Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 23 novembre 1940, samedi 23 novembre 1940
4ème ANNÉE No 11 5 CENTS LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Directeur-Fondateur: Jean-Charles Harvey Administration et rédaction, 180 eit, rue Saiqle>Catherine (suite 44) Montréal " ^ Ca4e P0*13*0 20, Station “N” — Tel.#PLateau 8471 23 novembre 1940 Aussi longtemps que le8 choses iront system atiqu entent mal, je continuerai sys t c m a tiq u omen t à dire qu’elles ne vont pas bien — Henri ROCHEFORT Rédacteur en chèf: Emile-Charles Hamel 0f2- -' UNE FOIS Comment une petite bourgeoisie mesquine et susceptible accueille Jules Romains, l’un des plus grands noms de la littérature française.PERFIDIE DE RADIO-CANADA Le Talon d'Achille Depuis le» jours déjà lointains où jfJ étudiants québécois, fanatisés par L notaires ignorant», lançaient des ¦ f< pourris à Sarah Bernhardt, la IL merveilleuse artiste dramatique Ju monde, je croyais qu’on ne verrait nlqi jamais, chez nous, le retour a ces raque» ridicules et déshonorantes.L'accueil fait à Montreal, la se-«ne dernière, à Jules Romains, l’un j* maîtres de la pensée et des lettres rançaises, nous rappelle, helas.que oui n’avons rien perdu de notre sus-«Hibilité, de notre mesquinerie, de otre sotte vanité de peuple parfait t providentiel, et que nous n’avons a, encore acquis ce sens précieux qui appelle le sens des valeur».Nous ou» tomme* conduits comme de pe-u provinciaux chatouilleux et niai» wquels l’e*prit de chapelle et 1 ha-itude de l’admiration mutuelle in-rrdisent tout contact intelligent avec • monde extérieur.Je ne parle pas ici du peuple, du rai peuple, de celui qui n’a pas été ité par dix ou douze années d ecole ntifrançaise, antianglaise, aiitiaméri-Aine, antin’iniporte quoi.Celui-là »ut toujours comprendre le langage , bon sens; il n’a pas perdu, dans iffreuse machine à broyer les cer-aux, la faculté de raisonner et de mer.Je ne parle pas non plus de itlques millier» d’esprits d’élite, m orofondément scandalisés et hu-iliés par les injures grossières dé-nées coutre un homme qui a non ulement le prestige du génie, mais ri est, sans aucun doute, l’un de» uis les plus sincères et les plus ancs du Canada français.Je n'ai pas à insister ici sur l’oeu-'e immense de Jules Romains, lout ivilisé qui se pique d’un peu de cuire li connaît au moins en partie.Ile flit l’admiration de tout ce qui raple vraiment dans le monde des 1res.Romains a une renommée in-nationale.11 a visite toutes les iode* capitales de l’univers, où il i cessé d’être accueilli avec cet eu-losiasme, cette vénération, ce reset, que provoque invariablement, il les êtres intelligents et sensibles, pparilion de la grandeur.Il fallait q ue ce fût chez nous qu’on donnât le coup de pied de l’âne, lien* à donner ici des précisions, n que l’on sache jusqu’à quel point u* avons raison de rougir de Tutti-le de quelques petits bourgeois fats suffisants.Je le regrette, mais il nécessaire, pour l’honneur de la ice", qu’un Canadien de langue nçaise dénonce des individus qui îtdbuent à nous faire passer pour > uuvages.-n rédacteur du Devoir, le gâteux puéril Héroux, avait écrit, en se vapt d’une citation tronquée, inter-liée de travers et tout étrangère à pensée et à l’intention de Romains, article ignominieux, dans lequel 'efforçait de montrer le grand écri-n comme un détracteur des Cana-n» de langue française.Un ano-Ne — quelle bravoure! — s’em-de marquer l’article au crayon '?* et de le faire parvenir par mes-|er au premier “cocktail party” offraient à Romains des Canadiens nCa“- Ceci ue se fait pas entre gens ° élevés.A cet acte d’un lâche, ierai» préférer la polissonnerie ivrogne, qui, assis près de la ou Romains causait avec quel-journalistes, le premier soir de irrivéc à Montréal, lui décocha apostrophe: “La France, elle est le jus!" Société des Auteurs de langue ai*e, dirigée par M.Victor Bar-' wfilcur de mots vides, aurait ouver une excuse à son existence devant 1 illustre visiteur.Mais ni lodoxie, ni le corporatisme, ni le "te de M.Barbeau ne pouvaient unmoder des idées democrat!