Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 20 novembre 1943
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1943-11-20, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
7ième ANNEE No 11 5 CENTS LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Directeur-Fondateur: Jean-Charles Harvey Administration et rédaction, lflO est, rue Sainte-Catherine (suite 4i), Montreal Cæe postale 20, Station “N” — Tel.TLuteau 0171 20 novembre 1943 Aimai lontflump» quo les chows iront sys l é ni nti que me n t mol, je continuerai sys I e ni a t i qti vine n I à (lire qtt 'elles no vont pas bien — Henri ROCHEFORT Rédacteur en chef: Emile-Charles lluind BARRIERES! RÉVOLUTION NEFASTES « L ne minorité importante de Canadiens, à commencer par jeux de l'Ouest, ne verrait pas d'un mauvais oeil l'unité politique du Canada et des Etats-Unis.Un “Gallup Poll” nous a procuré, là-dessus, des cliilïres révélateurs.Existe-t-il un patriotisme canadien?J’en doute.A côté d’un certain nombre de nos concitoyens pour qui le Canada est au-dessus d« tout, combien sont indifférents à l'idée de patrie ! I.e groupe le plus foncièrement canadien de ce pays est indubitablement celui de la province de Québec.Entièrement détaché de ses origines européennes et enraciné au sol québécois depuis trois siècles, comment pourrait-il être attaché à une autre terre?M ais ce n’est pas encore là du canadianisme cent pour cent: c’est du luurentisme.Pour un très grand nombre de Canadiens de langue française — je parle de la masse —- tout le pays est quelques jours, au, moment où M.r rank Scott, ET C.C.F.On sait que le socialisme, même celui de la C.C.F.n’ a rien de démocratique.J’écrivais ici même, il y a quelque temps, que le programme de M.Coldvvell, tel qu’il s’exprimait dans le “Maclean’s Magazine" du ter septembre, ne pouvait s’établir sans l’abolition de l’opposition et la suppression de la liberté de presse et de parole.Certains de nos amis ont cru que j’exagérais.Ils me reprochèrent même d’avoir affirmé que les cécéeftistes de l’Ouest étaient généralement des marxistes, c’est-à-dire des enragés de la lutte des classes et au besoin de la révolution violente.Or, je savais à n’en pa> douter que certains cléments de ce parti étaient des communistes.Voici que les faits me donnent raison.Il y a compris entre Percé, Hull et la frontière de» Etats-Unis, et quiconque ne parle pas le frunçais et n’est pas catholique est un étranger.Je me trouvais récemment dans nos montagnes,\ en compagnie d’un guide pittoresque et intelligent.Il en avait un socialiste modéré, allait faire entendre à Québec, citadelle du coiue.vatittme, le doux évangile du C.C.E., le leader de ce parti en Colombie-Anglaise, M.Harold Winch, levait le masque : Le jour oit le C.C.F.prendrait le pouvoir, V «Mil n: u Mil t'unir JIIIHU l P t j lit.Cl IJlirilip'lll.Il Cil UVcIll | ; /.•' .! .» contre Mackenzie auquel il reprochait, entre autres, d’avoir 'Fueiit-il.il entreprendrait immdialcinent il instaurer vendu le Canada à l’Angleterre et d’avoir expédié à Londres, par bateau, tcut notre argent.H faut croire qu’il avait écouté à la radio les orateur» du Bloc Populaire.Ptti», «’animant, il déclara avec force: “Ce qu’il nous faudrait au gouvernement, c’est un Canayen!” Je lui demandai: “M.King n’est-il pas Canayc::?” “Comment?dit-il, vous ne savez pas ça?C’est un Anglais!’’ Je compris que, par “Canayen”, il entendait “Canadien français’’.Cette idée-là est passablement répandue.Elle explique un ta» de choses.Ce patriotisme laurentien, tout limité qu’il soit, est quand même canadien, attendu que la Laurentie fait partie du Canada.Au-delà des frontières de notre province, ou trouve des Canadien», oui, mais aussi beaucoup do coloniaux qui ne vivent et ne respirent que par “the dear old Country” ou qui attendent d’être donnes à quelque pays étranger, les uns à la Russie, le» autre», aux Etats-Unis.Ce» derniers «ont plus nombreux.Un homme pratique et de gros bon sens m’expliquait, ces jour» derniers, l’une de» raisons qui poussent certains de no» compatriote» ver» la république voisine.Cette raison, d’après lui, o'e»t l’absurdité «lu tarif canado-ainéricain.“Le» grand» magazines des Etats-Unis, disait-il, sont les meilleur» agents «le propagande du projet d'unité politique ontre nos deux pays.Quand on y parcourt le» annonces, si attrayante», «i riches en couleur», on constate «pic le» prix d’une foule de produit» sont infiniment plus ha» aux Etats-Unis que chez nous.On n’arrive pas à s’expliquer pourquoi une frontière imaginaire fait tant de différence, pourquoi un habitant «le Saint-Jean d’Iberville paye $1,200 une automobile «pic l'habitant de Burlington obtient pour $000: pourquoi un appareil de radio »c vend ici S130, la-bas, $75; pourquoi les outils, les instruments aratoires, le» tissus «le coton, divers articles d’usage courant ou de luxe, sont de vingt, trente et quarante pour cent moins coûteux aux Etats-Unis qu’au Canada .