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Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 3 octobre 1942
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1942-10-03, Collections de BAnQ.

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6ième ANNEE No 4 3 octobre 1942 5 CENTS "M.Duplessis me rappelle une pucelle qui rencontre l'amour" René Chaloult LE JOUR INDEPENDANT POLITIQUE, LITTERAIRE ET ARTISTIQUE Directeur-Fondateur: Jean-Charles Harvey Administration et rédaction, 180 «*t, rue Sainte-Catherine (suite 41), Montréal Case poetale 20, Station “N" — Tel.TLateau 8471 Aussi longtemps que les choses iront sys l é ma tique men t mal, je continuerai systématiquemen l à dire qu'elles ne vont pas bien — Henri ROCHEFORT Rédacteur eu chef: Emile-Charles Hume! L’âme de la démocratie J’ai suivi avec intérêt la Semaine sociale de Saint-Jean-•tir-Hidielieu qui vient de se terminer.Le sujet à l’étude, la Démocratie, me tenait au coeur.Depuis les jour* déjà lointains où de lourds manuels philosophiques cherchaient à m’imposer la croyance en la supériorité du régime monarchique, j’ai beaucoup vu, beaucoup lu et beaucoup retenu.Surtout, j’ai vécu.Et j’en suis venu à la conclusion que l’idéal démocratique était l’ahoutiasetnent naturel et normal de toutes les sociétés évoluées vers le progrès et la civilisation.Les personnages distingués qui ont pris une part active à lu Semaine sociale avaient-ils tous la compétence voulue pour embrasser le problème dans son essence?Quelques-uns, entre autres le dominicain Uelos, semblent avoir une compréhension parfaite à ce sujet.Pour celui-ci les caractères principaux des régimes démocratiques consistent: 1.— A instaurer Je règne de la loi, non seulement sur les gouverné», mais sur les gouvernants, de sorte que l’égalité légale existe entre tous les citoyens et qu’aucun acte arbitraire ne peut — du moins en principe — souiller l’exereicc du pouvoir.(Le chef d’Etat ne saurait violer la loi sans être susceptible de pénalités; il ne pourrait commettre un crime sans risquer de 7>asser lui-même devant la cour criminelle comme le dernier des valets) ; 2.— A établir un certain “contrôle” de la collectivité sur les actes titulaires du pouvoir, attendu que les ministres et représentants, sont responsables devant le peuple qui les approuve en leur laissant leur fonction ou bien les condamne en donnant leur place à d’autres; 3.— A mettre à la base de la vie sociale l'esprit et la liberté, r’est-à-dire les forces créatrices propres à la liberté et à l’esprit; d'où l’idée d’égalité prise dans son sens le plus élevé (Le régime despotique, dit en substance le Père Delos, peut, lui aussi, conduire à l’égalité devant un pouvoir arbitraire, tous les hommes sont également réduits à rien; c’est l’égalité par en bas.Celle qui se fonde sur l'égalité spirituelle entraîne le droit égal à poursuivre la perfection humaine et à assurer par là le progrès de la société .C’est la tendance vers l'aristocratie pour tous).Moins sérieux et moins objectif fut l’habile et superficial jésuite Archambault, quand, avec des airs de fausse profondeur, il aiguilla le débat vers la politique nationaliste, mit sur le dos de la démocratie les fautes de quelques sectaires ou égoïstes et tenta de donner le corporatisme comme la forme suprême du régime: “Nous croyons, dit-il que le jour viendra bientôt où la province de Québec donnera au monde l’exemple d’une organisation corporative inspirée des encycliques et qui, sans rien changer à notre constitution, s’adaptant à notre esprit et à nos traditions, jouera un rôle économique et social des plus bienfaisants.O sera vraiment l’ordre nouveau , .Pour nous qui suivons ces messieurs depuis plusieurs années, nous savons que les tenants du corporatisme, dans la province de Québec, sont -Suits d la page t- Jean-Charles HARVEY L’EPOUVANTAIL Pu même bon effrayer cet oiseaux d’Amérique PT I Industrie* fmnçuw* PAGE 8 Marcel H.ESTIENNE Ctvcc Ce sourire C.K.A.C.A l'occadon du vingtième anniversaire diOposte C.K.A.C.il est agréable au “Jour” d’adresser des félicitations aux dirigeants de ce poste.Il est hors de doute que bien que n’étant pas un poste officiel, — et sans doute à cause de cela, — C.K.A.C.s'évertue en un effort constant à donner au public toujours davantage de satisfactions.Les pouvoirs publics, qui montrent tant d’indulgence à ceux qui, se sont attribué des rentes avec l’argent du bon peuple, pourraient, en s’inspirant de l'ordre qui règne à C.K.A.C., en mettre un peu dans l’autre maison plutôt que de sen laver les mains.Agapes : Un déjeuner de caractère intime réunissait cette semaine les dirigeants de France-Film et les artistes français actuellement à Montréal.Le gouvernement provincial représenté par l'honorable Hector Perrier recevait scs hôtes.De brèves allocutions furent | prononcées, notamment par M.