-et libérales de l’homme de f volonté; on fit donc savoir à »n« qu’il ne lui serait pas permis •a, i« P°litiquc aux “self Ron auteurs de la tribu victo-nains, n’étant pas de ceux un morveux peut imposer un .mal invitation.Et l’unique 1 ,Qn d auteurs canadiens-frau-eut pas l’honneur de recevoir grand des auteurs français “forain*.'^•Canada à *ou tour crut prit-titerdire à l’écrivain tout dis-!*?""Ito sur le réseau.On lui oir qu i| serait |c bienvenu à voulait *e confiner à un ''lt"ra.re.I.’offre ne fut pas ^naturellement.Romains r e plu* d une fois à la radio américaine.On avait transmis ces émissions au Canada.Ce furent peut-être les plus belles et les plus utiles, au point de vue de nos buts de guerre, que l’on eût entendues au Canada, Comment se fait-il que Romains, une foie chez nous, fût, pour ces scrupuleux de Radio-Canada, un pelé et un galeux?Radio-Canada en a fait d’autres.M.Louis Francoeur, commentateur habituel des événements militaires et autres, payé par chacun de nous pour faire proprement son travail, n’a pu laisser passer la semaine sans déblatérer à son tour contre l'auteur des Hommes de Bonne Folanté.Dans sa causerie de jeudi, 14 novembre, 10 h.30 du soir, il disait entre autres à l’adresse de Romains ces propos insultants et injustes: “.nous av^ns été et nou» tomme» tou jour» de mauvais auditeurs quand on vient nous prêcher l'un ou l’autre aspect d’une situation partialement jugée par un polémiste professionnel et payé à tant le mot." Payé à tant le mot?Et vous, M.Francoeur?Est-ce que vous u’étes pas payé à tant le mot pour nous débiter à la radio ces choses regrettables?Oui, payé, et payé par nous! Nous ne reconnaissons ni à vous-même ni à vos patrons de Radio-Canada le droit de commettre pareille inconvenance.Et quand vous parlez de ”situation partialement jugée", vous rendez-vous compte de ce que vous dites?Connaissez-vous Jules Romains?Ne saviez-vous pas qu’il n’existe nulle part ni en France ni au Canada un homme plus sincère, plus objectif et plus épris de vérité?Pourquoi l’insulter sans l’entendre?Je parie que vous ne connaissez rien de lui que par ouï-dire.Vous disiez encore, ce soir-là, vous, Louis Francoeur, vous que des naïfs croient policé et spirituel: "Il est des Français que nous aurions aimés, honorés, mais dont la présence parmi nous ne peut donner rien d’utile.Si, en certains milieux, on s’en rendait compte, on s'expliquerait sans doute ftourquoi certaines invitations ne fier-lent pas et pourquoi, en cette terra française du Québec, on est reçu ftar tout le monde, sauf par ceux qui sont tellement fiers de leur sang français qu'ils ne peuvent souffrir qu'jpn rabaisse la mère-patrie au niveau subalterne dun football ou d’une enchère personnelle," Voilà ce que vous avez dit, et si j’étais à votre place, Francoeur, j’en rougirais.Vous avez préféré écouter des ragots, et peut-être avez-vous subi l’influence de certain personnage qui donne à la propagande qu’on lui confie la couleur de ses ridicules phobies, de scs faiblesses intellectuelles et de son parti pris.Romains, rabaisser la mère-patrie au niveau subalterne d’un football ou d’une • enchère personnelle?Allons donc! Cette injure, que le mauvais français ne voile même pas, nous révèle, il semble, la présence, à Radio-Canada, de certains individus qui feraient assez bien le jeu de la Cinquième Colonne.Nous savons — et nous le prouverons en temps et lieu — qu’il existe, à certains postes de commande, dans l’information et à la radio, des hommes qui non seulement ont toujours été et sont encore des ennemis de l’idéal démocratique pour lequel des milliers de nos combattants versent leur sang, mais qui, tout en vantant, hypocritement, par devoir d’office, les faits et gestes de nos alliés, ne seraient nullement fâchés d’une défaite anglaise et d’une victoire nazi-fasciste.Nous connaissons les cercles que fréquentent ces gens, et dans ces cerelcs-lâ, il est de bon ton de dénigrer l’Angleterre et de juger avec un calme philosophique, sympathique même, l'Allemagne et l’Italie.Et dire que ce sont ces gens-là qui sont payés pour former l’opinion, diriger le* haines, susciter les enthousiasmes, bref, nous sauver! Nous voilà entre bonnes mains.C est pour en avoir agi ainsi, c’est pour avoir entretenu dans leur sein des saboteurs et des traîtres que certains pays de l’Europe, v compris la France, sont aujourd'hui dans l’humiliation