Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 19 février 1944, samedi 19 février 1944
71ème ANNEE No 24 5 CENTS LE JOUR INDEPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Directeur-Fondateur: Jean-Charles Harvey Administration et rédaction, 1B0 fait, rue Sainte-Catherine (suite 44), Montréal ' * Caa« postale 20, Station “N" — Tel.•PLateau 8171 NIHILISME Ceci est le premier dune série rfarticles qui paraîtront, au court des semaines prochaines, sous le titre: NIHILISME, L'auteur y expose quelques-unes des causes de la dégénérescence intellectuelle de notre temps.19 février 1944 -t f*»! longtemps que les choses iront s y.h I c m nt i qu cm e n t mal, je continuerai sys l e in a I i qu cm c n I à dire qu'elles ne vont [His bien — Henri ROCHEFORT Rédacteur en chef: Emile-Charles Hamel “Que n’écrivez-vous pour vous faire comprendre?", disais-je récemment à un jeune lioinme.11 me répondit par l’exposé d’uue longue et nuageuse théorie que je vais essayer de vous traduire: “Nous représentons, dit-il, la révolution de la pensée et du verbe.Il faut briser les anciennes formes, les vieux cadres, qui ne suffisent plus à notre génération.Nos âmes ne veulent plus rester prisonnières du passé.Rien de nouveau sous le soleil, a-t-on dit.Tous les mots et toutes les associations de mots, toutes les images, toutes les idées, toutes les manières de penser et de sentir, ont trouvé, dans les grands siècles, des génies qui en ont épuisé la substance et ne nous ont rien laissé.11 ne nous reste qu’une voie: la recherche de l’inexprimé et de l'inexprimable.Et nous avons découvert un monde dans le subconscient, cette forêt vierge.Pour en extraire des états d’âme inouïs et des assonances inconnues, nous avons fait violence au verbe, nous avons associé ensemble des formules qui se repoussaient autrefois, nous avons marié l’absurde à la vérité pure, nous avons éveillé dans les esprits et dans les sens, grâce à de mystérieuses sonorités, des curiosités, des inquiétudes et des sensations qui sont de véritables créations.Déjà l’école compte plusieurs maîtres, entre autres Breton, Claudel et autres.Le même phénomène s’est produit en peinture .” J’interrompis le jeune homme: “Si vous désirez faire partager à vos semblables des opinions, des théories, des convictions qui vous sont chères, de quel langage vous servirez-vous?Ne sentirez-vous pas un besoin de clarté?” “Vieille chanson que tout cela! dit-il.Nous savons fort bien que, dans n’importe quelle discussion, tout le monde a raison et tout le monde a tort.On arrive à prouver n’importe quoi, même l’invraisemblable.Quelqu’un a démontré que deux et deux ne faisaient pas quatre.Alors, à quoi bon?" Après quoi il n’est pas mauvais de faire quelques réflexions: Nous tenons pour vérité incontestable que les langues, péniblement formées au cours des siècles, ont clé faites spécifiquement et uniquement pour permettre aux hommes de se comprendre entre eux.Tous ces sons articulés, si beaux et si divers, qui ont chacun leur signification propre et qui désignent les mille et une nuances de la pensée et du scutiment aussi bien que les objets matériels, ne doivent leur existence qu’à une tendance étemelle vers ces qualités divines: clarté, simplicité, bon sens, observation juste des phénomènes de la nature et de l'âme.S’écarter de ces qualités essentielles, voulues par la nature même de l’animal dit raisonnable, c’est commettre une sorte de suicide mental, c’est donner dans le nihilisme intellectuel.Que reste-t-il de cette littérature de décadence, qui met toute sa force en des.images flottant au bord du néant?Rien.Comment prendre au sérieux “des mondes renversée où le profane décèle tant de lézardes de sens, d’hallucinations délirantes, de rapprochements vertigineux”?Comment concevoir “un univers épineux de tendresse refoulée”?Comment imaginer “essence divine, ces clartés étonnantes qui percent du subconscient à l’idée ou nous précipitent dans l’instinct”?Que dirait-on si, dans une conversation entre hommes intelligents, on employait une de ces formules et mille autres semblables qui font les délices des détraqués et des snobs?Quelques écrivains français ont affectionné ce genre.Ils ne manquaient pas de talent.Paul Claudel en est un.Il s’affiche comme catholique, et