«Arthur Vallée, président de l ran-h c-Film et par Louis Verneuil.M.Hector Perrier y répondu avec esprit, et s’adressant aux artistes français présents : "Au talent de cher.mus.vous ajoutez les vôtres” leur dit-il.Nous avons relevé avec pla:«r .ce parfait alexandrin, aussi gracieux que le tour de rubans neige dont s'ornait la blondeur de Vera Korcne.Réumon charmante au cours de laquelle un juste hommage fut rendu à i incessant effort de Fran-ce-hilm dans le domaine du cin’-ima, du théâtre lyrique et de comc-fdie français.Chauffage et Logique Un lecteur nous signale ce quj suit — et s’en plaint avec raison et amertume : Les propriétaires de maisons comportant deux logements pourront recevoir la quantité d'huile nécessaire au chauffage de ces logements, quand bien même ceux-ci comporteraient, par exemple, dix, douze ou davantage de pièces! Les propriétaires de maisons comportant plus de deux logements ne recevront pas d’huile de chauffage, quand bien meme ces logements ne comporteraient que deux ou trois pièces.Injustice flagrante, évidemment, car si vous possédez trois logements, totalisant neuf pièces et consommez deux mille gallons d’huile, vous aurez toujours le droit de crever de froid ou de faire des frais considérables de transformation de chaudière.Mais si vous possédez deux logements avec vingt-quatre pièces, vous aurez droit à vos huit mille gallons, et plus, d’huile nécessaire.Ce règlement, parait-il, est destine à favoriser l’Ontario.Peut-être, mais à coup sûr il défavorise le propriétaire et le locataire modestes et, à ce titre, il est bête et injuste.Mobilisation Alors que l’on cherche à augmenter les forces canadiennes, reposons la question : Pourquoi, oui pourquoi les étrangers échappent-ils au recrutement.alors qu’aux Etats-Unis ! ils doivent le service militaire, ce I qui «t au reste bien naturel.A tel point que des étrangers i menaces d’etre mobilisés et rési-! dant aux Etats-Unis s’en sont i venus chercher refuge au Canada, i Invraisemblable, mais vrai.Où va la France combattante?Le mouvement de la France Combattante traverse une crise.Il serait contraire aux nobles buis de ce mouvement que de vouloir fermer les yeux sur certains faits regrettables qui se sont produits à i intérieur de la France Combattante, chère aux démocrates du monde entier.La semaine dernière, 26 septembre, notre directeur a parlé, en termes mesurés, du “coi Failin'.Dans le même numéro du “Jour", mon confrère M.H.E.a signalé "un article bien pénible” de "La Marseillaise”, organe officiel de la France Combattante, où on avait violemment attaqué les présidents Herriol et Jcanneney.On ne supprime pas un mal en essayant de jeter sur lui un voile de silence publique.Il vaut mieux en rechercher les causes pour les extirper d’une façon radicale.C'est la seule politique efficace, démocratique et honnête.Voilà pourquoi nous croyons utile de reprodu ire ici un article qui vient d’etre publié à Londres par “The Left Nerv: Celte revue du Labour britannique comprend un supplément mensuel, "Inletnational Socialist Forum’’, dirigé par Harold J.Lasl(i et par un cerlai nanti- ¦ de socic : ,.Louis de Broucl(ère, Belgique; Hal(oon Lie, Norvège; Paolo Treves, Italie; Karel Kriz, Tchécoslovaquie; ek.Le socialisme français est représenté dans le comité de rédaction du "Forum" par Louis Lévy, auteur de l’article qui suit.Louis Lévy a été quelque vingt ans membre d e la C.A.P.(comité central) du parti socialiste rédacteur politique et diplomatique de son organe central, "Le Populaire", dirigé par Léon Blum.Pendant la guerre il était correspondant de guerre de ce journal.Parti pour Londres en juin 1940, il y a publié, en anglais et en français, un livre, "Les vérités sur la France", très apprécié par l’opinion publique anglaise et américaine.Il est un des représentants de plus en vue du "Croupe Jean Jaurès", qui réunit les socialistes français de Grande-Bretagne.Son opinion, exprimée avec modération et fermeté, intéressera vivement les lecteurs de notre journa indépendant.B.SKOMO La France et le péril semi-fasciste par Louis Lévy admiration pour le général de Gauile, un grand chef militaire dont le» vue» prophétiques sur la guerre moderne avaient rencontré l’opposition de Pétain et de Weygand.Nou» lui sommes encore profondément reconnaissant d'avoir déclaré, le 18 juin 1940.que la France demeurait dans la lutte et d’avoir fait appel à tous les Français qui répudiaient la capitulation et voulaient continuer de combattre.Néanmoins, le mouvement des f orces Françaises Libres — ou, pour employer la nouvelle appellation, de la France Combattante — n'est pas uniquement un mouvement militaire.C'est également un mouvement politique, et c’est là qu’interviennent nos critiques.En septembre 1941, un Comité National était créé.Il est vrai qu'une réorganisation interne de* Forces Françaises Libres était nécessaire pour ! administration convenable des territoires qui s'étaient ralliés à la France Libre.Mais le général de Gaulle ne s’en est pas tenu à cela.Son Comité National, qui n’a reçu aucun mandat du peuple français, qui ne comprend aucun homme élu par ce peuple, entend être traité comme un vrai gouvernement.I! est impossible d'accepter que le général de Gaulle et ses collaborateurs s’arrogent, dans l'intérim, un mandat de souveraineté sur le peuple français.Et il est déplaisant de voir que les décrets, dans les territoires administrés, sont faits "au nom du peuple français et de l'Empire français".Et cela est d'autant plus blessant pour les socialist es et même les simple* démocrates, que la composition et le caractère f*>litiques du mouvement ont Méritons - nous la victoire?C'eut notre (Jruit^ d'espérer la victoire et notre devoir d’y travailler, de toute» no» force*.Mai* pour ce qui est de savoir si nou» méritons vraiment nette victoire que noua souhaitons, c’eut une autre affaire! Qu’avons-nous fait jusrju’ici pour l'obtenir?J’anéiétais l’autre jour à i/> film où l'on voyait Japonais et Japonaises travailler fièvreusement à préparer la guerre.Je suis sorti du cinéma bien convaincu de ce que ees ennemis jaunes, que nous avions méprisés et ridiculisés à l’cnvi, méritaient