“Le Canadien moyen réfléchit: il voudrait, lui aussi, payer moins cher tout ce qu’il achète ou convoite, jouir «les mêmes avantage» que le citoyen américain, et «le là à souhaiter la suppression de la frontière, il n’y a pas loin.La question de piastres et de cents joue un grand rôle «lans la vie des gens, allez.” L'excès «le taxe douanière, encouragé par nos divers gouvernements fédéraux, depuis la naissance de la Confédération, aura donc eu l’effet de détacher du Canada, «le l'indépendance «anadicnne, si vous voulez, un grand nombre «le Canadiens.J’admets «pic l’industrialisation du Canada exigeait, ait début, «les mesures de protection et «pic la faiblesse numériipje de notre marché domestique contribue à la différence «le» prix: mais il nous est intolérable «le croire que la masse des consommateurs canadiens est condamnée à perpétuité à une surtaxe qui la lient «lans un état d’infériorité vis-à-vis sa voisine du sud.Si nous voulons jeter nos province» occidentales dans l«:s bras «le l’Oticle •Sain, laissons faire nos douaniers: c’est eux «pii finiront la “job”.Plus d’une fois, depuis le début de la guerre, MM.King et Roosevelt ont laissé entendre «pie les tarifs s'abaisseraient pour faire place à la liberté du commerce.Los chefs «les grandes puissances ont clairement manifesté leur ferme résolution «le dynamiter les barrages- commerciaux qui affament certaines' nations et causent «les guerres.O» promesse» généreuses seront, ' espérons-le, les réalités de demain.Nous savons que l’abolition complète de» «Iroit» douaniers ; «•st impossible.Un article fabrhpié dans un pays où le standard «le vie est trè» élevé, comme aux Etats-Unis ou au Canada, ne ; peut entrer en concurrence avec un article semblable «le1 provenance asiatique, du Japon entre autres, où le niveau de vie est au plus bas et où l’ouvrier est payé 25 cents par jour; mais le socialisme au Canada, et si les puissances établies s'opposait nt à la volonté du gouverne - tent socialiste-démocrate (n'cst-ce pas amusant d’entendre ces gens sc dire démocrates l)celui-ei usera îles fonts de lu police et de l'armée pour mater l'opposition comme ou mate des criminels."Si les gros inlètih disent nous emploierons la recette gui réussit tut jour in Russie.I n changement sen vital au Canada, et tiu'il se fasse par des moyens pacifiques ou u ni, n la ne dépend pas du peuple gui veut h changement." I n gouvernement du C.C.F.déchirerait l’.ltle de F Amérique Hritannique du Son! -servé la recette.Lee huîtres étaient chez les Romains leurs numéros d excellence.Les premières étaient j cille, du lac Lucrin ensuite cedes |de_Tarente.ensuite ' celles de Cir-• c I.Plus tard, ils préférèrent les huîtres des côtes de la Grand, Bretagne.Ap.eius.ce gourmanj célébré, qui se coupa le cou parce qu’il ne lui restait plus que six à huit million, de sesterces, cà.d.deux millions de notre monnaie — b le pau vre, péchère.dirait 1* marseillais ~ avait trouvé un moyen de conserver les huitres.De nos jours, il eut pris un brevet et eût vécu de son brevet.Pendant les mois de mal, juin, : jis’Het et août, la pêche était In-I trrdlte: les gourmands disent qu'il i ne faut pas manger d’huîtres dans j les mois où il n’v a pas d R.Com-! tne compensation, ce sont les mois 1 ou les moules sont parfaites.Les i huitres ne se mangent point en sortant de mer.IXi moins un ntença ses études d’orgue au College Exeter à Oxford.Durant ce temps.Il prit une part très active à toutes les organisations musicales de l'Université.Il vint au Canada pour la première fois en 1932 et c'est avec succès qu’i] y dirigea plusieurs sociétés chorales; il y dirigea aussi des orchestres symphoniques.En 1936.M.Naylor retourna à Oxford où il fut nommé à titre régulier conférencier musical et directeur de la classp de musique de chambre.En 1942, Bernard Naylor fonda “La Petite Symphonie de Montréal” qui devait bientôt prendre une place de choix parmi les organisations musicales de notre ville.C'est un ensemble de musique de chambre préparé spécialement par M.Naylor que la LM.M.C.offre à ses membres à son concert de jeudi le 25 novembre à 11 heures de i’avant-mldi à l’hôtel Ritz-Carlton.En voici le programme: Sonate en ré mineur par cordes réduite pour quatuor par M.Bernard Naylor — Al.Scarlatti — Allegro, Grave, Allegro, Menuet “f Vous êtes nécessaires à la victoire ! — Enrôlez-vous ! N'EST-CEPAS LA VÉRITÉ ?Fbr7ï-Jos No 24 JE ME,SU/S ARRA, POJÆ ECOVOM/SEg *30 SJK MO# Ctf/IZBO/ CE T WE& 05 JE ME SJ/S PEO/AEmET., ho' Ç4 Mur M PEWE/ CôMMEA/T AS-TV FE/F?J'/4/ T&OJVE (JM TJS FE SJôOESr/OAÇ JF/IES.WK EXEMPLE.f - Jte PE ÏWSE DE V S///E EM/VS E4 FOJfiV/i/SEj EF CES 7Ï/X/U/X 64SP/EEE 3*%, PE m ,V.