Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 13 avril 1946, samedi 13 avril 1946
eième ANNEE No 32 5 CENTS LE JOUR 13 avril 1946 Aimai Ion g tempt t/ue lot choses iront s y st onto ti quoin ont mal, je continuerai sysl enta tiqui oneut tï dire qu 'elles no INDEPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE vont /tas bien — Henri ROCHEFORT Directeur-Fondateur: Jcan-Charles Harvey Admü,i.*,ra,i°c"« Rédacteur c„ chefs EmiicCharlea iinmcl OÜ VA LE BEURRE CANADIEN ?PAIX dans la FORCE Les nations, comme les individus, ont des responsabilités proportionnées au rang qu’elles occupent dans le monde, Une fois qu’elles ont atteint à la grandeur et à la puissance, elles deviennent, par le fait, les gardiennes de la paix, de la civilisation et de la liberté.Elles n’ont pas le d.oit de se retirer dans une tour d’ivoire ou de se mettre à la remorque d’aucune autorité d’ordre inférieur.Pour n’avoir pas compris cette vérité, entre 1918 et 1939, les Etats-Unis sont peut-être la cause indirecte de la faillite de l'ancienne S.D.N.et ils ont été plus ou moins responsables, par leur abstention même, du gâcbis politique de l’Europe d’avant-guerre.En raison de 6a force, le peuple américain ne peut plus désormais vivre en marge des vieux continents.La leçon des faits, plus éloquente que les faibles conclusions de la raison, a porté des fruits.Elle a coûté si cher aux Etats-Luise, cette leçon, et elle est si récente, qu'elle doit forcer ce pays à maintenir la paix partout dans le monde et, en même temps, à garder une puissance militaire et matérielle telle que sa voix puisse inspirer respect à tous les conseils internationaux.Dans le présent et dans l’avenir, aucun bote de la Maison illaucbe ne saurait impunément oublier le sens de ce grand fait de l’bistoire.C’est pourquoi le discours que prononçait le président Truman, samedi dernier, à Chicago, n’est ni une pièce de circonstance ni une déclaration académique: c’est une mise au point dont le réalisme n’écbappe à personne.Il ressort de ce discours que les Etats-Unis sont devenus, par la force des événements, les bienfaiteurs des nations — qu’ils doivent nourrir, financer et reconstruire — et les principaux protecteurs de la paix mondiale — d’après les principes mêmes de l’organisation internationale.D’où la nécessité, pour ce pays, de maintenir une organisation de défense et de protection suffisante pour décourager toute tentative d’agression et pour servir efficacement les fins des Nations-Unies.M.Truman répond indirectement au discours de Churchill ett repoussant l’idée d'une alliance militaire avec l’Angleterre.Au contraire, il exprime le voeu que les Etats-Unis soient en position d’intervenir en qualité d’intermédiaires entre la Russie et le Royaume-Uni.Il a déclaré en substance qu’il suffirait d’une étincelle, en pays lointain, pour allumer une autre conflagration.“C’est pourquoi notre politique doit être universelle.L’indifférence en regard d’événements éloignés n’est plus possible.Nous savons trop bien que, «i une autre guerre éclatait, les Etats-Unis seraient la première cible — sans avertissement.” Ici, M.Truman semble avoir donné un avertissement à la Russie et à l’Angleterre également.Sans nommer l’Iran, la Turquie, la Palestine ou autre pays, il a déclaté: “Aucune nation, grande ou petite, ne peut avoir, dans le Proche ou le Môyen-Oricnt, des intérêts tels qu’ils ne puissent se concilier avec les intérêts des autres peuples par l’intermédiaire des UN’.Celles-ci ont le droit d’insister pour que la souveraineté et l’intégrité des pays du Proche-Orient ne •oient menacées ni par coercition ni par pénétration.” Le président va plus loin.II propose à tous une politique qui, aux yeux de quiconque connaît l’histoire, est spécifiquement américaine.11 ne suffit pas, dit-il en substance, que l’on assure à ces petits pays une assurance d’autonomie et d’indépendance: il leur faut surtout développer leurs essources et élever leur niveau de vie.Les Etats-Unis feront en sorte qu’il en soit ainsi dans la mesure du possible.En d’autres termes, le président ¦- tulle à la page t - Jean-Charles HARVEY MARCHE NOIR DISETTE ?Citoyenneté Le public canadien commence à s'agiter autour de la question du beurre.Pour la première fois de mémoire d'homme, cet aliment essentiel est presque complètement disparu de notre table.C'est un mystère que nous ne parvenons pas à comprendre.Le mécontentement populaire grandit de jour en jour et le gouvernement que l’on charge généralement de tous les péchés d'Israël, devra donner des explications satisfaisantes ou se résigner à payer les pots cassés.Lundi, mardi et mercredi de cette semaine, une ménagère est entrée dans une douzaine d'épiceries pour acheter du beurre.Il n’y en avait nulle part.Mercredi, l’une des plus importantes maisons de Montréal faisait savoir à ses clients que cet aliment ne paraîtrait- pas chez elle avant plusieurs jours.Une rapide investigation en divers quartiers de la ville nous a révélé que la situation est à peu près la même partout.Quelques clients privilégiés sont servis, d’autres trouvent leur compte par des moyens mystérieux.Pour le consommateur ordinaire, rien ou à peu près.Allez maintenant dans les restaurants.Il n’y a pas de beurre la moitié du temps.Les uns cherchent à y suppléer par du fromage mou ou par de la "graisse de rôti".Aux yeux de quelques-uns, cette pénurie est sans importance.Ils oublient que le Canada n'est pas un pays producteur d'huiles de table et que pour ses habitants, le beurre vient immédiatement après le pain et le lait.Il vient peut-être avant la viande.Si on mettait notre consommateur dans 1 obligation de choisir entre le beurre et la viande, il opterait probablement pour le premier.C est là un fait qu oublient les mercantis ou les prétentieux préposés à la distribution des aliments.Les consommateurs ont l'impression d’avoir été lésés par quelqu'un.C'est pourquoi ils sont dans un état d'exaspération.Ils savent que jamais dans le passé le Canada na manqué de beurre à ce point et ils ne s'expliquent pas qu'en l'année 1946.au moment même où les vaches ont mis bas et donnent, par conséquent, plus de lait, ils se voient presque totalement privés de ce produit.Où va notre beurre?Les suppositions vont dans toutes les directions.Les uns prétendent, non sans raison peut-être, que les pouvoirs publics ont un peu exagéré dans leurs aumônes aux pays étrangers.Ont-ils vraiment tort ?C'est à voir.Les G voir.Les Canadiens ne manquent pas de générosité.Ils ont accepté et acceptent encore le secourir, au prix de privations, les populations affamées d’une Europe victime de la folie le la guerre, victime de sa propre folie.D’un autre côté, ils seraient justement irrités d'une exagérafîpn.Baptiste dirait: "]e veux bien donner une chemise au voisin, à la condition que j'en aie une moi-même." L'irritation du public est d'autant plus excusable que les histoires du marché noir européen, qui nous parviennent de t :s côtés, ne sont pas sans fondement.S'il fallait qu'une seule parcelle de notre beurre entrât sur le marché noir de France, d'Allemagne ou d'ailleurs, il y aurait lieu de s'indigner, j D autres prétendent que ce produit est actuellement dirigé en quantités appréciables sur le tfiarché noir du Canada même, où les prix sont plus alléchants, Cette supposition comporte une part de vérité.Il existe des endroits où ce commerce illicite se pratique.Si tel est le cas, il faudra sévir.Espérons que l'autorité compétente fera tout en son pouvoir pour découvrir le pot aux roses.Car il faudrait mettre fin à une grave injustice envers la masse des consommateurs.Ce marché noir ne suffit toutefois pas à expliquer la rareté actuelle du beurre.Une troisième opinion veut qu'il y ait, là-dessous.une spéculation louche.Serait-il possible que l’on retienne en entrepôts des quantités considérables de beurre dans l cxpoir de forcer la main du gouvernement pour obtenir une nouvelle augmentation des prix?Nous ne le croyons pas.Il semble aussi qu'il y a trop de fromage sur 'c marché en comparaison du beurre.On sait fort bien que, sur la table canadienne, celui-là ne peut remplacer celui-ci.Il est peut-être peu Ttiquc, pour l'heure, de continuer à payer nu dtivatcur des subsides pour le fromage.La -.ureaucratie