plus que nous la vietoire, parce qu'ils oui fait davantage pour se I assurer.Aux efforts et aux sacrifices des Nippons, je ne pouvais m'empêcher de comparer nos doléances à nous, lorsque nous sommes privés d’une tasse de café ou d'un morceau de sucrci d’une promenade en auto ou d’un jour de congé.Et malgré tout, le Canada est encore le pays d’Amérique qui a consenti le plus de sacrifices et qui, proportionnellement, u accompli le plus grand effort de guerre! Aux Etats-Unis, nu s'intéresse actuellement bien plus aux séries éliminatoires des grandes ligues de base-bail qu’à telle ou telle bataille en cours; on élit des reines de beauté et l’on est désappointé qu’un conduit de boxe pour le championnat poids-lourd n’ait pas lieu à lit date fixée.Après cela, les journaux américaine* pourront toujours critiquer l’effort de guerre de la province de Quéliee .,, Roosevelt est obligé de clamer sou indignation parce que Ja production de guerre n’est que la moitié de ce qu'elle devrait être.Mais, d'une part, certains ouvriers ne veulent plus travailler ià leurs salaires actuels, oubliant lu solde pour laquelle les soldats risquent leur vie; d'autre purl, certains industriels hésitent à adapter leurs usines aux Iresnin* de la production de guerre, supputant les perles qui eu résulteraient pour eux si lu guerre finissaient brusquement et qu'ils dussent réadapter leur* usine* à la production de temp* de paix avant de s Vire remboursé, sur le matériel militaire, des frai* occasionnés par ces transformation* successives.De son côté, le bloc agricole fait obstacle à une, stabilisation efficace des prix.Pendant ce temps, un officier supérieur de l’armée «nié* ricaine parle uvcc admiration du créateur de* càtliic itri/m mettant en vedette le Superman, (let officier volt là un véritable génie de la stratégie! Bien de* revers «'expliquent , , , Toujours, en ne foutant rien avant lu guerre, et en no fournissant depuis qu'un effort minimum, les démocraties ont dit: "Lu tain/M travaille /unir nom!” Il a si bien travaillé pour nous, le temps, qu’au bout de (roi* ans, nous non* voyons dans I impossibilité de nous rendre à la demande, légitime de nos alliés russes en ouvrant immédiatement un deuxième front en Europe, et que M, Wendell W7illkic»c fuit ramasser pur quelques ministres britanniques pour avoir réclamé, l’ouverture de ce second front! Il travaille encore pour nous, le temps, en détruisant peu à peu la puissance d’attaque de l’Armée Rouge, en démoralisant - Butte û la ,,aU0 ï- E.-Cll.HAMEL Page 7 Jaque CATELAIN Ctvec te Il n’est que trop évident que, pour des gens qui se réclament tant de la démocratie, nombre de conservateurs anglais ont une conception assez étonnante de l’Europe d'après-guene.A les entendre, on a quelquefois l’impression que les institutions démocratiques ne peuvent être pleinement appréciées que des nations anglo-saxonnes.Aux pays turbulents d Europe, il faudra donner après la guerre quelque semblant de démocratie, vu qu'il en aura été tellement question durant les hostilités; mais I important, ce sera de maintenir l'ordre.Cela explique l'engouement pour les dictateurs "à la Salazar”, les attentions polies à l’égard de Franco et les jolis discours au sujet du méprisable Léopold de Belgique.Pour ne rien dire des flatteries prodiguées au roi d'Italie et à la monarchie des Habsbourg.Mais c’est de la France que je veux parler, et de ces mêmes procédés que 1 on emploie à son égard.Pendant longtemps, nombre de conservateurs anglais ont manié Pétain avec des gants blancs, ce cher maréchal Pétain dont le système politique fut loué par le Catholic Herald.Pour ce qui est du traître Weygand.l'homme le plus responsable de la capitulation.le général séditieux dont se sont toujours méfié les républicains français, il est encore tabou.Et je vous défie bien de l’attaquer à la B.B.C- De plus, n'avons-nous pas entendu, ces temps derniers, au cours d’une émission radiophonique anglaise destinée à la France, des mots touchants à l'égard des fascistes Peyrouton et Abbert, les pire» "capi-tulards” qui soient, mais que l'on tente de réhabiliter parce qu'ils sont en mauvais termes avec Laval?Cependant, depuis quelques mois, même les conservateurs anglais les plus réactionnaires *e rendent compte de ce que Vichy est trop compromis.En tant que patriotes, ils sont furieux de la politique du vieux maréchal Pétain, qui sert à couvrir Laval.Cela les amène graduellement à défendre la politique du Comité National du général de Gaulle.Ne mâchons pas les mots: ils fondent sur lui leur espoir de restaurer l'ordre — l’ordre bourgeois.* * * Nous devons nous expliquer sans ambiguité au sujet du général de Gaulle et du Comité National.Nous, les socialistes français en Grande-Bretagne, n'avons naturellement jamais cessé d'exprimer cotte Justice pour tous La Ligue pour la Défaite demande un procès pour M.Camil-lien Houde et, histoire de faire rigoler son monde écrit : Dans lu fat tic la présente (roi-rade pour la liberté, a-t-on oublié que la en vont [tu attendras en Angleterre 1 onnsis»ent un ban Au moins a Panne», truc pour »e faire aimer.[humblement.Ils emportent une ou plusieurs pâtre» o** bas de so;, marchandise Quislings canadien» aideras introuvable ià-bas.Et serviras aveuglement.Conquête faite, il» offrent à Irur belle un bas,., et s’assurent I.-.brave* gen- tu berneras d un lendemain équivalent arrache Et trompera* cyniquement.n la faveur d'une promesse de V.