- ’ T f SAPfJsn/i CEDVEE, MESEM/F: TPÈS (JT/CF/ J.Aidez votre porte-monnaie et le Canada I Ce n’est pas souvent que le patriotisme devient une affaire si personnelle, et .si avantageuse! En économisant 20% du charbon que nous avons brûlé î’an dernier nous contribuons à l’effort de guerre national tout en faisant de réelles économies.Rappelez-vous que 68° F.est une température saine et qu’une fournaise mal nettoyée représente du sabotage.JOHN L A B ATT LIMITED tondait Concdo M (Presto) ; Trio en ml bémol pour piano, clarinette et alto — W.A.Mozart (K 4981 — Andante, Menuet et Trio, Allegretto; Quintette en «I mineur pour clarinette et cordes — John Brahnu — Allegro, Adagio — più lento — Adagio; Andantino — Presto nor assal, ma con .sentimento; Con moto (Variations et Coda). Montréal, samedi 20 novembre 1943' LE JOUR Page 3 QUELQUES PROPOS sur L’ACTUALITÉ MISHAWAKA OU La Belgique en Amérique par Robert COFFIN Mi.ri.awaka est une grosse bourgade de 35.000 habitants située dans le nord de T Indiana, à 90 milles de Chicago! Il y a trente ans, trois mille citoyens américains, paisibles mais entreprenants y voyaient apparaître les premières usines de caoutchouc.Remontons le fleuve du temps jusqu’en I880 et nous voici à une époque où ne s’y trouvaient que cinq cents naturels.Mishawaka était un village parmi de nombreux autres du Middle West.Nous pourrions naturellement continuer ce petit jeu et expliquer qu’il y a trois cents ans.mais l’histoire vaut d’étre contée selon son cours naturel.Elle constitue un symbole saisissant de puissance, de sérénité et de grandeur de la Belgique à travers l’évolution de ce coin de terre et grâce à la volonté de ses valeureux concitoyens.Vers 1670, se découvrait, à l’endroit où se trouve aujourd’hui Mishawaka, une plaine légèrement onduleuse.De beaux bois verdoyants ourlaient l’immensité et venaient arrêter leurs fronda sons au bord d’ un cours d’eau très pitto-resqque.Une fière tribu indienne, les Miamrs, était fixée dans la région.Un matin, vers 1679, les guetteurs indiens poussèrent le cri de la chouette.Des pirogues descendaient les méandres.A la proue de la plus avancée se trouvait un Récollet qui tenait à la main droite le Crucifix tandis qu’un mousquet apparaissait aux côtés de son autel portatif.Pour la première fois les hommes blancs prenaient contact avec ccs immensités habitées par les puissants Miamis.Ils venaient du Canada français dans le but d’évangéliser les incroyants.„ I^e chef de l’expédition était le célèbre colonisateur français.René Robert de Lassalle; le Récollet n’était autre que le fameux Pcre Hennepin, le premier historien de l’Amérique qui découvrit les Chutes du Niagara et le cours vertigineux du Mississippi.Il était né à Ath en Wallonie et, après avoir étudié le flamand à Gand, il avait été envoyé près de Dunkerque où il avait entendu les récits passionnants des colons qui revenaient du Canada.Un peu plus tard, il partait lui-même en destination de ce coin nordique que Voltaire allait appeler "quelques arpents de neige".Le Père Hennepin n’allait avoir de cesse avant d’avo r exploré toute la région qui va des Grands Lacs à la Vallée du Mississipp i I^e cours d’eau fut dénommé "Rivière des Miamis" et Henne* pin, le grand voyageur, belge donna dans son fameux livre une série de descriptions enthousiastes de cett: humble portion de terre où il avait jeté la semence d’une colonisation qui allait féconder deux saient avec orgueil qu’ils étaient devenus tout d’un coup les ro s de leurs villages des environs de Gand.Il y eut celui qui est resté fidèle à la tradition comme Old man ^ vo louloux, puis Fred Vander Heyden et Léo Bultinck et d’autres et d’autres qui sont déjà oubliés.Et tous ceux qui vivaient à Mishawaka firent radier le même mirage de terre promise.La Flandre orientale fut possédée par une aimantation magique.Les villageois rêvaient à ce pays de l’Eldorado, très loin dans P Indiana où ceux qui appartenaient à la légende faisaient fortune.Le phénomène d’attraction se répéta.Ils arrivèrent nombreux de la même zone des Flandres.Bientôt, ils débordèrent jusqu’à South Bend, la cité voisine.Ils furent légion.La Flandre était en Amérique! Mishawaka devint un centre belge et dès I899, se développait en cité.Les Belges étaient déjà assez puissants, ils élirent un d’entre eux, C.J.Needham, sur la liste républ caine.Un autre, Peter I ol-leus, devenait échevin.Mais qu’importait l* a i s a n c e quand les joies traditionnelles de la patrie étaient absentes! Ils fondèrent des sociétés flamandes, des Broederkring, des Patronnages, des Eglises catholiques, des sociétés de pigeons voyageurs, des groupes cyclistes! Aujourd’hui le mirage est devenu une réalité.Les Belges sont à plus de cinq m:iie a Mishawaka, ils sont groupés dans un énorme quartiers aux maisons propres et coquettes comme en Flandre.Les femmes belges ont une réputation de propreté imbattable et les hommes sont connus pour ne pas dédaigner la bière mousseuse et bien tirée.Dans plusieurs cafés on découvre le jeu de flèches national.Ils sont heureux et profondément attachés à l’Amérique.Le guide cîî-s té!