville là où l'ennemi démolit une ville de lattes et de carton.Quand il n'y a plus de Chinois, il y en a encore, et la bataille des Célestes n’est pas sur le point de finir comme celle du Cid, faute de combattants.Contre l'ennemi commun, Chang Kai Shek offre même maintenant son appui et son concours à une indo-Chine française qui paraît faire mine de vouloir résister à l’impérialisme nippon.Échos de Montréal J’assistais l’autre soir à une discussion politique courtoise, mais assez vive.Il était question de réformes administratives, de l'assiette de l’impôt et du rapport Sirois.Un vieux Monsieur, qui n’avait encore rien dit, ôta ses lunettes, secoua la cendre de son cigare et prit la parole en ces termes : "Tout cela, mes amis, est bel et bon.J’admets avec vous que la démocratie a fait des abus qu’il faudra corriger, abus qui ont d’ailleurs leur grande part de responsabilité dans la crise que nous traversons.Mais quand le malade est menacé de mort, il faut d’abord sauver sa vie même avant que de réparer ses organes.Tout, au Canada comme partout, est aujourd’hui subordonné à la condition essentielle et première : vaincre l’Allemagne nazie.Toutes les autres questions viendront ensuite, en leur temps, parce que leur solution dépend de la victoire.Alors, nous souvenant de la dure leçon, nous redonnerons la santé à la Démocratie convalescente.” Tout le monde s’était tu, parce que le.vieux Monsieur avait raison.Quand la convenatir i reprit, on parla musique.?De Québec, des champions se lèvent pour protester contre l’internement du maire Houde et réclamer son procès.Don Quichotte au moins rompait sa lance pour »a Dame Dulcincc, qui était VXaSsits «• Milthstt DUtiüuhm Liait**.HoaMs! «t IntStenUla belle autant qu’innocente.Les trois mousquetaires étaient quatre.Nos nouveaux spadassins sont cinq : le dentiste Hamel; un autre ex-maire.Grégoire; un député inconsistant, Chalouk u:i partisan utopique du crédit social, Even; et Paul Bouchard qui fait pemrr à Goebbels.Joli cénacle.Ces mes sieurs veulent des précisions sur la loi dé mobilisation.Que ne la lisent-ils d'abord ?.Elle est explicite.* * * J’ai vu à Saint-Hubert jeudi dernier les essais d’un puissant avion de bombardement "Hampden”, le premier d’une série qui sera construit: au Canada.L’appareil évolua avec une sûreté et une précision remarquable*.L’achèvement d’une machine aussi perfectionnée illustre de façon saisissante les immense» progrès de l'industrie canadienne.* * * A C.B.F., dimanche soir, l’Hon.Sénateur Athanase David adressait à la jeunesse canadienne française un éloquent appel, tout vibrant de patriotisme, que notre Directeur commente en dernière page.A la veille de l’application de la loi de mobilisation, ces choses devaient être dites et ne pouvaient être mieux dites.Une fois de plus.M.David met au service de son pa>s son intelligence, sa culture et son talenr.et de partout Trois petits réfugiés belges ont été, du Portugal, retournés à leur père à Bruxelles.Ce sont Joséphine, Beaudouin et Albert, et leur père c’est Léopold, l’ex* Roi des Belges.Les experts recommandent aux Anglais un régime de guerre : mou» & viande, plus de légumes.Bernard Shaw, qui est à 84 ans le doyen des végétariens, ne doute pas qUt le régime -foit salutaire, mais il ne guj.rantit pas du tout qu'il fasse de chaque Anglais un Bernard Shaw.Ce serait trop demander.* * a En mai dernier, sir Lancelot Oliphant, Ambassadeur de Sa Majesté à Bruxelles, fût saisi par les armées nazies.Encore aux mains de l’ennemi et sous bonne garde quelque part en Allemagne du Nord, il s’en tient à ses prérogatives
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