Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 21 avril 1945, samedi 21 avril 1945
gième ANNÉE No 33 5 CENTS LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Directeur• Fondateur : Jean-Charles Harvey 21 avril 1945 Aussi longtemps (/no le* choses iront sys I v ni a tiq u cm en t mal, je continuerai sys t e ni a ti quemon t à dira qu'elles no vont pas bien — Henri ROCHEFORT Administration et rédaction, 180 est, nie Sainte-Catherine (suite 44), Montréal Case postale 20, Station — Tel.‘PLatenu 8171 UN ABCÈS CREVE Rédacteur en chef: Emlle-CIinrleg llnmel C.B.C.QUI VA BÂTIR?Le 1er mai n’est plus le jour pittoresque que nous avons connu avant la guerre.C’était alors, dans toutes les rues de la ville, une procession de camions remplis île meubles, de matelas, d'ustensiles et de guenilles.Les pianos se promenaient d’un quartier à l’autre et d’un étage à l’autre.Les ménagères affairées, énervée*, suantes, s’engueulaient avec les déménageurs.C'était le beau temps où il y avait pléthore de logements.La guerre, avec ses restrictions et ses mesures de priorité iur les matériaux u durement frappé l'industrie du bâtiment.On n’a pu construire qu’un très petit nombre de maisons et d'appartements.Les usines de guerre s’étant agrandies ou multipliées, la population des campagnes et des centres ruraux a afflué vers la cité.D’ou un encombrement sans précédent.A l’heure actuelle, des milliers de familles et de particuliers sont mal logés ou ignorent où ils habiteront demain.Pour un bon nombre, le seul espace disponible est la rue ou le jar lin public.C'est la crise du logement.On abordait récemment ce problème urgent à l’assemblée législative de Québec.Quelques politiciens, méconnaissant les nécessités militaires, ont voulu se faire du capital électoral en rejetant la responsabilité sur le gouvernement du Canada.Mais il est indéniable que la population civile ne saurait demeurer longtemps dans un si grave embarras.L’autorité fédérale a cru encourager efficacement la petite propriété en instituant une organisation de prêts à bas intérêt, dont le capital est remboursable par versements faciles uvcc échéance k long terme.C’est là une initiative louable.Combien de citoyens profiteront de ce secours de l’Etat?Ce n’est pas tout d’avoir de l’argent pour bâtir.Le taux de l’intérêt importe moins, à notre sens, que le coût des travaux et l’excès des taxes sur l’immeuble.Au prix que l’on paie actuellement la main d’oeuvre dans nos villes et même à la campagne, le petit capital prêté avec l’aide du gouvernement ne suffira jamais.L’autre jour, un propriétaire de Montréal, voulant réparer sa maison, engagea à cet effet quelques grands garçons — ils fréquentaient encore l’école qu’il s’offrit de payer 40 et 50 cents l’heure.Ils acceptèrent avec joie et se mirent au travail avec entrain.Tout le monde était content lorsqu’un représentant de l’Union ouvrière survint et déclara que les garçons, travaillant un jour férié, devaient recevoir, en vertu du règlement syndical, le salaire régulier plus “temps double”, soit $1.90 l’heure.En outre, ajouta-t-il, comme ces ouvriers n’ont ni leur carte de l’union ni leur certificat de compétence, il n’est pas permis de les laisser travailler.On imuginc l’cbalitssenicnt du pauvre proprio.J’approuve les ouvriers unis d’améliorer leur condition de travail et de salaire, mais aussi je m’ingénie à découvrir quels sont ceux des petits épargnants qui, dans des conditions pareilles, seront en mesure de profiter du système de prêts d’Etat.Je ne critique personne: je pose une question et cherche une solution.Un certain nombre de petits capitalistes bâtiront des maisons avec l’idée de les louer.A quel prix?En dépit du plafonnement imposé par la Commission des Prix et du Commerce, je sais des cas où des logements, qui ne devaient se louer normalement que trente-cinq à quarante dollars, rapportent aujourd’hui plus de $70 par mois, et, le plus souvent, ceux qui liaient cette somme n’en ont pas les moyens.On sait pourquoi.Il semble que seuls quelques exploiteurs du public sc tireront d’affaire.Et les •ut res?Les autres, ce sont des gens de revenus moindres, c’est-à-dire, tcux-là mêmes que l’on voudrait faire propriétaires, lis ne • ¦ Built A la page • - Jean-Charles HARVEY Sur les Canadiens dorigine juive Je publiais, la semaine dernière, sous le titre "Peuples élus et groupes maudits”, un long article contre l’antisémitisme et le racisme.Je ne saurais dénoncer avec trop d énergie les abominables persécutions contre les Juifs, et je trouve qu il faut une dose considérable de sottise pour imaginer que les descendants d’Israël forment une humanité à part.Pour avoir exprimé ces vérités élémentaires, certains énergumènes, qui voient du Juif dans tous les malheurs du monde, m’ont adressé de sévères reproches.Malheureusement aussi, des Canadiens d’origine sémitique, qui ne tiennent pas assez compte du combat que je livre contre le racisme depuis bientôt huit ans et qui n’ont pas menu* lu comme il le fallait mon article de la semaine dernière, que je faisais par dévouement pour la justice, me reprochent *• vèrement d avoir indiqué, dans une note, à la fin, certains défauts attribuables, je crois, à une minorité.Je déclarais entre autres qu’ils ont contribué à lortifier le racisme en se croyant le peuple élu de Dieu, qu'ils sont en partie responsables d’une sorte de sémitisme international, que plusieurs d entre eux ne semblent pas connaître assez l’étique commerciale t *t enfin que des groupes ont conservé un esprit grégaire.Cette note, je l’avoue, demandait des explications.C e*t ce qui a provoqué le désappointement de plusieurs.Je ni empresse donc de dire que jamais je ne considère les Canadiens d’origine juive en fonction de la race.Pour moi.il y a des gens de couleur, des noirs, des jaunes et des blancs: il n'y a qu'une seule race, et c e«t la race humaine.Lorsque j'indique certains défauts de* •emites — comme je le fais d’ailleurs pour les Laurentiens, les Anglais et autres — je n'entends nullement comprendre tous les Juifs.Il t'agit de petite.s minorités qui, par leur attitude, ont pu nuire à la réputation d’une majorité, il y a des années que je critique les travers d'une minorité canadienne-francaise.otirquoi n’agirais-jc pas de la même façon pour les autre* groupes?U serait trop long ici d’entrer dans des considérations qui nous mèneraient trop loin.Espérons que l’occasion nous *era donnée de revenir sur le sujet.J ajoute cependant que le* Canadiens d'origine juive constituent, dans l'ensemble, un élément d’activité, d'intelligence et de progrès dans notre jeune nation.Je m’honore de l’amitié o un grand nombre d'entre eux et je n'iznore nullement qu’ils out fourni à la civilisation moderne des hommes et d*** femme* ïeaurquables dans tous les domaines.J.