La presse, 11 mai 1963, Supplément 1
[" crjrp 11 MAI 1961 rmm 'i- SPlUi §£§111: ;:~s-;Er- Ka^SS; -ssp; à fouiller des documents.Historien.il les a fait parler.11 les a même fait parler d\u2019une façon fort peu traditionnelle.Sur tout cela, Gustave Lanctôt s\u2019explique en pages 2 et 3.nt) E NE SUIS d\u2019aucune école, d\u2019aucune chapelle.Tous ceux que je me si is trouvé à contredire sont contre moi.Je suis un solitaire.Archiviste, il a passé sa vie - - ' L^PRESSE mm ¦H Ï-V; mm.mge*.mÉÈÊÈ&ê mm ÜÜÜ1 Mm ¦MM MM: MM mât WÊÊgÈ \"i ¦ VéÇï¥- mm L E TRIO BAROQUE de Montréal, composé de Mario Duschenes.flûte.Melvin Berman, hautbois, et Kelsey Jones, clavecin, vient d\u2019enregistrer, pour la maison Vox, un microsillon consacré à Haendel.Ce disque, diffusé sur le marché international, est d\u2019une rare perfection, tant par le choix des oeuvres que par l\u2019interprétation et l\u2019enregistrement.Il met en lumière un groupement montréalais qui n\u2019a rien â envier aux meilleurs ensembles internationaux du même genre.Q vfci UICONQUE s\u2019élève sera abaissé.Non pas dans l\u2019autre monde mais dans celui-ci.C\u2019est Raymond Lévesque qui s\u2019en charge, avec le concours de Benoit Marteau.Ils ont installé leur tribunal au Club des Arts et c\u2019est là qu\u2019ils pendent haut et court les princes régnants de l\u2019actualité.II faut de tout pour faire un rire.En page 19, Raymond Levesque nous dit que la matière ne manque pas.©\tIÜ d) DJ\tm W MONTREAL, SAMEDI iPfHi §||p|.$ SKsHgiME im ^f^Êsr; 'vfv; *i5* HE \" 'vv-' î^^çSSjR Gustave Lanctôt : un archiviste qui, devenu historien, corrige notre histoire photos J.-Y.Letourneau.LA PRESSE ELON les clauses du rendez-vous, c\u2019est lui qui allait se déplacer.11 est arrivé à l\u2019heure exacte, petit, le pas alerte et l\u2019oeil allumé, portant quelques documents qu\u2019il jugeait indispensables à mon travail.11 a donné cet inter-viou comme un bon professeur donne son cours : en se laissant entraîner dans toutes les digressions inutiles qui promettent d\u2019être savoureuses.Que le métier nous amène plus souvent d\u2019aussi agréables bavards ! Le major Gustave Lanctôt a publié pour la première fois en 1926 alors que les presses Ryerson de Toronto tiraient son \u201cFrançois-Xavier Gar-neau\u201d.11 a signé depuis de nombreuses brochures et onze volumes.Il n\u2019est pourtant pas très réputé ici; sa réputation aurait-elle souffert de ce qu\u2019il n\u2019ait pas suffisamment épaulé les mythes de notre histoire ?Le premier tome de son \u201cHistoire du Canada\u201d sortait de chez Beauchemin en \u201959.11 a déjà été réédité deux fois en français, une fois en anglais chez Clarke Invin à Toronto et une édition américaine sortira sous peu des presses de l\u2019Université Harvard.A la lecture de ce premier volume, M.John C.Rule, de l\u2019Université d\u2019Ohio, écrivait : \u201cDe tous les historiens canadiens-français, Gustave Lanctôt est peut-être l\u2019artisan le mieux équilibré et le plus habile .A.L.Burt, de l'Université du Manitoba : \u201cL\u2019ouvrage supplante toutes les autres versions de l\u2019histoire de la Nouvelle-France jusqu'en 1663 .\u201d Et le Dr J.I.Cooper, de McGill, parle d'un travail \u201cd'une judicieuse érudition\u201d.Or il arrive que Beau-chemin vient de lancer le second tome de cette \u201cHistoire du Canada\u201d.Avant que les critiques n'amplifient la louange ou décident de se rétracter, voici comment Gustave Lanctôt se raconte.11 a entamé sa carrière par un cours de droit à Laval.Au moment de prêter le serment du barreau, il jura \u201cde ne jamais pratiquer\u201d et s\u2019embarqua pour l'Angleterre où il étudia l'histoire et l\u2019économie politique à Oxford.De là.il passa en France pour étudier à la Sorbonne\u2014où il obtint son doctorat\u2014et revint au pays en 1912.Entré aux Archives dès cette date,- il prenait sa retraite en 1948, après avoir été directeur de la section française des Archives et.depuis 1937, archiviste fédéral adjoint.11 s\u2019enrôla dans le régiment d'Olivar Asselin lors de la première guerre mais c'est avec les Black Watch qu'il conquit ses galons de major.