et l’esclavage.Je regrette infiniment d’avoir à dévoiler ces hontes.Je le fais par devoir, et j'espère que le gouvernement d'Ottawa, devant qui je pose ce» faits, saura ouvrir les yeux et agir.J'en appellerai surtout a un homme lovai, honnête, épris de justice, à celui qui incarne, à Ottawa, 1 esprit, la noblesse et la grandeur d âme de notre peuple, M.Ernest Lapointe.flMff v y a h M.Damien Bouchard parle bon sens e pauvv* Adolf toi Mm mal botté! C’est lui qui saura le mieux nous comprendre.Duns son commentaire du 18 novembre, M.Louis Francoeur n’a trouve qu’un mot dur à l’adresse de Mussolini, qui veuait d’éructer uu discours contre l’Angleterre, et ce mot-là, jeté mélancoliquement, c’était: "Que c'est triste!" Or, Mussolini, c’est coiutu, est depuis toujours un bundit doublé d’un cabotin.11 est en outre notre ennemi depuis près de vingt ans.C’est lui qui a codifié l’ahominu-ble mystique du fascisme, d’où est née directement celle du nazisme, qui n’en diffère guère.C’est encore lui qui porte la plus grunde responsabilité de la guerre présente, dont il a posé les causes lointaines.Il s’est allié de coeur joie avec des gangsters de son espèce, nommément Hitler et Staline, parce que ces trois larrons s’entendaient parfaitement pour dévaliser l’Europe, au mépris de toutes les lois divines et humaines.Mais cela ne trouble pas l’honnête Francoeur.De toute son émission résultait cette conclusion: Mussolini est une sorte de saint qui a mal tourné.N’allez pas croire que j’exagère.Je prouve! Au temps où M.Francoeur combattait allègrement le gouvernement King, soit le 21 janvier 1937, il écrivait dans la Patrie: "Le fascisme laisse aux valeurs spirituelles toutes leurs forces (Ouais!) C’est une conception de l'Etat aussi légitime que n’importe quelle autre conception légitime de l’Etat.’’ Le 17 août 1935, le même journaliste, épris d’amour pour l’Italie, blâmait violemment M.Mackenzie King de ne pas approuver le viol tragique de l’Ethiopie.Je cite: "La semaine dernière, il (M.King) se fendait de jugements bouffons sur le bolchevisme et le fascisme, sur Mussolini et la dictature, qui auraient pu inspirer à Will Rogers des "gags" désopilants.Hier, c'est de la guerre qu’il a parlé.Il a défendu l’Ethiopie et attaqué sournoisement l’Italie.Rien que cela.De quel droit passe-t-il jugement sur un événement futur conditionnel?En vertu de quelle autorité condamne-t-il une nation amie, dont des milliers de fils vivent ici et sont devenus d'excellents Canadiens (Entre autres M.Du-liani, espion de profession, qui, après avoir exercé son métier à Paris, est venu le continuer chez nous.Duliani et Francoeur étaient des intimes) ?” Mais écoutez surtout ceci: "Que l'Ethiopie soit à plaindre, daccord, écrit M.Francoeur.Mais M.King oublie-t-il Vhistoire du dernier siècle?Comment la France et l'Angleterre ont-elles constitué leurs empires?Ras autrement qu'en faisant ce que Mussolini se prépare à faire.Chefs musulmans, empereurs asiatiques et rois nègres ont dû céder devant la force.on ne doit pas, si l on n'est pas tout à fait jtrrdu dans les nuées, oublier que l'Italie étouffe chez elle, que l'Ethiopie est un pays riche, inexploité .Mais ce peuple défend sa liberté .Hélas, tant d'autres ont défendu la leur!" Tirons l'échelle! Après cela, il ne reste plu* qu'à dire à Hitler qu'il a bien fait d’égorger la Tchéco-Slova-quie, la Pologne, la Hollande, la Norvège, la Belgique et la France.Eli oui, Francoeur, c’est la France surtout qui a souffert et qui souffre encore de l’affaire éthiopienne.Nous tous, dans ce temps-là, nous l'avons Iirévu.Nous étions éperdument anti-laliens, et nous ne fréquentions pas les émissuircs et espions de Mussolini.Notre journaliste avait décidément le goût du macaroni fasciste, puisque, le 20 août 1935, il revenait à lu charge: "Si la Grande-Bretagne, vient en conflit avec l'Italie, Genève, à co que nous apprennent les dépêches, obligera les dominions britanniques à marcher .Ils seront en guerre non comme dominions britanniques, mais comme membres de la Société des Natiâns .Et si la poussée de l’opinion publique pousse tel ou tel dominion, le nôtre, par exemple, à s'abstenir complètement de toute entrée dans la danse, c'est la sortie de ce dominion des cadres