Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 25 novembre 1944, samedi 25 novembre 1944
gième ANNEE No 12 5 CENTS LE JOUR 25 novembre 1944 .I n a si Ion plump» queut, enfin, je veux dire .Non! — Cet enfant trouvera sans doute quelqu'un de mieux qualifié pour le conduire aux succès éphémères de la vie.— Avec moi, il serait endigué par mon égoïsme et quand il se rendrait compte, plus tard, que je l’ai accaparé pour ma joie, pour ma consolation, pour ma vieillesse peut-être, il m'en tiendra rigueur et je serai trop vieux pour supporter ses reproches.— Non! Vraiment, il n'y a pas de place dans mon coeur pour cet enfants," Et Jos se jeta, rageur, sur le divan.Et le coeur battait si fort que les aiguilles de l'horloge en perdaient le Nord! Et Jos entendait tic tac, tic tac! Il se releva apaisé mais songeur! Sa pensée se fixa sur l'image d'une jeune fille charmante dont il se savait aimé.Voilà où donner mon coeur se dit-iü Puis il se prit à réfléchir et voilà comme il parlait: “Si je donne mon coeur à cette jeune fille, je serait lié! Cette fois, il sera plus difficile encore de reprendre ma liberté! Si je suis égoïste elle en souffrira.Pourquoi lui imposer cette souffrance alors qu'il est si simple maintenant de souffrir, moi, de son absence?Il me reste encore pour me distraire la lecteure, le cinéma, le sport et même un peu, dans une certaine mesure, ma solitude! Si je lui donne mon coeur, il y aura partage car j'y tiens moi aussi à mon coeur qui fait régulièrement tic tac, tic tac! Partager n'implioue pas fatalement le fait d’un partage égal! Je donne 20 et elle apporte 80: elle est malheureuse! Je donne 80 et elle trouve 20 très suffisant! Je suis malheureux! Et cela dit sans compter les responsabilités encourrues! Non! Vraiment, il n'y a pas de place dans mon coeur pour cette jeune fille.Et pourtant, je l'aimerais! C’est dommage!" Et Jos se jeta, désespéré, sur le divan marron et beige et son coeur faisait tic tac, tic tac, avec tant de violence qu’il dut s'arrêter de penser! Et Jos reportait encore son esprit sur quelque chose! Rien n’en valait la peine.Soudain, un chant d'église monta dans sa pensée! Oh! Une vieille rengaine de collège .Jos pensa de nouveau et voilà comme il parlait: "11 y a tout de même Dieu! — C’est vrai Dieu! — Je l'oubliais celui-là.Il se tient toujours dans son coin aussi, comment le remarquer! Je ne suis pas plus bête qu'un autre pourtant! Nous devrions bien nous entendre tous les deux.11 s’agit, parait-il, d'après quelques bons saints, d’avoir une âme d'enfant, de se laisser aimer comme ça, sans manière, sans discours, et de ne rien analyser ou même comprendre.Cela ne demande pas beaucoup d'effort en effet.Mais j'y pense! Aimer, c'est donner! Qu'est-ce que je pourrais bien donner à Dieu, moi qui suis l'indigence même.Et puis, il y a aussi la question de préférence.Si je l'accepte tout entier, je devrai me détacher des choses que j'aime et auxquelles je tiens! C'est bien mon droit d’homme libre pourtant de m'attacher à quelque chose qui me plaît.Et puis, qu'est-ce à dire, ce Dieu demandera du retour! C’est fatal ça! Alors, il aura des exigences de Dieu! Entier comme II est et universel en plus, il me prendra tout entier! Je ne serai plus rien pour moi même et si peu de chose que je suis, je tiens à demeurer! Non!.Plus tard, je reprendrai ce sujet plus tard.’ Et Jos se jeta sur le divan marron et beige! Il souffrait amèrement de ne savoir donner et surtout de ne savoir comment se donner.Et le coeur se mit à battre si fort, si fort, que Jos s’évanouit.— Et dans la maison, et dans la rue, et dans Je quartier tout le monde entendait le coeur de Jos Lepied qui faisait tic tac, tic tac, tic tac! Ernest PALLASCIO-MORIN {La semaine prochaines, Jos Lepied expert.) SUR QUELLES BASES ORGANISER LE MONDE D’APRÈS-GUERRE Bous le titre 4e “Sur quelles bases organiser le monde d’après-guerre”, la Société des AmU (The Society ot Friends) présentera une série de conférences à la salle Divinity Hall, 3320, rue Université que la faculté conjointe des collèges théologiques (affiliée à l'Université McGill) lui a généreusement prêtée.Ces conférences auront Meu respectivement les eamedl, 25 novembre 1911, vendredi 23 février, 23 mars, 13 avril et lundi, 14 mal 1945.Bien que la plupart des conférenciers n'appartiennent pas à la Société des Amis, Ils sont animés du même désir: réformes de l’éducation et compréhension mutuelle ot tolérance entre hommes et femmes de toutes races et de toutes philosophies.La Société des Amis a tôt fait do reconnaître l'importance primordiale de l'éducation et afin de mieux répondre aux exi- gences d-o notre temps, ello a cru bon de nous présenter quelques conférenciers qui, sods différents aspects, nous éclaireront et nous dirigeront sur la vole à suivre.Samedi, 25 novembre, à 8 h.30 p.m., M.Eduard Christian Linde-man, professeur à l'Université Columbia de New York, nous parlera sur I' “Equation morale et la Paix".Comme le suggèrent si bien ses livres “The Meaning of Adult Education", "Wealth and Culture” tt "Leisure": A National Issue”, M.Llndeman a depuis longtemps étudié tous les problèmes qui sont aujourd’hui les plus pressants.Plus tard, le 23 février, M, Joseph McCullcy, principnl de Pickering College depuis bientôt vingt ans, nous entretiendra sur l'éducation canadienne dans le monde d’après-guerre.Le vif intérêt qu'il a toujours porté à la Jeunesse, son habi- leté marquée comme conférencier et sa qualité de membre de la Commission canadienne de la Jeunesse nous font anticiper une étude approfondie sur la matière.D'autres, non moins autorisés, tels que George Nauman Shuster, président de Hunter College, Henry Joel Cadbury, professeur de divinité à Harvard University et William Ernest Hocking, professeur de philosophie, aussi à Harvard University viendront à tour de rôle adresser la parole.LES AMIS DE L’ART Nos membres sont Invités à prendre note des manifestations suivantes.Au Saint-Denis, vendredi, 24 novembre, France-Film présente Vivian della Chlesa, et Thomas L Thomas.Dimanche, 26 no-vendre, quatrième récital-causerie de Jean Dansereau.Prochain concert de la Société Casavant, le i décembre.Au plateau, le 14 décembre, la Société du Bon Parler Français présente Arthur Leblanc, violoniste canadien.UN PEU DE BON SENS — «u(f* de la première page - l’Ouest de l’Outaouais ne l'abandonneront jamais, ne consentiront jamais à se laisser emprisonner dans les terres, sans aucune libre vers la mer; et tous les peuples nord-américains ne sauraient permettre à une poignée d’individus mal armés et numériquement faibles de