alors, nombre de mystiques, chez nous et ailleurs, se pâment d’admiration devant son hermétisme.Moins ils comprennent, plus ils trouvent ça beau.Claudel a peut-être du génie.Certaines de ses images évoquent un monde.Mais ce génie claudélien ne laissera aucune trace sur notre siècle.Les disciples, les initiés, meurent vite.Ils emportent le secret avec eux dans leur tombe.Et leurs enfants •> y viendront jamais déposer des fleurs.fl existe, dans l’univers, des choses qui ne changent pas et qui ne changeront jamais, parce que c’est leur nature, disons plutôt leur essence, de rester ce qu’elles sont.La fonction de | ls langue humaine est une de ces choses.Aussitôt que vous : parlez ou écrivez pour n’étre pas compris, vous détruisez la ! langue.Et fait plus grave, vous détruisez la pensée même, la logique, le bon sens.Le blanc devient le noir, le noir devient le blanc, le feu devient de l’eau, l’eau devient le feu.Plus rien P existe.Vous ne respectez plus rien dans l’intelligence et dans les sentiments primordiaux de l’homme.C’est plus que du délire: c’est la mort.Je sais bien que de telles aberrations sont le fait d’une minorité ; mais qu’une telle minorité existe, qu’elle trouve des Beophites et des admirateurs, c’est un fort mauvais symptôme.Prenons garde! Une épidémie s’attaque actuellement à des million* de cerveaux, chez tous les peuples civilisés.L’Europe *n a souffert énormément pendant plus de vingt ans.Toutes les absurdités politiques et sociales, qui y sont nées en dépit de intérêt humain, contre des lois bien établies de la nature, révèlent l’existence d’une crise intellectuelle sans précédent dans 1 histoire depuis la décadence grecque.Et nous, peuples Bouveaux, sur une terre nouvelle, nous n’en sommes pas exempts.Questions ouvrières "BLITZ" RADICAL DANS L'INDUSTRIE On sait que le Congrès Canadien du Travail, né du C I O.américain, a profité de cette guerre pour élargir ses cadres et envahir toutes les classes de travailleurs.11 y a une couple d’années, un patron nous disait: "Une nouvelle union vient de s’introduire chez nous.Pourquoi se forme-t-elle au moment ou tous les employés semblent satisfaits de leur sort.C est un mystère.On est venu devant nous, avec des menaces, pour nous faire agréer la nouvelle organisation.Nous avons demandé de quoi l’on se plaignait.A notre surprise, on n exigeait pas même une augmentation de salaire.” Depuis ce temps, le C.C.T.— on l’a sans doute reconnu — n a cessé de noyauter dans les diverses industries de guerre.La tactique consiste, pour les organisateurs, h s’introduire dans un milieu industriel et d’y faire du recrutement intense.Quand on a obtenu l’adhésion d un certain nombre d’ouvriers, on se présente inopinément devant les patrons, et, sous menace de grève, on obtient la reconnaissance du mouvement.De la sorte, il est arrivé qu’à peine 20 pour cent des employés ont fait la loi aux 80 pour cent qui restaient et qui, dans la suite, devaient s’enrôler à leur tour.” Lun des principaux inspirateurs de cette activité, M.Haddow, donne le nom de "blitz” à ces procédés.Or, M.Haddow est un homme d’extrème-gauche.Un nombre assez considérable d’individus reconnus pour leur activité communiste ou para-communiste ont été engagés, au début de la guerre, pour organiser les industries à leur façon.Ces organisateurs, dont quelques-uns n ont aucune notion du rôle des unions ouvrières et qui sont tout à fait contraires à l’esprit de la Fédération Américaine du Travail, ont cherché-à supplanter les modérés par les radicaux.Plusieurs des personnages qui avaient organisé ou encouragé les "blitz" du C.C.T.se sont infiltrés dans les rangs de la F’.A.T.où ils ont fait la pluie et le beau temps.C’est ce qui explique la présence, dans cette organisation des métiers, d une aile gauche qui cherche à dominer le mouvement et qui.dans les diverses réunions, particulièrement au Congrès de Québec, a mené toutes les discussions et imposé la plupart des "résolutions” prises.J’ai sous les yeux certains noms d’organisateurs qui ne me sont pas inconnus: M.Corrigan, M.Kent Rowley, M.Irving Burman, M.Alex.Gauld, Mlles Cuisinier, Robach, Routtenberg et autres.Il semble que ce sont ces personnages qui contribuent le plus activement à aiguiller un certain nombre de Canadiens de langue