a de ces lubies.De toute façon, la distribution a été mal faite.Là est le fait le plus certain.Il y a eu, à 1 origine de cette disette, une maladresse inconcevable.Il y a eu surtout cette exagération des envois en Europe, dont nous parlions au début de cet article.C’est pourquoi nous protestons une fois de lus contre un zèle hystérique qui, sans aider znsiblement les peuples affamés, contribue urtout à abaisser notre niveau de vie et à irriter e peuple.Il est bon d’avoir le coeur tendre.Il n est pas bon d être les dindons de la farce .ou, si vous aimez mieux, de simples vache» à pipelines transatlantiques.Paul RIVERIN canadienne Si jamais projet de loi fut présenté qui était de nature à fuvoriser l’unité nationale en notre nay«, c'eut bien celui qui a pour but de définir — et même, dans une largo mesure, d« créer — In citoyenneté canadienne.Ainsi quo l'a expliqué 1# secrétaire (l’Etat, M.Paul Martin, qui «’est fait lo parrain du bill à la Uhuinhru des Commune», celte mesure est avant tout ‘un acte de foi en nous-mêmes et en notre pays", La citoyenneté, a-t-il dit, “signifie plus que le droit d’aller et venir librement A VEC LE SOURIRE Un peu de décence s.v.p.Dans un articulet indécent, L.P.R.de l’Action Catholique s’en prend à René Carneau, actuellement en Europe.Le motif: Carneau a rendu hommage publiquement au parti socialiste français, dernier rempart effectif contre le communisme grand i s s a n t, d’une part, contre la réaction néo-fasciste, de l’autre.Cet hommage, Gameau l’a fait à la radio et LPR l’a entendu.Cela a été suffisant pour qu’avec sa coutèle coutumière, le digne rédacteur en chef de l'Action Catholique écrive: "que l’on pourrait dépenser à meilleur escient les deniers du public canadien.” La haine que porte L.P.R.à tout ce qui est démocratique, même quand on porte l’étiquette maintenant inoffensive de "socialisme" tel qu'il est pratiqué par le parti travailliste anglais ou son équivalent le parti socialiste français la haine de L.P.R.est bien connue.L ne manque pas une occaasion de taür la démocratie en l'accusant de tous les pêchés de l’espèce humaine.Il a le droit d’avoir son opinion.Viendra, viendra pas.?On a beaucoup parlé, ces temps-ci, d’envois de blé russe à la France, On avait même fait entendre que ces expéditions étaient faites avec une arrière pensée politique.De Paris, on fit savoir que le gouvernement ne songeait pas à se tourner du côté de la Russie, au cas où il ne trouverait pas chez les Anglais et les Américains l'aide que la Franc* demande.Quelques jours plus tard, on annonça dans les journaux que la Russie n’avait nullement proposé de ravitailler la population française.Plus récemment.Moscou a joué de la fanfare autour d’envois de blé à destination de Marseille.On a lancé des rumeurs, a niées.On les a relancée».On On les NOS EXTREMISTES EN ONT PERDU par T.D.UOUCHARD Un peu partout, dans le pays, on voit des signes de progrès dans la sphère de notre vie nationale.Les discours académiques sur l’unité canadienne ont fait place à l'action pratique.Ces discours, ceux surtout venant du coeur et qui n'étaient pas tout simplement prononcés pour endormir I opinion publique, étaient nécessaires.Les faits prouvent qu'ils ont été utiles.Les menées de nos isolationistes, de nos antibritanniques n'ont plus, dans notre province, l'effet qu’en espéraient les chefs du mouvement nationaliste.La défaite dans Québec des candidats de l'Union Nationale et du Bloc Populaire, aux dernières élections fédérales, a été le premier signe que la grande masse des Canadiens d’origine française est loyale à la Confédération et ne désire aucunement s'isoler des autres provinces ni du Commonwealth des nations britanniques.La prédication violente des disciples du Chanoine Groulx n’a pas eu l’effet qu'on en espérait dans le quartier des tenants de la doctrine laurentienne.La ville de Sherbrooke vient aussi de donner tout récemment un éclatant témoignage que la fraternité des deux grandes races qui habitent ce pays n'est pas un vain mot.On sait que, dans cette pro- l'adminiitration municipale.Cet esprit de tolérance n'est pas nouveau dans la cité maikoulaine.En 1909, le père de M.Payan, notre ancien grand manufacturier de cuir, M.Paul Frédéric Payant, était élu maire de la ville contre un concurrent de religion catholique par la plus grande majorité jamais accordée à un candidat à cette charge.Ce n’est pas que dans la province de Québec qu'on a dci exemples du progrès qu’a fait la doctrine de bon voisinage entre le» citoyens de races et de religions différentes.La magnifique réception qui a été organisée par les citoyens et le conseil municipal de loronto a Son Eminence le Cardinal Mc-Guigan, à son retour de Rome, a été une preuve éclatante qu’il ne faut pas désespérer de voir régner un jour, dans notre pays, une vraie concorde sous la protection de l'Etat; la citojciiuolé canadienne est la droit « la plénitude d'association au xforlunei et à l'avenir da lu nation”, I,'importance d’iiiic telle loi n'écliuppe pas aux députés canadiens, et l’on en a la preuve dans l'Intérêt luimifcsté à U Chambre autour du hill de la citoyenneté canadienne.Les députés de lu province de Quebec, et tout particulièrement ceux de lu nouvelle génération parlementaire, connue .MM.Edouard H infret cl Roeli Pinard, respectivement députés libéraux d‘( tut minuit et de ( Jiainbly-Roiivillc, ont formulé des voeux Voir une preuve de la sagesse du premier ministre, qui a voulu attendre que l’unanimité »e soit faite sur cette question dans l’esprit du peuple canadicu, avant que de la soumettre au débat.La loi de la citoyenneté canadienne doit être un facteur d’unité nationale, et non pas le sujet de nouvelles division».|l n’est pas du tout question pour le Canada de »e retirer du Commonwealth des nations britanniques; notre pay»-doit demeurer dans cette association aussi longtemps qu’il y trouvera d’incontestables avantage*.Le Commonwealth, à plu* d’un égard, peut servir de modèle à toute association d'Etats libre» et indépendants, réunis par une communauté d’idéal et d’intérêt.Ceux qui pourraient entretenir quelque doute à l'égard de» nouvelles relation» qui existeront entre le Royaume-Uni et le» citoyen» canadiens peuvent se rassurer; la loi de citoyenneté nous conserve notre titre de sujet britannique, et nou» | continuerons de jouir dans tout l’Empire des prérogative» attachées à ce titre.Mais nous pourrons désormais, avec fierté, nous *~oclamcr citoyens canadiens.A ceux qui trouvent à redire à cette mesure, le secrétaire d’Etat a rappelé, fort à propos, qu'elle a fait “une si profonde impression sur ceux qui, en Grande-Bretagne, s’occupent de ce» affaires de citoyenneté”, que l’on se propose à Londres de la prendre comme modèle de toute législation analogue (pie l’on pourrait décider de présenter au Royaume-Uni.Voilà qui répond à bien des3r Avec Tous Ces C0MPT£9> frees Taxes, pas [éTohuautQue osas) ’ TOUJOURS CASSÉ.rRe qug poLuon qui « nourrit «ium ne manque pas dans la mer, mais comme pour le sol, dont ia | coites, être renouvelée par des ( i de plancton peut atteindre une propositions churchilliennes, faites à Fulton, Missouri.En matière d’affaires internationales signalons la détente enregistrée au sein de l'UNO.Cela malgré la sortie un peu brusque et un peu théâtrale faite par Gromyko.La question de I Iran n’est naturellement pas encore réglée et elle est devenue, en fait, une sorte de pierre de touche des futures relations entre Puissances, particulièrement les grandes.Dans quelques jours commenceront les conversations préliminaires sur l'établissement des traités de paix, Ce problème est d'autant plus délicat qu'il se rattache plus ou moins directement à l’avenir du monde colonial, surtout en Extrême-Orient, On enregistre des difficultés toujours plus grandes aux Indes anglaises et néerlandaises.La Chine •donne quelques préoccupations sérieuses, surtout quand on songe que les troupes amérieuines vont sous peu évacuer le pays.L’indépendance de l’archipel Tapai est presque secondaire, maintenant qu'il n y a plus de menace japonaise pour de nombreuses années à venir.Elle est intéressante en ce sens qu'elle relève encore plus du domaine moral que de celui de la politique.La concession d’indépendance accordée