tenir à eux seuls la première et principale voie d’invasion du nord-est de l’Amérique du Nord.Economiquement et politiquement parlant, nous sommes irrévocableni-mt dépen.dants de nos voisins.Nos ultra-nationalistes se font donc grossièrement illusion.Il y a plus.Le Canada tout entier, y compris la Laurentle bien entendue, dépendront, pour longtemps encore, des Etat»! Unis et du nïonde britannique.La plupart des décisions waiment importantes et de portée internationale que prennent cej dem puissances ont chez nous des répercussions immédiates.De cette solidarité, nous avons retiré des avantages immenses, et »i quelqu'un parlait de nous enlever de tels avantages, nom ne tarderions pas à crier à la persécution; mais nous somme» solidaires aussi dans le malheur: à preuve, la guerre.Je me demande pourquoi nous serions empressés uniquement à recueillir les bienfaits d’une association de ce genre, pourquoi nous refuserions d’en accepter aussi les plus onéreuses respond bilités.Que penseriez-vous de l’ami qui, après s'être engrainé i votre table, refuserait, au moment de l’incendie de votre maison, de vous prêter main-forte?A ceci, les nationalistes de boune foi répondront: ce que nous désirons, c’est la souveraineté du Canada.Fort bicu.On désire une plus large mesure de souveraineté que celle que consacre le traité de Westminster.Que veut-on?l'n drapeau?Nous en sommes.Un hymne national?Nous en somme».Une indépendance complète en regard des décisions du gouvernement anglais?Nous en sommes encore.Nous voilà donc d’accord iur des points essentiels.Mais il serait puéril de croire que l’indépendance totale du Canada mettrait celui-ci à l'abri des conflits internationaux el de la conscription.La souveraineté entraîne des obligations précises, enlr’autres celle de défendre des frontières et même d'aller au loin abattre l’ennemi qui veut manifestement notre perte.C’est dire que nous serious dans la stricte obligation d’établir le service militaire obligatoire en temps de paix et la conscription en temps de guerre.Nos ultra-nationalistes, pour être logiques avec eux-mêmes, devraient être les premiers à en convenir, puisqu’ils prétendent être les prototypes du patriotisme, I)e toutes ces réflexions, on peut dégager, je crois, que la province de Québec, malgré son éducation différente, ses croyances un peu désuètes, son genre de vie spécial, ne peut s’isoler ni du reste du Canada ni de l’Amérique du Nord.Elle est liée à la fois par son régime démocratique, s’exprimant au moyen de la majorité, et par son rôle inévitable de “junior partner” entre les Etats-Unis et le monde britannique, les deux principales puissances internationales de notre époque.Or, dans la crise politique actuelle, la nation canadienne et les grandes puissances voisines sont directement ou indirectement intéressées.Dans cet ensemble, le racisme québécois ne compte guère que par le ridicule de certaines chimères.y U i.Jean-Charles HARVEY Mlml FORSYTHE, Dennis O’KEEFE et Eleanor POWELL en vedette dans la comédie muslcalo “SENSATIONS OF 1913", qui passera à l’écran du Princes».f ém.X Contribution de la "BLACK HORSE" ©âWIS Stor « Montréal, samedi 25 novembre 1944 LE JOUR Page 3 QUELQUES PROPOS sur L’ACTUALITÉ par André Bowman I/offen»iv«* «l'hiver r*st déclenchée.A la ,urpri»e de tou*, des Allemand» en particulier, celte offensive e’e»t produite sur le front oueat, et non sur le front oriental.11 est probable que le* difficultés de ravitaillement aient été surmontées puisque les opérations se déroulent sur un front de 430 milles et sont menée» par six armées, d’un effectif total qui doit largement dépasser le million de combattants.Ainsi la guerre entre dans sa troisième plia«e.La première a été passive et a vu le défaite successive des adversaires de l'Allemagne.La seconde a commencé avec l'attaque — avortée depuis — sur la Russie, La troisième voit l’offensive générale actuelle.Les opérations proprement dites des Alliés »e divisent aussi en trois actes: le débarquement; la rupture et le rejet sur les positions de la ligne Siegfried; enfin l’attaque sur tout le front.Dans les deux premiers cas on note des analogies qui permettent de bien augurer des résultats de la campagne d’hiver.lor» du débarquement, malgré la résistance ennemie qui fut parfois très forte, les troupes alliées ont pu prendre fermement pied.Lors de la rupture, après une résistance acharnée, le front allemand s’est écroulé subitement.Cette foi» encore, après un insuccès partiel à Aix-la-Chapelle — dans les débuts — la grande base allemande a cédé, puis les positions importantes de la Lorraine et de l’Alsace ont été enfoncées.11 semble même, si les dépêches sont dignes de foi, que toute la ligne des Vosges est tournée par le »ud, à la suite de la remarquable opération conduite par le» troupes de la 1ère armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny.Le tricolore flotte de nouveau dans les villes libérées et le» troupes ont trempé leurs couleurs dan» les eaux du Rhin.Mais cette fois-ci, ce n’est pas à la suite d'un armistice, malheureusement prématuré, mais bien de haute lutte, ce qui est la plus belle consolation que les Français pouvaient avoir.Le secteur de Metz a lui aussi craqué sous l’effort combiné de six divisions américaines.Ce qui veut dire que la grande bataille est engagée.Par son issue, on pourra déduire, d’ici quelques jours, de la durée de lu guerre.Il n’est pas du tout impossible, étant donné les événements qui se déroulent actuellement eu Bochie, que nous nous réveillions un de ces beaux matins en apprenant que la guerre est finie.Il n'est pas du tout exagéré d’envisager un écroulement militaire de l’Allemagne.11 est certain que si les opérations futures se déroulent pendant un mois seulement au même rythme que celui de la semaine qui vient de s’écouler, il ne restera plus l’ombre d’un espoir pour l’Allemagne.Ce sera nu la capitulation ou le désastre complet.Certains indices font présager d’événements importants.Il^y a d’abord le silence Ile Hitler.Puis les bruits qui circulent sur son compte.Enfin une sorte de prise de pouvoir par Himmler.Ceci du côté allemand.Du côté allié, on prévoit certainement quelque rhose, à en juger par les déclarations curieuses du ministre français des travaux publics au sujet des réparations.Ces déclarations indiquent que les autorités françaises ont leur idée bien arrêtée mit la durée du conflit.D'autre part, le voyage prochain de de Gaulle à Moscou confirme l’idée que le chef du gouvernement français juge indispensable de prendre contact avec le maître de la Russie, avant même la conférence