\u2014Vous étiez donc archiviste ! Avez-vous aussi enseigné ?\u2014Deux années de cours à l'Université d'Ottawa.C'est moi qui ai donné les premiers cours de méthodologie de l\u2019histoire au Canada.\u2014Cette 'Histoire'\u2019 que vous avez entrepris d\u2019écrire se bornera-t-elle au régime français ?\u201411 y aura trois volumes couvrant le régime français.Après ?Il est plus essentiel d'éclairer le régime français, c\u2019est le régime de base de notre histoire.J'ai aussi publié différentes petites choses sur le régime anglais : notamment.en collaboration, \u201cLes Canadiens français et leurs voisins du Sud\u201d.\"J'ai également un volume sur le Canada et l\u2019invasion américaine.Il paraîtra l'an prochain.Cette invasion suscita une double crise ici.crise religieuse et politique.C\u2019est l\u2019origine des schismes de La-noraie et de Lavaltrie, et à un certain moment, Mgr Briand vint bien près d\u2019interdire tout le diocèse.Mais les Canadiens français restèrent fidèles à l\u2019Angleterre.D'ailleurs, l\u2019invasion arrivait après l\u2019Acte de Québec qui venait de leur accorder tout ce qu'ils désiraient.\u201cSaviez-vous que les Canadiens français n\u2019ont eu que deux seules révoltes ?Contre la cherté des marchandises.Récalcitrants, nos ancêtres! C\u2019est d\u2019ailleurs une caractéristique de révolution du Canadien français : il a acquis un esprit d\u2019insubordination et d\u2019indépendance marquée.Tous les voyageurs qui ont laissé des écrits l'ont signalé.\u201d \u2014Scrait-ce exact de dire que vous vous êtes appliqué à dégonfler l\u2019histoire ?\u2014Je ne me propose pas de dégonfler l\u2019histoire mais de détruire le mensonge.Sous prétexte de mégalomanie il ne faut KOWREAL ÎAMEDI 11 MAI 1963 pas enseigner le mensonge aux enfants \u2018 J'ai voulu écrire une histoire purement documentaire.Si en cours j'ai rencontré des erreurs, je les ai détruites.Chaque affirmation est basée sur un document, selon la théorie de Fustel de Coulanges qui veut un document pour chaque affirmation.Tout ce que j'écris est basé sur un document et l'indication du document se retrouve dans la note en référence.\" \u2014N'a v e z -v o u s pas commencé par défendre la vertu de nos aïeules ?\u2014Oui.les Filles du Roi.Cette fausseté date de 1641 mais elle a surtout été propagée par La 1 Ion-tan dans son \"Voyage en Amérique\".11 avait parlé des \u2018'Filles de joie\" pour épicer son volume.Pire encore, dans une autre édition sa version avait été reprise et enjolivée.C'était de la littérature, je vous l\u2019assure.\u2014Et Dollard ?\u2014Nous avons la preuve fondamentale d\u2019un billet où il dit : \"Je promets de payer à mon re- tour .\u201d Il ne partait donc pas avec l'intention de sacrifier sa vie puisqu'il promettait de revenir et de payer ses dettes.Nous avons également le témoignage de deux de ses compagnons.Dollard et ses compagnons ne con-naissient pas la présence d'une armée iroquoise sur l'Outaouais.En apprenant la chose, ils ont délibéré pour savoir s\u2019ils combattraient ou s\u2019ils reviendraient.\u2014S'il s'agit d'un mythe, en connaissez-vous l'origine ?\u2014Un écrit de M.Fai 1-lon, p.s.s., qui se base sur une pièce de Marguerite Bourgeoys où il a supprimé le nom de Brigeac pour y mettre le nom de Dollard afin d\u2019appuyer sa thèse.Un faux historique donc ! Malheureusement repris par les panégyriques ! \u2014D'autres exemples ?