par les Etats-Unis est un fait unique ou presque unique dans l’Histoire, surtout l'histoire coloniale.Ce qui est plus discutable, c’est le point de vue adopté par la commission américaine chargée d'étudier l’avenir du système éducatif au Japon.Personne ne trouvera à redire à l'expurgation des manuels scolaires et à la suppression du culte de la force, de la glorification ad nauseam de l’armée.Il est plus difficile d'approuver une mesure qui atteindrait la lanque même du pays.Ce sont des choses auxquelles on ne doit pas toucher, pas plus qu’à la foi et la liberté de conscience.La situation espagnole est devenue claire: il n’y aura pas intervention des Puissances pour renverser le régime Franco.Tout au plus une pression économique.Mais il semble qu’il y ait dans cette decision des relents genevois, du temps des sanctions contre l’Italie, lors de la mierre éthiopienne.En Argentine, clarification aussi de la situation.On commence à avoir assez de renseignements précis pour se faire une idée de l’état des choses.Au moment où nous paraîtrons, il y aura un an qu'un grand homme d'Etat succomba au labeur qu’il s’était imposé.11 y aura un an que le président Roosevelt est mort.Il a laissé un immense que l’on peut mesurer, après douze mois seulement.11 est du devoir de tous de s'incliner dans une minute de silence et de méditation.La Société des Nations est à son lit de mort et je crois bien oue personne ne la pleurera.Elle a assez fait de mal, sinon par commission, du moins par omission.La bonne Argentine, à la recherche d’un geste pouvant attirer sur elle l'attention, s’est retirée de la mourante institution.Ce qui ne lui rendra pas la vie, ni ne hâtera sa mort.Enfin en matières canadiennes signalons encore que le gouvernement a suspendu l’application du P.C.64“H qui faisait disparaître la loi d’habeas corpus qui fut voté, en Angleterre, en 1679 et qui ne date pas de la Magna Charta comme on semble le croire dans le public.Dans la métropole, le conseil municipal étudie un projet de travaux publics de 25 millions.Le discours Truman Le discours prononcé samedi dernier par le président des Etats-Unis dépasse la porté des simples déclarations présidentielles américaines.Ils constituait une réponse indirecte à Churchill, en même temps qu’un avertissement bien clair.Les E.-Unis, quoique tout prêts à offrir la plus grande collaboration à l’oeuvre de paix, n’entendent pas être entraînés à la suite de l’Angleterre dans une de ces interminables querelles coloniales, pas même une querelle portant sur le pétrole du Proche-Orient.L’avis s’adressait en même temps à la Russie, quoique donné sous une forme habile.Le fonds du discours était: “Faites une fois pour toutes la paix si vous ne voulez pas être obligés de faire la guerre." En deux mots, un avertissement qui s'imposait.En même temps, un avertissement à son propre pays d avoir à rester fort, puisque malheureusement, la force reste encore le dernier argument dans les affaires internationales.Au moment où la S.D.N., ferme ses portes, le monde a besoin d'une organisation effective de paix.Celle-ci ne peut se trouver que dans le concert des Puissances, des grandes surtout.C'est pourquoi le succès initial de l'UNO revêt une si grande importance.La position américaine est donc claire: aucune nation n’est assez éloignée des Etats-Unis pour que ceux-ci se désintéressent de son sort.Le président rappelle que la première guerre mondiale a éclaté en Serbie et que la seconde a commencé en Pologne.Aussi, on comprend parfaitement l’avertissement du président quand il a dit que le conflit du Proche Orient pouvait subitement se résoudre par des actes d hostilité.Fait significatif: le discours a été prononcé à Chicago et non pas dans l’est du pays.70,000 personnes étaient présentes au Soldier Field et ont applaudi vivement les paroles de Truman.Ce qui montre que le public se rend compte de la porté des déclarations présidentielles.Alliance artificielle ou naturelle?L’alliance proposée par Churchill à Fulton cadre des nations Unies.Il s’ensuit que Washington ne veut pas être entraîné dans des combinaisons en "side-line .Et pour conserver cette indépendance d’action, les Etats-Unis doivent rester forts.I.alliance naturelle des peuples anglo-saxons se fera toute seule, le problème étant actuellement le suivant: les Etats-Unis doivent conserver leur place prépondérante dans le monde; ils doivent être forts; il faut empêcher la dissolution de l’armée existante: chacun doit être prêt à tout; il faut soutenir A fond i'orqnnlsntion des Nations Unies; la auestion d Extrême-Orient se résoud au contrôle du Japon; à donner la liberté à la Corée: en Chine, il faut travailler à rétablir l’unité intérieure; aux Philippines, il faut l'indépendance.Tels sont les points principaux du discours Truman.Ils représentent quelque chose d’analogue, si toutefois dans un autre domaine, aux déclarations du président Monroe.-D'autant plus que les Etats-Unis sont parfaitement d’accord avec le principe de la non intervention dans les affaires intérieures des Etats et qu’ils se rendent parfaitement compte que ia misère apporte toujours des troubles politiques.Le 8 courant la SDN tenait ses dernières assises à Genève.L Argentine a fait savoir qu elle se retire de l’organisation, ce qui ne change rien à la situation de celle-ci.En fait, les relations internationales sont maintenant passées aux Conseil des Nations Unies.Le siège de cette organisation est encore dans le New 'i ork, mais il y a quelques chances pour qu'il soit transporté ailleurs, On parle de nouveau de la Californie comme alternative.Entre temps, la situation s'est quelque peu éclaircie.La sortie de Gromyko était une sortie de principe et la Russie continuera de collaborer avec les autres Puissances.Moscou et les gouvernements qui lui sont inféodés insistent pour porter la question espagnole devant le conseil de sécurité.Si la chose sc produit on peut donner la décision d’avance.Il n’y aura pas d intervention, même sur la représentation française qui elle, n’est pas inféodée à Moscou.La Pologne ainsi que la Yougoslavie, ont rompu leurs relations diplomatiques, avec Madrid.Là encore, cela n'amènera pas grands changements.La question du traité avec l'Italie viendra sous peu sur le tapis.La conférence de la paix aura lieu à Paris et le gouvernement français a fait savoir qu'il y participera.ÏÏTÏ *ertiméPhd!P{la lier ; ^osseur marchand:ieu-.'- et profondément pensée «ur le maître du roman moderne.k Powetl Spring The Strep Ascent (Avalon Pres* Dalla».Tex** VH'.) Recueil de poésie* fournies â plusieurs revj's américaine* et anglaise*.De» ver* de facture facile et de lecture agréable Maximilien RUDWIN “LES LEPREUSES” par llonr) de Montherlant Ce roman qut fait suite a Les Jeunes filles, Pitié pour le« Jetâmes, Le d/mon du bien, complète le cycle de* "Jeune* fille»” qui vient d'être publié aux Edition* Variété» Id, \e.lecteur retrouvera Costal» personnage central de cette oeuvre.n.ttant un point final a se» éti ange* relation* avec Andiée et Ho-lange.Cynique comme les pre< < dents romans MAlHTKNfiHT isBEP ¦nmnMMi M^nt é:l, samedi 13 avril 1946 “ La Nuit des Rois Cette charmant?pièce, que certain» docte» per»onn*.ge.i interprètent comme un reflet du désenchantement shakespearien devant le mariage, e*t intitulée en anglais : "The Twelfth NigL’.On y trouve un passage où le grand dramaturge fait une allusior à peine voilée à ie* malheur» conjugaux car, tout comme Molière, il fut abondamment cocu.Pourtant, même au XXe siècle, la pièce reste charmante et ne date nullement.Mai» elle est "lourde à porter" et de» amateur» ont de la difficulté à > en sortir honorablement.Cependant ce» amateur» qui forment la troupe de» Compagnon» de saint Laurent »e »ont fort bien acquittés de leur charge.Ils ont donné une représentation intéressante à tous le» point» de vue.Nou» n’iron» pa» jusqu'à dire que ce fut du pur Shake»peare, mais enfin.Ce que nous tenon» à faire remarquer, c’est la décoration.Dans le sen» jtrictement théâtral du mot, bien entendu.On appelle décoration l'en»emble des décors, qui ont progressé depui» Shakejpeare, le» coitumes, le maquillage.Dan» ce domaine, toute la pièce a été rajeunie.Et nou» diron» même admirablement rajeunie.Cela, grâce au concour» de ce magnifique artiïte qui s'appelle Alfred Pellan qui a fait un véritable chef-d’oeuvre, dont nou» ne nou» rappelon» pa» avoir vu d’équivalent.Décor», costumes, maquillaçî» portaient la marque d'un esprit essentiellement artistique et profondément original.Bien que la scène toit assez exiguë, la salle du Gesù avait une ambiance de théâtre.L’éclairage avait été trè» bien monté.Incidemment, nou» enregistrons avec plaisir ce progrès marqué au XXe siècle.Au Moyen-Age.et après, longtemps après, le théâtre était anathème pour l’Eglise.Et maintenant, c’est dan» le» toubai-lements de l'église du Gesù, que l’on donne des représentations.Même de Shakespeare.Et l’on nou» dira que l'Eglise n'est pas tolérante.A.R.B.LE JOUR Page 7 A VArcade “Quand le marbre s’anime” Une pièce en quatre actes de Michel Choromanski »ur la résistance polonaise.