française vers l'extrême gauche.Tel d’entre eux a déjà été interné pour activité communiste: telle jeune personne colportait autrefois de la litté- rature du cominintern d’une ville à l’autre dans la province de Québec.Personne ne nie le droit de ces gens.Mais ce qu’on aimera moins, c est que.dans les diverses réunions ouvrières, avant l’entrée de la Russie dans la guerre à nos côtés, certains de ces personnages incitaient nos ouvriers à combattre notre effort de guerre.Je tiens la chose d un chef ouvrier qui était témoin.On a lu, en cette page, la lettre de M.Paul Fournier, déclarant que la F.A.T.restait au-dessus de la politique.Nous ne doutons pas de sa sincérité.Mais M.Fournier, sans le savoir, est probablement l’instrument des moins modérés.Qui sait s’il n’est pas simplement le "Front Man" de M.Haddow ou d’un autre?Chose certaine.lors de l’assemblée du Forum, pour protester contre les deux lois salutaires que Québec a faites contre l’abus des grèves, M.Fournier s’est associé aux plus farouches radicaux, et la manifestation elle-même avait un but nettement politique.Car les dernières lois québécoises ne violent aucun droit ouvrier: elles protègent le peuple et assurent la liberté d’association chez les travailleurs.Personne plus que nous n’est dévoué aux intérêts ouvriers.Nous soutenons ferme le droit des classes laborieuses à s’unir pour se défendre et pour obtenir des conditions de vie meilleures.Ce qui nous inquiète, nous révolte parfois, c’est qu une armée d organisateurs payés, qui n’ont aucune expérience de la vie syndicale, deviennent tout à coup un facteur dominant dans le syndicalisme.Par le recrutement en masse, en ces dernières années, on a "paqueté" des congrès ouvriers avec des centaines de délégués qui venaient renverser les décisions d’unionistes de vieille date, et cela, toujours vers la politique d extréme-gauchc.PROPAGANDE Le K) février dernier, un errele de ronférrnecs-i’om crt» |iréi>eiitait à *on public M.Karl Spieeker, “direeteur de la * haiicrllerie du Reieli «ou» llriiiiiug, grand liontnic d i t.il allemand, grand penseur catholique", M.Spieeker, qui a un fil* dominicain, ainsi que l’a rappelé la jeune fille qui lo présentait, avait clinisi comme sujet «le *a causerie: “Pensée d'un catholique allemand".Nous ne pouvons qu’approuver le conférencier lorsqu’il dit son émotion de se voir reçu par nous connue il Fcsl, lui, Allemand; lorsqu'il déclare que l'esprit chrétien est un esprit de famille qui ignore le» frontièie*.Là où nous cessons de nous entendre, r\*»t quand M.Spieeker, dans une assez longue harangue »ur le carnage actuel, traite la guerre comme une calamité anonyme."Les populations hollandaises, belges, juives, françaises, dit-il, fuyaient la guerre sur les routes, inutilement, puisque la guerre allait plus vile qu'eus." Hélas! non .la guerre actuelle n'est pas une calamité anonyme.La guerre actuelle, un seul peuple l’a voulue, préparée, se pris mit volontairement et s'imposant les (dus durs sacrifices afin de pomoir ensuite asservir ses voisin», Il est évidemment plus facile pour un Allemand de dire: “les populations fuyaient la guerre que d'avouer franchement: “les populations sans defenses fuyaient devant les harhares hoches qui mitraillaient, femmes, enfants, vieillards, tout ce qui s'offrait à leurs coups".Depuis que le sort a tourné, après une série de victoires allemandes qui semblaient lie pas devoir s'arrêter, le* Alliés ont à leur tour porté la guerre en territoire ennemi.Nous «von» conquis une partie de l'Italie.Mai» nous ne croyons pas qun le* population» civiles aient dû fuir, affolées, ni qu’elles aient été assassinées lâchement par notre aviation comme la Luftwaffe avait làeheineut assassiné les femmes et les enfant* de France, de Belgique, des Pays-Bas .Certes, la guerre e»l un horrible fléau, une monstruosité indigne de l'humanité, la négation de toute civilisation.Mais encore faut-il établir des distinctions entre le* combattants.Il v a ceux qui ont voulu la guerre, cens qui se sont jeté» rnminn des bêtes de proie sur des victime» dont ils croyaient avoir facilement raison; et il y a ceux qui ne sont entré» dans la lutin qu’à regret, sans y être préparés, contraints à »n défendre par l’attaque sauvage dont ils étaient victimes.Et l’on peut