\u2014Dans ce second volume, je fais la réhabilitation de M.de Mésy, accusé d'avarice et de violence par Villeray, membre du conseil souverain et ancien prisonnier pour det- tes à Laroehelle.Villeray était un partisan de la théocratie jésuite.Villeray et les Jésuites ont tenté d'éliminer l'influence du gouverneur pour y substituer une domination ecclésiastique.\u2014Et encore ?\u2014Encore .Encore.J'ai écrit tout un volume qui s\u2019intitule \"Faussaires et faussetés en histoire canadienne\".Encore.\"Ah ! oui.11 y a l\u2019impudente affirmation du père Hennepin qui.après la mort de LaSalle, prétend avoir découvert le golfe du Mexique.Il a attendu la mort de LaSalle pour le prétendre et ce sulpicien a dédié son volume au brave roi protestant d'Angleterre !\" \u2014Vous avez des théories quant à l'enseignement de l'histoire ?.\u2014Je suis d'avis que l'histoire a pour but l'information du passé, information basée uniquement sur le document.Beaucoup de vulgarisateurs sont arrivés qui ont débordé les textes des documents.On a voulu faire une sorte d\u2019exaltation.\"Je ne condamne pas le nationalisme, il a du bon.Mais il ne doit pas servir à falsifier l'histoire L\u2019histoire ne doit pas être enseignée dans un but d'édification nationale mais dans un but d'information scientifique.J'en reviens à Fustel de Coulanges.\u2014 Dans le contexte historique.que pensez-vous de la Confédération ?\u2014La Confédération a été la solution la plus heureuse de son époque parce qu'à ce moment nous étions pris dans l\u2019étreinte de l\u2019Union de 1841 qui nous unissait au Haut-Canada.Fatalement, un jour ou l'autre, la représentation à l'intérieur de l'Union aurait été basée sur la population \u2014 selon la formule anglaise \u201crep per pop\" \u2014 et ce jour-là nous aurions été soumis à une majorité anglaise où des hommes comme George Brown, anticatholique et anticanadien-français à outrance, auraient sapé nos structures et notre survivance catholiques et françaises.\"La Confédération nous a sauvés de ce danger et nous a rendus maîtres de notre destin a l\u2019intérieur de la province.\"Je trouve qu'on n'a pas raison de rejeter la situation présente sur les épaules des Pères de la Confédération, (\"est un anachronisme et l'anachronisme, comme dit F'ebvre.c\u2019est la pire des erreurs en histoire.\"St nous trouvons aujourd'hui que la Confédération ne nous accorde pas tous les droits auxquels nous pouvons prétendre.il faut plutôt en h 1 à m e r les générations suivantes qui n'ont pas su réagir assez vigoureusement contre la négation des droits qui découlaient de la constitution canadienne.\"D\u2019autre part, est-ce que nous ne sommes pas coupables d'avoir voulu nous cantonner dans le domaine intellectuel des professions au lieu d\u2019exiger le respect du texte de la constitution ?Et dans le champ connexe de l\u2019économie politique, est-ce que nous n'avons pas une assez lourde responsabi- lité d'avoir exalté Pinte!-lectualité et dédaigné l'importance de l'économique ?Socialement, nous avons rangé dans une deuxième zone les hommes d'affaires et les industriels \"Autre erreur.Quand quelques-uns des nôtres réussissaient a édifier une entreprise importante qui nous assurait une influence.nous nous sommes trop souvent laissé tenter par l'offre des capitalistes anglais ou américains et nous avons vendu ! \"La remontee d'aujourd\u2019hui est exaltante, non seulement en faveur de notre indépendance et de notre expansion mais aussi au profit de notre croissance économique.