— Episode isolé d’une résistance qui dure depuis plus de 150 ans.— L’élément dramatique sacrifié à l’atmosphère.— Les artistes font un excellent travail avec le minimum de moyens.A LA SCENE DE L’ARCADE Janine SUTTO, Antoinette GIROGX et Jeanne DEMONS dan» une •cène de la pièce “L'EXALTATION”, d’Edouard Schneider, reprike pour la 3c année consécutive à la »cène de l’Arcade.“L’Exaltation” au théâtre Arcade Pour la troisième année consécutive la direction de l’Arcade, répondant en cela à 'a demande générale, mettra demain à l'affiche la pièce bien connue “L'Exaltation”, d'Edouard Schneider.Cette oeuvre d'une belle inspiration chrétienne est tout spécialement Indiquée pour la semaine qui précède la grande semaine de Pâques.Schneider traite dans “L'Exaltation” le vonflit entre l'amour divin et l’amour humain en ce sens qu’il montre une mère voulant arracher «a fille d'un cloître ou.de son gré, elle a choisi de se consacrer à Dieu.La mère qui a connu une vlî orageuse, qui a ignoré ses devoirs envers son enfant cherche quand même par tous les moyens à sa disposition à orienter son enfant vers une vie mondaine, vers les plaisirs.Cependant la Jeune fille est forte; sa conviction est grande.Elle a compris que sa vole était déjà tracée et qu'il lui appartenait d’expier par la soumi»-slon h son Dieu les fautes de sa maman.Et c’est ainsi que la fille réussira à conduire sa propre mère dans le chemin du devoir.L'exal- ARCADE Semaine du 12 nvrll f wv(a»( yjCCH Ht in Un rs SOHTAOMiS tatlon de l'amour divin aura accompli ce miracle.On retrouvera dans cette belle pièce les Interprètes de la création montréalaise, II y a trois ans, n quelques exceptions près.Mmes Antoinette Glroux et Janine Sutto tiennent les principaux rôles avec Mme Jeanne Demons, Elisa Ga-reau, M.Armand Marion, Mado Vérène.Une impressionnante mise en scène (reconstitution complète d’un cloître), js chants liturgiques, un tableau vivant en baisser de rideau feront de "L’Exaltation’ un autre sommet de la saison théâtrale de l'Arcade.A noter que les enfants sont admis à ce spectacle qui commence demain soir.AppLudi chaleureusement par un élégant public de première, l’auteur Michel Choromanski a fait lui-méme le résumé de sa pièce, Quand le marbre s'anime", en quelques mots émus, à l'issue du quatrième acte de son oeuvre, vendredi soir dernier, au théâtre Arcade.11 remercia en des termes modestes et gentils les artistes qui venaient de donner une âme à un épisode de la longue résistance polonaise.En effet, la pièce de monsieur Choromanski ne commence pas précisément à une date pour sc terminer avec le dernier rideau.Non ! Elle commence bien loin en arrière, dans l'esprit du vieux Malcski, dont les souvenirs d’une autre résistance sont encore tout vivaces et propres à lui donner le courage et la force de tenir le coup à l'occupation de son pays par les Nazis.Tout est pression et atmosphère dans, cette pièce! Une seule situation dramatique existe et elle fait l’objet d’une série de conversations entre Maleski et sa petite-fille Ursule, entre celle-ci et le voisin Léopold Fischer, sorte de "quisling" dont le jeu est assez trouble, entre Brégas et le même monsieur Fischer et ainsi de suite jusqu’au moment où dans la nuit, à une date indéterminée, les Nazis font une descente meurtrière dans le quartier et tuent tous les gens qui portent "l'étoile jaune".Quelques fuyards se réfugient chez Maleski.L’un d eux ne peut plus contrôler sa frayeur et ses hôtes le laissent partir.Le pauvre type sc fait tuer aussitôt.Cet incident amène un peu de tension dramatique — pour un petit moment — à travers une sourde étude d'âme et une longue suite de conversations qui nous expliquent I action au lieu de nous la faire vivre au fur et à mesure qu elle se déroule.La résistance, dans la pièce de monsieur Choromanski, est une sorte d'état d'esprit.On la sent partout! On la voit partout! Elle semble enracinée dans le coeur des Polonais comme les racines des arbres géants sont au coeur du sol, de la terre polonaise.On pourrait même croire ue la Pologne c'est la résistance permanente.)n pourrait même croire que 1 espoir de la Liberté n est possible que par clic.C'est un peu S vrai: Dans une pièce où l'auteur ne s’est occupé que de créer une atmosphère, laissant aux artistes le soin d'en exprimer tout le sens.on pourra s'étonner de certaines choses, comme le manque d'élément dramatique.Mais il faut sans doute admettre qu'il y ait un théâtre d'action, de mouvement, et un théâtre qui pense et s’exprime par les silences lourds et chargés d'in tensité dramatique.Un théâtre cjui n'a pas besoin des éléments ordinaires que 1 on a accoutumé de voir et d’entendre jusqu'ici.Mais admettons en même temps qu'il faudra qu'un chacun y mette aussi un peu de bonne volonté.Notre tempérament latin nous empêchera peut-être de saisir cette longue et patiente et calme résitance.Quoi qu'il n'en soit pas, cependant, une objection majeure à notre désir de voir la pièce.Elle nous parle des longs et durs malheurs d'un peuple sympathique et.par ce côté du moins, elle nous aidera à comprendre la Pologne et à partager peut-être son désir de respirer un air libre, un air plus sain pour la vitalité de son âme généreuse.Marcel Chabrier mène le jeu avec Janine Sutto.Ils ont bien compris le sens de la pièce et ils ont joué dans la note la plus juste.On saura gré â Arthur Lefebvre de ne pas avoir chargé son rôle et d'en avoir donné toute l'importance discrète mais réelle.Roger Garceau, très en forme, n donné au rôle de Gorski toute sa force dramatique.Jean Scheler.Maurice Gauvin, Armand Marion, et Jean Stuart ont aidé — chacun selon son beau talent —’ à rendre la pièce accessible au coeur.même sj ses longueurs la rendaient lourde pour l'esprit.Excellente mise en scène, décors et éclairages adéquats.On annonce pour la semaine prochaine, "Exaltation" d'Edouard Schneider.Jean-Louis de VARRO A L’AFFICHE MONTREAL - CAPITOL: “Blithe Spirit.IMPERIAL: “Terror By Night” — "Idc* Olrl".LOEW’S : ’’Kitty", 2e semaine.OKPIIEL'M: “Le Diable »’e.n Mêle”.PALACE: “Thin Ixive Of Our*’’, PRINCESS: “Whittle Stop" — “The Crime Doctor’» Warning", 2« semaine.ST-DENIS: “Golgotha” — “L'Appel du Silence".TROIS-RIVIERES - CINEMA DE PARIS: "Thérèse Martin” — "Le Gendre de M.Poirier”./ QUEBEC do CANADIEN: -Lis Merveilleuse Tragédie lourdes" — "Don Itosco".CINEMA DE PARIS: ”Ij» Merveilleuse Tragédie de Lourdes" — “Don Itosco", SHERBROOKE - CINEMA DE PARIS: “Promesses" - “la) Rosaire", THEATRES et CONCERTS - ARCADE: France-Film présente: "L’EXALTATION", semaine du 12 avril.Les Festivals de Montréal ST-DENIS !» S SI LUI ’A IA M DEMANDE GMlRALfJ I ut Datai û» LUN,VUÎ SAINT-DENIS “Golgotha” A la demande de millier* et de millier* de personnes, le Salnt-Denl* remet à l'affiche samedi le grandiose film "Golgotha” dont l'éloge n'eot plu* à faire.Cette fresque inoubliable qui rappelle le drame sublime de la Passion, la plus grande tragédie de l'hl* toire du monde est.sans contredit, l'un des sommets du film français.lui nature du sujet exigeait un maître.Julien Duvlvler s'est surpassé et l'oeuvre qu'il a tournée sur les derniers moments du Christ sur la terre est un hymne émouvant, somptueuse par son ampleur et inspiratrice par son accent de vibrante piété.Les artiste* qui ont prêté leur talent à l'incarnation des personnages ont joué avec sincérité, avec une réelle dévotion.Aucune faute de goût pas d'inutile