genevois.Quelle bénédiction!" Cette opinion pourrait se discuter.Mais voici la fin: "La Grande-Bretagne a le droit de protéger les sources du Nil; c’est évidemment la raison de son hostilité à l’Italie.Quant à la France, très faible à l’intérieur, elle ne veut mécontenter ni l’Angleterre ni M.Mussolini, ftarco que sa politique antiallemande a le plus grand besoin de l’appui des deux puissances, et elle joue serré.Mais nous?.n’en déplaise à M.King, une défaite nègre nous apparaît moins importante — beaucoup moins — qu’une humiliation latine." Quand on analyse ces lignes à la lumière des événements actuels, quand on songe que la nation latine humiliée, c’est la France et non l’Italie, quand on examine les conséquences désastreuses du double' jeu de Laval dans ce temp*-là, on ne peut guère admirer la perspicacité du commentateur officiel de Radio-Canada.Surtout, on peut mettre en doute *a loyauté et sa sincérité.Et, quant à l’honneur de cette nation latine qu’on appelle l’Italie fasciste, nous, sujets britanniques, nous devrions nous en soucier comme de notre première chemise.L’Italie, pour nous, c’o»t la nation qui donne le coup de poignard dans le dos d’un mourant, la France, et qui fuit devant un petit peuple, la Grèce.J’ai sous les yeux un nombre considérable d’autres déclarations de notre journqjiste.Quand on possède un pareil record, on ne doit pas »c permettre de cracher sur Jules Romains, même si le crachat n’atteint que la chaussure.Pour Jules Romains, je me battrais, parce qu'il est un honnête homme et un grand homme.La conduite qu'on a tenue envers lui nous a fait mal au coeur.Je ne parlerai pas des petites cabales contre l'illustre visiteur, de certaine invitation conlremandée, ni de ce monsieur que la guerre ennuyait beaucoup parce qu’elle 1 empêchait de communiquer avec son éditeur: ni dp cette personne qui jugeait que I••* Espagnol* avaient raisou de vouloir Nous avons écouté avec intérêt, mercredi midi, la causerie que donnait.au Kiwanis, M.Damien Bouchard.sur les allocations de chômage.Nous regrettons de n’avoir ni le temps ni l'espace voulus, au moment de notre mise en page, pour analyser comme il convient cc document qui respire le bon sens, la vérité, l’esprit pratique.Nous souhaitons que les faits qui ont été portés à l’attention du public, en ccttc circonstance, soient connus de toute le monde.Deux qualités maitresses distinguent notre ministre de la Voirie : énergie et bon sens.Depuis des années qu’il sc mêle à la vie publique, et comme maire de Saint-Hyacinthe, et comme député, et comme ministre, on a toujours admiré en lui la franchise, la fermeté et le sens des réalités.Nommé directeur du Bureau de Reconstruction économique de la province de Québec, il s’est tout de suite attaqué au problème le plus ardu et le plus troublant de notre époque : le chômage.U s’était rendu compte du mal que faisait à notre peuple le régime des allocations de chômage, qui non seulement appauvrit notre trésor public et draine toutes 'es nssources financières, mais qui surtout conduit à la pire des décompositions sociales.M.Bouchard trouve contraire à toute dignité humaine que des milliers d'individus forts et sains reçoivent, sans travailler en retour, la nourriture, l’habit, le domicile.Au bout de quelques années de chômage, parfois volontaire, une foule d'hommes ne trouvent plus en eux aucun ressort, aucune initiative, aucun désir même de faire leur vie.Le cas s’est vue souvent.On a pu faire, en une foule de milieux, des enquêtes sérieuses, tjui ont révélé jusqu'à quel point les ' secours directs” ont détruit chez un grand nombre, les énergies nécessaires à l'existence.En outre, la faiblesse humaine aidant, plusieurs secourus se sont prévalus de ces secours pour augmenter leurs revenus de façon illégale et commettre ainsi des injustices flagrantes envers ceux qui gagnaient leur pain à la sueur de leur front.M.Bouchard ne nie pas les imperfections de notre système économique, mais l’expérience lui n démontré 3ue ce n'est sûrement pas au moyen es allocations qu’on peut résoudre la question.' Alors#il a décidé de mettre en pratique une organisation de travail qui permet de faire appel aux chômeurs et de leur procurer des emplois.C'est le gouvernement