\u201d Sur cette longue réponse, M.Lanctôt est parti pour Ottawa où il a, dit il.sa maison de vacances.Mais en apprenant qu'il s'y rend pour mettre au point le troisième volume de son \"Hictoire du Canada\" il y a lieu de croire qu'il sera moins souvent aux champs qu'aux archives.Jean O Neii Lebesque et Lorca à 1H JEAN BERAUD notre Ecole Nationale \"Les Fiancés de la Seine\", de Morvan Lebesque, et \"Les Amours de Perlimptin et de 3eUse\", de Federico Garcia Lorca, au Studio de la rue St-Luc.par l'Ecole Nationale du Théâtre, élèves de 2e année des cojr; technique; pour la direction, élèves de 3e année pour l'interprétation, avec dan» les distributions : Michel Dernuet-Jacqueline Laurent, Jean-Luc Bastien, Monique Bélisle, Anne Lauriaultr les mises en scene sont de Julien Forcier et Michel Oernuet; les décors et costumes d* Marie-Andrée; la régie de musique et lumière, de Michel Dernuet et Robert duParc.f V 'EST une experience intéressante que de confier ta travail technique à des éleves pour un spectacle qu'interprètent des éleves.C\u2019est celle que nous proposent depuis hier soir les élèves de langue française à l\u2019Ecole Nationale du Théâtre, dans le Studio de la rue Saint-Luc.Les élèves de largue anglaise auront leur tour, selon la même formule, avec \"Le Mariage\" de Nicolas Gogol, du 18 au 22 mai.\"Les Amours de don Perlimptin\" es! une pantalonnade tragique qui a reçu hier soir un traitement adroit et agréable.La mise en scène de Michel Dernuet est animée et variée; les décors manifestent de la recherche dans la bonne direction avec celui du 2e tableau, bien éclairé, et celui du 3e tableau, où il serait bon tout de même d'enlever la tenture rouge qui transforme un extérieur en intérieur; les costumes sont jolis avec leur pointe de fantaisie; la partition d'accompagnement est tout â fait bien choisie, gracieuse et fine.Jean-Luc Bastien campe bien le personnage de Perlimplin, ce bonhomme de cinquante ans qui épouse une gamine de vingt ans pour porter des le lendemain de la nuit de noces une for! belle paire de cornes.Il joue bien l'amour éperdu du vieil homme qui accepte que l'aimée soif heureuse, même si c'est aux mains des autres, jusqu'au jour où, désespéré de ne pouvoir se faire aimer lui-même, il se pose en jeune amant qu'il poignardera, la tuant en se tuant lui-même.Monique Bélisle fl le bon et franc parler de la servante Marcolfa.Jacqueline Laurent est faite pour le rôle de la coquette Bélise, elle en exprime la jeunesse folle de son corps, dit bien et avec de justes accents.La mère de Bélise est Anne Lauriault, qui incarne aussi le premier lutin, avec Monique Bélisle en second lutin : elles sont gentilles comme tout.Il y a là-dedans de l'ambiance et un certain style; c'est du bon travail de bons élèves.Il y manque de l'assurance.Tout le monda joue avec trop de timidité.On a l'air d'avoir peur de toucher au texte; il est dit souvent de façon hésitante ou avec de trop longues pauses.Il faut enlever davantage l'ouvrage, qui est vif et charmant.On a été moins heureux avec la petite comedie psychologique de Morvan Lebesque, \"Les Fiances de la Seine\u201d.La, le jeu.>» débit sont nettement insuffisants.Cela manque d'accent et de vigueur; encore trop de timidité.La mise en scèno est très statique; il est vrai que l'auteur n'a pas donné grand'; banco 1 un animateur de mettre là de la vie, mais on marche, en parle trop lentement, les mouvements sont trop mesurés, trop calculés.On voudrait plus de naturel et de vie.La piece n'est pas bien originale.Le jeune Emile rêve d'évasion; on a pensé, comme pour \"Marius\", faire entendre les sifflets de navire| dans le lointain.Mais est-on à \"La Samaritaine ' de Paris 0.: \\ cii de 3 à r> h.les sam.dim.de 2 à 5 h.CENTRE D\u2019ART DE L'ELYSEE Huiles et gtnia- samedi de 10 à 5 h.PENTHOUSE GALLERY \u2014 Jusqu'au 24 mai.peintures d André Jasmin.Du lundi au vendredi de 9 à G h.SEMINAIRE DE STE-THE-RESE Jusqu'au 15 mai, en collaboration avec la Galerie Nationale du Canada, une exposition intitulée \"Peinture primitive au Canada\".Tous les jours (le 9 à 9 h.THE ART CENTRE \u2014 Jusqu'au 25 mai.huiles et en-cres de Sybil Wolfe.Du lundi au samedi de 9.30 à 6 h.Le vendredi soir jusqu'à 9 11.WADDINGTON GALLERIES \u2014 Gravures de Silverberg.Jusqu\u2019au 25 mai Du lundi au samedi rie 9.30 à 5.30\th., le mercredi soir de 7 à iO b.LA BUTTE \u2014 Ce soir à 9 v.v/y*Ç .;-X ; mm >.s;.msm.