juger encore de la différence de mentalité, de caractère, de “qualité d’âme" qui existe entre les rnmhnttaut» à la façon dont ils se comportent envers l'ennemi vaincu.Les Boches affament le* populations de» territoires qu'ils occupent; pouvoir, Heureusement, l’agitation née de la guerre périra avec elle.On le sent et on veut aller vite en affaires.On a formé le projet d’une grève générale d’une journée en protestation contre l'arrêté en conseil fédéral sur le travail de guerre.Espérons que cette grève soit un fiasco.On a parlé aussi de l'activité du parti travailliste-progressiste auprès de nos ouvriers.Cela nous rappelle un fait tyjùque; la grève de l’gvionnerie, au cours de l’été dernier.N’est-il pas curieux que cette grève, sans but apparent, éclatait durant la campagne de M.Fred Rose dans Outremont?Combien de grévistes prirent part à cette campagne?On peut l’imaginer.Il e3t temps de terminer.Nous reviendrons sur cet important sujet.Nous ne jetons ici que quelques notes au hasard.D autres précisions suivront.Paul RIVERIN le* Allié», eux, les nourrissent .orèvë oénLlT Ie T'VCllC r >’: M’ Ur* '«•" » pny* ennemis eux-mêmes, en Allemagne, en Italie, en Hongrie, en Roumanie, et ailleurs.Il y a un grand nombie de prisonniers de guerre aux mains des Allemands, les nazis les ont forcé» A travailler pour l'Allemagne, on a déporté des foules de juif* et de gen* d'autres nationalités; on a perpétré de* crimes odieux dans les camps de concentration et les ghettos contre les nationaux de* Nations-Unies.En vertu des lois criminelle.» anglaises, les cours anglaises ne peuvent Juger les crime» commis à l'extérieur par des nationaux à l'étranger.Cei tains pays occupé» sont dans le même tas.Ij me parait donc Important que le» Nn-tlons-Unle» discutent L plus tôt possible de cette affaire.Elles devraient passer de nouvelles lois ou modifier celle* en vigueur de manière à r* que le» criminels qui ont perpétré leurs forfait» en dehoi» des territoires alliés soient accusé» et Jugé» devant de* cours d»» Nations-Unies.Mal* même si on fait tous ce* préparatif* nécessaires pour s'emparer de* criminel» de guerre et ics juger iev*nt des cour» nationales, |1 »e produira toujours des cas où aucune cour nationale aura Juridiction.C’est ce qui *e produira nu sujet de la plu-pait de* crime» les plus révoltnnt.» perpétré» en territoire allemand ou en pays satellites.Il en est ainsi, par exemple, des crimes commis contre toute» ce» personnes san* patrie que l'on a déportées de pays occupés.Il y a encore ce* criminel* dont le* méfait* le* soumettent à la Juridiction de plusieurs pays, cas que noua appelons #ous juridiction concurrente.Tel sera le cas de grands criminels que l'on a tenu responsable» de crime» commis en plusieurs pays.Par exemple, Hitler, Goering.Himmler et autre* chefs nazi*.Ce» grands criminels de guerre devront naturellement être Jugés devant une cour Internationale.Selon mol, nous devons avoir des cours nationale* et Internationale* pour faire le procès des criminel* de guerre.L'établissement de cours Internationales est indispensable et on doit le* oiganlser avant l'armistice parce que bon nombre de difficultés qui se rattachent à l'organisation de telles cour» seront difficiles à résoudre et noua ne pou von* retarder le procès des criminels de guerre à cause du danger qu'il* échappent à leur châtiment.L'un des obstacles a surmonter à la formation oe ces cours aéra le choix de* Juge* qui devront avoir la responsabilité de rendre Jugement, de se charger des prisonniers et de voir à l'exécution de leur* sentences.Puis viennent les questions de langues, de procédures, d'appel des témoin* et autres problèmes.Il faut régler toute» ces question* et cela ne peut se faire à moins que les représentants de* Nations-Unies, muni» de 1 autorité conférée par leurs gouvernements, s'entendent pour prendre le» décisions nécessaires Ceci n'est pa* tout cependant.Pour ma part, la question la plus embrouillée en relation avec ee problème, e'est de savoir si rout*** les personnes qui peuvent être qualifiées de criminels de guene.au sen* technique du mot, doivent être appréhendées et jugé-es, ou si on doit tracer urv limite à ce sujet.