grandiloquence et surtout une scrupuleuse exactitude du texte, du geste.Un célèbre artiste donne du Christ une image de douceur et de souffrance réellement divine.Jamais on a Joué avec pareille mesure.Jean Gabin (Pilate) et Harry Baur (Hérode) sont criant* d?vérité, d'astuee, de lâche asservissement aux pouvoirs du Sanhédrin.Lucas Gridoux est affarant dans le rôle de Judas; Juliette Verneuü est magnifique dans le rôle de la Mère de Jésus.Citons aussi Edwige Feullière.Bref, une | distribution hors ligne qui fait de “Golgotha'' le film qu'il faut absolument voir.I.e second film à l'affiche sera ; “L’Appel du Silence", soit l’hUtoi-j re de la conversion de l'officier ' le comte Charles de F'oucau'.d qui , se fit missionnaire au Sahara.Il ; fut assassiné le 1er décembre 1916.j Or.on apprend quon vient d'arré-j ter le criminel, Madani Servile j contre lequel la justice, à cause | de la prescription, ne peut plus 1 sévir.Cette arrestation remet tout ; le drame de Charles de Foufauid devant l’actualité.C'est donc un j 'ilm à voir.Jean Yonne! est remarquable dans > rôle de cet | homme qui abandonna tout pour I Dieu.James Pease présenté par Kous-sevltoky au Berkshire Music Festival a été choisi par Sir 'Thomas Beecham comme sol late avec l’orchestre qu'il dirigera le 12 avril a l'auditorium du Plateau.Kousse-vlteky ne tarissait pas d'eloges a l'égard de ce Jeune baryton qui n'a pas encore atteint la trentaine, affirmant qu’il possédait, outre une voix puissante et exproeatve, des dons extraordinaires pour l'oratorio et l'opéra.Depuis «on récent licenciement de l’aviation américaine ou il servit pendant trois ans comme plilobe, James Pease a couvert les Etats-Unis de l’ouest à l’est chantant en récital, oratorio ou avec orchestres symphoniques.Les débuts de James Pceae remontent au mois de novembre 1941 alors qu’il chanta dans le rôle de Mephlitopheles de Faust à l'opéra de Philadelphie.Il obtint également d’éclatants succès dans le* rôles du Baron Ochs de “Rosenka-valier” Arkael, de "Pciôéaa et Mè-lisande", Colline, de "La Bohème".Falstaff dans "Merry Wives of Windsor", A l'oratorio, James Pease chanta à au Plateau la partie de solo du Requiem de Fauré et le duo du 3èmo acte des Noce* de Figaro avec Rarbara Troxcll, artiste du New York City Centre qui chanta récemment sous la direction de Stokoswki.James Pease a déjà été entendu à Montreal en 1942 lorsqu’il fut un de* soliste* qui participèrent à la Neuvième Symphonie de Beethoven présentée au Forum et dirigée par Eugène Ormandy.Alexander Brott, violoniste, compositeur et chef d'orchestre montréalais a été choisi par Sir Thomas Beecham comme premier vto- P ALACE “Thii Love Of Ours” J/> drame cinématographique à son mieux, voici comment on peut décrire la réalisation Universal de "This Ixive of Ours” qui prendra l'affiche du Palace vendredi.Ce film nou* ramène un grand acteur, Clnude Rains, de nouveau à Hollywood après un séjour en Angleterre.On y verra nussl l'exotique Merle Obcron, et la nouvelle découverte de l'écran, Charles Kor-vin, qui y réalise pleinement le* promesses faite* dan* un film sur Arsène Lupin.L'histoire raconte Les Cosaques de Platoff Salle bien remplir pour le concert de» co».u|ue» dirigé» par Nicolai Kojtrukoff.L’Auditorium du Plstcau c»t du rr»lr tout a lait dc»i-gné pour de» repréirntation» de ce genre.Quoique relativement récent il ne date que de 1939 — le choeur de korirukolf a une heljt mailtije.Il y a quelque» excellente» voix sur te ut darn le» banc», parmi ce» homme» et c'en clan» le chant populaire qu'il» réussissent le mieux.Le folklore rune e»t en elfet d’une telle richesse qu'il n'y a qu’à puiier dedan» pour Pire un programme bien solide.Dan» le chant liturgique, quoique bon», le» coiaquci ont manifesté quelque» faiblesse», mai» cela ne saurait faire oublier la magnifique interpretation de quelque» morceaux célèbre» comine: "O Dieu, »auve ton peuple" ou encore "la Prière au Seigneur” ou "Le» Cloche» de Novgorod”.La deuxième partie: du concert a été excellente à tou» le» points de vue.l’air de la puce, de MouuorRiky.a été rendu de façon lupéneure.Il en a été de même des chants militaires, dont la limeuse chanson dri plaines, un air cosaque et la Lezginka qui se termine psr une d.in»c échevelée.I n somme, une excellente soirée, avec un beau programme bien équilibré.A.R.B.“GOLGOTHA” AU SAINT-DENIS “Voici f'hoinmr.Keen llnmn".Impressionnant'! scène du grnml film “Golgotlm" qui prendra l’affiche r.amrdl nu Suint¦«* •>»!•».ORPIIEUM “Le Diable .’en Mêle “L# Diable »’en môle", version française de la délicieuse comédie "The Devil and Miss Jones ', prendra l'affiche i l'Orphfum Jeudi.C'est une Joyeuse parodie sur In société, un film spirituel qui plnlia à tous.C'est l'histoire de l'homme le plus riche du monde qui possède des chaînes de magnslns qui ne connaît vrnlrnent que le Jour oû II décide de s'engager comme commis dans la chaussure.Be* ouvriers mécontent* menacent dsse mettre en grève et pour connaître vraiment les d“ux côté* de la question, Charles Coburn, le plutocrate, sert comme commis dnn* un de propres établissement* et fait ainsi la connaissance de Mies Jone» qui travaille elle-même comme vendeuse.ion de l’orchestre pour le concert ; rhUio|r.actrice abandonnée du 12 avril a l'Auditorium du PM- „on maplf leUr r6un)on dlx ans teau.I y a quelques années, lors ’ , , , ., ., , ,, pu" tard, et es problèmes qu se dune de scs visite* a Montréal ' ' 1 ' alors qu'il était venu diriger pour i I"'*cn ulonl' la Société des Festival» de Mont- |______________________________________ rèal, Sir Thomas a été vivement j impressionné â la lecture de la .»-» »., ç, symphonie écrite par M.Krolt \J fc/ Tr War and Peaoe".Avec sa pe.rapi- en 2e semaine sous la direction d'Eugène Orman- cacité, Sir Thomas se rendit comp- : “Kittv” te de* talents extraordinaire» de j ^ ’ l'auteur.Lors de la publication de : l'oeuvre, en hommage au céiebi >¦ _______„ ______ chef d’orchestre, M.Rrott la lui U* Uln1 "Kitty', qui restera une majnte» reprise* j dédia.Au cours des nombreuse* 2® semaine a l'a/flv.he au cinéma dy, ainsi (jue dan* le Requiem de Brahms et I»e Messie de Handel avec The Oratorio Society au Carnegie Hall à New-York.Gagnant de* audition* du Metropolitan Auditions on the Air en 1943, il s'en- tournées cyj'll fit a travers le» I#oew's, est un enchantement pour IMPÉRIAL “Terror By Night” Sherlock Holmes prévient un vol de bijoux et résout un mystère dans "Terror by Night", un film Universal qui prendra l'affiche vendredi nu rinéma Impérial.Comme toujours Boni! Rathbone personnifiera le célèbre détective et Nlgel Bruce de docteur Watson.f/e palpitant aeénHrlo a e*é écrit par Frank Oraber, adapté d’une histoire d'une des aventure* de Conan Doyle.L'action se situe sur i un train express qui de Ismdre* s- ' dirige vers l'Ecosse.Le* pasisger» | sur le train Sherlock et son Collègue Watson, l'inspecjeur I/e*tr*de .d* Scotland Yard et plusieurs criminels qui ont quelque chose à faire nvre la disparation d'un diamant fabuleux que Sherlock en , tend rendre it son propriétaire Etats-Unis, en Angleterre depuis ; l'esprit et pour le* yeux, et évoque_______________ cette visite à Montréal, Sir Thomas j des tableaux charmant* de In vie j n'a pas manqué d'inscrire à ses I à Londres «u 18e siècle.C est un , rxr /"< TP Q C programme* cette pièce ainsi ! film léger empreint de grâce et g J J\ (j Jtj u O qu’une autre de M.Brott, un poème dan* lequel »e meut, avec l'in- symphonique intitulée: Oracle.Sir aouclance d'un oiseau, la belle gagea Immédiatement dans l’avla- Thomas a confiance en la valeur Paulette Goddard.Kitty, pauvre»-tion où il servit Jusqu'à la fin de |des auteurs canadiens, ee plaît a ie de» rues, que l'ambition d'un la guerre.j louer leur mérite et a reconnaltr» | homme h»u*«a Jusqu'au rang de “Whistle Stop” en 2e semaine l* lèffi, , James Pease chantera le 12 avril leur talent en toute occasion.CAPITOL “Blithe Spirit” CAMPAGNE DE RECRUTEMENT Plusieurs enfant*, souffrant de : puisse faire defrayer le coût ,-f' p*»th,que, difformités physiques, ont été trai- ; ce* traitements par le gouverne_ tés et dan* plusieurs ca* complé- .ment ou pa: toute autre assocla-tement guéris, grâce aux soins j tien de charité Mrsque le méde- j médicaux qui leur furent fournis ' cin et le comité d- la Crolx-Rou- ! par l'entremise de la Croix-Rouge ge de la Jeunesse ont décidé d-de la Jeunesse.Cette Importante faire subir !