des grandes Puissances, conférence qui, d’après les dires de Churchill devrait se tenir dans le plus bref délai possible.?Six armée» à l’asMut Six années alliées se sont lancées à l’assaut du front ennemi.Normalement le point le plus sensible pour les Allemands se trouvait au nord d’Aix-la-Chapelle.Selon les déductions les plu» logiques, on pouvait s’attendre à un grand coup allié dans cette région.En cas de rupture — toujours possible, surtout avec les bombardements aériens intenses — c’eut été l’invasion de l’Allemagne en direction de la Ruhr, centre de la grosse industrie germanique.Au*»i, la résistance boche a-t-elle été acharnée, chaque foi* que les Alliés ont essayé de forcer la ligne, (.'est alors que le Haut Commandement a changé 1 axe principal de l’attaque et l’a porté plu» au sud, en Lorraine et en Alsace.En Lorraine, l’attaque furieuse de Patton a de suivi d’un de» plus grands succès de la guerre: la prise de Metz, formidable place forte, jouant le rôle de bastion essentiel, et une avance qui semble déjà avoir atteint le Rhin dans la région de Strasbourg.Tandis que l’artillerie anglo - américaine écrasé systématiquement les positions défensive» ennemies et les rendent rapidement intenable» dans le secteur nord, un mouvement tournant mené par la lere armée française a réussi au delà de toutes espérances.Cette dernière a fait comme l’armée de Patton: elle a pri» d’assaut la puissante place de Belfort qui gardait la fameuse trouée du Sundgau et elle a traversé le sud de l’Alsace jusqu’au Rhin.Puis elle est remontée en direction de Colmar, à 30 et quelques milles plus au nord, coupant ainsi toute ligne de retraite aux troupes allemande» défendant les col» des Vosges.On peut s'attendre a la capture d’un nombre considérable de prisonniers dans ce secteur.f- attaque menée par le sud a certainement '’f** le plus gros coup de surprise que les Allemands pouvaient éprouver.Il est clair qu’il* ne disposent pas tie réserve immédiatement disponibles pour combler les vide* occasionné* Par le» offensives du front est et oue»t.depuis ç mois de juin.Sans cela, il* tenteraient un redressement indispensable.Aux dernières nouvelles, il semble que tout - front allemand chancelle.Le coup porté par 1* Ille armée américaine est désastreux.?É* bastion du fer I-a place-forte de Metz était non seulement dune importance considérable au point «le vue *frictement militaire, mais encore et surtout au point de vue industriel.Lest qu’en effet le Reich dépend de l'exté-neur pour ses approvisionnement» |>r rnlièrr a gémi dm» If» fers du naznme.On sait au prix de quels sacrifices certain» peuples ont déjà été libérés; et l’on sait ce (pi* va coûter encore la hbétalion des nation» encore asservies.Mai» un péril se dresse ici même en Amérique: Au moment où nos soldats libèrent la France, et la Belgique, et la I lollande, et vont aller fra|>j>er au coeur même, à Berlin, la puissance d'oppression nazie, allons-nou» lai»»er no* pro-pics fascistes nous ravir notre liberté à nous?La lilierté au Canada doit nous importer, avant tout.L'hon.Albert Sévigny, Juge en Chef de la Cour Supérieure de la province de Qué|>ec.qui est le conférencier de L'Institut démocratique canadien le mardi, 28 novembre courant, a choisi de parler de la lilrerté au Canada, sujet bien captivant à cette époque troublée où tant de |ieuple» ont |>erriu ou sont menacé» de perdre leur hlieilé.Né en 1880.dan» le Comté d'Arthabaska, l'honorable Allvert Sévigny a fait son coui» à Nicole! et â Valleyfield.Il e»t bachelier è» art» de l’Université Laval où il a également obtenu sa licence è» lettre».Reçu avocat en 1905, il fut élu député â la Chambre des Commune» en 1911; c'est lui qui a appuyé le discours du I rûne cette amiéf-là.Assistant «le l’Orateur «le la Chambre en 1915, il est devenu lui-même Orateur en janvier |9|6.Ministre du C«>n»eil Privé en 1917.il démissionnait Comme membre du Gouvernement «le Su Robert Borden en avril 1918.Juge de la Cour Supérieure «le la Province de Quéliec d«q»uii mars 1921, l'honorable Allrert Sévigny en est devenu Juge en Chef le I 1 octobre 1942.L'Institut Démocratique Canadien ra|*pelle que tout le momie est cordialement invité à cette c«wfé* fence qui aura lieu dans la glande salle de I I lôlel Windsor.I^es sièges sont absolument gratuits et comme ils s'enlèvent rapidement on est prié de les déserver sans tarder en s’adressant à LAnc.5671, bureau 60Î, Edifice Keefer, 1440 ouest, rue Ste-Cathe-rine, Montreal.d’attention que pour l'ange céleste, et les jeunes gens sourient.Leur» yeux se sont rendu compte, d'une part, de la charité «pie peu! avoir la douleur, et de l'autre, de la fierté que peut avoir le "poltron".La routine et les habitudes de bureau s’effacent devant celte découverte qui leur révèle soudain un coin de leur coeur.Marguerite rquend son tabou; ret, (dus attentive que jamais à son travail, tandis qu’Henri, lui.laisse tomber le sien, pour regarder le »«zleil d'automne tapisser d’ainbre les collines de la Gatineau.Marguerite MAMBLE I ON liO.VDIUCfl.— I’our la prtmlèr* fols U* poOi»» du C«n»d«.C*» f»fU*o-rvo-«S 4o«d |«t AfttUr» Miluoir»» i* Uvft «•«*-t«ils * d* l*vr old* •« Il ** Us co-*vi«»« to*»q*,'>l d» **imp*cU qvtl d* ri- tWM.f-JM pnr fWraW» lom A.MorL •***•, A eu*lit’ Ut * our tout le Réseau.MM.J.P.Johnson, J.F.Pringle et W.R.Devenlsh, respectivement vice-président» de» réglons de l’est, du centre et de l'ouest du Réseau, furent chargés d'assurer le succès de ln campagne dans leur région respective.SPECTACLES et CONCERTS Orpheum “U fille de Zicgfeld” L'un des meilleurs films de la décade, "Ziegfeld Glrl" de la Metro, prendra l'affiche vendredi, à l'Or-pheum, dans sa version française On y entendra plusieurs numéro» musicaux par Judy Garland, Tony Martin, Heddy Lamarr et Lan a Turner.Plus de soixante des plus jolies filles d'Amérique font par tie de la distribution et toutes portent des toilettes du célèbre Adrian.James Stewart Joue le premier rôle de ce super-musical.Trois Jeunes filles, Inconnue* du public, sont sorties de l'obscurité pour atteindre la renommée dans les Zlcgfleld Follies.On les suit pas a pas, passant avec elles par toutes le» Indécisions de la gloire qui se dessine.Plusieurs numéros de chant très populaires tels que: "You Stepped Out of a Dream’’, "Caribbean", “I'm Always Chasing Rainbows", "Minnie from Trinidad" et plusieurs autres sont entendus au cour» du fltm.Palace “Arsenic and Old Lace” Suivant l’opinion des directeurs de cinéma, il est beaucoup plus facile d’être f.n acteur dramatique qu'un bon comédien.Ils disent même qu'un acteur ne peut