-Ch.II.Des racketeers qui exploitaient les artistes à raison de JO pourcent ou qui gardaient la part du lion dans les émissions commerciales, sont pris la main dans le sac M.Augustin Frigon exige des démissions.UN DOCUMENT ACCABLANT Ceci n’est pas une attaque contre Radio-Canada, rassurez-vous.Au cours de la première année de guerre, pour des raisons idéologiques qui avaient leur importance — les événements le démontrèrent dans la suite —, nous avons blâmé fréquemment la direction de nos réseaux d Etat de n’avoir pas su organiser à temps une campagne d'information et d’éducation pour un pauvre peuple qui allait être livré sans défense aux saboteurs de l’effort de guerre et de l’unité nationale; mais nous n’avons pas douté un seul instant de l'honnêteté et de la compétence de l'administrateur, M.Augustin Frigon.Après l’avoir un peu mieux connu, nous avons regretté certains mots trop vifs, trop durs, que l’on avait écrit ici contre lui.Il est un gentilhomme.C’est pourquoi il a dû être dégoûté autant que nous le sommes des petites saletés commises par certains personnages de son entourage.Il s’agit, en l’espèce, de sous-ordres qui, depuis de» années, exploitent les producteurs radiophoniques en acceptant ou exigeant d'eux des ristournes ou bien se faisant payer, en leur qualité d’intermédiaires, la part du lion.Samedi dernier, le hasard mettait sous mes yeux un document accablant pour ces messieurs.J’espère me procurer ce texte un jour, pour en délecter nos lecteurs.Ce document me révélait : 1 —Que, sur une émission commerciale, un monsieur déjà pourvu d’un gros salaire, recevait dix pour cent de l’auteur ; 2 — Que, sur une émission de guerre, celle de la R.C.A.K, il demanda encore dix pour cent — c’était l’argent du peuple; 3 — Que le racketeer, qui jusque-là avait pris des précautions infinies pour ne pas laisser de preuve, a été pris en flagrant délit et a contre lui des témoins oculaires; 4—Qu’un autre monsieur, simple intermédiaire, qui se faisait passer pour 1 auteur d un sketch composé par un confrère bien connu, a fait en quatre ans, sur ce seul programme, la somme d environ $40,000, alors que les artistes étaient médiocrement payés et que certain salaire était même diminué.Ces faits sont prouvés.Une foule d'autres du même genre seront révélés en temps et lieu.Je vous laisse le soin de deviner les noms.Environ 400 artistes et travailleurs de la radio le savent déjà.M.Augustin Frigon, nous dit-on, est bien décidé à sévir.Peut-être en aura-t-on entendu parler au moment où paraîtront ces lignes.Chose certaine, c’est une grande joie chez nombre d'auteurs et producteurs, qui, depuis longtemps, se voyaient exploités sans jamais pouvoir fournir des preuves tangibles.Les auteurs qui ne connaissaient pas le truc ne pouvaient pas obtenir un programme commercial.Il y a vingt ans que des rackets de ce genre existent à Montréal.Une foule de gens en parlaient.Fatalement, l’abcès devait crever.Et cette fois, il l’est bel et bien.Un nettoyage énergique s'impose donc de ce côté.Plus on agira avec fermeté, plus le public en sera reconnaissant à qui de droit.On ne doit pas craindre de livrer l’affaire à la publicité.Nous parlera-t-on de l’histoire de la “Métairie Rancourt’’ vendue à la Commission des Prix et du Commerce en temps de guerre ?Nous parlera-t-on de ces chèques de $50.00 à certain employé qui n’y avait aucun droit ?Nous parlera-t-on des incidents nombreux et parfois amusants que provoqua, au cours des années dernières, la cupidité de certains racketeers ?Est-ce que le Guild des Musiciens se soulagera enfin de l'amertume accumulée dans son sein pour la même cause ?Est-ce que l’Union des artistes dramatiques, le Guild des réalisateurs et l’Association des employés de la Radio n’auront pas enfin la joie de voir leur cauchemar sc dissiper ) Ça fait des années que ça dure ! En terminant, nous tenons à préciser : il ne s’agit nullement, ici, des programmes dits ’’sustaining’’ ou programmes du poste.Pour ceux-là, il n’y a aucun sujet de plainte.Paul RIVERIN ROOSEVELT Quand l'histoire s'écrira, on dira que les figures dominantes de la guerre actuelle furent Roosevelt, Churchill, Stal ine et probablement le général de Cjaulle.L'un de ces quatre hommes, sur qui repo-e le sort du monde, vient de mourir, et il semble qu’il ait été le plus universel, le plus généreux, le plus noble et le plus sensible d’entre eux.Il était le chef incontesté et le guide éclairé de la nation la plus puissante de la terre, et il était digne de l’être.Sur lui ont porté, pendant le plus formidable cataclysme de l'histoire, les responsabilités les plus lourdes et les décisions les plus graves, et il n’a jamais failli à la tâche.Il appartenait à l'humanité.C'est pourquoi sa mort a consterné chacun de nous, comme s'il avait été l'un des membre' de notre propre famille.Peu d'hommes auront laissé une trace aussi profonde, non seulement dans les annales du monde, mais dans le coeur de chacun.Quand, à la fin de l'été 1939, tout compromis devint impossible avec Hitler, qui portait un défi à la civilisation et à la liberté humaines, tous les regards se tournèrent vers les Etats-Unis.On savait que, contre un ennemi aussi puissamment préparé que l’Allemagne, la partie serait plus que dure.La Russie ne marchant pas, pour l’heure, on se demandait ce que deviendrait les nations démocratiques sans la première des démocraties.En courant d'isolationnisme traversait la nation américaine.La propagande nazie, active depuis des années, avait fait son oeuvre.Et i! fallait compter avec ces vieux éléments d’égoisme et d'imprévoyance, qui, après la première | guerre mondiale, avaient renié la signature du pré :-: dent Wilson, auteur principal du traité de Versailles jet inspirateur de l'idée généreuse de la Société des 1 Nation*.Au milieu de ces agents d'isolemenV un j homme voyait plus haut et plus loin, un homme ! alliait le patriotisme