é;.hs:iîs ren.ei pie une liste éloquente de noms de chez nous.Déjà, s’y est élevée une aristocratie belge.Vers I910, un modeste garçon des alentours de Gand, Vander Heyden, arriva et débuta dans une usine.Obstiné, opiniâtre, intelligent, résumant en lui toute la sobre ténacité de sa race, il travailla jusqu’à en exciter la jalousie des América-ns.Aujourd'hui il est considéré comme le Roi de Mishawaka.1 out le monde le salue bien bas.Une autre notabilité de l’endroit m’a reçu très dignement, le docteur Van Rie.Il est né à Mishawaka de parents flandriens et m'évoqua les jours lointains et poétiques de la colonisation belge, le temps déjà légendaire de Vader Panacker et Vader Stewart, curés administrant des paroisses modèles.Aujourd’hui les sociétés belges persistent.J’ai assisté à la réunion des "Belgian-American Business siècles plus lard par on ne sait quel ^ien • Quand je suis entré au café pouvoir mystérieux des pointes dont l'histoire n’a pas beaucoup d'exemples.Les Miamis disparurent, la bourgade garda son nom indien, Mishawaka, la rivière des Miamis devint la Rivière St-Jcseph et c’est ainsi que vers 1879 ou 1880 un pionnier originaire des environs de Gand, Désiré Reyniers, vint s’installer dans la bourgade de l’In-diana.Un phénomène bizarre d’attrac- belge avec le brave Vander Heyden j'ai entendu une voix: "Hoc gaat er mee?" La Flandre éternelle se perpétue de ce côté-ci de l’océan: forte, vivace, inabsoibéc! J’ai vu le drapeau des sociétés consacré aux soldats américains de descendance belge qui combattirent en 1917.109 étoiles couvrent l'oriflamme et cinq astres d'or y indiquent ceux qui «en! morts.* * ¥ Je m’en retournai lentement à tion excita le goût de l’aventure en 1 ,rams ,a pajx nocturne du v;i|3ge.ceux qui étaient restés dans les pai- A un ,ournan, du quartier sibles villages des Flandres.Désiré Reyniers écrivait des lettres de primaire où il chantait ce paradis terrestre sur terre, la beauté de la nature, la fécondité du sol, le travail abondant.Son émouvante et simple prose exerça une sorte de mirage hallucinant.Peut-être au fond de lui-même n’y avait-il qu'un profond cafard et un po:ds terrible une jeune maman devait faire balancer un berceau: elle chantait une vieille berceuse qui a endormi les enfants des environs de Gand pendant des siècles.J’étais très ému.Je regagnai l’hôtel et dans le Ha'I mon attention fut attirée par un admirable tableau, suspendu au-dessus de la chem:née.représentant "arrivée de< hommes blancs à 'e par Andre Bowman Vingt-cinq ans après l’armistice, les Allié» semblent enfin posséder l'initiative de tes opérations définitives qui seules seront capables de mettre l'Allemagne hors de combat d’une façon encore plus effective qu’en 1918.De toute la guerre, la quinzaine qui vient de s'écouler est celle qui a apporté le plus de réconfort aux Alliés maintenant unis sur un point essentiel: Içs destruction de l'Allemagne décidée dans la salle de conférence du Kremlin.Depuis le communiqué du 1er novembre eu passant par la résolution Connelly qui marque la fin de l'isolationnisme américain et en finissant par les grandes victoires russes de ces jours derniers, les Nations-Unies n ont eu que des bonnes nouvelles, trop de bonnes nouvelles, même.On risque de donner la partie pour définitivement gagnée, ce qui pourrait amener un relâchement de l'effort indispensable à l’écrasement de l’ennemi.La situation italienne, qui vient tou* de suite par ordre d’importance après celle de la Russie, est également satisfaisante.11 faut entendre par là que la crise dynastique est sur le point d’être résolue et que de son côté Badoglio ne tarder* pas à passer la main.La conférence du Caire entre Edcn et L ministre des Affaires étrangères turc laisse présager la cession de bases ottomanes dans le Proche-Orient.La situation espagnole évolue toujours dans son sens historique' le 'etour à la monarchie, et les jours de Franco sont bien comptés.On s'attend maintenant d’un jour à l'autre à l’annonce d’une entrevue entre Staline.Churchill et Roosevelt, depuis que le terrain a été déblayé.Toutes nouvelles qui, on l'avouera, sont excellentes.A côté de ça, la situation en Syrie, fortement grossie pour des raisons politiques peut-être pas très avouables, ne compte pas lourd.Il v aura, en mettant les choses au pire, quelques tiraillements de plus entre le comité d'A'ger et ie Foreign Office et le State