Jouer la comédie sans nvolr, d'abord étudier l'art dramatique."Arsenic and Old Lace" qui prendra l'affiche vendredi au Palace a été adapté au cinéma d’après un roman de Joseph Kesselring.En tant que livre "Arsenic and Old Lace" est un drame, mais la Warner en a fait une parfaite comédie, qui met en vedette Gary Grant.I.a version clnématrgrnphique diffère un tant soit peu de la version théâtrale qui obtint un énorme succès sur le Broadway et le côté romantique du film a été Intensifié, le rendant encore plus drôle.Priscilla Lane, Josephlno Hall, Jean Adiar et John Alexander, ces trois derniers faisaient partie de la troupe du Broadway, sont les vedette.» du film.Loew's Capitol "Our Hearts Were Young and Gay” Le Cnpitol présentera vendredi la très spirituelle adaptation cinématographiques du livre de Emily Klmbourg et de Cornelia Otis Skinner, "Our Hearts Were Young and Gay".Ce film raconte le voyage en Europe des deux auteurs, qui allèrent visiter Londres et Paris et se trou-vrent mêlées ou créèrent des situations amusantes, embarrassantes et hilarantes.Gall Russell et Diana Lynn Jouent le rôle des deux auteurs, alors qu'cjles étalent très jeunes filles.D’après les critiques d'Hollywood ce film est l’un des plus drôles et des plus spirituels de Tannée.Le deuxième film nu programme sera "Take It Big” avec Jack Haley et Harriet Hilliard.Princess “Sensations of 1945” Les meilleurs comédiens, des danseurs experts, des virtuoses du piano et les plus célèbre» orchestres américains, voilà ce que nous verrons dans le film "Sensations of 1845” qui prendra l’affiche vendredi au Princess.La distribution d'étoiles de cette production comprend Eleanor Powell.W.C.Fields, Dennis O’Keefe, A.Aubrey Smith, Sophie Tucker, Eugène Pallette, Mlml Forsythe et David Llchlne On y verra et entendra aussi les orchestres de Cab Calloway et Woody Herman.Le deuxième film au programme, "Talk about Jacqueline" mettant en vedette Hugh Williams.Caria Lehmann et Joyce Howard.C’est à VOUS de défendre la liberté!—Envolez-vous ! Seigneur, j’ai peur.La ne hurle dans les cloisons de mon dme, tout mon être est pris de panique.Mon coeur, moteur a cantilène, étouffe et r/lle sous la psalmodie trop forte du.destin révélé.Mes voiles me cachaient la mer.Des matelots de male audace surgissant de tous bords, tueurs d’idéal, d’amour et de poésie, veulent mêler mes cordages et rendre folle ma misaine.Seigneur, faites qu’aprês Vous je demeure capitaine, déjouet les complota d’une mutinerie concertée, rendet-les à la mer et haies mon courage.A nouveau faites-moi seul.Préservet-moi des courants.Je ne veux observer que vos étoiles et de me guider que d’elles, Eprouves-moi dans les nuages et dans les absences de lune mais ne me retires pas le soutien des illusions parfaites, la foi des rêves et les forces titanesques de la prière.Mon espoir en Vous.Gup MAUFFETTE La Saison Musicale à New-York La Philharmonie de New-York Amérique.Partout la critique re- après avoir ouvert sa lOSIème sal son sous la direction brillante de ion "Musical Director” Dr Arthur Rodzlnski a eu comme premier Invité l'éminent chef d'orchestre français Pierre Monteux.Je l'ai connu en 1836 quand il était premier viola solo aux Concerts Colonne à Paris, et, à ce moment Il était considéré comme un des meilleur vloltlstcs d'Europe, Il n’y est pas resté longtemps, car la direction de l'orchestre l’attirait h un tel point qu’il a été mis à la tête d'un nouveau groupement de Jeunes musiciens qui s'occupait surtout à présenter au public parisien de la musique, non jouée par les deux orchestres attitrés de Paris: Lamoureux et Colonnê.Pierre Monteux Introduisait à Paris la musique de Stravinsky.Je n'oublierai jamais la première du "Sacre du Printemps” qui a été sifflé et hué, mais cela ne décourageait pas le Jeune chef d'orchos-trp.Il continuait avec ténacité son chemin tracé.A côté des modernes, 11 se distinguait tout particulièrement dans l’interprétation des oeuvres sublimes de Brahms, pas encore appréciées par le public parisien.Pendant la guerre de 1914-1318, Monteux était, au début, dans les tranchées à Solssons et dans l'Ar-gonne.mais le gouvernement préféra le retirer du front pour l'envoyer à l'étranger représenter l’Art français.Il est venu aux Etats-Unis en 1916-17 avec le Ballet Rus-ae de Dlaghlheff qui eut tant de succès.Monteux a dirigé successivement, depuis-ce temps, plus de 60 orchestres en Europe et en connaissait son mérite transcendant et comme Interprète et corn-me musicien raffiné.Olin Downes, le critique universellement connu du New York Times, certainement pas un bé nlsseur, comble Monteux d'é’.oge» comme Interprète de Brahms, doc: il a joué la 3ième Symphonie aine! que de Beethoven dont la première Symphonie a été rendue avec un regain de raideur et de finesse.Monteux a aussi présenté un jeune planiste prodige de 16 aai.Léon Feischer, de San Francisco, qui a étonné tout le monde avec l’interprétation si musicale du difficile concerto de Brahms en ré mineur.Pour un artiste si, jeune, c'est peu ordinaire.Le deuxième soliste était Ml-chael Rosenker qui jouait le con-certo en ré mineur de Sibelius, Ce violoniste qui partage le pupitre de concertmaeister avec Corriglia-no a superbement joué; cependant, son violon avait bien du mal i se faire entendre à travers l’accompagnement de l’orcheatre.Son ton n’étalt pas assez fort tout en étant suave et doux.Pierre Monteux a dirigé en tout huit concerts à la Philharmonie et nous souhaitons qu'il reviendra bientôt.On vient de m'annoncer qu'un Jeune Canadien, Ross Pratt, de Montréal, vient d'être engagé pour une série de concerts à Mexico musicien puisse l’interpréter de fa-étudié à l’Académie Royale de Londres et également avec Harold Claxton, En ce moment il eat en tournée au Canada.Marcel M.BILT) New-York, le 16 novembre 1944.