\u2022\u2022 >\u2022 \u2019 _.¦ .* .\u2022\u2022¦\u2022 v; ¦:>Sv Çî;!*: :dHrr ttji \u2022ï&Sfc ».tats àii S»» iwit; - ~ mm L'Orchestre Symphonique de Sherbrooke, lors d'une exécution, à la cathédrale de cette ville, de la Neuvième Symphonie de Beethoven.C'est dans ce même temple que fut présenté mardi dernier \"Le Roi David\" de Honegger.Sherbrooke et Eco décentralisation musicale déroutante, même pour un publie comme celui de Montréal (l'oeuvre avait été pi mentée au Festival de Montréal de 1954, en l'église Notre-Dame, avec Pierrette Alarie, Maureen Forrester,'Richard Verreau.et Jean Coutu comme récitant, sous la direction de Roland I.educN: de plus, c\u2019est un ouvrage monumental par les effectifs orchestraux, choraux et vocaux requis et par les difficult -' d'exécution qu'il présente.Eh bien : c \u2022 tie double gageure, l'Orchestre Symphonique de Sherbrooke et son chef.Sylvio Lacharité, l'ont gagnée haut la main.Tout d'abord la cathédrale était remplie à sa capacité : 11 y avait là plus ri 2.0pn personnes (dont les 1.400 abonnés de l'Orchestre'.Ensuite, l'exécution fut, du commencement à la fin, d'une haute tenue professionnelle, et je crois qu'il faut en féliciter tout d\u2019abord l'orchestre et son chef, auxquels incombait la plus grande partie de la besogne.Tout n\u2019a peut-être pas été parfait dans cette exécution, mais il n\u2019y a pas eu d\u2019erreurs graves, ni dans la direction, ni dans l'exécution.Le chef a réussi par-dessus tout à conserver, du commencement à la fin.le rythme juste, la pulsation qui convient à cette oeuvre bien particulière, et il a réussi à maintenir tous ses effectifs ensemble : les différentes sections de l\u2019orchestre, le choeur mixte et les solistes (la partition indique Un orgue; pour des raisons matérielles, cet instrument, a dû être omis de l'exécution, mais sans détriment quant au résultat total).\t, Quelques musiciens de l\u2019extérieur s\u2019étaient joints à la cinquantaine de l'Orchestre Symphonique de Sherbrooke pour former l\u2019ensemble d'au moins 68 instrumentistes requis par l\u2019oeuvre de Honegger.Cependant, le gros des effectifs était sherbrookois et on peut dire, après cette audition, que TOSS est un orchestre très remarquable par les musiciens qui le composent et par sa discipline générale.Les cordes ont beaucoup d'unité, de legato et une bonne sonorité de groupe : les cuivres m'ont semblé très solides (les trombones et les trompettes ont un rôle très exigeant dans \u201cLe Roi David\u201d) : les bois sont chaleureux, raffinés ; la percussion est très au point Bref, aucune faiblesse q signaler.Les trois solistes ont été à la hauteur de la tâche, non seulement comme stvle mais aussi comme production vocale, car cette cathédrale est un bien grand vaisseau à remplir ! Le récitant a réussi à se faire comprendre, malgré un microphone par moment défectueux, et il a évité le mélodramatique si tentant chez Honegger.Le choeur mixte a affiché beaucoup de discipline.La voix en écho de la Pythonisse a créé une impression saisissante.\t.\t.