*« traitement* a un section de la division de la provin-1 petit malade, tous >* frais d'hoe-j ce de Québec de la Crotx-Rouge ; pltsllsation, de médecin, d- ch, canadienne fai*, partie du pro- nrgien et transport sont défrayé-gramme des oeuvres indispensa- j par la Croix-Rouge de la Jeunesse j hle* que la Croix-Rouge veut en-’ On défraie ég, ement les frasj treprendre dans la province.Pour des pensions pour epfant* et rn-mener à sonne fin sa tâche U , me ceux d'ur.e garde-malade, dan?division de la province de Québec , le* ca* d'urgence.Si le médeen de la Société lance une campagne chargé du traitement d» l'enfant de recrutement dan* tou* lea cen- j prescrit de?soin* spéciaux, te'x tre» urbains et ruraux de la pro-1 que physiothérapie, massage ou vlnce, le huit avril prochain i appareils orthopédiques, la Croix Le but poursuivi par la Croix-j Rouge de la Jeunesse en défrait Rouge de la Jeunesse e»*.de pou- i > coût.voir compter sur l'aide matériel- j II faut faire les d^r.andes pour le nécessaire pour procurer les obtenir cere aide financier* »•» soins médicaux aux enfants mala- j fond» de.» enfant* infirmes de a des ou souffrant de difformités i Croix-Rouge d» ¦- Jeunesse, avant physique* qui peuvent être rame- | de commencer un trei’ement, sauf nés a la santé ou en état normal, , dan* des va* d irgence.Les for-s'il» son*, suivis par de» médecins ! mules à cet effe‘.remplies par te Recueillir les fonds nécessaires à - médecm local, sont envoyées au cette oeuvre et en surveiller plus I directeur provincial de la Croix-! tard la distribution constituent Rouge de la Je .nes.se Le* méde ! deux excellents moyens pour h&bi- cins locaux, les inspecteurs d'éco-j tuer le.» jeunes membres de cette les, les membres des dive,-»»* »» lions de la Croix-Rouge de la Jeunes*» sont invité» a rapporter tou» le* cas d'enfant* malades ou souffrant de d.fformité physiqu» ayan* besoin d ¦ soir.» médicaux.Lorsqu'un enfant, retourne dar.s Il ** famille, après traitement, la duchesse, n'auralt pu être Incar j née plus heureusement que par Vaulette Goddard.Elle est d'allleur* bien secondée par Kay Mllland, qui personnifie un gentilhomme de réputa-i tlon douteuse, Constance Collier, j »»t magnifique en Lady Susan, et Cecil "Whlntle Stop", de Seymour .Ysbeozal, e*> une histoire d'amour dramatique et captivante nu possible.George Raft, Avu Gardner e’ Torn Conway sont les principaux Interpi dr ; »'.selon la tradition, le» trois snr'.e* du tr.angle.Uns un seul moment l'action ne silen I tlt dans “Whistle Stop" qui corn PRINCESS Kellaway qui campe un I f)0I> nombreuse* «cènes d’une extrêmement *ym- j gr«rdr beauté.Ce film rretera j une 2e semaine à l'affiche du etn» ; ri l’rinces s.Deux étoile* de cirque de grande réputation viennent ajouter a l'authenticité d’une scène de car : naval dans "Whist!» Stop".Frank , Mills, vedet'e de la Yankee J’at-terson Clrcu» Company, maître d*' , cérémonies a la voix tonitruante, I et Bob Tjornton, traditionnel ven- j leur de friandise* Au même programme, "The Crime Doctor'/ Warning' nous ra rr,ène Warner Baxter, John Lite “t Dusty Anderson.I.H version cinématographique de l'oeuvre de Noël Coward.'Blithe Spirit” l'histoire charmante d’un très jo',1 fantôme qui revient élire domicile auprès de son mari.Cette production prendra l'affiche vendredi au cinéma Capitol.Elvira personnifie» par Kay Hammond est "Irrésistible fantôme.Eli» a quitté le monde depuis sept ans et depuis sept ans, elle a dé-ùr* revenir retrouver "on mari, Charles, sur la terre.Cependant dans i intervalle, Charles s'est remarié.mais Elvira magnanime, lui pardonne /a seconde f»rnrne Constance Cummings.Elvira peut pardonner a Ruth de vivre rr.a's Ruth r.» pardonne pas a Elvira de se manifester, et de la le» situation» cocasse* qui s en suivent.ERE NOUVELLE La prochaine réunion de l'Ere Nouvelle aura lieu lundi, le L'i avril 1048.a l'hôtel Mont-Royal, a 8 heures 30 précise* (salon J).Sujet- Dix isslon des but* d» l'Ere Nouvelle, (convocation requise i section de la Croix-Rouge à devenir d» bons citoyen».Tout enfant, pourvu qu’il n'alt pas plus de 18 ans, est éligible aux traitement», k condition qu’il puisse en bénéficier, de l'avis d’un médec recommandé est mise au courant a j Jour .e Jour de* progrès accomplis, par !» dt- j recteur de la Croix-Rouge de la Jeunesse.Au besoin, ce dernier demandera a un garde-malade de il ville ou d'une unité sanitaire d» voir à ce qu» c*- enfant so t suivi de prés, même dar.ï soc foyer.Le Vrai Chez-Soi Hàîel St-Regis Vri, Rf K “HI.H BOL UNIRA.1135 TORON"!O OJlJL b »/» ÔV\Hj S cak ismono r U- VA IMCO.NO \ ;m »mz* femsona Page 8 LE JOUR ON BROUILLE LES IDÉES Dan» un article paru ici même, la semaine dernière, le sénateur Bouchard dénonçait le.( ojel de corporation proie»* (domicile que certaine pui»*ance prêtent® à l'approbation de l'A**emhlée legitlative de Québec, Bien que M, Bouchard «oit de taille à »e défendre lui-même — et il le fera »ar>« doute — noua tenon» à dire immédiatement l'attaque faite contre non article, dam 1’“Action Catholique” du JJ avril, porte à faux, ¦" fie journal corporatiste cherche à faire entendre que non* •orntne» opposé» à l’organisation du personnel enseignant.Nom n’ohjecton» nullement à une association qui aurait pour but de protéger le» intérêts de la proies*ion et d'améliorer le statut culturel de chacun de se» membres, Noua en avons uniquement contre la structure corporatiste que l’on veut insidieusement imposer à la province de Québec.J-e* corporations que désirent certains théoriciens de ce régime film ou moins fasciste ne different guère de celles qui ont failli amentablcmcnt en Europe avant la révolution.Elle* deviennent fatalement des monopole» et des instrument* d’oppression.Elle* •ont comme autant de petit» état* dan» i’Etat, parce qu’il devient extrêmement difficile de les mettre à la raison une foi* qu’elle* te sont e* sou* la protection de la loi.A cause de la liberté du travail et surtout de la liberté individuelle, nous nous opposons au principe et à la pratique de l'nlclior formé que nombre d'unions ouvrières imposent aujourd'hui à l’industrie avec toutes le* tactiques de la dictature tyrannique.C’est pour celte raison que nous somme* aussi bien contre le corporatisme que contre le communisme.Sur ce dernier, mais pour de* raisons différentes, nous sommes d’accord avec 1’ “Action Catholique'', Notre plus grand espoir, c’est que le» catholiques du monde entier soient autant d'anticommunistes ardents, non pas sous l'égide du fascisme, mais sous le signe démocratique, qui s'allie fort bien au «igné île la croix.Nous pensons que le marxisme, à cause de su brutalité de principe, de son materia* lisme dégoûtant, se brisera les dents sur la force spirituelle que représente l’Eglise, J.-Cli.II.Feu J.-N.-A.Perrault Dans la personne de M.J.-N.-A.Perrault, décédé dans la nuit du deux au trois avril dernier, notre confrère la Patrie et le monde du journalisme canadien ont fait une perte à laquelle ils sont extrêmement sensibles.Attaché à la Patrie dés 1902, M.Perrault s'y donna entièrement durant quarante-quatre années et il avait vécu avec elle dans une mesure qui illustrait son dévouement et son sens du devoir.Avec une assiduité et une ponctualité qui ne connaissaient pas de fléchissement, il était, pour le nombreux personnel qu'il dirigeait, dans les services administratifs et techniques, le vivant exemple de la rectitude et de la discipline.Ces qualités n'excluaient nullement des dons personnels qui faisaient de lui un homme d'agréable compagnie dont la conversation, dans l'intimité, révélait la générosité et l'urbanité.Toute la vie active de M.Perrault s'était passée à la Patrie et cette carrière, polarisée par le bureau où s'exerçait sa sagacité d'administrateur, lui avait laissé des souvenirs' qu'il évoquait volontiers et qui constituent l'histoire de ce journal.11 en avait acquis une philosophie sereine et une conviction profonde de la valeur du travail, de la constance dans l'effort, de la prudence dans l'orientation, toutes choses qu'il personnifiait.Jusqu'à ces tout derniers jours M.Perrault avait voulu accomplir sa tâche quotidienne avec la même assiduité, en dépit de l’affaiblissement de scs forces à la suite d une longue maladie.Se rendant compte peut-être mieux que tout autre des conséquences de cette discipline rigide sur sa santé, il se l'imposait néanmoins, autant par goût que par conviction: homme de devoir, il cherchait instinctivement dans l'ambiance du travail, qui avait toujours été la sienne, la formule de récupération que d'autres eussent demandées aux loisirs.Le Jour étant imprimé par la Compagnie de publication de la Patrie, ayant ses bureaux dans le même immeuble, nous avions été à même d’établir avec M.Perrault les relations les plus cordiales, d’apprécier ces solides aualités.Nous n'en sommes que plus sensibles à sa perte.Nous orions la famille du défunt et notre confrère la Patrie d’acceotcr l’expression de notre sincère sympathie dans le deuil qui les fraone.LES AMIS DE L’ART Los membres sont priés de np pas Oublier le prochain récital-causerie de Jean Dansereau.