— l'autre bas. llliSUM Sibérie SS6i# Page 2 LE JOUR L’âme de la démocratie POSTE D'OBSERVATION — iu4lt de la premier* page — .urtout ceux-là qui, «vint la suerr#.traient «limitatif» eut le fascisme italien et ne cachaient V** Irut m l rte pour la pauvre démocratie.El m*nc a IVure pr-»«e.noua Î.vona qie pluaienr.«l'entre eu* «luirent, au fond i -«»u,rin;Dt i!« la démocratie anglo-américaine, aprh* avoir ealue av¦«_ KTXUJTC- À L’AFFICHE MONTREAL CAl’ITOL : "Across The Pacific" — "Blondir'» Blrssrd Event".IMPERIAL : " Gay Sisters" — "Dr.Broadway".LOEWS : "Holiday Inn", îètne semaine.PALACE : "Tales of Manhattan”.PRINCESS : “Berlin Correspondent" — “The Postman Didn't Ring".ST-DENIS : voir Théâtre» et C oncert».ELECTKA : sam.à mar.: ¦ Fantasia" — “They Met In Bombay" — “Man Front Cheyenne"; mer.a ven."Stradlvartus” — "Le Mioche".CINEMA DE PARIS: “La Pocharde" — Secrete de la Mrr Rouge’’.•U-s SHERBROOKE CINEMA DE PARIS : ¦ — "Neuf de Trèfle" • • TROIS-RIVIERES CINEMA DE PARIS : “Etee-Vous Jalouse 1 La Tradition de Minuit" "Les Roi» du Sport" — QUEBEC CANADIEN : 1 une Nuit".L'Enfant de Troupe" — "A Venise THEATRE ET CONCERTS ST-DENIS : Comédie Française: du î au I octobre : “CYRANO DE BERGERAC"; du 9 au II octobre : "LE TRAIN POUR VENISE".THALIE À MONTRÉAL par Jaque Catelain L horrible fléau de la guerre, avec son sublimement tendre dans l'âme française et cortège de souffrances et de larmes, et si des- Victor Francen.étant l'un des plus illustres tructeur lui-même, — par un contraste singulier, interprètes de ce personnage, nous rappelle à fait presque toujours éclore dans les pays qu’il tout instant, au cours des répétitions, pourquoi frappe, une renaissance artistique.Ceux qui la France était grande et pourquoi il n'est pas POUR toi AMIS et pour VOUS Le Médaillon en Miniature PLUS TAXE avec une chaîna "m Mm, laKUlet, (ou nun> Sa restaient) ou .No »« usent* nlre toiture S'a» esté «l «'importe e«*i Mit» ou rnoTo aa Son.PRIX! fS tln.br».na mandat — 'ommunlqaet Mail le» Hat», »falrta.M.P.Co.MOI Ste-FaoiUIo.DépL 01 MONTREAL.lente mite en scène de M.Désiré DeFrère a su rendre tous ces passages avec beaucoup de vérité et d’entrain.La vedette était fort bien secondée.Ezio Pinza a été splendide dans le rôle du père, jouant avec puissance et émotion, dominant souvent la scène où il apparaissait.Marie Claessens a également été remarquable dans le personnage de la mère, tandis que l'excellent ténor belge René Maison jouait avec charme et talent le rôle de Julien.Dans les rôle» secondaires, Ata-sio de Paolit, Natalie Bodanya, Thelma Votipka, Lucielle Browning et Mack Harrell ont été très justes.De même d'ailleurs que tous les autres interprètes, et les choristes, et les figurants.Ruthana Boris et le Corps de Ballet fournissaient, au troisième acte, un intermède fort gracieux.?* * Après Louisa, I* Fiançât vendus ne pouvait ne pas désappointer quelque peu.C’était la première fois que cette oeuvre tchèque était donnée à la scène montréalaise, et ce fait vaut d’être signalé.Cependant, après tout ce qu'on en avait lu et entendu, on attendait davantage de ce chef-d’oeuvre de Smetana.Ce n'est vraiment pas là le chef-d’oeuvre d'esprit et de vivacité auquel on croyait.C’est une oeuvre qui ne manque pas de gaieté, mais on n'y trouve pas l’originalité et ce cachet exotique que l'on aurait espéré.La musique n’est pas dépourvue de charme, mais là encore, nous somme» un peu déçus.Un confrère a très justement fait observer que, chantée en anglais, cette oeuvre rappelait les comédies musicales de Gilbert et Sullivan.Pour ma part, en entendant Julius Huehn chanter cet air où revenaient sans cesse les moti: “Understood, understood, understood”, je me rappelais invinciblement l'impression bizarre que j’avais ressentie, enfant, en entendant un petit homme à la figure grimaçante et à l'étonnante voix de basse chanter un extrait des Gondoliers.Comme, avec ça, j'étais loin de la Bohème! Il reste néanmoins que M.Huehn est un excellent chanteur et un comédien doué, que Hilda Burke, déjà applaudie aux Concerts Symphoniques, a été exquise en Marie, tandis que William Hain.qui chanta comme soliste au Montreal Orchestra, a campé avec beaucoup d'allure son personnage de Jenik.Tous les autres interprètes ont également été très bien dan» leurs rôles respectifs.Signalons particulièrement George Rasely, Helen Olheim et enfin Mack Harrell.ee bel artiste qui rend avec tant d’art les moindres rôles.Paul Breisach a dirigé avec justesse et discrétion.Une note désagréable: les plaisanteries — canadianiséei pour U circonstance — du directeur de cirque forain.Mais si la Fiancée rendue n'a pas connu un succès égal à d autres opéras au cour» de cette brillante et si brève saison, ce n'en était p*s moins une belle initiative de révéler enfin cette oeuvre au public montréalais, et c’est un autre plaisir dont nous sommes redevables à France-Film et aux artistes I du Metropolitan Opera.* * * En même temps que la direction : de France-Film, félicitons notre grand compatriote Wilfrid Pelle-; tier, qui a contribué à rendre po«-* tiblc ce grand événement artisti-i que: une semaine d'opéra à Mont-! réal avec les plus grandes vedettes ¦ internationale».A.R.demeurent au foyer ont besoin de distractions pour oublier les peines et les angoisses de la séparation.— ceux qui reviennent en permission exigent de beaux spectacles pour effacer ceux des champs de bataille.Les jeunes et les audacieux ont donc beau jeu de renverser les routines et de créer des formes d’Art s'appliquant mieux au nouvel état d'esprit, issu de la tourmente.Pendant la dernière guerre, il y eut une réno-vtion incontestable dans le domaine de l’Art en France, en Angleterre, aux Etats-Unis et même en Allemagne.La Peinture ,1a Musique et la Poésie virent s'ouvrirent devant elles des voies nouvelles.