\ olci le ca* de la Gestapo.Nous connaissons trop bien leurs méthode»».Elle est formée d'une armée d'hommes qui depuis plusieurs années commettent des meurtres quotidiens et torturent •le* Innocents dans toute l'Europe.Ce sont tous de* criminels de guerre, mats nous devons cdmet-tre que leur nombre forme de* centaines de milliers d’individus.Puis vienent ces actes révoltants perpétrés en Russie occupée et en quelques autres pays occupés où Brompton Pulp & Paper Co.Ltd.Voulmj d EAST ANGUS ET BROMPTO.NVILLE, QUE.MANUFACTURIERS DE PAPIER ET PULPE de* villes entier*» ont été vvdées de leur» barétants tl rayée» d* la farte du n.ond».où de» hommes, de* femme* des enfants ont été icrte Tor /t pris j sont de» criminel* d* guene Mu, est-il possible de faire un proee* a chacun’ Que dire dts bombardement* aériens telles que Varsovie et Rotterdam exécuté» xvec : intention expresse d annihiler 1« population, de répandre 1* terreur et la dévastation?Tous ce* exemple» illustrent bien, j'imagine, toutes le» difficulté* axquel-ies sont soumise* le* Nations-Ur.lc» Aucun p»y» séparément ne «aurait résoudre de tel* problème» Il s’agit davantage d'établir une politique que de déterminer de» techniques légale* Plusieurs difficultés portant sur des sujets pratiques de politique ou de lois ne sauraient se résoudre sur une brise légale seulement.Songez à ce que leprésent» le fait d'amener une centaine de milliers nu plus d'accusé» à un procès.Il faudra faire un procès pour chaque individu.lies témoins doivent être appelé», etc.On se rend compta que c est la une tâche » peu pr ès Insurmontable même »t nous re-courron* à des cours nationales et Internationales.De tou'e nécessité, il faudra mettre du temps, et comme aprè* 1918.surgit le danger que les procès traînent en longueur pendant de» année» Mais je suis convaincu que.cette fol*, le* habitants des Nations-Unies ne toléreront pas la erulse de* procès pendant de» année* npiè* l'armistice.Il n'y a p»» d* dqpte que le nombre Immense d os criminels de guerre rendra possible de faire un procès à tous et à chacun.D'autie part.Il ne aérait pa* suffisant d'amener devant la cour le* seuls grands criminels.On devra adopter une procédure qui satisfaire et convaincra définitivement tes peuples de* Nation*-!'nba qu'en autant qu'il est humainement possible, justice sein faite rapidement et efficacement.Autrement, l| se produira une situation déplorable: des gens prendront leur revanche eux-mé-nic* par de* bagxrre* et de» lyn- chages Nou* savons tou* qu on n'oblier.t pas justice par de lût actes, mai* qu ils permettent aux criminel* d* s'enfuir Tei que Je l'ai déjà dit.toute* ce* questions relèvent plutôt de la politique que de la loi, et elles doivent étie règle*-* par !,j Na-tiona-Unies Je consider» qu'il serait désastreux *i on laissai: decider Individuellement le* nations de* mesure» a prendre.Bien entendu, personne ne songera:* a te mêler de l'administration Intérieure de la justice de» état* libres souverains Mais d autre part, 11 e*t d'importance primordiale que : nous adoptions une politqtu* corn- j mune au sujet de* crimes de guerre Dans cette guerre, nous avons combattu ensemble pour la paix, la liberté et la justice Apre* la guerre, 11 xpartiendra aux Nations-Unies d'établir la paix et K liberté et aussi la justice.Noua n'aurons pas combattu pou, la Justice norvégienne ou pour '.» Justice polonaise, hollandaise, yougoslave ou englalse.Nou» non; serons battus pour une forme de justice établie par les N&tions-I Unies.La procédure pour juger de» criminels de cette guerre relèvera donc de tou* et de chacun de.nous.Nou» devons donc établir une politique commune renfermant les grand» principes où justice sera faite aux criminel* par toutes Its Natlone-L'nle*.A mon avis, 11 est de toute première nécessité que I on donne l'autorité nécessaire aux représentants de» Nation»- ; Unies afin qu'ils règlent ensemble ce* questions de politique.Nous amenons Ici un problème qui est en relation avec toutes les déclarations solennel!0» sur lesquelles se sont entendues le* Nation-,-Unie*.Nous nous rendon* corn >te de toute l'Importance que présente 1» solution de ce problème pour l'avenlr de la civilisation et tout milite en faveur d'une politique commune â adopter maintenant et à mettre à exécution san* plus tarder.Il y aura bientôt sur le maiché| une certaine quantité de Ju* de