Department, quelques troubles supplémentaires dans le monde arabe et quelques notes que personne ne lira.L’organisation d’un comité de secours et dî réhabilitation, qui reprend le travail de h conférence des vivres tenue il y a quelques mo.s aux Etats-Unis, va permettre de régie, les problèmes les plus urgents du ravitaillement des pays occupés dès leur libération.haut-commandement russe d’abattre le front central en le tournnant apres l’avoir fixé par des attaques frontales.Les marais de Pinsk se trouvant dans le dos de l'ennemi, celui-ci se trouve virtuellement coupé en deux, sans ligne de roccade.Il s’ensuit que c’est non seulement le front central qui est compromis mais aussi le front nord.D où retraite prochaine très à l’ouest des lignes actuelles.Répercussions dans les Balkans Bien que les Partisans aient enregistré, au moment où nous allons sous presse, quelques-uns de ccs revers inévitables à toute campagne de guerrila la situation reste telle que les Allemands sont obligés d’entretenir plus de 50 divisions dans la péninsule.Ce ne sont pas tellement les Partisans qui causent des soucis à Rommel que la possibilité d une défection bulgare d’un côté et d’une défection roumaine de l’autre.L’une ou l outre de ccs hypothèses se réalisant, la Turquie entrerait probablement dans la danse et les Turcs sont d’autres soldats que les Italiens, même sans être armés avec le matériel le plus perfectionne.Le bombardement de Sofia ne saurait vraisemblablement provoquer les mêmes résultats que le bombardement de Rome.II fera néanmoins réfléchir les Bulgares.La Conférence du Caire Un silence de mort a entouré les conversations qui ont eu lieu au Caire entre le ministre des Affaires étrangères anglais et son collègue turc.Cette conférence, suivant de près des déclarations non ambiguës du président de la république turque, laisse présager qu’à la suite de la conférence de Moscou et des victoires russes, les Ottomans seraient maintenant disposés à donner des bases aux Alliés, Il est douteux que les Allemands attaquent les Turcs dans des conditions pareilles.Ils essaieront de minimaliser ce revers.Mais il y a gros à parier qu’une fois étayés par les Alliés, les Turcs n’hésiteront pas à reprendre la route du Varda et à reprendre ce qu’ils ont perdu dans les Balkans.Et avec une république régénérée, b domination turque ne serait peut-être pas une mauvaise chose.A moins que l’on arrive à une entente balkanique générale, ce qui est très douteux.Sur le front russe de la solitude II regrettait les mou- ; Mii})awaIiaOn y remarquait .ms a vent, les arbres courts.1«; grand explorateur français LaSalle s prair.es grasse- j pl ,e vi$age noble et ^rcin du pire Hennepin.Et je rêvai au geste «ymbohque e canaux lents, des bord; de l’Escaut.Il nourrissait sa mélancolie de souvenir; de kermesses où la bière du pjfe Hennepin, houblonneusr coulait à pleins bords ; | d'Ath.béni.”ant ?e> concitoyen: il se rappelait les dimanches des : flamands arrivés à Mishawaka Fland.es et les courses de bicyclet- ! deUx apré; lui.le retrouvai tes et les concours de pigeons yoya- ainsi à quatre mille kilomètres de geu-s.Bref, comblé de confort et Bruxelles l’expression séculaire de de bonheur, peut-être s er.nuyait-n ; l’union des Wallons et de' F la- seul, car la Flandre parlait tou- ; mands.Peut-être un jour viendra- jours à son coeur de Belge.! t-il où les Belge* de cette groc-c Au bout de plusieurs années n bourgade de "Indiana dédieront décida quelque?concitoyens qui une statue à leur ancêtre, ie Père économisèrent âprement sur leurs j Hennepin, le premier Belge qui gains hebdomadaires — à entre- j aborda aux berges de leur chère prendre le voyage vers ce coin per- Rjviêre Si-Joseph.du: Mishawaka.Combien furent- Stalingrad, Kharkov, Jitomir, en passant pat Moscou! Line avance de plus de 600 milles c" un an! On peut dire à juste titre que c’est un-, chevauché héroïque que celle accompli* par le-Russes, dressés dans un sursaut de toi fes le« volontés.La rupture des lignes nî’ema *des à l’ouest de Kicff, très à l ouest de la cap**ale de l’Ukraine, la prise de Nikolaieff et de K-ivot Rog, changent entièrement les données m:’itaire* sur le front oriental.Ce n’est plus une retrait* ordonnée que poursuit l’armée allemande, c'est maintenant dans certains secteurs, une déroutî qui semble s’étendre de proche en proche.Certaines positions tiennent encore, mass l’ensemble du front est compromis.On ne sait ou cette retraite s'arrêtera.La victoire russe s'est développée avec une soudaineté déconcertante et ses résu .Vs militaires et politiques sont tels qu’or.c«t oblige d'accorder la première place aux affaires d i front oriental.Sans cela, on pour: vt être ten'é de mettre en tête les événements d Italie et lu Proche-Orient.Cette grande