le plus pur au sens des intérêts I universels et humains.C’était Rooseve t.Des la pre-! mière heure, au cours d’un de ces "fire side chats ' ; qu’il livrait avec tant de clarté, de bon sens et de sincérité, il exprima que U sympathie avivante de toute nation était du côté de la liberté et il mit .es ressources d-v Etats-Unis à ia disposition des Allié».En juin 1940.lors de la chute de la h ramie, la détresse des démocraties était à son comble, Roosevelt ne pouvait encore plonger ton pays dans la guerre: l'opinion n'était pas prête.Mais i! accrut jusqu'à l’extrême limite l’aide matérielle à nos peuples combattants.Un peu plus lard, il ordonna aux navires américains de tirer sur les sous-marins allemands.C’était le premier pas vers l’entrée dans le conflit.I out le monde savait dès lors que les Etats-Unis combattraient fatalement avec nous dans un avenir rapproché.Fui* les événemens se précipitèrent.Le coup de foudre de Pearl Harbour éclata.La flotte américaine était en partie détruite.Roosevelt accepta le défi.Son pays avait deux guerres sur les bras: celle de l’Europe et celle de 1 Asie.Il présida à l'organisation de ces deux fronts.Son calme, son courage et son intelligence vinrent à bout de tout.Un grand nombre d'Américains avaient l'impression que le premier ennemi à abattre était le Japon, j Celui-ci était à nos porte».Roosevelt savait mieux.Dès le début, il déclara que l'ennemi le plus redoutable était sur le front européen et que c’était celui-là d’abord qu'il fa!'ait abattre.II ne fut probablement j pas seul à prendre une telle décision, mais le seul j fait qu’il ait si vite compris U situation indiquait, j chez lui.une sorte de vision géniale, qui ne se las*— j sait obscurcir par aucune des appréhensions trou- J b’antes et dramatique» de l’heure.Puis ce furent ‘ l'innombrable armada de N Méditerranée, le débarquement en Tunisie et en Algérie, la conquête de : l’Afrique.la conférence de Casablanca avec Cbur-Qauiie.la fameu'c proclama-1 oodition ", .a conférence de d’Italie.le débarquement en .de !» F can'* et de» Pay- IL FAUT PUNIR ! Au moment où no» armée* remportent mir l'Allemagne nazio la victoire iléeiaivc qui •relia le sort île la guerre d'Europe, trop d'entre non» ne souhaitent plu» que voir *e terminer au plu» tôt le conflit et *me.|à, le projet federal, pour multiplier le nombre de* habitation» rnode*te», ne peut cire qu’une faillite.Ne von» imaginez pa« que I aprè**jflierre favori*era »en*ib|ement, pou» ce rapport, b- petit épargnant.Outre que certain» irilérc»*f* voudront maintenir le* salaire* au niveau actuel, le.taxe* pur l'immeuble ne diminueront pa*.au contraire.Suppo«oii* que voir» deveniez le po«*e*»eur il i’l humble cottage .1 Montréal.Outre l'intérêt du capital, il vou* 'aut paver une taxe exorbitante, le chauffage, l'entretien et b- reste.On a fait «ouvrit! le calcul.On en e*t venu à la conelu»ioii qu’il en coûtait moiri* de vivre à lover que dan* »a propre maison.J.'un de* pire* ennemi* de la propriété, c'eut l.i taxe »ur le» immeuble*.\ notre .en», le po»»e»»eur d’une mai*on d'habitation, qui ne rapporte rien, ne devrait plu» être taxé comme tel.Voit* me demanderez, où la municipalité prendra i|é*ormai* se» revenu*.De» économiste» non» répondront que l'administration municipale, .oit par elle-même, »oit par l'intermédiaire de» province» ou du fédéral, devrait remplacer 1 impôt »ur la petite propriété immobilière — la maison familiale — par une méthode «impie et systématique d’impôt »ur le revenu.De» millier* de fini», qui bénéficient de tou» le» service* municipaux au même litre que le» propriétaire», ne paient à peu pré» rien à leur ville.I.e fardeau retombe presque entièrement mit le* citoyen* qui ont eu le malheur d’être a*»ez économe* et prévoyant» pour acquérir un lopin de terre et bâtir une maison?K»t-re juste?On voudrait décourager la propriété qu'on ne «’y prendrait fia» autrement.D’aucun», posant en partisan» du monopole.d'Etat sur le* bien» mobilier», expriment le dé»ir île voir disparaître la propriété privée.“( e sera comme en RiiMic", disent-ils.C’est là qu'il» »c trompent.I.a Ru»*ie, en dépit de sou socialisme avancé, permet à tou» le* membre* de* kolkhoz, ou fermes collective», de posséder chacun leur maison et leur jardinet.Dan* les villes, pour aller nu plu* pre*»é, on a entassé des millier» de gens en de» conciergerie* où le» familles étaient et «ont encore entassée* le* une» sur le» autre».Attendez.La Hu**ie fait actuellement de» projets d'habitation» pour l'après-guerre.Dun* la périphérie des ville», on construira un nombre considérable de cottage» où de* famille» de citadins, à l’instar de no» paisible» petit» bourgeois et otivrieri'épargnanl», vivront hors de* ennuyeuses promisruités et oublieront, dan» le calme, un cauchemar qui dure depuis plu» de vingt an».On voit ici la preuve ipte le» gens aiment à se sentir chez eux, en famille, et le plu» on favorisera ce désir de» civilisés, le plu» on s’éloignera de la vie nomade et de l’esprit grégaire.Jean-Charles HARVEY LE JOUR Montréal, samedi 21 avril 1945 MÉDECINS et MALADES JL FAUT PUNIR! RECONSTRUCTION — *utt» da la première page — iriAt.» de chaland.Je pense au village d'Oradour.Je pense aux villes de Pologne, et je me demande comment et par qui tout cela sera reconstruit.Reconstruits, villages et villes le seront, nous le savons, puisqu'il faut bien que les gens se logent et vivent.Mais qui reconstruira jamais Nijni-Novgorod tel qu’il fut?On ne peut pas demander l'impossible.Les architectes de l'ancienne Florence sont morts, et s’ils étaient vivants aujourd’hui peut-être feraient-ils autre chose que ce qu'ils firent jadis.Nous ne savons pas.L'humanité est comme un enfant coléreux qui a bridé une maison, et regarde les ruines, et se demande comment elle fut.I! ne faut pas aujourd’hui laisser les gens sans demeure un jour de plus qu’il n'est possible, épuisés comme ils ont.Il ne faut pas non plus avoir A reconnaître dans quelques années qu’on a mal reconstruit, et que le nouveau monde est terriblement laid.Sinon laid, du moins médiocre, tellement médiocre qu'il nous oppresse nous-mêmes.et c’est comme si les oiseaux dans une foret ne chantaient plus.Car il y a des (liaisons qui chantent au regard, et d'autres qui sc renfrognent et n'ont rien à dire, comme sottes.Il y a des rues et des cités entières qui