\t.Si l'auditeur a échappe plusieurs détails de prononciation, il faut s\u2019en prendre à l'acoustique fort capricieuse, et nettement mauvaise à certains endroits, de la cathédrale.Par contre, l\u2019orchestre, ainsi réverbéré, prenait des proportions gigantesques, surtout ces cuivres tonitruants .En somme, une très belle réussite et, dans les circonstances que l\u2019on sait, je dirais même : une réussite étonnante.Je crois que, fort de cette expérience.l'Orchestre Symphonique de Sherbrooke peut maintenant aborder des oeuvres d'une difficulté considérable qui lui étaient interdites jusqu'à present.Apres \"Le Roi David\u201d.l'Orchestre de Sherbrooke et son chef ne peuvent plus reculer : il faut continuer à aller de 1 avant.Et j\u2019en dirais autant du public sherbrookois, qui a assisté, nombreux et enthousiaste, à cette mémorable audition.L'Orchestre Symphonique de Sherbrooke a été fondé à l'automne de 1939 et a donné son premier concert en avril 1940.Sa prochaine saison ( 1903-64 sera donc sa vingt-cincjuième.L'OSS n'a que cinq ans de moins que l'Orchestre Symphonique de Montréal.C'est le troisième orchestre de la province, le plus ancien étant celui de Québec, qui a 60 ans d'existence.L'orchestre s\u2019est d'abord appelé \u201cSymphonie Saint-Charles\u201d parce qu\u2019il donna ses premiers concerts dans la salle du petit séminaire St-Charles-Borromée.Depuis, l\u2019Orchestre donne ses concerts au cinéma Granada (très joli dccor espagnol.acoustique passable, capacité de 1,400).Mais s'il a changé de nom et de local, l'orchestre, depuis ses toutes premières heures d'existence, soit depuis 25 ans, a toujours eu le même chef : Sylvio Lacharité.Et c'est là, je crois, un cas assez unique dans l'histoire des orchestres.Sylvio Lacharité est né à Sherbrooke.Tout le monde le connait et l\u2019appelle familièrement \u201cSylvio\".En fait, c'est dans la maison même où il est né et où il habite encore qu\u2019il m\u2019a accordé une interview, au lendemain de l\u2019audition du \u201cRoi David\".Sylvio Lacharité n 48 ans Son énergie, son enthousiasme et sa volubilité nous empêchent de croire à un âge qu'une carrière très remplie vient cependant confirmer.Car Sylvio Lacharité n'a pas seulement bâti, pour ainsi dire.l'Orchestre Symphonique de Sherbrooke (aidé en cela notamment par Horace Roux, qui est encore premier-violon de l\u2019ensemble, et par l'abbé Alphonse Labrecque, curé et professeur de philosophie qui joua lui-même dans l\u2019orchestre! H détient également, avec quelques autres musiciens, le ¦ de \u201cDisciple de Pierre Mon-teux\u201d (il travailla huit saisons avec le célèbre chef » : il a étudié avec Olivier Messiaen et Mme Arthur Honegger, elle-même réputé professeur de contrepoint ; il a dirigé en 1958 cinq concerts de l'Orchestre Pasdeloup de Paris : il a été pendant plusieurs années le directeur de l'Harmonie de Sherbrooke (\u201cCela m'a fo't ço't les innombrables possibilités des instruments à vent\") : il est encore directeur de l'Orchestre du Conservatoire de Québec et chef des \u201cConcerts Couperin\u201d, orchestre de chambre qui donne des concerts de miisiquè ancienne au Musée de la Province : il vient de diriger \u201cTosca\u201d à Québec.Ce n'est pas tout : M.Lacharité se prépare à son quatrième voyage en Europe, pour un second stage en recherches acoustiques.grâce à une bourse du Conseil des Arts du Canada.A sa fondation, l'Orchestre Symphonique de Sherbrooke comptait déjà une quarantaine d'instrumentistes.Maintenant.l'Orchestre possède des effectifs réguliers de 50 instrumentistes environ.\u2014 Nous donnons Haydn et Mozart avec 45 ou 50 musiciens, précise M.Lacharité.Pour certaines oeuvres, des musiciens de l\u2019extérieur viennent se joindre à nous.Nous avons été jusqu'à 70 pour la 9e Symphonie de Beethoven.\u2014Vos music'vns vivent-ils de leur métier ?\u2014Deux seulement, qui sont professeurs de musique, et moi-même vivons de notre métier.Les autres gagnent leur vie ailleurs : comme employés de bureaux, etc., et ils reçoivent, pour chaque concert, un cachet nominal qui suffit à peine à payer leur transport et les cordes de violon ! Certains étudiants en musique qui se joignent à nous, à l'occasion, ne sont même pas payés.Mais nous aidons à défrayer les cours de plusieurs jeunes particulièrement doués et nous avons formé 18 instrumentistes professionnels qui jouent maintenant dans des orchestres, au Canada et même aux Etats-Unis.