— mais c'est surtout le Théâtre qui subit toujours une évolution marquée dans ces périodes troublées.Montréal connait, à son tour, une renaissance théâtrale exceptionnelle : les saisons d'Opéra, de Ballets, de Comédies se succèdent avec succès.Quand je suis venu ici pour la première fois, il y aura bientôt quatre an., avec Gaby Morlay, au His Majesty, le Cinéma semblait réellement avoir tué le goût du théâtre.Les "Vues”, comme on dit, remportaient tous les suffrages, — Thalie et Terpsichore faisaient triste figure! — Depuis deux années, peu à peu, le public est revenu à de meilleurs sentiments et semble se décider à honorer les Muses! La société des concerts symphoniques, les Compagnons de St-Laurent, les Ballets Russes offrent tour à tour aux spectateurs des pâtures spirituelles d'une très rare essence et il faut reconnaître que la Société France-Film, par ses efforts répétés, ne néglige rien pour ressusciter l'amour des beaux spectacles, dans la province de Québec.Après une saison éblouissante d'Opéra au cours de laquelle on a entendu les meilleurs chanteurs des Etats-Unis, — voici que commence au Saint-Denis un cycle d’Art dramatique ?r douteux quelle le redeviendra.Après Cyrano, un autre plaisir de choix m'est offert par la présence de Louis Verneuil.Tout le monde ici connait ses oeuvres adaptées maintes fois au Cinématographe et depuis sa récente parution j’ai vu sa biographie de Sarah-Bern-hardt entre toutes les mains, — mais c'est la première fois que Montréal, après Paris, aura l'occasion d'applaudir l'un des plus brillants auteurs de notre génération, en tant qu'acteur, Les Cosaques du Don II semble iHvmittmhlnblt que trentr-quat' e de* plu.t célébrés chanteur au monde, H airnt /amms étudié le chant, et n'ulcnt pas longé.a le fane «tant de •« réunir pour former entre le* deux guenes le choeur de* Coniques du Don.C'est pourtant la vérité.Han l/.t Cosaque* descend*nt d une flirt race de guerrier* qui allaient d ls canadienne* a grande voie na-1 AcTOBS 1IÏC rSCIilC vigabîe comme il est Incontestable- ; ment le centre névralgique des :n- "Across the Pacific’, tel r»‘ dustrles canadiennes, pour la pro- titre du a l'affiche ¦: : Capitol 1 duct ion du matériel de guet e de* de» .-endr e-, ; lichaln L/- -.edet-j Nations Unies.Les r,vu du Saint- tes en sont H umphrey Bogart, Ma- ry Astor et Sydney Grssnstrset Après avoir Joué tant de rôle* an tlpathlques, Humphrey Bogart Interprète dan* "Across the Pacific" un rôle qui lui gagnera toute* le* amitié* Il est oette fols un agent secret de l’armée amérlcslne qui met tout son talent â dépister les espions et les saboteurs japonais.Humphrey Bogar est à l'aise dons le* film» d'action et "Ac/J.ss the Pacific” est plein d aventure» mouvementée».Ije.second film à l’affiche du Capitol sera 'Blondit» Blessed Event’ avec Penny Blngleton et Larry Him*.Princess “Berlin Correspondent” Le film “Berlin Correspondent", à l'affiche du Princess de* vendredi prochain, met en vedette Virginia Gilmore * tout récemment triomphé dans “Tall, Dark and Handsome" et dan* " Western Union ".“Berlin Correspondent" raconte 1 histoire d'un reporter américain metteur en scène Julien Duvlvler.I qui est attiré dan* un plcg» par la Walter Wlnchell a dit de ce film j Gestapo.Il endure le» plu* mou-qu'il est le plus be tu qu i) n'alt j vais traitements, jusqu'au moment Jamal* vu.Ix* premiers rôle* sont j où il a la chance de prendre sa retenu* par Charles Boyer, Rit* | vanche.Comment un Journaliste Hayworth, Ginger Rogers, Henry Fonda, Chailes Lnughttn, Edward G.Roblneon, Paul Robeson, Ethel Maters et “Rochester ', La distribution groupe également Thornes Mitchell, Eugène Pallétte, César Romero, Call Patilck, Roland Young.Elsa Lanche*t»r, George Bander*.James Gleason et plusieurs outre» acteur* trè* slmé* du public.C'est la première fols, dans Thlstslre du cinéma qu'en groupe une distribution si riche pour un film.Ben llecht a écrit le scénario.COURS D'ESPAGNOL Jeune fille de bonne famille, parlent françala, anglais et espagnol, diplômé* d'Unlveralté, donne rtour» d'eapegnol.Téléphoner: W Ellington IBM Le Vrai ¦» Chez-Soi JpU HÔTEL ST.RÉGIS SM, RUE SUEIlllOVUNE HA.«185 TORONTO »n foc» de l'église du Bserl-Coeur, la seul» «(Ile* catholique d» langue français* A Toronto.m******* A 4 l'êtthh* LE GENIÈVRE V0ÙBLE ACTION sc venge-t-il?En racontant tout ce qu'il sait.Et 1* journal 1ste en qu«s- [ tlon en a long A raconter eur les petit* secret* du nazisme.“Berlin Correspondent" **t un film qui passionnera tout le mor.d».iijaiiaj 11 ï Mill el aolfl t».III.Il nrlubre ILlouis verneùJL iTTRqïïrpoWvËnls! Capitol le raouranftim KHARIES DECHAHPS; l.e» li'l'-li IU« le *)«• éeni le p/evlate ée OvéOti d Sent le m»»4e tieie*.10ONC1Î, U OMC IS, *0 ONCES, Page 8 LE JOUR Montréal, samedi 3 octobre 1942 L’éducation sera notre salut, dit Cardin Dans un discourt qu'il » fait à la Chambre de Commerce de» Jeunet, mardi toir, l’ancien minittre énumère que)quet*un» de no» défaut» et indique IVtpoir de l’avenir.économiste» en fob# de tliatnbre.qui prrfenrkrit dtctrr une ligne de Le Vatican et la Paix Je n**i p»* eu le pîa.tif d’»**/*-1er à celle rruni'/n de U Chambre de Commerce de» Jeune*, où M.Cardin, ancien ministre du (abir.et King.