j pamplemousse et d'autres /-uit» j en conserve.LA VOIX DE LA NATION OT7AV.' V Le Canada dépensera $240,000,000 de rnoina cette année que l'an dernier pour la guerre, »c!on 'e ministre de» Finances.l'hon M.Ilsley.Cela contrastera singulièrement avec les mesure* financeras d» la dernière guerre, qui s'accrurent d année en année pour atteindre leur sommet un an apte* la fin (les hostilités.Ceci indique aussi que le financement d'un vaste programme de reconstruction, maintenant le niveau de» prix agricoles et de l'embauchas» sans tenir» outre mesure les ressources financière» du la nation, repose sur un fondement solide coût de la guerre sera de $3 6V) 000.000.Mais la somme mise pai le Canada a la disposition des nations dé poux vue» en prévision de l’après-guerre so't îlOO.OOO.OOO, est brin inférieure eux deux milliards d'Alde mutuel consentis, ces deux dernières années, par le Canada.Cette seule épargne de $000,000,000 dépassera de loin le coût additionnel de» mesures de sécurité sociale et de reconnu uctlon économique qu'on envüttpe actuellement.En terminent le débat sur l'adresse en réponse au dii,rou:a du Trône en une semaine, le Paile-rnont a abattu un record de vitesse en ce qui concerne la conduite des affair a de la nation.A l'exception de la session spéciale de septembre I'JC9, lorsque la guorre fut déclarée, le Parlement a rarement disposé au débat sur l’adrta-se aussi rapidement.Pau de député* y ont participé et la majorité d'entre eux ont parlé avec une clarté et une précision remarquable.Le Parlement a ainsi rehauueé son prestige aux yeux de cette partie du peuple Canadien qui le tenait pour un organisme lourd et lent On a pu constater que le gouvernement était pré h aborder dis malmènent les problèmes de l'après- ' guerre, lorsque le premier minis- i tie, le très hon.Mackenzie King, a annoncé que d'importantes commission* parlementaires, telles celles de la reconstruction et de la securité sociale, seront èeabl.e* et commenceront leurs travaux au debut de la session.En d'autres termes, c'cat une garantie que les mesure* présentées durant la session et dont le but est d'éviter une crise aprè» la guerre seront vraiment adoptées avant l’ajournement du Parlement.On aura moins de difficulté à éviter une crise parce qu'on a réussi à enrayer l'inflation durant la guerre.Lors de la dernière guerre, seulement 15f.de l'énergie de la nation s'est consacré au conflit.En cette guene.SOèi /us énergies nationales sont plongées dans le conflit.L'inflation cùt-elle pris de l'ampleur, elle aurait dépassé de loin l'expérience ce la première grande guerre Il appartenait à un combattant, le lieutenant d'aviation James Pin-clair, député libéral de Vancouver nord, de fournir au Parlement l'idée la plus claire sur la façon dont le Canada a bénéficié de* contrôles économiques.Aprè* avoir servi dans le Royaume-Uni.dans le Proche-Orient, 11 a décrit les troubles qui sévissent dan» les pays qui n'ont pas adopté 'des mesures sévères pour enrayer l’inflation.Il a dit à tous les Canadiens de ne pas s'insurger contre les contrôles économiques parce qu'ils constituent des mesures nécessaires pour éviter de plus gT&ndg maux.Ainsi, le paysage financier commence déjà à s'éclairer.Dans le domaine international, M.King a indiqué que le Canada n'avalt pas l'intention d'échanger des ami ’> sadeurs avec les seize républiques soviétiques, à qui Moscou vient d'accorder l'autonomie.Le» relations diplomatiques entre la Russie et le Canada, qui sont respectivement représentés par des ambassadeurs dans chacune des capitales des deux pays, ne seront pas modifiées.La syphilis héréditaire et ses périls Parmi tant d innor.cente» • >.i.mes que font s maladies - .J Tiennes, celles qui ont reçu i phllu corne héritage méritent ¦ i treuhèrement notre sympa! h i m ¦ la mise en oeuvre de tous , ,, moyens d action.Il faut a tout I prix que ces tragédies * let:- é.' tées en exigeant le certificat p ».! nuptial, l'examen du sang cht-| femme au début des gros»*-?-eu .» : le traitement s'il y a Heu, d - , | le docteur Jules Archambault, j recteur dp la division des Ma.j.die* vénériennes au ministère ç, j la santé et du bien-être sort; d» la province de Québec.La transmission de Ia s -r.héréditaire se fait tou ours •*,-la vole maternelle.La femme .j.jj a été Infectée de syphilis et r t pas été suffisamment traité* ,!f.vra l’être durant ses gros.»