\u2014 L'Orchestre fait - il scs frais ?\t.\u2014 Chaque concert est entièrement \\endu par abonnement .Nous avions une dette de $8,500 qui a été entièrement comblée récemment par un grand dîner à $100 du couvert, qui nous a rapporté plus de $10,000.\u2014C'e.'t vous qui avez eu l'idée du \u201cRoi David\u201d .\u2014Oui.Je crois qu'un orchestre, même un orchestre comme le nôtre, doit sortir des sentiers battus.Honegger a eu vraiment sa raison d'être et \u201cLe Roi David\" est certainement une do ses plus belles oeuvres.\u2014Vous avez travaillé à Paris avec la femme de Honegger.Avez-vous travaillé \u201cLe Roi David\" avec elle 7 \u2014Non.Mme Honegger enseigne surtout le contrepoint.Mats je vais lui envoyer notre programme.Au cours de ses 24 saisons, rappelle M.Lacharité.l\u2019OSS a joué une grande partie du répertoire de base d'un orchestre symphonique : toutes les Symphonies de Beethoven (sauf la troisième et la sixième), jes plus connues des Symphonies de Haydn et de Mozart, les 2e et 4e de Brahms, les 4e et 5e de Tchaikowsky (\u201cOn nous réclame sans cesse la quatrième\"), l\u2019\"Inachevée\" de Schubert, la \u201cNouveau Monde\u201d do Dvorak, le \u201cMessie\u201d de Haen-del dans la partition originale (cordes, hautbois, trompettes et clavecin) .Dans le domaine des concertos.LOSS a également joué, pour ainsi dire, tous les grands chevaux de bataille du répertoire, et ici la liste est fort prestigieuse des solistes canadiens et étrangers, qui se firent entendre avec l'orchestre.Chez les pianistes : Mal-cuzvnski, qui demanda lui-mê- me de \"roder\" avec l'orchestre sherbrookois une tourner américaine qu'il allait entreprendre, jouant le même soir le 3e Concerto de Rachmaninoff et le 2e de Chopin : Leon Fleishcr el Glenn Gouid, qui ont joué avec l'orchestre bien avant de devenir célèbres, Paul Ba-dura-Skoda.Alexander l nins-ky.Abba Bogin.Chez les violonistes : Joseph Szigeti.Henryk SzerjT.g.David Nadien, Albert 'AnsheP Brusilow, maintenant premier-violon de l'Orchestre de Philadelphie.Chez les chanteurs : Pierrette Atari?, Léopold Simonenu, Martial Singher, D\u2019autres encore Paul Tortelier et Guy Fallot, violoncellistes, Christian Lardé, flûtiste.La saison qui so termine s'était ouverte par un concert dirigé par Sir Ernest MacMillan.M.MacMillan dirigea la septième Symphonie de Beethoven, \"Sérénade concertante\" du Canadien Murray Adaskin et un concerto pour piano de Mozart, avec comme soliste William Aide.\u2014 J'aimerais que nous ayons plus souvent des chefs invités.Mais cela est difficile car notre saison ne comprend que trois concerts (même si parfois nous avons été jusqu'à cinq1 Nous tenons aussi à encourager les compositeurs canadien-Nous avons déjà présenté la \"Cantate pour une joie\u201d de Pierre Mercure.Pour notre 25e anniversaire, nous commandons une oeuvre à un jeune compositeur de Sherbrooke qui fait maintenant carrière à Montréal.Sergo Garant.Et nous espérons bien qu'il viendra la diriger .Nous aimerions monter plus souvent des oeuvres canadiennes, mais nos compositeurs écrivent souvent des pages dont la complexité dépasse nos moyens .Pour la saison prochaine, je voudrais donner quatre concerts.11 est assuré que nous allons redonner la \u201cNeuvième\".LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 11 MAI 1963,5 par Claude Gingras s SHERBROOKE \u2014 Les grandes réalisations artistiques, chez nous, ne sont donc plus l'apanage de Montréal exclusivement.Depuis quelque temps, nous assistons à un phénomène de décentralisation artistique auquel les amateurs de musique de Montréal sont les premiers, j'en suis sur, à applaudir.Après les trois opéras et les neuf Symphonies de Beethoven présentés à Québec au cours de la saison qui se termine, c'est maintenant au tour de Sherbrooke, la Reine des Cantons de l'Est, à attirer l'attention du public mélomane du Québec.L'Orchestre Symphonique de cette ville terminait sa 24e saison mardi soir dernier en présentant, à la cathédrale Saint-Michel, ls grand \u201cpsaume dramatique\u201d de Honegger \u201cLe Roi David\".