victoire, propremen* russe, a é*é précédée d’une victoire alliée à Vosco''.C’est dans les salles de conférences du Krein in que l’Allemagne a enregistré la plus terrib'e défaite de la guerre et les opérations qui se livrent sur les champs de batailles ne sont que la suite logique de la décision des Puissances de lutter de concert jusqu'à l'écroulement définitif de lennemi.Cet accord a eu des suites prodigieusement vastes.La plus imposante et la plus immédiate est d’un caractère plus politique encore que militaire: l’Etat-major allemand terrifiée par l’idée d’une défaite possible veut conserver tou* ce qu'il pourra de son armée, ne serait-ce que pour éviter la révolution véritable en Hitléric, Les dirigeants boches ont encore moins peur des Alliés que de leur propre peuple! Aussi au prix de n'importe quels sacrifices, le Haut-Commandement retire-t-il ses troupes de Russie.Mais c’est une chose d’entrer dans le pays des Soviets et c en est une autre d'en sortir.indemne.Berlin peut s’attendre à paver cher sa guerre contre Moscou.Le décrochage du front allemand est commencé.Les victoires se succèdent et l'on ne voit pas de possibilité immédiate d'un ancrage avant d’arriver à la Vistule et aux Carpathe.s.C’est, pour cette raison que le front oriental retient l’attention.La guerre défensive, dernier espoir des Allemands, signifie le lâchage parles satellites, c’est-à-dire la défaite à plus ou moin?lonque échéance.Tout va maintenant dépendre de la nature des victoires russes.Il n’est pas impossible qu'un désastre survienne au cours de: orochaines semaines.Il n’est pas impossible non plus eue la situation se rétablir.ntretu»nt.«t j ^-!- tout t« g.n*.!»« journaux — 1», je ne crois pa* qu'un tel fait puisse se répéter de nouveau dan» l'histoire d* la Civilisation.Nous n’avons pu peur de penser par nous-mêmes parce que nous savon» penser; et nous savon» penser parce qu'on ne nous a pas appris à penser de travers sur lee tar*c» de l'école.Jules ~ Ont clair! Et tant que m>u» saurons penser p*r nous-mêmes avec Camille Roy et l'Abbé Groulx, nos écrivain», ne* poètes no» penseur» continueront d'éclai rer le Monde.La Province de Quebec c'est Ja Province-iumlèr.cest Je Flambeau de la Civilisa-fait* Ce-t *ubliln* mal» c'e*t un *7 Ce*t **»«*• Qu»nd, un peuple nest pa» éduqué par de» cretlnlseurs professionnel» et r.e croit pn, que l'homme n'a une tète que poor y mettre un chapeau ou séparer ses deux oreilles, ce Peuple a* laisse pa» aux autrej » soin de penser pour lui; « M littérature, quand par hasard II tn unt’ n * P®* l'odeur d'un* vieil!,, paire de savate».La pjUJ grande gloire de notre littérature est dan» l'Imitation.Jule» — C'est évident.Quand or» ea.t penser par soi-méme on imite le» autre*.On peut affirmer sans crainte d'être démentis, qu- ÏOÇê de nos écrivain* son- des imitateurs.Jean — Tu a» parfaitement rai- dex.Le goût est un don naturel qui se cultive, se développe, s'affine.Mal» 11 faut imiter cira maîtres La meilleure façon «le leur prouver notre respect et notre admiration c'est de prendre ce qu| leur appartient.Jean — Exactement.Et le style, n'étant, comme Jt viens de le démontrer, q'uune façon impersonnelle de sentir et de penser, Il résulte de là que l’Imitateur devient aussi grand que le maître.Voilà aussi ce qui explique ce fourmillement, en notre Proylnce, de maîtres et de génies.Jules — Il n'y a paj d'erreur.Mal» pour bien Imiter et atteindre au génie, 11 faut apprendre à Imiter.Rien ne «'acquiert sans travail, eut-on les plu» belles dispositions su monde.Qu'on travaille donc, mais en ayant toujours piésent à l'eapiit que le but de l'Imitation c'est l'Imitation mime.L'Imitation médiocre est i craindre: mieux vaut plagier.Je sais qu'il est difficile d'atteindre en nuoi que «Je soit a l'Imitation absolue, mal» quand un écrivain a fait tous se» effort», qui pourrait I* blâmer?Nou* ne demandons pa» à un homme de se tuer.Il faut plus que du génie pour cala.Nou* ne lui domandon* que d’ètre lulmime le moins possible.Jean — Tout cela est très juste.Prend» Montaigne, Rabelais, Pascal, Voltaire, Rousseau, Montes quieu, Renan, etc.Pourquoi sont ils de» écrivain» de dernier ordre?Pirce _ qu'ils ont trop voulu être eux-mêmes et n'ont jamal» su Imiter.Jules — C’est la vérité même.La conversation se ralentit graduellement, No» philosophes commencèrent ^ à faire de» citations, lia remontèrent ainsi Jusqu'à Platon et ee dirigeaient en boitant vers Homère, lorsqu'il» s'endormirent teut-à-coup sur leur» chaises.Ils s éveillèrent 1* lendemain matin, se regardèrent d'un air gêné, se firent des excuse» et se séparent a la fol, enchanté» et animés d«w plu» sincere, regret».Be’le amitié! Attachement exemplaire, qui eut Jrrs*®'"*r de joie Damon et Pythi», du fond de leur cercueil.BRUNO BLAIS.