désolent l’âme, et ceux qui y habitent seront comme des enfants élevés dans une mauvaise école et qui jugeront mal et se tromperont à chaque coup sur les valeurs de la vie.Il faudrait que l'Europe puisse se reconstruire très belle.Pas il l'américaine, bien sûr.mais chaque région dans son style même.Et c'est là la difficulté: dans son style même mais pas dans l imitation, dans son style vivant, et sans oublier que.cela devant être fait tout d'un coup, on ne peut pas sc permettre des ingénuités disparates qu'a permises le temps quand on disposait des siècles.Est-ce que je demande l’impossible?Non, je me contente de rêver, de dire ce qui devrait être, moi qui ne suis pas architecte.Je voudrais simplement inspirer le désir qu'on le réalise, demander qu'on pense, avant qu'il ne soit trop tard.Paul Phelps MORAND Ÿhts de sécurité ET DE LIBERTE Si vous voulez éprouver un sentiment de plus grande sécurité et vous libérer des préoccupations qu'engendre la surveillance de vos placements—actions, obligations, hypothèques et immeubles—confiez-en tout simplement la garde et la gérance à notre Service de Gestion.Pour une infime partie de vos revenus; vous vous assurerez ainsi le bénéfice de nos vastes ressources et de notre longue expérience.La commodité et la protection d une telle mesure peut vous valoir, ainsi qu'à votre famille, beaucoup plus que le coût, du reste fort modique.Cest un placement tout indiqué que de prendre quelques minutes pour se renseigner.THE ROYAL TRUST s l C U * I T t CO«ZO«ATIVl COMPANY MONTRE'Al 10s O «UE ST-JACOUES HAIIOUt 4221 S E «VICE msONNIt Quelqu'un a dit: "médecin, guéris-toi toi même .Je ne sais plus que! est le pince-sans-r.tr qui a lancé cette pierre dans le jardin d Esculape, mais c'était sûrement un homme bien portant.Les gens en bonne santé sont souvent enclins a se méfier et à ¦•e moquer di-s médecins, mais les médecin» sont b:en venaés par les malades: ceux-ci en effet sont naturellement portés à vanter et à exagérer les mérites des premiers.C est un fait remarquable, facile à vérifier, et intéressant à analyser.Vous connaissez des gens intelligents, avertis, qui.en santé, professaient a l'égard de la médecine un scepticisme de bon aloi.et qui.une fois malades, se laissent influencer par des considérations pathologiques a dormir debout, et seraient prêts, pour se rétablir, A se plier aux extravagances de n'importe quel traitement.Vous direz, pour leur excuse, que leur faculté de discernement est amoindrie par la maladie, que leur jugement n est plus aussi sur qu'auparavant, en un mot.que leur lucidité est affectée.Peut-être, mais alors, trouvez une explication aux particularités suivantes.Ces malades sont encore souvent aptes A raisonner très bien sur les faits courants de leur existence.Ils pourront, dans bien des cas, vous donner, comme par le passé, des avis judicieux sur les choses qui touchent au domaine ordinaire de leur activité.Mais concernant le diagnostic, le pronostic et le traitement de leur propre maladie, ils tiennent des propos à faire sourire l'entourage.Dans l'analyse de leurs symptômes, ils parviennent, par une série de combinaisons plus ou moins chimériques, à mettre en doute un diagnostic qui s’impose à tout le monde, excepté à eux-mêmes.Vous objecterez que ces malades, n'étant pas médecins, ou n étant peut-être même pas versés dans les sciences usuelles, leur erreur est bien compréhensible.Nous supposerons alors que ces rnala-dps sont des médecins: ceci ne change rien à notre affaire.Les médecins malades, à de très rares exceptions prés, se comportent comme des malades tout court.Ils réagissent devant la maladie comme vous et moi.Mais alors, direz-vous, qu'est-ce qui se détraque dans le psychisme du malade?Si tout va très bien, comme dans l'histoire de la Marquise, que s'cst-il donc passé?Rien, une bêtise: un réflexe a été brusqué duns son fonctionnement! Mais il tombe que"ce réflexe est un des grands instincts primordiaux de 1 économie: l'instinct de conservation.Quand un réflexe entre en jeu, il provoque tout un cortège d’autres phénomènes, d’autant plus marqués que ce réflexe est plus élevé dans la hiérarchie des instincts, et que sa mise en branle se produit d une façon plus brusque: (la notion de temps domine toute l'excitabilité).Ces phénomènes vont depuis la stupeur, en passant par les divers stades de l'émotion, jusqu’à des modifications passagères, insignifiantes et inconscientes, limitées exclusivement à la périphérie du centre du réflexe en question.Mais la mise en activité du plus élémentaire des reflexes ne sc produit jamais sans une répercussion sur d autres réflexes.La répercussion se traduit ici par une inhibition, et là par une exagération, mais de toutes façons, il y a répercussion et le résultat final de cette répercussion est une subordination passagère des réflexes inférieurs aux réflexes supérieurs commandés par les circonstances.Si le réflexe déclenché est élevé en importance, et si le déclenchement se fait dans certaines conditions 1 hronologiques particulières, la répercussion p.ut se faire sentir jusque dans le domaine de la connaissance.On dit de certains individus qu'ils sont aveuglés par leur passion" ou que "la passion leur a fait perdre la tête ”.Mais en dehors de ces cas pathologiques, il existe toute une légion de névrosés normaux , avec lesquels la vie nous met quotidiennement en contact et qui ne songeront jamais à consulter le médecin.Ces malades — car ce sont plutôt des malades —- peuvent être par ailleurs des gens supérieurement intelligents, ou des illettrés.On les rencontre dans tous les milieux de la société.Ils passent pour des originaux, des types bizarres; des détraqués, des maniaques", des artistes, des génies, des incompris etc.On dit d eux qu on ne sait jamais par quel bout les prendre, qu'ils ne sont pas comme tout le monde, que ce sont des types impossibles etc.Ces névrosés normaux ou subnormaux, venus trop vite dans un monde trop avancé, sont la plupart du temps des traumatisés de l'instinct.Leurs réflexes anormaux n'étaient pas faits pour le monde normal où ils évoluent, ou, ce qui peut revenir au même, mais n’est pas la même chose, le monde anormal ou ils évoluent n'était pas fait pour leur réflexes normaux.Le malade est toujours, à un degré variable, et de par ! idée qu :! s est faite de sa maladie, un traumatisé de 1 instinct.L’instinct en cause chez lui est 1 un des plus puissants qui soit et peut meme, dans certaines circonstances, dominer tous les autres instincts, L homme qui sent son existence directement et immédiatement menacée, réagit au-delà de la capacité moy’enne Les Amis de l’Art Les membres sont priés de prendre note quo les représentations de | Plerochole par les Compagnons de , Saint Laurent, annoncées pour les ! 