* parié de quelquCt-vO* (Je* problème* de notre nationalité.Si j'en juge par le rapport de l« Coztlle, 30 lejtfmù/ff.ce vétéran de mainte* lutlei politique» « donné à notre jeunet*< quelque» conte*!> Utile».Il • dit enbe mire* cjue wsj» aviemi reçu, de U France, un béri tage de qualité*, mai* que nou» te ttion» d'elle quelque» default auiti: la tendance au dénigrement et l'etprit *le chicane.“Nch ancêtre».• joule t-il, ne noua ont pa» laiité d'antidote contre ce poivm.Kn effet, le» plu» dénigré» de ho» compatriote» »ont ju*tement tc-a-îi c/u» *'t!èvtrtl au-df**tit du commun.Il tulbt, chez non», de réunir quelque peu, toit clan» conduite à toute initiative rreJui- Or» admirera la facilité avec laquelle M.trteÜe.cnrmnerciaîe et financière Myrott Taylor, envoyé spécial du président »n* jimiii a»oas pour l'autre monde, mais /tour celui-ci." Et Hitler renchérit: "Je tous garantis ([tir, si je le veux, f anéantirai F Eglise de Dieu en quelques années, tant cet apjmreil religieux est creux, fragile et men Qui MELCHERS C ROI 1 0 0 0 t* * Pi V \Al#»| P\US *0»M PlUS VAyCuRtUtf POULIOT ou POULIOT [TE]?faudra derechef enlever au Négu#, «an# compter songer, H suffira cTy pt/rter un coup sérieux la Somalie française ., .telle e«t la paix pour le démolir.” acceptable pour l’Italie.Acceptable pour le# Japonaie?Avec l'Indo* chine, la Birmanie, le# Inde#, Sumatra, Java, Bornéo, Ceylan, la Nouvelle Guinée, l’Aii#tralic, la Sibérie, la Chine .et le rc#lc ., .telle e#t la paix acceptable pour le Japon.Acceptable pour l’Allemagne?Avec tout ce qu’elle occupe, occupera et aimerait occuper., telle e#t la paix acceptable pour l’Allemagne Voici quatre déclaration# officielle# typique#: “Tout ce tpi énonce notre Führer est religion dans le sens le plus élevé, dans sa signification la plus profonde et la plus cachée.” (Goebbel#, parlant à Berlin, le 29 mare 1936.) "Le Christ fut grand, mais Adolf Hitler est encore plus grand." (Willi Becker, chef du Front du Travail allemand Heseen-Nassau, à une a«#cmblée de la Car le# circonstances «ont telle» aujourd’hui Jcune##e Hitlérienne, à Francfort-sur-le-Main.) qu’avec une apparence «le raison le» troi# “ta question de la divinité du Christ est principaux pay# ennemi# pourraient ne con*i- ridicule et sans importance, Une autorité nou-dérer comme acceptable qu’une paix sanction- telle est apparue, pour dire ce que sont réelle-nant leur# but# de guerre avoué#.II e«t vrai ment le Christ et le Christianisme.Cette ta 10 m#! 1940, l'armée française affrontait la ruée ennemie, ta 10 juin déjà, elle était anéantie.Qui, au devant de» char» nazi», «nvoya nos soldat» la poitrine nue?(.'intuition du Führer n'était pour rien dan» cette terrible supériorité mécanique, ta créateur de» panzerdivitionen, le général Gude-rian, l’a reconnu: il avait suivi le» précepte» que le colonel de Gaulle avait énoncé» dans »e» ouvrage».Mai» en 1933, quand avait paru “L'Armée de Métier", Pétain a’était écrié: “C’ett de la fan-Uiiie”, Dè* 1930, dans ton livre, “Grandeur et Misère d’une Victoire" Clemenceau entrevoyait le malheur qui guettait la France et l'expliquait: “Pendant ce temps, écrivait-il, c'est-à-dire landi* que l'Allemagne te prépare, que fait l'armée française?C’etl bien «impie, elle détarme.Son haut commandement semble avoir complètement abdique.11 a oublié que la première qualité d’un vrai chef, c’est le caractère.Devant les perpétuelles mutilations du traité de Versailles, c’est à peine si quelques généraux ont térieusement protesté.Aprè» la guerre, aprè* trois années la limite «Tige des généraux avait d’une expérience chèrement acquise, été fixée à 60 ans; elle a été reportée successivement à 62, à 63, à 70., 11 n'y a plus de raisons de s'arrêter.Et cela pour donner satisfaction uniquement à det raisons de personnes.Tout se paie.Ces abdications de consciente, c’est le pays qui les paiera un jour et le» pa ira cher." ta pays a payé.Le prix: la défaite, le dépècement, la servitude, et, par surcroît, le déshonneur.Cette défaite, ce dépècement, cette servitude, ce déshonneur, il le» doit à Pétain.Pétain a laissé désarmer la France.Il a organisé notre désarmement.Jamais Pétain n'a protesté.Jamais il n’a démissionné.Au contraire.il a collectionné les honneurs, le» fonctions, les prébendes.Pour lu., la limite d’àge fut supprimée.11 t ait membre à vie du 'Conseil supérieur de la Guerre.ta maintien en activité de chefs vkiilis.entraîna le maintien dans l’armée française d’une organisation périmée, et cette organisation était cea’le de Pétain.De 1914 à 1931.Pétain fut généralissime.11 a conçu la loi de 1927, laquelle donna à notre armée le moule et la stratégie qui.m 1940, devaient éclater au premier choc.Ministre de la Guerre, c’est lui qui, en 1934, choisit le général Gamelin.Silencieux et hautain, il régnait en maître au Conseil supérieur de la Guerre et au Conseil supérieur de la Défense Nationale.Rien ne »e fit jamai» sans ton approbation, et jamai», il ne te désolidarisa de Gamelin qu'aujourd'hui, il maintient en prison.A l'Etat-Major général, Gamelin succédait à Weygand, maintenu à »on poste jutqu'à l’âge de 68 ans, comme Weygand avait succédé à Pétain.En tout, il ne faisait que prendre la suite.I ou» troi» sont solidaire».La preuve, c’est que Weygand, le 4 juillet 1939, à Lille, rendait à Gamelin cet hommage public: “Je crois que l'armée française a une valeur plus grande qu’à aucun moment de son histoire; elle possède un matériel de première qualité, des fortifications de premier ordre, un moral excellent, un commandement