., , même si celles-ci survienne-»; p; j de quatre ans après la conta '.ina-t.on.Institué assez tôt, c'est à d:-» avant le cinquième mois.r.trai.tement assure pratiquement la naissance d'enfants sain» ta>-., que s'il fait défaut, l’enfant _s»u d'une mère syphilitique, neuf fois sur dix sera infecté, suri qu'il naisse avec des stigmates «¦ i d., lésions, qu’il en présente plug ta:d ou que se produise chez lui un »r.rêt au développement intellectuel.Dans sa forme héréditaire, 1» syphilis diminue la valeur de l’in, dividu.lai kératle Inter»'-' le, par exemple, qui atteint 2) prirent des hérédos, malgré qu'c!;» cède d'ordinaire au traitement, ie-tarde l'instruction d,- l’enfant tu point de gaspiller ses cr.trg e* jn.tellectuelles et de compromettis son avenir.Souvent enfin la syphilis air» créé chez l'hérédo des lisions du cerveau, dee organes et des ç!an.des endocrines, légères mais suffi, santés pour produire une jeunes, sa paresseuse, insupportable, vo.leuse, dolente et maladive qui peuple le* hôpitaux d'enfants et fait, dan» ln vie.des diminue* voués â |a décadence et ¦( l'immoralité, quelquefois même ai crime.iVV .¦•IIS* .nui** -to r>.*3^ l'/y I JL 1921 .Les Recherches Créent de NùltVC&UX DétùttCtéS Les usages du Nickel signifiaient de nouveaux emplois au Canada A Là fin tic la dernière guerre, il ne fallait plus de Nickel pour les cuirassés et l'artillerie.La demande pour le Nickel Canadien baissa brusquement.Bientôt, les mines de Nickel Canadien durent fermer.Mais les hommes qui dirigeaient ces propriétés pouvaient entrevoir de nouveaux débouchés pour le Nickel Canadien dans les industries automobile, électrique, radiophonique, chimique, et autres industries sans cesse croissantes.Ils créèrent un service de Recherches et d'inventions pour travailler avec les techniciens de ces dustries, et pour encourager l’emploi Nickel et de ses alliages partout où fallait des matériaux de meilleure qualité L’exploitation des mines ne tarda pas i reprendre.En 1924, l’industrie du Nickel ouvrit une nouvelle mine.En 1926, elle commença à agrandir ses fonderies et ses raffineries.En 1936, elle payait 15 millions de dollars de salaires par an au Canada.Quoique la production entière de Nickel Canadien soit aujourd'hui employée jKjurla guerre, cette industrie a des plans bien définis pour la période d'après-guerre.Alors, elle se tournera encore vers ses débouchés de temps de paix et s'occupera d’en créer de nouveaux basés sur les recherches qui sont actuellement en cours.Par sa propre initiative, l’industrie du Nickel Canadien se propose de contribuer encore davantage à la prospérité A .du Canada.in- du il : Bureau de ventes 320 Edifice Sun Life, MONTREAL Canada.THE INTERNATIONAL NICKEL COMPANY OF CANADA, LIMITED 2* KING STREET WEST, TORONTO 02 (WIBSWWSW '*¦?l»BMBWBWUW|y,,»PPgTOW?.r-T''" .-1 —- .Montréal, samedi 19 février 1944 -LE JOUR QUELQUES PROPOS sur L’ACTUALITÉ par André Bowman On peut se demander à juste Litre si la plus qrande victoire des derniers tours n'a pas été remportée :-ur le continent américain, par les Américains, sur les Américains.En fait.l'Amérique a gagné une très belle bataille, d'autant plus difficile, qu elle était livrée dans des conditions difficiles: contre soi.Cela a commencé par une pression énergique sur les Malcontents, les "républiques' argentine et bolivienne, pour le mettre au pas.Et celles-ci l’ont emboité.d’assez mauvaise grâce, mais l'ont emboité tout de même.Il s'agit maintenant de les faire manoeuvrer, toujours pour rester dans l’analogie, avec le reste de la compagnie.Comme recrues, ces deux "républiques", sortes de rééditions militarisées du Paraguay du XV11le, ne sont pas particulièrement louables, mais à la guerre comme à la guerre.On prend ce qu'on peut.Autre victoire: redressement de la politique américaine (qui conditionne en grande partie celle de la Grande-Bretagne) envers l’Espagne franquiste, que les éléments suspects recommencent à défendre, verbalement ou journalis-tiquement.Ce redressement mérite qu'on le souligne.Quoique tardif, il va changer bien des choses dans les données du problème mondial.Non seulement il indique une perception plus claire