14 et 21 avril, en matinée, à lu salle le l'Ermitage, sont remises aux 21 -t 28 avril.Les billets du 14 se-ont valables le 2S.A l’Auditorium du Plateau, dimanche, 22 avril, 3 h.p.m.précises l'Association Les Amis de l’Art pré-nte Jean Danseroau dans le dernier de trois récitals-causeries.Jean Dnnsereau entretiendra so3 Jeunes auditeurs de Brahms et de Chopin.Les membres, les professeurs de piano et leurs élèves, et le public ~n général sont invités.A l'église Notre-Dame, mardi.24 avril.8 h.30 p.m.la Société des Festivals de Montréal présente le lèbre Oratorio de Haendel “Le 'essle".Les solistes seront Hose -Irman, soprano; Mary van Kirk.mtralto; Kenneth Neate, ténor; iobert Nicholson, bosse; le Montreal Elgar Choir augmenté à 550 voix sous la direction de B.E.Chadwick; le grand orchestre de la Société des Festivals.Sir Thomas Beecham sera le chef d'orchestre.Les membres sont Invités à visiter les expositions de peintures tenues présentement à la Oulerlc des Arts, à l’Art Français, au Canadian Hall of Fine Art.A l'Externat Classique de Sainte-Croix, jusqu'au 22 avril, exposition de peintures et de dessins exécutés par le* jeunes durant leurs moments de loisirs.Pour toute information s'adresser à 3813, Collxa-Lavallée.FR.1119.(Communiqué), :t normale de ton réflexe.Ceux qui vous sou-; tiendront le contraire sont des anormaux, des romanciers, ou tout simplement des farceurs.On peut évidemment, par de la discipline et de 1 entrainement, enrayer, dans un réflexe, la fraction de la réponse qui relève du système nerveux volontaire, mais on ne peut rien, en dépit de tous ses efforts, sur la fraction çui relève du système nerveux autonome.Certains individus pourront, devant la mort, continuer à| sourire et à vaquer à leur vie.en apparence, comme si rien n était.C'est ou bien que ces ; individus sont doués d une puissance extraor-.dinaire de volonté, ou bien que l’instinct de1 conservation s’est progressivement subordonné j chez eux a d'autres instincts plus forts.Mais l'homme moyen, placé dans les conditions ordi- j naires de la vie, et qui se voit brusquement i terrassé par la maladie, subit, du fait exclusif • de la conscience qu’il prend de son état, un traumatisme, dont la portée physiologique et psycholoqique est souvent beaucoup plus importante qu’on a tendance a priori à se l’imaginer.Le médecin qui ignorerait ce traumatisme ou ; qui ne ferait rien pour en atténuer les effets, manquerait au premier et au plus essentiel de scs devoirs.Il montrerait par là qu'il ne comprend rien au rôle de la médecine, et probablement pas grand chose non plus, a la plujsiologie\ du malade.Votre profession n’est p a s, monsieur le ! Docteur, une création de la raison, mais la conséquence du développement de notre instinct | de conservation.Il n’existe pas de société hu- j maine ou quelqu’un ne fasse fonction de méde-j cin.Quand on n’a pas le médecin qu on voudrait,! on va voir le guérisseur qu'on peut.Le malade i qui désespère de conserver sa vie se moque desj diplômes, pour la même raison que Danton, devant scs juges, se moquait de la sonnette du président.Or ce malade, en plus de scs lésions organiques, et de par ses lésions organiques, est, ne l’oubliez pas, blessé dans sa personne morale.Si vous croyez qu'il suffit, dans tous les cas.pour mettre fin à sa détresse, de l'effet magique de votre parchemin ou de votre renommée, c’est que vous êtes aveuglé par la routine et probablement aussi quelque peu par la vanité.Avez-vous déjà songé nu problème complexe que représente pour le malade le choix d'un médecin?Comment voulez-vous que ce malheureux soit en mesure de piger du sérieux et de l'étendue de vos connaissances médicales?Pour vous apprécier à votre juste valeur clans ce domaine, il faudrait qu’il fût plus savant que vous: ce dont vous seriez le premier vexé, ou ce dont, en tous cas, vous avez la réputation de vous accommoder très mal.N’ayant pas de critère personnel pour évaluer votre savoir, le malade devra s'en remettre à la renommée de votre savoir faire .à moins qu’il ne s’en remettre purement et simplement à son propre instinct.Autrement dit, il a le choix entre son flair propre et celui du voisin.Vous voyez-vous vous-même pris dans ce dilemne?S'il s'agissait du choix d’un courtier en valeur, d'un avocat ou d’un confesseur, passe encore! En mettant les choses au pire, le premier peut vous voler, le deuxième vous déshonorer et le troisième, vous ajourner, mais votre médecin, lui, à votre existence même dans les plains: il peut vous la supprimer totalement et légalement.Vous riez .mais c’est sérieux.La profession médicale fait depuis quelque temps une lutte serrée aux charlatans, et puis particulièrement à certaine forme patentée de charlatanisme.Les charlatans sont parfois des imbéciles, mais plus souvent des escrocs.Au lieu de les poursuivre pour "exercice illégal de la médecine — ce qui, entre nous, n’est pas très flatteur pour cette noble profession! — on ferait mieux de leur reprocher puresnent et simplement leur escroquerie.Il n’y a rien comme d'appeler le cochon par son nom pour éclaircir une situation.Mais le plus cocasse de l'affaire, c'est ccci, et je vous le donne en cent.Pour mettre fin au problème des charlatans, les bonzes qui veillent, de là-haut, aux destinées de la Faculté se disputent entre deux solutions.A) exterminer les charlatans, B) mettre le public en garde-contre eux.Mais personne n’a pensé, dans toute cette affaire, à ce pauvre maudit gui traîne son angoisse de bureau en bureau, "d • dispensaire en dispensaire, et de charlatan en charlatan, à la recherche de quelqu’un qui "comprenne son cas".Son cas est pourtant bien facile à comprendre; il ne relève pas de la gastroen-térologie.de l'endocrinologie, de l’oto-rhino-laryngologie ou de l'orthopédie, mais d’une spécialité oubliée: la charité.C’est une vérité de La Palice que les gens vont chercher chez le charlatan ce qu'ils n’arrivent pas a trouver chez le médecin.Consultez, sur ce problème de psychologie, votre épicier du coin.Si cct épicier est un Canadien, i! vous dira que le client est un type qui ne sait pas ce qu'il veut.Mais si c'est un Israélite qui a le sens des réalités, il vous dira: "The customer is always right." Et nunc erudimini qui judicatis terram.Paul HUBERT — suite de la premier» page — Quand, avant et même après 1914, la France WCUttli .Mlcrnagiu* de terrorisme et de barbarie sait» nom, .