\u201cLe Roi David\" est une oeuvre pittoresque, populaire, un peu naïve parfois, et qui Dossède l\u2019accent de la musique religieuse protestante.\"Psaume dramatique\u201d, \"oratorio biblique\", \u201cLe Roi David\" raconte, en 28 morceaux, les différents épisodes de la vie du grand roi.Chaque morceau est confié à un soliste, au choeur ou à l'orchestre, et un narrateur, entre chacun, explique l'action.\u201cLe Roi David\" présentait une double gageure : bien que datant de plus de quarante ans, cette oeuvre reste encore assez \"LE ROI DAVID\u2019 .\"psaume dramatique\" d'Arthur Honegger, paroles de René Mora*, exécuté par l'Orchestre Symphonique de Sherbrooke, les Choeurs Pie-X.St-Jean-Baptiste et Sher-Lenn.Micheline Tessier.sopr3no, Fernande Chiocchio, contralto, Jean Louis Pellerin, ténor.René Salvator-Catta, récitant et Raymonde Lefrançois dans i?râie de la Pythonisse, sous la direction de Sylvio Lacharité.Mardi soir dernier en la cathédrale de Sherbrooke. \"Rosenkavalier\" au cinéma: quand l'opéra devient du grand théâtre i JEAN VALLERAND IL\u2019OPERA filmé est presque toujours un genre détestable.Les réalisateurs se contentent la plupart du temps de transporter sur la pellicule les plus mauvaises traditions du théâtre lyrique.Les résultats sont parfois très satisfaisants du point de vue musical, ils le sont peu du point de vue spectacle.Quelques films rarissimes ont été les exceptions à cette règle.Je pense ici, par exemple, aux Contes d'Hoffmann, film réalisé en Angleterre, mais qui faisait appel à des moyens qui ne sont pas strictement ceux de l\u2019opéra : c'est ainsi que la chorégraphie y tenait une part immense.Oeuvre prestigieuse sans aucun doute et qui ne visait d\u2019ailleurs pas à reproduire les impressions qu\u2019éprouve le spectateur qui se rend à un spectacle d\u2019opéra.i n différent est le cas de Rosenkavalier de Richard Strauss qui passait cette semaine sur un écran montréalais.L\u2019oeuvre a été filmée sur une scène d\u2019opéra et le réalisateur, Rudolf Hartmann, s\u2019est astreint à la plus to-1ale objectivité en face des réalités optiques du théâtre jvnque.C\u2019est donc à une véritable LE TOUR DU MONDE liyiuer.qui a inau-¦marne dernière le ¦ mai d\u2019Ars Organi.que for gué Von de l'Oratoire Saint-r lequel il a donné était, le plus bel abrirnt ion moderne t encore vu.Au on bref passage en M.Heilter a créé i Concerto ixnir or-indemllfi, avec la nique de New York.M lie Jo q.i coi; An un gui rtii mers New Cran jièt net Loi ni.se, poser Clé p I.e Te Festival annuel Ta blo-t.\u2019asals, de Porto Kico aura lieu du 3! mai au juin.Au programme : la neuvième Symphonie de Beethoven et la \"Passion selon saint Matthieu\" de Bach, tou-tes deux dirigées par le célèbre violoncelliste et chef d'orchestre de 87 ans.Les solistes : Olga Iglesias, Maureen Forrester.William War-field, Ernst Haèfiiger et Ara Berberian.Il y aura également des concerts symphoniques consacrés à Brahms et à Mozart; les solistes: violonistes Isaac Stern Alexander Schneider, les pia nistçs Rudolf Serkin et fils Peter.les et son ni pu s mu que ( .dam P' lier Car U 10VVC vente a trar vert en un h moriam Le prenait la Si nette et piauc à Francis Pouces jours (1er-negie Hall de s la forme d'un auquel partici-'s des plus èmi-ns américains, neert fut orga-adre du \"Com-\u2022 asc \", il avait le compositeur .Sa mort ré-formé ce con-iinmage in me-irogvamme eom-mte pour clari-iuuée par Ben- nv Go
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.