à l'Auditorium du Plateau, dimanche.14 avril.3 P.M.Les musiciens à l’études: Liszt et Rachmaninoff.A l'Auditorium de Verdun, samedi.13 avril, 3 P.M.et mercredi.24 avril.8 P.M., un beau film, intitulé Notre-Dame de la Guadeloupe.A la salle St-St unis tas, 16 avril 8.30 P.M., l'Atelier Théâtral présenta l'Exaltation.A l'Eglise St-Andrew et St-Paul ! vendredi, 19 avril, 8.30 P M., le célèbre Oratorio de Hnndel “Le Mes-j sie" avec Kenneth Mack, organiste.; les Choeurs de l’Eglise St-Andrew et St-Paul et te Elgar Choir sou?! la direction de Chadwich.D’Intéressantes exposition* de ; peintures sont en cours à la Oale-i rie des Arts, à l'Art Français et j à la Dominion Gallery.(Communiqué) UNE AMNISTIE AUX DÉSERTEURS l.ors de leur congrès régionnal tenu à Montréal le 31 mars dernier, les Jeunes Lauren tien; ont adopté une proposition demandant au gouvernement de gracier tous les jeunes déserteurs qui tombent sous le coup de la loi militaire.Voici le texte de cette requête: ' Attendu que nos gouvernants avaient contracté l'engagement solennel de ne participer à aucune guerre extérieure et que les déserteurs n'ont fait que protester contre la violation de la parole donnée; "Attendu que cette guerre protégeait, non pas la civilisation et la chrétienneté.mais les intérêts de l'Empire britannique et que les déserteurs étaient convaincus de l'inutilité du geste qu'on leur demandait; "Attendu qu'au lendemain de la guerre 19 H-18.les partis politiques se sont entendus pour déclarer une amnistie légale aux déserteurs; "Attendu que la chasse aux conscrits propage le crime et la haine et contraint plusieurs familles à vivre dans la misère, à la suite de l'absence d'un époux ou d'un fils; "Attendu que nos conscrits perdent leur temps dans des camps de détention, alors que nous en aurions tant besoin pour travailler au relèvement de notre société; Les Jeunes Laurcntiens demandent l'amnistie générale, et sans restriction aucune, pour tous les jeunes classés comme déserteurs.Montréal, 3 avril 19*16.Nous ne nions pas aux Jeunes Laurentiens le droit de demander grâce pour quelques milliers de jeunes gens qui ont refusé, par ignorance ou peur, de défendre leur patrie.Les pauvres diables qui se sont réfugiés dans les montagnes ou qui se sont cachés des années durant dans nos villes et villages, n'étaient pas tout à fait responsables.Les vrais coupables sont ceux qui les ont égarés.Nombre d’agitateurs politiques et une partie du bas clergé leur ont tellement prêché que cette guerre ne nous regardait pas qu'ils avaient une excuse à se dérober au devoir national.La logique commanderait donc que les premiers à être châtiés devraient être ceux-là même qui ont encouragé et propagé l’idée de désertion.La société des Jeunes Lâurentiens est elle même aveuglée par le préjugé.Car il suffit de lire le deuxième paragraphe de sa proposition pour se rendre compte jusqu’à quel point on a plongé toute une jeunesse dans l’absurdité.C’est un odieux mensonge que d’affirmer que la dernière guerre n’avait d’autre fin que de sauver l'Empire britannique.C'est d'ailleurs montrer bien peu de sagesse que de présenter au gouvernement un texte qui heurte de front toutes les convictions de ses membres.Comment faire admettre à M.King, à ses collègues, et à toutes la députation que seuls les intérêts britanniques étaient en cause Et comment ne pas constater que l’Amérique du Nord, coincée entre entre l’impérialisme fasciste d'un côté et l’impérialisme jaune de 1 autre, n aurait pas connu un désastre inouï en cas de défaite?Comment faire croire à des êtres sensés que le Canada ne fait pas partie de l’Amérique du Nord et n’est pas absolument solidaire de tous les intérêts nord américains?Les Jeunes Laurentiens ne sont pas.responsables de leurs actes.Nous savons qui les dirige et qui les trompe.Pour cette raison ils méritent toute notre tolérance et notre pitié.Ils appartiennent à cette catégorie de jeunes que des maîtres indignes ont amputé de leur raison et de leur pensée.Ces réserves faites, nous serions prêts nous aussi à demander un peu de clémence pour des déserteurs qui n’avaient pas conscience de la gravité de leur faute.Il ne s'agit pas ici seulement des Canadiens de langue française.Dans les autres provinces il y a eu aussi d’assez nombreuses désertions de sorte qu'il est impossible d’en faire exclusivement une question de race.Certes, il faut à tout prix faire sentir à cette jeunesse que la loi est la loi et que ce n’est pas à elle à juger quelles sont les lois qu’il faut enfreindre et celles qu'il faut observer.Le jour où chacun se croira en droit de choisir dans le code les articles qui font son affaire et ceux qui lui déplaisent, ce jour-là, tout principe d'autorité aura croulé.II faut donc que les délinquants sachent une fois pour toutes qu’en recevant leur grâce c’est une faveur qu’on leur fait et non un acte de justice.J.-C.H.MÉDECINS et CHARLATANS LE COIN' DES ENFANTS, une production de l’Office National du Film, sérié Les Reportages, met en relief cette entreprise éminemment éducative.Ceci n'est pas un réquisitoire contre les médecins, ni un plaidoyer pour les charlatans, mais tout au plus une esquisse d’attendrissement sur la naïveté de leurs client.Vous allez me dire que discuter pratiques de charlatans en compagnie de médecins, c'est s’exposer aux mêmes désagréments qu'il y aurait à discourir sur les propriétés de la corde dans la maison d un pendu.C’est un fait qu'il y a comme ça des idées dont la comparaison s’avère choquante à première vue.Leur association se heurte à des conventions tellement bien établies, qu'on a perdu peu à peu l’initiative de s'y aventurer.Ainsi, notre comportement moral, et quelquefois toute notre vie psychique, finissent par être tiraillés par des jugements disparates et opposés, acceptés une fois pour toutes, et relégués aux confins de la conscience, comme les vieux bibelots au fond des greniers.Que de fois nous aurions plaisir et profit, comme M.Chisholm, à gravir l’escalier dérobé qui conduit à ces réduits peu fréquentés, à nous asseoir parmi les objets oubliés de cette collection hétéroclite, à secouer la poussière qui les recouvre et à reconstituer l’histoire de certains d'entre eux.L’histoire des charlatans est vieille comme le monde.Quand on a confiance en soi, qu'on inspire confiance aux autres et qu'on est apte à utiliser ce double talent pour des fins pratiques, on a en principe tout ce qu’il faut pour faire un charlatan convenable.Il ne manque plus, pour devenir un artiste, que le concours du hasard et d un complexe de circonstances propres à créer, chez le candidat, un état d'esprit particulier.dont on fait grand cas dans nos sociétés, et qu’on appelle la vocation.Une fois la vocation reconnue., tout le monde s'incline.N'allez pas croire qu'est charlatan qui veut, où il veut et quand il 1 entend.Beaucoup sentent l’appel, mais peu sont élus.La crédulité du public n’est pas également facile à exploiter dans tous les domaines.Toutes les carrières ont leurs parasites.brevetés ou non.Il y en a cependant qui sont particulièrement propices aux charlatans comme le journalisme, la législature, la politique, la médecine, j’en passe, et des meilleures.Si la médecine a l’injuste réputation d’avoir à