“Since You Went Away” en 2e semaine La direction présentera "Since You Went Away", avec Claudette Colbert, Joseph Cotten, Jennifer Jones, Shirley Temple, Monty Wool-ley, Lionel Barrymore et Robert Walker.Le film nous présente une famille américaine du Middle-West.Ses activités, ses joies, ses peines, «es projets, se» réalisations, sont toute chose plausible que Ton trouverait dans n’importe quelle famille de classe moyenne.Ladies ’ Morning Musical Club Nadia Reisenberg.célèbre pianiste russe, reçut «on éducation musicale à St-Petersbourg, au Conservatoire Impérial où elle é.udi.i sous la direction du grand Leonid NIcolaicv.Nadia Reisenberg a à son acquit d'avoir -fait connaître en co-citnl les principales oeuvres pour piano des compositeurs russe.» contemporains: Miasskovsky, Schoenberg, Stravinsky, Shostako-vlteh, etc.Nadia Reisenberg s’intéresse aussi à la musique Je chambre et fait partie de plusieurs organisations du genre.C'est avec grande joie que le comité du L.M.M.C.présente â ses abonnées, le 30 de ce mois, â 3 heures de l'après-midi à l'hôtel Ritz-Carlton, la grande artrtte qu'est Nadia Reis.nberg dans ie programme suivant: Air, Variations, Presto .Haendel Sonate no 1 en fa mineur.Schumann Barcarolle, Op.GO .Chopin Nocturne, Op.55 no 2 en mi b majeur .Chopin Tarentelle, Op.43 .Cbjtr.u Etude-Tableau.Op.33 no 8 en sol mineur .Rachmaninoff Prélude Op.23 no 9 en mi b mineur .Rachmaninoff | Prélude Op.32 no 5 en sol majeur.Ra-.'hmaninoff I Mouvement dansant - gal .Babin ; Confidence Op.96 .Prokokieff j i Toccate, Op.Il .Prokokieff I HT ill mm imm mm „ (i ¦spip -mm WÊmmm wr- 1,300,000 PAIRES DE PLUS —L’ANNÉE DERNIERE Au court des doux* dsrniert mois, la pro-duction canadienne de souliers pour enfants a été 25% plus élevée qu’en 1939— ce qui constitue un chiffre record, obtenu grâce à la rationalisation de la production sous ta surveillance de l’Administration de l’industrie de la chaussure, Commission des Prix et du Commerce, et à la coopération des fabricants.Et ceci a été accompli sans nuire à la fabrication de beaucoup d'autres modèles de souliers plut essentiels, à l'usage des ouvriers des usines de guerre, qui usent leurs chaussures beaucoup plus vite qu'â l'ordinaire.LES SOULIERS A SEMELLES DE CAOUTCHOUC DISPARAISSENT PAR ENCHANTEMENT En temps normal, la plupart des jeunes Canadiens "y usaient chaque année aumoinsune pairede souliers de toile avec semelles en caoutchouc.Mais les sources d approvisionnement de caoutchouc naturel ayant été coupées par l'ennemi, la fabrication des chaussures requérant du caoutchouc a été sérieusement restreinte.On emploie maintenant du caoutchouc synthétique ou regénéré dans la fabrication de ce genre de chaussures.Le nombre de paires disponibles s'est accru cette année et il sera plus considérable Tannée prochaine.Les souliers à semelles de cuir ont remplacé les souliers à semelles de caoutchouc, mais les premiers exigent plus de soin, sinon ils s’usent rapidement.Par exemple, si les souliers en cuir sont mouilles, on doit les faire sécher lentement, pas trop près du feu et les cirer.Ce n'est pas toujours la qualité intérieure d un soulier, mais le manque de soin, qui en raccourcit la durée.Av move" d* l'itobUnemenl de S d'Approvilionnement».dÆ.lonwr>.iH.«.P^ dvetion de» destiné** f* /T à e.a** Y o’” morchondije* wf I, marché et qu« '° 3“° M de* produit* Toutefois, ùcaine d^a roreté de la mo.n-do.u^» «t de* matière» première», U (oraommoteuf ne peu ovoir en temp» de guerre tout ce qu'il demonde.LE CUIR SERT A LA GUERRE 2jRAïaSfrSl«fe «> compt, de la main.souliers d'enfants, mais il faut réserver presque tout ce cuir pour les chaussures de nos soldats.L'ne partie des peaux nécessaires nous venaient de l'Amérique du Sud et d'autres pays.La guerre a réduit nos importations, et nous éprouvons des difficultés à nous procurer suffisamment de peaux a l'étranger et au pays, et à les faire tanner, faute de main-d'œuvre.Toutefois, la fabrication des chaussures de qualité a été poussée au plus haut point.d œuvre et des matières pre mières disponibles.Bien que les ouvriers de la chaussure aient fait des heures supplémentaires, il est impossible, en temps de guerre, d'augmenter la produc-lion pour des fins civiles ou de \ i\ convertir l'outillage d’une manu- > facture, en vue de fabriquer des souliers d un autre genre, par exemple des souliers pour enfants -f au lieu des souliers pour dames.Les procédés, les machines et les (ormes sont différents.I* S-»*^ 1« €•»*•***•* _ (•••nt •• ***** LES PEAUX DE CUIR DEVIENNENT DES SOULIERS citrri^aI!!,!fu'.n fi.e_cu_’ren te^Ps de guerre, du meilleur cuir.Les autres catégories de sunout pour les chaussures.Un soldat requiert quatre paires de souliers durant sa première annee d’instruction militaire, et ensuite, trois paires par année.Mais ce qui est plus important encore, c’est de ressemeler chaussures, quatre ou cinq fois par anné?Les chaussures des militaires sont faites cuir sont donc employées pour les besoins civils.On se sert également de cuir pour les gilets et les mitaines des aviateurs.Il aussi du cuir pour confectionner les courroies des machines des usines de guerre et les harnais dont se servent les cultivateurs.Le meilleur cuir sert donc à la guerre.ff ffMMISSIOH DES PR,X ET DU COMMERCE EN TEMPS DE CÜERRE crm ANNONCf f ait PAini d'une se'*« de messages donnant us faits conceunant ^'approvisionnement des marchandises courantes Montréal, samedi 25 novembre 1944 —¦ VOLTAIRE (250e anniversaire) Ers nmrmhrr I6'>4, naissait à l'nris François-Marin .troua.Esprit indépendant dà sa jeunesse, il est exilé en province à 2i> ans pour une satire poétique contre le Hé pent et sa fille: de retour, une nouvelle satire, contre Louis \IL, le fait emprisonner un an À la Hastillc: en sortant de là à 24 ans.d fait jouer sa pièce “Oedipe" qui est très acclamée; puis, à la suite d’une querelle avec le chevalier de Rohan en 1725, il est hâtonnâ et rentre de nouveau à la Hastillc.4insi commença à se manifester fesprit sans doute le plus délié et le plus cumhattif de tous les temps.l'ar ailleurs, le préjugé sut accabler après sa mort relui que l’on osa peu affronter de son vivant.Si Voltaire fut rusé dans sa casuistique, il faut reconnaître qu'en retour personne n'eut plus nue lui à subir une calomnie plus unanime, plus ignorante plus rampante.Mais comment Voltaire pouvait-il aussi s'attendre, avec son talent, à être si peu lu ou du moins défendu?En premier lieu, l'on exagéra la portée de plusieurs mots de Voltaire: tout spécialement, l'on prétendit que "l'infâme" que combattit tant Voltaire était le catholicisme, quand c'était tout simplement l'hypocrisie sous toutes ses formes.I)e même, on fit une montagne d’une minime allusion de trois lignes aux argents de neige du Canada ("Candide, ch.XXIII)• Combien ne savent de Voltaire que cette prétendue horreur qui leur corne encore aux oreilles, pour avoir mille fois lu ce mot toujours si burlesquement commenté! Presque tous encore, sans avoir lu Voltaire, s'accordent à le déclarer fort superficiel, sur l'affirmation éhontée de quelque piteux professeur.Que ceux qui répètent ce jugement par espèce de tradition lisent donc seulement quelques “Dialogues philosophiques", parfois comparables aux dialogues merveilleux de Socrate.Un mot célèbre du roi de Prusse est ici à retenir: “Ce n’est pas un seul homme qui fait le travail