qui, par un service spécial, sc charge de donner à chacun une occasion de gagner sa vie par un labeur honorable.Le nouveau plan est en pratique depuis quelques mois.Il a donné, dans Montréal, des résultats consolants.La plupart des chômeurs appelés au travail étaient heureux d'employer leurs bras à une tâche digne d'eux-mêmes.D'autres, peu nombreux, se sont récusés ; d'autres, assez nombreux, ont déclaré qu'ils venaient justement de trouver un emploi ailleurs .et cette dernière coïncidence laisse soupçonner bien des choses.Ce plan n'a pas été bien accueilli de tous.M.Bouchard a reçu une foule de lettres de menace.Certains de ses amis étaient même avertis de ne plus accompagner le minisîre, afin de ne pas recevoir la balle qu'on lui destinait.Ces menaces rnfnnliiie» n'ont nullement effrayé celui qui a l'habitude de braver les matamores et qui n su, à I occasion, ptendre de beaux risques.Nous reviendrons, la semaine prochaine.sur ce sujet.Le texte de M, Totichard nous permettra de donner des précisions intéressantes.Paul RI VERIN reprendre Gibraltar (eu un temps pareil!); ni de ces puuvrcs aveugle*, qui réveillaient le* prétendues cruautés de l’Angleterre, en fouillant dans le* siècles pusses, sans songer u la Pologne, à lu Hollande, a la Norvège, à la Belgique cl à la France .Nou, je n'eu parlerai pas, mais je dirai «pic si le grand exilé avait été affligé d’autant de susceptibilité que nos petits bourgeois, il aurait eu raisou plus que nous de se révolter de tant d'ignorance, de parti-pris et d’aveuglement.Quand un réfugié de marque a laissé dans son pays natal sa famille, ses amis, scs biens, scs souvenirs, les mille et une choses qui tiennent au coeur par toute* les fibres, et quand cc réfugié est encore sous le coup de ces grandes douleurs, on devrait avoir assez d'humanité, assez de décence, pour ne pas heurter, chez lui, un espoir suprême.En l'occurrence, cet espoir est l’Angleterre.Libre à nos méprisable* antihritunniques de souhaiter secrètement une défuite anglaise.S’ils sont traîtres à lu cause de leur pays, qu’il* gardent pour eux leur opprobre, et qu'il* laissent aux honuctes gens leur profonde et salutaire espérance.Par bonheur, Romains s'en ira sans amertume.I*:* témoignage* d'amitié et de sympathie qn’il a reçu*, de tou* le* milieux, le consolent amplement des insanités que de* inconscient* ont publiés contre lui.Dimanche dernier, le* journaliste* de Québec l'ont reçu avec enthousiasme.Pendant une heure, qui parut très courte, il leur a parlé avec tant de franchise, «le sincérité et de vérité, qu’il h-s a conquis.Le* insulteiirs montréalais qui ont refiua: de l’entendre ont perdu beaucoup.De sa voix chaude, vibrante, colorée, en des parole* simple* et jettes, il a exprimé le sentiment du Français honnête et cultivé à l’égard du phénomène ranadien-françai*.De non émouvant discours, je note ce passage, que je répète de mémoire, sans vouloir être textuel: "Je ne leux fias, comme on l’a d” vous faire In leçon.Vous avez datant vous un Français qui parle 4 des Français.Au point de vue de la Frame, vous représentez un fuit unique lions l'histoire: vous êtes le seul bourgeon français qui ait pris racine en terre étrangère et qui y ait grandi pendant des siècles.Fous voulez rr-présnler, en Amérique, le fait français.Fous miriez notre langue et vous portez notre nom.Fous vous réclamez donc de la même famille que nous.Dès lors, tout ce qui vous touche doit nous toucher, et tout co quo vont faites turns intéresse.Fous vous réclamez de la France?Fort bienl Dès lors, ne soyez /tas étonnés que la France se montre difficile à votre sujet.File a droit d'exiger beaucoup do vous, puisque vous êtes sortis d’elle et que vous portes son nom, Ju ne suis pas la France, mais je suis un Français, et, comme tel, j'ai bien le droit de vous itariez comme des Français.J’ai le droit de dire que nous attendons beaucoup de vous, que nous exigeons beaucoup de vous.D'autres sont venus qui vous disaient, dès leur arrivée, que vous aviez toutes les qualités, toutes les vertus, qui manquaient à la France.Etait-ce bien là vous rendra service?Ne.vaut-il [tas mieux vous dire ce qui, à notre avis, contribuerait à fortifier et rendre plus vivant• la nationalité française de F Amérique?" Et