peu près monopolisé les charlatans, c’est qu’elle se présente à eux comme un champ plus facilement accessible que les autres, et plus propre à l’épanouissement rapide de leurs talents.La naïveté et la crédulité naturelle des individus s’accroît dans des proportions astronomiques avec la maladie.Elles offrent alors d'autant plus de prise qu’elles y sont en général stimulées et encouragées par l’entrourage.Quand on est pris pour mourir, on paraît avoir droit à la satisfaction de tous ses caprices.L’indulgence humaine ne connaît pas de cours aussi libre que lorsqu il s agit de laisser un peu d'espérance à ceux dont les jours sont comptés.L’illusion est pour le malade un besoin vital.Si le médecin e.st impuissant à la lui procurer, les circonstances s en chargeront.Il en est des maladies comme des lieux d'expiation dont la religion nous menace.Il n v en a qu une qui compte vraiment.C est avec raison que Dante a écrit sur la porte 1,Enfer: LASCIATE OGNI SPERANZA j ^ ENTRATE.Pour le pèlerin de l’au-delà, 1 essence du concept d’enfer tient dans cette formule.Quelle serait l’efficacité de la peine du feu sans la peine du dam (privation de Dieu, suprême et dernier espoir)?nos nerfs sont ainsi faits qu ils s’accommodent, à la riqueur.de ^intensité, mais qu’ils se révoltent infailliblement ^evant .la durée.On supporte tout, tant qu’on qarde 1 idée que ça peut finir.Rappelez-vous le mauvais riche, qui du fond de sa géhenne, suppliait Lazare de lui donner une goutte d’eau, 'our étancher sa soif.Qu’est-ce que peut faire une goutte d eau sur la soif d'un damné?Rien du tout, apparemment.Mais le geste de la qoutte d eau devenait une raison d’espérer et aurait suffi, à lui seul, à transformer l’enfer en purqatoire.Avec une seule goutte d'eau, l’espoir s infiltrait et ce n était déjà plus l'enfer.LAS- CIATE OGNI SPERANTA ., Abandonnons aux théologiens la tâche infinie de concilier l’expiation infinie avec la miséricorde infinie, et revenons aux charlantans.Le charlatan est un homme qui abuse systématiquement, pour des fins personnelles, plus ou moins voilées, de la crédulité du public.Vous sentez tout le côté délicat et insaisissable de la définition.Entre 1 imposteur, aux desseins flagrants, dont la vie est une gigue crapuleuse sur la conscience de son entourage, et l’artiste qui pianote, à ses heures, des airs de menuet sur les nerfs de ses amis, il y a tous les intermédiaires et toutes les nuances.A côté du bonze inspiré, qui refuse de discuter sur des sujets, même anodins, sous prétexte qu’il tient ses directives d en haut, et de 1 innocent qui se croit nanti d un pouvoir de magicien, parce que le hasard a pu conférer un caractère extraordinaire à certaines de ses pratiques, il y a le type particulièrement dangereux du pseudo-savant .combinard, qui a le don d embobiner sur des données réelles et authentiques, les fantaisies de sa propre imagination.Mais l’art véritable, l’art des arts pour le charlatan, consiste à laisser flotter après soi un parfum subtil de désintéressement et à noyer dans une sorte de clair-obscur, des appétits et des ambitions qui détonneraient au grand jour.Rien au monde ne nous trouble aussi profondément que le désintéressement.Wien ne nous trompe non plus avec une cruauté aussi exquise que les formes dont le déguisement s'inspire du désintéressement.Et Dieu sait s'il y en a! Pour vous en convaincre, je pourrais disséquer sous vos yeux un charlatan authentique, un de ces pur-sang tels que le hasard en met partois sur votre route.J’en avais justement un type superbe sous la main.Mais après réflexion, je préfère ne pas m’engager dans cette entreprise, parce que la vivisection est mal vue dans nos sociétés, et que je ne veux pas avoir de démêlés avec la S.P.C.A.Et puis, il faut bien sc 1 avouer, il y a dans la question du charlatanisme un point noir qu'on n aime pas à aborder.C est la nécessité où sont contraints les honnêtes gens, dans pas mal de circonstances, d utiliser des procédés identiques à ceux des charlatans.On ne conçoit pas un instant 1 état d une société où on serait mis dans 1 impossibilité de tirer un parti quelconque de la crédulité du voisin et où.en d'autres termes, on n aurait la faculté de tabler que sur des données parfaitement comprises, sciemment acceptées.et portant la garantie d une justesse et d'une justice à toute épreuve?Ce serait tout simplement la fin de la vie.parce qu'il n'y aurait plus de liberté.Il n y a pas de vie sociale possible sans lutte, pas de lutte sans ruse, pas de ruse sans mensonge, et pas de mensonge sans liberté.LJiistoire de l'humanité est calquée sur celle des individus.Elle oscille entre la monotonis de 1 absolutisme et la sauvagerie de 1 anarchie.La société a besoin de charlatans: tout ce qu elle leur demande c'est de ne pas s’engager dans la carrière sans garantie sérieuse et durable de succès.Sans quoi, c’est pour elle la disillu-sion.ht la désillusion est soeur du désespoir et le désespoir est le commencement de l’enfer.Ce qui compte au fond, ce n’est pas le fait d’être dans 1 erreur ou la vérité, mais l'idée qu'on se fait d être dans l’erreur ou la vérité.Quand on vit sous 1 égide de chefs suffisamment clairvoyants on a toujours l'impression d'etre dans la \érite.Le bon peuple dont nous sommes tous, â des titres divers, n’en exige pas davantage! 1.est apte a tout encaisser tant qu'il n’acquiert pas 1 impression qu'il est exploité.Je me demande.si parmi d autres fantaisies qui se discutent dans nos Parlements, on ne trouvera pas un jour le temps de codifier le droit de se foutre du monde.Ne croyez-vous pas.en toute franchise.que ce droit-là devrait faire l'article numéro un de toute société bien organisée?N e't-ce pas la violation de ce droit-là qui est à la base de la plupart de nos conflits?Paul HUBERT Vous les Préférerez THÉ ET CAFÉ WÈM .es Mots uroisés du Jour par T ITT LIT 6 7 8 9 r Tl r mu 1 I n ¦ T U ¦c .J.11 n an TTFT ¦ JL X LL 5 -X- _ xm.T r ¦JLL ¦ nmrwT INI UL nr TT 1C TB ?DUT ¦JULC tu TT 1 LMU ! 1 ! nu LJ.1 -i n rr TT LL ¦ 1 i :xc ! i _UU J xm 1 f j XE juljd ¦L 'm X 1 ! 1 1 n n' xbttt j.¦ 1 ! 1 n __ X n 1 i “ 1 J L Jl m j 1 1 IIOUIZONTALKMEXT Liquide blanc, d’une saveur douce — Lait caillé constituant l'un de» nrincipaux aliment» des montagnard» bulgare».2— Corps simple d’un gris bleuâtre — Personn*; Joyeuse — Corps organique.3— Qualité de ce qui peut être mesuré ou nombril — Libéré de ce que l'on devait, 4— Première note de la grtmm*: ordinaire — Causal la mort— Point où l'on vl»* — Ancien bouclier.5— Réformateur persan, né â Cbl-raz — Attachée avec un lien — Interjection marquant l’étonnement, le doute.6— D’une saveur aeréable— Donner fl loyer une partie d'une maison dont on est locataire.7— Souffre, supporte — Docteur (abrév.) — Prép.latine (de.par) — Pron personnel (3e per».).* 8— Transformât en dace — le con.) — Enveloppe soyeuse que se filent les larves des lépidoptères.9— Symbole du f uor — Tranchante.Aïeul**— Vieillesse temps.10— Lieras de nouv-au — Herger sicilien aimé de GHla'ée Unité Ae travail (mécan.I.13—Bière anglaise légère — 3» d't pas, cache — Lagune de la nu-r Noire.H—Petites poches en dedans A* la ceinture d'un pantalon — Met 1» feu.15—Résultat d'une cause — Int-servant à appeler.A provoquer l’attention — Synonyme de “geyser”.V B UT I CA I» K M K N T 1— Corps dont la form, n'est P»" Invariable — Allnvllt obtenu pac la fermentation du caillé.2— Huitième mois de l'année—Petite entaille & la lame d'un • H(i — Cité d'un navire — Frappé par le vent.3— Nom de deux chaîne» de montagnes — Helléniste français, né a Paris — HI»torien français, né » Auxerre.t—Qui se rapporte aux’ tentacu* les — Pron personnel (3e per» 1 5—Groupe de champignon» | pour type la “truffe" — ' (abrév).1—Substance terreuse pro'< xr.t de ’a décomposition de certaii - » laves — Durée qui n’a ni commencement ni fin."—Instruments de trav.; 11—Enlèvement—- Grand lac salé d’Asie —- Deux foi».______.0 12 — Nom générique de plusieurs Mammifère rongeur — Ville de 1' espèces de poires — Goudron —1 «rique (Halnaut) 8—Volonté, «pri • Qui contient d- 1"« — Vent du nord.•9—Int servant è * pel-r — S u b • ' a ' grasse et onctueuse Adresse 10— Autre ferme "one” — Epou “ T brahatn — Symbole !'are:
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