prodigieux que l’on attribue à M.de Voltaire: il y a à Cirey une Académie composée de l'élite de l'univers .et l'ouvrage de cette Académie sc publie sous le nom de Voltaire.” Quand la grande critique admet que Voltaire toucha n tous les genres sans s’être montré médiocre dans aucun, l'on nous rappellera à foison que son contemporain Diderot a évalué que Voltaire avait été second en tout.Comme par ironie enfin, c'est surtout à Voltaire que nous devons l’apothéose de “Rritannicus ’ et (f “Athalie", pièces peu goûtées du temps de Racine.Nomme-t-on souvent qui a proclamé “Britannicus” la “pièce des connaisseurs”.v Et “Athalie” fut peut-être restée un four, alors qu'elle, est presque devenue, depuis que La écrit Voltaire, “le chef-d'oeuvre de.l’esprit humain”.LE JOUR Page 5 esprit Henri TRANQUILLE DAME en NOIR par Camille MAYRA N Edité par Sequana — distribué par Pascal Ce roman sc recommande surtout par la qualité remarquable de son écriture.Le style est d’une élégance et d’une perfection qui s’adaptent parfaitement au traitement tout en nuances du sujet délicat.Une oeuvre qui se lit avec plaisir pour sa valeur artistique plutôt que pour des situations d’un intérêt palpitant, ou pour une intrigue dont l’agencement nous entraînerait vers la fin, liés par une curiosité piquée à vif.Le sujet est simple et gracieux, traité cependant avec une franchise qui rend l'ouvrage d’une lecture profitable pour les jeunes filles catholiques de bonne famille.La troublante question: “la future épousée doit-elle savoir ce qui l’attend dans le mariage?” reçoit ici une question pleine de tact.Mlle Paule de La Houssoye va épouser un jeune médecin, Yves Noyelle.A la suite d’une visite du fiancé, Mme de La Houssoye observe chez Paule un trouble inaccoutumé.Elle confesse Ba fille et celle-ci lui fait lire une lettre d’Yves dans laquelle le jeune homme — avec infiniment de délicatesse et de réserve — lui révèle lu communion physique intime et profonde qu’ils doivent connaître dans le mariage.Cette révélation a bouleversé l’innocente ignorance de Paule.Alors, Mme de La Houssoye — la dame en noir — évoque son propre mariage à Xavier de La Houssoye, bel officier inintelligent qui, après avoir mené la vie plus ou moins débauchée des gens de son monde, a voulu épouser une petite oie blanche et a tenu à ce que celle-ci garde, dans le mariage, la honte du plaisir qu’il pouvait lui donner.Ce séduisant soudard est courageusement mort pour la patrie, quand la guerre est venue.C’est sans doute tout ce qu’il savait faire.Et la jeune veuve, tenue par une mère à l’esprit étroit et aux préjugés rigides, a mené depuis une existence dont tout le vide ne lui apparaît qu’aujourd’hui.Mme de La Houssoye ne peut s’empêcher d’envier un peu sa fille, à qui la prévoyance délicate autant qu’éclairée de son fiancé promet une vie plus heureuse et mieux remplie.Cette simple histoire est si bien racontée qu’on ne saurait ny point goûter de charme.Mme Camille Mayran a su réussir cette chose rare: un bon roman qui le soit dans les deux sens du terme.E.-Ch.H.Protection four us Finns successions Toute «recession mérite la protection qu’apportent les bons offices d'une Société de Fiducie.Et si vos biens sont peu considérables, il est d'autant plus important que vous fassiez en sorte que vos dépendants retirent le plus d'avantages possibles de ce que vous leur laisserez.Gardez-vous de croire que les petites successions n'intéressent pas la Société de Fiducie, ou encore que ses honoraires sont plus élevés que ceux d'un simple particulier.The Royal Trust Company a en administration des successions de toutes les importances, de cinq mille dollars et de cinq cent mille dollars et plus, et chacune d'elles jouit des mêmes soins attentifs, de la même administration expérimentée, de la même sûreté corporative, à peu de frais.En nommant The Royal Trust Company comme votre Exécuteur Testamentaire, vous procurez à ceux qui dépendent de vous une plus grande mesure de protection.N’hésitez pat à nous demander des renseignements.Nous vous aiderons volontiers à projeter votre testament.THE ROYAL TRUST SECUMTf coiroiAnvt COMPANY 105 ouest, rue St-Jacques HArbour 4221 SMVIC! rciscNNfi Les riches heures par Marcelle Michelin Brentano’s M- Julien Benda, dans son Properce, si j'ai bonne mémoire, avance que "les grands événements histo-nques doivent être vus de la coulisse, montrés sous f.ur .as!,cc* d humanité moyenne et familière’ , t e qui “1C**a'* * prendre la défense du Waterloo de la Chartreuse de Parme contre celui des Misérables; ce qui lui fera préférer sans doute dans le tond de son coeur Les dieux ont soif à la Révolution de M- Michelet.Le problème de la reconstitution historique demeure irrérolu, car l’adaptation "familière" est impossible si elle ne s'appuie sur quelque document.Mais chercher à apposer les mérites des deux genres différents est assez vain; contentons-nous de cette opinion, fort modérée, tirée de l’ouvrage déjà mentionné : La présentation des grands sujets sous le jour de I intime nie semblait une des choses les plus savoureuses de l'art littéraire".Je sais qu'un esprit chagrin se défiera de M.Benda, pensant que l’auteur de La trahison des clercs est aussi l'auteur de La grande épreuve des démocraties.Le pauvre, il y verra illogisme, et me dira que cette autorité n’est guère valable.Ce débat nous entraînerait loin et, malgré mon esprit chicaneur, je refuse de m'y aventurer., Le grand sujet,— la France de Jeanne d’Arc et de Louis XI — Mademoiselle Michelin l'aborde par des chemins de traverse.Eut-elle l'intuition que les lumières du "jour de l’intime", pour être moins fulgurantes que certains phares haut juchés, conservent cependant un attrait singulier ?Je l'en soupçonne volontiers.M.Gustave Cohen, avec l’art d’enchanteur qu’on lui connaît, situe admirablement, dans un Avant* Propos, ces contes écrits dans une langue savoureuse, teintée d’un rien d'archaïsme."Autant que son érudition, écrit M.Cohen, sa réussite est faite d imagination, de don d’évocation du passé, de connaissance de l’ancienne langue", autant de choses qui ne peuvent que surprendre chez cette jeune Française, “argentine de de naissance, franc-comtoise de père et mère, américaine d’éducation, bachelière du lycée français de New York, étudiante en médecine de l’Université de Montréal".Et l'on m’assure qu'elle » à peine vingt ans.On ne le dirait pas, à lire Un soldat à Montlhéry : certaines descriptions atteignent à une puissance d’évocation assez rare, et le style robuste est loin de trahir l'auteur.Tout le petit peuple qu'elle évoque, Mademoiselle