(A SUIVRE) ccs strictement slaves, et à plut compositeur et le soliste, Huber- mui.C’est avec de pareils numéros que l’on fait des programmes réellement artistiques et l’auditoire n’a pas attendu le critique sourd pour indiquer son appréciation.De Moniuszko on peut dire avant tout que l'on est frappé par le côté personnel de son oeuvre, l'ouverture du “Château Hanté’’.11 y a énormément d’originalité dam cette ouverture.11 est regrettable que l’on n'entende pas plus souvent ce compovteur dans le> concerts courants.Il y a de très belles choses que l’on découvre progressivement, avec un certain sentiment d’étonnement.Les autres pièces, elles aussi intéressantes, délicates, fort bien interprétées, formaient un digne complément aux deux numéros principaux.Si je cite en dernier Grégoire F'itelberg ce n’est pas par devoir professionnel, mais bien parce qu’après avoir parlé de la soirée, je tiens à reconnaître qu’il en a été en quelque sorte l’âme dirigeante.F'itelberg est plus qu’une forte personnalité, c’est un maître qui fait rendre le maximum à un orchestre, qui soutient admirablement ses solistes.Sa manière ressemble un peu à certains conducteurs de l’école allemande, mais on sent qu’il dépasse largement la simple maîtrise technique de ses musiciens.11 les dirige.Ce qui n’est donné de faire à tous les directeurs.Un P.S.qui s'impose.Un copiste médiéval qui fait profession de critique musical dan3 une sainte feuille de la métropole, me prends à partie, tronque un de mes textes, me fait écrire ce que je n’ai pas écrit et conclut, sourdement, que je ne connais pas la musique.C’est peut-être avec ce genre d’affirmations que l’illustre bonze s'est créé une audience de poires.Ce n'est pas de cette façon que l’on discute ou même que l’on dispute.Quand le bonze' en question pourra me dire — sans l’avoir au préalable demandé à quelqu'un d’autre — quelle était la pièce que donna Marcel Hubert, dans son rappel, je consentirai à croire qu’il tronque quelques fois les textes, mais qu’il n’est pas encore sourd comme un pot.A.R.B.Le théâtre classique à la radio Nous empruntons, à notre confrère RADIOMONDE, ce, quelque.Indiscretion, de IOuvreu,e”: Il n'ett pas haMusl de faire la Critiqua «les programmes radiopKu-niqu*, dans ces colonnes, réservies plutôt d des échos et d des potins.Mais le hasard a voulu que J'écoute, dimanche dernier, "Le Cid" de Corneille, d Radio-Colltge.Le thédtre classique, d la radio, n'est pas une innovation.U a commencé, au poste CK AC, vers 1930, alors que N.Arthur Vupont était directeur de cette station radiophonique et donnait un accueil bien-veitUint au théâtre.C’est sous la direction de il.Dupont que fut donnée, d'abord, cette série de théâtre canadien oint de pousser Geoffrey à l’assassinat de la douce Mary.Denis Drouin et Marc Forrez ont accompli un beau travail dan* les rôles de Pennington et du docteur Tuttle.Mlle Denyse St-Pierre s’est taillé un joli succès dans son personnage de bonnirhe méridionale au fort accent.Mme Llisa 'Jariau a tenu avec justesse le rôle de Mme Latham, tandis que Willie Fréchette campait une silhouette amusante.Une mise en scène où rien ne laissait à désirer, de* décors tout à fait au point et un excellent travail d’ensemble ont assuré le succès à Montréal d’une oeuvre qui a été applaudie à New York, Ixmdres et Paris.E.-Ch.H.me parait infiniment supérieur à tous les artifices habituels.Le cri de désespoir devient tragique quand surgit Méphisto qui essaie d'entraîner Faust.A quoi bon le jet de souffre, que l'on nous a du reste heureusement épargné! Le Diable vêtu de rouge sous sa cape noire sortira bien tout seul.Le visage est facilement caché par un pan de l'étoffe et les deux têtes livides qui se battent l'une pour gagner une âme, l'autre pour la défendre, donneraient au moins un sens à une scène qui pourrait être magnifique.et qui ne l’est pas.Je vois encore Satan tourner comme une couleuvre autour du pauvre docteur et lui répéter à mi-voix et non pas à tue-tête: A toi les plaisirs, les folles maîtresses.Je continuerai en passant au second acte.Là encore je vois un rajeunissement qui s’impose.Il faudrait donner des 'lignes aérodynamiques’ à toute cette Kermesse, à moins de la représenter avec un tel montage qu'elle paraisse être un divert;sse-ment.Personnellement, je continuerais d'adopter le fond noir avec un certain éclairage qui irait parfaitement avec le chant du Veau d'Or.Mettons un vêtement rouge pour Méphisto, un vêtement avec des crevés et non pas un collant, le diable devant avoir des formes indistinctes.Surtout pas de maquillages au blanc de craie.Ce second acte a été bien rendu.Les choeurs, la Breault-canterie, ont bien donné, mieux que cela ne passe de coutume.Etant donné que cet acte est définitivement un trait d'union entre "l'argument" du premier acte