remarquable.Personne chez nous ne désire la guerre, mais j’affirme que, si l’on nouj oblige à gagner une nouvelle victoire, nous la gagnerons." En mai 1940, succédant à Gamelin devant l'ennemi, Weygand nous gagna la défaite.11 ne donna pas le spectacle du désarroi.Simplement et de manière constante, il parut détaché.Son regard était tourné ms l'arrière.11 affirmait que l’important était de réserver dix ou quinze divisions pour rétablir l'ordre à l’intérieur.Durant ce temps les Allemands exploitaient leurs victoires; les Français ne descendaient pas dans la rue; c’étaient les femmes et les enfants qui, sous a mitraille de» Stukas, s’enfuyaient sur les routes.Ainsi.Weygand s appropria ’.'honneur singulier d être à la fois le général Lcboeuf et le Bazaine de ce désastre.Cette confiance du pays, Pétain, Weygand la trompèrent.Us n’usèrent de leur autorité que pour se maintenir en place.Ils n’mtervin-rent jamais quand les Chambres s égaraient, tas hommes politiques leur savaient gré de cette discrétion.Es étaient à kur tour discrets et .aissaicnt faire le» militaires.Ce manque d’esprit civique, d’un côté, cette abstention, de l’autre, ces abdications de conscience comme dit “f 'S1*- voua le» causes majeures de notre défaite.F.Q.ment le Christ et le «tue no» ennemi# peuvent prendre avantage autorité, c'est Adolf Hitler, Adolf Hitler est «ravoir «h’-claré tout net ce pourquoi il# ce le véritable Esprit-Saint." battent alor# rpte le# Allie# ne l’ont encore fait (Han# Kerrl, mi ni# try de# Affaire# eccléeiac-que de façon assez vague, C’c#t peut-être ce tique# du Reich; di«cour#, 13 février 1937.) vague qui a inspiré au Saint-Père cette propo- "Hitler est un nouveau Jésus-Christ, plus «ition curieuse: une.paix acceptable pour tous, puissant.Notre Dieu, notre Pape, c'est Adolf E#t-il hecoin de dire que la paix ne «aurait, Hitler." en effet, être acceptable à la foi» pour l’Italie (Binve, diecour» reproduit dan# le Saar- et la Irance, par exemple et pour l’Allemagne bruckener Lande#zeitung.) et le Vatican, par exemple encore.Car une paix Et le préaident Roosevelt, le 27 octobre 1941, icceptéc, c’e#t-à-dire «ignée, n’e«t pa# au «en# dan# une causerie radiophonique annonce au literal du mot, acceptable.monde: Comme l’on «ait, la paix ewt, par définition, "Voire Gouvernement a en sa possession intervalle de lemp# qui sépare deux guerre#; document fait en Allemagne par le Couver-il « agit donc, cette fois-ci, de tenter de nement d'Hitler .Ccst un plan pour abolir prolonger autant qu'humainement passible la toutes Jet religions existantes: protestante, duree de cet intervalle.Or, afin de reprendre catholique, mahométane, hindoue, bouddhiste le dernier exemple cité, #i l’Allemagne et le cl juive, ta* propriétés de toutes les Eglises Vatican ne «ont pa# en guerre, arme# à la main, seront saisies par le Reich.La Croix et tous on peut prétendre que, dan# le domaine les autres symboles des religions seront spirituel, tout ne va pa# pour le mieux entre interdits , ., ’ Au lieu de la Bible, les textes de "Mein Kampf seront imposes et acceptés comme Ecriture sainte.Au lieu de la Croix du Christ, on adoptera deux symboles: la swastika et l’épée nue.Le dieu de sang et de fer remjilaccra le Dieu d’amour et de pitié." Or pour abolir le# religion# mahométane, hindoue, bouddhiste, il faudrait conquérir le monde, comme au re«te pour supprimer le# religion# catholique, prouvante, juive.C’e#t un rêve in#en#é, mai» c’est le rêve d’Hitler — et de «es complice#.Penser qu’une paix "acceptable" puieee être négociée avec le# tenant# de pareil# principe# c’e«t, dan# l’ordre temporel, faire #an# doute erreur.Nou# nou# permettons de le penser.D’autre# l'ont dit: .Il n’empêche qu’en ce moment, au #ein de l’humanité divisée, Hitler représente la félonie, l’irréligion et l’organisation du mal, et que ccux^ dont il a fait #e# victime# ou qu’il #« dispose à attaquer symbolisent le droit, la fidélité à Dieu et à la patrie, le# force# de 1 ordre et du bien moral." Ain#i parle Son Eminence le cardinal Ville-neuve, archevêque de Québec.* * * « « • L’avertissement a reçu son écho dans tout le clergé germanique.Ce grand vieillard de l’Eglise de 79 ans, le prince-archevêque Waitx, de Salzbourg, s’était déjà Joint aux évêques allemands dans un défi ouvert nu système nazi.Dans une lettre pastorale dont le texte ne parvint en Amérique que sept mois après qu’elle fut écrite, l’archevêque révéle que le conseil de l’enseignement de la province de Salzbourg a adressé aux maîtres d’école une instruction qui commence ainsi: Dan» le DEVOIR de samedi dernier paraissait l'entrefilet suivant: "Votre père vous a-t-il légué le nom de UORRISSET, de OUIMET, de TALBOT, ou de CHABOT, (fii’on prononçait habituellement in faisant sonner le T final, vous devrez avertir parents et amis que, dorénavant, vous serez sourds, ai on ne tou» appelle pas MORRISSAIS, OUIMAJS, TALBO, ou CIIABO, pour suivre une mode mise en vo-gue à la radio.La radio radiote-t elle tu A la suite de quoi, M.Louis Mo-rlsset adressait au “Devoir" la lettre que l’on va lire et, il est juste de le reconnaître, que le “Devoir" publiait: Monsieur, Veuillez transmettre mes remerciements les plus chaleureux d votre courageux collaborateur, le "Grincheux”, qui, dans votre édition d’hier, fait preuve d’une extrême sollicitude à l’égard de m« modeste personne.Il pousse même la prévenance jusqu'à m’indiquer la prononciation exacte de mon patronyme.Puisqu'il en est désormais établi que MORRISSET ne se