Michelin sait l’animer d’une sensibilité discrète, mais toujours présente.La tendresse qu'elle lui voue retient ses contes d’apparaître comme de sèches reconstitutions académiques, car c’est l'âme d’un peuple qu’elle a désiré rejoindre à travers les événements, les dates et les grands noms.On ne peut s empêcher de conclure avec elle : "Les hommes passent, mais leur oeuvre demeure.Tournons-nous vers la France de Loys XI.Elle est belle par-dessus toutes lex Frances, parce qu’elle grandit de la douleur commune d’un peuple éprouvé.Refoulée par l’invasion aux rives de la Loire, contrainte de se murer dans ses plus lointaines provinces, privées de ses plus riantes contrées, abandonnée de sa capitale, elle lutta avec toute l'obstination d'un peuple qui ne tait pas mourir.Quiconque aime voir évoquer sous "le jour de l’intime" et du familier des heures de France qui lurent riches entre toutes ne lira pas sans quelque émotion ces contes charmants de Marcelle Michelin.La quête de l'existence par Edmond Labelle Fides Que les poètes ne font-ils comme les peintres et laissent à leur thuriféraires le soin de déduire les théories de leurs oeuvres ?Edmond Labelle a sans doute lu l'Art poétique de Claudel et la Vie recluse ea poésie; le malheur, c’est qu’il s’en souvienne.M.Labelle ouvre ainsi son livre : "Au point de départ de toute recherche humaine comme à son terme, là ou sourd inextricablement la source de la connaissance, puis, plus loin, quand s’élargissent ces bassins de la science creusés de main d’homme, vers la mer inaccessible, au cours de la plus intense distraction ou de la plus faible activité, dès le seuil de l’abstraction introduisant au jeu hallucinant des nmoirs qui se renvoient indéfiniment l’image d'une réflexion, antérieurement à léseil delà conscience jusqu’à l’extase natuielle, est impliquée nécessairement l’affirmation de l’être".Ici.on reprend son souffle.On compte : un.deux, trois.Et on repart.Il y en a pour 68 pages.A la fin, on est supposé avoir trouvé ce que M.Labelle appelle I' "Existentiel ’.Je n'essaierai point de vous définir l'Existentiel, car j'avoue n’y pas avoir compris grand chose.Je laissr ce soin a NI.Labelle : "De la notion d’être, la plus universelle, monopolisant tout ce qui de quelque façon a raison d’étie, de cette acception de l'être en tant qu'être, objet formel de la métaphysique, si je néglige les êtres dç raison et possibles, jrour délibérément me tourner (nette orientation en ce carrefour) vers ces êtres qui, dans la réalité, indépendants de la considération de mon esprit, existent, commettent l'acte d'exister: Dieu essentiellement et les créatuies seulement par participation, je dégage l'aspect existentiel, plus restreint, bien entendu, mais autrement plus objectif, puisqu'il ignore le logique et l’hvjvothétiqu**, et plus savoureux, accaparé par le Créateur et son opulente ineffable création".Voilà qui fera jrâmer d’aise notre ami Hertel qui, pareillement, se vantr d'ignorer le logique !.Dans tous les cas, l'Existentiel, c est çal.Rien que çal Critr phraséologie pédante, sinon puérile, rst d’autant plus regrettable que les poème» qui la suivent sont très beaux.Qu'Edmond Labelle laisse à d’autres le métier d’écrire une prose aussi illisible; ses dons de poète sont authentiques et se passent de ce genre de présentation qui ne fait qu'indisposer le lecteur.Le Récitatif à la lune est ceitainemrnt de la meilleure veine poétique : "Or j’ai franchi le scull ilr l,i rie meure I quotidienne, ” Où, aoua des plafond* bu* et lourd* lit porter, lea persiennes “ llpstirique* lueurs sur des murs suintant I l'ennui, "Croupissait dans l’ombre stagnante un idoucedhe aujourd'hui Vision est un autre beau poème, et II neige, qui est peut-être un peu long, à mon goût.Air de muitlte devant la crèche est une charmante petite chose : " Un mage pas trop -sage " Et quelque peu volage " h’pris en son Jeune tige " Moins de pèlerinages '' Que do vagabondages; " Un mage, petit personnage, "N’arrivant pas, tniinunt bagage.•' D'un long voyage en é'iuiptuie, " (A uraS dire : du voisinage fi " Un nouveau mage, " Sans cadeau, " Sans chameau, " Malgré l’usage.Hymne eu printemps, dont voici : " L'hiver a disparu, " L'ours blanc qui regagne le pèle solitaire "Parmi les phoques mous luisant aux [clartés funéraires, " Déjà l'hiver n'esl plus " Im neige s’est fanée, ta glace a fait [de l'eau "Et la bise a molli comme une haleine I sur mtt peau.Tryptique d’automne est un autre beau poème, de même que les Tercets.En guise d’art poétique me plait moins, mais le Prélude, "Déesse, le prélude implorant sous | tes doigts “ Exalte un grave amour, .rappelle un peu certain poème de Nelligan.' Telle qu’elle, la Quête de l’existence contient une prose exécrable et de* poèmes que je mettrai» dans n’imjiorle quelle anthologie canadienne de haute tenue.Le sens du verbe, Edmond Labelle le possède; si l’ésotérisme qu’il cultive c’est son droit présente des inconvénient», comme celui de rendre la phrase gratuite, du moins aux yeux du lecteur, on peut dire qu’il conserve encore assez de clarté.Moins longs, quelques-uns de ces poème» sembleraient moins essoufflés vers la fin.Mais ces défaut» sont secondaires; il reste qu’Ldmorid Labelle se présente du premier coup comme un poète avec lequel il faut compter.P.G.Le Horla par City (te Maupassant MUSIQUE par Léo-Pol Morin BEAUCHEMIN Les nombreux amis et admira-| leurs demeurés fidèles à la mémoire de Léo-Pol Morin accueilleront ;.vec joie la publication, par les Editions Beauchemin, des études et | textes divers laissés par le regretté .musicien.Ainsi que "écrivait fort juste-; ment notre confrre Marcel Valois: "Par ce choix de chroniques et ! de causeries, Lco-Pol Morin va Morin écrivait beaucoup et se servait souvent de scs anciens articles pour en rédiger de nouveaux sut un même sujet de musique.Mais sa richesse intellectuelle, son sens critique, sa vive imagination, lui suggéraient toujours de i idées nouvelles.De sorte que deux ou trois études sur un même thème peuvent renfermer des ressemblances, des paragraphes identiques, et cire pourtant très differentes.On a tenu à respecter non seulement le texte, mais aussi la pensée du musicien •lans ses phases diverses et tes rit- ressent a la musique savent quel dévoué serviteur cet art avait trouvé en M.Léo-Pol Morin; on ne rappellera tout particulièrement ce qu’il a fait pour faire connaître au Canada la musique française moderne.Ceux qui avaient entendu ce pianiste jouer, au début de la deuxième .pects changeants.Une étude de saison des Concerts Symphoniques, j Debussy, |0r musique