et l'essentiel qui est la scène du jardin, il peut être comprimé à son maximum, ce qui permettrait de rétablir la nuit de Walpurgis et les ballets (brillant par leur absence).Le troisième acte n’a pas besoin Retour Détonnait mis-tu le champ île maure et if or, {unique sapin vert qui promenait son ombre en croix dam fe champ J herb* rousse.Reconnaît rais-tu le chemin qui montait haut, là-bas — en serpentant — pour se distraire.Reconnaîtrais-tu l'acre odeur de la terre, le bruissement île» marguerites, des ailes (fabeilles et des boutons d’or au soleil.Reconnaîtrais-tu le pont au grand écart, sur la rivière, et la rivière couleur de ciel qui reflétait f«*s yeux purs , ., Reconnaîtrais-tu rnon sourire, le son de ma voix, mon nom et mon visage.Reconnaîtrais-tu même ton souvenir, si là-bas, dans le champ de mauve et d'or nous retournions tous deux, ver» rombre en croix, de l’unique sapin vert.Lyse NANTAIS le retouches profondes, ni scénique-lent ni musicalement.L'interprétaon pourtant ne perdrait rien à Vre légèrement revisée.Je ne fais pas ici la critique de la repiésentation, je me contente de présenter une critique de la pièce en tant que forme théâtrale.Des faiblesses, on en trouve partout, mais je les attribue au fait que les artistes eux-mêmes sont embarrassés quand il* doivent interpréter une oeuvre pareille.C’est tellement éloi.gné de nous, ce pauvre Faust I J’avoue éprouver de la sympathie pour les acteurs qui sont obligés de rendre en 1943 une oeuvre si périmée.Et cependant, c’est encore c» troisième acte qui est le plus acceptable.La critique a par exemple beau jeu pour s'exercer dans la scène de l'église, l'apparition de Méphisto, les choeurs dans les coulisse*.Il est certain que là, plus que partout ailleurs, il devrait y avoir evision, autant que possible — ou bien la modernisation complète en suivant le même principe qu’au pre- mier acte.Mais de toute façon, éviter l’interprétation qu’on en a donnée.Ce n'est pas l'homme poursuivi par le remord qui vient à la prison contempler une fois encore celle qu'il a aimée et flétrie, qui en quel» ques mots rend l'esprit à la pauvre malheureuse.C'est un chanteur qui chante en attendant le rideau, l^rs gestes de Marguerite, par leur gau* cherie, semblent être presque les gestes naturels d'une pauvre dé» mente.Et toute la scène des âmes sauvées par l'invocation tomba lourdement.Marguerite doit jouer, chanter, étendue.Elle se traîne à genoux dans les dernières minutes, lança trois fois son appel, sur un ton de plus en plus élevé, dernier cri d es» pérancc.Et Faust doit aussi s'éle» ver.Rien de tout ça.Le» deux ac» leurs chantent, presque bras-dessus bras-dessous, debout, comme s'il s'agissait d'une petite chanson d'amour! Ce n'est pas Faust que nous avons entendu, c’est la damnation.Et sans majuscule, s'il vous plaît.A.R.B.•V**i - * I WlISJUVl vv IHVin-O" — — - gaire répétition, du déjà vu.du men( produrt un effet protond dans passé qui n’a jamais été mûr.Du - ?-c-—* p~"' replâtrage, quoi! Dieu sait si le champ est vaste en matière d art et plus particulièrement de théâtre.Et cependant, tout le monde ; jt vois avec ma compagne, ies dé-ou presque retombe dans i ornière j cors disparaître et le vieux docteur, en admettant qu'on ait réellement «TE un appauvrissement, un amortissement de cet art”.Et c est lui, rncc qui écrit a'IIeurs : Ixs surréalistes nous ont offert, non pas le \u ! *!n‘ L Pfn>ée créatrice, mais les | incohérences de rêve que la pensée créatrice utilise : comme matière".Cela peut s appliquer à la pe’nture tout aussi j bien qu’à la littérature.Huxley ajoute : C est la statue qui vit, et non point la pierre".C e tête.Delmont, Vattier, Maupi, Déliés.Maximi-licnne, Mouün.Le second film sera "Côte d'Azur".avec Robert Burnier.Simone Héliard, Marcel Vallée et Robert Arnoux.On aimera cette comédie musicale qui nous vaudra en n*** v a les grands artistes et le» poete».qui »e regarderaient en un mauvais mirr/r : au lieu d; se regardaient en un mauvais miroir : au lieu de voir de la gaucherie et de la laideur, ils y cherchent j iê'génieî leurs propres qualités, leur science, leurs théories, leurs rêves .Enfin, il y a les honnêtes garçon» comme moi, qui cherchent sincèrement a comprendre et à admirer, ma’» qui ne se sentent aucun attrait pour la vocation de poires .Félicien MONDOR voir faire parler des personnages I me temps un beau voyage aur la qui soient des humains.Cette .fois Riviera française.quelle langage Tirons 4 chapeau.Pagr.ol pas de maître.L'auteur de "Ma- j gouvernement nus”."Fanny" et ’'César" atteint Le 3 dépenses effectuées pur '* du Royau.vAr - Uni le genie.“C'est ce que j’ai fait de ! vrcs sterling ('eraar.Jar.au i 1 diplomatie de Chamberlain pour î,’1' .ni.ort’ Jc
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.