il ajoutait: "Je vous en prie, lia soyez [tas susceptibles.Les gratuls peuples ne sont pas susceptibles." Et Komuiu* nous disait, avec • émotion, tout l'enthousiasme qui accueille toujours la culture française eu Roumanie, en Grèce, en Amérique du Sud, même aux Etats-Unis.Partout, on a voué à l’art, à la pensée, à la science de lu France, un culte.Et vous, disait-il, pourquoi ne '«as aimer également la France de ton* le* temps?” Et enfin cette dernière pensée que je livre à la réflexion de R.uJio* Canada et de la Société des Auteurs de langue française: "Nous, du France, venons de subir de cruelles épreuves; l'âme française est déchirée dans toutes ses parties, et lorsque l'on voit un journal montréalais publier un entrefilet tel: "M.Meaterlinh vient de publier à New-York un livre sur le bonheur.Rarlcz-moi de ça! Voilà au moins un homme, qui nous repose des histoires racontées par Jules Romains et d’autres sur les malheurs de la France”, eh bien, c est absurde! Si j'étais venu ions parler du climat, je vous aurais dit que l automne est une saison un peu plus Iroide que l'été.Le nropos de ce journal me rappelle une situation comme celle-ci: un ami t ous rencontre û lu sortie du cimetière où tous venez (Tenterrer un être cher et il tous dit: "Parlez-moi du bonheur, tie la joie, des choses gaies!” Qu'en penseriez-vous?Je vous avoue que ma i/ cep-lion a été grande pour un exile volontaire qui a tout quitté pour rester libre de défendre des principes qui lui sont chers." Jean-Charles HAR\ EY I l Page 2 iii—————— La première moitié du XVIIIe siècle: BACH et HAENDEL LE JOUR Montréal, samedi 23 novembre 1940 ta période qui s'étend entre la fin du XVIIr et U première moitié du XVille représenta deux wmraeti de la mu«lqu« allemand* Bach «t Haendtl L* premier d« ce» deux finie» a fait de la musique une piofe*»lon de fol ardent* et victorieuse; le second.plu» objectif, plue vteual.fi'eat complu à décrire de* état» dàme ou simplement lee beauté» Inepi-ratitce» de la nature.D'autre pert, leur vie offre plueleure affinité», non de ce-ractére, male de circonstance* : II» naquirent la même année film "Battement de Coeur", avec Danielle Darrieux, Claude Dauphin et André Luguet, A l'affiche pour une De semaine.Ce film, réclamé par le* cinéma* de province, ne sera plus présenté Ici avant plusieurs mois.Les qualités du film "Battement de coeur" ont été signalée» par la critique, qui a loué l’originalité du point de départ du film, de même que le traitement apporté ft l'action.Plusieurs “gags” Inédit* sont exploité* avec bonheur par le elnéuste Henri De-coin, qui a fait bénéficier le film de son expérience américaine.C'est une comédie au rythme souple, pétillante d’esprit et abondante en situations imprévues.Danielle Darrieux y Joue le rôle d'Arlette.élève d'un mousleur qui enseigne l'art de voler.Or, Danielle, pour sa première victime, tombe sur un ambassadeur qui fait coffrer la Jolie voleuse.Mais le* événements prennent une tournure inattendue, et pendant deux heures c’est le rlro dans la «aile.lai pointe d'émotion existe aussi, puisque la Jolie voleuse devient amoureuse de Claude Dauphin, attaché d'ambassade.La partie comique appartient aux artistes Jean Tlssler et Katurnln-Fabre qui se.dépensent avec maüstrla pour nous amuser.* * * "The Rcmfiarts We Watch", en 2e semaine (AU PHI.YCKM) "The Ramparts We Watch" est 1* premier grand film produit par "The Maircli of Tinta", l'agence de nouvelles clnémato-graphlfiue*.L'action »e p«*»c dan* la rue.dans les foyers, le* éoole», enfin au plus Intime d'une petite société au temps de la première grande guerre.Puis, elle se porte dans les chancelleries, dans tous les lieux secrets où les hommes essayaient de dê-to-utae-r les événements de leur cours, ou, encore de les préciplto-r.A ce récit réaliste s'ajoutent un nombre Incalculable de scènes documentaires.Ce sont les éditeur» de "Time", "Life" et de March of Time" qui présentent au publie ce film exceptionnel."The Ramparts We Watch" fait le récit réaliste de* grands événements qui troublèrent le monde depuis .10 an».Après avoir raconté la vie aux Etats-Unis durant la première grande guerre, |e film en arrive aux événements acutels.On présente alors un document d'uns -arc valeur."La Baptême .je Feu", le film que les Nazis ont tourné dans leurs campagnes rontre le» pays libres et qu'il» présentaient ensuite devant les chef» de» pays qu'ils allaient envahir, pour les démoraliser.La censure allemande s'est opposée ft la projection de co document en Amérique, mais "March of Time" a pu obtenir une copie du gouvernement canadien, après sa saisie aux Bermudes."Mexican Spit Flrc", avec Lupe Velez et Leon Kprol en vedstts, «st 1* second film à l'afflcoe.