|jn.J,.t, d affaiblir et de détruire systématiquement les nations rndü on taxait le* Français de partialité et l’on attribuait ^ accusations a la rancune suscitée par une longue rivalité et guerre- incessantes.Mais, aujourd’hui, l’Europe entière, le muni* entier doit ouvrir les veux.our l'épargne sur salaire; c) jiour lis profession nets et les marchands; d) pour le putdtc en généra).Ce* soirées feront données en la Salle des tia/nr* les 17, 18, 19 et 20 avril.Cette organisation s été prépai - par M.Télesphoro Humaine du Comité du Finance* de Guciie.Le comte Richelieu ne pioposr de battre encore son record -les emprunt* précèdent*.Ecrivain malgré lui par Adolphe Demilly l'ini c LONDRES, — Durant le* neuf mois écoulés entre le Jour-J et le fi mars, le "Transport Support Group of R A.F Transport Command" a transporte environ 35,0(8) passager* ver» les Continents.050 tonnes de courrier ont été expédiées ver* le Continent et 6Q0 tonne* de fret et 1 ON) tonnes de courrier ont été rapportée*./.i ii i u n mu me nt “ l’un* un eirivan ¦, u ».• voulait point le ./.venir.(.'al Suit Sabord m.: m iii 1 ontbrunc il du Hu.vioti il'rpmr» qui prépare actuellement un nouveau hvrc >ur Saint, Aleut, Avant la 1/ihHi.\ u.! Sdào'd il a: ,11,1,11, littéraire de " Paris-Midi", ruai» lursqm la AA, niitnds entrèrent dans la eafitliih il refusa toute lolluboration à la nouvelle pi aie.L’an dernier.t'éirivain populiste, llenri l‘uo 'atih dt, ouvrit liiez Sabord le nwnusirit d loiubruiir-qui liait a, lui, di puis déjà une dizaine d’aunies.llenri l’oulaille up>a bien ties efforts, nuisit i m filtre remettre l'ouvrage il à le publur.Le plus , Inline di son sunn, fut ecrtiititcinent l'auteur rnuiyi e lui ! Baudelaire : cet inconnu ! (lalti, r Hoisune, dont le l'.rapoiiillot va prulni-nhlcmcnt reparaître, aehtvi ai ee moment son journal pendant lonupatiou .// est ilonuitar/e qu il n envisage pas de l’itend" à la période d, la libération, où ni vert, aurait pu se donna du bon tempi sur le dm des résistante de In dernii'ie heure.I.a ant idotes de a tie période ’n num iiient pas.mm> le doute Ainsi, une dent fin a",:,ai un i oUai't.ral P armi 'tu 0,0 hvit, p,.e.Des jeûna I A I.Pt * quiaii ittnei i nt a o.u ,/,'uni/r il mmenaent *’( “'b, i oail .u ju/n d unir u, lion, on ne sait 1 raiment ' ait quoi, eoiiuii: paie a lüiivittinri un eianpliiir, des I leur-* du M.il ,l,,ouvat dam m bibliothèque.L at dttilliun I ,, Meurs dit M il qui n trou• \ nul c \,‘dan s une ,oî>,, d, bouquiniste la aient, api is I ai on longuement /idiiine I a.Il, ta et >< n alla ai t e tour a: iilr.nhant, Il l'ouvrit, jeta lin lOllp d ntl aillt la p/ vm il maugréa entre s,s leva une es, b.¦nation gui n du long’, ' /.ut.lift vers I'' * Cinéma et littérature De plus eu pim h liai: ,1 il, fraye la e hr unique luit rairr.1 lai Or tan, nous nt n dit, prepare un hlm sur Ir lin {Ois I illon.I nui que Joseph haul travaille égal email u un o ému to.Il s'agit du liit.i lion du l cl qui sera tué du nouveau ronii.n di Iou pli heiirll : Le» Mandril.M» Maud ru ,•/ un ,h anse de l’on u potion de la A’i Shtnrii e qui si danuà ta in,un, sur / i iota île ht Maru ht.Y éY D'OBLIGATIONS DE LA VICTOIRE (H te/i On ne nous demande pas de décrocher la lune! ON ne connaît ses forces qu’après les avoir essayées.Ainsi, il y a cinq ans, la tâche de financer la guerre nous paraissait formidable.Aujourd’hui, quand on considèro l'oeuvre déjà accomplie, on reste étonné devant la puissance financière que notre pays a manifestée.Il en donnera une nouvelle preuve à l’occasion du 8e Emprunt de la Victoire.Personne ne s'imagine plus que prétendre prélever des milliards au moyen de l'emprunt, c'est vouloir décrocher la lune.La preuve est faite que ces grandes opérations s'effectuent sans trop de diffcultés, grâce au concours de tous les citoyens, qui y trouvent du reste leur profit.l’argent prête au Pays, tout en contribuant au rétablissement de la paix, assure un revenu intéressant même aux modestes épargnants qui accumulent, petit à petit, des Obligations de la Victoire.Oue chacun fasse largement sa port et le succès du 8e Emprunt dépassera toutes les espérances.Quel est celui qui n'est pas en état d acheter un plus grand nombre d'Obligations que l'an dernier ?P rÀ fâcfiâ&fw PKJ3 *1* rtêifri' d'Cu gotVi fi» In I# po'ie-par- » t‘t t.! • a fr„" •' «e rv.5 fs | d-* T,'S, fj'ifU l* trr C/f/rt én \v I^rxt I* Uï Q*is\ ii< D'OBLIGATIONS*! 8-EMPRUNT ¦âmefjc ’ç£ ffaÿp&zti à nofoep&z&f if court HATiorot OfS vnnrv> ouf»** }* T il ¦ m iii ¦' hi ISttSâfiQEcSaSiB i YVON ROBERT 1 l'oeuvra L'AVENIR CARDEZ-VOUS EM FORME POUR Page 4 LE JOUR F.D.R./ .pair i tut namin' ni' /.th >tin.li ' i .'«< ili'ii ateugh Mirait du.«< niinr nu l /, > .>¦/> - //1> • 'h l'i 'mil ii'iur frapper¦ Or, /./ oo much tail/ about the tray they're leaving the Church.i hey all die with candles in theii hands".Autour de ce personnage central — ou plutôt du caractère général, du type, dont il est l'incarnation, évoluent Manu* Ta'lard, le fil* ainé, nationaliste à la Groulx, dont le portrait psychologique est le mieux réussi du volume; Paul Tallard, le second Ills, élevé dans un colège anglais et protestant, qui doit lutter pour concilier les tendances contradictcw-reues qui se heurent en lui; Kathleen, la lemme d’Athanase I allard, bien observée également; le capitaine Yardley, marin retiré, sa tille, Janet, et Ie» deux fille» de cette dernière: Daphne et Heather; I moeurs ranger* rie tasses rn- v'ous saver que pour guérir le jet.enfin.Huntly McQueen, homme d’affaires, r ^ r r, e n t ‘J n rtluquier humain.])E LA VISITE DES TONNEAUX.