du rôle et des suites du gouvernement Franco dans le conflit, mais encore, et surtout, il montre que les Alliés vont de nouveau avoir recours à cette arme si efficace qui s’appelle le blocus.Washington et Londres ont récemment servi à Franco un petit plat qu'il a dû avoir peine à avaler.De pseudo-neutralité sa position va passer, de gré ou de force, à celle de la neutralité complète, c’est-à-dire non favorable à l’Allemagne.Il va falloir cesser pour de bon les envois d'hommes, qui combattent dans les rangs allemands, et les expéditions de matières indispensable à la conduite de la guerre comme le tungstène dont le Reich a absolument besoin.L’attitude adoptée envers Madrid n'est peut-être pas aussi nette que certains nous le disent, mais elle marque un progrès marqué sur le passé.Du moment que l'on a critiqué le State Dept., il y a lieu de l'approuver, lorsque se présente l’occasion.D'autant plus que cette nouvelle orientation politique ne vise pas seulement le méprisable petit groupe madrilène qui est de complicité avec Berlin: elle représente une attitude nouvelle en face d'une situation européenne qui a rapidement évolué au cours des dernières semaines.Elle implique une formule saine, qui pourra donner d’excellents résultats.Elle dissipe les craintes d’un impérialisme américain sur le continent européen.Par sa reconnaissance de fait, qui va bientôt l'être de droit, du gouvernement provisoire français d'Alger, par ses accords monétaires et financiers, par ses déclarations sur la non-interférence politique en territoires alliés libérés, Washington a remporté une grande victoire morale, plus tangible qu'un succès matériel.L’Amérique a aussi remporté une victoire sur elle-même.Ses bons éléments ont triomphé des mauvais.C’est plus difficile qu’on ne croit.Fmi à l'Ewtpe Un moment ou l'autre, la conception particulière d'une Amérique libératrice devait se dresser contre celle d'une Europe libérée.A cet égard, la victoire sur l’Italie a été précieuse, plus politiquement que militairement, puisque l’Italie n est pas et n’a jamais été une grande Puissance au point de vue militaire en dépit des niaiseries nombreuses qui ont été débitées sur le sujet.Mais, en conjonction avec l'épineuse question romaine, le problème italien devait servir de base d essai, si l'on peut dire, l'épisode d'Afrique du Nord ayant eu un caractère exceptionnel.Il y avait à apporter une solution urgente aux affaires italiennes: ou la tutelle absolue, avec toutes ses difficultés et ses complications ou une libération, selon la forme nationale.C est en fait à quoi on en est venu .parce qu on ne pouvait pas faire autrement.La première thèse impliquait le maintien, même avgc des bayonet-tes, de la monarchie.La seconde, laissait les mains libres à la population, avec quelques restrictions se rapportant à la sécurité des opérations militaires.On a opté pour la seconde forme, infiniment préférable.L'Amérique ne peut pas s'empoisonner en essayant de concilier les différents points de vues politiques de l’Italie qui sort à peine de l’effroyable dégradation dans laquelle le fascisme l’a plongée nu cours d'une expérience qui a duré 21 ans.Il en a été de même envers la France.Ce pays, déchiré spirituellement, politiquement, plongé dans la chaos économique, est la proie de toutes sortes de courants d’opinion, des courants inconciliables et irréconciliables.L épreuve du feu et du sang aura peut-être nour effet de provoquer un redressement.Mais pour qu il puisse s'accomplir normalement, il faut qu il vienne des sources même de la nation, quitte à suivre un guide moral.Ce guide moral peut être les Etats-Unis, en conjonction avec 1 Angleterre, bien entendu.Principes de liberté Les gouvernements américain et anglais ont fait savoir officiellement aux petites nations et * ta France qu’ils n’interviendraient pas directement dans les affaires politiques intérieures.:ors de la libération.Les mêmes gouvernements ont fait savoir aux intéressés qu’ils envisageaient 'c retour à 1 équilibre et la sécurité par le retour à la démocratie.Londres a dans ses différents ballons d essai offert d élargir la communauté britannique au point d inclure les pays occidentaux qui voudraient y entrer.Aussi longtemps
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