* * * "Strike Up the.Band", en 2e semaine (Ail VA LA CK J Mlrkey Rooney, Judy Garland et June Prelwer sont trois des Jeune» artiste* r!-, ta distribution de la comédie musicale "Strike Up the Band", film qui passera a l'écran du Palace en 2e semaine.Dans leur nouveau su«r.-ês ensemble, Mickey Rooney et Judy Garland organisant un orchestre de Jazz au high school «tu'lls frêquentnnt, et préparent un spectacle dan* le but de trouver l'argent nécessaire pour que leur orehesirr participe A irn «loncours Institué A Chicago par Paul Whiteman.C'«mt le début d'une série «t'aventures qui ne manqueront pas de distraire le* spectateurs, Ou-tre !têOD*éwS» FvrfaJta 4.Malthwi OMOmim Umtoi.>oaU4*I «t BtrtUtrrlOi Nos défauts mignons Je suie peut-être mal placé pour faire l’clope dee Canadiens français, puisque j’en suie un moi-même; mais que mes lecteurs (et j’en ai beaucoup «ans doute) poursuivent leur lecture; ils verront avec satisfaction qu un homme franc comme moi ne fait pas seulement leur éloge.Oh a dit et répété cent foi* que les Canadiens français avaient du talent.C'est la vérité: ils ne cessent pas d’en avoir.Ils en ont tellement qu il nous est impossible (le ne pas leur en concéder beaucoup.Us ont en plus du caractère, de l’énergie et de la santé.Avec de si beaux dons il semblerait presque impossible de ne pas réussir; pourtant les Canadiens français réussissent peu ou ne réussissent pas.Pourquoi?Pourquoi échouent-ils là où d’autres moins doués qu’eux parfois se font un jeu de réussir?Pareil à certains hommes, serait-il un de ces peuples marqués au front par lu guigne?Ce n’est pas cela heureusement.Ce qui nous manque aux Canadiens français c’est l’initiative c’est l’esprit pratique mais c’est par dessus tout un système d’enseignement réaliste.Us ne savent pas mettre en oeuvre leurs qualités et les faire valoir.Us croient les gens obligés à eux et s’imaginent que tout leur tombera cuit dans la bouche.Le Canadien français est intelligent, très intelligent, mais cette intelligence n'en est pas une qui crée, qui organise; elle en est une qui critique, qui démollit.II a de la volonté mais c’est une volonté passive, une volonté toute faite de renoncement pour ce 3u’elle croit ne pas pouvoir atteindre ès qu’elle est persuadée ne pas pouvoir l’atteindre.Nos compatriotes n’ont pas confiance en eux-mêmes; ils ont peur d’ils ne savent quoi.On enseigne depuis trop longtemps la soumission, le désintéressement au Canadien français pour que celui-ci puisse avoir d’autre volonté que celle du néant.U sait bien quoi dire, il sait bien quoi faire, mais il se répète sans cesse: à quoi bon?à quoi bon dire ceci?à quoi bon faire cela?A force de penser et de dire “à quoi bon?’’, à force de mettre sa confiance non dans lui-même mais dans la force des choses; à force de croire que l’avenir ne le regarde pas et que tout se fera sans sa participation; â force enfin de ne jamais agir, de trouver touj0un des ruisons pour ne pas agir, m volou, té se rouille, ses moyens d’action s'jf.faiblissent, son intelligence s'énene II devient une nullité, un raté qui ^ plus pour ressource que dentierq silence ceux qui se meuvent et rét* sisent, ou de se plaindre à l'imiter, de ce qu’on ne lui donne paj ^ chance.Certains d’entre eux trouveni une consolation â dénigrer les Anjlii et a vilipender les Juifs, lesqueh disent-ils, ayant le contrôle absolu d, commerce et de l’industrie, barre# la route aux Canadiens français, 1* tiennent dan6 les' petits emplois sam avenir, annihilent ainsi leur» p|M valeureux efforts et font de noir, race, une race de miséreux, de ni, contents, de braillards, d’esclave* « d’abrutis.11 y a là quelques vérités mais il y a aussi beaucoup d’erreun (j’écrirai bientôt un article à sujet), Que le Canadien