prononce pa s comme il s’écrit ce qui serait parfaitement ridicule, j’engage votre vaillant rédacteur à ne pas s’arrêter en et bonne voie, et rt tenter d'obtenir maintenant que tous nos Goulet deviennent des Goulette; nos Brunet, des Brunette; nos Maillet, des Maillette; nos Jouglet, des Jouglette; nos Désilets, des Dési-lettes; nos B.et, des Binette et nos Mignolet, des Mignolette.Si je persistais, malgré la savante leçon du "Grincheux" à prononcer mon nom “mort»sai*“, je ferais preuve d'ignorance crasse.Car tout U monde sait — tt i."Grincheux” avant tout le monde-que le comique français Mouncît et le peintre Morisset, qui fit j, portrait de Gustave Charpente, exigent qu'on fasse sonner le »(> final de leur nom.De mime, ptl.sonne n'ignore que M.Louis j0ll.vet fait retentir dans toute l'Amt.rique du 8ud les cri* d'une ire mC tivée si on ne l'interpelle pas »ou le nom de Jouvette tandis mim* m prnan (nféneuremenl le Christ pendant ce temps.On n adore pas Dieu et Satan en même temps!" "Le but de l’enseignement national-socialiste est fixé immuablement: la jeunesse allemande doit être libérée de toute instruction ou influence ecclésiastique, quelle qu’elle soit." Monseigneur Waits déclare qu’il a ordonné d ses prêtres de commencer l’instruction, religieuse dans les églises "immédiatement et A tous les degrés", et d conclut en ces termes pathétiques: "Chers et loyaux catholiques, je suis «n vieillard Je ne sais quand je serai appelé devant le tribunal de Dieu, mais je ne veux pas paraître devant lui avec une conscience coupable.Quand je Jus consacré évêque, le livre de l’Evangile fut placé sur mes épaules comme un fardeau de Dieu, pour le prêcher et le faire prêcher par d’autres.Aujourd'hui, il nous /auf, en tant que catholiques, nous soumettre souvent A la force physique.Lorsque leb affaires temporelles sont en jeu, nous pouvons souffrir en silence.Mais lorsqu’il s'agit de notre foi, il ne saurait être question de^ céder: nous devons rester fermes ou mourir." "Rester fermes ou mourir.';* Il semble que Vidée racwfe des nazis, de créer un pape germanique pourrait bien, s’ils persistent A l’appliquer, couvrir l’Allemagne de sang catholique.Car l’attitude de son clergé indique nettement qu’il fera Jace aux persécutions les plus atroces, plutôt que de céder.Et je repose la question: que peut être pour le Saint-Siège une paix acceptable pour tous?SOUSCRIVEZ AU NOUVEL EMPRUNT de la VICTOIRE Les Mot* Croises h J OUR Far TITTLIT 6 7 8 9 10 IL 12 IS 14 15 1 ?nrr _ 11 J 1 ¦ 1 ¦ M U L JJUHJ i m i ¦ n mrw i ?ŒEXXHG m ?m ?cm nrm 1 1 1 JLLL MTÆ rrr DTTTl -.—Leu profiteurs de naguère; m.—Symbole chimloue do Valu- caste pleine de lumière, mais qu’é- minium — L'amour sans phrase - de°Unu" le UnC Unterne ~ Fleuve Pa,u/ * manch?^oun."* P “•ÎSSw >«»* 4 distance ~ Ii"““ ?oorb°eUS *v„P.0l'St.n*?’Unevmrf2c# t I5Tforme,< de gouvernements -*£v.I.r~ Noli Bfne, — ",,e des L** balcons du regard.1*3 j b» I#ft m sur Li Mirk, A KiiTirii fmpvt .«Jlfflculté d'une l.—Le plus coûteux dès vomitif' convertie en acier — Situation instable redoutée dei candidats et des nichons.affaire Trois fols.,.B-—Chc( * 'leu d’arrondissement 2.—I*a v 111 o n~ d e" r rire nTl n n — Pe.fdép.d'Oran) — Ville de Tchéco- lit oiseau ««Ption - it Slovaquie (Bohême) — Symbole de .2.—Costume de voyage - Mi- afintl Palron-.e a»- „„ ,d« 1« religion mahométane - ~arcourue de» jeux — U&ton Symbole chimique du aodimn cylindrique, sur lequel les Spartia- Orient — Abréviation dè “ME- te» enroulaient en spirale les ban- LODRA.ME" — L'enfant terrible de d(* de parchemin.l'Intelligence.i.— Lavocat de la partie adverso 5.—Peur — Tête des ticca de blé Nettoyage par le vide.— Poa»êrt.-.»« ucs l'Bes at 1 R.—Soumettre ft.une opération chirurgicale — Blanc partout.Possédées.6.—Philosophe homme d'Btat ,, poète, ministre de Théodorb !' —.Vieille fille qu on viole encore drand — Beaucoup de vague* i volontiers — Rcscrtt du sultan de lames; le garde-manger de» ven-Constantinople — Ville de Pales- dredis - Portrait flattée do "a Une, ru sud du Thaler.nature 10.—Maîtres des barreaux — Deux T.—IMa-lecte provençal - Qui Uve ~ thart>enle — Co»J- copula- peut être inséré — AdJ.démonstrs- S.—Le trou du cuit» électoral — Suspension d'éclairage — Peintre hollandais, né à Leyde.».—Moraliste français né A Paris — Lilne, filasse pour servir k i!e« pansements.19—Conjonction co- pulative — Orient — Barde écossais légendaire, fils de Ffngal 11.—Du Tibet — M» • ble sur lequel on f» couche.12— Trois fols — Lac de Biissle — ije triangulaire.13— Conjonction cn* putative — Couche d*'-ml-trELns paren te.14.—Qui contiennent de la soude — Trois - ¦ me fils et successeur de Cengls Khan — Pror." personnel (3e per*, slng.) SOLUTION DU PROBLEME No 259 Pare dans le JOUR, 26 septembre 1942 w | A 111N m A | U | s T rIailIi e* 1A D | M JI N I SI R A T11 0 N S lu ¦IP|A|I X HI R E S T | A üTr E If MRISIBIB T|T MH I S L j A M Ik E|E»S|T|E|P P1E R 11 A | G E IA [R|s a c ei»o E|S E | L «E N |g A | S P | A | R 111N BIP R | E T HIC U T 111 E | R m 0 1 T eieihs UjP|E| ¦ mOITIABlNll T|R A(T E|R*| 1M oInuimiebin U |A | G | E HIU|T| U NIH|S|0|C|S|1|I NI N H iID|A| ISIHlEISlUlLlEIB'sIclElL L|E|R| |e|nil|a|c|ain tmeiaiu HIRI0I W0|I|«|!H|I|S|S|EW|U|S A 1 11 T | |b|ft|i|K|£|K|ME|TlE|XH||B|E E| 15.—Prendre une affaire en mains; nager mal mais voler bien — Les mies du peuple, gnons ou guignons.GAGNANTE DE LA SEMAINE DERNIERE : Florence Léger, 1218, me Berri, Montréal, P.Q
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