— Avant de descendre le vin à la cave, i! faut examiner avec soin les tonneaux et fa're remplacer tout de suite les cercler défectueux.lv>.» tonneaux descendus et placés sur les chantiers, °n doit les visiter avev soin pendant les premiers jours, et ensuite de temps en temps; si les tonneaux sont remplis de vin de l'in-n«' il faut les percer près de in bonde et fermer le trou avec un fausset, qu'on lève de temps en temps pour s'assurer si le v:n n est pas encore dans un état de 'ermentatlon.On s'en aperçoit lOrsqu'en levant le fausset, l'air *ort avec siffjement; dans ce cas e continuent a changer en joie chacune de leurs tristesses.Comme ils l'adoraient, cette enfant si belle et si sage, pareille vraiment à un souhait réalisé! Une seule fois un jeune poète, riche et déjà célèbre, entreprit avec véhémence la conquête de ce.coeur intact; mais après un long entretien avec Bella — les parents attendaient, sans oser échanger un mot — il réapparut devant eux pâle et bouleversé, déclarant qu'il était forcé There grows no idnc bu the haunted Rhine, I d'entreprendre un long voyage.Bella, un peu rêveuse, était douce et calme, comme d habitude.Cependant les parents éprouvaient encore une vague appréhension: leur premier deuil leur avait appris de sc méfier au sein même du bonheur.de craindre l'exil se trouvant au paradis.Bella paraissait robuste; mais elle avait de temps en temps des crises cardiaques.Ses parents se mastic do vitrier.Pour plus in j disaient quelquefois que ce qui faisait leur plus «un-té, on cloue dessus me grand bonheur: sa crainte de vivre, son inaptitude psychologique au mariage, provenait peut-être d’un manque de foices vitales, était un indice d'un organisme débile, incomplètement développé .Ils ne savaient plus quoi craindre et quoi souhaiter.U arriva en effet qu’un jour, malgré la présence continuelle de deux médecins aidés par une infirmière, après être restée toute la journée au lit et après une nuit plus horrible que tout ce que les pauvres parents eussent pu imaginer.la jeune fille cessa de vivre vers 5 heures du matin.Il faut dire qu'un troisième médecin avait on cnfoncp dans la fente, avec la lame d'un couteau, du papier trempé dans du suif, et on pose dessus un mélange de suif et de petite lame dp plomb.Si la fuite a lieu entre le* douves par suite de la rupture de plusieurs cercles, on enveloppe lp lonneau avec une corde et on garrotte fortement.Garrotter, c'est passer un fort bâton sous la roi dp et faire passer ics deux bouts par-dessus en tordant.On garrotte ainsi dans une ou plusieurs parties, selon l’éminence du danger Par ià on se donne le temps de préparer tout .-c qui e«t nécessaire pour transvaser le vin On doit goûter le vin de temps en temps pour connaître comment i! se comporte.Lorsqu’on vite.On prend .xi vite son parti Elle voua une adoration craintive au Dr Brix qui — comme il l'expliqua brièvement le lendemain — par un massage électrique du coeur, y introduisant une aiguille et y faisant passer le couiant grâce à un petit appareil de son invention, avait ranimé la jeune fille.Le Dr Brix ajouta cependant que l’état de Bella demandait une surveillance continuelle, qu'il préférerait la garder auprès de lui, en qualité d’épouse, expliqua-t-il comme la chose la plus naturelle.Mme Mariel qui avait toujours craint une séparation, n'avait maintenant peur que d'une chose; que sa fille ne refusât, une fois de plus, de se marier.Mais Bella ne manifesta aucune répugnance, comme si la chose venait de soi.Les formalités furent abrogées dans toute la mesure du possible, et le mariage eut lieu.Que les jeunes époux ressemblaient peu à ceux qu'on rencontre ordinairement à l'église! Ils souriaient en écoutant la foule proférer: "Quel beau couple!" Toutes les jeunes fille-enviaient Bella, tous les jeunes gens le Dr Brix.Cependant, la première période d'acceptation heureuse passée, la mère connut des minutes d'angoisse mortelle.Elle sc plaignit a son mari du vide que Bella avait laissé à la maison en suivant cet inconnu.Elle avait des sursauts de jalousie absurde: elle répétait rêveuse et têtue: "C'est moi qui l’ai mise au monde.Je l'ai nourrie au sein aussi longtemps que c’était possible, pour la recréer chaque jour, pour qu elle tire de moi toute sa substance.Et voilà que maintenant cet homme lui donne la vio — que tous les jours elle n'existe, parait-il.que grâce à lui!" Son mari, sc sentant abandonné lui aussi, haussait cependant les épaules, marmonnait: "Tu devrais te considérer heureuse qu’il en soit ainsi!" Mais elle recommençait à geindre, comme après la mort de la petite Jo.Des images imprévues, des absurdités manifestes grouillaient dans ses discouru: "Bella disait qu elle ne sc marierait jamais; et voilà qu elle n'a pas pensé du tout à refuser cette fois-ci.Il est donc vraiment un sorcier, cet homme?(elle disait toujours "cet homme" en parlant du Dr Brix, et Dieu, quel abime de haine elle mettait dans ces courtes syllabes!) Il sait faire oublier les pensées qu’on a toujours eues, comme il sait faire oublier qu’on était mort?Ou peut-être à lui raconte-t-elle ce qu'elle tait obstinément devant nous: son court séjour au pays de la mort?" Bella venait souvent rendre visite à ses parents.tantôt avec son mari, tantôt sans lui.Sa mere la contemplait alors muette d extase, sans un reproche, sans une plainte.Mais quelques heures sc passaient, et clic recommençait à geindfe.Chaque mère connaît cette détresse devant la chair de sa chair et le sang de son sang qui devient pour clip un être étranger et mystérieux.Il y a si peu de temps.Bella était pour elle transparente, sans secret.Elle pouvait deviner toutes les pensées de sa fille, connaissait ses occupations.ses lectures, ses plaisirs, ses ennuis.Maintenant il y avait un monde entre elles.Un homme vient — et la mère ne reconnaît plus son enfant: elle lui pressent des joie* et*des larmes qu elle ne sait plus .Et de nouveau le mari haussait les épaules et, d une voix altérée tout de même, bougonnait: "Mais bien sûr! Elle s'est mariée, et ça compte! Tous les parents passent par la, D ailleurs, toi-méinc, tu as voulu ce mariage.Et puis, tu sais bien que sans lui ., NOCTURNE Le sommeil est tombé Hue la ville moderne Et n paralysé Res labeurs de géhenne.O nuit, viens assourdir l* s douteux s de nos plaies, (.’elles tpi’on sent venir, Et relies gui sonI vraies.Etends Ion baume noir Mais doux comme une mire Rur tous no* désespoirs, Rur toutes nos misères.Rur le petit enfant , (Jul dort aussi dans l’ombre, Rur les coeur* innocents Et sur le pécheur sombre.Tous ont besoin ils loi, O nuit, calme déesse Apporte a tous 1rs toits L’oubli par ton ivresse.Maurice IIIJOT Brévités bibliographiques Guy de Pourtalê*.Ile.rlinr.cl l'Europe romantique (Edit.Variétés”.Montré*!.1044.382 |»a-gr».1)1.75).