français »c tnetig bien dans la tête, que, le jour on il verra dans l’Anglais un frère et daa» les autres groupes ethniques des ami» et qu’il se conduira de façon qu, ceux-ci s’en aperçoivent, alors, oui alors seulement, sa situation changer» du tout au tout.Dès qu’il jettera pu.dessus bord ses préjuges de race fini, mitié provocante et grossière); t» manie insultante ft stupide de mdlr, ses échecs sur le dos des voisins; vain espoir d’atteindre le liant de l’échelle sans commencer par le ha»; son inconcevable et honteuse habitude de couper les jarrets à ceux de «te compatriotes qui le dépassent ou qui sont en voie de' le faire; alors le Canadien français deviendra ce qa'ï devrait être depuis longtemps; c'est, à-dire tin peuple riche, gras et heureux.Et que faut-il pour cela?Commet se fera cette métamorphose?Es changeant de fond en comble noire absurde système d’enseignement.Et j’ai la conviction profonde que I» chose se fera un jour; j’ai la convie lion profonde que Tartufe culbutera bientôt et se fera casser les rein».Oui, l’infériorité apparente d« Canadiens français n’a sa cause nulle part ailleurs que dans renseignement Changez la façon de penser: von changez par le fait même, la manièti d’agir.Bruno BIAIS Les Mots Croisés du Jour par TITTLIT J_* J!_4 5^ 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 I ?HORIZONTALEMENT • 1, —Truc pour ne pas désigner exactement le nom de ‘‘chose" — Illusionniste.2.—Part de fondateur dont les autres détachent le# coupons—Le père du J'm’en-foutlnme.J.—Salé et séché & la fumée — Service anniversaire — Façon orientale de dire les Ur&ces; sentence de l'aérophage.— le :onjugulson.5.—Qui vit dans les champs — Arme falto d'une longue lame d'acier.6.—Venues au monde — Symbole chimique du strontium, — Eu un air gai — Pointe de terre qui s'avance dans la nier.6.—Le pain quotidien — En les — Nom le la femme de Luth.7.—Lancier dans les armées allemande, sutrichlenne et russ e— Prit sur sol, se rhargeAt de.Qoups de baguettes — Ciseleur et I.—Qou _ _ Jelntif florentin — Cette chose-làT V-6bs .9 —Obscurité produite par un corps opa-jue — Royaume de l’Indochine — Grand ac salée d’Asie.10.—Broyées avec le pilon — Soudain.11.—Conjonction copulative — Carte à quer — Fort, vigoureux — Gendre de Mahomet.„ 12-—Symbole chimique de l'erblum — Nettoyage par le vide — Petit poème consacré ordinairement au deuil.Il—Façon plus élégante d’acheter — Ancien Etat voisin de ia Chaire ) — « :er f» cite.• _ r.e PSP SOLUTION DU PROBLEME No 166 paru dans le JOUR du 16 novembre 1940 ÜUUUUUULIU ?B U LU ÜÜUU si T | E | R 11.—Tout ce qui sert ù la parure M femmes — Frein qui donne un air cob-primé (peur) — Monceau, tas.,, 15.—La brise de la pastille — Méc*0 durable.VERTICALEMENT 1.—Le fait de ne pouvoir supporter t-’1 les autres les défauts qui nous ut P’-prea — Petit mot qui.selon le ton.dur * enchante ou déchante; le premier >n te lui du bonheur suprême, le ch rie "j;- 2.—Le verhe aimer qui fait d'1 ra*n! 1 — “Mon ., ." celui que Je conn • longtemps; "mon cher .celui qu* » connais depuis cinq minutes — 11»»'-1 quelconque.3.—l’aUals des illusions; malsn Inhabitée (esprit.Intelligence, f beau blond; avec quoi Te boub son pain et le spéculateur sa » Cou.4.—Interjection; sert à appel latif A fisc hurle.5.—Dialecte provençci — FU sée aïeul q'Herculc — Rendu m fi —Montagne' de Palestine, il aperçut lu Terre promise.— I verte par le haut — Tranchée i pied il un mur.7.—Poils des paupières — V monde — Espèce, genre.,*•—Change en mal — Lillacé blanche —- Art de lancer.9—Pronom personnel (le per rien ami — .Mammifère rong-m; 10.—Teindre en ocre — flcHtlf qui met l'Idiot en ' Symbole chimique du chr 11.—Plana qui paraisse réalisation Impossible — de 17.—En le* — Enlever < Oiseau terrant des galUns' échassiers.14.— Fie ive de Suède — man de Chateaubriand — |VPf> 1 q IV— Ophtalmie aé.he geur — Pronom personne! M ni A K 111 N | E L ill D j E i TE E U lé nomhrr tlrq %niant** mi-su* à tllnf rlliitrr rit élMllaé, % l'jirtlr tir l»n»rhnlne.Ir* giiuiut tri* • rriiUt-ft rmwtthl »• *» m »• » iih ,,r|\ Hr H ,tt t OAONANT DU \ 011 Mb DK CETTE REMAIN K: eI'rit EI S 11 101N Mariette Thtinl.there tile, Co.Iberville, Ouch I 1
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