allemande, le Concerto Champêtre de Poulenc I iur un 0péra, etc„ se développait lui ont gardé de cette révélation [parfois en une conférence pour la continuer dans le grand public et une profonde reconnaissance.; radio, puis en un article de journal.! surtout parmi la jeunesse de vivre j On retrouve avec plaisir, dans le /,ei jJéts de l'écrivain se transfor-pour la cause de la musique qu'il ( volume publié par la maison 'Beau- i majcni à propos d'un même sujet.! servit avec tant d'intelligence et de ; chemin, telle chronique lue avec j car Léo-Pol Morin avait un esprit j verve.: intérêt, puis perdue avec le journal \ vivant, sensible et créateur." .''A relire ces textes les uns à : où elle avait paru; telle causerie ! j^., édite-ura ont tuivi un ordre lia suite des autres, on constate j entendue à la radio et qui nous ! logique pour le clas-ernent des étu-; l'étendue de sa curiosité d'esprit, la j avait plu, mais que l’on a ensuite rje, contenues dan» le volume qu’ils modération et la finesse de ses ju- j oubliée sous l’effet du temps.nou, présentent.Quelque» ind.-a-: Pemcnts, la profondeur de son at- j Citons encore cette note des j !l0m manuscrites de Fauteur les ont lâchement à l’art.| éditeurs: | aidés.''Dans tout le volume il nji a j "fl se trouve des répétitions, quel- [a livre, bien présenté, es' orné pas un article indifférent, et nom- \ques-unes redites dans certaines d’un portrait d» I é>Po! Mortn j ¦ breux sont ceux que seul Morin j études publiées ici.On n'a pas exéeut- par Adrien Hébert.pouvait écrire.Sa vie, tragique- j cru devoir les supprimer.fÂo-Pol * ment écourtée, nous a privés de ses ! jugements toujours pertinents, lumineux et personnels.Pour les jeunes j amis de l'art s’éveillant à la musi- j ; que d'orchestre, ce livre constituera j (Suite) 18 août.— |’ai songé loulr la j journée.Oh! oui, je vais lui ol>éir, I suivre ses impulsions» accomplir | toutes ses volonté», me faire humble, ! -minus, lâche.1! est le plus fort, i Mais une heure viendra., 19 août.— Je sais., .je sais.| je mis tout! Je viens de lire ceci dans la Revue du Monde Scienti-jfiijuc: "lue nouvelle assez curieuse nous arrive de Rio de Janeiro, l ne folie, une épidémie de folie, comparable aux démences conta-! rieuses qui atteignirent les peuple» | d Ltiro|>e au moyen âge, sévit en ce I moment dans la province de Sao Paulo.Les habitant» éperdu» quittent leur» maisons, désertent leurs villages, abandonnent leui» cultures, se disant poursuivis, possédé», gouvernés comme un Ivélail humain par des êtres invisibles bien que tangibles, de» sortes de vampires qui »r nourrissent de leur vie, {rendant leur sommeil, et qui boivent en outre de l’eau et du lait tans paraître toucher à aucun autre aliment "M.le professeur Don Pedro I lenrique, accompagné de plusieurs savants médecins, est jiarti jiour la jirovïnce de Sao Paulo, afin d’étudier sur place le» origine» et le» manifestation» de celte surprenante folie, et de proposer à l’Empereur le» mesures qui lui paraîtront le plus projire» à rapjicler à la raison ces populations en délire." Ah! ah! je me rappel le, je me rapjrelle le Ireau trois-mâts brésilien qui jiassa sous mes fenêtres en remontant la .Seine, le 8 mai dernier! le le trouvai si joli, si blanc, si gai! L’Etre était dessus, venant de là-bas, où sa lace est née! Et il m’a vu! Il a vu ma demeure blanche aussi; et il a sauté du navire sur la rive.Oh! mon Dieu! A picsent, je sais, je devine.Le règne de l’homme est fini.Il est venu, Celui que redoutaient les premières terreur» des peuple» naïfs, Celui qts’exorci«aient les prêtre» inquiets, que le» sorcier» évoquaient par les nuits «ombres, sans le voir a|>para!tre encore, à qui les jiressenlimeiits des maîtres |iassagrrs du monde prêtèrent toutes le» formes monstrueuse» ou gracieuses des gnomes, des esprits, des génies, des fées, des farfadets, Après les grossières conceptions de l’épouvante primitive, des homme» jilus perspicaces l’ont pressenti |»lu» clairement.Mesmer l’avait deviné, et les médecin», dqniii dix an» déjà, ont découvert, d’une façon précise, In nature de sa jaiis-sance avant qu’il l’eût exercée lui-même.Il» ont joué avec celle arme du Seigneur nouveau, la domination d’un mystérieux vouloir »ur l’âme humaine devenue esclave.Ils ont appelé cela magnéti-me, hypnotisme, suggestion.,, que »ai«-je> Je le» ai vu* s’amuser comme de» enfants imprudent* avec celte horrible puissance! Malheur à nous! Malheur à l’homme! Il est venu, le.le.,, comment se nmnme-t-il?.le., il rne semble qu’il rne crie »or> nom, et je ne l’entends pas, .le., oui.,, il le crie.J’éroute.je ne jxux pas., répète.le.Horla.J’ai entendu., , le I forla , .c’est lui.le Horla.il est venu!,,.Ali! le vautour a mangé la colombe, le loup a rnangé le mouton; le lion a dévoré le buffle aux corne* aigue»; l’homme a tué le lion avec la flèche, avec le glaive, avec la poudre; mais le Horla va faire de l’homme ce que nou* avons fait du cheval et du boeuf: sa chose, son serviteur et »a nourriture.par la seule puissance rie sa volonté.Malheur à nous! Pourtant, l’animal, quelquefois, se révolte et tue celui qui l’a dompté.moi aussi, je veux.je pourrai., , mai* il faut le connaître, le toucher, le voir! 1rs savant* disent que l’rxil de la la roles du moine du Mont-Saint-Michel ; "Est-ce quel nous voyons la cent-miHièrne partie de ce qui existe ?I erie/, voici le j vent qui est la jilus grande force j de la nature, qui rerivere le» horn-1 rns, ahat les édifice», déracine le-arhres, soulève la mer en montagne» d’eau, détruit le» falaises et jette aux brisant s le» grands navire-,; !; coeur battant.Un volume de 224 pages publié par les Editions Variétés.Prix: $1.25 par la poste, $1.35.En vente dans toutes les bonnes librairie* et aux Editions Variétés, 1410, .ue Stanley, Montréal, Canada.LONDRES.— Un centre expérimental de réhabilitation Industrielle, le premier dans ce pays, a été Inauguré & Roffey Park, Horsham, non seulement pour les employés des bureaux de guerre et des manufactures, mais aussi poulies militaires exemptés qui ne peuvent s'adapter à l'industrie.Comparative Literature Studie*.Cahiers de Littérature ati actuelles, de lutter pour le respect et le maintien des valeur* sp:ri” ci'] en Grande-Bietagne.Le double numéro, qui vient de nous débute par un essai posthume "Sur le Goût du Théâtre", du grand lett-fiançais, Paul Hazard, gland ami de la Grande-Bretagne et des Etats Unis, membre de l'Académie Française, professeur nu Collège de Fran^' depuis 1926 et co-directeur, avec M.Fernand Bvtldenspeiger
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