- - I lector Berlioz.(1803-1869), un des membre» d'là génération romantique, * renouvelé la musique.On sail que le romantisme »'r»t étendu à tou» le* genres artistique».Le célèbre com-posileur et critique musical a brisé les cadre», dan» lesquel» végétaient san» grandeur, sari» liberté, la mu-»iquette rie la Cour, le» balle» d’ap-parât, le» petits opéra* bourgeois.veut conserver pendant j mandé, mais qu i! se trouvait momentané- I u ne comprends pas! Tu ne l’as pas vrai-i^>^,ra,• e* petits oj»cr,u iourgcoi».T.nee-s du -.n ,n tou- ; nient hors de la ville et qu'il n'avait pu être ment aimée!' gémissait la mère.Et elle rêvait ‘ a.loul *cé-nilé ri U l,oi de la Reflection", de llenry Miller, "le* Coiffum à Iraver» le» Ages", de hélix Krau» et "Que peruez-vou* rie» Ecole* de* Mariée*)", rie Marthe Lecou-Irr.Nolon» aimi la diKumon »ur le service militaire obligatoire en temps de paix aux ElaU-Uni*.dont le pour e»i «igné «!’Archibald G, I hacher et le contre eit loutenu par A.J.Milite.Ce numéro a pour guider *c» lecteur» avide» de »e tenir au courant rie» publication* nouvelle* sur le* lettre*.Dan* la première chronique, Wallace Broekway, lucide prospecteur de la vie des lettre», di»cu!e le» ouvrage» récemment par i» dan* ce pay» *ur lie fie Berlioz cat d'une grande j Montaigne, Steinbeck, Brainstorm, j valeur par ta documentation el par | Baudelaire et Guillaume Apolii-»e» considération*.Celt une étude naue.j biographique el critique 1res complete el harmomeiHemr.nl composée Eu Poix de France (035 Fifth Avenue a New-York.$1.par an) nitiin de soie, ou a travers une toile mé- éc}10 • “Morte1 talüque très fine, ce qui a passé 1 à travers le tamis de crin.A treize livres de la poudrp ainsi obtenue, ajoutez une livre de litharge pulvérisée, et repassez le tout au tamis fin pour opérer un mélange intime Faites broyer r» mélange a deux ou trois onces d'huile de | lin par peinture somptueux, plus sévère que le sien propre, ses pns eux-mêmes avaient une résonnance ma cou tumée."Criminelle, je suis une criminelle'" «vcj rcpétait-cllc, sans plus penser au sens de ce paroles.et soumise* « se» influences, » ex- pliquent "'ine par I autre, se fon- jeot et se confondent.free fronce (501 Avenue à New-York).mère évanouie; I infirmière 1rs suivit en pieu- voulait ramener chez elle fille qu elle ' cation offi' if-a- du Gouvernement rant amèrement.Ce cortege lamentable sc heur-v „ ta sut le seuil à un homme jeune encore, grand et fort à la belle figure volontaire.Il s'écarta livre pour former une j pour faire passer le groupe jeta un regard bref applicable au pinceau j ^ur la femme qu'on emportait, sur ses deux :l!c la conso- trouva très pâle, sans une larme lait de son mieux, pardonnan: à son gendre mort Ce .; un tableau captivant ou l’oeu- j i\ijg scolaire de Pour la Picloire, vre el la vie.nluées dans le temps | journal mensuel illustré, dirigé avec habileté par le confraternel Adolphe Demilly, ancien fondateur et directeur de l'excellent journal Ea Voix de !¦ tante, le premier porte-parole en Amérique de la h rance combattante avant *a fuxion ave».P our la Victoire.-— Noton», au sommaire du numéro de février, Madison - Publi- roviîoire Oe la République française, dont le but e»t de faire., , tout ce dont elle l'avait secrètement’ha» de son I connaître aux Américain» les acti- Un Maquis au Lycée, d âpre* un Lrance libérée de I» ,Je vivant.f.irn.vite» de i* i rance uucrcc oc •» I ,,l.°., , , ’ Cependant, Bel i-» hésitait.Demain, peut-être > botte allemande.I^s.article* abon-| Mural tU/iiti c , -ne Mam • • ‘ • • • a» Im./I I* r,t rot i*r.i iii> I vil.Marcelle Auclair' On en donne deux ou troiz» cfs :-.co]jeqUC5> sur jc cadavre étendu sur le lit.Ses ch*« aux tonneaux a quelque* .° , , , , t i t jour* d'intervalle, en ayant «oin j Ganges yeux, bleus èf froids, par leur COU.eur que tout «oit couvert.On évite ! semblaient appartenir à un autre visage tout le temps le geste >i chambre à coucher le Son regard devint plus attentif; une sorte de danger j sourire apparut sur sa figure lorsqu'il fixa la rupture jeunc Avenue d’une beauté indicible: le DE L'OUILLAGE — Ouiller.' Ie !cs c'is- bouche, tout était d'une c'eût remplir.Plus les vins sont j perfection qui serrait le coeur.Le Dr Brix échangea quelque' mots a voix par là le* frais de relinge et de remplissage, ain*i que de perdre le vin par du cercle ¦ eaux plus les douves doivent disait-elle; et elle aval d aller retrouver dan?corps de son mari La mere dut rentrer chez elle toute seule.ncain* "Pour la derniere fois", pensait-elle.\s lendç damment illustré* contient une •c tend."Entretien» *ur Clau- ce numéro i ., , trentaine d'illu»lra- !,Jç ««“uy »vtc V"'*' • P8' a Nouvel ¦ rance, en Guerre >aris' \1Iles Paris”, "le j ^ main un domestique lui téléphonait balbutiant ¦ Traité franco-russe", le* Rapport» lions - "le» Rapport, franco-amé-1™ Vienne, "Evolution de la .'• j Musique française de Jean-Jacque* Rousseau à Gustave Charpentier" Jet "Au Son de* I ambour* en Haiti”.1-e journal présente aussi, pour le divertissement de» élèves, e» anecdote», des caricature* et internationaux de la Lrance' le* : faut lever !e fausset tous tes jf;tr® minces, plu* la cave est *e'he basse avec les deux médecins Ils sortirent, jcu.«, ensuite à des intervalle* I P‘Uî -onr.ej ,:x do,- emmenant le père Complètement hébété.Ils posa «toisn**: lorsque l'air com- ver- ,/tr8 rempli* »ouven'~ Tou.e P ) , D0-e a clef e* m«nce à sortir avec moins de zio negligence sous ce rapport nu:t isa Lousv; par ter,e.terma la po.,e a ciet et :la F rance •6nce, avoir soin de mettre les • bondés de côté pour éviter • air par la bonde.al -e vin «échappe par quelque endroit, on cherche à reconnaître a source du mal, al c'est un trou "er.on le reconnaît facilement d a Les vins tendres et léger* s'a lté-1 rent rapidement dans >* tonneaux qui ne *or,'.pas constamme.it tenus - plein»; un autre mot:f de remplir fréquemment, c’est que la perte éprouvée par !» tonneau croit er.plus forte proportion que resta seul avec la morte.Dix minutes se passèrent, peut-être quinze.d’effroi: B*!!a Brix avait été trouvée morte
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